Mouvement des Focolari
50ème anniversaire de la présence des Focolari en Amérique du Nord

50ème anniversaire de la présence des Focolari en Amérique du Nord

Les semences de la spiritualité de l’unité du Mouvement des Focolari ont été jetées en Amérique du Nord dès les années 50. Mais c’est seulement en 1961 que naît le Focolare, lorsque trois jeunes courageux débarquent dans un quartier d’émigrés à New York, avec comme seul objectif de mettre en pratique l’Evangile. Depuis ce moment, ce style de vie s’est diffusé grâce à l’effort silencieux de centaines d’autres personnes qui les ont rencontrés et qui ont fait leur le but du Focolare: contribuer à la réalisation de la prière de Jésus “Père, que tous soient un” (Jn, 17, 21).

“J’ai été profondément touchée par ce pays, j’ai eu une belle impression”– écrivait Chiara Lubich en 1964 pendant son premier voyage à New York –“Ce pays me parait particulièrement bien concorder avec l’esprit du Focolare. Il n’y a pas d’attitude de supériorité ethnique, mais plutôt un sens clair de l’internationalité. Les choses sont simples. À la messe, j’ai prié pour le Mouvement sur ce continent et je pense  que Dieu écoute ma prière parce que je prie pour la diffusion de Son règne...’’. Chiara Lubich fera en tout sept visites aux Etats-Unis.

Pour marquer ce 50ème anniversaire, la présidente des Focolari, Maria Voce, et le co-président, Giancarlo Faletti, visitent l’Amérique du Nord pendant un mois, au cours duquel ils rencontreront les communautés et les amis des Focolari dans différentes villes des trois nations.

  • 19-20 mars à Toronto: Week-end de dialogue, célébration avec les membres des Focolari de tout le Canada, et messe solennelle célébrée par l’Evêque, Mgr William McGrattan, pour le 3ème anniversaire du départ de Chiara Lubich.
  • 21-24 mars à Montréal : Rencontre avec les évêques canadiens. Soirée du 23 avec la communauté de Montréal.
  • 3 Avril – New York: Messe solennelle de remerciement célébrée par l’Archevêque Mgr Timothy Dolan (à la Cathédrale St. Patrick).
  • 5 Avril – New York: Evénement culturel à la Fordham University.
  • 7 Avril – Washington, D.C.: E pluribus unum, programme ouvert au public, pour une communauté multiethnique et multi religieuse qui arrivent à être ensemble un seul peuple au service de l’unité (Caldwell Hall, The Catholic University of America).
  • 9 Avril – Chicago, Chicago Youth Event: Présentation de la vie de Chiara Luce Badano
  • 10 Avril –  Chicago: Meeting interreligieux.
  • 11 Avril – Chicago: Spiritualité et théologie trinitaire – présentation à la DePaul University
  • 16 Avril – Saint Domingue: Célébration avec les communautés des Focolari de la République Dominicaine et de Porto Rico.
50ème anniversaire de la présence des Focolari en Amérique du Nord

Une fête œcuménique en l’honneur de Chiara

Ils étaient plus de mille à être venus au Théâtre social de Trente pour la journée œcuménique internationale consacrée à Chiara Lubich, trois ans après sa disparition. « Chiara Lubich. Une vie, un charisme pour l’unité des chrétiens » : tel était le titre de la manifestation qui a réuni, le 12 mars, des participants de plus de vingt Églises. Parmi eux, des cardinaux et des évêques, des métropolites et des pasteurs, mais aussi des politiques et des représentants du monde de la culture.

Sur les estrades, dans le public et sur la scène, les visages de l’orthodoxie russe et de l’orthodoxie grecque se mêlaient aux témoignages d’anglicans, de syro-orthodoxes, de catholiques et de réformés. Les musiques d’extrême orient se mélangeaient aux chants funèbres arabes sans aucun syncrétisme, bien au contraire : les différentes identités étaient accentuées, mais la passion proposée par Chiara Lubich, depuis plus de cinquante ans, pour le « Que tous soient un », était partagée au-delà des différences. « Aux premiers temps du christianisme, la parole de Dieu vécue unissait des chrétiens de différentes Églises, a rappelé Maria Voce, présidente du mouvement des Focolari. En vivant ensemble l’Évangile, nous nous rapprochons les uns des autres. » Et elle a réaffirmé la valeur fortement œcuménique de certaines phrases de l’Évangile, qui, au fil des années, justement parce qu’elles sont « traduites en vie, ont donné un souffle nouveau au chemin de l’œcuménisme ».

Nombreux étaient les messages adressés par les autorités religieuses des différentes Églises et qui s’exprimaient sur un ton bien plus familier, comme celui de Bartholomée Ier, patriarche de Constantinople. Ses salutations prennent des marques affectueuses qui reflètent sa longue amitié qui avec les Focolari : « Chiara nous a enseigné une méthode pour recomposer la fraternité et des relations de partage sincère, capables de venir à bout de la méfiance. »

« Nos relations quotidiennes et la diffusion capillaire du dialogue ont apporté une contribution fondamentale au mouvement œcuménique », a souligné le cardinal Koch, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, qui a tenu à exprimer une de ses inquiétudes : « l’opposition qui se manifeste parfois entre l’œcuménisme du haut et l’œcuménisme du bas ». Une critique à laquelle Maria Voce a fait écho : « Il est nécessaire que l’œcuménisme de la base et l’œcuménisme du sommet cheminent ensemble. Si les pas franchis sur le plan théologique ne s’accompagnent pas de relations de base authentiques et réciproques, ces pas n’auront pas une grande efficacité, alors que s’il y a un œcuménisme de base, les effets seront durables et importants. »

Le dialogue peut avoir des retombées y compris sur la vie des politiques, ce qu’Alessandro Andreatta, maire de Trente, a souligné à plusieurs reprises : « Nous ne pouvons pas ne pas nous mettre à l’école de cette expérience, a-t-il dit. Chiara a su se confronter avec tout le monde, et cette invitation s’adresse aussi à nous, administrateurs. » Certaines répercussions politiques et sociales de l’expérience œcuménique ont été expliquées par Eli Folonari, qui a vécu aux côtés de Chiara durant de nombreuses années, et par Gerard Pross, du mouvement YMCA, qui a présenté la manifestation  « Ensemble pour » : une contribution décisive et qui témoigne que tous les chrétiens, quelle que soit leur Église d’appartenance, s’engagent depuis environ 10 ans en faveur d’une Europe plus unie.

À partir d’aujourd’hui, une école œcuménique composée de 400 personnes approfondira la vie de la Parole et les thèmes de la journée au centre Mariapolis de Cadine, près de Trente. Un moment de célébration pour le centre Uno, qui fête le 50ème anniversaire de l’action œcuménique, et une occasion de renforcer le dialogue de la vie.

Toujours à Trente, le journaliste Franco de Battaglia a présenté son livre À Trente avec Chiara Lubich, consacré à l’endroit où le mouvement des Focolari est né. Une sorte de guide à travers des quartiers de la ville à première vue anodins, mais qui ont été le berceau de la spiritualité de l’unité.

50ème anniversaire de la présence des Focolari en Amérique du Nord

Un charisme de lumière

Chiara : Ce charisme où il est beaucoup question d’amour, est un charisme de lumière. Il m’a fait comprendre dès le début que nous arriverions, si l’on peut dire, dans le monde entier. Dès le début nous avions demandé cela. Un  moment important de notre histoire. C’était la fête du Christ-Roi, je me souviens, les lectures de la messe disaient : « Demandez, et je vous donnerai en héritage toutes les nations. » Et je me souviens que nous pressentions cela… Et je disais à mes compagnes : « nous arriverons dans le monde entier ». Et maintenant nous y sommes. Ce jour-là, nous avons prié ensemble, nous avons demandé d’être des instruments pour porter cet esprit d’amour et de lumière dans le monde entier.

J’étais continuellement sous l’action de cette lumière qui m’éclairait sur la façon de se comporter, sur la façon de faire, que sais-je, sur notre façon de travailler, de prier, de faire des études, de communiquer ; comment devaient être nos maisons, notre vêtement… Je recevais sans cesse des lumières au début, sur tous ces sujets-là. Puis sur l’expansion dans tous les continents. Sur la façon dont le Mouvement devait être organisé. Je savais qu’il devait être surtout un peuple dont les structures devaient être cachées, mais un peuple. Et de fait, le Pape nous appelle « peuple de Dieu ». Et tout s’est réalisé. Mais dès les premiers temps je le prévoyais et je disais à mes compagnes du premier focolare : il y aura un art nouveau, une politique nouvelle. Tout se renouvellera. Et c’est pour cela que je ne me suis pas rendu compte que la guerre était terminée, parce que le charisme me prenait tout entière et il se déversait sur le Mouvement tout entier.

Au-dessus de ma pensée s’est comme installée une lumière qui était un peu ma pensée, un peu celle d’un Autre. Le passage s’est fait en douceur… Dieu ne nous déracine pas, parce que la grâce élève la nature, elle ne la détruit pas. Et tout ce qui était prêt en moi a servi et la grâce l’a élevé. Je ne suis pas épouvantée, non ! Naturellement, je me demande parfois quelle responsabilité cela comporte. Je ne sens aucune responsabilité, parce que c’est Lui qui la porte !

Maintenant encore, tout est lumière. Je suis guidée par Dieu, par ce charisme qui est un don de l’Esprit Saint. Je vois, je dis et je communique, puis cela se réalise, mais je n’en ai pas le mérite, Dieu m’a prise comme instrument, c’est Lui qui choisit.

Nous avions à réaliser cette prière de Jésus : « Que tous soient une seule chose », que tous soient une famille, que tous soient… et c’est en train de se réaliser. Naturellement, quand je serai dans l’autre vie, les autres continueront.

Si je devais laisser un héritage par testament, je laisserais à tous Jésus présent au milieu. Aimez-vous les uns les autres comme Jésus vous a aimés, soyez prêts à mourir l’un pour l’autre, soyez une famille. Je dirais cela, c’est tout, tout est là.

Extrait de l’émission Faccia a Faccia – Interview de Chiara Lubich par Sandra Hogget, Charisma Production 2002.

Montage vidéo : Centro Santa Chiara Audiovisivi

Copyright : Centro Santa Chiara Audiovisivi