30 Juin 2009 | Non classifié(e), Parole di vie
Tu es jeune ? Tu as l’exigence d’une vie conforme à un idéal, d’une vie où tu te donnes totalement ? Ecoute Jésus. Personne n’a jamais été plus exigeant que lui. Tu as là l’occasion de témoigner de ta foi, de faire preuve de ta générosité et de ton héroïsme.
Tu es une personne mûre ? Tu aspires à une existence sérieuse, engagée et sûre en même temps ? Ou peut-être es-tu déjà âgé ? Tu souhaites alors vivre tes dernières années sans être rongé par les préoccupations, en t’abandonnant à quelqu’un qui ne te trompe pas ? Ces paroles de Jésus sont valables aussi pour toi.
Elles sont la conclusion d’une série d’exhortations par lesquelles il t’invite à ne pas te préoccuper de ce que tu mangeras, ni de ce que tu auras pour t’habiller. Comme le font les oiseaux du ciel qui ne sèment pas et les lis des champs qui ne filent pas. II te faut donc éliminer de ton cœur toute inquiétude par rapport aux biens de la terre, car le Père t’aime bien plus que les oiseaux et les fleurs, et lui-même pense à toi. Voilà pourquoi il dit :
« Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses inusables, un trésor inaltérable dans les cieux ; là ni voleur n’approche, ni mite ne détruit. »
L’Évangile, dans son ensemble comme dans chacune de ses paroles, demande aux hommes un don total de ce qu’ils sont et de ce qu’ils ont.
Dieu n’en demandait pas tant avant la venue du Christ. L’Ancien Testament considérait la richesse terrestre comme un bien, comme une bénédiction de Dieu. Et s’il demandait de faire l’aumône aux personnes dans le besoin, c’était pour obtenir la bienveillance du Tout-puissant. Plus tard dans le judaïsme, l’idée de la récompense dans l’au-delà était devenue plus commune. A quelqu’un qui lui reprochait de gaspiller ses biens, un roi répondit : « Mes ancêtres ont amassé des trésors pour ici-bas, moi j’ai amassé des trésors pour en haut. » (…)
L’originalité de la phrase de Jésus tient au fait qu’il exige de toi un don total, il te demande tout. Il veut que tu sois un fils sans préoccupations au sujet du monde : un fils qui s’appuie seulement sur lui.
II sait que la richesse constitue un énorme obstacle pour toi, parce qu’elle occupe ton cœur alors qu’il le veut tout entier pour lui.
C’est pourquoi il recommande :
« Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses inusables, un trésor inaltérable dans les cieux ; là ni voleur n’approche, ni mite ne détruit. »
Si tu ne peux te défaire de tes biens matériellement parce que tu es lié à d’autres personnes, ou s’ils sont nécessaires à ta fonction, alors détache-toi spirituellement de ce que tu possèdes pour n’en être que le simple administrateur. Ainsi tout en t’occupant des biens dont tu disposes, tu aimeras les autres et, en les gérant pour eux, tu amasseras un trésor que le ver ne ronge pas et que le voleur n’emporte pas.
Cependant, es-tu bien sûr de devoir tout garder ? Dieu parle en toi. Écoute-le. Si tu n’y vois pas clair, demande conseil. Tu te rendras compte alors de tout le superflu que tu possèdes. Ne les garde pas, donne-les. Donne à celui qui n’a pas. Mets en pratique les paroles de Jésus : « Vends… et donne ». Ainsi tu rempliras les « bourses inusables » dont il parle.
Evidemment, pour vivre il faut bien s’occuper d’argent et d’affaires. Mais ce que Dieu veut, c’est que tu t’en occupes, et non que tu t’en préoccupes. Occupe-toi de ce minimum qui t’est indispensable pour vivre selon ta situation. Pour le reste :
« Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses inusables, un trésor inaltérable dans les cieux ; là ni voleur n’approche, ni mite ne détruit. »
Paul VI était vraiment pauvre. La manière dont il a voulu être enterré l’a bien montré : dans un cercueil sans apparat, « dans la terre toute simple ». Peu de temps avant de mourir il avait dit à son frère : « il y a longtemps que j’ai préparé mes valises pour ce grand voyage. »
C’est ce que tu dois faire toi aussi : préparer tes valises. C’est sans doute ce qu’à l’époque de Jésus on appelait des « bourses ».
Prépare-les jour après jour. Remplis-les le plus possible de ce qui peut rendre service aux autres. C’est ce que tu donnes qui t’enrichit. Pense à la faim dans le monde, à toute la souffrance, à tous les besoins…
Mets-y aussi chaque acte d’amour, chaque action en faveur des frères.
Accomplis toutes ces actions pour Jésus. Dis-le lui dans ton cœur : pour Toi. Et fais-les bien, à la perfection ! Elles sont destinées au Ciel, elles demeureront pour l’éternité.
Chiara Lubich
7 Juin 2009 | Non classifié(e)
Les écrits reportés sont publiés dans « Parte Guelfa », revue fondée par Giordani au cours de son intense activité journalistique, et sur « Le quotidien » qu’il dirigeait alors.
« Les Etats Unis d’Europe n’existeront pas tant que l’Europe sera travaillée par les nationalismes. Etats unis européens et nationalisme sont deux termes qui s’excluent l’un l’autre. » (Parte Guelfa, 1925)
« L’unité sera fruit inéluctable des conditions économiques selon lesquelles aucun pays ne se suffit plus à soi-même et la vie de chacun est intimement liée à celle des autres ; cela viendra du besoin de paix universellement ressenti ; cela se concrétisera comme une réalisation du christianisme, dont les valeurs refleuriront avec la manifestation de leur nécessité. » (Parte Guelfa,1925)
« L’amour de son propre pays n’implique pas la haine envers celui de l’autre : l’amour à sa propre famille est imbécile s’il se traduit par la haine envers les familles cohabitant dans la même résidence ». (Parte Guelfa,1925)
« L’Europe se sauvera de l’échec économique, de la menace de nouvelles guerres (…) seulement si, se sentant dans son organisation, dans son continent, une, unie, elle regroupe toutes ses ressources pour affronter les dangers communs au lieu de s’enfoncer dans la décadence intérieure. » (Parte Guelfa,1925)
« Ce débordement, toute cette expansion multiple au-delà des clôtures nationales, réponde à un besoin de libération ; dans sa meilleure expression, il est enrichissement de vie ; où il arrive rationnellement, c’est le christianisme qui se fait. (…) Le christianisme depuis le début éduque les chrétiens à la catholicité : c’est-à-dire à l’universalité. La société universelle de l’Eglise ne voit que des âmes, au-delà des traits du genre humain ; et elle soutient cette fraternité universelle qui n’est pas favorisée, mais interrompue, et souvent disséquée, par des incisions sanglantes, par les divisions territoriales, linguistiques, nationales et de classes. » (Il Quotidiano, 1945)
31 Mai 2009 | Non classifié(e), Parole di vie
Imagine un sarment détaché de la vigne… Quel peut être son avenir ? Il n’a plus d’espérance ! Stérile, il se dessèchera et sera brûlé.
En tant que chrétien, vois quelle mort spirituelle t’attend si tu ne restes pas uni au Christ. Il y a de quoi prendre peur ! Même si tu travailles du matin au soir, même si tu crois être utile à l’humanité ou si tes amis t’applaudissent, même si tu t’enrichis des biens de la terre, même si tu fais d’énormes sacrifices, c’est la stérilité totale. Tout cela a un sens pour toi ici-bas, mais aucun pour le Christ et pour l’éternité. Or c’est bien celle-là, la vie qui compte le plus.
« Je suis la vigne, vous êtes les sarments : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. »
Comment peux-tu demeurer dans le Christ et le Christ en toi ? Comment rester un sarment vert et vigoureux qui forme corps avec la vigne ?
Il te faut d’abord croire au Christ, mais ce n’est pas suffisant. Ta foi doit avoir une influence concrète sur ta vie. Il te faut donc vivre conformément à cette foi, en mettant en pratique les paroles de Jésus, recourant aux moyens divins que le Christ t’a donnés pour obtenir ou retrouver l’unité éventuellement rompue avec lui.
De plus, tu ne seras pas bien ancré en Christ si tu ne t’efforces pas de t’insérer dans ta communauté ecclésiale, dans l’Eglise locale.
« Je suis la vigne, vous êtes les sarments : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. »
« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure ».
As-tu remarqué que le Christ parle en même temps de ton union avec lui, et de la sienne avec toi ? Si tu restes uni, il est en toi, présent dans ton cœur. D’où une relation, un dialogue d’amour réciproque, une collaboration entre Jésus et toi, son disciple.
Et qu’en résulte-t-il ? Du fruit en abondance, comme les belles grappes que porte le sarment bien attaché à la vigne.
« …du fruit en abondance », cela signifie que tu posséderas une véritable fécondité apostolique. Tu pourras ainsi faire comprendre à beaucoup les paroles uniques et révolutionnaires du Christ et leur donner la force de les suivre.
Cela signifie encore que tu sauras susciter ou créer des œuvres – petites ou grandes – pour soulager les besoins du monde les plus divers, selon les dons que Dieu t’a donnés.
«…en abondance » c’est à dire à profusion, pas un peu seulement. Cela peut vouloir dire que tu sauras porter au milieu des hommes qui t’entourent un courant de bonté, de communion, d’amour réciproque.
« Je suis la vigne, vous êtes les sarments : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. »
« Produire du fruit en abondance » ne concerne pas seulement le bien spirituel et matériel des autres, mais aussi le tien.
Grandir intérieurement, te sanctifier, cela aussi dépend de ton union au Christ. Te sanctifier. Dans le monde actuel, trouves-tu ce mot anachronique, inutile, voire utopique ?
Ce n’est pas exact. L’époque présente s’en va, emportant ses façons de voir limitées, relatives ou erronées. La vérité demeure. II y a deux mille ans, l’apôtre Paul disait que c’est la volonté de Dieu que tous les chrétiens parviennent à se sanctifier. Et pour Thérèse d’Avila, docteur de l’Église, n’importe qui peut parvenir à la plus haute contemplation. Enfin le concile Vatican II rappelle que tout le peuple de Dieu est appelé à la sainteté.
Il s’agit là de voix autorisées…
Par conséquent, fais tout pour recueillir dans ta vie le « fruit en abondance » de la sanctification que seule peut te donner ton union au Christ.
« Je suis la vigne, vous êtes les sarments : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. »
As-tu remarqué que Jésus ne demande pas directement le fruit, mais il le voit comme la conséquence de demeurer uni à lui ?
Il se peut que toi aussi, tu fasses la même erreur que beaucoup de chrétiens : l’activisme, l’activisme, des actions et des œuvres faites pour le bien des autres, mais sans prendre le temps de considérer si l’on est vraiment uni au Christ.
C’est une erreur : on croit porter du fruit, mais ce n’est pas celui que pourrait produire le Christ en toi, avec toi.
Pour porter du fruit de manière durable, un fruit qui porte la marque divine, il faut demeurer unis au Christ. Et plus tu lui resteras uni, plus tu porteras du fruit.
En outre, le verbe « demeurer » qu’utilise Jésus, fait penser non pas à des moments où l’on porte du fruit, mais à un état permanent de fécondité.
En fait, si tu connais des personnes qui vivent ainsi, tu verras qu’elles touchent les cœurs, parfois jusqu’à leur faire retrouver Dieu. Elles le font peut-être à travers un simple sourire, une parole, par leur comportement quotidien ou leur attitude face aux différentes situations de la vie.
C’est ainsi qu’ont vécu les saints. Nous ne devons pas nous décourager. Tous les chrétiens, quels qu’ils soient, peuvent porter du fruit. En voici un exemple.
La politisation du monde étudiant actuel laisse peu de place à ceux qui veulent l’ouvrir à d’autres idéaux pour le bien de l’humanité.
Nous sommes au Portugal. Maria do Socorro, entrée à l’université, se heurte à cette situation. Beaucoup de ses camarades suivent leur idéologie, chacun cherchant à entraîner à sa suite ceux qui n’ont pas encore pris parti.
Maria, elle, a déjà choisi son chemin : suivre Jésus et rester unie à lui. Pour ses camarades, ignorant ses idées, elle manque d’énergie et n’a pas d’idéal. Parfois, surtout en entrant dans une église, elle éprouve une sensation de respect humain. Mais elle continue à y aller, voulant rester unie à Jésus.
Noël approche. Certains étudiants, habitant trop loin, ne peuvent retourner chez eux. Marie propose aux autres d’offrir ensemble un cadeau à ceux qui ne partent pas. A sa grande surprise, tous acceptent.
Quelques temps après vient la période des élections. A son grand étonnement, Marie se voit désignée pour représenter son année. Mais sa plus grande surprise est de s’entendre dire : « C’est logique que tu aies été choisie. Tu es la seule qui a une ligne de conduite précise et tu sais comment la réaliser. » Depuis, certains se sont intéressés à son idéal et veulent le vivre eux aussi.
Voilà un beau fruit de la persévérance de Maria do Socorro à vouloir demeurer unie à Jésus.
Chiara Lubich
(suite…)
18 Mai 2009 | Non classifié(e)
Mon pays est sorti depuis peu d’une guerre qui a duré des années. Maintenant, la situation politique est stable, il y a une grande croissance et la vie est redevenue normale. Mais pas pour tous… Depuis quelques temps, des jeunes, restés sans famille, se réunissaient près de l’église pour faire la manche. Désormais c’était un point de rencontre, ils dormaient et vivaient là. Avec le temps, des situations toujours plus difficiles se sont développées, des vols, des bagarres entre eux. De la drogue circulait et cela devenait dangereux de s’y aventurer le soir. Le prêtre avait parlé avec eux pour essayer de trouver une solution mais certains étaient très rebelles et refusaient un quelconque rapport. Avec d’autres jeunes, nous nous sommes demandé ce que nous pouvions faire : nous avons décidé de chercher à les connaître. Nous nous sommes présentés, et chaque fois que nous allions à la messe, nous nous arrêtions pour les saluer. Petit à petit, une relation s’est établie avec plusieurs d’entre eux et nous avons eu l’idée de faire quelque chose ensemble. Nous avons ainsi organisé une partie de foot. Nous avons cherché le terrain et nous avons réussi à obtenir en cadeau de très beaux maillots pour les deux équipes. Au jour prévu, nous nous sommes retrouvés sur le terrain, en portant un goûter avec boissons, sandwichs et gâteaux. Cela a été un moment très fort, l’amitié entre nous a énormément grandi. La plus grande fête a été leur victoire ! Nous avons commencé depuis à les inviter à nos rencontres. Et leur réponse a dépassé toute attente. La relation qui est née a rallumé en eux une nouvelle espérance, le désir de parler avec le prêtre pour trouver un travail – et beaucoup en ont trouvé – et se réinsérer dans la vie normale. Nous nous sommes rendu compte que la chose la plus importante n’est pas de donner de l’argent, mais plus d’attention. Nous devions donner notre temps, notre affection, et l’amitié et les fruits de cet amour ont été bien plus grands. (T. P. – Angola)
30 Avr 2009 | Non classifié(e), Parole di vie
Edith, aveugle de naissance, vit dans un institut spécialisé pour jeunes malvoyants. L’aumônier, paralysé des jambes, ne pouvant plus venir célébrer la messe, Edith s’adresse à l’évêque pour que demeure dans la maison la présence de l’Eucharistie, cette lumière dans leurs ténèbres. Elle obtient même l’autorisation de distribuer elle-même la communion à l’aumônier et aux jeunes qui le souhaitent.
Désireuse de se rendre utile, Edith a aussi obtenu la possibilité d’intervenir dans une radio locale. Elle cherche à y donner grâce à son expérience le meilleur d’elle-même : des conseils, des idées, des réponses à des questions d’ordre moral, un soutien à ceux qui souffrent. Edith… on pourrait en raconter encore plus à son sujet. Bien qu’aveugle, elle a réussi à trouver la lumière à travers sa souffrance.
Je pourrais citer d’autres exemples qui montrent que le bien existe et ne fait pas de bruit. Edith vit tout simplement en chrétienne, concrètement, mettant, comme chacun de nous peut le faire, ses propres dons au service des autres.
Oui, car un « don » (ou « charisme », selon le terme grec) ne signifie pas seulement les grâces consenties par Dieu à ceux qui doivent gouverner l’Église. Ni des dons extraordinaires accordés directement à certains fidèles pour le bien de tous, en cas de situations exceptionnelles, ou de graves dangers (…). Il peut s’agir aussi de la sagesse, de la science, du don des miracles, de celui de parler en langues, d’un charisme suscitant une nouvelle spiritualité dans l’Église, ou autre.
Les termes « don », ou « charisme » ne se réfèrent pas seulement aux exemples cités plus haut, mais aussi à de simples talents que beaucoup possèdent, et que l’on remarque au bien qu’ils produisent. (…) L’Esprit Saint est à l’œuvre. Chacun dispose d’aptitudes naturelles. Chacun en possède. Toi aussi.
Quel usage dois-tu en faire ? Pense à les développer. Ils t’ont été donnés non seulement pour toi, mais aussi pour le bien de tous.
« Mettez-vous, chacun selon le don qu’il a reçu, au service les uns des autres, comme de bons administrateurs de la grâce de Dieu, variée en ses effets ».
Dans la grande diversité des dons chacun possédant le sien a donc sa fonction particulière dans la communauté.
Mais dis-moi : et toi ? Tu possèdes un diplôme ? N’as-tu jamais pensé à consacrer quelques heures de la semaine à l’enseignement pour celui qui en a besoin ou pour celui qui n’a pas les moyens d’étudier ?
Toi qui as un cœur particulièrement généreux, n’as-tu jamais pensé à utiliser toutes tes forces pour aider des gens pauvres ou vivant en marge de la société ? Ainsi tu pourrais remettre dans le cœur de beaucoup le sens de la dignité humaine. (…)
Tu as le don particulier de réconforter les personnes ? Ou bien, tu es capable de tenir une maison en ordre, de faire la cuisine, de confectionner avec peu de moyens des vêtements utiles ou de faire des travaux manuels ? Regarde autour de toi et vois qui peut avoir besoin de tes services.
N’est-il pas regrettable de voir tant de temps libre inutilisé ? Est-ce admissible pour nous chrétiens, tant qu’on trouvera sur terre un malade, quelqu’un qui a faim, un prisonnier, un toxicomane, un frère à instruire, ou triste ou dans le doute, (…) une veuve ou un orphelin…
Et la prière ? Ne te semble-t-elle pas un don extraordinaire à utiliser ? Alors qu’à chaque instant nous pouvons nous adresser à Dieu présent partout (…)
« Mettez-vous, chacun selon le don qu’il a reçu, au service les uns des autres, comme de bons administrateurs de la grâce de Dieu, variée en ses effets ».
Imagine-toi ce que deviendrait l’Église si tous les chrétiens, quel que soit leur âge, mettaient leurs dons à la disposition des autres ?
L’amour réciproque y gagnerait tant, il prendrait tellement d’ampleur et de relief qu’on pourrait y reconnaître là les disciples du Christ. (…)
Pourquoi ne pas faire tout notre possible pour parvenir à un tel résultat ?
Chiara Lubich
21 Avr 2009 | Non classifié(e)
Nous publions (ci-dessous) quelques extraits d’une intervention de Nedo Pozzi sur la figure de « Giordani, communicateur ». Il a fait cette Intervention le 18 avril dernier, jour du 29e anniversaire du décès d’Igino Giordani – connu aussi sous le nom de « Foco » -, lors d’un Congrès sur la communication – NetOne Italie – organisé par le mouvement des Focolari.
Il y a vingt neuf ans, Igino Giordani – surnommé Foco par Chiara Lubich et par nous tous – quittait cette terre (…). Alors qu’il est l’une des personnalités marquantes du 20° siècle en Italie, à l’apogée de sa carrière et d’une activité intense, un événement fait prendre à la vie de Giordani un tournant et l’achemine vers une expérience spirituelle nouvelle dont il deviendra l’un des premiers acteurs.
Cet événement est la rencontre avec Chiara Lubich, en septembre 1948. Avec elle commence une amitié spirituelle caractérisée par son humilité, sa transparence, son unité. Giordani dira plus tard: « Toutes mes études, mes idéaux, les événements mêmes de ma vie me semblaient tous orientés à ce but… Je peux dire qu’avant, j’avais cherché ; là, j’avais trouvé (…).
C’est de cette rencontre entre Chiara Lubich et Igino Giordani en 1948, qu’a commencé à se faire jour un renouveau radical de la vie, de la pensée, de l’interaction sociale à tous les niveaux, parmi lesquels le domaine politique, le domaine médiatique…
Giordani est un personnage très polyvalent, mais nous le voyons surtout comme un communicateur au service d’un grand idéal : Que l’humanité devienne une famille.
Son engagement comme homme des médias est impressionnant : il a écrit 4000 articles dans une cinquantaine d’organes de presse italiens et d’autres pays, fondateur de plusieurs publications, directeur de deux quotidiens et de dix périodiques, auteur d’une bonne centaine de livres (une moyenne de deux par an, pour un total de 26000 pages, traduites en plusieurs langues ; sans compter les essais, les opuscules, les lettres, les interventions en public. Pendant une trentaine d’années, il est resté dans le vif de l’activité politique et culturelle, nationale et internationale, allumant des lumières prophétiques sur les événements souvent dramatiques de ce XXe siècle. Outre sa plume d’écrivain pleine de verve, sa plus grande qualité médiatique était la parole : le don d’une conversation qui – par le biais de sa beauté poétique, de son éloquence et d’une ironie subtile -, véhiculait des idées à contre courant, d’une profondeur insolite.
Voici quelques pensées de cet artiste des mots, de cet homme politique « ingénu » et « trop chrétien ». Ce sont quelques perles choisies parmi ses écrits sur la communication.
« Si pour l’homme, être c’est penser, vivre c’est communiquer. »
« Le communicateur est appelé à éclairer la réalité et non à la noircir (…). Il devrait se renouveler chaque jour, refaire le plein d’idées à chaque moment (…). Le communicateur peut ne pas avoir un sou en poche, mais s’il a une idée en tête, une flamme dans le cœur, il vaut sur le marché plus qu’un grand financier. »
« L’amour est tout ; sans l’amour rien ne vaut : la communication peut et doit alimenter cette vérité que l’amour est le seul ciment social durable, avant que la peur, mère de la bombe atomique, prenne le dessus. »
« Le communicateur est le constructeur le plus direct d’une cité nouvelle. »
« L’humanité s’ouvre toujours les veines pour les mêmes raisons… Elle dit par exemple : ‘Si tu veux la paix, prépare la guerre.’ Mais pour nous, la vérité est tout autre. Si tu veux la paix, prépare la paix. Si tu prépares la guerre, à moment donné les fusils tireront tous seuls… Si nous voulons arriver à la paix, nous devons commencer à la construire entre nous… Parce que la paix commence à partir de chacun d’entre nous. » C’est au Parlement qu’il prononçait ces mots, le 21 décembre 1950.
Pour terminer, que nous dirait Giordani aujourd’hui si nous lui demandions que faire en pratique ? Il nous dirait :
« Ouvrez votre cœur comme une coquille, pour recueillir la voix de l’humanité et mettre en circulation l’amour et la richesse – le biens et les biens –, en faisant sauter les barrières de races et de classes, les douanes de l’esprit, les péages du bonheur… Et voyez dans l’homme, quel qu’il soit, un frère… »
C’est une proposition, une invitation qui remonte à 1961 mais qui est toujours très actuelle, et qui m’interpelle chaque matin, chaque fois que je rencontre quelqu’un ou que je m’asseois devant l’ordinateur pour faire mon et son métier.
Nedo Pozzi