31 Août 2007 | Non classifié(e), Parole di vie
« Recherche la justice, la piété, la foi, l’amour, la persévérance, la douceur. »
Comment vivre toutes ces vertus dans notre vie quotidienne ? Les mettre en pratique une par une peut nous sembler une entreprise ardue. Alors, pourquoi ne pas nous attacher à vivre la volonté de Dieu instant après instant ? En l’accomplissant ainsi dans toute son exigence; Dieu demeure en nous et, si Dieu demeure en nous, en nous est la charité.
Celui qui vit le présent a toutes les occasions de se montrer patient, persévérant, doux, pauvre de tout, pur, miséricordieux, car il possède l’amour authentique. Il aime Dieu de tout son cœur, de tout son être et de toutes ses forces. Il possède une lumière intérieure, il est guidé par l’Esprit Saint. Il ne juge donc pas, ne pense pas du mal des autres, il aime son prochain comme lui-même. Il a la force de la folie évangélique de « tendre l’autre joue » ou de parcourir « deux mille pas » quand on lui en demande mille .
« Recherche la justice, la piété, la foi, l’amour, la persévérance, la douceur. »
L’exhortation s’adresse à Timothée, fidèle collaborateur et compagnon de voyage de Paul, l’ami et le confident que l’apôtre considère comme son fils. Après avoir dénoncé l’orgueil, l’envie, les disputes, l’attachement à l’argent, Paul conclut en ces termes : « Pour toi, homme de Dieu, fuis ces choses » invitant à rechercher une vie où resplendissent les vertus humaines et chrétiennes.
Ces mots répètent précisément l’engagement pris à notre baptême de renoncer au mal (« Fuis ») et d’adhérer au bien (« Recherche »). L’Esprit saint nous transforme radicalement et nous donne la force de réaliser l’exhortation de Paul :
« Recherche la justice, la piété, la foi, l’amour, la persévérance, la douceur. »
L’exemple du premier groupe de jeunes filles à Trente en 1944 peut nous suggérer comment vivre cette Parole de vie et notamment la charité, la persévérance, la douceur.
Vivre l’aspect radical de l’amour n’était pas toujours facile dans notre groupe de jeunes filles, surtout au début. Dans nos rapports s’introduisait parfois, comme dans des rouages, de la poussière. L’unité en souffrait. Lorsque, par exemple, nous nous apercevions des défauts et des imperfections des autres et que nous les jugions, le courant d’amour réciproque faiblissait.
Pour réagir à cette situation, un jour, nous avons imaginé de signer un pacte les unes avec les autres, et nous l’avons appelé « le pacte de miséricorde ». Il s’agissait de nous lever le matin, décidées à voir tout prochain que nous allions rencontrer – au focolare, à l’école ou au travail – comme si c’était la première fois que nous le voyions. Pour nous, ayant oublié ses imperfections et ses défauts, recouvrant tout de notre amour, il devenait tout nouveau. Cela revenait à rencontrer tous les « prochains » avec une amnistie complète dans le cœur et un pardon inconditionnel.
Cet engagement fort, nous l’avons pris toutes ensemble. Il nous a aidées à être les premières à aimer, comme le fait Dieu qui, plein de miséricorde, pardonne et oublie.
Chiara Lubich
25 Août 2007 | Non classifié(e)
« Mettre de côté ses idées préconçues et ses convictions politiques pour réapprendre à respecter le prochain. » C’est seulement ainsi qu’est rendue possible une politique qui conjugue paix, justice, bien commun et qui exprime les aspirations et les attentes des jeunes. C’est ainsi que les jeunes, par l’intermédiaire de leur représentant, Laurent Moesching – étudiant de 22 ans présidant le comité composé de 14 jeunes, qui a mis sur pied Politics-party.ch -, ont montré qu’ils accueillaient le défi lancé par Chiara Lubich, initiatrice du Mouvement politique pour l’unité (Focolari) : « Si vous avez le courage d’avoir cette logique d’écoute et de travail en commun, alors, pourra se mettre en route un nouveau style de vie politique. » Ce nouveau style fait partie des grandes attentes des jeunes, comme il est ressorti du dialogue très animé entre eux et les personnalités politiques réunies les 25 et 26 août 2007 à Martigny, avec de très beaux échanges d’expériences. 300 personnes participaient à cette rencontre, dont 100 jeunes et des personnalités politiques engagées au niveau national, cantonal et communal. Hand in hand est une initiative née au Proche Orient. Elle a montré comment l’écoute et le travail en commun sont possibles, même dans des situations de grave conflit. Sonia Chason et Nebal Bakoey ont décrit leur engagement dans le projet scolaire « Main dans la main » (Hand in hand) à Jérusalem : une école qui part de l’idée que les cultures arabe et juive sont des valeurs importantes. Chaque classe a un enseignant juif et un enseignant arabe qui préparent ensemble le programme des cours. Nebal Bakoey explique : « Le respect est le fondement de tous nos échanges. Cela ne signifie pas que nous sommes toujours du même avais mais que nous donnons de l’importance à ce que nous découvrons ensemble. »
Le pilier faible et pourtant fondamental… Dans le thème de fond de la journée, Lucia Fronza Crepaz, présidente du Mouvement politique pour l’unité, a présenté la fraternité comme « catégorie apte à inspirer l’engagement politique », et comme fondement de la vie civile dans une société multiculturelle qui présente de très grand défis. Cette ancienne députée italienne a indiqué les citoyens les plus pauvres comme une priorité politique, avec une image significative : « Pour évaluer la résistance d’un pont, ce n’est pas la capacité de portée du pilier le plus fort qui est déterminante mais celle du pilier le plus faible. » Les membres les plus faibles de notre société doivent avoir la priorité, « non par pitié, a-t-elle ajouté, mais parce que les plus pauvres, abandonnés à eux-mêmes, n’ont pas de voix dans le cadre de la démocratie. » Musique pop après les interventions – Politics-party : c’est ainsi qu’avait été annoncé l’événement. Après la politique est arrivée le moment de la « party » : Les interventions ont laissé la place à la musique pop et les débats à la danse. L’organisation était aux mains des jeunes, et en cela aussi la symbiose entre « politique » et « party » a été réussie !
15 Août 2007 | Non classifié(e)
« Helmut Nicklas était une personne vraiment charismatique par sa capacité à écouter la voix de Dieu et à le suivre de façon radicale. » Ainsi s’est exprimée Chiara Lubich, dans son message lu à l’église luthérienne Saint-Mathieu, de Munich, vendredi 17 août 2007, lors du dernier adieu à cet « ami très aimé et véritable frère » qui, avec passion, a consacré sa vie à l’unité. Helmut Nicklas a terminé son voyage terrestre le dimanche 12 août, à la fin d’une douloureuse maladie qui durait depuis une année. Il avait 68 ans. Né à Nabburg (Allemagne), il était marié et père de deux enfants. De 1971 à 2002, il a été responsable de l’YMCA de Munich (association œcuménique de jeunes chrétiens). De 1982 à 1998, il était aussi vice-président de l’YMCA World Urban Network (qui comprend plus de 2 000 associations dans le monde) et, depuis 1985, il était membre de l’Advisory Bord de l’International Carismatic Consultation.
Chiara Lubich a particulièrement souligné son « rôle décisif » dans le chemin de communion entrepris entre mouvements et communautés de différentes Églises. Le témoignage en a été donné par l’importante représentation de communautés et mouvements protestants et catholiques présents à la célébration funèbre (les obsèques avaient déjà été célébrées) et par les nombreux messages, comme ceux de la Communauté Sant’Egidio et de Schönstatt. Ce chemin de communion, entamé en 1999, a débouché sur les grandes manifestations « Ensemble pour l’Europe » qui se sont déroulées à Stuttgart (Allemagne) en 2004 et en mai dernier, pour contribuer à donner une âme au continent et à surmonter les conflits et les barrières. La première rencontre entre Helmut Nicklas et Chiara remonte aux années soixante. Nous rapportons ici l’intégralité du message de Chiara Lubich. « J’ai revu après de nombreuses années Helmut Nicklas, en 1999, à Ottmaring, avec plusieurs responsables de Mouvements protestants. C’était le moment où naissait une communion entre Mouvements de différentes Églises. À partir de là ce cheminement, auquel nous participons, a connu plusieurs étapes dans toute l’Europe et au-delà, avec de grands développements, historiques du Peuple de Dieu.
Et dans les différentes étapes de ce cheminement de communion, Helmut a toujours eu un rôle décisif. Dans l’église saint Matthieu, le 8 décembre 2001, a eu lieu un échange de dons spirituels dont nous nous souvenons comme étant fondamental. Après mon intervention sur l’amour réciproque, Helmut a invité les 800 responsables des différents Mouvements présents à faire un « pacte d’amour réciproque » (Jn 13,34). Ce pacte, renouvelé à de nombreuses occasions, est considéré le fondement de la communion entre les Mouvements et l’accompagnera également dans l’avenir. Helmut était vraiment une personne charismatique par sa capacité d’écouter la voix de Dieu et de la suivre avec une grande radicalité. Cette capacité l’a rendu clairvoyant et lui a donné la passion de l’unité. Il a été un véritable serviteur de la communion entre les Mouvements, une personne qui – comme il le disait lui-même – doit être capable de s’oublier soi-même, ainsi que les intérêts de sa propre communauté, et de se mettre à servir. Et il en a donné l’exemple. Nous tous du Mouvement des Focolari nous aurons toujours dans notre cœur Helmut Nicklas, ami bien-aimé et véritable frère». Durant la maladie d’Helmut Nicklas, Chiara est restée en contact avec lui par l’intermédiaire de membres des Focolari en Allemagne. Deux jours avant son départ, il a confié à Severin Schmid venu le voir à la clinique à Munich ce qu’on peut considérer comme un testament concernant la communion entre les mouvements : « Nous avons vécu des moments historiques. Ils sont comme des signaux qui nous indiqueront la route à suivre dans l’avenir. Nous devons rester fidèles à ce que Dieu nous a fait vivre. Cette histoire doit être racontée ». Helmut Nicklas était l’un des deux délégués de l’Église protestante d’Allemagne invités au Congrès international qui a précédé la grande rencontre des mouvements et communautés nouvelles avec le pape Benoît XVI, la veille de la Pentecôte 2006. Dans une interview à l’agence Zenit où le journaliste lui demandait ce qui unit les mouvements et communautés protestants et catholiques, il a répondu : « Avec les mouvements catholiques, ce qui nous unit, c’est la conviction qu’aujourd’hui les hommes ont besoin de Jésus Christ ».
14 Août 2007 | Non classifié(e)
« Depuis 1974, Chiara Lubich passe l’été à Mollens et nous sommes honorés d’accueillir cette personnalité internationalement connue, engagée en faveur de la paix et de la fraternité universelle entre tous les peuples. » Telle est la motivation de la reconnaissance de la petite ville perchée sur les hauteurs du Valais.
Un autre rendez-vous aura lieu en Suisse les 25 et 26 août, qui concerne particulièrement les jeunes et la politique. Le Politics party est une initiative qui s’inspire des idées de Chiara Lubich. Il fait suite à d’autres rendez-vous avec plusieurs personnalités politiques suisses, dont le maire de Mollens qui a déclaré dans une récente interview : « Le Mouvement Politique pour l’Unité est un formidable défi apportant une approche de la politique très différente de celle que nous connaissons. La fraternité prend le dessus sur la politique et on choisit le dialogue plutôt que la confrontation, et cela quel que soit le niveau de hiérarchie politique. Que notre jeunesse s’implique dans cette réflexion et qu’elle souhaite apporter une pierre à cet édifice, me paraît être une ouverture non négligeable pour le futur car n’oublions pas que ce sont nos jeunes qui deviendront un jour les décideurs politiques ».
31 Juil 2007 | Non classifié(e), Parole di vie
La vie des chrétiens à qui cette épître s’adresse est chargée d’épreuves et de souffrances. N’ont-ils pas de quoi se décourager ? Pourquoi ne pas baisser les bras en choisissant une voie plus facile ? L’auteur de la lettre aux Hébreux invite au contraire à poursuivre le chemin entrepris. Si la voie de l’Évangile est difficile et demande des efforts, elle conduit à la plénitude de la vie. Il incite donc les chrétiens à courir et à rester solides même sous le poids de l’épreuve.
Décider de suivre Jésus nous met dans la même condition que l’athlète qui, pour atteindre le but, doit faire preuve de persévérance et de résistance. Cette force nous la trouvons dans la conviction que Dieu est avec nous et dans la volonté de parvenir au but. Mais nous sommes surtout invités à fixer notre regard sur Jésus qui nous a précédés dans la souffrance et nous guide. C’est lui qui, sur la croix, particulièrement lorsqu’il se sent abandonné du Père, nous donne le modèle de la patience, du courage et de la persévérance.
« Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les regards fixés sur Jésus. »
Sur ce point, Chiara Lubich évoque souvent la manière dont Jésus a surmonté sa plus grande épreuve, celle de son abandon sur la croix où il a pris sur lui chacune de nos douleurs et nous a montré comment endurer l’épreuve et la surmonter. Elle écrit : « Sommes-nous pris de peur ? Jésus n’a-t-il pas été jusqu’à craindre que le Père l’ait oublié ? » Nous sentons-nous découragés ? Tournons-nous vers Jésus. « Il semble lui aussi submergé par le sentiment de l’absence du réconfort du Père et il paraît perdre tout courage pour aller jusqu’au bout de sa passion. […] Les circonstances nous déconcertent-elles ? Jésus, lui aussi, dans sa souffrance, semble ne plus rien comprendre à ce qui lui arrive puisqu’il va jusqu’à crier :” pourquoi ?” […] Et quand le désespoir nous prend, lorsqu’un malheur imprévu, une maladie, une situation absurde nous accablent, nous pouvons toujours nous rappeler que Jésus abandonné a subi, lui, toutes ces souffrances et tant d’autres encore. » À chacune de nos épreuves, il se tient près de nous, prêt à la porter avec nous.
« Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les regards fixés sur Jésus. »
Comment vivre cette Parole de vie ? En regardant Jésus et en essayant de « nous habituer à l’appeler par son nom, dans les épreuves de notre vie. Nous lui donnons ainsi le nom de Jésus abandonné-solitude, Jésus abandonné-doute, Jésus abandonné-blessure, Jésus abandonné-épreuve, Jésus abandonné-détresse, et bien d’autres encore. En l’appelant par son nom, nous le découvrirons et le reconnaîtrons derrière chaque douleur, et il nous répondra avec un surcroît d’amour ; si nous l’étreignons, il deviendra pour nous la paix, le réconfort, le courage, l’équilibre, la santé, la victoire. Il sera l’explication et la solution de tout » .
« Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les regards fixés sur Jésus. »
Cette situation, Louise l’a vécue, il y a plusieurs années, en découvrant cette Parole de vie : « Je venais d’apprendre que mon fils aîné de 29 ans était gravement blessé à la suite d’un accident de voiture. J’ai couru à l’hôpital, le cœur serré. Mon fils était là, immobile, absent. J’étais désespérée. Durant ces jours d’angoisse et d’attente, passant par hasard par la chapelle de l’hôpital, j’y ai trouvé une Parole de vie qui m’invitait à fixer mon regard sur Jésus abandonné. En la lisant attentivement, j’ai vraiment eu l’impression qu’elle s’appliquait à mon épreuve. La chambre de réanimation, où il n’y avait plus d’espoir, ne m’est plus alors apparue comme un martyre : c’était un lien avec l’amour de Dieu. Et j’ai été capable, en tenant la main de mon fils, de prier pour lui qui était en train de me quitter. Il est mort mais jamais je ne l’ai senti aussi vivant ».
Fabio CIARDI et Gabrielle FALLACARA
30 Juin 2007 | Non classifié(e), Parole di vie
Dans les années 50, Paul se rend en Galatie, une région située au centre de l'Asie mineure, qui correspond à la Turquie actuelle. Là, étaient nées des communautés de chrétiens qui avaient embrassé la foi avec beaucoup d'enthousiasme. À la prédication de Paul qui leur présentait Jésus crucifié et ressuscité, ils avaient reçu le baptême, revêtant ainsi le Christ et recevant la liberté des enfants de Dieu. L’apôtre lui-même reconnaît leur progression dans cette voie (cf. Ga 5,7).
Et voilà que, tout à coup, ces chrétiens se mettent à chercher ailleurs leur liberté. Paul s'étonne qu'ils aient si vite tourné le dos au Christ. Et il leur adresse une invitation pressante à retrouver cette liberté que le Christ leur avait donnée.
« Vous (…) c'est à la liberté que vous avez été appelés. »
À quelle liberté suis-je appelé ? Ne puis-je pas faire tout ce que je veux ? « Jamais personne ne nous a réduits en esclavage » disaient à Jésus ses contemporains quand il affirmait que la vérité qu'il leur apportait les rendrait libres. « Celui qui commet le péché est esclave du péché » avait répondu Jésus .
Il existe un esclavage subtil, fruit du péché, qui oppresse le cœur humain. Nous en connaissons bien les nombreuses manifestations : le repliement sur soi, l'attachement aux biens matériels, la recherche du plaisir, l'orgueil, la colère…
Nous ne sommes pas capables de nous dégager par nous-mêmes de cet esclavage. La liberté est un don de Jésus : il nous a libérés en se faisant notre serviteur et en donnant sa vie pour chacun de nous. D'où cette invitation à être cohérents avec cette liberté qu'il nous a donnée. Elle ne consiste pas tant à avoir « la possibilité de choisir entre le bien et le mal, mais à nous diriger toujours davantage vers le bien ». C'est ce que Chiara Lubich déclarait à des jeunes. « J'ai constaté que le bien libère et que le mal rend esclave. Donc pour être libre il faut aimer. Car c'est notre moi qui nous rend esclaves. Quand au contraire on est attentif aux autres, ou à la volonté de Dieu en accomplissant nos devoirs, on ne pense plus à soi, on est libéré de soi-même. »
« Vous (…) c'est à la liberté que vous avez été appelés. »
Comment vivre alors cette Parole de vie ? Après avoir rappelé que nous sommes appelés à la liberté, Paul explique qu’elle consiste à nous mettre « au service les uns des autres », « par l'amour », « car la loi tout entière trouve son accomplissement en cette seule phrase : Tu aimeras ton prochain comme toi-même » . Là est le paradoxe de l'amour : quand nous nous plaçons par amour au service des autres, et quand, renonçant à nos tendances égoïstes, nous nous oublions nous-mêmes et sommes attentifs aux besoins des autres, alors nous sommes libres. Nous sommes appelés à la liberté de l'amour : nous sommes libres d'aimer ! Oui, pour être libres, il faut aimer.
« Vous (…) c'est à la liberté que vous avez été appelés. »
L'évêque François-Xavier Nguyen Van Thuan, emprisonné pour sa foi, resta 13 années en prison. Il se sentait pourtant encore libre car il lui restait toujours la possibilité d'aimer au moins ses geôliers. « Quand je fus mis en quartier d'isolement – raconte-t-il – je fus confié à cinq gardiens : à tour de rôle, deux d'entre eux étaient toujours avec moi. Leurs chefs leur avaient dit : « Nous vous remplacerons tous les quinze jours par un autre groupe, pour que vous ne soyez pas 'contaminés' par cet évêque. » Par la suite ils ont décidé : « Nous ne vous changerons plus : autrement cet évêque contaminera tous les gardiens ».
Au début les gardes ne m'adressaient pas la parole. Ils répondaient seulement par oui et par non. C'était vraiment triste. (…) Ils évitaient de parler avec moi.
Une nuit, une pensée m'est venue : « François, tu es encore très riche, car tu as l'amour du Christ dans le cœur ; aime-les comme Jésus t'a aimé ».
Le lendemain je me suis mis à les aimer encore plus, à aimer Jésus en eux, leur souriant, leur disant des mots aimables. J'ai commencé à raconter des histoires sur mes voyages à l'étranger (…). Peu à peu nous sommes devenus amis. Ils ont voulu apprendre les langues étrangères : le français, l'anglais… Mes gardiens sont devenus mes élèves ! »
Fabio CIARDI et Gabriella FALLACARA