Mouvement des Focolari
Sport & Joy : avec le sport authentique, c’est la joie qui gagne

Sport & Joy : avec le sport authentique, c’est la joie qui gagne

« Une société de plus en plus sportive : conséquences », « sport et mirages du succès et de la richesse », « valeur éducative des modèles sportifs proposés actuellement », « bonheur à trouver dans la pratique sportive ou dans le succès ? ». Différentes questions autour du sport qui ont été au centre d’un congrès international – en cette année du sport et de l’éducation physique – sous le titre : « Sport & Joy – avec le sport authentique, c’est la joie qui gagne ».

Sportmeet for a United World, organisateur de la manifestation, veut ouvrir le dialogue dans le monde du sport sur les relations entre « activité physique, sport et bonheur », un rapprochement provocateur à une époque où vivre l’expérience du bonheur, personnel ou collectif, de façon non éphémère, semble chimérique. Spécialistes, étudiants et témoins du monde du sport ont aidé à décliner ce thème dans ses aspects sociologiques, économiques, pédagogiques et psychologiques. Sportmeet est un réseau mondial de sportifs et de professionnels du sport animés du désir de contribuer à travers le sport à la construction d’un monde plus uni. C’est une expression du mouvement des Focolari. Prochain rendez-vous : Le 9 octobre, Sportmeet apportera sa contribution à Run4Unity, la course de relais planétaire préparée par les Juniors pour un Monde Uni, du mouvement des Focolari : 24 heures de sport pour la paix, organisée dans des dizaines de villes du monde www.run4unity.org .

Paris : troisième journée de l’interdépendance

 

 Présentation du mouvement des Focolari
Son rôle dans le monde de l’art

Bonjour à tous !
C’est un grand honneur ainsi qu’une joie d’être aujourd’hui parmi vous et de représenter Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari.
Ce n’est pas simplement une profonde amitié qui lie Chiara Lubich à M. Barber, c’est un partage réciproque autour d’objectifs communs.
Dès la première journée de l’interdépendance qui s’est tenue à Philadelphie, il apparut clairement que le but général du mouvement des Focolari, l’unité de la famille humaine, pouvait constituer un solide appui aux idéaux de l’interdépendance.
L’interdépendance fraternelle souhaitée par Chiara Lubich est, dans le contexte des événements tragiques récemment vécus, un choix incontournable. Il n’y a que cela qui puisse garantir un avenir de paix. Pourtant, cette interdépendance fraternelle a besoin de l’apport de toutes les forces politiques mais aussi spirituelles et culturelles. Le titre de cette troisième journée de l’interdépendance « L’art et la culture au cœur de l’interdépendance » a été très apprécié et est la raison de ma présence parmi vous.
Dès les débuts du mouvement des Focolari (on était en pleine seconde guerre mondiale), Chiara a compris que, pour la réalisation de son grand rêve, la fraternité universelle, un rôle important revenait au monde de l’art et de la culture. En 1955 elle affirmait : « Cela a toujours été la passion de notre Mouvement dès ses débuts : crier par la vie, par les paroles et par les arts que Dieu est beauté et pas seulement vérité et bonté. »
Nous étions dans les années soixante lorsque, ballerine de la Scala de Milan, alors que je m’apprêtais à partir pour l’École du Bolchoï de Moscou, je rencontrai ce Mouvement. Un mot de Chiara m’ouvrit alors des horizons inédits : « L’artiste – disait-elle – est peut-être celui qui est le plus proche des saints. Car si les saints sont de tels prodiges qu’ils savent donner Dieu au monde, l’artiste donne, d’une certaine manière, la créature la plus belle de la terre : l’âme humaine ».
J’ai pu, au cours de ma longue carrière internationale, me rendre compte que le monde de la culture et de l’art a besoin d’une injection nouvelle de pureté. Car l’urgence de faire face aux situations internationales et la marchandisation de tout ce qui existe ont, dans bien des cas, porté atteinte à l’authentique vocation des artistes.
Je ne puis oublier ma joie en apprenant le mot de Stanislavski, le grand maître d’art dramatique russe : « L’art sert à élever l’esprit humain ». Oui, pour réaliser cela, il valait la peine de consacrer sa vie.
Dans le domaine de l’art, le mouvement des Focolari promeut des initiatives et des rencontres entre artistes de toutes tendances et cultures. Chiara reconnaît à l’artiste un « talent spirituel », une authentique vocation, mais elle lui demande de dilater son âme pour y laisser pénétrer l’amour.
Ces dernières années, nous nous occupons particulièrement des jeunes : lorsqu’ils se meuvent avec l’intention de faire passer avant leur art l’authentique amour réciproque vécu entre eux, on obtient des résultats inattendus. Cela les encourage à faire des expériences souvent à contre-courant et à construire des projets, dont certains d’envergure internationale.
La vocation artistique implique, comme l’affirma Jean-Paul II, une « responsabilité sociale » et aujourd’hui cette responsabilité doit se traduire en projets et en œuvres à même de redonner au monde l’espérance.
Au fond de son âme dilatée par l’amour pour ses frères, l’artiste doit puiser un art nouveau qui soit à même de parler à l’humanité de ses aspirations les plus profondes, pour donner au monde un « supplément d’âme » et ainsi contribuer à reporter l’homme à sa pureté, à la nostalgie d’infini et de beauté, qui est Dieu.

Liliana Cosi
Première ballerine étoile du théâtre de la Scala
Présidente de l’Associazione Balletto Classico

Commentaire de Chiara Lubich à la Parole de vie du mois de septembre 2005

Autour de l’année 50, Paul et Silas arrivent à Philippes. C’est la première fois que l’apôtre séjourne dans une ville européenne pour y annoncer l’Evangile. Les premières conversions entraînent quelques désordres dans la population païenne, au point que les magistrats décident d’expulser en secret Paul et Silas. Ceux-ci doivent invoquer leur statut de citoyens romains pour obtenir leur réhabilitation.
Malgré les oppositions rencontrées auprès des autorités et de la population, Paul, quelques années plus tard, invitera les croyants de la petite communauté chrétienne de Philippes à vivre leurs engagements civils dans la fidélité à l’Évangile. Car, si la cité des chrétiens se trouve dans les cieux, cela ne nous dispense pas de nos responsabilités dans le domaine social et politique.
Au contraire, citoyens du Royaume du Christ, nous sommes, nous chrétiens, au service de tous pour construire la cité terrestre dans la justice et l’amour.

« Menez une vie digne de l’Evangile du Christ. »

Par ces mots, Paul demande aux Philippiens de se comporter véritablement en chrétiens. On s’imagine quelquefois que l’Évangile ne résout pas les problèmes humains et que le Royaume de Dieu qu’il annonce se situe uniquement sur le plan religieux. C’est faire erreur.
Car Jésus est présent en tout chrétien si la grâce et l’amour sont en lui. C’est lui qui construit un pont, trace une route… C’est en tant qu’« autre Christ » que le baptisé peut apporter sa contribution spécifique dans tous les domaines de l’activité humaine : la science, l’art, la politique…

« Menez une vie digne de l’Evangile du Christ. »

Mais comment devenir nous-mêmes d’autres Christ pour agir efficacement sur la société ? Tout simplement en vivant le style de vie proposé par l’Evangile. La Parole de Jésus, lorsque nous l’accueillons, nous rend toujours plus conforme à ses pensées, à ses sentiments, à son enseignement. Elle éclaire chacune de nos activités, elle redresse et corrige chaque expression de notre vie.
Y pensons-nous assez ? La vie de la Parole fera de nous d’autres Christ. Notre vie, comme la sienne, sera au service des autres, nous construirons la fraternité en vivant l’amour. Car toutes les paroles de l’Evangile se résument dans l’amour envers Dieu et le prochain. La vie de chaque parole nous conduit toujours à aimer.
Cela vaut-il la peine de parler une fois de plus d’amour ? Faut-il encore souligner cet aspect ? Bien sûr que oui ! Car notre « vieil homme » ne demande qu’à se replier sur lui-même, qu’à cultiver ses propres intérêts, qu’à oublier ceux qui nous entourent, qu’à rester indifférent au bien commun.
Ravivons donc en notre cœur la flamme de l’amour. Elle nous donnera des yeux neufs pour regarder autour de nous, pour voir comment intervenir afin d’améliorer notre société. L’amour nous inspirera les décisions à prendre et nous donnera le courage de tenir bon jusqu’au bout.

« Menez une vie digne de l’Evangile du Christ. »

C’est ainsi qu’a vécu Ulysse Caglioni, qui passa sa vie en Algérie au milieu de chrétiens et de musulmans, en témoignant simplement l’amour évangélique. Il n’a pas vécu pour lui-même, mais d’abord pour ses frères et sœurs. Il aimait chacun d’un amour tout particulier. Il partageait avec tous les joies, mais aussi les souffrances de toute la période qui suivit l’Indépendance.
Dans les années 90, le pays fut déchiré par une vague de terreur qui n’épargna personne parmi la population algérienne majoritairement musulmane, mais aussi dans la petite communauté chrétienne d’origine étrangère. Avec d’autres amis chrétiens, Ulysse décida de ne pas retourner en Italie, son pays natal.
À un journal, il déclara : « Je suis resté des années en Algérie quand tout allait bien. Maintenant que la situation est devenue dangereuse, partir serait pour moi contraire au message de l’Evangile. »
Il y a deux ans, une maladie l’emporta. Ses amis musulmans donnèrent ce témoignage : « Il y avait un tel amour entre nous que chaque événement était partagé par nous tous. Il a été un pont, un lien entre le christianisme et l’islam. Dans un climat d’intolérance, il nous a appris à écouter, à penser sans préjugés. Il nous a appris à tout faire par amour, à être l’amour. »

 

Chiara Lubich