Mouvement des Focolari

« Rapports sociaux et fraternité : paradoxe ou modèle soutenable ? Une perspective à partir des sciences sociales »

 A notre époque marquée par le changement, plusieurs voix ont fait entendre lors du congrès l’urgence de ne plus focaliser l’attention seulement sur les rapports sociaux contradictoires et conflictuels, mais sur les « rapports de concorde et de communion » qui existent dans la société complexe actuelle. C’est ce que Chiara Lubich a mis en évidence dans son message où elle montre la fraternité comme « un principe spirituel qui est à la fois une catégorie anthropologique, sociologique et politique capable d’amorcer un processus de renouvellement global de la société ». Cette proposition est née d’une expérience qui s’étend sur plusieurs dizaines d’années, tant au niveau personnel qu’à celui des institutions politiques et des structures économiques.

Le congrès a été caractérisé par le dialogue, typique de la discipline sociologique, entre théorie et expériences réalisées dans des contextes culturels et sociaux les plus différents, comme celle du Centre culturel La Pira, de Florence, ouvert aux étudiants étrangers de diverses cultures et religions ; celle d’une communauté thérapeutique italienne pour anciens drogués ; celle du Centre international pour la famille de la cité-pilote de Loppiano (près de Florence) ; et aussi l’expérience d’intégration, à Fontem, au cœur de la forêt camerounaise, entre européens au contact de la culture africaine et les Bangwa, un peuple profondément attaché à ses traditions.

Une lecture sociologique des différentes expériences a mis en évidence de nouveaux modèles possibles, de nouveaux schémas d’application, comme le « paradigme de l’unité » dont a parlé le professeur polonais Adam Biela, sénateur et ancien président de la faculté de sociologie de l’université de Lublin. Une catégorie développée par la sociologue brésilienne Vera Araujo, comme paradigme d’unité-fraternité, capable de lire les relations d’unité et distinction, de réciprocité, don et communion. A la conclusion du congrès – et selon les termes de Vera Araujo – a émergé « une communauté scientifique naissante qui assume maintenant ces paradigmes, ces nouvelles stratégies de recherche, pour étudier ensemble de nouvelles perspectives pour les sciences sociologiques ».

Un filet d’amour

Un filet d’amour

Lia Brunet avait connu Chiara Lubich en 1945 à Trente. Ce sera elle, avec le premier Focolarino Marco Tecilla et Fiore Ungano, qui entreprendra le premier voyage hors de l’Europe, en 1958. C’étaient les années de graves conflits sociaux sur tout le continent latino-américain. Ce voyage sera le début du tissage d’un filet d’amour qui jettera les semences de renouvellement spirituel et social dans ces pays, où Lia a dépensé sans compter 44 ans de sa vie. Elle nous a laissé le 5 février. A Noël elle avait eu 87 ans.

Ce premier voyage en Amérique latine, est un voyage plein d’inconnu. A Trente, avec Chiara, dans les quartiers les plus pauvres, elle avait expérimenté la force de la transformation sociale de l’évangile vécu et de sa diffusion. En 12 mois intenses, ils avaient fait étape à Récife, Sao Paolo, Rio de Janeiro, Bel Horizonte au Brésil, à Montevideo, en Uruguay, à Buenos Aires en Argentine, à Santiago du Chili… ainsi s’esquisse leur programme dans le « journal d’un voyage ». « La nôtre aussi était une révolution, en utilisant l’arme la plus puissante, l’Amour que Jésus a porté sur la terre. Nous aussi nous parlions d’un « homme nouveau », celui de Saint Paul, mais aussi du « vieil homme », que nous cherchions à faire mourir, principalement en nous même. Ainsi notre projet est un projet de mort et de vie qui pointe sur le « Que tous soient un ».