30 Avr 2002 | Non classifié(e), Parole di vie
Jésus est le Dieu-avec-nous, l’Emmanuel. Matthieu le rappelle au début de son Évangile qui se conclut par la promesse du Christ de rester toujours avec nous, même après son retour au Ciel. Dieu-avec-nous, Jésus le restera jusqu’à la fin des temps.
Le Christ adresse cette promesse à ses disciples après leur avoir confié la mission de porter son message dans le monde entier. Il savait qu’il les envoyait comme des brebis au milieu des loups et qu’ils rencontreraient oppositions et persécutions . C’est pourquoi il ne voulait pas les laisser seuls dans leur mission. Aussi, à l’heure de son départ, promet-il de rester ! Ses disciples ne le verront plus, n’entendront plus sa voix, ne pourront plus le toucher, mais Jésus vivra au milieu d’eux, comme avant et même plus qu’avant. Car si jusqu’alors sa présence se situait en un lieu précis de la Palestine, il sera désormais présent partout où se trouvent ses disciples.
Jésus pensait aussi à nous tous. Lui, l’Amour incarné, voulait rester toujours parmi les hommes, partager leurs préoccupations, les conseiller, marcher avec eux, entrer dans leurs maisons, les combler de joie par sa présence.
Voilà pourquoi il a voulu rester avec nous, nous donner sa force et son amour, nous faire sentir qu’il était proche de nous.
L’Évangile de Luc raconte qu’après l’avoir vu monter au Ciel, les disciples « retournèrent à Jérusalem pleins de joie » . Comment était-ce possible ? C’est qu’ils avaient expérimenté la vérité de ses paroles.
Nous aussi, nous serons remplis de joie, si nous croyons vraiment à la promesse de Jésus :
« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. »
Ces paroles, les dernières de Jésus à ses disciples, marquent à la fois la fin de sa vie terrestre et le début de celle de l’Église. Il reste présent de multiples manières : dans l’Eucharistie, dans sa Parole, dans ses ministres (les évêques, les prêtres), dans les pauvres, les petits, les laissés pour compte…, dans chacun de nos prochains.
Soulignons une présence particulière. L’Évangéliste Matthieu nous l’indique : « Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » . Jésus désire, par ce mode de présence, s’établir partout. Si nous vivons ce qu’il nous demande, spécialement son commandement nouveau, nous pouvons donc le rencontrer même en dehors des églises, au cœur du monde, où que ce soit.
Ce qui nous est demandé, c’est l’amour réciproque, un amour de service, de compréhension, qui nous fasse participer aux douleurs, aux angoisses et aux joies de nos frères ; l’amour caractéristique du christianisme, qui couvre tout, qui pardonne tout.
Vivons de cette manière, afin que tout homme ait, déjà sur cette terre, la possibilité de rencontrer Dieu.
Chiara LUBICH
31 Mar 2002 | Non classifié(e), Parole di vie
Pour l’évangéliste Jean, “ voir ” Jésus est d’une importance capitale. C’est la preuve évidente que Dieu s’est vraiment fait homme. Dès la première page de son évangile, l’apôtre nous donne son témoignage passionné : “ Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire. ”
C’est surtout après la résurrection de Jésus que nous entendons l’exclamation de ceux qui l’ont vu. Marie de Magdala l’annonce : “ J’ai vu le Seigneur ”, de même que les apôtres : “ Nous avons vu le Seigneur . ” Quant au disciple que Jésus aimait, “ il vit et il crut ”…
Seul l’apôtre Thomas n’avait pas vu le Seigneur ressuscité, parce qu’il n’était pas présent le jour de Pâques, lorsque Jésus était apparu aux autres disciples. Tous les autres avaient cru, parce qu’ils avaient vu. Lui aussi – affirme-t-il – il aurait cru si, comme les autres, il avait vu. Jésus le prend au mot et huit jours après la résurrection il se montre à lui, afin qu’il croie lui aussi. À la vue de Jésus vivant devant lui, Thomas explose en la profession de foi la plus profonde et la plus complète de tout le Nouveau Testament : “ Mon Seigneur et mon Dieu . ” Alors Jésus lui dit : “ Parce que tu m’as vu, tu as cru : ”
« Bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. »
Comme Thomas, nous voudrions nous aussi voir Jésus. En particulier quand nous nous sentons seuls, sous le poids d’une épreuve ou dans un moment difficile… Nous nous reconnaissons un peu dans ces Grecs qui s’approchèrent de Philippe et lui demandèrent : “ Seigneur, nous voudrions voir Jésus . ” Comme nous aimerions avoir vécu au temps de Jésus, pour le voir, le toucher, l’écouter, lui parler ! Comme nous aimerions qu’il nous apparaisse comme il est apparu à Marie de Magdala, aux douze, aux disciples !
Ils avaient vraiment de quoi être bienheureux ceux qui étaient avec lui. D’ailleurs, Jésus lui-même le dit dans une béatitude que rapportent les évangiles de Matthieu et de Luc : “ Heureux vos yeux qui voient ce que vous voyez ! ” . Pourtant, devant Thomas, c’est une autre béatitude qu’il prononce :
« Bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. »
Jésus pensait à nous qui n’avons plus la possibilité de le voir de nos yeux de chair, mais qui pouvons toutefois le voir avec les yeux de la foi. En fin de compte, la situation de ceux qui vivaient au temps de Jésus et la nôtre ne diffèrent pas tellement. Même en ce temps-là, il ne suffisait pas de le voir. Les yeux du corps voyaient un homme. Il fallait d’autres yeux pour reconnaître en cet homme le Fils de Dieu.
Déjà parmi les premiers chrétiens, nombreux étaient ceux qui n’avaient pas vu personnellement Jésus et qui vivaient la béatitude que nous sommes appelés à vivre aujourd’hui. Nous lisons, par exemple, dans la première Lettre de Pierre : “ Vous l’aimez [le Christ] sans l’avoir vu ; vous croyez sans le voir encore ; aussi tressaillez-vous d’une joie ineffable et glorieuse, en remportant, comme prix de la foi, le salut de vos âmes. ”
Les premiers chrétiens avaient bien compris l’origine de la foi dont Jésus parlait à Thomas : l’amour. Croire, c’est découvrir qu’on est aimé de Dieu, c’est ouvrir son cœur à la grâce et se laisser envahir par son amour, c’est se fier totalement à cet amour en répondant à l’amour par l’amour. Si tu aimes, Dieu entre en toi et témoigne de lui-même en toi. Il apporte une manière toute nouvelle de regarder la réalité qui nous entoure. La foi nous fait voir les événements avec ses propres yeux, elle nous fait découvrir le projet qu’il a sur nous, sur les autres, sur la création tout entière.
« Bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. »
Thérèse de l’Enfant-Jésus nous a donné un lumineux exemple de ce regard nouveau sur la réalité que donnent les yeux de la foi. Une nuit, à cause de la tuberculose qui devait l’emporter, elle se mit à cracher du sang. Elle aurait pu dire : “ Je crache du sang. ” Non, elle a dit : “ L’époux est arrivé. ” Elle a cru sans avoir vu. Elle a cru qu’en cette souffrance Jésus venait lui rendre visite et qu’il l’aimait, lui, son Seigneur et son Dieu.
La foi, comme dans le cas de Thérèse de l’Enfant-Jésus, nous aide à tout voir avec des yeux nouveaux. De même que Thérèse a traduit l’événement douloureux en “ Dieu m’aime ”, nous pouvons à notre tour traduire tout événement de notre vie en “ Dieu m’aime ”, en “ C’est toi qui viens me rendre visite ”, ou bien encore en “ Mon Seigneur et mon Dieu . ”
Au ciel, nous verrons Dieu tel qu’il est. Dès à présent, la foi nous ouvre tout grand le cœur aux réalités du ciel et nous fait tout entrevoir à sa lumière.
Chiara Lubich
28 Fév 2002 | Non classifié(e), Parole di vie
Dans cette perle de l’Évangile qu’est l’entretien avec la Samaritaine aux abords du puits de Jacob, Jésus présente l’eau comme l’élément le plus simple, mais aussi le plus désiré, le plus nécessaire à la vie dans le désert. Nul besoin de se lancer dans de grandes explications pour faire comprendre l’importance de l’eau.
Or, l’eau de source est à notre vie naturelle ce qu’est l’eau vive, celle dont parle Jésus, pour notre vie éternelle.
Sans pluie, le désert ne fleurit pas. Sans la Parole de Dieu, les semences déposées en nous au baptême ne peuvent ni germer ni grandir pour donner ensuite des fleurs ou de beaux arbres. Et cela grâce à l’eau vive de la Parole qui donne la vie et la vie éternelle.
« Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif; au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle »
À qui s’adressent les paroles de Jésus ? À nous, à tous les assoiffés de ce monde, conscients de notre sécheresse et de notre aridité spirituelle ; mais aussi à ceux qui ne sentent même plus le besoin de s’abreuver à la source de la vraie vie et des grandes valeurs de l’humanité.
C’est nous, hommes et femmes d’aujourd’hui, que Jésus invite à boire cette eau vive, celle qui répondra à nos questions et satisfera nos désirs. Puisons donc à la Parole de Dieu, laissons-nous pénétrer par son message.
Comment ? En réévangélisant notre vie, en la confrontant avec la Parole, en essayant de penser avec l’esprit de Jésus et d’aimer avec son cœur.
Chaque instant où nous cherchons à vivre l’Évangile est une goutte de cette eau vive que nous buvons. Chaque geste d’amour envers notre prochain est une gorgée de cette eau. Oui, car cette eau si vive et si précieuse a cela de spécial qu’elle jaillit dans notre cœur chaque fois que nous l’ouvrons à l’amour envers les autres. La source – qui vient de Dieu – jaillit en nous dans la mesure où sa veine profonde désaltère les autres au moyen de simples ou de grands gestes d’amour.
« Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle »
Pour ne pas souffrir de la soif, donnons, nous aussi, l’eau vive que nous puisons en nous-mêmes et qui vient de Lui.
Il suffira d’une parole, ou même juste d’un sourire, d’un simple geste de solidarité, pour nous redonner un sentiment de plénitude, de paix profonde, un jaillissement de joie. Et si nous continuons à donner, cette fontaine de paix et de vie prodiguera une eau toujours plus abondante, sans jamais se tarir.
Et Jésus nous a révélé un autre secret, une sorte de puits sans fond où nous pouvons puiser. Lorsque deux ou trois sont réunis en son nom, en s’aimant de l’amour dont il nous a aimés, il est là au milieu d’eux . C’est alors que nous nous sentons libres, un, remplis de lumière, et que des fleuves d’eau vive jaillissent de notre sein . C’est la promesse de Jésus qui se réalise, car c’est de Lui-même, présent au milieu de nous, que jaillit l’eau qui désaltère pour l’éternité.
Chiara LUBICH
31 Jan 2002 | Non classifié(e), Parole di vie
Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, Jésus répond ainsi à la première tentation au désert. Elle concerne le besoin le plus élémentaire, la faim.
Le tentateur lui propose d’utiliser ses pouvoirs pour transformer les pierres en pain. Quel mal à cela ? Tous les hommes n’éprouvent-ils pas le besoin de satisfaire leur faim ?
Jésus perçoit pourtant le piège qui se cache derrière cette proposition : utiliser Dieu à nos propres fins, prétendant qu’il soit uniquement au service de nos besoins matériels. Au fond, le tentateur demande ici à Jésus d’adopter une attitude d’autonomie et non d’abandon filial envers le Père.
Telle est la réponse de Jésus. Nous devrions en tenir compte quand nous affrontons le problème dramatique de la faim dans le monde, pour répondre aux millions d’êtres humains manquant de nourriture, de logements, de vêtements. Celui qui allait rassasier les foules en multipliant les pains, celui qui nous demandera lors du jugement dernier si nous avons donné à manger aux affamés, affirme aussi que Dieu est plus grand que notre faim et que sa Parole est notre première nourriture.
« Il est écrit : ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu. »
Jésus présente la Parole de Dieu comme pain, comme nourriture. Cette comparaison nous éclaire sur notre rapport avec la Parole.
Mais s’en nourrir ?
Si le blé est d’abord grain, puis épi et enfin pain, de façon analogue la Parole est une semence déposée en nous. Elle doit germer, devenir morceau de pain pour être mangée, assimilée, transformée en vie de notre vie.
La Parole de Dieu, le Verbe prononcé par le Père et incarné en Jésus, est l’un des modes de sa présence parmi nous. Chaque fois que nous l’accueillons et cherchons à la mettre en pratique, cela revient à nous nourrir de Jésus.
Comme le pain qui nourrit et fait grandir, la Parole nous nourrit et nous fait grandir selon notre vraie dimension, le Christ en nous.
Maintenant que Jésus est venu sur la terre et s’est fait notre nourriture, nous ne pouvons plus nous contenter d’un aliment naturel comme le pain. Nous avons besoin de la nourriture surnaturelle de la Parole pour grandir comme enfants de Dieu.
« Il est écrit : ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu. »
Il en va de la Parole comme de l’Eucharistie : lorsque nous mangeons cette nourriture, ce n’est pas elle qui se transforme en nous, c’est nous qui nous transformons en elle. D’une certaine manière, nous sommes assimilés par la Parole et non l’inverse.
L’Évangile n’est donc pas un livre de consolation, un refuge dans les moments douloureux de la vie, mais le code des lois de la vie. Ces lois, nous n’avons pas seulement à les lire, mais à les assimiler, les absorber avec l’âme, pour devenir à chaque instant semblables au Christ.
En mettant sa doctrine en pratique, dans toutes ses exigences et à la lettre, nous pouvons devenir d’autres Jésus. Ses Paroles sont celles d’un Dieu, riches d’une force révolutionnaire, insoupçonnée.
Nous devons nous nourrir de la Parole de Dieu. Aujourd’hui on sait concentrer la nourriture nécessaire à notre corps en de petites pilules ; on peut aussi se nourrir du Christ en vivant l’une après l’autre chacune de ses Paroles, car il est présent en chacune d’elles.
Il existe une Parole pour chaque moment, pour chaque situation de notre vie. La lecture de l’Évangile nous le révélera.
Vivons alors l’amour du prochain par amour pour Dieu : c’est là un condensé de toutes ses Paroles.
Chiara LUBICH
31 Déc 2001 | Non classifié(e), Parole di vie
Invités à prier ce mois pour l’unité, les chrétiens se proposent de vivre et de méditer une Parole de Dieu, tirée du Psaume 36. Elle est si importante qu’elle peut nous mener sur le chemin de la réconciliation et de la communion.
Elle nous dit avant tout qu’il n’existe qu’une seule source de la vie, c’est Dieu. L’univers naît de lui, de son amour créateur, et il en fait la demeure de l’homme.
C’est lui qui nous donne la vie, et tous ses dons. Le psalmiste, qui connaît l’aridité des déserts et qui sait ce que représente une source d’eau, avec la vie qui fleurit tout autour, ne pouvait trouver une image plus belle pour chanter la création qui jaillit, telle un fleuve, du sein de Dieu.
Et, de son cœur, s’élance un hymne de louange et de reconnaissance. C’est le premier pas que nous avons à faire, le premier enseignement à tirer des paroles du Psaume : il nous faut louer Dieu, le remercier pour son œuvre, pour les merveilles du cosmos et pour cet homme vivant, qui est sa gloire, seule créature capable de lui dire :
« Chez toi est la fontaine de la vie »
Mais il n’a pas suffi à l’amour du Père de prononcer la Parole par laquelle tout a été créé. Il a voulu que sa Parole même s’incarne en notre chair. Dieu, le seul vrai Dieu, s’est fait homme en Jésus, apportant sur la terre la source de la vie.
La source de tout bien, de tout être et de tout bonheur, est venue s’établir parmi nous, afin que nous l’ayons, pour ainsi dire, à portée de main. « Je suis venu – a dit Jésus – pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » Il a rempli de lui chacune des parcelles de temps et d’espace de notre existence. Il a voulu rester avec nous pour toujours de bien des manières, afin que nous puissions le reconnaître et l’aimer.
Nous pensons peut-être quelquefois : « Comme il serait beau de vivre au temps de Jésus ! » Et bien, son amour a inventé une manière de rester, non pas dans un petit coin de Palestine, mais sur tous les points de la terre : il est présent dans l’Eucharistie, comme il l’a promis. Nous pouvons nous y abreuver, pour nourrir et renouveler notre vie.
« Chez toi est la fontaine de la vie »
Une autre source où puiser l’eau vive de la présence de Dieu, c’est le frère. Nous ne devons pas considérer la personne que nous aidons, surtout si elle est dans le besoin, comme notre bénéficiaire mais plutôt comme notre bienfaiteur, car elle nous donne la possibilité de rencontrer Dieu. Jésus s’est en effet identifié à chaque homme dans le besoin : « J’ai eu faim […], j’ai eu soif […], j’étais étranger […], en prison […] ») . Si nous l’aimons dans nos frères et dans nos sœurs nous recevons en échange son amour et sa vie.
La présence de Dieu au-dedans de nous est encore une autre fontaine riche en eau. Il nous parle sans cesse : à nous d’écouter sa voix, qui est celle de la conscience. Plus nous nous efforçons d’aimer Dieu et le prochain, plus sa voix se fait forte et domine toutes les autres. Mais il existe un moment privilégié où nous vivons plus particulièrement de cette présence : c’est dans la prière, lorsque nous cherchons à établir un rapport direct et profond avec lui, qui habite au fond de notre âme. C’est comme une veine d’eau profonde qui ne s’assèche jamais, mais qui est toujours à notre disposition, prête à nous désaltérer. Il suffit de prendre un peu de distance par rapport à nos occupations, de nous recueillir, pour trouver cette source, même au beau milieu du désert le plus aride. Jusqu’à parvenir à cette union avec lui où l’on ne se sent plus seul, mais deux : lui en moi et moi en lui. Et pourtant, par le don qu’il nous fait, nous sommes un comme l’eau et la source, comme la fleur et sa semence.
En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, la Parole du Psaume nous rappelle que Dieu est la seule source de la vie, et donc de la communion pleine, de la paix et de la joie. Plus nous nous abreuverons à cette fontaine, plus nous vivrons de l’eau vive de sa Parole, et plus nous nous rapprocherons les uns des autres, et nous vivrons comme une seule véritable famille. Alors se réalisera la suite du Psaume : « Et à ta lumière nous voyons la lumière », cette lumière que l’humanité attend.
Chiara LUBICH
(*) Traduction selon la TOB. « En toi est la source de la vie » si l’on se réfère à la traduction liturgique œcuménique.
31 Juil 2001 | Non classifié(e), Parole di vie
Dans l’Ancien Testament, le feu symbolise la parole de Dieu proclamée par les prophètes. Mais le feu est aussi le jugement divin qui, en passant au milieu du peuple, le purifie. Il en va de même de la parole de Jésus : elle construit tout en détruisant ce qui est sans importance, ce qui est corruptible, ce qui est vanité. Elle laisse debout la vérité seule.
Jean Baptiste avait désigné Jésus comme celui qui « vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » . Il annonçait le baptême chrétien qui sera inauguré le jour de la Pentecôte avec l’effusion de l’Esprit Saint sous forme de langues de feu . Telle est donc la mission de Jésus : répandre le feu sur la terre, communiquer l’Esprit Saint et sa force rénovatrice et purificatrice.
« C’est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! »
Jésus nous donne l’Esprit. Mais comment l’Esprit Saint agit-il ? En répandant l’amour en nos cœurs. Cet amour qu’il nous faut maintenir allumé en nous, selon son désir.
Quelle est la nature de cet amour ? C’est l’amour évangélique qui n’est ni terrestre, ni limité, mais universel comme celui du Père céleste qui envoie sa pluie et son soleil aussi bien sur les bons que sur les méchants, y compris sur les ennemis .
Cet amour n’attend rien des autres. Il a toujours l’initiative ; il aime en premier.
Cet amour se fait un avec chaque personne. Il souffre et se réjouit avec elle, se préoccupe ou espère avec elle. Il agit concrètement lorsque c’est nécessaire. C’est donc un amour qui n’est pas sentimental et ne se contente pas non plus de paroles.
Cet amour pousse à aimer le Christ en nos frères, se rappelant qu’il a dit : « C’est à moi que vous l’avez fait. » Il tend à la réciprocité, à réaliser avec les autres l’amour réciproque.
Cet amour, expression concrète de notre vie évangélique, donne toute sa portée à la parole que nous pourrons et devrons annoncer pour évangéliser.
« C’est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! »
L’amour est comme un feu. Pour rester allumé, il lui faut toujours quelque chose à brûler. Avant tout notre moi égoïste, afin qu’en aimant, nous soyons complètement projetés vers Dieu, en accomplissant sa volonté, ou vers le prochain, en l’aidant.
Un petit feu qui brûle peut devenir un grand incendie à condition d’être alimenté. C’est l’incendie d’amour, de paix, de fraternité universelle que Jésus a apporté sur la terre.
Chiara LUBICH