Mouvement des Focolari
Up2Me dépend de moi

Up2Me dépend de moi

Diffusion internationale en direct Samedi 25 septembre 2021 en six langues du parcours approfondi de formation, préparé par le mouvement des Focolari, sur l’éducation à la sexualité et à l’affectivité, pour un développement harmonieux de la personne dans toutes ses dimensions, destiné aux enfants, aux jeunes et aux parents. «Up2Me m’a donné une plus grande conscience de qui je suis, dans ma sphère émotionnelle et physique, et du projet de vie que j’aimerais construire, ainsi que de l’importance des relations avec les autres». «Le programme m’a particulièrement aidé à établir des liens avec les filles. Cela m’a appris à les respecter. Je suis plus disposé à aider à la maison et je suis heureux d’aider ma mère et ma sœur sans me sentir inférieur». «Cette expérience m’a permis de parler avec des jeunes de mon âge de sujets qui sont importants pour nous, j’ai pu m’exprimer librement, sans la crainte d’être jugé». Ce sont quelques-uns des témoignages des centaines de jeunes de différentes parties du monde qui ont pu participer à Up2Me, le parcours de formation pour approfondir l’affectivité et à la sexualité, qui vise le développement harmonieux de la personne dans toutes ses dimensions. Le programme est basé sur la «personne-relation». L’être-en-relation est l’essence de la personne humaine, la base ontologique pour promouvoir une croissance complète qui considère les enfants et les jeunes, selon leur âge, comme les protagonistes de choix conscients et capables de vivre des relations positives. Samedi 25 septembre 2021 à 14 heures. (heure italienne) sera l’occasion, pour ceux qui le souhaitent, d’en savoir plus grâce à un streaming en direct sur ce lien, traduit en six langues simultanément : anglais, français, espagnol, néerlandais, portugais, italien. Créé au sein du mouvement des Focolari, Up2Me s’est développé dans 28 pays et répond à une demande claire des enfants et adolescents qui sont confrontés à des questions majeures (vie, santé, sexualité, modes de vie modernes, émotions, choix pour leur avenir…) et ne disposent pas d’outils adéquats. Les parents se sentent souvent impréparés à répondre à ces demandes. En conséquence, les médias sociaux deviennent la source principale, sans éduquer sur la valeur de la personne entière. « Je n’ai jamais trouvé ces choses sur l’internet », c’est ce qu’a déclaré une petite fille à la fin d’une session Up2Me sur la connaissance de la beauté et de la délicatesse de son propre corps. Up2Me vise à répondre à ces défis et à aider les parents dans cette phase d’accompagnement des enfants et des adolescents dans un parcours de formation intégrale. Quels sont les principaux thèmes abordés?

  • Pour les enfants : émotions ; corps ; amitié ; vie et mort…
  • Pour les préadolescents et les adolescents : la beauté et la délicatesse du corps ; le miracle de la naissance de la vie ; le respect de la vie humaine et de la planète ; l’hygiène personnelle ; l’avortement ; la contraception ; les techniques de procréation assistée ; les addictions ; la pornographie ; les études du genre ; les modes de vie sains (sport, alimentation, repos…) ; les opportunités et les problèmes d’Internet ; l’importance de l’aspect spirituel pour l’être humain ; les médias ; le harcèlement ; l’amitié ; les émotions ; le sentiment amoureux ; le projet de vie…
  • Pour les parents de préadolescents et d’adolescents : éduquer en temps de crise ; l’autorité et l’autoritarisme ; bien communiquer ; l’adolescence, un âge d’opportunités ; comment parler aux enfants de la sexualité, les addictions (substances, pornographie, smartphones…), des modes de vie (alcool, tabac, alimentation…), des nouveaux médias…

Le parcours de formation s’adresse également à ceux qui veulent devenir des « tuteurs Up2Me » en participant à une école internationale avec formation théorique et expérimentation pratique. Up2Me est coordonné au niveau international par une équipe centrale liée à diverses équipes locales. Le Comité scientifique international multidisciplinaire est composé de professeurs de psychologie, de pédagogie, de médecine, de théologie et de droit.

Lorenzo Russo

Un signe d’espoir pour le cheminement œcuménique

Un signe d’espoir pour le cheminement œcuménique

La rencontre des Évêques de diverses Églises, amis du mouvement des Focolari, a débuté aujourd’hui. Ils seront reçus en audience par le Pape François samedi matin. « Nous devons avoir le courage de prendre des risques », « Les témoignages nous donnent le courage d’être ‘un’ », « Nous avons assisté à une expérience d’œcuménisme vécu », telles sont quelques-unes des premières impressions des 181 Évêques de 70 Églises et de 45 pays réunis aujourd’hui au premier jour de la rencontre des Évêques de diverses Églises, amis du mouvement des Focolari. Mgr Brendan Leahy, Évêque catholique d’Irlande, et M. Matti Repo, Évêque luthérien de Finlande, modérateurs de la rencontre, après avoir salué les participants, dont la plupart étaient reliés par une liaison internet avec 15 traductions simultanées, ont donné la parole à Margaret Karram, Présidente du mouvement des Focolari, qui, après leur avoir souhaité la bienvenue, a déclaré : « Mon souhait – qui est aussi une certitude – est que cette rencontre conduise au renforcement, parmi tous les participants, de cette merveilleuse réalité d’écoute et d’accueil réciproque, dans laquelle l’Esprit Saint devient le protagoniste de nos relations. Lui seul est capable d’apporter un renouveau dans la structure ecclésiale et sociale. Il sait ouvrir la voie et rendre constructif tout processus de réconciliation. Votre présence au Congrès est en soi un signe des temps, elle révèle le souci de chacun pour l’unité, un horizon qui n’est pas si lointain car la vie commune de l’Evangile la rend tangible entre frères ». L’Évêque Christian Krause, ancien président de la Fédération Luthérienne Mondiale, après avoir expliqué la genèse de la rencontre, s’est référé au titre : « Oser être ‘un’ » (…) C’est une humble contribution à un dialogue et une initiative en cours pour partager, se comprendre et garder parmi nous le message de Jésus sur le chemin de la paix ». Il a poursuivi en invitant tous les participants à ne pas chercher à maintenir leur pouvoir institutionnel, mais à « ouvrir les portes au partage du charisme de l’unité et à l’hospitalité eucharistique des enfants de Dieu ». C’est pourquoi, une fois de plus – pour l’amour du ciel – osez être ‘un’! ». Après un moment de rencontre par groupes linguistiques pour faire connaissance et échanger les premières impressions, la vie de la Parole de Dieu dans la spiritualité des Focolari a été approfondie. Un passage de Chiara Lubich lu par la focolarine anglicane Sarah Finch a ensuite été enrichi par les interventions de l’Évêque luthérien Dr Matti Repo, de la Dre Mervat Kelly, focolarine syro-orthodoxe et de la Dre Sandra Ferreira, focolarine catholique. Ensuite, les Évêques ont donné des témoignages qui ont rendu visible ce qui avait été dit. Une série d’expériences qu’ils ont vécues démontrent l’effort de s’engager pour construire l’unité entre les différentes Églises. Expériences émouvantes et concrètes dans les diverses situations pastorales. Les paroles de Chiara Lubich, entendues précédemment, résonnent : « Un fruit de la Parole est qu’elle nous rend un : elle provoque l’unité. Comme dans les plantes greffées, deux branches écorcées par le contact vivant des deux parties vives deviennent une seule, ainsi deux âmes humaines écorcées de l’humain par la Parole de Vie vécue, se consument mieux en une seule réalité ». Quatre heures ont concerné l’Australie aux Etats-Unis, du Brésil à l’Ukraine, de Madagascar aux pays d’Europe et d’Asie, avec la variété des fuseaux horaires et des conditions politiques et sociales. Demain, 24 septembre 2021, ce sera la deuxième journée. Ils seront reçus en audience par le pape François le samedi 25 septembre.

Carlos Mana

 

Le courage de l’unité des Églises dans un monde divisé

Évêques amis des Focolari : Démarche synodale, œcuménisme et paix sont les thèmes que 170 évêques provenant de 44 pays du monde et de 70 Églises et communautés ecclésiales aborderont à Castel Gandolfo (Rome) du 23 au 25 septembre. Le pape François les recevra en audience le 25 septembre. « Oser être UN. Le courage de l’unité dans un monde divisé », tel est le titre de la prochaine conférence internationale des évêques amis du mouvement des Focolari, appartenant à différentes Églises chrétiennes. Un titre qui exprime bien l’urgence que les évêques ressentent en ces temps où la pandémie a aggravé les divisions, la violence et les formes anciennes et nouvelles de solitude dans le monde entier. « À cela s’ajoutent la répartition injuste des richesses et de la pauvreté, le fossé dramatique entre la liberté et l’oppression, les menaces croissantes sur l’environnement naturel. C’est pourquoi nous lançons cet appel passionné : « Osez l’unité !  » Nous l’adressons à nous-mêmes et à nos frères évêques pour qu’ils se l’approprient dans leurs églises et communautés respectives. » C’est par ces mots que l’évêque Christian Krause, ancien président de la Fédération luthérienne mondiale et l’un des initiateurs de cet événement, résume l’importance de cette conférence. Mgr Brendan Leahy, évêque catholique de Limerick (Irlande), qui en est le coordinateur, explique : «Cet événement est promu par le réseau mondial des évêques de différentes Églises, amis du mouvement des Focolari, qui se réunissent régulièrement depuis 38 ans pour approfondir leur communion sur la base de la spiritualité de l’unité des Focolari. L’objectif est d’être unis en Christ et s’il y a la présence de Jésus parmi nous, le chemin vers l’unité est assuré. » La réunion se déroulera de la façon suivante: 10 évêques seront physiquement présents à Castel Gandolfo (Rome), tandis que 170 suivront la réunion en ligne, seuls ou en petits groupes, conformément aux règles sanitaires. Le 25 septembre, ils seront reçus en audience par le pape François, qui rejoindra également tous les participants connectés en streaming. Interviendront au cours de cette conférence : Margaret Karram, présidente du mouvement des Focolari et Jesús Morán, coprésident du mouvement ; Nelson Luiz Leite Campos, évêque émérite de l’Église méthodiste du Brésil ; Stefan Tobler, théologien réformé, professeur de théologie évangélique à l’université Lucian Blaga de Sibiu (Roumanie) ; Piero Coda, théologien catholique, membre de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe, professeur à l’Institut universitaire Sophia de Loppiano (Italie). Le programme comprend des études approfondies sur la spiritualité de l’unité de Chiara Lubich, des témoignages de vie offerts par des évêques de différentes Églises qui aborderont la Parole de Dieu, le mystère de Jésus crucifié, abandonné et ressuscité, le charisme de l’unité et son incarnation dans les blessures de l’humanité contemporaine. Le moment central et assurément le plus caractéristique des conférences des évêques amis des Focolari est le « pacte d’amour réciproque ». Il s’agit d’un engagement solennel à s’aimer les uns les autres sur la base de l’invitation que Jésus propose dans le « commandement nouveau » (cf. Jn 15,17). Les évêques s’engageront ainsi à recevoir les dons offerts par chaque Église, à partager ses peines et ses joies, en les ressentant comme les leurs, afin de rendre le processus d’unité entre les Églises toujours plus proche et plus visible. Les évêques amis des Focolari : des années 1980 à aujourd’hui En 1982, Klaus Hemmerle, évêque catholique d’Aix-la-Chapelle (Allemagne), a commencé à promouvoir des réunions d’évêques de différentes Églises. Dès les années 1960, de nombreux évêques, faisant leur la spiritualité des Focolari, se sont engagés à marcher ensemble vers l’unité et à la promouvoir à tous les niveaux. Mais les propos tenus par le Pape Jean-Paul II, lors d’une audience accordée à un groupe d’évêques catholiques amis du mouvement des Focolari, ont été un encouragement supplémentaire à organiser des rencontres avec des évêques de différentes Églises. Aujourd’hui, ces rassemblements ont lieu périodiquement dans des lieux symboliques du dialogue œcuménique. Il s’agit non seulement d’un itinéraire spirituel, mais aussi d’une occasion concrète pour les évêques de se connaître et de s’accueillir mutuellement, en offrant à chacun la possibilité de faire l’expérience de la vie chrétienne des différentes Églises.

Service Communication du Mouvement des Focolari

Stefania Tanesini

 

La ville de Grottaferrata rend hommage à Chiara Lubich

La ville de Grottaferrata rend hommage à Chiara Lubich

Le 10 septembre dernier, la ville de Grottaferrata (Rome-Italie) a conféré à Chiara Lubich la citoyenneté d’honneur à titre posthume, une reconnaissance qui renouvelle visiblement l’amitié entre la fondatrice du mouvement des Focolari et ce territoire, qui lui était si cher et qui a vu naître  les premières structures du mouvement. La plaque a été confiée à Margaret Karram, l’actuelle présidente. Une « ville mère », un lieu où « des personnes aux vocations différentes sont rassemblées en un seul peuple ». L’inspiration de Chiara Lubich l’a conduite à reconnaître les Castelli Romani comme le terrain fertile où tout pourrait s’épanouir, et en particulier dans la ville de Grottaferrata (Rome-Italie), le nouveau centre du mouvement des Focolari, après Trente, sa ville natale, et Rome. À Grottaferrata, en 1959, une salle de réunion est inaugurée à la Villa Maria Assunta, une belle demeure mise à la disposition du mouvement des Focolari par la marquise Rossignani Pacelli, sœur du pape Pie XII. Cette maison deviendra bientôt le cœur de l’Œuvre, la vivante et fervente « Cité de Marie ». Chiara Lubich, tout en continuant à vivre à Rome, a passé quelque temps à Grottaferrata de 1956 à 1964. Ces épisodes d’une histoire conduite par Dieu ont été évoqués par la présidente du mouvement des Focolari, Margaret Karram, à l’occasion de la cérémonie de remise de la citoyenneté d’honneur à titre  posthume de Grottaferrata à Chiara Lubich, le 10 septembre dernier. Étaient présents à cet événement : Luciano Andreotti, maire de Grottaferrata, Angelo Viticchiè, ancien maire de la ville, Sergio Lubich, neveu de Chiara et Veronica Cimmino, maire de Rocca di Papa. Pour conclure, la projection du documentaire « Chiara Lubich : l’Amour triomphe de tout ». Le réalisateur Giacomo Campiotti, le producteur artistique Saverio D’Ercole, le producteur du film Luca Barbareschi et l’actrice Valentina Ghelfi étaient également présents. L’événement, déjà prévu en 2004, puis reporté en raison de la maladie et du décès de Chiara, était axé sur le sens de la communauté et de la fraternité. Ces valeurs, enracinées dans la vie du Mouvement, peuvent devenir, comme l’a souligné le maire de Grottaferrata, le seul « instrument de partage » même dans la vie publique d’une ville, où la « recherche du bien commun » reste l’objectif principal. Ce qui semble être un chemin ardu trouve sa confirmation dans « l’unité par l’amour » et dans les propos inédits que Chiara aurait voulu prononcer en recevant ce titre, repris par la voix de Margaret Karram : « Je voudrais offrir cet Art d’Aimer à l’attention de toutes les personnes présentes et en particulier aux citoyens de Grottaferrata afin que, s’ils le souhaitent, nous puissions nous aider à le vivre et à le diffuser partout. » Une expérience qui, comme le conclut la présidente du mouvement des Focolari, « ne s’arrête pas aux frontières de notre ville, mais s’étend à des relations fraternelles de collaboration avec d’autres municipalités, pour faire grandir et rendre toujours plus lumineux un réseau de villes pour la fraternité. »

 Maria Grazia Berretta

 

L’existence devint une aventure

Le 17 septembre 1948, Chiara Lubich rencontrait pour la première fois à Rome Igino Giordani[1], qu’elle appellera plus tard Foco. Elle était tertiaire franciscaine et était accompagnée de quelques religieux de différentes familles franciscaines. Giordani avait 54 ans et était déjà un homme accompli dans les domaines politique et culturel lorsqu’il connut Chiara Lubich, jeune fille de 28 ans, reconnaissant en elle un charisme. Giordani rejoint immédiatement les Focolari et, en raison de sa contribution au développement du Mouvement, Chiara Lubich le considéra comme un cofondateur. Voici le récit de cette rencontre tiré du journal de Giordani. « Voir unis un frère conventuel, un frère mineur, un capucin, un tertiaire et une tertiaire de François d’Assise me parut déjà en soi un miracle d’unité, et je le leur dis. La jeune fille prit la parole […] et, dès les premiers mots, je sus qu’il s’agissait de quelque chose de nouveau. Le timbre de la voix était inhabituel. Il dénotait une conviction profonde et sûre qui jaillissait d’un sentiment surnaturel. […] Lorsqu’elle cessa de parler, au bout d’une demi-heure, j’étais dans l’enchantement. Inondé de lumière et de joie, j’aurais voulu continuer à entendre cette voix. Sans m’en rendre compte, c’est cette voix que j’avais attendue. Elle mettait la sainteté à la portée de tous, supprimait les grilles qui séparaient le monde laïc de la vie mystique. Elle jetait sur la place publique les trésors d’un château où peu étaient auparavant admis. Elle rendait Dieu proche : il était Père, frère, ami, présent à l’humanité. […] Il se passa quelque chose en moi. Ces morceaux juxtaposés de culture se mirent en mouvement, s’animèrent, jusqu’à former un corps vivant, parcouru par un sang de générosité : était-ce le sang dont brûlait Catherine de Sienne ? L’amour était entré, il investissait mes pensées en les attirant sur une orbite de joie. L’idée de Dieu avait cédé le pas à l’amour de Dieu, l’image idéale de Dieu avait cédé la place au Dieu vivant… En Chiara, j’avais trouvé non pas quelqu’un qui parlait de Dieu, mais quelqu’un qui parlait avec Dieu : fille du Père, avec lequel elle conversait dans l’amour. […] Tout en fut éclairé. La souffrance prit une signification de Salut et se transforma en amour. La vie apparut comme le dessein adorable de la volonté de Dieu, et chaque instant acquit plénitude et beauté. La nature et son histoire dévoilaient des espaces riches d’harmonie et de sagesse. Et pour vivre cette nouvelle vie, pour naître en Dieu, je ne devais pas renoncer à mes doctrines. Je devais seulement les plonger dans la flamme de la charité, afin qu’elles prennent vie. À travers le frère, je me mis à vivre Dieu. La grâce jaillit librement, les écrans qui séparaient la nature du surnaturel s’effacèrent. Mon existence devint toute une aventure, vécue consciemment en union avec le Créateur, qui est la vie. […]

Igino Giordani

(Igino Giordani, Memorie di un cristiano ingenuo, Rome, 1984, pp. 147-154). « Igino Giordani, chrétien, politique, écrivain », Nouvelle Cité 2003, pp. 152-155 [1] Igino Giordani (1894–1980) est un écrivain, un journaliste et un homme politique italien. En 1946, il est élu à l’Assemblée Constituante et, en 1948, comme député dans les files de la Démocratie au Parlement italien où il se distingue par son engagement en faveur de la paix et de la justice sociale.  

Évangile vécu : donner en premier

Cet appel s’adresse à nous aussi : avoir un esprit et un cœur ouverts pour reconnaître et prendre en charge les besoins des autres, utiliser nos talents, notre temps, pour le bien commun dans les contextes domestiques et autres. C’est l’invitation à nous mettre à la dernière place pour être les « premiers », à pousser tout le monde vers le seul avenir possible : la fraternité universelle. Écouter Aimer son prochain signifie parfois simplement l’écouter… même pendant des heures ! Cela m’est arrivé ce matin, lorsque vers 9h30, un ami qui passe la majeure partie de l’année à l’étranger est venu me rendre visite. Il m’a parlé de son père qui venait de mourir, de la personne qui s’occupait de lui, des divers problèmes familiaux, et du fait que, pour ne pas manquer la messe du dimanche à l’étranger, il doit faire quatre heures de route, aller-retour, pour se rendre à l’aumônerie où elle est célébrée en italien… Il était midi passé quand nous nous sommes dit au revoir. C’est à ce moment que j’ai réalisé le temps que j’avais passé à l’écouter. (Umberto – Italie) Compétition en cuisine Je voyais ma femme rentrer toujours fatiguée du travail. J’ai demandé à Dieu comment pouvais-je l’aider et un soir, pendant le dîner, j’ai eu l’idée d’une semaine d’essai dans la cuisine : chacun de nous devait préparer un dîner différent (avec ma grand-mère, nous sommes sept). Même notre troisième fils, un adolescent toujours content de tout, s’est intéressé à la compétition. La semaine s’est écoulée et l’une des filles a suggéré de poursuivre en nous donnant même des notes. C’est devenu encore plus amusant. C’est avec une grande joie que j’ai constaté que ma femme était soulagée et heureuse de voir ses enfants en action. Une fois, en parlant entre nous, elle m’a dit qu’elle découvrait des aspects nouveaux et inattendus de nos enfants. (G.B. – Slovaquie) Ce regard disait tout J’avais pris ma retraite plus tôt que prévu, juste pour être proche de ma femme, qui était malade depuis un certain temps. Malheureusement, sa maladie était dégénérative. Jour après jour, j’ai vu décliner ses capacités, sa parole et ses mouvements… Où était la femme merveilleuse avec laquelle j’avais rêvé d’une vie de bonheur, d’une grande et belle famille, de notre engagement d’être un foyer ouvert à tous ? Ma femme était là, immobile ;  elle bougeait les yeux et ce regard disait tout. Ma foi n’était pas vivante, notamment parce que, en tant que professeur de philosophie, je connais les astuces de l’esprit et le danger de la mystification. Depuis que la conversation avec ma femme était devenue silencieuse, je percevais qu’elle était heureuse si je priais à ses côtés, pour elle, en elle. Il y a deux mois, elle s’est éteinte en silence. Elle a laissé un tel héritage que ni moi ni nos enfants ne pouvons quantifier. Elle a planté en nous une graine de lumière. Lorsque la maladie est apparue, elle avait dit : « La vie est maintenant en montée. J’aimerais la parcourir avec vous. Mais Dieu me demande de dire merci avec ma vie ». (G.d.P. – Italie)

Aux soins de Maria Grazia Berretta

 (extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année VII, n.4, septembre-octobre 2021)