4 Sep 2026 | Écologie , Social , Testimonianze di Vita
Kalera est un petit village du Haut-Katanga, en République démocratique du Congo, lieu de naissance de l’abbé Jean-Baptiste Ilunga Binsela, prêtre et animateur du Mouvement Laudato Si’.
Il est situé dans une région extraordinairement riche en minerais tels que le cobalt et le coltan, des ressources qui alimentent les technologies et les économies du monde entier. Pourtant, Jean-Baptiste a grandi dans un contexte très différent. Son village n’avait pas d’électricité, disposait de peu de services de santé, d’un accès limité à l’eau et à l’assainissement, et ne comptait ni école locale ni routes en bon état. Au fil des ans, les inondations ont frappé la communauté à plusieurs reprises.
Jean-Baptiste a quitté Kalera pour poursuivre ses études et devenir prêtre. Il est ensuite revenu dans son village où, en 2023, quelque chose a commencé à changer.
Grâce à la formation des animateurs du Mouvement, Jean-Baptiste a approfondi l’un des messages centraux de l’encyclique Laudato Si’ :
Tout est lié : la foi et la création, la pauvreté et l’énergie, la dignité humaine et l’économie. Les minerais enfouis sous terre et la vie des personnes qui vivent au-dessus d’eux.
Cette conversion écologique a conduit Jean-Baptiste à se poser une question difficile : comment une communauté entourée de ressources qui contribuent à nourrir le monde pouvait-elle elle-même manquer d’énergie ?
Sa réponse nous rappelle que la conversion ne peut se limiter à une expérience spirituelle personnelle.
L’Eau Vive est faite pour couler : elle coule lorsque la contemplation se transforme en compassion, lorsque la foi nous aide à voir les liens entre la Terre et les personnes qui en dépendent, et lorsque cette prise de conscience nous pousse à agir.
À Kalera, ce flux s’est manifesté sous la forme d’énergie renouvelable. Jean-Baptiste s’est attelé à la création d’un village sans combustibles fossiles, et l’installation de panneaux solaires a progressivement ouvert de nouvelles perspectives. Les enfants peuvent désormais étudier après le coucher du soleil. Les familles peuvent recharger leurs téléphones et rester connectées. Le centre de santé local peut conserver les médicaments au frais. La chapelle de Sainte Annarita dispose désormais d’électricité, ce qui renforce la vie pastorale de la communauté.
Pour les habitants de Kalera, ces changements ont semblé presque miraculeux. Jean-Baptiste raconte qu’ils ont même commencé à comparer leur village à Capharnaüm, évoqué dans l’Évangile comme un lieu de guérison et de transformation.
L’énergie solaire a apporté la lumière. Mais quelque chose de plus profond a commencé à couler : l’espérance .
En effet, lorsque la conversion intérieure rayonne vers l’extérieur, elle peut nourrir les relations, rétablir la dignité, renforcer les communautés et faire émerger de nouvelles voies dans des lieux oubliés.
L’histoire de Jean-Baptiste est celle d’un ruisseau qui se jette dans un fleuve bien plus grand : partout dans le monde, de nombreuses communautés trouvent leur propre manière de s’immerger dans l’Eau vive . Et alimentent ainsi un fleuve qui apporte guérison, unité et espoir dans toute notre maison commune en cette Année de la Création 2026 (Tempo del creato 2026 .)
Le Mouvement des Focolari est partenaire du Mouvement Laudato Si’. Le Temps de la Création a débuté en 1989 à l’initiative du Patriarche œcuménique orthodoxe Dimitrios Ier, qui a institué la Journée de Prière pour la Création le 1er septembre. En 2007, la Troisième Assemblée œcuménique Européenne a élargi cette célébration en la transformant en une période d’un mois qui s’achève le 4 octobre, jour de la Saint-François d’Assise. Enfin, en 2015, le Pape François a officiellement inscrit cette célébration au calendrier de l’Église catholique romaine, consolidant ainsi son caractère œcuménique mondial. En 2026, plusieurs Églises ont inscrit dans leur calendrier liturgique cette nouvelle fête intitulée « Fête de la Création en Christ » et le pape Léon XIV a approuvé la « Messe pour la sauvegarde de la Création » prévue pour le 1er septembre, date marquant le début du Temps de la Création.
Vidéo de présentation du Tempo del creato 2026 (Temps de la Création 2026) Tempo del Creato 2026
Rédigé par Carlos Mana (avec la collaboration de Susana Salguero) Photo de couverture : grâce à l’aimable autorisation du Mouvement Laudato Si’ – Dans cet article : © Diego Vivanco e Toza by Pexels.com
25 Août 2026 | Dialogue interreligieux , Focolari nel Mondo , Testimonianze di Vita
Administrateurs
Hier, j’ai vécu avec l’une de mes collaboratrices un de ces moments que l’on n’oublie pas facilement. C’est une jeune femme qui a un enfant handicapé et un ex-mari violent, avec lequel une procédure judiciaire est en cours.
Elle s’investit énormément dans son travail et j’ai pensé lui accorder une prime financière parce qu’elle avait mené à bien, avec beaucoup de dévouement, une mission que je lui avais confiée. Même si, compte tenu de sa situation, elle doit parfois s’absenter pour le procès avec son ex-mari ou en raison de certaines difficultés avec son fils, elle est toujours disposée à travailler. Lorsque je lui ai remis la prime en espèces, elle s’est mise à pleurer. Pendant le week-end, on lui avait volé de l’argent à un distributeur automatique et cette somme lui permettait de compenser cette perte ; elle était même supérieure à la somme qui lui avait été dérobée. Cela a été l’occasion de lui parler de la Providence. Puis je me suis souvenue de ce que j’avais entendu lors d’une rencontre d’Économie de Communion : « nous devons anticiper les besoins des autres ». Je lui ai également accordé une avance sur salaire qu’elle, par pudeur, n’osait pas demander. Nous ne sommes que des administrateurs.
CK (Argentine) (extrait de « Noticias de familia »)
Solidarité
Je suis un prêtre âgé, collaborateur dans une paroisse de Milan, en Italie.
J’accompagne également quelques personnes seules qui rencontrent des difficultés et que j’aide grâce aux dons que je reçois. Dernièrement, la situation de l’une d’entre elles s’est aggravée. J’avais déjà réservé une maison d’accueil pour quelques jours de vacances d’été et, pour les dépenses supplémentaires, je m’étais réservé 140 €. Après un moment de prière, j’ai décidé d’en donner la moitié à cette personne dans le besoin et de garder le reste pour moi.
Ce matin, après la messe, un homme âgé s’est approché de moi et m’a remis une enveloppe contenant 150 €. Une fois encore, je ne me suis pas retrouvé seul à gérer cette solidarité.
PL (nous écrit de Milan, Italie)
Se reconnaître dans l’autre
Il y a quelque temps, j’ai commencé à prêter attention aux personnes que peu de gens remarquent et auxquelles personne n’adresse même pas un bonjour. Un jour, alors que je courais pour prendre le bus, j’ai perdu mon porte-monnaie et je suis revenu sur mes pas pour le chercher. J’ai trouvé un balayeur qui l’avait découvert et qui cherchait à me retrouver. Samuel n’a pas voulu accepter de récompense et, depuis, nous nous sommes revus de nombreuses fois pour boire un café.
Fátima est marocaine, musulmane, et travaille comme femme de ménage dans un restaurant du quartier. Au fil du temps, elle m’a raconté beaucoup de choses sur sa famille et son pays. Nous avons parlé de croyances, de foi et de respect. Elle me témoigne son affection chaque fois qu’elle me voit, car personne ne s’arrête pour parler « avec la femme de ménage ».
Chaouki est un cuisinier tunisien qui a travaillé en Italie et en Allemagne. Il parle plusieurs langues et c’est une personne d’une grande culture. Il a repris un restaurant appelé « Citoyen du monde » : un véritable programme de respect et de tolérance. Je lui ai dit que je partageais sa manière de penser et que j’étais heureux de pouvoir échanger avec lui des idées et des actions en faveur d’un monde meilleur. Un jour, je suis allé prendre le petit-déjeuner avec quelques amies et leur surprise a été semblable à la mienne en voyant des personnes d’origines diverses qui partageaient sa façon de penser. C’est merveilleux de se sentir entouré de personnes bienveillantes qui ne cherchent pas à faire de bruit.
LL (Majadahonda, Madrid) (extrait de la revue « Lar »)
sous la rédaction de Carlos Mana Foto: © Ivan S by Pixabay
22 Août 2026 | Chiesa , Cultura , Testimonianze di Vita , Vite vissute
Franco et Anna se marient en 1991 et ont trois enfants : Benedetta, Francesca et Federico. En août 2025, Franco part soudainement au Ciel, à l’âge de 63 ans. Cette nouvelle bouleverse de nombreuses personnes, non seulement dans leur ville, Poggio Mirteto (Italie), mais aussi parmi les nombreux amis du mouvement des Focolari qui l’ont connu, soit lorsqu’il était Gen (jeune des Focolari) et, enflammé par l’idéal de l’unité, il avait dit son « oui » à l’appel à vivre pour Jésus, soit à travers sa profession (il a travaillé pendant des années à la maison d’édition Città Nuova) où il avait rencontré de nombreuses personnes.
Avec Anna, leur « oui » initial à la création d’une famille fidèle à « là où deux ou trois … », s’enrichit, tout au long de leur parcours de vie commune, par leur engagement au sein de la communauté locale, en particulier au sein du Mouvement des Familles Nouvelles (une ramification des Focolari composée de familles qui se proposent de vivre la spiritualité de l’unité) et par l’accompagnement de couples dans leur cheminement de préparation au mariage et au baptême de leurs enfants.
Après une longue période passée au sein de la maison d’édition, Franco se lance dans une nouvelle expérience professionnelle en tant que professeur de religion dans un lycée technique, se consacrant entièrement à aider ses élèves à grandir sereinement, malgré les difficultés et les souffrances personnelles que les jeunes lui confient. Ce dont tout le monde se souvient, ce sont les cours en plein air, à l’ombre des arbres, dans le jardin à l’extérieur de l’école, sa grande capacité d’écoute et son sourire. Un sourire que ses collègues ont connu eux aussi, tout comme son engagement à créer une atmosphère familiale au sein de l’établissement à travers des randonnées en montagne et des moments de convivialité.
Dans les derniers moments de sa vie, il répond « oui » à l’appel à devenir diacre au service de l’Église. Il le fait avec humilité, dans le silence et est toujours présent, prêt à aider ceux qui étaient en difficulté. Ceux qui l’ont rencontré se souviennent, qu’il parvenait, par son grand sourire, à transformer le cœur de ceux qui croisaient son chemin.
Sur les photos : Franco avec toute sa famille ; une sortie à la montagne ; dans le cadre de son ministère de diacre
Leur maison était toujours ouverte à tous et l’est encore aujourd’hui : de nombreux amis soutiennent Anna et leurs enfants, grâce à l’amour semé au fil de ces années.
Même pendant l’hospitalisation de Franco, la dernière semaine avant son décès, les médecins sont impressionnés par l’afflux continu de jeunes venus lui rendre visite pour un dernier adieu, embrasser sa famille, ou simplement être présents à leurs côtés pour prier.
Un de ses collègues, qui se disait non-croyant, l’a salué comme « la personne la plus proche de l’Évangile » qu’il ait jamais connue.
Lors de ses funérailles, l’église était bondée, et de très nombreux jeunes se trouvaient même sur le parvis : « Tu as parlé de foi, mais tu nous as enseigné l’amour », pouvait-on lire sur l’une de leurs banderoles ; une foule de prêtres et de diacres entourait l’évêque Mgr Ernesto Mandara à l’autel.
Durant l’homélie, don Mauro Guida , curé de la cathédrale Sainte-Marie-de-l’Assomption à Poggio Mirteto, citant les saints Laurent, Claire, Jeanne, Pontien et Hippolyte, commémorés par l’Église les jours précédents, déclarait : « À chaque fois, chaque nom, chaque mot, chaque visage de sainteté semblait être le portrait de notre cher Franco. Tout comme autrefois les enfants, en se montrant leurs vignettes, répétaient le refrain « je l’ai, je l’ai aussi… », ainsi Franco était soudain devenu l’image de celui qui possédait toutes les qualités que l’on pouvait décrire ou simplement imaginer ; « la sainteté d’à côté », comme l’avait appelée le pape François ».
« Nous sommes profondément émus par la nouvelle de l’appel de Franco au Ciel et nous sommes émerveillés de suivre son parcours », ont déclaré dans une lettre Margaret Karram et Jesus Moran , présidente et coprésident (en 2025) des Focolari. « Nos prières et notre profonde gratitude pour sa vie si belle et si lumineuse. Convaincus qu’il est déjà accueilli par Jésus, nous le sentons comme le protecteur des Familles Nouvelles et des Générations Nouvelles. Nous sommes unis d’une manière toute particulière à Anna et aux enfants ».
Sur les photos : inauguration de la salle de classe en plein air dans l’école où il enseignait
L’établissement scolaire où Franco a travaillé, l’IIS Gregorio da Catino de Poggio Mirteto, a souhaité créer une salle de classe en plein air qui porte son nom. Voici le message publié sur la page Facebook de l’établissement : « Des professeurs laissent une empreinte indélébile par leur façon de regarder le monde : Franco Fortuna était l’un d’entre eux. Pour rendre hommage à son amour des cours en plein air, nous avons inauguré aujourd’hui (5 juin 2026) une véritable salle de classe en plein air (…). Nous espérons qu’elle deviendra un lieu où les élèves pourront continuer à apprendre, à échanger et à rêver, exactement comme l’aurait souhaité le professeur Fortuna ».
Lorenzo Russo Foto: per gentile concessione della famiglia Fortuna
18 Août 2026 | Focolari nel Mondo , Non classifié(e) , Testimonianze di Vita
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VIDEO
Pour vous raconter cette histoire, je vous présente mon ami Anthony.
À l’époque, il vivait dans le New Jersey.
Il souffrait d’une maladie rénale chronique et devait subir une dialyse trois jours par semaine. Comme vous pouvez l’imaginer, cela compliquait son quotidien.
Un jour, je me suis dit : « Tiens, je pourrais peut-être lui donner un rein ». C’était une pensée fugace qui me traversait l’esprit et à laquelle je n’ai pas donné suite. Je n’en ai même parlé à personne.
Quelques mois plus tard, je suis parti à la retraite de Pâques. Le premier jour, je me suis rendu à la chapelle pour m’y préparer. Soudain, la question m’est revenue à l’esprit : « Jean-Pierre, veux-tu toujours donner un rein ? »
La question m’a pris par surprise car je n’y avais plus pensé depuis ces mois, mais à ce moment-là , dans la chapelle, j’y ai réfléchi, j’ai prié, et je me suis dit : « Oui, je veux approfondir cette idée et voir si cela peut vraiment devenir une possibilité. »
Le lendemain, lors d’un moment de partage de la retraite, Gidget, la fille d’Anthony, a pris la parole. Elle a partagé comment, pendant son adolescence, sa mère avait beaucoup souffert de lupus et d’une maladie rénale. Aujourd’hui, plusieurs années plus tard, son père est atteint de la même maladie rénale.
Elle poursuivait : « Même si, en tant que famille, nous avons beaucoup souffert, je n’échangerais cette expérience pour rien au monde. » En effet, en reconnaissant Jésus sur la croix à travers cette souffrance, elle s’était sentie plus proche de Dieu. De plus, cela avait considérablement renforcé les liens familiaux.
Après avoir dit cela, Gidget descend de la scène mais remonte et reprend le micro : « Au fait, si cela intéresse quelqu’un, le groupe sanguin de papa est 0 positif ».
Cette phrase m’a fait l’effet d’un coup de poing car je suis aussi 0 positif. J’ai compris que la seule raison pour laquelle Gidget avait partagé cela, c’était pour que je l’entende.
J’ai alors réalisé que Dieu m’avait donné la possibilité, la veille, de prendre cette décision en paix et en toute liberté, seul à seul avec Lui dans la chapelle. C’était un don.
Les choses ont suivi leur cours. Nous en avons parlé avec des membres de la communauté du Focolare, nous avons effectué les analyses de sang et des tissus. Tout était compatible.
Quelques mois plus tard, nous avons procédé à la greffe de rein.
Bien sûr, on parle des conséquences… , qu’on peut vivre avec un seul rein. Mais, je n’y avais pas du tout pensé. Je sentais que ce n’était pas seulement mon choix mais que cela me semblait aussi être un encouragement de la part de Dieu, du genre : « Hé, si tu veux, cela pourrait être une possibilité… » C’était comme une invitation discrète de Sa part à me faire franchir ce pas par amour pour Lui. À cela aussi, j’y avais pensé.
Anthony et moi, avons passé quelques jours à l’hôpital. Je ressentais une immense joie, pas celle du genre « j’ai réalisé quelque chose », mais je percevais que cette joie venait de Dieu. Elle était profonde, immense et tangible. Un vrai cadeau, un moment spécial.
Jean Pierre Slee (Washington – États-Unis) Photo : archives personnelles de JP Slee
Cette vidéo fait partie de la série On Point produite par Focolare Media. Cette série web explore les points clés de la spiritualité du mouvement des Focolari à travers des réflexions et des expériences de vie. Rendez-vous sur Focolare Media ou sur la chaîne YouTube pour accéder à d’autres ressources de ce type, disponibles avec des sous-titres et des doublages en plusieurs langues.
14 Août 2026 | Testimonianze di Vita
Il y a quelques années, loin de ma famille, j’ai dû partager mon logement pendant un certain temps avec Alberto, un collègue de travail. Il était athée. Nous parlions de sport, de culture, de religions, etc. À plusieurs reprises, je lui ai raconté ce que la conversion, la rencontre avec Dieu en Jésus, avait signifié pour moi. Il me remerciait gentiment, même s’il restait fidèle à ses convictions.
D’un autre côté, je savais que mettre en pratique la parole de Dieu signifiait aimer concrètement cette personne. J’ai commencé à m’intéresser à sa vie, à sa famille, à ce qu’il aimait, à ce qui l’agaçait ou lui faisait de la peine.
Voyant qu’Alberto était très pris par ses activités, je me suis proposée de cuisiner plus que ce qui m’incombait et même de laver ses vêtements. Il aimait aller courir et, bien que ce ne fût pas mon sport préféré, j’ai commencé à courir avec lui pour mieux m’accorder à ses centres d’intérêt.
Un jour, il m’a proposé de sortir pour s’amuser avec des filles. Je lui ai gentiment répondu non et je lui ai expliqué que le sexe était pour moi quelque chose de profond. Il m’a regardé d’un air incrédule et m’a dit : « Je vais réfléchir à ce que tu me dis. »
Nos chemins se sont séparés. Je l’ai revu des années plus tard dans un aéroport. Nous nous sommes embrassés et il m’a dit : « Tu sais d’où je viens ? D’une réunion ; je suis président du conseil paroissial. » Quelle surprise ! Je n’arrivais pas à y croire.
Il a ajouté : « Miguel, tu te souviens, il y a longtemps, quand tu cuisinais les jours où c’était à moi de le faire, ou quand tu lavais mes vêtements et que tu sortais courir avec moi ? Je t’observais et je voyais que tu avais quelque chose en toi, une lumière, une force dans ta vie qui me manquait. Eh bien, c’est justement cela qui m’a touché et qui a commencé, petit à petit, à secouer mon cœur et mon esprit. Quel en a été le résultat ? Un profond dialogue intérieur avec Dieu. J’ai commencé à lire l’Évangile et à changer mon mode de vie. Puis vint le baptême, et me voilà : d’athée à président du conseil paroissial. Merci pour ces mois que nous avons vécus ensemble ! »
M. N. – Mexique (sourse : focolaresciudadnueva.com )
Photo: © Kampus by Pexels
24 Juil 2026 | Non classifié(e) , Testimonianze di Vita
Cela m’a rappelé pourquoi, il y a des années, nous avions choisi d’être des « hommes nouveaux » pour un Monde Uni.
Je suis à l’hôpital. J’aperçois un jeune garçon qui pleure, seul, à l’écart de son groupe. Il suit une formation pour devenir infirmier instrumentiste. C’est sa dernière année. Il lui reste trois mois avant d’obtenir son diplôme.
Je m’approche. Il me raconte que son père a perdu son emploi. Qu’il se rend à l’université avec un vieux vélo appartenant à son frère et qui a fini par se casser. À cause de cela, il doit prendre quatre bus par jour et n’a plus d’argent pour les tickets.« Je compte tout laisser tomber. Je n’en peux plus », me dit-il. », me dit-il.
Je lui donne de l’argent pour recharger sa carte de bus et rentrer chez lui. Il ne l’accepte qu’à condition que je lui donne mon numéro de compte pour me rembourser. Il tient sa promesse trois jours plus tard mais en même temps me confirme le pire : il va interrompre ses études jusqu’à ce que les conditions soient réunies pour les reprendre.
Cette nuit-là , je ne réussis pas à dormir. J’ai son visage en tête. Je pense aux nombreux jeunes qui, comme lui, sont à deux doigts de baisser les bras, prêts à tout abandonner.
Deux jours plus tard, je décroche un petit boulot inattendu. C’est juste la somme qu’il faut. Une pensée limpide me vient à l’esprit, de celles qui ne se discutent pas : « Et si Dieu me l’envoie spécialement pour lui ? »
Je n’hésite pas. Je lui verse le montant pour trois mois de tickets de bus et pour terminer ses études. Ce jour-là , je ne reçois aucune nouvelle.
Il m’appelle 48 heures plus tard. Il n’arrive pas à parler. Il pleure comme on pleure quand l’espoir revient.
Deux années s’écoulent sans recevoir de ses nouvelles. Jusqu’au jour où je reçois un message provenant d’un numéro inconnu : c’est une photo : son diplôme d’infirmier instrumentiste
accompagnée d’une phrase : « Je dois en partie ce diplôme à une personne qui m’a donné un coup de main sans me connaître ».
Je suis ému. Je pleure de joie. Je pleure parce que j’ai compris une chose :
on ne construit pas un monde uni avec des discours. On le construit avec un ticket de bus. Avec un vélo réparé. Tendre la main sans demander son nom.
D’ailleurs, ce jeune n’a jamais su le mien.
Ce qui compte, c’est que, pendant 90 jours, il ait pu poursuivre ses études. Et qu’aujourd’hui, il y ait un infirmier instrumentiste de plus dans les hôpitaux pour sauver des vies, parce que quelqu’un a cru en lui alors qu’il n’y croyait plus.
Parfois, on pense que pour changer le monde, il faut faire je ne sais quoi.
Alors que le monde change parce que quelqu’un peut prendre quatre bus.
Je partage cela non pas pour moi-même, mais parce que nous avons besoin de nous rappeler que nous ne voyons peut-être pas ce que nous faisons, et que cela ne porte ses fruits que deux ans plus tard, sous la forme d’un diplôme, d’une vie, d’un espoir.
Continuons à être ces « inconnus » qui donnent un coup de main.
Tito Ruiz Diaz (Paraguay)
Photo © Alialcantara-Pexels