Le plus grand pays d’Afrique par sa superficie, où les chrétiens représentent moins de 1% des 48 millions d’habitants. L’Algérie est le pays que le Pape Léon XIV a choisi comme première étape de son voyage sur le continent africain, qui le mènera ensuite au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale. Il y est arrivé le 13 avril 2026 et ses premières rencontres avec la communauté algérienne ont également mis en lumière la vie et les activités d’organisations et d’initiatives interreligieuses, parfois peu connues, qui œuvrent dans le pays depuis de nombreuses années.
L’une d’entre elles est le Mouvement des Focolari, un réseau d’unité spirituelle arrivé en Algérie, pays à majorité musulmane, en 1966. Ses activités en Algérie sont animées par des membres musulmans, en majorité des femmes, qui y participent en travaillant en petits groupes dans tout le pays, soit en apportant leur aide dans des centres locaux pour personnes âgées, soit en donnant des cours de soutient aux étudiants ou en étudiant avec eux.
L’expérience d’une foi « véritable » qui « n’isole pas mais ouvre, unit sans confondre, rapproche sans uniformiser et fait grandir une authentique fraternité » a été partagée en français par Monia Zergane, musulmane dont la vie devient « signe d’espérance pour notre monde ». Au sein des services de l’Église catholique en Algérie, chrétiens et musulmans travaillent «côte à côte», a-t-elle témoigné, « avec les mêmes préoccupations» d’«accueillir, servir, écouter, prendre soin des plus fragiles, organiser, trouver des ressources financières et veiller à ce que les centres d’activités « soient des lieux sûrs qui préservent la dignité des personnes ». Un service rendu aux plus « vulnérables », qu’il s’agisse de femmes, d’enfants, de personnes âgées ou de malades, vécu « ensemble » et capable de faire naître une « fraternité authentique », a-t-elle expliqué, fort de la conviction que « servir l’homme, c’est avant tout servir Dieu ». Un engagement, a-t-elle souligné, qui se nourrit de toutes les « belles » choses mises en jeu : compétences, dévouement, patience, pardon, compassion et bienveillance.
Des frères et sœurs qui ont été « d’un immense secours et réconfort » pour Monia dans l’épreuve de la maladie, lorsque, a-t-elle confié avec gratitude, « j’ai pu compter sur leur proximité, leur solidarité inébranlable, leur délicatesse et leurs prières ». En particulier, la proximité d’une communauté du Mouvement des Focolari et l’engagement quotidien à mettre en pratique l’amour du prochain « m’interpellent souvent et me font comprendre que la vie n’est pas faite avant tout de grandes œuvres visibles, mais d’une communion vécue jour après jour », a-t-elle reconnu. Consciente que la fraternité se construit aussi « dans les gestes simples : un sourire, un salut qui vient du cœur, une parole bienveillante, un service rendu sans rien attendre en retour, et dans les petites choses de la vie quotidienne : se souhaiter de bonnes fêtes, partager un repas après un temps de jeûne, écouter la signification spirituelle d’une célébration ».
Dans le tourbillon des informations incessantes sur la guerre au Liban, les histoires individuelles se perdent et les visages humains s’estompent derrière les chiffres des déplacés et les rapports sur les bombardements. Pourtant, la réalité, comme le révèlent les témoignages sur le terrain, est bien plus profonde et douloureuse que ne le laissent entendre les gros titres. En cette « période de guerre », des centaines de milliers de Libanais vivent des déplacements répétés, comme s’il s’agissait d’un destin qui se renouvelle à chaque nouvelle vague de violence. Mais au milieu de cette obscurité émergent des visages humains qui tentent de redonner un sens à la vie.
Depuis le début de l’escalade et avec l’intensification des frappes aériennes et des ordres d’évacuation, le déplacement forcé n’est plus un événement exceptionnel, mais il est devenu un mode de vie. Ce ne sont plus des zones isolées qui sont évacuées, mais des régions entières, du sud de la Bekaa jusqu’au cœur de la capitale, Beyrouth. Dans ce contexte, le nombre de personnes déplacées a dépassé le million, ce qui constitue l’une des plus grandes vagues de déplacements internes de l’histoire récente du pays. Les victimes civiles sont nombreuses.
Derrière ce chiffre se cachent cependant des histoires humaines qui résument la tragédie. Zeina Chahine a mené quelques entretiens pour raconter la douleur des personnes et, en même temps, la grandeur de l’action humanitaire qui devient rencontre, réconfort et force collective contre l’injustice.
Marwan, l’un des déplacés du sud, résume l’expérience par une phrase douloureuse : « Nous nous fanons lentement ». Ce n’est pas seulement une métaphore, mais la description d’une vie qui se consume peu à peu, dans laquelle l’être humain perd son foyer, son travail et sa stabilité sans pour autant perdre complètement l’espoir… qui s’amenuise néanmoins. Marwan ajoute que même l’idée du retour a changé : il ne rêve plus de sa maison, mais simplement du retour, sous n’importe quelle forme possible.
Nawal, quant à elle, raconte le moment de la fuite forcée : un coup de fil au milieu de la nuit, quelques minutes pour rassembler ce qu’on peut emporter, puis la fuite sous les bombardements. « Que devons-nous emporter ? » : cette question résume l’impuissance face à la rapidité de l’effondrement. Une petite valise en échange d’une vie entière laissée derrière soi. Elle aussi, comme beaucoup d’autres, n’a pas vécu l’exil une seule fois, mais à maintes reprises, jusqu’à ce que le retour de la « table rase » fasse partie intégrante de l’expérience elle-même.
Les enfants et les jeunes en paient eux aussi le prix. Suleiman, seize ans, se retrouve hors de l’école, dans un refuge temporaire, et résume la guerre en disant : « C’est ma croix à porter dans cette vie ». Des propos qui montrent que la guerre ne vole pas seulement le présent, mais aussi l’innocence de l’âge.
Mais à côté de cette douleur vit aussi une autre image, non moins présente : celle de la solidarité humaine. Entre les écoles transformées en centres d’accueil et les recoins surpeuplés des villes, émergent des bénévoles et des initiatives individuelles qui tentent de combler le vide de l’absence. Des personnes qui dorment à même le sol, avec un manque criant des biens les plus essentiels, et des tentatives progressives pour leur fournir des matelas et des couvertures. L’urgence ne concerne pas seulement la nourriture et l’eau, mais aussi tout ce qui préserve la dignité humaine, comme les produits d’hygiène personnelle… car même dans le déplacement, l’être humain a besoin de se sentir digne.
Abir, mère et bénévole, considère l’aide avant tout comme un devoir humain. Ce qui la touche le plus, c’est « la peur dans les yeux des personnes » et cette angoisse constante face à un avenir incertain. Mais elle constate également un grand élan de solidarité : « Les gens se précipitent pour aider, sans rien demander en retour ». Dans un contexte où les institutions sont parfois limitées, les initiatives individuelles deviennent la première ligne de défense de l’humanité.
Cette rencontre entre douleur et solidarité révèle une forte contradiction : la guerre divise les gens, mais en même temps, elle crée des espaces inattendus de solidarité. C’est comme si la société, dans les moments d’effondrement, se redécouvrait à travers ses individus.
Et malgré les différences d’opinions et d’appartenances, le point commun reste le sentiment de déracinement et le rejet de la guerre et de ses tragédies. Avec le temps, la forme de l’espoir change elle aussi : de « si Dieu le veut, nous retournerons dans nos maisons » à simplement « si Dieu le veut, nous reviendrons ». Un espoir qui s’amenuise mais qui ne s’éteint pas.
La question reste en suspens sur toutes les lèvres : « Où irons-nous demain ? ». Ce n’est pas une question sur une destination précise, mais sur le destin lui-même.
Et pourtant, malgré toute cette douleur, ces témoignages révèlent une double vérité : la guerre blesse profondément l’être humain mais elle ne parvient pas à effacer l’humanité. Entre une tente et un refuge, entre perte et nostalgie, naît une autre forme de résistance : la résistance de la solidarité.
Ainsi, tandis que certains se fanent lentement, d’autres les arrosent de toute la solidarité dont ils sont capables, leur permettant ainsi de rester en vie. Car la foi en la fraternité humaine est une réalité que nous avons intériorisée en la vivant et en la pratiquant ; transmise par nos pères et nos grands-pères, jusqu’à devenir le sang qui coule dans nos veines et partie intégrante de notre civilisation.
Rédigé par Rima Saikali Al Madina Al Jadida
Il y a urgence au Moyen-Orient. Chaque don permet de soulager de nombreuses familles touchées par le fléau de la guerre : beaucoup d’entre elles ont perdu leur maison, d’autres cherchent refuge dans des structures qui ouvrent les portes malgré les ressources de plus en plus limitées.
Mongomo est une petite ville de Guinée équatoriale, à la frontière avec le Gabon. Sœur Maria écrit : « C’est un grand don pour notre communauté de rester avec les gens d’ici, si ouverts à la Parole de Dieu. Chaque mois, les villages voisins l’attendent avec impatience. Le dimanche, comme il n’y a presque jamais de prêtre pour célébrer la messe, ils se réunissent avec l’une de nous pour entendre expliquer la Parole. Ils sont plus de cinq cents à se rassembler. Aux rencontres de la paroisse de Mongomo, en revanche, seule une cinquantaine de personnes peuvent participer. Il faut tenir compte du fait qu’ils n’ont ni montres ni notion précise des dates, ce qui rend très difficile l’organisation des rendez-vous; leur présence n’est donc pas régulière. Parfois, ils doivent parcourir (bien sûr à pied) dix, vingt kilomètres pour arriver. Il est émouvant de constater qu’ils ne se lassent jamais d’entendre parler de Dieu. J’aimerais que vous les entendiez raconter comment ils mettent l’Évangile en pratique: ce sont des expériences simples, concrètes… qui invitent à la conversion rien qu’en les écoutant. Plusieurs fois, j’ai entendu certains d’entre eux répéter que la Parole de Dieu leur est nécessaire comme la nourriture. »
(Sœur Maria – Guinée équatoriale)
Réconciliation
J’avais été particulièrement frappée en entendant cette phrase de l’Évangile : « Si tu présentes ton offrande à l’autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère… ». En effet, je n’étais pas en bons termes avec une certaine dame. Prenant mon courage à deux mains, je suis allée la voir. Malheureusement, non seulement elle ne m’a pas écoutée, mais elle m’a renvoyée en criant. Découragée, je ne savais plus quoi faire. Entre-temps, mon fils avait reçu une lettre d’une connaissance qui voulait s’excuser auprès de lui pour un petit malentendu survenu quelques jours auparavant. Il y avait de quoi être surprise : d’abord, parce que mon fils est encore trop petit pour savoir lire, j’ai donc dû lui lire la lettre ; ensuite, parce qu’un adulte s’excusait si sérieusement auprès de lui. Tout cela m’a donné l’élan d’écrire à cette dame pour lui demander pardon. Quelques jours plus tard, je reçois son appel: « Pardonne-moi, toi ! ». Revenue chez elle et après avoir dissipé tout malentendu, pleines de joie, nous nous sommes réconciliées.
25 mars 2026. Nous nous trouvons dans la Salle de la Conciliation du Palais du Latran où, après des décennies de confrontation, l’Église catholique et l’État italien signent en 1929 les Accords du Latran. C’est dans ce même lieu historique que s’achève en 2013 la phase diocésaine de la cause de béatification d’une des figures spirituelles les plus marquantes de notre temps : le Cardinal vietnamien François-Xavier Nguyễn Văn Thuận.
220 personnes sont présentes : Cardinaux, Évêques, membres de sa famille, prêtres, religieuses et laïcs du Vietnam et d’autres pays. Des milliers d’autres suivent l’événement en streaming en sept langues sur les chaînes YouTube de Vatican Media. Cette rencontre est organisée à l’occasion du 50e anniversaire du moment où Nguyễn Văn Thuận, alors jeune Évêque, au cours des premiers mois de sa captivité qui débuta le 15 août 1975, réussit à faire parvenir à ses fidèles 1001 brèves méditations rédigées sur des feuilles de vieux calendriers. Cet événement est organisé par la Cause de béatification du Cardinal vietnamien, en collaboration avec le Dicastère pour le service du développement humain intégral (DSSUI), partie prenante de la Cause, ainsi qu’avec le Dicastère pour le Clergé, le diocèse de Rome et les éditions Città Nuova.
Le Pape Léon souligne cet anniversaire par un message signé par le Card. Parolin, son Secrétaire d’État, en espérant que « cet événement significatif favorise la redécouverte du témoignage fervent de ce disciple intrépide de l’Évangile et de ce Pasteur généreux ». Son exemple – affirme-t-il – « est d’une grande actualité car il rappelle que l’espérance chrétienne naît de la rencontre avec le Christ et prend forme dans une vie donnée à Dieu et au prochain ».
Le Card. Baldassare Reina, Vicaire général du Pape pour le diocèse de Rome, fait les honneurs de la maison. Il rappelle l’actualité de la figure de François-Xavier Nguyễn Văn Thuận au lendemain du Jubilé de l’espérance, à une époque où l’Évangile se transmet surtout par le témoignage.
Cardinale Baldassare ReinaDr. Waldery HilgemanÉlisabeth Nguyễn Thị Thu Hồng
Mais qui est ce Cardinal vietnamien ? Le Dr Waldery Hilgeman, postulateur de la Cause de béatification, y répond en quelques brèves notes biographiques. Issu d’une famille qui comptait parmi ses ancêtres des martyrs au XIXe siècle, François-Xavier se sent dès son plus jeune âge attiré par l’exemple des saints et, plus tard, par la spiritualité de son époque, notamment les Cursillos et les Focolari. Il entre au séminaire, devient prêtre, obtient un doctorat en droit canonique. En 1967, il est consacré évêque de Nha Trang. Lorsque, en 1975, Paul VI le nomme Archevêque coadjuteur de Saigon, une longue épreuve commence : arrêté, il passe treize ans en prison, dont neuf en isolement. C’est là, raconte-t-il, qu’il a appris « à choisir Dieu et non les œuvres de Dieu ». Il comprend que Dieu le veut parmi les prisonniers, presque tous non catholiques, pour être la présence de Dieu et la présence de son amour, « dans la faim, le froid, le travail pénible, l’humiliation et l’injustice ». Libéré en 1988, il vit à Rome depuis 1991, où Jean-Paul II le nomme d’abord Vice-président, puis Président de l’ancien Conseil pontifical « Justice et Paix » et le crée Cardinal en 2001.
Elisabeth Nguyễn, sœur du Cardinal, raconte l’histoire mouvementée des 1001 pensées. Dérobées lors de son assignation à résidence, « elles ont entamé un voyage d’évangélisation d’une famille à l’autre, d’une cellule de prison à l’autre, avant de traverser les océans avec les boat people ». Des années plus tard, elles donnent naissance au livre The Road of Hope (Le chemin de l’espérance)
Des moments forts et émouvants, amplifiés, à mi-parcours, par un morceau de piano interprété avec virtuosité par Don Carlo Seno : « La Campanella » de Franz Liszt.
Au cours de la séance d’une heure et demie, animée par le journaliste Alessandro De Carolis de Vatican Media, d’autres facettes de la personnalité de François-Xavier Nguyễn Văn Thuận sont révélées. Le Cardinal Lazzaro You Heung-sik, Préfet du Dicastère pour le clergé, parle de lui comme d’un « évangélisateur en toutes circonstances », en rapportant le récit d’un moine bouddhiste : « C’était l’hiver, il faisait deux degrés sous zéro et nous, dans le camp de rééducation, nous n’avions pas assez de couvertures. François-Xavier sortait plusieurs fois par jour pour ramasser des branches et des morceaux de bois afin de chauffer le camp la nuit… C’était ce que nous, bouddhistes, appelons un « Bo tac » : un saint homme »
Le Card. Luis Antonio Tagle, Préfet du Dicastère pour l’Évangélisation, se souvient quant à lui de la naissance, en 1995, d’une amitié personnelle avec François-Xavier : « J’ai été frappé par le fait que, alors qu’il racontait des expériences douloureuses, voire humiliantes, sa voix restait calme et son visage serein. Il n’y avait en lui aucune trace d’amertume ni de haine. Je ne pouvais détacher mon regard de son visage radieux et souriant ».
En plus de sa stature spirituelle, on remarque une sensibilité marquée pour les questions mondiales de justice et de paix. Le Card. Michael Czerny sj, Préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral, en parle. À cette occasion, il a publié la traduction italienne d’une nouvelle biographie de François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, écrite par sa sœur Elisabeth en collaboration avec le prêtre belge Stefaan Lecleir.
Cardinale Michael Czerny, S.J.Cardinale Luis Antonio TagleCardinale Lazzaro You Heung-sik
« Sa principale contribution au niveau mondial – précise le Card. Czerny – réside dans le rôle qu’il a joué dans l’élaboration du Compendium de la doctrine sociale de l’Église (2004) » et il rapporte cette question poignante posée par l’Archevêque vietnamien : « Face à la situation politique et économique actuelle, certains se demandent : parviendrons-nous à franchir avec espérance le seuil du nouveau millénaire ? ». En réponse, il cite une journaliste renommée qui avait prédit « trois phases catastrophiques » pour les sociétés appauvries : exploitation – exclusion – élimination. « Quand je pense à cela – commentait Nguyễn Văn Thuận – mon cœur est déchiré et j’aimerais crier : “impossible” ».
À la fin de la rencontre, l’acteur et journaliste Rosario Tronnolone lit quelques passages du Chemin de l’espérance qui résonnent comme un sceau d’or : « Tu veux opérer une révolution : renouveler le monde. Tu ne pourras accomplir cette précieuse mission que Dieu t’a confiée qu’avec « la puissance de l’Esprit Saint ». Chaque jour, là où tu vis, prépare une nouvelle Pentecôte. Engage-toi dans une campagne qui a pour but de rendre tout le monde heureux. Sacrifie-toi sans cesse, avec Jésus, pour apporter la paix aux âmes, le développement et la prospérité aux peuples. Telle sera ta spiritualité, à la fois discrète et concrète ».
« Si tu veux rester ferme dans la foi, choisis le chemin de l’espérance destiné à ton âme de disciple du Christ ». C’est l’une des 1001 pensées adressées par l’archevêque de l’époque François Xavier Nguyễn Văn Thuận à ses fidèles, au cours des longues années de détention en prison en raison de sa foi : un recueil de réflexions, d’avertissements, d’encouragements, rassemblés dans l’ouvrage «Le chemin de l’espérance», considéré comme le «testament spirituel» du cardinal vietnamien, déclaré Vénérable par le pape François.
À l’occasion du 50e anniversaire de la rédaction de cet ouvrage, la Cause de béatification du cardinal Văn Thuận et le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral – qui est promoteur de la Cause –, en collaboration avec le Dicastère pour le Clergé, la maison d’édition Città Nuova et le Diocèse de Rome, souhaitent honorer la mémoire du cardinal vietnamien en organisant un colloque intitulé «François Xavier Nguyễn Văn Thuận. Témoin d’espérance ». »..
L’événement aura lieu le 25 mars à Rome, dans la Salle des Traités du Latran, au Palais Apostolique du Latran, de 16 h à 17 h 30 (UTC +1).
Mme Élisabeth Nguyễn Thị Thu Hồng, sœur du cardinal Văn Thuận, sera présente.
À travers le témoignage de ceux qui l’ont connu, et avec des extraits et des morceaux de musique tirés de ses écrits, le colloque entend souligner l’actualité de la figure du cardinal Văn Thuận : un pasteur fidèle qui a su transformer l’expérience de la captivité en un espace de prière, de pardon et d’offrande, montrant ainsi comment la lumière de l’Évangile peut vaincre toute obscurité. De ses paroles nous parvient un message d’espérance, un patrimoine spirituel universel.
Son Éminence le cardinal Baldassare Reina, vicaire général de Sa Sainteté pour le diocèse de Rome, ouvrira les travaux. Interviendront Son Éminence le cardinal Michael Czerny, S.J., préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral ; le Dr Waldery Hilgeman, postulateur de la cause de béatification du cardinal Văn Thuận ; Son Éminence le cardinal Lazzaro You Heung-sik, préfet du Dicastère pour le clergé ; Son Éminence le cardinal Luis Antonio Tagle, pro-préfet du Dicastère pour l’évangélisation.
Carlo Seno, prêtre du diocèse de Milan et responsable du Centre de spiritualité « Vinea mea », interviendra au piano.
La rencontre sera animée par le journaliste Alessandro De Carolis, de la Radio Vaticane – Vatican News.
Dans le cadre de ce colloque, sera présentée l’édition en italien de la nouvelle biographie du cardinal Văn Thuận, rédigée par sa sœur Élisabeth et publiée par Città Nuova Editrice, avec une préface signée par le cardinal Michael Czerny.
L’événement est ouvert à la presse, sur demande d’accréditation auprès de la Salle de presse du Saint-Siège, et sera accessible en streaming en italien, avec traduction simultanée en anglais, français, espagnol, portugais, allemand et vietnamien.
Article rédigé par la Cause de béatification du cardinal Văn Thuận
La vie, l’œuvre et la spiritualité du cardinal Văn Thuận sont également présentées sur le portail qui lui est consacré, disponible en plusieurs langues, à l’adresse https://www.cardinalvanthuan.va/it.html
Près de trois ans après son arrivée, les examens avaient révélé chez Elio une tumeur avec des métastases diffuses. Inutile d’opérer. Une question m’est venue spontanément à l’esprit : pourquoi cela lui est-il arrivé à lui, une personne en pleine maturité humaine et spirituelle, qui pouvait encore apporter beaucoup à notre communauté, où sa présence sage et calme avait déjà redressé une situation regrettable ? C’était un cri douloureux, presque de révolte. Puis, en discutant avec mes confrères, nous avons passé en revue quelques exemples tirés de la Bible, d’Abraham à Job, sans trouver de réponse immédiate. Certains événements ne peuvent s’expliquer sans la foi. À cette époque, j’ai lu un texte éclairant de saint Léon le Grand : « L’Église est le champ du Seigneur qui se couvre d’une moisson toujours plus riche, car les grains qui tombent un à un renaissent multipliés ». Voilà ! Ce n’est qu’avec cette perspective que j’ai pu accepter le départ vers le Ciel d’un ami très cher. Il tombait comme un grain de blé gros et mûr. Je devais croire qu’il en naîtrait un beau épi bien rempli.
(G.-Belgique)
De petits miracles qui font toute la différence
Je suis née au Brésil, mais j’ai ensuite vécu pendant neuf ans dans un autre pays d’Amérique latine où l’inflation atteignait mille pour cent et où la pauvreté généralisée favorisait la criminalité. Un jour, une amie est venue me voir en pleurant parce qu’elle venait d’être volée de son seul salaire qui lui permettait de subvenir aux besoins de sa famille, son mari étant au chômage et ayant quatre enfants. Que pouvais-je faire ? J’ai seulement essayé de la consoler, en lui conseillant de pardonner et de prier pour que le voleur se convertisse. Mais elle a réagi en répondant qu’elle ne le ferait jamais. « Dans ce cas, lui ai-je répondu, je prierai pour lui ». Quelques jours plus tard, cette même amie est revenue me voir, mais cette fois-ci avec un visage et un état d’esprit complètement différents : heureuse, elle m’a raconté que le voleur devait vraiment se repentir, car il avait laissé le sac qu’il avait volé dans un magasin où elle était connue. Et, chose surprenante, le salaire était toujours à l’intérieur, il ne manquait rien.
(T.G.S.C. – Brésil)
En fauteuil roulant
Depuis longtemps, à cause d’une arthrite rhumatoïde, je vis en fauteuil roulant. Entre les hospitalisations et les opérations, j’ai passé trois ans de ma vie à l’hôpital. Souvent, à cause de douleurs atroces, je me retrouve complètement immobile, incapable même de me coiffer ou de saisir un verre. Il y a tant de choses auxquelles je tenais et que j’ai dû abandonner. Pourtant, je suis de nature enjouée et je réagis souvent à la maladie avec un certain humour. Peu à peu, comprendre la « sagesse de la croix » m’a aidée à accueillir la douleur comme la forme la plus sublime de l’amour et à offrir ma goutte d’eau en particulier pour les personnes les plus éprouvées, pour l’Église, pour l’unité demandée par Jésus. Maintenant, je ne demande plus à Dieu « Pourquoi ? », mais seulement : « Aide-moi, Seigneur ». J’essaie de ne pas faire peser mes problèmes physiques sur les autres, et il semble que j’y parvienne assez bien, à tel point qu’ils me trouvent plutôt joyeuse. Tout concourt au bien si nous sommes ouverts à l’amour de Dieu. En effet, dans la famille, chacun a senti qu’il devait faire un effort supplémentaire. Les enfants eux-mêmes ont mûri rapidement, devenant plus responsables.
(Branka – Croatie)
Propos recueillis par Maria Grazia Berretta (extrait de Il Vangelo del Giorno[L’Évangile du jour], Città Nuova, année XII – n°1 mars-avril 2026)