Mouvement des Focolari
Ave Cerquetti : faire de la beauté un chemin vers Dieu

Ave Cerquetti : faire de la beauté un chemin vers Dieu

Silvana « Ave » Cerquetti, artiste, sculptrice et personnalité marquante du Mouvement des Focolari, s’est éteinte le 3 juillet 2026 à Padoue (Italie), à l’âge de 95 ans. Née à Rome le 9 août 1930, elle a consacré toute son existence à la recherche de la beauté comme chemin vers Dieu, laissant une empreinte profonde.

Dès son enfance, passée entre Rome et Montefalco (Ombrie, Italie) pendant les années difficiles de la guerre, Ave manifesta une sensibilité extraordinaire envers la création. C’est précisément dans ce village ombrien qu’eut lieu sa première rencontre avec l’art : pendant des heures, elle observait le travail d’un potier, jusqu’à comprendre que cette même argile pouvait devenir l’instrument pour donner forme au monde qu’elle portait en elle. Avec le soutien de sa mère, elle réalisa une grande crèche qui attira l’attention de tout le village, annonçant déjà une vocation appelée à s’épanouir au cours des années suivantes.

Après des études au Lycée artistique puis à l’Académie des Beaux-Arts de Rome, où elle obtint son diplôme de sculpture en 1953, elle s’imposa rapidement comme l’un des jeunes espoirs de l’art italien. Dès 1952, l’une de ses œuvres avait été sélectionnée pour représenter les étudiants de l’Académie à la Biennale de Venise. Mais le succès professionnel ne suffisait pas à combler sa quête intérieure.

L’événement qui allait marquer définitivement son parcours se produisit lors de la visite d’une exposition de Georges Rouault au Palazzo Venezia, à Rome. Devant un visage du Christ peint par l’artiste français, Ave vécut une expérience qu’elle décrivit elle-même comme fulgurante : elle comprit que l’art pouvait devenir un instrument pour communiquer Dieu aux hommes. À partir de ce moment naquit la conviction qui l’accompagnerait toute sa vie : « Je ferai de l’art sacré. »

Au cours des années suivantes, elle se consacra principalement au portrait, obtenant reconnaissance et estime dans le milieu artistique romain ainsi qu’une place de choix dans les expositions de la Via Margutta, la célèbre rue des artistes de Rome. Ceux qui contemplaient ses œuvres soulignaient sa capacité à saisir l’intériorité des personnes. Pour Ave, chaque visage méritait un respect presque sacré, parce qu’il reflétait l’œuvre créatrice de Dieu.

Une étape décisive survint en 1955, lors d’un séjour à Sassari (Sardaigne, Italie), à une période de profonde recherche intérieure. C’est là qu’elle découvrit le Mouvement des Focolari en visitant le focolare de la ville. Elle décrivit cette rencontre comme la redécouverte de l’harmonie et de la beauté qu’elle avait toujours cherchées. Elle fut accueillie avec joie par Marisa Cerini et Caterina Ruggiu. Ave raconte : « Nous étions encore dans le petit hall d’entrée et j’eus aussitôt l’extraordinaire sensation d’entrer dans cette unité, cette harmonie et cette beauté de la création que j’avais tant de fois contemplées. Je me dis en moi-même : Ici est Dieu, ici est l’Église ! » Cet épisode marqua l’aboutissement de son cheminement vers un retour dans l’Église catholique, après que toute sa famille eut, à un certain moment, adhéré à l’Église vaudoise. C’est pourquoi Ave conservera toute sa vie un amour particulier pour l’œcuménisme, sans jamais oublier de prier chaque jour pour l’unité des Églises.

Entre 1958 et 1960, elle vécut une intense expérience en Amérique latine. Invitée à San Salvador dans le cadre d’un échange culturel, elle s’y imposa rapidement. Elle enseigna la sculpture à l’Académie des Beaux-Arts, reçut plusieurs distinctions, participa à la création de la première galerie permanente d’art contemporain du pays et réalisa des œuvres importantes, parmi lesquelles une monumentale statue de saint Ignace. Son succès professionnel fut considérable, mais plus importante encore fut la maturation de sa vocation. Son engagement chrétien continua de guider chacun de ses choix et, au cours du voyage de retour en Italie, faisant halte aux sanctuaires de Guadalupe, Lourdes et Montserrat, elle prit la décision de consacrer totalement sa vie à Dieu au sein du focolare, une aventure qui commença en mai 1961.

Répondant à l’invitation de Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, à ne pas abandonner l’art ni la sculpture, mais à les mettre pleinement au service de Dieu, elle sentit naître en elle le désir de ne plus créer seule, mais de travailler en communion avec d’autres artistes partageant le même chemin spirituel. C’est ainsi qu’avec la sculptrice Tecla Rantucci et la peintre Marika Tassi, elle fonda le Centre Ave, premier atelier ainsi nommé par Chiara Lubich afin que chaque œuvre soit vécue comme un don à Marie. C’est à ce moment-là que Silvana prit le nom d’Ave, dans sa vie comme dans son art. L’atelier s’installa d’abord dans un simple garage à Rome, puis déménagea à Grottaferrata, près de la capitale, avant de s’établir à Loppiano, près de Florence.

Sous sa direction, le Centre Ave devint au fil des années un important laboratoire international d’art sacré. Il donna naissance à des œuvres devenues emblématiques dans de nombreux milieux ecclésiaux, telles que Le Bel Accueil, Notre-Dame du Bon Chemin, Notre-Dame des Neiges, ainsi que de nombreuses représentations du Christ et de la Vierge diffusées dans le monde entier. Parallèlement, des projets d’architecture et d’aménagement liturgique furent développés, conduisant à la réalisation d’églises, de centres paroissiaux et d’importantes opérations de rénovation d’édifices religieux.

Le Centre Ave acquit un style clairement reconnu tant par la critique que par l’Église, où l’architecture épouse la sculpture et se laisse envelopper par la lumière colorée des vitraux, dans un équilibre parfait entre les arts. Et Ave demeurait toujours la première et l’infatigable gardienne de cette expérience d’unité, fondée sur l’engagement de chacune à laisser vivre le Maître, Dieu, au milieu d’elles, précisément à travers cette dimension communautaire.

« Que cette soif de beauté que ressent le monde s’étende partout, affirma Chiara Lubich en 1961 en parlant de cette réalité. Qu’elle suscite de grands artistes, mais qu’elle forme aussi de grandes âmes qui, par leur rayonnement, puissent conduire les hommes vers le plus beau des enfants des hommes : Jésus ! »

Cette vision trouva l’une de ses expressions les plus accomplies dans le Sanctuaire Maria Theotokos de Loppiano, où l’on retrouve sa contribution particulière, qu’elle considérait elle-même comme l’aboutissement de toute une vie artistique et spirituelle. Ceux qui l’ont accompagnée dans ses derniers jours racontent que le seul fait d’entendre prononcer le nom de ce sanctuaire illuminait son visage.

À côté de sa créativité, les nombreuses personnes qui ont travaillé avec elle au fil des années retiennent surtout sa capacité à mettre les autres en valeur. Ave savait reconnaître le bien caché en chacun et l’encourager à grandir. Pour plusieurs générations d’artistes, elle fut une maîtresse non seulement de technique, mais surtout de regard : un regard capable de découvrir la beauté jusque dans les réalités les plus simples et les plus quotidiennes.

En 1999, elle contribua également, avec Michel Pochet et Liliana Cosi, à la naissance de la Commission centrale de l’Inondation de l’Art, une magnifique expression forgée par Chiara Lubich pour décrire l’impact de la spiritualité de l’unité sur la culture artistique contemporaine, initiative qui s’est aujourd’hui développée en un réseau mondial d’artistes vivant et itinérant.

Avec son départ, Ave Cerquetti laisse un héritage vivant fait d’œuvres, de communautés artistiques et de relations humaines. Une vie entièrement consacrée à traduire, dans le langage de la matière, de la forme et de la lumière, cette parole de l’Évangile devenue son programme de vie :
« Aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu. Quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. » (1 Jn 4, 7)

Par la rédaction

Photo © Centro Ave/Archivio Loppiano

Domenico Mangano : dans l’ordinaire, la radicalité de l’Évangile vécu

Domenico Mangano : dans l’ordinaire, la radicalité de l’Évangile vécu

« Le Seigneur, à travers sa Parole, continue d’appeler », déclare Mgr Stefano Russo, évêque des diocèses de Velletri-Segni et de Frascati, près de Rome (Italie), dans l’homélie de la célébration eucharistique célébrée le samedi 17 janvier à l’occasion de la clôture de l’Enquête diocésaine ouverte à Albano pour la cause de béatification et de canonisation de Domenico Mangano, volontaire de Dieu du Mouvement des Focolari.
Mgr Russo poursuit : « Comme cela est arrivé à Jean-Baptiste qui, éclairé par l’amour de Dieu, a reconnu le Fils de Dieu et l’a montré aux autres (…) quelque chose de semblable se produit au début d’un chemin de canonisation d’une personne lorsque quelqu’un signale la présence de la sainteté, conséquence de la rencontre avec le Christ. Ainsi en a-t-il été aussi pour Domenico : une communauté a dit “nous l’avons rencontré, nous avons partagé avec lui de nombreuses expériences en participant ensemble à un saint voyage, nous avons vu son action éclairée par le Seigneur, en particulier à partir du moment où il a rencontré le charisme de l’unité”. »

Dans l’auditorium du Centre International des Focolari étaient présents la famille de Domenico Mangano, des amis, des membres du Mouvement, et une retransmission en streaming a permis à beaucoup de suivre l’événement depuis différentes régions du monde.

Qui était Domenico ?

Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, a défini la vie de Domenico comme « une vie marquée par la disponibilité, l’attention à l’autre et un amour concret, vécu sans tapage mais avec fidélité. À l’image du Bon Samaritain, Domenico a su s’arrêter, se faire proche et transformer la rencontre avec l’autre en un don ».

« Un laïc chrétien qui a pris la foi au sérieux dans la vie concrète », a déclaré Jesús Morán, Coprésident du Mouvement des Focolari. « Époux, père, travailleur, citoyen profondément inséré dans sa communauté, il n’a jamais vécu l’Évangile comme un fait privé, mais comme une lumière capable d’éclairer les choix publics, les responsabilités sociales et l’engagement pour le bien commun. Sa spiritualité a été profondément incarnée : enracinée dans la foi, qui n’éloigne pas du monde mais reste toujours attentive à l’histoire, aux problèmes des personnes et aux attentes de la société. »

Domenico a ressenti l’appel évangélique à servir la communauté, en promouvant le respect, la dignité, la coresponsabilité sociale et la culture de la participation, afin que chaque citoyen puisse se sentir partie vivante de la société. Il a été un homme de dialogue par choix intérieur et par responsabilité chrétienne. Pour lui, la politique n’a jamais été un lieu de conquête, mais un espace de service, une forme concrète de charité sociale, vécue avec sérieux moral, lucidité de jugement et profond sens de la justice. Il a constamment cherché à conjuguer le Ciel et la terre en traduisant le message de l’Évangile dans la vie sociale.

Margaret Karram, présidente du Mouvement des Focolari ; Jesús Morán, coprésident du Mouvement des Focolari ; Dr Waldery Hilgeman, postulateur de la cause, et Mgr Stefano Russo, évêque de Velletri-Segni et de Frascati.

Dans ce cheminement, la sève provenait de la spiritualité de l’unité et de l’engagement avec les Volontaires de Dieu, que Chiara Lubich, fondatrice du Mouvement des Focolari, définissait comme « les premiers chrétiens du XXᵉ siècle qui vivent pour rendre Jésus visible là où ils se trouvent ».

En incarnant le style évangélique, une dimension spirituelle profonde a mûri en lui : il apprend progressivement à laisser Dieu être au centre, à orienter sa vie et ses choix et, avec Lui, l’homme, la communauté et le bien commun. De là naissent sa liberté intérieure, sa sérénité et sa capacité d’aimer de manière concrète.

Don Andrea De Matteis, vicaire judiciaire du diocèse d’Albano et délégué épiscopal pour cette Cause, a rappelé dans son rapport que beaucoup ont défini Domenico comme « un mystique de l’ordinaire : en lui, prière, famille, travail et engagement civique formaient une seule réalité. Il vivait une mystique de la présence, reconnaissable dans les gestes les plus simples : l’écoute, la parole discrète, le sourire. Un cœur contemplatif plongé dans le monde, un homme qui a cherché à plaire à Dieu dans la concrétude de la vie quotidienne. Dans sa déconcertante simplicité, il a témoigné qu’il est possible de rendre extraordinaire l’ordinaire, exceptionnelle la normalité, et d’attirer le divin dans la fragile condition humaine de chacun. »

Domenico a également vécu l’épreuve de la maladie avec une foi exigeante, comme un temps d’abandon et d’offrande. Dans ce parcours douloureux, il reconnaît une fois encore la présence de Dieu qui appelle, transforme et conduit à l’accomplissement.

Sur les photos : 1- Les boîtes contenant les documents de la Cause – 2 – de gauche à droite, le Dr Waldery Hilgeman, postulateur, puis les membres du tribunal diocésain de la Cause : le professeur Marco Capri, notaire, Don Andrea De Matteis, vicaire judiciaire du diocèse d’Albano et délégué épiscopal, et le professeur Emanuele Spedicato, promoteur de justice – 3 – à gauche, l’ingénieur Juan Ignacio Larrañaga, responsable central des Volontaires de Dieu ; au centre, le Dr Paolo Mottironi, responsable central des Volontaires de Dieu au moment du début de la Cause.

La solennelle conclusion de la phase diocésaine concernant Domenico, qui a longtemps mobilisé avec dévouement l’Ordinaire d’Albano, d’abord Mgr Marcello Semeraro puis Mgr Vincenzo Viva, le Tribunal, de nombreux collaborateurs et de nombreux témoins, a été un événement de profonde signification ecclésiale.

Par cet acte officiel, il a été déclaré devant Dieu et devant la communauté ecclésiale que le travail patient et passionné d’écoute, de collecte et d’évaluation des preuves a été accompli par beaucoup avec droiture, vérité et fidélité aux normes de l’Église, et avec une profonde conscience du don confié.

En Domenico Mangano, nous voyons comment la sainteté peut fleurir dans la vie ordinaire, dans les choix accomplis avec amour et vérité, là où le Seigneur nous place, lorsque l’homme accepte de se vider de lui-même pour se laisser remplir par Dieu.

Marina Castellitto
Photo ©Javier Garcia – CSC Audiovisivi

Pour revoir la retransmission en direct, cliquer ici et choisir la langue

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Évangile vécu : crédibles dans l’appel à l’unité

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L’amour d’une famille

Un vendredi, Moisés est arrivé sur la recommandation d’un autre jeune Vénézuélien qui vit dans le même refuge et qui lui avait dit de passer nous voir, car nous pourrions l’aider en tant que migrant. Moisés est arrivé quelques semaines avant Noël en provenance de Colombie, et il n’avait que trois vêtements de rechange, typiquement caribéens d’ailleurs, qu’il avait emportés avec lui pendant le voyage. Il avait froid. Dieu merci, il a rapidement trouvé du travail dans un restaurant, où il fait la vaisselle et aide en cuisine. Il ne travaille que quelques jours par semaine, mais il reçoit le déjeuner et le dîner.

Nous lui avons donné des vêtements d’hiver et une couverture, car il dormait par terre sur un matelas que lui avait prêté son propriétaire, un monsieur qui a même accepté gentiment qu’il paie son loyer à la réception de son premier salaire. Il a vraiment eu de la chance, car dès son arrivée, il a trouvé un emploi, une chambre et un propriétaire très généreux. Tous les migrants n’ont pas cette chance. Il s’est mis à pleurer quand il a vu ce que nous lui donnions et – comme il l’a dit lui-même – « l’amour de la famille » qu’il recevait.

C’est un jeune comptable professionnel. Nous avons prié et demandé à Dieu qu’il puisse exercer sa profession à l’avenir.

(S.R. – Pérou)

La vraie richesse

La relation restait difficile avec mon beau-frère. Il y avait d’abord eu les dettes dues à l’échec de son activité commerciale, gérée avec inexpérience et peu de prudence, puis de graves problèmes de santé qui nécessitaient des soins et des opérations coûteuses. Chaque fois, nous devions intervenir pour lui trouver l’argent nécessaire, jusqu’à devoir hypothéquer la maison et utiliser les fonds mis de côté pour les études de nos deux enfants. Il n’était pas facile d’aller au-delà des limites humaines de ce beau-frère. En voyant dans quel état il était réduit, nous ne pouvions que penser à Jésus abandonné que mon mari et moi voulions aimer. Personne ne nous aurait peut-être reproché de ne pas continuer à payer pour les erreurs des autres, mais en tant que chrétiens, nous étions appelés à suivre une autre logique. Lorsque j’en ai parlé à mon mari, il a mentionné un compte qu’il avait ouvert à la banque pour les urgences : même si nous perdions les intérêts, il le mettait à la disposition de notre beau-frère. Immédiatement après, nous nous sommes sentis plus en paix et plus unis entre nous. Voilà notre véritable richesse.

(C. – Corée du Sud)

Par Maria Grazia Berretta

(tiré de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, anno XII– n.1° janvier-février 2026)

Foto: © Taylor Nicole – Unsplash / © Silvano Ruggero

Paolo Rovea, une vie en Dieu

Paolo Rovea, une vie en Dieu

Gratitude et reconnaissance envers Dieu. Ces mots peuvent résumer la multitude de messages reçus du monde entier pour Paolo Rovea. Le 3 juillet 2025, Paolo a terminé sa vie terrestre dans un accident de montagne. Marié à Barbara, ils ont cinq enfants : Stefano, Federico, Francesco, Miriam et Marco.

C’est en 1975 qu’il a découvert l’idéal de l’unité du mouvement des Focolari. « Cela a radicalement changé ma vie », disait-il. Cette année-là, il participe au Genfest à Rome et revient avec le désir de s’engager pleinement avec les Gen, les jeunes des Focolari ; et pendant 14 ans, il s’engage sans ménager son temps ni ses forces, faisant de l’Évangile son mode de vie.

Avec Barbara, elle aussi une gen, ils commencent à envisager de fonder une famille. Les couples de fiancés ou les jeunes familles ont commencé à les considérer de plus en plus comme des points de référence. L’une d’entre elles écrit : « Très attristés par cette perte, nous sommes profondément reconnaissants pour l’amour, l’estime et la confiance que nous avons reçus de Paolo. Reconnaissants pour les nombreuses années de « folies » extraordinaires que nous avons vécues tous ensemble. Avec Barbara, il a marqué l’histoire des Familles Nouvelles – la branche des Focolari qui accompagne les familles -, l’histoire de nombreux couples, dont le nôtre ».

Paolo s’affirme de plus en plus dans sa profession, avec compétence et sensibilité. Il était diplômé en médecine de l’Université de Turin (Italie), avec une spécialisation en oncologie et en radiothérapie oncologique. Dans la même université, il était professeur dans un master pluriannuel. Il avait travaillé comme médecin hospitalier, puis était devenu responsable du Service d’Oncologie et de Radiothérapie oncologique à Turin, jusqu’à sa retraite en 2021. Il avait également obtenu un Master et suivi des cours de perfectionnement en Bioéthique.

En 1989, il sent que Dieu l’appelle sur la voie du focolare et se confie à Danilo Zanzucchi, l’un des premiers focolarini mariés : « Je suis à un moment très important de ma vie : mon travail de médecin devrait devenir définitif ; je me suis marié il y a cinq mois. (…) Je remercie Dieu pour tous les dons qu’il m’a faits : tout d’abord pour l’idéal de l’unité (…), pour ma famille (…) la vie gen (…) ; pour Barbara, ma femme, avec laquelle je vis des mois merveilleux (…) Je t’assure que je pars avec un désir renouvelé de sainteté sur cette voie si unique qu’est le focolare ».

Une vie qui trouve ses racines dans une croissance constante de sa relation avec Dieu.

Beaucoup se souviennent que Paolo refusait rarement une demande ou un besoin ; il était aux côtés de tous ceux qui avaient besoin de lui avec un amour concret. Ses talents et son professionnalisme étaient au service de ceux qui l’entouraient : s’il fallait chanter ou jouer, il chantait et jouait, s’il fallait écrire un texte, il écrivait, s’il fallait donner un avis médical, il était prêt, s’il fallait donner un conseil, il le donnait avec détachement, encourageant les timides et stimulant les indécis. Sa capacité à se rapprocher de la vie de chacun de ceux qui passaient à côté de lui fait qu’au fil du temps, il est perçu par beaucoup comme un véritable frère, un membre de la famille, un ami fidèle.

L’engagement de Paolo et Barbara dans les Focolari se développe surtout au sein des Familles Nouvelles (FN). L’un des domaines qui les passionne particulièrement est l’éducation à l’affectivité et à la sexualité. C’est grâce à eux qu’en 2011, en synergie avec les différentes instances de formation du Mouvement des Focolari, un parcours dans ce sens a vu le jour, Up2Me, fondé à partir de la vision anthropologique des Focolari.

Maria et Gianni Salerno, responsables des Familles Nouvelles, racontent : « Même si nous connaissions Paolo et Barbara depuis notre jeunesse, nous avons travaillé en étroite collaboration, quotidiennement, au cours des dix dernières années, au Secrétariat international des Familles Nouvelles. La passion, la générosité, la créativité, l’engagement infatigable avec lesquels Paolo menait tout à bien, toujours attentif aux relations avec chacun, restent pour nous un témoignage formidable et ont toujours été une incitation à aller de l’avant ensemble, pour chercher toujours plus et toujours mieux à être au service des familles dans le monde. Souvent, lorsque nous discutions avec lui de la manière d’aborder les défis de la famille aujourd’hui, afin d’être toujours plus proches de tous, il suggérait des idées innovantes, utiles pour rester en phase avec son temps et les besoins des personnes. Il a beaucoup voyagé avec Barbara et a laissé partout dans le monde une traînée de lumière ».

« Bon nombre des récentes initiatives de Familles Nouvelles – poursuivent les Salerno – ont été suggérées et coordonnées par lui, en collaboration avec Barbara. Le programme Up2me, Format Famille, un programme d’échange et de croissance avec d’autres familles dans la cité pilote internationale des Focolari à Loppiano, et enfin la Loppiano Family Experience, une école de trois semaines pour les animateurs de « Familles Nouvelles » venus du monde entier, toujours à Loppiano.

Merci Paolo !

Lorenzo Russo

MilONGa : un réseau de jeunes volontaires à l’impact mondial

MilONGa : un réseau de jeunes volontaires à l’impact mondial

Dans le monde surgissent des espaces où la fraternité se cultive avec détermination. L’un d’entre eux est MilONGa, un projet qui s’est imposé comme une initiative clé dans le domaine du volontariat international, avec l’objectif de promouvoir la paix et la solidarité par des actions concrètes.

Avec ces actions, MilONGa propose l’alternative suivante : faire l’expérience de la solidarité à la première personne, dans le cadre d’actions qui transcendent les frontières culturelles, sociales et géographiques.

Son nom, qui dérive de « Mille organisations non-gouvernementales actives », est bien plus que celui d’un projet. Il s’agit d’un réseau qui réunit des jeunes d’organisations de différentes parties du monde, leur donnant la possibilité de s’ impliquer activement dans des actions sociales, éducatives, environnementales et culturelles. Depuis sa création, le programme s’est développé en tissant une communauté mondiale qui se reconnaît en des valeurs partagées : paix, réciprocité et citoyenneté active.

Ce qui distingue MilONGa est non seulement la diversité de ses missions ou la richesse de ses activités, mais aussi le type d’expérience qu’elle propose : une profonde immersion dans les réalités locales, où chaque volontaire n’est pas là, en premier lieu, pour « aider », mais pour apprendre, échanger, construire ensemble. Il s’agit d’un chemin de formation intégrale : il transforme à la fois ceux qui le vivent et les communautés qui les accueillent.

Les pays, où ces actions peuvent être réalisées, sont aussi divers que les jeunes qui y participent, ils couvrent différentes latitudes : Mexique, Argentine, Brésil, Bolivie, Colombie, Équateur, Paraguay, Uruguay et Pérou en Amérique, Kenya en Afrique, Espagne, Italie, Portugal et Allemagne en Europe, Liban et Jordanie au Moyen-Orient.

Dans chacun d’eux, MilONGa collabore avec des organisations locales engagées dans le développement social et la construction d’une culture de paix, en offrant aux volontaires des opportunités de service qui ont un impact réel et durable.

Derrière MilONGa, il y a une solide trame d’alliances internationales. Le projet est soutenu par AFR.E.S.H., project, cofinancé par l’Union européenne, ce qui lui permet de consolider sa structure et d’étendre son impact. De plus, il fait partie de l’écosystème de New Humanity, organisation internationale engagée dans la promotion d’une culture d’unité et de dialogue entre les peuples.

Une histoire qui laisse son empreinte

Francesco Sorrenti était l’un des volontaires qui ont voyagé en Afrique pour le programme MilONGa. Sa motivation n’était pas seulement le désir d’« aider », mais un besoin plus profond de comprendre et de se rapprocher d’une réalité qu’il sentait lointaine. « C’était quelque chose qui était en moi depuis des années : une profonde curiosité, presque une urgence de voir de mes propres yeux une réalité que je sentais lointaine et d’essayer de m’en rapprocher », dit Francesco à propos de son expérience au Kenya.

Celle-ci fut marquée par des moments qui le transformèrent. L’un d’entre eux fut sa visite à Mathare, un bidonville de Nairobi. « Lorsque quelqu’un m’a dit : ‘Regardez, mes parents vivent ici. Je suis né ici, mes enfants aussi. J’ai rencontré ma femme ici, et nous mourrons probablement ici’, j’en ai ressenti une très forte impuissance. J’ai compris qu’avant de faire quoi que ce soit, il fallait prendre du temps. Que je n’étais pas là pour arranger les choses, mais pour observer, pour ne pas leur tourner le dos. »

Il a également vécu des moments de lumière dans son travail avec les enfants d’une école du lieu. « La joie de ces enfants était contagieuse, physique. Il ne fallait pas beaucoup de mots : il suffisait d’être là, de jouer, partager. C’est alors que je compris qu’il ne s’agissait pas de faire de grandes choses, sinon simplement d’être présent », raconte-t-il.

Deux ans après cette expérience, Francesco en ressent encore l’impact. « Ma façon de voir les choses a changé : maintenant je valorise davantage ce qui compte vraiment, en appréciant la simplicité. Cette expérience m’a aussi laissé une sorte de force, une ténacité intérieure. En toi demeure une espèce de résistance, comme celle que j’ai vue dans les yeux de ceux et celles qui, à l’aube, voulaient tout faire, tout en n’ayant rien ».

Des rencontres qui multiplient l’engagement

En avril 2025, MilONGa a participé au congrès international “Solidarity in Action, Builders of Peace” qui s’est tenu dans la ville de Porto, au Portugal. Cette rencontre fut organisée conjointement par AMU (Azione per un Mondo Unito), New Humanity NGO et le Mouvement des Focolari du Portugal, réunissant de jeunes leaders du monde entier liés aux programmes Living Peace International et MilONGa.

Pendant trois jours, Porto est devenu un laboratoire de dialogue et d’action, au cours duquel les jeunes participant-e-s échangèrent leurs expériences, partagèrent leurs bonnes pratiques et construisirent des stratégies communes pour renforcer leur engagement d’agent-e-s de paix. MilONGa joua un rôle clé, non seulement par la participation active de ses volontaires, mais aussi par la création de synergies avec d’autres réseaux de jeunes, engagés en faveur de la transformation sociale.

L’un des moments les plus marquants du congrès fut l’espace pour des ateliers de collaboration, où les participant-e-s conçurent des projets concrets à impact local et mondial.

MilONGa se définit non seulement par ce qu’il fait, mais par l’horizon qu’il propose : un monde plus juste, plus uni, plus humain. Un monde où la solidarité n’est pas un slogan, mais une pratique quotidienne ; où la paix n’est pas une utopie, mais une responsabilité partagée.

Manuel Nacinovich

Évangile vécu : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t’aime » (Jn 21, 17).

Évangile vécu : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t’aime » (Jn 21, 17).

Un message

C’est l’anniversaire d’un ami très cher avec qui nous avons partagé des idéaux, des joies et des peines. Mais il y a longtemps que je ne lui ai pas écrit et que nous ne nous sommes pas vus. J’hésite un peu : je pourrais lui envoyer un message, mais je ne sais pas comment il le prendra. Je suis encouragé par la Parole de Vie : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t’aime » (Jn 21,17). Peu après, il me répond : « Quelle joie de recevoir ton salut ». Un dialogue s’instaure : les messages se succèdent. Il me parle de lui. Il est satisfait de son travail, a un bon salaire et me confie qu’il a le désir de venir me rendre visite. Je l’encourage et me mets à sa disposition pour l’accueillir et organiser son séjour. Raison de plus pour qu’il soit présent… et ne pas attendre un an de plus pour lui envoyer un message.
(C. A.- Italie)

(C. A.- Italie)

Ecrasée par l’orgueil

Je pouvais pardonner à Miguel les soirées passées à la taverne, mais pas l’infidélité qu’il a avouée un jour. J’étais la bonne épouse et la bonne mère, j’étais la victime. Mais depuis qu’il fréquentait le père Venancio et d’autres personnes de la paroisse, mon mari semblait être une personne différente : il était plus présent à la maison, plus affectueux avec moi, qui, en revanche, je restais hostile lorsqu’il proposait de lire l’Evangile ensemble pour essayer de le mettre en pratique. Une fois, cependant, parce que c’était son anniversaire, j’ai accepté de l’accompagner à une réunion de famille. Ce fut la première d’une longue série. Un jour, une phrase m’a fait réfléchir : « Construire la paix ». Comment pouvais-je le faire, moi qui, entre-temps, m’étais découverte égoïste, plein de misère et de ressentiment ? Mon orgueil m’empêchait de demander pardon à Miguel, alors qu’il me l’avait demandé plusieurs fois en 28 ans de mariage. Mais je cherchais le bon moment pour le faire. Jusqu’à ce que, lors d’une réunion avec le groupe des familles, je demande l’aide de Dieu et que je puisse raconter notre expérience de couple et demander pardon à Miguel. Ce jour-là, j’ai senti renaître un nouvel et véritable amour pour lui.

(R. – Mexique)

S’occuper des autres

Depuis que je passe du temps à La Havane, plongé jusqu’au cou dans les problèmes de survie des habitants de notre barrio aux prises avec la grave crise économique du pays, je ne me suis toujours pas habitué aux interventions opportunes de la Providence. Parmi tant d’autres, celle-ci est la dernière en date. Auparavant, j’avais été alerté par quelqu’un de notre communauté de l’arrivée d’un don important de bons médicaments, tous liés au traitement de maladies nerveuses. Je suis allé les chercher, un peu perplexe, car ils n’entraient pas dans les catégories de médicaments dont ont besoin les pauvres qui nous fréquentent. Mais je me suis souvenu qu’une fois par mois, le lundi matin, un psychiatre vient visiter gratuitement les habitants du quartier qui ont besoin d’un traitement. À la première occasion, je l’ai donc contacté et lui ai apporté la liste des médicaments. En la parcourant, son visage s’est illuminé : « C’est exactement ce que je cherchais », s’est-il exclamé, stupéfait.

(R.Z. – Cuba)

Édité par Maria Grazia Berretta
(extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année X- no.1 mai-juin 2025)

Photo: ©Mohamed Hassan – Wälz / Pixabay