Mouvement des Focolari
Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Le rendez-vous annuel des Jeunes Pour un Monde Uni (JPMU) à leur Rassemblement international est très attendu. Quelques-uns d’entre eux se sont réunis à Loppiano, cité-pilote internationale du Mouvement proche de Florence, pour en élaborer ensemble le contenu. La préparation a déjà commencé en décembre 2010, avec les JPMU de plusieurs pays du monde, par des contacts via Internet et des messages sur les ateliers sociaux, dans un échange nourri de propositions, pour que le Rassemblement soit le fruit d’une communion de vie et de sensibilités diverses. « Make visible change ». Le thème central se déclinera en trois parties : « acteurs aujourd’hui d’une culture de fraternité et de paix », « à la recherche de relations authentiques », et « construire des ponts… », après avoir exploré l’an dernier les nombreux chemins pour un monde uni. Le 29 avril, en direct sur Internet, s’ouvrira la quatorzième édition de la « Semaine Monde Uni », au cours de laquelle sera lancé le Genfest 2012, avec un éventail d’initiatives pour concrétiser dans la vie quotidienne l’engagement des jeunes pour la fraternité. Un message de Chiara Lubich unira en un seul cœur des jeunes de toutes les latitudes. Le Rassemblement se conclura le 1er mai avec la participation des JPMU à la béatification de Jean-Paul II (http://www.karol-wojtyla.org/). Pour info et inscriptions : sgmu@focolare.org

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Voyage en Amérique du Nord

Pour marquer ce 50ème anniversaire, la présidente des Focolari, Maria Voce, et le co-président, Giancarlo Faletti, visitent l’Amérique du Nord pendant un mois, au cours duquel ils rencontreront les communautés et les amis des Focolari dans différentes villes des trois nations.

  • 19-20 mars à Toronto: Week-end de dialogue, célébration avec les membres des Focolari de tout le Canada, et messe solennelle célébrée par l’Evêque, Mgr William McGrattan, pour le 3ème anniversaire du départ de Chiara Lubich.
  • 21-24 mars à Montréal : Rencontre avec les évêques canadiens. Soirée du 23 avec la communauté de Montréal.
  • 3 Avril – New York: Messe solennelle de remerciement célébrée par l’Archevêque Mgr Timothy Dolan (à la Cathédrale St. Patrick).
  • 5 Avril – New York: Evénement culturel à la Fordham University.
  • 7 Avril – Washington, D.C.: E pluribus unum, programme ouvert au public, pour une communauté multiethnique et multi religieuse qui arrivent à être ensemble un seul peuple au service de l’unité (Caldwell Hall, The Catholic University of America).
  • 9 Avril – Chicago, Chicago Youth Event: Présentation de la vie de Chiara Luce Badano
  • 10 Avril –  Chicago: Meeting interreligieux.
  • 11 Avril – Chicago: Spiritualité et théologie trinitaire – présentation à la DePaul University
  • 16 Avril – Saint Domingue: Célébration avec les communautés des Focolari de la République Dominicaine et de Porto Rico.
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En ligne directe du Japon / 4

Nichiko Niwano avec Maria Voce

Chers amis des Religions pour la Paix et des communautés religieuses internationales,

Au nom des Religions pour la Paix au Japon, je voudrais vous exprimer ma sincère gratitude  pour vos messages de profonde douleur, préoccupations, et de soutien actif  suite au tremblement de terre catastrophique que nous avons vécu au Japon. Les prières, le partage de nos privations et souffrances et la solidarité généreusement exprimée par les responsables religieux au network international des religions pour la paix, sont pour nous une source de grand encouragement. Je vous suis vraiment reconnaissant de ces liens forts d’amitié, qui donnent une dernière preuve que tout existe dans un état d’interrelation et interdépendance, comme partie d’une grande source de vie, et pour cela, je suis encore plus profondément reconnaissant.

Nous n’avons pas encore un tableau complet des dommages et de la perte des vies humaines, et la situation reste dangereuse, mais Religions pour la Paix / Japon continuera à faire tous les efforts possibles pour offrir un soulagement aux victimes.

J’ai déjà invité tous les membres de Religions pour la Paix / WCRP Japon à contribuer aux efforts de première assistance, et nos jeunes sont en train de recueillir des fonds sur les lieux publics dans tout le pays.

Je suis inspiré et encouragé par les leaders religieux du monde entier, qui ont montré le chemin pour surmonter tout genre de défi, dont les conflits armés et les désastres naturels.  Comme le peuple du Japon qui travaille à surmonter la tragédie récente, je vous demande humblement de continuer à offrir intuitions et coopération.

Nchiko Niwano, président des Religions pour la Paix / WCRP Japon – 18 mars 2011

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Au revoir Canada, terre appelée à l’accueil

Pas même ceux de Québec étaient pressés de partir. Alors qu’ils avaient encore 250 km à faire pour rentrer chez eux, ce n’était pas non plus très tôt dans la soirée et de plus le thermomètre affichait déjà des valeurs négatives. Ne parlons pas de ceux d’Ottawa, à seulement 150 km de là. Et comment dire des nombreux de Montréal, qui jouissaient d’être sur place. Plus que d’en parler, il n’y avait qu’à constater les visages satisfaits, les sourires jusqu’aux oreilles, les paroles enthousiastes, les petits groupes de personnes, où dominaient ici les confidences et là on éclatait de rire, alors que les flash témoignaient le désir d’immortaliser une soirée inoubliable.

Plus de trois cent personnes avaient cueilli le caractère unique du rendez-vous avec Maria Voce et Giancarlo Faletti. Ne manquait pas celui qui, ayant connu les premiers focolarini arrivés à Montréal il y a 40 ans, avait tenu à venir pour connaître cette femme qui avait remplacé la fondatrice Chiara Lubich et renouer un lien jamais vraiment coupé. Là, dans la province du Québec, les personnes sont particulièrement ouvertes et expansives, mais à la soirée du 23 mars, elles ont exprimé le meilleur d’elles.

Stéphanie Lamothe, 10 ans, longs cheveux noirs et doux traits asiatiques, a la responsabilité d’ouvrir la danse, c’est-à-dire de commencer la série d’une dizaine de questions préparées pour le dialogue avec Maria Voce et Giancarlo Faletti. La demande est candide et amusante et fait sourire la salle: «Chiara a été la première à vivre la spiritualité de l’unité et elle a fait naître tout le Mouvement. C’est normal qu’elle ait été présidente. Toi, qu’est-ce que tu as fait pour être présidente après elle?». L’interpellée est amusée et répond en français pour rester en dialogue direct avec l’adolescente.

Aux questions suivantes, Maria Voce explique que, en raison des traductions pour la diffusion ensuite de la vidéo dans le monde, elle doit parler en italien. L’approbation du public lui permet de démarrer, mais elle continue à parler en français sans s’en rendre conte. Eclat de rire dans la salle. Elle s’arrête, sourit et décide de ne pas changer continuellement d’une langue à l’autre. Donc, ce sera seulement le français, pour la joie des présents.

Une joie qui trouve son apogée à la fin de la soirée, quand la présidente donne son impression sur le pays: «Je remercie Dieu de m’avoir fait faire ce voyage au Canada. C’est Lui qui m’en a suggéré l’idée». Puis elle explique: «les caractéristiques de cette terre sont l’ouverture, la générosité, l’accueil envers les personnes les plus variées qui arrivent ici alors qu’elles sont dans le besoin. J’imagine les difficultés, mais vous prouvez qu’on peut les surmonter».

S’adressant aux présents, Maria Voce ajoute: «le témoignage que vous donnez est grand. Vous faites voir les liens de famille entre personnes de cultures différentes. C’est le plus beau don que vous faites au Mouvement. Le Canada è un tremplin où on expérimente l’unité pour ensuite se lancer vers les autres».

C’est une constatation et en même temps une consigne: «Continuez à faire comme vous le faites déjà, avec la joie d’avoir reçu un tel don de Dieu et offrez-le aux autres». L’intense applaudissement manifeste la satisfaction générale et cache l’émotion de beaucoup. Personne ne partira aussitôt et certains se feront interprètes d’une proposition: «Il faut suggérer à Maria et à Giancarlo de revenir plus souvent».

De notre envoyé Paolo Lòriga


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En ligne directe avec le Japon/3

© Centro Santa Chiara

Le 11 mars à 14h46, je préparais le goûter dans la garderie d’enfants où je travaille. J’ai senti une forte secousse tellurique, et j’ai tout de suite réuni les enfants pour les mettre à l’abri. J’ai attendu que le tremblement de terre finisse, mais – étant donné que les secousses ne semblaient pas finir – même moi qui suis habituée aux tremblements de terre, j’ai commencé à avoir peur. Dans cette situation, nous avons tous senti le désir de nous aider pour affronter ensemble les choses qui suivraient.

Vers le soir les parents sont venus chercher leurs enfants : à cause de la paralysie des  transports, ils ont du marcher longtemps pour arriver, et ils pleuraient de joie en voyant que leurs petits étaient en sécurité. Quand tous les enfants furent rentrés chez eux, j’ai poussé un soupir de soulagement et j’ai ouvert la TV de la crèche et j’ai entendu la nouvelle du tsunami. Parmi les zones touchées il y avait aussi celle de ma ville, Miyako.

A partir de ce moment et pendant six jours, j’ai continué à essayer de téléphoner à la maison, sans y réussir. Plus les nouvelles arrivaient, plus je me rendais compte de la portée du séisme, et plus je sentais en moi les souffrances physiques et spirituelles des victimes. C’était la première fois que j’éprouvais une douleur aussi grande.

A ce moment, au-dedans de moi, je me suis sentie interpelée par Dieu : « Est-ce que tu M’aimes vraiment ? Est-ce que tu crois vraiment en Mon Amour ? » Et moi : « Oui Seigneur, je crois en ton Amour. Tu le sais que j’y crois. » J’ai compris que le moment était arrivé de vivre avec courage les vertus de la foi, de l’espérance et de la charité : qu’il faudrait aimer tout le monde en vivant pleinement l’amour réciproque.

© Centro Santa Chiara

S’est maintenue en moi la foi profonde que tout ce que Dieu permet est sûrement pour un dessein d’amour. Je Lui ai alors confié ma préoccupation pour la famille, décidant de faire moment par moment ce qui me semblait être Sa volonté.

J’ai cherché à porter un climat de sérénité au travail : soutenir la collègue qui, à cause des retards des trains, arrivait au travail fatiguée, après trois heures de voyage. Prêter des vêtements chauds aux collègues qui – à cause des économies d’énergie – avaient froid. Surtout en cherchant à me consacrer aux enfants qui, à cause du danger de nouvelles secousses, ne pouvaient pas jouer dehors. J’ai senti la paix revenir en moi !

Dans ce même temps je cherchais à contacter ma famille par tous les moyens, mais sans résultat. « Pendant le tsunami, ma belle-sœur devait être au travail dans le grand magasin de la ville ; ma nièce devait être à l’école qui est à côté du port », pensais-je en moi-même, et cela me préoccupait. Mais justement à ces moments-là, arrivait par des amis un téléphone ou un mail qui me soulevaient le cœur. Alors mes collègues souffraient avec moi et cela me remplissait de reconnaissance.

© Centro Santa Chiara

Dans l’Evangile du 17 mars, il y avait cette phrase de Jésus : « Demandez et vous obtiendrez ». Justement ce jour-là on célébrait l’anniversaire de la fin de la persécution des chrétiens de la ville de Nagasaki, il y a environ 250 ans. J’ai prié Marie de me faire savoir où était ma famille, et je suis rentrée à la maison le cœur plein de paix. Peu de temps après, le téléphone a sonné : c’était mon père. « Nous allons tous bien, et la maison n’est pas sinistrée », m’a-t-il dit d’une voix sereine.

Cette expérience m’a enseigné tellement de choses, en particulier à vivre et à embrasser les souffrances des autres,  à transmettre autour de moi, l’amour et la lumière reçus de Dieu.

Petit intermède

« Une heure de retard! » s’exclame Georges.

Oui, malheureusement, l’écran de la salle d’attente donne un message clair. Même si on répète souvent que 97% des vols sont à l’heure, cette fois, on se trouve dans les 3% restants! Heureusement, nous avions prévu pas mal de temps pour arriver à Manchester, notre destination.

Les personnes de la file cherchent un siège. Les enfants commencent à être plus bruyants. Je réussi à percevoir que la tension est en train de monter dans le hall de départ.

Je pourrais faire quelque chose d’utile, prendre l’ordinateur portable et trier le courrier.

Dans mon dos, quelque part, un enfant commence à pleurer. Pas seulement à pleurer, mais à brailler. Je n’arrive plus à me concentrer! Malheureusement, je n’ai pas mes bouchons d’oreille anti-bruit…

J’en ai assez! Le bruit stridulent commence à me taper sur les nerfs.

Oui, mais n’est-ce pas une occasion? Une invitation à mettre un peu en pratique la Parole de vie et à voir en chaque évènement, situation ou personne la volonté de Dieu? A être patient, à ne pas être irrité, mais à aimer?

Cette pensée m’apaise, et curieusement les cris de l’enfant ne me dérangent plus. A l’improviste, je vois toute la scène avec d’autres yeux: des personnes qui cherchent à voir comment rentrer chez eux, l’enfant, qui a senti le tension, est fatigué, il a besoin de distraction.

Qu’est-ce que je peux faire?

J’ai une idée! Fermer l’ordinateur, prendre une feuille et un crayon dans ma valise et aller vers l’enfant qui pleure.

Le petit gesticule dans les bras de son père.

« Veux-tu que je fasse un dessin pour toi? » La sirène hurlante s’arrête d’un seul coup.

Deux grands yeux noirs tout surpris me regardent.

« Regarde bien, je dessine un animal pour toi. Dès que tu devines quel animal c’est, tu me le dis ».

Le crayon se déplace lentement sur la feuille.

« Un éléphant! » crie une enfant derrière moi. C’est sa sœur qui a quatre ans. « Ephant » repète le petit.

« C’est juste! Maintenant, un autre animal ».

« Un papillon! » « Un train! »

E puis, tout à coup, ils courent tous les deux vers la fenêtre.

Nous échangeons quelques mots avec le père marocain et je reviens à ma place. « Mission accomplie ».

« Tu aurais dû voir le visage des personnes quand tu es allé vers elles »  dit Georges: « Elles ont sans doute pensé: qui sait ce qu’il va se passer maintenant! »

D. R. (Danemark)

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Egypte, l’espérance de la Place Tahrir

La communauté des Focolari en Egypte

Ils sont allés dans ce pays arabe pour encourager le nouvel engagement que les citoyens égyptiens sont en train de prendre, mais surtout pour apporter à la communauté égyptienne la cordialité et le soutien de tout le Mouvement dispersé dans le monde, en ce moment historique d’une particulière intensité.

“Je suis au septième ciel d’avoir pu voter pour la première fois. Dans mon usine, il y a beaucoup d’ouvriers qui appartiennent probablement à l’association des ‘Frères musulmans’, et je savais que leur vote serait contraire au mien… Mais étant donné que l’usine ferme après la clôture des bureaux de vote, quand il n’y a plus de bus,  je me suis sentie poussée à les y accompagner en faisant deux voyages avec ma voiture. Je n’ai pas voulu les endoctriner. L’unique conseil que je leur ai donné a été de voter pour le bien du pays.”

Voilà un des témoignages qui nous arrive de la communauté du Caire à l’issue du récent référendum constitutionnel, et qui dit la vivacité d’un peuple en train de se redécouvrir acteur de son propre changement.

Lucia Fronza Crepaz et Franco Pizzorno viennent juste de rentrer d’un voyage de quatre jours dans ce pays arabe: nous les avons rencontrés au siège du secrétariat central (en Italie) du Mouvement Humanité Nouvelle, dont ils sont co-responsables.

Un voyage organisé en peu de temps et peut-être non prévu: comment a mûri ce choix de partir pour l’Egypte?

FP: “Effectivement, nous avons pris la décision le vendredi 11 mars et cinq jours après nous étions déjà sur place. C’est une lettre de la communauté des Focolari présente au Caire, qui a suscité l’occasion: le récit de la situation qu’ils sont en train de vivre, nous a permis de comprendre qu’il était nécessaire de leur apporter notre soutien et la cordialité de tout le Mouvement dispersé dans le monde. Il y avait, en plus, une demande d’aide précise à former à la vie sociale une communauté oppressée depuis trop d’années et qui redécouvre seulement maintenant son identité en tant que peuple”.

Quelle situation avez-vous trouvée à votre arrivée ?

LFC: “Cette demande a aussi émergé du sens de responsabilité que le membres du Mouvement ont envers leur pays. Nous avons trouvé une effervescence incroyable, typique de qui finalement, après des années de dictature, peut respirer et penser. Il y a un grand enthousiasme dans les personnes. Elles sont conscientes d’assumer le destin de leur nation, en commençant par leur rue, leur quartier. Leur question était: “comment faire?”. Nous avons donné les expériences et réflexions qui ont mûri ces dernières années dans le monde entier et, avec eux, nous avons cherché à comprendre comment on pouvait avancer, chacun dans le milieu où il est, avec la fraternité dans le coeur, dans l’esprit et dans la force des bras”.

De retour à Rome, que reste-t-il de ce voyage?

LFC: “Le sens d’un pari gagné, si on pense qu’eux-mêmes se sont découverts plus prêts qu’ils ne le pensaient. Un fait nous a beaucoup touché: là, le Mouvement des focolari peut actualiser sa vocation, celle de prendre en son sein la blessure entre chrétiens et musulmans. Les Focolari ont choisi leur limite, celle de croire dans la possibilité de rapports entre ces deux groupes, malgré les blessures profondes que des siècles d’histoire et d’incompréhensions voudraient voir vaincues. Celui qui vit là, pour la fraternité universelle, est appelé à rester dans cette plaie et à donner une contribution factuelle pour l’assainir”.

FP: “Et, sur ce chemin, je pense qu’il est fondamental de miser sur les nouvelles générations et sur la possibilité d’une nouvelle confiance dans les institutions qui devra mûrir avec la temps. Dans la communauté du Mouvement, et particulièrement dans les jeunes, nous avons vu une grande joie, certitude et envie de faire, malgré les difficultés qu’ils vivent depuis toujours et qui les rendent particulièrement sensibles à vivre pour la fraternité universelle”.

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Montréal, Maria Voce rencontre les évêques canadiens

« L’Islam est un défi pour l’Eglise. Quels sont les contacts qu’a le Mouvement avec les musulmans ? », demande le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal. « Quels auteurs ont alimenté la pensée de votre fondatrice en ce qui concerne l’économie de communion ? », demande Monseigneur Paul-André Durocher, évêque de Alexandrie-Cornwall, aux confins de l’Ontario et du Québec. Nous sommes au début de l’entrevue et déjà la conversation entre dans le vif du sujet.

Le Centre International de la rue Grenet est accueillant, dans Montréal couverte d’un blanc manteau de neige, il reçoit un groupe de sept évêques de l’Eglise canadienne qui ont désiré rencontrer Maria Voce et Giancarlo Faletti, durant leur séjour dans le Pays. Le thème choisi est la spiritualité de communion, facteur fondateur du charisme de Chiara Lubich.

Introduite par l’évêque de Valleyfield, monseigneur Luc Cyr, la présidente Voce trace en quelques coups de pinceaux efficaces la spiritualité du Mouvement des focolari, en soulignant qu’elle « est le fruit arrivé à maturité du charisme de l’unité » et la faisant reposer  sur quelques piliers : la découverte de Dieu Amour,  qui brille en premier, l’amour pour le frère jusqu’à donner la vie, comme terrain ; l’amour réciproque, cœur de l’Evangile, commandement typique de la spiritualité de communion; l’unité, à réaliser  dans chaque milieu  ; Jésus crucifié et abandonné, modèle à revivre pour construire l’unique famille humaine.

Et voici rapidement, les demandes des prélats – qui  en matière de  sécularisation comme en ce qui concerne les  nouvelles générations –  sont pleinement à l’écoute des fruits d’une spiritualité de communion. Giancarlo Faletti, co-président des Focolari, donne quelques exemples partant de l’année sacerdotale et arrivant au récent voyage de Maria Voce en terre Sainte. Les témoignages successifs donnés par un curé, un couple de personnes mariées, une jeune et  la titulaire d’une entreprise de l’Economie de communion, ont rendu vital, linéaire et proche l’apport de la spiritualité de l’unité.

L’attitude d’accueil réciproque et l’humble écoute ont permis une rencontre effective de communion entre institution et charisme. La joie sur le visage de tous m’en confirmait la réussite, a commenté Maria Voce. Le jour précédant, avant de quitter Toronto, elle s’est rendue en visite auprès de l’archevêque Monseigneur Thomas Collins. Le rendez-vous, d’une durée de trente minutes, s’est déroulé au 6ème étage de l’édifice qui accueille les offices diocésains. Dans le dialogue cordial entre eux, le prélat a plusieurs fois souligné l’apport précieux offert par le Mouvement à la vie du Diocèse très cosmopolite.

Puis ce fut le départ de la Capitale de l’Ontario (anglophone), en direction de Montréal (francophone), au Québec : 540 kilomètres d’autoroute en direction du Nord-est  à travers les forêts et avec une visibilité réduite. A l’entrée de Montréal, coup de théâtre : la neige se met à tomber.  C’est un effet spécial : il commence à neiger juste quand Maria Voce et Giancarlo Faletti font leur entrée dans la ville. Vous imaginez un comité d’accueil aussi bien organisé ?

Envoyé par Paolo Loriga

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Le monde dans mes bras

Du Vénézuela au Burundi, de l’Australie au Vietnam, dans toutes les langues, par toutes les croyances religieuses, chrétiens, juifs, musulmans, nonces apostoliques, enfants, jeunes, familles, de toutes parts, on a contemplé avec reconnaissance le charisme que Chiara a laissé sur la terre. De toutes parts, dans un climat de famille, on a renouvelé l’engagement  à porter de l’avant son rêve, c’est à dire de voir, réalisée, la prière de Jésus à son Père: “que tous soient Un”. “Depuis le 14 mars 2008 – disait à Caracas, le nonce apostolique au Vénézuéla, Mgr Pietro Parolin – ce chant, cet hymne de joie et de gratitude ne s’éteindra plus dans le coeur et sur les lèvres de  Chiara Lubich, pour toute l’éternité”. Lors de la messe concélébrée par quatre évêques et douze prêtres, en présence de divers Mouvements d’Eglise, le nonce a indiqué la voie à suivre. “Si dans une ville, comme cette ville à Caracas, s’allumait le feu que Jésus a porté sur la terre et que grâce à la bonne volonté de ses habitants, ce feu résistait au gel du monde, nous aurions en peu de temps incendié la ville de l’amour de Dieu”. Du Pérou à San Salvador. Et encore en Honduras, Guatemala, Nicaragua. “Dans les homélies des différentes messes –écrivent Martita et Gustavo de San Salvador – on avait recours aux paroles ‘sainteté’, ‘charisme pour toute l’Eglise’, signe que la spiritualité est désormais connue et appréciée”. Une diffusion qui a franchi les frontières de l’Eglise catholique. A Tucuman – dans la région de  Cordoba, en Argentine – on a rappelé la présence de Chiara à une rencontre interreligieuse à laquelle avaient participé des chrétiens de différentes églises, des juifs et des musulmans. “Je fais partie de ceux qui n’ont pas connu Chiara – disait le Rabbin Salomon Nusbaumm – mais qui a connu ses fruits. Et connaissant le fruit, on peut louer l’arbre. Que Dieu Tout puissant accueille Chiara avec tous les justes”. De Quito, au Chili, la communauté du Focolare écrit ceci: “Même la tragédie du Japon et le risque de tsunami que nous avons vécu ici, nous apparaissaient tous comme des rappels du Père Eternel à nous enraciner dans l’essentiel”. La communauté de San Josè (Costa Rica), a pensé, par contre, un programme “dans la rue” avec des stands sur les fruits du charisme de Chiara, des moments de musique et de spectacle pour attirer l’attention des passants. Participation du peuple aux manifestations promues pour l’anniversaire de Chiara au Brésil : Depuis la Mariapolis Ginetta à Porto Alegre à la Mariapolis Santa Maria dans la région de Recife, où – nous ont-ils écrit – “nous avons rappelé les trois ans de son arrivée au Paradis dans 35 villes, avec la participation totale de 4.273 personnes”. Un saut par-dessus l’océan à Cebù, aux Philippines, où même l’archevêque de la ville, Mgr José Palma, est resté pour tout le programme de la journée. En faisant allusion à la béatification de  Chiara Luce Badano, Mgr Palma a également parlé de la future béatification de Chiara, souhaitant que son procès débute dans les deux années à venir. On s’est souvenu de Chiara aussi à Bangkok, au Vietnam, à Myanmar. En Inde dans les villes de Mumbai, Bangalore, Delhi et Goa. A la nonciature – écrivent les deux responsables de la zone de Mumbai – “le nonce a commencé la messe en demandant la grâce de pouvoir être tous comme elle ; avec force et courage, être témoins de l’amour pour donner à tous la lumière, comme elle l’a fait elle-même”. A Medan, en Indonésie, il semble vraiment qu’on soit aux extrémités de la terre. Et pourtant également de là on nous écrit: “L’atmosphère était très belle, on avait l’impression que Chiara était très présente. La joie était tangible en tous, ainsi que la reconnaissance d’être devenus ses fils et de faire partie de son extraordinaire famille”. L’anniversaire de Chiara a été “un moment de Dieu” aussi dans toute la zone de l’Australie: de la Nouvelle Calédonie à la Nouvelle Zélande, à Perth, Melbourne et Sydney. Et pour finir ce voyage autour de la planète, allons en Afrique. De Bujumbura au Burundi la communauté écrit: “Chiara était avec nous, au centre de la fête. C’était émouvant de voir cette foule nombreuse et les personnes qui ont eu un rapport avec Chiara revenir. Elle passe et elle attire encore”. Les 800 présents à la Citadelle Piero au Kenya étaient majoritairement des jeunes qui parlent tous de “joie, de renouvellement, de sainteté à la portée de tous”. “Nous voulons continuer à porter de l’avant la consigne de Chiara, celle d’offrir nos bras pour apporter à Dieu notre morceau de continent”, écrivent-ils. Même dans quelques villes du CongoKinshasa (700), Kikwit (2000), Lubumbashi (400), Goma (200) et Bukavu (100) – tous rappellent le 3ème anniversaire du départ de Chiara. Une caractéristique commune : une forte présence de Chiara et un grand élan pour transformer et pour sanctifier le milieu dans lequel on vit. Le maire de la ville de Nzinda a exprimé toute sa gratitude d’avoir été invité: “J’ai découvert la richesse et la réalité de la vie de l’Oeuvre, essentielle pour réaliser la fraternité universelle qui peut éliminer l’injustice et les contre-valeurs de la société congolaise”.

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Paris, coup d’envoi au « Parvis des Gentils »

Les 24 et 25 mars 2011, à Paris, nous assisterons à l’Unesco à l’inauguration officielle du Parvis des Gentils, dans le cadre d’une grande manifestation internationale qui se poursuivra ensuite à la Sorbonne et à l’Académie française.

C’est Benoît XVI qui a voulu ce département permanent pour le dialogue entre croyants et non croyants, instauré au Vatican dans le cadre du Conseil pontifical pour la Culture.

Il prend le nom du parvis homonyme qui, dans l’ancien Temple de Jérusalem, accueillait les non juifs, les fidèles d’autres religions, les agnostiques.

Le nouveau département est déjà opérationnel. L’Université de Bologne a organisé une première rencontre où le dialogue est conduit par les laïcs. Le « Parvis des Gentils » n’est pas un lieu de confrontation institutionnelle – ce n’est pas une tentative visant à formuler un document commun –, mais un espace de dialogue.

Le lieu retenu pour son inauguration est Paris, ville symbole de la laïcité. Ce département nouvellement fondé par le Vatican, a pour objectif de favoriser des échanges ouverts en matière de foi, entre croyants et non croyants. “ Le dialogue – explique Mgr Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la Culture, chargé de suivre cette initiative – suppose un échange d’arguments rigoureux, chacun avec son identité propre, sans syncrétisme ni concordismes vagues”.

De nombreuses personnalités et d’intellectuels laïcs très connus ont déjà adhéré à cette initiative. L’organisme permanent est ouvert à tous, en toute liberté, et dans le respect de chacun. Claretta Dal Rì et Franz Kronreif, responsables du dialogue avec les personnes de convictions non religieuses, seront présents au nom des Focolari à son inauguration qui aura lieu à Paris. Ils ont aussi activement préparé un autre rendez-vous important, auquel sont conviés croyants et non croyants, unis par un même désir de collaborer afin de contribuer à rassembler la famille humaine dans la fraternité. La rencontre, intitulée Humanisme dialogue fraternitél’héritage de Chiara Lubich, se tiendra à Castel Gandolfo du 1er au 3 avril prochain ; elle s’adresse à un public international.

Pour en savoir plus, visitez le blog: www.incamminodialogando.blogspot.com

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Canada, une journée mémorable

Comme dans les quelques pays du monde les plus étendus, les distances ici au Canada se mesurent en heures de vol. Par exemple, entre Vancouver et Toronto il y a cinq heures de vol, le même temps qu’entre Rome et la Mecque. La journée du dimanche 20 mars restera donc inoubliable, lorsque s’est retrouvée une délégation des communautés des Focolari venant de tout le pays, tant des grandes métropoles que des villes comme Whitehorse, au nord, dans des territoires peu habités aux confins des glaces de l’Alaska.

Voici pourquoi dans la salle de la Michel Power High School régnait dès le début une effervescence diffuse. Pour la première fois, la délégation de la communauté de Vancouver, à l’extrême ouest, rencontrait les personnes de Toronto ou Montréal, à l’extrême est. C’était la première fois pour tous depuis que le Mouvement est présent au Canada. Un événement historique motivé par la présence de la présidente Maria Voce.

Un panorama de la vie dans les diverses villes a montré les fruits mûris par une présence de plusieurs dizaines d’années et a fait prendre aux six cents personnes présentes une plus grande conscience de l’enracinement du Mouvement dans le territoire. Un Mouvement qui rapproche, qui réunit – nous l’avons vu dans la fête musicale de l’après-midi – des personnes provenant de contextes les plus divers et engagées dans de nombreux domaines.

Nombreux sont les immigrés – des personnes courageuses qui ont su repartir à zéro – qui ont découvert une famille plus grande, la famille spirituelle des Focolari. Les liens de solidarité tissés avec Haïti suscitent l’admiration. Dans cette île lointaine des Caraïbes, peut-être le pays le plus pauvre au monde, nombreuses sont les actions sociales développées (en raison de leur langue française commune) par les diverses communautés canadiennes.

Au cœur de la journée : rencontre avec Maria Voce et Giancarlo Faletti. Quatre-vingts minutes de questions-réponses, dans lesquelles ont été abordés de nombreux thèmes, du dialogue interreligieux au rapport avec les jeunes, de « l’après fondatrice » à la communion des biens. Tout cela dans l’optique d’une société désormais profondément marquée par la sécularisation et la laïcisation.

« Le Mouvement est né dans un contexte de forte tradition religieuse, mais il a été envoyé par l’Esprit-Saint – a assuré le co-président G. Faletti – justement pour notre époque. La sécularisation est en train de nous enlever nos sécurités, mais elle nous invite à être la réponse à ce phénomène, à devenir d’habiles annonciateurs de l’Evangile, porteurs d’une nouveauté révolutionnaire ».

Pour le troisième anniversaire du départ de Chiara Lubich, la messe présidée par Mgr William McGrattan, a été le point culminant du rendez-vous. « Dans cette célébration pour Chiara – a souligné Maria Voce – fêtons avec elle le pas que nous faisons ici aujourd’hui au Canada vers le monde uni ».

De notre envoyé Paolo Loriga

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Avec les jeunes à Toronto

C’est quelque chose de surprenant de lire l’étonnement sur le visage des jeunes du Mouvement. En fait, une grande partie de la cinquantaine du même âge qu’eux, venus pour la première fois à une rencontre avec la spiritualité de l’unité, faisait la queue de manière ordonnée pour parler avec Maria Voce. Après l’avoir entendue répondre à leurs questions, ils l’ont rejointe spontanément. Et il ne s’agit pas d’une salutation dictée par une bonne éducation. Ce qui les a poussé, c’est le désir de partager tout de suite quelque chose de profond que cette femme aux cheveux blancs, de l’âge de leur grand-mère, avait su toucher au-dedans d’eux

«Merci de m’avoir donné le sens de la souffrance», confiait un jeune étudiant d’origine philippine. «Tu as expliqué d’une façon tellement simple comment je peux dépasser la souffrance en aimant, que je me suis dit: “Je peux y arriver”», a ajouté Cheryl, blond aux yeux bleus, et une jeune  afro-canadienne: «La vie que tu nous as proposée est radicale, mais tu nous as vraiment encouragés». D’où l’émerveillement. Alma et Len nous disent: «Nous n’avons jamais rien vu de pareil, car ce n’est pas dans la culture canadienne de partager ses propres états d’âme».

La salle du Collège St Joseph a vu arriver une centaine de jeunes même de Vancouver, qui est sur la côte pacifique, et de Calgary à quatre heures d’avion. Mais ça en valait la peine. Le fil conducteur de la rencontre a été la présentation de la vie de Chiara Luce Badano, béatifiée depuis peu. Le titre ne permettait aucun échappatoire: “Héros d’aujourd’hui, saints de demain. En as-tu le courage?”. Une proposition exigeante en toute liberté, mais qui ici au Canada met dos au mur, parce qu’elle signifie aller contre tout.

En effet, ici la sécularisation a réduit, en quelques dizaines d’années, la pratique religieuse de 80 à moins de 10%. Ici une femme peut avorter pour n’importe quelle raison et à n’importe quel stade de la grossesse; depuis 2005 le mariage homosexuel a été légalisé; la religion et ses symboles sont de plus en plus écartés de la vie publique; les média deviennent intolérants envers la foi et les croyants; les droits fondamentaux de la liberté religieuse et même de la conscience sont mis en question devant les tribunaux.

Et pourtant Maria Voce, à la question s’il est possible de transformer la société, n’a pas répondu à demi mesures. «Si ce n’est pas vous qui changez le monde, personne ne le change – a-t-elle tout de suite affiché clairement – . La société nous pousse à penser que si j’avais plus, je serais plus heureuse. J’ai au contraire l’impression que les jeunes ont beaucoup de chose. Mais ils n’ont pas le bonheur, parce qu’ils ne découvrent pas que ce qui rend heureux c’est l’amour».

La présidente avait mis le feu. «Au cours de cette journée, vous avez expérimenté l’amour évangélique. Maintenant, ne vous contentez pas de moins. Ne revenez pas en arrière. Ne risquez pas de fermer la porte à Dieu». Et encore: «Lui a confiance en vous. Aujourd’hui, vous avez fait cette expérience. Portez-la aux autres. Le futur du Canada dépend de vous. Et vous n’êtes pas seuls, car les jeunes des autres pays sont vos supporters. Ensemble, c’est possible de changer le monde».

La consigne est donnée. Et ceux qui font la queue sont allés dire à cette femme, qu’ils ne connaissaient pas une heure auparavant, qu’ils adhéraient pleinement. Puis, une accolade ou une embrassade et un cliché instantané pour ne pas oublier. Et la joie cosmopolite de ces jeunes explose durant la photo tous ensemble avec Maria Voce et le co-président Giancarlo Faletti.

De notre envoyé, Paolo Lòriga

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Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Arrivée à Toronto

Une joyeuse délégation du Mouvement était là pour accueillir Maria Voce et le co-président Giancarlo Faletti, le 16 mars, à l’aéroport international de Toronto. L’offre d’un élégant bouquet de fleurs blanches et jaunes et le déploiement d’un drapeau canadien avec la typique feuille d’érable rouge ont constitué le point culminant de l’accueil. Puis ont suivi de nombreuses embrassades chaleureuses.

Les traits si différents indiquaient que la communauté du Focolare elle-même était une représentation fidèle de la société canadienne, multi ethnique et multi culturelle. De nombreux immigrés provenant de plus de 150 pays vivent ici. Tant de peuples, tous accueillis par une nation hospitalière, qui, en 1976, a modifié la loi qui limitait les flux des pays non européens.

L’effroyable tragédie du Japon est, de ce fait, vécue ici avec une attention particulière, justement parce que beaucoup de fils du Pays du Soleil Levant vivent ici depuis plusieurs années et font partie intégrante de la population. Il en est de même quand d’autres pays, représentés ici par les émigrés respectifs, sont touchés par de tristes événements. Cet accueil manifeste l’être authentique du peuple canadien, avec ses 34 millions d’habitants, dont 90 % vit concentré sur une bande – longue de seulement 160 km – qui court le long de l’immense ligne de frontière avec les Etats-Unis, même si, avec ses dix millions de kilomètres carrés, il est le pays le plus vaste après la Russie.

En fait de convivialité et d’intégration entre les peuples, races, cultures et religions diverses, le Canada se présente inévitablement comme un laboratoire très observé, vers lequel regardent de nombreux pays désormais assaillis par des flux migratoires, alimentés par la misère, la guerre, les régimes répressifs.

Avec ses presque cinq millions d’habitants appartenant à environ cent groupes ethniques, la ville cosmopolite de Toronto constitue un excellent lieu d’atterrissage pour une première connaissance du Canada. La présidence Maria Voce l’a traversée le jour suivant avant de se diriger vers un spectacle naturel incontestablement fascinant, distant de la ville de seulement 140 km : les chutes du Niagara, contemplées par une journée de chaude lumière.

« La définition de cette nation est : sereine, voici mes premières impressions – a commenté la femme qui a succédé à la fondatrice Chiara Lubich, décédée le 14 mars 2008 -. Les grands espaces, les étendues à perte de vue, la nature fascinante, la cordialité des personnes, la cohabitation de la diversité en font un pays qui exprime un sens profond de paix. »

Les catholiques canadiens sont environ 13 millions, soit 43 % de la population, mais il y a en fait un processus inquiétant de sécularisation qui tend à chasser la religion et tous ses symboles de l’espace public, à produire de l’intolérance dans les mass media et à rendre difficiles les relations entre l’Etat et l’Eglise.

La présence du Mouvement des Focolari et du charisme de l’unité s’insère dans ce contexte de transformation radicale. En 1961, Silvana Veronesi, une des premières compagnes de Chiara, et Giò Vernuccio s’arrêtent pour la première fois à Toronto – il y a juste 50 ans. Ils rencontrent un petit groupe de personnes. Mais c’est en 1964 que démarre la communauté du focolare, soutenue en 1967 par l’arrivée du focolare féminin, et deux ans plus tard, par le focolare masculin.

Ainsi furent les débuts. Bien connus de la communauté canadienne, qui attend de rencontrer, dans les prochains jours, Maria Voce et Giancarlo Faletti.

De notre envoyé, Paolo Lòriga

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Venezuela : Biennale d’art « Chiara Lubich »

« Je regarde l’humanité avec les yeux de Dieu » : c’est la phrase de Chiara Lubich qui a servi de point de départ aux nombreux artistes présents samedi dernier 12 mars à la Biennale de Maracaibo.

En 1949, Chiara Lubich contemplait la ville de Rome de l’après guerre dans sa  banalité, avec une humanité triste et décadente. En même temps, cependant, elle sentait qu’elle pouvait voir le monde à travers l’amour de Dieu, le voir avec les yeux de Dieu présent en elle. De cette expérience spirituelle est né un texte précieux intitulé «  La résurrection de Rome », où chacun d’entre nous  est invité à découvrir comment la présence de Dieu en nous peut transformer la réalité qui nous entoure. Ce texte a été offert à chaque artiste, afin qu’il l’utilise comme base pour sa propre création.

Le concours original organisé par l’Université Catholique Cecilio Acosta s’adressait autant aux artistes professionnels qu’aux amateurs. D’autre part, la Biennale était ouverte à toutes les disciplines et expressions artistiques : de la peinture à la sculpture, du dessin à la lithographie, de l’installation  à l’assemblage. Le prix, pour la catégorie des artistes professionnels, consistait en la possibilité de participer à une expérience de travail avec l’artiste italien Roberto Cipollone (Ciro) dans la cité-pilote internationale du Mouvement des Focolari, à Loppiano (Florence).

Précédemment, le mercredi 16 Février, l’auditorium de la même Université avait été décoré avec les œuvres d’art de la première Biennale. L’initiative était partie lors d’une conférence de Carmen Mendez, professeur à l’Université Nationale du Costa Rica, intitulée « Vers une nouvelle culture artistique ». En cette même occasion le recteur, M. Lombardi, avait affirmé qu’un des grands problèmes qu’affronte actuellement l’humanité est la banalisation de la vie, le fait de se croire tout puissant, au moment même où la planète connaît le plus de déséquilibres et de dangers. Pour le recteur, nombreux sont ceux qui ont cherché des solutions à ce problème. L’une des plus importantes est vraiment la voie de l’art, comprise comme possibilité de véhiculer la spiritualité, la beauté et la vérité.

En 2003, cette  même Université, reconnaissant la contribution spirituelle et culturelle de Chiara Lubich, décida de lui conférer un doctorat Honoris causa, et l’année suivante, d’instituer une chaire qui permette d’approfondir et de divulguer sa pensée et son œuvre. En 2009 s’est réalisée la première édition de la Biennale d’art « Chiara Lubich ».

Cette seconde édition de la Biennale s’est déroulée dans le cadre de la Place centrale de la République, qui s’est transformée pour l’occasion en un studio d’art à ciel ouvert, parce que les artistes devaient produire sur place et en direct les œuvres pour lesquelles ils concouraient. En plus des nombreux participants, beaucoup de curieux ont assisté à l’évènement qui, en outre a attiré l’attention des medias locaux qui en ont parlé avec enthousiasme.

En ligne directe avec le Japon. /2

Tochigi, 15 mars 2011

Très chers, merci de tout cœur pour votre amour et votre salut ! Je vous dis d’emblée que moi, ma famille et mes parents sommes tous vivants ! Nous habitons à Tochigi, à 300 kms au nord de Tokyo.

Le 11 mars, je faisais des courses  avec un ami, quand subitement un tremblement de terre  s’est déclaré, en s’intensifiant de plus en plus : Il s’est agi d’une secousse de degré 7 à l’échelle sismique japonaise. Au supermarché presque toutes les marchandises se sont écroulées puis la lumière s’est éteinte ! Les lampes au néon sont tombées en morceaux. Nous sommes sortis, avons attendu un peu, puis nous sommes allés prendre la voiture au parking. Les piliers étaient tous fendus. La rue était pleine de voitures et de personnes. Les feux tricolores ne fonctionnaient plus. Nous étions pris de panique. Dans la voiture, nous ressentions encore les secousses. Après presque une  heure nous sommes arrivés à la maison. Le toit était presque effondré et il s’était formé de nombreuses fissures. Dans le cimetière, les tombes étaient toutes cassées.

Mon père et mon frère, qui travaillent à  la mairie, n’avaient pas le temps de  revenir à la maison. Ils travaillent  pour les personnes de la cité, cherchant à écouter les gens, allant de maison en maison pour aider,  et allant visiter les personnes âgées qui habitent seules, etc. … Hier soir finalement, ils ont réussi à rentrer mais ce matin, ils sont déjà repartis. Un de mes amis travaille dans une entreprise, mais en cas d’accident il rejoint les pompiers. Hier, avec d’autres il a mis des sacs de terre pour endiguer le danger continu des éboulements. Ce sont des héros ! Nos voisins se sont réfugiés hier soir dans une école élémentaire voisine de chez nous. Les magasins sont fermés de même que les pompes à essence. « Tout est épuisé ». Pendant quatre jours nous avons vécu sans eau ni électricité, la lumière est revenue seulement à trois heures du matin. heureusement, nous avons de la nourriture, des lits, et la maison !

Quand est arrivé le tremblement de terre, je me suis rappelée l’expérience de Chiara Lubich pendant la guerre : Tout s’écroule, mais Dieu reste. Si j’ai Dieu, j’ai tout ! J’ai vraiment fait une expérience profonde. La famille du focolare va bien ! Les parents d’une focolarine habitent dans une ville très endommagée et elle n’arrivait pas à les contacter, mais aujourd’hui elle a su que tous vont bien. Rendons grâce à Dieu ! Dans la zone de l’épicentre habitent quelques uns de mes amis. L’une d’entre elles est sauve, mais nous ne savons pas où est sa famille … Là bas, à côté, il y a les centrales nucléaires. Il y a déjà eu une explosion avec un grand risque de radioactivité. D’après les nouvelles, le nombre de victimes devrait augmenter. Il y a eu aussi l’explosion de l’hydrogène. A partir d’aujourd’hui commencent les coupures de courant qui continueront jusqu’en avril. Pour l’instant on dénombre plus de 7200 morts et plus de 5000 disparus. Une ville a été pratiquement  rayée de la carte après le passage du tsunami. Un gymnase voisin de l’épicentre est devenu chambre mortuaire. cette situation dramatique est en train de naître un lien très fort entre tous et l’on s’aide mutuellement. Avec les voisins nous avons échangé de la nourriture, des bougies etc. Aujourd’hui, ma mère s’est proposée comme volontaire au service de la ville.

Merci encore pour vous sentir si proches et pour vos prières !

Hiromi Onuki (Redi)

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

50ème anniversaire de la présence des Focolari en Amérique du Nord

Les semences de la spiritualité de l’unité du Mouvement des Focolari ont été jetées en Amérique du Nord dès les années 50. Mais c’est seulement en 1961 que naît le Focolare, lorsque trois jeunes courageux débarquent dans un quartier d’émigrés à New York, avec comme seul objectif de mettre en pratique l’Evangile. Depuis ce moment, ce style de vie s’est diffusé grâce à l’effort silencieux de centaines d’autres personnes qui les ont rencontrés et qui ont fait leur le but du Focolare: contribuer à la réalisation de la prière de Jésus “Père, que tous soient un” (Jn, 17, 21).

“J’ai été profondément touchée par ce pays, j’ai eu une belle impression”– écrivait Chiara Lubich en 1964 pendant son premier voyage à New York –“Ce pays me parait particulièrement bien concorder avec l’esprit du Focolare. Il n’y a pas d’attitude de supériorité ethnique, mais plutôt un sens clair de l’internationalité. Les choses sont simples. À la messe, j’ai prié pour le Mouvement sur ce continent et je pense  que Dieu écoute ma prière parce que je prie pour la diffusion de Son règne...’’. Chiara Lubich fera en tout sept visites aux Etats-Unis.

Pour marquer ce 50ème anniversaire, la présidente des Focolari, Maria Voce, et le co-président, Giancarlo Faletti, visitent l’Amérique du Nord pendant un mois, au cours duquel ils rencontreront les communautés et les amis des Focolari dans différentes villes des trois nations.

  • 19-20 mars à Toronto: Week-end de dialogue, célébration avec les membres des Focolari de tout le Canada, et messe solennelle célébrée par l’Evêque, Mgr William McGrattan, pour le 3ème anniversaire du départ de Chiara Lubich.
  • 21-24 mars à Montréal : Rencontre avec les évêques canadiens. Soirée du 23 avec la communauté de Montréal.
  • 3 Avril – New York: Messe solennelle de remerciement célébrée par l’Archevêque Mgr Timothy Dolan (à la Cathédrale St. Patrick).
  • 5 Avril – New York: Evénement culturel à la Fordham University.
  • 7 Avril – Washington, D.C.: E pluribus unum, programme ouvert au public, pour une communauté multiethnique et multi religieuse qui arrivent à être ensemble un seul peuple au service de l’unité (Caldwell Hall, The Catholic University of America).
  • 9 Avril – Chicago, Chicago Youth Event: Présentation de la vie de Chiara Luce Badano
  • 10 Avril –  Chicago: Meeting interreligieux.
  • 11 Avril – Chicago: Spiritualité et théologie trinitaire – présentation à la DePaul University
  • 16 Avril – Saint Domingue: Célébration avec les communautés des Focolari de la République Dominicaine et de Porto Rico.
Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

En direct du Japon

« Chers amis,

Nous vous remercions de tout cœur de vos prières au nom de toute la communauté des Focolari du Japon. Il est difficile de décrire la tragédie que le peuple japonais vit en ce moment. Nous supposons que vous avez suivi toutes les nouvelles qui informent continuellement du danger de propagation des radiations même jusqu’à Tokyo et de la probabilité d’un autre tremblement de terre.

Nous suivons anxieusement les nouvelles en essayant de vivre moment par moment la volonté de Dieu.

Comme vous pouvez le comprendre, le Japon a maintenant grand besoin d’aide de la part du monde entier.

En premier, les aides concrètes et urgentes pour ceux qui ont tout perdu. Nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui s’unissent à cette action de solidarité avec tous ceux du Mouvement dans le monde et avec toutes les personnes de bonne volonté. »

Lettre de Austin Im et Kumiko (Renata) Kobayashi, responsables des Focolari au Japon.

En France :

Association Humanité Nouvelle

Chez Yves POMMIER

25  domaine de la Butte à la Reine

91120 PALAISEAU

>>> Mettre au dos du chèque, don pour le Japon…

Nous portons le Japon dans notre cœur

« Chers tous et toutes du Mouvement des Focolari au Japon.

Ici, au Centre, avec tous ceux du Mouvement dans le monde, nous suivons avec anxiété les nouvelles qui nous parviennent de votre pays qui nous est cher.

Notre cœur est là, avec vous, dans ce moment de grande douleur et d’attente due à l’horrible épreuve qui a frappé le Japon.

Les événements que vous êtes en train de vivre nous ont aussitôt fait penser au « tout s’écroulait » qui a marqué l’histoire de notre Idéal. Mais nous savons que cette destruction générale a été la toile de fond sur laquelle a surgi une nouvelle lumière pour l’humanité.

Nous ne voulons donc pas cesser de regarder en haut, de croire que Dieu Amour permet tout pour un bien plus grand. Avec cette certitude, gardons vivante notre espérance et transmettons-la à chaque prochain que nous côtoyons.

Le témoignage de sérénité et de dignité avec lequel vous, et tout le peuple japonais, vivez ces événements nous réconforte et nous fait comprendre la valeur de votre culture.

Je garde un vif souvenir de la visite que j’ai faite l’an dernier à votre belle communauté et qui m’a donné l’occasion de vous connaître. Partager avec vous cette immense douleur nous fait maintenant nous sentir encore plus une famille, la « famille de Chiara ». Ces jours-ci, où nous célébrons le troisième anniversaire de son départ pour le ciel, nous l’évoquons partout dans le monde. Elle est plus que jamais vivante parmi nous, et donc, d’une manière particulière, auprès de vous pour vous protéger et vous aider.

Soyez sûrs de mes prières et de celles de tout le Mouvement. Demandons ensemble à Dieu qu’il accueille au ciel les victimes de cette catastrophe et soutienne les survivants, en les protégeant d’autres dangers.

Je vous salue chacun affectueusement,

Maria Voce (Emmaus) »

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Terre Sainte : courage et perspectives

Que signifie pour le Mouvement des Focolari en Terre Sainte la visite de Maria Voce ?

Un grand encouragement pour tous. De nouvelles perspectives se sont ouvertes avec de nouveaux contacts, en particulier dans le monde civil et académique. Ce sont les fruits du travail de ces 33 années de vie du Mouvement ici.

L’aspect le plus important, cependant, est l’espérance que Maria Voce a donnée à tous ceux qu’elle a rencontrés. Une espérance fortifiée par l’esprit d’amour et d’unité typique des Focolari. Ses paroles restent comme un sceau dans le cœur de chacun de nous : « Vous êtes ici aussi pour tout le reste du Mouvement des Focolari. Vous avez un rôle, une mission à effectuer ici, que les autres ne peuvent pas faire. Dans la grande mosaïque qu’est notre Mouvement, je crois que vous êtes le petit morceau le plus précieux. Personne ne peut vous remplacer, c’est vous qui avez cette chance, cette grâce. »

Dans la ligne du Mouvement, des nouveautés ont-elles émergé dans un contexte aussi complexe ?

Sans doute un engagement très clair sur les divers fronts du dialogue. Il s’agit avant tout de travailler pour promouvoir toujours davantage l’unité entre tous les mouvements ecclésiaux présents en Terre Sainte. Divers évêques, ensuite, ont encouragé un engagement de notre Mouvement  dans le milieu de la pastorale des jeunes et de la famille. En outre est venue l’exigence de répondre concrètement à la demande exprimée par diverses organisations interreligieuses, d’une collaboration concrète pour répandre l’esprit de la fraternité universelle et coopérer au bien commun et à la paix entre les personnes de convictions différentes.

Enfin, nous ne pouvons pas oublier, les contacts établis avec les municipalités de Jérusalem ainsi qu’avec les autres municipalités de l’Autorité Palestinienne. En somme, la ligne de construire des ponts à tous les niveaux devient toujours plus évidente.

Maria Voce a rencontré des représentants de l’Eglise catholique, mais aussi des représentants des Eglises chrétiennes et des autres religions. Quelle est la signification de ces contacts ?

Ces visites ont été très appréciées autant par le Patriarche que par les Evêques des autres Eglises. Tous ont souligné l’importance du charisme de l’unité, de la nécessité d’une spiritualité solide et profonde également dans le domaine de l’œcuménisme. Ils ont ainsi demandé de collaborer à différents projets, soit à l’intérieur des Eglises, soit avec des organisations interreligieuses.

Ya-t-il une priorité spécifique que l’on peut dire émergeante au terme de la visite de la présidente ?

Il est difficile de dire qu’une priorité spécifique a émergé parce que tout a été important.

Maria Voce a vu la nécessité de renforcer la présence du focolare, selon la demande adressée par diverses personnalités. Elle a ensuite valorisé le projet « Sur les pas de Jésus », pour l’accueil et l’animation des groupes de pèlerins, encourageant à aller de l’avant avec la contribution de tout le Mouvement en Terre Sainte.

Enfin, un signe regardant notre terrain près de l’église de Saint Pierre en Gallicantu, adjacent au petit escalier où, selon la tradition, Jésus a prié le Père en lui demandant l’unité de tous les hommes, et que Chiara Lubich avait rêvé qu’il puisse un jour accueillir un focolare.

Maria Voce nous a confié : « Malgré les difficultés, nous ne renonçons pas ; et nous ne renonçons pas parce qu’il fait partie de notre spiritualité en un certain sens, de notre charisme ».

Pour l’instant, s’offre la possibilité de proposer le développement d’un grand parc qui pourrait être utilisé pour des rencontres en plein air ou pour d’autres circonstances.

Robert Catalano

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Une fête œcuménique en l’honneur de Chiara

Ils étaient plus de mille à être venus au Théâtre social de Trente pour la journée œcuménique internationale consacrée à Chiara Lubich, trois ans après sa disparition. « Chiara Lubich. Une vie, un charisme pour l’unité des chrétiens » : tel était le titre de la manifestation qui a réuni, le 12 mars, des participants de plus de vingt Églises. Parmi eux, des cardinaux et des évêques, des métropolites et des pasteurs, mais aussi des politiques et des représentants du monde de la culture.

Sur les estrades, dans le public et sur la scène, les visages de l’orthodoxie russe et de l’orthodoxie grecque se mêlaient aux témoignages d’anglicans, de syro-orthodoxes, de catholiques et de réformés. Les musiques d’extrême orient se mélangeaient aux chants funèbres arabes sans aucun syncrétisme, bien au contraire : les différentes identités étaient accentuées, mais la passion proposée par Chiara Lubich, depuis plus de cinquante ans, pour le « Que tous soient un », était partagée au-delà des différences. « Aux premiers temps du christianisme, la parole de Dieu vécue unissait des chrétiens de différentes Églises, a rappelé Maria Voce, présidente du mouvement des Focolari. En vivant ensemble l’Évangile, nous nous rapprochons les uns des autres. » Et elle a réaffirmé la valeur fortement œcuménique de certaines phrases de l’Évangile, qui, au fil des années, justement parce qu’elles sont « traduites en vie, ont donné un souffle nouveau au chemin de l’œcuménisme ».

Nombreux étaient les messages adressés par les autorités religieuses des différentes Églises et qui s’exprimaient sur un ton bien plus familier, comme celui de Bartholomée Ier, patriarche de Constantinople. Ses salutations prennent des marques affectueuses qui reflètent sa longue amitié qui avec les Focolari : « Chiara nous a enseigné une méthode pour recomposer la fraternité et des relations de partage sincère, capables de venir à bout de la méfiance. »

« Nos relations quotidiennes et la diffusion capillaire du dialogue ont apporté une contribution fondamentale au mouvement œcuménique », a souligné le cardinal Koch, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, qui a tenu à exprimer une de ses inquiétudes : « l’opposition qui se manifeste parfois entre l’œcuménisme du haut et l’œcuménisme du bas ». Une critique à laquelle Maria Voce a fait écho : « Il est nécessaire que l’œcuménisme de la base et l’œcuménisme du sommet cheminent ensemble. Si les pas franchis sur le plan théologique ne s’accompagnent pas de relations de base authentiques et réciproques, ces pas n’auront pas une grande efficacité, alors que s’il y a un œcuménisme de base, les effets seront durables et importants. »

Le dialogue peut avoir des retombées y compris sur la vie des politiques, ce qu’Alessandro Andreatta, maire de Trente, a souligné à plusieurs reprises : « Nous ne pouvons pas ne pas nous mettre à l’école de cette expérience, a-t-il dit. Chiara a su se confronter avec tout le monde, et cette invitation s’adresse aussi à nous, administrateurs. » Certaines répercussions politiques et sociales de l’expérience œcuménique ont été expliquées par Eli Folonari, qui a vécu aux côtés de Chiara durant de nombreuses années, et par Gerard Pross, du mouvement YMCA, qui a présenté la manifestation  « Ensemble pour » : une contribution décisive et qui témoigne que tous les chrétiens, quelle que soit leur Église d’appartenance, s’engagent depuis environ 10 ans en faveur d’une Europe plus unie.

À partir d’aujourd’hui, une école œcuménique composée de 400 personnes approfondira la vie de la Parole et les thèmes de la journée au centre Mariapolis de Cadine, près de Trente. Un moment de célébration pour le centre Uno, qui fête le 50ème anniversaire de l’action œcuménique, et une occasion de renforcer le dialogue de la vie.

Toujours à Trente, le journaliste Franco de Battaglia a présenté son livre À Trente avec Chiara Lubich, consacré à l’endroit où le mouvement des Focolari est né. Une sorte de guide à travers des quartiers de la ville à première vue anodins, mais qui ont été le berceau de la spiritualité de l’unité.

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Un charisme de lumière

Chiara : Ce charisme où il est beaucoup question d’amour, est un charisme de lumière. Il m’a fait comprendre dès le début que nous arriverions, si l’on peut dire, dans le monde entier. Dès le début nous avions demandé cela. Un  moment important de notre histoire. C’était la fête du Christ-Roi, je me souviens, les lectures de la messe disaient : « Demandez, et je vous donnerai en héritage toutes les nations. » Et je me souviens que nous pressentions cela… Et je disais à mes compagnes : « nous arriverons dans le monde entier ». Et maintenant nous y sommes. Ce jour-là, nous avons prié ensemble, nous avons demandé d’être des instruments pour porter cet esprit d’amour et de lumière dans le monde entier.

J’étais continuellement sous l’action de cette lumière qui m’éclairait sur la façon de se comporter, sur la façon de faire, que sais-je, sur notre façon de travailler, de prier, de faire des études, de communiquer ; comment devaient être nos maisons, notre vêtement… Je recevais sans cesse des lumières au début, sur tous ces sujets-là. Puis sur l’expansion dans tous les continents. Sur la façon dont le Mouvement devait être organisé. Je savais qu’il devait être surtout un peuple dont les structures devaient être cachées, mais un peuple. Et de fait, le Pape nous appelle « peuple de Dieu ». Et tout s’est réalisé. Mais dès les premiers temps je le prévoyais et je disais à mes compagnes du premier focolare : il y aura un art nouveau, une politique nouvelle. Tout se renouvellera. Et c’est pour cela que je ne me suis pas rendu compte que la guerre était terminée, parce que le charisme me prenait tout entière et il se déversait sur le Mouvement tout entier.

Au-dessus de ma pensée s’est comme installée une lumière qui était un peu ma pensée, un peu celle d’un Autre. Le passage s’est fait en douceur… Dieu ne nous déracine pas, parce que la grâce élève la nature, elle ne la détruit pas. Et tout ce qui était prêt en moi a servi et la grâce l’a élevé. Je ne suis pas épouvantée, non ! Naturellement, je me demande parfois quelle responsabilité cela comporte. Je ne sens aucune responsabilité, parce que c’est Lui qui la porte !

Maintenant encore, tout est lumière. Je suis guidée par Dieu, par ce charisme qui est un don de l’Esprit Saint. Je vois, je dis et je communique, puis cela se réalise, mais je n’en ai pas le mérite, Dieu m’a prise comme instrument, c’est Lui qui choisit.

Nous avions à réaliser cette prière de Jésus : « Que tous soient une seule chose », que tous soient une famille, que tous soient… et c’est en train de se réaliser. Naturellement, quand je serai dans l’autre vie, les autres continueront.

Si je devais laisser un héritage par testament, je laisserais à tous Jésus présent au milieu. Aimez-vous les uns les autres comme Jésus vous a aimés, soyez prêts à mourir l’un pour l’autre, soyez une famille. Je dirais cela, c’est tout, tout est là.

Extrait de l’émission Faccia a Faccia – Interview de Chiara Lubich par Sandra Hogget, Charisma Production 2002.

Montage vidéo : Centro Santa Chiara Audiovisivi

Copyright : Centro Santa Chiara Audiovisivi

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Message de Maria Voce pour le troisième anniversaire du départ de Chiara

« Chers amis, c’est de tout cœur que je vous adresse mes salutations, à vous tous et toutes, spécialement aux autorités civiles et religieuses qui participent avec vous aux célébrations du troisième anniversaire du départ de Chiara Lubich pour le ciel.

Les manifestations qui se déroulent à cette occasion en de nombreuses parties du monde sont des plus variées : dans certaines villes, on donne son nom à des rues, des écoles, des parcs ; dans d’autres, on célèbre des messes présidées par des évêques ou des cardinaux ; dans d’autres encore, on réalise des rencontres, organisées de façon capillaire dans les milieux les plus divers. A Trente, sa ville natale, le 12 mars aura lieu une journée œcuménique internationale intitulée : “Chiara Lubich : une vie, un charisme pour l’unité des chrétiens”, organisée en lien avec notre Centre Uno, qui fête ses 50 ans

Tout ceci est un merci à Dieu pour le don de la vie féconde de Chiara. Elle qui, en exhortant à l’amour réciproque entre personnes et entre peuples, a ouvert des dialogues à tous les niveaux pour contribuer à la réalisation de la paix et de l’unité de la famille humaine. Toutes les personnes dans le monde qui vivent la “spiritualité de communion” qu’elle nous a laissée en héritage en sont les témoins.

Je vous adresse mes vœux les plus sincères pour que les célébrations de ce troisième anniversaire marquent pour chacun de nous un engagement renouvelé à vivre pour que se réalise le désir de Chiara : “Je viendrai vers toi, ô mon Dieu […] avec mon rêve le plus fou : t’apporter le monde dans mes bras”.

Je suis avec vous tous pour cette évocation de Chiara, plus que jamais présente et vivante. »

Maria Voce – Emmaus

Rocca di Papa, 9 mars 2011

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

2e congrès international pour jeunes juristes

Ils étaient 180 jeunes juristes, de 13 pays, venus se confronter sur un sujet d’une actualité brûlante, celui du respect de la dignité de tout individu, homme ou femme. C’était le deuxième congrès international pour ce groupe, qui s’était déjà réuni en 2009, à Rome, autour du thème : le droit à la recherche de la justice.

En ouverture, ils ont entendu le message de bienvenue de Maria Voce, avocate, Présidente des Focolari, qui a été coordinatrice de Communion et Droit et qui, à cette date, se trouvait en Terre Sainte : “Il faut du courage, face à ces défis, il faut un engagement très fort, de la cohérence ; il faut aussi savoir discerner, aujourd’hui, les signes qui donnent une espérance et indiquent la voie à suivre pour construire un monde où la dignité humaine soit vraiment comprise et respectée ”. C’est Vera Araujo qui en a donné lecture, après avoir traité, en tant que sociologue et juriste, de l’importance d’une norme pour la vie en société.

Une question était en toile de fond de ce congrès : existe-t-il une dignité qui puisse servir de ‘dénominateur commun’, dans sa dimension à la fois universelle et particulière pour chaque personne humaine ? Et comment est-delle protégée ? La réponse semblait transparaître, notamment, à travers les paroles prononcées en 2006 par le Vice Président de la Cour constitutionnelle italienne, Paolo Maddalena, et qui ont été citées par Mme le prof. Adriana Cosseddu (Université de Sassari) au cours de son intervention : « La dignité définit l’essence et l’identité de l’homme en tant que tel. Sans elle, il ne peut y avoir d’égalité ni de liberté ».

Vera Araujo a ensuite invité les jeunes à regarder la situation actuelle en Afrique du Nord où la vague des manifestations et des signes de révolte touche une large partie de la population ; une population exposée à de graves difficultés économiques dues, entre autres, à l’augmentation incontrôlée des prix des produits de première nécessité ; c’est, a-t-elle dit, “la preuve que la protection demandée, et les garanties revendiquées, sont autant de demandes de reconnaissance de liberté et de dignité”.

C’est sur la base de ces idées, partagées par tous, que se sont déroulées les trois journées du congrès, des journées intenses où les jeunes se sont fortement impliqués.

5 groupes de réflexion ont permis d’entrer dans le vif du sujet :

  • dignité et Constitutions européennes
  • dignité humaine et nouvelles formes d’esclavage
  • dignité de l’embryon
  • dignité dans le système pénal et carcéral
  • dignité humaine et droit de l’environnement

Aux réflexions se sont ajoutés les témoignages de différents acteurs du monde judiciaire : de l’avocat en droit pénal au ministère public ; du consultant juridique au bénévole qui se consacre aux détenus.

Au cours de la matinée de conclusion, le prof. Vincenzo Buonomo (Université du Latran), en introduisant le discours de Chiara Lubich, en 1997, aux Nations Unies, a montré comment, au sein de la “communauté des Nations”, la dignité humaine trouve une place spécifique ; des paroles qu’il a qualifiées de prophétiques et très actuelles :…si des hommes en plus grand nombre acceptaient la souffrance par amour, la souffrance qui demande de l’amour, alors elle pourrait devenir l’arme la plus puissante pour redonner à l’humanité sa plus haute dignité”.

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Renata Borlone : « Parfois, les saints passent à côté de nous… »

Son Éminence Mgr Mario Meini, l’actuel évêque de Fiesole, a parlé de joie et d’émotion lors de ses salutations ouvrant cet événement, qui est surtout : « L’accueil d’un témoignage, d’une servante de Dieu, témoin des paroles du Seigneur… Sa vie a stimulé et encouragé le mouvement et toute l’Église. Nous voulons recueillir son exemple non pas comme un trésor jalousement gardé, mais comme un exemple qui peut servir à d’autres. Parfois, les saints passent à côté de nous et nous ne nous en apercevons même pas. » Les personnes présentes étaient ainsi invitées à redécouvrir le visage quotidien de la sainteté, qui devient le service au prochain, y compris au sein de la communauté civile et ecclésiale.

« Le surnaturel naturel, à la portée de tous. » C’est par ces mots que le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical pour la culture, a évoqué, lors de la messe solennelle célébrée au sanctuaire de Marie Theotokos et animée par le Gen Rosso, sa rencontre avec Renata Borlone. Renata se distinguait en ce qu’elle faisait de la sainteté non pas un objectif accessible à peu de personnes, mais une vocation possible pour chaque chrétien et dont nous avons un grand besoin  aujourd’hui.

Eli Folonari représentait la présidente du mouvement, Maria Voce, qui était en Terre Sainte ces derniers jours. Elle a raconté, émue et reconnaissante, comment elle avait vécu ses premières expériences de vie au focolare justement avec Renata en 1950 à Rome, et que fut Chiara Lubich qui  appela personnellement Renata comme responsable de la cité-pilote de Loppiano.

Une journée extraordinaire à laquelle ont participé plus de 2000 personnes venues de toute l’Italie, malgré la neige et le mauvais temps, en plus de tous ceux qui ont suivi cet événement via internet, notamment lors du moment solennel, à 15 heures. C’est à ce moment qu’a eu lieu la véritable clôture du procès, avec les scellés des trois boîtes qui contiennent toute la documentation rassemblée durant ces sept années de travail du tribunal diocésain, et qui vont à présent être remises à Rome, à la Congrégation pour les causes des saints.

La cérémonie était lourde de sens. Elle a fourni une bonne occasion de rappeler à l’attention de tous l’importance de se laisser renouveler par les paroles de l’Évangile qui sont la vie, et dont Renata Borlone a témoigné jusqu’au bout, au point de s’exclamer : « La mort est vie ! »

La matinée, qui s’est déroulée au sanctuaire également, a été un moment de fête. L’évêque émérite de Fiesole, Son Éminence Mgr Luciano Giovannetti, a célébré le baptême d’une autre Renata, qui a pour nom de famille Nembrini et qui est la dernière née de la cité-pilote des Focolari. Une transmission de consignes idéale. Faire de « son propre cœur » le vrai sanctuaire garant du message de la servante de Dieu Renata : tel est le souhait qu’il a formulé pour les personnes présentes.

La journée s’est achevée par un cadeau spécial : la comédie musicale « Marie, fleur de l’humanité » du groupe international Gen Verde. Les participants ont pu contempler Marie comme la figure d’une femme dont l’attrait traverse les siècles, dans une continuité totale entre son histoire et la nôtre, et l’image de la Mère de Jésus était présentée comme une femme du quotidien et une compagne de voyage.

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Mars 2011

Cependant, pour que son dessein s’accomplisse pleinement, Dieu demande mon accord et le tien, comme il l’a demandé à Marie. C’est la condition pour que se réalise la parole qu’il a prononcée sur toi, sur moi. Nous sommes alors appelés nous aussi à dire, comme Marie : « Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit. » Bien sûr, sa volonté n’est pas toujours facile à discerner. Comme Marie, nous devons nous aussi demander des éclaircissements pour comprendre ce que Dieu veut. Il faut écouter attentivement et sincèrement sa voix en nous, en demandant conseil – si cela nous semble nécessaire – à quelqu’un susceptible de nous aider. Mais une fois sa volonté comprise, disons ‘oui’ tout de suite. Car si nous avons compris que sa volonté est ce qu’il y a de plus grand et de plus beau pour notre vie, nous ne nous résignerons pas à « devoir » faire la volonté de Dieu, mais nous serons heureux de « pouvoir » la faire, de pouvoir coopérer à son projet pour que se réalise ce qu’il a pensé pour nous. Que pourrions-nous accomplir de meilleur, de plus intelligent ? Les paroles de Marie – « Je suis la servante du Seigneur » – sont donc notre réponse d’amour à l’amour de Dieu. Elles nous maintiennent toujours tournés vers lui, à l’écoute, dans une attitude d’obéissance, avec l’unique désir d’accomplir sa volonté pour être comme il le désire. Pourtant, ce qu’il nous demande peut parfois nous sembler insensé. Nous estimerions parfois préférable d’agir autrement, voire de prendre nous-mêmes notre vie en main. Nous aurions même parfois envie de donner des conseils à Dieu, de lui indiquer ce qu’il faut faire ou éviter. Mais si je crois que Dieu est amour, et si je lui fais confiance, je crois que ce qu’il a prévu pour ma vie et pour celle de ceux qui m’entourent est pour notre bien. Alors, je m’en remets à lui, je m’abandonne pleinement à sa volonté, je la désire de tout mon être, jusqu’à ne plus faire qu’un avec elle, sachant qu’accueillir sa volonté c’est accueillir Dieu, l’étreindre, se nourrir de lui. Rien, nous devons le croire, ne survient par hasard. Aucun événement joyeux, indifférent ou douloureux, aucune rencontre, aucune situation de famille, de travail, d’école, aucune condition de santé physique ou morale n’est privée de sens. Tout – événements, circonstances, personnes – nous porte un message de la part de Dieu, tout contribue à l’accomplissement de son dessein, que nous découvrirons peu à peu, jour après jour, en faisant, comme Marie, la volonté de Dieu. « Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit. » Comment vivre alors cette Parole ? Notre ‘oui’ à la Parole de Dieu signifie concrètement bien faire à chaque instant ce que Dieu nous demande. Etre pleinement dans cette action, en éliminant tout le reste, en abandonnant nos propres pensées, désirs, souvenirs, tout. Devant chaque volonté de Dieu, douloureuse, joyeuse ou indifférente, nous pouvons à notre tour dire : « Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit », ou bien, comme Jésus nous l’a enseigné dans le Notre Père : « Que ta volonté soit faite ». Répétons : « Que ta volonté soit faite » avant chacune de nos actions. Et nous accomplirons, instant par instant, petite pierre par petite pierre, la merveilleuse et unique mosaïque de notre vie, que le Seigneur a conçue depuis toujours pour chacun de nous.

Chiara LUBICH


Larges extraits du commentaire de Chiara Lubich à la Parole de vie de décembre 2002

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Du Thabor à Jérusalem : conclusion de la visite en Terre Sainte

Une semaine intense, marquée par le sentiment d’avoir vécu ensemble une expérience spirituelle très forte, en communion totale avec la communauté locale des Focolari. Celle-ci a renouvelé, par sa présence sur cette terre, son engagement à construire des ponts de dialogue entre les hommes dans un esprit de fraternité universelle, objectif poursuivi par tout le mouvement.

25 février – Après la visite du Mont des Béatitudes et du Thabor, étape à Nazareth. Le Conseil général était attendu par un nombre important de représentants de la communauté des Focolari de Haïfa, Jérusalem et Bethléem. Le cardinal Miloslaw Vlk, évêque émérite de Prague, Mgr Giacinto Marcuzzo, évêque auxiliaire du patriarche latin de Galilée, ainsi que les 17 prêtres du Conseil général et deux prêtres du patriarcat, ont célébré ensemble la messe dans la basilique qui fait face à la grotte de l’Annonciation, dans un climat solennel et simple à la fois. Dans son homélie, Mgr Marcuzzo a rappelé qu’à l’occasion de la visite de Benoît XVI en 2009, la banderole qui souhaitait la bienvenue au pape portait une inscription qui voulait dire beaucoup : Bienvenue à Nazareth, là où tout a recommencé. Le oui de Marie a été le premier pas vers ce nouveau commencement de l’histoire de l’humanité, a-t-il souligné. À la fin de la messe, lors de ses remerciements aux évêques et à la communauté des Focolari, Maria Voce a renouvelé l’engagement de tout le mouvement, que Chiara Lubich avait souhaité inscrire dans les statuts, à revivre Marie pour incarner sa présence dans le monde !

26 et 27 février – Deux jours à Jérusalem. Samedi matin, rendez-vous au Kottel, le mur occidental, connu sous le nom de Mur des Lamentations, très fréquenté lors du Shabbat et qui a fourni l’occasion d’apporter une explication sur divers aspects du judaïsme ainsi que sur le sens du Shabbat. Puis le groupe s’est rendu à pied sur le terrain attenant à l’escalier romain, le point de passage entre la vallée du Cédron et l’endroit où se trouve l’entrée du Temple. D’après la tradition, c’est là que Jésus aurait prié son Père pour l’unité entre tous les hommes.

Dès 1956, à l’occasion de son unique visite en Terre Sainte, Chiara Lubich avait exprimé le désir de voir naître un jour un focolare près de cet escalier. Les responsables locaux du mouvement des Focolari ont expliqué les étapes qui ont abouti à l’acquisition du terrain juste à côté de l’escalier, et les démarches qu’ils accomplissent actuellement afin d’obtenir les diverses autorisations qui permettront de le transformer, en attendant le focolare, en un jardin-parc où auront lieu des temps forts de réflexion et des rencontres. Après la lecture du passage de l’Évangile de Jean contenant la prière sacerdotale et de ce que Chiara écrivit en 1956, une photo de groupe sur le petit escalier est venue sceller un moment spirituel très intense.

Dimanche 27 février – Journée de conclusion, avec la messe célébrée dans la petite grotte des apôtres par le cardinal Vlk et Mgr Antonio Franco, délégué apostolique pour la Terre Sainte. Ce dernier a proposé aux personnes présentes une méditation sur le sens de cette visite de Maria Voce et du Conseil général en Terre Sainte, à la lumière de la spiritualité de communion de Chiara Lubich.

Au terme de cette visite sur les lieux de la passion et de la mort du Christ, une réception organisée au Centre Notre-Dame a réuni 150 personnes autour de la présidente, du coprésident et de tout le Conseil : des membres de mouvements ecclésiaux, des personnalités de différentes Églises présentes à Jérusalem, mais aussi des juifs et des musulmans proches du mouvement. Maria Voce leur a présenté les membres du Conseil et a leur adressé ses remerciements pour ce qui avait été fait dans le cadre de cette visite et pour les activités auxquelles elle avait pu participer. Elle les a assurés qu’elle portait dans son cœur beaucoup de moments et de personnes, et qu’elle était certaine de rester dans le cœur de ceux qu’elle avait rencontrés en Terre Sainte.

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Le Conseil général des Focolari en Terre Sainte


Dimanche dernier, les membres du Conseil général des Focolari sont arrivés en Israël pour débuter, comme prévu, leur semaine de pèlerinage avec la présidente Maria Voce et le coprésident Giancarlo Faletti. Entre-temps, ces derniers avaient achevé leur visite officielle aux communautés du mouvement des Focolari en Terre Sainte.

Les membres du Conseil ont été accueillis à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv par des représentants de la communauté locale des Focolari, dans l’atmosphère chaleureuse qui caractérise cette culture. Puis ils se sont rendus à la Domus Galilaeae, au bord du lac de Tibériade, où ils ont passé la première partie de leur séjour en Terre Sainte. Les locaux, construits par la communauté du Chemin néocatéchumenal lors du passage au nouveau millénaire, ont été bénis par Jean-Paul II au cours de sa visite historique en l’an 2000, lorsqu’il a célébré la messe devant des milliers de pèlerins, précisément dans la vallée qui surplombe le Mont des Béatitudes. Lors de sa bénédiction de ce bâtiment tout neuf, le Pape avait dit : « Le Seigneur vous a attendus ici, sur cette montagne ! » Des paroles lourdes de sens, inscrites aujourd’hui à l’entrée et qui accueillent tous les visiteurs venus voir la Domus Galilaeae.

La rencontre entre Maria Voce et le Conseil général des Focolari et la communauté néocatéchuménale a été très chaleureuse et marquée entre autres par des moments où ils ont fait meilleure connaissance. Le 22 février, fête de la Chaire de saint Pierre, les deux communautés se sont retrouvées pour la célébration eucharistique.

Entre-temps, le Conseil du Mouvement a passé trois jours et demi rythmés par des temps de méditation, de partage d’expériences et de travail destiné à définir les perspectives et les défis que les différentes branches des Focolari doivent aujourd’hui relever dans toutes les régions du monde, ainsi que dans les milieux ecclésiaux et sociaux où le Mouvement est présent et agit.

La mission de réaliser l’unité et la communion, que Chiara Lubich elle-même avait confiée au Mouvement pour les années à venir, est apparue de façon encore plus nette.


Extraits du Journal de Chiara 1956 pour vidéo : Notre voyage en Terre Sainte

Survolant la côte toute bleue du golfe de Beyrouth, je contemplais la ville adossée à des collines. L’avion se dirigeait vers la mer pour prendre de l’altitude. Je n’imaginais pas alors quelle incidence Jérusalem et les Lieux saints allaient avoir sur moi.

Le long de la route qui mène à Jérusalem, les troupeaux sont au pâturage.

Soudain, on nous invita à descendre, les voitures ne pouvant aller plus avant. Il fallait maintenant continuer à pied. C’était une vieille rue de Jérusalem, qui montait, entrecoupée de temps en temps de marches de pierre à gravir. Cette rue était la via crucis, le chemin de croix que Jésus parcourut jadis.

La cour intérieure de la tour Antonia, le Litostrophe, est l’endroit où Jésus a été flagellé. C’est maintenant le sol de la petite église dite de la Flagellation. Des vestiges de l’époque ornent le lieu.

Voici le petit escalier, encore en bon état, à ciel ouvert, dans le vert clair des prés qu’il longe et celui plus sombre des arbres. C’est là que le Maître, le cœur plein de tendresse envers ses disciples, choisis par le ciel certes, mais oh ! combien fragiles encore et incapables de comprendre, éleva sa prière vers le Père en son nom et au nom de tous ceux pour lesquels il était venu et allait mourir.

« Père Saint, qu’ils soient un… Comme tu m’as aimé ».

Le magnifique jardin de Gethsémani me vit recueillie et attristée dans l’église bien tenue, décorée avec goût, dont les vitraux diffusent une lumière violette ; en son centre se trouve une pierre, éclairée par une lumière rouge, qui rappelle le sang de Jésus. Jésus ! Il me semblait le voir, mais je n’osais l’imaginer.

Près des murs, des tombes, des tombes, encore des tombes, et dans la vallée de Josaphat, qui donnent l’impression d’une Résurrection qui n’a pas eu lieu, parce que des milliers de pierres jonchent le sol, dressées, renversées ou brisées, fruit des guerres passées.

Les lieux se sont profondément gravés dans ma mémoire : Bethphagé, le Gallicantus – l’endroit où avait chanté le coq – le lieu de l’Assomption de la Vierge, l’endroit où eut lieu l’Ascension…

Sous le soleil oriental, Jérusalem reste pleine de lumière. Elle offre son immense esplanade, terriblement vide, où s’élevait autrefois son magnifique Temple. Vide, à part une solide mosquée qui ne peut pourtant effacer les paroles de Jésus : « De toi, il ne restera pas pierre sur pierre ».

Béthanie, j’y allai par une belle journée ensoleillée et, alors que je gravissais les ruelles qui mènent à la tombe de Lazare, il me semblait entendre les paroles de Jésus à Marthe : « Une seule [chose] est nécessaire ».

« Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » « Je sais, répondit-[Marthe], qu’il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Je suis la Résurrection et la Vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais » (d’après Jn 11,21-26).

Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, il tomba sur des bandits qui, l’ayant dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Il se trouva qu’un prêtre descendait par ce chemin ; il vit l’homme et passa à bonne distance. Un lévite de même arriva en ce lieu ; il vit l’homme et passa à bonne distance. Mais un Samaritain qui était en voyage arriva près de l’homme : il le vit et fut pris de pitié. Il s’approcha, banda ses plaies en y versant de l’huile et du vin, le chargea sur sa propre monture, le conduisit à une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, tirant deux pièces d’argent, il les donna à l’aubergiste et lui dit : « Prends soin de lui, et si tu dépenses quelque chose de plus, c’est moi qui te le rembourserai quand je repasserai. » Lequel des trois, à ton avis, s’est montré le prochain de l’homme qui était tombé sur les bandits ? » Le légiste répondit : « C’est celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va et, toi aussi, fais de même. » (Lc 10,30-37)

Sous le turban blanc dénoué, des visages sombres d’hommes, plus ou moins résignés à cette vie de misère. Des visages invisibles de femmes aussi, couverts d’un voile noir

Jésus fut conduit par l’Esprit au désert, pour être tenté par le diable. « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ». « Tout cela je te le donnerai, si tu te prosternes et m’adores. » Alors Jésus lui dit : « Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Le Seigneur ton Dieu tu adoreras et c’est à lui seul que tu rendras un culte. » (d’après Mt 4,1-10).

En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth en Galilée et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain. A l’instant où il remontait de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit, comme une colombe, descendre sur lui. Et des cieux vint une voix : « Tu es mon Fils bien-aimé, il m’a plu de te choisir. » (d’après Mc 1,9-12).

Entré dans Jéricho, Jésus traversait la ville. Survint un homme appelé Zachée. Il courut en avant et monta sur un sycomore afin de voir Jésus. « Zachée, descends vite : il me faut aujourd’hui demeurer dans ta maison. » « Eh bien ! Seigneur, je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens et, si j’ai fait tort à quelqu’un, je lui rends le quadruple. » Alors Jésus dit à son propos : « Aujourd’hui, le salut est venu pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (d’après Lc 19,1-10).

Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le plus petit des chefs-lieux de Juda : car c’est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël, mon peuple. » (Mt 2-6).

Chaque pierre me disait un mot, bien plus qu’une parole, si bien qu’à la fin mon âme était submergée, toute empreinte de la présence de Jésus.

Je me souviens très nettement que, le septième jour, j’avais complètement oublié mon pays, mes parents, mes amis, en un mot, tout. J’étais là, immobile et heureuse, spirituellement stupéfiée au milieu de toutes ces pierres, sans rien d’autre à faire que de demeurer là et adorer. Adorer, l’esprit affermi en l’Homme‑Dieu, que ces pierres m’avaient expliqué, dévoilé, chanté et exalté !

Le forum social mondial – un lieu d’espérance pour les pauvres?

«En partant de Vienne, j’ai vu les images de la Place Tahrir au Caire. En arrivant à Dakar, un journal reportait en première page l’appel d’un imam à la prière pour que se retire le président Abdoulaye Wade. Espérons qu’il s’arrête à la prière, pensais-je. Le jour suivant, la messe d’ouverture du forum social mondial, dans l’église des martyres d’Uganda. L’homélie du cardinal Théodore-Adrien Sarr avait une forte connotation à la fois spirituelle et sociale. Elle dénonçait sans demi-mesures la corruption et cela en présence d’un ministre et d’autres personnalités de la vie publique.

D’emblée, les deux événements permettaient de comprendre le climat fortement politique à l’ouverture du 11ème forum social à Dakar (6-11 février). Cependant les 70.000 participants de la marche d’ouverture se dirigeaient dans un grand ordre vers l’université Cheikh Anta Diop. Un climat solidaire et fraternel a régné durant toute la semaine, troublé en rien par les difficultés d’organisation occasionnées par les plus de 400 conférences et manifestations quotidiennes

Une des conférences s’est tenue avec ‘transform!europe’ (réseau de culture de la gauche européenne) et les Focolari. Le titre, “Crises de la civilisation: interprétations et alternatives du point de vue chrétien, interreligieux et marxiste”, voulait mettre en évidence que, désormais, le fait religieux n’est pas seulement toléré, mais désiré. Les initiatives “de convergence” ont été privilégiées, c’est à dire celles de collaboration entre différents partenaires, soit dans le sens géographique, soit comme vision du monde. Sur la scène, des représentants des Focolari arrivés d’Italie, Autriche, France, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau et Sénégal – de religion catholique et musulmane. Du coté de transform!europe, étaient présents Marga Ferré (Espagne) et Walter Baier (Autriche) promoteur de l’idée de préparer ensemble cet évènement. Sa constatation finale, partagée par Marga Ferré: «J’ai appris [à partir des projets des Focolari] que la solidarité part du concret, en commençant par les plus nécessiteux. Donc aucun communisme, aucun marxisme sans ce sens d’empathie ! L’option pour les pauvres est plus qu’un simple amour envers le prochain; cela veut dire voir le monde avec les yeux des plus nécessiteux.»

Il continuait: «Nous avons besoin d’une éthique et d’une morale nouvelle ainsi que de développer, dans le dialogue, le sens de la vie. Personne ne doit imposer une autorité pour faire valoir son idée et personne ne peut dicter la direction à prendre. Nous devons développer le dialogue, unissant nos forces pour transformer l’étique. Ensuite, il faut un lieu politique et un changement des lois économiques.»

Et il concluait: «Il faut de l’amour pour être capable de faire de la politique, pas seulement de façon professionnelle, c’est à dire seulement en sachant manoeuvrer les mécanismes de la politique. […] Il faut savoir se consacrer. Sans l’amour, aucun changement de structure ne fonctionne. Appelons-le comme on veut : fraternité, amour, solidarité.»

Durant le forum à Dakar, la connaissance entre les ONG présentes a pu s’approfondir avec le désir de continuer à collaborer et à marcher ensemble sur le chemin entrepris. Les organisateurs ont émis le voeux que “Dakar s’étande” sur toute l’Afrique et le monde entier.

Un fil d’espérance pour les pauvres?

de Franz Kronreif*

* délégué des Focolari, avec Claretta Dal Rì, pour le dialogue avec les personnes sans référence religieuse