Mouvement des Focolari
Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Du 1 au 3 avril 2011 s’est déroulé au Centre Mariapolis de Castel Gandolfo le congrès promu par le centre des Focolari pour le dialogue avec les personnes de convictions non religieuses. Ce fut le premier grand rendez-vous réalisé par et pour eux après la mort de Chiara Lubich.

Les 240 participants, pour la plus grande partie des jeunes, provenaient non seulement de toutes les régions italiennes, mais aussi de Russie, de Bulgarie, de Croatie, de Bosnie, de Slovénie, d’Albanie, d’Allemagne, d’Autriche, de Belgique, de France et d’Espagne, avec des représentants de l’Angola, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Brésil.

Piero Taiti, toscan de Prato et « ami » de la première heure, a dit en introduction : « Chiara donne une expérience radicale de type chrétien, évangélique, catholique. Cela nous intéresse, nous regarde parce que la lumière qu’elle a allumée est importante. Alors le sens de notre rencontre est celui de demander que cette lumière ne soit pas obscurcie, oubliée, avec le passage du temps, mais qu’elle soit reproposée. Chiara n’est plus, mais nous, nous croyons nous aussi aujourd’hui à cette utopie d’espérance et de fraternité ».

Après ce nouveau début, le congrès s’est articulé entre approfondissements culturels et témoignages sur les diverses suggestions proposées par le titre : « Humanisme dialogue fraternité – héritage de Chiara Lubich » : de la division au partage, le sens du dialogue, la fraternité universelle. Le tout exposé avec de brèves réflexions soit dans la salle avec tous, soit en petits groupes linguistiques.

Etant en voyage aux Etats Unis, Maria Voce, présidente du Mouvement, s’est rendue présente à travers l’enregistrement d’une conversation qu’elle a eue avec quelques amis de convictions non religieuses, le 6 novembre 2010. Une telle contribution a ensuite stimulé le dialogue et la réflexion. Ainsi un participant a dit : « Ce fut en effet important dans ce contexte de rappeler le rêve fou de Chiara : ‘’T’apporter un jour, le monde entre les bras’’. Là on sentait la vraie signification de ce que voulait dire ‘’porter le monde…’’ et que cela sera possible si, à travers l’universalité du charisme de l’unité, nous contribuons à faire en sorte que les croyants et les non croyants mettent en pratique l’art d’aimer ».

A ces déclarations a fait écho encore une fois Piero Taiti, qui a ainsi conclu : « Les trois premiers mots du titre sont les valeurs qui nous ont fascinés et qu’avec Chiara nous avons partagées à savoir : l’ouverture à n’importe quelle civilisation, n’importe quelle culture, à condition que cela soit fait avec un esprit de respect et d’amour pour les autres. (…) Notre idée de la fraternité se construit sur la conviction, d’une part évangélique, et je pourrais dire aussi stoïcienne, que nous appartenons tous à la même famille humaine ».

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Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Jean-Paul II, les jeunes et la souffrance

Rafael Tronquini

Parle-nous de tes souvenirs de Jean-Paul II dans ses dernières années, marquées par la souffrance. Quel témoignage le Pape t’a-t-il donné durant cette période ?

Je me rappelle surtout sa dernière année. Toutes les nouvelles diffusées dans les médias. Toutes les images du Pape qui ne parvenait pas à bien s’exprimer. Pourtant, son amour pour moi et pour les jeunes du monde entier était très fort. Jean-Paul II est le premier pape que j’ai connu. En 2005, j’avais 21 ans, et le Pape était comme un grand-père pour moi, à cause de sa sagesse. Et un grand compagnon de voyage ! Il disait tellement de choses belles. Dans les groupes de jeunes de ma paroisse, nous parlions beaucoup de lui comme un exemple de personne qui continuait à aimer même dans la souffrance.

J’ai voulu répondre à l’invitation qu’il avait lancée aux JMJ au Canada en 2002, à Toronto, et c’est ainsi que j’ai participé aux JMJ de Cologne en 2007. Cela m’a fait expérimenter l’unité de l’Église. Je sens qu’il me faut remercier éternellement Jean-Paul II de la proposition qu’il a faite à nous tous, les jeunes : vivre ensemble cette inoubliable rencontre. En me recueillant devant sa tombe, j’ai remercié Dieu de nous avoir fait cadeau de sa vie. Après les JMJ, j’ai compris beaucoup de choses mais, surtout, j’ai pris la résolution de suivre Jésus dans les joies et les souffrances de chaque jour.

Le Pape essayait de trouver Dieu et Jésus dans sa souffrance. Que peux-tu dire à ce sujet ?

Il me fait penser au chemin parcouru par le Christ, mort sur la croix puis ressuscité. Chaque jour, si nous aimons comme Jésus, nous pouvons faire cette expérience de résurrection. Quand je suis rentré chez moi, au Brésil, après les JMJ en Allemagne, j’ai appris que ma grand-mère était très malade. Que faire ? Que dire ? À ce moment-là, je me suis souvenu de Jean-Paul II, de la façon dont il avait vécu son expérience de souffrance. Ma grand-mère est morte quelques jours plus tard. Pour moi, il s’agissait d’une situation nouvelle : perdre la même année Jean-Paul II et ma grand-mère, deux personnes que j’aimais beaucoup, quoique de deux façons différentes. Je crois que, face à la réalité de la maladie, on ne doit pas chercher des réponses sans aimer. Il faut aimer et trouver Dieu dans les malades, tout offrir à Jésus qui est mort sur la croix par amour.

Le jour de la mort du Pape, ma sœur m’a appelé à mon travail, en larmes. Même si je ne comprenais pas ce qu’elle me disait, je devinais que c’était une mauvaise nouvelle. Puis tout s’est éclairé : Jean-Paul II s’était éteint. Je me suis mis à pleurer moi aussi, mais j’ai remercié Dieu de l’élan que le Pape avait donné à ma vie.

Vous aussi, vous avez l’idéal de « Jésus Abandonné » ? Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Oui, je vis la spiritualité de l’unité, prônée par le mouvement des Focolari, et Jésus Abandonné est notre unique trésor. Pour moi, cela signifie choisir Jésus dans la souffrance de son abandon, dans son rien, dans son cri : « Pourquoi… m’as-tu abandonné ? » Choisir le moment où, après s’être fait rien, il a aimé l’humanité de toute son âme. Alors, après avoir étudié, ou bien lorsque je suis fatigué par ma journée de travail, je me rappelle que je dois préférer la fatigue, parce que c’est un des visages de Jésus Abandonné. Quand je triomphe des tentations pour être un chrétien authentique, ou bien quand je fais des erreurs, là encore, je « suis » Jésus Abandonné. Ainsi, lors de ma prière du soir, je Lui offre toujours toutes mes souffrances, parce qu’Il a tout pris sur Lui, nos limites et nos échecs. C’est Lui, l’unité.

(Interview réalisée par Corinna Muehlstedt pour la radio bavaroise, 18 mars 2011)


Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Béatification de Jean Paul II

La béatification de Jean Paul II est désormais imminente et, avec toute l’Église, nous nous sentons envahis par une immense joie et une profonde gratitude. Joie et gratitude pour le don qu’elle nous donne de reconnaître la sainteté de ce grand pape, exprimée par sa vie dépensée et consumée, jusqu’au dernier instant, pour Dieu et pour les hommes. La richesse extraordinaire de son magistère continue à nous stupéfier, de même que la reconnaissance que suscite son témoignage d’amour sous toutes les latitudes aussi bien chez les chrétiens que chez des fidèles d’autres religions et chez des personnes n’ayant pas de foi religieuse. Lui-même, à l’occasion du 25° anniversaire de son pontificat, nous en avait révélé la source : cet intime secret du rapport qui le liait à Jésus, en tant que successeur de Pierre : « Il y a 25 ans, j’ai expérimenté de façon toute particulière la Miséricorde divine. Le Christ m’a dit, à moi aussi, comme autrefois à Pierre : ‘M’aimes-tu plus que ceux-ci ? Chaque jour a lieu dans mon cœur le même dialogue qu’entre Jésus et Pierre. Dans l’esprit, je fixe le regard bienveillant du Christ ressuscité. Bien que conscient de ma fragilité humaine, il m’encourage à répondre, comme Pierre, avec confiance : ‘Seigneur, Tu sais tout, Tu sais que je t’aime ! »[1] Aujourd’hui, cet événement de l’Église nous fait pénétrer dans la dimension de ce « plus » vécu par Jean Paul II, jour après jour, de façon héroïque. Avec tous les autres Mouvements nous avons expérimenté l’amour particulier de Jean Paul II qui a reconnu leur rôle dans l’Église, expression de sa dimension mariale. En 1987, en parlant à la curie romaine, il avait déjà mis en lumière l’importance de cette dimension : « L’Église vit de cet authentique ‘profil marial’, de cette ‘dimension mariale’. (…) Marie, l’Immaculée, précède chacun et, de façon évidente, Pierre lui-même et les apôtres. (…) Le lien entre les deux profils de l’Église, le profil marial et le profil pétrinien est donc étroit, profond et complémentaire bien que le premier soit antérieur aussi bien dans le dessein de Dieu que dans le temps ; il est aussi plus élevé et plus prééminent, plus riche d’indications personnelles et communautaires (…)[2] ». En ouvrant tout grand les portes à la nouveauté suscitée par l’Esprit Saint, dans la rencontre historique avec les mouvements ecclésiaux et les nouvelles communautés, à la veille de la Pentecôte 1998, Place Saint-Pierre, Jean Paul II reconnut que les deux profils « sont coessentiels à la constitution de l’Église et concourent (…) à sa vie, à son renouvellement et à la sanctification du peuple de Dieu »[3]. Au-delà des événements publics importants, Chiara Lubich était liée à ce grand pape par un rapport personnel et profond : les audiences privées, souvent au cours d’une invitation à déjeuner, sa présence dans de nombreuses manifestations publiques du mouvement, les lettres personnelles et les appels téléphoniques à l’occasion de circonstances particulières sont « des pierres milliaires dans l’histoire de notre mouvement ». Elles poussaient Chiara à s’exprimer ainsi en 2005, au moment de sa mort : « Sa sainteté ? Je peux moi aussi en témoigner personnellement »[4]. « Il se faisait tellement ‘rien’, au point que, parfois, en sortant de ses audiences, nous ressentions une intense union, directe, avec Dieu seul. Le pape te portait à Dieu, tel un véritable médiateur qui s’annule quand il a atteint son but. »[5]. « On reste émerveillés et l’âme pleine de reconnaissance face à un tel amour et, en même temps, on remercie Dieu d’avoir pu être proche de lui pour l’aider en tant que fils et ‘sœur’comme il m’a nommée dans une de ses dernières lettres »[6]. « L’histoire du mouvement des Focolari, écrivait Chiara à cette occasion, est, au cours de ces dernières 27 années, une nouvelle preuve de ce ‘plus’d’amour qui habitait le cœur de Jean Paul II. Son ‘plus’ d’amour a entraîné le nôtre si bien que le pape est entré profondément dans le cœur de chacun des membres du mouvement. On ne peut donc pas dire, simplement avec des mots humains, ce qu’il a été pour nous. »[7] Comment ne pas se souvenir de la visite du Saint Père, le 19 août 1984, au centre du Mouvement à Rocca di Papa ? À cette occasion, il a reconnu explicitement, dans l’expérience de Chiara, la présence d’un charisme et il affirma : « Il a existé, dans l’histoire de l’Église, de nombreux radicalismes de l’amour. (…) Il y a votre radicalisme de l’amour, celui de Chiara, des focolarini. (…) L’amour ouvre la route. Je souhaite que cette route, grâce à vous, soit, pour l’Église, toujours plus ouverte ! »[8] Et comment ne pas penser à certaines de ses expressions qui nous concernent ? Au cours de son intervention au Familyfest de Rome, le 3 mai 1981, il a ajouté spontanément : « Votre spiritualité est ouverte, positive, optimiste, sereine, conquérante… Vous avez même conquis le pape… J’ai dit que je souhaitais que vous soyez l’Église. Maintenant je veux dire que je souhaite à l’Église d’être vous »[9]. Et en 1983, le 20 mars au cours de la Journée Humanité Nouvelle : « Très souvent, quand je suis triste, je pense… ‘focolarini’ Et je retrouve une consolation, une grande consolation ! »[10] Au cours de ses nombreux voyages, dans tous les coins du monde où il a voulu se faire pèlerin, il avait appris à reconnaître notre ‘peuple focolarino’ comme il l’appelait, et il en retirait, comme il l’a dit un jour à Chiara, réconfort et soutien. Tout au long de son pontificat, nous avons souvent ressenti de sa part un amour particulier et accueilli la profondeur de son regard paternel et presque sa prédilection. Nous nous souvenons avec gratitude de l’affection chaleureuse qu’il a manifestée à Chiara et à beaucoup d’entre nous en de nombreuses circonstances ; mais aussi son rôle déterminant pour reconnaître le charisme particulier donné, à travers elle, à l’Église et à l’humanité. Un aspect de l’harmonie spirituelle un peu spéciale entre Chiara et Jean Paul II, peut être perçu dans leur façon de ‘sentir’ et de vivre l’Église en tant que communion, expression de l’amour de Dieu pour tous les hommes. D’où la proposition de Jean Paul II, exprimée dans la lettre apostolique Novo millennio ineunte, pour l’Église du troisième millénaire : vivre la spiritualité de communion pour reporter Jésus ressuscité au cœur du monde[11]. Et en ce moment où nous fêtons avec une immense joie la béatification de Jean Paul II, nous nous sentons à nouveau fortement interpelés par lui et par Chiara, d’une seule voix, à vivre en plénitude la spiritualité que Dieu nous a donnée.

Maria Voce


1 Jean Paul II – Homélie pour le 25° anniversaire de son pontificat 16.10.2003 2 Aux cardinaux et aux prélats de la curie romaine – 22.12.1987 [3] Jean Paul II – Aux mouvements ecclésiaux et aux nouvelles communautés – 30.5.1998 [4] Chiara Lubich – Un più di amore – Città Nuova 2005/7 page 10 et s. [5] Mariapolis n° 4-5/2005 [6] Chiara Lubich – Un più di amore – cit. [7] Chiara Lubich – Un più di amore – cit [8] Discours de Jean Paul II aux membres du mouvement des Focolari – 19.8.1984 [9] Discours de Jean Paul II aux couples participants au congrès : « La famille et l’amour »- 3.5.1981 (expression non citée dans le discours publié) [10]Discours de Jean Paul II aux participants du congrès international du « Mouvement Humanité Nouvelle » – 20.3.1983 (expression non citée dans le discours publié) [11] Cf Novo millennio ineunte n° 43

La Résurrection

Le christianisme est vrai parce que Christ est ressuscité.

Pour qu’il ne bougea pas, ils mirent à l’entrée du tombeau une grosse pierre et près de la grosse pierre une garde. Mais, le mort sorti. Et l’histoire pris une autre direction, elle déboucha sur la vie éternelle, et non pas dans la mort infinie.

A l’entrée du sépulcre vide, l’Eglise invite les chefs d’Etat, les rois et les magistrats à comprendre; alors que c’est tellement difficile de comprendre pour eux; au point qu’ils répètent à l’infini les mêmes erreurs: ils sortent d’une dictature pour en préparer une autre; ils se relèvent de la seconde guerre et prévoient la troisième;  ils prennent souvent soin des malheurs des peuples en ajoutant d’autres maux.

Sur la toile de fond de la résurrection, défilent de douces figures de femmes. En elles, l’amour a chassé la peur; alors que les apôtres sont retranchés dans la clandestinité, elles-mêmes sortent chercher l’Amour: et elles découvrent qu’il est ressuscité. Elles découvrent la confirmation de l’Evangile: que la religion de Jésus est un combat contre la mort et la victoire sur elle; en effet, son essence est l’amour qui ne connaît pas de limites. La beauté s’achève, l’honneur a une fin, la justice s’arrête aux frontières du droit, mais l’amour ne connaît pas de barrières, il va au-delà des ornières du mal, il surmonte la mort. Avec les sacrements, il assure ensuite une continuelle résurrection du mal, mal qui est source de mort: et les sacrements, éléments de vie, sont l’aboutissement de l’amour, comme la rédemption et comme l’Eglise.

Pour le chrétien, le désespoir n’a pas de place, ni même se laisser abattre au seuil de la mort. Ses maisons peuvent s’écrouler, ses richesses se disperser: il se relève et reprend le combat: le combat contre la haine. Le christianisme demeure tant que résiste cette foi en la résurrection.

La résurrection du Christ, notre Chef, qui nous associe à lui et nous rend participant de sa vie, nous oblige à ne jamais désespérer. Elle nous procure le secret pour nous relever de tout effondrement. Elle nous donne les armes pour le combat et les forces pour vaincre la mort ; l’esprit, s’il est greffé en Christ, l’emporte. Notre religion est une religion de la vie : elle est la seule dont la mort ait été victorieusement et, si nous le voulons, définitivement bannie.

Aujourd’hui, nous sommes écrasés, mais en nous attachant à l’esprit chrétien, le peuple ressuscitera. En attendant, à l’exemple de Marie, qui recueillit son Fils décloué de la croix et le tint dans ses bras, l’Eglise tient en son sein l’humanité crucifiée. Et elle la prépare à la résurrection.

C’est la résurrection du Christ, qui doit être motif de renaissance de notre foi, de notre espérance et de notre charité: la victoire de nos oeuvres sur nos penchants de mort. Renaître chacun, en unité de sentiments avec le prochain; et chaque peuple en harmonie d’oeuvres avec les autres peuples.

Saint Augustin, ayant à résumer dans un discours pascal le processus de notre résurrection, ne trouva rien de mieux que de citer l’apôtre de l’amour qui dit: “ Nous sommes passés de la mort à la vie parce que nous aimons nos frères’’.

Par conséquent: aimons-nous entre nous, pour nous aider à vivre. Ainsi nous ressusciterons.

Igino Giordani, Le Feste, SEI, Torino, 1954, pp.116-125.

Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Le Ressuscité parmi ceux qui s’aiment


Bien chers amis argentins,

Vous souhaitez que j’adresse mes vœux à ce pays splendide : l’Argentine.

Je ne vous souhaite pas quelque chose que j’ai moi-même imaginé mais quelque chose qui est dans l’air de l’histoire d’aujourd’hui.

Comme on le sait, au-delà de notre façon de voir les choses, il en existe une autre : celle de celui qui conduit l’histoire, celle de Dieu.

De temps en temps il nous donne des signes qui nous montrent sa volonté : les signes des temps.

L’un d’eux, au jour d’aujourd’hui s’appelle unité.

Malgré les guerres qui existent dans le monde, malgré les calamités, les inégalités, beaucoup de choses disent que le monde tend à l’unité.

Dans le monde civil et politique les états nous le disent : ceux de l’Europe, de l’Afrique, de l’Asie, ou de l’Amérique qui tendent à s’unir sous des formes différentes et en fonction d’objectifs variés.

Des administrations ou des organisations mondiales nous le disent, telles que l’ONU.

Le monde religieux nous le dit. C’est pour cette raison que nous parlons d’œcuménisme, de dialogue interreligieux, interculturel.

Et c’est l’unité que je souhaite aussi à ce pays. Elle existe déjà. Mais elle peut être approfondie.

Comment ? Par l’amour fraternel entre tous, entre les familles, entre les générations, entre les villes, entre les provinces dans le respect de leur identité, pour transformer cette société en une seule et grande famille.

Si nous vivons ainsi, le Ressuscité fêté à Pâques, sera au milieu de tous, parce que lui-même l’a dit.

Et il améliorera toute chose dans tous les domaines de la vie humaine ;

Il sera la chance de l’Argentine, sa grande chance, son avenir assuré.

Tous mes vœux à tous, grands et petits !

Et en particulier, tous mes vœux, de tout mon cœur à tous ceux qui souffrent de quelque façon que ce soit.

Chiara Lubich

(Buenos Aires, avril 1998)

Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Pâques 2011 : avec Jésus ressuscité sur les routes du monde

« Chers tous et toutes,

La bonne nouvelle que nous sommes appelés aujourd’hui encore à annoncer, c’est que Jésus est ressuscité et qu’il est vivant au milieu de nous par l’amour réciproque.

C’est l’évangélisation d’il y a 2000 ans. Elle est toujours actuelle et nous invite tous à un nouvel engagement de vie et de témoignage.

Le vœu que je désire faire arriver à chaque membre de notre grande famille est de cheminer toujours avec Jésus ressuscité sur les routes du monde ».

Maria Voce

Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

République Dominicaine: La générosité des jeunes


Un samedi spécial pour la grande famille des Focolari en République Dominicaine. Dans la Maison Saint Paul de l’Eglise catholique dominicaine, environ 700 personnes affluent de tout le pays. Deux cent kilomètres sur trois cent, une douzaine de provinces, ce pays est petit, mais riche de beautés locales, de “patriotisme régional”, avec tous ses cotés positifs et à l’opposé ceux négatifs liés aux traditions.

On le constate lors de la rencontre de Maria Voce et Giancarlo Faletti avec 150 jeunes proches du Mouvement en République Dominicaine: une variété considérable, une richesse d’expressions. Priscilla, par exemple, raconte son déménagement de sa région, Santiago Rodriguez, rurale et réputée pour ses gigantesques cultures de bananes, vers la capitale pour étudier Psychologie. Cela ne lui a pas été facile de changer de milieu, d’amis et de façon de vivre. Cependant la proximité des jeunes des Focolari lui a permis de bien s’insérer dans cette nouvelle réalité, jusqu’à devenir un leader pour beaucoup d’autres amis.

Le parterre de jeunes est particulièrement silencieux: c’est curieux, étant donné la vivacité exubérante de ces jeunes dominicains cependant capables de grande générosité et profondeur de vie. Leurs questions soulignent leur désir de radicalité. Aussi Maria Voce insiste, parlant de “vocation”, d’aspiration à quelque chose de grand: «A votre âge, ça en fait partie, on aime le risque, l’esprit d’aventure, l’envie de faire quelque chose d’autre. C’est justement à cet âge qu’on a la grâce de faire quelque folie! Et c’est une folie pour Dieu que de suivre son éventuel appel, même si on n’est pas complètement sûrs. Et ça en vaut la peine». Et Giancarlo Faletti souligne comment «la jeunesse est par nature en recherche, en recherche d’études, de travail, de sport, d’affections, d’engagement. C’est là que ressort le potentiel de chacun et aussi sa capacité d’écoute. Non seulement d’écoute de voix extérieures, mais surtout de la voix intérieure qui me pose la question du pourquoi de tout ce que je fais. Je ne peux pas me cacher derrière plein de choses, derrière une vie frénétique : je dois savoir écouter la voix qui me demande où va ma vie».

Ressortent aussi les pulsions de l’égoïsme et du peu de transparence, du bruit de la ville et aussi du péché, de la tentation, qui ont une forte incidence sur les jeunes: «Notre amplificateur – répond Maria Voce – est la présence de Jésus au milieu de nous, qui fait entendre sa voix et la fait devenir forte et même plus forte que tous les autres bruits». Chiara Luce Badano, cette jeune du Mouvement récemment béatifiée, est pour eux un exemple qui les aide à affronter les difficultés même quand,  par rapport à la vie qui peut paraître la normalité, on est critiqué en raison d’une vie chrétienne engagée ou de toute manière à contre-courant. «Mais est-ce plus important de se préoccuper que Dieu soit satisfait de toi ou seulement qu’un ami ou une amie le soit ?», leur demande Maria Voce. Puis «c’est cependant nécessaire que ces amis perçoivent la joie qui existe entre vous». Il n’est pas question de s’isoler, mais de promouvoir la beauté de la vie “avec Jésus”, pour faire expérimenter la beauté de ce qui se fait “ensemble”.

Marguerita, une jeune du nord du pays, commente: «Quand Maria Voce nous a parlé de Jésus qui a crié son abandon sur la croix, j’ai compris qu’il n’y a pas seulement la douleur; Le vivre, ne veut pas dire rester dans la souffrance, mais avoir la joie de vivre avec Lui et pour Lui». Tandis que Pablo, de Saint-Domingue, souligne que «la joie simple que j’ai éprouvée aujourd’hui, doit devenir un virus qui contamine mes amis».

«Vous êtes généreux – conclut Maria Voce –, et vous m’avez prouvé que vous savez l’être. Par conséquent  vous êtes capables de grandes choses. Continuez sans crainte à donner davantage».

De Michele Zanzucchi

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République dominicaine : « Café con leche »

On sait que la République dominicaine est la « Suisse des Caraïbes ». Les quartiers du centre de la capitale, Saint-Domingue, font pâlir d’envie Miami ou Houston, sans parvenir cependant à cacher les graves inégalités sociales qui affectent la société du pays. Rien à voir avec les voisins d’Haïti et leur situation dramatique qui les réduit presque à la survie, même si un million de Haïtiens vivent en République dominicaine et y effectuent souvent les travaux les plus durs, comme celui de maçon, de déchargeur de marchandises sur les ports ou d’ouvrier dans les plantations de bananes. Mais on ne peut pas parler non plus de petites zones de pauvreté, car il existe des quartiers entiers où il est bien difficile de vivre dans des conditions décentes.

Herrera est un de ces quartiers. Maria Voce s’y est rendue, dans le secteur El Café, pour découvrir une des œuvres sociales développées par le mouvement des Focolari. Il s’agit d’une école qui porte le nom de « Café con leche » (café au lait), une allusion à la situation typique des mulâtres – ni café ni lait –, qui constituent l’immense majorité de la population de la République dominicaine. L’école compte aujourd’hui plus de 500 élèves, les uns fréquentant les cours du matin et les autres ceux de l’après-midi, dans des locaux qui se sont agrandis peu à peu, à partir de l’année 1990, considérée comme le début de l’aventure de « Café con leche ».

C’est par Marisol Jiménez que tout a commencé. En voyant l’extrême pauvreté du quartier et les enfants à-demi abandonnés, elle a commencé par créer une chorale dans la paroisse, avant d’organiser un séjour en camping au cours de l’été, qui a rassemblé 500 enfants durant deux années consécutives. Puis il lui est apparu clairement qu’il fallait faire quelque chose pour améliorer le niveau d’éducation des enfants, qui restaient analphabètes pour la plupart. Peu à peu, Marisol a entraîné d’autres amis et amies, et c’est ainsi qu’en 1995, l’école a été fondée, avec trois institutrices et quelques dizaines d’enfants.

Dans une atmosphère de joie et de partage, au milieu des jeunes qui s’étaient hissés un peu partout pour la voir, tandis que des familles entières s’étaient réunies sur les toits des maisons adjacentes pour participer à la fête, Maria Voce a pu constater les progrès du projet, qui s’est développé grâce aux « adoptions à distance » de Familles Nouvelles et à la générosité enclenchée par la fondation Igino Giordani-Foco, à présent dirigée par une autre passionnée, Margarita Rodriguez de Cano.

Une incroyable série d’actes héroïques et de miracles, mais aussi l’épanouissement spirituel et l’amélioration des conditions matérielles des enfants, ont permis à l’école d’accompagner des centaines d’enfants de El Café jusqu’à ce qu’ils soient tout à fait mûrs pour travailler. Un exemple d’« épanouissement total », qui réussit à associer les familles, à les soutenir et à les valoriser, afin de faire naître en elles une espérance de promotion humaine. Pour soutenir l’école financièrement, des objets en bois sont fabriqués par les jeunes, des vêtements sont confectionnés par des jeunes filles et d’autres articles sont commercialisés sur place et aux États-Unis. Le gouvernement de la République dominicaine et le président de la République lui-même ont apporté leur contribution à cette initiative.

« Même si tout cela peut sembler bien petit, on sent qu’ici, l’amour a construit quelque chose de grand, a dit Maria Voce dans la cour de l’école. Cela reste, car l’amour reste toujours. »

Michele Zanzucchi


Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Les Rameaux

L’entrée de Jésus à Jérusalem, entre les applaudissements et les rameaux, a une signification politique, non seulement parce que la foule reconnaît d’instinct, en lui, le chef du peuple, mais aussi parce qu’il est lui-même, chef pacifique, à affirmer en cette circonstance une valeur politique à son message.

En ce jour donc, tandis que les foules (aujourd’hui nous dirions : les masses) l’acclamaient Roi d’Israël, Jésus Christ, dans la descente du Mont des Oliviers, en voyant Jérusalem avec ses petites maisons blanches rassemblées autour du Temple resplendissant, au milieu de la joie de tous se mit à pleurer, et gémit : « Si toi aussi tu avais su, en ce jour, comment trouver la paix…! Mais hélas ! cela a été caché à tes yeux ! Oui, pour toi des jours vont venir où tes ennemis établiront contre toi des ouvrages de siège ; ils t’encercleront et te serreront de toutes parts ; ils t’écraseront toi et tes enfants au milieu de toi ; et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu as été visitée (Luc 19-44) ».[1]

Mais au contraire en ce jour, les chefs de la nation, contre le sentiment du peuple, ont rejeté son programme de paix pour confirmer leur programme de guerre. Ce jour-là, ils se résolurent définitivement à se débarrasser du Messie de paix, qui arrivait à Jérusalem chevauchant un petit âne, parce qu’ils lui préférèrent le héros écarlate de leur messianisme de guerre.

L’entrée avec les rameaux fut donc la célébration du messianisme pacifique, c’est à dire d’une politique sui generis qui fut aussitôt renversée par la politique de l’ancien genre : celle qui croyait (et même croira) en Dieu et en sa loi, mais faisait (et fera) encore plus confiance dans l’épée de ses propres soldats ; plus dans les chars armés que dans les annonces du Sinaï : cette politique folle et décadente qui inocule la guerre même dans les tractations de paix et qui transforme le peuple en armée, et la terre à labourer en champs de bataille.

La politique messianique de Jésus peut se résumer sous le nom de royaume de Dieu : c’est à dire un régime dont la constitution soit la loi de Dieu, et dont la fin comme le principe, reste Dieu. En elle, il organise le peuple en royaume : son propre royaume, et il le dirige sur le chemin de la paix. Ce royaume de Dieu se traduit aussi en une constitution sociale : sa loi est l’Evangile et comporte l’unité, la solidarité, l’égalité, la paternité, le service social, la justice, la raison, la vérité, avec la lutte contre la guerre, les vexations, les inimitiés, les erreurs, la stupidité…

Chercher le royaume de Dieu c’est donc chercher les conditions les meilleures pour l’expression de la vie individuelle et sociale. Et l’on comprend : là où règne Dieu, l’homme est comme un fils de Dieu, un être d’une valeur infinie, il traite les autres hommes et est traité par eux comme un frère, il fait aux autres ce qu’il voudrait qu’on fasse pour lui ; et les biens de la terre sont fraternellement mis en commun, l’amour circule avec le pardon, les barrières ne valent rien, parce qu’elles n’ont pas de sens dans l’universalité de l’amour. Chercher d’abord le royaume de Dieu, signifie donc élever le but de la vie humaine. En ce sens, pour nous aussi, Christ « a vaincu le monde ».

En dehors de cette signification, Jésus ne s’occupe pas de politique, les apôtres non plus. Mais dans leur enseignement sont inclus des principes qui, s’ils ne sont pas de politique concrète, immédiate ni de parti, sont assurément des lignes directrices de grande sagesse qui soutiennent le grand art universel de gouvernement de tout temps. Jésus ne touche pas les institutions existantes, mais il en change l’esprit, en changeant les sentiments des hommes. Il ne dit pas aux soldats de déserter, ni aux publicains de laisser la perception, ni aux membres du sanhédrin de démissionner du Grand Conseil : il leur dit d’accomplir leur fonction avec un esprit nouveau. Il ne fait pas de l’agitation, il fait la révolution. Et il la fait en l’esprit, là où précisément elle doit être faite.(Igino Giordani, Le Feste, SEI, Torino, 1954, pp. 104-110).


[1] Trad. TOB 2010

Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Philippines : à l’école des religions

Du 1er au 3 avril, à la cité-pilote “Paix” à Tagaytay aux Philippines, une session a été organisée par la School for Oriental Religions (SOR) – l’Ecole des Religions Orientales – rassemblant 250 participants de différents pays d’Asie. Ils venaient du Pakistan et de l’Inde, mais aussi de Thaïlande, de Myanmar, du Vietnam et, plus loin de Hong Kong et Taiwan, jusqu’à la Corée et le Japon. La plupart provenaient toutefois de diverses îles des Philippines, en particulier de Manille et Cebu et des environs.

Les sessions de la SOR ont été fondés par Chiara Lubich durant son premier voyage en Asie qui ouvrit le dialogue avec les bouddhistes mahayana du mouvement Rissho Kosei kai. Depuis 2009, ils ont lieu tous les deux ans et se donnent comme objectif de former des chrétiens des différents pays d’Asie à un esprit de dialogue avec les disciples des grandes traditions religieuses de ce continent. Autant en 2009 que cette année, ces moments sont, non seulement formateurs, mais aussi de rencontre et d’échange d’expériences.

Il s’agit d’une véritable agora (carrefour), où émergent les défis et problématiques de différents contextes – par exemple du Pakistan –, mais aussi les expériences prophétiques comme celle du dialogue avec le bouddhisme monastique de la tradition theravada de Thaïlande. Surtout après les semaines qui ont suivi le tremblement de terre et la crise nucléaire du Japon, on ne peut passer sous silence à quel point ces années de dialogue ont permis au Mouvement des Focolari et à celui du Rissho Kosei kai de vivre ces terribles événements dans un climat de profonde amitié et d’aide réciproque. Le dialogue universitaire et social vécu en Inde avec des hindous de diverses organisations gandhiennes et les institutions universitaires est tout aussi prometteur.

En Asie, les caractéristiques spirituelles communes viennent en relief à coté des différences et des traditions spécifiques de chaque pays et mouvance culturelle. Diverses formes de rapport sont mises en évidence entre chrétiens et disciples de l’indouisme, de l’islam, du bouddhisme ou des cultures telles que le confucianisme et le taoïsme.

Les Focolari vivent en première ligne les défis que l’Eglise catholique perçoit dans ces communautés. Dans la restitution des travaux de l’Ecole vient clairement en évidence comment dialogue et évangélisation sont différentes facettes de la même mission de l’Eglise, qui doit être avant tout témoignage tant personnel que surtout communautaire, pour garantir une présence constructive et crédible de l’annonce de Jésus Christ. D’autre part, les cultures asiatiques saisissent souvent du christianisme occidental des aspects non encore approfondis ni valorisés.

La School for Oriental Religions s’est concentrée cette année sur l’amour dans les différentes traditions. Il faut souligner la présence de l’archevêque de Bangkok, Mgr Francis Xavier Kriegesak, doyen de l’Ecole, et les apports du moine Phramaha Sanga Chaiwong, prieur d’un important temple des environs de Chiang Mai au nord de la Thaïlande, et ceux du professeur philippin Julkipli Wadi, musulman, titulaire de la chaire d’Islamologie à l’University of the Philippines.

Trois jours de dialogue et de confrontation qui, à long terme mais déjà dès à présent, ne pourront que produire – comme cela a été dit – “des remèdes appropriés aux fondamentalismes et aux abus”.

Roberto Catalano

Source: Città Nuova

Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Spiritualité de communion à la De Paul University de Chicago

« Je te montrerai la voie de la Sagesse. » Cette devise en latin est inscrite sur les murs de la De Paul University, fondée à la fin du XIXe siècle par la congrégation des Missions de Saint Vincent De Paul, pour assurer une formation adéquate aux enfants des émigrants catholiques de la ville de Chicago. Aujourd’hui, avec ses vingt-cinq mille étudiants, elle est la première institution Universitaire de l’Illinois et figure dans les dix premières des USA. Le passage, tiré du Livre des Proverbes, semble prendre une signification particulière ces jours pendant lesquels l’Université a organisé la semaine annuelle de réflexion World Catholicism Week intitulé Catholic Spirituality : a global communion. Des interventions de personnalités de premier plan sont prévues durant toute la semaine A la journée d’inauguration, le 11 avril, caractérisée par diverses tables rondes, certaines ayant lieu en même temps, des experts du Mouvement des Focolari ont été invités à présenter divers aspects de la dimension communautaire de la spiritualité de Chiara Lubich. Le professeur Judith Povilus a présenté l’expérience interdisciplinaire, interethnique et interculturelle de l’Institut Universitaire Sophia de Loppiano. Le professeur Donald Mitchell a proposé l’aspect de l’écologie conjugué avec le dialogue interreligieux, pendant que le professeur Paul O’Hara a abordé l’aspect du profil marial. Enfin, Maria Voce a parlé de La spiritualité et la théologie trinitaire dans la vie et dans la pensée de Chiara Lubich. Dans une salle remplie de personnalités académiques et de représentants du monde catholique, la présidente du Mouvement des Focolari a mis en évidence quatre points de la spiritualité de communion – Dieu amour, l’amour pour le frère, l’amour réciproque et Jésus abandonné, clé pour réaliser l’unité – s’arrêtant en particulier sur le mystère de Jésus abandonné, comme secret pour guérir toutes les blessures provoquées par les divisions et les fractures. Faisant référence à l’expérience de lumière vécue par Chiara Lubich durant l’été 1949 et à ses intuitions sur la spiritualité de communion, comme reflet de la vie trinitaire, Maria Voce a lu quelques passages des notes de la fondatrice des Focolari, montrant qu’il s’agissait bien d’une expérience communautaire. Elle a conclu en soulignant la profonde consonance entre la spiritualité de communion et la pensée exprimée dans la lettre Novo Millennio Ineunte, et en présentant l’enjeu de l’Institut Universitaire Sophia, qui désire « fournir les fondements et les perspectives d’un savoir global, d’une culture née du charisme de l’unité, fruit d’une spiritualité communautaire profondément vécue comme reflet de la vie trinitaire ». A Maria Voce ont répondu deux théologiens : le professeur Tom Norris, membre de la Commission  Théologique Internationale, et le professeur David Schindler, directeur de l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille à la Catholic University of America. Tous deux ont indiqué, avec des perspectives différentes, l’actualité de la pensée trinitaire de Chiara Lubich et le courage de sa proposition à l’Eglise et à la réflexion théologique contemporaine. T. Norris rappelait, en fait, comme un théologien l’avait récemment affirmé, que la Trinité est la grammaire de toute théologie. D. Schindler a mis l’accent sur le profil marial de la spiritualité communautaire de Chiara et sur sa capacité à réponde de façon positive à la Philosophie des Lumières. Impossible à la fin de la soirée de ne pas penser à un lien entre cette Voie de la Sagesse que l’Université De Paul se propose d’offrir à ses étudiants et le charisme de communion de Chiara Lubich, don de Dieu pour cheminer sur cette route.

De notre envoyé Roberto Catalano

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Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Rencontre interreligieuse à Chicago

La Synagogue Kehilath Anshe Maarav (KAM) de Chicago, construite en 1847, a offert un cadre idéal pour la rencontre entre deux cent fidèles de différentes religions. Située à Hyde Park, sur la 50ème Avenue, elle a été la première synagogue du Mid-West (Etats du Centre-Ouest des USA). Son architecture parait s’inspirer des valeurs du dialogue. L’événement a rassemblé des luthériens, arméniens, presbytériens, catholiques, mais principalement des juifs, musulmans, indous, bouddhistes, sikhs et zoroastriens.

Une trentaine de personnes présentes se sont alternées sur la scène pour partager des moments de communion spirituelle. Ceux-ci ont été vécus au cours de ces trente dernières années dans l’esprit de fraternité semé par Chiara Lubich et du fait de sa rencontre avec des représentants de différentes religions en divers points du monde : des moments prophétiques qui se sont petit à petit réalisés au fil des années. Les rencontres entre Chiara Lubich et l’Imam W.D.Mohammed, à la Mosquée Malcolm Shabazz de Harlem en 1997 et à Washington D.C. en 2000, ont été revécues avec beaucoup d’émotion. On a évoqué le pacte d’amour réciproque conclu entre les deux leaders et toujours d’actualité. La représentante du Mouvement bouddhiste de la Rissho Kosei Kai a rappelé également la rencontre de leur fondateur, Nikkyo Niwano, avec Chiara. Les témoignages de nos ‘frères et soeurs aînés’ ont été émouvants: Emily Soloff, co-directrice pour les Relations Interreligieuses de l’American Jewish Committee, et une des présentatrices de la journée, a confessé que les moments de dialogue avec des membres des Focolari lui rappellent la célébration du shabbat juif du fait de la solennité et de l’esprit de famille qu’ils portent. Sister Laila Mohammed, fille de l’Imam W.D. Mohammed, lui a fait écho en confessant pour sa part combien l’expérience des rencontres islamo-chrétiennes à Rome a eu l’intensité spirituelle et porté les fruits spirituels autant qu’un pèlerinage à la Mecque.

Le Prof. Donald Mitchell, avec l’Imam Mikal Saahir et l’Imam Kareem Irfan, a proposé l’expérience de dialogue vécu entre universitaires et leaders religieux au cours d’un voyage d’étude en Asie. Les moments de partages aux Philippines et Thaïlande ont été fondamentaux pour le succès de la mission. Là, l’esprit de fraternité universelle expérimenté au Centre des Focolari a donné espoir et courage dans le dialogue comme solution aux conflits avec des minorités islamiques dans le sud des deux pays asiatiques. N’ont pas manqué non plus, les interventions de jeunes qui travaillent sur des projets de collaboration sociale pour aider des personnes en difficulté.

A la fin du programme, Maria Voce, présidente des Focolari, a salué l’assemblée avec le co-président Giancarlo Faletti, en répondant à des questions posées par une chrétienne, un musulman et une juive.

Cela a été manifeste de voir comment le dialogue, dans lequel les Focolari sont engagés, part du rêve de Chiara Lubich de contribuer à l’unité de la famille humaine et comment ce n’est jamais seulement une partie du Mouvement qui dialogue, mais tous, ensemble : jeunes et adultes, personnes âgées et enfants. L’intervention de Giancarlo Faletti a été particulièrement précieuse. Il a souligné comment, d’un côté, l’évènement du jour a donné l’occasion de feuilleter l’album de famille permettant de revenir sur des moments vécus en commun, et de l’autre, il a encouragé à ne pas céder à la nostalgie, mais à grandir dans l’amour envers tous.

Enfin Maria Voce, a proposé une comparaison efficace: «Souvent les religions ont été comme des sphères qui se frôlaient.  Il a fallu le courage de quelques-uns pour percer ces sphères, de sorte que les richesses de l’une puissent être partagées par l’autre. Cela a été le rôle prophétique de Chiara Lubich, Nikkyo Niwano, Dadaji du Mouvement Swaydhaya, l’imam W.D.Mohammed et d’autres. Grâce à eux, nous avons pu découvrir des richesses que nous ne connaissions pas. La peur a été dépassée. Maintenant nous devons continuer sur ce chemin». L’invitation finale est accueillie par un applaudissement debout: «Portons à nos communautés les richesses que nous avons découvertes. Vous, aidez le Focolare, et ensemble, aidons l’humanité».

Roberto Catalano

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Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Côte d’Ivoire : témoignage des Focolari qui vivent sur place

En raison de la situation humanitaire engendrée par le conflit en côte d’Ivoire, avec la présence de milliers de réfugiés, plusieurs ONG internationales, en lien avec l’Église locale, s’emploient à apporter refuge et assistance au plus grand nombre possible. Près de Man, à 600 km à l’ouest de la capitale, se trouve une cité-pilote du Mouvement des Focolari qui veut être un témoignage stable d’une vie qui se caractérise par l’amour évangélique et la fraternité. De quelle manière ses habitants sont-ils impliqués actuellement dans la situation difficile que vit le pays ?

Adriana Masotti a posé la question à Vitoria Franciscati, responsable de la cité-pilote, qui vit en Côte d’Ivoire depuis 20 ans.

Nous y sommes impliqués de façon plutôt directe : actuellement, Man est devenue une ville d’accueil, parce qu’il y a une zone de combat à 80 km d’ici, à l’ouest, d’où sont venus et d’où arrivent encore de nombreux réfugiés. Il en vient aussi de la capitale, Abidjan. Et nous sommes impliqués, comme toutes les autres forces du diocèse et de la ville, pour accueillir le mieux possible ces réfugiés. Dans la cité-pilote, nous avons un dispensaire, un cabinet médical et un centre de lutte contre la malnutrition. On a vu augmenter le nombre des malades et des enfants abandonnés tout petits, parfois avec un grand-père ou une grand’mère qui ne savent pas comment faire. Donc, tout le travail que nous faisons habituellement se trouve maintenant multiplié.

Nous sommes aussi un point de référence pour les organisations humanitaires qui arrivent dans la région pour lutter contre la faim : Médecins sans frontières, Croix rouge, etc. Dans la ville, l’eau manque et ils viennent se servir à notre puits. L’électricité est souvent coupée, mais nous avons un générateur qui fonctionne quelques heures par jour et nous le mettons à disposition. Il y a vraiment une collaboration entre tous.

Vous êtes loin de la capitale, mais des personnes qui font partie de la communauté des Focolari vivent à Abidjan, certaines près de la résidence de Gbagbo. Comment vivent-ils ces jours-ci ?

Là-bas, il y a des membres des Focolari dans tous les quartiers de la vielle, mais plus précisément dans le quartier près de la maison du président sortant. Nous sommes en contact avec eux plusieurs fois par jour et ils sont vraiment décidés à vivre et diffuser la vie de l’Évangile, à être des constructeurs de paix par la vie de l’amour, parce que c’est l’unique force capable de désarmer les cœurs, ce qui est le plus difficile, mais aussi le plus nécessaire.

Dans le pays, deux blocs opposés se sont formés, une opposition que l’on retrouve au sein même des familles. Comment vivent-ils cette division ?

Certes, voilà le point important : commencer à la maison, en famille. Quelques jeunes disent : « Je ne reconnais plus mon père », parce que la division est entrée et pénètre en profondeur. Avant, ce n’était pas ainsi. Mais les Ivoiriens sont aussi très sensibles et prompts à changer. Ils ne sont pas si durs que cela. Il faut donc croire en leurs capacités, parce qu’ils sont un peuple capable d’accueil, habitué à vivre ensemble entre ethnies et religions différentes. Il n’y a jamais eu de problèmes.

Alors quelle contribution voulez-vous donner à la société ivoirienne ?

Celle de la fraternité. La « règle d’or » : faire aux autres ce que vous voudriez que l’on vous fasse. C’est la contribution spécifique.

Qui se concrétise au quotidien, en essayant chacun de vivre l’amour envers l’autre, même s’il est différent…

Oui, c’est bien cela, en accueillant l’autre qui est différent de moi, qui ne pense pas comme moi. Et je crois que vont venir – il faut qu’ils viennent – des systèmes politiques issus des cultures, des racines culturelles africaines. Mais la prière est très importante en ce moment, car les cœurs se sont endurcis, et il faut vraiment une grâce de Dieu.

Source : Radio Vatican – Radio Journal du 10/04/2011

Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Devenir saint dans le Middle West

Lorsque l’on arrive à Chicago par la côte est, on s’aperçoit aussitôt que l’on se trouve dans un autre monde. La ville s’étend le long de l’immense lac Michigan sur 50 kilomètres et offre un panorama impressionnant, avec les gratte-ciel modernes et illuminés qui se détachent dans le fond. Même ici, la population est pluriethnique, mais différente de celle de New York et de Washington. Les diverses communautés, présentes depuis des décennies, voire parfois depuis un siècle, ont su conserver leur identité très affirmée, avec des quartiers qui reflètent bien leur origine. Ces dernières décennies, on remarque que les nouvelles générations s’intègrent davantage. Certains quartiers se heurtent à des problèmes de taille, qui affectent l’ordre public. Souvent, on conseille aux gens de ne pas traverser une rue ou l’autre s’ils veulent éviter les surprises désagréables. Mais ici, dans l’Illinois et dans tout le Middle West, les valeurs religieuses et traditionnelles sont encore fortes, et les familles tiennent à les transmettre à leurs enfants. Les Focolari sont arrivés à Chicago il y a cinquante ans. Depuis 1966, la zone de Hyde Park possède un centre Mariapolis dans les locaux d’une grande mansion, une maison construite dans le style américain typique du XIXe siècle, et que le diocèse a mise à la disposition du Mouvement. Non loin de là se trouve la ville de River Side North. Là-bas, Carol, une volontaire qui a connu le Mouvement dès les années 60, a lancé une expérience qui a entraîné d’autres personnes. Mère d’un enfant souffrant de pathologies graves, Carol, particulièrement sensibilisée aux problèmes relatifs à la souffrance, s’est tournée vers les autres et a construit des ponts avec des dizaines de personnes de son voisinage, qui souffraient pour différentes raisons. Progressivement s’est créé un vrai mouvement de soin réciproque, qui a déclenché une révolution sociale conduite par ceux que tout le monde appelle maintenant l’armée des anges et soutenue par l’administration locale. Un vrai modèle durable de soin réciproque, notamment vis-à-vis des personnes vulnérables aussi bien physiquement que moralement. D’autres municipalités ont contacté celle de River Side North, afin d’engager une collaboration pour trouver ensemble la solution aux problèmes à première vue insurmontables. Ayant eu connaissance de cette expérience, même le président des Bahamas a demandé une contribution pour appliquer la même méthode dans son pays. Samedi après-midi, précisément dans le gymnase à l’intérieur des locaux de la mairie de River Side North, les jeunes des Focolari ont organisé une rencontre pour ceux de leur âge. Ils ont invité leurs amis, mais aussi d’autres personnes, par l’intermédiaire de leurs contacts personnels, d’internet et de Facebook. Il était difficile pour tout le monde de prévoir combien viendraient. À la fin, le petit bâtiment était plein : environ trois cents jeunes avaient fait le déplacement, certains même des États voisins. Le programme était ambitieux : il y a eu une présentation de la vie de Chiara Luce Badano, actualisée par des expériences des jeunes du Mouvement, qu’ils vivent aujourd’hui à l’université et au travail. Une jeune fille, ballerine, est venue de l’Ohio pour l’occasion et a offert aux spectateurs un très joli numéro de danse. Une autre a composé une chanson sur Chiara Luce et sa sainteté. Maria Voce, qui est montée sur l’estrade pour saluer les jeunes, a saisi cette occasion pour souligner qu’aujourd’hui encore, Dieu s’adresse à chacun de nous en l’invitant à atteindre la sainteté, et qu’il le fait à travers des personnes comme Chiara Luce, qui montrent bien comment on peut se faire saint grâce à l’aide des autres : la famille et les amis qui vivent pour les mêmes idéaux. La présidente des Focolari a conclu en lançant un appel sans demi-mesure : « Tu veux te faire saint ? Si tu le veux, pourquoi ne le fais-tu pas ? » Elle a reçu une ovation en guise de réponse : même aujourd’hui, dans le Middle West comme dans les autres parties du monde, il y a un désir de sainteté.

De notre envoyé spécial Roberto Catalano

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[Viaggio Stati Uniti]

Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Washington : l’unité, une nouvelle frontière

« Les Américains voient toujours devant eux une nouvelle frontière à dépasser. C’est pourquoi ils sont arrivés sur la Lune. Ne voulez-vous pas arriver à l’unité ? ».
Maria Voce a conclu ainsi son discours à la communauté des Focolari de Washington, prés de la Catholic University of America où, dans la soirée du 7 avril, étaient rassemblées environ trois cents personnes pour saluer la présidente des Focolari, qui a séjourné pendant deux jours dans la capitale américaine.
La soirée a montré un fantastique panorama de races, cultures, groupes ethniques et couleurs, image authentique de cette ville, capitale des USA et lieu où se sont déroulés des moments qui ont fait l’histoire de l’Amérique et du monde. Il suffit de penser à la Déclaration d’Indépendance, aux discours d’Abraham Lincoln et à ceux plus proches de nous, de Martin Luther King et John F. Kennedy : « I have a dream » et « La nouvelle frontière ».
Maria Voce et Giancarlo Faletti avaient visité le matin même les sites historiques de la capitale, discernant les valeurs qui ont construit ce peuple fait d’une multitude de peuples : la simplicité, l’aptitude au concret, l’humilité, la capacité à pardonner, l’ouverture à la nouveauté, l’optimisme, la possibilité de faire toujours quelque chose même lorsque les portes se ferment. « Ce sont tous des dons extraordinaires – a souligné Maria Voce – contributions des nombreux peuples venus sur ces terres chercher un bien-être qu’ils n’avaient pas dans leurs Pays,  chercher de l’or dans le Colorado peut-être, mais surtout venus chercher la liberté ».
Et la liberté, en Amérique, se vit dans l’air que l’on respire et au fond du cœur de tous ceux qui ont choisi de vivre dans le Nouveau monde.
« Vous avez réalisé votre rêve de liberté. Mais peut-être peut-on faire encore quelque chose pour l’unité, que vous avez aussi réalisée, en un certain sens, parce que vous êtes de nombreux peuples unis » – a continué la présidente du Mouvement. Des contacts qu’elle a eus ces derniers jours, cependant, elle avoue avoir perçu chez beaucoup le regret  de vivre dans une ambiance trop individualiste. Maria Voce dit avoir perçu l’âme américaine dans la musique – ce qui en a surpris beaucoup dans la salle. Les spirituals, le jazz, le rock et le rap expriment, avec une sincérité plus forte que les mots, l’ardent désir  d’unité de ce peuple. « Ici la spiritualité de l’unité peut faire quelque chose pour réaliser votre rêve. […] Dieu a envoyé ici aussi le charisme de l’unité. C’est un don qui ne peut me laisser indifférente si je l’ai reçu ».

Toute la soirée avait montré combien les participants, dans leurs diversités ethniques et religieuses,  provenaient de tous les points du monde : Europe, Asie, Moyen Orient, Afrique. Avec la présence  très colorée d’une trentaine de Bangwa camerounais, avec la Mafua Cristina, présente aux USA ces jours-ci. Et la présence remarquable d’un groupe de musulmans afro-américains, guidés par l’imam Talib Sharif qui se rappelle qu’en l’an 2000, lorsque Chiara Lubich lança l’opération Washington entre les Focolari et les Afro-américains de religion musulmane, il effectuait son service militaire.
La rencontre l’intéressa au plus haut point, si bien qu’en sortant pour aller à la gare et regagner sa caserne, il se mit à chercher du regard les personnes des Focolari. Il ne les trouva pas, mais il savait qu’il s’était construit quelque chose qui allait continuer, dans cette relation établie entre Chiara et l’Imam W.D. Mohammed. Avec d’autres frères et sœurs musulmans afro-américains, il a témoigné ce soir que cette relation s’est renforcée et a grandi avec le temps.
En regardant la salle, à la fin des deux heures de rencontre, on comprenait qu’ici, à la Catholic University of America, on venait d’expérimenter à quel point est vrai le rêve exprimé sur le sceau des documents du gouvernement des USA : « E pluribus unum » (de beaucoup un seul). « Cela ne signifie pas être tous égaux, mais unis », a précisé Maria Voce.

De notre envoyé Roberto Catalano

[viaggio nord america]

Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

À la Fordham University, réflexion sur La spiritualité de l’unité

Institution universitaire fondée et gérée par les Jésuites, la Fordham University a deux campus à New York. Le principal se trouve dans le Bronx, tandis que celui de Manhattan, construit au début des années 60, en plein boom économique, accueille la Fordham School of Law (faculté de Droit). Il se situe au cœur de la Grande Pomme, dans le Lincoln Center, avec le New York Philarmonic, le Ballet Accademy, près de Broadway. C’est justement à la Fordham, le 5 avril, que s’est déroulée une journée de réflexion universitaire sur La spiritualité de l’unité: un don pour notre temps. Se sont alternés des spécialistes de différentes disciplines : théologiens, spécialistes des religions, experts de morale, mais les principaux ont été représentés par un groupe de juristes de différentes matières : avocats, juges et professeurs de droit de cette université et d’autres. Ce n’est pas seulement la préparation universitaire de grande valeur qui a marqué leurs présentations, mais la communauté de valeurs et de perspectives dont ils ont fait preuve dans leur façon de découvrir la dimension de communion. Droit et communion est en fait le titre de leur projet, qui, après des années de travail en faveur de la personne et des relations interpersonnelles, souvent à contre courant, a trouvé une expression de premier niveau dans la réalisation de ce symposium. Avec des collègues de différentes universités, ce groupe a présenté comment la spiritualité de communion peut constituer un modèle de référence pour ceux qui travaillent dans le milieu juridique. Il s’agit d’un groupe d’origines très variées : Russell Pearce et Ian Weinstein, tous deux professeurs de Droit, sont juifs. Amy Uelmen et Greg Louis sont catholiques. D’autres collaborent à distance : Deborah Cantrell, par exemple, professeur de Droit à l’Université du Colorado, est bouddhiste, David Shaheed, juge à la Cour Suprême de Marion Contry à Indianapolis, est musulman afro-américain. Quatre tables rondes ont été proposées durant cette journée :

  • la spiritualité de l’unité,
  • une économie basée sur la communion plutôt que sur de simples intérêts égoïstes,
  • la question éthique et la réalisation personnelle,
  • le concept d’amour du prochain dans le milieu juridique.

Une intervention de Maria Voce, présidente des Focolari, a conclu les travaux. Elle a répondu aux questions exigeantes et importantes des participants : de l’économie au domaine juridique, du dialogue interreligieux et interculturel à la théologie morale et au rôle de la femme dans l’Eglise. La présidente ne s’est pas dérobée: elle a esquissé des conseils précis sur la recherche de justice et de vérité dans le domaine juridique, elle a encouragé à travailler pour une mise en place de valeurs et de catégories qui paraissent altérées dans la sphère humaine, pour ainsi dire, mais qui n’en sont au contraire que la substance incontournable. Il s’agit de travailler pour trouver également les termes adaptés, alors qu’ils sont souvent sujets à de potentiels malentendus ou à des compréhensions partielles, comme celui, essentiel, de ‘fraternité’. Elle a parlé de la nécessité de continuer le dialogue, en dialoguant : c’est la vraie méthodologie pour arriver à accepter les différences et à les surmonter. En plus d’avoir souligné que c’est dans la relation qu’on construit sa propre identité, elle n’a pas eu peur de réfléchir sur la place actuelle de la femme dans l’Eglise et sur la nécessité que, au-delà du rôle des sexes, elle soit la leadership de la prévalence de l’amour. Surtout, Maria Voce a encouragé tout le monde à continuer à témoigner de l’unité dans la diversité. « Je sais que ce n’est pas facile – a-t-elle dit – car en fait, qui sait combien de moments de découragement et de déception vous avez déjà éprouvés, mais je vous remercie, parce que la vie de votre groupe dans la Fordham University a permis de trouver ici même un chemin vers la fraternité universelle ». De notre envoyé, Roberto Catalano [nggallery id=26]

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Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Maria Gloria Huille

Française, enseignante dans les services sociaux et, à 50 ans, rencontre des Focolari et nouvelle vie auprès de Chiara. Voici un résumé des 100 années de Maria Gloria.

A 100 ans, Maria Gloria a toujours le même regard, le même sourire et la même simplicité. Elle a aussi gardé sa lucidité et son humour. Aux focolarines qui lui demandaient le jour de son anniversaire : « Est-ce que nous arriverons au même âge que toi ? », elle a répondu : « Heureusement, cela n’arrive qu’à quelques-uns ! ».

Marie-Louise Céline Huille est née le 13 mars 1911 dans une famille française de 9 enfants, dont trois sont devenus religieux. Elle commence à travailler à 21 ans comme enseignante en économie familiale à Paris, puis comme directrice et enseignante dans des instituts de services sociaux en France, au Portugal, au Maroc, aux Etats-Unis…

Elle recherche de nouvelles méthodes pour simplifier le travail de la femme au foyer et met au point avec une amie un projet révolutionnaire pour l’époque : appliquer aux travaux domestiques les principes de l’organisation scientifique du travail en usine.

En août 1963, à 50 ans, elle rencontre le Mouvement des Focolari : une révolution dans sa vie ! Avec la fraîcheur d’une jeune fille, elle entre au focolare et reçoit de Chiara son nom nouveau. Quand le cardinal Jean-Marie Villot – Français lui aussi – demande à Chiara Lubich quelques collaboratrices, celle-ci n’hésite pas à lui envoyer Maria Gloria. A la mort du cardinal, l’aventure continue dans la maison même de Chiara, à Rocca di Papa.

C’est à la Casa Verde, qui accueille les focolarines âgées et où Maria Gloria vit maintenant, que le maire de Rocca di Papa est venu lui souhaiter son anniversaire.


Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Le Jubilé des Focolari dans le Nouveau Monde

A la fin, on a l’impression d’être sur la Broadway, à la conclusion d’un musical. Chemises noires pour les hommes comme pour les femmes, petits foulards jaunes ou bleus pour les jeunes filles, des danses et une suite de chansons connues qui racontent les joies et les préoccupations, les douleurs et les rêves du peuple américain des Etats-Unis. L’applaudissement prolongé exprimait la joie et la reconnaissance pour «cette journée inoubliable pour toute l’Amérique du Nord», comme le commentaient les présentateurs, journée qui a demandé un demi siècle de préparation !

Le rendez-vous, qui avait lieu à 150 km au nord de New York, célébrait en fait le 50ème anniversaire de la présence du Mouvement des Focolari en Amérique du Nord. Sont présentes 1300 personnes, représentant les nombreuses communautés répandues dans tout le Canada, les Etats-Unis et les Caraïbes. Des juifs et des afro-américains musulmans partagent aussi cette fête. «C’est un pays adapté à la spiritualité du Mouvement – affirmait Chiara Lubich, à son arrivée aux USA en 1964 – il y existe un vrai sens de l’internationalité».

C’était sa première visite. Il y en aura six autres, ce qui souligne l’importance stratégique qu’elle attribuait à cette partie de continent. A chaque fois, la fondatrice a ouvert des voies nouvelles : du dialogue avec les afro-américains musulmans (elle a été la première femme à parler à la mosquée Malcolm X) à la collaboration avec des acteurs, des metteurs en scène et des scénaristes de Hollywood.

Et dire que ça ne semblait pas le moment de débarquer dans le Nouveau Monde. Voilà comment ça s’est passé. Julia Conley, de Détroit, rentrée aux Etats-Unis après la Mariapolis de Fribourg en 1960, écrivit à Chiara Lubich et à don Foresi d’envoyer quelqu’un aux USA qu’elle aurait accueilli. La lettre ne produisit aucun effet. Mais cette femme (en vraie américaine), sans état d’âme, écrivit de nouveau, en envoyant cette fois-ci la somme pour deux billets d’avion. Chiara dit alors: «ça c’est un signe de Dieu». Et elle envoya Silvana Veronesi, une de ses premières compagnes, et Giovanna Vernuccio. Et c’est en 1961 que Giovanna retourne à New York avec Serenella Silvi (présente dans la salle et fêtée) et Antonio Petrilli qui ouvrirent les deux focolares.

Jouant avec les apps – applications sur les téléphones de dernière génération –, les jeunes ont fait faire le tour de l’Amérique du Nord à la salle, en présentant avec des photos, récits en direct et vidéo, la vie et les initiatives des différents Etats. Les effets spéciaux pouvaient-ils manquer? Et voilà que la communauté de la Côte Ouest, celle du Pacifique, où se trouve Hollywood, ont eu l’idée de commencer avec le jingle d’ouverture des films de la Twenty Century Fox (studio de production), avec les projecteurs pointés sur le ciel – vous vous souvenez – et la musique incomparable, remplaçant le nom du studio par celui de West Coast Focolare (‘Côte Ouest Focolari’).

Mais le moment culminant devait encore arriver. C’est alors que Maria Voce et Giancarlo Faletti monte sur la scène pour un dialogue avec la salle. Soixante minutes de conversation, en répondant à onze questions qui concernaient des thèmes fondamentaux, de la peur de la souffrance et de la mort au rapport entre l’Evangile et les niveaux de bien-être, des abus sexuels dans l’Eglise américaine au rapport avec les mass média.

«Permettez-moi de penser à ces deux jeunes filles qui avaient devant elles cette immense nation – a confié la présidente – et de voir aujourd’hui, après 50 ans, combien s’est développée la famille que vous représentez». Une courte pause, puis une recommandation pour chacun: «Voilà le souhait de Chiara, celui d’être une Silvana, une Giovanna qui retourne dans sa ville avec le même désir brûlant de témoigner du charisme de l’unité».

Maria Voce est touchée par la simplicité, pureté et générosité de ce peuple, mais elle souligne à présent l’optimisme, qui en n’importe quelle situation aide toujours à trouver une solution. Et elle lance spontanément une phrase qui résonne comme un slogan: «Après ces 50 ans, il y a encore quelque chose à faire, et nous le ferrons!»

Dans son message, Benoît XVI avait formulé le souhait que «conscient de la dimension multiculturelle importante du Focolare en Amérique du Nord, je prie afin que les liens tissés avec les membres des autres communautés religieuses portent des fruits en abondance pour que progresse la compréhension réciproque et la solidarité spirituelle au service de toute la famille humaine».

Paolo Lòriga

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Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

USA. Dialogue tous azimuts avec les jeunes.

Les voir de près, c’est quand même autre chose. En fait, les jeunes les avaient vus plusieurs fois sur des enregistrements vidéo, ils connaissaient le timbre de leur voix, ils savaient leur simplicité, mais pourtant c’était la présidente et le co-président d’un des mouvements ecclésiaux mondiaux les plus importants et certainement à la plus grande diffusion géographique. Donc, il était compréhensible – comme une jeune coordinatrice l’a révélé au milieu du programme – que parmi les 130 Gen des Etats-Unis (les jeunes les plus engagés chez les Focolari) l’anxiété soit au summum. Mais ensuite, tout s’est évanoui, peu après le début du rendez-vous attendu, qui s’est déroulé dans la cité-pilote Luminosa (blanchie par une neige légère), à deux heures de route au nord de New-York.

« Avec votre spontanéité, vous nous avez mis à notre aise et nous sommes vraiment bien avec vous », a expliqué une jeune fille en se tournant vers Maria Voce et Giancarlo Faletti. Il s’agissait de la première fois, pour les uns comme pour les autres, et l’harmonie fut manifeste dès le premier instant. A tel point que les deux hôtes spéciaux ont déclaré à l’unisson qu’ils imaginaient que, du ciel, la fondatrice Chiara Lubich regardait avec bonheur ces jeunes visages.

Deux heures d’effervescence, de musiques et d’images, de confidences et de questions. Deux heures légères et intenses, pendant lesquelles les jeunes les ont mis au courant de leur vie et de leur malaise dans la société américaine actuelle et des difficultés à parler de Dieu et de l’Eglise avec ceux de leur âge. Les frais universitaires élevés sont particulièrement contraignants (de 10 à 60 000 dollars annuels), et la polarisation de la politique entre les démocrates et les républicains. En même temps, ils désiraient recevoir des avis et des indications, fruits du charisme de l’unité.

« Soyez les enfants de Chiara, riches de son héritage et conscients de la porter à tous : plus on le partage, plus il augmente. Vous êtes jeunes et forts, et les personnes, même sans le savoir, attendent d’être inclus dans le projet d’unité du monde », a dit Maria Voce. « Ne perdez pas le trésor de Jésus – a-t-elle indiqué ensuite – Lui vivant, vrai et ressuscité, veut être parmi vous et avec vous pour marcher dans les rues de votre ville pour annoncer, guérir, consoler ». Et dans la même perspective, Giancarlo Faletti a souligné le lien vital avec la Parole et l’Eucharistie : « Jésus est d’une puissance incroyable et il est proche de vos espérances ».

Enfin, le cœur du rêve américain (que chacun peut faire) trouve une haute perspective dans le mandat spirituel tout juste reçu. Une tâche qui engage, stimule et exalte ces jeunes aux traits physiques très différents. Essayer de devenir le numéro un est exaltant, mais combien de responsabilités y sont liées. C’est ainsi qu’une jeune fille de San Antonio dit franchement, en se tournant vers Maria Voce : « Merci d’avoir accepté d’être présidente ».

De notre envoyé Paolo Lòriga

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Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Passion pour l’Algérie : les moines de Tibhirine

Passion pour l’Algérie : les moines de Tibhirine

512 p. + 16 pages cahier-photos couleur

Au coeur de cette tra­gique his­toire d’enlèvement et de dés­in­té­gration de l’Algérie, appuyée par les éléments d’enquête les plus actuels, on découvre aussi les Algé­riens musulmans morts pour avoir refusé de cau­tionner la vio­lence, ainsi que la réelle raternité inter­re­li­gieuse qui se vivait dans la région musulmane la plus conser­va­trice l’Algérie.

Prix des libraires Siloë 2006

http://www.nouvellecite.fr/-Livres-.html

Avril 2011

« Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »

Jésus sait que sa passion n’est pas un événement imprévu, ni lié à la seule volonté des hommes mais s’inscrit dans un dessein de Dieu. Il va être condamné et rejeté, mais la « coupe » vient des mains de Dieu. Jésus nous enseigne que le Père a un dessein d’amour sur chacun d’entre nous et nous aime tous personnellement. Si nous y croyons et y répondons par notre amour – voilà la condition – tout concourt à notre bien. Pour Jésus, rien n’est arrivé par hasard, pas même sa passion et sa mort. Et puis il y a eu la Résurrection, que nous célébrons solennellement ce mois-ci. L’exemple de Jésus, le Ressuscité, doit illuminer notre vie. Tout ce qui nous arrive, notamment ce qui nous fait souffrir, est à interpréter comme une volonté de Dieu qui nous aime ou une permission de sa part, manifestation elle aussi de son amour. Alors dans notre vie tout prendra un sens, tout nous servira, même ce qui nous apparaît sur le moment incompréhensible ou absurde, même ce qui peut nous précipiter comme Jésus dans une angoisse mortelle. Il suffira qu’avec lui nous sachions répéter, dans un acte de confiance totale envers l’amour du Père :

« Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »

Ce qu’il veut, c’est que nous vivions notre vie, que nous le remercions avec joie des dons de la vie. Sa volonté n’a rien à voir avec l’idée qu’on s’en fait parfois : un avenir auquel se résigner, surtout lorsque nous sommes confrontés à la souffrance, ni avec une succession d’actes monotones qui jalonnent notre existence. La volonté de Dieu est sa voix qui nous parle sans cesse et nous invite, elle est la façon dont il nous manifeste son amour, pour nous donner sa vie en plénitude. Cette volonté de Dieu, nous pourrions nous la représenter par l’image du soleil et de ses rayons. Les rayons sont comme sa volonté sur chacun de nous. Chacun chemine sur un rayon, dans la volonté de Dieu sur lui, distinct du rayon de celui qui est à côté de lui, mais appartenant au même soleil. Nous tous, ne suivons qu’une seule volonté, celle de Dieu, mais qui se présente sous des formes différentes pour chacun. Et plus les rayons se rapprochent du soleil, plus ils deviennent proches les uns des autres. Nous aussi, plus nous nous rapprochons de Dieu, en accomplissant toujours plus fidèlement sa volonté, plus nous nous rapprochons les uns des autres jusqu’au jour où nous ne serons plus qu’un. Vivre ainsi peut transformer notre vie. Au lieu de privilégier ceux qui nous plaisent et de n’aimer que ceux-là, nous pouvons nous approcher de ceux que la volonté de Dieu place à nos côtés. Au lieu de choisir de faire ce qui nous plaît, nous pouvons donner la préférence à ce que la volonté de Dieu nous suggère. En étant entièrement projetés dans la divine volonté de l’instant (« ce que tu veux »), nous serons tout naturellement détachés de notre moi (« non pas ce que je veux »). Et en cherchant Dieu seul, ce n’est pas le détachement pour lui-même que l’on recherche, mais on le trouve de fait. Alors notre joie sera pleine. Il suffit de se plonger dans le moment qui passe en accomplissant, à cet instant, la volonté de Dieu, en répétant :

« Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »

Le moment passé n’est plus et le futur n’est pas encore là. Nous ne pouvons aimer Dieu que dans le présent qui nous est donné, en lui disant notre propre « oui », à sa volonté. Un voyageur dans le train arriverait-il plus vite à destination en avançant dans le couloir du wagon ? Comme lui, restons assis à notre place, dans le moment présent. Le train du temps avance tout seul. Aimons donc ce sourire à donner, ce travail à accomplir, cette voiture à conduire, ce repas à préparer, cette activité à organiser, celui qui souffre à côté de nous. L’épreuve et la souffrance ne doivent pas non plus nous effrayer si, avec Jésus, nous y reconnaissons la volonté de Dieu, ou plutôt son amour pour chacun. Et nous pourrons lui adresser cette prière : « Seigneur, donne-moi de ne rien craindre, car tout ce qui arrivera ne proviendra que de ta volonté ! Seigneur, donne-moi de ne rien désirer, car rien n’est plus désirable que ta seule volonté. Qu’est-ce qui importe dans la vie ? Ta volonté seule importe. Donne-moi de n’être effrayé par rien, car en toute chose réside ta volonté. Donne-moi de ne me glorifier de rien, car tout vient de ta volonté. » Chiara Lubich


Parole de vie préparée par Chiara Lubich pour le mois d’avril 2003.

Castel Gandolfo : croyants et non croyants en dialogue

Maria Voce aux USA

Après avoir laissé Montréal, la présidente des Focolari a rejoint “Luminosa”, la Cité-pilote des Focolari pour l’Amérique du Nord, comme première étape de sa “découverte” des Etats-Unis, après une journée de voyage en voiture, comprenant les formalités à la frontière avec de nombreuses photos numériques du visage et les empreintes électroniques des dix doigts de la main. C’est la première fois que la présidente et le co-président viennent aux Etats-Unis. Une véritable jubilation, l’accueil à leur arrivée dans la Cité-pilote située aux alentours de Hyde Park – réputé pour avoir vu naître le président Roosevelt –, à deux heures de route de New York. Une banderole colorée de bienvenue avec des ballons accrochés, au début de la route qui mène à la Cité-pilote, a précédé la fête donnée par les habitants sous le flottement du drapeau à étoiles et rayures des USA et celui des Focolari, une grande étoile jaune or sur fond bleu azur, dessiné justement ici par Chiara elle-même en 1990.

La fondatrice des Focolari a visité la Cité-pilote en 1990 et en 1997, marquant ainsi sa proximité et sa participation à ce projet qui lui tenait à coeur pour cette nation immense et influente. Chiara en manifesta l’idée pour la première fois en octobre 1984. Depuis ce moment avait débuté la recherche du lieu le plus adapté et les fonds nécessaires, soutenue par la générosité de beaucoup et par les interventions de la Providence.

Elle a été inaugurée le 14 septembre 86, même si, au dernier moment, Chiara n’a pas pu venir pour des raisons de santé. Mais cette absence donna une valeur prophétique au contenu du message qu’elle adressa pour cette occasion solennelle. «Elle aura sa beauté et sa vocation», révélait-elle, tout en se demandant: «Sera-t-elle oecuménique et des personnes d’autres religions y participeront-elles?». Et elle confiait: «Tout laisse à penser que oui, parce qu’avant tout elle doit exprimer ce peuple. Or, étant donné que le peuple américain a su composer en ‘un’ des personnes et des groupes ethniques provenant d’états et de continents divers, ainsi la Cité-pilote des USA sera une ébauche exemplaire de cette unité des peuples, aspect social de la prière de Jésus “Que tous soient un”.

Vingt-cinq ans après, sur ces 33 hectares de terre, s’élèvent 22 édifices, une piscine en plein air et un terrain de sport. Il y a une cinquantaine d’habitants provenant de différentes parties du monde. L’été, nombreux sont ceux qui prolongent leur séjour pour partager l’expérience d’une fraternité cosmopolite. Les logements pour les familles et pour les jeunes, pour les prêtres et pour les religieuses, s’alternent au sein des focolares. L’église, dédiée à Notre-Dame de la Lumière, s’élève au milieu de la citadelle. Les différentes sales permettent des rencontres jusqu’à 300 personnes, de jeunes enfants jusqu’aux évêques, ou des familles. Un petit lac et un cours d’eau complètent le paysage fréquenté par une diversité sympathique d’animaux, dont les écureuils très sociables.

C’est dans ce cadre que Maria Voce et Giancarlo Faletti ont rencontré pendant deux jours les responsables du Mouvement du Canada, des USA et Caraïbes et de l’Océanie. Depuis mardi 29 mars une retraite spirituelle a commencé pour 260 focolarines et focolarini dirigeants de l’Amérique du Nord.

De notre envoyé Paolo Lòriga