Mouvement des Focolari
Au Parlement Européen de Strasbourg

Au Parlement Européen de Strasbourg

9 juin 2011 – «Nous écrivons ces notes dans le vol de retour de Strasbourg. Il y a à peine quelques heures, nous étions dans la salle ‘Low N 3.4’ du Parlement européen, où se déroulait le Séminaire “Europe et dialogue. Une valeur politique pour un monde globalisé”, promu par le Mouvement politique pour l’unité (Mppu). 32 participants, parmi lesquels sept parlementaires européens de trois partis différents (PPE [Parti populaire européen], S&D [Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates], Verdi [parti politique italien]) – cinq italiens, un allemand, une autrichienne – à coté de trois représentants d’ONG auprès du Conseil de l’Europe et de quelques assistants parlementaires. La rencontre a été significative: vu le “nomadisme” typique des parlementaires européens, ceux qui nous ont rejoints dans cette petite salle (à peine 40 places), l’ont vraiment fait par conviction, et d’autres députés de différents pays ont voulu également se rendre présents, via email ou par sms, regrettant de ne pouvoir participer du fait d’autres engagements en même temps: cela dit bien leur recherche et leur estime envers la politique de communion inspirée du charisme de Chiara Lubich. Il nous semble possible maintenant de commencer à former un petit réseau de parlementaires même au niveau européen, qui s’appuie sur celui des députés de différents parlements nationaux, en particulier dans la perspective du projet ‘Ensemble pour l’Europe’. Chaque partie du programme a été importante pour donner le sens du dialogue entre les différentes identités, soutenu par l’exemple de fraternité, qui est le don du Mppu à la politique. Paolo Giusta (fonctionnaire UE à Bruxelles) a été modérateur de la rencontre. Il l’a introduite et il a présenté les lignes directrices du Mppu, dont Marco Fatuzzo a ensuite communiqué quelques réalisations concrètes, en s’attardant en particulier sur “laboratoires de fraternité” commencés depuis un certain temps dans les parlements nationaux en Italie, au Brésil, en Corée du Sud. L’exposé principal a été donné par Jesús Morán – responsable des activités culturelles du Mouvement des focolari – sur quelques aspects  anthropologiques et culturels du dialogue. Un autre don de valeur, la présence de Gérard Testard et de Severin Schmidt – du Comité d’orientation de ‘Ensemble pour l’Europe’ – qui ont présenté le parcours de “EpE” et le rendez-vous de Bruxelles, en donnant le fil conducteur de cette extraordinaire expérience, dont les étapes fondamentales ont été les événements de Stuttgart 2004 et Stuttgart 2007. La député italienne Silvia Costa (S&D) affirmait en conclusion: “…nous sommes très intéressés par ce dialogue et je suis certaine que ceux qui sont ‘non-croyants’ se sentent interpellés par le Projet qui nous a été présenté”. La député autrichienne Ulrike Lunacek, du parti des Verdi, à son tour, disait d’avoir déjà eu l’occasion de connaître le projet d’ ‘Ensemble pour l’Europe’ dans son pays et qu’elle se considérait déjà invitée à la Journée du 5 mai 2012 à Bruxelles. Nous reviendrons au Parlement de Strasbourg, en visant uniquement à l’unité comme objectif possible, afin que les institutions politiques en Europe s’ouvrent toujours plus à la puissance des “charismes”, certains que cette rencontre sera un de ces moteurs de la fraternité universelle pour laquelle Chiara Lubich a dépensé toute sa vie. Vraiment, comme elle avait coutume de le dire, “si un petit groupe de personnes est un, le monde sera un!”». Marco Fatuzzo – Président international du Mouvement politique pour l’unité

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Un car pour la Bulgarie. Récit d’accueil au quotidien.

Isabella Barbetta

«Depuis quelques mois, un monsieur aide à ramener le chariot des courses, devant le supermarché, en échange d’une pièce. Je commence à lui dire bonjour, mais il reste indifférent. J’essaie de l’aborder, mais il ne parle pas l’italien. Chaque matin, nous nous saluons et peu à peu la froideur disparaît. Il cherche du travail, mais personne ne s’arrête soit parce qu’il ne sait pas l’italien, soit à cause de son aspect bourru. Après l’été, sa femme, Valentina, vient aussi. Elle connaît l’italien parce qu’elle a été auxiliaire de vie auparavant. Avec Valentina le rapport est plus facile. Tous les matins, je m’arrête volontiers parler avec elle. Elle cherche du travail. Mais en Italie, ce n’est pas facile en ce moment. Ils dorment dans l’entrée du supermarché sur des cartons. Fausto réussit à leur trouver quelque chose pour la nuit dans un institut de religieuses. Désormais, chaque jour Valentina et Michel sont dans mes prières. Un matin Valentina n’arrive plus à parler ni à avaler. Je comprends que c’est sérieux. Je lui achète des médicaments, et demande à Fausto de lui rendre visite. Nous l’amenons à l’hôpital, où on la transfuse. Pour la nuit, je vais la rechercher et la ramener chez les Soeurs, avec son mari Michel resté dans la salle d’attente. Ils ne réussissent toujours pas à trouver de travail. L’hiver arrive et au lieu de retourner en Bulgarie, comme ils auraient dû le faire, ils retournent dormir dehors. Je leur porte des gâteaux que je confectionne avec beaucoup de chocolat afin qu’ils soient plus nourrissants. Noël approche. Un soir la température est à moins 2°, avec Fausto nous passons à coté du supermarché. Valentina et Michel sont assis sur un carton, gelés de froid. J’ai un serrement de coeur. Nous essayons de les convaincre d’aller passer la nuit au chaud. Le mari ne veut pas. J’ai envie de pleurer et dis que je passerais la nuit là, si on ne trouve pas de solution. Fausto demande comment se fait-il qu’ils ne soient pas rentrés en Bulgarie comme ils en avaient l’intention. La réponse est simple: “Nous n’avons pas d’argent pour acheter les billets.” Nous nous regardons avec Fausto: si le problème est l’argent, nous nous en occupons, nous ferrons moins de cadeaux à Noël. Nous nous renseignons quand est le départ du car pour la Bulgarie: le lendemain matin de la station Tiburtina. Nous rentrons à la maison et pendant que Fausto prend l’argent, je prépare un sac avec des sandwichs, du fromage, du jambon, des fruits, des gâteaux, de l’eau, etc. pour le voyage de deux jours. Nous partons avec Valentina et Michel, et à une heure et demie nous arrivons à la station Tiburtina. Nous nous échangeons les adresses, contents qu’eux aussi puissent passer un beau Noël en famille. Mais le lendemain Valentina téléphone car le car est complet et ils sont contraints de revenir à Ariccia, mais ils ont acheté les billets pour le vendredi suivant. Valentina me dit: “Italie pas vouloir, Bulgarie pas vouloir, seulement toi nous ‘vouloir’ du bien.” Ayant apprécié leur éducation et leur courtoisie, les religieuses les accueillent volontiers. A six heures du matin, vendredi, Fausto vient les chercher et les amène à Rome. Cette fois encore, je leur prépare un sac abondant de vivres pour le voyage avec en plus un beau manteau bien chaud pour remplacer la veste sale et en mauvais état de Valentina. Je n’ai pas pu trouver de travail à mes amis, mais je suis sûre de leur avoir donné un peu d’amour». NDLR: l’histoire a été racontée par Isabella en janvier 2008. Nous la proposons de nouveau aujourd’hui en raison de son extraordinaire actualité.

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“Les enseignements de Sophia”: quand philosophie, économie et politique se rencontrent

Les enseignements de Sophia” sont des cours magistraux tenus par des spécialistes autorisés de la culture contemporaine. Après Ugo Amaldi, le Card. Marc Ouellet, Stefano Zamagni et Sergio Zavoli, c’est au tour de Martha Nussbaum. Peu, sans doute, connaissent son nom: mais elle est la première à avoir introduit en 1986 le concept de “biens relationnels” – désormais utilisé en économie – et grâce au capability approach (approche selon les capacités) élaboré avec le prix Nobel Amartya Sen, elle a eu une influence considérable, même sur les Nations Unies, dans l’élaboration de l’indice de développement humain. Et pourtant ce n’est pas une économiste, mais une philosophe: il s’agit de l’américaine Martha Nussbaum, professeur de droit et d’éthique à l’Université de Chicago. Elle est connue dans les milieux universitaires, mais pas seulement, surtout pour avoir introduit la thématique des émotions dans la réflexion politique et sociale. Et ce sont justement les “émotions publiques” qui ont été la base des conférences qui l’ont amenée en Italie. A Loppiano, elle a d’abord rencontré les étudiants de Sophia, donnant lieu à un échange intéressant durant lequel ce ne sont pas seulement les étudiants qui lui ont posé des questions, mais, à leur tour, ce sont eux qui ont été interpellés par la Nussbaum. Il s’en est suivi une confrontation sur la cohabitation entre cultures et religions différentes, mais aussi sur les différents systèmes éducatifs, particulièrement riche du fait de la provenance géographique si bigarrée des participants. Le rapport entre philosophie et économie a également occupé une bonne partie du débat, à partir du récit de l’expérience directe de la Nussbaum avec Sen: thème qui a introduit celui de l’interdisciplinarité du savoir et de la nécessité de collaborer entre les étudiants des différents secteurs. Par rapport à l’expérience de Sophia dans sa spécificité, la Nussbaum a observé qu’elle fournit «une sorte de formation interdisciplinaire qui est déterminante dans la formation des “citoyens du monde”: si on se limite à un seul domaine de connaissance, on n’est pas suffisamment équipé pour cela». Et aux étudiants elle a adressé l’invitation à «chercher à comprendre comment mettre ensemble l’approche critique et celle émotionnelle», éléments essentiels, dans sa pensée, pour construire une société qui sache respecter tous les aspects de la vie humaine. La conférence ouverte au public, Public emotions and the decent society’, a ensuite été une sorte de voyage à travers le temps et l’espace – de l’Europe après la Révolution française et de la pensée de Comte et Mill, jusqu’à l’Inde de Tagore et Gandhi – pour examiner ensuite comment l’idée d’une société construite autour d’une “religion civile” soutenue – justement – par les émotions, ait pu faire son chemin et se soit concrétisée particulièrement dans cette partie de continent. Emotions comprises surtout dans le sens d’“empathie” pour l’autre, de capacité à percevoir un “bien commun” à poursuivre qui embrasse toute la société et que l’Etat lui-même est appelé à promouvoir en commençant par l’éducation des enfants. Source: Città Nuova online

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Nairobi: congrès des évêques amis des Focolari

« Une occasion pour vivre la fraternité entre nous, évêques, pour approfondir des rapports d’amitié vraie : c’est le but de ce congrès », a dit en introduction Mgr Boniface Lele, archevêque de Mombasa (Kenya). Le cardinal Emmanuel Wamala, archevêque émérite de Kampala (Ouganda) lui a fait écho en ces termes : « Pour redécouvrir notre mission au service de la société, nous essayons de comprendre ensemble le plan de Dieu sur nous. Au cours de ces journées, nous pouvons constater qu’Il nous appelle vraiment à l’unité, qui est le charisme de Chiara Lubich. » A leur arrivée à la cité-pilote Piero (Kenya), les évêques se sont proposé de vivre « l’art d’aimer », de s’aimer réciproquement pour pouvoir mériter la présence de Jésus ressuscité. « C’est lui qui nous éclairera, qui nous donnera les dons de l’Esprit », a déclaré le cardinal Miloslav Vlk, organisateur du congrès. Un style de vie pratiqué par plus de 1000 évêques du monde entier, qui s’inspirent de la « spiritualité de communion ». En effet, Mgr Salutaris Libena, évêque auxiliaire de Dar-es-Salaam (Tanzania), affirme aussitôt : « Je suis venu pour apprendre à servir, à aimer concrètement. C’est une façon de vivre qui comble le cœur, qui procure une joie surnaturelle. » Et Mgr Salesius Mugambi, évêque de Meru (Kenya) : « Dans un climat serein et joyeux nous avons réfléchi, approfondi la spiritualité de communion. Nous avons écouté des nouvelles, partagé joies et douleurs, mais nous avons aussi vécu des moments de détente. » Un point de vue partagé par Mgr Damiao Franklin, archevêque de Luanda (Angola) : « Nous avons vécu ces journées dans la sincérité avec Dieu et avec nos frères. » Des temps de parole ont permis des échanges d’expériences variées, aussi bien personnelles que pastorales, avec un regard sur un certain nombre de défis auxquels le continent africain doit faire face : les conflits et les violences qui persistent malheureusement, la pauvreté, la corruption, véritable plaie sociale. Autant de défis dans lesquels les membres du Mouvement sont eux-mêmes confrontés, et auxquels ils s’efforcent de répondre en vivant la spiritualité de communion, qui les pousse à être acteurs de paix et d’unité partout où ils se trouvent. Ceci était confirmé par le témoignage de Mgr Patrick Mvemve, évêque de Klerksdorp (Afrique du Sud), qui a raconté son premier contact avec les Focolari, au temps de l’apartheid, alors qu’il était encore jeune prêtre : « J’avais rencontré deux prêtres qui vivaient vraiment l’évangile dans les faits, sans faire beaucoup de discours, et cela a éveillé ma curiosité. C’est ainsi qu’un jour, ils m’ont parlé de Jésus crucifié et abandonné. À partir de ce moment, j’ai été ‘guéri’ de mes préjugés et je suis devenu un apôtre de l’unité. » Autre sujet abordé durant le congrès : “l’urgence éducative”. L’expérience de la formation des prêtres selon la ‘spiritualité de communion’ a été appréciée par les évêques comme «  l’un des apports valables pour l’Église aujourd’hui », comme l’a affirmé Mgr Virgilio Pante, évêque de Maralal (Kenya). Pour conclure le congrès, les évêques ont voulu formuler un « pacte » d’amour réciproque, en déclarant leur volonté de continuer à prendre soin les uns des autres, une fois rentrés dans leurs diocèses. Mgr Sithembele Sipuka, évêque d’Umtata (Afrique du Sud), résume ainsi l’expérience vécue : « Je repars enthousiaste, avec un programme de vie. Je prie l’Esprit-Saint afin qu’il me guide pour le mettre en pratique dans la réalité concrète de tous les jours. » Des rencontres ont lieu dans différentes parties du monde entre évêques amis du Mouvement des Focolari, qui s’inspirent de la spiritualité de communion” proposée par Jean-Paul II et pratiquée depuis toujours au sein du Mouvement. Après ce congrès au Kenya, des rencontres similaires se tiendront à Madagascar et au Cameroun, de même qu’aux Philippines, au Moyen-Orient et en Europe. [nggallery id=49]

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Juifs et chrétiens : désir d’unité

Nous sommes le 22 mai. La cité pilote mexicaine “El Diamante”, dans les environs d’Acatzingo, à 150 km de Mexico, accueille un rendez-vous très attendu qui voit se réunir amis juifs et chrétiens, signe d’un dialogue vivant entre des personnes qui aspirent à retrouver leurs racines communes. « Nos frères aînés », avait dit Jean-Paul II dans une expression restée célèbre. Et, avait dit Chiara Lubich, « que se passera-t-il, lorsque nous approfondirons toujours plus la relation fraternelle entre nous, juifs et chrétiens, qui avons en commun le patrimoine inestimable de la Bible, dans ce que nous, chrétiens, appelons l’Ancien Testament? » C’est sur cette base que se poursuivent et se développent, aujourd’hui encore, l’amitié et le dialogue entre juifs et chrétiens au sein du mouvement des Focolari. La journée d’Acatzingo en est un exemple. Après une brève présentation, centrée sur la découverte de Dieu Amour, base de notre fraternité, et des traits de l’histoire des Focolari et du dialogue avec le monde juif, Liviu Bleier, le nouveai président du B’nai B’rith Mexique, a souligné que « la religion la meilleure est celle qui nous rapproche le plus de Dieu », et a exprimé son estime et sa joie à l’occasion de cette rencontre d’échange. Le groupe, composé de 23 amis juifs de Mexico et d’amis de la cité pilote, a visité les ateliers d’artisanat et l’école, reliée à la Mariapoli permanente, située dans un cadre rural et qui a pour objectif de former des personnes capables d’aimer et de pardonner et de vivre une culture du « don ». Les habitants de la cité pilote – jeunes, adultes et enfants – ont présenté une série de témoignages de vie chrétienne au quotidien, très appréciés par nos hôtes. La cérémonie autour de l’olivier, symbole de paix et signe commun entre chrétiens et juifs, a été un moment fort pour souligner la dimension de fraternité nous unissant tous : « Merci pour la façon dont vous nous avez accueillis », a affirmé l’un des participants, « merci pour cet esprit de fraternité, comme si nous nous connaissions depuis toujours ; cela me fait découvrir que nous devons être humbles et dans une attitude de service, pour nous changer nous-mêmes et changer le monde. » Prochain rendez-vous, du 21 au 24 août à Buenos Aires, pour un nouveau colloque judéo-chrétien, après celui qui s’est tenu l’année dernière à Jérusalem.  

Juin 2011

Dans ce verset, l’apôtre énonce le but et l’attitude de fond qui devraient caractériser chacun de nos comportements : faire de notre vie une louange à Dieu, un acte d’amour continu, dans la constante recherche de sa volonté, de ce qui lui est le plus agréable. « Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait. » De toute évidence, il faut avant tout connaître la volonté de Dieu pour pouvoir l’accomplir. Cependant, l’apôtre ne nous en cache pas la difficulté. On ne peut connaître la volonté de Dieu sans l’aide d’une lumière particulière pour discerner ce qu’il veut de nous dans chaque situation. Cette lumière nous évite bien des illusions et des erreurs. Il s’agit là d’un don de l’Esprit Saint, appelé « discernement », indispensable pour construire en nous une authentique mentalité chrétienne. « Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait. » Mais ce don si important, comment l’acquérir et le développer ? Une bonne connaissance de la doctrine chrétienne est, sans nul doute, indispensable, mais suffit-elle ? Pour l’apôtre, il s’agit surtout d’une question de vie, de générosité, d’élan pour vivre la parole de Jésus, en laissant de côté nos peurs, nos doutes et nos médiocres calculs. C’est une question de disponibilité et de rapidité à accomplir la volonté de Dieu. Telle est la voie qui nous permet d’avoir la lumière de l’Esprit Saint et de construire la nouvelle mentalité que cette parole attend de nous. « Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait. » Comment vivre alors la Parole de vie de ce mois ? Nous chercherons à recevoir nous aussi cette lumière nécessaire pour bien accomplir la volonté de Dieu. Nous essayerons de connaître toujours plus et mieux sa volonté telle que l’expriment sa Parole, les enseignements de notre Église, les devoirs liés à notre état de vie et à nos engagements, etc. Mais nous miserons surtout sur la vie, puisque c’est de la vie et de l’amour que jaillit la vraie lumière. Jésus se manifeste à celui qui l’aime et met en pratique ses commandements (cf. Jn 14,21). Ainsi, nous réussirons à faire la volonté de Dieu, le don le plus beau que nous pouvons lui offrir. Et il lui sera agréable, non seulement en raison de l’amour exprimé, mais également pour la lumière et les fruits de renouvellement chrétien suscités autour de nous. Chiara LUBICH

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La “bande du grain de blé”

Tininha Cavalcanti

Dans le monde entier a été célébré le vingtième anniversaire de l’Economie de communion, mais particulièrement au Brésil où elle est née. Un projet défini en son temps comme une « bombe », car déjà se pressentait qu’il portait en lui la capacité de parler de façon nouvelle dans l’action économique, en mettant la personne, ou plutôt, et avant tout, celui qui est dans le besoin, au centre de l’économie. Tu es brésilienne, de Recife, parmi les premières à avoir eu contact avec la spiritualité de Chiara. Comment as-tu vécu ces journées si spéciales ? A l’époque je travaillais au secrétariat de Chiara et je l’ai accompagnée pendant son voyage au Brésil. Ce furent des jours vraiment extraordinaires, attendus depuis longtemps… Je me souviens de nos conversations avec Vera Araújo, Heleno Oliveira et d’autres “passionnés” comme moi, issus du premier groupe de brésiliens qui avaient connu cette vie nouvelle : alors que les espoirs de voir se résoudre les problèmes sociaux – si intenses et évidents dans notre pays – s’étaient un peu affaiblis… Nous avions décidé de constituer la « bande du grain de blé » (en référence au grain de blé dont parle l’Evangile, qui meurt pour donner du fruit), prêts à donner notre vie afin que naisse un jour, à travers cet Idéal qui nous avait fascinés, une réponse forte. Et l’Economie de Communion a été justement cette réponse, et elle a résonné comme une “bombe” dans nos cœurs, surpassant toutes nos attentes. » Quand Chiara est repartie du Brésil, en 1991, comment te sentais-tu, qu’as-tu fait ? “Je suis restée un mois à Recife, immergée dans un coin d’humanité souffrante et assoiffée de justice. Mais comme tout était différent cette fois ! Les situations que j’ai trouvées, bien que très douloureuses, ne m’ont pas fait perdre la paix. Désormais la réponse était née, cette réponse que j’avais attendue depuis que j’avais connu l’idéal de l’unité en 1958 ! Je ne saurais dire autre chose. Chaque contact sur ma terre natale a été fructueux et plein d’espérance. Et je m’apercevais, avec un grand émerveillement, que je n’étais plus la même, je me sentais presque un ‘brûlant éclat de cette bombe’. Je peux seulement dire qu’à ce moment-là, j’ai eu la certitude que cela avait valu la peine d’y investir toute mon énergie. Et maintenant, nous voyons les effets positifs de l’EdC dans le monde entier, reconnue comme un projet qui sait répondre aux fortes inégalités non seulement du Brésil, mais qui est aussi accueilli dans le monde universitaire. »

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Economie de Communion, le futur s’actualise

Economie au futur. Dix-sept jeunes de différentes parties du monde lisent dans leurs langues le message qu’ils ont élaboré – « De São Paulo au monde entier » –, un programme de travail pertinent : « Que l’économie de 2031 soit une économie de communion pour nous et pour tous ». Cela traduit ce en quoi ils croient, ce en quoi ils osent espérer, mais aussi le résultat d’un chemin déjà commencé. Les 1.700 participants au congrès intitulé « La prophétie entre dans l’histoire. Vingt ans d’Economie de Communion », accueillent avec une profonde écoute les convictions et les demandes construites de ces jeunes, qui ne supportent plus les logiques capitalistes. «Nous, jeunes ici à São Paulo en mai 2011, avec les racines de mai 1991, mais plus que jamais responsables de ce que seront l’économie et le monde en 2031, nous croyons que l’EdeC est née sur terre, sur cette terre brésilienne il y a vingt ans, pour alimenter et rendre possible notre espérance». Leurs idéaux proclamés sont comme un sceau qui vient s’apposer sur les réflexions des experts et sur les témoignages des entrepreneurs qui ont jalonné le congrès. Ils constituent l’acte final de l’assemblée, constituée de 650 participants de 37 pays et qui s’est déroulée les quatre jours précédents Quel heureux choix que ce grand rendez-vous de l’EdeC au Brésil ! L’assemblée s’est déroulée à la Mariapolis Ginetta, à 50 km au sud de São Paulo, là où Chiara Lubich communiqua pour la première fois l’intuition qui avait mûri en elle après avoir observé douloureusement la couronne de favelas autour des gratte-ciels de la vaste métropole. Un autre choix, pas moins significatif, a été de placer le congrès le dimanche 29 mai à l’auditorium Simon Bolivar, dans le Mémorial de l’Amérique Latine, un centre réalisé par le grand architecte Niemeyer qui veut favoriser, à travers l’art, des liens plus étroits entre les peuples du continent. L’EdeC a «le potentiel de pouvoir transformer de l’intérieur le vécu économique, non seulement des entreprises, mais aussi des familles, des institutions financières, des politiques économiques», a souligné Maria Voce, présidente des Focolari, dans son message envoyé pour l’occasion. Elle rappelle qu’il ne faut pas oublier une condition fondamentale : «L’EdeC prendra un nouvel essor si elle a le monde uni pour horizon et si elle est capable de mettre en mouvement les cœurs, les actions, l’enthousiasme de ceux qui ont comme exigence de grands idéaux pour lesquels ils sont prêts à risquer leur vie». Alors, elle ne doute pas que «viendra une nouvelle saison de créativité et d’héroïsme de vous tous et nous répondrons alors à un grand rendez-vous de l’histoire». L’entrepreneur Alberto Ferrucci a illustré ces propos en résumant les travaux de l’assemblée. Rubens Ricupero, recteur de l’université Faapi de São Paulo, a exposé à grands traits les défis et espérances de l’économie. La sociologue brésilienne Vera Araujo a souligné les bases de la culture du don, alors que l’économiste Stefano Zamagni a parlé de l’EdeC comme d’une « renaissance » pour l’économie dans la globalisation. « Nous sommes venus au Brésil pour mieux comprendre l’inspiration de Chiara », a précisé Luigino Bruni, coordinateur de la commission internationale de l’EdeC. En traçant les perspectives, il a indiqué qu’ « aujourd’hui, il est nécessaire de faire un bond en avant, chacun et tous, si nous voulons nous engager avec espérance vers 2031 », parce que « l’EdeC s’occupe de la pauvreté et transforme les personnes, mais à présent il est nécessaire de changer également les institutions économiques ». Renversant le schéma dominant qui met le capital au centre, Luigino Bruni a affirmé que « l’élément premier fondamental de l’entreprise et de l’économie, ce sont les personnes. C’est leur créativité et leur passion qui font la différence ». Enfin, « l’EdeC est née et naît chaque jour d’un charisme. C’est aussi pour cette raison qu’existe un lien profond entre l’EdeC et les jeunes : les charismes et les jeunes ont en commun l’espérance, la foi dans le futur, les grands projets et les idéaux ». Les nouvelles générations dans l’EdeC sont un précieux fruit de ces vingt premières années, mais aussi une garantie de marcher vers le futur.   De notre envoyé Paolo Lòriga

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La Hongrie, maison pour tous

« Qu’attends-tu de nous ? » avaient demandé les focolarines de Hongrie à Chiara Lubich en 1985. La fondatrice des Focolari avait répondu : « Comme il y a 42 ans il n’y avait rien ou peut-être une seule personne avec cet Idéal, et que maintenant nous sommes un peu partout dans le monde, je m’attends à ce que dans votre pays, le Mouvement, qui est maintenant présent avec un certain nombre de personnes et avec un certain développement, envahisse toutes les villes et les villages ; qu’il contribue avec ses instruments, les différents mouvements dans le domaine religieux  et dans le domaine humain, à vivifier l’Eglise et à rénover la société ; et qu’avec les autres inventions de Marie il fasse qu’un jour le Cœur Immaculé de Marie triomphe. » Qui sait ce que dirait Chiara en voyant les développements survenus en terre hongroise depuis 1985. « Il faut remercier Dieu car ce que vous faites est merveilleux » affirme l’actuelle présidente, Maria Voce, devant le peuple des Focolari réuni le 28 mai à Budapest. Les témoignages d’engagements dans tous les domaines de l’agir humain font entrevoir un Mouvement en action, appelé à vivre aujourd’hui une nouvelle étape de son histoire. La rencontre se déroule dans une ancienne caserne russe, un symbole qui n’échappe pas à quelques-unes des 650 personnes présentes, comme pour confirmer le fait que le charisme de l’unité a en soi la force pour transformer la société. On commence avec une reconstruction inédite du voyage de Chiara en 1961 à Budapest, le premier des pays du bloc communiste d’alors. Un impact dur, à la vue de ce que le régime a opéré dans le pays et sur les personnes. Mais si la douleur fut très forte en Chiara, autant était forte l’impression que « Marie avait commencé son œuvre ». Et il était évident à la présentation des différentes communautés disséminées dans tout le pays, que cela ne soit pas resté qu’une impression 20110529-11 A ce peuple fier, avec une identité bien affirmée et en même temps à la recherche d’un équilibre entre nationalisme et ouverture à la dimension universelle, entre désir ardent de liberté et capacité de s’assumer responsable, Maria Voce souhaite de réussir « à dépasser cette méfiance vis à vis des autres peuples » qui peut être parfois un obstacle à la réciprocité. « Il est juste d’affirmer sa propre identité, mais dans le concert des nations », souligne la présidente. « Le défi est de découvrir les nombreux talents qui sont en Hongrie, de les donner, et d’accueillir ceux des autres peuples, d’apprendre toujours davantage à collaborer. Et en cela dans le Mouvement, tous  sont appelés à faire leur part » souligne Maria Voce. Les volontaires, par exemple, dans lesquels est inhérent l’appel à transformer l’humanité avec la conscience que «  notre petite part, là où nous sommes, contribue à l’avancée du Règne de Dieu dans le monde entier ; les personnes engagées dans Humanité Nouvelle, « appelées à  témoigner de l’Evangile de façon parfois héroïque, sans se laisser écraser par les situations, mais en les transformant avec l’amour ». « Parce que – comme disait Chiara dans une méditation – « tu sais ce qu’on  fait lorsqu’on a aimé ? On aime encore » ; « les familles interpelées par tant de difficultés qui en minent la solidité, auxquelles elles peuvent répondre avec «  un amour plus grand, toujours renouvelé, une ouverture sans limites, trouvant en Dieu la racine de cet amour »; les enfants qui veulent savoir de la présidente où trouver Dieu sont satisfaits de savoir que, par exemple, « ils peuvent le rencontrer dans les frères » ; les jeunes qui risquent d’être marginalisés s’ils ne sont pas conformes au ‘’troupeau’’ partent fortifiés avec cette certitude « que Jésus n’a pas été compris par tous.  Ne te préoccupe pas de cela, préoccupe-toi de ce que Dieu veut. Déjà par le seul fait que tu réussisses à donner ton idée, tu es un exemple, une provocation », encouragent Maria Voce et Giancarlo Faletti. Mais on ne peut manquer une question sur ce que sera le grand événement mondial pour les jeunes et que beaucoup d’entre eux ont voulu qu’il se déroule justement à Budapest : le Genfest, les 1 et 2 septembre 2012. Déjà le jour précédent, dans un tête à tête ouvert et profond avec une septantaine de Gen, et dans la grande rencontre du samedi, les jeunes veulent comprendre quelles sont les attentes pour cet important rendez-vous. Maria Voce ouvre son cœur : «  Ce devrait  être une grande fête, nous donner une très grande joie, à nous qui la préparons et aux jeunes qui la verront. A travers votre témoignage, il devrait  être évident que rien n’est plus beau que la révolution évangélique, la seule capable de changer notre vie. C’est une grande opportunité, un exemple de ce que la Hongrie est en mesure de donner. Vous avez beaucoup à faire pour préparer la « maison » aux jeunes du monde entier. J’ai hâte d’être à ce jour ! » Aurora Nicosia [nggallery id=46] [nggallery id=47]

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La famille et son dessein

Le congrès s’est ouvert sur le bienheureux pape Jean-Paul II, dont le pontificat a réservé « une attention prioritaire et passionnée à la famille ». Le cardinal Ennio Antonelli, président du Conseil Pontifical pour la famille, dans l’intervention qu’il lui a consacrée, a noté que « pour le pape de la nouvelle évangélisation, la famille, petite Église ou Église domestique, n’est pas seulement une façon de parler. Il s’agit d’une mise en actes de l’Église spécifique et réelle : les conjoints “non seulement revivent l’amour du Christ en devenant communauté sauvée, mais sont appelés à transmettre à leurs frères ce même amour du Christ en devenant communauté salvifique” » (Familiaris Consortio, 49). Le premier après-midi, la présidente des Focolari, Maria Voce, est venue tisser avec les participants (environ 1 100, de tous les continents) un profond dialogue, disant sa joie d’être avec des familles qui sont instruments d’unité dans leurs milieux de vie. Les témoignages ont montré combien la confiance en l’Amour transforme et éclaire le quotidien et sert de guide dans les moments difficiles (maladie, séparation, veuvage…). Deux moments ont été consacrés à l’éducation des enfants, en collaboration avec la section jeunes des Focolari, en vue de partager les objectifs éducatifs et de travailler ensemble à leur réalisation. L’éducation a aussi été au cœur des travaux de groupe : éducation à un style de vie sobre, à l’affectivité et à l’emploi des médias, selon diverses tranches d’âge. Une place particulière a été accordée aux jeunes familles, avec la liaison en direct par Internet largement suivie, en divers points d’écoute dans le monde. Il y a été question de l’affectivité, de la communication et de la spiritualité du couple. Parmi les messages reçus après la liaison, celui-ci, des familles de Slovénie : « Vous avez éclairé notre vie conjugale dans tous ses aspects. Vivre la spiritualité de l’Évangile nous mène à la plénitude du bonheur et renouvelle l’amour que nous voudrions porter au plus grand nombre de familles ».

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Nouveaux entrepreneurs : de la rue au marché

Il n’est pas situé dans les meilleurs lieux de passage des 650 participants à l’assemblée de l’Economie de Communion, mais c’est le stand le plus bondé durant les intervalles des travaux. Se vendent des sacs, des blousons et des objets pour l’habillement féminin. Le succès dû au nombre des visiteurs est visible. Les lignes des produits artisanaux sont un mélange de qualité et de design moderne, avec de belles touches d’originalité, et de même,  la provenance des matériaux employés est unique : bâches de camion désormais inutilisées et retaillées avec du cuir et du jean qui n’auraient servi à rien d’autre, et récupérés parce qu’écologiquement compatibles. Mais la principale caractéristique de l’exploitation sont les jeunes garçon et filles mineurs ou majeurs depuis peu, qui vivent des situations difficiles. La marque de fabrique « De la rue » est donc parfaitement explicative de l’initiative d’entrepreneurs, et  qui, courant avril a eu sa place au siège du pôle industriel Spartaco, à cinq kilomètres de la Mariapolis Ginetta. Connaissant les origines, elle semble davantage un pari qu’une réalité productive, mais en voyant la dizaine de jeunes garçons et filles au travail et en écoutant les motivations qui les habitent, on comprend la qualité des résultats produits qui donnent une garantie pour le futur de l’entreprise. Les jeunes travailleurs viennent en grande partie de l’un des quartiers où la pauvreté est évidente, le barrio Jardin Margarida, à Vargem Grande Paulista, à 30 kilomètres au sud de San Paolo. « Notre entreprise est plus qu’une entreprise. Nous nous aidons entre nous, parce que notre travail est un travail de groupe, mais aussi parce qu’il y règne un climat de famille. Nous commençons chaque jour avec la Parole de Vie tirée de l’Evangile et elle nous aide à dépasser les difficultés ». Divani âgée de 18 ans est arrivée ici après une année de formation professionnelle et un stage dans le Nord-Est, à Recife, dans l’exploitation mère liée aux principes de l’Economie de Communion. Derrière l’entreprise il y a la douceur et la détermination de Joào Bosco Lima de Santana, un entrepreneur qui s’est rendu en Italie pour se spécialiser dans la production de sacs, et qui est rentré dans son pays pour mettre en place une activité rentable. Mais il y avait en lui quelque chose de plus grand. Etant jeune il avait rencontré la spiritualité des Focolari, et il est resté touché par la proposition de Chiara Lubich de « mourir pour son peuple ». La vie l’avait ensuite conduit sur d’autres voies. Mais lorsqu’il a connu le Père Renato et sa maison des mineurs qui accueille les jeunes et les enfants de la rue, s’est consolidé en lui un désir : « Mettre à disposition ma compétence et ma vie pour donner une profession aux jeunes. Eduquer par le travail est une forme de développement et nous avons constaté que l’amour vécu pour une grande cause est capable de renouveler les choses, les idées, et les personnes qui viennent de la rue ». C’est sur la base de cette vérification quotidienne que Joào Bosco peut affirmer avec crédibilité que « Ici dans cette exploitation, la première chose que les jeunes possèdent, c’est la formation et non la production, tout en pointant sur la qualité ». Un paradoxe dans la logique d’entreprise, mais qui porte ses fruits. De la Côte d’Ivoire on leur a demandé de pouvoir apprendre cette activité productive pour ensuite la faire démarrer sur place, tandis qu’à travers les Jeunes pour un Monde Uni, au moyen de la coopérative Equiverso, a commencé l’importation de sacs en Italie. Les petites multinationales de l’EdeC grandissent. Paolo Loriga

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Quelle vie en Hongrie !

C’est sous le signe de la vitalité que s’est déroulé le voyage en Hongrie de Maria Voce et Giancarlo Faletti. Première étape avec les prêtres en contact avec le Mouvement des Focolari. Plusieurs d’entre eux ont apporté et diffusé ici l’esprit et ils racontent aujourd’hui leur engagement à reconstruire l’Eglise, le service comme les paroisses, les directeurs dans les séminaires, les vicaires généraux, leur rôle au niveau de l’enseignement ou dans les divers bureaux diocésains, le rapport simple avec les gens qui suscite la communauté, attire les jeunes, aborde ceux qui n’ont pas de références religieuses. Et, en plus des activités, ils offrent aux personnes présentes leur vie de communion qui soutient et alimente tout. L’après-midi du premier jour s’est déroulé une rencontre avec les responsables des diverses branches autour desquelles  le Mouvement en Hongrie s’articule. Les familles apportent les fruits d’un engagement sur tous les fronts vers les jeunes couples, les fiancés, les divorcés, les autres familles de tous âges ; les responsables du mouvement Humanité Nouvelle, expression des Focolari dans le social, ont passionné tout les participants avec leurs initiatives dans le monde de la santé comme de l’économie, de la politique comme de la pédagogie, ou dans le sport ; les laïques et les prêtres ont raconté le renouvellement en actes dans de nombreuses paroisses des 13 diocèses du Pays. Le dialogue est ouvert et touche de nombreux aspects. Equilibre entre la dimension locale et universelle : “Si l’élan pour réaliser le testament de Jésus ‘Que tous soient un’, est né dans une petite ville, à Trente, puis de là a atteint les dimensions du monde – se souvient Maria Voce -, cela veut dire que s’intéresser au prochain  est une école d’amour qui ensuite permet d’élargir le regard au-delà. Avoir un cœur élargi à la fraternité universelle ne signifie donc pas ne pas s’occuper du prochain”. A l’inverse, elle souligne un peu plus loin, “nous sentons en nous l’élan à sortir de nos frontières. Nous ne pouvons pas nous désintéresser de la grande famille du Mouvement dispersée dans le monde, nous cherchons à le faire par tous les moyens”. La question d’une gen 2 sur les différents apports (défis ???), même de caractère spirituel, auxquels on doit répondre, donne à la présidente l’occasion de se souvenir d’une des consignes que Chiara Lubich sentait fortement devoir laisser aux siens : “A celui qui te suit, laisse seulement l’Evangile, rien d’autre que l’Evangile”. Tout le reste est un instrument qui aide à concrétiser l’Evangile, explique-t-elle, mais “la chose la plus importante est de vivre la parole de Dieu. Se demander tout le temps comment vivrait Jésus”. Pendant la rencontre des responsables, comme le lendemain pendant celle avec les focolarini et les focolarines qui vivent en Hongrie, les questions n’ont pas manqué sur la façon d’améliorer les rapports interpersonnels à plusieurs niveaux, interrogations permises à ceux qui ont pris la décision de vivre une spiritualité collective. Le leitmotiv est celui d’un amour plus grand qui exige le maximum de soi-même, un amour libre du perfectionnisme ou du désir d’atteindre certains résultats, qui soit capable d’aller au-delà des différences naturelles entre l’homme et la femme, entre les grands et les petits, entre ceux qui s’occupent d’un aspect et ceux qui s’occupent d’un autre. Un amour qui engendre, qui fait mettre sa propre vie en jeu jusqu’à “laisser vivre Jésus en nous”. “J’ai été créée comme un don pour celui qui est à côté de moi et celui qui est près de moi a été créé comme un don de Dieu pour moi”, répétait Chiara Lubich avec conviction. Maria Voce le souligne aux personnes présentes en se rappelant également le modèle dont s’inspirait Chiara : “La famille de Nazareth, ou, encore mieux, la vie de la Trinité”. Le summum de la relation, de l’amour, des modèles hardis mais pas inimitables. L’expérience le démontre.   Envoyé par Aurora Nicosia

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La naissance de l’Économie de communion

Chiara note dans son journal :

« La “couronne d’épines” – c’est par ces mots que le cardinal Arns [alors archevêque] de Sao Paulo, définit la ceinture de pauvreté et de misère qui entoure la ville où pullulent les gratte-ciel – c’est le grand problème de ces terres en voie de développement, l’un des plus grands problèmes de notre planète, pour lequel nous pouvons peu mais que Dieu Père peut résoudre en vertu de la foi de ses enfants. Dieu peut tout. Nous devons l’espérer et il nous faut prier. La ville de Sao Paulo : en 1900 c’était un petit village. C’est aujourd’hui, non pas une forêt d’arbres mais une forêt de gratte-ciel, ce qui montre ce que peut faire le capital aux mains d’une poignée de personnes qui en exploitent d’autres. Mais une telle puissance, pourquoi ne s’oriente-t-elle pas vers la solution des problèmes démesurés du Brésil ? Parce qu’il y manque l’amour pour nos frères, et que dominent le calcul et l’égoïsme. Nous devons grandir jusqu’au moment où le bien avancera tout seul. Nous en avons l’espérance et – je voudrais dire – la certitude ». Le 29 mai 1991, devant 650 entrepreneurs, ouvriers et jeunes de tout le Brésil réunis à la cité-pilote Ginetta, Chiara lance l’idée qui a mûri les jours précédents : « Il devrait naître ici des industries, des entreprises dont les bénéfices seraient librement mis en commun dans le même but que celui de la communauté chrétienne : avant tout pour aider ceux qui sont dans le besoin, leur offrir un travail, faire en sorte qu’il n’y ait plus d’indigents. Les bénéfices serviront aussi à développer l’entreprise et les structures de la cité-pilote pour qu’elle puisse former des hommes nouveaux. Sans hommes nouveaux, on ne peut pas construire une société nouvelle ! Il faudrait associer beaucoup de personnes qui deviendraient actionnaires même si elles n’apportent qu’une toute petite part. Les jeunes aussi, grâce à leurs petites initiatives, pourraient recueillir le montant d’une part pour faire partie de la société qui fera naître cette ville industrielle. Une telle cité-pilote, ici, au Brésil, avec cette plaie du décalage entre riches et pauvres, pourrait constituer un phare, une espérance ; »

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Hongrie : aux racines des volontaires de Dieu

« Dieu ! Dieu ! Dieu ! Qu’il résonne ce Nom ineffable, source de tout droit, de toute justice, de toute liberté, dans les Parlements et sur les places, dans les maisons et dans les bureaux… ». Dans son désir de répondre à cet appel lancé par Pie XII le 10 septembre 1956 dans un message radiodiffusé, à la suite de la répression sanglante en Hongrie ; Chiara Lubich écrit une lettre qui deviendra la charte d’une nouvelle vocation dans le Mouvement des Focolari : les « volontaires de Dieu ». Des hommes et des femmes du monde entier – partout où le Mouvement est présent – formés par la spiritualité de l’unité, qui s’engagent à porter Dieu dans la société, par leur vie, dans les milieux où ils évoluent. « Il y a eu une société – écrit Chiara le 15 janvier 1957 – capable d’arracher du cœur des hommes le nom de Dieu…  Il faut qu’il y ait une société qui lui redonne sa place. […] Il faut des disciples de Jésus authentiques qui soient au cœur du monde, et pas seulement dans les couvents. Des disciples qui Le suivent volontairement, mus uniquement par leur amour envers Lui, un amour éclairé en cette heure de ténèbres, et mus par leur amour pour Son Église. [¼] Une armée de volontaires, parce que l’amour est libre. […] Il faut… édifier une société nouvelle, renouvelée par la Bonne Nouvelle, où l’amour fait resplendir la justice et la vérité. […] Une société qui témoigne un seul nom : Dieu.

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Kenya : rencontre des évêques amis des Focolari

Du 23 au 28 mai, à la cité-pilote de témoignage des Focolari au Kenya, un congrès rassemble 21 évêques venus d’Afrique du Sud, Angola, Tanzanie, Ouganda, Burundi et Kenya, désireux de « Redécouvrir les desseins de Dieu pour notre temps », dans une atmosphère de communion et de simplicité fraternelle. Au programme de ce congrès : réflexions théologiques, mises au courant sur l’actualité de l’Église, présentation de faits de vie évangélique et expériences. Le tout intercalé de moments de méditation, de célébrations et de prières en commun. Depuis quelques années, dans les différentes aires géographiques du continent africain, se déroulent des rencontres d’évêques inspirées par la « spiritualité de communion » proposée par les derniers papes et soulignée par l’expérience du Mouvement des Focolari. Après le congrès du Kenya, deux autres suivront : l’un à Moramanga (Madagascar) et l’autre à Bamenda-Fontem (Cameroun)

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Hongrie, mélange de cordialité et de noblesse

Tanino avec les premiers focolarini hongrois

Tanino Minuta, italien, professeur d’Histoire de la langue italienne, a vécu de nombreuses années en Hongrie. Il a enseigné dans la chaire d’Etude de la langue et civilisation italienne à l’Université Janus Pannonius de Pécs. Nous lui demandons de nous raconter ce dont il se souvient de l’ouverture du focolare dans le pays magyar. Qu’a été le premier choc avec ce monde si différent du tien? Je suis arrivé en Hongrie en octobre 1980 et j’y suis resté 16 ans. J’y ai été envoyé pour ouvrir le  focolare masculin à Budapest. A cette époque, ce n’était pas facile d’entrer dans ce pays qui était alors sous le régime communiste. Le Ministère des Affaires Etrangères m’avait accordé une bourse d’étude pour des recherches sur la littérature enfantine.  Au début, je passais ma vie essentiellement dans la capitale.  Il y avait encore des marques de la révolution de 1956 sur les façades des immeubles. Mais plus que sur les maisons, les blessures étaient restées dans le coeur des personnes: déception amère, profonde humiliation et, le plus terrible, suspicion de tout et de tous. Quelle expérience cela a été pour toi? Un grand don de Dieu. Arrivé en Hongrie, affaibli par l’important changement des rythmes sociaux, coupé des rapports construits jusque là, j’étais dans les meilleures conditions pour voir la dynamique interne capable d’engendrer une communauté et j’ai mieux compris la pédagogie et les buts du Mouvement des focolari. Celui-ci a pour mission d’agir à la racine des rapports, de créer les conditions afin qu’il y ait des relations, qu’elles grandissent et qu’elles soient constructives et constitutives de la société.  Rétablir l’unité. J’ai vu une révolution en train de naître. Cela a été une expérience de «l’Esprit [qui] est – selon l’expression de David Maria Turoldo – le vent qui ne laisse pas dormir la poussière». Alors que j’étais sur le point de partir pour la Hongrie, Chiara Lubich m’avait fait parvenir un cadeau “Pour le focolare de Budapest”. Qui me l’a remis, a formulé ce voeux: “Tu verras des miracles!”. Oui, j’ai vu des miracles! J’ai vu “l’esprit souffler sur la poussière” et  « l’impossible devenir possible”. L’impossible devenir possible? J’ai vu que ce premier petit groupe, qui vivait la spiritualité du Mouvement, constitué de familles, de prêtres, de quelques jeunes filles et jeunes hommes, d’enfants…, était en fait une communauté guidée par la charité, exactement comme le dit Chiara, où il n’y a “rien de plus organisé que ce que l’amour ordonne et rien de plus libre que ce que l’amour unit”. Maintenant le Mouvement des focolari est répandu et très estimé en Hongrie. Un voeux pour cette visite de Maria Voce? Avec le mélange assez rare de cordialité immédiate et de noblesse raffinée qui le distingue, le peuple hongrois ne s’est pas laissé séduire par les idéologies et les modes indignes de l’homme. Je pense qu’il saura accueillir le don de cette visite et être lui-même un don non seulement pour la présidente Maria Voce, mais aussi pour tout le Mouvement. Le fait que le pays ait été consacré à Marie, par Saint Etienne de Hongrie en lui donnant la couronne, constitue un sceau et une responsabilité historique et spirituelle. Comme le dit l’hymne national, je dirais que justement “les hongrois ont déjà expié le passé et le futur”, ils sont dans la condition d’être un pays qui peut beaucoup donner aux autres peuples. Mon souhait est que la Présidente, 50 ans après, puisse recueillir les fruits de la prière de Chiara et constater que Marie est vraiment Notre-Dame des Magyars.

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Avec les jeunes à Prague

« En 2007 les médecins m’ont diagnostiqué une leucémie. Au début j’ai bien réagi, mais à un certain moment j’ai eu peur de mourir et le soutien des jeunes du Mouvement a été important ; à l’hôpital il y avait une jeune du même âge que moi qui venait d’être maman ; elle était bien plus mal que moi, et n’était pas mariée ni baptisée. Malgré cela nous avons beaucoup parlé de Dieu, de la foi, du mariage. Bien qu’elle eut une greffe, elle n’a pas réussi à surmonter la maladie, et peu avant que ses conditions de santé ne s’aggravent, elle exprima le désir de se marier ; un peu avant sa mort j’ai proposé à sa famille de la faire baptiser. Un prêtre est venu à l’hôpital et il l’a baptisée en lui donnant le nom de Marguerite Marie ; elle s’est éteinte quelques jours après,  celui de la fête de Sainte Marguerite Marie Alacoque ». La forte expérience d’Agniesca commence le programme de la journée qui a comme protagonistes les jeunes réunis au Centre Mariapolis, et continue avec des expériences au quotidien. « Sur la route, en voyage, ensemble », est le titre d’un rendez-vous qui, comme le disent les organisateurs, voulait donner à ceux qui seraient venu, l’occasion de connaître davantage de l’intérieur « le caractère exceptionnel de l’Idéal auquel nous croyons ». « A vrai dire, au début j’étais assez septique –confesse Lukas – je pensais qu’une cinquantaine de jeunes, au maximum, viendraient, mais ce ne fut pas le cas. Evidemment, l’Idéal de l’unité a quelque chose à dire ». En effet, la salle contient à peine les 150 jeunes arrivant des différentes régions de la République Tchèque. Pour  la plus grande partie d’entre eux, c’est le premier contact  avec  le Mouvement et ils expriment leur joie d’avoir découvert quelque chose de grand. « Une amie m’a parlé des Focolari et j’ignorais ce qui m’attendait – dit Christina de 17 ans – mais ce qui me surprend ce sont les personnes qui parlent ici, on sent un grand amour. Je peux dire qu’on ressent fortement la présence de Dieu. Cela m’a beaucoup touché parce que mon papa n’est pas croyant et j’aimerais beaucoup qu’il connaisse ce Mouvement. » Maria Voce et Giancarlo Faletti ont raconté leur cheminement, comment ils ont rencontré l’Idéal de l’unité jusqu’au choix de suivre Dieu dans la voie du focolare, et tout de suite après  les questions pleuvaient, variées, et les réponses, profondes. Une réponse pour chaque question. A une jeune qui demandait où trouver le courage pour les choix radicaux, libre de conditionnements, Maria Voce a suggéré : « L’âge des jeunes est l’âge des choix importants : si vous ne les faites pas maintenant, vous ne serez pas capables de les faire plus tard. Oui, il faut du courage, mais le courage est en toi et tu le trouves dans le rapport avec Dieu. Si tu le choisis par amour, tu peux être tranquille. Ne renvoie pas éternellement et ne permets pas autres de choisir pour toi ». L’invitation est à « aimer au maximum », comme l’a fait Jésus sur la croix, à recommencer toujours, à ne pas avoir « d’inutiles regrets ». L’auditoire est attentif, il participe, il cueille. Les 150 jeunes ne partiraient plus. Elisabeth 27 ans confie : « Je suis très critique et en même temps je suis en train de chercher à comprendre comment et où, bien vivre la vie chrétienne, je cherche ma voie et j’ai donc accepté volontiers de connaître ce qu’est le Mouvement des Focolari.  Ce qui a été dit a été un enrichissement pour moi et m’a encouragée à me décider de faire partie de quelque chose.  Je pars en ayant compris que ma vie est importante pour Dieu quelle que soit la chose que je fasse, et que je ne dois pas  garder cette vie seulement pour moi ». Non seulement pour Elisabeth mais pour beaucoup de jeunes ici présents, il semble vraiment qu’une nouvelle voie se soit ouverte. Envoyé par Aurore Nicosia [nggallery id=43]

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Aux 700 de la République Tchèque: nous sommes au temps de la joie

20110523-11 L’histoire du Mouvement des focolari en terre tchèque a bien souvent la marque de l’héroïsme. L’Idéal de l’unité arrive, en Tchécoslovaquie de l’époque dans les années 60 alors que le communisme soviétique est au pouvoir. De 1968, année du Printemps de Prague étouffé par l’occupation armée et à partir duquel le communisme devint encore plus oppressif, à novembre 1989, quand le régime prit fin, l’histoire du peuple tchèque est jalonné de grandes souffrances. Mais entre clandestinité et persécutions beaucoup sont amenés à connaître le Mouvement. Et aujourd’hui, ils sont plus de 700 à être venus de tout le pays pour rencontrer la présidente des Focolari dans la Maison de la Culture de ‘Prague 5’, un des dix arrondissements de la ville. 20110523-07 L’atmosphère est à l’émotion, la joie, l’attente: c’est la fête de la “famille” qui raconte et qui fait des projets. Les questions pour Maria Voce et Giancarlo Faletti sont nombreuses. Une gen 4 demande: “De quoi rêvais-tu quand tu étais petite?”; et quelques gen 3: “Comment as-tu connu Dieu? Que ferais-tu si tu rencontrais une famille pauvre? Pourquoi Dieu n’est pas intervenu quand  Hitler a fait mourir tant de gens?”. De même les adultes : sur le motif des voyages de la présidente, sur comment poursuivre l’engagement de certains d’entre eux pour la « reconstruction » du pays, sur la vie des communautés du Mouvement, sur le risque de l’activisme. « Voyager c’est rendre visite à ma famille, et c’est une grande joie pour moi. Je le fais pour la soutenir, l’encourager, comprendre ce qu’elle fait”, raconte Maria Voce. Et ça n’a pas d’importance qu’il s’agisse de grandes ou petites choses. “Durant mon récent voyage en Amérique du Nord – continue la présidente – où tout est énorme et à coté notre communauté semble si petite, j’ai compris que Jésus, présent entre les personnes qui s’aiment, est une superpuissance”. Il s’agit donc de croire, même en terre tchèque, à cette puissance pour “aller dans toute la nation. Non seulement nous pouvons avec cet Idéal, mais nous devons porter dans le monde l’annonce de la résurrection, porter Jésus avec nous à l’école, à l’usine, au parlement. C’est la plus grande chose que nous puissions faire”. 20110523-06 Dans l’après-midi de ce même 21 mai, la rencontre s’ouvre aussi à ceux qui veulent mieux connaître la “révolution” focolarine. Témoignages de vie et initiatives parlent d’une vie qui concerne tout le monde quelque soit l’âge. On fait le point sur l’action “Prague d’or” lancée par Chiara Lubich durant sa visite en 2001. L’engagement pour ré-évangéliser Prague et lui redonner une âme n’a pas manqué et les fruits non plus. Maria Voce propose un nouveau pas: « En arrivant là on respire l’histoire et la spiritualité qui, même durant les années noires, n’a pas été détruite mais recouverte et peut-être protégée. Ici, on ne repart pas de zéro, on repart de la racine profonde de ceux qui ont construit cette civilisation, cette culture. A présent, le pas que nous devons faire est celui de la nouvelle évangélisation, de la nouvelle annonce faite par des personnes renouvelées par l’amour réciproque. Annoncer aux autres que Jésus est ressuscité, que toutes les souffrances ont été rachetées : ce doit être notre engagement : nous sommes au temps de la joie ». Les pages d’une nouvelle histoire attendent d’être écrites. 20110523-04 Mgr Frantisek Radkovský, délégué de la conférence épiscopale tchèque pour les laïcs, le confirme: “L’Eglise a de grandes attentes de la part des mouvements – affirme-t-il dans son intervention – parce que ceux-ci constituent sa partie la plus dynamique et sont don de l’Esprit Saint pour notre temps. Notre société est sécularisée, mais à présent il y a une ouverture pour les choses spirituelles et c’est important de montrer par la vie que le christianisme peut apporter le vrai humanisme. Les mouvements ont la capacité de rejoindre tout le monde et les plus variés domaines d’action leur sont ouverts, de la famille à l’école, de la politique à l’économie, des média au sport”. Alors que la rencontre tire à sa fin, le quatuor, qui a exécuté des morceaux musicaux de haut niveau durant la journée, se met à jouer “Mission impossible”. Cela force à penser que ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. De notre envoyée Aurora Nicosia [nggallery id=42]

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Prague, ici c’est possible de croire

20110521-01 C’est une journée d’une chaleur inhabituelle qui accueille à Prague l’arrivée de Maria Voce, présidente du mouvement des Focolari, et le co-président, Giancarlo Faletti. L’avion, en provenance de Moscou, arrive avec une demi-heure d’avance sur l’horaire prévu, écourtant ainsi l’attente de la trentaine de personnes qui accueillent nos hôtes par des applaudissements : c’est la fête ! Le programme de cette étape est intense. Il prévoit en effet des rencontres avec des représentants de l’Église locale, avec l’archevêque de Prague, Mgr Dominik Duka, mais aussi avec des prêtres qui vivent la spiritualité de communion. Il y a une grande attente chez les jeunes, qui ont organisé une journée au Centre Mariapoli de Vinoř, et parmi l’ensemble de la communauté des Focolari qui, de tout le pays, convergera en grand nombre à Prague. Est également prévue une journée portes ouvertes, pour marquer les 10 ans de la visite de Chiara Lubich en République tchèque et le lancement de l’opération “Prague d´Or”, qu’elle avait elle-même promue à cette occasion pour mettre en œuvre la “nouvelle évangélisation”. 20110521-07 Maria Voce et le petit groupe venu de Rome séjourneront dans le tout nouveau Centre Mariapoli, construit en deux ans et situé au cœur de la cité pilote encore en construction. “Lorsque Chiara Lubich est venue à Prague, en 2001 – racontent les “pionniers” –, elle nous a exprimé un double désir : d’une part, donner un toit à la famille du mouvement et, d’autre part, avoir un lieu où les personnes qu’elle avait rencontrées – représentants du monde politique, civil et ecclésial – puissent se retrouver”. Ce qui fut dit fut fait. Avec un grand enthousiasme et grâce aux initiatives les plus variées, dont l’opération “premiers samedis” n’est pas des moindres, le Centre Mariapoli a pris forme, de même que la cité pilote, même si celle-ci est encore en pleine construction.  L’opération, qui dure toujours, consiste pratiquement, pour ceux qui le peuvent, à venir travailler le premier samedi de chaque mois pour construire, pierre par pierre, ce qui est en train de devenir un centre de rayonnement de la spiritualité de l’unité. Dix familles se sont déjà installées sur place et y ont bâti leur maison ; d’autres membres du mouvement forment le même projet. Chiara elle-même, en 2001, avant de repartir, avait déposé des médailles de la Vierge dans les fondations des premières constructions qui devaient sortir de terre pour constituer la cité pilote, et qui se trouvent réparties dans un quartier de la périphérie de Prague. “Il y a eu des réactions d’incompréhension de la part de certains voisins – racontent ceux qui étaient présents à l’époque – ; ils croyaient qu’on enfouissait de l’argent. Mais, avec le temps, ils ont compris le sens de ce qui était en train de naître. Certains, qui ne croyaient pas en Dieu, s’y sont intéressés et font maintenant partie de la “famille du mouvement”, sous des formes diverses. Eh oui, parce que, nous explique-t-on, ici ce qu’on rencontre surtout, ce n’est pas tellement l’athéisme, mais une certaine non croyance due à un manque de connaissance ; mais la soif de Dieu n’a pas disparu. Le premier rendez-vous “officiel” est avec l’archevêque, Mgr Dominik Duka, dans le palais qui est le siège épiscopal depuis 1344, dans le quartier historique de Prague. Adjacent au Château qui est en partie un musée et en partie siège de la présidence de la République, le palais domine la ville. Il se trouve à une courte distance de la somptueuse cathédrale gothique saint Vit, centre de la chrétienté mais aussi centre de tout le pays, comme l’explique le curé qui la fait visiter au petit groupe venu de Rome. L’accueil de l’archevêque est extrêmement cordial ; il fait part de son sentiment de la nécessité de réveiller dans le diocèse la piété populaire, et aussi de l’espoir qu’il place dans la commémoration, en 2013, de l’anniversaire de l’arrivée des saints Cyrille et Méthode, qui ont apporté le christianisme il y 1150 ans : cette commémoration lui apparaît comme une grande chance pour l‘évangélisation. De notre envoyée Aurora Nicosia [nggallery id=41]

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Un centre social à Bairro Coroado, Manaus (Brésil)

Bairro Coroado, dans l’immense ville de Manaus, en pleine forêt amazonienne. Une métropole de deux millions d’habitants en continuelle expansion. En portugais, « coroado » signifie « couronné » et rappelle la couronne d’épines qui encercle tant de grandes villes brésiliennes. La ville enlacée par les pauvres. Au lieu du ciel, le fleuve, à la place des immeubles, les pilotis sur le rivage. Miroir des contradictions sociales qui séparent les pauvres des plus pauvres. Tout près, à dix minutes à pied, le Centre Roger Cunha Rodrigues, fondé en 1994 par les Focolari et projet de l’association Azione per Famiglie Nuove. Depuis son ouverture, plus de mille enfants ont reçu instruction, nourriture, soutien à leur famille et moyens culturels substantiels aux valeurs solides, qui favorisent la croissance et les relations interpersonnelles. En vue d’une amélioration de la vie des familles et de la communauté. L’un est devenu pâtissier, un autre électricien, un autre est entré à l’université… Cette année, 300 personnes fréquentent le Centre et les enfants parrainés sont au nombre de 236. En 2010, la somme envoyée au Centre a atteint 85 000€. Actuellement, d’autres fonds sont nécessaires pour : restaurer le bâtiment principal, qui n’a jamais bénéficié de travaux d’entretien depuis sa construction ; construire une nouvelle cantine ; agrandir le réfectoire devenu trop petit pour les enfants qui doivent manger en plusieurs tours ; et enfin élever le mur d’enceinte pour se protéger des voleurs. C’est une eau qui coule et inonde de ses bienfaits. Aurelio Molè, publié sur Spazio Famiglia – avril 2011  

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Un peu d’histoire : Les débuts du Mouvement des Focolari en Russie

  En 1986 une famille Hongroise du Mouvement des Focolari, les Fialowsky, se déplace pour le travail de Budapest à Doubna, à environ  130kms de Moscou. Autour d’eux se réunissent quelques familles et des jeunes. En 1989, puis en 1991, s’ouvrent deux centres du Mouvement dans la Capitale. A cette époque, la communauté compte près de 40 personnes. En août 1991, il y a la première rencontre de Chiara Lubich avec tous les membres du Mouvement d’Europe de l’Est, à Katowice (Pologne). C’est une étape importante pour la communauté présente en Russie, qui pour la première fois, passe la frontière pour rencontrer Chiara et les autres membres du Mouvement appartenant aux  Pays de l’Europe de Est. En Avril 1992 se déroule la première rencontre publique, la Mariapolis, avec 220 participants.                                                                                                                                                                            En septembre de la même année un premier voyage est organisé à Tcheliabinsk, ville située de l’autre côté de l’Oural, à environ 1900km de Moscou, qui était interdite aux étrangers peu de temps auparavant. Peu à peu se développe une communauté du Mouvement, et déjà, en 1995, se déroule sur place la première Mariapolis. Par la suite, naissent des communautés à Novossibirsk et Omsk. En 2001 s’ouvre à Krasnoïarsk un focolare, qui se  dédie à la partie sibérienne du pays. Les premiers  contacts commencent à se créer avec les personnes qui reçoivent depuis un certain temps la Parole de vie. La spiritualité est accueillie par des personnes de diverses villes de Sibérie. La première Mariapolis se déroule en 2004 à Divnogorsk, une ville voisine de  Krasnoïarsk. Les participants proviennent de diverses villes, certains ont dû parcourir 2000 km pour venir. Ils sont 90, de diverses nationalités et Églises. Après l’effondrement du régime soviétique, on remarque dans la société russe une recherche d’identité. Dans cette démarche, la manière d’agir du Mouvement a toujours été appréciée, en particulier dans la relation avec l’Eglise Orthodoxe Russe. Dans les manifestations des Focolari participent aussi de temps en temps des représentants officiels du Patriarcat de Moscou. La présence de Giancalo Faletti, coprésident du Mouvement des Focolari  à l’intronisation du patriarche Cyrille 1er en février 2009 a été très importante pour la communauté. Le projet « Ensemble pour l’Europe » auquel ils participent depuis 2004 est suivi avec un grand intérêt  par un certain nombre de membres d’associations orthodoxes. Parmi les pionniers de l’histoire des Focolari de l’Union Soviétique d’alors, nous pouvons évoquer Eduardo Guedes, focolarino portugais mort en janvier dernier, qui a vécu plus 20 ans en Russie. Sa générosité et son humilité ont été des caractéristiques très appréciées de ce peuple qui a en retour abondamment manifesté son amour de différentes manières, en particulier les nombreux amis orthodoxes. Et aussi Régine Betz, focolarine allemande, qui a vécu à Moscou de 1990 à 2008, tissant des relations vraies et durables avec de nombreuses personnes. Elle a raconté un épisode qui donne le  ton de ces années passées à construire l’unité en Russie : « J’enseignais l’allemand à l’université Lomonosov de Moscou.  Une collègue, Alla, n’avait pas une bonne santé et pensait qu’il s’agissait d’une punition de Dieu car elle ne vivait plus en chrétienne. Elle me raconta que, pendant un stage de mise à niveau à Leipzig, elle s’était mise à fréquenter l’église, mais en retournant à Moscou, elle s’en était éloignée.  Un jour, elle me demanda si elle pouvait aller à la messe avec moi.  Je lui expliquai que je n’étais pas orthodoxe mais catholique, ce qui ne lui posa aucun problème. Ainsi, le dimanche suivant, nous sommes allées ensemble à une messe à Saint Louis dans l’unique église existant alors à Moscou. Puis pendant un long moment, je n’ai plus eu de ses nouvelles. Quand nous nous sommes retrouvées, elle m’a raconté qu’elle s’était fait baptiser et – presque en s’excusant – à l’Église orthodoxe. Je lui ai dit qu’elle avait bien fait puisqu’elle est Russe ! » Aujourd’hui, la majorité des membres de la communauté des Focolari à Moscou est orthodoxe. L’une d’entre elles, Nina Vyazovetskaya, à l’occasion du troisième anniversaire du départ de Chiara Lubich, le 18 avril 2008 à la basilique de Sainte Marie Majeure, à Rome, s’est exprimée ainsi :  « Je viens de Moscou, j’appartiens à l’église orthodoxe Russe. Je suis médecin et j’ai travaillé pendant deux ans comme interne à l’hôpital de Moscou. J’ai grandi dans une famille non  croyante, comme la plupart des gens en Russie. En 1990 on m’a baptisée un peu par hasard, parce que, avec l’écroulement du communisme, il y avait une période de grands changements et tout le monde cherchait quelque chose de nouveau. Mais après ce jour là, je ne suis jamais allée à l’église. La rencontre avec le Mouvement des focolari a marqué un tournant : J’ai rencontré Dieu et ma vie est changée. Pour le connaître, je me suis adressée aux focolarines,  qui sont catholiques, et elles m’ont amenée à mon église orthodoxe. Ainsi, j’ai commencé à découvrir la beauté et la richesse de l’Église, le fait d’être chrétienne, de vivre pour Dieu. Et maintenant, j’ai pris la décision de suivre Dieu, derrière Chiara, dans le focolare. »

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Le dialogue du peuple

(…) La guerre divise les esprits, massacre les hommes ; et le terrorisme aggrave la situation, étant lui-même fruit des rancœurs et des désirs de vengeance, fruit du déséquilibre entre les pays riches et les pays pauvres. Il est donc nécessaire de prendre l’unité comme objectif et de susciter partout un esprit de fraternité d’où peut découler le partage des biens. Comment susciter cet esprit de fraternité pour que l’humanité soit une grande famille ? C’est possible si l’on redécouvre qui est Dieu. Nous, chrétiens, nous croyons en Dieu, nous savons qu’il existe, mais comme l’idée que nous nous en faisons est principalement celle d’un Être parfait, omniscient et tout-puissant, nous le croyons loin de nous, inaccessible et nous n’avons pas de relation avec lui. Pourtant, l’évangéliste Jean nous dit qui est Dieu, il affirme que : « Dieu est amour » (1 Jn 4,8) et donc qu’il est notre Père et le Père de tous. Si l’on prend conscience de cela, tout change radicalement. En effet, si Dieu est amour, si Dieu est Père, il est proche de nous, de moi, de toi, de vous. Il suit chacun de nos pas, il se cache derrière toutes les circonstances de votre vie, qu’elles soient joyeuses, indifférentes ou tristes. Il connaît tout de nous, de vous. Une phrase de Jésus exprime bien cela : « Même les cheveux de votre tête sont comptés » (Lc 12,7), ils sont comptés par son amour, par l’amour d’un Père. Il nous faut être certains de son amour. Mais il y a plus : il nous faut donner à Dieu la première place dans notre cœur : il doit passer avant nous, avant nos occupations, avant nos rêves, avant nos parents. Jésus le dit clairement : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi » (Mt 10,37). Une autre question surgit : si Dieu est amour, si Dieu est Père, comment nous comporter envers lui ? C’est évident : s’il est le Père de tous, il nous faut nous comporter comme ses enfants et comme des frères entre nous ; vivre, autrement dit, l’amour qui est la synthèse de l’Évangile, c’est-à-dire tout ce que le Ciel nous demande. (…) Chiara Lubich

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Moscou, au coeur de l’orthodoxie

Franchir le seuil de l’église “Marie, joie des malades”, c’est aller droit au coeur de la foi orthodoxe. La louange, exprimée par les hymnes et les prières depuis l’entrée de l’édifice pendant deux heures de façon ininterrompue, crée entre tous les fidèles un recueillement immédiat. La solennité de la liturgie attire, comme la richesse et la splendeur des ornements, tous rouges du fait du temps pascal. Maria Voce, avec un voile sur la tête, comme toutes les femmes russes, assiste à la divine liturgie avec les autres membres orthodoxes du Mouvement des focolari, pour vivre un moment de communion fraternelle, dans le respect des différentes églises. A la fin, trois baisers scellent un pacte d’amour réciproque entre tous, témoin d’un solide rapport d’unité qui ne peut pas ne pas rappeler – non sans émotion – ce passage de St Paul : «il n’y a plus ni juif, ni grec» et qui devient devant l’iconostase : «il n’y a plus ni orthodoxe, ni catholique, mais nous sommes un en Christ». A la fin de la célébration, une salutation au métropolite Hilarion Alfeyev, président du ministère des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, qui s’est montré particulièrement satisfait de rencontrer la présidente du Mouvement et toute la délégation catholique et orthodoxe qui accompagnait. Le Père Dimitri Sizonenko, responsable par intérim du Secrétariat pour les relations oecuméniques, s’est particulièrement réjouit du témoignage d’unité que donne le Mouvement et a souhaité une plus grande diffusion de son esprit. Dans l’après-midi de ce même 15 mai, deux rendez-vous attendus: les familles et les jeunes. «Comment transmettre l’esprit du Mouvement à nos enfants», «comment aider les autres familles à comprendre l’importance de la foi», «comment faire quand on se sent faibles»: ce sont quelques-unes des questions exprimées dans une grande simplicité par les trente personnes présentes dont beaucoup de jeunes couples. Quelques-uns se sont mariés à l’église après avoir rencontré le charisme de Chiara Lubich, et d’autres ont compris l’importance de la fidélité conjugale après des expériences d’un tout autre genre. Les années d’athéisme ont marqué l’institution familiale: souvent les unions ne sont pas stables et le choix du mariage est plus lié à la tradition qu’aux convictions; les divorces, les cohabitations, les problèmes d’alcoolisme sont nombreux. «Le message passe par le témoignage que vous donnez en tant que famille – a répondu Maria Voce – par la capacité de s’excuser, de pouvoir de nouveau regarder l’autre avec amour après un moment difficile. Tout cela vaut bien plus que mille paroles». «Personne n’aime souffrir – poursuit Giancarlo Faletti – mais Dieu nous rencontre dans la douleur et il se laisse rencontrer pour nous dire et nous donner quelque chose pour continuer à aimer». Avec les jeunes au contraire, on commence par un signe informel: pas de cravates, guitare et photos, et dialogue sincère sur les défis de la société russe, de la corruption à l’excès de liberté, à la difficulté de faire des choix, au prochain Genfest (Budapest, sept. 2012). Une jeune voudrait quitter son travail, après avoir cautionné involontairement une escroquerie. «Il faut faire un pas décisif pour donner un témoignage. Dans ces milieux, quelque chose peut changer uniquement s’il y a des personnes comme toi», c’est l’encouragement de Maria Voce. «Tu es dans une réalité à christianiser – insiste Giancarlo Faletti – et Jésus se sert de toi pour faire passer un message. Au-dedans de l’économiste sans scrupules, il y a un homme avec une âme. Nous ne pouvons pas renoncer, nous devons témoigner». «Choisir, c’est l’opportunité que Dieu nous donne pour exercer notre liberté», répond la présidente à Liza qui n’arrive pas à comprendre quel chemin prendre pour sa vie. « La confrontation avec les autres est une aide pour amplifier ce que Dieu te demande et pour répondre avec détermination ». Il y a beaucoup de sérieux, d’engagement et de fraîcheur dans ces deux heures de dialogue qui se concluent avec la marque de confiance de Maria Voce: «Moi je vous laisse, mais j’ai confiance en Jésus en vous et entre vous. Le Genfest sera une surprise et sera le plus beau parce que c’est vous qui le ferez». De notre envoyée Maddalena Maltese [nggallery id=40]

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Un “Signe de contradiction” en commun

En 1977, la maison d’édition Vita e Pensiero (Vie et Pensée) publiait « Signe de contradiction » : un ouvrage qui recueillait les exercices spirituels prêchés en 1976 par le cardinal Karol WOJTYLA au pape Paul VI et à la curie romaine. L’année suivante, peu de temps après l’élection du cardinal WOJTYLA au siège pontifical, Igino GIORDANI écrivait au nouveau pape :

25 novembre 1978

Saint Père,

Je suis un focolarino (de 84 ans passés !).

J’ai lu votre livre, « Signe de contradiction », et me suis réjoui pour deux raisons : la première, parce que le sujet élevé est traité avec une sagesse et une limpidité rares ; la seconde, parce que moi aussi, il y a plus de 40 ans, avec une présomption évidente, j’ai écrit un livre au titre identique.

Je me permets de vous envoyer un exemplaire de la dernière édition, uniquement comme humble hommage, en signe de la joie que j’éprouve, ainsi que tous les focolarini et quasiment tous les vivants, à propos de votre élection au Pontificat et de la profondeur et la spontanéité de votre apostolat quotidien.

Je vous prie de pardonner ma hardiesse et de me bénir.

Votre très dévoué

Igino GIORDANI

La réponse, immédiate, parvient à Igino Giordani par l’intermédiaire de la Secrétairerie d’État

1er décembre 1978

Cher Monsieur,

Par un geste de courtoisie appréciée, vous avez envoyé en hommage à Sa Sainteté, avec votre lettre du 25 novembre dernier, un exemplaire du livre rédigé par vous, « Signe de contradiction », publié dans sa cinquième édition.

Le Saint-Père m’a chargé de vous transmettre ses propres sentiments de vive satisfaction et de reconnaissance cordiale pour cet acte délicat de respect, qui lui a été très agréable.

Le Souverain Pontife, en conséquence, est heureux de répondre à votre vénération, en vous envoyant la Bénédiction Apostolique que vous avez désirée, en signe d’estime pour votre longue activité au service de la Sainte Eglise et en gage de faveurs célestes toujours abondantes.

Je profite volontiers de la circonstance pour confirmer mes sentiments de profond respect à l’égard de votre illustre Seigneurie.

Votre très dévoué

+C. Caprio

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Voyage en Europe de l’Est

Le voyage prévoit 3 étapes:

  • 13 – 19 mai: Russie (Moscou)
  • 19 – 25 mai: République  Tchèque (Prague)
  • 25 – 31 mai: Hongrie (Budapest)

Maria Voce rendra visite aux diverses communautés des Focolari de ces pays. A mettre en relief la rencontre à Moscou avec l’archevêque Mgr. Paolo Pezzi et avec le Nonce Aposotolique Mgr. Ivan Jurkovic. A Prague la présidente rencontrera l’archevêque Mgr Dominik Duka. Le 21 mai une rencontre ouverte à tous, pour rappeler la visite de Chiara Lubich en République Tchèque et le lancement de l’opération “Prague d’or”, qu’elle a initié à cette occasion pour actualiser la “nouvelle évangélisation”. Le  Mouvement des Focolari est présent dans les pays de l’ex bloc communiste depuis 1961. En juillet 1960 l’évêque de Lipsia, Mgr Otto Spulbek offrit à Chiara Lubich la possibilité d’envoyer des focolarini médecins pour travailler dans les hôpitaux du diocèse, vue le manque de médecins. 50 ans après, précisément le 13 mai 1961, les premiers focolarini arrivèrent à Lipsia. A partir de l’Allemagne de l’Est, par le moyen de contacts personnels, le Mouvement s’est répandu tout de suite après en Thècoslovaquie, en Russie, Lituanie et dans les autres pays du bloc communiste. Aujourd’hui le Mouvement est présent dans tous les pys de la région.

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La sainte Russie

Pain parfumé et sel, sont les cadeaux que la Russie offre à qui arrive sur cette terre immense qui s’étend de l’Europe à l’Asie, de la mer glaciale Arctique à l’océan Pacifique. Alla et Valodia, en bleu et rouge, couleurs traditionnelles des costumes russes, portent les plats à Maria Voce et Giancarlo Faletti, présidente et co-président du Mouvement des Focolari, en leur souhaitant officiellement la bienvenue de la part de toute la communauté du  Mouvement. De Saint Pétersbourg à Krasnoyarsk, ils se sont rejoints à Moscou, affrontant des voyages de 42 heures comme ceux de Celijabinsk, qui ont traversé en train 3.500 km. de steppes et de forêts. C’est la cathédrale dédiée à Marie Immaculée qui a accueilli ce rendez-vous défini historique par beaucoup. Convertie par le communisme en fabrique d’emballages de la vodka, elle est maintenant le siège de l’épiscopat. Les blessures de l’histoire soviétique brûlent encore : Anatolij, parmi les premiers orthodoxes qui ont connu la spiritualité de l’unité, a des souvenirs très vifs du socialisme et de ses tentatives pour effacer, rayer Dieu, tandis qu’Alla, plus jeune, fait mémoire du sang versé par les chrétiens orthodoxes pour rester fidèles à leur foi. Cependant derrière ce sombre rideau de fer impénétrable au monde, les visites touristiques de quelques focolarini, le déplacement d’une famille hongroise, les rencontres en Occident avec quelques prêtres, ont silencieusement diffusé la spiritualité de Chiara Lubich, dans la terre mère du communisme. Les histoires des pionniers ne sont pas connues de toutes les deux cents personnes présentes : c’est la première fois que les membres du Mouvement éparpillés sur ce territoire se rencontrent. Ce sont les détails rocambolesques des rendez-vous secrets, mais aussi les souvenirs des persécutions, racontés par Oleg, un des disciples du prêtre Alexandre Men, tué en 1990. Men avait créé une petite communauté d’étude de l’Evangile, avec une grande ouverture œcuménique, et de nombreux de ses disciples se sont rapprochés de l’expérience des Focolari. Ensuite c’est la surprise de la découverte d’une spiritualité évangélique qui ne regarde pas à la différence et à la méfiance entre les Eglises. Père Vladimir, prêtre orthodoxe de Saint Pétersbourg, rappelle que ses « préjugés sur le catholicisme ont été effacés par la fascination, l’attrait de la vie spirituelle du focolare, qui ne connaît pas les frontières confessionnelles et incarne le christianisme, l’amour réciproque au quotidien ». Aujourd’hui, alors que la liberté règne et les églises recommencent à se peupler, tandis que le matérialisme et l’arrivisme économique gagnent chaque jour du terrain et des personnes, la Russie a-t-elle encore sa spécificité, une contribution à donner aussi à l’Occident ?  Maria Voce répond à cette question dans un dialogue soutenu avec la salle, en partant de l’histoire : « La Russie a essayé de construire une unité sans Dieu, elle a essayé d’avoir un peuple uniforme, mais elle n’a pas réussi. Cette nation peut dire au monde, de par son expérience, que sans Dieu ce n’est pas possible de parvenir à ce but, comme le montre l’intensité dramatique du martyre de ceux qui ont résisté, parfois de façon pesante, parfois dans le silence, mais cela a toujours été du martyre. » Puis on passe à une confidence spirituelle : « Arrivée en Russie je me suis trouvée immergée dans une unité plus profonde avec Dieu – raconte la présidente des Focolari – et je me suis rappelé une expression, peut-être étudiée en littérature, qui disait : La sainte Russie. Je me suis senti portée par cette vie de sainteté qui se respire dans cette nation, dans l’histoire de son christianisme. J’ai compris que le don pour moi et  pour l’humanité que la Russie peut faire est cette sainteté, grâce aussi aux martyrs de toutes les Eglises ». Giancarlo Faletti, en reprenant le style des nombreuses églises orthodoxes dont les coupoles sont dorées, a souligné que « Dieu est l’or de la ville, l’or de l’Eglise orthodoxe et de l’Eglise catholique et il est la garantie de ce chemin de communion qui a sur cette terre des témoins importants ». L’émotion était visible sur le visage des nombreuses personnes présentes qui ont pu donner une signification nouvelle aux années obscures vécues, et en même temps ont ressenti le besoin de témoigner  de la « révolution » ancienne et nouvelle de l’Evangile. Parmi les partenaires de ce défi, Eduardo Guedes, focolarino portugais, qui a dépensé ici aussi dans ce territoire, forces, enthousiasme, intelligence ; il est mort en janvier dernier, et beaucoup ici présents se souviennent de lui : sans proclamation, avec douceur il a témoigné d’un Dieu qui n’abandonne pas, n’oublie pas, mais sait toujours accueillir, les malheureux et les puissants, et faire grandir dans cette « sainte Russie », le désir d’une sainteté moderne et pour tous. Envoyé par Maddalena  Maltese [nggallery id=39]

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‘Dobro Pozhalovat’ – Bienvenue à Moscou

13 mai. Une fête significative pour les catholiques: Notre-Dame de Fatima. 13 mai. Une date tout autant symbolique pour le mouvement des focolari: la nuit de “étoiles et larmes”, le fameux épisode de la vie de Chiara Lubich quand, à cause des bombardements de Trente, elle avait dû quitter sa maison pour se réfugier dans le bois de Goccia d’oro (Goutte d’or). Pleurant pendant des heures, elle avait observé le mouvement des constellations dans le ciel et avait compris que seul l’amour pouvait vaincre cette effroyable tragédie. 13 mai, cette fois-ci 2011. Maria Voce et Giancarlo Faletti ont atterri à Moscou pour rendre visite à la communauté du mouvement des focolari en Russie. Un voyage que Chiara Lubich aurait voulu faire depuis les années 60 comme en témoigne son discours de cette période, mais qui en fait n’a pas pu se réaliser, même si un certain nombre de ses premiers compagnons et compagnes ont semé ici la spiritualité de l’unité dès les années 70. Lors de l’atterrissage à Sheremet’evo un timide rayon de soleil essaie de défier un ciel de bruine instable.  L’aéroport, moderne et lumineux, se distingue peu de ceux des métropoles occidentales: les grandes marques qui remplissent les magasins et les chaînes de restauration sont les mêmes.  Passés les contrôles de routine, un peu plus intenses après le dernier attentat, on peut s’exclamer: nous voici arrivés à Moscou. Tout de suite, un petit groupe des focolari accueille les nouveaux arrivants avec des fleurs, sourires et trois embrassades. Observée à distance, une brigade de jeunes agents de contrôle facilement distraits de leurs tâches. Sur l’autoroute pour rejoindre Moscou, les nombreux chantiers sont les témoins d’une ville en pleine croissance du point de vue commercial et urbanisme: il y a toujours plus de russes qui s’y transfèrent et la population atteint déjà 15 millions d’habitants. «Particulièrement en ce jour, confions à Marie le voyage à Moscou, les personnes que nous rencontrerons, tous ceux qui prient pour ce rendez-vous » : c’est la prière exprimée unanimement par Maria Voce et Giancarlo Faletti, devant une icône de Notre-Dame, pendant la messe dédiée justement à la mère de Dieu. C’est l’attente de la rencontre du 14 mai avec tous les membres des focolari du grand territoire russe. Depuis le début du mouvement dans ces terres, c’est la première fois que de Celjabinsk, Novosibirsk,  Krasnojarsk , Saint Petersbourg se retrouvent catholiques et orthodoxes pour témoigner une présence vivante, joyeuse, active, qui sait dépasser  les méfiances, les diversités et distances bien connues qui remettent en question les huit fuseaux horaires du pays. Quelqu’un cependant a voulu anticiper ce moment de « face à face » avec la présidente : en fait les plus petites filles se sont présentées comme autant de poupées russes colorées, une façon de souhaiter la bienvenue de façon traditionnelle et festive qui exprime bien les nombreuses facettes de la ville, mélange de modernité et d’histoire, d’orgueil national et de renommée mondiale inégalable. De notre envoyée Maddalena Maltese

20 ans d’Économie de communion

Nous sommes désormais à la veille du vingtième anniversaire de l’Economie de Communion (EdeC) au Brésil : ceux qui, depuis des mois, travaillent avec intensité et passion  à ces 5 jours importants en sont aux ultimes préparatifs. Il faut mener simultanément deux évènements : La préparation de l’Assemblée de l’EdeC  à la Mariapolis Ginetta di Vargem Grande Paulista, et la journée de conclusion à Sao Paulo, où sont attendues 1600 personnes au Mémorial Amérique Latine. Pour l’Assemblée, l’organisation communique que nous avons atteint le seuil des 630 participants : objectif vraiment ambitieux, surtout par la diversité géographique des  personnes en provenance de 37 pays et 4 continents. Si la majorité vient évidemment du Brésil, avec 240 participants, l’Italie est représentée par 85 présents et se situe à la seconde place, devant l’Argentine qui a 62 participants. A noter la représentation Coréenne, presque 30 personnes ! Puis par importance numérique, l’Espagne, le Chili, les USA, la France, l’Uruguay, la Suisse, la Bolivie,  l’Allemagne, le Venezuela, la Slovénie, le Paraguay, le Mexique, le Portugal, la Belgique, l’Irlande, le Canada, la Serbie, Panama, les Philippines, le Cameroun, la Pologne, la Croatie, le Costa Rica, le Pérou, le Kenya, la Slovaquie, la Hongrie, l’Equateur, la Colombie, la Cote d’Ivoire, le Nigéria, le Congo et la Roumanie. Maintenant, prêt pour le départ, le staff des organisateurs se prépare à travailler activement pour faire en sorte que le site EdeC soit mis à jour le plus rapidement possible, donnant chaque jour des nouvelles, des photos, des documents et des échos de tout   ce qui arrive en temps réel.  Les jeunes vont alimenter un blog et feront leur propre info sur leur réseau social … Ceux qui ne pourront être présents au Brésil pourront quand même participer aux évènements en temps réel à travers les liaisons Internet qui sont en préparation : les liens pour y accéder seront publiés sur le site dès qu’ils seront disponibles. Déjà,  des points d’écoute qui ont été créés nous ont  été communiqués : le pôle Lionel de Loppiano, le pôle Giosi d’Abrigada (Portugal), ceux de Vienne, de Lugano, peut-être celui de Madrid… La liste va s’allonger dans les jours qui viennent. Pendant la durée de l’Assemblée, les liaisons en direct auront lieu le matin pour permettre à tous de pouvoir assister aux thèmes de l’Assemblée. Il est prévu que la langue de transmission soit l’italien.  Le 29 mai, elle durera toute la journée.  Dès que nous aurons de plus amples détails, nous vous les communiquerons. En attendant, à bientôt de vous voir tous au Brésil ! Antonella Ferrucci. www.edc-online.org

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Silvana Veronesi en Argentine

Silvana avec Gustavo Clariá de la Rédaction du Web

Quelles ont été tes impressions sur la société argentine ? « J’ai trouvé un continent où le christianisme est vivant ; il est la racine culturelle de ce peuple. Les messes, par exemple, sont très fréquentées, avec beaucoup de jeunes, et le dimanche est aussi respecté civilement. On pourrait dire que c’est un continent (l’Argentine est si vaste !) nouveau et jeune. De par cette ouverture et cette liberté, ils sont particulièrement faits pour accueillir la spiritualité de l’unité qui naît du charisme de Chiara. Nous savons que tu as été invitée par les nombreuses communautés des Focolari de ce pays…

Mariapolis Lia

Oui. Le Mouvement en Argentine est très répandu et riche des diverses vocations de l’Œuvre de Marie et de témoignages dans différents domaines. Par exemple, dans la « Cité-pilote Lia », qui est un peu le cœur des Focolari pour le Cône Sud, il y a beaucoup de jeunes qui lâchent tout pendant un an, pour « faire l’expérience » comme ils disent. C’est-à-dire pour se former à une « vie nouvelle » fondée sur l’Évangile. Même si les Sud-Américains sont les plus nombreux, il y a des filles et des garçons de l’Europe et du monde entier, et l’engagement avec lequel ils vivent cette période suscite une grande admiration.   Déjà Chiara Lubich soulignait le rôle des jeunes dans la cité-pilote argentine comme une de ses caractéristiques. J’ai visité toutes les réalités de la Cité-pilote et j’ai rencontré les focolarini, les écoles des jeunes et la communauté locale. J’ai été touchée par l’harmonie et par les rapports d’unité que j’ai trouvés entre tous. Là, triomphe cet amour réciproque que Lia Brunet et Vittorio Sabbione – pionniers du Mouvement en Argentine – ont apporté et que Chiara, lors de sa visite historique en 1998, a chaudement souligné. Je peux dire que j’ai expérimenté la présence spirituelle de la Sainte Vierge. J’ai parlé d’Elle lors d’une de mes interventions en décrivant comment Elle s’est manifestée dans notre histoire : un modèle pour vivre la Volonté de Dieu. J’ai aussi visité le Pôle industriel « Solidaridad », où quelques entreprises s’inspirent des principes de l’Économie de Communion. Elles sont encore petites, mais il y a de la pureté et de la cohérence avec les valeurs évangéliques, qui assurent un futur prometteur. L’« associé caché », comme est appelée l’intervention de la Providence de Dieu, est très présent et intervient avec fidélité.   Tu as passé les fêtes de Pâques en Argentine… Je les ai passées au Centre Mariapolis à Josè C. Paz, dans les environs de Buenos Aires. C’étaient des jours intenses, de grande spiritualité, avec environ 90 focolarines, y compris les focolarines mariées. Ensuite, nous ont rejointes les focolarini et d’autres personnes appartenant aux communautés proches, environ 400 personnes. Au milieu d’eux, j’ai voulu souligner à quel point nous avions compris, durant les premiers temps avec Chiara, les réalités de Jésus au milieu de nous et celle de Jésus abandonné. J’ai été émue par la reconnaissance et par l’amour qu’ils m’ont témoigné de tant de façons. Je peux dire que j’ai été très impressionnée par l’harmonie qu’il y règne et contente de l’unité que j’ai trouvée entre tous. Même si on peut toujours s’améliorer et grandir, je pense que Chiara, du Ciel, doit être contente.    

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Mgr Stanislaw Dziwisz: Chiara et Jean-Paul II

Le 14 mars 2009 c’était le premier anniversaire de la mort de Chiara Lubich. Avec une émission en direct ayant pour  titre : “Avec Chiara. Un dialogue qui continue” on a reparcouru sa vie. Un des témoignages les plus importants a justement été celui de Mgr Dziwisz qui a suivi de près, pas à pas, Jean-Paul II. Ordonné prêtre par Wojtyla en 1963, il a été à ses cotés comme secrétaire durant presque 40 ans. Aujourd’hui, il est évêque et cardinal de Cracovie, rôle qu’avait déjà rempli son ami Karol. Voici ce qu’il nous a dit. Mgr Stanislaw Dziwisz, cardinal de Cracovie: «Le Saint Père a déjà rencontré les focolarini avant, ici en Pologne, dans cette même maison; ils venaient de façon clandestine. Le Pape cherchait à lire les signes des temps, et il a vu que Chiara avait la même lecture de l’Eglise et aussi du monde. Il a toujours eu beaucoup de respect à son égard, même en parlant d’elle en privé et moi j’ai remarqué une grande harmonie, une harmonie spirituelle, et aussi un engagement ecclésial. Et il s’est créé une profonde union entre ces deux personnes. Ils n’avaient pas besoin de beaucoup de paroles, ils se comprenaient très bien. Je pense que le Saint Père a trouvé en elle et dans le Mouvement des Focolari la confirmation de tout ce qu’il pensait, de comment il voyait l’Eglise, son ouverture sur le monde, mais aussi sur les religions, chrétiennes et non chrétiennes. Chiara venait rencontrer le Saint Père avec ses plus proches collaborateurs, non seulement officiellement mais aussi en privé, pour les – soi-disant – déjeuners de travail. C’était toujours des déjeuners sans façon, jamais rien d’officiel, comme en famille. Le Pape, comme chacun sait, avait aussi un esprit artistique, et je pense que Chiara avait ce même esprit. Sur ce point aussi, ils étaient très proches. Le Pape accordait une grande importance aux laïcs, alors que tout le monde ne comprenait pas la place des Mouvements dans la vie de l’Eglise. Aussi celle de la femme. Lui parlait du génie de la femme. Chiara était ce génie de la femme. C’est incroyable ce qu’elle a pu faire, qui je crois a été fait par l’Esprit Saint à travers elle. Chiara ne faisait pas des discours philosophiques, mais ces discours simples et pleins d’amour, c’est cela qui attirait les personnes. Beaucoup prient par l’intercession du Serviteur de Dieu et obtiennent les grâces. Moi-même je peux le confirmer. Je pense qu’il se produit la même chose avec les focolarini : quand ils ont un problème, ils demandent et cherchent l’inspiration en Chiara. Peut-être que son aide et sa protection sont-elles maintenant plus efficaces qu’avant. Ça nous le verrons plus tard. Je pense que tous deux nous regardent, nous accompagnent, nous aident».

Au Parlement Européen de Strasbourg

Semaine Monde Uni 2011 : bilan d’un changement visible

Semaine Monde Uni 2011 : bilan d’un changement visible De l’Océanie au Nord Européen, de la Terre de Feu à l’Extrême Orient : la Semaine Monde Uni 2011(SMU) conclue officiellement le 8 mai, était assurément un événement de portée mondiale. Davantage encore ! Impliquant avec ses initiatives et ses projets des milliers de jeunes de n’importe quelles cultures et traditions, elle a su montrer que le monde uni est l’objectif fondamental des Jeunes pour un Monde Uni (JPMU), et que durant cette Semaine – depuis 1995 – elle veut le faire savoir à tous. Décrire même brièvement chaque initiative serait comme faire un tour virtuel de tout le monde. Ce serait sûrement passionnant mais trop long à résumer dans un article. Les centaines d’événements se sont propagés d’un réseau social à l’autre, multipliant la visibilité et les personnes impliquées. Nous nous limitons ici à quelques allusions, en vous renvoyant au blog www.mondounito.net pour un approfondissement. Commençons par les nombreuses SMU qui se sont déroulées au Moyen Orient, où est vécu un moment particulier de réveil et de désir de changement, à partir des jeunes. Il est riche de significations le titre du vidéo que les JPMU d’Egypte ont préparé en reprenant le titre du récent meeting qui a eut lieu les jours précédents et qui a donné le départ à la Semaine Monde Uni : « Make visible change » (Rendre visible le changement). Les jeunes du Liban ont animé toute la Semaine avec un projet écologique, un ciné-club interreligieux, une journée de sport et une activité sociale. Ils se sont aussi fixés sur le social dans toute l’Amérique latine. Par exemple à la Havane, durant la SMU, les jeunes de Cuba ont visité les enfants d’un bidonville construit sous un pont de la ville. Au Guatemala, chaque jour avait une nuance différente et une activité en corrélation : Donner, Aimer en premier, Paix, Mourir pour son peuple, Pardonner, Ecologie, et Tisser des rapport, sont  les titres des différentes journées Un dernier exemple de ce continent : Rosario, en Argentine. Ici, divisées en deux groupes de 25 jeunes chacun, les JPMU ont présenté différents sketchs sur le Monde Uni… aux passages piétons devant les personnes en attente devant les feux ! En plusieurs points du monde, on pensait au Japon, touché au mois de mars par les graves catastrophes naturelles. A Los Angeles, aux USA, a été lancée la campagne « Hike a thon ! », une démarche pour recueillir des fonds en faveur de la population de Fukushima. A Florence a eu lieu un marathon de danse et la place principale de Frascati (RM) a été animée par un atelier ouvert sur la découverte de la culture nippone. A Goa dans la partie sud-occidentale de l’Inde une journée entière a été consacrée à Chiara Luce Badano. Pour présenter cette jeune des Focolari béatifiée le 25 septembre précédent, les JPMU de l’Inde ont préparé des chants,  des chorégraphies, de typiques danses indiennes, des expériences et des vidéos sur sa vie. Et enfin à Sassello, pays natal de Chiara Luce, devant 1200 jeunes, et avec une liaison internet en direct, s’est conclue officiellement la seizième Semaine Monde Uni. Mais aussi une comédie musicale, Living the dream, réalisée par un groupe de jeunes de Gênes après l’enthousiasmante expérience vécue dans le workshop avec le Gen Rosso, et inspirée par l’exemple de deux jeunes Génois eux aussi en chemin vers la béatification : Alberto Michelotti et Carlo Grisolia. Puis un voyage spécial, avec Ruggio et Maria Teresa Badano, les parents de Chiara Luce, pour visiter sa maison. Pour écouter ce qu’ils ont dit, le replay du direct est disponible sur : http://media.focolare.org/CISMU2011.wmv.  En conclusion la grande annonce : Genfest 2012 – 1 et 2 septembre à Budapest. Mais nous en parlerons la prochaine fois !

Dans le métro

Il est dix heures et demie lorsque je descends l’escalator du métro à la Gare Centrale. Ce n’est pas l’heure de pointe, et pourtant nous sommes nombreux. Sous l’escalier, il y a un homme qui agite un bout de papier. Mais tout le monde est pressé et personne ne l’écoute.

Je m’arrête et lui fais signe de me suivre. Nous allons sur le quai. Je découvre qu’il va dans la même direction que moi. Il est accompagné de sa femme, deux filles et un garçon. Ils ne sont pas habitués  aux tapis roulants et la femme manque de tomber. Quand je découvre que seul Sabri, leur fils de 10 ans, parle suédois, je décide d’aller avec eux jusqu’à destination.

Mais ce n’est pas si facile, car lorsque nous descendons en tête de ligne, ils sortent d’autres bouts de papier… Le premier avec la mention de la direction à prendre dans le métro, maintenant, c’est un bout de papier avec l’adresse du Conseil pour l’immigration qui se trouve… cinq stations avant. Nous retournons. A la station de métro, je demande s’ils peuvent payer l’autobus. Nouveau bouts de papier, une lettre et un billet électronique pour le train. Pas d’argent. La lettre montre que leur objectif n’est pas le service d’immigration, mais une étude juridique qui se trouve dans un autre quartier de la ville.

Je suis déjà en retard d’une demi-heure pour la réunion. J’appelle l’étude juridique. Nous décidons qu’ils doivent prendre un taxi. Ils me demandent si je peux leur prêter l’argent pour le taxi puisque ensuite, certainement, le bureau juridique me remboursera la dépense. Le taxi est trop petit pour nous transporter tous, c’est pourquoi je prends congé. Les cinq personnes reconnaissantes me saluent cordialement.

Je suis surpris, lorsque quelques amis, ensuite, me disent que j’ai été très gentil. Surtout de payer le taxi… Certes, j’ai dû me dépasser pour aller avec eux pendant tout le trajet, j’ai perdu une bonne partie du cours auquel j’aurais dû assister et je ne suis pas sûr de revoir mon argent. Mais, n’aurais-je pas été heureux d’être aidé s’il m’était arrivé la même mésaventure dans un pays étranger ? La joie que j’ai ressentie en moi, et chaque fois que j’en parle, est un cadeau supplémentaire.

Patrick – Suède

Source : www.focolare.se

Mai 2011

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée »

Jésus nous enseigne aussi une autre manière d’aimer le Seigneur notre Dieu. Pour lui, aimer voulait dire accomplir la volonté de son Père, en mettant son esprit, son cœur, ses énergies, sa vie même, à sa disposition. Il s’est complètement donné au projet que le Père avait sur lui. L’Évangile nous le montre toujours et totalement tourné vers le Père (cf. Jn 1,2 ; 1,18), toujours en lui, attentif à ne dire que ce qu’il avait entendu du Père, à n’accomplir que la seule volonté du Père. Dieu nous le demande à nous aussi.

Aimer signifie faire la volonté de l’Aimé, sans demi-mesure, de tout notre être : « de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre pensée ». Car l’amour n’est pas simplement un sentiment : « Et pourquoi m’appelez-vous « Seigneur, Seigneur » et ne faites-vous pas ce que je dis ? » (Lc 6, 46), demande Jésus à ceux qui n’aiment qu’en paroles.

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée »

Comment vivre alors ce commandement de Jésus ? En entretenant avec Dieu un rapport filial et d’amitié, mais surtout en accomplissant sa volonté. Comme celle de Jésus, notre attitude envers Dieu sera de nous tourner toujours vers le Père, à son écoute, lui obéissant pour accomplir son œuvre et rien d’autre.

Il nous est demandé de l’accomplir de tout notre être, car, à Dieu, on ne peut pas donner moins que tout : tout notre cœur, toute notre âme, toute notre pensée. Cela veut dire bien faire, et complètement, cette action qu’il nous demande.

Pour vivre sa volonté et nous y conformer, il faudra souvent brûler la nôtre, sacrifiant tout ce qui, dans notre cœur et notre esprit, ne concerne pas le présent. Il peut s’agir d’une idée, d’un sentiment, d’une pensée, d’un désir, d’un souvenir, d’un objet, d’une personne…

Nous serons alors tout entiers à ce qui nous est demandé dans l’instant présent. Qu’il s’agisse de parler, de téléphoner, d’écouter, d’aider, d’étudier, de prier, de manger, de dormir, sans nous laisser distraire. Accomplir tout cela parfaitement, de tout notre cœur, notre âme, notre pensée ; avoir l’amour comme unique moteur de nos actions, au point de pouvoir dire, à chaque instant de la journée : « Oui, mon Dieu, en cet instant, en cette action, je t’ai aimé de tout mon cœur, de tout mon être ». C’est seulement ainsi que nous pourrons dire que nous aimons Dieu, en répondant à son Amour pour nous.

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée »

Comment vivre cette Parole de vie ? Demandons-nous de temps en temps si Dieu est vraiment à la première place dans notre âme.

Et pour ce mois-ci ? Choisissons à nouveau Dieu comme unique idéal, comme le tout de notre vie, en le remettant à la première place, en vivant sa volonté à la perfection dans le moment présent. Nous devons pouvoir lui dire sincèrement : « Mon Dieu et mon tout », « Je t’aime », « Je suis tout à toi », « Tu es Dieu, tu es mon Dieu, notre Dieu qui nous aime infiniment ! »

Chiara LUBICH

Au Parlement Européen de Strasbourg

Meeting Jeunes pour un Monde Uni : ils partagent !

« Seuls ceux qui sont suffisamment fous de penser pouvoir changer le monde le changent vraiment ». L’impression de l’un des 500 JPMU présents au meeting est claire : les Jeunes pour un Monde Uni ne croient pas à des utopies, mais plutôt en un Idéal pour lequel il vaut la peine de consacrer sa vie !

Une joie générale et explosive. « Il faut un grand cœur pour croire en cet idéal et vous m’y avez fait croire à moi aussi ! ». « Il suffit de regarder les visages : tout le monde a vraiment l’air heureux ! » « Il me tarde de rentrer pour répandre cette lumière dans le monde entier »… ce sont seulement quelques impressions, recueillies parmi tant d’autres.

Le dernier matin de programme, avant que la fête ne continue à Rome avec la veillée au Cirque Maxime et la cérémonie du dimanche à Saint Pierre pour la béatification du pape Wojtyla,  ce fut l’occasion d’expérimenter la nature propre des Jeunes pour un Monde Uni, et donc de fixer le regard sur le monde entier.

Piero Coda, président de l’Institut Universitaire Sophia (à Loppiano, Florence), a guidé, avec deux de ses étudiants, la réflexion sur l’importance du dialogue dans chaque situation, spécialement aujourd’hui  alors que les civilisations – après s’être développées isolément pendant des siècles – sont appelées par l’histoire à une confrontation continuelle, à un échange, à une interdépendance. Quelques unes de ses paroles emblématiques : « L’histoire est faite de quelques figures prophétiques qui savent illuminer l’agir humain, toujours vers de nouveaux horizons. Mais c’est avec le même procédé fondamental que font aussi quotidiennement de nombreux constructeurs de ponts, comme vous pouvez l’être vous, qui enseignent avec leur vie l’art du dialogue ».

Etait présente aussi une délégation de jeunes du Mouvement bouddhiste japonais Rissho Kosei-Kai qui ont présenté leur association, – des années de dialogue et d’étroite amitié avec le Mouvement des Focolari, – (avec l’action Arms Down) et les activités qui ont eu lieu l’année en cours en faveur du désarmement nucléaire et récemment pour les victimes du terrible tremblement de terre qui a ravagé le nord du Japon le 11 mars dernier.

Leurs témoignages très clairs, limpides, ont montré comment le fait de ‘’construire des ponts’’ entre mouvements, cultures et expériences différentes portent des fruits les plus inattendus.

Les jeunes de la Rissho Kosei-Kai ont dit à la fin du meeting : « De ce moment de rencontre  avec les JPMU nous emportons avec nous surtout une chose, la certitude que chacun de nous est différent de l’autre, mais en même temps qu’il est beau de jouer avec ces différences jusqu’à arriver à l’unité entre tous ! ».

Jusqu’au 8 mai 2011 vous pouvez suivre la Semaine du Monde Uni sur : www.mondounito.net

Au Parlement Européen de Strasbourg

Lampedusa: expérience de partage

De l’île, elle nous écrit:“Les hôtes arrivent trempés et pour la plupart pieds nus. Un rapport d’empathie et de reconnaissance s’établit tout de suite entre eux et nous. Ils s’excusent pour tout, pour la circulation qu’ils bloquent, pour les queues dans les boulangeries, dans les supermarchés…”

“Ces derniers mois, étant donné la succession des débarquements, nous vivons une expérience de peuple. Tout le monde se donne de la peine pour ces frères avec une très grande générosité, en leur procurant des vêtements, de la nourriture, etc.”

Nous vivons beaucoup d’expériences:“Juste les jours précédents les débarquements, on m’avait volé mon sac avec tout ce qu’il contenait y compris mon téléphone portable. J’en achète un autre et je l’avais sur moi, encore dans sa boite. Un jeune tunisien se rend compte que son téléphone ne fonctionne pas et me dit: ‘Maman pleure parce qu’elle n’a pas de nouvelles de moi!’. Je pense au téléphone que je viens d’acheter. Il lui serait utile. Je le lui donne. Le jeune est heureux et peu de temps après il a réussi à parler avec sa maman”.

Les Jeunes pour un Monde Uni, avec quelques communautés de la Sicile et en collaboration avec la Caritas d’Agrigente, font également arriver en quelques jours, à Lampedusa, un container de vêtements et d’affaires de première nécessité.

Après ce début où la population s’est grandement dévouée, le découragement a commencé à s’insinuer parce que 90% d’entre elle vit du tourisme. “Avec la certitude que Dieu ne nous laissera pas seuls, qu’il ne se laissera pas vaincre en générosité, nous essayons d’encourager et de soutenir chacun à ne pas se laisser écraser par les préoccupations du futur…”

L’évêque d’Agrigente, Mgr Montenegro, est intervenu en invitant à voir en ces frères le visage de Jésus affamé, étranger… Il a écrit au Président de la République et tout de suite les autorités ont commencé à intervenir et c’est la joie d’avoir beaucoup reçu, bien plus de ce qui a été donné, qui reste en chacun. On a vécu et on continue à vivre de très belles expériences: ceux qui ont accueilli un enfant pendant une période, ceux qui ont procuré du travail à des jeunes qui sont restés ici, ceux qui ont ouvert leur maison pour un repas, une douche, sans parler d’argent, de nourriture… Les pêcheurs ont offert des caisses de poissons et les hôtes ont fait un barbecue improvisé.

A présent, la communion des expériences et des biens matériels continue et est en train de s’étendre à toute l’Italie.