Mouvement des Focolari

Paroisses: quel chemin prendre?

“La paroisse témoin de l’amour de Dieu”: tel était le thème du rassemblement du mouvement paroissial et du mouvement diocésain, qui s’est déroulé au centre mariapolis de Castel Gandolfo, du 16 au 18 avril. Le thème s’inspirait de la réflexion que le mouvement des Focolari consacre à “Dieu Amour” et de l’encyclique de Benoît XVI, Deus caritas est. Plus de 1500 animateurs venus de plusieurs continents y ont participé.
“La plus grande certitude que nous avions apportée avec nous, écrit un jeune, c’est que Dieu nous aime immensément, et c’est la phrase qui a été répétée le plus souvent pendant ces trois jours! Nous l’avons accueillie et elle est entrée dans nos cœurs avec une nouvelle conviction… Nous ne pouvons que nous en réjouir et y puiser des forces!
Lors du rassemblement est venu en lumière un visage de Dieu qui n’est pas toujours perçu dans la mentalité dominante:“Sans le vouloir, écrivait don Silvano Cola, premier prêtre focolarino, qui nous a quittés en 2007, nous avons souvent prêché un royaume de Dieu où le père, avec son autorité paternelle, semble dire à son enfant: sois bon, fais ce que je te dis, et je te donnerai une récompense.”
De “lieu d’administration de l’Église au niveau local”, la paroisse devient “le lieu capable d’annoncer le Dieu que Jésus nous a révélé”, “l’espace qui rend visible la communauté des personnes rassemblées au nom de Jésus”. Telle est l’expérience faite par plusieurs paroisses, où l’on cherche à vivre la communion et le partage.
Une expérience d’une grande actualité en cette année particulière dédiée aux prêtres, qui représentent le cœur vivant de la paroisse.
Ce qui frappe, ce sont les relations fraternelles entre les personnes, entre les familles, les groupes, les associations et les mouvements, entre tous. Ainsi la paroisse devient-elle “épiphanie” de Dieu, témoin de son amour. “La tâche la plus importante que je dois accomplir, c’est de faire fleurir, au sein de la paroisse à laquelle j’appartiens, la fraternité entre toutes les réalités paroissiales”, commente un des participants.
De plus, une paroisse témoin de l’amour de Dieu est à même de relever avec brio les défis d’aujourd’hui: les attentes des jeunes, la crise de la famille, les situations douloureuses, les nouvelles pauvretés, l’urgence du dialogue.
Tous les participants ont été fortement impressionnés par le témoignage de Chiara Luce Badano, raconté par son père et sa mère dans une vidéo et par des personnes qui l’ont connue. Le oui qu’elle a dit à Jésus quand sa maladie lui a été annoncée, en a encouragé plus d’un à adopter une nouvelle attitude de confiance totale dans la volonté de Dieu.

 

 

juin 2010

Cette Parole de Jésus oppose deux types de vie : la vie terrestre, que l'on construit en ce monde, et la vie surnaturelle, donnée par Dieu à travers Jésus. Cette vie-là ne s'arrête pas avec la mort, personne ne peut nous l'enlever.
Dans l'existence, deux attitudes sont possibles. L'une nous attache à la vie terrestre considérée comme notre unique bien, centrée sur nous-mêmes, nos biens, nos proches. Nous nous enfermerons alors dans notre coquille, n'affirmant que notre moi. Tout cela ne peut que nous mener à la mort. L'autre attitude, au contraire, consiste à croire que nous avons reçu de Dieu une autre vie, beaucoup plus profonde et authentique. Elle nous donne le courage de vivre conformément à ce don, au point de lui sacrifier notre vie terrestre.

« Qui aura assuré sa vie la perdra et qui perdra sa vie à cause de moi l'assurera. »

En prononçant ces paroles, Jésus pensait au martyre. Comme tout chrétien – afin de servir le Maître et de rester fidèles à l'Évangile – nous devons être prêts à perdre notre vie, mourant même – s’il le faut – de mort violente, ce qui nous vaudra, par la grâce de Dieu, d'obtenir la vie véritable. Jésus fut le premier à « perdre sa vie » et elle fut ainsi glorifiée. Il nous a avertis qu'il ne faut pas craindre « ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme » .
Aujourd'hui il nous dit :

« Qui aura assuré sa vie la perdra et qui perdra sa vie à cause de moi l'assurera. »

Dans l'Évangile, Jésus revient au moins six fois sur cette idée. C'est dire combien elle compte pour lui.
Cependant, cette exhortation à perdre notre propre vie n'est pas seulement pour Jésus une invitation à aller jusqu'au martyre. C'est une loi fondamentale de la vie chrétienne.
Il nous faut être prêts à renoncer à faire de nous-mêmes l'idéal de notre vie, à abandonner notre indépendance égoïste. Un vrai chrétien fait du Christ le centre de son existence. Et que nous demande Jésus ? D’aimer les autres. En adoptant cet idéal qu’il nous propose, nous nous perdrons certainement nous-mêmes, mais nous trouverons la vie.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ne pas vivre pour soi n’est pas une attitude passive et de renoncement. Car le chrétien qui a décidé de mettre le Christ au cœur de sa vie s'engage à fond et avec un grand sens de responsabilité.

« Qui aura assuré sa vie la perdra et qui perdra sa vie à cause de moi l'assurera. »

Dès ici-bas, nous constaterons combien le don de soi et l'amour vécu font grandir en nous la vie. Après une journée au service des autres, et avoir transformé en un geste d'amour le travail quotidien, si dur et monotone soit-il, nous éprouverons la joie de nous sentir plus réalisés.

 

« Qui aura assuré sa vie la perdra et qui perdra sa vie à cause de moi l'assurera. »

En ayant suivi les commandements de Jésus, tous centrés sur l'amour, à la fin de notre brève existence, nous trouverons la vie éternelle.
Rappelons-nous comment Jésus nous jugera au dernier jour. Il dira à ceux qui seront à sa droite : « Venez, les bénis de mon Père… car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger… j'étais un étranger et vous m'avez recueilli ; nu, et vous m'avez vêtu… » .
Pour nous faire entrer dans la vie éternelle, il nous jugera uniquement sur notre amour du prochain, considérant comme fait à lui-même tout ce que nous aurons fait pour nos frères.

Comment vivre alors cette parole ? Comment, dès aujourd'hui, perdre notre vie pour la trouver ?
En nous préparant à l'examen final pour lequel nous sommes nés.
Regardons autour de nous et remplissons notre journée d'actes d'amour.
Le Christ se présente à nous dans nos enfants, notre femme, notre mari, nos collègues de travail, les membres de nos organisations ou associations, nos compagnons de loisirs, etc. Aimons-les tous.
Sans oublier ceux dont on nous parle chaque jour dans les journaux et à la télévision, ou ceux dont nous connaissons l'existence par des amis… Faisons quelque chose pour chacun, selon nos possibilités.
Et quand il nous semblera avoir épuisé tout notre possible, nous pourrons encore prier pour eux.
Seul l'amour a de la valeur.

Chiara Lubich

 

Plus jamais la violence

Plus jamais la violence

Time-out, midi, en Thaïlande. Une minute de prière pour la paix, pour ceux qui ont perdu la vie, pour cette chère nation embrasée par la guérilla qui a semé la mort, la destruction et la peur. Des personnes d’autres religions se joignent à cette prière, parce que la paix est un bien universel. Voici ce qu’écrivent Elena Oum et Chun Boc Tay, délégués du mouvement des Focolari en Thaïlande: “La situation actuelle est très préoccupante pour nous tous. Nous continuons à croire à la force de la prière et poursuivons notre rendez-vous du “time-out”, un moment de prière pour la paix dans notre très chère nation. C’est devenu un rendez-vous interreligieux et international, puisque beaucoup de nos chers amis d’autres religions se sont joints à nous pour demander le don de la paix. Au cours de notre prière, nos pensées vont vers ceux qui ont perdu la vie et leurs familles qui souffrent, et vers toutes les personnes qui souffrent d’une manière ou d’une autre à cause des circonstances actuelles. Au cours de notre prière, nous demandons à Dieu Tout-Puissant d’éclairer et de donner la sagesse à ceux qui ont des responsabilités et une influence importantes, afin qu’ils prennent les décisions justes, dictées par le bien commun. Il ne doit plus y avoir une seule vie sacrifiée, ni aucune sorte de violence! Au cours de notre prière, nous voulons nous remettre entre les mains de Dieu comme des instruments de Son amour d’une façon concrète, même par un acte d’amour plus petit. Seul l’amour parvient à panser les plaies et à dépasser tous les problèmes, passés et à venir. Que pouvons-nous faire concrètement? Aimer tout le monde. Être les premiers à aimer. Par exemple, en rendant visite à une famille qui souffre, afin d’apporter notre soutien matériel et spirituel. Accomplir des actes d’amour où que nous soyons, pour construire des “ponts” capables de dépasser les divisions. Pardonner et nous réconcilier. Toutes ces qualités sont celles de l’amour chrétien, et toutes les religions sont porteuses du même message. Nous avons en commun ce que nous appelons la “règle d’or”: “Faites aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous fassent” et “Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse”. Nous essayons de faire en sorte que notre nation redevienne “la terre du sourire”! Nous faisons notre part, et Dieu fera la sienne. Dans Son immense amour, Il transformera chaque malheur en un bien plus grand encore. Nous voulons contribuer à ce que la prière de Jésus: “Que tous soient un”, se réalise. Nous sommes vraiment frères et sœurs d’une même grande famille!”

Plus jamais la violence

Net-One: “Tentatives de dialogue”

Du 10 au 13 juin prochains, le centre mariapolis de Castel Gandolfo accueillera le séminaire international organisé par Net-One, le “réseau” de communicateurs auquel se réfèrent divers opérateurs des médias. Grâce à celui-ci, il est possible de partager des approfondissements culturels et des expériences professionnelles, avec un unique objectif: placer au cœur de son propre travail la personne, comprise comme le moyen essentiel de communication, dans un esprit de fraternité universelle et pour construire un monde plus uni.
“Tentatives de dialogue”: tel est le titre de l'événement, conçu davantage comme un séminaire que comme un congrès classique. En effet, les suggestions des intervenants, des professionnels travaillant dans les différents genres de communication, ne seront qu’un début pour faire en sorte que tous les participants, venus du monde entier, puissent apporter une contribution significative et redonner tout son poids à la réalité, précisément à travers les médias.
“Le but de la comunication est le changement déterminé par l'amour inhérent à la communication elle-même”, affirme le philosophe Guy Lafon, et l'expérience de ces premières années d’activité de Net-One le montre bien: il est nécessaire de développer toujours plus la communication interpersonnelle, en cherchant à comprendre qui est derrière un moyen de communication, pour pouvoir ensuite gérer et promouvoir une bonne communication, dans un univers toujours plus complexe, fait de papier imprimé, de télévision, d’internet et de réseaux sociaux. Lors de ce séminaire, on tentera alors de retrouver le sens et le potentiel extraordinaire de notre rôle de communicateurs, à travers les relations avec “l'autre” et par des échanges sur les thèmes relatifs au monde des médias; ceci lors de moments en plénière ou lors d’ateliers de travaux pratiques par groupes. Les travaux seront clôturés par Maria Voce, la présidente du mouvement des Focolari.
En se connectant sur le site de Net-One , on pourra trouver toutes les informations relatives au programme et les contacts pour envoyer son inscription.
 

Plus jamais la violence

Des chrétiens engagés en politique

“Nous avons besoin de politiques authentiquement chrétiens, mais plus encore de fidèles laïcs qui témoignent du Christ et de l’Évangile au sein de la communauté civile et politique.” Ces mots ont été prononcés par Benoît XVI, le 21 mai dernier, lors de la XXIVe assemblée plénière du Conseil pontifical pour les laïcs, qui avait choisi pour thème de discussion “Témoins du Christ au sein de la communauté politique”. Nommée le 2 décembre consulteur au dicastère du Vatican, Maria Voce, présidente du mouvement des Focolari, a participé elle aussi à l’assemblée. Le thème a été choisi pour répondre à un désir du Pape: faire naître “une nouvelle génération de chrétiens qui sachent véritablement s’engager en politique”. Cela a donné lieu à un débat intense, raconte Maria Voce. La chose qui ressortait avec force est qu’il n’incombe pas à l’Église de “faire” de nouveaux politiques: son devoir consiste à former les chrétiens. Et si les chrétiens ont reçu une formation, alors ils pourront être aussi de bons politiques. Il faut donc repartir du témoignage chrétien: être des témoins du Christ au sein de la communauté politique.”

“Plusieurs personnes faisaient ressortir comment un des endroits privilégiés où l’on forme aujourd’hui les chrétiens sont les mouvements”, poursuit la présidente du mouvement des Focolari. Le pape Benoît XVI l’a lui aussi souligné dans son discours aux membres et aux consulteurs de l’assemblée. “L’appartenance des chrétiens aux associations de fidèles, aux mouvements ecclésiaux et aux communautés nouvelles peut être une bonne école pour ces disciples et témoins, soutenus par la richesse charismatique, communautaire, éducative et missionnaire propre à ces mouvements”, a affirmé le Saint Père. Maria Voce est intervenue lors de l’assemblée en donnant plusieurs expériences faites par le mouvement des Focolari dans le domaine de la politique. “Il est impossible de penser que le mouvement des Focolari ne s’intéresse pas à la politique, quand on sait que le premier focolarino marié était un homme politique, Igino Giordani, dont la cause de béatification est en cours, a dit Maria Voce. Et Chiara Lubich nous a appris à regarder vers un seul Père, elle nous a appris que nous sommes tous frères, donc les politiques sont eux aussi nos frères, auxquels nous devons apporter notre soutien.”

Parmi les expériences qu’elle a évoquées lors de l’assemblée, Maria Voce a parlé du “Forum politique permanent pour l’unité”, qui s’est constitué en 2008 en Corée du Sud et est composé d’un groupe actif de parlementaires adhérant au Mouvement politique pour l’unité. Ce forum est né dans le but d’offrir un lieu stable de dialogue et de conception de projets politiques. Lors de son récent voyage en Asie, Maria Voce avait rencontré les membres du Forum et les avait encouragés à s’engager pour promouvoir une politique se fondant sur la fraternité. Et c’est justement dans cette optique que, le 26 février dernier, l’initiative a été publiquement reconnue par le président de l’Assemblée nationale comme le meilleur groupe de recherche, parmi les 60 en lice, dans ses activités parlementaires et dans l’application de la Constitution. La somme d’argent remise avec le trophée a été immédiatement destinée à l’ouverture d’une « école de formation sociale et politique », que le MPPU de Corée projette d’inaugurer à l’automne prochain.

Une injection de confiance

Pouvez-vous nous faire part de l’expérience que vous avez vécue lors de la journée “Ensemble pour l'Europe” à Munich?
«Cela a été une expérience constructive, parce qu’elle a donné aux membres des différents mouvements et charismes la possibilité de se rencontrer de nouveau, mais aussi, dans un certain sens, de participer aux diverses expressions qui caractérisent les mouvements. Cette participation à la vie et au charisme de l’autre est un enrichissement, parce qu’elle ouvre aux richesses de l’autre. Il est toujours intéressant de voir que finalement, malgré cette immense variété de charismes, il existe un fondement commun à tous ces mouvements: c’est la foi en Dieu, en Jésus Christ, envoyé par le Père pour le salut du monde. Oui, il me semble pouvoir dire que les expressions des mouvements sont comme une multitude de fleurs différentes qui croissent sur un même arbre. Un arbre que l’on voyait très bien à Munich. On le voyait solide, très solide.»
Quel est le rôle de ces mouvements aujourd’hui, au sein de l’Église et en Europe?
«Témoigner de la possibilité d’être en communion. Être un laïcat engagé et qualifié. Non pas un laïcat au sein duquel chacun suit sa propre route, mais un laïcat qui fait le choix de partager avec les autres le même objectif: l'unité. L‘unité des Églises, l'unité de l'Europe, l'unité entre tous. Certes, nous avançons selon des modalités différentes, mais nous allons tous dans la même direction et tous ensemble. En ce sens, la présence des évêques m’a semblé importante, comme le fait qu’ils aient reconnu l'utilité du chemin parcouru ensemble jusqu’ici, pour construire une Europe plus chrétienne, pas seulement plus unie, mais plus chrétienne parce que fondée sur les principes du christianisme.»
Pourtant, les chrétiens d’Europe sont divisés. Quel poids représente cette division?
«C’est la souffrance de vivre ensemble pour une unité encore imparfaite. Quand il y a l’amour réciproque et que les souffrances de l'un deviennent celles de l'autre, alors il est possible d’être sincère. Il est donc possible de se rendre compte des difficultés qui subsistent, mais aussi de la possibilité que nous avons de les faire disparaître peu à peu. Il s’agit aussi de comprendre ce que nous-mêmes pouvons faire, en attendant que les responsables du dialogue théologique trouvent les mots et les modalités justes pour arriver à exprimer la vérité d’une façon sur laquelle tout le monde puisse s’entendre. Parce que, c’est sûr, la vérité est une, elle n’est pas multiple. Seulement, il faut arriver à une vérité qui soit exprimée d’une manière dans laquelle tout le monde se retrouve vraiment. C’est, en toute logique, une action de l’Esprit Saint, mais nous pensons et nous constatons que, plus l’amour réciproque est fort entre les chrétiens, plus il est facile de se rejoindre sur plusieurs points certes divergents, et d’arriver à se comprendre et à avancer ensemble. C’est comme monter les escaliers: on s’arrête un petit moment pour pouvoir continuer à monter.
Et ce témoignage me paraît important, à un moment où tant d’ombres planent sur l’Église. Il faut faire apparaître ce que Jésus dit de lui-même: mes paroles ne passeront pas. Même les paroles d’accusation qui pèsent aujourd’hui sur l’Église passeront, si nous montrons l’Église comme elle doit être, autrement dit, si nous montrons cette réalité de communion entre nous et notre détermination à vivre l’Évangile de façon radicale.»
Est-ce la réponse que les mouvements peuvent apporter face à la situation que vit l’Église?
«Convertissons-nous, afin de vivre davantage l’Évangile et davantage en communion. Le principal est bien d’amener tous les hommes à croire à l'Amour de Dieu et à vivre dans le moment présent ce que Dieu nous demande, avec générosité et de façon radicale.»
Le Kirchentag avait choisi pour thème l’espérance. La journée “Ensemble pour l’Europe” a-t-elle été elle aussi un signe d’espérance?
«Certainement. Cela se voyait à la joie générale. Des gens arrivaient à tout moment, on avait l'impression de recevoir une injection de confiance. Confiance en Dieu, confiance dans les hommes, confiance dans l’Église.»
Interview réalisée par Maria Kuschel

 

Plus jamais la violence

Une lueur d’espérance au cœur de l’Europe

Du 12 au 16 mai, à Munich, a eu lieu la seconde édition du “Kirchentag”. Plus de 3000 manifestations, qui se sont déroulées dans 500 endroits différents à travers la ville, ont caractérisé cette rencontre œcuménique. Celle-ci, qui avait pour sologan “Afin que vous soyez porteurs d’espérance”, a vu affluer 133000 visiteurs permanents, auxquels il faut ajouter environ 11000 participants journaliers. Parmi les thèmes abordés lors des forums et des tables rondes, citons la crise économique et financière, la paix, la guerre en Afghanistan, la situation des Églises et de l’œcuménisme, ainsi que le dialogue interreligieux avec les juifs et les musulmans. Cette manifestation a été promue et organisée par un groupe de travail comptant 17 Églises chrétiennes, réunies au sein de l’ACK (communauté des Églises chrétiennes) en Allemagne. La nouveauté de cette édition résidait dans la collaboration notable des Églises orthodoxes d’Allemagne et s’est exprimée notamment par la célébration des vêpres et la liturgie du pain béni, en présence de 20000 participants, sur l’esplanade de la Theresienwiese de Munich, le vendredi 14 mai. Le mouvement des Focolari a été présent lors de diverses manifestations et sur des stands d’informations. La présidente, Maria Voce, est intervenue dans le cadre du forum des mouvements et des communautés chrétiennes, “Ensemble pour l’Europe”, qui avait choisi le slogan “Signes d’espérance”, qui s’est déroulé à la patinoire olympique. Maria Voce a fait part de l’expérience de communion vécue depuis maintenant dix ans, à l’échelle européenne, par les membres des différents mouvements et charismes. Sont également intervenus Andrea Riccardi, fondateur de la communauté Sant’Egidio, Ulrich Parzany, de ProChrist, et l’évêque luthérien Johannes Friedrich,. Les Focolari ont pris part à cette manifestation en animant des programmes pour les jeunes, entre autres “Sports4Peace », animé par les Jeunes pour un monde uni, avec la participation du GenRosso; ils ont donné des témoignages sur la vie de la famille et ont présenté l’expérience vécue au centre œcuménique d’Ottmaring. “Le Kirchentag a eu lieu à un moment marqué par de nombreuses crises: la crise économique et financière, la crise de l’euro, autrement dit, de l’intégration européenne, la crise de l’Église catholique, en raison de l’implication de prêtres et d’évêques dans des abus sexuels sur des mineurs, commente Joachim Schwind, rédacteur en chef de Neue Stadt, la revue mensuelle du mouvement des Focolari en langue allemande. Pour toutes ces raisons, le slogan choisi pour la manifestation de cette année, “Afin que vous soyez porteurs d’espérance”, a pris une importance nouvelle et, surtout, d’une grande actualité. L’Église catholique s’est montrée, notamment à travers ses représentants, sous un jour très sobre, et cette humilité – c’est ce qu’ont relevé de nombreux commentateurs – rend service à l’œcuménisme, à une rencontre de même niveau que la précédente.” Cette année, la présence des orthodoxes à la manifestation a été particulièrement appréciée. “L’œcuménisme est devenu quelque chose de ‘normal’, au sens le plus positif du terme, poursuit Schwind. Il n’y a plus le charme de la découverte de l’autre en tant qu’‘étranger’. Dans de nombreux domaines, la coopération et la collaboration sont une réalité, et dans d’autres, elles sont en train de le devenir. Je pense qu’à présent, c’est aux mouvements d’offrir une base spirituelle solide à cette ‘normalité’ de l’ensemble.” “Le Kirchentag nous a apporté l’espérance sur trois plans, conclut Schwind: l’espérance au sein des Églises, car il a encouragé les chrétiens en leur montrant qui ils sont pour le monde d’aujourd’hui; sur le plan œcuménique, en faisant apparaître combien de choses nous unissent déjà, et qu’une communion intense et profonde non seulement est possible, mais existe déjà; espérance vis-à-vis de la société, en montrant que les chrétiens sont prêts à s’engager pour ce pays, et plus particulièrement à un moment où tout le monde cherche des points de repère.”

Plus jamais la violence

La cité pilote dans le vert.

Bruyères-le-Châtel, mercredi 12 mai 2010 – Malgré la grisaille du ciel, les fleurs et l’herbe de la prairie font tous leurs efforts pour rayonner et cela se voit. Après avoir fait le tour du village de Bruyères-le-Châtel et admiré la magnifique église saint Didier du XIe siècle, la visite de Maria Voce et Giancarlo Faletti commence par un café chaud dans les locaux de ce qu’on appelle la “maison du gardien”. La visite des lieux débute alors par les deux appartements rénovés dans ce local qui permettent d’accueillir quelques personnes de passage. Puis ce sera le focolare féminin dans la “grande maison”. Maria Voce y dira quelques paroles fondamentales pour l’avenir de ce projet. La visite continue avec les éditions Nouvelle Cité : découverte attentive de la part des responsables des différentes fonctions, des réalisations, de la conception d’un livre ou d’un article à l’expédition dans la magnifique cave voutée, en passant par l’administratif et l’œil vigilant du commercial. Lutte continuelle pour dire un message dans un monde où l’argent est trop souvent la valeur absolue. Maria Voce parlant remarquablement le français, le contact direct avec les employés comme avec toute personne rencontrée, est simple et rapide.

Une messe regroupe ceux qui le désirent dans la rotonde. A la fin de la messe, Maria Voce s’adresse à la soixantaine de présents avec une certitude forte : la cité-pilote d’Arny doit être une vitrine, une “expo de Dieu” non pas tant à cause des bâtiments mais grâce au témoignage d’amour réciproque qu’on y donne et qui doit rayonner pour la France mais aussi au-delà de la France. Si ce projet est voulu par Dieu (et il en a le goût !) rien ni personne ne peut l’empêcher.

Un autre type de soleil rayonne alors sur Arny, en particulier pour tous ceux qui ont investi spirituellement et matériellement dans ce projet. Maria Voce avait été touchée durant la messe par la lecture des Actes des apôtres avec le discours de Paul aux Athéniens. Arny est un lieu qui rend visible ce “Dieu inconnu”, non pas dans un sanctuaire de pierre mais par le témoignage de personnes dans la vie de tous les jours.

Rencontres à Paris

Paris, le 10 mai 2010 – Journée chargée en perspective mais commencée sous la protection de Marie au sanctuaire de la Médaille miraculeuse, rue du Bac. En 1830, la Vierge apparaît à une novice des sœurs de la Charité, Catherine Labouré, elle lui confie la réalisation d’une médaille et lui promet de donner abondamment ses grâces à ceux qui les demandent. Suite à l’épidémie de choléra qui frappa la capitale quelques années plus tard et aux miracles liés par cette médaille, elle est connue dans le monde entier sous le nom de Médaille miraculeuse. La chapelle qui lui est consacrée devient un haut-lieu de pèlerinage populaire dans la capitale (plus de 2 millions de visiteurs par an). Giancarlo Faletti et Jean-Louis Hôte célèbrent la messe dans ce sanctuaire pour poursuivre cet accompagnement de Marie débuté à Lourdes, continué à Notre-Dame de Fourvière.

Centre d’Accueil de la Presse Étrangère, 10h30 -Une heure plus tard, changement de décor, c’est le très officiel Centre d’accueil de la presse étrangère (CAPE) près des Champs-Élysées. Maria Voce raconte son parcours de manière très vivante et dans un français… impeccable puis répond aux questions. Même si le nombre de journalistes est moindre que souhaité, ce moment est très important car il est une reconnaissance dans le monde des médias. La conférence de presse disponible en audio sur le site du CAPE (www.capefrance.com/fr ) . A venir une interview sur Radio Notre-Dame et un prochain numéro des Essentiels dans la Vie…

Maison des évêques de France et nonciature. Le début d’après midi prend une teinte plus ecclésiale avec la visite au Cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris et Président de la Conférence des évêques de France. Maria Voce s’est dit très satisfaite de cette rencontre brève mais très concrète dans le rapport (les évêques étaient en plein travaux du Conseil permanent). Elle a mis au courant le cardinal de sa dernière visite avec le pape. Une visite de la maison de la Conférence des évêques des France a été l’occasion de saluer, dans les couloirs et le jardin, Mgr Hippolyte Simon (évêque de Clermont et Délégué de la Conférence des évêques de France à la Comece – Commission des épiscopats de la Communauté européenne) ainsi que Mgr Grallet (archevêque de Strasbourg) mais encore Xavier Monmarché (Pax Christi) avec lequel des liens se sont tissés à Ensemble pour l’Europe. Puis ce fut la visite à la nonciature avec l’accueil chaleureux du nonce, Mgr Luigi Ventura, qui connait très bien le mouvement. Un “café à l’italienne” fut un liant bienvenu.

Rencontre avec des acteurs de terrain. En fin d’après-midi, Maria Voce et Giancarlo rencontrent le groupe des prêtres en provenance de plusieurs régions. Peu nombreux, dynamiques, reconnus et appréciés dans leurs diocèses où on leur confie des tâches importantes. Avec eux, les centres des volontaires ont participé à un dialogue et un partage profonds. Le soir, ce sont les membres du Conseil de zone (une quarantaine de personnes) qui donnent un panorama du travail de l’ensemble de la zone. Panorama riche et diversifié. Maria Voce profite alors de l’occasion pour insister sur l’importance de ce Conseil de Zone « cœur d’un territoire d’où tout doit partir ». Le Conseil de zone n’est donc pas un organisme administratif qui organise au mieux un calendrier mais un centre, qui grâce à l’amour réciproque entre ses membres, est à l’écoute de l’Esprit Saint pour comprendre les actions nécessaires sur le territoire qui lui est confié.

Un cadeau final : Maria Voce a apporté dans ses bagages le montage vidéo de quelques minutes, réalisé lors de sa dernière visite à Benoît XVI suite à sa visite en Asie.

Jean-Michel MERLIN

Plus jamais la violence

Parigi accoglie Maria Voce

Paris, gare de Lyon, le 8 mai 2010, à l’arrivée du TGV de 20h01 en provenance de Lyon,une trentaine de personnes forment un groupe compact en bout de quai. Quand la portière du train s’ouvre, c’est une immense acclamation devant des voyageurs ébahis. Une banderole de bienvenue se déploie, Maria Voce et Giancarlo Faletti arrivent dans la capitale, accueillis par différents membres des Focolari de l’Ile de France mais aussi de jeunes Strasbourgeois et des Nantais.

Le lendemain dimanche 9 mai en début d’après-midi, c’est une foule bien plus importante qui arrive dans un théâtre de Boulogne-Billancourt (banlieue Ouest). Les 600 personnes présentes viennent de toutes les régions du nord de la France, de la Vendée à l’Alsace, des Ch’ti aux châteaux de la Loire, sans oublier les Franciliens avec leurs banlieues plus chocs que chics et les représentants de nombreuses nations, habitants l’Île-de-France dont un groupe significatif de Camerounais.

Le programme de la rencontre de la Présidente des Focolari et de ceux qui se sentent membres du mouvement dans ces régions, débute dans un immense climat de fête où les temps d’explosion de joie et ceux de silence et d’écoute se répondent mutuellement. Il s’agit aussi de présenter à Maria Voce et Giancarlo Faletti, la diversité et la richesse des engagements des Focolari dans ces régions. En Alsace, pour favoriser les rencontres entre hommes politiques de différents partis et favoriser la recherche du bien commun, ils organisent des petitsdéjeuners où sont traitées les questions de société dans une grande liberté. La région Ouest présente son travail avec différentes Eglises et communautés ecclésiales dans le projet Ensemble pour l’Europe avec un rassemblement de 800 personnes. L’Île-de-France avec la présence d’un grand groupe très coloré d’enfants de la banlieue Est montrera une réelle fraternité tandis qu’un professeur de la banlieue Nord dira son travail avec ces élèves pour changer le climat de violence dans son établissement scolaire. Son travail de traduction de “l’Art d’aimer” en termes laïcs commence à circuler dans d’autres établissements, toujours en lien avec les élèves. Enfin tout le travail réalisé autour de la cité-pilote d’Arny dans le cadre de l’Économie de Communion apporte une touche d’espérance dans notre monde économique en déroute.

Maria Voce avait pressenti à Lourdes qu’il fallait s’attendre à voir des miracles, et cette présentation de quelques activités du Mouvement était bien dans cette ligne. Ce qui permit à Maria Voce, dans la seconde partie de répondre à des questions et de préciser sa pensée dans un grand climat de liberté et de joie.

Chants, chorégraphies entraînés par un bouillant groupe de jeunes, des plus petits aux jeunes professionnels ont entraîné la salle mais aussi la présidente dans un pas de danse final.

Éblouissant !

Jean-Michel MERLIN

Plus jamais la violence

‘L’essentiel est de partager’

Jeudi 6 mai 2010
Présentation et visite du Centre Mariapolis de Saint Pierre de Chartreuse. Restauré, aménagé, complété au fil des ans grâce à la générosité des membres du mouvement et du monastère voisin de la Grande Chartreuse, ces bâtiments conçus initialement t pour être une pension d’altitude pour fillettes, est devenu un centre de rencontre très apprécié par les différents mouvements de l’église dans la région et tout particulièrement par le mouvement des Focolari.

Et puis, changement de décor ; du grand silence, on passe directement aux embouteillages lyonnais ! Et pourtant c’est la même présence agissante de Dieu qui s’exprime le soir dans une rencontre avec Emmaüs et Giancarlo des responsables des différentes activités du mouvement des focolari dans le garnd sud de la France (du sud-est au le sud-ouest). De nombreuses réalisations sont présentées avec brio par les 50 participants. Puis Emmaüs rappelle chacun à l’essentiel : « Partager tout ce que l’on fait pourrait devenir facilement un catalogue ennuyeux de bonnes actions. L’essentiel est de partager ce que l’on vit intérieurement, de vivre cette communion, cet amour réciproque qui permet ensuite à chacun de discerner avec l’Esprit-Saint ce qu’il doit faire ou non, et comment. »

Vendredi 7 mai 2010

Lyon, capitale des Gaules

Trois moments significatifs ont marqué l’après midi et la soirée:
• Une interview d’Emmaüs sur RCF où elle raconte l’histoire de son engagement dans le mouvement des focolari qui l’a conduit jusqu’à accepter de devenir la première présidente du mouvement après Chiara Lubich. Emmaüs précise également quel est le charisme particulier de ce mouvement et son « profil marial » au sein de l’Eglise et de l’humanité…
• Une rencontre de communion profonde avec le Cardinal Barbarin durant laquelle ont été évoqués notamment les questionnements actuels de l’Eglise, la dimension œcuménique du mouvement des focolari et la prochaine béatification de Chiara Luce, décédée à l’âge de 18 ans et modèle de sainteté pour beaucoup de jeunes…
• Enfin la soirée a été marquée par une rencontre avec les jeunes. Moment de famille, de joie partagée et de grande liberté d'expression. Moment intense né de la vie et des exigences des jeunes, puis conclusion festive, photo souvenir et joie profonde visible sur tous les visages.

Samedi 8 mai 2010

Le matin, Emmaüs et Giancarlo rencontrent les membres des divers focolare du sud de la France. Moment privilégié de communion où se partagent les joies et les souffrances, où se resserrent les liens d’unité autour de l’Unique bien pour lequel chacun a tout donné.
Puis l’après midi, rencontre avec les communautés du sud de la France : environ 500 personnes provenant des régions de Lyon, Drôme-Ardèche, PACA, St Etienne, Montpellier, Toulouse, Aurillac, Corse, Ile de la Réunion..
Après une présentation des différents groupes, quatre 4 thématiques ont été évoquées par des expériences et des témoins qui ont fortement marqué la région et qu’on ne peut passer sous silence : André Martinet, Antoine et Suzanne Buisson, Hachemi Bakouche, Claire Chapelle. En tous ces domaines, les membres du mouvement des Focolari apportent par leur vie des réponses concrètes. Et Emmaüs a terminé, en Français, en invitant à regarder les personnes et les événements avec le regard de Dieu, à savoir reconnaitre les miracles qu'il opère dans nos vies et autour de nous. 

Plus de renseignements ou photos sur www.focolari.fr
 

Plus jamais la violence

France, deuxième étape

Avant de quitter Lourdes, Maria Voce a assisté à une messe en l’église de l’Immaculée Conception et un fait dernier petit tour à la grotte. Elle nous partage ses réflexions : « Nous avons voulu commencer ce voyage en France par Lourdes, et il ne pouvait pas en être autrement. Et Marie, siège de la sagesse, nous invite à regarder tous ces miracles qui surviennent autour de nous, non seulement les guérisons physiques, mais tous ces retours vers Dieu, toutes ces petites conversions dans nos vies. Qui sait combien de miracles nous verrons durant ce voyage. Mais, comme Marie à la Visitation, il nous faut encore attendre un peu. Tout est déjà là. Le grain est planté et il va germer. » À Toulouse, elle a rencontré les membres du mouvement des Focolari qui ont pu se libérer un mercredi après midi, environ 120. Accueil chaleureux et festif. Les divers groupes se présentent rapidement. Quelle diversité ! Du rugby au Cantal, de St Thomas d’Aquin aux violettes de Toulouse, du Canal du Midi aux vestiges cathares et l’Aérospatiale ! Peu à peu, par de nombreuses touches historiques, sociologiques, politiques, religieuses se dessine un tableau impressionniste de la région, sans doute le tableau d’une croix occitane, cadeau qui a été remis à Maria Voce et Giancarlo Faletti (co-président du mouvement des Focolari) avec de nombreux produits locaux. Deux heures de rencontre denses et déjà il faut partir pour Lyon. Avec dans le coeur le sentiment profond de faire partie d’une même famille et le désir de se revoir au plus vite.

Plus jamais la violence

María Voce en Francia

Maria Voce a commencé son voyage en France (4-12 mai 2010) par Lourdes ce mardi 4 mai.

Journée sous la pluie et la neige avec dans le coeur ce qu’avait écrit Chiara dans son journal personnel lors de sa venue à Lourdes en 1958.
Maria Voce a rappelé qu’elle était venue elle-même à Lourdes dans les années 50 et qu’elle avait alors prié Marie de lui indiquer sa vocation.

 Elle a rencontré le mouvement et Chiara en 1959 et n’était jamais revenue à Lourdes depuis. Maintenant, devenue présidente du mouvement des Focolari, elle voulait commencer son voyage en France par Lourdes,
remercier Marie et lui confier le mouvement qui porte aussi son nom (OEuvre de Marie).

mai 2010

L'amour se situe au centre du dernier discours de Jésus : l'amour du Père pour le Fils, et l'amour envers Jésus qui consiste à observer ses commandements.
Ceux qui écoutaient Jésus retrouvaient facilement dans ses paroles un écho de la Sagesse biblique : « L’aimer c'est garder ses lois » et « la Sagesse… se laisse voir aisément par ceux qui l’aiment » . Le fait qu'il se manifeste à celui qui l'aime trouve surtout son parallèle dans le Premier (ou Ancien) testament, dans le livre de la Sagesse 1, 2, où il est dit que le Seigneur se manifestera à ceux qui croient en lui.
Le sens de la Parole à vivre pour ce mois est à comprendre ainsi : celui qui aime le Fils est aimé par le Père et est aimé en retour par le Fils qui se manifestera à lui.

« Celui qui m'aime sera aimé de mon Père et à mon tour, moi je l'aimerai et je me manifesterai à lui. »

Cependant, pour que Jésus se manifeste ainsi, il faut aimer.
On ne peut imaginer un chrétien sans ce dynamisme, cette capacité d'amour dans son cœur. Sans être remontée, une horloge non seulement ne donne pas l'heure, mais perd même toute raison d’être. De même, un chrétien qui n'est pas toujours dans l’attitude d’aimer ne mérite pas le nom de chrétien.
Tous les commandements de Jésus se résument, en effet, en un seul : le commandement de l'amour pour Dieu et pour le prochain, en qui l'on voit et aime Jésus.
L'amour n'est pas pur sentimentalisme. Il se traduit concrètement dans la vie, dans le service envers les frères, surtout les plus proches. Il commence par de petits détails, même d’humbles services.
Charles de Foucauld affirme : « Quand on aime quelqu'un, on est réellement en lui, on est en lui par l’amour, on vit en lui par l’amour, on ne vit plus en soi, car ce n'est plus à soi qu'on est attaché, on est détaché de soi, en dehors de soi » .
Et c'est par cet amour que la lumière fait son chemin en nous, la lumière de Jésus, selon sa promesse : « Celui qui m'aime… je me manifesterai à lui » . L'amour est source de lumière : en aimant on parvient à mieux comprendre Dieu qui est amour.
Cela nous conduit à aimer toujours plus et à approfondir notre relation avec le prochain.
Cette lumière, cette connaissance de Dieu que nous donne notre amour pour lui, est donc le sceau, la véritable preuve en retour du véritable amour. On peut l'expérimenter de différentes manières, selon la couleur, la tonalité qu’elle prend en chacun de nous. Cependant, elle présente aussi des caractéristiques communes : elle nous éclaire sur la volonté de Dieu, elle nous donne la paix, la sérénité, et une compréhension toujours nouvelle de la Parole de Dieu.
Cette lumière nous permet d’avancer dans la voie de la vie toujours plus sûrement et rapidement. Même si l’obscurité nous rend le chemin incertain, ou nous paralyse, cette Parole de l'Évangile nous rappelle que la lumière s'allume avec l'amour. Un geste concret, même tout petit (une prière, un sourire, une parole), suffira pour nous donner cette lueur qui nous permettra d'avancer.
Lorsqu'on roule en bicyclette la nuit, si l'on s'arrête, on est dans le noir. Mais si l'on se remet à pédaler, la dynamo nous donne le courant nécessaire pour voir la route.
Il en est de même dans la vie : il suffit de remettre l'amour en route, le véritable amour, celui qui donne sans rien attendre, pour rallumer en nous la foi et l'espérance.

Chiara Lubich

Audience avec le pape

« Un moment spécial d’une grande intensité… qui m’a laissé dans l’âme une joie profonde ». Ainsi s’est exprimée Maria Voce à la sortie de son entretien avec le Saint-Père vendredi 23 avril.

De retour d’un long voyage dans plusieurs pays d’Asie, à la rencontre des communautés du Mouvement et sous le signe du dialogue interreligieux, la présidente des Focolari a informé le pape de ses contacts avec les différentes cultures, pour lesquelles l’Évangile devient souvent porteur d’espérance.

Durant l’entretien ont été abordé de nombreux sujets concernant la vie du Mouvement et en particulier la prochaine béatification de la jeune Chiara Luce Badano.
Les causes de béatification en cours pour des membres du mouvement des Focolari sont au nombre de 17, parmi lesquelles on peut citer celle de l’homme politique et écrivain Igino Giordani.

L’audience s’est terminée par la bénédiction du pape, qui a chargé Maria Voce de la transmettre, ainsi que ses salutations, à tout le Mouvement.

 

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Let’s face the challenge!

Trois, deux, un, c’est parti! Le compte à rebours est lancé. Du 1er au 9 mai, la “Semaine du monde uni” se déroulera lieu au moment aux quatre coins de la planète. Une initiative promue depuis 1996 par les Jeunes pour un monde uni, la branche très développée des jeunes du mouvement des Focolari, pour sensibiliser l’opinion publique.

Des manifestations, des soirées culturelles, des fêtes et des tournois sportifs auront lieu. Il y aura des rencontres sur des sujets qui tiennent particulièrement à cœur aux jeunes, tel que le désarmement ou l’accueil des immigrés. Mais aussi et surtout, des projets concrets de solidarité seront lancés dans les quartiers les plus à risque. Le tout dans un seul but: diffuser les valeurs de fraternité, de paix et d’unité entre les peuples, et montrer que la fraternité universelle est possible. “United World: let’s face the challenge” (“Monde uni: à nous de relever le défi”) est le slogan choisi par les jeunes pour les manifestations de l’année 2010.

“Les activités qui se seront proposées dans le monde entier avec les Jeunes pour un monde uni sont comme une mosaïque d’amour fraternel, où les jeunes cherchent à mettre en pratique la vraie signification du mot “amour” et, à travers le mot “fraternel”, à transmettre l’idée d’égalité et de fraternité”, peut-on lire dans une des très nombreuses présentations des différentes initiatives, publiée ces jours-ci dans la revue américaine Living City.

“Votre rôle principal consiste à appliquer l’Évangile aux réalités terrestres pour le rendre vivant”, disait Chiara Lubich aux jeunes. Ils ont accueilli ses paroles avec un grand enthousiasme, pour s’apercevoir ensuite qu’il s’agissait d’un message véhiculé également par de nombreuses autres grandes religions et plusieurs leaders spirituels. Mahatma Gandhi, par exemple, disait: “ Toi et moi, nous sommes un. Je ne peux pas te faire du mal sans m’en faire à moi aussi.” Et dans le Coran, on lit: “Donne aux tiens tout ce qui leur est dû, et fais de même avec le pauvre et le voyageur.” En somme, c’est l’application de la Règle d’or, présente dans toutes les grandes religions, qui enseigne: “Fais aux autres ce que tu voudrais que l’on te fasse” (Lc 6:31).

Nombreuses sont les références web où il est possible de “se connecter” aux “petites affiches” colorées et rédigées dans toutes les langues, qui annoncent projets et rendez-vous. On peut consulter le lien http://settimanamondounito2010.blogspot.com/p/gmu-nel-mondo.html ou, plus simplement, www.mondounito.net.

Les jeunes aiment désigner leurs initiatives par une expression qui leur a été suggérée par Chiara Lubich: FRAGMENTS DE FRATERNITÉ. Fragments, parce qu’ils peuvent être présents aussi bien dans une maison de retraite que dans un asile ou une école. Fraternité, parce que ce sont des projets qui ont un but: promouvoir dans le monde où nous vivons, avec tous les moyens suggérés par l’amour, une culture de communion, d’interdépendance et d’amour entre les peuples, les races et les différentes cultures.

Semaine du monde uni : “Un monde meilleur existe!”

Asie. “Nous nous sommes rendus dans un quartier très pauvre”, nous écrivent de Tagaytay les Jeunes pour un monde uni des Philippines. “Et nous avons marché près de deux kilomètres avant de trouver le point d'eau qui approvisionne la région. Nous l'avons désinfectée parce qu’elle était très sale et provoquait de nombreuses maladies. Cela a été l'occasion pour nous d’apprendre aux habitants comment la garder propre, et de nouer des liens d’amitié étroits avec beaucoup de jeunes de cet endroit.” À Karachi, au Pakistan, les jeunes rendent souvent visite aux pensionnaires d’un hospice pour malades mentaux, “dont la plupart ont été abandonnés par leurs familles”, écrivent les jeunes du Pakistan. Pour certains d’entre nous, “c’était la première fois qu’ils se confrontaient à cette ‘blessure’ de notre société. Cela nous a ouvert les yeux et le cœur, et nous nous sommes demandé: “Et si c’était moi qui étais à leur place?”

Afrique. À Luanda, en Angola, les jeunes ont choisi de “donner un peu d'amour” à des enfants qui vivaient auparavant dans la rue et sont à présent accueillis dans un centre. Une réalité qui ne tarde pas à révéler son lot de récits d’abus et de vexations. “Beaucoup d’entre eux ont de graves problèmes familiaux. Certains ont même été accusés de sorcellerie et chassés de chez eux, d’autres avaient été victimes d’abus, racontent les jeunes de Luanda. Nous nous sommes mis tout de suite à les aimer concrètement, en faisant par exemple le ménage et la lessive. Nous leur avons parlé de la Règle d'or et nous les avons invités à la mettre en pratique avec nous.” Toujours en Afrique, à Yaoundé (Cameroun), les jeunes se sont rendus, le premier jour de la semaine du monde uni, dans la section pour mineurs de la prison de la ville, où 250 jeunes de 10 à 17 ans sont détenus. “Nous nous sommes présentés et nous leur avons raconté en quoi nous croyons, puis nous avons partagé avec eux ce que nous avions apporté: chips, sandwiches, pop-corns.”

Nord du Brésil. Les pluies torrentielles ont fait sortir nos fleuves de leur lit, ce qui a causé des inondations dans les zones environnantes, des pertes humaines et des dégâts matériels. Les jeunes se sont alors mobilisés. “Dans de nombreuses villes, nous avons collecté des biens de première nécessité, des vêtements et des médicaments, pour les apporter à ceux qui avaient tout perdu, nous écrit-on du Brésil. Des centaines de jeunes ont déployé un grand enthousiasme pour tisser une chaîne de solidarité.”

À Manaus, en Amazonie brésilienne, les jeunes ont organisé un événement qui rassemblait 700 d’entre eux au sein du groupe d’action “Fermes de l’espérance”, au profit des jeunes qui tentent de sortir de la toxicomanie. “Cela a été un moment vraiment spécial et une occasion de montrer à ces jeunes qu’un monde meilleur existe, et qu’eux aussi peuvent en faire partie.”
Publié par les Jeunes pour un monde uni
 

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L’héritage reçu

Il l’attendait près de l’ascenseur et, dès son arrivée, Maria Voce a reçu un accueil sympathique et chaleureux de Mgr. Julián Carrón, à l’Université du Sacré-Cœur de Milan, située dans le quartier du Lambrate. C’est dans l’église de l’université qu’avait été dressée une chapelle ardente pour don Luigi Giussani, disparu le 22 février 2005.
Appelé à Milan par le fondateur en septembre 2004, le prêtre espagnol, qui venait d’avoir 60 ans, a été nommé président de la diaconie centrale du mouvement Communion et Libération,
le 19 mars 2005. Le 8 mars 2008, il a été reconduit pour six ans.

Ils ne s’étaient plus vus depuis octobre 2008, date à laquelle ils avaient été tous deux invités par Benoît XVI à participer au synode des évêques sur la Parole de Dieu. La présidente des Focolari se trouvait à Milan pour assister aux célébrations organisées à Milan, pour le deuxième anniversaire de la mort de Chiara Lubich et, à cette occasion, elle a souhaité rencontrer le président de Communion et Libération. Au terme de cette entrevue, les voilà prêts à répondre tous deux aux mêmes questions.

Une rencontre entre présidents de mouvements est toujours importante. Quelle
est la signification de celle-ci ?
JULIÁN CARRÓN : Il est important de prendre le temps de nous voir et de reconnaître que ce qui nous unit c’est, plus que toute autre chose, notre gratitude pour la foi, pour le charisme que chacun a reçu et qui nous permet de vivre cette foi encore plus intensément, et pour le soutien amical que nous nous apportons mutuellement pour vivre chacun notre charisme, afin d’atteindre la plénitude de la vie. Ainsi, en vivant chacun selon l’appel par lequel le Seigneur nous a attirés, nous apportons notre part au service de l’Église.
MARIA VOCE : Cette rencontre nous a fait expérimenter la communion entre les différents charismes. Cette communion entre Chiara et don Giussani, qui avait déjà commencé lors de de la rencontre mémorable entre les mouvements réunis à l’appel de Jean-Paul II à Rome, en 1998. Un rendez-vous qui avait fait naître en nous une grande joie, parce qu’elle nous avait fait voir deux charismes différents, mais tous deux s’efforçant de faire grandir la communion au sein de l’Église, à tous les niveaux. Reconnaître cela de façon réciproque et se réjouir les uns pour les œuvres des autres est très important, et plus particulièrement aujourd’hui.

Votre présidence possède une caractéristique unique, historique : vous êtes les successeurs des fondateurs. L’héritage que vous avez reçu est-il un frein pour vous aujourd’hui ?
JULIÁN CARRÓN : Je suis parfaitement conscient que l’œuvre a été créée par un autre. Donc, ce que j’essaie de faire en toute simplicité, c’est de servir cette œuvre de la meilleure façon possible, avec mes traits de caractère, différents de ceux de don Giussani.
MARIA VOCE : L’œuvre est à Dieu, et pour construire le mouvement des Focolari, Dieu s’est servi d’une créature unique, Chiara. Á présent que Chiara a quitté cette œuvre, Dieu la fait avancer à travers l’inspiration qu’elle continue de nous donner par sa spiritualité, ses écrits, l’exemple de sa vie, et Mgr. Carrón peut en dire autant de don Giussani. Aujourd’hui, l’œuvre de Dieu est entre nos mains mais, comme nous nous le disions récemment, c’est Dieu qui nous l’a confiée, et nous nous efforçons d’accomplir notre mission de premiers responsables du mieux que nous pouvons.

Comment vivez-vous les comparaisons que l’on ne manque pas de faire avec le fondateur, même à l’intérieur de vos mouvements respectifs ?
JULIÁN CARRÓN : Les comparaisons sont impossibles, parce que la grâce dont don Giussani et Chiara ont été investis leur est propre. Nous avons “des grâces”, et nous sommes donc reconnaissants de pouvoir prendre part à une grâce qui nous a engendrés, nous aussi. Ainsi, dans la mesure où nous éprouvons le désir d’être constamment réengendrés, nous pouvons contribuer à assurer la continuité de nos charismes respectifs.
MARIA VOCE : C’est un moment délicat, car nous savons que nous ne pouvons pas faire de comparaisons. D’autres en font peut-être, mais ce sont des comparaisons qui ne se vérifient pas dans la réalité, parce que l’un est le fondateur, celui qui a été investi d’un charisme par Dieu, et les autres sont ses disciples, qui font avancer les choses nées de ce charisme, toujours dans la gratitude pour ce don de Dieu, car eux aussi sont ses enfants.

À présent que le fondateur est parti, à quel danger votre mouvement doit-il faire face ?
MARIA VOCE : À un double danger. D’abord, celui de rester arrimés à quelque chose qui se rattachait forcément à la période de la fondation, en refusant d’affronter une situation nouvelle pour l’humanité ou les nouveaux défis, ou encore de chercher à relever ces défis avec Chiara, mais en restant en dehors de l’histoire. D’autre part, le désir de nouveauté – que nous portons tous en nous, parce qu’il fait partie de la de vie – pourrait nous faire envisager le passé comme quelque chose à classer aux archives. En ce sens, la période de la génération qui vient après le fondateur est particulièrement cruciale, parce qu’il faut témoigner qu’il ne peut y avoir de nouveauté sans continuité, que la nouveauté inclut et exprime tout le passé, qui est notre histoire à tous.
JULIÁN CARRÓN : Don Giussani utilisait cette expression : “Combien de fois nous attachons-nous au ‘comment’, à la ‘manière’ et non à ‘l’objet’. Il est évident que chacun d’entre nous a découvert le charisme selon un “comment”, une “manière”, à travers des personnes, des visages, dans des situations données. Mais la nature historique du christianisme exige que ce “comment”, cette “manière” change. C’est le “comment” – la manière – qui change, et non l’ “objet“, le contenu de ce que nous découvrons.

En quoi l’expérience des Focolari répond-elle particulièrement aux attentes de l’homme d’aujourd’hui ?
MARIA VOCE : Dans ce monde si fragmenté et fragmentaire, où d’innombrables contacts se nouent, les moyens de communication nous offrent des possibilités insoupçonnées pour nous mettre en rapport avec l’autre. Malgré cela, ces contacts ne cessent de perdre de leur sens, deviennent plus incomplets, fugaces. Pourtant, le cœur humain a besoin de se sentir proche des autres cœurs. C’est pourquoi je pense que le témoignage de l’amour réciproque et de la communion, donné par les chrétiens, est ce qui peut redonner un sens à la vie des hommes qui nous entourent ; c’est ce qui peut faire saisir la beauté de ces liens, des liens pouvant s’inscrire dans la durée et susciter de vraies relations.

Mais comment ?
MARIA VOCE : Nous avons besoin d’un amour surnaturel, qui nous fait accepter l’autre tel qu’il est, sans rien attendre en retour, et nous fait dépasser les innombrables différences que l’humanité nous présente. Je crois que les mouvements apportent ce témoignage et font renaître l’espérance, précisément parce qu’ils se tiennent proches des personnes, à travers le monde entier. Et l’espérance est ce dont l’humanité d’aujourd’hui a le plus besoin. Ce n’est pas un hasard si le pape a écrit une encyclique sur l’espérance. Il me semble que les mouvements peuvent être un signe prophétique de cette espérance. Chacun avec son propre charisme et en communion avec les autres charismes.

Qu’est-ce qui rend la proposition de Communion et Libération si attirante aujourd’hui ?
JULIÁN CARRÓN : Nous nous trouvons face à une situation d’où l’humain est de plus en plus absent – on parle, en effet, d’urgence éducative –, où la personne rencontre de plus en plus de difficultés dans sa créativité, son désir d’apprendre et de grandir. Dans ce contexte, don Giussani nous invite à faire appel à ce que l’homme possède de plus original : son cœur, son expérience, qui aura de plus en plus une importance décisive ; car, nous le voyons malheureusement, nous sommes dans un contexte de désaffection envers la tradition de l’Eglise. C’est pourquoi nous devons faire appel à ce qu’aucun pouvoir ne peut enlever à l’homme : son désir de bonheur, son exigence de beauté et de justice.

Sur quoi misez-vous, alors ?
JULIÁN CARRÓN : Le vrai défi que nous devons relever, c’est celui de vivre notre expérience chrétienne avec un enthousiasme capable de toucher les cœurs, de leur faire voir la possibilité de vivre leur vie plus intensément et de montrer la foi chrétienne comme quelque chose de rationnel.
Paolo Lòriga

Milan redevient protagoniste des événements

Les idées et la spiritualité des Focolari, une inspiration pour l’avenir de la ville de saint Ambroise
C’est poussés par leur désir de se libérer du joug de l’oppression et de participer à la construction d’une nation italienne libre, que les Milanais se soulevèrent contre le général Radetzky. La ville était alors la capitale du royaume de Lombardie-Vénétie, et ces événements aboutirent à la fameuse bataille de cinq jours (18-22 mars 1848), fêtée encore aujourd’hui. C’est lors de ces commémorations que l’on a rendu hommage à Chiara Lubich lors d’un congrès. La prestigieuse salle Alessi du Palazzo Marino – là où, en 2004, Chiara s’était vu remettre le titre de citoyenne d’honneur –, accueillait de très nombreuses personnalités du monde de la politique, de la finance et de l’entreprise. La ville voulait se sentir libérée, aujourd’hui comme au temps de Radetzky, des nouvelles formes d’oppression. Libérée des nombreuses blessures qui, chaque jour, l’affectent profondément. Elle voulait entendre un message de paix, de partage, de fraternité, et elle le cherchait dans le projet de vie proposé par le charisme des Focolari. Parmi les intervenants, Maria Voce, présidente du mouvement, les professeurs Baggio et Zamagni, Mgr. Zappa, à la tête de l’archidiocèse, et Emanuela Scandolara, de l’association Arcobaleno, qui œuvre en faveur des personnes d’autres pays habitant la ville. La réflexion était animée par le vice-directeur du Corriere della Sera, Gian Giacomo Schiavi. La présidente des Focolari offre à la population l’image d’une Chiara vivante, prompte à répondre aux exigences les plus impérieuses, jusqu’à faire dire au maire, Mme Letizia Moratti, que la ville doit parier sur l’amour, sur la fraternité universelle, sur cette vocation ambroisienne fondée sur des valeurs de solidarité, d’accueil et de dialogue, qui se retrouvent dans la vie de Chiara, citoyenne d’honneur de Milan. La messe, célébrée dans la cathédrale Saint-Ambroise, est l’occasion, pour l’Église ambroisienne, de souligner, à travers les paroles de l’archevêque Tettamanzi, la nouveauté et le caractère moderne du rapport profond unissant Chiara à Dieu, qui constitue le fondement d’une société créative et est à l’origine de l’intuition du focolare en tant que cellule vivante servant à instaurer des relations sociales nouvelles et sensées.

Les deux rencontres ont permis de définir une sorte de programme pour donner un nouveau souffle à Milan, à travers une prise de conscience : la recherche constante du dialogue et la spiritualité vécue, témoignent du sens concret que l’amour envers le prochain peut donner à la construction d’une citoyenneté active. Un point fondamental dont la politique devrait toujours s’inspirer. D’où la responsabilité du peuple de Chiara, qui veut propulser une culture qui soit l’âme authentique de Milan, et lui fasse retrouver sa place de protagoniste des événements, à l’échelle nationale et internationale.

Carlo Genovese

 

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Une cérémonie mêlant reconnaissance et curiosité à l’ambassade

Le Palais Borromée, un bijou de l’art romain le plus exquis, est discret vu de l’extérieur, et son intérieur est construit dans un style délicieusement ancien. Il s’agit du siège de l’ambassade d’Italie auprès du Saint Siège. C’est ici que l’ambassadeur Zanardi Landi a invité, outre des prélats et collègues, quelques-uns des plus hauts représentants du mouvement des Focolari pour rendre hommage à sa fondatrice, deux ans après sa mort. Il souhaitait également donner quelques clés de lecture pour faire connaître cette réalité ecclésiale et sociale aux nombreux ambassadeurs et fonctionnaires d’ambassade qui sont intervenus, dont ceux d’Autriche, de Bosnie-Herzégovine, du Burundi, d’Égypte, de France, d’Allemagne, de Macédoine, de Serbie, d’Uruguay, ainsi qu’un représentant de l’ambassade des États-Unis. Plus de cent personnes étaient présentes en tout.

Zanardi Landi a raconté aux personnes présentes ses premiers contacts avec le focolare, qu’il a noués à Belgrade – «certes, ce n’était pas excusable, mais je ne soupçonnais même pas l’existence des Focolari, la plus grande réalité ecclésiale au monde» –, et qui se sont poursuivis dans son Frioul natal où, grâce à sa rencontre avec des entrepreneurs de l’Économie de communion, il a trouvé «un esprit d’ouverture et une grande imagination dans l’invention de nouveaux moyens de communication et de communion».

Le cardinal Stanislaw Rylko, président du Conseil pontifical pour les laïcs, qui avait répondu présent, tout comme son homologue du Conseil pontifical pour la famille, le cardinal Ennio Antonelli, a voulu rappeler «l’admirable parcours de Chiara Lubich, qui savait faire vivre l’Évangile dans toute sa beauté… animée qu’elle était du désir d’apporter des réponses aux grandes questions de l’humanité». Il a évoqué le «génie féminin qui s’est exprimé, chez Chiara Lubich, avec une force et une fascination immenses». Il a conclu en donnant une définition de la fondatrice: «Un exemple lumineux de ce que signifie être charité vécue.»

Piero Coda, président de l’Université Sophia de Loppiano, a initié les personnes présentes à la découverte du dialogue, «une chose ancienne et nouvelle à la fois» et qui, chez Chiara Lubich, s’est fait «conscience historique et ligne de conduite», en montrant combien, aujourd’hui, le dialogue est «indispensable» pour assurer une présence chrétienne dans le monde, «non pas comme une tactique, mais comme un exercice pratique de vraie humanité». Deux aspects caractéristiques du mouvement ont donc été présentés dans ce contexte: le dialogue interreligieux et l’Économie de communion.

La cérémonie s’est conclue par l’intervention de la présidente du mouvement, Maria Voce, qui a rappelé que «le message d’unité de la famille humaine, auquel Chiara a toujours cru fermement en travaillant inlassablement à un monde uni et solidaire, est de plus en plus fort et actuel». Un message pétri de l’amour enseigné par Jésus, mis en pratique à travers l’“art d’aimer” que Chiara Lubich a “inventé”.

Et elle a conclu en ces termes: «Si l’archevêque de Melbourne, Mgr. Denis Hart, qui s’est montré reconnaissant pour ce que fait le mouvement au sein de son diocèse et impressionné par sa dimension planétaire, nous a dit: “Vous êtes les ambassadeurs de l’amour du Christ dans le monde”, nous avons envie de faire irradier ce message de fraternité à leurs côtés, jusqu’à embrasser toute la famille humaine».

Michele Zanzucchi

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La paroisse, témoin de l’amour de Dieu

1544 participants, dont 140 issus de pays en-dehors de l’Europe. Il s’agit des participants au congrès du mouvement paroissial et diocésain, qui se déroulera du 16 au 18 avril à Castel Gandolfo, près de Rome. Né en 1966 et encouragé par le Pape Paul VI, le mouvement est actuellement présent au sein de plus de 3000 paroisses de 41 pays, sur les cinq continents. Il se développe à partir de la conviction que la spiritualité des Focolari peut non seulement donner un nouvel élan à la vie de chaque personne, mais aussi faire refleurir au sein des communautés et, par là même, au sein des paroisses et des diocèses, la vie de communion qui avait caractérisé les premières communautés chrétiennes.

Cette année, le congrès s’est choisi pour titre de réflexion: "La paroisse, témoin de l'amour de Dieu”. Des mots faisant écho “à une réalité qui a été fortement soulignée par le Saint Père dans son encyclique Deus Caritas est”, expliquent les promoteurs de cette initiative. Dans sa première lettre encyclique, Benoît XVI écrivait: “Dans la liturgie de l’Église, dans sa prière, au sein de la communauté vivante des croyants, nous expérimentons l'amour de Dieu, nous ressentons sa présence et nous apprenons ainsi à la reconnaître dans notre quotidien. Il nous a aimés en premier, et il continue de nous aimer en premier; c’est pourquoi, nous aussi, nous pouvons répondre par l'amour. Dieu ne nous demande pas d’éprouver un sentiment que nous ne sommes pas en mesure de susciter en nous-mêmes. Il nous aime, il nous montre et nous fait expérimenter son amour et, à partir de ce « en premier » de Dieu, il peut nous donner une réponse en ravivant l'amour en nous aussi”.

Le congrès de Castel Gandolfo se déroule à un moment crucial pour la vie de l’Église et pour ses différentes communautés réparties à travers le monde. Des participants venus du Brésil, d’Argentine, de Colombie, de l’Uruguay, du Canada, d’Afrique du Sud, de Corée et des Philippines seront également présents. “Benoît XVI nous invite à annoncer à tous les hommes que Dieu nous aime, déclarent les organisateurs du congrès. Et c’est cela, l’étincelle inspiratrice du mouvement des Focolari. Il est important que nos communautés paroissiales découvrent et retrouvent le visage de Dieu amour, afin qu’elles deviennent des témoins authentiques de l'amour de Dieu, parce que Dieu règne au milieu d’elles, mais aussi parce qu’elle répandent l'amour sur tous les hommes”. Des méditations de Chiara Lubich sur Dieu Amour et des expériences de communautés animées par cet esprit alterneront au cours du programme.

Une école d’approfondissement de la spiritualité de l'unité et de son irradiation au sein des communautés paroissiales, destinée aux animateurs du mouvement parossial venus d’Asie, d’Africe et d’Amérique, sera organisée au lendemain du congrès, du 18 au 22.
 

“Arms Down”, “Bas les armes”

Il s’agit d’une initiative à l’échelle internationale, promue par la branche des jeunes du mouvement “Religions for Peace/Religions pour la paix” (l’ancienne WCRP – World Conference on Religions for Peace), ainsi que par son Conseil international, au sein duquel sont représentés, entre autres, le mouvement des Focolari, la Rissho Kosei-kai et le Shanti Ashram. L’action porte sur la coopération interreligieuse et s’adresse aux organisations internationales, aux gouvernements, aux parlements et aux assemblées nationales, aux mairies et aux grands médias. Elle réclame fermement une réduction significative des armes nucléaires et conventionnelles ainsi que des sommes d’argents investies dans ce but jusqu’à ce jour, afin d’atteindre résolument les objectifs de développement définis par la plateforme du Millennium (ONU 2000). En outre, elle demande la révision du traité international de non-prolifération nucléaire, déjà inscrit au calendrier pour 2010, qui jouit d’un soutien plus fragile à l’échelle internationale ces derniers temps, en raison de l’aggravation des crises dans les points chauds de la planète. Le lancement officiel de la campagne a eu lieu le 7 novembre 2009, au Costa Rica. Le mouvement des Focolari y a participé en envoyant une délégation de six membres, quatre d’entre eux étant des jeunes de divers pays. En janvier dernier, au cours de son voyage en Asie, Maria Voce, présidente du mouvement des Focolari, a apporté son soutien à cette initiative en signant solennellement l’appel alors qu’elle rencontrait les leaders du mouvement de jeunes au sein de la Rissho Kosei-kai à Tokyo. C’est ainsi qu’à la mi-février, la pétition a pu être lancée publiquement, durant le congrès des Jeunes pour un monde uni à Castel Gandolfo, près de Rome, puis dans le monde entier. On prévoit que la traditionnelle fête des jeunes, qui attire de nombreux participants et se tiendra le 1er mai à Loppiano, près de Florence, ainsi que les autres manifestations organisées dans le cadre de la Semaine pour le monde uni à travers le monde (du 1er au 9 mai 2010), représenteront des moments importants pour intensifier l’initiative. Qui peut soutenir cette action? Tout le monde, parce que l’adhésion est personnelle et peut se faire par la simple apposition de sa signature en ligne, sur le site du mouvement Religions for Peace (http://religionsforpeace.org/initiatives/global-youth-network/campaign-for-shared-security/), et parce que l’on peut également contribuer à recueillir un plus grand nombre de signatures, en utilisant les moyens à sa disposition. “Dans un moment où il est urgent de réagir aux schémas de conflits et de donner plus de poids à la société civile internationale en nous unissant à ceux qui œuvrent dans le même but, affirment les organisateurs, il nous semble que cette initiative peut être elle aussi un instrument fécond, capable d’appuyer des choix concrets en faveur de la paix et de la fraternité universelle.”

Pâques de Résurrection

Jésus est fidèle à sa promesse: « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, dans mon amour, je suis au milieu d’eux. » Oui, là où deux ou plus sont unis dans son amour, le Ressuscité manifeste sa présence, et il apporte les dons de l’Esprit: lumière, joie, paix, amour. C’est l’expérience que nous avons faite avec stupeur dès les débuts du mouvement lorsque, à Trente, pendant la Seconde Guerre mondiale, avec mes premières compagnes, nous avions fait nôtre ce commandement: “Aimez-vous comme je vous ai aimés”, et nous avions conclu un pacte: “Je suis prête à mourir pour toi; moi pour toi…”. Et c’est bien le Ressuscité que le monde attend aujourrd’hui! Il attend des témoins capables de dire à tous les hommes en vérité: nous l’avons vu avec notre âme; nous l’avons découvert dans la lumière dont il nous a illuminés; nous l’avons touché dans la paix qu’il nous a donnée; nous avons entendu sa voix au fond de notre cœur; nous avons goûté à sa joie sans pareille. Ainsi, nous pourrons proclamer à tous les hommes qu’Il est le bonheur le plus accompli et qu’il rend l’espérance au monde. Chiara Lubich

parole de Vie avril 2010

Jésus a prononcé ces paroles à l’occasion de la mort de Lazare de Béthanie, qu’il ressuscita le quatrième jour.
Lazare avait deux sœurs : Marthe et Marie.
À peine Marthe apprit-elle l’arrivée de Jésus qu’elle courut à sa rencontre et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! » Jésus lui répondit : « Ton frère ressuscitera ». Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera lors de la résurrection au dernier jour ». Et Jésus déclara : « Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais ».

« Je suis la Résurrection et la Vie. »

Jésus veut faire comprendre qui il est pour l’homme. Il possède le bien le plus précieux : la Vie, cette Vie qui ne meurt pas.
Dans l’Évangile de Jean, Jésus dit également : « Comme le Père possède la Vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils de posséder la Vie en lui-même » (Jn 5, 26). Et Jésus qui possède la Vie peut la communiquer.

« Je suis la Résurrection et la Vie. »
Marthe, elle aussi, croit à la résurrection : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour ». Mais Jésus, par cette affirmation : « Je suis la Résurrection et la Vie », lui fait comprendre qu’elle ne doit pas attendre l’avenir pour espérer en la résurrection des morts. Maintenant déjà, il est pour tous les croyants cette Vie divine, ineffable et éternelle, qui ne mourra jamais.
Si Jésus est en eux, s’il est en toi, tu ne mourras pas. Dans le croyant, cette Vie, bien différente de notre condition humaine, possède la nature même de Jésus ressuscité.
Et cette Vie divine, qui existe déjà en toi, se manifestera pleinement au dernier jour, lorsque tu participeras, de tout ton être, à la résurrection.

« Je suis la Résurrection et la Vie. »
Ces paroles de Jésus ne nient certainement pas la réalité de la mort physique, mais celle-ci n’entraînera pas la perte de la véritable Vie. La mort restera pour toi, comme pour tous, une rencontre unique, forte et peut-être redoutée. Mais elle n’exprimera plus le non-sens d’une existence, elle ne signifiera plus l’absurdité, l’échec de la vie, ta fin. La mort ne sera plus pour toi réellement une mort.

« Je suis la Résurrection et la Vie. »
Et quand donc est née en toi cette Vie qui ne meurt pas ?
Au moment du baptême. Là, malgré ta condition d’être humain appelé à mourir, tu as reçu du Christ la Vie immortelle. Par le baptême, en effet, nous avons reçu l’Esprit Saint, qui a ressuscité Jésus.
La condition pour recevoir ce sacrement, c’est ta foi, que tu as déclarée personnellement ou par l’intermédiaire de tes parrain et marraine.
Jésus a bien précisé en parlant à Marthe, lors de l’épisode de la résurrection de Lazare : « Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra… Crois-tu cela ? » (Jn 11,26)
La réponse à cette question, « croire », engage toute la vie : elle ne signifie pas seulement que l’on accepte les vérités annoncées par Jésus, mais qu’on y adhère de tout son être.
Pour posséder cette vie, tu dois donc dire ton oui au Christ. C’est-à-dire adhérer à ses paroles, à ses commandements, les vivre. Jésus l’a confirmé : « Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort » (Jn 8, 51). Et les enseignements de Jésus se trouvent résumés dans l’amour. Il est donc impossible que tu ne sois pas heureux : la Vie est en toi !

« Je suis la Résurrection et la Vie. »
En cette période où l’on se prépare à célébrer Pâques, aidons-nous à prendre ce tournant, sans cesse à renouveler, vers l’amour qui conduit à la mort de notre moi, afin que le Christ, le Ressuscité, vive en nous dès maintenant.
 

Chiara Lubich

Plus jamais la violence

Samedi Saint

Il nous faut repenser à Marie: à son immense douleur après avoir vécu de si près la mort de son Fils, mais aussi à son espérance dans la résurrection, plus vive que jamais en Elle. C’est Marie qui incarne le mystère chrétien où la croix et la résurrection ne font plus qu’un. Et, tout en cherchant à partager sa douleur, nous devons diriger nos pensées vers Jésus ressuscité et nous montrer reconnaissants, infiniment reconnaissants de tout ce qu’il signifie pour nous et pour le monde, en accord avec notre foi, avant tout parce que s’Il est ressuscité, nous aussi, nous ressusciterons. Chiara Lubich (extrait d’une interview accordée à Antonella mozza. Mollens, pour la retransmission Ecclesia-CEI, 27/03/2002)

Plus jamais la violence

Bruna Tomasi au Chili

Après un long voyage, long pas seulement à cause des 12000 km à faire, mais surtout à cause d’une panne sur l’avion, Bruna Tomasi est arrivée à Santiago du Chili. Elle y avait été invitée, encore avant le séisme qui a durement frappé ce pays d’Amérique latine, pour rendre hommage à Chiara et fêter le deuxième anniversaire de sa mort.

À son arrivée, elle s’est aussitôt intéressée au sort des rescapés du séisme et a cherché à savoir où en était l’aide, mise en place au lendemain de la tragédie.

Le jour suivant, elle s’est rendue dans un centre du mouvement, situé dans un quartier populaire de la capitale, où elle a rencontré un groupe de jeunes des Focolari. Elle leur a raconté l’expérience qu’elle a vécue avec Chiara aux premiers temps du mouvement, lorsque “tout s’écroulait et que seul restait Dieu, que nous avions découvert comme Dieu Amour”. Elle a souligné combien il est important de “ne jamais perdre son enthousiasme et d’aller de l’avant, en préservant avant tout l’unité et l’entente entre vous”. Chez elle, ce n’étaient pas seulement des mots: c’était une réalité vécue depuis plus de 65 ans.

Mais le jour que tout le monde attendait, c’était le dimanche 14 mars: ce jour-là, de nombreuses personnes ont accouru pour faire sa connaissance et l’écouter, dans le grand amphithéâtre de l’université catholique. Bruna a fait partager à tous, avec conviction, l’expérience de Dieu Amour et la nouveauté apportée par le charisme de l’unité. Parmi les participants, il y avait des représentants d’autres mouvements d’Église, de l’Église orthodoxe et de la communauté juive. Voici quelques-unes de leurs impressions à chaud: “Nous avions besoin d’entendre ces paroles” (mouvement Fondacio). “Le désir ardent de sainteté est resté gravé en nous” (communauté catholique Shalom).

C’est une journée inoubliable pour le mouvement des Focolari au Chili, non seulement grâce à cette visite exceptionnelle de Bruna, mais aussi parce que, lors de la messe de clôture, le premier focolarino chilien, Juan Ortiz, a été ordonné prêtre par le cardinal Francisco Javier Errazurz, archevêque de Santiago. Après avoir évoqué, ému, le souvenir de Chiara, le cardinal a conclu en encourageant les personnes présentes à “continuer à faire grandir la flamme de l’amour et de l’unité entre vous, afin que cet amour amène toujours plus de personnes au Christ, et qu’il soit un phare de lumière dans notre culture, une présence qui interpelle et annonce l’unité de l’Église; un témoignage vivant, qui montre que la fraternité au sein de la famille humaine est plus forte que l’égoïsme, l’animosité et l’indifférence. L’amour est plus fort!”

Plus jamais la violence

“Uomini di Dio, fratelli tra i fratelli, profeti di un mondo nuovo”

“Être prêtre aujourd’hui” : tel sera le sujet proposé lors d’un après-midi où les participants tenteront d’apporter une réponse, notamment par des témoignages et des numéros artistiques, aux graves défis lancés aux prêtres aujourd’hui, à la fois par l’Église et par la société. Cet événement se déroulera le 9 juin prochain au Vatican, dans l’aula Paul VI, dans le cadre des manifestations organisées pour clore l’année sacerdotale. Des prêtres de plus de 70 pays, répartis sur les cinq continents, devraient y participer.

À l’origine de cette initiative, on trouve les prêtres du mouvement des Focolari et du mouvement de Schönstatt, associés à l’ICCRS (Renouveau charismatique catholique international) et à d’autres mouvements ecclésiaux.

Le programme définira, en trois temps, les contours de l’identité des prêtres aujourd’hui : hommes de Dieu, frères parmi les frères, prophètes d’un monde nouveau. Une pensée de Benoît XVI, extraite d’une vidéo, servira d’introduction à chaque “étape”. Plusieurs pensées de Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, et du père Joseph Kentenich, fondateur de Schönstatt, seront proposées lors de la conclusion.

Témoignages: interviendront, entre autres, un prêtre irlandais, qui évoquera la fidélité à l’appel de Dieu, les survivants du massacre du petit séminaire de Buta, au Burundi, et un prêtre allemand, qui a surmonté son alcoolisme grâce au soutien de sa communauté. D’autres témoignanges aborderont la maladie, la vie affective et le célibat, vécus dans une vision de fraternité, mais aussi la vie pastorale, dans le contexte d’aujourd’hui, multiculturel et multiconfessionnel. Il sera également question d’une grande action d’évangélisation menée au Brésil avec des laïcs, dans le sud du pays.

Le cardinal Claudio Hummes, préfet de la Congrégation pour le Clergé, présidera la cérémonie des vêpres qui clôturera la soirée. Le cardinal Francisco Javier Errázuriz, archevêque de Santiago du Chili, ancien président du CELAM, interviendra en donnant une expérience théologique.

La partie artistique sera assurée par le groupe international Gen Verde et des prêtres venant des quatre coins du monde. Les chorégraphies seront exécutées par les séminaristes du Centre international de spiritualité de communion “Vinea mea”, situé à Loppiano (dans les environs de Florence).

Tous les participants seront également les acteurs de cet après-midi. En effet, il y aura de brefs moments au cours desquels les prêtres, les séminaristes et les laïcs, ainsi que les personnes consacrées, échangeront en petits groupes sur les thèmes développés.

Retransmissions télévisées: il sera possible de suivre le programme dans de nombreux pays du monde, grâce aux liaisons satellite assurées par le Centre télévisuel du Vatican, par la chaîne Telepace et d’autres réseaux, mais également par internet.

Initiatives mises en place pour préparer la manifestation du 9 juin:

6 mai: café-théâtre Ars Amoris, autour de la personne du saint curé d’Ars, à Rome, dans la grande aula de l’université pontificale du Latran.

8 juin: journée de retraite proposée par le Renouveau charismatique catholique, dans la basilique du Latran.

Avant et après les manifestations clôturant l’année sacerdotale, durant quelques jours, la cité pilote internationale des Focolari de Loppiano propose aux prêtres un programme qui leur sera spécialement consacré.

11 juin: le mouvement de Schönstatt invite les prêtres à passer un après-midi de fête à Belmonte (dans les environs de Rome).

Pour consulter le programme et pour de plus amples informations: www.sacerdotioggi.orgsacerdotioggi@gmail.com
Bureau de presse: Silvestre Marques, tél. +39-340-0538 300

José Luis Correa, tél. +39-389-1230 117

Carla Cotignoli, tél. +39-348-8563 347

Plus jamais la violence

Vendredi Saint

Il avait tout donné: une vie aux côtés de Marie, dans l’inconfort et l’obéissance. Trois années passées à prêcher en révélant la Vérité, en témoignant de son Père, en promettant l’Esprit Saint et en accomplissant toutes sortes de miracles d’amour. Trois heures en croix, où il pardonne à ses bourreaux, ouvre les portes du Paradis au bon larron, nous donne sa Mère et, enfin, son Corps et son Sang. Il lui restait la divinité. Son union à son Père, qui l’avait rendu si puissant sur terre, comme le fils de Dieu, et si royal sur la croix, devait ne plus se faire sentir, jusqu’à briser en quelque sorte son unité avec Celui dont Il avait dit qu’il était un avec Lui: « Moi et le Père nous sommes un » (Jn 10,30). En Lui, l’amour était anéanti, la lumière éteinte, la sagesse muette. Nous étions séparés du Père. Il fallait que son Fils, en qui nous nous retrouvions tous, ressente sa séparation d’avec son Père. Il devait faire l’expérience de l’abandon de Dieu, afin que nous ne soyons jamais plus abandonnés. Jésus a su dépasser cette très grande épreuve en s’abandonnant de nouveau à son Père – « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23,46) – , et c’est ainsi qu’il a rétabli l’unité brisée entre les hommes, et entre les hommes et Dieu. À présent, il se manifeste à nous comme un remède à toute forme de manque d’unité, comme la clé de l’unité. À nous maintenant de répondre à cette grâce et de faire notre part. Puisque Jésus a pris sur lui tous nos péchés, nous pouvons le découvrir derrière chaque douleur, derrière chaque séparation, découvrir un de ses visages. Nous pouvons l’embrasser dans ces souffrances, dans ces divisions, et lui dire notre oui comme il l’a fait, en nous en remettant à la volonté du Père. Alors, Il vivra en nous – peut-être souffrirons-nous encore – comme Réssuscité; il nous manifestera sa paix, qui reviendra dans notre cœur. Chiara Lubich  

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Hong Kong

À Hong Kong, on a célébré le 40ème anniversaire des débuts du mouvement des Focolari en terre chinoise, marqués par la naissance, à Hong Kong, de la première communauté de vie commune (le focolare), en 1970. Pour fêter l’événement, qui tombait en même temps que le deuxième anniversaire du départ de Chiara pour le ciel, plus de 500 personnes s’étaient donné rendez-vous le 14 mars, dans la grande salle de théâtre de la Bishop Pashan Catholic School, à Kowloon Bay. Les premiers protagonistes de cette aventure, arrivés de Rocca di Papa (région de Rome), étaient présents pour l’occasion: Giovanna Vernuccio, une des premières compagnes de Chiara, qui a donné vie au mouvement en Asie en 1966, et Silvio Daneo, un autre des premiers focolarini à rejoindre le continent asiatique. Rubi Tong, première focolarine chinoise, qui vit depuis quelques années à Fontem, en Afrique, dans la cité pilote du mouvement, avait elle aussi fait le voyage. La salle de théâtre était remplie de familles, de jeunes, de prêtres et de religieux, de chrétiens de confession catholique ou appartenant à d’autres Églises, et de personnes d’autres religions. “Devant toute cette foule multiple et joyeuse, assurément variée mais harmonieuse, commente Silvio Daneo, on ne peut pas ne pas y voir la réalisation de l’unité voulue par Jésus, au moment où il a prié son Père pour que tous soient un. Et c’est bien cette unité qui résume le grand Idéal de Chiara, aujourd’hui présent jusque dans chaque recoin de la planète. Les Chinois l’ont accueilli avec enthousiasme et avec cohérence, comme si Confucius l’avait annoncé plusieurs siècles avant même la venue du Christ, par sa grande maxime: entre les quatre mers (les quatre points cardinaux), nous sommes tous frères.” Lors de la célébration solennelle de la matinée, le cardinal Joseph Zen, évêque émérite du grand diocèse de Hong Kong, a raconté sa première rencontre avec le focolare, en 1957, lorqu’il était étudiant à Turin. L’intervention du vénérable Kok Kwong, ancien chef de la communauté bouddhiste, qui a connu le focolare en 1969, a constitué un moment émouvant. Nombreuses étaient les personnalités présentes: plusieurs pasteurs des différentes Églises chrétiennes, des représentants des communautés bouddhistes locales et des membres du mouvement bouddhiste de la Rissho Kosei Kai. Les numéros artistiques illustrant la culture chinoise n’ont pas manqué. Après la fête, les remerciements à Chiara “pour sa vie” et l’expression de la reconnaissace pour ce que “le mouvement des Focolari a accompli en terre chinoise”, tous s’engagent à envisager l’avenir “dans un élan renouvelé”, ont dit, en conclusion, les deux coresponsables du mouvement, Rita Azarian et Manfried Koegler.

Nouveau radicalisme évangélique

En ce moment très grave et douloureux, nous vivons cette ”heure de passion” en unité avec le Pape, avec l’Église tout entière, et avec tous ceux qui ont été blessés par le grave fléau des abus.

Mais surtout, j’ai exprimé notre sympathie au Saint Père, en mon nom personnel et au nom de tout le mouvement des Focolari, et je l’ai assuré de nos prières, à l’heure où nous assistons de plus en plus souvent à des attaques dirigées contre sa personne. Celles-ci nous apparaissent comme une réaction primaire à sa position claire et ferme, qui constitue la ligne directrice de son pontificat.

Animés de la foi en l’Amour du Père, qui guide l’histoire, nous sommes convaincus que cette heure annonce une nouvelle résurrection, justement parce qu’elle nous “force”, nous et l’Église tout entière, à un nouveau radicalisme évangélique.

Maria Voce, présidente des Focolari

 

 

 

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Une lumière pour Milan

La ville de Milan se rassemble pour rendre hommage à Chiara Lubich, qui en était devenue citoyenne d’honneur en 2004. Et la ville lombarde célèbre cet événement alors qu’elle traverse un moment délicat. Le 17 mars, deux ans après le décès de la fondatrice du mouvement des Focolari, survenu le 14 mars 2008, une rencontre intitulée “Semences de fraternité pour un monde plus uni” s’est déroulée dans la prestigieuse salle Alessi du Palazzo Marino. Les hôtes et les intervenants ont été accueillis par le maire, Mme Letizia Moratti, et par le conseil municipal. “Dans l’engagement de Chiara Lubich à l’échelle internationale, a dit Mme le maire, il y quelque chose que nous ressentons très fort à Milan: la conscience du fait que le dialogue et la rencontre de cultures différentes ne suffisent pas à dépasser les incompréhensions entre les peuples, et que les valeurs de solidarité et de communion sont les bases sur lesquelles construire un avenir de paix. Son cheminement illustre comment l’amour du prochain peut donner un sens concret aux actions humaines.” Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui, à Milan, sentent combien il est urgent de délivrer un message nouveau, porteur d’espérance. Mgr. Gianni Zappa, de l’archidiocèse de Milan, a tenu à mettre en évidence l’importance du dialogue dans la spiritualité de Chiara, tandis que le professeur Stefano Zamagni a montré comment le principe de fraternité rompt avec les schémas traditionnels de conflit politique et économique. La rencontre s’est conclue par les mots de Maria Voce, présidente du mouvement des Focolari : “J’ai l’impression que Chiara avait découvert que cette belle ville avait presque une vocation particulière: la vocation à faire le bien, à répandre l’amour et l’art d’aimer. Il me semble aussi qu’à Milan, la réalisation de ce projet est un objectif à poursuivre de toutes nos forces, afin de pas trahir le plan que Dieu a sur cette ville. Accueillir l’héritage de Chiara et, même, continuer à le faire vivre, comme nous le voulons, signifie aussi que nous devons faire nôtre cet engagement et offrir l’entière disponibilité des personnes du mouvement qui vivent ici.” Le lendemain, l’archevêque de Milan, le cardinal Dionigi Tettamanzi, a célébré la messe dans la basilique Saint-Ambroise, afin de remercier le Seigneur, a-t-il dit, du don inestimable que l’Église et la société ont reçu à travers la vie exemplaire de Chiara. La basilique était remplie des nombreux membres de la communauté des Focolari présente dans la ville, mais aussi de tous les amis et toutes les personnes qui se reconnaissent, d’une manière ou d’une autre, dans le rêve de Chiara, construire la fraternité universelle: des personnalités politiques, des représentants du monde de l’entreprise et de mouvements d’Église, ainsi que des frères appartenant à d’autres Églises. photos de la basilique Saint-Ambroise photos du Palazzo Marino

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“La force vive du charisme de l’unité”


"Ces jours-ci, dans de nombreux pays du monde, nous évoquons la mémoire de Chiara Lubich et sa pensée
. Cet événement nous offre l’occasion de remercier Dieu de l’immense cadeau qu’elle représente pour l’humanité, et de refaire jaillir la force vive du charisme de l’unité, qui a touché des personnes de cultures, de traditions et de convictions religieuses différentes.

Nous expérimentons, jour après jour, que Chiara ne nous a pas laissés seuls, et qu’elle continue d’agir, notamment à travers la vie de nos communautés, aux quatre coins de la terre, en apportant sa lumière et en renouvelant la société actuelle”. Ainsi s’exprime Maria Voce, présidente du mouvement des Focolari, dans son message à toutes les personnes présentes lors des célébrations organisées à l’occasion du deuxième anniversaire de la mort de Chiara.

En effet, ces derniers jours, les initiatives les plus diverses, prises spontanément, se multiplient sur tous les continents. Elles ne visent pas seulement à évoquer le souvenir de Chiara, mais aussi à révéler son héritage au plus possible de personnes, à l’heure où le monde entier traverse une crise et où la quête de nouveauté est forte.

Rencontres œcuméniques à Moscou et à Bucarest, et interreligieuses à Hong Kong (à l’occasion du 40ème anniversaire de l’arrivée du mouvement des Focolari sur cette terre); à Jérusalem, sur la montagne de Sion, où la tradition veut que Jésus ait prié pour l’unité, chrétiens, juifs et musulmans participeront à une cérémonie au cours de laquelle 8 oliviers seront dédiés à Chiara.

Manifestations culturelles: les villes de Rome et Milan accueillent deux rencontres auxquelles participeront des autorités religieuses et politiques, intitulées respectivement “Semences de fraternité pour un monde plus uni” et “Chiara Lubich: une vie consacrée à l’unité”, 10 ans après qu’elle a été faite citoyenne d’honneur de la ville de Rome, au Capitole.

L’impact du charisme de Chiara Lubich dans le monde de l’économie sera approfondi à l’université de Reggio d’Émilie. À Parme, il sera question de la “communication à l’ère des nouveaux médias: le style de Chiara Lubich”. Les manifestations artistiques ne seront pas en reste, avec des ballets classiques et des concerts.

Il y aura de nombreuses messes, dont beaucoup seront célébrées par les évêques, et qui seront suivies de rencontres ouvertes à tous, avec des témoignages et des temps pour approfondir la spiritualité de l’unité, autour de la redécouvrte de “Dieu Amour”, dont tout est parti. À Rome, la messe aura lieu dans la basilique Saint-Jean-de- Latran et sera célébrée par l’archevêque Gianfranco Ravasi, président du conseil pontifical pour la culture; à Milan, par le cardinal Dionigi Tettamanzi; à Santiago du Chili, par l’archevêque cardinal Francisco Javier Errázzuriz Ossa; à Instanbul, par Son Éminence Mgr Pelatre. À Saint Domingue (République dominicaine), le célébrant sera le cardinal Lopez Rodriguez et, à Hong Kong, le cardinal Zen. D’autres messes auront lieu à Split (Croatie), à Bucarest (Roumanie), à Melbourne (Australie), à Salvador de Bahia et à Aracaju (Brésil), à Iringa (Tanzanie) et à Montréal (Canada), pour n’en citer que quelques-unes.

Aux Etats-Unis (à Hyde Park, dans la banlieue New York), la messe célébrée par l’archevêque Celestino Migliore, observateur permanent à l’ONU pour le Saint Siège, sera suivie de la célébration de la remise du prix Luminosa 2010 pour l’unité.

Des événements en tout genre – plus de 400 dans le monde à ce jour – , qui montrent quel point l’esprit d’unité a atteint, et quelle reconnaissance s’exprime en évoquant la mémoire de Chiara Lubich. “Quelle est la meilleure façon pour nous de lui dire merci?” conclut Maria Voce dans son message. “Avançons ensemble en suivant ses pas, en vivant l’Idéal pour lequel Chiara a donné sa vie: la fraternité universelle.”

 

Plus jamais la violence

La fraternité vécue partout!

Après Haïti, le Chili. Dans la nuit du 26 au 27 février, un très violent séisme de magnitude 8,8 sur l’échelle de Richter a frappé le pays, notamment la ville de Concepción et la côte. Les premières nouvelles de la communauté du mouvement des Focolari au Chili commencent à arriver. Ce sont des messages envoyés par mail, encore très fragmentaires et confus. Ils parlent de destruction, d’amis et de proches perdus, de douleur ressentie par tous. Pourtant, toutes ces nouvelles sont porteuses d’une espérance jamais abandonnée, d’un élan de solidarité qui est parti de nombreux endroits, au lendemain du séisme. Espérance et solidarité: des traits typiques du peuple chilien.

Ramiro et un groupe d’amis sont partis de la capitale, Santiago, pour rejoindre les membres de la communauté des Focolari les plus touchés. Ils ont voyagé de nuit à bord de deux voitures remplies de biens de première nécessité, en bravant le couvre-feu. À Concepción, après deux jours de voyage (normalement, il ne faut que 6 heures), ils ont reçu un accueil très ému de la communauté parce que, raconte Neldi, co-responsable du mouvement au Chili, les biens qu’ils avaient apportés en cadeau “étaient justement ce dont nous avions besoin, et la distribution a aussitôt commencé. Nous ressentons très fort l’esprit de famille, l’élan de solidarité”. “C’est impressionnant, écrit Ramiro, de voir que, dans cette situation de douleur, Jésus est là, présent en chaque personne et dans chaque famille qui souffre des conséquences de ce séisme.” Le groupe a ensuite rejoint Curicó et, de là, le centre mariapolis de Cunaco, à 170 km au sud de Santiago.

Dans les jours mêmes où le séisme s’est produit, se déroulait un congrès de jeunes filles. Ce sont les “gen”, les jeunes du mouvement des Focolari. Bea Isola raconte, par mail, ce qui est arrivé:

“À ce moment-là, nous participions au congrès au centre mariapolis de Cunaco. Un congrès dont nous avions rêvé et que nous préparions depuis des mois… Mais nous ne savions pas quel programme Dieu nous avait réservé pour ce troisième jour. Nous étions profondément convaincues de l’amour de Dieu. C'est la première chose que nous nous sommes rappelée cette nuit-là, car la devise que nous avions choisie pour le congrès était: “Ayez courage! Dieu vous aime immensément!” 

Après les secousses, le panneau sur lequel ces mots étaient inscrits est resté seul planté au beau milieu de la salle où se déroulait le congrès, comme un signe très fort qui restera gravé pour toujours dans nos âmes!

Dans les heures qui ont suivi le séisme, nous avons vécu dans la peur et dans l’attente de nouvelles de nos familles et de nos amis, en particulier de ceux qui vivaient dans les zones les plus durement frappées, et dont nous n’avions pas de nouvelles parce les communications sont restées coupées pendant de longues heures, pendant même deux jours avec certains. Les uns ont appris qu’un de leurs amis était mort, les autres, que plusieurs personnes avaient péri sous les décombres d’une discothèque.

Puis nous avons visité le petit village voisin du centre mariapolis. Les magasins étaient détruits, les gens dormaient dehors, sans eau ni électricité. Nous nous sommes proposées, avec tous les autres, pour aider les religieuses à vider la paroisse de ses biens – au péril de notre vie. Ce sont de petites choses, mais elles reflètent l’expérience intense d'amour réciproque que nous étions en train de vivre. Nous sommes reparties transformées par Dieu. Et, ces jours-ci, les mails et les coups de téléphone continuent à arriver, et ils racontent eux aussi des faits concrets.  Au Chili, où les déséquilibres sociaux se font durement sentir, la fraternité grandit! Et nous le remarquons partout!“

C’est cette fraternité qui redonne courage et espoir à tous ceux qui ont tant perdu, quand ils n’ont pas tout perdu. Ainsi Gonzalo Espinoza, 21 ans, écrit de Constitución, ville frappée elle aussi par l’onde de choc, après une rencontre vécue avec un groupe de jeunes qui sont venus le voir:

“Les quelques heures que j’ai passées avec eux m’ont fait oublier tout ce que j’ai vécu au cours de cette semaine. J’ai vu des personnes qui demandent de l’aide… j’ai vu la douleur, j’ai vu la nature en furie, qui m’a laissé sans maison, cet endroit où j’ai passé les 21 années de ma vie avec ma mère et ma grand-mère… Aujourd’hui, je n’ai plus rien… Grâce à Dieu, ma famille est en vie. Je souffre en pensant à mes amis disparus, à ceux d’entre eux qui sont morts. Mais je relève la tête et je continue à me battre pour ma famillle.”
 

Parole de vie de mars 2010

N’as-tu jamais senti le besoin d’être aidé, tout en ayant le sentiment que personne ne peut venir à ton secours ? Il t’arrive alors de te tourner vers Quelqu’un qui sait rendre possible ce qui te semble impossible. Ce « quelqu’un » s’appelle : Jésus.
Voici ce qu’il te dit :

« En vérité je vous le déclare, si un jour votre foi est semblable à une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : “Passe d’ici là-bas”, et elle y passera. Rien ne vous sera impossible » (Mt 17,20).1

Bien sûr, l’expression « déplacer les montagnes » n’est pas à prendre au pied de la lettre et Jésus ne promet pas aux disciples le pouvoir de réaliser des miracles spectaculaires pour étonner les foules. (…) Si Jésus utilise une manière de parler volontairement excessive, c’est pour faire pénétrer, dans l’esprit de ses disciples, l’idée que rien n’est impossible à celui qui a la foi.
Chaque miracle accompli par Jésus, directement ou par les siens, l’a toujours été en vue du royaume de Dieu ou du salut des hommes. Déplacer une montagne ne servirait pas cette cause.
La comparaison avec la « graine de moutarde », indique, elle, que Jésus te demande avant tout une foi authentique, fondée uniquement sur Dieu et non sur tes propres capacités.
Si le doute te saisit, si ta foi se fait hésitante, cela manifeste que ta confiance en Dieu n’est pas encore totale. Ta foi, faible et peu efficace, prend encore appui sur tes propres forces et la logique humaine.
Par contre, celui qui se fie entièrement à Dieu lui permet d’agir et… à Dieu rien n’est impossible. Ce que Jésus demande à ses disciples, c’est justement cette attitude pleine de confiance qui permet à Dieu lui-même de manifester sa puissance. Et cette foi, capable de déplacer les montagnes, n’est nullement réservée à quelques personnes en dehors du commun. Tous les croyants peuvent et doivent l’acquérir.

« En vérité je vous le déclare, si un jour votre foi est semblable à une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : “Passe d’ici là-bas”, et elle y passera. Rien ne vous sera impossible » (Mt 17,20).

On pense que Jésus aurait adressé ces paroles à ses disciples au moment de leur envoi en mission.
Il est facile de se décourager et de prendre peur lorsqu’on se sait un petit troupeau peu préparé, sans talents particuliers pour affronter des foules innombrables auxquelles il faut porter la vérité de l’Évangile.
Il est facile de perdre courage face à des gens qui s’intéressent à tout autre chose qu’au royaume de Dieu.
La tâche semble impossible.
Et voilà que Jésus assure aux siens que, avec la foi, ils « déplaceront les montagnes » de l’indifférence et de l’absence d’intérêt du monde.
Pourvu qu’ils aient la foi, rien ne leur sera impossible.
Cette phrase peut encore s’appliquer à toutes les autres circonstances de la vie, à condition qu’elles soient en rapport avec la diffusion de l’Évangile et le salut des hommes.
Les difficultés insurmontables, peuvent faire naître en nous une tentation : celle de renoncer à se tourner vers Dieu. La logique humaine nous dit alors : perdons toutes illusions, cela ne sert à rien d’espérer.
Jésus nous incite alors à ne pas perdre courage et à nous tourner vers Dieu avec confiance. Lui, d’une manière ou d’une autre, nous exaucera.

C’est  l’expérience de Lella, une jeune étrangère venant de commencer un nouveau travail en Flandre. Elle se sentait marginalisée et découragée du fait de la barrière de la langue. Ayant pensé bien faire en apprenant le français afin de pouvoir parler avec ses compagnes, elle comprit vite que les flamands l’étudient seulement à l’école et ne le parlent pas volontiers.
Comment déplacer cette montagne de l’impossibilité de communiquer qui l’isolait des autres? Que pouvait-elle faire pour ses compagnes de travail ?
Une d’elles, Godelieve, en larmes, venait de se retirer dans sa chambre, sans toucher au repas. Lella aurait voulu frapper à sa porte, lui parler, essayer de l’aider. Mais elle y renonça, vaincue encore une fois par le mur de la langue.
Le lendemain matin, elle se rendit à l’Eglise et ne put s’empêcher de pleurer. Jésus était là, l’entendait au-delà des mots. La certitude de cette compréhension lui donna du courage. Elle demanda à Jésus: “Pourquoi ne puis-je pas partager avec les autres leur souffrances, leur dire ce que tu m’as dit lorsque je t’ai rencontré : que tu as transformé la souffrance en amour ?”
Puis  son regard tomba sur l’évangile du jour. Elle y lut: “Soyez pleins d’assurance, j’ai vaincu le monde !” Ces paroles lui donnèrent une grande paix.
Rentrant de l’église, elle se mit à préparer le petit déjeuner, avec Annj, la jeune qui s’occupe du ménage de la maison.
Godelieve descendit la première de sa chambre afin de chercher son café. En hâte pour ne rencontrer personne. Mais soudain elle s’arrêta. La paix de Lella l’avait touchée au plus profond d’elle-même, plus fortement que n’importe quelle parole.
En chemin, Godelieve rejoignit Lella et s’efforçant de parler français, elle lui dit: “Ce n’est pas nécessaire que tu me parles. Aujourd’hui, c’est ta vie qui m’a dit: “Aime, toi aussi !”.
La montagne s’était déplacée.

CHIARA LUBICH

Plus jamais la violence

“Nos racines et nos aspirations”

60 chrétiens et musulmans venus des différents cantons de la Suisse se sont retrouvés le 14 février à Baar, au centre du mouvement des Focolari, pour une journée de rencontre et de dialogue. Le programme était articulé autour de l’expérience très profonde faite par un couple venu tout spécialement d’Algérie, Mohammed et Shahrazade. Leur enthousiasme et le récit très simple de leur vie avec la communauté musulmane du mouvement des Focolari en Algérie ont été, pour les participants, une grande bouffée d’espérance, fondée sur la certitude qu’un chemin ensemble est déjà une réalité. En effet, le mouvement des Focolari est présent en Algérie depuis les années 60 et est aujourd’hui composé à 90% de musulmans, qui appartiennent aux divers courants de l’islam. Le dialogue promu par les Focolari consiste avant tout à partager des moments de vie. “Cette expérience, a dit Mohammed, médecin de profession, m’a aidé à aller à l’essentiel et a purifié ma foi. La découverte de Dieu Amour qui se manifestait à moi, n’était plus une simple théorie”. Et Shahrazade a ajouté: “Nous avons appris l’humilité, mais aussi que l’amour nous conduit à nous améliorer constamment, parce que l’amour de Dieu est sans mesure”. Paul Lemarié, qui suit le dialogue islamo-chrétien pour le centre de dialogue interreligieux du mouvement des Focolari, a également participé à la rencontre de Baar. Celle-ci a même eu des échos dans la presse locale. C’est ainsi que Martin Hoegger écrit: “Une journée riche en événements, axée sur le partage des racines communes aux chrétiens et aux musulmans: la foi en l’amour de Dieu. Mais également axée sur l’aspiration à le vivre dans nos relations les uns avec les autres, dans un dialogue de vie”. Et dans un autre article, on peut lire: “Nous avons tous été enrichis, chrétiens et musulmans, par cette journée de partage intense, centrée sur la découverte de Dieu Amour, tellement que nous pouvons affirmer qu’une autre étoile a commencé à briller sur toute la Suisse.”

Did you mean: La presidenta de los Focolares en Tailandia Le président du Mouvement des Focolari en Thaïlande

« J’ai le sentiment d’avoir trouvé ici en Asie un champ déjà labouré, et dont les graines ont déjà commencé à germer » : l’image que Maria Voce, Présidente du Mouvement des Focolari, donne du Mouvement présent sur le continent asiatique est celle d’une organisation mature, prête à cueillir les fruits de son propre travail. Lors d’une interview donnée à « MissionOnLines », Maria Voce raconte son voyage commencé le 6 janvier. Ce voyage l’a porté de la Corée du Sud, au Japon, aux Philippines et en Thaïlande ; dans quelques jours elle s’envolera pour le Pakistan, dernière étape de ce tour d’Asie. Ce qui l’a poussé à venir en l’Asie c’est « le besoin de connaître la communauté du Mouvement des Focolari dans ces différents pays ; mais aussi le sentiment que ce voyage me donnerait la possibilité de recueillir pleinement l’héritage de Chiara Lubich. Mais ma présence ici – nous explique-t-elle – se veut aussi un signe de notre soutien pour notre Œuvre, et entend témoigner aux personnes du Mouvement que nous les avons très à cœur ». En Thaïlande, Maria Voce a d’abord participé au quatrième Symposium international bouddhiste-chrétien. Il s’est déroulé dans la ville de Chiang Mai, et deux cents personnes y ont participé, représentant une vingtaine de pays d’Extrême Orient, d’Italie et de Grande Bretagne. C’est ensuite le 7 et 8 février, que Maria Voce a participé à la rencontre de 800 focolarini venus des différents pays d’Asie. Comme le souligne la présidente, « cette rencontre a été un évènement exceptionnel. Malgré les très grandes difficultés rencontrées lors de son organisation, chacun a eu à cœur de s’y engager totalement, pour arriver à avoir un moment d’unité ressenti par tous comme essentiel pour reprendre un nouvel élan ». Du 9 au 12 février, la présidente a rencontré les évêques d’Extrême Orient amis du Mouvement, réunis à Sampran pour leur congrès autour du thème : « Communiquer Dieu Amour. La nouvelle évangélisation d’aujourd’hui ». Parmi eux étaient présent l’archevêque de Bangkok, Francis Xavier Kriengsak Kovithavanij, le nonce apostolique de Thaïlande, Singapour et du Cambodge, l’archevêque Salvatore Pennacchio, et Ruffin Anthony l’évêque collaborateur d’Islamabad et Rawalpindi au Pakistan. Les trente prélats ont plus particulièrement approfondi deux sujets : d’une part le défi de l’encyclique Caristas in veritas et la nécessité de la communication à l’époque de la mondialisation ; et d’autre part le dialogue interreligieux à la lumière de Dieu Amour. Le voyage de Maria Voce se poursuit sous le signe du partage, des échanges entre les uns et les autres, de la découverte : « Ce qui est surtout impressionnant en Asie, nous dit-elle, c’est le sens du sacré dans les populations elles-mêmes, et cela nous oblige à être à la hauteur ».

Evêques en Thaïlande

Le nouvel évêque d’Islamabad et Rawalpindi, au Pakistan, dont le diocèse arrive jusqu’à la frontière avec l’Afghanistan, où les visites pastorales sont parfois à très haut risque, vient d’être ordonné.

Msgr. Anthony Rufin participe ainsi pour la première fois au congrès périodique des évêques amis du Mouvement des Focolari de l’Extrême Orient.

En 2009 il s’était tenu à Macao, cette année à Bangkok, en terre thaïlandaise. Le rendez-vous débutera cet après-midi, 9 février, et continuera jusqu’au 12.

Les trente prélats réfléchiront sur le thème « Communiquer Dieu Amour. La nouvelle évangélisation aujourd’hui » et s’interrogeront particulièrement sur deux sujets : d’un côté, le défi de l’encyclique Caritas in Veritate et la nécessité de la communication à l’époque de la mondialisation, et, de l’autre, le dialogue interreligieux à la lumière de Dieu Amour.

Par Paolo Lòriga

Plus jamais la violence

Mille chemins pour un monde uni

Un voyage qui a débuté en 1985, lorsque Chiara Lubich a lancé chez les jeunes du mouvement des Focolari l'idée d’inviter aussi les gens de leur âge, quelles que soient leur nationalité, leur culture et leurs convinctions religieuses, à travailler ensemble pour construire un monde plus solidaire. Un voyage qui les a déjà amenés très loin, comme en témoignent les multiples activités et projets mis en œuvre dans les pays en voie de développement, dans les villes ou, tout simplement, là où ces jeunes vivent. Afin de donner une nouvelle impulsion à ce projet et de le faire connaître au plus de jeunes possible, les Jeunes pour un monde uni se retrouveront au centre mariapolis de Castelgandolfo, du 19 au 21 février.

Une rencontre qui a pour ambition de relancer les “chemins pour un monde uni” des débuts, qui avaient caractérisé les premiers temps du mouvement, et de recommencer – ou de continuer –, aujourd’hui, à les faire partager ensemble à d’autres jeunes. Des jeunes toujours plus différents dans un monde globalisé: certains arrivent de loin, d’autres n’ont aucune croyance religieuse, mais tous ont en commun le désir d’abattre les barrières qui se dressent aujourd’hui encore entre les personnes d’ethnies, de cultures et d’origines sociales différentes.
 
Cette rencontre, qui prévoit entre autres une visite d’une demi-journée de Rome, est ouverte non seulement à ceux qui connaissent déjà les Jeunes pour un monde uni, mais aussi à ceux qui les abordent pour la première fois. Les temps de réflexion, les témoignages et les échanges alterneront avec les moments de fête, d’amitié et de travail concret, afin de donner forme, sans attendre, aux idées qui auront émergé au cours de la rencontre.
 
Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 12 février à cette adresse: sgmu@focolare.org, ou bien au 0039 6 94792089, auprès du secrétariat international GMU, chargé de l’organisation.

par Amanda Cima
Source:    Città nuova

www.mondounito.net

Les Jeunes pour un monde uni sont aussi sur Facebook !

 

Plus jamais la violence

Giancarlo Faletti

Notes biographiques

Giancarlo Faletti a été coprésident du mouvement des Focolari du 7 juillet 2008 au 13 septembre 2014 Piémontais de Cerro Tanaro (Asti, Italie), Giancarlo Faletti est né le 14 septembre 1940 dans une famille particulièrement sensible aux problèmes sociaux. Sans avoir reçu une éducation religieuse particulière, il ressent vite l’exigence de s’engager dans un groupe catholique de jeunes, et plus tard, dans le volontariat chrétien, auprès des personnes qui souffrent et vivent dans la pauvreté. Après une période de recherche, en 1959 il rencontre la spiritualité de communion et est fasciné par la proposition de Chiara Lubich de vivre pour contribuer à la réalisation de l’unité de la famille humaine, comme le demande Jésus au Père : « Que tous soient un ! » (Jn 17,21), le but même du Mouvement. A 25 ans, il décide de se donner complètement à Dieu et entre dans la communauté du focolare. Ses études en économie terminées, il trouve un emploi dans un prestigieux institut bancaire à Turin, avec d’importantes responsabilités. En 1972, après plusieurs années au focolare de Turin, il devient responsable de celui de Gênes, où il montre une attention et une présence plus particulières aux jeunes. Des années qui ont porté du fruit, surtout parmi les jeunes, comme Chiara Luce Badano, récemment béatifiée, et Alberto Michelotti et Carlo Grisolia pour lesquels la cause de béatification est actuellement en cours. Après sa nomination comme délégué responsable du Mouvement pour le Latium, Giancarlo Faletti complète ses études de théologie à l’Université Pontificale de Saint Jean de Latran, et est ordonné prêtre en 1997. Quelques mois plus tard, Chiara Lubich le nomme délégué responsable du Mouvement pour les Abruzzes, la Sardaigne et Rome, où il reste jusqu’à l’Assemblée de 2008, date à laquelle il est élu Co-président. À la fin de cette Assemblée, il accompagne Maria Voce chez le pape Benoît XVI et, fin janvier 2009, il est présent à Moscou à l’intronisation du Patriarche Cyrille 1er . Au cours des années., il a accompagné la Présidente Maria Voce dans les différents voyages en Europe et dans le monde pour rencontrer les communautés des Focolari. Il a eu ainsi  l’occasion d’avoir de nombreux contacts avec des personnalités au niveau des institutions civiles ou ecclésiales.

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Tremblement de terre en Haïti

Ils sont en première ligne pour secourir les blessés et les personnes évacuées. La communauté du mouvement des Focolari est regroupée à Mont-Organisé, ville située dans le nord de l’île, non loin de la frontière avec la République dominicaine. D’après les premières informations recueillies par la revue “Living City”, à New York, la communauté des Focolari a décidé de construire un centre d’accueil pour les familles, sur un morceau de terrain qu’elle a reçu en cadeau il y a quelques années. Dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre, la somme de 47000 dollars est arrivée, et elle servira à assurer un logement à vingt familles. Ils sont nombreux à avoir quitté la capitale pour chercher de l’aide précisément dans la partie septentrionale du pays. “Ils sont arrivés sans rien, ils ont tout perdu, ils ne savent pas où aller et n’ont pas mangé depuis des jours”, rapporte Wilfrid Joachin, coordinateur du mouvement des Focolari à Mont Organisé. “Tout le pays est dévasté. Ici, presque chaque famille a perdu un de ses membres dans le tremblement de terre. Maintenant, après ce désastre, tout le monde cherche à s’installer dans les campagnes”. Pourtant, ce sont aussi des nouvelles rassurantes qui nous parviennent d’Haïti. “Tous les enfants associés au projet international de parrainage, sponsorisé par le mouvement, sont sains et saufs”, affirme W. Joachin.

Un centre devant assurer la distribution de vêtements, de nourriture et de médicaments est aussi en train d’être organisé. L’aide arrive par l’intermédiaire de la communauté du focolare présente en République dominicaine. Le Dr Modesto Herrera, membre du focolare, est parti de La Romana, une ville de la République dominicaine, avec 150 autres médecins, infirmiers et volontaires, puis ils ont rejoint Port-au-Prince en car, dans l’intention de passer cinq jours à Haïti. “Les gens nous attendaient à l’Église évangélique, où nous logions. Certains d’entre nous ont travaillé dans des camps de réfugiés, d’autres dans des hôpitaux, où ils soignaient 300 personnes par jour. Le plus beau a été de tisser des liens avec eux”.

L’élan de solidarité suscité par le tremblement de terre au sein de la population de la République dominicaine constitue un autre signe d’espérance. Le pays a aussitôt ouvert ses frontières afin d’accueillir les blessés haïtiens dans ses hôpitaux, laissant de côté des années de préjugés culturels et de conflits entre les deux pays. “Peut-être est-ce la volonté de Dieu que nous nous manifestions auprès de ces personnes et que nous veillions sur elles, parce que ce sont nos frères et nos voisins”, a écrit l’évêque Mgr. Francisco Ozoria, président de la Commission pastorale haïtienne en République dominicaine. “Puisque Dieu fait fleurir la vie sur les ruines, la population d’Haïti verra naître une nouvelle vie, grâce à la solidarité de tous”.
 

Février 2010

Jésus se présente comme celui qui réalise les promesses divines et les attentes d’un peuple dont l’histoire est marquée par l’alliance conclue avec son Dieu et qu’il n’a jamais révoquée.
Une autre image utilisée par Jésus évoque, en l’expliquant, cette même idée de la porte : « Je suis le chemin,(…). Personne ne va au Père si ce n’est par moi » (Jn 14,6). Il est donc véritablement un chemin et une porte ouverte sur le Père, sur Dieu lui-même.

« Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir. »

Dans notre vie, quelle importance donner à cette parole?
D’autres passages de l’Evangile, dans la ligne de celui de Jean  apportent des réponses, mais retenons celui de la « porte étroite » par laquelle il faut s’efforcer de passer pour entrer dans la vie.  .
Pourquoi la porte étroite ? Parce que cette image nous semble la plus apte à comprendre la vérité que Jésus révèle de lui-même et nous indique le mieux comment la vivre.
Quand Jésus devient-il la porte totalement  ouverte sur la Trinité ? C’est au moment où la porte du Ciel semble se fermer pour lui qu’il devient la porte du Ciel pour chacun de nous.
Jésus dans son abandon  est la porte, le passage par lequel se réalise l’« admirable échange » entre Dieu et l’humanité : en devenant néant, il unit les fils au Père et c’est par ce vide, (l’embrasure de la porte) que l’homme entre en contact avec Dieu et Dieu avec l’homme.
Il est ainsi en même temps porte étroite et porte entièrement ouverte. Et nous pouvons en faire l’expérience.

« Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir. »

Jésus dans son abandon s’est fait pour nous accès au Père.
Il a fait sa part. Mais pour bénéficier d’une telle grâce, chacun de nous doit aussi faire la sienne, bien petite : s’approcher de cette porte et la franchir. Comment ?
Lorsque la déception nous envahit, lorsqu’un traumatisme, un malheur imprévu ou une maladie incompréhensible nous blessent, nous pouvons toujours nous rappeler la souffrance de Jésus, qui a éprouvé personnellement toutes ces épreuves et bien d’autres encore.
Oui, il est présent dans chacune de nos souffrances. Chacune d’elles porte son nom.
Essayons alors de reconnaître Jésus dans toutes nos angoisses, aussi bien que nos difficultés et les mauvais moments de la vie, dans toutes les obscurités, dans nos tragédies personnelles et celles qui touchent les autres. Reconnaissons-le aussi dans les souffrances de l’humanité qui nous entoure. Il les a faites siennes, elles sont devenues Lui.
Nous pouvons alors lui dire, avec foi : « C’est toi, Seigneur, mon unique bien »4. Il nous suffira ensuite d’agir concrètement afin de soulager « ses » souffrances dans les pauvres et les malheureux, pour franchir la porte, et trouver au-delà une joie encore jamais éprouvée, une nouvelle plénitude de vie.

Chiara Lubich

N.B. Ce commentaire a été publié in extenso en mars 1999

 

Plus jamais la violence

Il y a 90 ans naissait Chiara Lubich

Chère Eli, Chiara aurait aujourd’hui 90 ans. Pendant ce laps de temps, l’humanité a parcouru un chemin. Dans cette perspective, toi qui as été à ses côtés si longtemps, quelle est à ton avis la portée historique de Chiara ?

« Il me semble que Dieu, dans l’histoire, envoie à chaque époque un charisme correspondant à des besoins particuliers de l’humanité. A notre époque, il existe une tension à l’unité, politique, commerciale, etc. L’union européenne, l’ONU, le dialogue œcuménique en sont un témoignage. Le concile Vatican II a ouvert les portes aux autres Églises et aux autres religions. Pour le charisme de l’unité, on peut dire qu’il préexistait un contexte historique. Le charisme de Chiara, que l’on peut résumer par les paroles de Jésus : “Que tous soient Un” (Jn 17,21), est véritablement l’unité portée à sa dimension maximale : “tous Un”. Son charisme s’adresse à tous les enfants de Dieu, qui est Amour, voilà pourquoi tous sont faits pour aimer. Chiara, misant sur cette nature de l’homme, n’a eu de cesse de créer des relations avec tout le monde. Son intuition que c’est l’amour réciproque qui porte à l’unité a été une nouveauté : la découverte que l’on peut aller à Dieu ensemble, en communion, allant de plénitude en plénitude ! »

Le « don de prophétie » de Chiara a été plusieurs fois mis en évidence, même par les personnalités les plus éminentes de l’Église. Pourrais-tu nous donner quelques-unes de ses intuitions qui se sont, en un certain sens, réalisées ?

« Un fait : c’était tout au début du Mouvement, le jour de la fête du Christ Roi de l’univers. Elle a invité ses premières compagnes à demander ce qu’on lisait dans les Écritures : “…demandez et je vous donnerai toutes les nations en héritage…”. Et de son vivant, elle a vu cet esprit évangélique arriver dans 184 pays, c’est-à-dire presque dans le monde entier… Une autre nouveauté – sur les traces des Pères de l’Église – la présence de Jésus “là où deux ou trois se trouvent réunis” en son nom (Mt 18,20). La présence de Jésus entre elle et ses premières compagnes, qui comblait toutes leur aspirations, était une expérience toute nouvelle. De même la communion des biens et l’unité (seuls les communistes en parlaient), la Parole de l’Évangile (les protestants)… L’attitude d’ouverture et le souci de mettre en relief le positif des autres Églises en entamant un dialogue œcuménique ; le dialogue interreligieux aussi, et celui avec tous les hommes de bonne volonté… toutes choses qu’ont ensuite confirmées le Concile, puis les papes, et qui font maintenant partie de la vie de l’Église. Il y a aussi l’expérience vécue avec le peuple Bangwa en Afrique… (exemple de la nouvelle évangélisation), commencée dans les années soixante. Et aussi l’importance des laïcs pour “tracer la route” à l’Église institutionnelle, dans divers domaines humains. On peut ainsi mieux comprendre pourquoi Dieu a choisi une femme pour construire l’unité entre tous. “L’Œuvre de Marie – nous l’avons écrit dans les statuts, c’est voulu par Chiara et ratifié par l’Église – désire être, autant que possible, une présence de Marie sur la terre, presque sa continuation” (article 2). Sous ce désir, il y a sa forte expérience spirituelle. »

Quelle relation Chiara avait-elle avec les jeunes et que représentaient-ils pour elle ?

« Elle avait une relation privilégiée avec les jeunes parce qu’elle sentait qu’ils n’avaient pas besoin de perdre beaucoup de choses, comme peut-être les adultes. Elle les sentait plus libres et se trouvait bien avec eux, surtout avec les très jeunes. Elle croyait en leur nature non contaminée et entretenait avec eux une relation directe, simple et spontanée. Elle était heureuse de voir que les jeunes sont attirés par de grands idéaux, que tout leur semble possible. Car son idéal était immense, positivement utopique, et les jeunes se sentaient attirés. Elle a fait une “révolution” rien que dans la simplicité de sa relation avec eux, avec sa proposition toute normale de se réaliser en faisant la volonté de Dieu, de présenter la sainteté à la portée de tous. Elle recevait beaucoup de lettres des jeunes qui voulaient l’imiter en suivant Dieu, s’engager à vivre l’Évangile, à tout donner… C’est comme lorsqu’elle a lancé l’Économie de communion : elle est allée tout de suite trouver les jeunes étudiants et les a encouragés à bien se préparer pour pouvoir la développer. Quand elle a commencé son aventure, elle était toute jeune et entourée de compagnes encore plus jeunes qu’elle. En somme, elle a toujours eu une grande confiance dans les jeunes. »

A ton avis, que nous dirait Chiara aujourd’hui ?

« Elle nous dirait encore : aimez-vous les uns les autres, comme Jésus nous a aimés. Oui, je crois. »