Mouvement des Focolari

PAROLE DE VIE DE JUILLET 2002

Ces paroles de Jésus si importantes, Matthieu les rapporte deux fois  dans son Évangile. Que nous rappellent-elles ? Tout simplement que Dieu ne pense pas l’économie comme nous. On le voit bien, par exemple, lorsqu’il donne le même salaire à l’ouvrier de la dernière heure qu’à celui de la première .
Jésus adresse ces paroles à ses disciples qui lui demandent pourquoi il leur parle ouvertement, alors qu’aux autres il s’adresse en paraboles, de manière voilée. Pourquoi Jésus pouvait-il donner directement à ses disciples la plénitude de la vérité et la lumière ? Parce qu’ils le suivaient. Jésus était tout pour eux. Leur cœur était disposé à l’accueillir. Ils avaient déjà Jésus qui pouvait ainsi se donner à eux en plénitude.
Comment comprendre cette manière d’agir ? Saint Luc nous rapporte une autre parole semblable : « Donnez et on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante qu’on vous versera dans le pan de votre vêtement » . Dans ces deux phrases – de Matthieu et de Luc – Jésus donne au verbe « avoir » (à qui « a » il sera donné) le même sens que « donner » (à qui « donne » il sera donné).
Cette vérité évangélique, nous l’avons tous expérimentée. En aidant un malade, en consolant un affligé, en entourant une personne isolée, n’éprouve-t-on pas quelquefois une joie et une paix dont on ne connaît pas l’origine ? C’est la logique de l’amour : plus on donne, plus on s’enrichit.
Ainsi la Parole de ce mois peut se comprendre ainsi : à celui qui aime, qui vit dans l’amour, Dieu donne la capacité d’aimer encore plus. Il lui donne la plénitude de l’amour jusqu’à le rendre semblable à lui, qui est Amour.

« À celui qui a, il sera donné, et il sera dans la surabondance ; mais à celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera retiré. »

Oui, c’est l’amour qui nous fait être. Nous existons parce que nous aimons. Si nous n’aimions pas, et chaque fois que nous n’aimons pas, nous ne sommes pas, nous n’existons pas (« même ce qu’il a lui sera retiré »).
Il ne nous reste alors qu’à aimer, sans nous ménager. Car ainsi Dieu se donnera à nous et apportera avec lui la plénitude de ses dons.
Donnons concrètement à ceux qui nous entourent, sûrs qu’ainsi c’est à Dieu que nous donnons. Donnons sans cesse ; donnons un sourire, notre compréhension, un pardon, notre écoute ; donnons notre intelligence, notre disponibilité ; donnons notre temps, nos talents, nos idées, notre activité ; donnons nos expériences, nos capacités, nos biens ; partageons-les avec les autres, afin de ne rien accumuler et de tout faire circuler. Si nous donnons, nous ouvrons les mains de Dieu. Et, dans sa providence, il nous comble avec surabondance, afin que nous puissions encore donner beaucoup, et recevoir encore, et répondre ainsi aux besoins sans nombre d’une multitude.

« À celui qui a, il sera donné, et il sera dans la surabondance ; mais à celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera retiré. »

Le plus grand cadeau de Jésus ? C’est lui-même, sa présence au milieu de nous. Voilà la plénitude de la vie, l’abondance dont il veut nous combler. Soyons-en bien conscients : Jésus se donne à ses disciples qui le suivent en étant unis. Cette Parole de vie nous rappelle donc aussi la dimension communautaire de notre spiritualité. Nous pouvons la traduire ainsi : à tous ceux qui s’aiment d’un amour réciproque, à ceux qui vivent l’unité, sera donnée la présence même de Jésus au milieu d’eux.
Il nous sera donné davantage encore. À celui qui a ­ c’est-à-dire qui a vécu dans l’amour et aura ainsi gagné le centuple en cette vie ­ le Paradis sera donné en plus. Et il sera dans la surabondance.
Celui qui n’a pas, c’est-à-dire qui n’a pas le centuple ici-bas parce qu’il n’a pas vécu dans l’amour, n’aura pas non plus dans l’avenir le bonheur, les choses matérielles, l’affection des siens dont il a joui sur terre car l’enfer ne sera que souffrance.
Aimons donc. Aimons tout le monde. Aimons au point d’inciter l’autre à aimer à son tour, et que l’amour devienne réciproque : nous aurons alors la plénitude de la vie.

Chiara LUBICH

 

PAROLE DE VIE DE JUIN 2002

Un jour, Jésus demanda à Matthieu de le suivre, et alla manger chez lui… Scandale chez les « gens bien » qui excluaient les collecteurs d’impôts comme Matthieu, considérés des « pécheurs publics », collaborateurs de l’occupant romain !
Mais enfin – se demandent les pharisiens – pourquoi manger avec un pécheur ? La prudence ne conseille-t-elle pas de les tenir à distance ? Jésus peut alors expliquer qu’il désire justement rencontrer les pécheurs, comme un médecin les malades. Et, pour conclure, il cite aux Pharisiens cette parole de Dieu, rapportée par le prophète Osée : « C’est l’amour qui me plaît, non le sacrifice. »
Pourquoi Dieu veut-il de nous l’amour, la miséricorde ? Pour être comme lui, lui ressembler comme des enfants à leurs parents. Tout au long de l’Évangile, Jésus nous parle de l’amour du Père pour les bons et pour les méchants, pour les justes et pour les pécheurs. Il n’exclut personne, lui. Et s’il a quelques préférences, elles vont à ceux qui semblent les moins dignes d’amour, comme le fils prodigue de la parabole.
« Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant » , explique Jésus : voilà la perfection.

« Allez donc apprendre ce que signifie : C’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice. »

Aujourd’hui encore, Jésus s’adresse à chacun de nous : « Allez donc apprendre… » Mais où aller ? Qui pourra nous enseigner ce que signifie être compatissant ? Seul Jésus le peut. Lui qui est allé à la recherche de la brebis perdue, qui a pardonné à ceux qui l’avaient trahi et crucifié, qui a donné sa vie pour nous sauver. Pour apprendre à être miséricordieux comme le Père, regardons Jésus, pleine révélation de l’amour du Père. Il nous l’a dit : « Celui qui m’a vu a vu le Père. »

« Allez donc apprendre ce que signifie : C’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice. »

Pourquoi la miséricorde et non le sacrifice ? Parce que l’amour est la valeur absolue qui donne sens à tout le reste, y compris au culte et au sacrifice. En effet le sacrifice le plus agréable à Dieu, c’est l’amour concret envers le prochain, qui trouve son expression la plus haute dans la miséricorde.
La miséricorde nous aide à poser chaque jour un regard nouveau sur ceux et celles qui partagent notre vie : en famille, à l’école, au travail. Elle nous permet de ne pas nous souvenir de leurs défauts, de leurs erreurs ; elle nous incite à ne pas juger, mais à pardonner les torts subis ; et même à les oublier.
Notre sacrifice ne consistera pas tant à veiller longuement ou à jeûner, ou à dormir par terre, mais à toujours accueillir dans notre cœur celui qui passe à côté de nous, qu’il soit bon ou mauvais.
C’est ce qu’a fait un homme dont le village avait été brûlé par ses « ennemis » et dont voici l’histoire. Employé à la réception et à la comptabilité d’un hôpital, il voit un jour arriver un malade accompagné d’un parent. À son accent, il reconnaît un de ses « ennemis » qui, de peur d’être renvoyé, n’ose pas donner son identité. L’employé l’accepte sans documents, surmontant la haine qu’il sentait affleurer en lui. Les jours suivants, il a plusieurs fois l’occasion de l’aider. En réglant la note de l’hôpital, « l’ennemi » dit à l’employé : « Je dois t’avouer quelque chose que tu ignores… » Mais l’autre répond : « Dès le premier jour, je sais qui tu es. » « Mais pourquoi alors m’as-tu aidé, si je suis un de tes « ennemis  » ? »
La miséricorde naît de l’amour qui sait se sacrifier pour tout un chacun, à l’exemple de Jésus qui est allé jusqu’à donner sa vie pour nous.

Chiara LUBICH

 

PAROLE DE VIE DE MAI 2002

Jésus est le Dieu-avec-nous, l’Emmanuel. Matthieu le rappelle au début de son Évangile qui se conclut par la promesse du Christ de rester toujours avec nous, même après son retour au Ciel. Dieu-avec-nous, Jésus le restera jusqu’à la fin des temps.
Le Christ adresse cette promesse à ses disciples après leur avoir confié la mission de porter son message dans le monde entier. Il savait qu’il les envoyait comme des brebis au milieu des loups et qu’ils rencontreraient oppositions et persécutions . C’est pourquoi il ne voulait pas les laisser seuls dans leur mission. Aussi, à l’heure de son départ, promet-il de rester ! Ses disciples ne le verront plus, n’entendront plus sa voix, ne pourront plus le toucher, mais Jésus vivra au milieu d’eux, comme avant et même plus qu’avant. Car si jusqu’alors sa présence se situait en un lieu précis de la Palestine, il sera désormais présent partout où se trouvent ses disciples.
Jésus pensait aussi à nous tous. Lui, l’Amour incarné, voulait rester toujours parmi les hommes, partager leurs préoccupations, les conseiller, marcher avec eux, entrer dans leurs maisons, les combler de joie par sa présence.
Voilà pourquoi il a voulu rester avec nous, nous donner sa force et son amour, nous faire sentir qu’il était proche de nous.
L’Évangile de Luc raconte qu’après l’avoir vu monter au Ciel, les disciples « retournèrent à Jérusalem pleins de joie »  . Comment était-ce possible ? C’est qu’ils avaient expérimenté la vérité de ses paroles.
Nous aussi, nous serons remplis de joie, si nous croyons vraiment à la promesse de Jésus :

« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. »

Ces paroles, les dernières de Jésus à ses disciples, marquent à la fois la fin de sa vie terrestre et le début de celle de l’Église. Il reste présent de multiples manières : dans l’Eucharistie, dans sa Parole, dans ses ministres (les évêques, les prêtres), dans les pauvres, les petits, les laissés pour compte…, dans chacun de nos prochains.
Soulignons une présence particulière. L’Évangéliste Matthieu nous l’indique : « Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux »  .  Jésus désire, par ce mode de présence, s’établir partout. Si nous vivons ce qu’il nous demande, spécialement son commandement nouveau, nous pouvons donc le rencontrer même en dehors des églises, au cœur du monde, où que ce soit.
Ce qui nous est demandé, c’est l’amour réciproque, un amour de service, de compréhension, qui nous fasse participer aux douleurs, aux angoisses et aux joies de nos frères ; l’amour caractéristique du christianisme, qui couvre tout, qui pardonne tout.
Vivons de cette manière, afin que tout homme ait, déjà sur cette terre, la possibilité de rencontrer Dieu.

Chiara LUBICH

 

Parole de vie d’avril 2002

Pour l’évangéliste Jean, “ voir ” Jésus est d’une importance capitale. C’est la preuve évidente que Dieu s’est vraiment fait homme. Dès la première page de son évangile, l’apôtre nous donne son témoignage passionné : “ Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire. ”
C’est surtout après la résurrection de Jésus que nous entendons l’exclamation de ceux qui l’ont vu. Marie de Magdala l’annonce : “ J’ai vu le Seigneur  ”, de même que les apôtres : “ Nous avons vu le Seigneur . ” Quant au disciple que Jésus aimait, “ il vit et il crut  ”…
Seul l’apôtre Thomas n’avait pas vu le Seigneur ressuscité, parce qu’il n’était pas présent le jour de Pâques, lorsque Jésus était apparu aux autres disciples. Tous les autres avaient cru, parce qu’ils avaient vu. Lui aussi – affirme-t-il – il aurait cru si, comme les autres, il avait vu. Jésus le prend au mot et huit jours après la résurrection il se montre à lui, afin qu’il croie lui aussi. À la vue de Jésus vivant devant lui, Thomas explose en la profession de foi la plus profonde et la plus complète de tout le Nouveau Testament : “ Mon Seigneur et mon Dieu . ” Alors Jésus lui dit : “ Parce que tu m’as vu, tu as cru : ”

« Bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. »

Comme Thomas, nous voudrions nous aussi voir Jésus. En particulier quand nous nous sentons seuls, sous le poids d’une épreuve ou dans un moment difficile… Nous nous reconnaissons un peu dans ces Grecs qui s’approchèrent de Philippe et lui demandèrent : “ Seigneur, nous voudrions voir Jésus . ” Comme nous aimerions avoir vécu au temps de Jésus, pour le voir, le toucher, l’écouter, lui parler ! Comme nous aimerions qu’il nous apparaisse comme il est apparu à Marie de Magdala, aux douze, aux disciples !
Ils avaient vraiment de quoi être bienheureux ceux qui étaient avec lui. D’ailleurs, Jésus lui-même le dit dans une béatitude que rapportent les évangiles de Matthieu et de Luc : “ Heureux vos yeux qui voient ce que vous voyez ! ” . Pourtant, devant Thomas, c’est une autre béatitude qu’il prononce :

« Bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. »

Jésus pensait à nous qui n’avons plus la possibilité de le voir de nos yeux de chair, mais qui pouvons toutefois le voir avec les yeux de la foi. En fin de compte, la situation de ceux qui vivaient au temps de Jésus et la nôtre ne diffèrent pas tellement. Même en ce temps-là, il ne suffisait pas de le voir. Les yeux du corps voyaient un homme. Il fallait d’autres yeux pour reconnaître en cet homme le Fils de Dieu.
Déjà parmi les premiers chrétiens, nombreux étaient ceux qui n’avaient pas vu personnellement Jésus et qui vivaient la béatitude que nous sommes appelés à vivre aujourd’hui. Nous lisons, par exemple, dans la première Lettre de Pierre : “ Vous l’aimez [le Christ] sans l’avoir vu ; vous croyez sans le voir encore ; aussi tressaillez-vous d’une joie ineffable et glorieuse, en remportant, comme prix de la foi, le salut de vos âmes.  ”
Les premiers chrétiens avaient bien compris l’origine de la foi dont Jésus parlait à Thomas : l’amour. Croire, c’est découvrir qu’on est aimé de Dieu, c’est ouvrir son cœur à la grâce et se laisser envahir par son amour, c’est se fier totalement à cet amour en répondant à l’amour par l’amour. Si tu aimes, Dieu entre en toi et témoigne de lui-même en toi. Il apporte une manière toute nouvelle de regarder la réalité qui nous entoure. La foi nous fait voir les événements avec ses propres yeux, elle nous fait découvrir le projet qu’il a sur nous, sur les autres, sur la création tout entière.

« Bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. »

Thérèse de l’Enfant-Jésus nous a donné un lumineux exemple de ce regard nouveau sur la réalité que donnent les yeux de la foi. Une nuit, à cause de la tuberculose qui devait l’emporter, elle se mit à cracher du sang. Elle aurait pu dire : “ Je crache du sang. ” Non, elle a dit : “ L’époux est arrivé. ” Elle a cru sans avoir vu. Elle a cru qu’en cette souffrance Jésus venait lui rendre visite et qu’il l’aimait, lui, son Seigneur et son Dieu.
La foi, comme dans le cas de Thérèse de l’Enfant-Jésus, nous aide à tout voir avec des yeux nouveaux. De même que Thérèse a traduit l’événement douloureux en “ Dieu m’aime ”, nous pouvons à notre tour traduire tout événement de notre vie en “ Dieu m’aime ”, en “ C’est toi qui viens me rendre visite ”, ou bien encore en “ Mon Seigneur et mon Dieu  . ”
Au ciel, nous verrons Dieu tel qu’il est. Dès à présent, la foi nous ouvre tout grand le cœur aux réalités du ciel et nous fait tout entrevoir à sa lumière.

Chiara Lubich

 

PAROLE DE VIE DE MARS 2002

Dans cette perle de l’Évangile qu’est l’entretien avec la Samaritaine aux abords du puits de Jacob, Jésus présente l’eau comme l’élément le plus simple, mais aussi le plus désiré, le plus nécessaire à la vie dans le désert. Nul besoin de se lancer dans de grandes explications pour faire comprendre l’importance de l’eau.
Or, l’eau de source est à notre vie naturelle ce qu’est l’eau vive, celle dont parle Jésus, pour notre vie éternelle.
Sans pluie, le désert ne fleurit pas. Sans la Parole de Dieu, les semences déposées en nous au baptême ne peuvent ni germer ni grandir pour donner ensuite des fleurs ou de beaux arbres. Et cela grâce à l’eau vive de la Parole qui donne la vie et la vie éternelle.

« Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif; au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle »

À qui s’adressent les paroles de Jésus ? À nous, à tous les assoiffés de ce monde, conscients de notre sécheresse et de notre aridité spirituelle ; mais aussi à ceux qui ne sentent même plus le besoin de s’abreuver à la source de la vraie vie et des grandes valeurs de l’humanité.
C’est nous, hommes et femmes d’aujourd’hui, que Jésus invite à boire cette eau vive, celle qui répondra à nos questions et satisfera nos désirs. Puisons donc à la Parole de Dieu, laissons-nous pénétrer par son message.
Comment ? En réévangélisant notre vie, en la confrontant avec la Parole, en essayant de penser avec l’esprit de Jésus et d’aimer avec son cœur.
Chaque instant où nous cherchons à vivre l’Évangile est une goutte de cette eau vive que nous buvons. Chaque geste d’amour envers notre prochain est une gorgée de cette eau. Oui, car cette eau si vive et si précieuse a cela de spécial qu’elle jaillit dans notre cœur chaque fois que nous l’ouvrons à l’amour envers les autres. La source – qui vient de Dieu – jaillit en nous dans la mesure où sa veine profonde désaltère les autres au moyen de simples ou de grands gestes d’amour.

« Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle »

Pour ne pas souffrir de la soif, donnons, nous aussi, l’eau vive que nous puisons en nous-mêmes et qui vient de Lui.
Il suffira d’une parole, ou même juste d’un sourire, d’un simple geste de solidarité, pour nous redonner un sentiment de plénitude, de paix profonde, un jaillissement de joie. Et si nous continuons à donner, cette fontaine de paix et de vie prodiguera une eau toujours plus abondante, sans jamais se tarir.
Et Jésus nous a révélé un autre secret, une sorte de puits sans fond où nous pouvons puiser. Lorsque deux ou trois sont réunis en son nom, en s’aimant de l’amour dont il nous a aimés, il est là au milieu d’eux  . C’est alors que nous nous sentons libres, un, remplis de lumière, et que des fleuves d’eau vive jaillissent de notre sein  . C’est la promesse de Jésus qui se réalise, car c’est de Lui-même, présent au milieu de nous, que jaillit l’eau qui désaltère pour l’éternité.

Chiara LUBICH

 

PAROLE DE VIE DE FÉVRIER 2002

Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, Jésus répond ainsi à la première tentation au désert. Elle concerne le besoin le plus élémentaire, la faim.
Le tentateur lui propose d’utiliser ses pouvoirs pour transformer les pierres en pain. Quel mal à cela ? Tous les hommes n’éprouvent-ils pas le besoin de satisfaire leur faim ?
Jésus perçoit pourtant le piège qui se cache derrière cette proposition : utiliser Dieu à nos propres fins, prétendant qu’il soit uniquement au service de nos besoins matériels. Au fond, le tentateur demande ici à Jésus d’adopter une attitude d’autonomie et non d’abandon filial envers le Père.
Telle est la réponse de Jésus. Nous devrions en tenir compte quand nous affrontons le problème dramatique de la faim dans le monde, pour répondre aux millions d’êtres humains manquant de nourriture, de logements, de vêtements. Celui qui allait rassasier les foules en multipliant les pains, celui qui nous demandera lors du jugement dernier si nous avons donné à manger aux affamés, affirme aussi que Dieu est plus grand que notre faim et que sa Parole est notre première nourriture.

« Il est écrit : ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu. »

Jésus présente la Parole de Dieu comme pain, comme nourriture. Cette comparaison nous éclaire sur notre rapport avec la Parole.
Mais s’en nourrir ?
Si le blé est d’abord grain, puis épi et enfin pain, de façon analogue la Parole est une semence déposée en nous. Elle doit germer, devenir morceau de pain pour être mangée, assimilée, transformée en vie de notre vie.
La Parole de Dieu, le Verbe prononcé par le Père et incarné en Jésus, est l’un des modes de sa présence parmi nous. Chaque fois que nous l’accueillons et cherchons à la mettre en pratique, cela revient à nous nourrir de Jésus.
Comme le pain qui nourrit et fait grandir, la Parole nous nourrit et nous fait grandir selon notre vraie dimension, le Christ en nous.
Maintenant que Jésus est venu sur la terre et s’est fait notre nourriture, nous ne pouvons plus nous contenter d’un aliment naturel comme le pain. Nous avons besoin de la nourriture surnaturelle de la Parole pour grandir comme enfants de Dieu.

« Il est écrit : ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu. »

Il en va de la Parole comme de l’Eucharistie : lorsque nous mangeons cette nourriture, ce n’est pas elle qui se transforme en nous, c’est nous qui nous transformons en elle. D’une certaine manière, nous sommes assimilés par la Parole et non l’inverse.
L’Évangile n’est donc pas un livre de consolation, un refuge dans les moments douloureux de la vie, mais le code des lois de la vie. Ces lois, nous n’avons pas seulement à les lire, mais à les assimiler, les absorber avec l’âme, pour devenir à chaque instant semblables au Christ.
En mettant sa doctrine en pratique, dans toutes ses exigences et à la lettre, nous pouvons devenir d’autres Jésus. Ses Paroles sont celles d’un Dieu, riches d’une force révolutionnaire, insoupçonnée.
Nous devons nous nourrir de la Parole de Dieu. Aujourd’hui on sait concentrer la nourriture nécessaire à notre corps en de petites pilules ; on peut aussi se nourrir du Christ en vivant l’une après l’autre chacune de ses Paroles, car il est présent en chacune d’elles.
Il existe une Parole pour chaque moment, pour chaque situation de notre vie. La lecture de l’Évangile nous le révélera.
Vivons alors l’amour du prochain par amour pour Dieu : c’est là un condensé de toutes ses Paroles.

Chiara LUBICH

 

PAROLE DE VIE DE JANVIER 2002

Invités à prier ce mois pour l’unité, les chrétiens se proposent de vivre et de méditer une Parole de Dieu, tirée du Psaume 36. Elle est si importante qu’elle peut nous mener sur le chemin de la réconciliation et de la communion.
Elle nous dit avant tout qu’il n’existe qu’une seule source de la vie, c’est Dieu. L’univers naît de lui, de son amour créateur, et il en fait la demeure de l’homme.
C’est lui qui nous donne la vie, et tous ses dons. Le psalmiste, qui connaît l’aridité des déserts et qui sait ce que représente une source d’eau, avec la vie qui fleurit tout autour, ne pouvait trouver une image plus belle pour chanter la création qui jaillit, telle un fleuve, du sein de Dieu.
Et, de son cœur, s’élance un hymne de louange et de reconnaissance. C’est le premier pas que nous avons à faire, le premier enseignement à tirer des paroles du Psaume : il nous faut louer Dieu, le remercier pour son œuvre, pour les merveilles du cosmos et pour cet homme vivant, qui est sa gloire, seule créature capable de lui dire :

« Chez toi est la fontaine de la vie »

Mais il n’a pas suffi à l’amour du Père de prononcer la Parole par laquelle tout a été créé. Il a voulu que sa Parole même s’incarne en notre chair. Dieu, le seul vrai Dieu, s’est fait homme en Jésus, apportant sur la terre la source de la vie.
La source de tout bien, de tout être et de tout bonheur, est venue s’établir parmi nous, afin que nous l’ayons, pour ainsi dire, à portée de main. « Je suis venu – a dit Jésus – pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. »   Il a rempli de lui chacune des parcelles de temps et d’espace de notre existence. Il a voulu rester avec nous pour toujours de bien des manières, afin que nous puissions le reconnaître et l’aimer.
Nous pensons peut-être quelquefois : « Comme il serait beau de vivre au temps de Jésus ! » Et bien, son amour a inventé une manière de rester, non pas dans un petit coin de Palestine, mais sur tous les points de la terre : il est présent dans l’Eucharistie, comme il l’a promis. Nous pouvons nous y abreuver, pour nourrir et renouveler notre vie.

« Chez toi est la fontaine de la vie »

Une autre source où puiser l’eau vive de la présence de Dieu, c’est le frère. Nous ne devons pas considérer la personne que nous aidons, surtout si elle est dans le besoin, comme notre bénéficiaire mais plutôt comme notre bienfaiteur, car elle nous donne la possibilité de rencontrer Dieu. Jésus s’est en effet identifié à chaque homme dans le besoin : « J’ai eu faim […], j’ai eu soif […], j’étais étranger […], en prison […] ») . Si nous l’aimons dans nos frères et dans nos sœurs nous recevons en échange son amour et sa vie.
La présence de Dieu au-dedans de nous est encore une autre fontaine riche en eau. Il nous parle sans cesse : à nous d’écouter sa voix, qui est celle de la conscience. Plus nous nous efforçons d’aimer Dieu et le prochain, plus sa voix se fait forte et domine toutes les autres. Mais il existe un moment privilégié où nous vivons plus particulièrement de cette présence : c’est dans la prière, lorsque nous cherchons à établir un rapport direct et profond avec lui, qui habite au fond de notre âme. C’est comme une veine d’eau profonde qui ne s’assèche jamais, mais qui est toujours à notre disposition, prête à nous désaltérer. Il suffit de prendre un peu de distance par rapport à nos occupations, de nous recueillir, pour trouver cette source, même au beau milieu du désert le plus aride. Jusqu’à parvenir à cette union avec lui où l’on ne se sent plus seul, mais deux : lui en moi et moi en lui. Et pourtant, par le don qu’il nous fait, nous sommes un comme l’eau et la source, comme la fleur et sa semence.
En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, la Parole du Psaume nous rappelle que Dieu est la seule source de la vie, et donc de la communion pleine, de la paix et de la joie. Plus nous nous abreuverons à cette fontaine, plus nous vivrons de l’eau vive de sa Parole, et plus nous nous rapprocherons les uns des autres, et nous vivrons comme une seule véritable famille. Alors se réalisera la suite du Psaume : « Et à ta lumière nous voyons la lumière », cette lumière que l’humanité attend.

Chiara LUBICH

(*) Traduction selon la TOB. « En toi est la source de la vie » si l’on se réfère à la traduction liturgique œcuménique.

[:it]“1000 città per l’Europa”, per l’Europa dei cittadini, per una cultura di giustizia e fraternita’, in risposta alla drammatica situazione mondiale

[:it]“1000 città per l’Europa”, per l’Europa dei cittadini, per una cultura di giustizia e fraternita’, in risposta alla drammatica situazione mondiale

Intervengono:


Romano Prodi
Presidente della Commissione Europea
Thomas Klestil
Presidente della Repubblica Austriaca
Jos Chabert
Presidente della Camera delle Regioni alla UE
Chiara Lubich
Fondatrice del Movimento dei Focolari

Live internet

E' un avvenimento progettato da tempo. Dopo l'11 settembre rivela una particolare attualità e significato.
La tragedia che ha colpito gli Stati Uniti, ha posto la comunità mondiale di fronte alla necessità di una risposta politica di tipo nuovo. Nell'opinione pubblica mondiale cresce la coscienza di appartenere ad un'unica famiglia umana. L'Europa ha un ruolo importante da giocare nella ricerca di vie e strumenti che possano far crescere una nuova cultura di giustizia sociale e cooperazione su percorsi di pace e di fraternità tra i popoli, uniche vie praticabili nell'attuale drammatica situazione mondiale.

"Ai comuni – ha dichiarato il sindaco van Staa – viene richiesto coraggio, apertura, senso di responsabilità".
I comuni possono contribuire all'unità europea con un processo dal basso: questa prima assemblea dei poteri locali dell'Europa unita mostrerà quanto le amministrazioni locali siano in grado di agire nel "costruire" i cittadini d'Europa, nel contribuire a comporre e ricomporre diversità delle culture e delle religioni, da sempre ricchezza del vecchio continente, nell'aprire sfide di fraternità intrecciando rapporti stretti e diretti con comunità locali dei paesi poveri degli altri continenti.

Il convegno si propone così di "dare un'anima" al processo di integrazione e di allargamento dell'Europa.

Oltre alla presenza del Presidente austriaco Thomas Klestil, spiccano i due interventi centrali: quello del Presidente della Commissione europea Romano Prodi su "le grandi opportunità dell'attuale fase storica dell'Europa" e quello di Chiara Lubich su "la fraternità in politica come chiave dell'unità d'Europa e del mondo".

Hanno confermato la loro adesione sindaci da tutta Europa, dall'Atlantico agli Urali, spalancando i confini dell'Europa unita. Significativa, in questa proiezione al futuro, la partecipazione anche di oltre 200 giovani, studenti in scienze politiche o comunque attenti al futuro politico del continente.
Sindaci e giovani lavoreranno insieme in quattro gruppi tematici di lavoro, finalizzati alla redazione di un "appello per l’unità europea" rivolto ai governi dei paesi rappresentati, per una autentica "Europa – comunità di popoli".

Il Consiglio Europeo, tenutosi a Nizza nel dicembre scorso, aveva chiesto alle istituzioni europee, governi e parlamenti nazionali, di aprire sull'Europa un dibattito ampio ed aperto per una vasta sensibilizzazione dell’opinione pubblica.
Il Convegno di Innsbruck sarà una tappa importante e forse unica per la sua rilevanza in questo progetto: il documento finale sarà consegnato nelle mani del presidente della commissione che sta preparando il prossimo appuntamento del Consiglio, fissato per dicembre a Laeken, in Belgio.

Le premesse ci sono tutte, come lascia presagire la dichiarazione del Presidente Prodi: "Il convegno costituirà un significativo momento, indispensabile per aiutare a creare un Europa in cui tutti i cittadini si sentano protagonisti".
Chiara Lubich, da parte sua, ha affermato: "L’unità d’Europa: un ideale, un impegno, quello di dare al nostro continente un supplemento d’anima che rinnovi i suoi cittadini e le sue grandi o piccole istituzioni".

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PAROLE DE VIE D’AOÛT 2001

Dans l’Ancien Testament, le feu symbolise la parole de Dieu proclamée par les prophètes. Mais le feu est aussi le jugement divin qui, en passant au milieu du peuple, le purifie. Il en va de même de la parole de Jésus : elle construit tout en détruisant ce qui est sans importance, ce qui est corruptible, ce qui est vanité. Elle laisse debout la vérité seule.
Jean Baptiste avait désigné Jésus comme celui qui « vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » . Il annonçait le baptême chrétien qui sera inauguré le jour de la Pentecôte avec l’effusion de l’Esprit Saint sous forme de langues de feu . Telle est donc la mission de Jésus : répandre le feu sur la terre, communiquer l’Esprit Saint et sa force rénovatrice et purificatrice.

« C’est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! »

Jésus nous donne l’Esprit. Mais comment l’Esprit Saint agit-il ? En répandant l’amour en nos cœurs. Cet amour qu’il nous faut maintenir allumé en nous, selon son désir.
Quelle est la nature de cet amour ? C’est l’amour évangélique qui n’est ni terrestre, ni limité, mais universel comme celui du Père céleste qui envoie sa pluie et son soleil aussi bien sur les bons que sur les méchants, y compris sur les ennemis .
Cet amour n’attend rien des autres. Il a toujours l’initiative ; il aime en premier.
Cet amour se fait un avec chaque personne. Il souffre et se réjouit avec elle, se préoccupe ou espère avec elle. Il agit concrètement lorsque c’est nécessaire. C’est donc un amour qui n’est pas sentimental et ne se contente pas non plus de paroles.
Cet amour pousse à aimer le Christ en nos frères, se rappelant qu’il a dit : « C’est à moi que vous l’avez fait. »  Il tend à la réciprocité, à réaliser avec les autres l’amour réciproque.
Cet amour, expression concrète de notre vie évangélique, donne toute sa portée à la parole que nous pourrons et devrons annoncer pour évangéliser.

« C’est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! »

L’amour est comme un feu. Pour rester allumé, il lui faut toujours quelque chose à brûler. Avant tout notre moi égoïste, afin qu’en aimant, nous soyons complètement projetés vers Dieu, en accomplissant sa volonté, ou vers le prochain, en l’aidant.
Un petit feu qui brûle peut devenir un grand incendie à condition d’être alimenté. C’est l’incendie d’amour, de paix, de fraternité universelle que Jésus a apporté sur la terre.

Chiara LUBICH

 

PAROLE DE VIE de JUILLET 2001

Sainte Thérèse de Lisieux disait qu’il est préférable de parler avec Dieu que de parler de lui, car dans nos conversations peut toujours entrer une part d’amour propre. Elle avait raison. Cependant, pour porter témoignage auprès des autres, nous devons aussi parler de Dieu.
Mais il est hors de doute qu’avant tout nous devons aimer Dieu, de cet amour qui est la base de la vie chrétienne et qui se manifeste dans la prière, dans la réalisation de sa volonté.
Il nous faut donc parler avec nos prochains, oui, mais avant tout parler avec Dieu.
Comment faire ?
En utilisant les simples prières de tout chrétien ; mais aussi en vérifiant, au long du jour, à l’aide de quelque brève prière, si notre cœur est vraiment en Lui, s’Il est l’idéal de notre vie ; si nous Le mettons véritablement à la première place dans notre cœur ; si nous L’aimons sincèrement de tout notre être.
Je veux parler de ces prières rapides qui sont particulièrement conseillées à ceux qui se trouvent au milieu du monde et qui n’ont pas le temps de prier longuement. Elles sont comme des flèches d’amour qui partent de notre cœur en direction de Dieu, comme des dards de feu. On les appelle les prières jaculatoires, car, étymologiquement, elles signifient justement dards, flèches. Elles servent magnifiquement à redresser notre cœur vers Dieu.
Dans la liturgie eucharistique de ce mois on trouve un verset qui peut être considéré comme une très belle prière jaculatoire et qui nous convient parfaitement. Il dit :

« Tu es, Seigneur, mon unique bien. » (cf. Psaume 16,2)

Répétons-le souvent au cours de nos journées, surtout quand divers attachements fixent notre cœur sur des biens, des personnes, ou sur nous-mêmes. Disons : « C’est toi, Seigneur, qui est mon unique bien, et non pas cette chose, cette personne ou bien moi-même. Tu es mon unique bien, je n’en ai pas d’autre. »
Essayons de le répéter lorsque l’agitation ou la hâte voudraient nous faire mal accomplir la volonté de Dieu du moment présent. « Tu es, Seigneur, mon unique bien, mon bien est donc de faire ta volonté et non pas ce que, moi, je désire. »
Lorsque la curiosité, l’amour propre et les mille attractions du monde tendent à entraver notre rapport avec Dieu, disons-lui de tout notre cœur : « Tu es, Seigneur, mon unique bien, et non pas ce dont mon avidité et mon orgueil voudraient se rassasier ! »
Essayons de le répéter souvent. Redisons-le quand l’ombre envahit notre âme et que la souffrance frappe à la porte. Ce sera une manière de préparer notre rencontre avec lui.

« Tu es, Seigneur, mon unique bien. »

Ces simples mots nous aideront à avoir confiance en lui, elles seront un entraînement pour vivre dans l’Amour. Ainsi, toujours plus unis à Dieu et remplis de lui, nous mettrons et remettrons les bases nécessaires à notre être véritable, fait à l’image de Dieu.
Notre vie se déroulera alors d’une manière juste. Notre bouche ne dira pas de simples paroles ou, pire, du bavardage, mais elle lancera des flèches capables d’ouvrir les cœurs à l’accueil de Jésus.
Cherchons toutes les occasions de prononcer ces simples mots, et à la fin de la journée nous aurons la confirmation qu’ils ont été un remède et un fortifiant pour notre âme. Ils auront fait de notre cœur – comme dirait Catherine de Sienne – une lampe qui brûle, toute droite.

Chiara LUBICH

 

PAROLE DE VIE DE JUIN 2001

Ne crois pas que le fait de passer dans les rues de ce monde t’autorise à regarder toutes les affiches publicitaires et à t’acheter n’importe quelle publication en librairie.
Ne crois pas non plus que le fait de vivre dans le monde t’autorise à adopter n’importe quelle façon de vivre: expériences faciles, immoralité, avortement, divorce, haine, violence, vol.
Non, non. Tu es dans le monde. C’est évident. Mais comme tu es chrétien, tu n’es pas « du monde » (cf. Jn 17,14).
Là réside toute la différence. Cette appartenance te classe parmi ceux qui ne se nourrissent pas des choses du monde, mais de la voix de Dieu qui parle au cœur de tout homme. Si tu l’écoutes, elle peut te faire entrer dans un royaume qui n’est pas de ce monde, où règnent l’amour vrai, la justice, la pureté, la miséricorde, la pauvreté. Un royaume où la maîtrise de soi est de mise.
Pourquoi tant de jeunes sont-ils attirés vers les religions orientales sinon parce qu’ils y trouvent un peu de silence et peuvent découvrir le secret de certains sages qui, grâce à la longue mortification de leur moi inférieur, rayonnent d’un amour profond qui surprend ceux qui les approchent ?
C’est une réaction compréhensible devant le tapage du monde, le vacarme qui domine en nous et autour de nous et étouffe le silence qui permet d’entendre Dieu.
Mais faut-il vraiment aller en Orient quand depuis deux mille ans le Christ nous répète : « Renie-toi toi-même… renie-toi toi-même » ?
Le monde t’assaille comme un fleuve en crue et tu dois marcher à contre-courant. Le monde, pour le chrétien, est un épais maquis et il faut être attentifs où marcher. Où donc ? Sur les traces que le Christ lui-même a laissées en venant sur la terre : il s’agit de ses propres paroles. Aujourd’hui à nouveau, c’est lui qui te dit :

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même… »

Cette parole t’exposera peut-être au mépris, aux incompréhensions, aux moqueries, aux calomnies. Elle t’isolera et tu devras courir le risque de perdre la face et d’abandonner un christianisme de façade.
Mais il faut aller encore plus loin :

«… qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive. »

Que tu le veuilles ou non, la souffrance assombrit chaque existence. Y compris la tienne. Des douleurs petites ou grandes surviennent tous les jours. Tu veux les éviter ? Tu te révoltes ? Tu lances des imprécations ? Eh bien tu n’es pas chrétien !
Le chrétien aime la croix. Il accueille la souffrance, au milieu des larmes certes, mais il en connaît la valeur. Car, parmi tous les moyens dont Dieu disposait pour sauver l’humanité, c’est la souffrance qu’il a choisie.
Mais Lui – ne l’oublie pas – après avoir porté la croix et y avoir été cloué, est ressuscité.
La résurrection est aussi ta destinée si, au lieu de mépriser la souffrance – celle qui naît de ta vie chrétienne cohérente ainsi que celle que t’apporte la vie – tu sais l’accepter avec amour. Tu expérimenteras alors que la croix est le chemin qui, dès cette terre, conduit à une joie encore jamais éprouvée. Ta vie intérieure commencera à grandir. Le règne de Dieu en toi prendra consistance et le monde qui t’entoure pâlira à tes yeux. Il te semblera fait de carton-pâte. Et tu n’envieras plus personne.
Tu pourras alors vraiment te dire disciple du Christ.

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive. »

Et, comme le Christ que tu as suivi, tu verseras sur les plaies qui déchirent l’humanité d’aujourd’hui un baume de lumière et d’amour.

Chiara LUBICH

PAROLE DE VIE DE MAI 2001

Au cours de son solennel et intense discours d’adieu, Jésus déclare, entre autres, à ses apôtres qu’ils le reverront car qu’il se manifestera à ceux qui l’aiment.
Jude, et non Judas l’Iscariote, lui demande alors pourquoi il pense se révéler à eux et pas au monde. Le disciple désirait plutôt une manifestation éclatante de Jésus pouvant changer le cours de l’histoire, plus utile, selon lui, au salut du monde. Pour les apôtres, en effet, Jésus était le prophète tant attendu des derniers temps, le Roi d’Israël qui devait prendre la tête du peuple de Dieu pour instaurer définitivement le règne du Seigneur.
Jésus répond au contraire qu’il ne se manifestera pas de façon extérieure et spectaculaire. Il s’agira d’une simple mais extraordinaire « venue » de la Trinité dans le cœur des fidèles qui advient lorsque la foi et l’amour y règnent.
Jésus précise ainsi par quelle sorte de présence il restera au milieu des siens après sa mort et il explique comment rester en contact avec lui.

« Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure. »

La présence de Jésus dans le cœur des chrétiens et au milieu de la communauté peut donc se réaliser immédiatement. Il n’est pas nécessaire d’attendre le futur. C’est le cœur même du chrétien qui devient le nouveau tabernacle, la demeure vivante de la Trinité.

« Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure. »

Mais comment le chrétien peut-il atteindre un but si élevé ? Comment porter Dieu en soi ? Comment entrer en profonde communion avec lui ?
Le chemin, c’est l’amour pour le Christ. Un amour qui n’est pas du sentimentalisme, mais se traduit en vie concrète et nous fait, précisément, observer sa Parole. C’est à cet amour du chrétien, prouvé par des actes, que Dieu répond par son amour : la Trinité vient habiter en lui.

« Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure. »

«… il observera ma parole. » Quelles paroles le chrétien est-il appelé à observer ?
Dans l’Evangile de Jean, « mes paroles » sont presque toujours synonymes de « mes commandements ». Le chrétien est donc appelé à observer les commandements de Jésus. Il ne faut pourtant pas les considérer comme une liste de lois. Il faut plutôt les voir comme tous résumés dans le commandement que Jésus a expliqué par le geste du lavement des pieds : le commandement de l’amour réciproque. Dieu commande à chaque chrétien d’aimer l’autre jusqu’au don complet de soi, comme Jésus l’a fait et enseigné.

« Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure. »

Comment bien vivre cette Parole, au point que le Père lui-même nous aime et que le Trinité établisse chez nous sa demeure ?
En vivant de tout notre cœur l’amour réciproque entre nous, avec décision et persévérance.
Ainsi le chrétien trouve la voie de la véritable ascèse chrétienne que le Crucifié exige de lui. C’est en effet l’amour réciproque qui fait fleurir dans son cœur les différentes vertus et lui permet de répondre à l’appel de sa propre sanctification.

Chiara LUBICH

 

Avril 2001

Ces paroles de saint Paul à la communauté des Colossiens nous parlent d’un monde où règnent l’amour vrai, la pleine communion, la justice, la paix, la sainteté, la joie ; un monde préservé du péché et de la corruption, où la volonté du Père est pleinement accomplie. C’est le monde auquel appartient Jésus et dont il nous a largement ouvert les portes par sa passion et sa résurrection. Et non seulement nous sommes appelés à entrer en ce monde-là, mais nous en faisons déjà partie par notre baptême.
Pourtant saint Paul sait bien que, malgré notre condition de baptisés et donc de ressuscités avec Jésus, mille dangers et tentations nous guettent dans ce monde, notamment tant d’“ attachements ” qui inévitablement nous piègent si l’on n’a pas le cœur ancré en Dieu et en sa Parole. Il s’agit des biens, des créatures, ou de nous-mêmes : nos propres idées, notre santé, notre temps, notre repos, nos études, notre travail, notre famille, nos propres consolations ou satisfactions… Elles sont souvent des “ priorités ” pour nous, mais n’étant pas de Dieu, elles n’ont pas à prendre la première place dans nos cœurs. Voilà pourquoi Paul nous exhorte :

« Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez ce qui est en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu »

Par “ ce qui est en haut ”, Paul entend les valeurs que Jésus a apportées sur terre et qui caractérisent ses disciples : l’amour, la concorde, la paix, le pardon, la rectitude, la pureté, l’honnêteté, la justice…
Ce sont des vertus et des richesses offertes par l’Évangile et qui, en protégeant les chrétiens des tentations du monde, leur permettent de vivre ce qu’ils sont réellement, à savoir ressuscités avec le Christ.
Mais comment rechercher chaque jour “ ce qui est en haut ” ? Et comment, vivant dans le monde, garder nos cœurs ancrés au ciel ?
En nous laissant inspirer par les pensées et les sentiments de Jésus, dont le regard intérieur était sans cesse tourné vers son Père, et dont la vie était à chaque instant le reflet de la loi du Ciel, la loi de l’amour.

« Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez ce qui est en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu »

En ce mois où l’on célèbre la sainte Pâque, nous ferons nôtre cette parole en vivant l’art d’aimer dans toutes nos actions, ce qui les rendra précieuses et fécondes. Faisons par exemple aux autres ce que nous aimerions que l’on nous fasse, “ faisons-nous un ” avec eux, en partageant leurs peines et leurs joies.
N’attendons pas que les autres fassent le premier pas si la paix de la famille et l’harmonie de notre milieu de vie entrent en jeu. C’est à nous de commencer. Et comme tout cela apparaît souvent humainement difficile, voire même impossible, nous aurons à tourner notre regard vers le haut, demandant au Ressuscité l’aide qu’il ne peut nous refuser. Ainsi, en regardant “ ce qui est en haut ” pour vivre sur la terre, nous porterons le royaume des cieux dans le domaine, petit ou grand, que le Seigneur nous a confié.

CHIARA LUBICH

PAROLE DE VIE DE MARS 2001

C’est à la fin de la parabole bien connue du “ fils prodigue ”, que l’on trouve cette phrase. Ces mots veulent nous montrer la grandeur de la miséricorde de Dieu. Ils forment la conclusion d’un chapitre entier de l’Évangile de Luc, dans lequel Jésus raconte deux autres paraboles illustrant le même thème.
Il s’agit, tu t’en souviens, de l’épisode de la “ brebis perdue ”, pour laquelle le berger laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert ?   Et de celui de la pièce égarée et de la joie de la femme qui, l’ayant retrouvée, réunit ses amies et ses voisines pour qu’elles se réjouissent avec elle. 

« Il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé. »

Par cette phrase Dieu t’invite – et invite tous les chrétiens – à se réjouir avec lui, à être en fête et à participer à sa joie pour le retour du pécheur qui s’était égaré et qui revient. Dans le contexte de la parabole, le père s’adresse à son fils aîné qui vivait avec lui, partageant tout, mais qui, après une journée de dur travail, refuse d’entrer dans la maison où l’on fête le retour de son frère.
Le père va alors au-devant du fils qui lui était resté fidèle, tout comme il avait été à la rencontre de son autre fils, celui qui s’était perdu. Il s’efforce de le convaincre. Le contraste entre les sentiments du fils et ceux du père est évident : l’amour du père est sans mesure et sa joie est telle qu’il voudrait la faire partager à tous. Le fils nourrit du mépris et de la jalousie envers son frère qu’il ne reconnaît plus comme tel puisqu’il déclare à son sujet : “ Ton fils qui revient après avoir dévoré ton bien ”  .
La joie du père et son amour pour son enfant retrouvé font d’autant plus ressortir la rancœur du fils. Rancœur qui révèle un rapport superficiel, sinon faux, avec le père lui-même. Le travail, l’accomplissement de son devoir tiennent à cœur à l’aîné des deux enfants. Mais il n’aime pas son père comme un fils. Il semble plutôt qu’il lui obéit comme à un patron.

« Il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé. »

En prononçant ces mots, Jésus dénonce un danger que nous pouvons courir nous aussi : celui de nous efforcer d’être une personne “ comme il faut ”, en investissant surtout dans la recherche de notre perfection et en jugeant nos frères moins “ bien ” que nous. En réalité si tu es “ attaché ” à la perfection, tu te forges une personnalité sans Dieu, tu es imbu de toi-même, plein d’admiration pour ta personne. Comme le fils resté à la maison, qui vante ses mérites devant son père : “ Voilà tant d’années que je te sers sans avoir jamais désobéi à tes ordres ”  .

« Il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé. »

Par ces mots, Jésus dénonce l’erreur selon laquelle le rapport avec Dieu découlerait uniquement de l'observance des commandements. Non, il ne suffit pas d'observer les commandements, ce dont la tradition judaïque était d'ailleurs bien consciente.
Par cette parabole, Jésus veut souligner l'amour de Dieu : il nous présente un Dieu-Amour qui fait le premier pas vers l'homme sans tenir compte du fait qu’il le mérite ou non. Mais il veut que l’homme s’ouvre à lui pour pouvoir établir une authentique communion de vie. Naturellement, on le comprend clairement, nous faisons obstacle à Dieu-Amour quand, au lieu de lui donner notre cœur, nous accumulons des réalisations, des activités.

« Il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé. »

Par ces mots, Jésus t’invite à avoir, vis-à-vis du pécheur le même amour sans mesure qu’a le Père. Jésus t’appelle à ne pas juger selon tes critères l’amour que le Père a envers tout homme.

En invitant son fils aîné à partager sa joie pour le retour du fils, le Père nous propose, à nous aussi, un changement de mentalité : en pratique, il nous faut accueillir comme des frères ceux envers qui nous pourrions nourrir des sentiments de mépris ou de supériorité. Cela provoquera en nous une vraie conversion. En agissant ainsi, nous serons libérés de la conviction d’être meilleurs que les autres. Nous éviterons l’intolérance religieuse et nous pourrons accueillir le salut que Jésus nous a procuré comme un don gratuit de l’amour de Dieu.

CHIARA LUBICH

 

PAROLE DE VIE DE FEVRIER 2001

T’est-il jamais arrivé de recevoir un cadeau d’un ami et de ressentir tout de suite le besoin d’y répondre ? Non pas tant pour t’acquitter d’une dette, mais poussé par un véritable amour reconnaissant ? Je suis sûre que si.
Si cela t’arrive, à toi, imagine combien plus cela peut arriver à Dieu, lui qui est Amour. Il nous comble toujours, chaque fois que nous donnons, en son nom, quelque chose à l’un de nos prochains. C’est une expérience que les chrétiens authentiques font très souvent. Et chaque fois, c’est une surprise. On ne s’habitue jamais à l’imagination de Dieu. On pourrait donner mille, dix mille exemples, on pourrait en écrire un livre entier. Et l’on verrait combien l’image de la “ bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on vous versera dans le pan de votre vêtement ” exprime réellement l’abondance et la générosité avec laquelle Dieu nous répond.
“ La nuit était déjà tombée sur Rome. Dans l’appartement du sous-sol qu’elles occupaient, le petit groupe de jeunes filles qui voulaient vivre l’Evangile – c’était les premiers temps du Mouvement – se souhaitaient une bonne nuit. Mais voilà qu’on sonne à la porte. Qui cela pouvait-il bien être à une heure pareille ? Un homme se présente, désespéré, au bord de la panique : il doit être expulsé de chez lui le lendemain avec sa famille, parce qu’il n’a pas payé son loyer. Les jeunes filles se regardent, et d’un commun accord, elles ouvrent le petit tiroir où elles ont rassemblé ce qui reste de leurs salaires. Elles donnent tout à cet homme, sans faire de raisonnements. Cette nuit-là elles dorment heureuses. Quelqu’un d’autre se serait occupé d’elles. Le jour n’est pas encore levé, que le téléphone sonne. “J’arrive tout de suite en taxi” dit la voix de l’homme de la veille. Toutes surprises par le choix d’un tel moyen de transport, les jeunes filles attendent. Le visage de leur visiteur montre que quelque chose a changé : “Hier soir, à peine rentré à la maison, j’ai trouvé un héritage que jamais je n’aurais imaginé recevoir. Mon cœur m’a dit de vous en donner la moitié.” C’était exactement le double de ce la somme qu’elles avaient donné généreusement. ”

« Donnez et on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on vous versera dans le pan de votre vêtement. »

En as-tu fais toi aussi l’expérience ? Si ce n’est pas le cas, souviens-toi qu’il faut donner de façon désintéressée, sans espoir de retour, à quiconque te demande.
Essaye. Mais fais-le par amour de Dieu et non pas pour obtenir un résultat.
Tu me diras : “ Mais je n’ai rien ”.
Ça n’est pas vrai. Nous possédons de véritables trésors si nous le voulons : notre temps libre, notre cœur, notre sourire, nos conseils, notre culture, notre paix, notre parole pour convaincre celui qui possède de donner à celui qui n’a pas…
Tu diras encore : “ Je ne sais pas à qui donner ”.
Regarde autour de toi : te souviens-tu de tel malade à l’hôpital, de la dame veuve qui souffre de solitude, de ton camarade complètement découragé parce qu’il ne réussit pas à l’école, du jeune chômeur toujours triste, de ton petit frère qui a besoin de ton aide, de tel ami en prison, de l’apprenti peu sûr de lui ? C’est en eux que le Christ t’attend.
Vis selon le nouveau style d’un vrai chrétien – dont l’Evangile est tout imprégné – ce qui est le contraire du repliement sur soi. Arrête de placer ta sécurité dans les biens de ce monde et appuie-toi sur Dieu. C’est là que ta foi en lui se manifestera et elle sera bientôt confirmée par ce qu’il te donnera en retour.
Ce n’est ni pour t’enrichir ni pour nous enrichir que Dieu se comporte ainsi. Il le fait pour que d’autres personnes, beaucoup d’autres, après avoir vu les petits miracles qui s’accumulent quand nous donnons, agissent de la même manière.
Il le fait pour qu’en possédant plus nous puissions donner plus ; et pour que – en véritables administrateurs des biens de Dieu – nous fassions tout circuler dans la communauté qui nous entoure, à tel point que l’on puise dire d’elle comme de la première communauté de Jérusalem : “ Nul parmi eux n’était pauvre ”  . Ne sens-tu pas qu’ainsi tu peux concourir à donner une âme authentique à la révolution sociale que le monde attend ?
“ Donnez et on vous donnera. ” Jésus pensait certainement d’abord à la récompense que nous aurons au Paradis, mais tout ce qui arrive sur cette terre en est déjà le prélude et la garantie.

CHIARA LUBICH