Mouvement des Focolari
Temps de la Création 2026 : la transformation d’une communauté

Temps de la Création 2026 : la transformation d’une communauté

Kalera est un petit village du Haut-Katanga, en République démocratique du Congo, lieu de naissance de l’abbé Jean-Baptiste Ilunga Binsela, prêtre et animateur du Mouvement Laudato Si’.

Il est situé dans une région extraordinairement riche en minerais tels que le cobalt et le coltan, des ressources qui alimentent les technologies et les économies du monde entier. Pourtant, Jean-Baptiste a grandi dans un contexte très différent. Son village n’avait pas d’électricité, disposait de peu de services de santé, d’un accès limité à l’eau et à l’assainissement, et ne comptait ni école locale ni routes en bon état. Au fil des ans, les inondations ont frappé la communauté à plusieurs reprises.

Jean-Baptiste a quitté Kalera pour poursuivre ses études et devenir prêtre. Il est ensuite revenu dans son village où, en 2023, quelque chose a commencé à changer.

Grâce à la formation des animateurs du Mouvement, Jean-Baptiste a approfondi l’un des messages centraux de l’encyclique Laudato Si’ :

Tout est lié : la foi et la création, la pauvreté et l’énergie, la dignité humaine et l’économie. Les minerais enfouis sous terre et la vie des personnes qui vivent au-dessus d’eux.

Cette conversion écologique a conduit Jean-Baptiste à se poser une question difficile : comment une communauté entourée de ressources qui contribuent à nourrir le monde pouvait-elle elle-même manquer d’énergie ?

Sa réponse nous rappelle que la conversion ne peut se limiter à une expérience spirituelle personnelle.

L’Eau Vive est faite pour couler : elle coule lorsque la contemplation se transforme en compassion, lorsque la foi nous aide à voir les liens entre la Terre et les personnes qui en dépendent, et lorsque cette prise de conscience nous pousse à agir.

À Kalera, ce flux s’est manifesté sous la forme d’énergie renouvelable. Jean-Baptiste s’est attelé à la création d’un village sans combustibles fossiles, et l’installation de panneaux solaires a progressivement ouvert de nouvelles perspectives. Les enfants peuvent désormais étudier après le coucher du soleil. Les familles peuvent recharger leurs téléphones et rester connectées. Le centre de santé local peut conserver les médicaments au frais. La chapelle de Sainte Annarita dispose désormais d’électricité, ce qui renforce la vie pastorale de la communauté.

Pour les habitants de Kalera, ces changements ont semblé presque miraculeux. Jean-Baptiste raconte qu’ils ont même commencé à comparer leur village à Capharnaüm, évoqué dans l’Évangile comme un lieu de guérison et de transformation.

L’énergie solaire a apporté la lumière. Mais quelque chose de plus profond a commencé à couler : l’espérance.

En effet, lorsque la conversion intérieure rayonne vers l’extérieur, elle peut nourrir les relations, rétablir la dignité, renforcer les communautés et faire émerger de nouvelles voies dans des lieux oubliés.

L’histoire de Jean-Baptiste est celle d’un ruisseau qui se jette dans un fleuve bien plus grand : partout dans le monde, de nombreuses communautés trouvent leur propre manière de s’immerger dans l’Eau vive. Et alimentent ainsi un fleuve qui apporte guérison, unité et espoir dans toute notre maison commune en cette Année de la Création 2026 (Tempo del creato 2026.)

Le Mouvement des Focolari est partenaire du Mouvement Laudato Si’. Le Temps de la Création a débuté en 1989 à l’initiative du Patriarche œcuménique orthodoxe Dimitrios Ier, qui a institué la Journée de Prière pour la Création le 1er septembre. En 2007, la Troisième Assemblée œcuménique Européenne a élargi cette célébration en la transformant en une période d’un mois qui s’achève le 4 octobre, jour de la Saint-François d’Assise. Enfin, en 2015, le Pape François a officiellement inscrit cette célébration au calendrier de l’Église catholique romaine, consolidant ainsi son caractère œcuménique mondial. En 2026, plusieurs Églises ont inscrit dans leur calendrier liturgique cette nouvelle fête intitulée « Fête de la Création en Christ » et le pape Léon XIV a approuvé la « Messe pour la sauvegarde de la Création » prévue pour le 1er septembre, date marquant le début du Temps de la Création.

Vidéo de présentation du Tempo del creato 2026 (Temps de la Création 2026) Tempo del Creato 2026

Rédigé par Carlos Mana (avec la collaboration de Susana Salguero)
Photo de couverture : grâce à l’aimable autorisation du Mouvement Laudato Si’ – Dans cet article : © Diego Vivanco e Toza by Pexels.com

1er septembre : début du « Temps de la Création »

1er septembre : début du « Temps de la Création »

En vue de la XIe Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création, qui a lieu le 1er septembre, le Pape Léon XIV a rédigé un message intitulé « Martelant leurs épées, ils en feront des socs, de leurs lances, ils feront des serpes » (Es 2,4).

C’est un texte à lire plusieurs fois et à méditer, en partant justement du titre qui reprend l’une des images les plus célèbres de la Bible. Ésaïe imagine qu’un objet conçu pour la guerre est transformé en outil agricole. Ce qui servait à détruire devient un instrument au service de la vie. C’est une très belle image pour exprimer la paix. Et elle s’inscrit dans l’actualité. Aujourd’hui, en effet, des situations délicates persistent, avec des conflits armés qui détruisent l’environnement et menacent la vie de millions de personnes.

Le Pape Léon rappelle le lien profond qui unit la paix, la sauvegarde de la Création et la dignité humaine, en invitant à orienter les ressources vers la vie et la durabilité. « Aujourd’hui, cependant, nous voyons trop souvent se produire exactement le contraire, alors que les efforts continuent d’être orientés vers la violence et la guerre », écrit le Souverain Pontife. La guerre « laisse derrière elle une destruction sociale et écologique qui perdure pendant des générations. De plus, l’interaction entre les conflits armés et la dégradation de l’environnement crée souvent un cercle vicieux qui détruit les écosystèmes, contamine des ressources essentielles telles que l’air et l’eau, et sape la sécurité alimentaire. Ce qui alimente la pauvreté, les inégalités et de nouvelles tensions sociales, qui peuvent à leur tour contribuer à l’émergence de nouveaux conflits ».

La création, c’est la « nature », c’est-à-dire tout ce qui nous entoure ! Et l’homme n’est pas un simple observateur, mais en fait partie intégrante. Et l’espérance d’Ésaïe se traduit aujourd’hui par un appel à « transformer ce qui est mauvais en vie ». Une conversion qui ne peut se faire sans un retour non seulement vers le cœur, mais vers celui qui le guérit : le Seigneur. Car là où l’individu se renouvelle, de nouvelles possibilités s’ouvrent.

« Ce qui a servi à la destruction peut être réorienté vers la vie, pour prendre soin des pauvres, nourrir ceux qui ont faim et préserver la création – affirme le Pape. C’est là le chemin d’une authentique conversion écologique, où les effets de la rencontre avec Jésus-Christ se manifestent clairement dans notre rapport au monde qui nous entoure. La paix commence donc dans le cœur et se reflète à l’extérieur dans nos relations, au sein des communautés et, plus largement, dans le monde ».

LISEZ LE MESSAGE DU PAPE

Le 1er septembre marque également chaque année le début du Temps de la Création, ce chemin œcuménique de prière et d’engagement pour la sauvegarde de la Maison commune qui s’achève le 4 octobre, fête de saint François d’Assise. C’est une période au cours de laquelle l’Église, avec les autres communautés chrétiennes, est invitée à renouveler son engagement envers la Création, en se laissant guider par la prière, la conversion et des gestes concrets de préservation. Le thème de cette année, « Eau vive », analyse Ézéchiel 47, 9 et 12 comme une puissante vision biblique d’espoir et de guérison écologique. L’image de l’eau vive qui jaillit du sanctuaire de Dieu symbolise la guérison divine qui régénère.

Le Temps de la Création est aussi l’occasion de gestes concrets. Parmi les nombreuses initiatives qui nous parviennent de différentes régions, nous nous attardons sur deux d’entre elles en Amérique latine : au Brésil et en Uruguay.

Au Brésil, le projet « Decarbonize » transforme les écoles en lieux où les jeunes peuvent découvrir, comprendre et relever concrètement les défis environnementaux de notre époque.

Les élèves et les enseignants sont impliqués dans un parcours de formation sur le changement climatique, le développement durable et la justice environnementale, qui leur permet non seulement d’acquérir des connaissances, mais aussi de développer leur capacité à s’impliquer et à assumer des responsabilités au sein de leur communauté.

Cette initiative a vu le jour dans le cadre du programme international « Decarbonize » du Global Education Center, mis en œuvre en collaboration avec l’Université de l’Alberta, au Canada. Ce parcours met l’accent sur le leadership des jeunes, la justice climatique, la lutte contre le racisme environnemental et la participation politique, en accord avec l’Agenda 2030, les Objectifs de développement durable, la Charte de la Terre et les droits de l’homme.

Les jeunes ne se contentent donc pas d’écouter ou d’étudier : ils mènent des recherches, partagent leurs découvertes et participent à la vie publique.

L’expérience a pris encore plus de sens lorsque les élèves ont eu l’occasion de participer à des événements institutionnels tels que les conférences de la COP, le Congrès national brésilien et les assemblées législatives des États.

Decarbonize montre ainsi qu’éduquer à la durabilité, c’est aussi donner aux jeunes une voix, des moyens et de la confiance, afin qu’ils puissent devenir des citoyens actifs et des acteurs de la protection de la maison commune.

En Uruguay, à quelques kilomètres de Montevideo, l’expérience du Centre Mariapolis El Pelícano propose une manière concrète et captivante d’éduquer à l’écologie intégrale. Ce centre, né de l’expérience du Mouvement des Focolari, est niché en pleine nature et offre aux enfants un espace où la nature devient un lieu d’apprentissage et de découverte. Grâce à des parcours pédagogiques en plein air, les plus jeunes peuvent entrer en contact avec l’environnement, l’observer, le découvrir et apprendre à le respecter.

En 2022, cette expérience a franchi une nouvelle étape grâce au projet « El Pelícano : centre de ressources écologiques pour l’éducation de la petite enfance», soutenu par le Seed Funding Program de New Humanity.

L’idée est de transformer El Pelícano en un centre de ressources dédié à l’éducation environnementale des plus jeunes. Des ateliers, des excursions dans la nature, un potager biologique et des activités de recyclage deviennent autant d’occasions d’apprendre par la pratique. Un enfant qui cultive un potager, observe une plante, se promène en forêt ou apprend à donner une nouvelle vie à un déchet ne se contente pas d’acquérir une notion : il tisse un lien avec la nature.

Et l’expérience ne se limite pas aux enfants. À travers eux, le projet vise également à impliquer les familles, afin que ce qui est expérimenté et appris puisse se poursuivre dans la vie quotidienne.

El Pelícano nous offre ainsi une expérience précieuse : l’écologie peut être enseignée dès l’enfance à travers la beauté, le concret et la participation, en aidant les nouvelles générations à se sentir partie intégrante de notre maison commune et responsables de sa préservation.

Lorenzo Russo

Photo: © Vatican Media; Facebook Centro Mariapoli « El Pelicano »

Avec de forts engagements pris, Raising Hope s’est conclu

Avec de forts engagements pris, Raising Hope s’est conclu

La troisième et dernière journée de la Conférence Raising Hope s’est déroulée avec de nouvelles interventions, des moments de réflexion, de prière, de musique et un temps fort : les contributions des participants et les engagements pris, présentés comme des piliers clés pour agir en faveur de la justice climatique.

Sur le site raisinghope.earth/fr/engagement/ , les participants, en présentiel comme en virtuel, ont été invités à partager leurs propres engagements : Comment répondrez-vous au cri de la terre et au cri des pauvres ? Ces Contributions Déterminées par le Peuple (PDC) constituent une initiative mondiale audacieuse de la société civile pour présenter les engagements des individus et des communautés de base en faveur de la transformation écologique.

La cérémonie d’ouverture émouvante menée par le pape Léon XIV Mercredi 1er octobre — lorsqu’il a béni un bloc de glace du Groenland — a atteint son point culminant cet après-midi, lorsque les participants ont recueilli l’eau issue de la fonte du bloc pour l’emporter dans leurs foyers et communautés.

La Dre Lorna Gold, directrice exécutive du Mouvement Laudato Si’, a déclaré avec émotion : « Un bloc de glace béni par le pape est devenu viral ces derniers jours. Désormais, cette eau bénite va devenir quelque chose de très puissant, car elle arrivera à la COP30, au Brésil. »

Chaque participant a pu emporter, dans un bol, une partie de cette eau bénite — provenant en partie de la glace glaciaire, mélangée à l’eau des rivières du monde apportée par divers représentants lors de l’ouverture de la conférence. Ce n’était pas seulement un don, mais un signe de l’urgence de la crise climatique, tout en étant marqué par l’espérance portée par la bénédiction papale.

Un autre moment fort de la clôture est survenu lorsque la Dre Lorna Gold a partagé certains des engagements pris par les participants. Parmi les plus marquants : la force de la collaboration, l’importance des alliances, l’appel à revenir au cœur et la promotion du Programme des Animateurs Laudato Si’, développé par le MLS.

Elle a souligné l’importance de la mise en œuvre : « Nous ne pouvons pas attendre que d’autres le fassent. Nous devons mettre en œuvre les changements qui sont à notre portée, » a affirmé la Dre Lorna. Elle a encouragé à élever ensemble la voix à Belém, au Brésil (prochaine COP), où une nouvelle alliance pour la non-prolifération des combustibles fossiles sera également lancée.

Un moment particulièrement émouvant a eu lieu lors de l’action de grâce pour les dix ans d’histoire du Mouvement Laudato Si’, fondé en janvier 2015. La Dre Lorna Gold a rappelé sa rencontre avec Tomás Insua, cofondateur, cette même année, et combien elle avait été frappée par son enthousiasme et son énergie à vouloir diffuser les valeurs de l’encyclique.

« La chose la plus extraordinaire de notre mouvement est la joie, » a-t-elle déclaré, exhortant tous à « apporter cette joie à la COP30. » Elle a rappelé les paroles du pape François nous invitant à « chanter tout au long du chemin, » car « notre préoccupation ne doit pas nous enlever la joie ni l’espérance. »

Yeb Saño, président du conseil d’administration du Mouvement Laudato Si’, a exhorté les participants à graver dans leur mémoire ce qui a été vécu pendant la conférence afin que « toutes ces raisons nous poussent à sortir du lit chaque matin. » « Nous avons beaucoup de travail devant nous, mais le pape Léon est à nos côtés. Il ne s’agit pas de courir en avant, mais d’avancer tous ensemble. »

La matinée s’est ouverte avec l’intervention de Kumi Naidoo, président du Traité de non-prolifération des combustibles fossiles, qui s’est défini comme un « prisonnier de l’espérance. » Il a souligné que nous devons prendre soin de notre environnement car « il n’y a ni emplois ni êtres humains sur une planète morte. »

« Les communautés catholiques, à travers Laudato Si’, ont fait preuve de courage, » a affirmé Naidoo, encourageant à agir avec sagesse et foi, avec urgence. « L’espérance n’est pas l’amour ; l’espérance est la résilience, l’espérance est une mission. »

Le panel suivant, intitulé « La foi et la mission partagée pour une planète résiliente », a été animé par Josianne Gauthier, secrétaire générale de CIDSE (Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité). Les principaux thèmes abordés ont été le financement des pays en développement et la résilience comme moteur pour avancer.

La Dre Maina Vakafua Talia, ministre de l’Intérieur, du Changement climatique et de l’Environnement de Tuvalu, a expliqué que, bien que dans sa langue maternelle le mot « résilience » n’existe pas, son peuple a appris à « passer de la vulnérabilité à la force » après avoir subi de multiples catastrophes climatiques. Elle a également insisté sur l’importance de la spiritualité pour construire un avenir résilient.

La Dre Svitlana Romanko, fondatrice et directrice de Razom We Stand, a parlé de son pays, l’Ukraine, et de la manière dont la dépendance aux combustibles fossiles, conséquence de la guerre, a fragilisé le peuple. Elle a souligné que la résilience est ce qui les maintient debout aujourd’hui, aux côtés des énergies renouvelables et des économies vertes, démontrant qu’il est possible de vivre grâce à l’énergie propre.

Mgr Robert Vitillo, du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral et de la Plateforme Laudato Si’ Action, a apporté une réflexion tirée de l’Évangile : « On nous enseigne la solidarité et nous devons changer de perspective pour la traduire en action dans nos engagements. »

Dans l’après-midi, le dernier panel a été animé par Bianca Pitt, fondatrice du Women’s Environment Network et cofondatrice de SHE Changes Climate. Il a porté sur ce que notre cœur nous dit de ce que nous avons vécu ces derniers jours.

Catherine Coleman Flowers, lauréate d’une bourse MacArthur et défenseure de la santé environnementale, membre des conseils du Natural Resources Defense Council, a partagé que ce sont les personnes des périphéries qui souffrent le plus et qui sont le moins entendues.

Mgr Ricardo Hoepers, secrétaire général de la Conférence nationale des évêques du Brésil, a évoqué la diversité de son pays et la nécessité de sortir chacun de sa zone de confort pour élargir nos horizons : « Mon rêve pour le Brésil est d’unir Laudato Si’ et Fratelli Tutti ; et que la nature et les êtres humains aient la même importance : la nature est l’espace que Dieu nous a donné pour vivre comme des frères. »

Et Margaret Karram, présidente du Mouvement des Focolari, a déclaré : « Je suis convaincu que la seule façon d’apporter un changement durable est d’adopter l’amour comme principe directeur de notre action écologique. Dans Laudato Si’, le mot amour apparaît soixante-dix fois ! Une indication puissante d’un chemin sur lequel chacun et nous tous sommes invités à marcher. Une invitation à passer d’une fraternité humaine authentique — telle que nous l’avons vécue ces derniers jours — à une fraternité cosmique. .»

Avant de conclure, les participants ont pris part à une dernière session de prière et de réflexion, dirigée par des membres de Trócaire. Après la projection d’une vidéo récapitulative des trois jours, tous ont été invités à se remémorer les moments les plus marquants et à s’engager solennellement à poursuivre le chemin, en plaidant pour la maison commune.

Par le service de presse de Raising Hope
Photo: © Javier García-CSC Audiovisivi

« Susciter l’espérance pour la justice climatique »

« Susciter l’espérance pour la justice climatique »

Du 1er au 3 octobre 2025, Castel Gandolfo (Italie) accueillera la conférence internationale « Susciter l’espérance pour la justice climatique », un rassemblement historique pour marquer le dixième anniversaire de l’encyclique Laudato Si’ et pour encourager une réponse mondiale à la crise climatique et écologique du point de vue de la foi, de la politique et de la société civile.

L’événement réunira Sa Sainteté le pape Léon XIV, aux côtés d’éminents dirigeants, tels que la ministre brésilienne de l’Environnement Marina Silva et l’ancien gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger, ainsi que des évêques, des responsables d’agences internationales, des chefs autochtones, des experts du climat et de la biodiversité, et des représentants de la société civile.
Pendant trois jours, la conférence comprendra des exposés, des débats, des moments spirituels et des événements culturels qui mettront en lumière les progrès réalisés depuis Laudato Si’ et les mesures urgentes à prendre avant la COP 30 au Brésil.

« À une époque marquée par des défis mondiaux et des blessures profondes, notre engagement pour l’unité et la paix ne peut exclure celui pour une justice climatique qui place la dignité de l’homme et le soin de la Création au centre, déclare Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, partenaire de l’événement. En tant que Focolari, nous voulons collaborer avec tous, pour préserver et protéger notre maison commune, en vivant avec une nouvelle responsabilité la proximité avec les plus démunis et la solidarité entre les générations, pour un avenir durable. »

L’événement se tiendra en personne à Castel Gandolfo et sera retransmis en direct, ce qui permettra à des milliers de personnes et de médias du monde entier de suivre les principaux messages et de participer à la conversation mondiale.

Stefania Tanesini

Graines de paix et d’espoir pour la sauvegarde de la création

Graines de paix et d’espoir pour la sauvegarde de la création

Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé, mais parfois, après un grand incendie dans les bois, quand tout est brûlé, dénudé, recouvert de cendres, sans vie, on aperçoit une petite plante qui pousse. Juste là où tout semblait mort. Quand je m’en aperçois, j’éprouve une sensation merveilleuse : là où la vie semblait terminée, la nature est plus forte. Elle pousse, elle gagne, elle vit, même quand cela semble impossible. C’est dans ces moments-là que je comprends à quel point il est merveilleux de vivre sur une planète capable de se régénérer, malgré ses blessures.

Mais combien de temps pourra-t-elle encore le faire ?

Le 2 juillet dernier a été publié le Messaggio del Santo Padre Leone XIV (message du Saint-Père Léon XIV) pour la Xe Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, qui sera célébrée le lundi 1er septembre 2025, intitulé « Graines de paix et d’espérance ». Quel magnifique héritage nous a laissé François avec son Encyclique Laudato si’ (Enciclica Laudato si’) publiée il y a dix ans : si actuelle, si importante, si précieuse. Et je trouve très beau que le pape Léon reprenne pleinement cet héritage en annonçant le mois dédié à la sauvegarde de la création (du 1er septembre au 4 octobre), qui commence précisément par cette journée de prière.

Mais que dit concrètement ce message ?

Revenant à l’exemple de l’incendie dans la forêt, Léon XIV nous rappelle que la graine « se livre entièrement à la terre et là, avec la force disruptive de son don, la vie germe, même dans les endroits les plus inattendus, dans une capacité surprenante à générer l’avenir ». Puis il s’adresse à nous, habitants de ce monde, en nous rappelant que « dans le Christ, nous sommes des graines », « des graines de paix et d’espoir ».

Une invitation forte et claire à vivre, du 1er septembre au 4 octobre, l’initiative œcuménique du « Temps de la Création » : un mois d’initiatives à inventer, à préparer, à mettre en œuvre, afin d’accorder toujours plus d’attention à la protection de notre « maison commune », que nous habitons tous, indépendamment de nos différences. « Outre la prière, il faut la volonté et des actions concrètes qui rendent perceptible cette « caresse de Dieu » sur le monde », affirme le pape Léon. Et encore : « Il semble qu’il manque encore la conscience que la destruction de la nature ne touche pas tout le monde de la même manière : bafouer la justice et la paix signifie frapper davantage les plus pauvres, les marginalisés, les exclus. (…) En travaillant avec dévouement et tendresse, on peut faire germer de nombreuses graines de justice, contribuant ainsi à la paix et à l’espoir ».

Chacun est appelé à participer : individuellement ou en groupe, dans des associations, des organisations, des entreprises… pourquoi pas ? Chacun avec ses propres idées, son propre engagement.

Dans son message, le pape Léon XIV écrit : « L’encyclique Laudato Si’ accompagne l’Église catholique et de nombreuses personnes de bonne volonté depuis dix ans : elle continue de nous inspirer et l’écologie intégrale est de plus en plus choisie et partagée comme voie à suivre. Ainsi se multiplieront les graines d’espoir, à « garder et cultiver » avec la grâce de notre grande et indéfectible Espérance, le Christ Ressuscité ».

Et que fait le pape ? Il commence lui-même, en étant le premier à promouvoir ces initiatives. Il institue, pour la première fois dans l’histoire de l’Église, la « Messe pour la Sauvegarde de la Création », officialisée par le décret sur la Missa pro custodia creationis (Decreto sulla Missa pro custodia creationis) le pape Léon XIV a déjà utilisé ce nouveau formulaire le 9 juillet 2025 lors d’une Eucharistie privée qu’il a célébrée au Borgo Laudato Si’, pendant son séjour à Castel Gandolfo (Rome). Désormais, tout le monde pourra demander à célébrer une messe à cette intention, celle d’être les fidèles gardiens de ce que Dieu nous a confié : dans nos choix quotidiens, dans les politiques publiques, dans la prière, dans le culte et dans la manière dont nous habitons le monde.

Le titre « Graines de paix et d’espoir » apparaît aujourd’hui comme une prophétie désarmante. Ce sont peut-être les deux seuls mots qui, en cette période si sombre pour l’humanité, continuent d’avoir un sens. Ce sont les mots qui nous permettent de recommencer, de semer, de croire que cette herbe fraîche continuera à pousser même là où la terre semble brûlée et morte. Des actions comme celles-ci me font comprendre que toutes les Églises ne changent pas d’avis sur les questions essentielles pour la vie de l’humanité. Et surtout, qu’elles ne cessent de penser à l’avenir des nouvelles générations.

Maria De Gregorio
Photo: © Pixabay