Mouvement des Focolari
What’s UP? C’est parti !

What’s UP? C’est parti !

Un nouvel espace d’information directe et informelle. Un rendez-vous pour échanger des nouvelles, des histoires et des initiatives, afin de découvrir ce qui se passe au Centre international et dans les différentes régions du monde, et renforcer l’esprit de communauté.

Dans ce premier épisode, nous commençons par le Centre international (à Rocca di Papa, Rome), cœur du gouvernement du Mouvement des Focolari. Après quelques anecdotes, nous ferons plus ample connaissance avec différents Conseillers qui, à l’issue de l’Assemblée Générale de mars 2026, ont achevé leur mandat.

C’est parti !

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Accueillir la sagesse

Accueillir la sagesse

Si nous prêtons attention au monde qui nous entoure, nous nous rendons compte que c’est souvent le brouhaha des opinions qui prévaut. Chacun souhaite donner son avis et les espaces de débat se multiplient, où il semble que tout le monde sache tout. Mais on n’y trouve pas toujours une véritable sagesse ; au contraire, on risque parfois d’encourager la superficialité, l’ignorance et un appauvrissement culturel progressif.

Face à ce tableau, qu’est-ce qui mérite vraiment d’être écouté ? Il y a des mots et des Mots. Qu’est-ce qui les distingue ? Nous pouvons appeler « Mots », avec un M majuscule, ceux — écrits ou prononcés — qui, une fois accueillis, ont le pouvoir de nous transformer. Ce sont des paroles qui expriment la sagesse, car elles offrent une clé de lecture de l’existence humaine, du désir de transcendance et des relations qui lient les êtres humains entre eux et avec la nature. Comme l’écrit Rabindranath Tagore, poète, philosophe et écrivain indien : « Les mots touchent le cœur lorsqu’ils sortent du cœur. »

Les Mots, la Parole, n’appartiennent ni à une époque, ni à un lieu particulier, ni à une religion. Xavier Melloni, anthropologue, théologien et phénoménologue de la religion, observe que, pour certains, la Parole est inspirée par l’Esprit Saint, tandis que, pour d’autres, elle est le fruit de l’illumination de la conscience.
Mais comment reconnaître quand nous nous trouvons face à la Parole ?

« Nous pouvons dire que la Parole est ce qui nous rend capables de nous ouvrir aux autres, de nous donner et de nous attarder dans le silence, en allant au-delà de nous-mêmes vers une profondeur toujours plus grande. La parole authentique est vitale et engendre la vie [2]. »C’est ainsi que la Parole, comprise au sens large, nous libère des contraintes auxquelles nous sommes soumis ; elle ne dépend pas d’intérêts cachés, elle n’est pas coercitive, mais elle devient idolâtrie lorsqu’elle cesse d’être emplie de sagesse.

Pourtant, la Parole ne résonne pas toujours de la même manière en nous, même lorsqu’elle est exprimée avec les mêmes mots. Son accueil est étroitement lié à l’étape de vie que nous traversons. La superficialité, les préoccupations abordées avec suffisance ou indifférence, sont des obstacles qui empêchent la Parole de porter ses fruits en nous et, à travers nous, chez les autres.

La Parole sage devient un point de repère solide sur le chemin de l’être humain. Tantôt elle nous apporte des réponses ; tantôt elle suscite de nouvelles questions ; elle nous permet de considérer les choses sous un angle différent et de nous ouvrir à des dimensions de la réalité que nous ne parvenions pas à percevoir auparavant ; elle nous rend libres et nous conduit à faire l’expérience de ce qui est véritablement essentiel pour notre existence. Seule la Parole authentique, la Parole sage, peut transformer notre façon de penser et d’agir. Accueillie et vécue, elle nous aide à donner plus de sens à notre existence, à vivre des relations plus profondes et à construire ensemble une société plus humaine et plus fraternelle.

Jordi raconte : « Chaque rencontre avec la Parole est personnelle et intime. Ma rencontre avec la Parole est survenue après des années consacrées au travail et à la technologie. La lecture d’ouvrages dans divers domaines – biographies, romans, philosophie, etc. – a réveillé en moi la quête de la sagesse pour donner un sens aux grandes questions de la vie, soutenir mon existence et comprendre pourquoi la Parole se manifeste sous des formes si diverses et apparemment contradictoires. Au cours de ce cheminement, j’ai découvert la sagesse de Chiara Lubich, exprimée dans une relecture nouvelle et vivante de l’Évangile et attestée par un style de vie inspirant. Malgré son caractère confessionnel, cette sagesse s’est révélée capable d’entrer en résonance avec des personnes qui, comme moi, n’ont pas de convictions religieuses, et de les impliquer sur le chemin de la fraternité. »

Ce mois-ci, nourrissons-nous de Paroles sages, faisons-les nôtres et transformons-les en vie. Et si l’occasion se présente, partageons les fruits qu’elles engendrent avec ceux qui, comme nous, sont en chemin. Ainsi, nous construirons ensemble une coexistence plus humaine et riche de sens.

Photo © James Oladujoye – Pixabay

[1] Cette réflexion s’inspire de l’intervention de Jordi Illa lors du Congrès international organisé en 2013 par le Centre pour le dialogue avec les personnes ayant des convictions non religieuses, intitulé « La Parole ».

[2]Xavier Melloni, Vers un temps de síntesi, Fragmenta Editorial, Barcelona, 2011, p. 55.

L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le « Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse » du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Attualmente L’IDEA DEL MESE viene tradotta in 12 lingue e distribuita in più di 25 paesi, con adattamenti del testo alle diverse sensibilità culturali.
dialogue4unity.focolare.org

« Celui qui a été ensemencé dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et qui comprend : alors, il porte du fruit et produit l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente » (Matthieu 13, 23).

« Celui qui a été ensemencé dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et qui comprend : alors, il porte du fruit et produit l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente » (Matthieu 13, 23).

Jésus, après avoir parlé en paraboles à une grande foule au bord du lac de Tibériade, s’adresse à ses disciples et leur explique la signification profonde de ses paroles.

Le sujet du récit est la parole de Dieu, comparée à une petite graine fragile. Les pierres, les épines, les oiseaux peuvent l’empêcher de germer, de prendre racine, de produire des épis mûrs, mais le semeur avisé connaît sa surprenante vitalité.

À travers ces images, Jésus révèle la relation entre l’homme et la Parole que Dieu offre en abondance, mais il y a ceux qui l’accueillent et ceux qui, pour diverses raisons, la laissent tomber sans qu’elle porte de fruits. Dans le cœur humain, en effet, la superficialité et les préoccupations matérielles excessives menacent le miracle de la vie surnaturelle, que Dieu lui-même désire allumer dans ses créatures.

Comme les disciples, nous sommes invités par Jésus à entrer dans le mystère humble de l’amour de Dieu et, en même temps, nous sommes interpellés personnellement sur un point décisif : quel « terrain » voulons-nous être ?

« Celui qui a été ensemencé dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et qui comprend : alors, il porte du fruit et produit l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente. »

Écouter et comprendre : tel semble être le secret qui fait de nous un terrain fertile, où la graine de la Parole peut exprimer sa force et porter de bons fruits.

La disponibilité à l’écoute est précieuse : c’est l’espace spirituel qui permet de faire place à la vie de Dieu, qui nous précède toujours avec sa miséricorde, avec la patience du travailleur qui connaît et respecte les temps de maturation.

Les paroles de Dieu, comme l’écrit Chiara Lubich, « illuminent intérieurement non seulement l’esprit, mais l’être tout entier, car elles sont lumière, amour et vie. Elles donnent la paix que Jésus appelle « ma paix « , même dans les moments de trouble et d’angoisse. Elles donnent une joie pleine, même au milieu de la douleur qui parfois serre l’âme. Elles donnent surtout de la force lorsque le désarroi ou le découragement surviennent. Elles rendent libres parce qu’elles ouvrent la voie de la Vérité. […] En nous aussi doit naître un amour passionné pour la parole de Dieu : nous l’accueillons avec attention lorsqu’elle nous est proclamée dans les églises, nous la lisons, nous l’étudions, nous la méditons…Mais surtout, nous sommes appelés à la vivre. En vivant une parole de Jésus, nous vivons tout l’Évangile, car dans chacune de ses Paroles, Il se donne tout entier, Il vient lui-même vivre en nous et remplace notre façon de penser, de vouloir, d’agir dans toutes les circonstances de la vie » [1].

« Celui qui a été ensemencé dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et qui comprend : alors, il porte du fruit et produit l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente. »

Wambil, du Mexique, nous raconte : « Il fut un temps où je me sentais pris au piège dans un trou profond. J’étais dans une relation violente, j’essayais de m’échapper et de tout arranger par mes propres moyens. Influencé par les réseaux sociaux et les bavardages extérieurs, je poursuivais souvent des choses qui n’étaient pas guidées par Dieu. Malgré tous mes efforts, je me sentais toujours vide et sans but. Je savais que l’amour est un langage universel. Lorsque j’ai commencé à faire du bénévolat, j’ai commencé à me réaliser et cela ne pouvait venir que de Dieu. Avec le temps, j’ai découvert un endroit où écouter Sa Parole et grandir dans ma relation avec Lui. Je suis profondément reconnaissant. »

Même lorsque nous nous sentons comme une terre aride et rocailleuse, la Parole ellemême peut être efficace, comme le révèle le prophète Isaïe : « Car, comme la pluie et la neige descendent du ciel et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir fécondée et fait germer, […] ainsi en sera-t-il de ma Parole sortie de ma bouche : elle ne reviendra pas à moi sans effet, sans avoir accompli ce que je désire et sans avoir accompli ce pour quoi je l’ai envoyée » (Is 55, 10-11).

Soutenus par cet espoir, dans une époque dominée par les peurs et les tensions, cultivons également la confiance dans les femmes et les hommes avec lesquels nous partageons notre vie. Croyons en leur capacité à porter de bons fruits, en créant des occasions d’écoute et de dialogue, pour marcher ensemble vers l’horizon de la fraternité.

D’après Letizia Magri et l’équipe de la Parole de vie


[1] C. Lubich, Parole de Vie Mars 2003,

Photo © Horacio30 – Pixabay

Un prix pour Run4Unity

Un prix pour Run4Unity


Chaque année, le premier dimanche de mai, à midi, dans tous les pays du monde, débute Run4Unity, le marathon mondial des Juniors pour l’Unité. C’est ainsi que, tandis que quelques dizaines de jeunes courent avec en toile de fond les pyramides égyptiennes, en Inde on remet les prix du relais qui vient de s’achever et qu’à Asunción, au Paraguay, on se prépare pour des épreuves d’athlétisme qui débuteront sous peu dans un grand parc de la ville. Des compétitions et des tournois placés sous le signe de la paix et de la solidarité qui commencent en Océanie et s’achèvent dans les Amériques, mobilisant, en l’espace de 24 heures, des milliers de jeunes, prêts à prendre le « départ » lorsque leur fuseau horaire indique midi. À cette heure-là, ils reçoivent le relais des pays du fuseau horaire précédent et, une heure plus tard, le transmettent aux pays du fuseau horaire suivant.

Une idée géniale et simple née en 2005 au sein de l’équipe du Centre international des Juniors pour l’Unité, en collaboration avec quelques GEN 3, après que Chiara Lubich, tout juste revenue d’un voyage en Inde, leur eut fait part de la magnifique expérience qu’elle avait vécue lorsqu’elle avait été invitée à participer à un grand rassemblement de jeunes du mouvement hindou Swandhyaya, très attachés au sport : « Peut-être que le sport pourrait être une voie pour les jeunes », avait déclaré Chiara.

Et le format de Run4unity s’est répandu en un clin d’œil, adapté localement en fonction des différents pays et des spécificités de chaque culture : le sport s’associe à des actions de dialogue interreligieux, de développement en faveur des plus démunis, de défense et de préservation de la nature, ainsi qu’à un engagement en faveur de la paix et de la fraternité entre les peuples.

En 2025, la DG EAC (Direction Générale de l’Éducation, de la Jeunesse, du Sport et de la Culture), une direction de la Commission européenne, en collaboration avec l’EACEA (Agence Exécutive Européenne pour l’Éducation et la Culture), qui gère les financements dans les domaines de l’éducation, de la culture, de l’audiovisuel, du sport, de la citoyenneté et du bénévolat, a lancé le #BeActive EU Sport Awards.

New Humanity, l’ONG du Mouvement des Focolari, a présenté le projet international et pluriannuel Run4Unity, qui a été sélectionné comme finaliste dans la catégorie « Paix ». « Il y a quelques semaines, nous avons appris que nous avions été sélectionnés parmi pas moins de 279 actions sportives présentées et que nous figurions donc parmi les 15 finalistes, à raison de 3 par catégorie », nous ont-ils communiqué. « La lettre d’information contenait une invitation, pour deux représentants de chaque projet, à se rendre à Bruxelles, le 23 juin 2026, à la cérémonie de remise des prix. Pour nous, ce sont Agostino Spolti (ancien coresponsable des Juniors pour l’Unité) et Elisabetta De Bernardi (une jeune de Turin qui a participé en tant que GEN 3, puis en tant que GEN 2, à plusieurs Run4Unity axés précisément sur la paix) qui s’y sont rendus… et… nous avons gagné ! ». Une reconnaissance de haut niveau pour cette initiative en cette année 2026 qui, 21 ans après la première édition de Run4Unity, a vu se dérouler dans le monde entier des courses de relais dans plus de 100 pays, réunissant des milliers d’adolescents, accompagnés de jeunes et d’adultes dans le cadre d’une relation intergénérationnelle enrichissante.

Le sport est un moyen de vivre l’inclusion, l’attention envers l’autre, le respect, une dynamique partagée et – comme on pouvait le lire dans l’avis de concours – c’est évidemment un moyen de promouvoir et de diffuser une culture de paix. « Nous avons gagné – ajoute Agostino Spolti – parce que Run4Unity réunit précisément ces éléments : le sport, le passage de relais entre différents pays, le sentiment d’appartenir à une seule famille humaine, le Time Out qui invite à se recueillir pour la paix, soit autant d’aspects qui revêtent une grande valeur éducative ».

Carlos Mana

Photo © Agostino Spolti

À Caracas (Venezuela) la solidarité se concrétise

À Caracas (Venezuela) la solidarité se concrétise

Mercredi 24 juin 2026, à 18 h 04, le Venezuela a changé de visage en moins d’une minute. Deux séismes, d’une magnitude de 7,1 et 7,5, séparés de seulement 39 secondes, ont secoué le centre-nord du pays. L’épicentre a été localisé près de Morón, dans l’État de Carabobo, mais l’impact a surtout été dévastateur à La Guaira, à Caracas et dans les zones environnantes, où de nombreuses maisons et bâtiments se sont effondrés. Le bilan des victimes, des disparus et des blessés ne cesse de s’alourdir tandis que les opérations de secours se poursuivent. Des équipes spécialisées venues de différents pays arrivent pour participer à la recherche de survivants, accompagnées d’aide humanitaire et de produits de première nécessité, dans le cadre d’une mobilisation internationale qui s’intensifie d’heure en heure.

Les répliques ne nous laissent aucun répit ; on en compte déjà plus de 100. Certaines sont à peine perceptibles, d’autres nous obligent à fuir sans cesse nos maisons. Nous vivons dans un état d’alerte permanent. Nous dormons peu. La fatigue pèse et la peur aussi. À cela s’ajoutent les difficultés d’une ville qui tente de continuer à fonctionner : le réseau téléphonique et la connexion Internet fonctionnent par intermittence, l’électricité subit des fluctuations constantes et, dans de nombreux bâtiments, l’approvisionnement en gaz a été suspendu par mesure de précaution. Même les décisions les plus simples exigent un effort considérable : s’organiser, mettre en œuvre des actions, coordonner des équipes ou simplement communiquer avec ses proches pour savoir s’ils vont bien. Tout se complique lorsque la terre ne cesse de nous rappeler qu’elle n’a pas encore fini de trembler.

Le Venezuela fait face à ce séisme dans un contexte de vulnérabilité. De nombreux bâtiments ont été construits sans respecter les normes antisismiques qui sont aujourd’hui la norme dans d’autres régions ; certains souffrent d’années de détérioration et d’un entretien insuffisant. Cette situation d’urgence vient s’ajouter à une réalité socio-économique déjà difficile, ce qui rend le processus d’intervention encore plus complexe.

Cependant, au cœur de cette réalité si fragile, nous découvrons aussi une force immense qui naît de la communion.

En tant que mouvement des Focolari, nous avons ouvert nos maisons — les « focolares » qui, heureusement, n’ont pas subi de dommages structurels — pour accueillir ceux qui ont dû quitter leur domicile. Certaines familles ne peuvent plus rentrer chez elles car leurs bâtiments risquent de s’effondrer ; d’autres ont tout perdu. Nous leur avons offert un hébergement, de la nourriture, des vêtements et tout ce qui pouvait répondre à leurs besoins les plus urgents et immédiats.

La douleur, malheureusement, a également touché de très près notre famille. Une Volontaire du Mouvement a perdu plusieurs membres de sa famille à la suite de l’effondrement des bâtiments dans lesquels ils vivaient. Seule une petite-fille a été sauvée et a été soignée à l’hôpital. Comme eux, de nombreuses familles attendent des nouvelles au milieu des décombres ; d’autres pleurent leurs proches et beaucoup continuent de s’accrocher à l’espoir de retrouver vivants ceux qui sont encore portés disparus.

La solidarité fait partie de notre identité et, en ces jours, elle se concrétise. Dès les premières heures qui ont suivi le séisme, les allers-retours entre Caracas et La Guaira se sont multipliés : voitures particulières, bénévoles, paroisses, organisations et voisins apportant de l’eau, de la nourriture, des médicaments, des vêtements et du matériel. Des communautés entières d’autres régions du pays qui ont à peine ressenti le séisme se sont organisées spontanément pour mettre en place des centres de collecte, trier les dons et préparer l’aide qui continue d’arriver dans les zones les plus touchées par l’intermédiaire de l’Église.
Chaque petite initiative, chaque coup de fil, chaque colis préparé avec soin, chaque personne qui donne de son temps, tisse un réseau de fraternité qui soutient ceux qui en ont le plus besoin aujourd’hui.

Nous sommes également profondément émus par le nombre de personnes, au Venezuela et ailleurs, qui souhaitent apporter leur aide. Nous n’avons pas encore réussi à répondre à tous les messages reçus. Des proches, des amis, des membres du Mouvement et des personnes qui veulent simplement savoir comment nous allons ou demandent comment elles peuvent apporter leur aide. Nous mettons en œuvre toutes les synergies possibles afin que cette immense générosité trouve des canaux concrets et parvienne là où le besoin s’en fait le plus sentir.

À tous, nous tenons à exprimer nos sincères remerciements. Merci pour vos prières, pour vos messages de soutien et pour les gestes concrets de solidarité qui se manifestent déjà. Dans des moments comme celui-ci, nous faisons l’expérience de ce que Chiara Lubich nous a laissé comme horizon : « Soyez une famille ».

Le plus grand défi est peut-être de vivre l’instant présent. Ne pas anticiper la peur de la prochaine secousse ni rester paralysés par l’ampleur de la douleur. Rester dans le présent est, aujourd’hui plus que jamais, le chemin pour découvrir ce que l’Amour nous demande à chaque instant.

Vivre le charisme de l’unité nous conduit, dans ce contexte, à apporter une réponse concrète : être des ponts là où règne l’isolement, offrir la fraternité là où la peur divise et semer l’espoir là où l’incertitude semble s’imposer.

Il reste encore un long chemin à parcourir. La situation d’urgence n’est pas terminée et la reconstruction prendra du temps. Mais au milieu de tant de pertes, nous sommes aussi témoins d’une humanité qui ne se résigne pas, qui s’organise, qui partage le peu ou le beaucoup qu’elle a et qui revient nous rappeler que, même lorsque la terre tremble, l’amour peut continuer d’être le terrain le plus solide sur lequel reconstruire l’espoir.

La communauté des Focolari de Caracas
Photos: © fotospublicas.com

Pour apporter votre contribution : Urgence sismique au Venezuela

Chiara Lubich: Unité

Chiara Lubich: Unité

[…] L’unité. Qu’est-ce que l’unité ? Peut-on parvenir à l’unité ?

L’unité est ce que Dieu veut de nous.

L’unité, c’est la réalisation de la prière de Jésus : « Que tous soient un, Père, comme toi et moi. (…) Moi en eux et toi en moi afin qu’ils soient parfaits dans l’unité » (cf. Jn 17, 21-23).

Toutefois, nous ne pouvons parvenir à l’unité par nos seules forces. Seule une grâce spéciale, qui vient du Père, peut la réaliser si elle trouve une disposition particulière en nous, une condition précise et nécessaire.

Il s’agit de l’amour réciproque, que Jésus nous a commandé, et que nous devons mettre en pratique :

son amour réciproque, celui qu’il désire et qui n’est pas – nous le savons – une simple amitié spirituelle, un accord ou une bonne entente.

Il demande que nous nous aimions les uns les autres comme il nous a aimés, c’est-à-dire, jusqu’à l’abandon ; jusqu’au détachement complet, matériel et spirituel, des choses et des créatures, afin de pouvoir nous ‘faire un’ réciproquement et de façon parfaite.

C’est ainsi que nous faisons notre part et que nous pouvons recevoir la grâce de l’unité, qui ne manquera pas, qui ne peut manquer.

À cette pensée, quelle reconnaissance devra naître en nous qui avons reçu un tel appel ! Quelle incitation à vivre de façon à obtenir un tel don ! Don qui n’existe pas lorsqu’on ne vit pas ainsi.

Il ne faut pas oublier que, dans notre spiritualité communautaire, il y a une grâce en plus ; que le Ciel, à chaque instant, peut s’ouvrir pour nous et que, si nous faisons ce qu’Il demande, nous serons remplis de cette grâce et pourrons œuvrer toujours davantage pour le Royaume de Dieu.

C’est sans aucun doute cette grâce qui explique la grande expansion de notre Mouvement et les nombreuses et belles conquêtes qui y sont liées.

Nous étions conscientes de ce privilège extraordinaire les premiers temps, ce qui explique la façon dont nous nous exprimions :

« N’ayez qu’une idée en tête. C’est toujours une seule idée qui fait les grands saints. Et notre idée est celle-ci : l’unité. »

« Que tout s’écroule. L’unité jamais ! Tenez toujours ce feu allumé au milieu de vous. Et n’ayez pas peur de mourir. Vous l’avez déjà expérimenté, l’unité exige la mort de tous pour donner vie à l’Un. (…) Considérez cela comme un devoir sacro-saint, il vous procurera une joie immense ! Jésus a promis la plénitude de la joie à ceux qui vivent l’unité. »

Le mois prochain, efforçons-nous de nous procurer toujours ce don !

Et ne l’attendons pas seulement pour notre propre bonheur, mais pour qu’il nous rende aptes à réaliser notre évangélisation spécifique. Vous la connaissez : « Que tous soient un (…) afin que le monde croie » (Jn 17, 21).

Le monde a un grand besoin de foi, de croire ! Et nous sommes tous appelés à évangéliser. Un jour, [saint] François dit à l’un de ses frères : « Allons prêcher ! » Et les mains enfilées dans les manches de leur habit, les yeux baissés, ils parcoururent la ville, en prêchant par leur être même la mortification et la pauvreté absolue.

Lançons, nous aussi, notre prédication au monde. Que tous ceux qui voient deux ou trois d’entre nous unis (au focolare, dans les noyaux, dans les unités, dans les rencontres que nous organisons ou quand nous sommes ensemble de façon fortuite), soient touchés par notre foi et croient. Qu’ils croient à l’amour parce qu’ils l’ont vu.

Mettons-nous à l’œuvre. C’est ce que le Seigneur veut de nous. Il le veut à travers notre charisme, tel qu’il est inscrit dans nos Statuts : c’est la première de toute autre volonté de Dieu. Ensuite, nous pourrons aussi parler pour faire rayonner l’Evangile. Mais après seulement.

Chiara Lubich
(Convesazioni, Città Nuova, Roma 2019, pp 522/4

Photo: © JGH – CSC Audiovisivi

Urgence sismique au Venezuela

Urgence sismique au Venezuela

La Coordination des urgences du Mouvement des Focolari a lancé une collecte de fonds exceptionnelle en faveur de la population vénézuélienne, par l’intermédiaire d’Action pour un monde uni (AMU) et d’Action pour les nouvelles familles (AFN). Les dons versés seront gérés conjointement par l’AMU et l’AFN afin d’apporter aux populations touchées par le séisme du 24 juin 2026 une aide d’urgence pour l’alimentation, les soins médicaux, le logement et l’accueil dans différentes villes du pays, notamment en collaboration avec les Églises locales.

Chaque contribution permettra d’apporter un soulagement immédiat et d’imaginer, ensemble, des chemins d’espoir et de reconstruction.

Vous pouvez faire un don en ligne :

Azione per un Mondo Unito ETS (AMU) IBAN: IT 58 S 05018 03200 000011204344 auprès de Banca Popolare Etica – Code SWIFT/BIC: ETICIT22XXX

Azione per Famiglie Nuove ETS | Banca Etica – filiale 1 di Roma – Agenzia n. 0 | Codice IBAN: IT 92 J 05018 03200 000016978561 | BIC/SWIFT: ETICIT22XXX

Motif : Urgence Venezuela

Ces dons donnent droit à des avantages fiscaux dans de nombreux pays de l’Union Européenne et dans d’autres pays du monde, selon les différentes réglementations locales. Ces dons donnent droit à des avantages fiscaux dans de nombreux pays de l’Union Européenne et dans d’autres pays du monde, selon les différentes réglementations locales. .

Photo: © fotospublicas.com

L’unité, une priorité pour Maria Voce Emmaüs

L’unité, une priorité pour Maria Voce Emmaüs

Dans la vie quotidienne au sein du focolare, Maria Voce Emmaüs a vécu de manière simple et lumineuse cet Évangile de l’unité qui se communique avec intelligence, liberté et créativité.

Elle avait une caractéristique qui frappait d’emblée : elle mettait en mouvement son cœur, son imagination et toute son intelligence pour aimer chaque focolarine comme elle souhaitait être aimée, sans schémas, sans solutions toutes faites. Chacune était unique, et elle prenait cela très au sérieux.

L’une d’entre nous se souvient par exemple que, lorsqu’elle est arrivée chez nous, elle ne pouvait pas manger de fromage. Un détail, pourrait-on dire. Et pourtant non. Pour Emmaüs, ce n’en était pas un. Sans en faire toute une histoire, elle veillait toujours à ce qu’il y ait une alternative pour moi aux repas. Ce n’était pas seulement de l’attention, c’était une façon de dire que chacune est importante telle qu’elle est. Et cela valait aussi pour les choix ou les sensibilités alimentaires différents : elle les respectait avec une liberté qui savait accueillir même ce qui pouvait sembler discutable.

Avec Emmaüs, tout devenait vraiment possible. Non pas par de grands projets, mais par cette capacité à écouter les désirs les plus profonds et à les faire s’épanouir. Ainsi, le rêve de l’une d’entre nous — partir dans un pays anglophone pour améliorer la langue — est devenu, avec une simplicité surprenante, son cadeau d’anniversaire.

Au sein du focolare, elle avait également une sensibilité particulière pour les différentes cultures. Non seulement elle les appréciait, mais elle les accueillait et les valorisait avec un profond respect. À l’occasion d’une fête traditionnelle coréenne, elle a encouragé l’une d’entre nous à vivre pleinement ce moment : porter le costume, accomplir le rituel selon la tradition, sans simplifications. Et elle ne s’est pas contentée d’observer : elle a voulu participer jusqu’au bout, en préparant une jolie pochette contenant une somme d’argent, comme le veut le geste de l’aîné envers le plus jeune. C’était sa manière de dire que chaque culture est un don à préserver.

Elle savait aussi reconnaître et soutenir les goûts et les préférences de chacune. À celles qui aimaient les événements culturels, elle ne se contentait pas de dire : « Vas-y, c’est bien ». Elle les cherchait elle-même dans les environs, les proposait, encourageait, accompagnait. C’était comme si elle prenait en charge les rêves des autres, en les faisant un peu siens.

Ensuite, il y avait les cadeaux. Ils n’étaient jamais offerts « juste pour faire ». Ils étaient pensés, recherchés, préparés avec soin. C’étaient des signes concrets d’un amour personnalisé, comme une montre bien choisie ou une promenade au bord de la mer pour un anniversaire ; nous et d’autres focolares en étions touchés, mais aussi nos familles : sœurs, parents, neveux et nièces.

L’art n’a jamais manqué non plus dans notre focolare, comme un allié pour faire grandir l’unité entre nous. Combien de fois avons-nous chanté ensemble ! Elle connaissait tant de chansons et de poèmes par cœur ! … ou mis en scène de petites représentations ! Inoubliable celle préparée pour la fête du nom de Marie : une réécriture libre et joyeuse inspirée de la « Divine Comédie » de Dante, grand poète italien, vécue avec elle et pour elle, qui a su transformer un moment simple en une expérience profonde avec Marie.

Au fond, sa vie était cela : créer une famille. Un épisode l’illustre bien. Un dimanche après-midi, sans prévenir, nous avons rendu visite, avec tout le focolare, à la focolarine mariée qui venait d’emménager au Centre. Quand, surprise, celle-ci a demandé à l’interphone qui c’était, Emmaüs a répondu avec simplicité et joie : « Ta famille ! ».

Une autre fois, elle nous a appelées pendant le week-end pour que nous la rejoignions là où elle passait ses vacances. Notre surprise a été qu’elle avait vu dans un magasin des vêtements qui pouvaient convenir à chacune d’entre nous. Et c’était le cas : nous les avons essayés et choisis selon le goût et le style de chacune, avec cette joie que l’on ressent quand Jésus est au milieu de nous !

En regardant notre vie avec Emmaüs, nous pouvons dire que l’unité n’est pas une idée abstraite. C’est quelque chose qui prend forme jour après jour, qui demande de s’impliquer personnellement dans la relation avec l’autre, dans les détails, dans les attentions, dans la créativité de l’amour. Elle nous l’a montré : l’unité est possible quand chacun aime et se sent vraiment aimé.

Les focolarines qui ont vécu au Focolare avec Emmaüs
Sur les photos, différents moments de la vie quotidienne – © Archivio CSC Audiovisivi

Derrière l’écran, un prochain

Derrière l’écran, un prochain

Il y a quelque temps, grâce à la technologie, nous avons pu retrouver mes anciens camarades de lycée après de très nombreuses années sans nous être vus : nous avons créé un groupe sur WhatsApp. Entre anecdotes et vieilles photos, nous avons réussi à identifier un camarade dont personne n’avait plus de nouvelles et nous l’avons ajouté au groupe.

Il nous a raconté qu’il vivait dans la rue. Une série de problèmes de santé, la lutte contre un cancer, la perte de son emploi et une séparation familiale l’avaient laissé sans rien. Au début, certains camarades ont donné de l’argent, mais face à une deuxième demande d’aide, la réponse a été le silence ou le refus.

Même si nous n’étions pas des amis proches à l’école, je sentais que je ne pouvais pas rester simple spectateur. Je me suis dit que, s’il était réapparu dans ma vie par le biais de ce groupe, je devais faire quelque chose. Je ne pouvais pas simplement l’ignorer.

J’ai décidé de le rencontrer. Je voulais voir de mes propres yeux comment il allait et l’écouter. Il avait passé quelques jours dans une pension, mais il était vite retourné dans la rue. Je n’avais pas les moyens de résoudre son problème de logement ni de lui offrir un toit, mais j’ai ressenti le besoin de demander à Dieu ce qu’il attendait de moi dans cette situation.

Nous nous sommes rencontrés et avons longuement échangé. J’ai été ému de constater la détérioration de son état physique, alors je lui ai proposé de l’aider en lui procurant un remède naturel afin qu’il retrouve, au moins, un peu de sérénité et de bien-être. Mais au-delà de l’aspect physique, je me suis souvenu qu’il avait autrefois éprouvé une forte vocation religieuse, et qu’il avait même été sur le point d’entrer au séminaire. Je lui ai posé des questions sur sa foi.

Il m’a avoué s’être éloigné de tout cela ; cela faisait des années qu’il n’avait pas mis les pieds à l’église ni ne s’était approché des sacrements. En toute sincérité, je lui ai conseillé, étant donné que sa maladie progressait et qu’il se sentait en danger, de chercher refuge en Dieu.

Je lui ai suggéré d’aller à la messe, de parler à un prêtre et, s’il s’en sentait capable, de se confesser. Le lendemain, il m’a appelé, très ému. Il était allé à l’église, s’était confessé et avait reçu la communion. Il m’a remercié du fond du cœur car il avait pris conscience que, ayant tout perdu sur le plan matériel, sa relation avec Dieu était la seule chose qui lui restait vraiment.

Aujourd’hui, nous sommes toujours en contact. Il a réussi à obtenir une pension et va un peu mieux. Je continue à l’aider en lui fournissant ce remède naturel qui complète son traitement et, de temps en temps, nous nous voyons pour prendre un café ou je lui apporte quelque chose dont il a besoin, comme une paire de baskets. Mais avec le temps, j’ai compris que le plus important n’était ni le remède ni les chaussures : c’était le fait que quelqu’un s’arrête pour lui parler.

Parfois, le « prochain » apparaît dans un groupe WhatsApp et nous risquons de le laisser prisonnier du monde virtuel, où personne n’assume aucune responsabilité. Mon ami m’a appris qu’être attentif aux besoins de l’autre, même si nous n’avons pas la solution définitive entre nos mains, c’est déjà beaucoup. Si nous pouvions tous faire ne serait-ce qu’un petit geste pour ces personnes, que se passerait-il ? Ne laissons pas l’autre n’être qu’un message sur un écran ; rendons notre aide concrète, humaine et, surtout, présente.

Pablo Furlán (Argentina)
Photo d’illustration : © Pexels-tkirkgoz

Les jeunes et le changement : le projet « Time to Change »

Les jeunes et le changement : le projet « Time to Change »

Plus qu’une simple fête de clôture, cet événement a constitué l’étape visible d’un cheminement construit tout au long de l’année par des centaines de jeunes à travers l’Italie et l’Albanie. Il est déjà tourné vers l’avenir, avec l’ambition d’aller plus loin encore et le désir d’impliquer davantage de jeunes, d’équipes et d’actions dans les années à venir, en Europe comme dans le monde.

L’Expo Fest de Time to Change s’est tenu à Castel Gandolfo (Rome, Italie) les 6 et 7 juin. Ce projet a mobilisé environ 1.300 jeunes répartis en 105 équipes, invités à s’engager à travers des actions concrètes de solidarité, de citoyenneté active, de protection de l’environnement, d’inclusion et de paix au service du bien commun.

Près de 600 jeunes issus de 52 équipes se sont retrouvés à cette occasion. Parmi les témoignages recueillis :
« J’ai pris davantage conscience de mes actions et j’ai porté beaucoup plus d’attention à ceux qui vivent dans des situations difficiles. »
« J’ai compris la valeur de certaines amitiés. »
« Je garde dans mon cœur la beauté de ce qui est né et la force silencieuse que ces journées ont engendrée. »
Ces impressions reflètent l’expérience vécue par les participants, protagonistes d’un événement qui a donné la parole non seulement aux neuf équipes finalistes, mais à toutes les réalités engagées dans le projet.

Au cours de la manifestation ont eu lieu les votes et la remise des prix finale. L’équipe Trento Gen Time to Change de Trente a remporté la première place ; Children of the Sun de Tarente s’est classée deuxième ; Time to Change de Milan a obtenu la troisième place. Des prix spéciaux ont été attribués aux équipes du Piémont et de la Vallée d’Aoste, au lycée « Alfonso Gatto » d’Agropoli et à l’équipe albanaise Alboomerang.

À travers des moments de partage, des témoignages, de la musique, de la danse, des échanges, des ateliers et des flash mobs, chaque groupe a pu présenter sa contribution au changement. Une large place a été consacrée aux histoires : celles de jeunes ayant choisi de sortir d’eux-mêmes pour aller à la rencontre des autres ; d’établissements scolaires ayant transformé l’éducation civique en expérience concrète ; de groupes locaux ayant mis en place des activités de soutien scolaire, des initiatives artistiques, des projets environnementaux et des gestes de proximité envers les personnes en situation de fragilité.

Les actions présentées témoignent d’un changement vécu au quotidien. Le lycée linguistique Alfonso Gatto d’Agropoli (province de Salerne), par exemple, a réalisé un projet consacré à la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Les élèves sont allés à la rencontre des passants, leur posant des questions sur les droits fondamentaux, remettant des badges symboliques aux « amis des droits humains » et offrant des exemplaires de la Déclaration à ceux qui souhaitaient mieux la connaître.

Dix-huit jeunes étaient présents en provenance d’Albanie. Le parcours Time to Change les a impliqués dans des activités de théâtre et de peinture pour enfants, des marches écologiques, des moments de formation et des rencontres avec des jeunes accueillis dans des foyers. « Dans cette communauté – explique Regjina Paluca – vivent des jeunes de trois à vingt ans. Certains nous ont raconté avoir grandi dans ces foyers : ils y sont arrivés tout petits et fréquentent aujourd’hui l’université. Cela a profondément touché nos jeunes. Ils ont vu que ces trente jeunes vivent tous dans la même maison, alors qu’eux rentrent chacun chez eux à la fin de la journée. Nous continuerons ce projet à l’avenir, car il se répand comme une traînée de poudre : les jeunes portent en eux une beauté qu’ils souhaitent partager avec leurs amis. »

Une partie essentielle du parcours a également été consacrée aux fragilités personnelles. Les témoignages d’Edoardo, Francesca et Victoria ont évoqué l’isolement, la dépression, l’anxiété, le deuil, l’exclusion et la réconciliation. Des parcours concrets où la souffrance peut devenir un lieu de croissance, de relation, de redécouverte de la foi et d’ouverture aux autres.

Le cheminement a également été inspiré par un poème écrit en 2005 par Margaret Karram, présidente du Mouvement des Focolari. Face au « long mur, haut et gris » de Jérusalem, « qui avance au milieu de la ville en divisant quartiers, routes, terres et familles », elle relit le sens de sa propre vie et les divisions de la Terre Sainte à la lumière de Jésus crucifié et abandonné, espérance contre toute espérance.

Au cours de l’événement, Margaret Karram a remis un trophée itinérant à l’équipe gagnante, Trento Gen Time to Change. Ce symbole accompagnera les prochaines éditions et sera confié chaque année à la nouvelle équipe victorieuse.

Dans son bref message, elle a rappelé qu’il faut du courage pour vivre la paix, une paix qui commence par un changement personnel. « La première paix, c’est Jésus, a-t-elle déclaré. Il est mort pour nous, mais il est ressuscité pour nous donner la paix et pour racheter chacun de nous. »

Comme l’a écrit l’un des participants, Time to Change « ne se contente pas de parler du changement, il le rend possible ». Et la vague lancée par les jeunes continue désormais son chemin, en visant toujours plus haut.

Aurelio Molè
Article et photos publiés sur
focolaritalia.it

Quand le pardon l’emporte

Quand le pardon l’emporte

Depuis que le nouveau curé est arrivé dans un village voisin du nôtre, nous avons commencé à vivre ensemble la Parole de Vie. Il s’agit d’une phrase de la Bible à laquelle, le mouvement des Focolari consacre une attention particulière en ce mois-là, et à partir de cette phrase nous partageons nos expériences. Un soir, les vaches du voisin sont entrées dans mon champ de haricots et ont tout détruit. Ce n’était pas la première fois et, pour cette raison, nous ne nous parlions plus depuis des mois. Pour lui donner une leçon, ma femme, les enfants et moi, avons pris des branches et nous nous sommes mis en route vers sa maison. En chemin, je me suis souvenu de la Parole de Vie et j’ai dit : « Attends un instant ! La semaine dernière, j’ai reçu un feuillet où il était écrit que nous devons pardonner à nos ennemis. Si je vais au catéchisme, qu’est-ce que je vais dire si nous allons punir notre voisin ? » Nous avons décidé d’aller chez lui, en ne parlant pas sur un ton menaçant. Nous voulions simplement lui expliquer ce qui s’était passé et lui demander de faire attention à ses vaches. C’est ce que nous avons fait. Il s’attendait à une confrontation violente et il est resté sans voix. Il s’est agenouillé à mes pieds et s’est excusé à plusieurs reprises. Depuis ce jour-là, nous nous parlons à nouveau et nous nous saluons normalement, mieux encore : nous sommes devenus amis. Une nouvelle joie a envahi notre maison.

S. W. (Guinea-Bissau)

Nieuwe Stad (Belgio) 2026, numéro 2

Photo: © Vilij Corps by Pixabay

EdC : un engagement présent et futur

EdC : un engagement présent et futur

Rencontre, célébration et engagement : trois mots qui résument les 35 ans de l’Économie de Communion (EdC), commémorés du 25 au 30 mai 2026. Plus de 400 personnes ont participé à un programme réparti en deux phases. Lors de la première, les participants ont vécu une expérience immersive au sein de 16 communautés et entreprises latino-américaines qui mettent en pratique la culture de la communion. Lors de la seconde, ils se sont réunis à Buenos Aires, en Argentine, pour un forum international dédié à la célébration du parcours et du présent de l’EdC et à l’engagement pour l’avenir.

Régénérer les « blessures » de l’intérieur vers l’extérieur

La communion, en tant que catalyseur de régénération, cesse de se concentrer exclusivement sur les carences d’un territoire et met en valeur ses richesses sociales, culturelles et spirituelles. C’est pourquoi il a été décidé de partir précisément de là, en allant au plus profond de ceux qui souffrent au quotidien afin d’entrer en relation avec eux et d’imaginer ensemble une économie différente. Seize initiatives issues de trois pays d’Amérique latine ont ouvert leurs portes aux participants à l’événement pour vivre la première partie de cette célébration. À travers des activités de groupe, des visites guidées, des dynamiques participatives et des moments de dialogue, chaque personne a pu écouter, accueillir la réalité de l’autre, la toucher, la comprendre, l’exprimer et la partager.

« J’ai participé à l’expérience dans les Centres Nuevo Sol, à Buenos Aires. Ce qui m’a le plus frappée, ce n’est pas la pauvreté ni même le gouffre des inégalités qui existe dans les banlieues de Buenos Aires, mais la force avec laquelle l’amour tisse des communautés dans cette région. Les défis sont plus difficiles, c’est pourquoi l’amour est plus concret, plus actif et plus proche », a raconté Luz Villafañe, de Tucumán, en Argentine.

Le parcours de l’entrepreneuriat dans l’Économie de Communion

À la suite de cette expérience, les participants se sont réunis à Buenos Aires les 29 et 30 mai et ont pris part à un forum organisé au Centre culturel « Usina del Arte ».

Des voix venues de différents pays, cultures et classes sociales, telles que celles d’entrepreneurs, de startuppers, de leaders communautaires et de populations autochtones, se sont succédé sur scène, illustrant la force transformatrice de cette vocation. Des expériences de petits et grands entrepreneurs, de ceux qui se consacrent à la protection de la terre à travers leurs projets, qui vivent l’interculturalité comme une richesse et font des choix de communion par vocation, comme mode de vie.

Engagements pour l’avenir

Le point culminant de la célébration a été un pacte mondial signé par toutes les personnes présentes, individuellement et collectivement, afin de promouvoir, dans le domaine économique, une culture qui mette les relations humaines au premier plan et vise à mettre en pratique des approches régénératrices, capables de créer la communion. Lors d’une connexion mondiale organisée le matin du 30, près de 300 autres personnes se sont jointes à la salle de Buenos Aires, connectées depuis les quatre coins du monde pour réaffirmer solennellement le pacte qui unit l’ensemble du réseau de l’Économie de Communion.

L’EdC a également présenté deux nouveautés pour célébrer le présent et se tourner vers l’avenir : une nouvelle identité visuelle et une nouvelle application pour mettre en relation des personnes, des entreprises et des projets à l’échelle mondiale. Pour la découvrir, allez sur https://www.globaledc.org/.

Cette grande communauté mondiale aspire à promouvoir la culture de la rencontre, à s’engager pour une économie plus juste, à reconnaître le rôle central des personnes en situation de vulnérabilité et à contribuer à la construction de communautés plus fraternelles à travers les liens. Car, comme beaucoup l’ont partagé lors de l’événement, « personne n’est assez pauvre pour n’avoir rien à donner et personne n’est assez riche pour n’avoir rien à recevoir ».

Ana Tano (Buenos Aires)

Photo © Joaquin Masera – CSC Audiovisivi

Alba Sgariglia : l’expérience mystique du Paradis de 1949

Alba Sgariglia : l’expérience mystique du Paradis de 1949

Alba Sgariglia est diplômée en philosophie et titulaire d’une licence en théologie. Depuis 1975, l’année précédant son entrée dans une communauté des Focolari, elle a travaillé au Centre d’études de ce Mouvement, aux côtés de la fondatrice.

En quoi consistait ton travail au Centre d’études ?

Je me rendais à la bibliothèque de Florence pour faire des photocopies de passages des Pères grecs, que nous traduisions ensuite chez nous afin de rechercher, parmi tant et tant de pages, ces petites phrases qui pouvaient servir à Chiara Lubich pour confirmer ses inspirations. À l’époque, je travaillais avec Marisa Cerini, qui me disait : pour nous, construire l’Ut omnes (Que tous soient Un), signifie entrer dans la pensée des Pères grecs et essayer de comprendre, à partir de là, quelle a été la lumière du charisme que Chiara a reçu. Les années suivantes, j’ai également enseigné la religion dans des lycées de Rome. Puis je suis entrée dans le gouvernement de l’Œuvre pour suivre l’aspect culturel, puis à l’École Abbà, que Chiara a fondée en 1991 pour étudier les écrits de la période dite du Paradis de 49. Enfin, en 2014, Maria Voce (Emmaüs), alors Présidente du Mouvement des Focolari, m’a confié le Centre Chiara Lubich, créé pour préserver, étudier et promouvoir la figure de Chiara.

Que représente ce texte, qui vient d’être publié ?

Le Paradis de 49 est un ouvrage publié à titre posthume, car il a été écrit, préparé et rédigé par Chiara Lubich jusqu’à la fin de sa vie. Elle souhaitait décrire l’expérience mystique qu’elle avait vécue entre 1949 et 1951, en l’accompagnant de notes destinées à en faciliter la compréhension ; ceci afin de remettre au groupe de chercheurs de l’École Abbà un texte accessible, qui puisse servir à la recherche. Le texte contient une expérience mystique que Chiara a toujours dit ne pas pouvoir garder pour elle. Puis, encouragée par de nombreuses personnes, elle a réalisé que c’était un texte pouvant être compris et utilisé par d’autres personnes du Mouvement.

Au début des années 2000, par exemple, elle a expliqué aux jeunes du Mouvement le cœur de cette expérience. Elle s’est aussi rendu compte, petit à petit, que l’expérience rapportée dans le texte pouvait être partagée avec des personnes d’autres religions : au fil des ans, nous avons organisé des symposiums avec des hindous, des bouddhistes et des musulmans, auxquels elle a proposé quelques passages du Paradis de 49. Nous avons également expérimenté le dialogue autour du texte avec des personnes sans référence religieuse, qui ont proposé des réflexions bien plus profondes que ce que nous aurions pu imaginer, soulignant qu’il s’agit d’un texte de grande valeur. De nombreux fondateurs de charismes ont reçu la possibilité de comprendre l’œuvre qu’ils portaient de l’avant, à travers ce qu’on appelle les « visions intellectuelles », dans lesquelles ils perçoivent avec l’intellect ce que Dieu leur fait entrevoir.

Mais comme il s’agit d’un langage mystique, n’est-ce pas difficile à comprendre pour le commun des mortels ?

Le langage mystique est un genre littéraire particulier ; ce n’est ni de la poésie, ni du théâtre, ni de la littérature, ni de la théologie. Par exemple, on peut parfois rencontrer des difficultés d’ordre théologique, car le mystique cherche des mots qu’il ne trouve pas, il tente d’exprimer l’inexprimable : un exercice difficile, au point que Chiara elle-même, alors que nous relisions ces passages, nous demandait souvent : « Comment ai-je pu écrire ces phrases ? Que signifient-elles ? Pourquoi ai-je écrit cela ? »

Cela confirme que, dans ces situations, les fondateurs tentent d’exprimer ce qu’ils « voient » en utilisant les catégories culturelles et les concepts dont ils disposent, et qui sont parfois inadéquats. Par exemple, dans le Paradis de 1949, on trouve des références à la Divine Comédie, car Chiara la connaissait, ou à des philosophes, comme Kant qu’elle avait étudié. Le cadre extérieur peut également avoir une influence : Chiara et ses premières compagnes ont commencé cette expérience dans les montagnes du Trentin (Nord de l’Italie), à Tonadico : c’est une nature qui parle d’elle-même par sa beauté. Cela aussi l’aidait à exprimer des choses qu’elle percevait pour la première fois de sa vie.

Au cours des 18 années qui se sont écoulées depuis la mort de Chiara, vous avez publié des livres qui permettent de mieux comprendre le contexte de l’aventure du Paradis de 1949…

Nous avons continué à approfondir le texte à travers différentes disciplines, en suivant la méthode que Chiara nous avait transmise, c’est-à-dire celle d’examiner chaque chose à la lumière de « Jésus présent au milieu de nous ». Je pense que l’on peut identifier dans ce volume trois dimensions caractéristiques principales : la première est d’ordre didactique, car elle montre comment vivre le Charisme de l’unité et offre une clé de lecture pour la vie ; la deuxième caractéristique peut être qualifiée d’artistique et littéraire, car le texte présente de nombreux genres littéraires : journal intime, lettres, écrits, notes ; enfin, l’aspect doctrinal, car le texte a sans aucun doute une orientation théologique. Il s’agit en effet d’une expérience mystique qui aide à comprendre, d’une part, les réalités du Ciel – Dieu, la Trinité, le Verbe, Marie, la Création, l’enfer, le paradis – et, d’autre part, l’incarnation du charisme dans une Œuvre qui allait être fondée les années suivantes, c’est-à-dire après les années 1949-1951. Chaque fois qu’on lit ces textes mystiques, on comprend de nouvelles choses. C’est aussi ce qui m’arrive chaque fois que je lis ces pages, je comprends de nouvelles choses, tant sur le plan intellectuel que spirituel.

En lisant le texte, Chiara ne semble-t-elle pas un peu prétentieuse à certains moments ?

Il faut comprendre pourquoi Chiara dit ces choses de cette manière. Disons que c’est comme si Dieu, pour exprimer des concepts qui ne peuvent être exprimés par une créature humaine, s’identifiait à cette créature, en regardant les choses à travers ses yeux. C’est cela qui amène Chiara à écrire : « Aujourd’hui, je suis la paternité universelle. » Elle en arrive même à se demander : qu’est-ce que cela signifie ? À ce moment-là, elle s’identifie à cette réalité, afin de pouvoir l’exprimer. Dans les notes de bas de page, elle commente et exprime sa stupéfaction et sa joie de voir que d’autres fondateurs avaient vécu plus ou moins la même chose.

Quel conseil donnerais-tu pour la lecture ?

Je dirais : prenez ce livre et lisez-le quand et comme vous le voulez, à n’importe quel moment… Vous pouvez échanger avec d’autres personnes, ou avec un expert, sur certains passages peu clairs ou plus complexes. Mais je suggère de ne pas se laisser conditionner, car ce texte parle directement à la personne. Ouvrons-le au hasard et lisons la page qui nous tombe sous les yeux. Nous comprendrons alors ce dont nous avons besoin à ce moment-là, car le texte, malgré quelques difficultés, nous touche au plus profond. C’est une expérience mystique, « à laquelle nous pouvons participer », d’une certaine manière. C’est là la nouveauté, comme Chiara elle-même nous l’a expliqué. Elle a toujours veillé à ce que tous puissent participer à son expérience et cet ouvrage nous en ouvre la possibilité.

Giulio Meazzini
Interview publiée initialement dans la revue Città Nuova
Photo: © Francesco Frascella

Se former à l’action politique et sociale

Se former à l’action politique et sociale

À la suite de l’expérience enrichissante partagée avec les jeunes lors du Hackathon 2026, la deuxième phase du programme « Une humanité, une planète : leadership synodal » est en cours de lancement. Il s’agit d’un parcours de formation de 6 mois, en ligne, qui combine approfondissement et dialogue à partir des parcours de chacun, échange de projets et d’expériences, développement d’initiatives ayant un impact local et une portée mondiale.

Il s’adresse aux personnes âgées de 18 à 40 ans ayant une expérience dans la représentation politique, la gestion publique, les mouvements sociaux, les partis politiques et les espaces de plaidoyer ; qui sont engagées dans la transformation sociale et politique ou intéressées par le renforcement de leurs capacités de dialogue, de coopération et d’action collective. Qui sont disposées à apporter leur contribution opérationnelle et intellectuelle tout au long du programme.

D’une durée de 6 mois, entièrement en ligne, totalement gratuit et nécessitant un engagement estimé à 3 heures par semaine, le programme vise à toucher 500 jeunes cette année.

«Nous vivons un moment historique marqué par de profondes tensions géopolitiques, des crises socio-environnementales, une fragmentation sociale croissante et des niveaux élevés de polarisation », déclarent les organisateurs dans leur présentation. « Ces défis nous interpellent : ils mettent en évidence les limites des modèles traditionnels de gouvernance et l’urgence de nouvelles formes de leadership capables de générer du dialogue et d’activer des processus d’action collective afin de promouvoir des objectifs de paix et d’unité.
Dans ce contexte, nous avons choisi un style de leadership synodal : un leadership fondé sur l’écoute, la participation, la co-responsabilité et la construction de solutions partagées.
Si tu crois que la politique peut être un espace pour régénérer les liens, promouvoir le bien commun et prendre soin de l’humanité et de la planète, cet appel est pour toi.
Nous t’invitons à faire partie d’un espace international de formation et de cocreation d’initiatives politiques avec d’autres jeunes leaders provenant de différentes régions du monde, afin de repenser la gouvernance face aux défis actuels ».

La date limite de candidature est fixée au vendredi 19 juin 2026.

Pour obtenir plus d’informations et postuler au programme, consulte le PDF suivant

Par Carlos Mana
Photo: © Joaquín Masera – CSC Audiovisivi

Capacités au service des autres

Capacités au service des autres

Nous contentons-nous de vivre dans un monde où domine «la loi du plus fort»? Où, pour réussir, il faut écraser ou soumettre les autres? Où nous regardons l’autre avec méfiance et, par crainte de perdre ce que nous avons, nous érigeons des barrières physiques ou invisibles? Nous résignons-nous à laisser passer les jours sans espérance, sans trouver de sens à ce que nous vivons? Soyons sincères : est-ce vraiment cela, vivre pleinement?

Dans un monde complexe et incertain, nous avons la possibilité d’être porteurs d’une nouvelle façon de concevoir la vie. Mais pour cela, il faut d’abord en faire l’expérience. Comment?

Nous sommes nés, sans l’avoir demandé, avec des capacités qui nous ont été données: certains ont des facilités pour communiquer, d’autres possèdent une sensibilité artistique et créative; nous disposons tous d’une certaine intelligence, et il se peut que la vie nous ait offert des occasions uniques de nous épanouir. La question est: qu’en faisons-nous? Nous avons deux possibilités: utiliser ces capacités uniquement pour notre bénéfice personnel, en
profitant de ce qu’elles nous offrent, ou bien les mettre au service des autres et les partager.

La deuxième option ne nous garantira peut-être pas un gain économique immédiat – ce qui semble aujourd’hui être le principal moteur du monde, mais elle nous permettra sans aucun doute de contribuer à construire une réalité différente: un monde où la compétition n’est pas une fin en soi, mais un moyen de s’améliorer et de grandir ensemble.

Il ne s’agit pas d’une réalité imposée, mais d’un processus qui commence dans les relations quotidiennes et dans les choix que chacun fait lorsqu’il décide d’agir. Les personnes qui vivent ainsi démontrent, par leurs actes, que le changement est possible. Partout où elles agissent, elles rendent visible un nouveau paradigme et montrent que ce changement est proche.

Avec humilité, nous partageons ce que nous sommes et ce que nous avons; nous accompagnons et offrons notre affection à ceux qui ont besoin de notre chaleur et de notre proximité, en soulageant les souffrances lorsque cela est nécessaire; nous vivons ensemble ces valeurs qui peuvent être un moteur du changement vers une société fondée sur la justice, le respect, la paix et la dignité de tous; une société dans laquelle on encourage le pardon, la réconciliation et où l’on recherche le bien de tous.

Ensemble, nous serons plus forts et plus crédibles, surtout si nous persévérons dans nos choix. Que nos actions ne visent pas la reconnaissance et ne reposent ni sur le calcul ni sur l’intérêt personnel. La transformation est lente, parfois imperceptible, mais si nous faisons preuve de constance, le changement adviendra, prendra de l’ampleur et se consolidera. L’avenir commence à prendre forme.


L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le “Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse” du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Actuellement L’IDÉE DU MOIS est traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte pour s’adapter aux différentes sensibilités culturelles. dialogue4unity.focolare.org

Photo: 小鱼 余 en Pixabay

« En chemin, proclamez que le Règne des cieux s’est approché […] Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Matthieu 10, 7-8).

« En chemin, proclamez que le Règne des cieux s’est approché […] Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Matthieu 10, 7-8).

Dans ce chapitre de l’Évangile selon Matthieu, les apôtres viennent d’être choisis par Jésus, qui les appelle par leur nom, leur confère des pouvoirs spéciaux pour chasser les esprits impurs et le don de guérir toute maladie et toute infirmité. Jésus leur donne des instructions sur où et comment accomplir leur mission initiale. Le message qu’ils doivent annoncer est clair : « Le royaume des cieux s’est approché»[1].

L’indication de proclamer « en chemin » le message confié souligne, d’une part, que le vrai disciple est avant tout un prédicateur de proximité et, d’autre part, que le fait même de marcher ensemble doit être une annonce. En effet, dans l’Évangile de Jean, après avoir donné le commandement nouveau, Jésus affirme : « À ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples, l’amour que vous aurez les uns pour les autres. »[2].

« En chemin, proclamez que le Règne des cieux s’est approché. […]

[…] Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. »

Le royaume des cieux est au cœur du message de Jésus. L’expression similaire « royaume de Dieu » est utilisée dans l’Ancien Testament pour désigner la seigneurie, le gouvernement et l’action salvifique de Dieu dans l’histoire humaine. Il est le souverain du monde et surtout du peuple d’Israël qui attendait un descendant du roi David pour rétablir la place d’Israël parmi les nations. Dans le Nouveau Testament, Jésus lui-même est présenté comme le descendant de David et donc comme roi. À la différence d’un royaume temporel, le « royaume des cieux » est un royaume de paix et de justice, où l’on prend soin des pauvres, où règnent le pardon et la réconciliation, et qui apportera la vie et la lumière à toutes les nations. Il s’agit d’un royaume qui a déjà commencé dans le monde et dans le cœur des hommes, mais qui ne sera pleinement réalisé qu’au retour de Jésus.

« En chemin, proclamez que le Règne des cieux s’est approché. […]

[…] Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. »

Jésus annonce que le royaume est proche dans le temps, imminent. À partir des paraboles comme celle du grain de sénevé ou du levain qui fait lever toute la pâte, on comprend qu’il agit de manière mystérieuse et humble, mais tenace et au fil du temps. « Proche » a également un sens spatial. Lorsque les disciples, qui portent la présence de l’esprit de Jésus, s’approchent en marchant, le royaume de Dieu s’approche et, dans l’évangile de Marc, Jésus dit au scribe :

« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu [3], » il est probable qu’il voulait dire non seulement « Tu as commencé à comprendre », mais aussi « Tu n’es pas loin de moi. »


« En chemin, proclamez que le Règne des cieux s’est approché. […]

[…] Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. »

« Gratuitement » traduit un terme qui, dans le grec original, signifie « en cadeau ». Cela souligne le fait que ce que les apôtres ont reçu ne leur a pas été donné parce qu’ils le méritaient. La source en est la générosité de Dieu et le fait qu’ils ont été choisis pour une mission particulière.

Chiara Lubich écrit : « Le royaume de Dieu doit donc être accueilli. C’est un don que Dieu te fait. En effet, aucun effort humain, aucune tentative ascétique, aucune étude ou recherche intellectuelle ne peut te faire entrer dans le royaume de Dieu. C’est Dieu lui-même qui vient à ta rencontre, qui se révèle par sa lumière ou te touche par sa grâce. Et il n’y a aucun mérite dont tu puisses te vanter ou sur lequel tu puisses t’appuyer pour avoir droit à un tel don de Dieu. Le royaume t’est offert gratuitement [4]. » Dans cet accueil, nous sommes appelés, aujourd’hui encore, à poursuivre la tâche confiée par Jésus aux apôtres, à proclamer par la parole et par les actes la proximité du royaume, à annoncer à chaque être humain un message d’espoir : dans ce monde si tourmenté et incertain, Dieu l’aime immensément, Dieu nous aime tous immensément.

D’après Augusto Parody Reyes et l’équipe de la Parole de Vie.


[1] Mt 10,7.

[2] Gv 13, 35.

[3] Mc 12,34.

[4] Cfr. Chiara Lubich, Parole di Vita,d’après Fabio Ciardi (Opere di Chiara Lubich 5), Città Nuova, Rome 2017, pp. 152-153.

Photo © Birgit Lutzer-Pixabay