Mouvement des Focolari
Parcours pré-Assemblée: un chemin de conversion et de partage

Parcours pré-Assemblée: un chemin de conversion et de partage

« Ma prière, mon souhait, c’est que ces mois qui sont devant nous, puissent être véritablement des mois de croissance spirituelle, de conversion (…), conversion personnelle, mais aussi conversion collective (…). Qu’il y ait cet amour réciproque qui nous rend libres de pouvoir tout donner et d’avoir de l’estime les uns pour les autres, du respect les uns envers les autres, sachant que chacun de nous a des idées différentes, des perspectives différentes, des idées différentes sur l’Œuvre, des rêves différents… Mais – en cela repose ma confiance – qu’ensemble nous puissions avoir cette lumière, ensemble nous puissions permettre à l’Esprit Saint de guider cette nouvelle étape de l’Œuvre. »

Le 7 décembre dernier, à l’occasion de la retraite annuelle des focolarini et des focolarines à Castel Gandolfo (Rome), Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, a prononcé ces mots en saluant toutes les personnes présentes, invitant chacun à se tourner vers l’Assemblée Générale qui se tiendra en mars 2026 (AG2026), étape d’un parcours qui se poursuit et fait avancer l’histoire du Mouvement des Focolari.

Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, a voulu insérer dans les Statuts Généraux un préambule « à toute autre règle », qui concerne certainement aussi l’Assemblée Générale, car un organe de gouvernement ne peut encore aujourd’hui que plonger ses racines dans l’amour réciproque : « La charité mutuelle et constante, qui rend possible l’unité et apporte la présence de Jésus dans la collectivité – dit le texte -, fonde dans tous ses aspects la vie des personnes qui font partie de l’Œuvre de Marie. »

Comme nous l’avons annoncé dans un précédent article, après les différentes Assemblées zonales qui se sont tenues dans le monde entier, la phase de consultation sur les propositions de thèmes et de modifications des Statuts et la première phase de consultation sur les noms ont pris fin en novembre 2025. La liste des participants et des invités a été finalisée et est à désormais définitive.

À partir du 20 décembre 2025, le parcours de préparation se poursuivra à travers plusieurs rencontres de ce que l’on appelle le parcours pré-Assemblée, destinées en particulier à ceux qui participeront en tant que membres élus, membres de droit, suppléants et invités à l’AG2026.

Il s’agit plus précisément de 5 rendez-vous via zoom au cours desquels les personnes intéressées pourront approfondir différents thèmes :

20 décembre 2025 : « Conversation dans l’Esprit »

17 janvier 2026 : « Comment se préparer et comment vivre en Assemblée »

31 janvier 2026 : « Présentation des propositions concernant les Statuts Généraux »

7 février 2026 : « Principaux thèmes qui ont émergé », 1ère partie

21 février 2026 : « Principaux thèmes qui ont émergé », 2e partie

« Un moment de préparation, de discernement, mais surtout de partage qui impliquera un grand nombre de personnes venues des différentes parties du monde – affirme la Commission Préparatoire de l’Assemblée (CPA) -, c’est enthousiasmant. Les participants à l’Assemblée se verront pour la première fois. Les défis liés à la distance physique, linguistique et culturelle sont certes nombreux, mais cela reflète l’intention du parcours, à savoir la construction de l’unité. C’est un moment où l’on commencera vraiment à faire l’expérience de l’Assemblée, où cette réalité commencera à se faire concrète. »

L’objectif de ce parcours pré-Assemblée est d’aider les participants à arriver le mieux préparés possible à l’Assemblée, en premier lieu à travers la formation à la Conversation dans l’Esprit, qui sera adoptée comme méthodologie à certains moments.

Une rencontre sera consacrée à l’explication pratique du fonctionnement de l’Assemblée et des dispositions réglementaires à respecter, mais aussi à l’attitude spirituelle que devraient adopter les participants, conscients que chacun représente sa propre réalité, les communautés et les régions géographiques qu’il représente, tout en gardant un regard ouvert sur l’Œuvre dans sa globalité. L’accent sera ensuite mis sur les propositions de modification des Statuts Généraux à présenter en Assemblée. Les deux derniers rendez-vous de février, consacrées aux principaux thèmes issus des consultations, seront ensuite mises à la disposition de tous les membres du Mouvement.

« Ce parcours pré-Assemblée qui s’ouvre n’est pas une étape isolée vers l’AG2026 – affirme Ángel Bartol, coordinateur avec Cecilia Gatti de la CPA – mais plutôt un instrument pour accompagner et continuer à cheminer ensemble. C’est comme l’image d’un zoom qui, progressivement, affine la mise au point de l’expérience que l’on veut vivre. Dans ce parcours qui nous rapproche, outre le fait de connaître ce qui tient à cœur à l’ensemble de l’Œuvre dans le monde, il est également important de « se connaître », de connaître les personnes qui peuvent occuper des fonctions électives, leur regard, d’entrer dans une dimension d’écoute et d’accueil. Un parcours – poursuit Ángel– dans lequel il est important de se laisser convertir et purifier pour découvrir ce que Dieu attend de nous aujourd’hui. »

Se préparer à l’Assemblée est donc un parcours que l’on souhaite entreprendre en se reproposant jour après jour de vivre l’amour réciproque, au point de mériter la présence de Jésus au milieu de nous ; recueillir le fruit d’un travail de plusieurs mois qui rassemble une pluralité de voix, d’idées, d’âmes et devient l’expression réelle non pas d’une seule personne, mais d’un corps, d’une famille entière dans le monde, qui avance ensemble vers l’avenir.

Maria Grazia Berretta

Les 50 ans du Mouvement diocésain : une cascade de lumière

Les 50 ans du Mouvement diocésain : une cascade de lumière

Il y a 50 ans, à Ascoli Piceno, une commune du centre de l’Italie, deux prêtres focolarini, Don Pino et Don Mario, ont décidé de commencer ensemble une activité apostolique normale en proposant quelques rencontres pour les jeunes. Après quelques semaines, ils ont été surpris de se retrouver entourés de centaines de jeunes désireux de vivre l’Évangile au quotidien. Le Mouvement diocésain était en train de naître, expression du Mouvement des Focolari qui avait et a pour mission d’animer, à travers la spiritualité de l’unité des Focolari, les rouages de l’Église locale. Un Mouvement qui, au cours de ces 50 années, a vu se réaliser les œuvres de Dieu dans le diocèse et naître de nombreuses vocations à la vie sacerdotale, laïque et religieuse.

Les 13 et 14 décembre 2025, une cérémonie commémorative a eu lieu dans la ville en présence de Margaret Karram et Jesùs Moràn – Présidente et Coprésident des Focolari – du Cardinal Giuseppe Petrocchi, Cofondateur du Mouvement diocésain avec Chiara Lubich, de plusieurs évêques, prêtres focolarini et focolarines originaires de la région.

« La relation que j’ai avec le Mouvement diocésain est positive car il est très enraciné ici à Ascoli », a déclaré Mgr Gianpiero Palmieri, évêque du diocèse, lors de sa rencontre avec Margaret et Jesús. « Les prêtres, les laïcs et les diacres du Mouvement diocésain contribuent à la vie de notre diocèse dans sa mission évangélisatrice. Ce que le Mouvement diocésain peut apporter de plus et qu’il apportera, aujourd’hui et à l’avenir, c’est précisément cette contribution, selon son charisme – qui est celui de l’unité – à l’évangélisation, grâce à son aptitude au dialogue avec tout le monde ».

Dans l’après-midi du 13 décembre, les communautés des Focolari d’Ascoli Piceno, Teramo, Fermo, Pesaro, Macerata et Cuneo – diocèses du nord de l’Italie où le Mouvement diocésain a récemment vu le jour – se sont réunies. « Je suis toujours étonnée par la vivacité et la joie de vos communautés, a déclaré Margaret, car vous avez su franchir les portes des églises, des paroisses et vous mettre en réseau avec des personnes et des organisations laïques de vos villes, en faisant preuve de cohérence dans votre choix évangélique, en multipliant les initiatives de proximité envers les plus démunis, les immigrés et les marginalisés. Grâce à la fidélité de beaucoup d’entre vous, nous pouvons dire aujourd’hui que le Mouvement diocésain est une grâce pour l’Église et pour l’Œuvre de Marie ». Et Jesús a ajouté : « Le Mouvement diocésain est le fruit du génie ecclésial de Chiara Lubich. C’est la capacité de faire naître l’Église dans un groupe d’âmes au sein de la communauté. Ici, à Ascoli, nous l’avons vu se réaliser. Chiara, avec son génie ecclésial, a fait naître une communauté, toute entière Église au service de l’Église ».

Le cardinal Giuseppe Petrocchi connu de tous sous le nom de Don Pino, a retracé certaines étapes des débuts, en saisissant les signes de l’Esprit Saint. Il a ajouté : « La spiritualité de l’unité que le Seigneur a donnée à Chiara Lubich et son témoignage offrent une lumière charismatique intense pour explorer des horizons théologiques, pastoraux et sociaux inédits, avec à nos côtés l’humble vierge de Nazareth, comme mère, maîtresse et modèle. Pour elle et avec elle, nous élevons notre Magnificat de louange et de reconnaissance. Vous êtes aujourd’hui ce Magnificat ».

Les témoignages de divers membres des communautés locales reflétaient l’expérience de l’Église-communion, dans la capacité à créer des liens de charité entre les structures et les membres de l’Église locale, entre les charismes et les ministères et avec tous.

Le 14 décembre, une table ronde intitulée « Le charisme du mouvement diocésain dans l’Église et dans la société aujourd’hui » s’est tenue dans le prestigieux théâtre municipal. Des institutions laïques et religieuses ont participé à l’événement avec le maire et l’évêque, mais aussi des représentants de mouvements et d’associations catholiques et d’autres Églises, ainsi que divers citoyens désireux d’en savoir plus.

Mgr Piero Coda, secrétaire général de la Commission théologique internationale du Saint-Siège, a déclaré dans son discours d’ouverture : « Le Mouvement diocésain s’impose comme une déclinaison originale et propice et une « mise en œuvre » opportune du renouveau mis en marche et orienté par le Concile : à partir de la reconnaissance et de la valorisation de l’Église locale – le diocèse – comme lieu concret et irremplaçable d’expérience communautaire de l’Évangile dans l’exercice de son incarnation prophétique au niveau culturel et social. Et avec le cœur et l’esprit ouverts à tous : en accord avec l’esprit de Vatican II et le charisme de l’unité, les chrétiens d’autres Églises ou communautés ecclésiales peuvent faire partie du Mouvement diocésain, et les personnes d’autres religions et les personnes sans convictions religieuses peuvent y participer. N’est-ce pas passionnant ? »

Le Mouvement diocésain peut donc être un pont entre l’Évangile et la ville et entre ses différentes composantes sociales. « Voici, a ajouté Margaret, sa portée aujourd’hui : préserver et nouer des liens, ouvrir des chemins de mission dans nos Églises et dans les nombreux contextes civils et citoyens : tout commence par l’amour réciproque qui, s’il est vécu, génère plus de communion dans l’Église, plus de fraternité dans nos milieux, plus d’espoir pour le monde ».

Une expérience née il y a 50 ans, non par hasard, mais grâce à un parcours qui a nourri l’âme de la communauté locale dans le Christ. « Chiara Lubich n’a pas fondé le Mouvement diocésain sur le papier », a souligné Jesús Moràn. Elle a plutôt vu dans l’expérience qui se déroulait dans l’Église de cette ville (Ascoli) dans les années 70, l’empreinte indélébile de son âme ecclésiale, de son charisme. Chiara a pu le reconnaître parce qu’ici, grâce notamment à ce groupe de prêtres et de jeunes, l’Église d’Ascoli faisait l’expérience du Christ en elle-même. Il en a été ainsi et il en sera toujours ainsi.

Dès les années 70, le Mouvement diocésain avait lancé un processus de synodalité dans l’Église locale. Aujourd’hui, il peut et doit être un instrument permettant au chemin synodal de l’Église de devenir réalité dans les Églises locales. Mais « la synodalité de l’Église a besoin, non seulement de classes doctrinales bien équipées mais aussi de gymnases existentiels », a déclaré le cardinal Giuseppe Petrocchi dans son intervention. « En ce sens, le Mouvement diocésain peut être un laboratoire où l’on apprend à vivre cette communion telle que l’Esprit Saint la dessine devant nos yeux dans l’Église d’aujourd’hui ».

« Je fais partie de ces jeunes qui ont découvert l’idéal de l’unité des Focolari à Ascoli à travers le Mouvement diocésain », a déclaré Luigino Bruni, économiste et professeur d’université. « Je suis allé à la paroisse parce que je cherchais Dieu. L’expérience de ces années-là – nous étions environ 200 jeunes – était très intense, riche en idéaux. Nous n’entrions pas dans un mouvement, mais dans l’avenir de l’Église et du monde. Depuis Ascoli, nous sentions que nous étions en train de changer l’Église, le monde, l’économie, à tel point que j’ai ensuite choisi tout cela dans les années qui ont suivi ».

« Il est impressionnant de voir, dans la vie quotidienne du mouvement diocésain, différentes générations vivre et travailler ensemble pour soutenir et contribuer à la vie des paroisses », a réaffirmé Marie-Thérèse Henderson, du focolare d’Ancône, puis de voir dans la relation entre laïcs et prêtres cette réalité simple et prophétique que l’Église attend et espère : la dimension de synodalité, d’unité, propre à l’Église elle-même ».

Les interventions des orateurs ont été entrecoupées de moments artistiques avec Alessandro Cappella, Enrico Mazzuca, Silvia Capponi, Elena Piermarini et Laura Ubaldi.

Lorenzo Russo
Photo: © Joaquín Masera-CSC Audiovisivi

En route vers l’Assemblée Générale

En route vers l’Assemblée Générale

En vue de l’Assemblée, le 7 novembre 2025 s’est achevée la première collecte, provenant des différentes régions du monde, des indications de préférences pour l’élection de la Présidente, du Coprésident et des Conseillers/ères généraux, mais aussi la phase de collecte des idées et des propositions de thèmes à aborder lors de l’Assemblée. Quelles sont les prochaines étapes ? Comment ces propositions seront-elles organisées ?

Du monde entier, plus précisément des 15 zones qui composent le Mouvement des Focolari, sont arrivées diverses propositions, issues tantôt d’une réflexion communautaire, tantôt d’une réflexion individuelle. Quelques-unes ont déjà été synthétisées par les commissions zonales présentes dans plusieurs lieux qui, avec toutes les autres, seront lues avec attention, regroupées par thèmes et résumées afin d’en faciliter la lecture. En tant que Commission Préparatoire de l’Assemblée (CPA), nous sommes déjà au travail dans ce sens. Certaines aires thématiques regrouperont les propositions examinées et synthétisées à proposer à l’Assemblée. Un parcours de discernement authentique, dans lequel la communion entre nous sera fondamentale dans le processus de décision opérationnelle. L’Assemblée, en recevant le fruit de ce travail, aura pour tâche d’examiner les idées, d’en envisager de nouvelles si elle le juge nécessaire et de voter pour définir les orientations des cinq prochaines années d’activité de l’Œuvre. Il est bien sûr important de souligner que toutes les propositions que nous avons recueillies en tant que CPA seront consignées dans un « livre des propositions », un dossier que les participants à l’Assemblée pourront lire personnellement ou lors des différentes rencontres. Aucune contribution qui nous est arrivée pendant cette période précieuse ne sera donc perdue, mais figurera dans un vademecum pour pouvoir continuer à cheminer ensemble.

Au cours de cette période, des propositions de modification des Statuts Généraux ont également été recueillies. Pouvez-vous nous expliquer quels sont les critères utilisés pour mener à bien un tel travail ?

En ce qui concerne cette consultation, il faut tout d’abord tenir compte de la nécessité qui s’est fait jour d’approfondir encore plus nos Statuts Généraux, afin de mieux comprendre ce qui est davantage lié au moment historique où ils ont été écrits et ce qui, en revanche, est lié au charisme. C’est pourquoi suivant les indications de Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, nous nous sommes concentrés pour le moment sur des thèmes qui ont guidé nos pas dans la collecte de propositions de modifications aux Statuts Généraux. Par exemple, l’application des dispositions établies par le Décret du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, du 3 juin 2021, qui réduit la durée des mandats à un maximum de 5 ans. Un autre élément à ne pas négliger concerne certaines nécessités apparues dans la vie du Mouvement, compte tenu par exemple de la grande réorganisation territoriale survenue ces dernières années dans les différentes aires géographiques ; cela conduit à responsabiliser davantage tous les membres de l’Œuvre, à la possibilité de réduire encore le nombre des conseillères et des conseillers élus lors de l’Assemblée et à l’attention portée à des propositions déjà formulées lors de la précédente Assemblée Générale de 2021.

Comment passe-t-on concrètement de la proposition à la modification effective des Statuts ?

Comme nous l’avons déjà dit, nous sommes conscients qu’il ne sera pas possible d’engager un changement global dans les Statuts Généraux, mais nous examinerons en particulier les aspects qui ne peuvent être reportés. Nous avons donc vécu un parcours qui nous a conduits à recueillir des propositions du monde entier, par l’intermédiaire de la Commission Préparatoire de l’Assemblée, dans le cadre d’un processus participatif mené dans les différentes aires géographiques où le Mouvement des Focolari est présent. À présent, Margaret Karram a confié l’étude de ces propositions à une commission spécifique, qui procédera aux évaluations nécessaires. Cette commission, composée de personnes compétentes dans différents domaines, élaborera un avis qui viendra s’ajouter à l’étude réalisée ces dernières années par une autre commission mandatée après l’Assemblée de 2021 ; cela permettra de fournir à la Présidente et à la prochaine Assemblée les éléments nécessaires pour discerner si ces propositions sont cohérentes, avant tout avec le charisme, avec le droit canonique, avec la réalité que vit aujourd’hui l’Œuvre de Marie, etc. Les propositions seront donc présentées en mars prochain à l’Assemblée Générale, qui a la faculté de délibérer et d’approuver. Les modifications qui seront éventuellement approuvées par l’Assemblée seront soumises ensuite au Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, dont nous dépendons comme Mouvement, qui pourra les approuver ou non. Ce n’est qu’après cette approbation qu’elles seront applicables.

La Commission préparatoire de l’Assemblée (CPA), composée de membres du Mouvement des Focolari provenant de différents continents et ayant différentes vocations, lors de sa première réunion en présentiel en avril 2025. Photo Javier García – CSC Audiovisivi

La méthode qui sera utilisée à certains moments de l’Assemblée Générale s’inspirera de celle de la « Conversation dans l’Esprit ». Pouvez-vous nous expliquer en quoi elle consiste ?

Cette méthode, utilisée au cours du Synode, est une dynamique de discernement, un outil que nous avons proposé d’adopter également dans les Assemblées de zone : la conversation dans l’Esprit à la lumière du charisme de l’unité. Il ne s’agit pas d’une simple technique permettant de résoudre pacifiquement des questions entre des personnes qui ont des opinions différentes. C’est quelque chose de très profond qui engage tout le monde et qui se réalise à travers quelques passages essentiels, à commencer, plus précisément, par une préparation personnelle : chacun se confiant au Père, se mettant dans le silence, en prière et à l’écoute de l’Esprit Saint, prépare sa propre contribution inhérente à la question sur laquelle on est appelé à discerner. Ensuite, il est nécessaire de faire place aux autres dans un climat de grande communion : à partir de ce que les autres ont dit, chacun peut partager ce qui a le plus résonné en lui et, en même temps, ce qu’il a le plus de mal à accueillir. Sur la base de ce qui est ressorti, on entame le dialogue afin de discerner et de recueillir le fruit de la conversation dans l’Esprit : reconnaître les intuitions et les convergences, identifier les divergences, les obstacles et laisser émerger de nouvelles questions. Il est très important, dans cette dynamique, de laisser la place à ce qu’on appelle les « voix prophétiques », ces intuitions aptes à lire en profondeur l’histoire, et que chacun, dans cette dimension communautaire, puisse sentir que sa pensée fait partie du résultat final des travaux. Pour cette raison, il convient de faire précéder toute chose par le Pacte d’amour réciproque, qui exprime la ferme volonté de cheminer ensemble vers Dieu concrètement, en s’aidant, en se pardonnant, en recommençant chaque fois que cela est nécessaire. Ce faisant, la conversation dans l’Esprit facilitera le discernement requis. Elle sera utile pour “reconnaître” la présence de Dieu dans la complexité des événements historiques, les « interpréter” à la lumière du charisme de l’unité et avoir le courage de croire en la possibilité de « mettre en œuvre » ce qui aura été décidé.

Outre les participants ayant droit de vote, certains invités seront également présents à l’Assemblée, mais ils ne pourront pas voter. Quelle est la signification de leur présence ?

C’est le Statut même de l’Œuvre qui prévoit la présence à l’Assemblée d’un certain nombre de participants invités directement par la Présidente, dans la mesure où leur contribution est considérée comme précieuse et très enrichissante. Il s’agit de personnes qui participent au Mouvement de diverses manières et sous différentes formes : membres de différentes Églises, fidèles de différentes religions, personnes de convictions non religieuses ou de cultures différentes, experts dans des domaines variés. Grâce à leur expérience, elles peuvent aider au discernement sur divers thèmes. Leur présence permet d’élargir le regard et les horizons. Ainsi, l’Assemblée pourra mieux représenter l’Œuvre dans sa diversité, la rendant plus apte à vivre pour l’ut omnes. Les invités participeront comme les autres aux discussions en plénière et aux travaux de groupe. La seule différence est qu’ils ne pourront pas voter, mais le vote n’est qu’un des moments de l’Assemblée qui se veut avant tout une expérience profonde d’unité pour réfléchir et discerner ensemble, à l’écoute de l’Esprit Saint, sur l’avenir de l’Œuvre.

préparé par Maria Grazia Berretta
Photo de couverture : Assemblée générale 2014 © GNuzzolo-CSCAudiovisivi.

Luce Ardente : le moine bouddhiste qui a fait de l’amour sa voie

Luce Ardente : le moine bouddhiste qui a fait de l’amour sa voie

Au petit matin du 10 novembre, le moine bouddhiste thaïlandais Phra Maha Thongrattana Thavorn s’est éteint et la nouvelle s’est rapidement propagée parmi les communautés des Focolari à travers le monde. Sa disparition appelle l’attention sur un parcours de dialogue entre les Religions, engagé à œuvrer pour un monde uni, pour la compréhension réciproque et pour la paix.

Son histoire croise celle du Mouvement des Focolari en 1995, lorsqu’il accompagne son disciple Somjit en Italie et visite pour la première fois Loppiano, la cité-pilote internationale du Mouvement. C’est là qu’il rencontra Chiara Lubich. La proximité spirituelle que le moine ressentit dès lors avec la fondatrice des Focolari fut telle qu’il commença à l’appeler « maman Chiara ». De son côté, Chiara reconnut en lui une âme d’une profondeur extraordinaire, à même d’éclairer la voie du dialogue interreligieux de façon authentique et respectueuse, d’où le nom « Luce ardente » (Lumière ardente) sous lequel il est connu de beaucoup. Depuis lors, le moine thaïlandais est devenu un ami fidèle du Mouvement, participant à de nombreux événements en Asie et en Europe. Sa présence était discrète mais profonde, et son message toujours clair : les religions ne doivent pas entrer en concurrence, mais collaborer pour le bien de l’humanité.

« Luce Ardente » con Chiara Lubich a Bangkok , Thailandia (1997)

Margaret Karram, Présidente des Focolari, a écrit ceci aux communautés du monde entier :

« Il a vécu pleinement le nom que Chiara lui avait donné, étant partout un instrument de lumière, de consolation et d’espérance. Jusqu’au dernier instant, il a aimé et vécu pour construire la fraternité. Au cours de sa vie, il a su parler de l’unité de manière unique, avec sagesse et passion, dans des livres, des revues, des émissions de radio, des rencontres avec des moines et des laïcs bouddhistes, non sans avoir à faire face à des difficultés. Un jour, à un moine qui lui demandait, perplexe : « Maître, tu suis une femme chrétienne ?”, il répondit : “Je ne suis pas une femme, mais son idéal de fraternité universelle. Elle n’appartient pas seulement aux chrétiens, elle nous appartient à nous aussi.”

Dans son dernier message, il m’a écrit : « Margaret, je souffre, mais je résiste, je résiste, je résiste, car mes souffrances ne sont rien comparées à celles de Jésus sur la croix. Je résiste parce que je suis un fils de ‘maman Chiara’. Souviens-toi : nous ne nous voyons plus, mais un jour nous nous reverrons. Je vais bientôt la rejoindre. »

Personnellement, je garde dans le cœur chaque mot qu’il m’a écrit et chaque conseil qu’il m’a donné. Il m’a appris ce que signifie « résister par amour », et son unité avec moi a été un don précieux que je n’oublierai jamais.

Luce Ardente a demandé à être enterré à Loppiano, où il a rencontré Chiara et découvert la spiritualité de l’unité. Dans une interview accordée en 2021, il réaffirmait avec force sa vision : « Je voudrais que chacun, dans sa propre religion, cherche la signification profonde de sa doctrine. C’est seulement ainsi que nous pourrons vivre ensemble dans la paix et l’harmonie. » C’est un appel à la profondeur, à la sincérité, au partage. Une invitation qui résonne aujourd’hui comme un testament spirituel.

Stefania Tanesini
Photo © Archivio CSC Audiovisi

Activer les sous-titres dans la langue souhaitée – L’original est doublé en italien.

Un bilan qui parle de paix, de formation, de santé et d’inclusion

Un bilan qui parle de paix, de formation, de santé et d’inclusion

« Nous avons choisi de raconter des histoires de proximité et de fraternité, fruits de l’engagement de nombreuses personnes et communautés dans le monde qui, au quotidien, cherchent à susciter la confiance. » C’est par ces mots que Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, a ouvert la présentation du Bilan de communion 2024 (BdC) qui s’est tenue le 6 novembre 2025 à l’Institut pontifical patristique Augustinianum de Rome. Un document va au-delà du simple rapport économique et présente les œuvres actives liées aux Focolari, dans différents pays ainsi que leur impact concret sur les personnes, les communautés et les territoires. « Il ne se limite pas à quantifier des chiffres, mais raconte des relations », a souligné Sœur Alessandra Smerilli, secrétaire du Dicastère pour le développement humain intégral. « La communion est un bien stratégique. Ce n’est pas un simple partage de ressources, mais il s’agit de construire des liens qui génèrent confiance, cohésion et résilience. En termes économiques, c’est un capital relationnel : il réduit les coûts de l’exclusion, favorise la participation, rend possibles des processus de développement humain intégral. Là où il y a communion, la fragilité devient une opportunité, car ceux qui sont intégrés dans des réseaux de réciprocité ont plus de chances de sortir de la marginalité. À une époque de grandes inégalités, ce bilan est une dénonciation prophétique et une bonne nouvelle : chaque acte individuel est important. »

Ruperto Battiston, coresponsable économique des Focolari, présente les chiffres : « Le BdC 2024 enregistre des recettes de 8,1 millions d’euros provenant de dons, de la libre communion des biens des membres et de contributions d’institutions externes pour des projets de formation. Les dépenses s’élèvent à 9,6 millions d’euros et ont été destinées à des initiatives générant une valeur à long terme : projets locaux, cités-pilotes, œuvres sociales, parcours de formation et culturels, de même qu’au soutien du Centre International.

Grâce à une communion des biens extraordinaire de 208 568 euros, il a été possible d’aider les personnes du Mouvement qui se trouvent dans des situations de besoin particulier, ainsi que les structures qui soutiennent les plus pauvres.

En outre, l’Économie de Communion a distribué 394 aides individuelles et soutenu 14 projets dans 13 pays, pour un total de 669 566 euros.

Parmi les nombreuses données, nous avons choisi cette année de mettre en évidence les sommes destinées aux structures liées à la protection de la personne et à la formation à cette protection, comme nous l’a recommandé le récent rapport de la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs. »

POUR TÉLÉCHARGER le Bilan de Communion cliquer ici (disponible en italien, la traduction dans les autres langues sera publiée prochainement).

Cinq œuvres parmi celles illustrées dans le Bilan ont été présentées : Fo.Co. ONLUS – Italie: une coopérative sociale qui accueille des migrants et des mineurs non accompagnés, en favorisant l’inclusion et le travail. Elle a rouvert un ancien couvent, le transformant en centre d’accueil ; UNIRedes – Amérique latine : un réseau de 74 organisations actives dans 20 pays, qui rejoint chaque année des milliers de personnes par le biais de projets éducatifs, sanitaires et culturels. Le Centre médical Focolari – Man, Côte d’Ivoire : né pendant la guerre civile, il est aujourd’hui un centre de santé ouvert 24 heures sur 24, avec des services de télémédecine et d’hospitalisation. Focolare Carpentry – Philippines : un centre de formation professionnelle qui a redonné dignité et travail à plus de 300 jeunes exclus du système scolaire. TogetherWEconnect – Israël et Palestine : un projet éducatif qui implique 500 étudiants dans des parcours de dialogue, d’estime de soi et de citoyenneté active.

« La communion n’est pas de l’assistanat, mais une dynamique de protagonisme et de réciprocité », a expliqué Moira Monacelli de Caritas Internationalis. « Être présent ne signifie pas seulement faire pour, mais marcher avec. » Les œuvres présentées dans le Bilan naissent d’un amour concret, qui se traduit par l’écoute, la coresponsabilité, la formation et la confiance en la Providence. « Donner espérance, ce n’est pas le dire avec des mots », a conclu Moira Monacelli, « mais construire des communautés où la fraternité devient réalité. »

Stefania Tanesini