Mouvement des Focolari
Chiara Lubich : Je t’ai trouvé

Chiara Lubich : Je t’ai trouvé

Je t’ai trouvé en tant de lieux, Seigneur !

Je t’ai senti palpiter au plus haut du silence d’une chapelle de montagne, dans la pénombre du tabernacle d’une cathédrale déserte, dans la ferveur unanime d’une foule qui te célèbre et emplit les voûtes de ton église de chants et d’amour.

Je t’ai trouvé dans la joie. Je t’ai parlé au-delà du firmament étoilé, quand, dans la sérénité du soir, après le travail, je rentrais à la maison.

Je te cherche et souvent je te trouve.

Pourtant, il est un lieu où je te trouve toujours : dans la souffrance.

Une douleur, quelle qu’elle soit, est comme le tintement de la cloche qui appelle l’épouse de Dieu à la prière. Quand l’ombre de la croix apparaît, je me recueille en mon tabernacle et, oubliant le tintement de la cloche, je te vois et te parle.

C’est toi qui me rends visite. C’est moi qui te réponds : « Me voici, Seigneur. C’est toi que je veux, Toi que j’ai voulu. »

Dans cette rencontre, je ne sens plus ma souffrance. Enivrée de ton amour, je suis baignée de toi, imprégnée de toi, Toi en moi, moi en Toi afin que nous soyons un !

Puis je rouvre les yeux à la vie, à la vie moins vraie, divinement aguerrie pour mener tes combats.

Chiara Lubich
in Méditations, Nouvelle Cité, Paris 2016, p. 69

Photo: Bruno Kraler by Pexels

Chiara Lubich : « Dieu a besoin de nous »

Chiara Lubich : « Dieu a besoin de nous »

« Voici, je fais toutes choses nouvelles. »

(…) Il ne s’agit pas d’un rêve, d’une utopie, d’un désir pathétique, mais d’une certitude, attestée de façon répétée par Dieu dans la Bible. Ce sera la réponse de Dieu aux fatigues de ses fils qui auront travaillé pour son Royaume. Ce sera le couronnement de la fidélité avec laquelle les disciples auront vécu sa Parole. Ce sera le déploiement total de la puissance de l’Esprit Saint, que Jésus a introduit dans l’histoire, par sa mort et sa résurrection.

Depuis que Jésus est venu sur la terre, ce renouvellement est déjà commencé, il est déjà en action, même si cela se fait au milieu de nombreuses difficultés. Dès maintenant, tous ceux qui le laissent vivre en eux — et Jésus vit en nous si nous mettons en pratique sa Parole — expérimentent le miracle de sa grâce, qui fait toutes choses nouvelles il transforme les souffrances en paix et en sérénité intérieure, il triomphe de la faiblesse, de la haine, de l’égoïsme, de l’orgueil, de l’avarice et de tout mal. Il nous fait passer de l’esclavage des passions et de la peur à la joyeuse liberté des fils de Dieu. Et il ne se limite pas à transformer l’individu car, à travers lui, il transforme toute la société.

(…)

Dieu veut renouveler toutes les choses : notre vie personnelle, l’amitié, l’amour conjugal, la famille ; il veut renouveler la vie sociale, le monde du travail, de l’école, de la culture, des loisirs, de la santé, de l’économie, de la politique…, en un mot tous les secteurs de l’activité humaine.

Mais pour cela, il a besoin de nous. Il a besoin de personnes qui laissent vivre en elles-mêmes sa Parole, qui soient sa Parole, vivante, d’autres Jésus dans leur milieu de vie. Puisque la Parole qui résume tout, la plénitude de la loi, c’est la charité, cherchons à la mettre en pratique, en aimant nos frères vraiment comme nousmêmes, sans diluer la Parole de Dieu, sans la réduire.

Nous ferons l’expérience d’un renouvellement continuel, en nous d’abord. Puis nous le constaterons rapidement de façon évidente autour de nous.

Chiara Lubich
Photo: © Kaike Rocha by Pexels

Les villes : ponts de fraternité et de dialogue

Les villes : ponts de fraternité et de dialogue

Un moment de partage et d’échange qui, de Trente, sa ville natale, aux Castelli Romani et à Rome, a retracé le parcours de la fondatrice des Focolari, rendant visibles les fruits de son action sur le terrain et dans les communautés.

Au cours de l’événement, sont intervenus : Franco Ianeselli, maire de Trente ; Mirko Di Bernardo, maire de Grottaferrata (Rome) ; Massimiliano Calcagni, maire de Rocca di Papa (Rome) ; Francesco Rutelli, ancien maire de Rome, qui a remis à Chiara Lubich la citoyenneté d’honneur de la capitale en 2000 ; Mario Bruno, ancien maire d’Alghero et co-responsable du Mouvement Humanité Nouvelle des Focolari ; Giuseppe Ferrandi, directeur de la Fondation Musée historique du Trentin.
L’exposition, organisée au Focolare Meeting Point (Via del Carmine 3, Rome) et réalisée par le Centre Chiara Lubich en collaboration avec la Fondation Musée historique du Trentin, restera ouverte tout au long de l’année 2026.

Regardez la vidéo avec les interviews des maires présents. Original en italien. Pour les autres langues, activez les sous-titres puis choisissez la langue.

Chiara Lubich : l’humanité comme une famille

Chiara Lubich : l’humanité comme une famille

L’idée de la fraternité universelle est présente dans la pensée de quelques grandes personnalités, même sans référence chrétienne. Gandhi disait : « La règle d’or est d’être amis du monde et de considérer la famille humaine “une”. Celui qui distingue entre les fidèles de sa religion et les autres, rend un mauvais service aux membres de sa religion et ouvre la voie au rejet et à l’impiété».[1]. (…)

Celui qui a fait don à l’humanité de la fraternité, don essentiel, c’est Jésus. Avant de mourir, il a prié ainsi : « Père, que tous soient un » (cf. Jn 17,21). En révélant que Dieu est Père et que les hommes sont, pour cette raison, tous frères entre eux, Jésus introduit l’idée que l’humanité est une famille, l’idée de la « famille humaine » qui peut se réaliser grâce à la fraternité universelle. Ce faisant, il détruit les murs érigés entre ceux qui sont « égaux » et ceux qui sont « différents », entre amis et ennemis ; il détruit les clivages qui isolent les communes les unes des autres. Il libère l’homme des liens qui le rendent prisonnier, des multiples forms de dépendance, d’esclavage, d’injustice. Il accomplit ainsi une véritable révolution existentielle, culturelle et politique. C’est ainsi que l’idée de fraternité a commencé à se frayer un chemin dans l’histoire. On pourrait retracer l’évolution de la pensée politique en recherchant si ce concept sous-tend plus ou moins explicitement les grandes théories politiques. On peut parler de fraternité vécue, même si de façon imparfaite, chaque fois qu’un peuple s’est uni pour conquérir sa propre liberté, ou lorsque des groupes sociaux ont pris ladéfense des plus faibles, ou que des personnes d’opinions différentes ont réussi à surmonter leur méfiance pour affirmer un droit de l’homme.

Chiara Lubich


[1] « [1] D’après l’ouvrage In buona compagnia, par Claudio Mantovano, Rome 2001, p. 11.

Photo © Horacio Conde-CSC Audiovisivi

Chiara Lubich : « C’est à moi que vous l’avez fait. »

Chiara Lubich : « C’est à moi que vous l’avez fait. »

(…) « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire… » (Mt 25, 35). « Quand donc, Seigneur ? », « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » (Mt 25, 40).

(…)  

Comme nous aimions les pauvres et l’amour éclaire toujours, l’Esprit Saint nous fit comprendre que nous devions aimer non seulement les pauvres, mais toutes les personnes : « Aime ton prochain comme toi-même », quel qu’il soit.

C’est alors que nous avons eu une idée splendide et pris la décision de transformer notre vie quotidienne, au contact de toutes sortes de personnes, en une vaste gamme d’œuvres de miséricorde, matérielles et spirituelles, car là aussi s’applique la parole : « C’est à moi que tu l’as fait. »

Dans tous les frères, qui passaient à côté de nous, nous voyions le Christ, qui demandait aide, réconfort, conseil, avertissement, instruction, lumière, pain, logement, vêtements, prières… (…)

(…) 

Espérons qu’un jour Jésus répondra à chaque personne (…) qui lui demandera : « Seigneur, quand t’ai-je donc rassasié, désaltéré, consolé ? », « Chaque fois que tu l’as fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que tu l’as fait ! »

Chiara Lubich

7 décembre 1943 : le début d’une aventure divine

7 décembre 1943 : le début d’une aventure divine

(…) Le 7 décembre 1943, je me rends seule à l’église. Une violente tempête fait rage. J’ai vraiment l’impression d’avoir le monde entier contre moi.

(…) J’arrive dans la chapelle, un banc a été préparé pour moi près de l’autel. J’ai un missel en mains, un tout petit missel. Je prononce la formule par laquelle je me donne totalement à Dieu pour toujours.
J’étais tellement heureuse de cela que je ne me rendais même pas compte – je crois – de ce que j’étais en train de faire, car j’étais jeune. Mais, lorsque j’ai prononcé la formule, j’ai eu l’impression qu’un pont s’écroulait derrière moi et que je ne pouvais plus revenir en arrière car désormais j’appartenais entièrement à Dieu, je ne pouvais donc plus choisir. À ce moment-là, une larme est tombée sur mon missel.

Cependant mon bonheur était immense ! Et savez-vous pourquoi ? « J’épouse Dieu, je m’attends donc à tout le bien possible. Ce sera fantastique, ce sera une aventure divine, extraordinaire. J’épouse Dieu ! » Nous avons vu qu’ensuite il en a vraiment été ainsi.

Quel conseil vous donner ? Mon conseil, celui que je me donnerais : nous n’avons qu’une seule vie, visons haut, visons haut et risquons le tout pour le tout, cela en vaut la peine, cela en vaut la peine (…) Mais en ce qui vous concerne, vous, faites cet acte de générosité : visez haut, soyez généreux !

Extrait tiré de Chiara Lubich, La quatrième voie, 30 décembre 1984
Photo: © Horacio Conde – CSC Audiovisivi