Du 26 janvier au 1er février 2026, Rome a accueilli 100 jeunes leaders politiques de 36 pays pour la conclusion de la première année du programme biennal de formation à la politique « Une humanité, Une planète : Leadership Synodal », le défi d’un style de gouvernance différent à partir du paradigme de la fraternité.
À la suite de ce parcours de travail en ligne dans 16 communautés d’apprentissage, ils se sont retrouvés pour un hackathon politique – littéralement un marathon créatif et collaboratif – consacré à ce qui blesse le plus aujourd’hui le tissu social mondial : la corruption, les inégalités, la violence généralisée, la transition numérique sans éthique, l’urgence écologique, le déclin de la participation civique. Le programme, promu par le Mouvement politique pour l’Unité et par l’ONG New Humanity avec la Commission pontificale pour l’Amérique latine, vise à redonner aux jeunes un rôle actif dans les processus décisionnels, tant au niveau local qu’au niveau mondial
Regardez la vidéo avec les interviews de jeunes de différents pays. Activez les sous-titres, puis choisissez la langue souhaitée.
« Je vous exhorte à coopérer toujours davantage à l’étude de modalités participatives qui impliquent tous les citoyens… Sur ces bases, il sera possible de construire cette fraternité universelle qui s’annonce déjà parmi vous, les jeunes, comme le signe d’une époque nouvelle. »
Par ces paroles, le Pape Léon n’a pas simplement encouragé la centaine de jeunes leaders politiques réunis à Rome : il a « reconnu » leur mission. Il a vu en eux ce que la politique traditionnelle a trop souvent du mal à voir : que l’avenir naîtra de processus inclusifs et non d’oppositions ; de communautés vivantes et non de structures rigides ; d’une fraternité qui n’est pas un sentiment naïf, mais une catégorie politique concrète.
Le 31 janvier dernier, ils étaient une centaine, issus de 36 pays, à l’audience à Rome pour la semaine de clôture de la première année de l’école politique pluriannuelle « One Humanity, One Planet ». Sept jours qui leur ont confirmé que la fraternité n’est pas un idéal : c’est déjà une méthode, un style, une pratique quotidienne. Issus d’un parcours de travail en ligne dans 16 communautés d’apprentissage, ils se sont c’est déjà une méthode, un style, une pratique quotidienne. Issus d’un parcours de travail en ligne dans 16 communautés d’apprentissage, ils se sont retrouvés pour un hackathon politique – littéralement un marathon créatif et collaboratif – consacré à ce qui blesse le plus aujourd’hui le tissu social mondial : la corruption, les inégalités, la violence généralisée, la transition numérique sans éthique, l’urgence écologique, le déclin de la participation civique. Le programme, promu par le Mouvement Politique pour l’Unité et l’ONG New Humanity avec la Commission Pontificale pour l’Amérique Latine, vise à redonner aux jeunes un rôle actif dans les processus décisionnels, du niveau local au niveau mondial.
Le Saint-Père a proposé une vision aussi exigeante que libératrice. Il a demandé aux jeunes de regarder le monde à travers le prisme de l’écoute et de la collaboration entre les différentes cultures et confessions ; de rechercher la paix non pas comme un concept abstrait, mais comme un choix quotidien dans les lieux où ils vivent, étudient et travaillent ; de construire des politiques capables d’impliquer tous les citoyens, hommes et femmes, dans les institutions. Il a rappelé que la paix est à la fois un don, une alliance et une promesse, et qu’aucune société ne peut se dire juste si elle continue à exclure les faibles, à ignorer les pauvres, à rester indifférente aux réfugiés et aux victimes de la violence.
Jesús Morán – Pasquale FerraraEmilce CudaJavier Baquero – Margaret Karram
La présidente des Focolari, Margaret Karram, les a rencontrés et leur a parlé d’une nouvelle culture politique, fondée sur la fraternité, dans la lignée de ce qu’avait dit Chiara Lubich, fondatrice des Focolari. Elle les a encouragés à « vivre » un leadership qui mette le « nous » au centre, qui génère la confiance, qui recherche la convergence dans la diversité. Il ne s’agit pas d’une méthode réservée à quelques-uns, mais d’une approche exportable partout : dans les institutions, les partis, les mouvements sociaux, la société civile.
Les témoignages des participants le confirment. Cristian, d’Argentine, raconte : « C’est l’expérience de fraternité universelle la plus importante de ma vie… chacun, avec sa langue, ses danses et son charisme, a créé la symphonie d’une harmonie globale ». Pour Joanna, Polonaise résidant en Italie, l’expérience a été « un stimulant à l’engagement concret », alimenté par des ateliers, des bonnes pratiques et des rencontres avec des parlementaires italiens et coréens. Zé Gustavo, du Brésil, parle d’une « expérience intense et provocante », capable de raviver une espérance adulte, lucide, née non pas de la naïveté mais des cicatrices de la politique vécue. Et Uziel, du Mexique, résume tout cela en une phrase simple et vraie : « C’est ça, la véritable mondialisation. »
L’école entre maintenant dans sa deuxième phase, impliquant 600 jeunes des cinq continents pour continuer à partager des visions, des outils et des actions ayant un impact réel.
Pendant une semaine, Rome a été un laboratoire vivant de ce que la politique pourrait redevenir : un lieu génératif. Un terrain d’entraînement à la fraternité. Un espace où les différences cessent d’être des murs et deviennent la matière première de l’avenir. Une preuve concrète et crédible qu’une autre politique est non seulement possible, mais qu’elle a déjà commencé.
Un moment de partage et d’échange qui, de Trente, sa ville natale, aux Castelli Romani et à Rome, a retracé le parcours de la fondatrice des Focolari, rendant visibles les fruits de son action sur le terrain et dans les communautés.
Au cours de l’événement, sont intervenus : Franco Ianeselli, maire de Trente ; Mirko Di Bernardo, maire de Grottaferrata (Rome) ; Massimiliano Calcagni, maire de Rocca di Papa (Rome) ; Francesco Rutelli, ancien maire de Rome, qui a remis à Chiara Lubich la citoyenneté d’honneur de la capitale en 2000 ; Mario Bruno, ancien maire d’Alghero et co-responsable du Mouvement Humanité Nouvelle des Focolari ; Giuseppe Ferrandi, directeur de la Fondation Musée historique du Trentin. L’exposition, organisée au Focolare Meeting Point (Via del Carmine 3, Rome) et réalisée par le Centre Chiara Lubich en collaboration avec la Fondation Musée historique du Trentin, restera ouverte tout au long de l’année 2026.
Regardez la vidéo avec les interviews des maires présents. Original en italien. Pour les autres langues, activez les sous-titres puis choisissez la langue.
« Le Seigneur, à travers sa Parole, continue d’appeler », déclare Mgr Stefano Russo, évêque des diocèses de Velletri-Segni et de Frascati, près de Rome (Italie), dans l’homélie de la célébration eucharistique célébrée le samedi 17 janvier à l’occasion de la clôture de l’Enquête diocésaine ouverte à Albano pour la cause de béatification et de canonisation de Domenico Mangano, volontaire de Dieu du Mouvement des Focolari. Mgr Russo poursuit : « Comme cela est arrivé à Jean-Baptiste qui, éclairé par l’amour de Dieu, a reconnu le Fils de Dieu et l’a montré aux autres (…) quelque chose de semblable se produit au début d’un chemin de canonisation d’une personne lorsque quelqu’un signale la présence de la sainteté, conséquence de la rencontre avec le Christ. Ainsi en a-t-il été aussi pour Domenico : une communauté a dit “nous l’avons rencontré, nous avons partagé avec lui de nombreuses expériences en participant ensemble à un saint voyage, nous avons vu son action éclairée par le Seigneur, en particulier à partir du moment où il a rencontré le charisme de l’unité”. »
Dans l’auditorium du Centre International des Focolari étaient présents la famille de Domenico Mangano, des amis, des membres du Mouvement, et une retransmission en streaming a permis à beaucoup de suivre l’événement depuis différentes régions du monde.
Qui était Domenico ?
Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, a défini la vie de Domenico comme « une vie marquée par la disponibilité, l’attention à l’autre et un amour concret, vécu sans tapage mais avec fidélité. À l’image du Bon Samaritain, Domenico a su s’arrêter, se faire proche et transformer la rencontre avec l’autre en un don ».
« Un laïc chrétien qui a pris la foi au sérieux dans la vie concrète », a déclaré Jesús Morán, Coprésident du Mouvement des Focolari. « Époux, père, travailleur, citoyen profondément inséré dans sa communauté, il n’a jamais vécu l’Évangile comme un fait privé, mais comme une lumière capable d’éclairer les choix publics, les responsabilités sociales et l’engagement pour le bien commun. Sa spiritualité a été profondément incarnée : enracinée dans la foi, qui n’éloigne pas du monde mais reste toujours attentive à l’histoire, aux problèmes des personnes et aux attentes de la société. »
Domenico a ressenti l’appel évangélique à servir la communauté, en promouvant le respect, la dignité, la coresponsabilité sociale et la culture de la participation, afin que chaque citoyen puisse se sentir partie vivante de la société. Il a été un homme de dialogue par choix intérieur et par responsabilité chrétienne. Pour lui, la politique n’a jamais été un lieu de conquête, mais un espace de service, une forme concrète de charité sociale, vécue avec sérieux moral, lucidité de jugement et profond sens de la justice. Il a constamment cherché à conjuguer le Ciel et la terre en traduisant le message de l’Évangile dans la vie sociale.
Margaret Karram, présidente du Mouvement des Focolari ; Jesús Morán, coprésident du Mouvement des Focolari ; Dr Waldery Hilgeman, postulateur de la cause, et Mgr Stefano Russo, évêque de Velletri-Segni et de Frascati.
Dans ce cheminement, la sève provenait de la spiritualité de l’unité et de l’engagement avec les Volontaires de Dieu, que Chiara Lubich, fondatrice du Mouvement des Focolari, définissait comme « les premiers chrétiens du XXᵉ siècle qui vivent pour rendre Jésus visible là où ils se trouvent ».
En incarnant le style évangélique, une dimension spirituelle profonde a mûri en lui : il apprend progressivement à laisser Dieu être au centre, à orienter sa vie et ses choix et, avec Lui, l’homme, la communauté et le bien commun. De là naissent sa liberté intérieure, sa sérénité et sa capacité d’aimer de manière concrète.
Don Andrea De Matteis, vicaire judiciaire du diocèse d’Albano et délégué épiscopal pour cette Cause, a rappelé dans son rapport que beaucoup ont défini Domenico comme « un mystique de l’ordinaire : en lui, prière, famille, travail et engagement civique formaient une seule réalité. Il vivait une mystique de la présence, reconnaissable dans les gestes les plus simples : l’écoute, la parole discrète, le sourire. Un cœur contemplatif plongé dans le monde, un homme qui a cherché à plaire à Dieu dans la concrétude de la vie quotidienne. Dans sa déconcertante simplicité, il a témoigné qu’il est possible de rendre extraordinaire l’ordinaire, exceptionnelle la normalité, et d’attirer le divin dans la fragile condition humaine de chacun. »
Domenico a également vécu l’épreuve de la maladie avec une foi exigeante, comme un temps d’abandon et d’offrande. Dans ce parcours douloureux, il reconnaît une fois encore la présence de Dieu qui appelle, transforme et conduit à l’accomplissement.
Sur les photos : 1- Les boîtes contenant les documents de la Cause – 2 – de gauche à droite, le Dr Waldery Hilgeman, postulateur, puis les membres du tribunal diocésain de la Cause : le professeur Marco Capri, notaire, Don Andrea De Matteis, vicaire judiciaire du diocèse d’Albano et délégué épiscopal, et le professeur Emanuele Spedicato, promoteur de justice – 3 – à gauche, l’ingénieur Juan Ignacio Larrañaga, responsable central des Volontaires de Dieu ; au centre, le Dr Paolo Mottironi, responsable central des Volontaires de Dieu au moment du début de la Cause.
La solennelle conclusion de la phase diocésaine concernant Domenico, qui a longtemps mobilisé avec dévouement l’Ordinaire d’Albano, d’abord Mgr Marcello Semeraro puis Mgr Vincenzo Viva, le Tribunal, de nombreux collaborateurs et de nombreux témoins, a été un événement de profonde signification ecclésiale.
Par cet acte officiel, il a été déclaré devant Dieu et devant la communauté ecclésiale que le travail patient et passionné d’écoute, de collecte et d’évaluation des preuves a été accompli par beaucoup avec droiture, vérité et fidélité aux normes de l’Église, et avec une profonde conscience du don confié.
En Domenico Mangano, nous voyons comment la sainteté peut fleurir dans la vie ordinaire, dans les choix accomplis avec amour et vérité, là où le Seigneur nous place, lorsque l’homme accepte de se vider de lui-même pour se laisser remplir par Dieu.
Du 26 janvier au 1er février 2026 se tiendra en présentiel la semaine de clôture du programme biennal de formation à l’action politique promu par New Humanity ONG du Mouvement des Focolari, en collaboration avec la Commission pontificale pour l’Amérique latine.
L’evento, con la metodologia dell’Hackathon, vedrà la partecipazione di 100 giovani leader dei cinque continenti, impegnati nei propri Paesi in ambito politico e sociale, di diverse culture e convinzioni politiche. Dopo mesi di intenso lavoro online, i giovani si ritroveranno a Roma in presenza per tradurre il percorso di apprendimento, che hanno condiviso da remoto, in proposte di incidenza politica: la sfida che dovranno affrontare è quella di ideare processi e strumenti idonei ad affrontare i punti di crisi che emergono nell’esercizio del potere politico, nelle relazioni e nelle istituzioni politiche.
Une grande attention sera accordée à la dimension participative des politiques, jusqu’à définir des pistes communes qui seront évaluées et présentées lors d’une soirée ouverte au public, aux jeunes et aux politiciens intéressés.
“Oggi ci troviamo di fronte a problemi gravissimi – spiega Javier Baquero, giovane politico colombiano, presidente Movimento politico per l’unità/Mppu internazionale -. Ciò che va coltivata è una cultura politica che guardi all’umanità che è una e al pianeta come casa comune. A nostro parere, c’è un diverso paradigma che dobbiamo esplorare e sperimentare insieme, imparando a comporre le nostre diverse visioni a partire da alcuni valori universali”.
« Une réponse satisfaisante aux questions de nos peuples ne peut venir uniquement de la réforme des formules institutionnelles ou d’une approche managériale, qui semble souvent dépourvue de contenu démocratique », confirme Argia Albanese, présidente du Mppu Italie. « Notre point de départ reste le lien social et communautaire, la fraternité et la sororité universelles ».
La semaine conclut la formation interdisciplinaire – axée sur l’écologie intégrale, l’économie civile, la gouvernance collaborative et la communication générative – qui a débuté en mai 2025 avec le soutien d’experts qualifiés provenant de diverses institutions universitaires : Rotterdam School of Management/Pays-Bas, Universidade de Coimbra/Portugal, Universidad Nacional de La Plata/Argentine, Georgetown University/Washington DC, University of the Philippines, Universidade de Ribeirão Preto/Brésil, Escuela Superior de Administración Pública Bogotá/Colombie, University of Dschang/Cameroun, Istituto Universitario Sophia/Italie.
Voici la structure principale de la semaine romaine :
Deux jours de Hackathon, au cours desquels les jeunes, répartis en groupes linguistiques, devront trouver des solutions à des problèmes collectifs qui leur seront assignés.
Des dialogues avec des experts et des décideurs politiques afin de relier la réflexion et les propositions dans un cadre international plus large.
Une réunion publique pour présenter les travaux du Hackathon et découvrir l’expérience de politiciens engagés à différents niveaux et de différentes inspirations.
Visites et activités de laboratoire dans la capitale dans des centres de recherche et d’engagement social (en faveur des migrants, des droits des femmes, de la justice climatique, du travail, sur le thème des armements…)
Atelier pour mettre en place le réseau mondial de la deuxième année et sa gouvernance.
Samedi 31 janvier, l’audience avec le pape Léon XIV à Saint-Pierre est prévue. Les représentants des centres Mppu qui viendront à Rome pour l’occasion y participeront également et auront l’occasion d’évaluer avec les jeunes les résultats de l’expérience et de planifier les nouvelles étapes.
Il s’agit d’un laboratoire intensif dans lequel il est possible de travailler pour trouver des solutions à des problèmes collectifs. L’idée vient du monde de l’innovation numérique et applique à la sphère civique la logique du « faire ensemble et rapidement ».
Intégrant des compétences politiques, administratives, économiques, communicatives, sociales et technologiques, il s’articule en différentes phases : analyse des problèmes et des besoins, définition des priorités et des acteurs, développement de propositions opérationnelles et d’outils pour l’action publique.
Dans le cadre des thèmes approfondis tout au long de l’année, les participants devront relever certains défis : par exemple, la corruption, la gouvernance oligarchique, les monopoles médiatiques, la polarisation, la crise de la représentation, l’abstention électorale…
Dans le temps imparti, avec le soutien des animateurs, chaque groupe passera du diagnostic à la proposition, en établissant des cartographies des problèmes, en analysant les données disponibles et en concevant des projets réalisables. À la fin, les groupes présenteront les solutions trouvées : prototypes de plans d’action, initiatives politiques et projets à impact culturel, modèles participatifs, outils et plans de communication…
La valeur ajoutée ne réside pas seulement dans les idées élaborées, mais aussi dans la méthode, qui montre comment les solutions aux problèmes publics peuvent être co-conçues avec créativité et rigueur, en valorisant et en intégrant différentes perspectives, dans la recherche de solutions efficaces pour améliorer la qualité et les qualités d’une politique au service de l’unité de la famille humaine.
Le 80e anniversaire de l’ONU (Organisation des Nations Unies) a été l’occasion d’organiser à Nairobi, au Kenya, un événement international intitulé « Cities, Communities, Care-Youth in Action for Sustaining Peace ». Cette conférence a réuni de nombreux jeunes Africains et des représentants du monde entier, protagonistes d’un nouvel élan vers la construction de sociétés pacifiques et résilientes, capables de construire l’avenir du continent africain, avec à cœur le monde uni.
Le moment fort a été la présentation de la « Charte des engagements », un document qui promeut la paix à travers le dialogue interculturel, les initiatives artistiques et les programmes communautaires, en reconnaissant aux jeunes le rôle central d’« influenceurs de paix » et d’agents du changement. Au cœur de la vision présentée figure l’adoption des valeurs de l’ubuntu, la philosophie africaine qui invite au partage et à la réciprocité, comme base d’une société solidaire. Les jeunes encouragent les Nations unies et l’Union africaine et apprécient leur rôle dans le soutien et la collaboration avec les gouvernements locaux, les acteurs de la société civile, les institutions religieuses et les organisations de jeunesse, dans la promotion de la solidarité, la justice et l’égalité tant au niveau local que mondial. La Charte soutient des actions concrètes pour des villes plus accueillantes, un développement durable, un nouvel élan pour l’entrepreneuriat des jeunes et une nouvelle vision africaine, libre de frontières et de barrières. Elle souligne l’urgence d’une plus grande inclusion, formation et participation des jeunes dans les processus décisionnels, à tous les niveaux.
Cet appel a été lancé à l’issue de cet événement organisé par New Humanity, une ONG du mouvement des Focolari. Les travaux se sont déroulés à la Mariapolis Piero de Nairobi. Ont également participé à cette initiative : UN Habitat, l’agence des Nations Unies pour le développement urbain, le PNUE, l’agence des Nations Unies pour l’environnement, le mouvement Laudato Sì Africa, Greening Africa Together, Living Peace International, Africa Interfaith Youth Network, l’Association internationale de sociologie, le Centre universitaire ASCES de Caruarú au Brésil, ainsi que toutes les expressions sociales, politiques et culturelles du mouvement des Focolari.
Paix, développement urbain, environnement et leadership de communion
Selon les jeunes leaders réunis à Nairobi, cette nouvelle perspective ne pourra se concrétiser qu’à travers la création de mécanismes permanents de collaboration tant au niveau local qu’international. Un véritable travail de construction et de consolidation de réseaux. L’événement a vu la participation de trente intervenants internationaux, huit tables rondes, six connexions en direct et huit témoignages vidéo, provenant de villes des cinq continents, avec une attention constante portée au dialogue avec les jeunes. Les thèmes abordés ont porté sur la paix, le développement urbain, la protection de l’environnement et les nouvelles formes de leadership de communion.
Messages de bienvenue
La conférence a été ouverte par les messages vidéo de Felipe Paullier, assistant du Secrétaire général des Nations Unies pour la jeunesse, et de Margaret Karram, présidente du Mouvement des Focolari. Après avoir rappelé que Nairobi est l’un des trois principaux sièges des Nations Unies, M. Paullier a déclaré que « toute guerre est une défaite pour l’humanité, un échec du dialogue. Les jeunes ne sont pas seulement les victimes des crises actuelles : ils sont les créateurs, les leaders et les bâtisseurs de la paix ». Et plus de 2 milliards de jeunes sont « prêts à être des partenaires à part entière dans la construction de notre avenir commun ». Un message clair pour tous : en s’appuyant sur une génération qui « résiste à la haine, refuse l’indifférence et choisit la paix comme responsabilité quotidienne », il est possible de partir précisément des villes et des communautés, car c’est « dans les quartiers, les écoles, les lieux de culte et les communautés locales que la coopération devient tangible ».
Margaret Karram a tenu à rappeler l’initiative, vieille de dix ans maintenant, de formation à un leadership de communion qui a été lancée par l’Institut universitaire Sophia et le Mouvement politique pour l’unité avec le programme « Together for a New Africa ». Au cours de son dernier cycle triennal, le programme a mobilisé 140 jeunes de 14 pays africains, ainsi que des tuteurs et des enseignants, qui, dans les jours précédant la conférence, ont organisé leur université d’été annuelle en mode hybride, afin de rassembler et de discuter les résultats de leurs actions locales. Un autre programme évoqué par la présidente des Focolari, qui rassemble depuis un an 150 jeunes de 60 pays du monde entier, actifs dans le domaine politique et dans la société civile, est « One Humanity, One Planet : Synodal Leadership ». Des jeunes « qui se forment et travaillent pour mettre en œuvre de bonnes politiques et générer un impact social, avec une vision inspirée par la culture de l’unité ».
Il s’agit là de perspectives qui définissent l’engagement de l’ensemble du Mouvement des Focolari, déjà « abouti dans le document « Together To Care » remis à l’ONU il y a un an », a expliqué la présidente, en s’appuyant sur « des initiatives telles que Living Peace, qui implique plus de 2 millions de jeunes dans le monde » ; avec « l’AMU, qui compte près de 900 projets de coopération, témoignant d’un engagement concret et généralisé ». Dans ce contexte, elle a apprécié l’effort visant à « tracer une voie commune pour redéfinir la vie urbaine, en valorisant et en renforçant les liens sociaux » et a ajouté : « combien les cultures africaines ont à nous dire sur cet aspect important ! ». Son invitation à redécouvrir au cœur des villes « des communautés de solidarité et de réconciliation invisibles à l’œil nu » est percutante : « des villes invisibles qui, à leur petite échelle, contribuent jour après jour à construire un réseau mondial de paix et montrent qu’un autre monde est possible ». Enfin, elle a souligné la réciprocité comme clé du changement, que Chiara Lubich avait déjà évoquée en 1997 dans le cadre d’une intervention au Palais de verre de l’ONU : « La réciprocité, a-t-elle conclu, est un objectif qui peut nous rapprocher, nous faire grandir, qui peut devenir réalité lorsque nous faisons le premier pas vers l’autre, quel qu’il soit et quelles que soient ses convictions, pour comprendre ses raisons, pour chercher un lien, pour établir une relation. »
Les défis de l’Afrique et la contribution de l’ONU-Habitat
Parmi les invités, Christelle Lahoud, de l’ONU-Habitat, a souligné que l’Afrique, continent à la population la plus jeune et en rapide urbanisation, représente à la fois une urgence et une opportunité. La construction de la paix se renforce lorsque les jeunes peuvent participer activement aux processus décisionnels, contribuant ainsi à la création d’espaces urbains sûrs et inclusifs. Avec une population urbaine qui devrait atteindre 70 % au niveau mondial d’ici 2050, les villes sont appelées à relever des défis croissants, notamment les inégalités, les migrations forcées et les urgences climatiques, qui mettent à rude épreuve la cohésion sociale et les ressources.
Lahoud a souligné que les jeunes jouent déjà un rôle de premier plan dans la co-création d’espaces urbains plus résilients, en évaluant les risques, en collectant des données et en influençant les politiques locales, en collaborant avec les administrations et les autorités pour façonner des villes qui reflètent les besoins réels des communautés. Les villes deviennent ainsi le reflet de la manière dont les sociétés vivent ensemble, instaurent la confiance entre les générations et poursuivent le bien-être collectif, en accord avec la philosophie ubuntu.
Expériences internationales et engagement dans les villes du monde
Les expériences de villes telles que Bethléem, Beyrouth, Kinshasa, Trente, Manille, Pajule, Koper et Medellin ont contribué à donner une dimension internationale à l’événement, démontrant que la transformation sociale et culturelle peut naître de la base, grâce à la collaboration entre la société civile et les institutions. Des témoignages tels que ceux d’Agnes Aloyotoo, candidate aux élections en Ouganda, et de Jonathan Masuta, président d’une des fédérations de jeunes de l’Union africaine, ont montré que les nouvelles générations sont déjà actives pour donner la parole aux jeunes dans les décisions exécutives.
Le message qui nous parvient de Nairobi est clair : la confiance dans le rôle central des jeunes est la clé pour construire des sociétés plus justes, solidaires et pacifiques, à commencer par les villes et les communautés locales. Cet événement fait ressortir une forte détermination à agir en réseau, tant au niveau local qu’international, afin de promouvoir une culture de la paix fondée sur la responsabilité, la collaboration et l’inclusion des nouvelles générations.