Mouvement des Focolari
Nostra Aetate : le dialogue interreligieux comme style de vie

Nostra Aetate : le dialogue interreligieux comme style de vie

Le 28 octobre 2025, l’événement commémoratif intitulé « Marcher ensemble dans l’espérance » s’est déroulé au Vatican, dans la salle Paul VI, à l’occasion du 60e anniversaire de la Déclaration Conciliaire Nostra Aetate sur les relations de l’Église avec les autres religions.

Un moment pour célébrer, à travers des témoignages de foi, des échanges et des manifestations culturelles, six décennies d’amitié et de collaboration entre les fidèles des différentes religions du monde et pour récolter ensemble les fruits de ce cheminement. Nous partageons ici quelques réflexions recueillies immédiatement après l’événement.

Luce Ardente : le moine bouddhiste qui a fait de l’amour sa voie

Luce Ardente : le moine bouddhiste qui a fait de l’amour sa voie

Au petit matin du 10 novembre, le moine bouddhiste thaïlandais Phra Maha Thongrattana Thavorn s’est éteint et la nouvelle s’est rapidement propagée parmi les communautés des Focolari à travers le monde. Sa disparition appelle l’attention sur un parcours de dialogue entre les Religions, engagé à œuvrer pour un monde uni, pour la compréhension réciproque et pour la paix.

Son histoire croise celle du Mouvement des Focolari en 1995, lorsqu’il accompagne son disciple Somjit en Italie et visite pour la première fois Loppiano, la cité-pilote internationale du Mouvement. C’est là qu’il rencontra Chiara Lubich. La proximité spirituelle que le moine ressentit dès lors avec la fondatrice des Focolari fut telle qu’il commença à l’appeler « maman Chiara ». De son côté, Chiara reconnut en lui une âme d’une profondeur extraordinaire, à même d’éclairer la voie du dialogue interreligieux de façon authentique et respectueuse, d’où le nom « Luce ardente » (Lumière ardente) sous lequel il est connu de beaucoup. Depuis lors, le moine thaïlandais est devenu un ami fidèle du Mouvement, participant à de nombreux événements en Asie et en Europe. Sa présence était discrète mais profonde, et son message toujours clair : les religions ne doivent pas entrer en concurrence, mais collaborer pour le bien de l’humanité.

« Luce Ardente » con Chiara Lubich a Bangkok , Thailandia (1997)

Margaret Karram, Présidente des Focolari, a écrit ceci aux communautés du monde entier :

« Il a vécu pleinement le nom que Chiara lui avait donné, étant partout un instrument de lumière, de consolation et d’espérance. Jusqu’au dernier instant, il a aimé et vécu pour construire la fraternité. Au cours de sa vie, il a su parler de l’unité de manière unique, avec sagesse et passion, dans des livres, des revues, des émissions de radio, des rencontres avec des moines et des laïcs bouddhistes, non sans avoir à faire face à des difficultés. Un jour, à un moine qui lui demandait, perplexe : « Maître, tu suis une femme chrétienne ?”, il répondit : “Je ne suis pas une femme, mais son idéal de fraternité universelle. Elle n’appartient pas seulement aux chrétiens, elle nous appartient à nous aussi.”

Dans son dernier message, il m’a écrit : « Margaret, je souffre, mais je résiste, je résiste, je résiste, car mes souffrances ne sont rien comparées à celles de Jésus sur la croix. Je résiste parce que je suis un fils de ‘maman Chiara’. Souviens-toi : nous ne nous voyons plus, mais un jour nous nous reverrons. Je vais bientôt la rejoindre. »

Personnellement, je garde dans le cœur chaque mot qu’il m’a écrit et chaque conseil qu’il m’a donné. Il m’a appris ce que signifie « résister par amour », et son unité avec moi a été un don précieux que je n’oublierai jamais.

Luce Ardente a demandé à être enterré à Loppiano, où il a rencontré Chiara et découvert la spiritualité de l’unité. Dans une interview accordée en 2021, il réaffirmait avec force sa vision : « Je voudrais que chacun, dans sa propre religion, cherche la signification profonde de sa doctrine. C’est seulement ainsi que nous pourrons vivre ensemble dans la paix et l’harmonie. » C’est un appel à la profondeur, à la sincérité, au partage. Une invitation qui résonne aujourd’hui comme un testament spirituel.

Stefania Tanesini
Photo © Archivio CSC Audiovisi

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Prha Pittaya : le dialogue comme terrain d’accueil

Prha Pittaya : le dialogue comme terrain d’accueil

À l’occasion du 60e anniversaire de Nostra Aetate, nous vous proposons un bref extrait de l’interview de Prha Pittaya, moine bouddhiste Theravada (Thaïlande) lors de la conférence « One Human Family » organisée par le Centre pour le dialogue interreligieux du Mouvement des Focolari, qui s’est déroulée du 31 mai au 4 juin 2024 entre Castel Gandolfo et Assise (Italie).

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Argentine – Trois femmes, trois religions, une seule amitié

Argentine – Trois femmes, trois religions, une seule amitié

60 ans après Nostra Aetate, nous partageons l’histoire d’une amitié unique entre Silvina, Nancy et Cecilia. Trois femmes. Silvina est une femme rabbin d’une communauté juive de Buenos Aires, Nancy, musulmane, dirige un centre pour le dialogue interreligieux et Cecilia, chrétienne, est membre du Mouvement des Focolari. Une relation fondée sur des actions concrètes et sur la volonté de surmonter tous les obstacles.

Vinu Aram : le dialogue, un espace pour l’humanité

Vinu Aram : le dialogue, un espace pour l’humanité

Soixante ans après Nostra Aetate, nous partageons un reportage du Collegamento du 13 juin 2020, un dialogue avec Vinu Aram, directrice du Centre international Shanti Ashram, une organisation internationale de développement gandhienne qui œuvre dans les régions les plus pauvres et défavorisées du Tamil Nadu, en Inde. Fondée en 1986 par ses parents, le Dr M. Aram et Mme Minoti Aram, elle accomplit un travail remarquable aux côtés des personnes et des communautés dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités, avec une attention particulière pour l’enfance. Une amitié de longue date avec le Mouvement des Focolari et un cheminement commun dans le dialogue interreligieux et la construction de la paix.

Nostra Aetate : 60 ans de cheminement dans le dialogue interreligieux

Nostra Aetate : 60 ans de cheminement dans le dialogue interreligieux

« Que les religions ne soient pas brandies comme des armes ou des murs, mais vécues comme des ponts et des prophéties : en permettant la réalisation du rêve du bien commun, en accompagnant la vie, en alimentant l’espérance et en devenant le levain de l’unité dans un monde fragmenté ».

Ce sont les dernières paroles prononcées par le Pape Léon XIV dans la vidéo réalisée pour les intentions de prière d’octobre 2025, consacrées spécifiquement à la « collaboration entre les différentes traditions religieuses ». Au cours du mois qui marque le 60e anniversaire du document conciliaire Nostra Aetate (littéralement « À notre époque »), sur les relations entre l’Église et les religions non chrétiennes, le Souverain Pontife, en exhortant à se reconnaître « comme frères et sœurs, appelés à vivre, à prier, à travailler et à rêver ensemble », décrit parfaitement les points centraux de cette déclaration issue du Concile Vatican II, en révélant sa grande importance et son actualité.

L’esprit de renouveau conciliaire a ouvert des voies inconnues, a apporté un regard nouveau sur beaucoup de choses et, au cours de ces six décennies, Nostra Aetate a certainement guidé et inspiré les étapes pour progresser sur la voie du dialogue, en motivant d’abord la connaissance puis l’accueil entre les différentes religions.

C’est pourquoi le Dicastère pour le Dialogue Interreligieux invite à une célébration commémorative pour réfléchir à l’héritage de « Nostra Aetate » le 28 octobre, de 18h30 à 20h30, dans la salle Paul VI (Cité du Vatican), en présence du Saint-Père. L’événement pourra être suivi sur les chaînes de Vatican Media.

L’Église, comme le dit le document, «dans son devoir de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes et même entre les peuples, examine ici en premier lieu tout ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur commune destinée. Les différents peuples constituent en effet une seule communauté ».

Chiara Lubich, fondatrice du Mouvement des Focolari, a profondément accueilli cet appel à vivre comme « une seule famille humaine ». Le Mouvement, fondé sur une spiritualité profondément centrée sur l’unité entre tous les êtres humains, est engagé dans diverses formes de dialogue, dont le dialogue interreligieux.
Depuis plus de cinq décennies, il établit, par l’intermédiaire de son Centre pour le dialogue interreligieux (CDI) et de ses communautés présentes dans différents pays, des relations intenses et fraternelles de dialogue avec des milliers de fidèles et avec de nombreuses institutions, associations, mouvements et organisations des religions les plus diverses, convaincu que l’amitié entre personnes de confessions différentes est un potentiel vital pour la construction de la fraternité universelle.

Nous partageons ci-dessous une courte vidéo qui présente l’intuition de Chiara Lubich et le chemin parcouru sur la voie du dialogue.

Maria Grazia Berretta
Photo: Una sessione del Concilio Vaticano II