Mouvement des Focolari

Un monde sans préjugés

Existe-t-il encore des préjugés fondés sur la couleur de la peau, après les grandes avancées du siècle dernier ? De grands progrès ont été faits, mais il faut encore agir pour abattre complètement toute forme de disparité. La Journée Internationale pour l’élimination de la discrimination raciale qui aura lieu le 21 mars, nous le rappellera. Instituée par les Nations Unies en 1966, en souvenir du massacre de Scharpeville, en Afrique du Sud, qui a eu lieu ce même jour en 1960 : ce fut l’une des exactions  les plus  meurtrières de l’apartheid, la police ouvrit le feu sur une foule de citoyens noirs qui protestaient contre l’imposition d’une mesure de ségrégation raciale. Environ soixante-dix d’entre tombèrent à terre, sans vie. Au cours des prochains jours, dans différentes parties du monde, seront organisées des campagnes en faveur de l’intégration et contre toute forme de discrimination, de haine ou de violence perpétrée pour des motifs raciaux. Comme toujours, les grands protagonistes de ces actions seront les jeunes.          

Gen 4: bilan économique de leurs actions

Gen 4: bilan économique de leurs actions

MontaggioArticoloHSG3EnUne lettre de remerciements adressée aux Gen 4 du monde entier a publié le bilan de l’opération « Ils ont délogé Jésus », une initiative qui voit chaque année  l’engagement des enfants du Mouvement des Focolari pendant la période de Noël. Grâce aux dons recueillis à l’occasion de cette fête en offrant des figurines en plâtre représentant l’Enfant Jésus de la Crèche, les Gen 4, aidés par des adultes et dans certains cas par des instances municipales, ont recueilli 3.627,60 euros, qui ont été affectés à huit projets : au Brésil, au Mexique, en Colombie, au Venezuela, au Pérou, en Argentine, au Burundi, en Ouganda et en Syrie. A ce chiffre il faut ajouter une donation destinée à des soins médicaux, des vivres et du matériel scolaire pour quatre projets : en République Centrafricaine, au Cameroun, en Egypte et en Irak. Au-delà des chiffres, il faut mettre en valeur la « culture du savoir donner » avec laquelle se familiarisent les Gen 4.

Heureux mais pas seulement un jour

Heureux mais pas seulement un jour

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Foto: Pixabay

La joie des premiers chrétiens (comme du reste celle des chrétiens de tous les temps, de tous les siècles, lorsque le christianisme est compris dans son essence et vécu dans sa radicalité), la joie des premiers chrétiens était une joie vraiment nouvelle, jamais connue jusque-là. Elle n’avait rien à voir avec l’hilarité, la bonne humeur, l’allégresse, elle n’était pas non plus simplement « la joie exaltante de l’existence et de la vie » – comme le disait Paul VI – ; ni « la joie paisible de la nature et du silence », ni la joie ou « la satisfaction du travail accompli », ni seulement « la joie transparente de la pureté » ou celle « de l’amour pur »… et toutes sont de grandes joies. Mais celle des premiers chrétiens était différente : c’était une joie semblable à l’ivresse qui avait envahi les disciples lors de la venue de l’Esprit Saint. C’était la joie de Jésus. Parce que, comme Jésus a sa paix, Il a aussi sa joie. Et la joie des premiers chrétiens, jaillissant spontanément du plus profond de leur être, les comblait entièrement. Ils avaient trouvé vraiment ce que l’homme d’hier, d’aujourd’hui et de toujours cherche : Dieu, qui – comme nous l’avons vu – le satisfait pleinement. Ils avaient trouvé la communion avec Dieu, et cela les comblait et les amenait à leur pleine réalisation. Ils étaient hommes. En effet, l’amour, la charité, dont le Christ, grâce au baptême et aux autres sacrements, enrichit le cœur des chrétiens, peut être représenté par une petite plante. Plus elle enfonce ses racines dans le terrain de la charité fraternelle – c’est-à-dire, plus les hommes aiment leurs frères – et plus sa tige pointe vers le ciel : plus augmente en eux l’amour pour Dieu, la communion avec Lui, pas objet de foi seulement, mais expérimentée. C’est cela le bonheur : on aime et on se sent aimé. C’était cela la joie des premiers chrétiens, adultes et jeunes, qui s’exprimait dans des liturgies joyeuses, débordantes d’hymnes de louange et d’action de grâce. Joie qui augmentait aussi du fait qu’avec l’amour et grâce à l’amour, ils avaient la lumière. Ils voyaient, ils avaient une certaine compréhension des choses de Dieu, en elles-mêmes impénétrables. Les mystères, par exemple, s’ils étaient acceptés par eux avec foi, n’étaient pas aussi obscurs qu’on peut le penser. Il y avait en eux une certaine pénétration de ces mystères, si savoureuse, si lumineuse qu’ils avaient l’impression de les comprendre, de les posséder. Et cela augmentait encore leur joie : et à la joie de l’amour s’ajoutait celle de la vérité. Ainsi, armés seulement d’amour et de lumière, et revêtus de joie, ils s’étaient répandus en peu de temps dans le monde alors connu : « Nous sommes d’hier – disait Tertullien – et nous avons déjà envahi le monde… » Ils étaient heureux, jusque dans les persécutions et chantaient au moment du martyre. En effet, ils avaient compris un paradoxe du christianisme : la joie, la joie surnaturelle du Christ, se trouve précisément là où il n’y a pas la joie : dans la souffrance. Mais dans la souffrance aimée.   Source : Centre Chiara Lubich

Le Cardinal Parolin sur Chiara Lubich

Le Cardinal Parolin sur Chiara Lubich

VaticanNewsVideoUne grande force spirituelle capable d’entraîner les foules de tous âges, de toutes classes sociales, de toutes cultures : voilà ce qui animait Chiara et les fruits que nous voyons encore aujourd’hui, y compris dans l’Église. En évoquant l’obéissance et la docilité que la fondatrice des Focolari a toujours eues envers L’Église, même dans les moments les plus difficiles, le cardinal Pietro Parolin met en évidence aujourd’hui combien les Pontifes à partir de Paul VI ont toujours répondu positivement en offrant au mouvement tout leur soutien et leur encouragement. Le message de Benoit XVI à l’occasion des funérailles de Chiara parlait d’ « engagement constant pour la communion dans l’Église, pour le dialogue œcuménique et la fraternité entre tous les peuples ». « Toute sa vie, continuait-il, elle a été à l’écoute complète des besoins de l’homme contemporain en pleine fidélité à l’Église et au pape ». L’apport que Chiara a offert à l’Église a été double, selon le secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Parolin : avoir approfondi et rendu visible le « profil marial, constitutif de l’Église autant que le profil apostolique ». Puis le rappel fort et innovant à l’unité – « que tous soient un afin que le monde croie » – construit et rendu possible grâce au « secret » de l’amour réciproque, la « règle d’or » que Jésus lui-même a enseignée en disant de « ne pas faire aux autres ce que tu ne voudrais pas que les autres te fasses à toi ». Source : Vatican News http://www.vaticannews.va/it/chiesa/news/2018-03/anniversario-chiara-lubich-parolin-maria-voce.html#play                    

Le secret pour nous relever

Au chrétien il n’est pas consenti de désespérer, ni de se laisser abattre. Ses maisons peuvent s’écrouler, ses richesses disparaître : il se relève et reprend le combat ; le combat contre toute adversité. Les esprits paresseux, recroquevillés  sur leurs commodités et leurs facilités habituelles, s’effraient à l’idée de cette lutte. Mais le christianisme existera tant que nous aurons foi en la Résurrection. La résurrection du Christ, qui nous greffe en Lui et nous fait participer à sa vie,  nous oblige à ne jamais désespérer. Elle nous donne le secret pour nous relever après chaque effondrement. Le Carême est – et doit être aussi – un examen de conscience, à travers lequel nous pouvons voir les scories qui grouillent au fond de notre âme et de notre société, où s’accumule la misère d’un christianisme  devenu chez nombre d’entre nous une gestion ordinaire, sans passions ni élans, comme un bateau à voile à l’abri du vent. Il nous prépare à la Résurrection du Christ, une raison pour nous de  renaître à la foi, l’espérance et la charité : victoire de nos œuvres sur nos penchants négatifs. La Pâque nous enseigne à vaincre les passions mortifères, pour renaître. Renaître chacun à la pleine unité  entre voisins, et chaque peuple en suscitant des actions de concorde, pour nous établir dans le règne de Dieu. Cela se traduit par une organisation du corps social qui, en se dotant d’une autorité, de lois et de sanctions, agit pour le bien des hommes et arrive jusqu’au ciel, mais à travers les réalités d’ici-bas. Avec pour modèle l’ordre divin. Sa loi est l’Évangile, et implique l’unité, la solidarité, l’égalité, la paternité, le service social, la justice, la rationalité, la vérité, ainsi que la lutte contre les abus de pouvoir, les hostilités, contre ce qui est faux et stupide…  Chercher le royaume de Dieu consiste donc à rechercher les conditions les plus favorables à l’expression de la vie des personnes et de la société. Et cela se comprend : là où Dieu règne, l’homme est comme un fils de Dieu,  c’est un être dont la valeur n’a pas de prix et qui se  comporte envers les autres hommes comme un frère et réciproquement, qui fait aux autres ce qu’il voudrait que l’on fasse pour lui. Les biens de cette terre sont alors fraternellement mis en commun, l’amour circule grâce au pardon, les barrières n’ont plus de raison d’être car elles n’ont pas de sens au regard de l’universalité de l’amour. Donner la priorité au royaume de Dieu signifie donc rehausser le but de la vie humaine. Celui qui a pour premier  objectif le royaume de l’homme poursuit un bien sujet aux rivalités et aux contestations. Un objectif divin, en revanche, élève les hommes au-dessus du niveau de leurs rixes et les unifie dans l’amour. De sorte que, dans cette unification, dans cette vision supérieure des réalités terrestres,  le vêtement,  la nourriture et les joies de la vie retrouvent  leur juste dimension, se colorent d’un sens nouveau et se simplifient dans l’amour, ce qui engendre une plénitude de vie. En ce sens le Christ a  vaincu le monde pour nous aussi.   Igino Giordani, Le feste (Les fêtes), S.E.I. (Società Editrice Internazionale), Turin, 1954, p.110-125.

Évangile vécu: “Tes sentiers”

Évangile vécu: “Tes sentiers”

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Confier nos soucis à Dieu Nous avons appris à jeter tous nos soucis en Dieu. Lorsque j’ai été hospitalisée, ce fut l’occasion de renforcer mes relations d’amour avec ma famille et d’en créer aussi avec des personnes que je ne connaissais pas. Les frais d’hospitalisation et les soins médicaux étaient élevés, nous ne savions pas comment faire pour acheter du bois de chauffage et payer la scolarité des enfants. Après quelques jours d’incertitude quelqu’un s’est fait l’intermédiaire de la providence de Dieu en nous faisant parvenir la somme nécessaire. R. Serbie “Monsieur quidam” En tant que directeur général d’une entreprise de matériel sanitaire, j’avais été soupçonné d’avoir versé des pots de vin en contrepartie d’une importante mission de conseil. Sans qu’il n’y ait eu aucune demande de clarification de la part du Procureur, j’ai été contraint d’abandonner tout emploi dans le public et dans le privé et d’un jour à l’autre je suis devenu « monsieur quidam». Autour de moi tout se passait comme si j’étais coupable. J’ai éprouvé en moi un sentiment de mort et je l’ai même fortement désirée. Dieu lui-même me semblait avoir disparu. Mon unique soutien : la proximité d’une personne amie: « Jésus abandonné t’a voulu un peu semblable à lui-même. Cette épreuve passera, mais il restera dans ton âme la richesse de ton amour pour Lui ». Après huit années de désert et d’angoisse mon innocence a été reconnue. Ces moments d’enfer se sont révélés être la plus fantastique et la plus riche expérience de ma vie. M.B. – Italie Croire avec force  J’ai expérimenté ce que signifie la phrase de Jésus: « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Mon mari, l’unique salarié de notre famille, est resté sans travail, avec des enfants encore étudiants. L’un d’eux ne pouvait pas passer son examen parce que nous n’avions pas l’argent nécessaire. J’ai cru de toutes mes forces que Dieu y aurait pourvu. Le jour même j’ai reçu un don correspondant à  la somme nécessaire. Y. Croatie J’entends! Notre fils a des problèmes d’audition depuis de nombreuses années et pour le soigner nous sommes allés dans un autre Pays. Je me suis mis à chercher du travail et à m’occuper des autres, ce qui a rendu mon fardeau plus léger. Il était nécessaire qu’il passe des examens chez un spécialiste. Providentiellement, on a eu le rendez-vous au bout d’une semaine, au lieu d’attendre des mois comme prévu! Le traitement a pu alors commencer. Par la suite une entreprise de logistique et de transport m’a appelé pour un emploi. Au bout d’une semaine de soins, tandis que je lui mettais des gouttes, mon fils s’est exclamé : « Papa, j’entends de cette oreille ! ». S. Italie Le regard triste Je venais à peine de sortir de chez moi. Un homme s’approche, sale, le regard immensément triste. Je pense un instant qu’on ne peut pas changer le monde, ni résoudre tous les problèmes. Mais son regard ne se tourne que vers moi. « Il y a trois jours que je ne mange pas », me dit-il. Je lui demande de m’attendre et je cours à la maison pour réchauffer quelque chose de prêt. Puis je reviens vers lui et le voilà qui mange tout en un rien de temps. Puis je l’invite au café du coin. Les gens me regardent, un peu surpris. Je commande un café et quatre croissants, trois pour lui et un pour moi. Mais mon ami les consomme aussitôt. Il me raconte sa vie de douleur et de souffrance. A un moment je doute que tout cela soit vrai, mais le plus important est de l’écouter. C’est un fleuve en pleine cru. Un autre café, du lait… mes quelques sous y passent tous. Je lui donne l’adresse d’un centre qui accueille les personnes sans domicile fixe. «  C’est la première fois que quelqu’un s’intéresse à moi, j’irai. Ce matin je ne me suis pas réveillé pour rien ! ».  (extrait de Urs Kerber, « La vida se hace camino » – traduit par nos services)