Mouvement des Focolari
Les fondements de la société

Les fondements de la société

DSC_8354 copia“J’étais moi aussi présente avec mon mari, au congrès pour les couples de « volontaires ». 600 personnes, 14 langues. Un fragment de société représentatif des cinq continents. Mais commençons… par le début. La veille, je regarde le programme. Je savais que le 3 mars, la date du congrès, aurait coïncidé, par un heureux hasard, avec le dixième anniversaire de la mort de Chiara Lubich. Mais les autres jours ? La vie de famille et de couple, analysée sous ses divers aspects, devait faire l’objet des différents moments d’approfondissement, sous la houlette d’experts. Nous sommes mariés depuis presque vingt ans et nous avons deux enfants de 18 et 16 ans. Une fois passés le “tunnel” des nuits blanches, des couches et des classes maternelles, puis la période du primaire et du collège, avec les cartes de géographie à dessiner et les chapitres d’histoire à faire apprendre, nous naviguons dans leur vie d’adolescents et dans la nôtre… à la recherche d’un présent de paix et d’un futur qui défile au jour le jour. Un enchevêtrement d’affections, de difficultés et de mouvements : stupeur devant la nouveauté, souffrance face aux événements tristes, quelquefois découragements, puis nouvel élan pour repartir, mais aussi joies, passion pour les problèmes de société, soif de beauté, ouverture à la nouveauté et aux imprévus, course d’obstacles entre les mille activités de chacun. Une famille normale en somme. Je lis le programme et je me décourage un peu’. Les sujets, tous centrés sur le couple, m’étouffent : et le monde ? La réalité de notre époque ? L’art, la culture, les relations sociales ? Allons-nous nous pencher seulement sur nous-mêmes, nous analyser encore et toujours, après tant d’années ? Comme « volontaire », je suis habituée à regarder « à l’extérieur » plus qu’à « l’intérieur », à viser haut et loin, à agir en étroite relation avec la réalité et les fatigues de tout le monde, essayant d’apporter ma pierre, comme Chiara Lubich nous l’a enseigné, à l’avènement d’un monde plus uni. Le premier jour la mise en route n’est pas très facile. Et en plus mon mari, retenu par des engagements professionnels, n’est pas là. Le soir, pour ne rien cacher, je m’échappe volontiers pour me rendre à l’inauguration de l’exposition à Vittoriano, au centre de Rome. C’est mon remède, une façon de « m’oxygéner » le cerveau. Un peu déçue, j’affronte le deuxième jour, cette fois-ci en couple. J’essaie de remettre de l’ordre dans mes pensées et je joue pleinement le jeu. Je me rends compte que mon mari fait le même effort. Ce changement d’attitude nous permet d’accueillir les interventions qui se succèdent avec un regard neuf. C’est comme si pour la première fois nous recevions des clés de lecture pour renouveler de l’intérieur « notre » oui, prononcé il y a tant d’années, ainsi que notre famille, notre petite brique pour édifier la société, en ce moment historique. Je ne peux pas être une bonne mère de famille, ni une employée qui fait sa part, sans partir de la relation avec mon premier et unique compagnon de vie, sans cette unité renouvelée entre nous. Comment une maison peut-elle tenir debout si ses fondations ne sont pas profondes, solides, fortes, saines ? DSC_8553Le troisième jour nous renouvelons tous ensemble, solennellement, notre « oui » pour toujours, dans le cadre du sanctuaire du Divin Amour.Ce n’est pas un acte formel, mais substantiel et libre, avec 598 témoins. L’après-midi, pendant que petit à petit la salle qui accueillera le « dixième anniversaire » se remplit, je m’assieds par hasard à côté de deux des participants. Un couple qui vient de vivre notre congrès. Je ne les avais pas encore remarqués. Quelques mots de présentation. J’apprends qu’ils ont perdu un fils il y a deux ans. Ils sortent une photo : un très beau garçon, aux yeux clairs, barbe châtain. Il n’avait que 25 ans, la fleur de l’âge. Nos yeux se voilent de larmes. En cette maman, je devine les traits de la Mère, représentée par Michel-Ange dans la célèbre « Pietà ». Voilà une famille. Un rempart, un rocher. Fondements héroïques de la société, sans lesquels tout peut s’écrouler. Il fallait s’arrêter et se concentrer sur le couple. C’était bien évidemment nécessaire ». Chiara Favotti

Donne-moi ceux qui sont seuls

  Donne-moi ceux qui sont seuls Seigneur, donne-moi ceux qui sont seuls… J’ai éprouvé dans mon cœur la passion qui envahit le tien pour l’abandon qui submerge le monde entier. J’aime chaque être malade et solitaire. Même les plantes qui souffrent me font de la peine… même les animaux seuls. Qui console leur peine ? Qui pleure leur mort lente ? Et qui presse sur son propre cœur leur cœur désespéré ? Donne-moi, mon Dieu, d’être dans le monde le sacrement tangible de ton Amour, de ton être qui est Amour : être tes bras, qui étreignent et consument en amour toute la solitude du monde.   Chiara Lubich, Pensée et spiritualité, Nouvelle Cité 2003, p.126

Chaire Œcuménique Internationale a Sophia

Chaire Œcuménique Internationale a Sophia

SophiaAprès l’inauguration solennelle de la Chaire Œcuménique Internationale Patriarche Athënagoras-Chiara Lubich le 14 décembre dernier à l’Institut Universitaire Sophia de Loppiano, accompagnée de vœux et d’un message d’encouragement du pape François et du Patriarche œcuménique Bartholomée I, les travaux entrent dans le vif du sujet par un cycle de cours du 5 au 27 mars sur «l’ecclésiologie de l’Eglise orthodoxe». Les deux titulaires sont S.E. Maximos Vgenopoulos, Métropolite de Selyvria, et le professeur Piero Coda. La chaire, un unicum dans le panorama académique et culturel international, voit le jour 50 ans après la rencontre entre le Patriarche Athënagoras I et Chiara Lubich. Elle voudrait revisiter et actualiser l’héritage de cette rencontre, selon ce que le Patriarche avait confié à Chiara: «Se connaître est quelque chose de grand; nous avons vécu isolés pendant de nombreux siècles, sans avoir de frères, sans avoir de sœurs, comme des orphelins! Les dix premiers siècles du christianisme ont été centrés sur les dogmes et l’organisation de l’Eglise. Les dix siècles suivants ont vu les schismes, la division. La troisième époque, celle-ci, est celle de l’amour» En guise d’ouverture le 5 mars dernier, Piero Coda de Sophia a rappelé la éthodologie spécifique du parcours d’étude et de vie de l’Institut, basé sur l’engagement à vivre l’amour réciproque selon le commandement nouveau de Jésus. Il a affirmé: «Nous voulons nous préparer avec compétence et stupeur à être serviteurs et témoins d’un œcuménisme qui jaillit de l’amour de la Saint Trinité, justement, forme et but de toute unité dans la richesse et la beauté de la diversité. Uniquement de cette manière nous pouvons recevoir mutuellement les dons que les uns offrent aux autres, en puisant dans les trésors inestimables de grâce que les Traditions de nos Eglises conservent. Uniquement ainsi nous pouvons remplir par l’amour les distances qui nous séparent encore. Uniquement ainsi nous pouvons nous enrichir mutuellement. Uniquement de cette manière nous pouvons arriver, avec la grâce de Dieu, à l’unité pleine et visible”. Sur fond de crise des équilibres politiques, sociaux et religieux autant au Proche qu’au Moyen Orient, et entre les deux rives de la Méditerranée, l’institution de la Chaire prend une importance culturelle et sociale particulière sur le plan international en proposant la mise en place de laboratoires d’étude et de recherche pour les nouvelles générations. Elle a pour objectif spécifique d’en étudier le sens culturel, revisiter les étapes historiques et faire ressortir les implications existentielles et sociales du chemin œcuménique vers la pleine unité des Eglises, dans l’échange des richesses spirituelles, théologiques et culturelles de l’Orient et l’Occident chrétiens. Elle veut en plus offrir sa propre contribution à la pensée, au dialogue et à la vie du développement de l’unité entre l’Eglise Orthodoxe et l’Eglise Catholique au service de la rencontre entre les peuples et les cultures.

Un rêve qui se renouvelle

Un rêve qui se renouvelle

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Foto © CSC Audiovisivi

Musique, poésie, images, chorégraphies, chants ont soutenu et accompagné les témoignages rendus à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Chiara Lubich, fondatrice des Focolari. Le samedi 3 mars, plus de 2000 personnes, aux couleurs  et tenues traditionnelles du monde entier, se sont rendues au Centre Mariapolis de Castel Gandolfo, près de Rome. Parmi elles des personnalités religieuses – dont, au premier rang, le cardinal  Secrétaire d’État, Pietro Parolin –  des représentants du monde de la culture, de la communication et des institutions. Au dire de beaucoup, ce ne fut  pas une commémoration, mais plutôt une célébration de la vie. De cette vie qui a jailli du charisme de l’unité de Chiara Lubich dans des contextes du monde très nombreux et très divers, souvent sur des territoires hostiles, en guerre ou délabrés, en donnant naissance à des œuvres inspirées par l’Évangile et visant à transformer la société. Adriana est une artiste brésilienne:” Je ne voulais pas rester enfermée dans un atelier. Chiara m’a dit : choisis Dieu, Lui qui t’a faite artiste ». Après s’être totalement investie, par esprit de fraternité, dans un projet social destiné à offrir un toit à 500 familles extrêmement pauvres de la favela de Pedreira, au sud de Sao Paolo, elle sent renaître en elle la possibilité de faire fructifier son talent de peintre. « Je suis venue ici – dit Adriana – pour rendre hommage à Chiara ». Roberto et Maurizio, en Italie, ont inauguré une poissonnerie à l’enseigne de l’Économie de communion, parce que « à quoi cela sert-il de baser notre vie sur le profit? Personne ne se souviendra de nous pour l’argent que nous avions, mais pour le bien que nous avons fait ». Marie travaille depuis 15 ans dans une école située dans une banlieue  parisienne difficile : les professeurs cherchent habituellement à en partir le plus vite possible. « Ces enfants doivent pouvoir bénéficier des mêmes possibilités que ceux qui fréquentent les écoles des meilleurs quartiers de Paris ». Letizia et son mari, entrepreneurs, ont refusé une importante commande et risquent la faillite, car ils ne veulent pas fabriquer des composants destinés à l’industrie militaire. PX5A4522-mUn couple syrien offre son propre témoignage à travers un message vidéo : « Nous n’avons pas voulu quitter le pays en guerre pour ne pas devoir fermer notre école fréquentée par des enfants atteints de surdité. Où seraient-ils allés ? » Une actrice prête sa voix pour raconter de façon poignante l’histoire d’une petite philippine: accueillie dans le centre social Bukas Palad (« Les mains ouvertes » en Tagalog), à Manille : « Je suis pleine de reconnaissance, parce que de pauvre que j’étais, je suis devenue une personne privilégiée, aimée. C’est à partir de là que j’ai commencé à revivre ». Ce ne sont que quelques fruits de “l’intrinsèque socialité” du charisme de Chiara Lubich, comme l’a définie le coprésident des Focolari Jesús Morán : « Chiara n’a pas été une réformatrice, son rêve vise bien plus haut et touche au fondement anthropologique et théologique de toute réforme sociale : la fraternité universelle ». L’option préférentielle pour les pauvres – « sortis de l’anonymat et devenus des protagonistes » – caractérise depuis ses débuts l’histoire des Focolari.
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Foto © CSC Audiovisivi

Quant à Maria Voce, elle rappelle les prémisses d’une expérience aujourd’hui présente dans  182 Pays du monde, avec des expressions tangibles de fraternité, comme les 25 Cités pilotes, « maquettes d’un monde uni », présentes sur tous les continents.Elle raconte: pendant la Seconde Guerre Mondiale, « les premières focolarines ne se ménageaient pas : elles parcouraient d’un bout à l’autre la ville de Trente pour aider quiconque était dans le besoin. Elles invitaient les pauvres à manger chez elles, et, mettant la plus belle nappe qu’elles avaient, elles s’asseyaient ainsi autour de la table : une focolarine, un pauvre, une focolarine, un pauvre ; elles leur offraient à manger comme on le fait pour des frères et non comme des bienfaitrices. L’Évangile, lu ensemble à la lumière des chandelles dans les refuges antiaériens, redécouvert et vécu avec l’intensité de cette Lumière jaillissante, se révélait source de la plus profonde transformation sociale ». Sur le grand mur de la salle, transformé en écran de cinéma, glissent, parfaitement intégrées au récit, les images d’une longue histoire partie d’un rêve : « Voici le grand attrait du temps présent : s’élever jusqu’à la plus haute contemplation, en restant au milieu du monde, homme parmi les hommes ». Dans tous les Pays du monde où l’on fera mémoire de Chiara Lubich, ce rêve se renouvellera. Chiara Favotti

Social-One: Pour une société ouverte au dialogue

Sociological Imagination and social promotion: the category of “Love” to read the changes taking place and imagine new future”Imagination sociologique et promotion sociale : la catégorie de l’amour pour lire les changements en acte et imaginer de nouveaux futurs »), titre du congrès. Organisé par le Département des Sciences Politiques et Sociales de l’Université des Etudes de Salerne et le research network Social-One, parrainé par la Section Théories Sociologiques et Transformations Sociales de l’Association Italienne de Sociologie (AIS et en partenariat avec les Universités de Recife (Brésil), Buenos Aires (Argentine), Rome e Trieste (Italie) et avec l’IUS de Loppiano (Italie). Le but du congrès est de sonder toutes les perspectives d’analyses et d’actions suscitées par la catégorie de l’ « agir agapique » dans le domaine des disciplines sociales et humaines. Un tel concept pourrait offrir des clés de lecture et de nouveaux horizons d’intervention pour la promotion d’une société plurielle basée sur l’équité, l’inclusion et le dialogue. Au cours des différents panels seront présentés des participations et des témoignages qui conjuguent théorie, recherche et action. Pour information: Social-One online Invitation