Mouvement des Focolari
Hemmerle: la Parole et l’Esprit

Hemmerle: la Parole et l’Esprit

Hemmerle_Innamorato_di_Dio Il existe une seule voie, du moins je ne réussis pas à en voir une autre, pour pouvoir vivre entre nous, ici et maintenant, le maximum de l’unité et de la communion: cette unique voie implique […] que jour après jour,  toi et moi, vous et moi, et nous tous, avec passion, nous soyons solidement et seulement ancrés dans Sa Parole en toutes circonstances de notre vie et devant chaque obstacle qui se présente entre nous. (p. 266). La Parole de Dieu dépasse les barrières qui existent entre nous et crée la communion.[…] Et cela, personne ne peut nous l’enlever, personne ne peut nous l’interdire. Arrivés à ce point, on ne peut retourner en arrière : c’est le point essentiel à partir duquel la route s’ouvre pour aller de l’avant. […] Si nous vivons la Parole dans la réciprocité et d’une manière radicale, de sorte que ce que tu vis et ce que je vis soient une unique Parole, forment ensemble Sa Parole, alors l’unité grandit entre nous […] Nous pouvons nous demander : mais comment pouvons-nous faire pour vivre ensemble dans l’unique Esprit qui est la réalité la plus profonde et la plus intime de Dieu et qui est aussi ma réalité la plus profonde et la plus intime? C’est en recherchant en toi, avec ténacité, les dons de l’Esprit, en toi qui es chrétien et croyant comme moi. Tant que je n’ai pas découvert en toi l’Esprit, je te poserai des questions pendant tout le temps nécessaire. Il ne s’agit pas de me contenter d’un compromis en disant : ’ « Au fond, tu n’es pas trop mal et je ne le suis pas non plus : je peux trouver un point de rencontre à mi-chemin ! », ni de me dire: « Je prends quelque chose de toi et quelque chose de moi afin de négocier une formule avec laquelle tous les deux nous pouvons nous mettre d’accord sans  en modifier les fondements ». Pixabay-2183489_1280_01Je me dis au contraire :’’Où est l’Esprit en toi ?’’. Cette question récurrente ne t’oblige pas et ne te limite pas, mais elle te rend libre, pour que tu puisses me partager les dons de l’Esprit en toi. Je suis prêt à me laisser interroger par toi jusqu’à la dernière extrémité afin qu’en me fiant à l’Esprit, je puisse à mon tour t’ offrir et te partager mes dons comme dons de Dieu. Partager réciproquement nos dons, découvrir dans la réciprocité les dons de l’Esprit dans l’autre : c’est cela, la voie de l’unique Esprit. (page 265, 266). (15.6.79, dialogue avec le théologien évangélique Lukas Vischer)  Celui qui depuis longtemps vit la spiritualité de l’unité ne peut s’arrêter en se disant : Qu’est-ce qui me plaît dans ce que l’autre est en train de me dire ? Qu’est-ce qui ne me plaît pas ? Quels sont les points compatibles avec mon opinion ? En quoi sont-ils  incompatibles avec elle ? Pixabay-2183489_1280_01Au contraire, je tends  plutôt  à me faire un avec l’autre,  à penser à partir de lui , non de manière à renier ce que j’affirme avec certitude en fonction du Christ, mais dans le sens qu’en présence de cet autre je me demande : quelle lumière veut-il me donner ? Je me considère donc moi-même en partant de l’autre. Je me fais un avec l’autre en essayant de relire ma vérité à travers la lumière de l’autre. (p. 268) (extrait tiré de « Questions et réponses à l’École œcuménique de Ottmaring »)   Winfried Hagemann : KLAUS HEMMERLE, amoureux de la Parole de Dieu – Città Nuova 2013.  

Les Focolari et l’unité des chrétiens

Les Focolari et l’unité des chrétiens

P1320465_01Quelles sont les orientations et les perspectives de l’engagement œcuménique des Focolari? Lors de sa récente intervention  au cours d’une rencontre d’évêques à Katowice, Jesús Morán Cepedano (espagnol, né près d’Avila, en 1957), coprésident du Mouvement des Focolari depuis 2014, a décrit les bases et les caractéristiques d’une spiritualité que la 2ème Assemblée Œcuménique Européenne (1997) a considérée comme étant « œcuménique« . « J’ai connu Chiara Lubich et le Mouvement des Focolari en 1974. Comme espagnol, j’ai grandi dans un milieu catholique, on méditait sur l’Évangile à l’église. Mais ces nouveaux amis me proposèrent de le mettre en pratique. Je voulais changer la société, mais ma première surprise a été de voir que l’Évangile me changeait d’abord moi ». C’est à cette époque que Chiara Lubich prend contact avec des personnalités de différentes Églises, parmi lesquelles le Patriarche œcuménique de Constantinople, Athénagoras 1er et l’archevêque Robert Runcie, alors primat de l’Église d’Angleterre. « Ce charisme suscitait aussi un grand intérêt, et parfois encore davantage, auprès de ceux qui n’étaient pas catholiques ». Rappelant les propos de la fondatrice des Focolari s’adressant à 7000 prêtres et religieux réunis au Vatican en 1982 dans la salle Paul VI: « L’œuvre de Marie n’appartient pas seulement au monde catholique. Nous formons une seule réalité entre nous tous, malgré les limites que comportent les divisions existant encore», P1320467_02Morán explique : « Le charisme que Dieu a donné à Chiara s’enracine dans une dimension ecclésiale qui peut être partagée par toutes les confessions, parce qu’il prend sa source au cœur de l’Évangile. Et cela est en lien avec la nature de la spiritualité qui naît de ce charisme : une spiritualité de communion, à l’image de la Trinité ». Une spiritualité qui, dans les relations œcuméniques, place en premier « le dialogue de la vie », « l’œcuménisme de l’amour », « de la vérité », « du cœur », autant d’expressions qui ont cours aujourd’hui pour mettre en valeur l réciprocité de l’amour qui ne se substitue pas dialogue théologique, mais rend possible «  le rapprochement, dans un profond échange de dons qui nous enrichit les uns les autres ». Unité et réconciliation commencent dans le cœur, par la rencontre entre les personnes et une ouverture accueillante, souligne  Morán. Mais l’unité que nous vivons et que nous cherchons – précise-t-il – n’est pas l’uniformité, c’est l’Esprit Saint lui-même qui suscite les diversités » Ce n’est donc pas une approche théorique, mais une expérience vivante de l’amour évangélique, un « laboratoire œcuménique » qui, dans le parcours des Focolari, rassemble désormais des chrétiens appartenant à plus de 300 Églises et qui s’est répandu, au moins comme prise de conscience, au sein d’innombrables contextes ecclésiaux. « Le dialogue de la vie est aussi fructueux – ajoute-t-il – dans et entre les paroisses de différentes Églises : à travers des jumelages  qui favorisent la connaissance réciproque et la naissance de nouvelles formes de collaboration pour des projets sociaux et culturels. Les jeunes appartenant à diverses Églises en sont aussi les protagonistes et soutiennent des actions de première urgence ou d’aide aux personnes les plus démunies ». Quelles sont les  répercussions au plan théologique? « Quelques experts ont été appelés à faire partie des instances officielles de ce dialogue. Au niveau régional et surtout diocésain de nombreuses personnes sont elles aussi  engagées personnellement». Un exemple, entre autres, sont les symposiums théologiques entre les professeurs de la Faculté roumaine-orthodoxe de Cluj-Naponica (Roumanie) et de l’Institut Universitaire Sophia de Loppiano (Italie), où a été inaugurée le 14 décembre, une chaire œcuménique qui porte le nom du Patriarche Athénagoras et de Chiara Lubich. « Silencieusement, mais résolument, Dieu est en train de tracer un chemin irréversible pour réaliser son dessein sur l’humanité, la fraternité universelle ». Morán conclut sa réflexion avec la résolution de la « Déclaration d’Ottmaring » par laquelle le Mouvement des Focolari a ouvert les célébrations du 500ème anniversaire de la Réforme : « De toutes nos forces, nous voudrions soutenir  les Églises dans leur engagement pour arriver à la communion pleine et visible. Nous ferons tout pour que nos activités et nos initiatives soient nourries de cette attitude ouverte et fraternelle entre chrétiens ». Lire le texte intégral

Semaine pour l’unité des chrétiens

Semaine pour l’unité des chrétiens

Cela fait 110 ans que, du 18 au 25 janvier, on célèbre la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, une initiative œcuménique instituée en 1908 par le Rév. Paul Wattson à Graymoor (New York), qui se situe entre la fête de la chaire de Pierre et celle de la conversion de St Paul. Dans l’hémisphère Sud en revanche, on la célèbre autour de la Pentecôte. L’initiative a un antécédent vers l’année 1740, en Écosse : un prédicateur évangélique-pentecôtiste invite à un jour de prière pour l’unité. La même invitation est adressée à la première assemblée des évêques anglicans à Lambeth (1867) ainsi qu’au Patriarche œcuménique de Constantinople, Joachim III (1902). En 1894 le pape Léon XIII  encourage aussi une « Octave de prière pour l’unité ». L’Église catholique, durant le Concile Vatican II, souligne la prière comme l’âme du mouvement œcuménique. En 1966 le Conseil Pontifical pour la promotion de l’Unité des Chrétiens et la Commission Foi et Constitution du Conseil Œcuménique des Églises décident de préparer ensemble les textes officiels pour la Semaine de prière, travail confié chaque fois, depuis plus de trente ans, à un groupe œcuménique local différent. Pour 2018 ce sont les Églises des Caraïbes qui ont été choisies. Un groupe œcuménique composé de catholiques, baptistes, anglicans, méthodistes, presbytériens et d’Églises unies en évalue les besoins. Le Mouvement des Focolari s’engage à promouvoir la Semaine, selon la prière de Jésus “Que tous soient un” (Jn 17, 21).  

Une famille plus grande

« Diverses circonstances nous montraient que désormais nous ne pouvions plus rester dans notre Pays, le Venezuela. Armando avait été licencié et une lettre en provenance du Pérou nous ouvrait des portes. Il semblait que Dieu nous appelait là-bas ». C’est ainsi que débute le récit d’Ofelia et d’Armando, contraints de laisser au Pays leurs enfants, Daniel et Félix, désormais adultes, pour trouver une maison, du travail et un avenir pour tous dans un autre Pays. « Sans un sou, nous avons commencé à nous préparer. Une somme d’argent nous est arrivée pour nos frais de voyage. Quitter son propre Pays est une expérience qui secoue. Notre fille était déjà partie au Pérou en octobre, mais à la frontière on lui a enlevé son ordinateur et son argent. C’est sur ces entrefaites que nous sommes partis ». Armando et Ofelia quittent tout, mais emportent avec eux la photo de Domenico Mangano: un homme très croyant, lié aux  Focolari en Italie centrale, un engagé politique combatif, mort en 2001 et dont la cause de béatification a été récemment ouverte. «Nous lui avons demandé de s’occuper de notre voyage ». « A notre grande surprise, le passage de la frontière n’a pas posé de problèmes particuliers. Nous l’avons franchie presque comme si nous étions invisibles et une jeune femme, comme un ange sur notre route, nous  a indiqué ce que nous devions faire. Après un unique contrôle de nos bagages nous sommes passés sans devoir affronter la bousculade de la foule qui s’était pressée à la frontière les jours précédents. C’était presque incroyable ! Nous avons pensé que c’était grâce à l’aide de Domenico et nous nous sommes à nouveau confiés à lui. En raison d’un contretemps nous sommes arrivés à Quito et avons passé la nuit au focolare féminin. Quelques personnes de la communauté de cette ville nous ont invités à dîner et à faire une promenade en journée. Après sept jours de voyage nous avons finalement réussi à rejoindre Lima ». A Lima, Ofelia et Armando sont les hôtes d’Elba et Mario, et, en plus de vêtements, ils reçoivent un sac de nourriture et de l‘argent. « Nous avons visité les deux focolares, nous sommes allés au Centre Fiore pour aider à préparer le repas de Noël que les membres de la communauté de Lima offrent  aux jeunes filles rescapées de la traite des esclaves, hébergées par les sœurs. Elles étaient heureuses. Nous avons aussi retrouvé Silvano et Nilde, qui avaient quitté le Venezuela avant nous. Tout le monde nous a accueillis avec beaucoup d’amour, nous nous sentons comme dans une vraie famille ». “Le jour de Noël une famille nous a invités chez elle, et après le repas nous avons fait une promenade. Maintenant nous demandons à Dieu de trouver une maison et du travail. Nous avons vécu beaucoup de choses et nous savons que Domenico et Chiara Lubich continuent à nous aider de là-haut. Une nuit, alors que nous dormions – poursuit Ofelia – une jeune fille pieds nus, portant dans ses bras une petite fille, a frappé à notre porte. Ce n’était pas notre maison, mais nous avons tout de même décidé de lui ouvrir parce que c’était Jésus lui-même qui semblait nous interpeller à travers elle. C’était la voisine de l’étage au-dessus, son mari était ivre et la maltraitait. Elle nous a dit que jusque-là elle n’avait jamais osé frapper à une autre porte de l’immeuble, mais elle avait remarqué notre présence quelques jours auparavant, lorsque nous descendions les escaliers et son cœur lui avait dit qu’elle pouvait avoir confiance en nous. Désormais elle était là, en face de nous. Armando est allé parler avec son mari, tandis que je cherchais à consoler cette jeune femme. Au bout de quelques jours elle a pu retourner dans son appartement et depuis Armando et cet homme sont toujours en lien. Nous sommes heureux d’avoir aimé Jésus dans cette famille. Quant à nous, Dieu nous guidera et nous fera comprendre ce qu’il veut de nous ». Mais nous voilà habités par une espérance renouvelée : « Nous sommes sûrs que la coupure avec notre famille, notre Pays et nos amis portera ses fruits ». Gustavo Clariá

J’étais au Genfest de 1980

J’étais au Genfest de 1980

Genfest1980_bJe suis née et j’ai grandi à Macao, une ancienne colonie portugaise qui fait maintenant partie de la Chine continentale, où j’ai connu l’Idéal de l’unité lors d’une Mariapolis. Macao est une petite ville qui peut être visitée en quelques heures, donc l’invitation à participer à un Genfest qui se déroulait à Rome, avec des milliers de jeunes du monde entier, m’attirait beaucoup, même si je n’avais pas la moindre idée de ce dont il s’agissait. Nous venions de commencer à vivre cet idéal avec d’autres jeunes et quelques focolarines venaient souvent nous rendre visite et nous apportaient les nouvelles et la vie concrète de l’Évangile vécu par le Mouvement dans le monde entier. Ce monde que j’avais connu seulement à travers les leçons de géographie était devenu, avec l’Idéal de l’unité, plus petit et plus proche. À peine arrivées à Rome, nous nous sommes retrouvées durant quelques jours dans une maison avec beaucoup de jeunes provenant des Philippines, Hong Kong, Australie, Amérique latine… Comme cohabiter avec elles? Nous, les Asiatiques, étions un peu timides et, sans connaître la langue, nous ne savions pas comment communiquer. En fait, il n’était pas nécessaire de parler pour nous comprendre, parce que la même joie nous rapprochait. Une forte complicité est immédiatement née entre nous. Après quelques jours déjà, nous nous sentions comme une unique famille. Ensuite, nous avons appris que le slogan du Genfest était: « Pour un Monde uni ». Le Genfest se déroulant dans un stade ouvert, je me souviens qu’on priait beaucoup pour qu’il ne pleuve pas. Des centaines de bus de toute l’Europe nous attendaient.

Chiara Lubich

Nous avons appris que Chiara Lubich (que je ne connaissais pas encore personnellement) désirait que le Genfest soit « un moment de Dieu ». Plus qu’à la fête, Chiara nous conduisait à l’essentiel. Même si je ne comprenais pas beaucoup l’italien, je devais traduire pour les gen chinoises, philippines et brésiliennes. Cela n’a pas été facile, car, lorsqu’a commencé le Genfest, entre l’émotion et la difficulté à écouter, je n’ai pas réussi à traduire. Lorsque Chiara est montée sur scène, nous, les 40 000 jeunes, étions « un cœur unique et une âme unique ». Nous étions subjugués par sa présence et, là, j’ai compris qui était Chiara. Mais, dans cet immense stade, chacun la sentait proche. Je n’ai pas compris tout ce qu’elle disait, mais je sentais que nous étions déjà engagés sur la route vers un monde plus uni. Pour un idéal aussi grand, l’engagement de chacun était requis. À un moment, la pluie est arrivée… C’était impressionnant de voir que ceux qui avaient un parapluie l’utilisaient pour protéger ceux qui se trouvaient devant. Et même si on ne réussissait pas, à cause de problèmes techniques, à saisir le message de Chiara, nous étions tous heureux. La présence de Dieu au milieu de nous, par l’amour réciproque entre tous, nous emportait et nous remplissait de joie. Ce « moment de Dieu » se réalisait alors! À la fin du Genfest, nous, les 40 000 jeunes, sommes partis convaincus que nous commencions à parcourir la route que Chiara nous avait indiquée pour donner notre contribution à la construction d’un monde plus uni. Et qui commençait immédiatement: en aimant chaque personne que nous allions rencontrer et en vivant l’amour réciproque entre nous 24 heures sur 24.  

Chiara Lubich : le caractère concret de l’amour

Chiara Lubich : le caractère concret de l’amour

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Foto: Pixabay

Maintenir allumée la flamme de l’amour, cet amour que l’Esprit Saint a répandu en nos cœurs et qui doit s’exprimer par des faits concrets comme nous l’avons vu récemment. Pendant les quinze jours prochains, nous devons nous arrêter précisément sur cet aspect de l’amour, son caractère concret, et travailler à le rendre authentique. Comment ? […] Nous savons combien, en vivant dans le monde, il est facile de se laisser envahir par la poussière, d’accumuler avec le temps des choses plus ou moins utiles ou superflues et de les garder chez soi. Il s’agit peut-être d’un crayon en trop, d’un livre, d’un vêtement, d’un instrument, d’un tableau, d’un tapis, de linge, de meubles, d’objets petits ou grands, d’une somme d’argent… Pourquoi ne pas rassembler tous ces objets et les mettre à la disposition de celui qui n’en a pas dans notre communauté ou des personnes pauvres, ou pour le “Jésus Abandonné au quotidien”, comme nous appelons chaque catastrophe qui plonge tant de gens dans la souffrance, dans l’angoisse, dans le froid et dans des situations terribles. Chaque matin, à peine levé, on se lave le visage. Ne serait-il pas nécessaire, peut-être, de revoir chaque année, au début de l’année, quel est notre superflu et de le donner pour concrétiser ce à quoi la charité nous engage ? Je l’ai déjà dit aux focolarini. Dans le focolare on fait de temps en temps ce qu’on appelle “le tas”, c’est-à-dire qu’on rassemble tout ce qu’on a en plus et on le distribue. Ne pourrions-nous pas, nous tous faire de même ? […] En rassemblant le superflu et en le donnant, notre charité envers le prochain sera vraie et nous sauverons ainsi la présence du Ressuscité vivante en nous. J’ai expérimenté que pour réaliser cela, il faut un peu de temps. Il faut bien prendre en considération chaque chose l’une après l’autre. Nous ne devons bien sûr, disposer que de ce qui nous appartient personnellement et bien déterminer : ceci est superflu, cela ne l’est pas. Et soyons généreux, en pensant qu’il est préférable de manquer de quelque chose d’utile plutôt que d’en avoir en trop. […] Fuyons, nous aussi, ces attachements, tout ce qui est conséquence plus ou moins importante, même involontaire, de la société de consommation dans notre vie. Nous nous sentirons plus libres, plus légers, plus aptes à travailler pour […] faire du présent une année riche de fruits.   Da “Cercando le cose di lassù” – Città Nuova 1992 – p. 122 et suivantes.