Mouvement des Focolari

Condoléances après l’attentat de Londres

Le pape François écrit à l’Évêque de Westminster: « Je confie les victimes à la tendresse miséricordieuse de Dieu  et je demande pour les familles endeuillées la force de Dieu et la paix ». Solidarité du monde entier avec les personnes touchées par cette tragédie.  

Consacrées : une vie dépensée pour les autres

Consacrées : une vie dépensée pour les autres

IMG_0046-aAux frontières les plus pénibles et qui comportent des risques, les consacrées sont présentes. Les dangers ne les arrêtent pas, même au risque d’y perdre la vie, se fiant seulement à l’Époux de leur âme. A l’Institut ‘Madonna del Carmine’ de Sassone (Rome), la retraite annuelle pour de telles femmes : religieuses de différentes congrégations qui dans la spiritualité de communion, voient leur donation à Dieu renforcée et valorisée par le service rendu aux plus pauvres. Chacune a une histoire fascinante, jaillie du charisme qui a suscité la famille religieuse à laquelle elles appartiennent. Sœur Viera, Franciscaine des Pauvres nous raconte : « A l’âge de 9 ans, j’aidais déjà mon papa avec mes frères, à construire notre maison et à 14 ans, je travaillais dans un établissement vinicole où régnaient l’ambiguïté et la vulgarité, qui devinrent rapidement mon style de vie. Assoiffée de justice, je me suis inscrite dans un parti extrémiste, mais à 22 ans, en ayant assez de tout, je me suis retrouvée sur la terrasse d’un troisième étage pour mettre fin à ma vie. A m’y empêcher in extremis, ce fut la pensée du désespoir dans lequel ma mère aurait sombré. Les jours qui suivirent, à l’arrêt d’un bus, j’ai rencontré une sœur que je n’avais jamais vue auparavant et qui comprit mon mal-être et m’invita à une rencontre des jeunes des Focolari. J’y suis allée car je voulais vaincre l’idée du suicide qui continuait à me tourmenter. En écoutant leurs expériences de l’Évangile, j’ai pensé qu’ils étaient tous fous, qu’ils étaient juste en train de perdre leur temps. Mais le soir venu, j’ai ressenti une joie jamais expérimentée auparavant. Dieu était en train de me prendre par la main, en se manifestant pour celui qu’Il est vraiment : Amour. Au travail, j’ai commencé à mettre en pratique, non sans difficultés, le commandement de l’amour réciproque, à utiliser des phrases sur un ton plus agréable, à sourire et à être plus attentive vis-à-vis de mes collègues plus âgées. Tout en continuant les rencontres avec les jeunes des Focolari et avec Cristina – la sœur qui m’en avait parlé – je ressentais toujours plus l’exigence d’un chemin sérieux avec Dieu. Après un parcours de formation, j’ai quitté la maison et le travail pour entrer chez les Sœurs Franciscaines des Pauvres, une congrégation au service des plus pauvres, parmi lesquels, des filles de la rue amenées à la prostitution, des prisonniers, etc. Depuis maintenant presque 23 ans, je m’occupe de pastorale pénitentiaire, au contact avec les détenus, peu importe leur croyance et leur culture, dans la prison de Rebibbia (Rome) et, dernièrement, aussi dans celle de Pistoia. J’y vais seulement pour les écouter, sans rien attendre. Je me mets à leur disposition pour téléphoner à leurs familles, à leurs avocats ; je leur apporte dans la prison tout ce dont ils ont besoin pour écrire et envoyer des lettres. Je collabore avec les éducateurs, voyant les choses ensemble avec eux, surtout lorsqu’il y a des problèmes. Chaque fois que je rentre dans ces milieux, je pense aux paroles que Jésus a adressées aux pharisiens qui voulaient lapider l’adultère :’’Celui qui est sans péché, qu’il jette la première pierre’’. C’est en vivant par moi-même la miséricorde de Dieu, que j’essaie d’avoir un profond sens de l’accueil envers chacun tel qu’il est, dans la pleine confiance. Seul Dieu peut juger, un Dieu qui aime chacun. Souvent, la relation  devient réciproque, et ils se sentent dès lors en confiance pour parler de leur vécu, de leurs drames, de leurs difficultés de cohabitation, de la souffrance d’être privés aussi des choses élémentaires. Cette attitude à ‘se faire unque Chiara Lubich nous a enseignée, est la clé d’or qui me permet de construire un dialogue pacifique et respectueux avec tous. A Pistoia, les détenus sont au nombre d’environ 200, entre adultes et jeunes, plus la section appelée ‘Minore’ de ceux qui ont commis des crimes lourds. Au début, j’ai eu difficile à les affronter, car à Rebibbia, je ne rencontrais que des femmes. Mais puis j’ai vu qu’il n’y a ‘’Ni homme ni femme’’, comme le dit Saint Paul et que tous sont candidats à l’unité. Je vais les trouver trois à quatre fois par semaine. On se parle dans la chapelle, devant Jésus Eucharistie et en général, tous me disent que ces conversations doivent continuer, qu’ils m’attendent encore. Ils me racontent leurs angoisses, leurs peurs, leurs sentiments que j’essaie de soulager en leur rappelant que chacun d’entre nous est au centre de l’amour de Dieu. Il arrive que quelqu’un me confie son retour à Dieu, comme l’a fait récemment une détenue de Rebibbia qui m’a ensuite écrit : « Je voudrais récupérer tout le temps que j’ai perdu à tous vents. J’espère que la vie me donnera une seconde chance pour pouvoir me racheter ainsi que ma famille, pour montrer que moi aussi je vaux quelque chose, que moi aussi je peux faire quelque chose de bon. Chère Sœur Viera, j’espère que vous me permettrez de continuer à avoir votre amitié, je remercie Dieu qui nous a fait nous rencontrer l’une l’autre ».

Maria Voce à propos du Cardinal Vlk

 “ Un don précieux ”, “témoin vivant du Charisme de l’unité” et “véritable Parole vécue ». Par ces mots Maria Voce, présidente du mouvement des Focolari, définit la personnalité du Cardinal Miloslav Vlk, décédé samedi 16 mars à Prague. En annonçant la nouvelle à tous les membres du mouvement, Maria Voce met en valeur les moments « édifiants » que Vlk a vécus durant la dernière période de sa vie, marqués par une diminution de ses forces mais en même temps par une « attitude constante de gratitude envers Dieu pour les dons qu’il avait reçus de Lui ». Elle souligne le “lien profond” du Cardinal avec le mouvement des Focolari « dès le début de son ministère clandestin dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie sous le régime communiste ». Elle exprime sa profonde gratitude pour son extraordinaire engagement et son dévouement durant les 18 ans où il a eu la charge de modérateur du groupe des évêques qui se déclaraient « amis du mouvement », et dont il a suivi les activités avec un intérêt et une vive participation, même de son lit d’hôpital. Maria Voce rappelle que le cardinal Miloslav a été “entouré par les prières, aussi bien de sa communauté diocésaine que par celles des membres du mouvement et des amis des autres dénominations chrétiennes, ainsi que des juifs et des musulmans avec lesquels il s’est engagé sur un chemin de dialogue pendant des années ». Elle a évoqué les « nombreux témoignages sur son exemple d’humilité, de communion et de sagesse évangélique qui soulignent sa manière d’être tout simplement « frère » aux côtés de ses frères et aussi son autorité de ‘père’ qui savait encourager et motiver toute personne proche de lui ». « Nous sommes face à un grand héritage », conclut Maria Voce. « Un héritage à recueillir et à découvrir plus en profondeur ».

Quarante jours en Syrie

Quarante jours en Syrie

20170321-01Depuis plus de 25 ans, je suis en contact régulier avec le Père Nabil, prêtre catholique de rite melkite de Syrie, marié et père de cinq enfants. Nous nous étions connus lorsque nous étions séminaristes durant une rencontre des Focolari. Depuis que la terrible guerre en Syrie a commencé, il nous est spontané de vivre cette situation ensemble. Combien de personnes impliquées dans la prière pour le peuple syrien, pour demander la paix ! Une communion spirituelle est ainsi née entre les deux communautés paroissiales, unissant ainsi la sienne en Syrie et la nôtre en Suisse. Quand ses filles aînées n’ont plus pu continuer à étudier en Syrie, notre communauté de Bâle les a accueillies. Au cours de l’été passé, ayant dû changer de paroisse, j’ai pu prendre le temps nécessaire pour aller lui rendre visite. Les 40 jours en Syrie ont ainsi commencé ! A trois heures du matin, j’arrive à Beyrouth où le Père Nabil m’accueille à l’aéroport. Avec une voiture remplie de personnes et de bagages, nous prenons la route pour la Syrie.A la frontière, un accueil chaleureux de la part du chef de bureau. Alors qu’il contrôle la voiture et les documents, nous sommes ses hôtes. Puis, nous reprenons la route, par des voies secondaires – les principales étant fermées – en passant un grand nombre de checkpoints, jusqu’à la petite ville du Père Nabil, distante de 5 km de la ville de Hama. Nous sommes accueillis dans différentes maisons et j’expérimente un accueil chaleureux et joyeux. Je découvre une communauté très vivante. Chaque soir, dans la paroisse, plus de 200 enfants et jeunes s’y rencontrent tour à tour. En tout, plus de 900 personnes passent chaque semaine quelques heures ensemble. C’est une fête quotidienne. L’engagement et le dévouement des 70 jeunes responsables est fort malgré le fait qu’ils fréquentent l’école ou l’université ou qu’ils soient même en pleine période d’examens. Je commence à comprendre, avec les jours qui passent, que cette vie pleine se déroule avec en toile de fond, une douleur déchirante. Je découvre que les bruits qu’on entend quotidiennement, proviennent des bombardements. Je comprends que les positions des ‘’rebelles’’ ne sont distantes que de quelques kilomètres. J’apprends qu’une semaine auparavant, un village chrétien à 12 km de là, a été assailli et qu’il y a eu beaucoup de morts. Beaucoup de familles ne peuvent plus acheter ce qui est nécessaire pour vivre. Nous visitons des malades qui ne peuvent être soignés. La nuit, tout est noir : seules les lumières LED avec batteries éclairent. Je découvre dans plusieurs maisons, les photos des fils morts à la guerre. Il n’y a presque plus aucune famille intacte car plus de 3000 jeunes sont partis à l’étranger. Un jour, pendant des funérailles, une grenade tombe et tue deux personnes. Je me pose la question : d’où ces gens prennent-ils la force de ne pas sombrer dans le désespoir ? Le fait est que depuis plusieurs années, une grande communauté s’est développée, elle s’inspire de la Spiritualité de l’unité. Il y a plus de 200 personnes, organisées en petits groupes, qui se nourrissent de la Parole de Vie et prennent soin des personnes en difficulté et des enfants. Ils ont mis sur pied un petit centre social qui suit les personnes qui ont des maladies graves et veillent à se procurer des médicaments et des soins médicaux avec l’aide de la solidarité internationale et des concitoyens. On rend visite régulièrement à 450 familles afin de les soutenir dans leurs premières nécessités, les plus graves. Les rapports entre les différents groupes religieux sont également bien soignés. C’est ainsi que nous sommes invités, avec d’autres prêtres de la ville, pour le repas du Ramadan avec plus de 200 Imams de la ville d’Hama. Pendant la dernière semaine, j’ai l’occasion de participer à la Mariapolis. Il y a plus de 200 personnes issues de différentes villes et régions du pays : Damas, Homs, Hama, Alep  et Latakia. Pour la première fois depuis le début de la guerre, il est possible de prendre le risque de voyager et de se rencontrer. Tous ont souffert terriblement, perdu maisons, travail mais surtout des êtres chers. Mais ils n’ont pas perdu ni la foi, ni l’amour. (Ruedi Beck) Source : Revue Gen’s, janvier – mars 2017, pages 38-40

Dialogue : Le sens dans la souffrance ?

Dialogue : Le sens dans la souffrance ?

Agnese Fermo, mariée, deux enfants, professeur de mathématique à Milan, membre de la commission internationale du centre du dialogue entre personnes de convictions non religieuses du Mouvement des Focolari.  C’est à elle que nous demandons de nous raconter l’expérience que l’on vit depuis plusieurs années par le biais de ce dialogue à 360° degrés et de nous présenter son point de vue sur le prochain congrès qui aura lieu ‘’Le sens dans la souffrance’’. « A Castel Gandolfo, j’ai participé aux rencontres internationales de ce dialogue et à celles sur les approfondissements concernant la spiritualité du Mouvement. Dès le début, nous percevions l’importance que ces expériences communautaires, que Chiara Lubich nous donnait, représentaient pour chacun de nous. Le ‘dialogue’ en plus d’être expression du don de la diversité, était un outil qui enrichissait nos consciences. J’ai fait partie pendant environ 15 ans, du ‘’groupe du dialogue’’ à Milan. Le désir et le besoin de dialogue de chacun de nous, nous faisait sentir que nous faisions partie d’une manière incontournable d’un fragment d’humanité et, porteurs d’une partie de vérité dans la relation que nous étions en train de construire peu à peu. Mais cette expérience ne pouvait pas rester ‘’enfermée dans un groupe’’ : il s’agissait d’un cheminement pour chacun d’entre nous en plus de l’être pour le Mouvement lui-même. Nous sentions de devoir ‘’sortir de groupes structurés’’,  particulièrement depuis que Chiara nous a quittés. Aujourd’hui à Milan, cette expérience s’est réalisée, mais avec les nombreuses personnes avec lesquelles nous l’avons vécue – appartenant ou non au Mouvement – des relations personnelles authentiques et profondes sont restées. En ce qui concerne le prochain congrès ‘Le sens dans la souffrance ?’’, je crois pouvoir dire que nous ne nous sommes pas fixés un objectif en particulier. Je pense que celui-ci va naître du besoin d’ouvrir un espace de dialogue. Pas tellement entendu comme confrontation de pensée sur le thème en lui-même (nous avons beaucoup de littérature à ce propos! Et c’est un thème dans lequel on se réfugie), mais plutôt pour ouvrir un espace en mesure d’accueillir des personnes ayant un sens religieux par rapport à la vie, tellement différent. Capable de donner une respiration ample à cette humanité différente que nous représentons, nous qui avons des convictions différentes. Mais aussi le désir d’offrir une expérience communautaire, même si en seulement trois jours, afin de vivre une dimension de liberté réciproque, au-delà des appartenances, dans laquelle chacun peut donner sa propre expérience et son ressenti intime le plus profond, sur un thème aussi délicat que représente celui de la souffrance. Personnellement, je ne pourrais dire quel est le sens de la souffrance. Je n’ai pas pu trouver une réponse qui serait capable d’exprimer le mystère que la question comporte. Le fait de me poser des questions, quand je me rends dans la prison de femmes, m’a fait découvrir la valeur de ma présence en ce lieu, comme moment de partage, fait seulement d’instants, de la solitude que marque la souffrance des femmes que je rencontre. Je reçois d’elles des cadeaux précieux et j’ai découvert la valeur de l’étreinte que ce partage amène avec lui ; la valeur de la relation qui, même si elle est brève dans le temps, rend vivant le fait d’être là l’une pour l’autre. Savoir ‘’rester dans la plaie’’, qui signifie pour moi être appelée à accepter ce que la vie en ce moment me réserve ; il y a l’acceptation face à ce qu’on ne peut éviter, à la souffrance que nous sommes tous appelés à traverser ».