6 Oct 2013 | Non classifié(e)

Après avoir passé en revue, ces dernières années, quelques points de la spiritualité de l’unité (Dieu Amour, la volonté de Dieu, la Parole, l’amour du prochain), considérons maintenant le « commandement nouveau » de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 13,34).
Au fil des ans, Chiara Lubich comprend toujours davantage son importance et sa nouveauté. Elle le considère également comme la grande attente de notre temps.
Nous proposons un bref extrait sur ce sujet, tiré d’un discours du 24 octobre 1978 s’adressant aux responsables du mouvement des Focolari :
« Le Seigneur a utilisé une pédagogie pour nous apprendre à aimer le frère en restant dans le monde sans être du monde. Il nous a tout de suite fait comprendre qu’il était possible d’aimer le frère sans tomber dans le sentimentalisme ou en d’autres erreurs, parce que Lui-même pouvait aimer en nous, par la charité. […]
La charité est une participation à l’« agape » divine. […]
Saint Jean, après nous avoir dit que Dieu nous a aimés, ne conclut pas – comme il aurait été plus logique de le faire – que, si Dieu nous a aimés, nous devons nous aussi l’aimer en retour ; mais il dit : « Mes bien-aimés, si Dieu nous a aimés ainsi, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres » (1 Jn 4,11).
Ce n’est que parce que la charité est une participation à l’« agape » de Dieu que nous pouvons aller au-delà des limites naturelles, aimer nos ennemis et donner notre vie pour nos frères.
Pour cette raison, l’amour chrétien appartient vraiment à l’ère nouvelle ; le commandement est radicalement nouveau et introduit dans l’histoire humaine et l’éthique humaine, une « nouveauté absolue ».
« Cet amour – écrit Augustin – nous renouvelle afin d’être des hommes nouveaux, héritiers du Testament Nouveau, interprète d’un cantique nouveau (cf. Io. Evang. tract. 65, 1 ; PL 34-35) ».
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Extrait de Chiara Lubich, L’amore reciproco, a cura di Florence Gillet, Editrice Città Nuova, Roma 2013, pp. 38-39.
1 Oct 2013 | Non classifié(e)
La Parole de Vie d’octobre propose le thème de l’amour envers le prochain, qui possède une infinité de nuances. Une, en particulier, semble être suggérée par les mots du texte:
« Si, comme le dit saint Paul, l’amour réciproque est une dette, notre amour devra être un amour qui aime en premier comme Jésus l’a fait avec nous. Un amour qui prend l’initiative, qui n’attend pas, qui ne renvoie pas à plus tard. » Dans les expériences qui suivent, simples faits de vie quotidienne, émerge le choix d’«un amour concret, qui sait comprendre, prévenir, qui est patient, confiant, persévérant, généreux».

La tante « effacée » – « J’ai une tante à laquelle j’étais très attachée. Durant les vacances, j’allais chez elle avec quelques amies pour l’aider dans les travaux des champs. J’étais sa nièce préférée, mais, lorsque je me suis mariée, les choses ont changé: elle n’a jamais voulu venir chez moi et n’a jamais vu mes enfants. J’étais tellement fâchée que, pendant quinze ans, je n’ai plus mis les pieds chez elle. Je l’avais complètement effacée de ma vie. Dernièrement, en lisant dans l’Évangile « Aime ton prochain », je me disais: il me manque quelque chose d’important, le pardon de ma tante. Je suis retournée au village et j’ai convaincu ma maman de m’accompagner chez elle, parce que je ne me souvenais plus de la route. Lorsque nous sommes arrivées, je me sentais comme le fils prodigue. Nous avons toutes les deux pleuré de joie. Elle a accepté avec joie ce que je lui avais amené. Nous séparer a été difficile et elle m’a dit au revoir plusieurs fois. La paix est revenue entre nous et, maintenant, je m’efforce de garder toujours allumé le feu de l’affection en famille et autour de moi. » S.P. – Afrique
Accueil – « Nous avions reçu une lettre de notre fils marié qui nous demandait de l’héberger, sans nous dire la raison qui le poussait à quitter sa famille et revenir chez nous. Notre surprise a été grande, mais, malgré les interrogations et les préoccupations qui nous tourmentaient, nous avons commencé à préparer la chambre pour l’accueillir le mieux possible. Nous l’avons reçu avec sérénité, respectant sa douleur. Après quelque temps, il a commencé à s’ouvrir, nous communiquant ses problèmes, ses difficultés. Nous l’avons écouté le cœur ouvert, sans nous en mêler ni donner des conseils. Entouré par l’amour et la confiance, il a réussi à réfléchir avec tranquillité et à prendre la décision de retourner chez lui. Dieu s’est peut-être servi de nous pour l’aider à recomposer sa famille. »
N.C.L. – Pérou
Après-skis – « Un matin, une jeune albanaise frappe à la porte, me demandant des vêtements et des chaussures. Je prépare immédiatement quelque chose sous les yeux des enfants, qui me voient aller et venir dans le couloir. Après, je remarque, près de la porte, une paire d’après-skis à laquelle mon fils Gianni tient beaucoup. Je lui demande pourquoi elle est là: « Je l’offre à la dame – explique-t-il – pour ses enfants, parce que maintenant il ne neige plus ». Nous sommes début octobre. Il est vrai que la générosité naît chez les enfants, s’ils la voient chez leurs parents. » F.P. – Italie
Le sac – « Immigré en Europe, un jour, je remarque dans la rue une femme avec des sacs lourds: « Madame, je peux vous aider? » Et elle: « Non, j’y arrive seule ». « Mais je veux vous aider. » « D’accord, prenez ce sac. » Elle m’invite chez elle pour dîner. Grâce à cette famille qui m’a bien accueilli, j’ai ensuite trouvé du travail. Souvent, les gens comme moi ont des problèmes concrets: trouver du travail, un logement, des moyens de subsistance. Mais, parfois, il suffit d’une discussion, d’un numéro de téléphone, pour demander de l’aide dans les moments difficiles. La solidarité que j’ai trouvée auprès des familles chrétiennes m’a fait comprendre que Dieu est le père de tous, qu’Il aime tout le monde comme ses enfants. » L.E. – Maroc
Source: L’Évangile du jour, octobre 2013, Città Nuova Editrice
30 Sep 2013 | Non classifié(e)
Aldo Stedile, ‘Fons’, nous a quittés dans la nuit du 30 septembre, à l’âge de 88 ans. Avec Marco Tecilla et deux autres jeunes, il avait commencé à Trente – avec très peu de moyens – le premier focolare masculin de l’histoire. Ceux qui l’ont connu se souviennent de lui à travers son sourire, sa vitalité débordante, sa passion pour l’Idéal de l’unité, son optimisme.
« Celui qui croit en moi, selon le mot de l’Écriture: de son sein couleront des fleuves d’eau vive » (Jn 7,38): de cette phrase qui a guidé sa vie lui a été attribué le nom de ‘Fons’ (source en latin), avec lequel il est connu par tous dans le Mouvement.
Fons, deuxième d’une famille de dix enfants, est né dans la vallée du Terragnolo, dans le Trentin, le 3 juillet 1925. Il avait un certain talent artistique en tant que peintre et, si la Seconde Guerre mondiale n’avait pas éclaté, il serait allé étudier les Beaux-arts à Florence.
En 1948, il rencontre, grâce à Valeria Ronchetti (Vale), l’expérience du Mouvement des Focolari. Lui-même raconte: « La rencontre avec elle a été pour moi une révélation, une vraie rencontre avec Dieu. Tout a changé à partir de ce moment ». Et, ensuite, après que Vale lui a parlé de Jésus Abandonné: « Maintenant, j’ai tout compris, c’est ça la solution. C’est ce qui me manquait! J’ai compris qu’allaient venir les difficultés, les épreuves, les doutes, les incompréhensions, les échecs, mais plus rien n’allait me fait peur. Je sentais au-dedans de moi une force nouvelle et sereine ».
Au début des années 60, il a été pionnier de la diffusion des Focolari en Belgique, Suisse, Autriche et Allemagne, où il a vécu pendant 20 ans. Avec Bruna Tomasi, coresponsable avec lui du Mouvement en Europe centrale, il a consacré sa vie à la cité-pilote œcuménique d’Ottmaring, près d’Augsbourg, en Allemagne. En 1963, il a été ordonné prêtre avec Antonio Petrilli.
Dans les années 80, il a assumé à Rome la direction de la branche des Volontaires de Dieu et, depuis le début des années 2000, il s’est occupé de différentes charges au Conseil général du Mouvement.
Ces dernières années, une maladie s’est déclarée, qui l’a petit à petit affaibli, « mais sans jamais ronger les cordes les plus profondes de son âme », écrit Maria Voce en transmettant la nouvelle aux membres du Mouvement. « Lorsqu’en février 2010, devant faire un test pour évaluer ses capacités cognitives, le médecin lui a demandé d’écrire d’une traite une phrase au sens précis, il a immédiatement écrit: aimer toujours, partout, tout le monde! ».
Fons nous a quittés alors que sont présents à Rocca di Papa plus de 200 participants à la rencontre annuelle des délégués des Focolari des différentes régions du monde. Dans la chapelle ardente installée dans la chapelle du Centre international à Rocca di Papa, il reçoit un hommage ému et reconnaissant du monde entier, pour son témoignage de joyeux et authentique disciple du charisme de l’unité.
Les funérailles auront lieu mercredi, 2 octobre 2013, à 15 heures, au Centre Mariapolis de Castel Gandolfo (Via S. Giovanni Battista De La Salle).
28 Sep 2013 | Non classifié(e)

Je participe par hasard à un congrès sur le handicap. Là, je rencontre divers jeunes qui n’ont pas de handicap bien grave, mais qui n’ont pas la possibilité d’une insertion normale dans la société. S’il n’y avait pas leur famille et les associations, ils seraient abandonnés à eux-mêmes. J’enseigne dans un centre d’éducation pour adultes : je comprends que mon école doit s’occuper d’eux. Mais de quelle manière ? Une intuition me vient à l’esprit : enseigner à ces jeunes l’utilisation de l’appareil photo, une vieille passion.
L’objectif n’est pas d’en faire des photographes, mais de leur donner la possibilité de fixer certains moments de la vie. Je convoque les jeunes avec leur famille et nous commençons l’aventure : quatre d’entre eux y participent et quatre adultes disposés à faire ensemble le parcours. C’est en septembre 2007.
Premier cours, l’utilisation de leur appareil photos simple et digital. Devoir de classe : photographiez votre maison. M.G. m’apporte ses photos : une chaussette colorée, le bord du drap brodé, le pommeau d’une poignée bien travaillée… Je m’étonne et elle timidement m’explique que ce sont les objets de chez elle qui lui plaisent.
J’apprends ainsi que mon travail n’est pas d’enseigner quelque chose qui me semble important pour eux, mais de découvrir ce qu’ils possèdent en eux-mêmes et de le faire sortir au jour. Le temps passe et des jeunes font émerger des passions et des capacités impensables : savoir cueillir des particularités, le sens de la composition, de l’encadrement pour cette fille malvoyante, capable de rester sans bouger même 15-20 minutes avant de prendre une photo pour en saisir le moment opportun… L’un d’entre eux n’exprime pas de passions prononcées ni particulières, mais le rapport construit avec le groupe lui permet de participer sans se sentir exclu.
Je prends le risque d’insérer dans le programme le thème: “photo d’un mariage”. Mais je ne sais vraiment pas où trouver deux mariés assez fous pour confier leurs photos à un groupe de jeunes « handicapés ». La Providence me fait rencontrer Matteo et Beate qui, pour leur mariage, veulent couper tout ce qui est superflu, y compris le photographe. Et voilà qu’ils se retrouvent avec la bande de photographes la plus disparate qu’on n’ait jamais vue.
Le contacte avec ces jeunes déchaine une émotion profonde et ainsi, peu à peu, le groupe grandit. Un photographe à qui je demande de l’aide pour ces jeunes me remercie pour la leçon qu’il a reçue justement d’eux et pour avoir appris que la « diversité » existe à cause d’un préjugé et qu’après cette expérience il ne réussit plus à voir la différence.
Par la suite, grâce à l’aide d’un jeune artiste, naît « des YEUX DIFFERENTS », une expo de photos constituée de 100 belles photos particulières, imprégnées d’un sens de passion et de pureté qui laisse une trace chez les nombreux visiteurs. Dans le livre d’or beaucoup remercient pour avoir cueilli derrière cette photo, l’amour de Dieu.
Rien de ce qui est arrivé n’a été projeté autour d’une table. Ce qui est né est le fruit d’un véritable amour réciproque entre tous les participants, dont plusieurs n’ont même pas une foi religieuse. Je me suis souvent trouvé à affronter des situations qui auraient demandé bien d’autres compétences, j’ai été contraint par les événements à jeter par la fenêtre les contenus à transmettre pour laisser place à l’écoute, au jeu, au geste d’affection, à la liberté de s’exprimer même de manière incohérente. En un mot : pour laisser place à la relation.
Alberto Roccato
28 Sep 2013 | Non classifié(e), Parole di vie
« N’ayez aucune dette envers qui que ce soit, sinon celle de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime son prochain a pleinement accompli la loi. »
Cette Parole de Vie met en évidence deux choses.
Tout d’abord l’amour nous est présenté comme une dette, c’est-à-dire comme une chose face à laquelle on ne peut pas rester indifférents, que l’on ne peut pas écarter ; elle nous pousse, nous presse, ne nous laisse pas en paix tant qu’on ne l’a pas payée.
Cela revient à dire que l’amour réciproque n’est pas un « supplément », fruit de notre générosité, dont – strictement parlant – nous pourrions nous dispenser sans encourir les sanctions de la loi positive. Cette Parole nous demande expressément de le mettre en pratique sous peine de trahir notre dignité de chrétiens, appelés par Jésus à être un instrument de son amour dans le monde.
En second lieu, la Parole nous dit que l’amour réciproque est le mobile, l’âme et le but de tous les commandements.
Il s’ensuit que, si nous voulons bien accomplir la volonté de Dieu, nous ne pourrons pas nous contenter d’une observance froide et juridique de ses commandements. Il nous faudra toujours considérer le but qu’à travers eux Dieu nous propose. Par exemple, pour bien vivre le septième commandement, on ne pourra pas se limiter à ne pas voler : il faudra s’engager sérieusement à éliminer les injustices sociales. Alors seulement nous prouverons que nous aimons notre semblable.
« N’ayez aucune dette envers qui que ce soit, sinon celle de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime son prochain a pleinement accompli la loi. »
Comment vivre la Parole de Vie de ce mois ?
Le thème de l’amour du prochain, qu’elle nous propose à nouveau, présente mille nuances. Cette fois-ci nous en soulignerons surtout une qui nous semble suggérée par les mots mêmes du texte.
Si, comme le dit saint Paul, l’amour réciproque est une dette, notre amour devra être un amour qui aime en premier comme Jésus l’a fait avec nous. Un amour qui prend l’initiative, qui n’attend pas, qui ne renvoie pas à plus tard.
Agissons donc ainsi au cours de ce mois. Cherchons à être les premiers à aimer chaque personne que nous rencontrons, à laquelle nous téléphonons ou écrivons, ou avec laquelle nous vivons. Que notre amour soit concret, qu’il sache comprendre et prévenir, qu’il soit patient, confiant, persévérant et généreux.
Nous nous apercevrons que notre vie spirituelle fera un saut de qualité, sans parler de la joie qui remplira notre cœur.
CHIARA LUBICH
Parole de vie publiée en 1990
21 Sep 2013 | Non classifié(e)
« Je souhaite vous rencontrer à Cagliari! » Ces paroles, prononcées par le pape François le 15 mai dernier place Saint-Pierre, s’adressent en particulier aux jeunes, mais toutes les tranches d’âges du peuple sarde se préparent depuis longtemps au rassemblement autour de l’évêque de Rome. « Aujourd’hui, notre terre a particulièrement besoin d’espérance », affirment les évêques de la Sardaigne dans une lettre envoyées aux fidèles le 8 septembre, « et le pape François nous répète: « ne vous laissez pas voler l’espérance » (Homélie du 24 mars 2013) ». En rappelant les grandissantes difficultés que, sur des fronts toujours plus nombreux, doit vivre ce peuple courageux, les évêques remercient le pape qui, avec son pèlerinage, « nous prend par la main et nous guide vers Marie, afin que tous nous puissions toujours la redécouvrir comme modèle de vie chrétienne et Mère de l’Espérance ».
Ils écrivent depuis la Sardaigne: « Les jeunes en particulier l’attendent avec grand enthousiasme et espérance. Ces derniers mois ont été caractérisés par des moments profonds de réflexion, dialogue, travail de groupe. Un parcours fait d’étapes, qui a mis en évidence l’importance du service, du don envers l’autre, de la réponse à un appel ». Mettre en évidence particulièrement des raisons et des expériences qui permettent d’alimenter l’espérance est donc un des piliers du programme. Ainsi, par exemple, au nom des entrepreneurs de l’île, est présentée au pape l’histoire de la Coopérative Printemps 83, entreprise de Cagliari de services sociaux qui adhère au projet de l‘Économie de Communion, attentive à la solidarité et à la qualité du travail. Durant ces dernières années, son chiffre d’affaires a augmenté, malgré la crise. La communauté des Focolari est présente et active avec des expériences de solidarité et de soutien aussi sur le territoire minier du Sulcis (Iglesias, sud de la Sardaigne), imprégné par la douleur à cause du drame du chômage.
Expériences et dialogue profond se succèdent à la prière et à la réflexion, ainsi qu’à des moments joyeux de fête. La préparation et l’animation de la rencontre du pape avec les jeunes ont été confiées au groupe musical international Gen Rosso. Durant les jours précédents, les 18 artistes du groupe, provenant de neuf nations différentes, ont proposé trois ateliers thématiques: communication, chorégraphie et chant. « Deux jours d’ateliers – écrivent-ils – auxquels beaucoup de jeunes ont adhéré; une explosion de joie et de fête qui prépare au grand événement », pour accueillir le souverain pontife avec leur performance, artistes et jeunes ensemble, et enrichir le programme avec des chants, chorégraphies et extraits musicaux.