27 Nov 2011 | Non classifié(e)
Rien ne peut mieux expliquer les débuts des Focolari que les paroles des disciples de Jésus après leur rencontre avec le Ressuscité, à Emmaüs : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous, tandis qu’il nous parlait en chemin ? » (Lc 24,32).
Cette expérience est essentielle pour tous ceux qui se réfèrent à la spiritualité de l’unité. Parce que rien n’a de valeur dans le Mouvement si on ne recherche pas la présence promise par Jésus au milieu des siens – « Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18,20) – une présence qui vivifie, qui élargit les horizons, qui console et qui stimule à la charité et à la vérité et qui fait dire avec infinie nostalgie, quand on l’a reconnu : « Reste avec nous, Seigneur, car le soir vient » (Lc 24, 29). Chiara Lubich a écrit : « Après avoir mis en acte l’amour réciproque, nous ressentîmes dans notre vie une nouvelle assurance, une volonté plus décidée, une plénitude de vie. Comment cela se fait-il ? Cela a été tout de suite évident : par cet amour se réalisaient entre nous les paroles de Jésus : “Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom (c’est-à-dire dans mon amour), je suis au milieu d’eux” (Mt 18,20). Jésus, silencieusement, s’était introduit comme un frère invisible dans notre groupe. Et maintenant la source de l’amour et de la lumière était là, présente au milieu de nous. Nous ne voulûmes plus la perdre. Et nous comprenions mieux ce qu’avait été sa présence lorsque, par notre faute, elle venait à manquer. Comme le naufragé, agrippé à n’importe quoi pour se sauver, que nous cherchions tous les moyens suggérés par l’Évangile pour reconstituer l’unité brisée. En outre, ce n’était pas seulement lorsque la présence de Jésus s’éloignait que nous devions nous imposer un effort de volonté ; nous étions comme les bûches d’un feu, qui se consument en brûlant et, si nous voulions vivre avec Jésus constamment présent au milieu de nous, il était nécessaire de pratiquer, instant par instant, la patience, la prudence, la douceur, la pauvreté, la pureté… Toutes ces vertus étaient exigées pour que l’unité surnaturelle se maintienne avec les autres. Jésus au milieu de nous était le dynamisme de la vie, mais sa présence n’était jamais acquise pour toujours. […] “Là ou deux ou trois…” Ces paroles divines et mystérieuses se montraient d’une fécondité insoupçonnable. Là où deux ou trois… Jésus ne précisait pas qui. Il laissait l’anonymat. Là où deux ou trois… Ce pouvait être n’importe qui. Deux ou trois pécheurs repentis qui s’unissaient en son nom. Deux ou trois jeunes filles comme nous. Deux, l’un grand et l’autre tout petit. Deux ou trois. En vivant cette parole, nous avons vu tomber de nombreuses barrières Là où deux ou trois… de patries différentes : les nationalismes tombaient. Là où deux ou trois… de cultures, de classes, d’âges, qui nous avaient toujours paru opposés par définition : tous pouvaient, et même devaient, s’unir au nom du Christ. […] Jésus au milieu de nous : c’était une expérience formidable. […] Sa présence récompensait avec surabondance chaque sacrifice. Elle légitimait nos pas sur cette route. Elle donnait leur juste sens aux choses et aux circonstances. Elle consolait les tristesses et tempérait les joies excessives. Et celles parmi nous qui croyaient, sans subtilités ni raisonnements, avec la simplicité des enfants, à ses paroles et les mettaient en pratique, jouissaient de ce paradis anticipé qu’est le Royaume de Dieu au milieu des hommes unis en son nom ».
26 Nov 2011 | Non classifié(e)
“Le présent symposium nous a fait voir qu’il est possible de se rencontrer et de partager nos expériences de foi. C’est un pont historique. Cela nous rappelle que, depuis ses origines, la ville de Katowice est une ville multiculturelle. Aujourd’hui, le fait que les représentants de trois grandes religions ont parlé des valeurs universelles, telles que la vérité, la paix, la justice, a été pour nous un enrichissement réciproque.” Tels sont les termes dans lesquels s’est exprimé l’évêque de l’Église évangélico-luthérienne, Taddeusz Szurman, en conclusion du symposium interreligieux, qui s’est déroulé à la veille de celui d’Assise, à la faculté de théologie de l’Université de Katowice (Pologne) sur le thème “Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix”. Initiative conjointe de l’archidiocèse, des autorités civiles et de l’Université de Katowice, le symposium a vu la participation de 230 personnes. Il convient de souligner la présence des juifs, en la personne de Michael Schudrich, grand rabbin de Pologne, des musulmans, en la personne de l’imam Nedal Abu Tabaq, Mufti de la Ligue Musulmane de Pologne, des chrétiens, représentés par l’archevêque catholique de Katowice Damian Zimon, de l’évêque de l’Église évangélico-luthérienne, Taddeusz Szurman, ainsi que du représentant de l’Église orthodoxe de Silésie Sergiusz Dziewiatowski et de personnes dont les convictions ne sont pas religieuses. Il convient aussi de relever la présence d’autorités civiles, à commencer par le Président de Katowice Piotr Uszok, ainsi que de recteurs de différentes universités, outre les représentants d’un certain nombre de mouvements et communautés ecclésiaux.
Le dialogue interreligieux est déjà familier pour le Mouvement des focolari à Katowice, qui a aussi participé à la préparation. En effet, il entretient des rapports avec des groupes de mulmans avec lesquels, conjointement avec l’archidiocèse et le Centre des Musulmans, est organisée la “Journée de l’Islam dans l’Église catholique polonaise” (depuis plus de 10 ans, à l’initiative de la conférence épiscopale polonaise). En outre, il y a des rencontres avec des groupes hébraïques et, quasi chaque mois, avec des musulmans au siège du Mouvement. Avant le symposium, au focolare, les responsables des trois religions monothéistes ont conclu entre eux un pacte d’unité. Cette atmosphère de fraternité, fondée sur des relations profondes et d’estime réciproque a encore été soulignée par nombre de participants. Les intervenants ont approfondi les concepts de paix et vérité – dans les traditions chrétienne, juive et musulmane. Le Mufti de la Ligue Musulmane a souligné combien il était important de ne pas avoir peur les uns des autres, de découvrir les différences comme des dons qui nous enrichissent. Le Rabbin a rappelé avec une affection toute particulière la figure de Jean-Paul II, qui a montré la beauté de l’ouverture aux autres. Chacun a exprimé le désir de chercher ce qui unit et de coopérer pour le bien de Katowice et du monde.
“Je remercie infiniment tous les organisateurs d’avoir réuni ce symposium aussi fraternel – a dit l’archevêque de di Katowice –. J’ai constaté une présence significative des membres du Mouvement des Focolari, et cela a revêtu une importance fondamentale pour créer l’atmosphère de fraternité”. Comme signe visible, un hêtre a été planté sur la place, devant la cathédrale de Katowice. “Il y a tellement d’arbres à Katowice – a dit le rabbin de Haute Silésie –. Mais celui-ci revêt une signification particulière: symboliser la fraternité vécue par nous, juifs, chrétiens et musulmans”. Le symposium s’est conclu par la proclamation d’un Appel pour la Paix – lu en trois langues: en polonais, en hébreu et en arabe. Il écrit, entre autres, ce qui suit: “Tous veulent contribuer à faire de l’humanité une seule famille”.
23 Nov 2011 | Non classifié(e)
«Chers tous, L’année 1986‑1987 est importante pour le monde catholique, qui se prépare à célébrer, à l’automne, le Synode des évêques sur « la vocation et la mission des laïcs dans l’Église et dans le monde », vingt ans après le concile Vatican II [1]. C’est donc une année importante pour les laïcs de l’Église catholique, mais aussi, je pense, pour les chrétiens des autres Églises, dans lesquelles les laïcs prennent souvent une grande place. Nous aussi, qui désirons être des catholiques engagés, nous nous y préparons par la prière, qui ne doit jamais manquer, et par le travail qui nous est demandé. Mais « qui est le laïc » ? Voilà la question que l’on se pose aujourd’hui dans l’Église. Comment l’identifier, comment le définir ? Beaucoup s’efforcent d’apporter une réponse. Mais il ne faudrait pas définir le laïc seulement par ce qu’il n’est pas : celui qui n’est ni prêtre, ni religieux. Il faudrait plutôt définir qui il est. C’est pourquoi nous voudrions apporter notre contribution à cette étude, en affirmant ce qui pourra sembler une vérité de La Palice : le laïc est le chrétien. Comme tel, il est disciple du Christ et de son Évangile. Il doit pour cela vivre pleinement tout ce que Jésus attend de lui, travailler avant tout à faire grandir le Royaume de Dieu et à construire l’Église. Comme il a de plus la possibilité de se trouver au milieu du monde, il y portera la lumière de l’Évangile et la fera pénétrer partout. Voilà ce qu’est pour nous le laïc : un disciple du Christ qui a le double devoir de construire l’Église et de christianiser le monde. Nous nous retrouvons bien aussi dans cette définition du laïc. Notre Mouvement a, en effet, un aspect plus spirituel, si l’on peut dire, qui nous fait travailler à faire grandir le Christ en nous, au milieu de nous et au milieu d’un grand nombre, qui nous fait donc construire l’Église ; et un aspect plus humain, plus concret, qui nous pousse à faire pénétrer l’esprit du Christ dans les différentes réalités du monde. Nous nous sentons ainsi pleinement en accord avec la figure du laïc que présente le concile Vatican II. Pour apporter nous aussi notre contribution à ce Synode, nous voudrions cette année vivre encore mieux notre vocation spécifique de laïcs. Cherchons à être de véritables laïcs de l’Église, c’est-à-dire d’authentiques disciples du Christ, en vivant ses Paroles et toutes celles que propose l’Écriture. La splendide Parole de vie de ce mois souligne ce que nous avons vécu le mois dernier sur l’amour réciproque. Elle dit : « Accueillez-vous donc les uns les autres comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu » (Rm 15, 7). En la mettant en pratique entre nous, nous garantirons la solidité des fondements sur lesquels repose notre Œuvre, qui est Église. En vivant cette Parole avec d’autres chrétiens, dans les structures de l’Église où nous aurons l’occasion de travailler avec eux, nous apporterons encore notre contribution au développement de l’Église. En réalisant enfin ces paroles dans le monde de la famille et dans les différents secteurs de la société, nous établirons les bases nécessaires pour que se réalise par le christianisme le renouvellement des lois et des structures. Mais la Parole de vie s’adresse à tous : laïcs, prêtres et religieux. Mettons-la en pratique dans nos champs d’action respectifs. Accueillons chacun de nos frères comme le Christ nous a accueillis. Il le fait chaque jour et à chaque instant, lorsque nous avons recours à lui. Qui que nous soyons, pécheurs ou saints, jeunes ou vieux, beaux ou laids, malades ou en bonne santé, il est toujours là, prêt à accueillir chacun de nous. Et soyons tellement sûrs de son écoute, de son pardon et de son accueil, que, pas un seul instant, l’idée ne nous vienne qu’il puisse en être autrement. Agissons de même pour nos frères. Qu’ils trouvent en nous un cœur toujours ouvert, disponible et prêt à l’accueil. Vivons ainsi pour la gloire de Dieu.»
[1]Il s’agit de l’Assemblée Générale ordinaire du Synode des Évêques réunie au Vatican du 1
er au 30 octobre 1987, sur la vocation des laïcs, comprenant 232 participants et 60 auditeurs et auditrices. Il fut demandé à Chiara Lubich, qui faisait partie du groupe des auditeurs, de préparer une intervention sur le thème « Spiritualité et Mouvements ».
[*] publié en 1992 par Nouvelle Cité, in : “
Sur les pas du Ressuscité”, pp.192-195
]
20 Nov 2011 | Non classifié(e)

Marie, la mère de Dieu, est présente dans la vie du Mouvement depuis ses débuts. Chiara Lubich se souvient avoir eu personnellement une intuition nouvelle concernant Marie :
« Couverte de la poussière qui avait envahi l’abri, je me suis relevée, comme par miracle. Au milieu des cris qui s’élevaient autour de nous, j’ai dit à mes compagnes : “Au moment où nous étions en danger, j’ai éprouvé au fond de mon cœur une douleur aiguë : j’ai pensé que plus jamais je ne pourrais dire le ‘Je vous salue Marie’ sur cette terre.” J’étais alors incapable de saisir la signification de mes paroles et de la douleur que j’avais ressentie. Mais peut-être exprimaient-elles inconsciemment l’idée que, si nous restions en vie, nous pourrions, avec la grâce de Dieu, rendre gloire à Marie à travers l’Œuvre qui était sur le point de naître ».

Que le Mouvement des Focolari ait comme nom officiel « Œuvre de Marie » ne surprend donc pas. Pas plus qu’il ait appelé « Mariapolis » ses rencontres principales, tout comme chaque cité-pilote permanente. Ou encore que chaque centre de congrès est aujourd’hui défini comme un « Centre Mariapolis ». Chiara écrit en 2000 :
« Marie a usé avec notre Mouvement de la même attitude dont elle a usé à l’égard de l’Église. Elle s’est tenue dans l’ombre afin de donner toute la place à celui qui seul en était digne : son Fils, qui est Dieu. Mais quant advint le moment de son entrée – pour ainsi dire officielle – dans notre Mouvement, voici qu’elle se montra, ou mieux Dieu nous la révéla, dans toute sa grandeur, à la mesure de l’effacement dont elle avait fait preuve à notre égard. C’est en 1949 que Marie nous révéla vraiment quelque chose d’elle. Ce fut une année de grâces particulières, une sorte de “période d’illumination” dans notre histoire. Nous avons compris que Marie, insérée dans la Trinité comme une créature rare et choisie entre toutes, était entièrement revêtue de la parole de Dieu (cf. Lc 2,19 ; 51). Si le Verbe, la Parole, est la splendeur du Père, Marie, toute pétrie de la parole de Dieu, brillait, elle aussi, d’un éclat incomparable. Cette découverte fit sur nous une impression très profonde qu’aujourd’hui encore il nous est impossible d’oublier. Bien plus : nous comprenons pourquoi nous avions alors le sentiment que seuls les anges auraient pu balbutier quelque éloge à son sujet. L’avoir ainsi contemplée a exercé un profond attrait sur nos âmes et a fait naître en nous un amour tout nouveau pour elle. À cet amour, elle a répondu à la manière de l’Évangile, en manifestant plus clairement à nos âmes ce qui la rendait éminemment sublime : elle est la mère de Dieu, la théotokos. Marie n’était donc pas seulement, comme nous l’avions toujours cru, la jeune fille de Nazareth, la plus belle créature au monde, le cœur qui contient et surpasse l’amour de toutes les mères du monde. Elle était la mère de Dieu. Elle nous apparaissait dans une dimension qui jusqu’alors nous était restée totalement inconnue. Pour prendre une image, auparavant nous voyions Marie, face au Christ et aux saints, comme la lune (Marie) face au soleil (le Christ) et aux étoiles (les saints). Mais non : la mère de Dieu, comme un immense ciel bleu, contenait le soleil lui-même, Dieu lui-même. « Mais cette nouvelle, lumineuse compréhension de Marie, ne restait pas pure contemplation […].Marie, en effet, représentait pour nous le modèle, celle que nous devions être, et nous nous voyions chacun comme « pouvant être » Marie.
16 Nov 2011 | Non classifié(e)
http://www.elonce.com/videos/video.php?id=151714
13 Nov 2011 | Non classifié(e)
Chiara écrit : « Jour après jour, nous avons assisté, dans toute notre nouvelle vie, à son action, parfois douce, parfois forte, parfois même violente, et nous ne l’avons presque pas remarqué. Mais du premier choix de Dieu amour à la lumière qui éclairait les paroles de l’Évangile, de la révélation de Jésus abandonné à la joie, la paix et la lumière que nous sentions se répandre en nos cœurs en vivant le commandement nouveau, ce n’était autre que l’Esprit Saint à l’œuvre. On peut vraiment dire que l’on pourrait réécrire l’histoire du Mouvement, en l’attribuant entièrement à l’Esprit Saint. Nous voyons seulement maintenant comment il a été le grand protagoniste de notre aventure, celui qui a mis en mouvement toute chose. « Mais maintenant qu’il s’est révélé pour ce qu’il a vraiment été pour nous, nous pouvons en retracer les empreintes lumineuses, dans d’innombrables signes de son action constante et imprévisible. Cette voix intérieure qui nous guidait sur le nouveau chemin, cette atmosphère particulière qui régnait dans nos rencontres, cette puissante libération d’énergies latentes, qui purifie et renouvelle, cette alchimie divine qui transforme la douleur en amour, ces expériences de mort et de résurrection : tout cela, et bien d’autres phénomènes surprenants qui nous ont accompagnés sur le chemin de la vie, ont un seul nom, que nous avons appris à reconnaître, pour lui manifester notre gratitude et demander son intervention dans toutes nos affaires quotidiennes, des plus simples aux plus exigeantes. C’est lui qui nous a donné le courage d’affronter les foules, de laisser notre pays, d’affronter les désagréments et les contrariétés, souvent avec joie. Mais son effet le plus profond, le plus radical, le plus caractéristique est celui d’être entre nous lien d’unité. « Notre mystique, en effet, suppose au moins deux personnes faites Dieu par participation, entre lesquelles circule vraiment l’Esprit Saint, c’est-à-dire un troisième, Dieu, qui les consume en un, en un seul Dieu : « Comme toi et moi » (cf. Jn 17,21), dit Jésus au Père. L’Esprit Saint est le don que Jésus nous a fait pour que nous soyons un comme le Père et lui. Sans aucun doute l’Esprit Saint était aussi en nous auparavant, parce que nous étions chrétiens, mais il y a eu là une nouvelle illumination, une nouvelle manifestation de sa présence en nous, qui nous rend participants et acteurs d’une nouvelle Pentecôte, avec tous les mouvements ecclésiaux qui renouvellent le visage de l’Église ».