9 Nov 2011 | Non classifié(e)
» Ensemble nous sommes forts » : Au Centre de cette rencontre se trouvaient 180 personnes représentant 41 communautés et mouvements chrétiens de toute la Suisse. C’est en présence du modérateur Benedikt Walker (Union des groupes bibliques, VBG), que se sont présentés Mgr Martin Gächter, représentant de la Conférence des évêques, Adèle Kelham, pasteur anglicane, présidente de la commission de travail des églises chrétiennes de Suisse, et Kristin Rossier, pasteur, vice-présidente de la Fédération des églises évangéliques suisses (SEK). Pour Martin Gächter, les mouvements représentent le plus grand espoir de l’oecuménisme. „Il y a différents chemins qui mènent à Dieu, a dit Kristin Rossier en parlant d’elle-même, et ils ont aussi leur place dans le SEK ». En réponse à la question: « que proposez-vous à la communauté? », Adèle Kelham mettait son espoir dans le fait que : „si nous exprimons ensemble des valeurs répondant aux questions ecclésiales et sociales, nous seront écoutés. Il vaut la peine de représenter les valeurs chrétiennes avec courage ». Il a toujours été clair qu’il ne s’agissait pas de mettre en évidence sa propre identité, mais de rester autonome tout en reconnaissant les autres mouvements. Kristin Rossier reconnut sans aucune réserve avoir encore beaucoup à apprendre des mouvements en matière d’engagement. A la base de cette rencontre communautaire oecuménique, il y a eu l’exposé de Gerhard Pross de Esslingen, représentant du groupe international „Ensemble pour l’Europe“. Pross passa en revue l’histoire des 12 dernières années : Tout a commencé le 31 octobre 1999 à Augsburg, lors de la reconnaissance commune du traité sur la justification. Chiara Lubich du mouvement des Focolari avait alors parlé de l’amour réciproque comme chemin d’unité. „Un exposé qui n’est pas resté sans lendemain“, a dit Gerhard Pross. Les représentants évangéliques et catholiques sont allés les uns vers les autres et ont prié ensemble et se sont demandé pardon de tout leur coeur. „L’Esprit-Saint a agit dans l’histoire et nous avons senti de manière très forte que quelque chose de nouveau avait commencé. La réconciliation a été le début de « Ensemble entre les mouvements ». D’autres rencontres nous ont fait comprendre que l’unité ne peut pas se limiter au peuple de Dieu. Il s’agit de construire en même temps la communauté humaine, l’Europe. Ce n’est pas par hasard si Gerhard Pross a choisi comme titre de son exposé « L’espérance a besoin d’une vision ». Dieu a fait surgir de la division entre les églises quelque chose de bien. Chaque église et chaque mouvement a un charisme particulier, ce qui veut dire que’aucune église n’a tout. Alfred Gassmann
5 Nov 2011 | Non classifié(e)

Ave Cerquetti, ‘Crocifissione’ – Lienz (Austria) 1975
En 2000, Chiara rappelle sa première « découverte » de Jésus abandonné : « Dans un épisode des premiers mois de 1944, nous avons une nouvelle compréhension de Jésus. Dans une circonstance particulière, nous apprenons que la plus grande douleur que Jésus a éprouvée, et donc son plus grand acte d’amour, a été lorsque sur la croix il a expérimenté l’abandon du Père : “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?” (Mt 27,46). Nous en sommes profondément touchées. Et le jeune âge, l’enthousiasme, mais surtout la grâce de Dieu, nous poussent à le choisir précisément dans son abandon, comme voie pour réaliser notre idéal d’amour. A partir de ce moment, il nous a semblé découvrir son visage partout. » Autre moment clef pour la compréhension de ce « mystère de douleur-amour ». Pendant l’été 1949, Igino Giordani rejoint Chiara qui s’est retirée pour une période de repos dans la vallée de Primiero, à Tonadico, dans les montagnes du Trentin. Avec la communauté, ils vivent intensément le passage de l’Évangile sur l’abandon de Jésus. Ce sont des jours d’intense lumière et à la fin de l’été, au moment de descendre de ce petit Thabor pour rejoindre la ville, Chiara écrit d’un seul jet ce texte qui commence par un vers devenu célèbre : « J’ai un seul époux sur la terre : Jésus abandonné. […] J’irai par le monde en le cherchant à chaque instant de ma vie » (C. Lubich, Pensée et Spiritualité, Nouvelle Cité 2003, p. 142). Des années plus tard, Chiara écrit : « Depuis le début nous avons compris que tout a une face cachée, que l’arbre a ses racines. L’Évangile te couvre d’amour, mais il exige tout. “Si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas – peut-on lire dans l’Évangile de Jean – il reste seul ; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance” (Jn 12,24). Jésus crucifié en est la personnification, et le fruit en a été la rédemption de l’humanité. Jésus crucifié ! Lui qui avait expérimenté la séparation des hommes d’avec Dieu et entre eux et qui avait senti le Père loin de lui, fut reconnu par nous non seulement dans toutes les douleurs personnelles, qui n’ont pas manqué, et dans celles de notre prochain, souvent seul, abandonné, oublié, mais également dans toutes les divisions, les traumatismes, les scissions, les indifférences réciproques, petites ou grandes : dans les familles, entre les générations, entre pauvres et riches ; dans sa propre Église parfois, puis, plus tard entre les différentes Églises, comme par la suite entre les religions et entre les croyants et ceux qui n’ont pas d’option religieuse ». « Mais toutes ces déchirures ne nous ont pas effrayées – continue Chiara – au contraire, par amour pour Jésus abandonné, elles nous ont attirées. Et c’est lui-même qui nous a enseigné comment les affronter, comment les vivre, comment les dépasser quand, après l’abandon, il a remis son esprit dans les mains du Père : “Père, entre tes mains, je remets mon esprit” (Lc 23,46), en donnant ainsi la possibilité à l’humanité de se recomposer en elle-même et avec Dieu, et en lui en indiquant la façon de le faire. Il s’est donc manifesté à nous comme la clé de l’unité, remède à chaque division. Il était celui qui recomposait l’unité entre nous, chaque fois qu’elle avait pu se fissurer. Il est devenu notre unique Époux. Et notre vie avec un tel Époux a été si riche et si féconde qu’elle m’a poussée à écrire un livre, comme une lettre d’amour, comme un chant, un hymne de joie et de gratitude à son égard. »
4 Nov 2011 | Non classifié(e)

Jésus, ressuscitant de la mort, apparaît aux femmes venues au sépulcre et leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères… » (Mt 28,10). Avant de mourir, il donna à ses disciples le nom de frères. Comme alors, il se présente de la même façon encore aujourd’hui : comme un frère aîné.
En ressuscitant, il avait vaincu la mort et restauré la fraternité. Il était venu sur terre pour rétablir la paternité du Père; il était descendu aux enfers pour vaincre l’ennemi des hommes. Désormais il annonçait la fraternité reconstituée des enfants, au sein de la famille de Dieu.
Le monde d’aujourd’hui est dominé par la peur et l’égoïsme. Quel en est le résultat ? […] L’humanité souffre parce qu’entre un peuple et un autre, une classe et une autre, un individu et un autre individu, la vie ne circule pas ou circule à peine : la vie, ce sont les richesses et la religion, la science et la technique, la philosophie et l’art… A l’inverse, la philosophie et l’art, la technique, la science et les biens économiques ne circulent pas si l’amour ne donne leur pas l’impulsion, s’il n’ouvre pas les routes et ne permet pas d’aller au-delà des divisions. Mais la religion, elle-même, doit être libérée à chaque instant des scories, des limites et des fractures laissées par les fautes des rachetés. La circulation des biens ne se produit pas autant qu’elle le devrait, ni comme elle le devrait, parce que les hommes ne se reconnaissent plus frères et donc, ne s’aiment pas comme tels.
La personne qui nous bouscule dans le métro ; celle qui passe à côté de nous, hautaine, distraite ou énigmatique ; celle que nous exploitons au bureau ou aux champs et que nous privons de justice et d’argent, nous ne les voyons pas comme des frères. Celui que nous repoussons parce qu’il est d’une autre classe ou d’une autre religion, ne nous apparaît pas comme fils de notre Père : au mieux, nous le considérons comme un fils illégitime qui mérite notre pitié. L’homme sur lequel nous tirons à la guerre ou qui nous tire dessus, ne nous apparaît pas comme frère : il en résulte un engrenage meurtrier. La créature que nous vendons pour satisfaire aux besoins de la luxure, nous ne la considérons pas comme notre sœur : ce n’est que de la viande qui se vend et vaut moins que l’argent qui sert à l’acheter. Vue ainsi, la société ressemble à un mouroir ou à une prison.
Chaque division, chaque discorde est une barrière au passage de l’amour. Et l’amour est Dieu, et Dieu est la vie. Et si la vie ne passe pas, la mort s’installe.
[…] Si Dieu avait été exclusivement Force, Honneur, Crainte, il serait resté une seule personne ; il n’aurait pas engendré un Fils, ni suscité une création. Il se serait fermé sur lui-même, ne se serait pas ouvert. Mais l’amour est trinitaire : c’est une circulation entre le Père, le Fils et l’Esprit-Saint.
[…] La Trinité est à la fois Trois et Une : Trois qui s’aiment, et ne font qu’Un ; Un qui se distingue en Trois pour aimer. Jeu infini d’amour. A l’image et ressemblance de la Trinité, les créatures rationnelles découvrent aussi dans l’amour une impulsion qui engendre une autre vie. […] L’amour est l’expression de Dieu envers la création et il est, en quelque sorte, le retour du Moi à Dieu, à travers le frère. […] Ce mouvement est un aller-retour : il part de la source (de Dieu) et il y retourne (à Dieu) comme le fleuve se déverse dans la mer.
On va à Dieu s’il y a le Frère, on va au Frère s’il y a Dieu. J’existe s’il y a Dieu et le Frère ; sans eux, je n’aurais pas de raison d’être puisque ma raison d’être est d’aimer.
[…] Le Christ a remis en circulation tous les trésors de la vie, dans le creuset de l’amour, avec lequel il nous transmet la chaleur, la lumière, l’intelligence, pour nous ouvrir à nouveau le chemin qui mène à l’unité, là où se trouve Dieu.
Il a rendu cela possible en venant parmi nous, en habitant parmi nous, en se faisant l’un des nôtres, jusqu’à mourir pour notre rédemption. Cette rédemption nous a libérés des divisions et nous a ainsi réunis à Dieu. Le Christ a remis Dieu en nous et nous a remis en Dieu. Pour cela, il nous a commandé de nous aimer, parce que là où est l’amour, là est Dieu. « Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui » (1 Jn 4,16).
Igino Giordani : Il Fratello, Città Nuova, 2011, pp.29-30, 34, 36, 37-38.
3 Nov 2011 | Non classifié(e)

Video Chiara - Amsterdam 1982
« Qu’est-ce que l’unité ? Ah ! C’est quelque chose de merveilleux ! Parce que l’unité, celle à laquelle Jésus pense quand il dit : « aimez-vous… » au point d’être prêts à mourir, prêts à mourir l’un pour l’autre, cette unité pour laquelle Jésus dit : ‘là où deux ou trois sont unis, c’est là que je suis, ce n’est pas un mélange de personnes, ce n’est pas un groupe de personnes : là, il y a Jésus, c’est là le point important. L’unité manifeste vraiment Jésus, elle le porte là. Et je me souviens – j’ai retrouvé de petites lettres d’il y a longtemps, lorsque nous commencions à vivre ainsi et à expérimenter, d’une certaine façon, la présence du Christ au milieu de nous. Quelle merveille ! Parce que nous l’avions expérimentée, notre christianisme était auparavant très individuel. Il est, par exemple, écrit ici : « L’unité ! Mais qui pourra oser en parler ? Elle est ineffable comme Dieu ! On la sent, on la voit, on en jouit, mais elle est ineffable ! Tous jouissent de sa présence, tous souffrent de son absence. Elle est paix, joie, ardeur, amour, climat d’héroïsme et de suprême générosité. Elle est Jésus parmi nous ! » Comment peut-on expliquer cette réalité ? Voyez-vous, Jésus ressuscité a dit une phrase extraordinaire : « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (cf. Mt 28,20). Il a dit qu’il sera avec nous tous les jours. Mais où ? dans l’Église, c’est sûr, parce que l’Église est le corps du Christ, et de façon spéciale en ceux qui annoncent l’Évangile parce que Jésus le leur a dit. Nous savons que Jésus est, par exemple, particulièrement présent dans l’Eucharistie. Il est là, Jésus est là dans son Église mais aussi dans sa Parole : les paroles de Jésus ne sont pas vraiment comme les nôtres ; elles sont une présence de Jésus et en nous nourrissant d’elles, nous nous nourrissons de Jésus. Jésus est avec les successeurs des Apôtres, avec nos évêques ; il est là, en eux, il parle à travers eux. Jésus est dans les personnes pauvres : il a dit qu’il est derrière les pauvres, qu’il se cache en eux, en tous ceux qui souffrent. Mais Jésus a dit aussi : « Là ou deux ou trois sont unis », dans la communauté, voilà, comme ici, aujourd’hui. Et je me suis rendu compte qu’aujourd’hui le monde qui ne croit pas ou qui a d’autres convictions, est particulièrement touché par cette présence de Jésus. «À ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » (Jn 13,35). Aujourd’hui c’est une forme de témoignage du Christ que beaucoup apprécient parce que, voyez-vous, l’unité, que produit-elle ? Paul VI l’a dit à Rome, dans une paroisse : l’unité engendre le Christ au milieu de nous, l’unité l’exprime, le manifeste, le révèle. Jésus n’est pas une réalité d’il y a vingt siècles ; il est dans son Église aujourd’hui et nous répète ses paroles. Jésus est actuel et ce qui est beau avec l’unité, c’est qu’elle nous le présente. Jésus l’a dit et c’est vrai : « Qu’ils soient un afin que le monde croie ». C’est ainsi. Au cours de toutes ces années, le Mouvement a essayé de maintenir la foi en cette présence de Jésus, du Ressuscité au milieu de nous. Et c’est à sa présence que nous attribuons la diffusion universelle du Mouvement, c’est lui qui s’est frayé un chemin, c’est lui qui a témoigné le christianisme. Et bien, que devons-nous faire ? que devons-nous conclure à la fin de cette journée ? Ces jours-ci, j’ai eu la possibilité de rencontrer de nombreux Hollandais et j’ai admiré quelque chose que je ne trouve pas en d’autres pays : dans le cœur de chaque Hollandais j’ai vu l’amour pour la Hollande et un grand amour pour son Église. Alors, qu’allons-nous faire ? Il faut que cet amour devienne concret. Essayons donc d’établir la présence de Jésus ressuscité dans nos familles, nos paroisses, partout, avec cet amour réciproque qui était le secret des premiers chrétiens. Et si le Ressuscité est là, qu’elles en seront les conséquences ? Un nouveau printemps et tout ressuscitera. C’est ce que je souhaite. Et quels seront les fruits de la présence de Jésus ? Les mêmes que ceux que nous avions constatés quand nous avons commencé : une grande joie et la paix qui sont les fruits de l’Esprit. C’est ce que je vous souhaite : partir mais avec ce désir dans vos cœurs : je ferai tout ce que je peux pour que le Ressuscité soit au milieu de nous ! »