Mouvement des Focolari

1er Novembre : fête de tous les saints

Projetés vers l’infini

Les saints sont des grands.

Ils ont vu leur grandeur dans le Seigneur et,

enfants de Dieu, ils jouent pour lui

tout ce qu’ils ont.

Ils donnent sans demander,

leur vie, leur âme, leur joie,

tout ce qui les lie à la terre, toute richesse.

Libres et seuls,

projetés vers l’infini,

ils attendent que l’amour les introduise

dans les royaumes éternels.

Mais, dès ici-bas,

leur cœur s’emplit d’amour,

du véritable amour, du seul amour

qui rassasie et console,

l’amour qui brise

toute résistance et fait jaillir

des larmes nouvelles.

Ah ! Aucun homme ne sait ce qu’est un saint.

Il a donné, maintenant il reçoit,

et un flot incessant

passe entre ciel et terre,

lie la terre au ciel,

coule des abîmes,

ivresse rare, source céleste

qui ne s’arrête pas au saint,

mais déborde sur ceux qui sont fatigués, mortels,

aveugles et paralysés

et pénètre, irrigue,

soulage, attire et sauve.

Si tu veux connaître l’amour, demande-le aux saints.

 

dans Pensée et Spiritualité, Nouvelle Cité, 2003, p.168

Spiritualité de l’unité : Unité

Spiritualité de l’unité : Unité

A Fiera di Primiero

Une spiritualité de communion, collective, comme le disait Paul VI, telle est la voie nouvelle ouverte par Chiara Lubich, une voie issue de l’Évangile. Quelles en sont les caractéristiques ? Quelles sont les événements qui, dès les débuts, conduisirent à la certitude d’être nés pour contribuer à l’unité des hommes avec Dieu et entre eux ? Découvrons-le ensemble. Un jour de mai 1944, dans la cave obscure où Natalia Dallapiccola, au sous-sol de la maison familiale, avait transféré sa chambre pour se protéger des bombardements éventuels, Chiara et ses amies de Trente lisaient l’Évangile à la lueur d’une bougie, comme elles en avaient désormais pris l’habitude. Elles l’ouvrirent au hasard et tombèrent sur la prière que Jésus fit avant de mourir : « Père, que tous soient un » (Jn 17,21). Il s’agit là d’un texte évangélique extraordinaire et complexe, le « testament de Jésus », étudié par les exégètes et les théologiens de toute la chrétienté. A cette époque-là, il était un peu oublié, car on ne peut plus mystérieux. Ce passage de l’Évangile selon saint Jean aurait donc pu sembler difficile à des jeunes filles comme Chiara, Natalia, Doriana et Graziella. Mais elles eurent l’intuition que cette parole de l’Évangile : l’unité, allait être « la leur ». Quelques jours après, sur le pont Fersina, à Trente, Chiara dit à ses compagnes : « J’ai compris comment nous devons nous aimer, selon l’Évangile : jusqu’à nous consumer en “un” ». Plus tard, à Noël 1946, ces jeunes filles choisirent comme devise une phrase radicale : « L’unité ou la mort ». Chiara a écrit en 2000 : « Un jour je me trouvais là avec mes compagnes et, en ouvrant le petit livre, je lus : “Père, que tous soient un” (Jn 17,21). C’était la prière que Jésus a faite avant de mourir. Grâce à sa présence parmi nous et à un don de son Esprit, je réussis à comprendre un peu ces paroles difficiles et fortes, et naquit en mon cœur la conviction que c’était pour cette page de l’Évangile que nous étions nées : pour l’unité, autrement dit pour contribuer à l’unité des hommes avec Dieu et entre eux. « Quelque temps plus tard, conscientes tout de même de la divine hardiesse du programme que Dieu seul pouvait mettre en œuvre, agenouillées autour d’un autel, nous avons demandé à Jésus de réaliser son rêve en se servant de nous si cela faisait partie de ses plans. Souvent, au début, face à l’immensité de la tâche, nous avions le vertige et, en voyant l’immensité des foules que nous devions rassembler en unité, nous étions saisies d’effroi. Mais, petit à petit, le Seigneur nous fit comprendre en douceur que notre tâche était comme celle d’un enfant qui jette un caillou dans l’eau. Autour de ce caillou se développent des cercles concentriques de plus en plus larges, tellement qu’on peut les croire infinis. Nous comprîmes alors que nous devions faire l’unité autour de nous, dans le milieu où nous étions, et qu’ensuite – une fois passés de cette terre au ciel – nous pourrions voir les cercles s’élargir jusqu’à accomplir, à la fin des temps, le plan de Dieu. « Il fut clair pour nous, dès le premier moment, que cette unité n’avait qu’un seul nom : Jésus. Etre un, pour nous, signifiait être Jésus, être tous Jésus. En effet, seul le Christ peut faire de deux personnes une seule, parce que son amour qui est annulation de soi, qui est non-égoïsme, nous fait entrer pleinement dans le cœur des autres. « Ce que j’ai écrit à cette période révèle la merveille face à une réalité surnaturelle aussi sublime : “L’Unité ! Qui pourra se hasarder à parler d’elle ? Elle est ineffable comme Dieu ! Elle s’entend, elle se voit, on en jouit mais… elle est ineffable ! Tous jouissent de sa présence, tous souffrent de son absence. Elle est paix, joie, amour, ardeur, atmosphère d’héroïsme, de générosité extrême. Elle est Jésus parmi nous !” ».

Spiritualité de l’unité : Unité

Chiara luce Badano : une sainteté 2.0

Cela fait un an qu’a eu lieu sa  béatification, vécue par plus de vingt mille jeunes présents à Rome à cette occasion, et de beaucoup d’autres qui ont suivi l’évènement en direct, dans toutes les parties du monde. Aujourd’hui, ils sont nombreux à vouloir la connaître et l’imiter. Ce super  témoignage   de Chiara Luce Badano, la gen de Gênes (Italie) que l’Eglise a béatifiée, semble avoir remis en vogue la saintetéSes « dix-neuf ans remplis de vie, d’amour, de foi » (Benoît XVI), réveillent chez tant de jeunes et pas uniquement chez eux, le désir de consacrer leur vie à faire de grandes choses. Ils découvrent que la sainteté peut être vécue dans le quotidien. « Chiara Luce nous a appris que nous aussi nous pouvons aimer toujours et inconditionnellement ». C’est une des impressions recueillies au Brésil, dans l’une des très nombreuses soirées qui, à travers le spectacle « Life Love Light », se sont multipliées dans le monde : De l’Italie à l’Espagne, -durant les JMJ- et dans d’autres pays d’Europe ; du moyen orient à l’Asie ; elles se sont développées dans les Amériques, en Australie et en diverses nations d’Afrique. Les demandes qui ont été faites aux parents, Maria Teresa et Ruggero  Badano, de raconter son histoire  ne se comptent plus. Chacun  la sent vivante, c’est une personne avec laquelle on peut établir une relation. Mais, comme l’a si bien exprimé une jeune : «Chiara Luce m’a enseigné une chose très forte : je ne peux me faire sainte toute seule, nous devons être saints ensemble ». Chiara Lubich, la fondatrice des Focolari, s’est exprimée ainsi en présentant la splendide figure  de cette jeune fille béatifiée : « La finalité du Mouvement des focolari est de coopérer avec l’Eglise afin de réaliser le testament de Jésus « Que tous soient un ». Chiara Luce avait découvert déjà toute petite que les souffrances  étaient des perles précieuses qu’on pouvait  cueillir à longueur de  journée …  pour cela elle a vécu avec  le Christ, avec Lui elle a transformé sa passion en un chant nuptial. Oui, Chiara Luce est une gen réalisée, témoin cohérent de notre idéal déjà arrivé à maturité en elle à 18 ans. Son histoire se répand par tous les media : Plus de 30000 tirages du livre “Io ho tutto” et 15000 “Dai tetti in giù éditées en différentes langues. Des milliers de copies de DVD et de CD musicaux sur sa vie et sur la fête de sa béatification. Mais c’est surtout sur internet que se manifestent beaucoup de ceux qui la connaissent, ou bien ils la découvrent dans des circonstances inopinées, et veulent vivre comme elle. Sa page sur face book compte de nombreux amis qui inter agissent en insérant des messages, des commentaires, des photos. Le site “Life Love Light” est devenu un point de référence pour tous ceux qui veulent communiquer leur propre découverte du pourquoi de la vie de Chiara Luce et de son bonheur comme elle-même l’a exprimé par ses dernières paroles :  » Maman, au revoir. Sois heureuse parce que je le suis « . Canal officiel sur You Tube : http://www.youtube.com/user/ChannelChiaraLuce

Spiritualité de l’unité : Unité

Année de la Foi

“C’est avec surprise et une grande joie en plus de la gratitude que nous avons accueilli l’annonce de la prochaine « année de la foi » proclamée par le Pape Benoit XVI. Encore plus sa lettre apostolique « Porta fidei », qui porte l’annonce de cette année, qui commencera à partir du 11 octobre 2012,  à l’occasion du 50° anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II. Une fois de plus l’Esprit Saint nous donne une forte impulsion dans cette initiative qui arrive au bon moment en cette période de l’histoire. Les jeunes des JMJ, les familles, les travailleurs et les jeunes qui descendent sur les places, lancent de nouveaux printemps et demandent de profondes réformes sociales ; ce sont des signes qui disent combien l’humanité d’aujourd’hui est à la recherche de changement. J’en ai eu la confirmation moi aussi au cours de mes récents voyages  aux Etats Unis, à Saint Domingue, en Russie, en Slovénie, en Grande Bretagne. « Nous ne pouvons accepter que le sel devienne insipide et la lumière soit gardée cachée »1, écrit le Pape. C’est une urgence que nous sentons profondément nous aussi et nous demande une profonde conversion : vivre avec une intensité particulière la Parole de Dieu. Relancés d’une nouvelle ardeur par le ‘mandat’ du Pape, nous nous sommes engagés à retourner à la radicalité des débuts du Mouvement, à nous ré-évangéliser surtout nous-mêmes, pour ensuite répandre l’évangile, avec sa force de transformation, sur l’humanité qui nous entoure. Encore aujourd’hui – comme l’écrivait déjà Chiara Lubich en 1948 – « le monde a besoin d’un cure d’évangile ». 2 En plus, l’invitation pressante du Pape a rencontré en nous un écho profond à témoigner publiquement de notre foi, de la Parole vécue « comme expérience d’un amour reçu », « communiqué comme expérience de grâce et de joie »3. Au cours des premières années du Mouvement des Focolari la communion des expériences de la vie de la Parole était une nouveauté. Celles-ci étaient irréfutables, parce qu’elles étaient « vie », et fécondes, capables de produire la rencontre vivante avec Jésus, de rassembler les personnes dispersées en une communauté. Benoit XVI nous a rappelé que l’on n’affronte pas cette entreprise tout seuls, mais en compagnie. Nous voulons intensifier cette expérience de communion et de fraternité dans nos milieux de vie : dans les parlements, dans les usines, dans les quartiers, les universités, les familles, parce que c’est dans la communion que le Ressuscité lui-même se rend spirituellement présent, touche les cœurs et transforme. Le Pape nous a renforcés dans notre conviction que c’est maintenant le moment d’une grâce spéciale pour l’Eglise, où l’esprit de renouvellement du Concile est en acte comme il ne l’a jamais été auparavant ». [1] Lettre apostolique “Porta Fidei”, n°3. [2]Lettres des premiers temps. Aux origines d’une nouvelle spiritualité, de F.Gillet et G. D’Alessandro – Città Nuova Editrice, 2010. [3]Lettre apostolique “Porta Fidei”, n°7.

Spiritualité de l’unité : Unité

Spiritualité de l’unité: l’amour réciproque

L’Évangile que Chiara et ses compagnes lisaient dans les refuges était une découverte continuelle, c’était un livre qu’elles ne connaissaient pas vraiment auparavant : personne ne leur en avait jamais parlé en ces termes. « Jésus agit toujours en tant que Dieu. Pour le peu que l’on donne, il nous comble de dons. On est seule et on se retrouve entourée de mille mères, pères, frères, sœurs et de tous les biens de Dieu que l’on peut distribuer à ceux qui n’ont rien ». Ainsi pour chacune d’elles se consolidait la conviction, parce que basée sur l’expérience, qu’il n’existe pas de situation humaine problématique qui ne puisse trouver une réponse, explicite ou implicite, dans ce petit livre qui rapportait des paroles célestes. Les personnes qui adhéraient au mouvement naissant s’y immergeaient, s’en nourrissaient, se ré-évangélisaient et expérimentaient que tout ce que disait et promettait Jésus se réalisait immanquablement. Chiara écrivait : « La guerre continuait. Les bombardements se succédaient. Les refuges n’étaient pas suffisamment sûrs et la possibilité de comparaître rapidement devant Dieu se faisait toujours plus grande. Tout cela faisait naître un désir dans notre cœur : mettre en pratique dans ces moments, qui pouvaient être les derniers de notre vie, la volonté de Dieu qui lui tenait le plus à cœur. Nous nous sommes alors rappelées le commandement que Jésus déclare sien et nouveau : “Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime” (Jn 15,12-13). La découverte du « commandement nouveau » les enflamma à tel point que l’amour réciproque devint leur habitus, leur façon d’être. C’était ce même amour qui attirait à leurs réunions tant de gens, de tous âges et classes sociales. S’aimer réciproquement n’était pas pour eux une option mais leur façon même d’être et de se présenter au monde. « Jésus, disait-on, comme un émigrant, a apporté parmi nous les us et coutumes de sa propre patrie. En nous donnant “son” commandement, il a apporté sur la terre la loi du Ciel, qui est l’amour entre les trois personnes de la sainte Trinité. Nous nous sommes regardées dans les yeux et nous avons décidé : “Je veux être prête à mourir pour toi”. “Moi pour toi”. Toutes pour chacune. Mais, si nous devions être prêtes à donner la vie l’une pour l’autre, il était logique que, dans le même temps, il fallait répondre aux mille exigences que l’amour réciproque réclamait : il fallait partager les joies, les douleurs, le peu de biens que nous avions, nos expériences spirituelles personnelles. Nous nous sommes efforcées de faire ainsi pour que soit vivant entre nous, avant tout autre chose, l’amour réciproque. « Un jour, dans le premier focolare, nous avons sorti de l’armoire le peu choses que nous possédions, nous en avons fait un tas au milieu de la chambre, et nous avons donné ensuite à chacune le peu dont elle avait besoin et aux pauvres le superflu. Prêtes à mettre notre salaire en commun, ainsi que tous les biens, petits et grands, que nous avions ou que nous pourrions avoir par la suite. Prêtes à mettre en commun également les biens spirituels… Le désir même de sainteté était passé au second plan, derrière notre unique choix : Dieu, qui excluait tout autre objectif mais incluait, évidemment, la sainteté qu’il avait pensée pour nous. « Lorsque, par la suite, il y eut inévitablement des difficultés du fait des imperfections de chacune de nous, nous avons décidé de ne plus nous regarder avec nos yeux humains, qui nous font découvrir la paille de l’autre en oubliant notre poutre, mais avec celui qui pardonne tout et oublie. Et nous sentions si nécessaire le pardon réciproque, à l’image de Dieu miséricordieux, qu’on s’est proposé entre nous une sorte de vœu de miséricorde : celui de se lever chaque matin en se voyant comme des personnes “nouvelles”, qui n’étaient jamais tombées dans ces défauts ».