Mouvement des Focolari

Italie/Liban | Un pont entre l’Italie et le Liban

D’une petite idée de partage naît une grande chaîne de solidarité, un pont aérien vers Beyrouth, transportant des médicaments pour les malades chroniques et du lait en poudre pour les nouveaux nés. En réponse à l’appel du Vicariat Apostolique des Latins de Beyrouth et de la Nonciature Apostolique Vaticane au Liban, l’action voit la mobilisation du Mouvement des Focolari, de la Fondation Jean Paul II et de nombreuses personnes qui, entre l’Italie et le Liban, se sont alliées pour soutenir ce projet. https://www.youtube.com/watch?v=aO2sjlO571g

Chiara Lubich : Jésus parle dans notre cœur

Au cours du voyage de la vie, nous avons parfois besoin de ralentir le pas pendant quelques instants et d’écouter la voix qui parle dans notre cœur. Nous découvrirons de nouveaux défis, comme le suggère Chiara Lubich dans ce texte. Écouter la voix de Jésus (…) ne signifie pas seulement écouter sa doctrine et la faire sienne, mais aussi établir un rapport personnel avec Lui, qui appelle chacun par son nom. Sa voix se fait entendre au plus intime de la personne, sa vérité (qui est la vérité) agit dans le cœur, même si la réponse à son invitation demeure libre pour chaque individu. En citant l’exemple du bon berger, Jésus affirme qu’il y a opposition entre le berger légitime qui entre par la porte, et le voleur ou le brigand qui passe par-dessus l’enclos. Il y a eu, au cours des siècles – et il y a encore aujourd’hui – de faux messies qui, au moyen de leurs idéologies, cherchent à attirer les hommes. Mais ceux qui appartiennent à Jésus et qui connaissent sa voix, ne se laissent pas tromper par les diverses promesses. Ils ne font pas confiance à d’autres voix. (…) Essaie d’écouter la voix de Jésus qui parle dans ton cœur. Tu verras que cette voix te conduira hors de ton égoïsme, de ton ‘’non-amour’’, de ta volonté d’occuper la première place, de ton orgueil, du désir de violence… de tout ce qui te rend esclave. Si tu fondes ta vie sur Jésus et qu’il est ton guide, tu échapperas certainement à la tentation d’un christianisme facile et commode, à la médiocrité d’une vie privée de sens. En le suivant, lui qui parle en toi, qui t’appelle, toi justement – car il appelle chacun par son nom -, tu ne connaîtras pas les sentiers battus mais tu t’achemineras vers une aventure divine inimaginable. Tout sera nouveau et beau, même si cela te coûte. Tu constateras à quel point l’imagination divine est créatrice et tu comprendras comment, en suivant un tel berger, la vie est pleine, abonde en fruits et irradie le bien de partout. Finalement tu comprendras quelle révolution puissante et merveilleuse constitue l’Évangile vécu.

Chiara Lubich

 (Chiara Lubich, in Parole di Vita, Città Nuova, 2017, p. 204-208 – Parole de vie de mai 1981)

République dominicaine : quand le cœur parle

Laisser Dieu guider nos pas et découvrir que son amour, même dans le silence, n’oublie pas nos efforts. Ángel Canó, un focolarino marié de la République dominicaine, raconte son expérience. En 2001, des examens médicaux de routine avaient révélé un léger problème au niveau de la valve mitrale de mon cœur, mais de manière inattendue, fin 2020, la situation s’est aggravée et le cardiologue a confirmé la présence d’une véritable « bombe à retardement » dans ma poitrine. Avec ma femme Margarita, également focolarine mariée, nous avons accueilli le diagnostic avec une grande paix, nous remettant entre les mains de Dieu. Nous avons décidé d’en discuter immédiatement avec notre fils Angel Leonel et notre fille Zoila, qui est médecin aux États-Unis. Elle a elle-même parlé au cardiologue et consulté un collègue du centre où elle travaille, qui a confirmé la nécessité d’une intervention chirurgicale. Avec Margarita, j’ai passé la nuit précédant l’opération de manière très paisible, me préparant physiquement, mentalement et spirituellement à ce qui m’attendait. Nous étions confiants et le lendemain, lorsque nous sommes arrivés à la porte du bloc opératoire, nous nous sommes déclarés notre amour et nous nous sommes dit au revoir, certains de nous revoir bientôt. À mon réveil, j’ai eu l’impression d’être revenu à la vie même si je souffrais d’une forte arythmie : mon cœur battait la chamade et j’avais du mal à articuler les mots. Les médecins se sont empressés de tout analyser pendant que je faisais face à la douleur post-opératoire. Puis ils ont laissé entrer Margarita : ses mots d’encouragement, inspirés par sa foi, m’ont donné beaucoup de paix. S’ensuivent dix très longs jours aux soins intensifs, dans la douleur, l’impuissance, l’immobilité, le sentiment de solitude, l’insomnie et la peur de mourir. De longues nuits où, devant mon cri, Dieu semblait se taire. Je pensais que je ne m’en sortirais pas. Un matin, plongé dans une bulle de sédatifs et d’analgésiques, j’ai entendu une voix qui répétait « frère ». Quand j’ai ouvert les yeux, il y avait le visage d’un prêtre que nous aimons beaucoup. Ce moment m’a redonné confiance : le Ciel avait toujours été avec moi et ce sentiment m’a accompagné au cours de ces jours. Un jour, lorsque je suis sorti des soins intensifs, Margarita, posant délicatement sa tête sur ma poitrine meurtrie, m’a dit : « Quelle joie de t’embrasser à nouveau ! »  Des mots qui soulignaient non seulement le bonheur, mais aussi le sens de la vie. C’était comme redécouvrir l’amour qu’elle avait pour moi. J’étais en vie, non seulement grâce aux compétences médicales, mais aussi à la volonté d’un Dieu qui a manifesté son amour en me donnant une nouvelle chance de vivre. Aujourd’hui, je vois tout comme un grand cadeau et je ressens un fort engagement à découvrir ce que Dieu veut de moi maintenant, comment je peux lui rendre la pareille. Chaque soir, dans mes prières, je remercie le Ciel et lorsque le nouveau jour arrive, il n’y a pas de mots pour exprimer ma gratitude, pour la possibilité de revoir la lumière du soleil, de regarder le visage de ma femme et de mes enfants avec des yeux neufs.

Ángel Canó

Évangile vécu : « Celui qui vient à moi, je ne le refuserai pas ». (Jn 6, 37)

Rencontrer Jésus dans son prochain, c’est découvrir la tendresse et la beauté de Son amour. S’ouvrir à l’autre nous permet d’être un cadeau pour quiconque se trouve sur notre route et de recevoir un centuple inattendu. Un cœur plein de joie Dans notre village vit une famille très pauvre avec cinq enfants. Le père est alcoolique. Trois d’entre eux sont dans la même classe que mes enfants. Un après-midi, alors que nous sortions de l’école, il pleuvait à verse. J’ai pris mes enfants dans la voiture et, voyant  les trois enfants de cette famille dans la rue, je les ai fait monter dans l’auto et les ai conduits chez eux. La plus petite m’a dit : « Tu viens dire bonjour à ma maman ? » Nous sommes entrés dans la maison très sobre et la femme m’a remerciée ; puis, tout en parlant, elle me dit qu’elle cherche un lit d’occasion pour le dernier né et me montre les chambres où les tapisseries se décollent des murs à cause de l’humidité. Les quatre autres enfants dorment tous dans la même chambre. La petite fille de deux ans, presque nue, porte un tablier trop long pour elle. Je promets que le lendemain, je lui apporterai le lit pliant que nous utilisons rarement. Le lendemain, lorsque nous arrivons chez cette famille avec le lit, quelques jouets et quelques vêtements, les enfants sautent de joie, y compris les miens. Nous partons en nous promettant de revenir, et sur le chemin du retour, ma petite fille s’exclame : « Maman, mon cœur est plein de joie ». (M.O.D. – France) L’ancien directeur Un jour, dans la rue, je suis tombé sur le directeur de l’école où j’enseignais : c’était celui-là même qui m’avait licencié quelques années auparavant sous un prétexte injuste. À l’époque, il était encore prêtre, mais il avait quitté le ministère et s’était marié. Quand il m’a reconnu, il a essayé de m’éviter, mais je suis allé vers lui. Pour briser la glace, je lui ai demandé de ses nouvelles. Il m’a dit qu’il vivait dans une autre ville, qu’il était marié à une veuve mère de deux enfants et qu’il était venu en quête de travail. Avec difficulté, j’ai obtenu son adresse, nous nous sommes dit au revoir. Le lendemain, j’ai fait savoir à mes amis que je cherchais un emploi pour une personne dans le besoin. La réponse n’a pas tardé à arriver et j’ai été averti de quelque chose qui allait peut-être pouvoir  répondre à cette demande. Lorsque je l’ai contacté pour le lui dire, il avait du mal à le croire ! Il l’a accepté avec une profonde gratitude. Il était touché que je m’intéresse à lui. ( J. – Argentine ) Grand-père Depuis que le grand-père souffre de graves problèmes de marche, il a renoncé à ses promenades habituelles et est toujours chez lui à lire dans un fauteuil et à faire la sieste, même si le gériatre l’a encouragé à faire de l’exercice et à sortir. Comment ranimer en lui l’envie de se relever, de se battre pour la vie ? Nos filles ont alors imaginé avec amour la meilleure façon d’aider leur grand-père fatigué et déprimé. De temps en temps, elles sortent leurs cartes à jouer et lui proposent une partie de cartes. Il essaye de se défiler, en disant qu’il n’est plus capable de jouer, mais elles n’abandonnent pas. Et dans le jeu, mené avec l’enthousiasme et la vivacité des enfants, il a ainsi redécouvert la joie et l’envie d’être ensemble. En outre, les filles lui rappellent toujours les exercices qu’il doit faire, comme le jeu du « pas cadencé » : pour aider leur grand-père à lever les genoux et à ne pas traîner les pieds, elles s’asseyent sur le sol, les jambes tendues, et il doit les enjamber. (F.G. – Italie)

Maria Grazia Berretta

(extrait de ‘’Il Vangelo del Giorno’’, Città Nuova, année VIII, n.1, janvier-février 2022)

 

Synode des évêques 2021 – 2023: Appelés à apporter une contribution

Synode des évêques 2021 – 2023: Appelés à apporter une contribution

Le parcours du Synode 2021-2023 intitulé « Pour une Église synodale : communion, participation, mission » est ouvert. Dans cette première phase, outre l’implication de chacun dans sa communauté paroissiale ou diocésaine, nous sommes également invités à apporter notre contribution en tant que mouvement des Focolari. La raison de notre participation « Considérant que les Associations de fidèles sont un ‘gymnase de la synodalité’ (…), je suis un partenaire privilégié dans cette phase de consultation au début de cette aventure ecclésiale ; je souhaite me placer près de vous tous pour vous encourager et vous soutenir dans ce chemin avec le peuple de Dieu », a déclaré le Cardinal Mario Grech, Secrétaire général du Synode des évêques, dans sa lettre à Margaret Karram en mai 2021, appelant le mouvement des Focolari à vivre avec toute l’Église sur le chemin du Synode des évêques 2023. En réponse à l’invitation du secrétariat du Synode des évêques, la Présidente des Focolari a désigné une équipe internationale pour préparer la première étape, le temps de l’écoute. En tant que Mouvement, nous sommes donc invités à rechercher des occasions de confrontation sur le thème de la synodalité dans la perspective du charisme de l’unité. Une Église synodale À l’occasion de la commémoration du 50e anniversaire de l’institution du Synode des évêques (2015), le pape François a rappelé que « le chemin de la synodalité est le chemin que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire. (…) Une Église synodale est une Église d’écoute, dans la conscience qu’écouter est plus qu’entendre ». Dans son discours aux fidèles du diocèse de Rome (Italie) le 18 septembre 2021, le Pape les a fortement encouragés à suivre la voix de l’Esprit Saint qui ne connaît pas de frontières, à écouter chaque membre de l’unique peuple de Dieu et aussi ceux qui vivent en marge de la communauté. « Les pauvres, les mendiants, les jeunes drogués, tous ceux que la société met au rebut, font-ils partie du Synode ? Oui, très cher, oui, ma chère. (…) La synodalité exprime la nature de l’Église, sa forme, son style, sa mission ». Trois phases Cette riche vision nous offre une clé de lecture importante pour « entrer » dans la réalité du processus synodal en cours qui s’est ouvert le 10 octobre 2021 au Vatican, puis dans les Églises locales le dimanche 17 octobre 2021. Il s’agit d’un processus de trois ans, divisé en trois phases, marqué par l’écoute, le discernement et la consultation. Il s’agit d’une nouveauté absolue, tant dans la manière dont il est réalisé que dans les étapes de son développement. Il ne se déroule pas seulement au Vatican, mais dans chaque Église particulière des cinq continents. C’est la première fois dans l’histoire de cette institution qu’un Synode se tient de manière décentralisée. La première étape (octobre 2021-avril 2022) se déroulera dans les différentes Églises diocésaines où le parcours synodal entend répondre à diverses questions sur la vie et la mission de l’Église. Et en particulier, comme nous le rappelle le Vademecum publié par la Secrétariat général du Synode, à une question fondamentale : « Comment cette ‘marche ensemble’ qui permet à l’Église d’annoncer l’Évangile, conformément à la mission qui lui a été confiée, se réalise-t-elle aujourd’hui à différents niveaux (du local à l’universel) ; et quels pas l’Esprit nous invite-t-il à faire pour grandir en tant qu’Église synodale ? ». Après la consultation des diocèses, les Conférences épiscopales finaliseront la synthèse qui sera envoyée au Secrétariat général du Synode avec les contributions diocésaines. Ensuite, le Secrétariat général rédigera le premier Instrumentum laboris d’ici septembre 2022. L’objectif de la phase suivante, la phase continentale (septembre 2022 – mars 2023), est de dialoguer sur le texte du premier Instrumentum laboris lors de sept réunions continentales : Afrique, Océanie, Asie, Moyen-Orient, Amérique latine, Europe et Amérique du Nord. Ces sept rencontres internationales produiront à leur tour sept Documents finaux qui serviront de base au deuxième Instrumentum laboris, qui sera utilisé lors de l’Assemblée du Synode des évêques en octobre 2023. La dernière étape du parcours synodal est celle de l’Église universelle (octobre 2023). Une étape fondamentale de ce parcours est la célébration de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques en octobre 2023, qui sera suivie de la phase de mise en œuvre, qui impliquera à nouveau les Églises particulières.   Le charisme de l’unité pour une spiritualité synodale Comment devons-nous aborder le processus synodal actuel ? Lors de l’assemblée générale du mouvement des Focolari, le pape François a invité les participants à privilégier la synodalité : « En ce qui concerne l’engagement au sein du Mouvement, je vous invite à promouvoir toujours plus la synodalité afin que tous les membres, dépositaires du même charisme, soient coresponsables et participent à la vie de l’Œuvre de Marie et à ses finalités spécifiques ». En réfléchissant à l’expérience vécue au sein du Mouvement, la présidente Margaret Karram a rappelé les points de référence de la spiritualité des Focolari qui peuvent aider à la mise en œuvre d’un processus synodal. Le Pacte de l’amour réciproque renouvelé et placé à la base de tout processus de discernement représente l’engagement d’être prêt à nous aimer les uns les autres. La charité mutuelle et continue exige d’apprendre l’Art d’aimer évangélique: écouter, se mettre en position d’apprendre. S’exprimer avec respect, sincérité et clarté. Tout peut être partagé avec parrhésie, en se plaçant devant Dieu et en gardant vivante la réalité du commandement nouveau.

Liliane Mugombozi (Yaoundé, Cameroun), de l’équipe internationale pour le parcours synodal du mouvement des Focolari.

Afin de faciliter le cheminement de la réflexion, du partage et de l’écoute, l’équipe a commencé le « parcours synodal » en juillet 2021. En plus d’une vidéo d’interviews publiée sur la chaîne YouTube du mouvement des Focolari, un complément de réflexions a été élaboré pour aider les membres du Mouvement à vivre le processus synodal et à collecter et préparer des contributions à offrir au secrétariat du Synode.    Lien vers le vade-mecum en français https://www.youtube.com/watch?v=gTHRP-qOEXU&list=PLKhiBjTNojHpVNzhRRVCRJ-2BDdMzArXH&index=5

La force du soin porté à l’autre : unis contre la traite des êtres humains

La force du soin porté à l’autre : unis contre la traite des êtres humains

Le 8 février est la Journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite des êtres humains. Cette année, en 2022, un marathon de prière en ligne débutera en Océanie et fera le tour du monde pour se terminer en Amérique du Nord. L’engagement des Focolari pour lutter contre ce phénomène. « Il y a beaucoup de prostitution dans notre quartier, mais l’invitation du Pape à aller dans les périphéries existentielles à la recherche des plus vulnérables, des nécessiteux, des oubliés, nous a encouragés à approcher les personnes en situation de prostitution dans le but de les accompagner, d’être proches d’elles, de leur faire sentir que nous les aimons en tant que personnes ». Laura Diaz, volontaire du Mouvement des Focolari, est l’une des huit femmes du groupe « Juntas en camino » né en 2013 dans la paroisse de la Sainte Eucharistie, dans le quartier ‘Palermo’ à Buenos Aires, en Argentine, qui s’engagent chaque jour à prendre soin des personnes en situation de prostitution afin de lutter contre le phénomène. « Avec ce service, poursuit-elle, nous recevons plus que nous donnons. Quelque chose a changé en nous : notre mentalité, notre approche sans préjugés. Ce changement s’est également produit dans plusieurs de nos familles : nous considérons ceux que nous approchons comme des personnes dont la dignité a été violée et dont la dignité peut être restaurée ». Ce témoignage et d’autres provenant de plus de 30 pays seront relatés le 8 février 2022, lors du marathon de prière en ligne – intitulé « La force du soin porté à l’autre » – organisé à l’occasion de la Journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite des êtres humains. Suivant les différents fuseaux horaires – de 9 heures à 17 heures (CET) -, le marathon débutera en Océanie, en Asie et au Moyen-Orient, puis se poursuivra en Afrique, en Europe, en Amérique du Sud et se terminera par l’Amérique du Nord. Il  sera diffusé en direct en cinq langues (français, anglais, italien, portugais et espagnol) sur le site Internet de la journée www.preghieracontrotratta.org.

Marcela Villares remet le livret d’activités au Pape

Marcela Villares, une focolarine vivant en Argentine, s’engage elle aussi chaque jour à lutter contre le phénomène de la traite des êtres humains. Elle travaille avec les évêques de la Commission épiscopale pour les migrants et les personnes itinérantes, de la Conférence épiscopale d’Argentine, où elle coordonne le domaine de la traite des êtres humains. « Nous avons découvert l’importance de travailler à la formation des enfants et des adolescents sur ces questions », dit-elle. « Depuis plusieurs années, nous proposons des formations sur les questions liées à la traite des êtres humains à différents diocèses du pays, en travaillant principalement dans les écoles. Les résultats ont été énormes, surtout chez les enfants et les jeunes, où l’on peut déjà constater le fruit de la graine qui a été semée, et chez les enseignants et les directeurs qui l’ont pris comme un axe pédagogique à suivre au fil des ans ». Le résultat de ces expériences a été un livret d’activités didactiques et de jeux éducatifs pour les enfants de 6 à 17 ans. « Cette année, dans le diocèse d’Oran, au nord de notre pays, à la frontière avec Salta, et donc très sensible à ce crime », poursuit Marcela, « grâce à un groupe d’amis de l’Association Monde Uni (AMU) au Luxembourg, nous avons pu former et financer du matériel dans quatre écoles. Le vicaire de l’éducation nous a demandé d’étendre la formation à d’autres écoles catholiques et a invité d’autres directeurs d’écoles publiques ». Après cette expérience à Oran, Marcela et son équipe ont été contactés par différents médias argentins et le président du Cercle des journalistes a demandé s’ils pouvaient commencer à former des journalistes, des médecins et des infirmières des hôpitaux locaux, des personnes impliquées dans le transport et même une université a demandé à organiser une conférence.

La statue de St Bakhita par l’artiste Timothy Schmaltz

« La pandémie a accru le commerce de la traite des êtres humains, les conditions de vulnérabilité des personnes les plus exposées et les inégalités entre hommes et femmes », déclare Sœur Gabriella Bottani, coordinatrice de la Journée mondiale contre la traite des êtres humains. Tout cela doit être abordé avec courage. Nous, les femmes, devons donc jouer un rôle de premier plan dans la promotion d’un nouveau système économique fondé sur la force du soin porté à l’autre. La violence causée par l’exploitation peut être transformée par des gestes de soin et de solidarité ». Le marathon de prière du 8 février 2022 est coordonné par Talitha Kum, le réseau international de lutte contre la traite des êtres humains, qui regroupe plus de 3 000 sœurs, amis et partenaires dans le monde entier. Il est promu par l’Union internationale des Supérieures et Supérieurs Généraux, en partenariat avec la section Migrants et réfugiés du Dicastère pour le service du développement humain intégral, Caritas Internationalis, l’Union mondiale des organisations féminines catholiques, le mouvement des Focolari, le Service jésuite des réfugiés et de nombreuses autres organisations dans le monde.

Lorenzo Russo