Parole de Vie de décembre 2004
Noël approche. Le Seigneur va venir. Préparons sa route, la liturgie nous y invite. Entré dans l’histoire il y a 2000 ans, Jésus souhaite pénétrer dans notre vie, mais en nous que d’obstacles ! Tant d’aspérités à aplanir, de blocs à écarter… En réalité quels sont-ils ces obstacles qui peuvent empêcher Jésus d’entrer en nous ?
Tout simplement nos désirs non conformes à la volonté de Dieu, tous les attachements qui nous alourdissent. Quelques exemples ? Parler ou se taire lorsque le moment ne s’y prête pas ; vouloir s’affirmer ou rechercher estime ou affection ; désirer posséder ceci ou cela, la santé, la vie… à un moment où cela n’est pas dans le plan de Dieu sur nous ; ou encore les mauvaises intentions, telles que le jugement, la révolte, ou la vengeance…
Ces désirs qui surgissent en nous peuvent nous submerger. Repoussons-les avec fermeté, écartons les obstacles, remettons-nous dans la volonté de Dieu. C’est cela préparer la voie au Seigneur.
« Comme le Seigneur vous a pardonnés, faites de même, vous aussi. »
Cette Parole, Paul l’adresse aux chrétiens de sa communauté, afin qu’après avoir expérimenté le pardon de Dieu, ils soient capables de pardonner à leur tour à ceux qui ont commis des injustices à leur égard. Paul les sait capables de dépasser les limites de l’amour humain pour aller jusqu’à donner leur vie pour leurs ennemis. Renouvelés par Jésus et la vie de l’Évangile, ils trouveront la force d’aller au-delà des raisonnements ou des torts subis et de tendre à l’unité avec tous.
Comme l’amour bat au fond du cœur de chaque être humain, chacun peut vivre cette parole.
La sagesse africaine s’exprime ainsi : « Fais comme le palmier : on lui lance des cailloux, ce sont des dattes qui tombent ».
Comprenons bien cependant tout ce qu’exige cette Parole de Paul : il ne suffit pas de ne pas répondre à une offense… Il nous est demandé plus encore : de faire du bien à celui qui nous fait du mal, comme le rappellent les apôtres. « Ne rendez pas le mal pour le mal, ou l’insulte pour l’insulte ; au contraire, bénissez, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter la bénédiction » . « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien ».
« Comme le Seigneur vous a pardonnés, faites de même, vous aussi. »
Comment vivre cette Parole ?
Nous pouvons tous trouver dans notre famille, ou parmi nos collègues, nos camarades d’étude, nos amis, des personnes qui nous ont fait du tort, du mal, ont été injustes envers nous… Même si la pensée de la vengeance ne nous effleure pas, un sentiment de rancœur, d’hostilité ou d’amertume peut subsister en nous. Même une simple indifférence qui nous empêche d’établir avec nos frères un authentique rapport de communion.
Alors, que faire ? Levons-nous le matin avec au cœur une « amnistie » complète, remplis d’un amour qui recouvre tout, qui sait accueillir l’autre tel qu’il est, avec ses limites, ses difficultés, tout comme le ferait une mère avec son propre fils qui est dans l’erreur ; elle l’excuse, elle lui pardonne, elle ne cesse d’espérer en lui…
Abordons chacun avec des yeux neufs, comme s’il n’avait jamais eu ces défauts que nous lui connaissons.
Et recommençons cela à chaque fois, sachant que Dieu, lui, non seulement pardonne, mais oublie. C’est aussi la mesure qu’il nous demande.
Cela s’est passé pour un de nos amis d’un pays en guerre qui a vu massacrer parents, frères et de nombreux amis. La douleur le précipite dans la révolte et il en vient à souhaiter aux auteurs de cette tuerie un châtiment terrible, à la hauteur de leurs crimes.
Les paroles de Jésus sur la nécessité du pardon lui reviennent pourtant sans cesse à l’esprit, mais elles lui semblent impossibles à vivre. « Comment pourrais-je aimer mes ennemis ? » se demande-t-il. Il lui faut des mois et des mois de prière avant de commencer à retrouver un peu de paix.
Mais un an plus tard, il apprend que les assassins, connus de tous, circulent librement dans le pays. Une rancune tenace s’empare à nouveau de lui. Il commence à se demander comment il se comportera si jamais il rencontre ces « ennemis » sur sa route. Il implore Dieu de lui redonner son calme, de le rendre à nouveau capable de pardonner.
« Aidé par l’exemple des frères cherchant à vivre avec lui l’Évangile, raconte-t-il, je comprends que Dieu me demande de ne pas m’abandonner à ces tentations, mais plutôt d’être attentif à aimer ceux qui m’entourent, les collègues, les amis… Dans l’amour concret que je vis pour eux, peu à peu, je trouve la force de pardonner jusqu’au bout à ceux qui ont tué ma famille. Aujourd’hui mon cœur est en paix. »
Chiara LUBICH

Un seul peuple dans la multiplicité des traditions Le patriarche œcuménique Bartholomée 1er ouvrira la 23e rencontre œcuménique sur le thème : « “Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom…”, un seul peuple dans la multiplicité des traditions ». Cinquante-deux évêques et responsables ecclésiastiques de différentes Églises d’Orient et d’Occident se réunissent à Istanbul : orthodoxes, syro-orthodoxes, arméno-apostoliques, anglicans, luthériens et catholiques de rites divers. Rencontres importantes Des rencontres-dialogues auront lieu avec le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, le patriarche arméno-apostolique de Constantinople, Mesrob II, et le vicaire patriarcal syro-orthodoxe pour la Turquie, Filüksinos Yusuf Çetin. Au cœur de la spiritualité de l’unité : La présence du Christ ressuscité promise à « deux ou plus » réunis en son nom Chiara Lubich, fondatrice des Focolari a confié à quelques-uns de ses proches collaborateurs le soin de transmettre ses interventions sur le thème du congrès et sur l’expérience œcuménique du Mouvement. Ceux-ci montreront l’étroite correspondance entre la spiritualité de l’unité, typique des Focolari, et la spiritualité œcuménique fortement encouragée par le pape qui, le 13 novembre dernier, a de nouveau invité les chrétiens à réaliser la « pleine communion », qui « ne veut pas dire uniformité abstraite, mais richesse d’une légitime diversité de dons partagés et reconnus par tous… » (Homélie de Jean-Paul II à l’occasion du 40e anniversaire du décret conciliaire « Unitatis Redintegratio »). Célébration œcuménique Le congrès des évêques et responsables ecclésiastiques a commencé par une célébration œcuménique à l’église catholique Saint-Antoine, en présence des responsables et des membres des communautés chrétiennes présentes à Istanbul. Visite de Nicée, où ont eu lieu deux des premiers conciles œcuméniques Le programme inclut la visite de Nicée et du monastère de la sainte Trinité à Halki, centre d’études du patriarcat œcuménique. Il est aussi prévu de rendre visite au patriarche Mesrob II au siège du patriarcat arméno-apostolique de Constantinople, et au métropolite Filüksinos Yusuf Çetin, au vicariat patriarcal syro-orthodoxe. Accueil des reliques de Jean Chrysostome et de Grégoire de Nazianze A Istanbul, les évêques auront la joie de participer à l’accueil des reliques des Docteurs de l’Église indivise Grégoire de Nazianze et Jean Chrysostome, évêques de Constantinople aux IVe et Ve siècle, qui ont été rendues par Jean-Paul II au patriarche Bartholomée le samedi 27 novembre au Vatican. La fête de l’apôtre saint André au Phanar Au Phanar, siège du patriarcat œcuménique, les évêques assisteront les 29 et 30 novembre aux célébrations solennelles de la fête de l’apôtre saint André, fondateur et patron du patriarcat de Constantinople, qui seront présidées par le patriarche Bartholomé Ier. La délégation du saint-Siège sera conduite par le cardinal Walter Kasper. Les précédentes rencontres œcuméniques d’évêques Les rencontres œcuméniques d’évêques et responsables ecclésiastiques de différentes Églises « amis du mouvement des Focolari » ont lieu chaque année. Elles se déroulent dans différentes villes : Constantinople (1984), Londres (1986 et 1996), Ottmaring/Augsbourg, Allemagne (1988 et 1998), Trente (1995), Amman/Jérusalem (1999), Zurich (2001), Genève (2002) et plusieurs fois à Rome, toujours avec l’accord et la bénédiction des chefs des différentes Églises.