Mouvement des Focolari

Report de la publication du rapport sur l’ancien focolarino français JMM

GCPS Consulting a annoncé en novembre dernier une prorogation concernant la publication des résultats de l’enquête indépendante au premier trimestre 2022. L’enquête sur les abus sexuels commis par J.M.M., ancien membre consacré français des Focolari, prend plus de temps que prévu. C’est ce qu’a annoncé en novembre dernier, dans une communication GCPS Consulting, la société de consultance spécialisée à laquelle le Mouvement a confié l’enquête indépendante. « Le processus de collecte d’informations se poursuit bien au-delà du calendrier prévu – est-il écrit – et la Commission prévoit des entretiens avec des personnes clés au sein du Mouvement des Focolari (…) dans le cadre également d’une révision des dispositions de sauvegarde. Comme note positive, cela montre que le processus est minutieux et complet (…). Notre objectif est de le publier dès que possible au cours du premier trimestre 2022. » Exprimant ses regrets pour ce retard, la Commission en charge espère que « toutes les parties concernées comprennent que la portée du travail a été élargie et que l’objectif est de refléter pleinement les voix de tous ceux qui ont fourni des preuves et d’autres informations à la Commission ».

Stefania Tanesini

Chiara Lubich : marcher à contre-courant

La Parole de Vie de ce mois de janvier 2022 dit que les Mages, en suivant l’étoile, sont arrivés à Bethléem pour honorer l’Enfant Jésus. Nous aussi, nous pouvons aujourd’hui honorer le Seigneur par nos choix de vie, comme le propose Chiara Lubich dans ce passage. Tu es dans le monde, c’est évident. Mais tu n’es pas du monde. C’est là que réside toute la différence. C’est ce qui te classe parmi ceux qui se nourrissent non pas des choses du monde, mais de celles qui te sont exprimées par la voix de Dieu en toi. Elle, se trouve dans le cœur de tout homme et te fait pénétrer – si tu l’écoutes – dans un Royaume qui n’est pas de ce monde. Où l’on vit l’amour vrai, la justice, la pureté, la miséricorde, la pauvreté. Un Royaume où la maîtrise de soi et la règle. (…) Le chrétien ne choisit ni la commodité ni la tranquillité. Le Christ n’a pas demandé et ne te demande pas moins que cela si tu veux le suivre. Le monde t‘assaille comme un fleuve en crue. Et tu dois marcher à contre-courant. Le monde pour le chrétien est un maquis épais dans lequel il faut voir où mettre les pieds. Où faut-il donc les mettre ? Sur les traces que le Christ lui-même t’a laissé un passant sur cette terre : il s’agit de ses propres paroles.

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, in Parole di Vita, préparé par Fabio Ciardi, Cittá Nuova, 2017, pag 110-112 – Parole de Vie du mois de juillet 1978)

Mexique : Visites virtuelles aux communautés chrétiennes

En ces jours où l’on célèbre dans l’hémisphère nord la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2022, l’histoire de la création du projet œcuménique « Visites virtuelles aux communautés chrétiennes », né il y a un an pour promouvoir l’unité entre les différentes Églises, nous vient du Mexique. « Le Mexique est un pays à majorité catholique. En vivant la spiritualité de l’unité, nous avons découvert le désir ardent pour l’unité des chrétiens et, depuis plusieurs années, nous cultivons de belles relations œcuméniques ». Ce sont les mots de Dolores Lonngi, épouse de Pablo, tous deux volontaires du Mouvement des Focolari, qui suivent depuis des années le dialogue œcuménique au Mexique. Avec leur fille Ursula, focolarina, ils ont lancé en février dernier le projet « Visites virtuelles aux communautés chrétiennes » dans le but d’étendre l’œcuménisme au-delà de la Semaine de prière pour l’unité et de commencer un parcours de fraternité et de communion d’expériences. Savoir comment chaque tradition vit et exprime sa foi dans la société dans laquelle elle est immergée et identifier les moyens de travailler ensemble pour le bien de toute la société étaient, dès le départ, les objectifs de ce projet. Ursula, comment se sont déroulées ces visites virtuelles et d’où êtes-vous partie ? « Pour mener à bien le projet, une véritable Commission Centrale a été créée, composée de nous, de l’Officier de l’Œcuménisme pour l’Église anglicane du Mexique et du Président du Conseil Interreligieux du pays, du Secrétaire de la Commission du Dialogue œcuménique et interreligieux de la Conférence Épiscopale Mexicaine, d’une professeure de ‘’Théologie Œcuménique’’ à l’Université Pontificale de Mexico et d’une autre d’Œcuménisme à l’Université Anahuac de la ville de Querétaro, ainsi que d’ un prêtre de la Fraternité des Missionnaires Œcuméniques. La première visite a porté sur l’Église anglicane, puis sur les Églises catholiques orientales. Toutes  nous ont donné de véritables ‘perles’ (leur histoire, leurs ministères, le témoignage de foi et de charité de jeunes et d’ adultes). Dans l’Église anglicane, il y avait plusieurs prêtres anglicans et l’Évêque anglican émérite de l’Uruguay, Mgr Miguel Tamayo, qui nous a parlé des rencontres d’Évêques de diverses Églises promues par le Mouvement des Focolari. Dans chacune de nos ‘visites virtuelles’, nous avons eu un moment de dialogue en petits groupes, ce qui nous a donné l’occasion de mieux nous connaître et de construire des relations d’amitié avec des personnes de différentes Églises ». Pablo, quels ont été les points forts et le type de participation ? « Le programme de l’année prévoyait un moment de prière à la Pentecôte (période au cours de laquelle, dans l’hémisphère sud, nous célébrons la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens) et sept autres visites virtuelles dans différentes Églises, le dernier jeudi de chaque mois, ainsi qu’un festival œcuménique de lectures bibliques et de chants au début de l’Avent. Pour diffuser l’initiative sur les médias sociaux et dans l’intention de générer une communauté œcuménique, nous avons ouvert des canaux WhatsApp, Telegram et Facebook, qui, au cours des premiers mois du projet, ont atteint plus de 10 500 personnes provenant de l’Équateur, du Pérou, de l’Argentine, du Venezuela, de la Colombie, du Costa Rica, du Honduras et des États-Unis, ainsi que de plusieurs villes du Mexique. Dolores, que vous est-il resté de cette expérience ? « Nous avons été surpris par la grande réponse que cette initiative a reçue et nous sommes heureux d’avoir contribué, à notre petite échelle, à la croissance de l’esprit d’unité dans et entre nos Églises. Nous sommes conscients qu’ainsi nous pouvons réaliser ce que le Concile Vatican II proposait déjà au n. 5 de Unitatis Redintegratio : ‘Le soin de rétablir l’unité concerne toute l’Église, aussi bien les fidèles que les pasteurs, et touche chacun selon ses possibilités, aussi bien dans la vie chrétienne quotidienne que dans les études théologiques et historiques. Une telle attention manifeste déjà d’une certaine manière le lien fraternel qui existe entre tous les chrétiens et conduit à l’unité pleine et parfaite, conformément au plan de la bonté de Dieu’ ».

Maria Grazia Berretta

Chiara Lubich en dialogue avec le monde : la parole qui se fait don

Le 21 janvier 2022, l’auditorium du siège international du mouvement des Focolari (Rocca di Papa – Italie) accueillera la présentation du livre « Chiara Lubich en dialogue avec le monde, perspectives interculturelles, linguistiques et littéraires dans ses écrits », publié chez Rubbettino. « Les écrits des auteurs définis comme des « maîtres spirituels » sont  » souvent considérés uniquement comme des livres destinés à la formation religieuse (…) offerts au public sous forme d’anthologie où la critique proprement littéraire occupe une place limitée. En réalité, il s’agit souvent d’œuvres de grande valeur littéraire, témoignages d’une langue vivante, créatrice et courageuse[1]. [1]» C’est avec ces mots qu’Anna Maria Rossi, linguiste, professeur et collaboratrice du Centre Chiara Lubich, introduit le lecteur dans le parcours de connaissance que propose le livre « Chiara Lubich en dialogue avec le monde, perspectives interculturelles, linguistiques et littéraires dans ses écrits » (publié chez Rubbettino) qu’elle a édité avec Vincenzo Crupi. Cet ouvrage rassemble les communications présentées lors de la Conférence du même nom qui s’est tenue à Trente (Italie) du 24 au 25 septembre 2020, à l’occasion du Centenaire de la naissance de Chiara Lubich. La proposition de publier ce livre « a été accueillie avec enthousiasme et sans réserve car elle correspond parfaitement aux lignes directrices de la collection ‘Iride’ de l’éditeur,  créée dans l’intention de ‘devenir un point de rencontre pour les chercheurs italiens et étrangers afin de répondre à un besoin d’informations dialectiques’ sur ce qui se fait de mieux dans le domaine de la critique littéraire, de la linguistique et de la philologie », déclare Rocco Mario Morano, Directeur de la collection. « Le volume consacré à Chiara Lubich – poursuit-il – ajoute à cette ligne de recherche le mérite de l’ampleur et de la profondeur d’analyse des essais des 25 chercheurs qui, dans diverses régions du monde, ont mis à profit leur expérience de la lecture, leur sensibilité et leurs compétences dans les différents secteurs des disciplines étudiées. » En décrivant sa propre expérience spirituelle, Chiara Lubich, l’auteur, précise Morano, prend soin d’utiliser « des modèles d’écriture appropriés à la nécessité première de communiquer ses propres mouvements intérieurs et ses propres pensées imprégnées d’une haute spiritualité et d’une grande foi (…) Et de là découle la nécessité de soumettre ses textes à une révision continue pour permettre à ceux qui en bénéficient d’en pénétrer les significations les plus profondes dans toutes leurs nuances (…), une finesse qui ne laisse jamais de côté (…) son désir vivant et sa joie immense d’offrir la Parole comme un acte d’amour envers tous les hommes de bonne volonté du monde entier, quelles que soient leurs convictions religieuses, politiques et philosophiques. » Le livre, qui sera présenté le 21 janvier 2022 au Siège International du Mouvement des Focolari, approfondit en effet, dans une première partie, la lecture de ces textes écrits par Chiara Lubich entre 1949 et 1951, plus connus sous le nom de « Paradis de 1949 ». Grâce à une analyse textuelle minutieuse et à une étude détaillée du langage mystique, la parole transmet le message d’une expérience très profonde qui, « à travers des images et des métaphores », dit Anna Maria Rossi, offre des pistes pour des comparaisons intertextuelles. » Mais la parole est aussi considérée comme un moyen menant à un idéal, à l’unité. La deuxième partie du livre, en effet, analyse les écrits de Chiara Lubich, en la révélant comme une « femme de dialogue », toujours à l’écoute de l’autre, attentive à la dimension multiculturelle de ses interlocuteurs ; une femme capable de bâtir grâce au langage, de construire en dépassant les différences, de vivre pleinement l’amour évangélique. Un amour qui, même dans le passage d’une langue à l’autre, à travers la tâche très délicate de la traduction, implique la confrontation, l’échange avec l’autre, l’existence d’une relation entre le traducteur et l’auteur, comme l’explique Regina Célia Pereira da Silva, professeur de langue portugaise à l’Université pour étrangers de Sienne (Italie), spécialisée dans la Traduction, les Stratégies et les Technologies de l’information linguistique : « Les paroles de Chiara ne résultent pas d’un simple discours religieux, mais sont le fruit d’une vie réelle, concrète, jaillissant de la rencontre avec le divin. Ce n’est que si le traducteur fait la même expérience, qui consiste à se donner à travers l’expression, qu’il pourra comprendre ces réalités, en les vivant, non pas individuellement, mais collectivement. » Pour restituer une expérience aussi forte, en respectant la volonté de l’auteur et en éliminant toute possibilité d’ambiguïté au niveau du langage, il n’est pas seulement utile de s’exprimer dans la même langue, mais il est nécessaire que le traducteur donne sa propre idée, qu’il se désencombre, qu’il soit disposé à la perdre ; il est nécessaire d’établir un dialogue entre « l’auteur, le traducteur et les utilisateurs du texte final qui – poursuit Regina Pereira – présuppose une nouvelle dynamique, celle qui caractérise Chiara Lubich (…) à savoir pénétrer les besoins de l’autre afin de les partager et si possible de faire le premier pas. Cela demande humilité et amour. La relation auteur-traducteur fait partie de cette nouvelle façon d’entrer en communication qui présuppose qu’on fasse le vide pour accueillir totalement l’autre avec son identité et son bagage culturel. Le traducteur ou le lecteur entre alors dans le texte, s’imprègne de son auteur et fait sienne son expérience, ce qui l’enrichit. »

 Maria Grazia Berretta

[1] Rossi, Anna Maria dans « Chiara Lubich en Dialogue avec le monde, perspectives interculturelles, linguistiques et littéraires dans ses écrits », Anna Maria Rossi, Vincenzo Crupi, publié chez Rubbettino Éditeur, 2021, p.11

Chiara Lubich : Là où il y a la charité et l’amour, il y a Dieu

La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (18-21 janvier 2022) débute dans l’hémisphère nord. Les chrétiens du Moyen-Orient qui ont préparé des propositions pour cette semaine, disent : « La voie nouvelle pour les Églises est la voie de l’unité visible que nous poursuivons avec abnégation, courage, audace pour que, jour après jour, « Dieu règne vraiment en tous’’ » (1 Co 15, 28). Dans une interview réalisée par la télévision bavaroise à Montet (Suisse), en 1988, Chiara Lubich a parlé précisément de la manière d’avancer sur le chemin de l’unité des chrétiens. Si nous parlons de l’unité entre les Chrétiens, nous devons penser que le premier qui en a été à l’origine n’a pas été un Chrétien d’une Église ou d’une autre Église : c’est l’Esprit Saint qui pousse les Chrétiens à l’unité. Avant d’être en nous, le programme est donc en Dieu. Alors, nous nous conduisons vraiment en personnes prudentes et remplies de sagesse, si nous Le suivons et si nous écoutons sa voix qui parle en nous et qui nous dit : « Fais ce pas, fais cet autre pas. » Les Églises se sont mises sur ces deux rails : faire une unité dans la charité, caractéristique d’Athënagoras et du Pape Paul VI, par exemple, et établir ensuite le dialogue dans la vérité entre les Églises ou entre des groupes d’Églises. Nous pensons qu’il serait bon de maintenir à la base l’idée de la charité car, grâce à la charité, s’établit la présence de Jésus au milieu de nous. Là où il y a la charité et l’amour, il y a Dieu. Or s’Il est au milieu de nous, Il peut faire des suggestions, éclairer aussi les théologiens afin qu’ils trouvent les chemins pour s’unir et qu’ils trouvent une unique vérité ; une unique vérité vue peut-être sous différents angles. Donc que faut-il faire ? Continuer dans cette voie, suivant la ligne qu’ont prise les Églises de vivre le dialogue de la charité ; et à partir celui-là, le dialogue de la vérité. Pour ce qui concerne l’unité de l’humanité, je remarque qu’il y a tous ces élans vers l’unité et le nôtre, aussi petit soit-il, en est un aussi. […] Ce que je sens, c’est que beaucoup de barrières doivent tomber ; si les barrières tombent, beaucoup de choses seront résolues. […] Si nous diffusons le Christianisme et si nous le ravivons dans nos Églises […], et si nous parvenons à mieux témoigner du Christ et si nous répandons les principes chrétiens, à travers le dialogue avec les autres religions et avec les hommes de bonne volonté, il est sûr que nous deviendrons toujours plus unis ; Jésus est venu sur la terre pour construire la fraternité universelle. Mais la finale, c’est Dieu qui la connaît.

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, Una spiritualità per l’unità dei cristiani, Città Nuova, 2020, p. 122-123)

Évangile Vécu : des cadeaux de valeur

Se donner et donner aux autres ce qui nous est cher est le plus grand geste que l’homme, sortant de lui-même, puisse accomplir ; c’est faire l’expérience des Rois Mages qui, de l’Orient lointain, sont venus à la grotte en apportant de précieux cadeaux pour honorer le Roi des Rois. Les effets du partage Je suis médecin, à la retraite depuis trois ans. Dans les dernières années de ma vie professionnelle, avant la pandémie, j’ai travaillé dans un centre de vaccination. Le travail était très exigeant. J’étais assez fatigué et j’avais hâte de prendre ma retraite. L’arrivée de la pandémie, la mise en place de la campagne de vaccination de masse, la demande de mise à disposition de tant de forces nécessaires (personnel médical et infirmier, y compris des retraités), ont suscité en moi un appel fort à retourner sur le terrain, à m’engager concrètement pour aider à endiguer cette vague qui nous balayait. J’ai commencé la campagne de vaccination dans un grand Hub. C’est une entreprise passionnante. En tant que médecin, je dois principalement recueillir les antécédents médicaux et donner la possibilité de recevoir un vaccin sûr. Il s’agit d’ouvrir mon cœur, ainsi que mon esprit et mes connaissances scientifiques, d’écouter profondément la personne en face de moi, de la comprendre et de l’accompagner dans un choix éclairé vers la meilleure chose à faire pour son propre bien et celui de la communauté. J’ai pu partager de nombreuses situations douloureuses de maladies personnelles, d’histoires et d’événements familiaux, de peurs, d’anxiété, de déceptions, d’idéaux et de projets brisés par la pandémie, de décès d’êtres chers, mais aussi de joies, d’espoir, de libération, d’encouragement et de confiance dans la science et la communauté. Les expressions que j’entends sont : « Merci, vous nous avez sauvés, vous nous donnez la paix… Je ne pouvais pas attendre pour venir me faire vacciner… Je suis excité… Je fais le vaccin non seulement pour moi, mais aussi pour les autres. » L’expression d’un monsieur en particulier m’a donné la mesure de ce que peut être mon service à l’humanité. Il m’a dit : « Je suis non-croyant, mais si Dieu existe, je l’ai rencontré aujourd’hui en vous. » J’ai remercié Dieu pour cette rencontre avant tout parce que j’ai fait l’expérience de la force de l’unité dans tout ce que je fais, et ce témoignage est celui du Dieu-Trinité qui se manifeste à travers ce « focolare ambulant » que j’ai voulu emporter avec moi. (M.P. – Italie) Du sucre et des chaussures Un soir, en rentrant chez moi, j’ai vu mes filles inquiètes : un parent qui était venu demander du sucre avait emporté le peu qu’il nous restait. Je les ai calmées en leur disant qu’elle en avait plus besoin. Quelques minutes plus tard, une connaissance est arrivée avec un sac rempli de nourriture pour nous : à l’intérieur, entre autres choses, il y avait deux fois plus de sucre que ce que nous avions donné. Quelque temps plus tard, avec nos premiers revenus, nous avons enfin réussi à acheter une paire de chaussures pour notre fille aînée. Un jour, elle est revenue de l’école et m’a dit qu’elle avait l’intention de les donner à l’une de ses camarades de classe qui portait des chaussures en très mauvais état : « Maman, tu nous as appris que nous devions donner les meilleures choses aux pauvres », a-t-elle dit. Sachant combien de sacrifices elles nous avaient coûté, j’étais perplexe mais je n’avais pas envie de la contredire. Trois jours plus tard, une dame nous a apporté une nouvelle paire de chaussures de la même taille. Elle les avait achetées pour sa fille mais ils étaient trop petits. Notre fille m’a regardé, surprise et heureuse. Depuis que nous essayons de vivre les paroles de Jésus, nous faisons l’expérience que Dieu est Père et nous conduit par la main. (C.E. – Mexique)

Publié sous la direction de Maria Grazia Berretta

(extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année VIII, n°1, janvier-février 2022)