14 Nov 2003 | Non classifié(e)
Le 12 septembre, Chiara Lubich et Andrea Riccardi ont été invités par la présidente de l’Action Catholique, Paola Bignardi, et par son aumônier général, Mgr Francesco Lambiasi, à intervenir à l’Assemblée nationale extraordinaire. Réunie pour modifier les Statuts inchangés depuis 1969, elle a opéré un tournant vers une plus grande communion et a donné un nouvel élan missionnaire, tout en maintenant le caractère diocésain des activités et de la structure de l’Action Catholique. Dans son message, le pape leur a déclaré : « L’Église a besoin de vous, elle a besoin de laïcs qui ont trouvé dans l’Action Catholique une école de sainteté et qui y ont appris à vivre l’évangile de manière authentique dans leur vie quotidienne ». La présidente nationale, dans une interview à Città Nuova, a souligné que les relations avec les mouvements et les nouvelles communautés d’Église ont besoin d’être renouvelées. Elle précisait, qu’on ne peut plus se borner à « vivre en paix les uns à côté des autres, mais qu’il faut rechercher une voie qui nous permette de vivre les uns pour les autres, les uns avec les autres ». La salle de la Domus Pacis, à Rome, accueillait plus de 800 délégués venant de plus de 200 diocèses italiens, dans une atmosphère détendue, joyeuse et profonde. On sentait, dans la façon d’accueillir Chiara et Andrea Riccardi, le nouveau climat qui s’est instauré. Chiara, invitée à la table de la présidence, a commencé son discours en disant : « Je connais bien l’Action Catholique pour avoir passé une bonne partie de ma jeunesse dans ses rangs. L’Association vivait alors des années de grâce, car Armida Barelli et ses compagnes étaient vivantes. C’étaient pour moi des années heureuses, car j’ai participé à de nombreuses rencontres à Trente, ma ville natale, et à des congrès pour la jeunesse étudiante où j’ai reçu une solide formation chrétienne de base. » Elle a retracé les étapes de la communion qui s’est instaurée entre les mouvements et les communautés nouvelles depuis la Pentecôte 1998 et, pour finir, a posé cette question : « Le moment est-il venu de commencer ce que le Saint-Père désire de l’Action Catholique, du Mouvement des Focolari et des autres Mouvements ? Au nom du Mouvement des Focolari, que je représente, je peux dire que nous sommes disponibles. Que l’Esprit Saint vous en indique, à vous, chers frères et sœurs, les temps et les moyens. » La réponse positive de la présidente et les applaudissements de l’assemblée ont été immédiats. Andrea Riccardi a parlé de la « dette que nous avons envers ce grand laboratoire chrétien qu’est l’Action Catholique ». Il a souhaité que s’instaure une « communion plus profonde, vécue dans la conscience de la mission d’aujourd’hui. » Paola Bignardi a terminé ainsi : « Merci du témoignage d’amitié que vous nous avez apporté, à une époque de communion et de dialogue qui, loin d’être un nivellement des différences, est un enrichissement mutuel. »
14 Nov 2003 | Non classifié(e)
10 Nov 2003 | Non classifié(e)
9 Nov 2003 | Non classifié(e)
Monsieur le Gouverneur de Pennsylvanie, Monsieur Edward Rendell, Monsieur le Professeur Barber, Mesdames, Messieurs, C’est un grand honneur pour moi que de pouvoir m’adresser par ce message au public si qualifié rassemblé ici à Philadelphie pour déclarer sa décision de vouloir construire un monde plus uni, plus juste, plus fraternel. Ne pouvant être présente comme je l’aurais désiré, permettez-moi de vous offrir par ce message quelques réflexions. Au cours d’un entretien chaleureux que j’ai eu avec le professeur Benjamin Barber, à Rome en juin dernier, j’ai adhéré bien volontiers et avec joie à cette première Journée mondiale de l’Interdépendance. L’interdépendance évoque pour moi un Idéal qui m’est cher et pour lequel j’ai décidé – avec d’autres personnes de bonne volonté engagées dans la politique, l’économie et les différents secteurs de l’activité et du savoir humains – de consacrer ma vie : l’unité de la famille humaine. Au lendemain du 11 septembre, nous avons été nombreux à ressentir le besoin de réfléchir aux causes profondes [de ces attentats], mais aussi de d’offrir une alternative authentique, responsable, résolue, à la terreur et à la guerre. En ce qui me concerne j’ai un peu revécu l’expérience de destruction et j’ai éprouvé la même sensation d’impuissance que j’avais à Trente, pendant les bombardements de la seconde guerre mondiale. Car c’est sous les bombardements que mes premières compagnes et moi-même avons découvert la page lumineuse de l’Évangile sur l’amour réciproque et que nous nous sommes déclaré réciproquement que nous étions prêtes à donner la vie les unes pour les autres. C’est au milieu des décombres que, convaincues que « l’amour triomphe de tout », nous avons eu le désir de répandre cet amour le plus possible autour de nous, sans distinction de conditions sociales, de cultures ni de convictions religieuses. De même, nous sommes nombreux aujourd’hui à nous demander – à New York comme à Bogota, à Rome comme à Nairobi, à Londres comme à Bagdad – s’il est possible de vivre dans un monde de peuples libres, égaux, unis qui, non seulement prônent le respect de l’identité de l’autre, mais s’occupent aussi de leurs nécessités. La réponse n’est pas équivoque : non seulement c’est possible, mais c’est l’essence même du projet politique de l’humanité. L’objectif même de la politique est l’unité des peuples dans le respect des multiples identités. Aujourd’hui la violence des terrorismes, la guerre, l’injuste répartition des ressources du monde et les inégalités sociales et sociales sembleraient remettre cela en question. De nombreux points de la terre monte aujourd’hui le cri d’abandon de millions de réfugiés, de millions d’affamés, de millions d’exploités, de millions de chômeurs qui sont exclus, coupés du corps politique. C’est cette séparation, plus encore que les privations et les difficultés économiques, qui est leur vraie pauvreté et qui augmente, si c’est possible, leur désespoir. La politique n’aura pas atteint son but, elle ne sera pas conforme à sa vocation tant qu’elle n’aura pas reconstruit l’unité et soigné les plaies béantes dans le corps politique de l’humanité. Mais comment atteindre un tel objectif qui semble au-delà de nos forces ? La liberté et l’égalité, face aux défis du présent et de l’avenir de l’humanité, ne suffisent pas. Notre expérience nous enseigne qu’il y faut un troisième élément, longtemps ignoré de la pensée et de la pratique politique : la fraternité. Sans la fraternité, aucun homme et aucun peuple n’est vraiment libre ni égal aux autres. L’égalité et la liberté seront toujours incomplètes et précaires tant que la fraternité ne sera pas partie intégrante des programmes et des processus politiques dans toutes les régions du monde. Chers amis, le nom de la ville où vous êtes rassemblés – Philadelphie – n’évoque-t-il pas un programme d’amour fraternel ? C’est la fraternité qui peut donner aujourd’hui de nouveaux contenus à l’interdépendance. C’est la fraternité qui peut susciter des projets et des actions dans l’enchevêtrement complexe de la politique, de l’économie, de la culture et du social de notre monde. C’est la fraternité qui fait sortir les peuples de l’isolement et leur ouvre la porte du développement. C’est la fraternité qui indique comment résoudre de façon pacifique les dissensions et qui relègue la guerre dans les livres d’histoire. C’est par la fraternité vécue que l’on peut rêver et même espérer une certaine communion des biens entre les pays riches et pauvres, puisque le déséquilibre scandaleux qui existe aujourd’hui dans le monde est l’une des causes principales du terrorisme. Le besoin profond de paix exprimé par l’humanité d’aujourd’hui prouve que la fraternité n’est pas seulement une valeur, une méthode, mais un modèle universel du développement politique. Voilà pourquoi un monde qui est toujours davantage interdépendant a besoin d’hommes politiques, d’entrepreneurs, d’intellectuels et d’artistes qui mettent la fraternité – instrument d’unité – au centre de leur action et de leurs pensées. C’était le rêve de Martin Luther King que la fraternité devienne l’ordre du jour d’un homme d’affaires et le mot d’ordre d’un gouvernant. Chers amis, comme les relations entre les personnes et les groupes, et les peuples changeraient si nous étions conscients que nous sommes tous fils d’un seul Père, Dieu, qui est Amour, qui aime chacun personnellement et immensément et qui prend soin de tous ! Cet amour, conjugué dans des modes infinis, y compris politique et économique, conduirait à dépasser d’étroits nationalismes et des visions partielles, ouvrirait les esprits et les cœurs des peuples et de leurs gouvernants, incitant chacun – comme je l’ai dit dans mon intervention aux Nations Unies à New York en 1997 – à aimer la patrie d’autrui comme la sienne. Telle est l’expérience de plusieurs décennies du Mouvement des Focolari désormais présent en 182 pays du monde et auquel adhèrent des millions de personnes de toutes les latitudes. Je souhaite à ceux qui ont adhéré à cette première Journée mondiale de l’interdépendance qu’elle soit pour eux une occasion de renouveler leur résolution de vivre et de travailler ensemble pour l’unité de la famille humaine, avec confiance et détermination et en ne cessant de se soutenir les uns les autres. Chiara Lubich
9 Nov 2003 | Non classifié(e)
« We, the people of the world… »
« Nous, le peuple du monde, nous déclarons notre interdépendance comme individus et membres de communautés et de nations différentes. Nous nous engageons à être citoyens d’une unique ville-monde… »
En 1776, les pères fondateurs des Etats-Unis avaient signé à Philadelphie la déclaration d’indépendance. Se séparant et se distinguant du Vieux Monde, l’Amérique trouvait ainsi sa liberté et son autonomie.
Plus de deux siècles après, au lendemain de la tragédie du 11 septembre, les Américains se sont redécouverts fragiles. En Afghanistan comme en Irak, la force des armes a répondu à la terreur, semant une autre terreur.
Deux ans plus tard, après deux guerres déclarées au nom de la lutte contre le terrorisme, L’Amérique et le monde se sentent aujourd’hui encore moins en sécurité.
L’événement qui a eu lieu le 12 septembre 2003 à Philadelphie revêt une signification hautement symbolique : en face du palais où a été signée il y a 227 ans la déclaration d’indépendance des Etats-Unis, un nouveau document a été signé, la Déclaration d’interdépendance. Une résolution partagée par de nombreux Américains qui proclament leur foi dans le multilatéralisme, dans le dialogue entre les cultures, dans la nécessité d’une citoyenneté universelle.
L’initiative en revient à Benjamin Barber, politologue et professeur à l’université de Maryland, ancien conseiller politique de Bill Clinton. Des leaders politiques internationaux, des intellectuels, des artistes et de simples citoyens ont déclaré être « citoyens du monde » et endosser la responsabilité de construire un avenir valable pour la famille humaine.
Face à l’interdépendance négative qui s’est manifestée par le terrorisme international et des épidémies comme le sida et le SRAS, ils mettent en avant une interdépendance positive de citoyens universels qui soient les promoteurs du bien commun. « Nous devons opposer à la guerre préventive une démocratie préventive », explique Benjamin Barber.
Il y a deux siècles, l’Amérique a trouvé sa liberté en se déparant du Vieux Monde : « Aujourd’hui, au contraire, nous ne pouvons trouver la liberté qu’en travaillant pour la liberté de tous ».
C’est donc une exigence de passer de l’indépendance à l’interdépendance, en encourageant un mouvement de la base qui transforme les individus en citoyens du monde en relation les uns avec les autres.
Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, l’ancien président de la République tchèque Vaclav Havel, la fondatrice du Mouvement des Focolari Chiara Lubich, le maire de Rome Walter Veltroni…, ont envoyé leur message d’adhésion à la déclaration.
« C’est la fraternité – a souligné la fondatrice des Focolari dans son message, lu au cours de la cérémonie à Philadelphie – qui peut donner aujourd’hui de nouveaux contenus à l’interdépendance ».
Cette journée de haute valeur symbolique qui s’est vécue à Philadelphie a montré la volonté et l’engagement de nombreuses personnes pour le bien commun et la fraternité de la famille humaine.
Au même moment, l’Interdependence Day, le jour de l’interdépendance, était célébré en d’autres points des Etats-Unis, comme l’université du Maryland, le College Park, l’université Roosevelt de Chicago et le Suny-Stonybrook à New York, ainsi qu’à Budapest, où Ivan Vitanyi, membre du Parlement, secondé par Arpad Goencz, premier président démocratique de Hongrie, a animé une table ronde consacrée à l’interdépendance.
En 2004, il est prévu de célébrer le jour de l’interdépendance à Rome, à Calcutta, à Johannesburg, à Pékin et dans d’autres grandes métropoles.
7 Nov 2003 | Non classifié(e)
J’effectuais des gardes de nuit à l’hôpital avec un autre médecin qui se disait chrétien, mais qui n’était pas pratiquant et qui se moquait souvent de moi en voyant que j’allais à la messe presque tous les jours. Nous devions rester à disposition toute la nuit, mais il partait à la fin de l’après-midi et je restais seul, et ça me faisait beaucoup de travail en plus. C’était injuste, mais : « Heureux les pauvres en esprit… », et j’ai essayé de garder avec lui une attitude ouverte, sans le juger, un mois…, puis deux… Un jour, il me dit qu’il voulait venir à la messe avec moi parce que, « ces derniers mois, à ta façon d’aimer en silence, j’ai beaucoup appris ». A partir de ce jour, il n’a plus quitté l’hôpital avant l’heure et il faisait attention à ce que je ne me fatigue pas trop pendant la nuit. A une autre période, j’ai partagé ma chambre à l’hôpital avec un médecin musulman. Il me faisait souvent remarquer que nous vivions le carême d’une façon beaucoup plus légère qu’eux le ramadan. J’ai appris un jour que sa mère était morte depuis un an et qu’il n’avait plus personne pour s’occuper de ses vêtements. J’avais remarqué en effet que sa chemise était souvent sale et qu’il lui manquait des boutons. Une nuit, je lui ai lavé sa chemise, je l’ai repassée et j’y ai recousu des boutons. Le lendemain, il avait du mal à la reconnaître et a demandé qui avait fait cela. Quand il a su que c’était moi, il m’est tombé dans les bras en disant : « Maintenant, je comprends. En aimant en silence, tu as donné à la “mortification” un sens beaucoup plus profond que ce que je m’imaginais ».