Mouvement des Focolari
La croix, écrin de communion

La croix, écrin de communion

Que la solitude, dans le silence, ne t’effraie pas : elle est faite pour protéger, non pour faire peur. Quoi qu’il en soit, fais fructifier aussi cette souffrance. La grandeur maximale du Christ est la croix. Jamais il ne fut si proche du Père et aussi proche des frères que lorsque, nu, blessé, il cria depuis le gibet : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Par cette souffrance, il opéra la rédemption : dans cette fracture, il réunit les hommes à Dieu.

[…] Mets-toi à l’écoute. Entre en contemplation au cœur du silence dans lequel Dieu parle. Telle est, dans la journée de la vie, l’heure de la contemplation du soir, lorsque les créatures se recueillent pour faire le bilan du travail accompli et prédisposent l’action du lendemain : un lendemain gravé dans l’éternité. […] Détachement du monde, donc, et union à Dieu : pas de séparation des hommes, qui sont tous frères, membres de la même famille humaine et divine.

Igino Giordani
(Extraits tirés de « Città Nuova » XXIII/13 10 juillet 1979, pp.32-33)

Photo: © Nikolett Emmert by pexels.com

Chaque jour un Jeudi Saint

Chaque jour un Jeudi Saint

Cette année, je perçois la Semaine Sainte de façon toute particulière.

Hier, Mercredi Saint, la lecture de la Passion de Jésus m’a particulièrement touchée. J’ai redécouvert (et comme c’est important !) la valeur si nouvelle de la souffrance dans notre vie chrétienne. J’ai reçu à nouveau l’appel – si je puis dire – à la vocation qui, parmi les vocations de chaque jour, de chaque heure de notre vie, est la plus sublime. Jésus, l’homme de douleur : là est le point culminant de sa vocation.

(…) Aujourd’hui, une vague de tendresse m’envahit. C’est le jour du Commandement Nouveau, de l’Eucharistie, du sacerdoce, du service fraternel.

Quelles richesses infinies Jésus a réservées pour le dernier jour de sa vie ici-bas !

Quel désir de faire de chaque jour un Jeudi Saint !

Jésus, toi qui nous as choisis pour cette voie, si proche de ton cœur, aide-nous à la parcourir comme il se doit, chaque jour, jusqu’au bout.

(Chiara Lubich, Diario 1964-1980, préparé par Fabio Ciardi, 2023, Città Nuova, Rome, p. 324)

Photo © Vesal by Pixabay

Le sceau de l’unité

Le sceau de l’unité

(…) Quelle est la parole que l’Esprit a imprimée comme un sceau sur cette maison, sur notre Mouvement, lorsque le Ciel l’a pensé et a donné ici-bas le coup d’envoi de sa réalisation ?

Nous le savons, c’est la parole : “UNITÉ”. Unité est le mot qui résume toute notre spiritualité. Unité avec Dieu, unité avec les frères. Je dirais même : unité avec les frères pour parvenir à l’unité avec Dieu.

L’Esprit nous a révélé, en effet, une voie toute à nous, pleinement évangélique pour nous unir à Dieu,

pour le trouver, Lui. […]
Nous le cherchons et nous le trouvons en passant par le frère, en aimant le frère. Nous le trouvons si nous nous efforçons de réaliser l’unité avec le frère, avec chaque frère : si nous établissons la présence de Dieu parmi nous, entre frères.
C’est seulement de cette façon que nous pouvons être sûrs de l’unité avec lui et que nous le trouvons vivant et palpitant dans notre cœur. Et puis, c’est cette unité avec Dieu qui, à son tour, nous pousse vers les frères, qui nous aide à faire en sorte que notre amour pour eux ne soit pas factice, limité ou superficiel mais au contraire, radical, plein, complet, fait de sacrifice, toujours prêt à donner la vie, capable de réaliser l’unité.

Nos Statuts mettent l’unité à la base de tout, comme étant la norme des normes, la règle à

réaliser avant toute autre règle. Pour nous, c’est la parole par excellence, c’est le roc.

Notre vie n’a aucun sens si elle ne puise pas dans cette parole où tout prend son sens chaque action, chaque prière, chaque respiration…
Et si nous restons concentrés sur cette parole, si nous la vivons de notre mieux, nous sommes sûrs que tout sera sauvegardé : nous-mêmes ainsi que la partie de l’Œuvre qui nous est confiée.

Dans l’avenir, il y aura peut-être pour l’Œuvre dans son ensemble ou dans quelques zones,

des moments différents de ceux que nous connaissons maintenant ; ils sont remplis de nombreuses consolations, de fruits, de lumière, de feu.

On connaîtra peut-être des moments d’obscurité, de désarroi ; des persécutions,

des tentations pourront survenir ; […] des malheurs, des catastrophes pourront arriver… Mais si nous restons solidement attachés au roc

de l’unité, rien ne pourra nous ébranler, tout continuera comme avant.

Chiara Lubich
in “Conversazioni in collegamento telefonico”, 2019, Città Nuova Editrice, p. 373

Chiara Lubich : « Dieu a besoin de nous »

Chiara Lubich : « Dieu a besoin de nous »

« Voici, je fais toutes choses nouvelles. »

(…) Il ne s’agit pas d’un rêve, d’une utopie, d’un désir pathétique, mais d’une certitude, attestée de façon répétée par Dieu dans la Bible. Ce sera la réponse de Dieu aux fatigues de ses fils qui auront travaillé pour son Royaume. Ce sera le couronnement de la fidélité avec laquelle les disciples auront vécu sa Parole. Ce sera le déploiement total de la puissance de l’Esprit Saint, que Jésus a introduit dans l’histoire, par sa mort et sa résurrection.

Depuis que Jésus est venu sur la terre, ce renouvellement est déjà commencé, il est déjà en action, même si cela se fait au milieu de nombreuses difficultés. Dès maintenant, tous ceux qui le laissent vivre en eux — et Jésus vit en nous si nous mettons en pratique sa Parole — expérimentent le miracle de sa grâce, qui fait toutes choses nouvelles il transforme les souffrances en paix et en sérénité intérieure, il triomphe de la faiblesse, de la haine, de l’égoïsme, de l’orgueil, de l’avarice et de tout mal. Il nous fait passer de l’esclavage des passions et de la peur à la joyeuse liberté des fils de Dieu. Et il ne se limite pas à transformer l’individu car, à travers lui, il transforme toute la société.

(…)

Dieu veut renouveler toutes les choses : notre vie personnelle, l’amitié, l’amour conjugal, la famille ; il veut renouveler la vie sociale, le monde du travail, de l’école, de la culture, des loisirs, de la santé, de l’économie, de la politique…, en un mot tous les secteurs de l’activité humaine.

Mais pour cela, il a besoin de nous. Il a besoin de personnes qui laissent vivre en elles-mêmes sa Parole, qui soient sa Parole, vivante, d’autres Jésus dans leur milieu de vie. Puisque la Parole qui résume tout, la plénitude de la loi, c’est la charité, cherchons à la mettre en pratique, en aimant nos frères vraiment comme nousmêmes, sans diluer la Parole de Dieu, sans la réduire.

Nous ferons l’expérience d’un renouvellement continuel, en nous d’abord. Puis nous le constaterons rapidement de façon évidente autour de nous.

Chiara Lubich
Photo: © Kaike Rocha by Pexels

7 décembre 1943 : le début d’une aventure divine

7 décembre 1943 : le début d’une aventure divine

(…) Le 7 décembre 1943, je me rends seule à l’église. Une violente tempête fait rage. J’ai vraiment l’impression d’avoir le monde entier contre moi.

(…) J’arrive dans la chapelle, un banc a été préparé pour moi près de l’autel. J’ai un missel en mains, un tout petit missel. Je prononce la formule par laquelle je me donne totalement à Dieu pour toujours.
J’étais tellement heureuse de cela que je ne me rendais même pas compte – je crois – de ce que j’étais en train de faire, car j’étais jeune. Mais, lorsque j’ai prononcé la formule, j’ai eu l’impression qu’un pont s’écroulait derrière moi et que je ne pouvais plus revenir en arrière car désormais j’appartenais entièrement à Dieu, je ne pouvais donc plus choisir. À ce moment-là, une larme est tombée sur mon missel.

Cependant mon bonheur était immense ! Et savez-vous pourquoi ? « J’épouse Dieu, je m’attends donc à tout le bien possible. Ce sera fantastique, ce sera une aventure divine, extraordinaire. J’épouse Dieu ! » Nous avons vu qu’ensuite il en a vraiment été ainsi.

Quel conseil vous donner ? Mon conseil, celui que je me donnerais : nous n’avons qu’une seule vie, visons haut, visons haut et risquons le tout pour le tout, cela en vaut la peine, cela en vaut la peine (…) Mais en ce qui vous concerne, vous, faites cet acte de générosité : visez haut, soyez généreux !

Extrait tiré de Chiara Lubich, La quatrième voie, 30 décembre 1984
Photo: © Horacio Conde – CSC Audiovisivi

Nouveautés éditoriales : un magnifique jardin

Nouveautés éditoriales : un magnifique jardin

Le Mouvement des Focolari et les religieux, un lien qui remonte au début de l’histoire du Mouvement : un réseau dense de relations entre Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, et des consacrés de différentes familles religieuses. Une multitude de femmes et d’hommes donnés à Dieu à travers les spiritualités les plus diverses qui ont inspiré et accompagné Chiara dans les premières années du Mouvement. Tout cela est raconté dans le livre intitulé Un magnifique jardin. Chiara Lubich et les religieux (1943-1960), sous la direction du Père Fabio Ciardi et d’Elena Del Nero.

Commençons par le titre : « Un magnifique jardin ». Pouvez-vous nous l’expliquer ?

Elena Del Nero a obtenu un doctorat en Histoire et Sciences philosophiques et sociales à l’Université « Tor Vergata » de Rome (Italie). Elle travaille à la section historique du Centre Chiara Lubich de Rocca di Papa (Italie). Elle est l’auteure d’essais et d’ouvrages sur l’histoire du Mouvement des Focolari.

Elena Del Nero : « Cette image évocatrice, déjà utilisée par Chiara Lubich en 1950, fait référence à l’Église, dans laquelle, au cours de l’histoire, différents charismes ont fleuri.

Le livre se compose d’une reconstruction historique et d’une réflexion théologique et ecclésiale. Que comprennent-elles ?

Elena Del Nero : « La reconstruction historique se concentre uniquement sur deux décennies, de la naissance des Focolari en 1943 à 1960, car il s’agit d’années très riches et denses en documents et en contenus pour le thème examiné. La lecture théologique et ecclésiale couvre quant à elle une période plus longue, élargissant le regard jusqu’à la lecture la plus récente du magistère. De cette manière, il nous semble que le panorama proposé est plus large et plus précis ».

La figure des religieux a donc toujours été présente dans l’Œuvre de Marie, depuis sa naissance. Quel est le sens de la présence des religieux dans le Mouvement ?

P. Fabio Ciardi : « Raviver l’unité dans l’Église, en réponse à la prière de Jésus : « Que tous soient un » (Jn 17, 21), était l’idéal auquel Chiara Lubich se sentait appelée. Son Mouvement poursuit cette grande mission de promouvoir la communion et l’unité entre tous.

Quel bénéfice les religieux et leurs ordres ont-ils tiré du dialogue avec Chiara Lubich et de la spiritualité de l’unité des Focolari ?

Le Père Fabio Ciardi est oblat de Marie Immaculée, professeur émérite à l’Institut Pontifical de Théologie de la Vie Consacrée Claretianum à Rome (Italie) ; il est l’auteur de nombreuses publications ; depuis 1995, il est Consulteur du Dicastère du Vatican pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique et, depuis 2022, il est Consulteur auprès du Dicastère du Vatican pour le Clergé.

P. Fabio Ciardi : « Dès les origines, les religieux de différents ordres ont été attirés par la fraîcheur évangélique dont témoignaient Chiara et les premiers membres du Mouvement naissant, qui les ramenait à la radicalité de leur choix : ils ressentaient un nouvel amour pour leur vocation, la comprenaient plus profondément, se sentaient impliqués dans une communion qui leur rappelait la première communauté chrétienne décrite dans les Actes des Apôtres ».

Quel effet la proximité des religieux a-t-elle eu sur Chiara Lubich dès le début du Mouvement ?

P. Fabio Ciardi:
« Leur présence s’est avérée providentielle pour Chiara, car elle lui a permis de se confronter aux grandes spiritualités chrétiennes apparues au cours de l’histoire ; une confrontation qui l’a aidée à comprendre plus profondément sa propre vocation, l’enrichissant de la communion des saints.
« Il semble peu à peu – écrit-il en pensant aux saints dont les religieux sont les témoins – qu’ils se soient rapprochés de notre Œuvre pour l’encourager, l’éclairer, l’aider ». D’une part, la relation avec les saints confirme certains aspects de la vie de l’Œuvre de Marie. D’autre part, la comparaison avec leur vie et leurs œuvres montre toute l’originalité de cette nouvelle œuvre contemporaine de Dieu ».

La présence des religieux dans les mouvements ecclésiaux est-elle source d’enrichissement mutuel ? Ou risque-t-elle de créer le chaos et une perte d’identité ?

P. Fabio Ciardi: « Aucune ingérence dans la vie des familles religieuses. Chiara Lubich a écrit qu’elle s’approche d’eux « sur la pointe des pieds », consciente qu’elles sont « des œuvres de Dieu », et avec cet amour profond qui fait découvrir en chacune d’elles « la beauté et ce quelque chose d’éternellement actuel » qu’elles contiennent. En même temps, elle est consciente de la contribution qu’elle est appelée à apporter : « Nous devons seulement faire circuler l’Amour entre les différents Ordres. Il faut se comprendre, s’aimer comme s’aiment [entre elles] les Personnes de la Trinité. Entre elles, la relation est l’Esprit-Saint qui les unit, car chacune est expression de Dieu, du Saint-Esprit ». C’est dans cette circulation de la charité que chaque religieux approfondit son identité et peut apporter sa contribution spécifique à l’unité ».

En conclusion, pourquoi lire ce livre ? À qui le recommander ?

« Il raconte une page d’histoire merveilleuse qui fait comprendre la beauté de l’Église. Ce n’est pas un livre réservé aux religieux. C’est un livre pour ceux qui veulent découvrir une Église tout à fait charismatique ».

Lorenzo Russo