Uma ponte de unidade
« Au moment où les universités sont aussi touchées par cette crise culturelle, économique et sociale, qu’est-ce qui vous a incité à commencer ce projet, et quelle est la nouveauté de Sophia ? » demande Giorgia, Italienne, représentante des étudiants, au recteur de l’IUS, le théologien Piero Coda. Elle s’exprime au nom des nombreux étudiants, jeunes intéressés et futurs inscrits, présents à Loppiano ou en liaison par Internet des quatre coins du globe, pour le premier « IUS Open Day », le 1er mars dernier. Une nouveauté, laquelle ? Conjuguer une formation scientifique rigoureuse à la Sagesse – d’où le nom Sophia – entendue comme un regard transdisciplinaire qui puise dans les racines de la révélation chrétienne. C’est la nouveauté et la « mission » de cet Institut universitaire (IUS) qui a pour objectif de former des hommes et des femmes capables de redécouvrir le destin de l’humanité, comme le recteur, Piero Coda, l’a mis en évidence dans l’entretien vidéo retransmis en direct. Jusqu’à aujourd’hui, environ 150 étudiants ont fréquenté et suivent les cours de l’IUS, dont une trentaine de titulaires d’un doctorat. « L’expérience de Sophia a commencé il y a des années avec les écoles d’été, se souvient le professeur Coda, et l’objectif était de mettre en relation des disciplines différentes à la lumière du charisme de Chiara Lubich pour surmonter la fragmentation qui se ressentait entre elles. Aujourd’hui, l’Institut en est à sa quatrième année de vie et propose un parcours de formation qui vise à surmonter la « schizophrénie » qui est expérimentée entre la formation académique et les défis sociaux, politiques et économiques du monde d’aujourd’hui. »
Diverses sont les nouveautés dans le parcours de formation, présentées par les professeurs Judith Povilus, vice-rectrice de l’IUS, Antonio Maria Baggio, professeur de Philosophie politique, Alessandro Clemezia, théologien et Giuseppe Argiolas, économiste. À partir de septembre prochain, le diplôme universitaire en « Fondements et perspectives d’une culture de l’unité » s’articulera en quatre domaines de spécialisation : études politiques, ontologie trinitaire, économie et management et, enfin, « culture de l’unité ». Ce dernier s’adresse à des étudiants provenant de n’importe quel domaine de spécialisation, ouverts à la construction d’un monde nouveau et qui privilégient la dimension relationnelle. Quelques étudiants de Sophia provenant de différents pays des cinq continents ont ensuite pris la parole. Metta, Thaïlandaise de religion bouddhiste, engagée dans les études dans un environnement d’inspiration chrétienne : « Pour moi, étudier ici est principalement une relation de fraternité et ces rapports sont le langage qui nous rapproche tous, étudiants et professeurs, aussi dans notre diversité, une dimension que je retrouve également dans ma religion ». Marco, Italien diplômé en Sciences du sport, fréquente la première année à l’IUS : « En ce qui concerne les perspectives futures, mon choix de fréquenter Sophia n’est pas tant né du désir d’approfondir une discipline spécifique, mais plutôt de l’exigence de recevoir une formation qui me permette d’élargir le plus possible mes horizons culturels et cognitifs pour mieux affronter un monde du travail qui maintenant ne m’offre pas de certitudes et qui pour cela requiert que je prenne l’initiative ».
« Le 14 mars est tout proche, jour de fête pour l’anniversaire de la naissance au Ciel de Chiara Lubich. Nous voudrions cette année dédier de façon particulière ces célébrations à l’impact de son charisme sur les nouvelles générations : dans différentes régions du monde, des jeunes d’aujourd’hui et d’hier témoigneront de ce qu’a suscité dans leur vie, leur rencontre avec elle.
Chiara fait confiance aux jeunes et à chacun de nous. Ensemble, tous ‘un’, nous voulons regarder vers un avenir plein d’espérance parce que Dieu nous a donné un grand Idéal. Ce sera aussi l’occasion d’exprimer notre reconnaissance à celle qui, en correspondant pleinement à la lumière que Dieu avait mise en elle, a ouvert la voie à beaucoup afin d’être porteurs d’un esprit nouveau.
Faisons de cette date un point de départ : reconnaissants d’un tel don, communiquons-le à notre tour à ceux qui nous entourent pour contribuer à l’édification de la fraternité universelle : la réalisation de son rêve, l’ardent désir de Jésus : « Que tous soient un » Maria Voce, 5 mars 2012
« Un cœur qui est serré seulement pour ceux qui ne s’aiment pas » (proverbe kirundi).
Le Burundi est un petit pays, situé au cœur de l’Afrique, entre deux pays immenses : le Congo et la Tanzanie. Doté d’un paysage naturel d’une richesse et d’une beauté extraordinaires, il est pourtant l’un des pays les plus pauvres de la planète. Trois ethnies : Hutu, Tutsi et Twa, qui parlent une seule langue et partagent la même culture. Ses collines verdoyantes cachent en outre le cri de douleur de tous ceux qui ont connu la violence et la mort durant des décennies de conflits et de dictature. En 2002 seulement, le Burundi est sorti d’un conflit politique et ethnique qui a provoqué un million de réfugiés et plus de 300 000 morts.
Ici aussi, au cœur de l’Afrique, quelques kilomètres au sud de l’Équateur, l’Idéal du Mouvement des Focolari est arrivé. Ses racines historiques remontent à 1968, lorsqu’une famille belge, ayant déménagé à Bujumbura pour le travail, a amené, à travers son témoignage de vie, une nouvelle lumière sur le message chrétien. Presque simultanément, un autre noyau se forme autour du Père Alberton des Missionnaires d’Afrique, dans la paroisse de Mubimbi.
1979 est une année importante pour l’histoire des Focolari dans ce pays : à la demande des évêques locaux, s’ouvre le focolare à Gitega. Mais, suite aux premières persécutions, le focolare est transféré d’urgence à Bujumbura. Commence alors une période particulièrement difficile, autant pour le Mouvement que pour l’Église entière : interdiction complète d’exercer n’importe quelle activité, églises fermées durant la semaine, impossibilité de diffuser la Parole de Vie.
En septembre 1987, avec le coup d’État et l’avènement de la Troisième République, la liberté a été retrouvée et on a pu sortir sans crainte. Peu à peu, on reprend contact avec les personnes qu’on avait connu, découvrant avec émotion que certaines communautés, situées loin de la capitale, avaient continué à se rencontrer régulièrement pour partager les expériences de l’unique Parole de Vie conservée pendant des années. En vivant une seule Parole de l’Évangile, elles étaient allées de l’avant pendant des années. Le Mouvement comprend aujourd’hui plus de 24 000 personnes dans plus de 290 groupes disséminés dans tout le pays. L’Idéal de l’unité est aujourd’hui une véritable espérance pour le Burundi. Dans le climat de tension de l’après-guerre, les membres du Mouvement se sont engagés pour contribuer avec toute l’église locale au processus de « Réconciliation ».
Il existe quelques réalisations intéressantes dans le domaine économique, ainsi que des expériences innovatrices dans le domaine de la santé et de l’éducation. En 1999, un groupe de volontaires du Mouvement des Focolari fonde l’association CASOBU (Cadre Associatif des Solidaires du Burundi), dans le but de créer des solutions durables face aux problèmes de la pauvreté, à travers la participation et le soutien réciproque. Est également né un Centre social « Chiara Luce Badano » qui s’occupe d’enfants orphelins ou extrêmement pauvres du quartier de Kinama (périphérie de Bujumbura), un quartier complètement détruit par la guerre.
Dans le cœur des membres des Focolari au Burundi demeurent les paroles que Chiara Lubich leur a écrit le 7 octobre 1996 : « Misez toujours sur notre « unique bien » ; vous serez heureux et dans la paix, aussi dans les innombrables difficultés dans lesquelles vous vous trouvez. Jésus est toujours présent au milieu de vous pour toucher les cœurs, réveiller la foi en Son amour, amener l’unité. Je suis avec vous dans cet engagement constant renouvelé instant après instant… ».
Vaikalpalayam est un petit village composé d’humbles maisons et de petites rues goudronnées, même si pleines de trous. A l’entrée du village se dresse une construction modeste, en pierre, égayée par les cris d’une vingtaine d’enfants. Elle abrite une des dix maternelles ou balashanti, que l’institution gandhienne Shanti Ashram a ouverte au fil du temps dans la région de Coimbatore, près de la nationale qui conduit vers le Kerala.
Il y a vingt ans, à ses débuts, l’école maternelle avait un objectif précis: mettre en route un modèle éducatif avec les dalit (les plus pauvres) pour leur offrir la possibilité d’espérer une vie plus digne. Quelqu’un a appelé ce qui s’est passé depuis : une vraie révolution. Dans les villages indiens, les dalit vivent en marge des habitations. Ils ne peuvent pas puiser l’eau dans les mêmes puits où se désaltèrent les autres et jusqu’à il n’y a pas plusieurs dizaines d’années, il était impensable qu’ils entrent dans les mêmes temples. Aujourd’hui, à Vaikalpalayam, les enfants dalit et des castes supérieures étudient, mangent et prient ensemble. Leurs mères se trouvent côte à côte lors des rencontres de parents des 220 enfants qui fréquentent les maternelles fondées et animées par cette organisation gandhienne qui a commencé il y a vingt-cinq ans par le Dr Aram, membre honoraire du Parlement indien, pacifiste et éducateur indien de premier niveau. Dans les balashanti, on tend à donner une formation qui allie les bases de l’écriture et de la lecture avec le jeu, le chant et l’apprentissage des valeurs religieuses et humaines, en plus d’une aide à l’alimentation quotidienne restreinte. Les familles du lieu, en fait, avec un salaire qui tourne autour de 60 dollars par mois, ne peuvent pas se permettre plus d’un repas par jour.
Ces dernières années, avec le grand développement industriel de Coimbatore, sont venus s’installer des travailleurs précaires du bâtiment. Beaucoup parmi eux sont musulmans. Même dans ces zones Shanti Ashram a ouvert quelques balashanti, où les enfants contribuent à l’intégration de leur famille dans le tissu social de la région. L’idée d’impliquer les mères a permis de commencer des rencontres où l’on donne des conseils en hygiène, des règles sanitaires et où on apprend aux femmes comment cuisiner avec le budget limité dont elles disposent et des aliments avec des propriétés nutritives suffisantes pour les enfants.
Pour remédier au problème de l’alcoolisme qui gaspille les misérables budgets familiaux, un groupe de ces mères a été intégré au projet du micro crédit. Même les enfants reçoivent, durant leur formation, des enseignements pour économiser. Karuna, quatre ans, a réussi l’an passé à mettre dans sa tirelire trois mille roupies, qui équivallent au salaire mensuel de son père. En plus, dans les balashanti on apprend les règles d’hygiène pour éviter les maladies liées à la pauvreté. Le Dr Aram et sa femme Minoti avaient, pour construire une paix durable, la vision claire qu’il était nécessaire de commencer par les enfants. C’est de là qu’est née l’idée de fonder des maternelles qui puissent former des enfants de paix. «Souvent – raconte M. Murthy qui a suivi le projet pendant vingt ans – se sont les enfants qui contribuent à rompre le cercle de la violence familiale. Récemment Divya, une enfant qui étudie au balashanti, durant une querelle familiale, est allée s’asseoir sur les genoux de son père et lui a dit: « Papa, la violence c’est comme le diable! »».
Les enseignants apprennent aussi aux enfants le respect de chaque croyance. Le matin on commence avec les prières indous, musulmanes et chrétiennes. Par conséquent, les enfants grandissent sans les barrières et préjugés qui ont divisé groupes et communautés de cette partie de l’Inde pendant des siècles, créant des tensions sociales qui ont souvent débouché en conflits violents et sanglants. Les Focolari travaillent à ce projet depuis la fin des années quatre-vingt-dix, quand Minoti Aram avait ressenti la nécessité de fournir des compléments alimentaires aux enfants des balashanti. A ce moment-là, les projets de Famille Nouvelle et ceux des gandhiens de Shanti Ashram se sont rencontrés, ce qui a donné vie à une fraternité entre les deux mouvements qui s’est ouverte au dialogue interreligieux et à la formation à la paix des jeunes générations. Gandhi, en fait, avait affirmé: «Si on désire enseigner la vraie paix (…), il faut commencer par les enfants». Roberto Catalano (Du supplément à la revue Città Nuova n.5 – 2012)
Je m’appelle Maria, je travaille pour le Gouvernement de mon pays, dans le secteur de la santé.
Chaque jour, et j’en fais l’expérience, les paroles de l’Evangile nous aident à mieux servir le prochain et aussi à résoudre les problèmes de la société. En cherchant à mettre ces paroles en pratique, les rapports dans le service sont radicalement changés : toujours plus familiers, ouverts, libres. Avec trois collègues, nous partageons cet idéal de vie et nous cherchons ensemble à faire de notre travail un service aux personnes, à notre ville ; ce qui présente un grand défi. En Afrique du Sud il existe deux niveaux de gouvernement : un plus traditionnel, ayant à sa tête les Kgosi, (chief) qui ont des attentes déterminées sur le territoire et un niveau gouvernemental avec les représentants élus qui ont d’autres attentes. Notre défi est celui de réaliser l’accord entre les deux niveaux, de façon à ce que chaque décision prise le soit pour le bien réel de la communauté, qu’elle soit toujours plus participante aux projets proposés.
Par exemple, nous avons réalisé six dispensaires pour notre district. Tout le travail a été fait avec le plein accord des deux niveaux de gouvernement, de façon à ce que chaque structure soit pleinement reconnue sur le territoire. A la cérémonie d’inauguration sont intervenues les différentes autorités, ainsi que des membres du comité exécutif du Gouvernement. Peu de jours avant cet événement, un des Kgosi nous avait appelés, nous disant qu’il ne viendrait pas à la cérémonie, évoquant d’une disparité de traitement prévue entre les membres du gouvernement local et les chefs traditionnels. On voyait se profiler un vrai désastre, à tous les points de vue. Le danger résidait aussi dans le fait que les gens des villages ne participent plus à la cérémonie. Pour résoudre la situation, nous sommes allés trouver le ‘’chief’’ chez lui. Nous lui avons présenté un profil détaillé de chaque dispensaire. Grâce à ce geste, son attitude a changé et il a enfin donné son accord pour assister à la cérémonie qui s’est ensuite révélée un succès, un moment important pour toute la communauté.
Nous continuons également aujourd’hui à vivre chaque tâche qui nous est confiée comme une occasion de rencontres et de croissance pour la ville. Et, lentement, nous voyons que les liens entre les citadins et les fonctionnaires s’améliorent. La confiance grandit entre les uns et les autres. Les leaders traditionnels et les conseillers élus sont en train de discerner de plus en plus leur propre rôle dans le respect tout entier de celui de l’autre. Ainsi, tandis que le projet pour la santé de l’enfance est aujourd’hui confié aux responsables traditionnels, celui pour les jeunes est suivi par les conseillers municipaux. Il n’est même plus nécessaire d’expliquer nos choix aux diverses autorités parce qu’ils ont confiance, et l’union entre tous grandit, et se développe au service de la communauté. Nous expérimentons que lorsqu’on cherche à mettre l’Evangile en pratique, rien n’est vraiment impossible !
« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle. » Pierre avait bien compris que les paroles de Jésus étaient d’un autre ordre que celles des autres maîtres. Les paroles qui viennent de la terre appartiennent à la terre et sont appelées à y retourner. Venues du Ciel, les paroles de Jésus sont esprit et vie. Lumière descendue d’En-haut, elles en ont la puissance. Elles recèlent une densité et une profondeur uniques que n’ont pas les autres paroles, celles des philosophes, des hommes politiques, des poètes. Elles sont « paroles de vie éternelle[6] » parce qu’elles contiennent, expriment et communiquent la plénitude de la vie qui n’a pas de fin, c’est-à-dire la vie même de Dieu. Jésus est ressuscité et il est vivant. Ses paroles, même si elles ont été prononcées dans le passé, ne sont pas un simple souvenir. Elles s’adressent aujourd’hui à chacun de nous, à tous les hommes de tous les temps et de toutes les cultures : ce sont des paroles universelles et éternelles. Les paroles de Jésus ! Quel contenu, quelle intensité, quelle expression ! C’est le Verbe lui-même qui s’exprime en paroles humaines ! Saint Basile[7] raconte : « Un jour, comme si je m’éveillais d’un profond sommeil, je tournai les yeux vers l’admirable lumière de la vérité évangélique et je vis l’inutilité de la sagesse des princes de ce siècle[8] » Thérèse de Lisieux, dans une lettre du 9 mai 1897, écrit : « Parfois lorsque je lis certains traités spirituels […] mon pauvre petit esprit se fatigue bien vite, je ferme le savant livre qui me casse la tête et me dessèche le cœur et je prends l’Ecriture Sainte. Alors tout me semble lumineux, une seule parole découvre à mon âme des horizons infinis, la perfection me semble facile[9] » Oui, les paroles divines comblent notre esprit fait pour l’infini. Elles n’illuminent pas seulement l’esprit mais tout notre être car elles sont lumière, amour et vie. Elles nous apportent la paix – celle que Jésus appelle sienne : « ma paix » – même dans les moments de trouble et d’angoisse. Elles nous donnent la plénitude de la joie au milieu des souffrances, qui, parfois, tenaillent notre âme. Elles nous donnent la force lorsque nous sombrons dans la crainte ou le découragement. Elles nous rendent libres parce qu’elles ouvrent la voie à la Vérité. « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle. » La Parole de ce mois nous rappelle que Jésus est notre unique Maître. Nous avons à le suivre quelle que soit l’apparente dureté de ses paroles : elles exigent de nous l’honnêteté dans le travail, le pardon, le service des autres – plutôt que de penser à nous de façon égoïste – la fidélité à nos engagements, dans la vie familiale, etc… de prêter assistance à un malade en phase terminale, en sachant résister à l’idée de l’euthanasie… Alors que beaucoup de maîtres nous invitent à des solutions de facilité, à des compromis, nous ne voulons écouter et suivre qu’un seul Maître, celui qui dit la vérité et « a des paroles de vie éternelle » et devenir ses disciples. En nous aussi doit naître un amour passionné pour la Parole de Dieu : accueillons-la avec beaucoup d’attention lorsqu’elle est proclamée dans nos Eglises, lisons-la, étudions-la, méditons-la. Et surtout, nous sommes appelés à la vivre, suivant l’enseignement de l’Ecriture, vivons-la : « Devenez des réalisateurs de la Parole, et pas seulement des auditeurs qui s’abuseraient eux-mêmes[10] ! » C’est pour cette raison que nous portons notre attention chaque mois sur une Parole, la laissant nous pénétrer, nous former, nous « faire devenir elle ». Vivre une seule parole de Jésus revient à vivre l’Evangile tout entier car dans chacune de ses paroles c’est Lui-même qui se donne, c’est Lui qui vient vivre en nous. C’est comme une goutte de sa divine sagesse, à lui, le Ressuscité, qui, lentement se fraye un chemin et s’installe en nous, y imprimant un nouveau mode de penser, de vouloir, d’agir, quelles que soient les circonstances de la vie.
Chiara Lubich
Maria et John vivent en Italie depuis de nombreuses années. «Nous nous sommes demandés – raccontent-ils, dans le témoignage donné à l’occasion de l’anniversaire de Renata Borlone – si, tout en étant faits l’un pour l’autre, nous aurions pu être témoins d’unité dans notre propre famille, moi américain et Maria autrichienne, plongés dans la societé italienne». Les différences entre eux sont multiples et semblent s’opposer: le nouveau continent américain et le vieux monde d’Europe. La langue: ils parlent entre eux ni l’allemand ni l’anglais, mais une troisième langue, l’italien. Différence de culture, d’origines familiales, de formation professionelle et intellectuelle, d’âge (13 ans d’écart) et enfin – raconte encore John – «je suis simplement un homme et elle une femme, avec des caractères, des exigences et des sensibilités différentes». «Un épisode significatif de cette diversité s’est justement passé pendant le voyage de noce en Sicile – poursuit-il – Tout est beau, ravissant… nous arrivons à Sélinonte et Maria s’exclame enthousiaste: ″Quels beaux temples, ils évoquent un passé merveilleux !″. Et moi, de lui répondre: ″Pourquoi ces vieilles pierres et ces colonnes à moitié cassées? Ce serait mieux de les retirer pour construire un beau gratte-ciel″. Où sera notre point de rencontre? Sûrs du projet d’amour que Dieu avait sur nous, nous avons eu l’intuition que ce ne serait ni dans les temples – l’histoire – ni dans les gratte-ciel – la terre jeune, nouvelle – que nous nous serions rencontrés, mais dans l’accueil l’un de l’autre».
«Cet accueil, c’est Renata qui nous l’a appris par sa vie. Elle avait une façon spéciale d’écouter, elle mettait toujours l’autre à la première place. Je me sentais pleinement accueillie, comprise, aimée»: c’est Maria qui racconte, évoquant quelques moments difficiles vécus dans le mariage. «Je ne comprenais plus mon mari. Sa façon d’être, de penser me mettait en crise, mais désormais nous avions quatre enfants encore petits. Un soir il me semblait que je n’y arrivais plus et j’ai courru chez Renata. J’ai déversé sur elle mon plus grand doute: je m’étais trompée en épousant John! Comme toujours, elle m’a écoutée en prenant sur elle ma souffrance. Puis, avec une certitude inébranlable, elle m’a rappelé que, lorsque je m’étais mariée, j’étais sûre que John était la personne juste pour moi, au-delà de nos différences. Ce soir-là j’ai trouvé une nouvelle force. Oui, nous aurions réussi à nous aimer jusqu’au bout!». «Encore aujourd’hui, après 40 ans de vie ensemble – conclu John – nous expérimentons combien c’est vrai qu’en accueillant nos différences dans le positif, comme ce quelque chose qui peut nous enrichir et nous compléter, alors une nouvelle harmonie naît et renaît entre nous».
Professeur Luigino Bruni, dans votre article publié sur Nuova Umanità, vous décrivez la figure de l’entrepreneur d’une façon particulière. Pouvez-vous nous expliquer comment les figures de l’investisseur, du manager et du spéculateur ont fini par se confondre avec celle de l’entrepreneur-innovateur ?
Beaucoup dépend de la révolution de la finance, qui a investi l’économie (pratique et théorie) durant les 20 dernières années (…) en raison de la mondialisation. L’Occident a ralenti sa croissance, mais il n’a pas voulu réduire la consommation. La finance créative a alors promis une phase de croissance de la consommation sans croissance du revenu, avec de nouveaux instruments techniques. Il en est résulté que de nombreux entrepreneurs se sont transformés en spéculateurs, pensant faire des profits en spéculant, en laissant leur secteur traditionnel et leur vocation. Une seconde raison a été l’uniformisation des cultures d’entreprise, à la suite d’un fort pouvoir de la culture anglo-saxonne. La tradition européenne et italienne de gestion des entreprises était caractérisée par une forte attention de la dimension communautaire et sociale, à cause de la présence d’un paradigme catholico-communautaire. Il en est résulté, avec la première cause de la révolution financière, que les managers ont assumé un rôle toujours plus central dans les grandes entreprises, au détriment des entrepreneurs traditionnels. Aujourd’hui, il existe un énorme besoin de lancer une nouvelle façon d’être entrepreneurs, si nous voulons sortir de la crise, et de réduire le poids des spéculateurs. En partant de la Théorie de l’évolution économique de Schumpeter, vous décrivez le marché comme un « relais vertueux » entre innovation et imitation, (…) mais le profit, pour l’innovateur, est essentiellement circonscrit au temps qui passe entre l’innovation et l’imitation. Comment éviter que ce « relais vertueux » engendre au contraire un dommage réciproque entre entreprises ?
Ici, la politique a un rôle important, ainsi que les institutions en général, qui devraient faire en sorte que le relais soit vertueux et pas vicieux, avec des réglementations appropriées en faveur de la concurrence et du fonctionnement correct des marchés. Mais la société civile a aussi un rôle essentiel ; les citoyens-consommateurs, avec leurs choix d’achat, doivent récompenser les entreprises qui ont des comportements éthiquement corrects et « punir » (en changeant d’entreprise) celles qui ont une attitude prédatrice et agressive. Le marché fonctionne et produit des fruits lorsqu’il est en contact continu avec les institutions et avec la société civile. Enfin, vous décrivez les caractéristiques de la « concurrence civile », dans laquelle la compétition ne se joue pas selon la formule Entreprise A contre Entreprise B pour attirer le client C, mais plutôt selon la formule Entreprise A pour le client C et Entreprise B pour le client C. Pouvez-vous nous expliquer quels effets positifs cette façon différente de voir la concurrence entraîne ? Quels exemples de « concurrence civile » pouvez-vous nous donner ?
En premier lieu, elle contribue à créer un climat affectif différent dans les échanges sur le marché. Notre lecture et description du monde est très importante pour les comportements que nous assumons. Si je lis que le marché est une lutte pour gagner, lorsque je vis des moments d’échange sur le marché ou aussi au travail, je tends à m’approcher de ces domaines avec une attitude mentale et spirituelle qui influence beaucoup les résultats que j’obtiens ensuite et le bonheur (ou malheur) que j’expérimente. Si, au contraire, je vois le marché comme un grand réseau de relations coopératif, je favorise la création de biens relationnels, y compris dans les moments « économiques » de ma vie, et le bonheur individuel et collectif augmente.
En outre, lire le marché comme une coopération colle plus à la vision des grands classiques de l’histoire de la pensée économique (Smith, Mill, Einaudi, et aujourd’hui Sen ou Hirschman) et s’approche plus de ce que des millions de personnes expérimentent chaque jour en travaillant et en échangeant, et pas uniquement dans l’économie sociale. Et comme exemples de « concurrence civile », je citerais le microcrédit, la coopération sociale, l’économie de communion, le commerce équitable et solidaire. Ce sont des exemples de cette concurrence civile, au moins comme des phénomènes macroscopiques.
L’Union de 50 Etats, connue comme Etats-Unis d’Amérique, s’étend sur un vaste territoire de l’extrême nord-ouest de l’Alaska à l’extrême sud-est de la Floride.
Les premiers focolarini arrivent de l’Italie en 1961. En ces années-là s’ouvrent les premiers centres du Mouvement à Manhattan, Chicago et Boston et à la fin des années 70 à San Antonio et Los Angeles, suivis des centres à Washington DC, Columbus et Atlanta. La «Mariapolis Luminosa», située à Hyde Park (New York) et inaugurée en 1986, est le coeur du Mouvement en Amérique du Nord. «J’ai été profondément touchée par ce pays. J’ai eu une bonne impression – écrit Chiara Lubich en 1964 durant son premier voyage à New York – (…) il me semble particulièrement adapté à l’esprit du Focolare. Il n’y a pas de sentiment de supériorité ethnique, mais un vrai sens de l’internationalité. C’est la simplicité qui domine. A la messe j’ai prié pour le Mouvement sur ce continent et j’espère que Dieu écoute ma prière car je prie pour la diffusion de Son règne».
Sa prière a été entendue. En effet, au long des années fleurissent des communautés dans tout le pays. Contemporainement à la croissance du Mouvement des focolari, se développent les dialogues avec les autres religions. Avec les juifs, qui entrent en contact avec la spiritualité de l’unité, le dialogue s’exprime dans la vie quotidienne, dans la collaboration professionnelle et dans l’étude théologique. Un fraternel «dialogue de la vie» se développe avec les musulmans disciples de l’Imam W.D Mohammed dans tous les coins du pays. Chiara visite les Etats-Unis au moins sept fois. En 1990 elle souligne d’avoir «saisi les différentes marques du monde uni» sur cette terre. En mai 1997, reçue par l’Imam W. Deen Mohammed, elle parle de la spiritualité de l’unité à environ 3000 musulmans réunis à la mosquée Malcolm Shabazz, de Harlem. Par la suite, lors d’un symposium organisé en son honneur par la WCRP (Conférence Mondiale des Religions pour la Paix), elle parle de l’unité des peuples dans le Palais de verre de l’ONU. Enfin, un prix honoris causa lui est attribué par la Sacred Heart University de Fairfield (Connecticut).
En 2000, l’Imam Mohammed l’invite à revenir aux Etats-Unis: «L’Amérique a besoin de ton message», lui dit-il. Le 2 novembre de cette même année, 5000 chrétiens et musulmans se rassemblent à Washington DC pour une rencontre organisée par les deux communautés et intitulée “Faith Communities Together” (Communautés de foi ensemble). Des rencontres de ce genre se multiplient dans différentes villes, avec des événements annuels qui ressemblent plus à des réunions familiales qu’à des rencontres de dialogue. Dans son dernier voyage aux USA, Chiara reçoit un diplôme universitaire honoris causa en pédagogie à l’Université Catholique de Washington DC, dans une salle comble avec plus de 3000 personnes parmi lesquelles des juifs, des bouddhistes, des indous et de nombreux musulmans afro-américains, ceci seulement pour souligner l’apport des Focolari dans le dialogue entre les religions. En même temps, le projet de l’Economie de Communion s’enracine avec 19 entreprises de différents domaines comme l’ingénierie environnementale, l’art, l’instruction, l’agriculture, les loisirs et le conseil en entreprises.
La récente visite, en 2011, de l’actuelle présidente des Focolari, Maria Voce, et du co-président, Giancarlo Faletti, à l’occasion du 50ème anniversaire de l’arrivée du Mouvement en Amérique du Nord, a rassemblé 1300 personnes représentantes de nombreuses communautés du Canada, des Etats-Unis et des Caraïbes, y compris des juifs et des musulmans afro-américains. Toujours pour le 50ème anniversaire, est sorti le livre «Focolare – Living a Spirituality of Unity in the United States». Il essaie de répondre aux questions sur le Mouvement aujourd’hui, à travers les histoires fascinantes d’une variété d’Américains (enfants, jeunes, couples, personnes âgées, célibataires, religieuses, prêtres et évêques qui font partie des Focolari), dont la vie a été transformée par la rencontre avec Jésus. Les lecteurs peuvent y découvrir les valeurs spirituelles et pratiques essentielles des focolari, les différents ‘sentiers de vocation’ de ses membres et sa vigueur dans le soutien des valeurs de la culture américaine comme la joie, la liberté, la vie ensemble et l’engagement pour le bien commun dans la vie publique.
En 1979, notre famille a déménagé à North Riverside, une petite ville d’environ 6000 habitants, près de Chicago. À la même période, nous avons appris que notre fils David, gravement handicapé, avait besoin d’une thérapie intensive. Nos voisins, ainsi que les pompiers, nous ont aidés, chaque jour pendant sept ans, pour que David puisse un jour réussir à marcher et à parler. Je me souviens avoir demandé à Dieu de nous montrer ce que nous aussi nous pouvions faire pour notre ville et ses habitants. Peu de temps après, notre ancien maire a écrit une lettre en demandant des idées pour un programme de services de quartier qui requérait des responsables pour chaque pâté de maisons. J’ai répondu à sa lettre en lui racontant mon expérience. Quelque temps après, il m’a demandée si je pouvais être la coordinatrice du programme. Il y avait 72 responsables, un par pâté de maison de North Riverside. J’ai pensé leur proposer comme objectif que leur pâté de maison devienne une famille, où personne ne se sente plus seul. Nous avons adapté « les points de l’art d’aimer », de Chiara Lubich, et nous en avons choisi quatre que j’ai appelés « L’Art de prendre soin ». À chaque rencontre des responsables, je prenais un des points et je l’illustrais avec une expérience concrète sur un de ces points. Au début, j’utilisais mes expériences et celles de ma famille ou des histoires de personnes célèbres. Mais, après quelques années, ils ont eux-mêmes commencé à communiquer aux autres ce qu’ils avaient fait pour vivre les points du « prendre soin ».
Une des premières expériences concernait une nouvelle venue qui avait l’habitude de laisser ses chiens aboyer dehors, tôt le matin jusqu’à tard le soir. Au lieu de se plaindre et d’appeler la police, le responsable et les voisins se sont mis à « aimer leurs ennemis » en cherchant à établir un rapport avec la propriétaire, en préparant des biscuits pour elle et même en l’aidant à attraper les chiens lorsqu’ils s’échappaient du jardin. Ils ont, seulement alors, exprimé leur préoccupation que les aboiements continuels pouvaient déranger un nouveau-né voisin. Non seulement le maire encourageait ces actions individuelles, mais il a aussi cherché, à travers les responsables du pâté de maisons, à impliquer toute la ville à « prendre soin des autres ». Par exemple, quand un nouveau résident arrive, les responsables lui souhaitent la bienvenue avec un cadeau. Ils s’intéressent aux personnes, spécialement à celles qui souffrent. Ils leur envoient une carte, leur amènent des vivres, écoutent leurs problèmes… « Nous utilisons le courriel pour nous communiquer ces nécessités, comme dans une famille. Ainsi, nous savons tous qui a besoin d’aide », racontent-ils.
Certains responsables offrent souvent d’amener quelqu’un chez le docteur ou faire les courses pour les personnes confinées à la maison. « Récemment, nous avons publié un petit livre avec les expériences faites en l’espace de vingt ans, avec des idées pour aider qui veut vivre la « Règle d’Or » : fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse », continuent-ils. Le petit livre a été distribué à des médecins, assistants sociaux, enseignants et politiques, et à tous ceux qui voulaient faire la différence dans leur coin de monde. « L’Art de prendre soin » s’est aussi étendu à d’autres villes. Lors d’une des rencontres entre délégations de différentes villes, le rédacteur du bulletin d’information a déclaré : « Lorsque je parle de North Riverside à mes concitoyens, ils me disent qu’une ville dans le genre ne peut pas exister. Et je réponds : Venez et vous verrez ! » Lire plus : http://www.northriverside-il.org/departments/recreation/neighborhoodservices.html
Une paroisse catholique de Kleinbasel rend visite à la communauté musulmane du quartier. Après la prière de midi des musulmans, ils restent pour le repas commun. L’imam Mohammed Tas raconte: « L’après-midi a été ponctué par trois tournois de foot : les enfants contre les enfants, les jeunes contre les jeunes et les adultes contre les adultes… les imams contre les curés ». « Nous avons perdu – réplique le curé Ruedi Beck en souriant – mais l’amitié s’est renforcée ». Et l’imam de poursuivre : « Nous nous réjouissons chaque fois que nous nous voyons. Beaucoup de choses nous unissent : nous sommes de la même ville, nous sommes des humains, nous avons les uns et les autres beaucoup de travail et beaucoup de soucis. Nous prions les uns pour les autres et nous nous aidons dans la mesure du possible ». Cet exemple, parmi d’autres faits racontés lors de cette rencontre «Musulmans et Chrétiens en dialogue », montre bien qu’il est possible, pour des communautés religieuses différentes, de vivre comme une seule famille. Le thème « La Parole de Dieu écoutée et vécue » a servi de base au dialogue. L’imam de Baar, Ali Cetin, a fait pénétrer les participants dans la compréhension musulmane de ce thème, de qui est Dieu et sa parole pour les musulmans : « Quelqu’un qui reçoit un mail, un sms ou une lettre d’un ami qu’il aime beaucoup, lit et relit le message mot par mot. Il apprécie chaque parole, chaque phrase. C’est de cette façon que les musulmans vénèrent le Coran, que Dieu a envoyé aux hommes. Ses versets sont prononcés avec amour, appris par cœur et mis en pratique ».
Dans la foi chrétienne, l’amour de Dieu un et trine a une place centrale. Les mots de Chiara Lubich, présenté en un court extrait vidéo l’expriment bien : « Nous croyons que Dieu nous aime chacun personnellement et infiniment… Le Coran le dit aussi : ‘Les croyants sont ceux qui aiment Dieu par-dessus tout’. C’est ce qui nous relie de plus fort. Nous ne sommes donc plus musulmans ou chrétiens, mais frères et sœurs, des personnes qui mettent Dieu à la première place… » Ces phrases, la fondatrice du Mouvement des Focolari les a prononcées en 1998 devant les participants à un congrès international de musulmans à Rome.
Le principal intervenant de la journée, Mustapha Baztami, imam de Teramo (Italie), qui a connu personnellement Chiara Lubich, a rappelé que celle-ci a été la première chrétienne et la première femme à avoir parlé dans une mosquée à Harlem, en 1997. Elle a réussi à jeter de véritables ponts entre les religions. Elle n’avait pas peur de rencontrer l’altérité des différentes religions, car elle proclamait sa foi en Dieu non pas avec des slogans, mais avec sa vie. Pendant la Séance plénière une musulmane s’est exprimée ainsi: « Aujourd’hui nous nous sommes sentis au même niveau, en famille, acceptés par tous. Nous sommes comme un pont, un no man ‘s land, qui relie tous. » La Règle d‘Or – C’est ce dialogue qu’ont vécu concrètement les quelque 80 participants – à parts égales musulmans et chrétiens – venus des trois régions linguistiques de la Suisse et originaires de 17 pays, de la France au Kosovo, de l’Italie à l’Albanie, de la Turquie à l’Algérie, jusqu’à la Côte d’Ivoire. Parmi eux, des personnalités comme le Dr Taner Hatipoglu, président de l’Association des organisations islamiques de Zurich, ainsi que quatre imams.
Marianne Rentsch et Franco Galli, responsables du Mouvement des Focolari en Suisse, ont conclu la journée en parlant de la « Règle d’Or ». Chaque participant a pu la recevoir au format carte de crédit et en trois langues, sous sa forme musulmane et chrétienne : « Aucun de vous n’est croyant tant qu’il ne désire pas pour son frère ce qu’il désire pour lui-même » (Mohammed, 13e Hadith dans le livre des 40 Hadith de al-Nawawi) – « Ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux » (Luc 6,31). Beatrix Ledergerber-Baumer
Le Brésil. Cinquième puissance économique mondiale de 8,5 millions de km2 et de presque 200 millions d’habitants – descendants des colons blancs, des esclaves noirs et des peuples indigènes, en plus des immigrants du monde entier – qui parlent une seule langue : le portugais. Un pays aux dimensions continentales, avec des conditions climatiques et géographiques différentes, de grandes richesses naturelles et un fort potentiel de croissance. Un pays également marqué par de grands contrastes sociaux, qui diminuent un peu, notamment grâce aux efforts des derniers gouvernements. Ce sont les défis d’une démocratie jeune, d’une nation sortie d’une dictature militaire il y a moins de 30 ans.
C’est ici qu’en 1991, Chiara Lubich, touchée par les graves problèmes sociaux, lance les bases d’une vraie révolution dans le domaine économique avec l’Économie de Communion (ÉdeC), projet aujourd’hui connu dans le monde entier. Mais ce n’est pas seulement dans le domaine de l’économie que l’expérience de vie des Focolari s’est développée. En effet, elle a des conséquences sur le tissu social dans différents domaines : éducation, santé, politique, art, promotion humaine – comme en témoignent les expériences de Santa Teresinha et Magnificat, dans le Nordest ; du Bairro do Carmo et du Jardim Margarida, à San Paolo – ainsi que dans diverses spécialités. Un exemple est le groupe de recherche sur « Droit et fraternité », actif depuis 2009 au Centre de Sciences juridiques de l’Université fédérale de Santa Catarina.
Variées sont les activités dans tous les États du Brésil : de l’école de formation politique Civitas à João Pessoa, aux actions de solidarité des Jeunes pour un monde uni et aux week-ends pour les familles dans l’État d’Alagoas ; des olympiades pour jeunes dans l’État de Rio Grande do Sul, au Projet Unicidade à la Mariapolis Ginetta, qui cette année célèbre son 40e anniversaire – seulement pour en nommer quelques-unes. Mais comment est née cette vie ? Faisons un bond en arrière. C’était l’année 1958. À Recife arrivent trois focolarini de l’Italie : Marco Tecilla, Lia Brunet et Ada Ungaro. Ils communiquent leur expérience dans des écoles, universités, paroisses, associations, hôpitaux, familles. Après un mois, ils poursuivent leur voyage : Rio de Janeiro, San Paolo, Porto Alegre et ensuite Uruguay, Argentine et Chili. À leur retour en Italie, l’avion fait une escale d’urgence à Recife à cause d’une avarie sérieuse et ils y restent quatre jours. Ils en profitent pour nouer de nombreux contacts. C’est ainsi qu’est née la communauté des Focolari dans le Nordest brésilien. Elle sera la première d’une longue série.
Avec l’arrivée continue d’autres focolarini, les premiers centres du Mouvement s’ouvrent à Recife en 1959. Une grande diffusion de l’Idéal de l’unité se produit dans les métropoles et dans les villages, entre jeunes et adultes, blancs et noirs, riches et pauvres… avec une caractéristique : l’harmonie sociale. De nombreuses œuvres sociales sont accomplies comme résultat de la vie enracinée dans l’Évangile. En 1962 s’ouvre un centre à San Paolo. Naissent la Maison d’édition Cidade Nova et le journal Cidade Nova. D’autres centres éclosent : Belém, 1965 ; Porto Alegre, 1973 ; Brasilia, 1978. Aujourd’hui, il y a des centres dans presque toutes les 27 capitales des États et dans beaucoup d’autres villes.
En 1965 naît, près de Recife, la première cité-pilote de témoignage du Mouvement, sous le nom de Santa Maria, pour souligner l’amour de ce peuple pour Marie. Deux ans après, naît celle de San Paolo – Araceli, aujourd’hui Ginetta, en souvenir d’une des premières focolarines qui a eu un rôle déterminant dans la diffusion et la progression du Mouvement au Brésil. Suit la cité-pilote de Belém, Gloria, pendant qu’à Porto Alegre le Centre mariapolis Arnold a une orientation œcuménique ; et la cité-pilote de Brasilia est baptisée Maria Madre della Luce.
Chiara Lubich a toujours témoigné un grand amour pour le Brésil et ses habitants, « un peuple qui ressemble beaucoup à celui qui écoutait Jésus : magnifique, magnanime, bon, pauvre, qui donne tout : cœur et biens ». Sa première visite a lieu en 1961, à Recife. Elle y retournera cinq autres fois. Elle reçoit différentes reconnaissances publiques et des doctorats honoris causa. En 1998, sa dernière visite, elle inaugure le Pôle Spartaco, premier complexe entrepreneurial de l’ÉdeC dans le monde. À cette occasion, un des pères du Brésil démocratique, le professeur Franco Montoro, s’adressant à elle dans un discours tenu à l’Université publique de San Paolo (USP), a reconnu dans la pensée et dans l’œuvre du Mouvement, non seulement au Brésil, un « témoignage cohérent qui a touché des millions de personnes. Il a sauvé les droits de l’homme durant les dictatures et, durant le boom de la science, il a montré que l’éthique doit nous guider. Il a promu l’amour, la fraternité universelle ».
Les membres du Mouvement s’engagent à vivre ces valeurs aujourd’hui, avec beaucoup d’autres, dans une période historique qui voit le Brésil se distinguer dans le panorama mondial et être le protagoniste d’événements comme la Journée mondiale de la Jeunesse en 2013 et la Coupe du Monde de football en 2014.
« La rencontre avec Jésus a changé notre vie ». « Une rencontre avec Dieu. » « Je n’avais jamais fait une telle expérience. » « Je veux vivre avec vous l’art d’aimer … » Ce sont quelques impressions récoltées parmi les jeunes et les familles, avant de repartir, après 10 jours intenses en Amazonie. Dans des situations locales de souffrance, parmi les indigènes disséminés dans l’immense forêt, beaucoup ont retrouvé l’espoir en l’avenir. Ce sont quelques fruits de cette spéciale expérience d’évangélisation qui se répète depuis 6 ans.
Projet Amazonie est le nom de cette expérience vécue dans une région qui couvre plus de 50% du territoire brésilien et qui comprend 9 états : Acre, Amapà, Amazonas, Maranhao, Mato Grosso, Para, Rondônia, Roraima et Tocantins. En 2111, ce projet en est à sa 6ème année.

Comment est-il né ? A cause d’une diminution progressive des fidèles et d’une adhésion croissante aux sectes. Un phénomène dû aussi à la pénurie de prêtres et à la difficulté à rejoindre les différents centres de cette grande région. Le projet Amazonie est la réponse à un appel au secours que les évêques du Brésil ont lancé aux diverses expressions de l’Eglises catholique : contribuer, chacun selon son propre charisme, à une vaste et permanente action d’évangélisation.
Chaque année, dix jours de vacances sont consacrés à cette initiative. Dès 2005, environ 150 personnes ont adhéré, des différents secteurs du Mouvement des Focolari (focolarini/e, familles, jeunes) provenant des différentes régions du Brésil. Ils ont fait des voyages de soixante heures par autocar, de cinq heures d’avion, ou de plus de vingt-quatre heures en bateau, à leurs frais. La participation des jeunes est de plus en plus grande et active.
« Nous sommes venus pour donner, mais nous avons reçu bien davantage ». C’est l’expérience commune. Environ 26.000 personnes ont été touchées durant ces années par un contact personnel. Cette année, plus de 4.700 ; la moitié sont des jeunes, dans trois villes : Abaetetuba et Bragança (Etat de Parà) et Barreirinha (Etat d’Amazonas).

Un des instruments les plus efficaces est le « dé de l’amour » : un jeu que Chiara Lubich a imaginé pour aider les enfants et les jeunes à vivre l’art d’aimer, cœur de l’Evangile. Le dé a été donné à environ 1500 enfants. 54 maîtres et dirigeants de cinq écoles de Barreirinha ont suivi un cours de formation sur cet instrument pédagogique. 150 familles de deux quartiers pauvres et soixante couples ont participé aux cours de formations. La visite à la prison, où – en dialogue avec les détenus – a été présenté l’art d’aimer, fut très émouvante. Les rapports personnels, prioritaires, produisent des choix de conversion à l’Evangile. Le rendez-vous 2012 est du 14 au 22 juin.
Lien : http://projetoamazoniafocolare.bloggspot.com
« La venue de Maria Voce a été pour nous comme une fine pluie rafraichissante et maintenant ici tout refleurit. » Un jeune Algérien résume ainsi la visite de la présidente du Mouvement des Focolari aux Algériens qui partagent cet esprit. Dans les années 90, quand la communauté commençait à se former, un chemin de dialogue s’est entamé, qui dure encore aujourd’hui. Du 9 au 14 février, la visite de Maria Voce représentait un événement important pour la communauté des Focolari en Algérie et autour. Dans ce pays, le dialogue avec les musulmans est en effet bien développé et reconnu par l’Église locale, ce qu’a confirmé la visite à Mgr Ghaleb Bader, archevêque d’Alger.
L’Algérie n’est plus une destination touristique, l’image de l’Islam est actuellement assombrie par des événements qui n’ont souvent rien à voir avec la religion. La visite de Maria Voce se situe au-delà. Comme Chiara Lubich le rappelait souvent, le dialogue est « une autoroute » pour avancer vers le monde uni, et cette petite communauté de musulmans, qui a fait sienne la spiritualité des Focolari suscite des interrogations. Comment cela est-il possible ? « Il faut le vivre pour comprendre », a répondu Maria Voce. Tandis qu’un froid sibérien traverse l’Europe, l’Afrique du Nord n’est pas épargnée : Tlemcen, perchée à 900 mètres d’altitude, est pourtant habituée au froid, mais il est cette année exceptionnel. C’est dans cette ville au riche passé culturel et religieux – là où s’est ouvert en 1966 le premier focolare d’Algérie – qu’arrive la présidente des Focolari, l’après-midi du 10 février.
Un accueil typique l’attend, avec deux superbes chevaux arabes et leurs cavaliers, qui font la garde d’honneur, et les enfants en vêtements traditionnels qui offrent du lait et des dattes, selon l’usage dans ces régions proches du désert. Maria Voce se prête volontiers au rite et embrasse tout le monde. Les coups de fusil la font sursauter et l’émotion est grande. C’est encore le cas le lendemain quand elle entre dans la petite salle du centre Mariapolis, avec 130 invités, tous musulmans, excepté les membres du focolare, quatre étudiants africains, deux évêques et deux religieux dominicains de Tlemcen. Quelques personnes du Maroc et de Tunisie sont aussi présentes. Après une brève histoire de l’arrivée de l’Idéal des Focolari au Maghreb, le dialogue qui s’établit est un moment de printemps. « Les jeunes ont été les véritables acteurs de ce moment », confie Maria Voce à son retour en Italie. Ils racontent leurs expériences et posent quelques questions auxquelles elle répond en français très simplement. Les adultes présents sont émus de constater que l’avenir est assuré. Les réponses sont valables pour tous, « même pour les évêques », comme l’affirme Mgr Henri Tessier, archevêque émérite d’Alger, qui s’est retiré au centre Mariapolis « Ulysse », centre des Focolari à Tlemcen, et qui participe à la rencontre. Les questions mettent en évidence la difficulté de faire connaître cet idéal dans la vie de tous les jours, en Algérie comme ailleurs, et l’engagement nécessaire pour aller à contre-courant.
Le mot « amour », synthèse de la spiritualité des Focolari, est souvent présent dans les réponses de Maria Voce : « Si on est dans l’Amour envers l’autre, il n’y a plus rien qui nous sépare ». Elle souligne l’importance de la relation entre les personnes : « La crise du monde actuel, avant d’être économique et politique, est une crise des relations ». D’où l’importance « d’un amour gratuit, qui n’attend rien en échange, totalement désintéressé, totalement Amour pour Dieu à travers le frère ». Musique algérienne, andalouse, très populaire à Tlemcen, et vêtements traditionnels rehaussent l’après-midi de fête. Les paroles des chants sont des louanges à Dieu qui montrent l’intense religiosité de ce peuple. Comme il est de tradition en Algérie, tout se termine en dansant.
Tlemcen, capitale internationale de la culture islamique pour 2011-2012, accueille de nombreuses manifestations culturelles et religieuses et se montre dans toute sa beauté. Le soleil apparait au moment de la visite de la ville. Fouad, accompagnateur du groupe, est amoureux de sa ville natale. Il la fait découvrir avec tous ses saints musulmans, qui font partie du patrimoine de la ville, et dont le plus fameux est Sidi Bou Medin. Sur sa tombe, Maria Voce prie pour que tous les musulmans de la communauté algérienne puissent suivre l’exemple de ces saints. A la sortie, Fouad entonne un chant qui rapporte un enseignement du saint : « Laisse ta tristesse, laisse ta vie et donne-toi à Moi ». Et une discussion conclut la visite. Fouad : « Tout est de Dieu, nous ne sommes rien ». Maria Voce : « Si, mais nous appartenons à Dieu ». Fouad : « Voilà, c’est le mot : appartenir ».
L’Évangile est agréable à lire, mais sa mise en pratique provoque le scandale chez les gens bien comme il faut. L’Évangile ne supporte pas la stagnation, il n’assure pas le repos. Lui, le « signe de contradiction », ne promet pas une sinécure : « C’est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » (Lc 12,49). L’histoire du Christ sur la terre, en vingt siècles, est une suite d’échafauds, entre bagnes et piloris, et l’on ne voit pas toujours l’océan de larmes pleurées en secret. Et pourtant, sur ce silence désolé et obscur, la foi vaut la peine d’être vécue. Cela vaut la peine de croire sans voir. Rappelons-nous la recommandation de Jésus : « Prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jn 16,33). Pour un peu de temps, il disparaît et nous souffrons, restés seuls, mais ensuite il revient. Dans la mystique, cette nuit obscure se termine par une irruption flamboyante du soleil. C’est l’épreuve, et celui qui la supporte avec force connaît la victoire. Il s’agit d’une souffrance qui engendre la vie : une semence qui meurt en terre pour porter du fruit au soleil. « De même, en effet, que les souffrances du Christ abondent pour nous, de même, par le Christ, abonde aussi notre consolation » (2 Co 1,5). Celui qui accueille Jésus crucifié accueille la douleur par amour : et en en faisant un acte d’amour, il trouve la joie. Il faut à cet effet un entraînement à l’Esprit Saint. Et ainsi, l’existence semble un drame cruel, avec des défaites apparentes et d’atroces déceptions : mais il faut résister. Rien n’est gaspillé de ce que l’on donne dans la douleur : le fruit d’une résistance dans la rationalité et dans la foi, avec force et charité, est utile tant dans l’ordre civil que dans l’ordre spirituel, en ce que le peuple devient, par ces moyens aussi, Corps social du Christ mystique. On sème dans les larmes, on moissonne dans la joie.
«Le nombre considérable de personnes qui, par tous les moyens, ont désiré formuler leurs sentiments de participation pour la disparition de notre chère Marisa, nous met dans l’impossibilité de remercier chacun personnellement. Nous le faisons de cette façon, afin d’exprimer non seulement nos remerciements, mais aussi le profond sens de gratitude pour autant d’affection envers notre Marisa et envers nous-mêmes. La famille Baù»
Lutte contre la pauvreté et Économie de Communion. Un binôme qui, durant la journée du 3 février, a été présenté sous différents angles au siège des Nations Unies. Un événement attendu, pour lequel une salle de réunion a été réservée, spacieuse et équipée de deux écrans pour les projections vidéo. Présence de rapporteurs internationaux, comme il est habituel dans ce contexte : Burundi, Brésil, Philippines et quelques villes des USA (Boston, Indianapolis et New York City). Une cinquantaine de personnes présentes, dont des représentants d’ONG et des délégués de l’ONU de différents pays de l’Afrique, Europe, Caraïbes et Amérique du Nord. L’événement a été organisé par New Humanity (ONG du Mouvement des Focolari, dotée du Statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l’ONU (l’ECOSOC)) et par la Mission permanente d’observation du Saint-Siège auprès de l’ONU. Dans son introduction, en se référant à l’encyclique Caritas in Veritate, Mgr Chullikatt, nonce apostolique, a souligné l’importance qu’a aujourd’hui la promotion intégrale de l’homme.
L’Économie de Communion (ÉdeC) peut offrir des éléments innovants dans le contexte de la crise économique actuelle, comme John Mundell, président de la Mundell & Associates et membre de la Commission ÉdeC/USA, l’a relevé lors de son intervention. Avec Elizabeth Garlow, de Boston, ils ont illustré le style qui caractérise la gestion d’une entreprise ÉdeC, en présentant quelques témoignages d’entreprises qui y adhèrent dans différentes parties du monde. Le réseau de relations vertueuses qui se forment entre les différentes entreprises ressortait particulièrement. Futur et racines : ce sont précisément quelques-uns des jeunes présents – Cláudia Herrero Martins Menegassi et John Paul Dominic Flores Yumul, provenant respectivement du Brésil et des Philippines – qui ont cerné le contexte dans lequel l’ÉdeC est née : Brésil, en 1991, d’une inspiration de Chiara Lubich. Ils ont souligné la nécessité de développer la « culture du don » en opposition à celle de la « possession » et du rôle actif du nécessiteux, typique du projet. Ce point a été l’argument principal de la 50e session de la Commission du développement social, avec pour objectif l’élimination de la pauvreté, dont la présentation de l’ÉdeC constituait un événement parallèle. Alexis Nsabimana, jeune burundais, a offert l’expérience qui se poursuit en de nombreux pays de l’Afrique, où l’Économie de Communion, rencontrant les fortes valeurs communautaires propres à ce continent, trouve un terrain fertile. Significative est la lecture du « Message des Jeunes de São Paulo au monde », présenté à l’occasion des 20 ans de l’ÉdeC au Brésil (mai 2011).
Le message, avec l’expérience de l’Économie de communion sur comment « Éliminer la pauvreté à travers la fraternité » et avec quelques propositions sur la taxation des transactions financières, se trouve dans le projet de résolution, disponible sur le site des Nations Unies en différentes langues. Hugh Timothy Duggan, consultant de la représentation des États-Unis à l’ONU, a demandé l’adhésion de l’ÉdeC au programme des Nations Unies « Global compact » (avec ses 8700 adhérents de 130 pays, elle est la plus grande initiative à caractère volontaire relative à la responsabilité sociale des entreprises). En conclusion, le dialogue avec les participants a souligné l’accueil positif de la part des intervenants. Source : EdC online
« Ma sœur Maria Assunta n’est plus, emportée par une leucémie fulgurante. Un sentiment d’impuissance m’avait saisi. Je me demandais quel sens pouvait avoir la vie si la mort emporte avec elle nos rêves, nos désirs, nos conquêtes… Tout perdait son sens. Je ne voulais plus vivre. » Me sont revenus en mémoire les derniers instants de vie de Maria Assunta. Les forces l’avaient abandonnée. Même soulever les paupières était pour elle une fatigue immense qui pouvait lui coûter la vie. Toutefois, pendant qu’on la ramenait à la maison, en sortant de l’ambulance sur une civière et en entendant la voix des parents et des amis venus la saluer pour la dernière fois, elle eut comme un sursaut. Je vis un changement soudain sur son visage. Non seulement elle ouvrit les yeux, mais elle releva la tête et sourit à chacun. Et elle n’arrêta pas de sourire avant d’avoir salué tout le monde. C’est seulement lorsqu’elle entendit se fermer la porte de la maison qu’elle laissa tomber la tête sur les coussins et… tomba dans le coma.
Pourquoi a-t-elle fait cela ? Pourtant, en réfléchissant à cette absurdité il me semblait en comprendre le pourquoi. L’amour qui la poussait à se préoccuper de tous sauf d’elle lui avait permis, dans un certain sens, de vaincre la mort. Ses yeux en étaient le témoignage le plus manifeste : ils n’exprimaient pas la peur de mourir mais une sérénité qui semblait vouloir consoler les personnes qui l’entouraient, comme pour dire « Soyez tranquilles, parce que moi je suis heureuse ». En un éclair, une pensée a traversé mon esprit : « Anto, le mort c’est toi, Assunta est vivante ! » Alors je me suis dit : « Ne perds plus ton temps ! L’unique direction que ma vie peut prendre c’est l’amour ». Je commençais dans les petites choses à aimer les personnes qui étaient à côté de moi, avec beaucoup de simplicité. Mais avec le temps cette flamme commença à s’éteindre, parce qu’aimer toujours est très engageant. La réponse à ma façon d’agir ne venait pas toujours, au contraire, je rencontrais parfois la dérision. En cette période j’eus l’occasion d’écouter un enregistrement vidéo dans lequel Chiara Lubich parlait de la douleur de Jésus sur la croix quand il crie « Mon Dieu mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Je me suis senti comme libéré. Chiara, en peu de minutes avait dénoué chaque nœud. Sans qu’elle ne sache rien de moi, elle m’a expliqué la vie. Elle m’a fait comprendre qu’aucune douleur ne devait être méprisée mais plutôt aimée, parce que contenue dans la douleur de Jésus. La parole ‘’absurde’’ pouvait parfaitement décrire mon état d’âme à la mort de ma sœur. C’est absurde de mourir à 20 ans ! Mais quand j’eus accepté cet absurde, j’ai retrouvé le sens de mon existence et j’ai compris, comme l’a fait ma sœur, qu’on peut vaincre la mort. Antonio (Teramo, Italie)
Aux États-Unis, les entreprises de l’Économie de Communion (ÉdeC) exploitent des secteurs les plus variés : une entreprise d’ingénierie de l’environnement, un atelier de violon, une école de langue, une agence de voyage, une ferme biologique et différentes entreprises d’assistance et de consultation. Par exemple, l’étude d’avocat de Clare Marie DuMontier « La Visitation », à Appleton dans le Wisconsin, fournit des services de tutelle aux personnes âgées. Clare Marie avait failli quitter sa profession à cause des conflits qui ont miné l’environnement juridique dans lequel elle a travaillé. La Spiritualité de l’unité lui a donné les instruments pour « rester calme et persévérer, et aimer dans les situations les plus stressantes ».
Ces entreprises se soutiennent entre elles avec le réseau « business to business » qui les relie tant au niveau continental qu’au niveau mondial. Des conférences téléphoniques trimestrielles, un congrès annuel national et quelques rencontres internationales sont une grande aide pour renforcer l’engagement et les valeurs du projet ÉdeC, ainsi que pour améliorer les idées. En outre, les entreprises s’engagent à animer les rapports avec les employés, clients, fournisseurs et voisins dans le respect et la transparence. Mais comment fonctionnent les entreprises de l’Économie de Communion dans un contexte de concurrence ? John Mundell est le fondateur et directeur de Mundell & Associates, une entreprise de consultation pour les assainissements environnementaux dans la ville d’Indianapolis. « C’est un changement radical pour notre mode de vie américain, commente John. Dans les entreprises de l’Économie de Communion, nous essayons de voir les entreprises concurrentes non pas comme des adversaires à battre, mais comme des personnes avec lesquelles nous pouvons construire des relations. Dès le début, nous avons essayé de suivre le principe de ne jamais dire du mal d’un concurrent. Nous rivalisons seulement dans la qualité de notre produit et de notre service. Une fois, nous avons participé à un concours assez important pour un travail très élaboré dans un autre État. Lorsque le mandataire pour la ville s’est levé pour présenter nos références, il a confessé avoir parlé non seulement avec notre client, mais aussi avec la concurrence. « J’ai essayé de m’informer sur les défauts de cette entreprise, mais je n’ai jamais entendu autant de commentaires élogieux sur une entreprise de la part de ses concurrents. J’ai confié sans réserve le travail à ces personnes ». » Les entreprises de l’ÉdeC se chargent aussi de favoriser les relations positives dans le milieu où ils travaillent. Par exemple, l’entreprise Mundell a décidé de délocaliser ses bureaux dans une partie de la ville en difficulté, pour donner une impulsion au développement économique de cette zone. « Nous avons décidé d’engager des personnes du lieu pour réparer le toit et aménager le site, raconte Mundell. Nous avons développé des relations étroites avec d’autres entreprises et magasins du lieu. Nos employés font du volontariat dans le réfectoire de l’église voisine « Disciples de Christ » et certains ont aidé à réparer une maison délabrée de notre quartier. Une équipe de télévision est venue ce jour-là et le reportage a été diffusé au journal télévisé du soir. Grâce à cette retransmission, trois ans après nous avons obtenu un contrat de 50 000 dollars ». Certaines des entreprises de l’Économie de Communion les plus développées ont pu offrir des programmes de stage pour étudiants universitaires de différents niveaux, afin qu’ils puissent expérimenter, de l’intérieur, comment ces entreprises fonctionnent. Elizabeth Garlow, qui a fait de la recherche sur le modèle de l’Économie de Communion à l’université, a effectué son stage auprès de l’entreprise Mundell & Associates. « Après cette expérience, raconte-elle, je suis convaincue qu’il est possible de construire des relations familiales au travail. » De : Focolare : Living a Spirituality of Unity in the United States (New City Press, 2011).
La République de Malte est constituée de trois îles principales : Malte, Gozo et Comino. Sa position stratégique en Méditerranée entre Europe et Afrique lui a valu d’être une forteresse parfaite pour beaucoup : Phéniciens, Romains, Arabes, Aragonais, les Chevaliers de saint Jean, Français et Anglais … Les premiers témoignages de présence humaine sur l’île remontent à 5200 avant J.-C. Avec une superficie de 316 km2, Malte est un des États les plus petits et peuplés au monde. La population a atteint les 400 000 habitants. Le secteur touristique est un élément fondamental de l’économie maltaise. Malte a été une des premières colonies romaines qui a embrassé le christianisme, amené par saint Paul vers 60 après J.-C. comme il est écrit dans les Actes des Apôtres. Les Maltais sont, pour la très grande majorité, catholiques et on recense plus de 360 églises entre Malte, Gozo et Comino. D’autres dénominations chrétiennes sont également présentes, dont les anglicans, les orthodoxes, les luthériens, l’Église d’Écosse, les méthodistes, et d’autres religions comme l’hébraïsme et l’islam. Malte fait partie de l’Union européenne depuis 2004. Les premières semences de la spiritualité de l’unité sont jetées déjà dans les années 60. En 1975, il y avait environ 70 personnes qui y adhéraient. La première communauté commençait à se former, les premières vocations au focolare se manifestaient et le désir d’avoir un Focolare sur l’île et de réaliser une Mariapolis à Malte s’exprimait. Finalement, en 1979, la première mariapolis voit affluer 1000 participants. Et, au début des années 80, deux centres des Focolari s’établissent.
La vie a continué à grandir et à s’enraciner : l’année 1999 a été une étape fondamentale de ce chemin. Chiara Lubich est venue sur l’île pour recevoir le doctorat Honoris Causa en « Littérature (Psychologie) » de l’Université de Malte, motivé par la contribution donnée par son charisme pour « cultiver une vision intégrale de la personne humaine dans le domaine de la psychologie ». Dans cette perspective de réflexion est né ensuite dans un environnement international « Psychologie et communion », réseau de chercheurs avec le devoir d’approfondir cette approche psychologique originale. Dix ans après la remise du doctorat à Chiara, s’est tenu, à Malte, un séminaire spécialisé sur la signification psychologique du paradigme relationnel qui émerge de la spiritualité de l’unité. Et aujourd’hui aussi la communauté focolarine maltaise est florissante, et il y a quelques milliers de personnes qui, de différentes façons, ont été touchées par la spiritualité : riches sont les rapports construits au sein de l’Église locale et avec d’autres communautés et Mouvements ecclésiaux. Le fruit concret est le travail qui se fait actuellement sur le chemin vers « Ensemble pour l’Europe 2012 ».
On travaille en étroite collaboration avec des personnes d’autres dénominations chrétiennes, au conseil œcuménique maltais et aussi avec l’église locale maltaise à la commission œcuménique diocésaine. Les contacts avec la communauté musulmane sont fréquents et très amicaux, en particulier lors de certains événements où on a collaboré en travaillant ensemble avec les jeunes. Un des plus récents développements dans le domaine culturel, en particulier dans le domaine médical, pédagogique, sportif, et aussi politico-juridique : des membres des Focolari, appartenant aux deux partis politiques principaux, cherchent à donner leur témoignage de fraternité. Parmi les différentes initiatives maltaises pour adhérer à l’Économie de Communion, est née, en 1992, l’école d’anglais « The Voice », très appréciée aussi par le Ministère de l’Éducation pour le climat cordial et accueillant et pour le professionnalisme de l’enseignement. Un accueil que saint Paul, naufragé sur l’île (Ac 27,26), avait aussi expérimenté. Il y est resté pendant trois mois, laissant – comme l’a rappelé Benoît XVI lors de son voyage en 2010 – « un signe indélébile dans l’histoire de votre pays ». Et, à cette occasion, il avait encore rappelé comment, grâce à la présence de Paul parmi les Maltais, « l’Évangile de Jésus s’est profondément enraciné et a produit des fruits non seulement dans la vie des personnes, des familles et des communautés, mais aussi dans la formation de l’identité nationale de Malte et dans sa culture vivante et singulière ». Lien : www.thevoicelanguageschool.com
« Le froid, qui a tenaillé toute l’Italie dès la fin de la semaine passée déjà, pourrait être la métaphore du niveau et de la complexité de la crise dans laquelle se trouve l’Italie, écrit Paolo Loriga. En toute conscience, un rendez-vous avec les responsables de chaque niveau du Mouvement des Focolari en Italie avait été fixé depuis longtemps, à Castel Gandolfo, du 3 au 5 février. Un nombre très important de personnes présentes (400), deux jours et demi d’analyse, de dialogue et de discussion, avec un objectif précis : que faire de plus et de mieux pour l’Italie d’aujourd’hui ?
Les résultats indiquent avant tout un engagement communautaire renouvelé dans les besoins du pays, qui se manifeste à travers certaines priorités évidentes et partagées. Ainsi, en ce qui concerne la politique, les Focolari italiens ont décidé d’accomplir l’engagement déjà annoncé par le Mouvement politique pour l’unité, celui de relancer la réforme de la loi électorale en vigueur. Concernant l’économie et le travail, le réseau existant entre demande et offre de travail dans toutes les zones du pays sera développé et rendu plus efficace. Au sujet des jeunes et de la nécessité de créer des emplois, l’incubateur de nouvelles entreprises qui fonctionne à l’échelle régionale au Pôle entrepreneurial de Loppiano, aux portes de Florence, acquerra une dimension nationale pour offrir des services partout où des emplois peuvent être créés.
En ce qui concerne l’urgence éducative et la légalité, de nouveaux chantiers démarreront et ceux en cours se développeront, de façon à coordonner avec une grande efficacité les initiatives entreprises, afin que les deux thèmes soient le fil conducteur qui unira plusieurs opérations des Focolari exécutées dans les différents territoires du pays. Quant à l’immigration, à l’intégration et au dialogue interreligieux, une carte mise à jour au niveau national sur les différentes activités pour ceux qui arrivent en Italie est devenue nécessaire.
Une photographie analogue devra être prise de la présence actuelle des membres du Focolare dans tous les organismes avec la participation de l’Église catholique. Un soutien renouvelé et encore plus convaincu s’est manifesté avec beaucoup de passion sur deux fronts significatifs : le rapport profond avec les communautés islamiques et les écoles de participation pour jeunes du Mouvement politique pour l’unité. Dix ont été ouvertes depuis novembre dernier. Des résultats très concrets pour le futur du pays. » Paolo Lòriga Source : Città Nuova
Nous avons vu des années l’étoile jaune à quatre pointes sur fond bleu. Elle a aussi été la base graphique de www.focolare.org jusqu’au 22 janvier 2011. Mais Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, avait vu ce symbole plutôt comme le drapeau des Cités-pilotes du Mouvement. En 2000, elle précisait cependant : « J’ai compris, intérieurement, que le logo du Mouvement des Focolari n’est pas l’étoile, c’est cette Sainte Vierge avec, en dessous, toutes les vocations. [= différents choix de vie] C’est notre (logo). Et alors nous devons étudier… nous devons chercher une personne artiste qui nous le dessine… ». Chiara se référait à la représentation de la Mère de Dieu dans l’art sacré, revêtue d’un manteau qui rassemble les différents peuples, les différentes professions… qui avec ses bras accueille tout le monde et en même temps est ouverte à tous.
Ces instructions ont aussi inspiré le travail pour la mise en page du site officiel international actuel, mais nous sommes conscients que le travail pour la recherche d’un logo, auquel les Focolari au niveau international pourraient s’identifier, est bien plus long et complexe. Pour cette raison, un concours pour la réalisation du logo du Mouvement des Focolari a été ouvert. Un jury de sept professionnels des différents continents évaluera les travaux. Tous sont invités à envoyer leurs idées ou ébauches à : azzurro.co@focolare.org
Pour plus d’informations :
Lundi 6 février, dans la localité de Cugy, 350 personnes ont pris part à la cérémonie funèbre pour saluer une dernière fois Marisa Baù, en terre helvétique. La Messe a été concélébrée par 8 prêtres. Mgr Charles Morerod, évêque du lieu et Mgr Jean-Claude Périsset, nonce apostolique à Berlin, originaire de Estavayer-le-Lac, proche de Montet, ont exprimé dans leur message, leur participation, leur proximité et leur soutien à la famille et aux focolarini de Montet. Marithé Vuigner, coresponsable du Centre de Montet, a reparcouru brièvement les 40 jours vécus depuis la disparition du 20 décembre jusqu’au moment de la découverte du cadavre et elle a fait un rapide portrait de Marisa Baù. À l’issue de la cérémonie, le corps a été transporté en Italie, accompagnée de quelques membres de sa famille qui étaient venus à Montet et d’un groupe de focolarini.
Le lendemain, mardi 7 février, une grande foule attendait Marisa à l’église du hameau de Sasso di Asiago, pour lui donner l’ultime salutation, au cours des obsèques célébrées par le curé de la paroisse de Gallio, le père Lauderio Dal Bianco. Au nom de la famille, une nièce a salué Marisa, mettant en lumière son amour pour sa famille et pour la vie. Les rapports de l’autopsie qui devraient établir les causes de la mort devraient arriver dans un mois. « Nous sommes face à une situation tragique, douloureuse, dans laquelle nous voyons combien le Mouvement s’identifie plus que jamais avec les drames de l’humanité d’aujourd’hui », a écrit ces jours-ci Maria Voce aux communautés du Mouvement. Et elle continue : « Il nous reste, pour nous réconforter, le témoignage de la générosité avec laquelle Marisa s’est donnée à Dieu, avec laquelle elle a vécu toutes ces années dans une attitude de donation totale aux autres focolarines, au travail qui lui était confié et qu’elle assumait avec responsabilité et engagement. Croyant plus que jamais dans l’amour de Dieu pour Marisa, continuons à prier pour elle et pour toute sa famille. Lire tout l’article sur Città Nuova (en italien) – http://www.cittanuova.it/contenuto.php?TipoContenuto=web&idContenuto=333590 Pour info : area stampa – https://www.focolare.org/area-press-focus/it/news/2012/02/01/marisa-bau-1963-2011/
Approfondir les connaissances réciproques, échanger des rapports nouveaux entre chrétiens de différentes Eglises et promouvoir le style de vie oecuménique caractérisé par les connaissances réciproques, échanger des rapports nouveaux entre chrétiens et promouvoir le style de vie oecuménique caractérisé par le “dialogue de la vie” inhérent à la spiritualité de l’unité: de nombreuses occasions pour vivre tout cela durant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. La devise de cette année, c’est: “Tous, nous serons changés … dans la victoire … par notre Seigneur Jésus Christ” (Première lettre aux Corinthiens 15,51-58). Nous poursuivrons par quelques brèves nouvelles.
Italie – Beaucoup voient dans la Parole de vie du mois de janvier, qui suggère la façon de vivre la devise de la Semaine, un instrument précieux de sensibilisation oecuménique. A Modène, elle a été distribuée à toutes les personnes présentes à une célébration, suscitant immédiatement des échanges animés. A Biella, les participants à une réunion qui concluait la Semaine ont écouté avec enthousiasme la proposition visant à mettre à disposition pour les baptêmes des différents Eglises présentes sur le
territoire
– Vaudoise, Roumaine-Orthodoxe et Russe-Orthodoxe – l’antique Baptistère qui se trouve à côté de la cathédrale catholique, monument du Xème siècle, érigé par des fidèles de l’Eglise encore indivise, érigé avant les multiples divisions. Cela répond au souhait de voir l’utillisation du Baptistère pour toutes les églises multiplier les occasions de rencontre et la connaissance réciproque entre les différentes communautés. A Bari, le groupe oecuménique, qui est actif toute l’année, a, pour la Semaine, organisé une série de moments de prières dans différentes églises catholiques et évangéliques et, pour la première fois, dans une communauté pentecôtiste – la Christ Victory Church – formée surtout de fidèles d’origine africaine. Avec eux, se sont établis des rapports qui vont au-delà de la prière, concrètement, avec des aides pour des visites médicales, par la récolte de vêtements etc.
France – La célébration oecuménique de Lyon – préparée par le Comité diocésain pour l’oecuménisme et le Comité des responsables d’églises de Lyon – a été retransmise par France 2 et en direct par la radio française. Les paroles du Cardinal Barbarin ont confirmé le désir de travailler pour l’unité: “.Ne perdons pas de temps à nous lamenter sur les divisions du passé ou du présent, et faisons tout pour en éviter de nouvelles dans le futur… Lançons-nous hardiment dans l’œuvre de transformation que la Résurrection rend possible ».
Equateur – De Quito, on nous raconte l’expérience d’un choeur oecuménique dirigé par une prêtre anglican: «Une expérience de fraternité qui, grâce à la passion commune pour le chant et pour le dialogue, a fait naître des rapports profonds et s’est rapidement transformée en témoignage d’unité très fort. Outre les Focolari, en font partie des membres de l’Eglise épiscopale, du mouvement Jean XXIII, de la famille salésienne etc. Le choeur accompagne tous les ans les célébrations de la Semaine de prière et d’autres initiatives oecuméniques. Ces journées-là, justement, les choeurs ont décidé de participer au concours “Groupe musical du 50° anniversaire de la Coopération Fraternelle Munich (Bavière) – Equateur”. Nous espérons donc que tous, y compris en dehors des frontières nationales, acquièrent, la certidude de l’unité pleine et visible».
En conclusion de la Semaine de prière, Benoît XVI a constaté les « signes positifs » de la «fraternité retrouvée» et d’un « sens partagé des responsabilités » face aux défis du monde. Il a rappelé en outre comment «la présence du Christ ressuscité nous appelle, nous tous, les chrétiens, à agir ensemble pour la cause du bien. Unis dans le Christ, nous sommes appelés à partager sa mission”. Les nouvelles internationales de retrouvailles fraternelles et de joie le confirment.
Ils sont apparu à la télévision, dans les kiosques, les librairies et, surtout, dans les agendas et dans les poches de bon nombre d’entre nous, sur les cartes de vœux envoyées et reçues par petits et… grands. Et maintenant ils ont débarqué sur le web. Gibì et DoppiaW ont ouvert un site, où tous peuvent trouver un espace de réflexion sereine grâce à des écrits de l’auteur, des jeux et des chants, des lettres et des expériences d’éducateurs, de jeunes et d’enfants. Mais ce sont les cases de la BD les éléments les plus importants : comme des fenêtres sur leur vie, les brèves histoires de Gibì et DoppiaW nous permettent de les accompagner sur un chemin extraordinaire et à la portée de tous ; avec pour ingrédients de l’humour, de la stupeur et de l’innocence.
Gibì et DoppiaW sont en effet nés ainsi, de l’idée d’un éducateur qui cherchait comment aider un adolescent qui vivait un moment difficile. Comment le toucher sans être paternaliste ? Ayant de la facilité en dessin, voici l’idée : mettre sur papier un dialogue et des aventures entre deux clowns comme excuse pour transmettre une espérance qui avait toujours raison d’être. Le reste appartient à l’histoire.
Pour la valeur pédagogique et éducative de leurs aventures, Gibì et DoppiaW sont devenus les protagonistes de quelques projets pour les écoles en Italie et ensuite dans de nombreux pays dans le monde. Depuis plus de cinquante ans, Grazia Honegger Fresco est une des auteures les plus influentes d’ouvrages dans le domaine éducatif : en 2006, elle a publié Gibì et DoppiaW dans « il Quaderno Montessori » (une revue éducative trimestrielle) et a déclaré : « Ce sont des personnages très efficaces (…). Il y a la spiritualité et aussi le divertissement, il y a la joie de vivre (…). Ils semblent être une grande richesse pour les personnes ». Comme les meilleurs films, qui en noir et blanc témoignent de leur âge, mais ne le montrent pas du tout, les deux personnages sortis de la vie et de la plume de Walter Kostner ont aussi grandi ces dernières années sans jamais devenir grands. Ils portent très bien le poids des ans et des histoires, grâce à la sagesse dont ils font cadeau, mais aussi grâce aux rires sains que leur compagnie provoque habituellement chez ceux qui les lisent et les rencontrent. Par un savant équilibre entre silence et mots, ces deux clowns peuvent parfois aussi devenir dérangeants : avec leur sincérité effrontée et la légère ironie, Gibì et DoppiaW bouleversent notre vie tranquille et nous poussent à nous rapprocher du prochain de façon concrète et à trouver dans chaque difficulté de la vie le côté positif.
C’était le dimanche 5 février, à l’Angélus. Avant la prière à Marie, le pape a consacré sa réflexion à l’Évangile du dimanche, le passage où Jésus guérit des malades. « Même face à la mort – commente le pape – la foi peut rendre possible ce qui est humainement impossible. Mais la foi en quoi ? En l’amour de Dieu. Voilà la vraie réponse, et le mal est irrémédiablement vaincu ». « De même que Jésus a affronté le Malin avec la force de l’amour qui lui venait de son Père, nous aussi, nous pouvons affronter et vaincre l’épreuve de la maladie en gardant notre cœur immergé dans l’amour de Dieu. » C’est à ce moment que le pape a rappelé l’exemple de Chiara Luce Badano, jeune fille de Sassello qui faisait partie du Mouvement des Focolari et que l’Église a proclamée bienheureuse le 25 septembre 2010. Le pape a nommé Chiara Luce parmi « les personnes qui ont supporté des souffrances terribles parce que Dieu leur donnait une sérénité profonde ». Le pape porte dans son cœur la bienheureuse Chiara Badano « fauchée dans la fleur de l’âge – a-t-il dit à l’Angélus – par un mal incurable : tous ceux qui allaient la voir recevaient d’elle lumière et confiance ! Cependant, dans la maladie, nous avons tous besoin de chaleur humaine : pour réconforter une personne malade, une proximité sereine et sincère compte plus que les paroles ».
Ce n’est pas la première fois que Benoît XVI cite l’exemple de Chiara Luce pour proposer aux communautés chrétiennes un exemple de confiance en l’amour de Dieu. Il l’avait déjà fait à Palerme où il avait demandé aux jeunes de mieux la connaître : « Une courte vie », avait-il dit, durant laquelle elle a su donner « un message étonnant ». « Dix-neuf années pleines de vie et de foi. De douleur aussi, pour les deux dernières, vécues dans la foi et dans la joie qui venait de son cœur empli de Dieu ». C’est avec cette lumière dans le cœur que Benoît XVI a rappelé à l’Angélus du 5 février la journée mondiale du malade que l’Église célébrera samedi prochain 11 février, fête de Notre Dame de Lourdes. Les parents Interview vécu comme une lumière claire sur la maladie
L’Inde, sous-continent de plus d’un milliard 170 millions d’habitants, pourrait bientôt dépasser la Chine en termes de population. Un pays à la croissance rapide, parmi les plus grandes économies mondiales, et en même temps avec un taux élevé d’analphabétisme, de pauvreté et de malnutrition. Une grande diversité religieuse, à majorité hindoue avec 80 % et 2,3 % de minorité chrétienne. On comprend pourquoi, parmi les dialogues les plus développés par les Focolari dans cette nation, il y a justement le dialogue interreligieux, en particulier avec le monde hindou. Le Mouvement des Focolari est présent en Inde depuis 1980. Aujourd’hui, il y a des centres des Focolari à Mumbai, Bangalore, Goa et New Delhi qui promeuvent différentes activités : Mariapolis, rencontres mensuelles pour adultes, familles et jeunes. Dans différentes villes – Vasai, Pune, Panjim, Margao, Vasco, Trichy – il y a des groupes actifs de personnes qui adhèrent à l’esprit des Focolari.
Différents microprojets sociaux fleurissent autour des communautés du Focolare pour l’éducation des enfants, pour la promotion humaine de la femme et comme soutien aux familles en difficulté, aussi avec les soutiens à distance : les plus connus sont « Ilanthalir » (jeunes pousses en langue Tamil) dans le sud de l’Inde et à Mumbai « Udisha » – « Le rayon de soleil qui annonce une nouvelle aube ». Nés pour « montrer une réponse concrète à la pauvreté qui nous entoure », ils comprennent aujourd’hui environ 2400 enfants en tout, ainsi que leur famille. Ils se sont particulièrement engagés à diffuser les valeurs de la fraternité universelle dans le monde des adolescents en sensibilisant des jeunes de toutes les religions lors de différentes manifestations, aussi au niveau international. En 2009, le Supercongrès – rendez-vous traditionnel des Jeunes pour un monde uni – s’est tenu précisément à Coimbatore, accueillant en Inde des adolescents du monde entier. Il y a aussi beaucoup de microréalisations, racontées lors de la récente réunion d’Humanité Nouvelle (Mumbai, septembre 2011). Parmi les participants, un médecin de Goa qui a donné vie à une clinique mobile, la Prabhu Prasad Clinic, en mettant ensemble les services de différents médecins, avec un champ d’action et de soin qui va des personnes âgées aux enfants. Chiara Lubich a visité l’Inde plusieurs fois, dans le cadre du dialogue avec les frères hindous, après avoir connu, à travers la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix, Dr Aram, fondateur de Shanti Aram. En 2001, à Coimbatore (Tamil Nadu), elle reçoit le Prix « Défenseur de la Paix » de la part de Shanti Ashram et du Mouvement Sarvodaya. Elle y retourne ensuite en 2003 où, au Centre de culture indienne Bharatiya Vidya Bhavan, comme il lui a été demandé, elle communique sa vocation spécifique à l’unité et à la fraternité universelle. Ont suivi et continuent : tables rondes, conférences, échanges de visites et de nombreux symposiums, dont le dernier en décembre 2011. Des occasions de dialogue, de pas en avant dans la construction de rapports de fraternité vraie avec le monde hindou, comme en témoigne, par exemple, le docteur Vijaya Bhatia, professeur de Yoga, qui est intervenue lors du 4e symposium hindou-chrétien « Lire, interpréter et vivre les Écritures pour réaliser la paix et la fraternité universelle ».
Un idéal de vie qui se concrétise au quotidien, comme pour cette jeune de Mumbai qui a préféré donner à une personne dans le besoin son propre argent récolté avec difficulté pour payer une facture médicale très élevée. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque le même soir elle reçoit un appel : c’était l’administration de l’hôpital qui, pour une erreur de calcul, lui devait 300 roupies ! C’est l’expérience de vivre l’Évangile qui se reflète non seulement dans la sphère personnelle et privée, mais aussi dans le social. Les statistiques peuvent effrayer, mais en visant à être « le changement que tu veux voir dans le monde », comme l’enseignait Gandhi, les semences de fraternité continuent à grandir.
Je m’appelle Vijaya Bhatia, je suis hindoue et j’adhère à l’esprit du Mouvement des Focolari depuis 1988. Le contact avec Chiara Lubich m’a aidée à mieux comprendre ma religion. Il m’a rendue plus généreuse dans le partage des pensées, des biens matériels et de tout ce que j’ai, mais, à ma grande surprise, quand je donne quelque chose, je reçois le centuple. J’en ai déjà fait l’expérience plusieurs fois. Comme lorsque j’ai donné à une femme deux de mes nouveaux vêtements et, le jour suivant, j’ai reçu trois habits de ma famille.
En 2005, ma maison a été inondée à cause de fortes pluies. En rentrant, je ne savais pas quoi faire : je n’avais pas assez d’argent pour acheter une nouvelle maison ! À quelques pâtés de maison, il y avait la maison de ma cousine, qui a aussi subi des dommages, mais moins graves. J’ai pensé : je ne peux rien faire pour ma maison, mais au moins je peux l’aider. J’ai donc téléphoné à des membres de ma famille en les invitant à contribuer : nous avons récolté 50 000 roupies. Elle n’en croyait pas ses yeux… et moi non plus : quelques jours plus tard, j’ai reçu, d’une source anonyme, le double de l’argent nécessaire pour ma maison ! Une nuit, durant l’hiver, j’étais dans mon lit bien au chaud, quand je me suis rendue compte qu’il y avait de nombreux travailleurs à la journée qui dormaient dehors, au froid. Je n’ai pas réussi à trouver le sommeil. J’ai pensé à la règle d’or : « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse ». Le jour suivant, je suis allée acheter des couvertures pour ces personnes. J’ai choisi les meilleures et plus moelleuses, au lieu des dures bon marché. Puis j’ai vu qu’il y avait aussi beaucoup d’enfants. Je suis allée au magasin où ils s’approvisionnaient et j’ai demandé au commerçant s’ils avaient acheté du lait. Le propriétaire m’a dit qu’ils l’ont acheté pour les plus petits, mais pas pour les enfants plus âgés. J’ai donné de l’argent au propriétaire du magasin pour qu’il puisse donner du lait à tous. Cela dure depuis plus de trois ans maintenant.
Un jour, une patiente est arrivée, une femme hindoue qui souffrait de dépression, de tension élevée, d’insomnie, de ballonnement, etc. En écoutant son histoire, j’ai compris que ses problèmes ont commencé le jour où sa fille a épousé un jeune musulman. Elle l’a rejetée depuis lors. Je peux comprendre la souffrance de cette femme. Lorsque j’étais petite, nous avons tout perdu suite à la partition de l’Inde et du Pakistan. Nous avons dû quitter notre maison au Pakistan et venir en Inde. Mais moi, avec le temps, j’ai compris que nous ne pouvons pas vivre en alimentant dans notre cœur la haine éprouvée par le passé. J’ai donc expliqué à cette femme que lorsqu’elle avait semé la graine de la haine dans son âme, le résultat a été un arbre de haine, cause principale de tous ses problèmes. Si elle voulait vraiment être guérie, elle devait pardonner et semer la graine de l’amour dans son cœur. Je croyais qu’elle avait compris, et je lui ai prescrit un médicament. Lorsqu’elle est revenue, elle avait encore tous ses problèmes et j’ai compris qu’elle n’avait rien fait. Alors j’ai pensé que je pouvais le faire à sa place : j’ai pris le téléphone, je l’ai fait parler avec sa fille pour l’inviter – elle et son mari – à dîner le soir même chez elle. Deux mois plus tard, comme le rapport avec sa fille et son gendre s’était amélioré, son état de santé s’était aussi amélioré. Un jour, j’ai eu la grande joie de les voir tous ensemble dans ma clinique : c’était comme voir un fragment vivant dans la mosaïque de la fraternité « universelle ». Témoignage apporté durant le 4e Symposium hindou-chrétien, Mumbai, 10-14 décembre 2011
Mumbai est le centre économique de l’Inde et une des villes les plus grandes et les plus peuplées du Pays. Mais une grande partie de ses vingt millions d’habitants vivent dans les rues ou dans les taudis, les bidonvilles qui constellent le panorama urbain. Dans l’un d’eux situé à quarante minutes de train du centre-ville, au nord-ouest, quatre cent mille personnes habitent dans des conditions d’extrême pauvreté. C’est justement ici qu’en 1997 – à partir du désir d’aider quelques familles du bidonville – est né un projet social en collaboration avec le ‘’Soutient à distance’’d’Actions pour Familles Nouvelles (AFN). En 2001, durant sa première visite en Indes, Chiara Lubich a encouragé à poursuivre et développer cette activité comme ‘’réponse concrète à la pauvreté qui nous entoure’’. Dès lors le projet a grandi : aujourd’hui 115 enfants et jeunes y participent, ils ont de 4 à 22 ans. Les activités visent à soutenir la formation scolaire, soigner la nutrition et la santé, améliorer la qualité de vie des jeunes et des familles. En 2004 le projet a pris le nom de‘’Udisha’’ qui signifie ‘’Le rayon de soleil qui annonce une aube nouvelle’’. Aujourd’hui, Udisha participe aussi au projet Schoolmates (camarades de classe) imaginé pour promouvoir un lien entre les classes et les groupes de garçons et de filles de différents pays, et soutenir de micro-projets de solidarité.
Le groupe qui coordonne le projet est formé de quelques focolarini, des enseignants et des collaborateurs. Parmi eux, une psychologue, et un médecin qui met à disposition son hôpital pédiatrique, travaillant gratuitement. Le Cardinal et les évêques de la ville ont plusieurs fois exprimé le fait qu’ils appréciaient le témoignage donné par Udisha où se concrétise la ligne d’action en faveur des plus pauvres apparue au Synode diocésain. De même au niveau paroissial s’est créée une intense collaboration avec les diverses associations présentes. Grâce à quelques Gen2, Udisha est reconnue par l’Université comme centre où peuvent avoir lieu les heures de ‘’service social’’ demandées par le programme scolaire.
Principales activités :
« Le Genfest aura pour message central : l’Unité. Le titre choisi est : « let’s bridge » (construisons des ponts) », raconte Ark Tabin, 23 ans, philippin. La métaphore de la construction d’un pont sera utilisée comme symbole de la construction de relations authentiques, ce sera le fil conducteur du programme qui se déroulera au Palais des Sports de Budapest (qui peut contenir jusqu’à 12 500 personnes) et sur des ponts qui enjambent le Danube, du 31 août au 2 septembre 2012. L’organisation de cet évènement est déjà une expérience d’unité, qui se fonde sur l’effort continu de l’accueil et de l’écoute de l’autre qui porte au dialogue vrai et à la construction de relations profondes. Une nouvelle étape de cette expérience se déroulera les 11 et 12 février prochains avec environ 70 jeunes qui se retrouveront à Sassone (près de Rome), pour continuer la préparation du programme de cette 10ème édition.
« Même si nous attendons beaucoup de ce Genfest, nous sentons qu’il ne peut pas rester seulement un évènement, même un grand évènement, mais qu’il doit devenir l’étape d’un parcours, point d’arrivée et de départ pour la construction du Monde Uni. Nous avons besoin aujourd’hui de ce témoignage d’unité, nous ne pouvons pas revenir en arrière », rappelle Thyrseane Tupinamba, 23 ans, brésilienne, qui fait partie de l’équipe centrale de l’organisation du Genfest avec d’autres jeunes et adultes de provenance très diverses (Etats Unis, Hongrie, Argentine, Italie, Brésil…). Des jeunes à partir de 17 ans (18 pour la France) de plus de 40 pays, ont déjà confirmé leur présence au Genfest en Hongrie. Une avant-première du programme est disponible sur la page web www.genfest.org En anglais, portugais, polonais, italien et espagnol vous pourrez trouver la page facebook officielle du Genfest. Suivez-nous !
«Être Jésus 24 heures sur 24» était le titre du congrès australien dédié aux Juniors qui a eu lieu au Centre Mariapolis de Melbourne, en Australie. 115 juniors de 9 à 17 ans, en provenance de différentes villes du pays, mais aussi de Nouvelle Zélande et de Nouvelle Calédonie. A cette occasion, sont venus Nadia Xodo et Agostino Spolti, responsables mondiaux du Mouvement Juniors pour un Monde Uni. La rencontre a duré cinq jours. Elle a pu se réaliser grâce à une communion des biens mise en acte, durant toute l’année dernière par les Juniors avec des familles et des amis. Même les magasins et les marchés de la région ont voulu contribuer en donnant des fruits, des légumes, du pain, de la viande et des boissons.
Le programme prévoyait des moments d’approfondissement sur l’Evangile, comment le mettre en pratique, mais aussi des espaces de dialogue et de partage d’expériences de vie. «Les moments de communion ont été profonds – dit Madeline – et nous ont aidés à comprendre que nous ne sommes pas seuls à essayer d’être un autre Jésus à tout moment de notre vie». La remise d’un exemplaire de l’Evangile à chacun a été un moment solennel. «J’ai vraiment senti la présence de Jésus – affirmait un des ados – comme si c’était Lui en personne qui nous remettait Sa Parole». La lecture de l’Evangile de ce jour-là, avec l’appel des apôtres, a mis une résolution dans le coeur de chacun: vivre l’Evangile dans son propre milieu comme apôtres envoyés par Dieu, aujourd’hui, pour l’évangélisation de ces terres.
Le deuxième événement a eu comme cadre la Nouvelle Zélande, merveilleux archipel de hautes montagnes avec une mer cristalline. Au camp de “Run4unity” de Lower Hutt, ont participé 60 juniors de tous âges. Le thème: l’actualisation de la vie de l’Evangile dans nos villes. Beaucoup d’ados ainsi que leurs familles, en tant que réfugiés, provenaient d’autres pays. Des expériences fortes, souvent douloureuses, mais vécues dans un profond rapport “en cœur à coeur” avec Dieu. Ensemble, ils ont ensuite approfondi l’action «Colorons la ville» que les Juniors pour un Monde Uni ont lancé au niveau mondial pour aider les personnes seules ou défavorisées de leurs villes,. Beaucoup d’idées ont jailli pour réaliser cette action, comme ces activités qui impliquent les ados de la population aborigène.
Dernière étape, Perth. La rencontre s’est caractérisée comme une journée itinérante: les juniors ont accompagné Nadia et Agostino à travers cette magnifique ville où les beautés naturelles et les quartiers modernes dessinent des paysages très harmonieux. Ainsi, entre les rives du fleuve Swan et celles de l’Océan Indien, les Juniors ont raconté l’histoire de la ville, ses contrastes entre colonisateurs et aborigènes, ses caractéristiques et problématiques d’aujourd’hui. Puis s’est ouvert un dialogue sur l’engagement dans la vie chrétienne, mais aussi sur la responsabilité et la beauté de la réponse de chacun à l’appel de Dieu. En se saluant, ils ont exprimé le désir de continuer à se rencontrer pour approfondir la vie de l’Evangile et pouvoir inviter leurs amis, en vue également du relais mondial «Run4unity» du 12 mai prochain, auquel, les Juniors de cette région, à l’extrême ouest du monde, seront parmi les premiers à lancer le départ.