Mouvement des Focolari
Un filet d’amour

Un filet d’amour

Lia Brunet avait connu Chiara Lubich en 1945 à Trente. Ce sera elle, avec le premier Focolarino Marco Tecilla et Fiore Ungano, qui entreprendra le premier voyage hors de l’Europe, en 1958. C’étaient les années de graves conflits sociaux sur tout le continent latino-américain. Ce voyage sera le début du tissage d’un filet d’amour qui jettera les semences de renouvellement spirituel et social dans ces pays, où Lia a dépensé sans compter 44 ans de sa vie. Elle nous a laissé le 5 février. A Noël elle avait eu 87 ans.

Ce premier voyage en Amérique latine, est un voyage plein d’inconnu. A Trente, avec Chiara, dans les quartiers les plus pauvres, elle avait expérimenté la force de la transformation sociale de l’évangile vécu et de sa diffusion. En 12 mois intenses, ils avaient fait étape à Récife, Sao Paolo, Rio de Janeiro, Bel Horizonte au Brésil, à Montevideo, en Uruguay, à Buenos Aires en Argentine, à Santiago du Chili… ainsi s’esquisse leur programme dans le « journal d’un voyage ». « La nôtre aussi était une révolution, en utilisant l’arme la plus puissante, l’Amour que Jésus a porté sur la terre. Nous aussi nous parlions d’un « homme nouveau », celui de Saint Paul, mais aussi du « vieil homme », que nous cherchions à faire mourir, principalement en nous même. Ainsi notre projet est un projet de mort et de vie qui pointe sur le « Que tous soient un ».

Commentaire de Chiara Lubich à la Parole de vie du mois de fevrier 2005

Que veut nous dire l’Eglise durant le carême ? Que nous sommes en chemin vers la Pâque, où Jésus, par sa mort et sa résurrection, nous introduit dans la vraie vie et nous conduit à la rencontre de Dieu. Ce chemin est une sorte de traversée du désert qui n’est pas exempt de tentations et d’épreuves.
C’est d’ailleurs justement au désert que le peuple d’Israël, en marche vers la terre promise, abandonna un moment son Dieu pour adorer le veau d’or.
A son tour Jésus parcourt le même chemin dans le désert. Il est lui aussi tenté par Satan, qui lui demande d’adorer succès et pouvoir. Mais Jésus rejette les flatteries du mal et se tourne résolument vers l’Unique Bien :

« Le Seigneur ton Dieu tu adoreras et c’est à lui seul que tu rendras un culte. »

Comme pour le peuple juif et comme pour Jésus, nous sommes souvent tentés, dans notre vie quotidienne, d’emprunter des chemins de facilité. On nous invite à trouver notre joie et notre sécurité dans l’efficacité, la beauté, le plaisir, la possession, le pouvoir… toutes choses qui, sans être mauvaises en elles-mêmes, peuvent être érigées en absolus et qui deviennent souvent, dans notre société, réellement des idoles.
Quand on ne reconnaît pas Dieu, qu’on ne l’adore pas, d’autres « dieux » viennent le remplacer. D’où la diffusion du culte de l’astrologie ou de la magie…
Jésus nous rappelle que nous trouvons notre pleine réalisation non pas dans la recherche des choses éphémères, mais si nous nous mettons devant Dieu, de qui tout provient, et si nous le reconnaissons comme notre créateur, le Maître de l’histoire, notre Tout.
Nous cheminons vers le ciel, vers Dieu. Là-haut nous chanterons sans cesse sa louange. Alors pourquoi ne pas le faire dès maintenant ?
Nous sentons la soif de l’adorer, en le louant du fond du cœur, lui qui nous rencontre dans l’eucharistie et qui vit l’assemblée qui le fête !

« Le Seigneur ton Dieu tu adoreras et c’est à lui seul que tu rendras un culte. »

Mais que signifie « adorer » Dieu ?
C’est un geste réservé exclusivement à Dieu. Adorer Dieu revient à lui dire : « Tu es tout », c’est-à-dire à le reconnaître pour « celui qui est » ; et moi, j’ai le privilège immense d’avoir reçu la vie pour le faire.
Mais « adorer » implique également que l’on ajoute : « Moi, je ne suis rien ». Il ne suffit pas de le dire. Pour adorer Dieu, il nous faut nous abaisser nous-mêmes, reconnaître que, de nous-mêmes, nous ne sommes rien, afin qu’il puisse agir en nous et dans le monde. Cela nous oblige à démolir constamment les fausses « idoles » que nous sommes tentés de nous construire dans la vie.
Proclamer par notre vie que nous ne sommes rien et que Dieu est tout, est un chemin tout à fait positif. Si nous nous tournons vers Dieu et faisons nôtre sa pensée révélée par l’Évangile, nos propres pensées sont déjà mortifiées. Si nous accomplissons sa volonté telle qu’elle nous est indiquée dans le moment présent, nos tendances égoïstes sont mises en échec. Si Dieu prend toute sa place dans notre cœur et si « nous nous faisons un » avec notre prochain en partageant ses inquiétudes, ses peines, ses joies, alors nous pouvons vaincre nos affections désordonnées.
Sans nous en rendre compte, en étant sans cesse « amour », nous ne sommes rien. Et en vivant ce rien, nous affirmons par notre vie que Dieu est tout, nous ouvrant ainsi à la véritable adoration.

« Le Seigneur ton Dieu tu adoreras et c’est à lui seul que tu rendras un culte. »

Il y a des années, quand nous avons découvert qu’adorer Dieu revenait à proclamer sa grandeur et affirmer que de nous-mêmes nous n’étions rien, nous avons composé cette chanson : « Si les étoiles s’éteignent dans le ciel/si chaque jour a une fin/si la vague se perd dans la mer pour ne pas revenir/tout cela est pour ta gloire./Que la création te chante :/Tu es tout./Et que toute chose se dise à elle-même :/Je ne suis rien ! »
Nous expérimentions alors que, lorsque nous nous vidions de nous-mêmes par amour, le Tout, Dieu, emplissait notre rien. Dieu entrait dans notre cœur.

 

Chiara Lubich

 

(suite…)

Bolivie : opération « Plus haut qu’El Alto »

 El Alto, symbole de la révolte

El Alto, haut plateau de La Paz, la capitale bolivienne, est le symbole de la révolte, des conflits et de l’exaspération du peuple bolivien. La situation sociale de la Bolivie alimente un état de conflit permanent qui entraîne manifestations et grèves, comme ces derniers jours, toujours à El Alto, pour demander des aides financières afin de pouvoir accéder au service d’eau potable. Il y a encore environ 40 000 familles qui n’y ont pas accès.

Parmi les nombreuses initiatives qui se font jour dans le pays est née l’opération « Plus haut qu’El Alto », mise en place par le mouvement des Focolari, pour porter la situation sociale conflictuelle sur un plan plus élevé, avec l’apport de la dimension spirituelle. Il s’agit d’une « école de formation aux responsabilités civiles », prélude à des actions humbles mais concrètes où la solidarité et la fraternité imprègnent les relations sociales. Un groupe de dialogue a commencé pour approfondir des thèmes importants avec l’aide de spécialistes, par exemple le document élaboré par la Conférence épiscopale bolivienne, avec une analyse approfondie de la réalité sociale et quelques propositions pour une nouvelle loi qui régisse l’exploitation des ressources naturelles, essentielles au développement économique du pays.

Les conflits sociaux

Malgré d’importantes ressources naturelles (gaz et gisements de pétrole), la Bolivie souffre depuis des siècles d’une pauvreté endémique, due en partie à une injuste répartition des richesses. Une infime minorité détient le pouvoir économique et politique, tandis que la majorité de la population doit se contenter des miettes sans aucun espoir d’amélioration. A l’automne dernier, une série d’affrontements violents entre la population et l’armée a éclaté à El Alto avant de se propager dans tout le pays. Ces événements ont duré plus d’un mois et fait 70 morts.

La fraternité comme réponse aux problèmes sociaux

La spiritualité de l’unité a commencé à se répandre en Bolivie à la fin des années soixante-dix grâce à des prêtres et des religieux. Les premiers centres se sont ouverts à La Paz et à Cochabamba et, de là, le mouvement s’est étendu à Santa Cruz, Oruru et Sucre. Tous veulent être un vivant témoignage que la fraternité peut apporter une réponse aux problèmes sociaux.

Argentine : une école en ligne pour se former au parti de la fraternité

  En Argentine, le Mouvement Politique pour l’Unité vient d’ouvrir dans neuf villes une première « école de formation politique » pour les jeunes. Grâce à Internet, le projet a pu démarrer en même temps à Buenos Aires, Cordoba, Rosario, José C. Paz, Avellaneda, La Plata, Mar del Plata, Bahía Blanca et Neuquén. Les 140 jeunes qui fréquentent ces cours de formation politique depuis mai dernier réclament à la politique l’utopie d’un monde uni et en même temps l’aspect concret de tout ce qui peut aider au changement. Ce sont des jeunes qui veulent s’engager pour la société dans laquelle ils vivent. Le déroulement de la formation Cette école veut donner les moyens d’une action collective innovante dans le domaine social et politique, par des cours thématiques qui se déroulent dans les villes où ils habitent en étant reliés par Internet, par divers projets d’actions locales et par des séminaires rassemblant tous les étudiants deux fois par an.

En chemin vers la communion

La manifestation « Ensemble pour l’Europe » qui s’est déroulée à Stuttgart (Allemagne) le 8 mai 2004 était un temps fort du chemin de communion entrepris par plus de 150 mouvements, communautés et groupes catholiques, protestants, anglicans et orthodoxes. Elle a aussi permis de rendre visible la richesse de la foi chrétienne des différentes Églises. Ces derniers mois, les divers groupes ont mis à profit toutes les occasions de se retrouver et de travailler ensemble, tandis que se prépare déjà un nouveau rendez-vous à l’échelle internationale.

Syndesmos (lien d’unité) : cette fraternité créée en 1953 regroupe 121 écoles théologiques et mouvements de jeunes orthodoxes, dans 43 pays. Elle a pour but spécifique de développer la collaboration et la communication entre les mouvements orthodoxes de jeunes et les facultés de théologie de différents pays du monde, et de promouvoir entre tous une meilleure compréhension et un engagement à témoigner l’évangile du XXIe siècle.

Les cours Alpha, nés dans les années 70, existent dans 152 pays et sont traduits en 47 langues. Ils s’adressent à toutes les couches sociales et concernent surtout les jeunes et ceux qui ne se disent pas chrétiens. Les cours sont basés sur l’évangile et durent dix semaines. Ils offrent une première approche de la foi chrétienne.

YMCA est une association chrétienne de jeunes créée à Londres en 1844 et maintenant répandue dans le monde. Elle a pour but de travailler au changement social en assurant aux jeunes une formation chrétienne, par le sport et diverses activités éducatives, et par des actions d’aide aux réfugiés et immigrés.

Une nouvelle page de fraternité

 
Une nouvelle page de fraternité entre chrétiens et bouddhistes vient de s’ouvrir au Japon. Dans ce grand pays du Soleil Levant qui compte 127 millions d’habitants en majorité shintoïstes et bouddhistes, les chrétiens sont moins de 1 %. Un mouvement bouddhiste japonais, le Rissho Kosei-kai, a invité le groupe musical international Gen Verde à venir y porter son message de paix et de fraternité. Cette initiative est née après qu’une délégation du RKk ait assisté en 2002 en Corée à un spectacle du Gen Verde, Prime Pagine, spectacle musical qui raconte la découverte de l’évangile, à la base de l’histoire du mouvement des Focolari.

Les spectacles – préparés en japonais – ont rassemblé plus de 17 000 spectateurs dans neuf villes, de Tokyo à Nagasaki. Un typhon particulièrement violent et le tremblement de terre de Niigata en ont fait un geste de solidarité concrète.

L’invitation du Rissho Kosei-kai se situe dans la suite logique du dialogue entamé en 1979 avec Chiara Lubich et les Focolari au Japon. La motivation officielle était la participation aux cérémonies de commémoration de Nikkyo Niwano, fondateur du mouvement, mort il y a cinq ans. Les adhérents du RKk sont au nombre de 6 millions et ils se connectent par satellite pour les cérémonies. Comme Chiara Lubich l’avait souhaité dans un message au président du RKk, Nichiko Niwano, la tournée du Gen Verde marque « un nouvel engagement à vivre et à travailler ensemble, consciencieusement et dans la confiance, en se soutenant toujours mutuellement, pour construire l’unité de la famille humaine ».

Plusieurs occasions de contact direct avec la culture japonaise, avec le shintoïsme et le bouddhisme traditionnel, à travers la visite de leurs temples et chez quelques maîtres spirituels, comme le vénérable Takeuchi, en contact avec les Focolari depuis déjà longtemps. Grâce aux Koriukai (rencontres d’approfondissement), le Gen Verde est entré en contact avec 3 000 bouddhistes. « Ce peuple n’a pas fini de nous étonner – dit Paola Stradi du Gen Verde – fort et délicat en même temps, déterminé et irréductible, mais extrêmement sensible aux valeurs spirituelles ».

Commentaire de Chiara Lubich à la Parole de vie du mois de janvier 2006

En l’an 50, Corinthe est une grande ville de Grèce, réputée pour son activité maritime et animée par de multiples courants de pensée. Pendant 18 mois, Paul y annonce l’Evangile. Il fonde une communauté chrétienne florissante, œuvre poursuivie ensuite par d’autres. Mais ceci entraîne la formation de clans, certains nouveaux chrétiens s’attachant plus aux personnes qui apportaient le message du Christ qu’au Christ lui-même. Selon l’apôtre que les uns ou les autres préféraient, on entendait dire : « Moi, j’appartiens à Paul, moi à Apollos, moi à Pierre… »
Devant ces divisions qui troublent la communauté, Paul affirme avec force que si les constructeurs de l’Eglise – qu’il compare à un édifice, à un temple – peuvent être nombreux, celle-ci n’a qu’un fondement, une pierre vivante : le Christ Jésus.
En ce mois surtout, durant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, les Eglises et communautés ecclésiales rappellent ensemble que le Christ est leur unique fondement. C’est en adhérant à lui, en vivant son unique Evangile, qu’elles peuvent parvenir à l’unité pleine et visible entre elles.

« Christ, unique fondement de l’Eglise. »

Fonder notre vie sur le Christ signifie être une seule réalité avec lui, penser comme il pense, vouloir ce qu’il veut, vivre comme il a vécu.
Mais comment nous enraciner en lui ? Comment devenir un avec lui ?
En mettant l’Evangile en pratique. En le vivant.
Jésus est le Verbe, la Parole de Dieu incarnée. S’il est parole de Dieu incarnée, nous ne serons véritablement chrétiens qu’en conformant notre vie à la Parole de Dieu.
Si nous vivons ses paroles, ou même si ses paroles vivent à travers nous jusqu’à nous transformer en « paroles vivantes », nous sommes un avec Jésus. Alors ce n’est plus nous qui vivons, mais la Parole en nous tous. Nous pouvons alors penser qu’en vivant ainsi, nous apportons notre contribution pour que l’unité entre les chrétiens devienne une réalité.
La Parole de Dieu est pour l’âme ce qu’est la respiration pour le corps.
Un des premiers fruits est la naissance de Jésus en nous et au milieu de nous. Elle provoque un changement de mentalité. On trouve alors les sentiments mêmes du Christ dans le cœur de tous – qu’ils soient européens, africains, asiatiques, australiens, ou américains – face aux circonstances, aux personnes, à la société.
Cette expérience, un de mes premiers compagnons, Giulio Marchesi, l’a faite. Ingénieur, puis directeur d’une grande entreprise à Rome, il parvint à la constatation décourageante que le bonheur en ce monde serait toujours mis en échec par l’égoïsme.
Mais lorsqu’il rencontra des personnes vivant sans concession la parole de vie, il se mit, lui aussi, à vivre l’Evangile. Il écrivit alors : « J’expérimentai le caractère universel des Paroles de Vie. Elles déclenchaient en moi une véritable révolution et changeaient tous mes rapports avec Dieu et avec le prochain. Dans tous ceux qui m’entouraient, je me mis à voir des frères et des sœurs. J’avais l’impression de les avoir toujours connus. J’ai aussi ressenti l’amour de Dieu pour moi : il suffisait de le prier. Vraiment, la Parole de Dieu m’a rendu libre ! ».
Et il est resté ainsi, même en vivant les dernières années de sa vie dans un fauteuil roulant.
Oui, la Parole vécue nous rend libres des conditionnements humains, elle nous insuffle joie, paix, simplicité, plénitude de vie, lumière ; en nous faisant adhérer au Christ, elle nous transforme peu à peu en d’autres Lui.

« Christ, unique fondement de l’Eglise. »

Pour Jésus, une Parole, celle de l’amour, résume toutes les autres, car elle est « toute la Loi et les Prophètes » : aimer Dieu et le prochain.
Bien qu’exprimée en termes humains et différents, toute Parole est Parole de Dieu ; et comme Dieu est Amour, toute Parole est charité.
Comment vivre alors ce mois-ci ? Comment nous rapprocher étroitement du Christ, « unique fondement de l’Eglise » ? En aimant comme il nous l’a enseigné.
« Aime et fais ce que tu veux », a dit saint Augustin, en résumant pratiquement la norme de vie évangélique. Car en aimant, non seulement tu ne pourras pas te tromper, mais tu accompliras pleinement la volonté de Dieu.

 

Chiara Lubich

 

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Les charismes : un évangile déployé au cours de siècles

 

« L’Église nous est apparue, en raison des charismes les plus variés donnés par l’Esprit Saint, comme un évangile incarné. Chaque famille religieuse est l’incarnation particulière d’une expression de Jésus, d’un événement de sa vie, d’une douleur qu’il a vécue, d’une parole qu’il a dite… A cause de tous ces charismes qui ont fleuri au cours des siècles, l’Église apparaît comme un évangile déployé dans le temps et dans l’espace. »

Ce passage est extrait de la lectio de Chiara Lubich à l’occasion de la remise du doctorat honoris causa en Théologie de la vie consacrée par l’université pontificale du Latran – Institut « Claretianum » de Rome, spécialisé en Théologie de la vie consacrée. Le professeur Santiago Gonzalez Silva a ouvert la cérémonie en présentant la spiritualité de l’unité du mouvement des Focolari aux 400 étudiants de 57 pays, membres de 177 instituts religieux. Après l’exécution d’une version polyphonique du Veni Creator par la chorale inter universitaire de Rome, le président a tracé un portrait de la fondatrice des Focolari : « En Chiara, nous contemplons une parole de l’évangile qui dépasse désormais les limites de l’Église et couvre toutes les régions de la planète : le commandement nouveau de Jésus, « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 13,34).

Le professeur Fabio Ciardi, qui enseigne au Claretianum, a rappelé dans la laudatio sa rencontre – tout jeune homme – avec la spiritualité de l’unité des Focolari et sa surprise de trouver chez Chiara « le besoin de participer au charisme de tous les saints ». Il a illustré ensuite les trois motivations fondamentales du doctorat :
– l’élaboration d’une doctrine sur les charismes de la vie consacrée, avec l’intuition particulière d’une explication du Christ qui se déploie au cours des siècles, comme un évangile vivant ;
– l’ouverture de la spiritualité de communion – typique des Focolari – aux différentes formes de vie consacrée (les religieux et religieuses en contact avec cette spiritualité se comptent par dizaines de milliers) ;
– la création d’une forme originale de vie consacrée, le focolare.

Ce doctorat est aussi la reconnaissance de l’Œuvre fondée par Chiara Lubich, qui rassemble les différentes vocations de la communauté chrétienne, ainsi que des membres d’autres Églises chrétiennes et d’autres religions et des personnes sans convictions religieuses.

Une avancée vers l’unité

 Sur les lieux où a été formulé le credo Vendredi 26 novembre, quarante évêques et responsables ecclésiastiques – orthodoxes, siro-orthodoxes, arméno-apostoliques, anglicans, protestants et catholiques de rites divers, venant de 18 pays – se sont rendus ensemble à Nicée, sur les lieux où, il y a 1700 ans, a été formulée la profession de foi chrétienne commune dite symbole de Nicée-Constantinople, au cours du premier concile œcuménique. Conscients des tristes conséquences de la désunité au cours des siècles, ils se sont fait la promesse solennelle, dans ce lieu symbolique, de mettre en pratique en toute chose et avant tout le commandement évangélique de l’amour réciproque, « afin que le Christ vive toujours parmi nous et que le monde puisse croire », comme l’a dit l’archevêque de Prague, le cardinal Miloslav Vlk, l’un des principaux organisateurs de la rencontre. Ce moment a constitué – au dire des participants – l’un des points culminants de la 23e Conférence œcuménique des évêques et responsables ecclésiastiques amis du Mouvement des Focolari qui s’est déroulée à Constantinople du 23 novembre au 1er décembre 2004, à l’invitation du patriarche œcuménique Bartholomée Ier.

Participation du patriarche œcuménique Bartholomée 1er Le patriarche Bartholomée 1er est intervenu lors de la prière œcuménique d’ouverture en l’église catholique Saint-Antoine, où ont afflué les chrétiens des différentes communautés présentes à Istanbul. Le lendemain, il s’est adressé aux évêques et responsables ecclésiastiques en se réjouissant de leur zèle en faveur de l’unité des chrétiens et il a abordé le thème de la Conférence : « Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18,20). Faisant référence à l’Écriture et à la pensée des Pères de l’Église grecs, le patriarche a souligné trois conditions fondamentales pour que se réalise la promesse de Jésus : « l’amour pour le Christ, qui se réalise avec l’observance de tous ses commandements, la foi en lui, manifestée comme confiance en lui, et la foi juste…, comme juste connaissance de sa personne qui naît de la communion personnelle avec lui ».

Visites aux communautés chrétiennes d’Istanbul Au cours de la Conférence, les participants ont visité les communautés chrétiennes de la ville, s’unissant à leur prière, prenant connaissance de leurs trésors spirituels et partageant leurs joies et leurs souffrances. En particulier, ils se sont rendus au siège du patriarche arméno-apostolique Mesrob II. Après la célébration des vêpres, celui-ci s’est longuement entretenu avec ses hôtes de la vie et de la situation de l’Église arménienne, qui a souvent donné au fil des siècles un témoignage héroïque. Dans un message qu’il avait envoyé pour l’ouverture de la Conférence, il avait déjà formulé un appel passionné à l’unité. La rencontre avec le vicaire patriarcal syro-orthodoxe Filüksinos Yusuf Çetin a été elle aussi très cordiale et sa communauté a fait fête aux évêques. Dans une interview, le métropolite Yusuf Çetin a souligné l’exemple que représente pour les fidèles une telle entente entre évêques. Un geste œcuménique de grande portée Au Phanar, siège du patriarcat œcuménique, les évêques ont eu la joie de participer aux prières solennelles à l’occasion du retour de Rome des reliques de saint Jean Chrysostome et de saint Grégoire de Nazianze, un geste œcuménique d’une grande signification qui « confirme – comme l’avait dit à Rome le patriarche Bartholomée Ier – qu’il n’existe pas dans l’Église du Christ de problèmes insurmontables quand l’amour, la justice et la paix se rencontrent ». Les évêques et responsables ecclésiastiques ont aussi participé à la célébration de la fête de saint André, patron du patriarcat œcuménique, pour laquelle étaient venues à Constantinople des délégations des Églises orthodoxes dans le monde et une délégation du Vatican conduite par le cardinal Walter Kasper.

« Dialogue de la vie » La présence du Christ au milieu de ceux qui sont unis en son nom a été à la fois le thème du congrès et l’expérience qui en a rythmé le déroulement, créant « un solide lien de fraternité authentique », selon les évêques eux-mêmes. Trois interventions préparées par Chiara Lubich ont illustré les fondements de la voie œcuménique issue de la spiritualité de communion vécue dans le Mouvement des Focolari : « le dialogue de la vie » ou « dialogue du peuple ». Il ne s’agit pas – explique Chiara Lubich – « d’un dialogue de la base qui s’opposerait ou se juxtaposerait à celui des sommets, c’est-à-dire des responsables des Églises, mais un dialogue auquel peuvent participer tous les chrétiens ». « Si nous vivons ainsi dans nos Églises, elles refleuriront », a affirmé un évêque catholique d’Angleterre en faisant allusion aux grands défis de la sécularisation. Et un évêque luthérien a exprimé ses impressions du congrès par les parole de l’hymne : « Ubi caritas et amor, ibi Deus est » (là où sont la charité et l’amour, là est Dieu).

Des pas vers l’unité Au cours du programme, des personnes du Mouvement des Focolari de plusieurs Églises ont dit comment, en différents points du monde, elles travaillent à faire grandir la communion dans leurs Églises et entre les différentes communautés chrétiennes. Un prêtre catholique de Roumanie a apporté son témoignage : un patient dialogue empreint de charité a transformé radicalement les relations entre les pasteurs et les différentes communautés chrétiennes de sa ville. Ce dialogue a aussi permis de faire naître des initiatives communes, auxquelles participent aussi désormais les autorités civiles. Un orthodoxe du Liban a parlé du dialogue en actes entre le mouvement Jeunesse orthodoxe et le mouvement des Focolari. Deux protestants et un catholique ont parlé aux évêques de la Journée œcuménique « Ensemble pour l’Europe » qui a rassemblé le 8 mai 2004 à Stuttgart dix mille personnes de nombreux mouvements, communautés et groupes spirituels de plusieurs Églises.

Rencontre avec le cardinal Kasper La présence de la délégation vaticane pour la fête de saint André a permis de rencontrer le cardinal Walter Kasper, président du conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Faisant état des récents développements œcuméniques, celui-ci a souligné l’apport des mouvements d’Église à la cause de l’unité : « Je suis très reconnaissant envers ces mouvements, envers le mouvement des Focolari et je pense que c’est un signe de l’Esprit Saint… Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons faire quelque chose pour la venue du Royaume de Dieu et les mouvement sont une voie très importante ».

En septembre 2005 à Bucarest Avant de se séparer, les évêques et responsables ecclésiastiques ont décidé de se retrouver en septembre 2005 à Bucarest (Roumanie), en réponse à l’invitation du patriarche roumain-orthodoxe Teoctist et de son synode.

Parole de Vie de décembre 2004

Noël approche. Le Seigneur va venir. Préparons sa route, la liturgie nous y invite. Entré dans l’histoire il y a 2000 ans, Jésus souhaite pénétrer dans notre vie, mais en nous que d’obstacles ! Tant d’aspérités à aplanir, de blocs à écarter… En réalité quels sont-ils ces obstacles qui peuvent empêcher Jésus d’entrer en nous ?
Tout simplement nos désirs non conformes à la volonté de Dieu, tous les attachements qui nous alourdissent. Quelques exemples ? Parler ou se taire lorsque le moment ne s’y prête pas ; vouloir s’affirmer ou rechercher estime ou affection ; désirer posséder ceci ou cela, la santé, la vie… à un moment où cela n’est pas dans le plan de Dieu sur nous ; ou encore les mauvaises intentions, telles que le jugement, la révolte, ou la vengeance…
Ces désirs qui surgissent en nous peuvent nous submerger. Repoussons-les avec fermeté, écartons les obstacles, remettons-nous dans la volonté de Dieu. C’est cela préparer la voie au Seigneur.

« Comme le Seigneur vous a pardonnés, faites de même, vous aussi. »

Cette Parole, Paul l’adresse aux chrétiens de sa communauté, afin qu’après avoir expérimenté le pardon de Dieu, ils soient capables de pardonner à leur tour à ceux qui ont commis des injustices à leur égard. Paul les sait capables de dépasser les limites de l’amour humain pour aller jusqu’à donner leur vie pour leurs ennemis. Renouvelés par Jésus et la vie de l’Évangile, ils trouveront la force d’aller au-delà des raisonnements ou des torts subis et de tendre à l’unité avec tous.
Comme l’amour bat au fond du cœur de chaque être humain, chacun peut vivre cette parole.
La sagesse africaine s’exprime ainsi : « Fais comme le palmier : on lui lance des cailloux, ce sont des dattes qui tombent ».
Comprenons bien cependant tout ce qu’exige cette Parole de Paul : il ne suffit pas de ne pas répondre à une offense… Il nous est demandé plus encore : de faire du bien à celui qui nous fait du mal, comme le rappellent les apôtres. « Ne rendez pas le mal pour le mal, ou l’insulte pour l’insulte ; au contraire, bénissez, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter la bénédiction » . « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien ».

« Comme le Seigneur vous a pardonnés, faites de même, vous aussi. »

Comment vivre cette Parole ?
Nous pouvons tous trouver dans notre famille, ou parmi nos collègues, nos camarades d’étude, nos amis, des personnes qui nous ont fait du tort, du mal, ont été injustes envers nous… Même si la pensée de la vengeance ne nous effleure pas, un sentiment de rancœur, d’hostilité ou d’amertume peut subsister en nous. Même une simple indifférence qui nous empêche d’établir avec nos frères un authentique rapport de communion.
Alors, que faire ? Levons-nous le matin avec au cœur une « amnistie » complète, remplis d’un amour qui recouvre tout, qui sait accueillir l’autre tel qu’il est, avec ses limites, ses difficultés, tout comme le ferait une mère avec son propre fils qui est dans l’erreur ; elle l’excuse, elle lui pardonne, elle ne cesse d’espérer en lui…
Abordons chacun avec des yeux neufs, comme s’il n’avait jamais eu ces défauts que nous lui connaissons.
Et recommençons cela à chaque fois, sachant que Dieu, lui, non seulement pardonne, mais oublie. C’est aussi la mesure qu’il nous demande.
Cela s’est passé pour un de nos amis d’un pays en guerre qui a vu massacrer parents, frères et de nombreux amis. La douleur le précipite dans la révolte et il en vient à souhaiter aux auteurs de cette tuerie un châtiment terrible, à la hauteur de leurs crimes.
Les paroles de Jésus sur la nécessité du pardon lui reviennent pourtant sans cesse à l’esprit, mais elles lui semblent impossibles à vivre. « Comment pourrais-je aimer mes ennemis ? » se demande-t-il. Il lui faut des mois et des mois de prière avant de commencer à retrouver un peu de paix.
Mais un an plus tard, il apprend que les assassins, connus de tous, circulent librement dans le pays. Une rancune tenace s’empare à nouveau de lui. Il commence à se demander comment il se comportera si jamais il rencontre ces « ennemis » sur sa route. Il implore Dieu de lui redonner son calme, de le rendre à nouveau capable de pardonner.
« Aidé par l’exemple des frères cherchant à vivre avec lui l’Évangile, raconte-t-il, je comprends que Dieu me demande de ne pas m’abandonner à ces tentations, mais plutôt d’être attentif à aimer ceux qui m’entourent, les collègues, les amis… Dans l’amour concret que je vis pour eux, peu à peu, je trouve la force de pardonner jusqu’au bout à ceux qui ont tué ma famille. Aujourd’hui mon cœur est en paix. »

Chiara LUBICH

 

Un seul peuple dans la multiplicité des traditions

Un seul peuple dans la multiplicité des traditions

 « Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom… » Un seul peuple dans la multiplicité des traditions Le patriarche œcuménique Bartholomée 1er ouvrira la 23e rencontre œcuménique sur le thème : « “Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom…”, un seul peuple dans la multiplicité des traditions ». Cinquante-deux évêques et responsables ecclésiastiques de différentes Églises d’Orient et d’Occident se réunissent à Istanbul : orthodoxes, syro-orthodoxes, arméno-apostoliques, anglicans, luthériens et catholiques de rites divers. Rencontres importantes Des rencontres-dialogues auront lieu avec le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, le patriarche arméno-apostolique de Constantinople, Mesrob II, et le vicaire patriarcal syro-orthodoxe pour la Turquie, Filüksinos Yusuf Çetin. Au cœur de la spiritualité de l’unité : La présence du Christ ressuscité promise à « deux ou plus » réunis en son nom Chiara Lubich, fondatrice des Focolari a confié à quelques-uns de ses proches collaborateurs le soin de transmettre ses interventions sur le thème du congrès et sur l’expérience œcuménique du Mouvement. Ceux-ci montreront l’étroite correspondance entre la spiritualité de l’unité, typique des Focolari, et la spiritualité œcuménique fortement encouragée par le pape qui, le 13 novembre dernier, a de nouveau invité les chrétiens à réaliser la « pleine communion », qui « ne veut pas dire uniformité abstraite, mais richesse d’une légitime diversité de dons partagés et reconnus par tous… » (Homélie de Jean-Paul II à l’occasion du 40e anniversaire du décret conciliaire « Unitatis Redintegratio »). Célébration œcuménique Le congrès des évêques et responsables ecclésiastiques a commencé par une célébration œcuménique à l’église catholique Saint-Antoine, en présence des responsables et des membres des communautés chrétiennes présentes à Istanbul. Visite de Nicée, où ont eu lieu deux des premiers conciles œcuméniques Le programme inclut la visite de Nicée et du monastère de la sainte Trinité à Halki, centre d’études du patriarcat œcuménique. Il est aussi prévu de rendre visite au patriarche Mesrob II au siège du patriarcat arméno-apostolique de Constantinople, et au métropolite Filüksinos Yusuf Çetin, au vicariat patriarcal syro-orthodoxe. Accueil des reliques de Jean Chrysostome et de Grégoire de Nazianze A Istanbul, les évêques auront la joie de participer à l’accueil des reliques des Docteurs de l’Église indivise Grégoire de Nazianze et Jean Chrysostome, évêques de Constantinople aux IVe et Ve siècle, qui ont été rendues par Jean-Paul II au patriarche Bartholomée le samedi 27 novembre au Vatican. La fête de l’apôtre saint André au Phanar Au Phanar, siège du patriarcat œcuménique, les évêques assisteront les 29 et 30 novembre aux célébrations solennelles de la fête de l’apôtre saint André, fondateur et patron du patriarcat de Constantinople, qui seront présidées par le patriarche Bartholomé Ier. La délégation du saint-Siège sera conduite par le cardinal Walter Kasper. Les précédentes rencontres œcuméniques d’évêques Les rencontres œcuméniques d’évêques et responsables ecclésiastiques de différentes Églises « amis du mouvement des Focolari » ont lieu chaque année. Elles se déroulent dans différentes villes : Constantinople (1984), Londres (1986 et 1996), Ottmaring/Augsbourg, Allemagne (1988 et 1998), Trente (1995), Amman/Jérusalem (1999), Zurich (2001), Genève (2002) et plusieurs fois à Rome, toujours avec l’accord et la bénédiction des chefs des différentes Églises.

L’entreprise sauvée par un virement

Ma femme et moi possédons une entreprise d’exportation de machines et de technologies pour l’élaboration de la viande, qui adhère au projet de l’Économie de communion et dont le secteur d’activité s’étend sur les états de l’ex Union Soviétique. En août 1997, le système bancaire et le marché russes se sont écroulés. Tout s’est arrêté et nous avons été durement touchés car nous avions plus de dix contrats en Russie. Beaucoup ont été suspendus et les paiements gelés. Mais il fallait que l’entreprise continue et assure régulièrement le salaire des employés, c’est-à-dire la subsistance d’une dizaine de familles. Les réserves s’épuisaient et tous les matins, je téléphonais à la banque pour savoir si un versement avait été fait sur notre compte en provenance de Russie. La réponse était toujours négative. Au bout de trois mois, rien n’était encore arrivé. Tout le monde me disait que ce n’était pas la peine d’espérer car tout était bloqué et personne ne recevait rien. Un lundi, j’ai constaté qu’il ne restait que 300 000 forints sur notre compte et j’avais une facture de 400 000 forints à payer le lendemain, sans compter les salaires. A midi, je suis rentré à la maison très inquiet. Ma femme et moi, nous nous sommes demandé ce qu’il fallait faire : fermer l’entreprise ou continuer ? Nous nous sentions responsables de tous les employés. Sur la petite table de l’entrée, il y a toujours un feuillet de la Parole de vie du mois. Ce mois-ci, c’était : « Si vous avez la foi gros comme une graine de moutarde… » (Mt 17,20). En repartant au travail, j’ai dit à ma femme : « Nous avons vraiment besoin de faire grandir notre foi ! ». Quand je suis entré dans mon bureau, j’ai appris que la banque avait appelé pour me prévenir qu’un virement d’un million et demi était arrivé sur le compte. I.B. – Hongrie Extrait de : Quando Dio interviene. Esperienze da tutto il mondo. Città Nuova, 2004

Parole de Vie de novembre 2004

Quelles sont ces « œuvres de ténèbres » ?  Il s’agit, selon Paul, de toutes sortes de fautes allant de l’ivresse, l’impureté,  les disputes, la jalousie, jusqu’à l’oubli de Dieu, la trahison, l’homicide, l’orgueil, le mépris de l’autre et encore le matérialisme, l’esprit de consommation, l’hédonisme et la vanité.
Suivre n’importe quel programme de télévision, naviguer sur internet sans discernement, lire certains journaux, regarder certains films ou nous laisser aller à porter certaines tenues, tout cela nous fait aussi participer à l’œuvre des ténèbres.
A notre baptême, nous avons accepté, par la bouche de nos parrain et marraine, de mourir au péché avec le Christ, lorsque par trois fois nous avons déclaré rejeter le démon et  ses séductions. Aujourd'hui on n’aime pas parler du démon, on préfère l’oublier et dire qu’il n’existe pas ; pourtant il est bien là et il continue à fomenter guerres, massacres et violences de tous genres.
« Rejeter » est une action violente qui coûte, exige cohérence,   décision et courage ; mais elle est nécessaire si nous voulons vivre dans le monde de la lumière.
En effet, la parole de vie continue ainsi :

« … et revêtons les armes de la lumière ».

Car il ne suffit pas de renoncer, de se « dépouiller » du mal, il faut « revêtir les armes de la lumière », c'est à dire, comme l’explique Paul plus loin, « revêtir le Seigneur Jésus Christ », en le laissant, lui, vivre en nous. L’apôtre Pierre lui aussi, nous invite à « nous armer » des mêmes sentiments que Jésus4.
Voilà des images fortes, car nous savons qu’il n’est pas facile de laisser vivre le Christ, c’est-à-dire de refléter en nous ses sentiments, sa manière de penser, d’agir ; cela revient à aimer comme lui nous a aimés, et l’amour est exigeant, il demande une lutte continuelle contre l’égoïsme qui est en nous.
Mais il n’y a pas d’autre chemin pour parvenir à la lumière, comme le rappelle clairement la première lettre de Jean : « Qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n’y a rien en lui pour le faire trébucher. Mais qui hait son frère se trouve dans les ténèbres ; il marche dans les ténèbres et il ne sait pas où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux » (2, 10-11).

« Rejetons donc les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière »

Cette Parole de vie nous invite à la conversion, à passer continuellement du monde des ténèbres à celui de la lumière. Redisons alors notre non à Satan et à toutes ses illusions, et redéclarons notre oui à Dieu, tel que nous l’avons prononcé le jour de notre baptême.
Nous n’aurons pas à accomplir de grandes actions. Il suffit juste que chacun de nos actes soit inspiré et animé par un amour véritable.
Nous contribuerons ainsi à diffuser autour de nous une culture de la lumière, du positif, des béatitudes. Nous construirons le Paradis dès cette terre pour le posséder éternellement au Ciel. Car le Paradis est une réalité, Jésus nous l’a promis. C’est comme une maison que l’on construit ici pour l’habiter là-bas. On y trouvera la joie pleine, l’harmonie, le bonheur sans fin, car le Paradis est l’amour.
Un témoignage ? Voici l’expérience vécue par Mary au Pérou . Mère de trois petites filles en bas âge, en découvrant la Parole de vie elle rencontre Dieu, elle trouve la lumière ; elle se sent totalement retournée et sa vie connaît une changement radical.
Peu de temps après on diagnostique chez elle une maladie grave. Quand on l’hospitalise elle découvre qu’il ne lui reste guère plus d’un mois à vivre. La nouvelle confiance en Jésus dont elle vient de faire l’expérience lui donne la force de faire une prière : elle demande à Dieu de lui donner encore cinq années pour consolider sa conversion et pouvoir transformer la vie autour d’elle.
Sa santé s’améliore alors d’une façon que les médecins ne parviennent pas à expliquer et Mary sort de l’hôpital. Elle rentre chez elle, se prépare au mariage avec son compagnon, qu’ils célèbrent à l’église, et demande le baptême pour ses filles.
Cinq ans plus tard, la maladie refait brusquement son apparition et, en l’espace de deux semaines, elle conclut sa vie terrestre.
Avant de mourir, elle réussit à mettre en place tout ce qui concerne ses enfants et à transmettre son espérance à son époux : « Maintenant je vais vers le Père qui m’attend. Tout a été merveilleux, il m’a donné les cinq plus belles années de ma vie, depuis que je l’ai connu à travers sa Parole qui donne la Vie ! »

Chiara LUBICH

 

Une paroisse, maison pour tous

Carpi, une petite ville de l’Emilie Romagne. La paroisse du Corpus Domini se trouve dans une zone en plein développement, habitée par des familles d’origines les plus variées. L’intérêt est concentré sur les affaires, l’indifférence religieuse prédomine, la fréquentation à l’Eglise est à peine de sept pour cent. Comment aller à la rencontre de tous ces gens ? Dieu aime chacun – L’action pastorale du curé ne se limite pas au petit groupe de pratiquants mais elle est adressée à tous. Il approche toute personne qu’il rencontre avec une attitude d’amour, sachant que c’est une rencontre avec Jésus, et nombreux sont ceux qui se sentent conquis et impliqués. Il leur communique sa découverte : Dieu est amour et veut que nous nous aimions aussi. Il suffit de vivre ses Paroles qui, si elles sont vécues, changent petit à petit les mentalités, encouragent l’esprit de communion, suscitent un climat de famille. Bien vite beaucoup en font l’expérience. Ils commencent les rencontres sur la Parole de vie, qui ensuite se multiplient, se font dans les immeubles, intègrent toujours plus de monde. Il se forme une véritable communauté, ouverte et accueillante, avec un style de vie évangélique. Un homme demande au curé une attestation d’aptitude pour être parrain à un baptême. Il n’est pas pratiquant et il n’est même pas sûr d’avoir la foi. « Pourquoi voulez-vous être parrain ? », demande le curé. « Pour faire plaisir à ma sœur qui me l’a demandé avec insistance », répond-il. « Un acte d’amour –relève don Carlo- est un fragment d’Evangile vécu ! ». Cet homme ne pensait pas vivre l’Evangile et en reste surpris. S’engage un dialogue sur Dieu qui est amour, et sur l’amour présent dans chaque acte vécu pour les autres qui est un reflet de Lui. Il est séduit et commence à étudier l’Evangile. L’amour n’a pas de frontières – L’amour est toujours créatif et pousse à des gestes d’amitié même envers ceux qui sont autres que soi. A la paroisse, il y a un groupe de personnes âgées hostiles à l’Eglise par éducation et pour des raisons historiques. On est en train de construire un nouveau lieu. C’est une œuvre sociale d’aide à ces personnes. Considérant l’aspect positif de l’initiative, le curé propose au conseil pastoral de les encourager, en leur offrant une contribution financière. Il y a d’abord un refus. Alors il explique qu’il importe aux croyants d’aimer en premier. Les membres du conseil consentent alors à donner une petite somme. Lui l’accompagne d’une lettre de remerciement chaleureuse pour ce service à toutes les personnes âgées du quartier. Le geste a été plus parlant qu’un sermon : quand dans le groupe on a reçu le don et qu’on a lu la lettre, tous avaient les larmes aux yeux. Et une attitude nouvelle, d’ouverture envers l’Eglise, a commencé. Maison ouverte aussi à ceux qui ne peuvent recevoir les sacrements – La paroisse est la maison de tous : personne ne doit se sentir exclu. On trouve le moyen que tous se sentent accueillis, même ceux qui ne peuvent pas recevoir les sacrements. On leur explique qu’ils peuvent malgré cela vivre la Parole de Dieu, aimer leur prochain, partager joies et peines en sachant que Jésus a dit : « Tout ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » T. avait sur les épaules un mariage raté et vivait depuis quelques années avec F. ; elle avait reçu une formation chrétienne et maintenant se sentait loin de Dieu et pas admise dans l’Eglise. Un jour, elle entre à la paroisse. Le curé va à sa rencontre, la salue avec chaleur. La femme se sent écoutée et lui ouvre son cœur, lui dit sa souffrance. De lui, elle entend pour la première fois : « Dieu t’aime immensément ». C’est la lumière : elle se met à fréquenter les rencontres de la Parole de Vie, elle s’efforce de vivre l’Evangile, elle commence à en faire l’expérience. Comme ceux-ci, beaucoup ont été conquis par l’accueil cordial trouvé à la paroisse et par l’atmosphère de charité qu’on respire dans cette communauté. Une communauté qui a même été invitée à donner sa propre expérience dans des congrès et des rencontres au niveau national et international.

La cité-pilote internationale fête ses 40 ans : l’utopie s’est réalisée

La première des 33 cités-pilotes des Focolari a 40 ans. Située sur les collines de Toscane près de Florence, dans la commune d’Incisa Valdarno, elle comporte des écoles, des entreprises, des centres artistiques et compte actuellement un millier d’habitants de 70 pays différents : de toute l’Europe de la Russie au Portugal ; de Jordanie, du Liban, d’Égypte au Burundi, au Congo et à l’Afrique du Sud ; des Etats-Unis et du Mexique à la Terre de Feu ; du Japon, de Chine, de Corée aux Philippines ; d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Ils sont étudiants et enseignants, artisans, agriculteurs, artistes… Ce sont des familles, des religieux, des prêtres, des chrétiens de différentes confessions et des fidèles d’autres religions : le prototype d’une société nouvelle fondée sur la loi évangélique de l’amour. Une ville qui reflète un idéal d’unité et de paix Construire une cité-pilote selon ses propres idées a été le rêve de tous ceux qui ont lancé de nouveaux courants philosophiques, idéologiques ou spirituels. De même pour Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari qui, en visitant l’abbaye bénédictine d’Einsiedeln en 1962, a eu l’intuition que naîtraient dans le monde des cités-pilotes modernes, avec des maisons, des écoles, des entreprises… Plus de 40 000 visiteurs passent chaque année par Loppiano. Avec ceux qui y habitent, ils contribuent au plan d’unité qui est le fondement de la ville. Marie Théotokos : l’église de la cité-pilote L’église dédiée à Marie Théotokos, la « Mère de Dieu » a été inaugurée le samedi 30 octobre, lors d’une concélébration solennelle présidée par l’archevêque métropolite de Florence et par l’évêque de Fiesole. Sa construction a été réalisée grâce au concours de la conférence épiscopale italienne. L’œuvre du Centre Ave, composé de femmes architectes et peintres L’église a été réalisée par le bureau d’études du Centre Ave, basé à Loppiano et composé d’un groupe de femmes dont l’une est sculpteur, trois sont architectes et trois peintres. Elle se détache délicatement sur les collines en un vaste plan incliné qui commence au niveau du terrain et s’élève jusqu’au sommet de la construction. Elle est couronnée d’un clocher recouvert de pans triangulaires dorés dont la forme claire évoque la Trinité. Le projet et la chapelle œcuménique A l’intérieur, un grand vitrail en camaïeu bleu sert de fond au tabernacle doré. « Par la forme de l’église – explique Ave Cerquetti, auteur du projet de la construction – je voulais exprimer la grandeur de la Mère de Dieu qui, plus grande qu’on ne peut l’imaginer, comme l’Église l’a déclarée dès les premiers conciles, est comme une pente douce qui conduit de la terre au ciel, à Dieu. Au premier étage du clocher se trouve une chapelle œcuménique

Les chrétiens ne sont pas les seuls à honorer Marie dans cette église Un grand tableau représentant une Vierge à l’enfant est arrivé de l’Inde. Œuvre d’un artiste hindou, il est enrichi à la feuille d’or et incrusté de pierres semi-précieuses. Le Maître Pra Maha Thongrattana, moine bouddhiste thaïlandais est venu assister à la cérémonie d’inauguration. En 1992, son séjour à Loppiano avait été le point de départ d’un fructueux dialogue entre les moines bouddhistes thaïlandais et les Focolari.

Renata Borlone sera inhumée dans la nouvelle église Renata (1930-1990), pionnière de Loppiano, en a été coresponsable pendant de nombreuses années. Sa cause de béatification est en cours.

Pôle d’activités économiques « Lionello Bonfanti » Cette année du 40e anniversaire de Loppiano a vu démarrer les travaux de construction du pôle d’activités économiques. 5 615 actionnaires en soutiennent la construction, au sein de la société de gestion « E. di C. Spa », qui s’est constituée en 2001 (www.edicspa.com). D’autres pôles du même genre existent dans le monde ou sont en projet : au Brésil, en Argentine, aux USA, au Portugal, en France et en Belgique. Ils donnent visibilité au projet de l’Économie de communion qui inspire la gestion de 270 entreprises en Italie et au total 800 dans le monde.

Même un désert peut refleurir à la vie

Même un désert peut refleurir à la vie

Nous sommes à Budapest, dans un quartier de 4 000 habitants. Une portion de monde sécularisé où plus de la moitié d’entre eux sont catholiques simplement parce qu’ils ont été baptisés. La population, formée surtout de jeunes sans aucune formation religieuse et morale, est complètement abandonnée à elle-même. Le régime communiste, qui s’opposait à toute forme d’association, non seulement a répandu une culture athée, mais n’a même pas construit dans ce quartier les infrastructures qui permettraient de se retrouver pour faire du sport ou d’autres activités de loisirs, pas plus qu’un espace pour l’église.

Partir de l’unité – Après un mois de recherches, les deux prêtres chargés par l’évêque de ranimer la vie chrétienne dans le quartier, trouvent à se loger dans une maison préfabriquée, dont les murs permettent d’entendre toutes sortes de bruits, même les disputes et les jurons fréquents des voisins. Leur entreprise est ardue ! Leur unique certitude est qu’ils doivent vivre d’abord comme de vrais chrétiens, en mettant en pratique le commandement de l’amour réciproque pour mériter la présence de Jésus qui dit : « Là où deux ou plus… ». Ce sera Lui le curé : Jésus au milieu d’eux.

La messe dominicale, célébrée dans l’unique salle de réunions de l’endroit (celle du parti), bien qu’ils aient mis des invitations dans tous les immeubles, rassemble seulement une centaine de personnes, pour moitié des enfants. Tous les deux comprennent qu’ils ne peuvent approcher les foules et misent sur ce petit groupe de personnes. Dans les célébrations liturgiques, dans les petits groupes de catéchèse pour les enfants et les adultes et dans d’autres rencontres, ils soulignent le véritable motif de se trouver ensemble : vivre l’amour fraternel, créer un climat d’accueil de l’autre, de service, en voyant en chacun la présence de Jésus.

Une vérité de l’Evangile qui attire tout de suite et qui est mise en pratique. Les personnes qui viennent pour la première fois non seulement reviennent, mais en amènent d’autres. Même quand on organise des fêtes ou des excursions, le but doit être l’amour fraternel, pour pouvoir jouir de la présence de Jésus au milieu.

A l’école de la Parole – La communauté se forme et grandit à la lumière de la Parole de Dieu. On mise sur elle, d’abord vécue par soi en premier et puis donnée pour être mise en pratique par plusieurs et revenir incarnée dans les expériences qu’on se raconte. C’est une dynamique qui porte du fruit, un langage que tous comprennent et ils sont nombreux à s’y intégrer. Les adultes découvrent et expérimentent que la Parole illumine de manière concrète les faits de la journée, change radicalement les rapports humains, suscite la communion, donne vie à une communauté chrétienne où tous, prêtres et laïcs, se mettent à son école. Même les enfants du catéchisme sont impliqués dans la vie de la Parole et font les premières petites expériences qui les poussent à avoir un rapport personnel avec Jésus. Le catéchisme devient une aventure intéressante de vie en commun avec Lui. Cela devient une habitude de faire les exercices spirituels pendant les moments forts de l’année liturgique, ainsi les deux prêtres se retirent pendant cinq jours hors de la ville avec les adultes et les jeunes les plus engagés, puis trois jours avec les autres. Les exercices sont une expérience concrète d’Evangile vécu, un entraînement pour continuer à la maison et au travail la même vie de générosité fraternelle. On va en profondeur dans la spiritualité communautaire.

Vivre et faire vivre la communion – En voyant les nécessités concrètes de la paroisse, plusieurs se sentent spontanément responsables pour des tâches variées. Ils animent des groupes qui travaillent d’une manière nouvelle, agissant en harmonie : il y a des groupes qui travaillent dans le domaine de l’assistance ou dans le domaine liturgique, d’autres prennent soin de l’entretien des locaux paroissiaux, d’autres encore se consacrent aux jeunes, veillent au sport, sont engagés dans la catéchèse et gardent des contacts avec les autres habitants du quartier. Les personnes redécouvrent la foi, non plus comme une doctrine étrangère à la vie, mais comme une lumière d’en haut qui éclaire et conduit l’existence, qui donne sens et transforme les réalités environnantes, la famille, la société, et remplit de joie.

Parmi les fruits : changements de vie. Il y a des parents, d’abord indifférents, qui ont redécouvert la foi grâce à leurs enfants, et des jeunes qui veulent connaître la communauté à cause de la conversion de leurs parents. La même chose se produit entre collègues de travail et camarades de classe.

Une communauté en croissance – Les membres de la communauté sont passés d’une centaine à environ 800 et ceux qui fréquentent régulièrement la catéchèse de 80 à 350. On a dû construire une église, dédiée à la Sainte Trinité, avec le désir de vivre l’amour trinitaire que Jésus a apporté sur la terre.

Ouverture aux autres Eglises et aux autres religions – Même des personnes d’autres Eglises chrétiennes, et même des juifs et un musulman se sont sentis attirés par le témoignage de vie de parents ou de connaissances. Un musulman qui accompagne sa femme à la messe a dit : « Je n’ai pas de mosquée dans ce quartier, mais au milieu de vous je sens la présence de Dieu, je peux prier et je me sens plus proche de ma foi musulmane. »

Les difficultés : un tremplin de lancement – Il y a aussi des jours difficiles. Un des prêtres a été remplacé et au sein de la communauté quelques tensions sont nées entre des personnes et des groupes, mais à partir de cette souffrance la communauté dans son ensemble s’est consolidée et la communion entre tous s’est enracinée davantage. A ceux qui leur demandent quel est le secret de tant de vitalité ils répondent : Jésus présent au milieu de nous. Mais ils ajoutent aussi que cela se vérifie quand, en acceptant les manques d’unité, les faiblesses et les erreurs de chacun, on cherche à aller au delà, en transformant la souffrance en amour. Parce que Jésus est ressuscité en passant par la mort.

Le sport au service de la paix

Pour une culture du sport tournée vers la fraternité universelle Quel est le point commun entre un professeur de ski et un journaliste sportif, un médecin du sport et un travailleur social, un éducateur sportif et un expert en pédagogie ? C’est le projet Sportmeet qui les rassemble, un récent développement international du mouvement des Focolari dans le monde du sport dont l’objectif de tous les membres est de contribuer, chacun dans son milieu spécifique, à élaborer une culture du sport orientée vers la construction de la fraternité universelle. Vienne?: « S’éduquer et éduquer à travers le sport »Rendez-vous était donné à Vienne (Autriche) du 10 au 12 septembre pour un congrès international (130 participants de 17 pays, dont 5 non européens) sur le thème « S’éduquer et éduquer à travers le sport ». L’Union européenne a déclaré l’année 2004 Année européenne de l’éducation à travers le sport, qu’elle reconnaît comme « une composante essentielle de notre société », capable de transmettre « toutes les règles fondamentales de la vie sociale », porteuse de valeurs éducatives fondamentales telles que « la tolérance, l’esprit d’équipe et la loyauté ». Quand le sport se charge de valeur morale Mais quel crédit accorder à ces affirmations, devant les contradictions du sport ? « Autant que d’autres activités humaines, le sport est complexe et ambivalent – a admis dans son discours d’ouverture Paolo Crepaz, médecin du sport et coordinateur de Sportmeet – il est à la fois libération d’énergies psychiques et physiques latentes et asservissement aux idoles du prestige et du gain?; don de soi et occasion d’égoïsme et de domination?; lieu de rencontre et de combat ». L’éducation du corps implique de faire en sorte que la corporéité, expression emblématique du sport, soit capable de montrer et de susciter l’esprit. Quand le sport est-il capable de susciter l’esprit ? « Quand il est en mesure – a expliqué Paolo Crepaz – de conférer à celui qui le pratique la maîtrise de soi, de ses actes, objectif toujours en devenir, et quand il peut donner à l’action de l’athlète une couleur morale ». Chiara Lubich?: le sport capable de révéler des dimensions essentielles de l’homme Chiara Lubich l’a confirmé dans le salut qu’elle a adressé aux participants?: « Le sport peut révéler la dimension essentielle de l’homme à la fois comme un être fini, face aux difficultés et aux échecs et comme un être appelé à l’infini, capables de dépasser ses propres limites ». Qui sait éduquer de cette manière ? « De même que le printemps est nécessaire pour qu’un jardin fleurisse – a conclu Chiara Lubich – de même la chaleur qui naît de l’amour est nécessaire pour faire germer les vérités inhérentes à l’homme. Dans une atmosphère d’amour réciproque, qui aille jusqu’à expérimenter les paroles de Jésus?: “Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux” (Mt?18,20), je vous souhaite de pouvoir faire l’expérience d’avoir Jésus pour maître, dans le sport aussi ». Déjà la tendance s’inverse dans le sport. La leçon des plus jeunes Les participants ont apporté la confirmation que celui qui croit en la valeur de l’homme, même sans référence religieuse, peut partager et expérimenter la valeur éducative d’une sincère attitude de confiance réciproque entre celui qui éduque et celui qui est éduqué à travers le sport. De nombreuses réflexions et des témoignages concrets ont montré une inversion de la tendance déjà notable dans le sport surtout chez les plus jeunes.

Plus que des paroles, de nouveaux projets sportifs en actes Le congrès a permis en particulier de connaître les nombreux projets sportifs à caractère social qui existent déjà sur les continents, grâce à Sportmeet. Une équipe de foot de jeunes d’une banlieue à problèmes de Bogota parrainée par un club professionnel du sud de l’Italie?; le projet de promotion sportive Sport Fontem, initié par le collège de la cité-pilote du Cameroun où le Mouvement des Focolari est présent depuis des années. Deporchicos, mini olympiade à coloration sociale à Buenos Aires?; la planification de la promotion du sport comme moyen de rachat social dans la région de Sao Paulo au Brésil et en particulier à Jardim Margarida?; le projet scolaire Café au lait dans une zone défavorisée de Saint-Domingue qui va se développer avec la construction d’un terrain de sport. Durant le congrès, Sportmeet a fait place aussi à d’autres projets à caractère social de valeur, comme Inter Campus, mis en place par l’Inter de Milan, ou Vivas (Vivere i valori dello sport), créé grâce à la ténacité d’un professeur d’éducation physique à Piacenza, ou le Grand Défi, à Vérone, événement sportif qui met en évidence la richesse des personnes handicapées.

Sports 4 Peace rassemble 20?000 jeunes en Autriche Un des projets les plus intéressant a été Sports 4 Peace, réalisé en Autriche durant l’année scolaire 2003-2004. Les 20?000 jeunes lycéens touchés par l’initiative ont fait l’expérience d’un sport qui ne consiste pas seulement à toucher un ballon, mais est aussi une voie vers une société solidaire et tournée vers la paix. Six règles simples les ont guidés?: joue sérieusement, joue honnêtement, ne te décourage jamais, garde les yeux ouverts sur les autres, joue pour jouer, fais la différence. Elles étaient écrites sur les six faces d’un dé, expressions d’une unique règle, la « règle d’or », présente dans toute religion?: « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse ». Les jeunes ont ainsi fait du sport, organisé des tournois, des manifestations sportives et musicales et ont recueilli des signatures pour la paix olympique. Chaque événement ou geste sportif vécu après avoir lancé le dé permettait aux lycéens de collectionner des anneaux olympiques. Chaque pas vers la paix, à travers des actions de communion ou de pardon leur donnait droit à des anneaux d’or. L’objectif à atteindre était d’obtenir les 51?000 anneaux olympiques et anneaux d’or et de recouvrir symboliquement la surface de la terre d’un filet de paix. L’initiative a été soutenue par les plus grands organismes sportifs et scolaires autrichiens et par des champions comme Ralf Schumacher, Hermann Mayer, Michael Walchhofer, qui ont trouvé l’idée du dé originale et efficace. Le projet Sports 4 Peace fait tache d’huile et sera repris par d’autres pays. Culture – Sport – Paix?: des professeurs d’université intéressés en Europe et au Brésil Les projets présentés par Sportmeet ont suscité l’intérêt des huit professeurs d’université (Vienne, Innsbruck, Teramo et université catholique de Milan, Buenos Aires) de plusieurs disciplines différentes dans le domaine du sport, qui ont participé au congrès pour approfondir les liens possibles entre le sport et la paix.

Dépasser les limites de sa propre église

Dépasser les limites de sa propre église

Après le concile Vatican II, les rapports œcuméniques entre communautés de différentes Eglises se sont multipliés aussi dans les paroisses. Nous reproduisons l’expérience de la paroisse Sainte Elisabeth de Hongrie à Platanos, une localité de 10 000 habitants au sud de la ville de Buenos Aires (Argentine)

Une communauté vivante – Pendant les années 70, la population de Platonos a augmenté rapidement en raison d’un grand flux migratoire entre les provinces à l’intérieur de l’Argentine. La paroisse Sainte Elisabeth est une mosaïque de personnes de diverses origines : Italiens, Espagnols, Hollandais, Yougoslaves et Hongrois, et une communauté vivante s’y est constituée, ouverte au dialogue, au partage, à la communion avec tous.
Autour du curé, un prêtre italien relié au Mouvement des Focolari, naît bien vite un groupe de personnes animées par la spiritualité de l’unité, qui s’engagent à vivre l’Evangile. Elles se rencontrent périodiquement pour se communiquer la « Parole de vie » et se racontent leurs expériences vécues pour s’aider mutuellement dans leur cheminement spirituel.
Il se crée ainsi une famille, avec un style de vie nouveau qui, petit à petit, se répand dans toute la paroisse et le quartier. Il implique les réalités ecclésiales présentes telles que le Chemin Néocatéchuménal, le Collège des Sœurs Hongroises, et ouvre le dialogue avec des chrétiens de différentes Eglises.

Santa Isabel de Hungría. PlátanosDes rapports œcuméniques toujours plus profonds – A l’origine de la naissance de rapports fraternels entre membres de différentes Eglises, il y a eu aussi le contact avec des personnes de l’Eglise réformée. Le curé ressent la nécessité de contacter le pasteur réformé et commence entre les deux communautés un rapport qui devient toujours plus profond.
En même temps sont nées diverses activités œcuméniques menées en accord avec les responsables des Eglises respectives : des cours bibliques auxquels participent des chrétiens de diverses dénominations, un chœur œcuménique de cinquante personnes pour des occasions particulières, des moments vécus ensemble pendant les répétitions et les fêtes les plus importantes.

Chaque année, par exemple, quelques jours avant Noël, pour faire percevoir à tous ceux qui ne fréquentent pas l’église l’atmosphère de la naissance de Jésus, on a pensé organiser ensemble, catholiques et membres de l’Eglise réformée, une procession le long des rues du quartier, avec des chants et de la musique exécutés principalement par des jeunes et des enfants, en partant de la paroisse catholique pour se retrouver à la fin dans le temple de l’Eglise réformée.

Le Chemin de Croix du Vendredi Saint se déroule le long des rues de la petite ville et quelques familles préparent les stations dans leur maison. Une année, on a proposé de s’arrêter pour une station chez une famille de l’Eglise Pentecôtiste, qui a accueilli ce privilège avec une joyeuse surprise. Le jour de Pâques, une jeune femme s’est approchée du curé pour le remercier du fond du cœur. Sa mère avait rompu tout rapport avec elle et son mari depuis qu’elle s’était convertie à l’Eglise Pentecôtiste. Après le Chemin de Croix du Vendredi Saint, elle les a invités à déjeuner et s’est excusée en disant qu’elle s’était rendu compte que les catholiques n’étaient pas ce qu’elle croyait.

Informé des rapports cordiaux qui étaient nés dans cette paroisse, l’évêque catholique du diocèse est allé rendre visite à la communauté réformée. Cela a été un jour vraiment important : « C’est la première fois –a relevé une femme tout heureuse- qu’un évêque catholique entre dans un temple réformé. »
Et quelle n’a pas été la surprise des médecins de l’endroit de se trouver en face d’un pasteur protestant qui avait besoin de soins, accompagné d’un prêtre catholique, et de constater ensuite que ce pasteur était l’objet de nombreuses attentions de la part des catholiques.
En réponse aux urgences sociales de la zone, la communauté paroissiale se sent interpellée, de même que par la situation sociale difficile de tout le territoire. Pour faire face aux nécessités les plus urgentes elle a fondé, il y a quelques années, la « Casa del Niño Lourdes ». Tous les jours, environ quatre-vingts enfants de trois à quinze ans, provenant pour moitié de familles de diverses Eglises, reçoivent des repas et exercent des activités éducatives, sportives, récréatives. Les enfants et les éducateurs de la Casa vivent ensemble une parole de l’Evangile et prient ensemble. L’unité qui se crée va au delà des différences ecclésiales, culturelles et historiques.