23 Oct 2020 | Non classifié(e)
En cette année spéciale visant à approfondir les principes de l’encyclique Laudato Si’, nous rencontrons Abdullah Al Atrash, un jeune entrepreneur italo-syrien aux Émirats Arabes Unis. En tant que non-croyant, il adhère à l’Économie de communion des Focolari. Dans l’entreprise qu’il dirige, il emploie principalement des migrants asiatiques et africains, en garantissant un salaire et des mesures de soutien social, ainsi qu’une sécurité maximale pour les employés et l’environnement, même en cette période de pandémie.
Ils sont pakistanais, indiens, népalais, philippins et même nigérians, camerounais, sénégalais. Ils ont en commun un passé de grande pauvreté, qui les a contraints à quitter leur patrie et leur famille et à émigrer, et un présent qui tente de les tenir à l’écart de l’exploitation et des nouvelles difficultés. Ils sont nombreux parmi les 212 employés de Mas Paints, une usine de bois et de peinture murale fondée en 1989 en Italie et présente depuis l’an 2000 à Dubaï, dans les Émirats Arabes Unis, un pays où – par rapport à environ 10 millions d’habitants – 9 personnes sur 10 sont d’origine étrangère. C’est Abdullah Al Atrash, le directeur général de la société fondée par son père et son oncle, qui parle de ces « collègues et amis de la société » à Vatican News. L’écoute de ce jeune entrepreneur italo-syrien de 42 ans, diplômé en économie et commerce de l’Université d’ Ancône et titulaire d’une maîtrise de l’Institut Adriano Olivetti de la capitale de la région des Marches, rappelle la réflexion sur l’œuvre contenue dans l’encyclique Laudato si’ du Pape François, qui conduit le Souverain Pontife à souligner combien elle est « une nécessité », « une partie du sens de la vie sur cette terre, un chemin de maturation, de développement humain et d’épanouissement personnel ». L’autre différent de lui « Toute forme de travail – souligne encore le Pape – suppose une idée de la relation que l’être humain peut ou doit établir avec l’autre différent de lui ». Arrivé à Dubaï en 2005, Abdullah a observé, étudié et, dans un certain sens, fait sien le monde des travailleurs migrants. « C’était un traumatisme pour moi de voir comment ces gens vivent. Tous ceux qui quittent les pays pauvres pour aller travailler dans d’autres États, quels qu’ils soient, doivent ensuite envoyer beaucoup d’argent chez eux pour faire vivre un très grand nombre de membres de la famille, car ils ont tous un système de famille élargie, en ce sens qu’ils aident aussi leurs parents, frères, cousins. J’ai ensuite fait un calcul selon lequel – explique-t-il – en moyenne chacun d’eux doit subvenir aux besoins de 10 personnes et ce, non seulement du point de vue de l’argent nécessaire pour faire les courses, mais aussi du point de vue de l’argent qui fait vraiment la différence entre la vie et la mort, car dans beaucoup de ces pays, il n’y a pas d’État social, pour différentes raisons : grande pauvreté, guerre, instabilité politique, tensions ethniques ou religieuses. Ces personnes travaillent généralement de longues heures, avec beaucoup de travail, avec des salaires très bas. J’ai vu des cas de personnes qui travaillent dans la construction et gagnent jusqu’à 130-150 euros par mois, se privant de tout pour envoyer de l’argent chez eux ». Une culture de la réciprocité Dans sa Lettre encyclique de 2015, le Souverain Pontife souligne comment « aider les pauvres avec de l’argent » peut être un « remède temporaire aux urgences »: le « véritable objectif » – précise-t-il – devrait toujours être de leur permettre « une vie digne par le travail ». Athée, marié à une femme catholique et père de deux enfants, Abdullah partage avec sa femme Manuela l’expérience du Mouvement des Focolari et les initiatives de l’Économie de communion, lancée en 1991 par Chiara Lubich pour promouvoir une culture économique basée sur la réciprocité, en proposant et en vivant un style de vie alternatif à celui qui domine dans le système capitaliste. Un parcours de vie, celui de l’entrepreneur italo-syrien, qui l’a conduit à « garder à l’esprit le coût de la vie et le monde dans lequel vivent ces migrants », en adoptant des mesures concrètes pour les travailleurs de son entreprise. Ce n’était pas facile, avoue-t-il, mais « j’ai multiplié par 5 un salaire de base pour qu’ils puissent avoir une vie absolument digne. Et j’ai décidé de leur payer, non seulement à l’employé mais aussi à toute la famille « élargie », les frais médicaux de toute nature et ceux liés à l’éducation de leurs enfants – car sans éducation, ils ne trouveraient que difficilement du travail – en les soutenant dans leurs études jusqu’à l’université ».
Un bien commun La valeur prédominante semble donc être ce capital social qui est l’ensemble des relations de confiance, de fiabilité, de respect des règles indispensables à toute coexistence civile, comme le souligne François dans son encyclique, en citant la Caritas in veritate de Benoît XVI. Abdullah raconte avoir « créé un fonds, qui est prélevé sur les bénéfices », pour aller plus loin dans l’aide aux travailleurs. « Le bénéfice de l’entreprise – veut-il souligner – doit à mon avis être utilisé à la fois pour investir dans l’entreprise afin qu’elle puisse se développer, et évidemment pour les besoins des propriétaires, mais il doit aussi être utilisé dans la même mesure pour les employés de l’entreprise. Il s’agit en effet d’ un bien commun : une entreprise appartient à tout le monde, car chacun y travaille et elle doit servir tout le monde ». « A un certain moment, poursuit-il, je me suis rendu compte que parmi les employés, en plus de ces besoins, il y avait aussi le problème de la maison dans leur pays. J’ai compris cela en parlant aux gens, je voulais établir une relation humaine avec eux et pas seulement une relation de travail, en parlant de moi et d’eux, de nos vies. C’est cela la communauté. Et cela m’a fait comprendre que, pour construire une maison dans leur pays d’origine, ils avaient deux possibilités : essayer d’emprunter de l’argent aux banques, mais les banques ne prêtent pas d’argent aux pauvres, ou – et pour moi c’était douloureux de le savoir – se tourner vers les usuriers, parce que l’usure est très répandue dans ces pays, en faisant ensuite d’énormes sacrifices pour rendre l’argent pendant de longues années. J’ai donc essayé de comprendre de combien de personnes était composée la famille, où ces personnes voulaient construire la maison et, en calculant le montant nécessaire, nous avons accordé un prêt, à restituer librement dans le temps et selon les possibilités. La somme prêtée est à taux zéro, même si le taux zéro n’existe pas car il y a toujours de l’inflation, surtout dans certains pays ». Une production qui respecte l’environnement Au cours de l’année spéciale proposée par le pape François jusqu’au 24 mai 2021 pour réfléchir à l’encyclique Laudato si’, nous demandons à Abdullah comment sa société peut répondre au défi urgent de la protection de la « maison commune ». « Nous produisons certaines peintures qui sont absolument non toxiques, donc non nocives et non polluantes. Ensuite, il y a d’autres gammes de produits qui sont toxiques par nécessité, par exemple les solvants, qui sont également largement utilisés dans le domaine pharmaceutique. L’important est qu’ils ne nuisent pas à l’environnement, car l’environnement, c’est nous : le Pape nous le rappelle sans cesse. En tant qu’athée, je comprends que l’environnement est tout ce qui vit ». « Donc, dans l’entreprise – poursuit-il – nous visons à protéger les travailleurs, afin que leur santé soit protégée à 100%, en investissant beaucoup dans la sécurité, dans des masques, des systèmes de ventilation et des machines qui ne libèrent pas de substances telles que les solvants. En ce qui concerne les déchets, nous avons beaucoup investi dans des machines qui séparent les déchets solides, liquides et gazeux. Par la suite, des entreprises publiques, du gouvernement, viennent les prendre et les transférer dans des lieux d’élimination appropriés et adéquats, afin d’éviter qu’ils ne polluent l’environnement. Parce que en-dessous de nous, il y a la mer : quand on creuse un peu sous l’usine, on trouve la mer ! »
La pandémie Dans l’urgence mondiale du coronavirus, les inquiétudes concernant les conditions des travailleurs se sont accrues. « La vague qui est arrivée ici – se souvient Abdullah – a été très forte, elle a frappé l’Iran, le Koweït, l’Arabie Saoudite, tous les pays qui nous entourent. La période la plus difficile, avec une fermeture totale, se situe entre mars et avril. Lorsque les premières nouvelles du virus sont apparues, nous avons préparé des mesures, telles que l’adoption de barrières de verre pour les employés, dans un espace similaire à un comptoir de banque, l’utilisation de masques chirurgicaux, la mesure de la température corporelle, le respect de la distance de sécurité de deux mètres, des prélèvements pour tous les employés, une coordination quotidienne avec le ministère de la santé au niveau local. En outre, j’ai loué une trentaine de studios pour observer la quarantaine en toute sécurité ».
Une rencontre de coexistence Ce qui est frappant, c’est le mot « coexistence » qui revient plusieurs fois dans la conversation avec Abdullah, même lorsqu’il se souvient d’avoir participé, début 2019, à la messe du Pape à Abu Dhabi, à l’occasion du voyage de François aux Émirats Arabes Unis, déjà sous la bannière de cette fraternité et de cette amitié sociale dont le Souverain Pontife parle aujourd’hui dans Fratelli tutti (Lettre encyclique Tous Frères) « Une expérience magnifique, j’y suis allé avec certains de mes collègues et amis du Mouvement des Focolari. Il y avait beaucoup de monde, à tel point que je me trouvais à l’extérieur du stade, sur la pelouse, d’où l’on pouvait suivre l’événement à travers des écrans géants. J’ai remarqué que la grande majorité des personnes présentes étaient catholiques, mais qu’il y avait aussi 5 000 musulmans, ainsi que quelques groupes de bouddhistes, d’hindous et de sikhs. Ils diffusaient des images de l’étreinte sincère avec le Grand Imam d’Al-Azhar Ahamad al-Tayyib. Ce fut un moment libérateur, de rencontre entre le monde islamique et le monde occidental, avec le Pape qui est venu ici avec une grande humilité : il a remercié le pays, les autorités, le peuple, dans un esprit de coexistence, de paix, de tolérance. Il voulait nous dire qu’être tous ensemble est possible ».
Giada Aquilino pour les Nouvelles du Vatican
22 Oct 2020 | Non classifié(e)
Maria Voce : « Profonde douleur et collaboration pleine et inconditionnelle du Mouvement afin que toute la lumière soit faite ; institution d’une commission d’enquête indépendante après la rencontre avec quelques victimes d’un ex-membre consacré des Focolari. » « Face à cette immense souffrance, nous sommes convaincus que l’unique voie à parcourir est d’offrir aux victimes une écoute totale et la pleine reconnaissance des dommages subis. C’est pourquoi je veux réaffirmer la collaboration pleine et inconditionnelle du Mouvement, afin que toute la lumière soit apportée sur les faits et que justice soit rendue aux victimes. » Ce sont les mots de Maria Voce, Présidente du Mouvement des Focolari, dans un communiqué de presse du 22 octobre 2020, concernant le cas de violences sur mineur de la part de J.M.M., ex-membre consacré des Focolari, résidant en France. Une victime a rendu public son cas datant des années 1981 et 1982, lorsque – alors âgé de 15 et 16 ans – il fut agressé sexuellement. Après la rencontre avec quelques victimes, le 18 septembre 2020, le Mouvement des Focolari a décidé d’ouvrir une enquête extraordinaire, qui sera confiée à un organe indépendant en voie de constitution. À cette occasion, Jesùs Moran, coprésident du Mouvement des Focolari, a exprimé sa douleur et sa honte pour les abus commis par J.M.M., « de même que pour le silence ou le manque d’initiatives maintenus pendant des années de la part de divers responsables ». La composition de cet organe indépendant sera rendue publique prochainement. Il aura la tâche d’écouter les victimes présumées, de recueillir des témoignages et d’enquêter sur d’éventuels silences, omissions ou couvertures de la part de responsables du Mouvement. Au terme de l’enquête, cet organe rendra public son rapport final. Dans le but de permettre le déroulement complet de l’enquête et d’en garantir la transparence totale, les deux coresponsables des Focolari en France et le coresponsable du Mouvement pour l’Europe Occidentale ont présenté, le 21 octobre 2020, leur démission de leurs mandats respectifs. Démissions acceptées par la Présidente des Focolari.
Joachim Schwind
Communiqué de presse
21 Oct 2020 | Non classifié(e)
Le 11 août dernier, nous avons fêté les 100 ans de Danilo Zanzucchi. Avec son épouse Anna Maria, ils ont été pendant plus de 40 ans responsables du Mouvement Familles Nouvelles. Ils ont une histoire très riche, une histoire d’amour donné, reçu, engendré. Nous sommes allés leur rendre visite chez eux, à Grottaferrata… https://vimeo.com/465839669
20 Oct 2020 | Non classifié(e)
Ce matin, Sa Sainteté Bartholomée Ier, Patriarche Œcuménique de Constantinople, a visité le Centre international des Focolari à Rocca di Papa. La Présidente Maria Voce l’a accueilli et ils ont visité la maison où vivait Chiara Lubich. Il s’est recueilli en prière sur sa tombe. À l’échange de saluts et de cadeaux se trouvait également le Coprésident Jesús Morán et une petite délégation du Mouvement. Le Patriarche est à Rome pour la Rencontre internationale de Prière pour la paix promue aujourd’hui au Campidoglio par la Communauté Sant Egidio. Il recevra demain le doctorat honoris causa en philosophie à l’Université Antonianum. Le Patriarche aura également une rencontre avec le Pape François.

©J. García – CSC Audiovisivi
« Chiara a pris l’engagement pour la fraternité, l’unité et la paix dans tous les domaines de la vie humaine, délivrant un message, à travers sa vie et ses écrits, que nous ne pouvons pas ignorer ». C’est par ces paroles que le Patriarche Bartholomée ce matin s’est rappelé de Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, en visitant leur Centre international à Rocca di Papa. La délégation comprenait également Son Eminence Emmanuel, le Métropolite de France, Son Excellence Cassianos, Higoumène du Monastère de Chalki (Grèce), le Révérend Iakovos, Diacre Patriarcal. L’archevêque Andrea Palmieri, Sous-secrétaire du Conseil pontifical pour l’Unité des Chrétiens (CPPUC), les accompagnait. « Le Mouvement et toutes les œuvres qui existent aujourd’hui grâce à son charisme – a-t-il dit – sont le témoignage d’une vie vécue pour le Seigneur, passée aussi par la Croix, mais toujours orientée vers la Résurrection ». La visite du Patriarche s’inscrit dans le cadre du Centenaire de la naissance de Chiara Lubich : « Combien d’autres choses aurait fait Chiara si elle était encore parmi nous » ! – a dit S.S. Bartholomée Ier, en se rappelant d’elle: « Mais ce ne sont pas les années qui donnent sens à la vie, ce n’est pas la quantité, la longueur, mais la façon dont nous développons les talents qu’Il nous a offert, c’est la qualité de la vie, dépensée pour témoigner de Celui qui est la Vie ». 
©J. García – CSC Audiovisivi
Le Patriarche est arrivé en fin de matinée à Rocca di Papa, accueilli par la Présidente du Mouvement, Maria Voce, et le Coprésident, Jesús Morán. Il a visité avec eux la maison où vivait Chiara Lubich et la chapelle du Centre international où se trouve la tombe de la fondatrice des Focolari. Il a écrit une longue dédicace en grec dans le livre des visiteurs. À l’Auditorium, conformément aux règles d’hygiène et de sécurité, une brève rencontre a eu lieu entre le Patriarche et des membres du Conseil général des Focolari, des membres du Mouvement appartenant à l’Église orthodoxe et une petite délégation de jeunes. Le Patriarche a adressé des paroles d’affection et d’estime à Maria Voce, qu’il a appelée « sa très chère sœur », « dont l’amitié avec nous et avec notre Patriarcat Œcuménique est longue et solide, depuis les années de son séjour à Constantinople où elle a vraiment laissé une marque indélébile de ministère de la fraternité, de l’unité et de l’amour pour tous ». « Arrivée au terme de son mandat de Présidente – a-t-il dit en s’adressant à Maria Voce – nous voulons la remercier nous aussi pour sa grande contribution à l’Œuvre; le souvenir que nous avons d’elle, comme vous tous, est dans nos cœurs, et elle continuera certainement le charisme là où le Seigneur l’appellera ». 
©J. García – CSC Audiovisivi
Quelques événements organisés à l’occasion du centenaire de Chiara Lubich ont été présentés au Patriarche et quelques jeunes des Focolari lui ont parlé du projet « United World Project », qui, sous le slogan « oser prendre soin », se concentre cette année sur la protection de l’environnement et sur les secteurs les plus fragiles des sociétés dans le monde entier. Le Patriarche a commenté : « Idées et action, théorie et pratique. J’espère que des jeunes orthodoxes seront inclus dans ce projet afin de travailler avec vous pour le bien de l’humanité ». A la conclusion de la rencontre, Maria Voce lui a fait don d’une sculpture représentant la Vierge Marie avec l’Enfant Jésus, qui se trouvait dans la maison de Chiara Lubich en Suisse, et le Patriarche a fait don à Maria Voce d’une magnifique icône.
Stefania Tanesini
Pour lire l’homélie de Sa Sainteté Bartholomée, archevêque de Constantinople, cliquez ici https://vimeo.com/470583650
20 Oct 2020 | Non classifié(e)
Ce mardi 20 octobre se tient à Rome la Rencontre Internationale de Prière pour la Paix entre quelques leaders de différentes religions, promue par la Communauté de Sant’Egidio. Avec la présence de la Présidente du mouvement des Focolari. Il sera possible de suivre l’événement en streaming. « Nous sommes très heureux que cette réunion puisse avoir lieu, car nous avons besoin de paroles de paix, d’espoir qui indiquent un avenir pour l’humanité si accablée par cette pandémie. » C’est par ces mots que Marco Impagliazzo, président de la Communauté de Sant’Egidio, a présenté l’édition 2020 de la Rencontre Internationale de Prière pour la Paix entre les grandes religions du monde, dans l’esprit d’Assise, promue par Sant’Egidio. L’événement intitulé « Personne ne se sauve tout seul – Paix et Fraternité » se tient aujourd’hui, 20 octobre, à Rome (Italie) sur la Place du Capitole et réunit des dirigeants de différentes religions et des représentants d’institutions dans une « Prière pour la Paix », un moment de réflexion solennel qui veut offrir un message d’espoir pour l’avenir. Pendant cet événement, il y aura un espace pour la prière, chacun selon sa propre tradition. Ensuite, les interventions des dirigeants mettront en évidence la contribution des religions à la construction d’un avenir meilleur de paix et de fraternité, surtout en ce moment où la pandémie provoque une grande crise économique et sociale qui a rendu tout le monde plus pauvre. La présidente du mouvement des Focolari, Maria Voce, participera également à l’événement. Cette manifestation devrait commencer à 16h30. (utc+2) quand les représentants religieux se réuniront pour prier dans différents lieux. La prière œcuménique des chrétiens aura lieu à la Basilique de Sainte Marie de l’Aracoeli (clicca qui per il programma). Ensuite, vers 17h20 (utc+2) rassemblement sur la place du Capitole. Au cours de la cérémonie prendront la parole le Président de la République italienne, Sergio Mattarella, le fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, Andrea Riccardi et, par message vidéo, la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Suivront les discours du Patriarche de Constantinople, de Bartholomée Ier, du Grand Rabbin de France, Rav Haim Korsia, du Secrétaire Général du Comité Supérieur de la Fraternité humaine, Dr. Shoten Minegishi (Bouddhisme Zen Soto), du Dr. Karmaljit Singh Dillon (Comité national Sikh Gurdwara Parbandhak), de Mme Divya Punchayil Prashoban (Hindouisme) et, pour finir, du Pape François. La cérémonie se poursuivra par une minute de silence à la mémoire des victimes de la pandémie et de toutes les guerres, la lecture de l’Appel pour la paix 2020, qui sera remis par un groupe d’enfants aux ambassadeurs et aux représentants de la politique nationale et internationale. Le pape François allumera le chandelier de la Paix.. La rencontre entre religions « Prière pour la Paix » sera diffusée en direct sur sito dell’evento et sur les réseaux sociaux de la Communauté de Sant’Egidio.
Lorenzo Russo
20 Oct 2020 | Non classifié(e)
Un Webinar pour retracer l’histoire du Mouvement Gen, l’un des rassemblements de jeunes les plus révolutionnaires du siècle dernier, qui poursuit son cours au XXIe siècle.

© CSC Audiovisivi – Archivio
En cette année du centenaire de Chiara Lubich, il était impossible de ne pas reprendre l’histoire du Mouvement Gen, qui a vu le jour en 1967 et qui a impliqué des centaines de milliers de jeunes du monde entier dans son idéalité d’un monde uni. Un webinar, le 18 octobre dernier, animé par le journaliste de la RAI Gianni Bianco, a voulu retracer l’histoire d’un rassemblement de jeunes qui, bien qu’entre des hauts et des bas, a su former des hommes et des femmes qui ont fait de l’espace dans la vie non pas par des actes de force ou une ambition débridée, mais par l’idéal évangélique de se faire tout à tous. Des personnes qui – que ce soit en restant au sein du Mouvement ou en s’en éloignant – ont continué à « vivre » les intuitions charismatiques de Chiara Lubich, chacune dans sa propre dimension spirituelle et professionnelle. Parmi les personnes présentes se trouvait Franz Coriasco, auteur du livre Generazione nuova. L’histoire du Mouvement Gen racontée par un témoin, pour Città Nuova. Une vision personnelle, la sienne, et en même temps collective, non seulement pour la recherche passionnée et approfondie qu’il a menée, mais aussi pour l’ensemble des centaines d’interventions qui soutiennent sa narration. Luigino De Zottis, qui avait été choisi en 1966 par Chiara Lubich elle-même, avec Virgo Folonari, pour commencer le Mouvement Gen, était également présent. Dans son discours, il a rappelé ceux qui avaient permis la naissance du nouveau rassemblement de jeunes lié au focolare : « L’inspiration de Chiara était inattendue, a-t-il dit, mais elle nous a impliqués de manière plus que radicale. Ma vie et celle d’une infinité d’autres jeunes a connu un développement inattendu. Je me souviens qu’à nous, les adultes qui avons dû donner naissance au mouvement Gen, Chiara, avait dit: « Vous, les adultes, vous n’avez rien à faire pour donner naissance au mouvement des jeunes. Vous devez être pour eux comme des anges gardiens » ». Une « règle », celle de la relation intergénérationnelle, qui a fait l’histoire et continue à être innovante. Le Cardinal Joao Braz de Aviz, préfet de la congrégation pour la vie consacrée, a également participé, ayant été l’ un des premiers « Gen’s », c’est-à-dire les séminaristes Gen. Il a concentré son attention sur l’élément central du charisme de Chiara : « Jésus abandonné n’est pas une petite chose, c’est la reconnaissance d’une vérité, ce qui permet d’avancer quand les difficultés semblent insurmontables. Et avec des mots forts, il a invité le Mouvement à redécouvrir son propre esprit de communion des débuts. Parmi toutes les interventions de personnes qui sont restées actives au sein du Mouvement, les paroles de Margherita Karram, qui vient de Terre Sainte, sont significatives. Elle résume ainsi son aventure avec Chiara : « La révolution, celle de l’amour évangélique qui aime même les ennemis. Identité, ma terre m’a laissé la conviction que ma véritable identité est celle de Jésus de Nazareth. Enfin, le cœur, parce que l’Évangile doit être vécu avec radicalité, avec un cœur de chair, et non de pierre, sans ériger de murs ». « Sommes-nous au début de la fin ou à la fin du commencement ? » s’est demandé Franz Coriasco dans son discours. Jesús Morán, actuel coprésident du mouvement des Focolari, a répondu : « Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans la phase de l’utopie de l’unité, la conscience de l’unité dans l’humanité est tragique. Soit nous devenons Un, soit nous nous détruisons. Les possibilités pour les Gen d’aujourd’hui sont énormes, parce qu’ il y a une conscience plus claire de ce qu’est l’unité. Je suis convaincu que nous sommes au début de nouveaux développements, qui montrent un charisme incarné ». 
Laura Salerno

Conlet Burns
La conclusion du webinar a été confiée aux Gen d’aujourd’hui – représentés par Laura Salerno, Conlet Burns et Anna Aleotti – et il ne pouvait en être autrement, car l’aventure continue. Le Mouvement Gen est né dans la période d’exubérance de la jeunesse de 1967-1968, et les Gen de l’époque avait une attitude révolutionnaire. Mais ils le sont encore aujourd’hui, comme en témoignent les jeunes Gen Libanais qui sont descendus dans la rue il y a tout juste un an, à partir du 17 octobre 2019, pour prôner une société moins corrompue, plus fraternelle, plus juste et plus inclusive. Makran, Salim, Mia et leurs amis montrent que l’élan révolutionnaire de 1967 est toujours valable en 2020.
Michele Zanzucchi
19 Oct 2020 | Non classifié(e)
Les chrétiens savent quel est l’examen ils devront passer à la fin de leur vie. Jésus, en effet, a révélé les questions qu’il nous posera lorsque nous nous présenterons devant lui. Elles sont plus actuelles que jamais – comme l’explique Chiara Lubich. Il est urgent de transformer toutes nos relations, avec nos frères, nos parents, nos proches, nos collègues, nos connaissances, avec les hommes du monde entier, en relations chrétiennes. Et, poussés et éclairés par l’amour, [il est urgent] de donner naissance à des œuvres individuelles et sociales, en nous souvenant que si un verre d’eau aura sa récompense, un hôpital, une école, un orphelinat, une structure de rééducation et ainsi de suite, réalisés comme des moyens pour exprimer notre charité, nous prépareront à un brillant examen final. Dieu nous demandera en effet : « J’avais faim, dans ton mari, dans tes enfants, comme dans les populations de l’Inde et toi, me reconnaissant en eux, tu m’as donné à manger. » « J’avais soif, j’étais nu dans tes petits, chaque matin, comme dans tes frères de nombreux pays, où les conditions de vie étaient inhumaines, et toi, me reconnaissant toujours en chacun, tu m’as vêtu avec ce que tu avais. » « J’étais orphelin, affamé, malade dans l’enfant de ton quartier comme dans les populations du Pakistan, submergé par les cataclysmes, et tu as fait tout ton possible pour m’aider. » « Tu as supporté ta belle-mère ou ta femme nerveuse, comme tes ouvriers menaçants ou ton employeur encore peu compréhensif, parce que tu es convaincu qu’une justice sociale parfaite ne s’épanouira qu’à partir de la charité sociale ; et cela, tu l’as fait parce que tu m’as reconnu en chacun. » « Tu as rendu visite au parent emprisonné, tu as prié et tu as cherché à apporter ton aide à ceux qui sont opprimés et violentés au plus profond de leur être… » Alors, tout étonnés, nous laisserons un seul mot s’échapper de nos lèvres : merci. Merci, mon Dieu, de nous avoir ouvert sur terre une voie, la voie la plus directe, la plus courte pour rejoindre vite et sans détour notre destination céleste.
Chiara Lubich
Extrait de : “Per un nuovo umanesimo”, in : Chiara Lubich, L’essenziale di oggi. Scritti spirituali /2, ed. Città nuova, Roma 21997, p. 139.
17 Oct 2020 | Non classifié(e)
Voyage dans différentes régions du Nigeria, où des membres de la communauté des Focolari nous présentent leurs initiatives et leurs projets de soin, de développement, d’éducation et d’entreprenariat là où ils se trouvent. https://vimeo.com/465821382
16 Oct 2020 | Non classifié(e)
Voici un bref portrait, au nom du mouvement, du métropolite qui était un grand ami des Focolari et l’expression de la prière et de la proximité de Maria Voce.
Aujourd’hui, 16 octobre, l’Archevêché Orthodoxe d’Italie et de Malte a annoncé que le métropolite Gennadios a « transité au ciel »[1]. Il a vécu 57 ans en Italie, d’abord comme Curé à Naples, en 1970 comme Évêque de Kratea, puis depuis 1996 comme Archevêque du diocèse d’Italie et de Malte et Exarque d’Europe du Sud ayant son siège à Venise. Pour les fidèles de son Archidiocèse, il avait un grand amour qui ressort d’une lettre du 3 octobre dernier dans laquelle il écrivait : « Vous êtes dans mon cœur. Vous êtes ma vie ! » [2]. En 2007, le patriarche Bartholomée disait de lui : « avec un immense amour […] vous avez travaillé pendant de nombreuses années de manière missionnaire pour votre troupeau, vous distinguant par de nombreux et divers charismes, qui expriment la personnalité de Votre Éminence, parmi lesquels les plus grands sont l’humilité et la douceur, la tranquillité et la sagesse de votre caractère, mais le plus grand de tous est votre amour et votre foi envers la Mère Église »[3]. C’était un homme de dialogue qui participait activement à l’activité œcuménique en Italie et au-delà, comme on peut l’entendre dans cette interview à Radio Vatican en 2015 : « Prier signifie marcher ensemble et, comme le pape François me l’a dit un jour, « marcher signifie union ». Lorsque nous marchons ensemble, l’unité est plus proche de nous ». Parlant de la division des chrétiens, il disait : « Nous devons maintenant être crucifiés, nous les hommes, nous devons monter sur la croix pour faire disparaître nos passions, nos défauts, nos erreurs. Jésus Christ ne vient plus pour être crucifié mais nous devons être sur la croix pour effacer le fanatisme, la haine et l’égoïsme[4]. Grand ami du mouvement des Focolari, le Métropolite rappelait souvent une conversation qu’il avait eue avec le Patriarche Athénagoras en 1970. « Il m’a reçu pendant 48 minutes ! De nombreux Évêques, prêtres, théologiens et autres étaient dans le couloir, attendant la bénédiction du Patriarche. Tout le monde était étonné que je sois resté si longtemps en audience […] Que s’était-il passé ? Le Patriarche avait parlé de moi pendant 2 minutes, du Pape Paul VI pendant 5 minutes et de Chiara pendant 40 minutes [5] ». Il a participé à de nombreux événements des Focolari : des rencontres des Évêques amis du mouvement, aux écoles d’œcuménisme et aux semaines œcuméniques organisées par le Centre « Uno »[6]. Lors de la dernière édition, en 2017, il a remis à Maria Voce une médaille en reconnaissance pour le travail œcuménique des Focolari. C’est lui qui a eu l’idée de lancer la « Chaire Œcuménique Internationale Patriarche Athénagoras – Chiara Lubich », dont il était co-titulaire, à l’Université de Sophia et en 2017 il a tenu le discours inaugural du début des activités sur le thème « Patriarche Athénagoras et Chiara Lubich, protagonistes de l’unité[7] ». Le métropolite Gennadios a pu rencontrer Chiara quelques jours avant sa mort lorsqu’il lui a rendu visite avec le Patriarche Bartholomée à la polyclinique « Gemelli ». De cette dernière rencontre, il se rappelait : « Elle était pleine de joie, souriante comme toujours, douce, sereine et son « charisme » était bien vivant. En fait, ses derniers mots avant de dire au revoir ont été : « Toujours unis » » ! [8] Il semble que le métropolite Gennadios ait accompli ce que le patriarche Athénagoras lui avait prophétiquement dit en 1960 : « Tu iras en Italie, nous avons besoin de nouveaux prêtres pour les temps à venir, des temps de réconciliation et de dialogue avec l’Église catholique[9] ».
Joan Patricia Back
[1] Site ortodossia.it [2] Site ortodossia.it [3] Site ortodossia.it [4] Interview à la Radio Vaticane le 23 janvier 2015 sur le site ortodossia.it [5] 50° anniveraire du Centre “Uno”, Trento 12 marzo 2011 [6] Le Centre “Uno”, pour l’unité des chrétiens, s’occupe du dialogue oecuménique du Mouvement des Focolari [7] www.sophiauniversity.org/it [8] 50° del Centro “Uno” Trento, 12 marzo 2011 [9] Sito ortodossia.it
15 Oct 2020 | Non classifié(e)
Chiara Lubich écrit : « Etre humble ne signifie pas seulement ne pas être ambitieux, mais être conscient de son propre néant, se sentir petit devant Dieu et se mettre ainsi entre ses mains, comme un enfant ». Une école de la vie Pendant la pandémie, j’ai été moi aussi contraint à l’isolement chez moi. Bien que la relation avec certains de mes clients s’est poursuivie par Internet, le véritable travail a été sur moi-même. Je ne pouvais plus me dispenser d’aider les enfants à faire leurs devoirs, de deviner comment occuper leur temps, de subvenir aux besoins de nos parents âgés, d’aider mon épouse à la cuisine, d’inventer de nouveaux menus… J’avais sous-estimé la valeur que les petits gestes quotidiens peuvent avoir pour la connaissance de soi ; j’avais maintenant l’occasion de découvrir des dimensions fondamentales de l’existence. Mais la découverte la plus importante de cette période a peut-être été la prière, la relation personnelle avec Dieu. Je l’avais négligée, mise de côté avec d’autres choses, engagé que j’étais dans mes recherches et dans mon travail. En gérant ce temps sans limites, j’ai réfléchi à la vie, à la mort, à l’espérance… Je ne sais pas comment c’était pour les autres, mais pour moi, cet exil forcé est devenu une véritable école, bien plus efficace que des livres et des cours de spécialisation. (M.V. – Suisse) Vieillir ensemble Après des décennies de vie conjugale amoureuse, je me suis rendu compte d’être devenu irritable envers ma femme. Elle n’est pas d’accord avec beaucoup de choses que je fais et elle me répète toujours la même leçon. Un jour, après l’avoir entendue une première et une seconde fois, j’ai répondu rageusement que je savais ce que je devais faire : elle me l’avait déjà dit. Naturellement, elle est restée mal et moi aussi. Je lui ai demandé pardon, mais à l’intérieur de moi, je me suis retrouvé avec la douleur de ne pas avoir respecté et accepté son âge respectable. Si cela se produit avec elle, me suis-je dit, qui sait combien de fois je blesse mon épouse. Nous racontions ce fait à notre petite-fille qui était venue nous rendre visite avec son compagnon, lorsque, sans raison apparente, elle s’est mise à pleurer pendant qu’il lui prenait la main en la caressant. Après un moment de silence, ils nous ont confié qu’ils avaient décidé de ne pas rester ensemble en raison des différences de caractère rencontrées entre eux. Mais en écoutant notre histoire, ils étaient émus par la beauté de vieillir ensemble et de toujours essayer de reconstruire l’amour. (P.T. – Hongrie) Écouter, comprendre Quand je repense à ces 25 années passées à m’occuper de la santé de mes patients, j’ai l’impression de n’avoir rien fait d’autre que de les écouter. Je me souviens, dans mes premiers jours comme médecin de famille, de cette femme qui avait consulté je ne sais combien d’hôpitaux de la Suisse et de l’Italie. Elle me décrivait un détail de son histoire personnelle qui pouvait être la clé des maux dont elle souffrait depuis plus de 15 ans. À ma question : « Mais, madame, avez-vous déjà parlé de cela aux médecins » ?, elle m’a répondu : « Docteur, c’est la première fois que cela me vient à l’esprit. Oui, parce que vous m’écoutez maintenant et je m’en suis souvenu ». Cette expérience de visite m’a servi plus qu’une mise à jour professionnelle. Oui, parce qu’écouter, surtout aujourd’hui où tout est fait rapidement, devrait toujours correspondre à « comprendre ». Toutes ces années ont été pour moi une école à cet égard… et je n’ai pas fini d’apprendre ! L’écoute n’est qu’une expression de l’amour dont le Christ nous a donné l’exemple : se vider pour pouvoir accueillir l’autre en soi. (Ugo – Italie) Savourer Quand, après les derniers examens, le médecin m’a dit que le cancer était réapparu, la première pensée a été pour ma famille, nos enfants et petits-enfants. Mon mari et moi en avons parlé sereinement et nous avons décidé de vivre le temps qu’il me reste comme le plus beau moment pour leur donner l’héritage d’un amour fidèle jusqu’au bout. Les journées se sont écoulées, pesantes à cause des douleurs mais elles avaient une couleur et une chaleur nouvelles. Non seulement l’amour a augmenté entre tous, mais je dirais que nous apprenons à vivre le temps « en le savourant ». Chaque geste est unique car il pourrait être le dernier, tout comme chaque appel téléphonique, chaque mot prononcé. L’attention portée à l’autre, au ton de la voix, à créer l’harmonie entre nous… ; tout a pris de la valeur. Mon mari est surpris de voir à quel point ces journées sont remplies de joie et il me répète souvent : « C’est le seul bien que nous pouvons laisser à nos enfants » ! Dans les moments consacrés à la prière, nous sentons le ciel s’ouvrir, car elle n’est devenue qu’un acte de remerciement. (G.C. – Italie)
Aux soins de Stefania Tanesini
(Extrait de l’Evangile du jour, Città Nuova, anno VI, n.5, settembre-ottobre 2020)
14 Oct 2020 | Non classifié(e)
À Ascoli Piceno, en Italie centrale, quelques associations ont décidé de s’unir pour répondre au malaise économique et social de la ville. Ainsi est né, il y a quelques années, le PAS, Pôle Accueil et Solidarité, une expérience de « réseau » qui a trouvé une habitation il y a quelques mois. https://vimeo.com/465829716
13 Oct 2020 | Non classifié(e)
Le 15 octobre prochain aura lieu l’événement voulu par le Pape François : des organismes de formation, des acteurs sociaux, des institutions et des organisations internationales se confronteront pour construire des alliances pour une humanité plus fraternelle. Nous en parlons avec Carina Rossa, focolarine, membre de l’équipe organisatrice.
« Jamais comme maintenant il n’a été aussi nécessaire d’unir les efforts dans une large alliance éducative pour former des personnes mûres, capables de surmonter les fragmentations et les oppositions et de reconstruire le tissu des relations pour une humanité plus fraternelle ». Ainsi le pape François dans son Message pour le lancement du Pacte mondial pour l’éducation invite à promouvoir « une éducation plus ouverte et inclusive, capable d’écoute patiente, de dialogue constructif et de compréhension mutuelle. Le Pacte inspire un événement mondial, reporté en raison de la pandémie. Une réunion virtuelle aura lieu le 15 octobre à 14h30 (utc+2) en direct sur les chaînes Youtube de Vatican News avec traduction simultanée en français, italien, anglais, espagnol et portugais. Nous en parlons avec Carina Rossa, une focolarine argentine, membre de l’équipe organisatrice de l’événement : Le Pape nous invite à une alliance pour l’éducation qui produira un changement de mentalité. Comment se décline cette nouvelle façon de penser ? « Le Pape souligne que l’éducation est à la base de tous les changements sociaux et culturels et il nous appelle à nous engager dans ce domaine. Le premier changement consiste donc à donner de la dignité à l’éducation. Il attribue ensuite à l’éducation un but, celui de « changer le monde » ; il nous invite à penser l’étude comme un outil pour faire face aux défis de notre temps : paix et citoyenneté, solidarité et développement, dignité et droits de l’homme, soin de la maison commune. En outre, François dénonce la rupture du Pacte dans la famille, l’école, la société et la culture et il doit être reconstruit : le changement de mentalité implique les organismes éducatifs, les acteurs sociaux, les institutions et les organisations internationales afin qu’ils puissent construire des alliances pour atteindre des objectifs communs et susciter une humanité plus fraternelle. A cette fin, le Saint-Père suggère une méthodologie en trois étapes: mettre la personne au centre, investir les meilleures énergies et former des personnes capables de se mettre au service ». Éduquer les jeunes dans quelle direction? Cultiver quelles valeurs ? « Les nouvelles générations sont au centre de la proposition éducative, car ce sont les enfants, les jeunes, qui changeront le monde. « Des femmes et des hommes nouveaux » – c’est le souhait – qui seront « unis dans la diversité », dans un dialogue constant, au service des valeurs de paix, de solidarité et de fraternité universelle, dans le respect des droits de l’homme et de la dignité humaine ».
L’événement mondial consacré au Pacte devait avoir lieu le 14 mai mais en raison de la pandémie il a été reporté au 15 octobre et se déroulera sous forme virtuelle. Où en sommes-nous dans la préparation de l’événement ? « La pandémie nous a obligés à repenser toute la proposition ; le rendez-vous d’octobre sera une première étape vers l’événement mondial que nous espérons célébrer plus tard avec le Pape. La Congrégation pour l’Éducation Catholique – chargée par le Saint-Père de promouvoir l’événement – a confié la coordination scientifique de l’initiative à l’École d’Enseignement Supérieur EIS de l’université LUMSA. Dans cette phase, nous travaillons à établir des relations et à lancer des processus : par exemple, un bureau a été constitué avec les organisations représentant le monde de l’éducation au niveau mondial. En outre, nous rassemblons les expériences éducatives internationales qui seront publiées sur le site web de l’événement, comme un Observatoire du Pacte éducatif, et les interventions faites lors des réunions préparatoires aboutiront à une publication.
Claudia Di Lorenzi
12 Oct 2020 | Non classifié(e)
La pandémie non seulement comporte de graves conséquences immédiates, mais elle fait souvent ressortir aussi des problèmes préexistants de caractère personnel, social et politique. Dans le texte qui suit, Chiara Lubich souligne le premier pas indispensable pour ceux qui veulent vraiment changer le monde. Un grand psychologue de notre époque, disait : « Notre civilisation cherche très rarement à apprendre l’art d’aimer et, malgré une recherche d’amour désespérée, on considère que tout le reste est plus important : le succès, le prestige, l’argent, le pouvoir. Nous dépensons presque toutes nos énergies pour atteindre ces objectifs et pratiquement aucune pour connaître l’art d’aimer[1].» Le véritable art d’aimer jaillit de l’Évangile du Christ. Sa mise en pratique est le premier pas indispensable pour déclencher une révolution pacifique certes, mais si efficace et radicale qu’elle change tout. Cet art a une incidence non seulement dans la sphère spirituelle, mais aussi dans la sphère humaine, dont il renouvelle chaque expression : culturelle, philosophique, politique, économique, éducative, scientifique, etc. Il est le secret de la révolution qui a permis aux premiers chrétiens d’envahir le monde connu à cette époque. […] Un tel amour n’est pas fait seulement de paroles ou de sentiments, il est concret. Il exige que nous nous « fassions un » avec les autres, que « nous vivions » d’une certaine façon l’autre, dans ses souffrances, ses joies et ses besoins, afin de pouvoir le comprendre et l’aider de manière efficace.
Chiara Lubich
De : Chiara Lubich, Un Nouvel Art d’aimer, Paris, Nouvelle Cité Ed. 2006, p. 6-7. [1] E. Fromm, L’arte di amare, Milan 1971, p.18.
10 Oct 2020 | Non classifié(e)
Interview de Saverio D’Ercole, producteur artistique de Casanova Multimedia qui, avec Rai Fiction, a produit le téléfilm sur Chiara Lubich qui est en train d’être réalisé. https://vimeo.com/465815414
8 Oct 2020 | Non classifié(e)
EcoOne, une initiative écologique du mouvement des Focolari, organise la Rencontre internationale « Nouvelles voies vers l’écologie intégrale : cinq ans après le Laudate Si’ » qui se tiendra à Castel Gandolfo (Rome) du 23 au 25 octobre 2020. L’histoire de notre planète est une histoire de relations entre ses différentes composantes. Concentrons-nous sur trois d’entre elles: l’atmosphère, les organismes vivants et l’humanité. Il y a 2,5 milliards d’années, l’oxygène n’était pas présent dans l’atmosphère et la vie humaine n’aurait pas été possible. Ensuite, grâce à la petite contribution d’innombrables organismes unicellulaires simples et (apparemment) insignifiants – les cyanobactéries – l’air s’est enrichi en oxygène pour atteindre sa composition actuelle. C’est un exemple d’effet positif des organismes vivants sur l’atmosphère, du moins de notre point de vue. Plus récemment, le charbon a commencé à se former à partir de forêts mortes (il y a environ 350 millions d’années) et le pétrole à partir de micro-organismes morts (il y a environ 100 millions d’années). Grâce à ces processus, les organismes vivants ont saisi le dioxyde de carbone de l’atmosphère. Depuis le XIXe siècle, l’humanité a massivement brûlé du carbone et du pétrole, restituant du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, ce qui a finalement provoqué le réchauffement climatique. Dans ce cas, l’effet de l’homme sur l’atmosphère est négatif, toujours de notre point de vue.
Le 11 septembre 2020, le graphique suivant a été publié dans Sciences, une revue scientifique très importante, montrant que – si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites – les calottes glaciaires continentales disparaîtront d’ici 2100 et les calottes glaciaires polaires d’ici 2300 : le climat remontera à environ 50 millions d’années. La Terre survivra, mais les conséquences pour l’humanité peuvent être graves en termes de phénomènes météorologiques extrêmes, d’inondations, de sécheresses et d’élévation du niveau des mers : nous n’avons pas beaucoup de temps pour relever le défi du rétablissement de relations harmonieuses entre l’humanité et les autres parties de notre planète.
Mais pourquoi continuons-nous à brûler des combustibles fossiles ? La raison a été expliquée par le pape François dans son encyclique Laudato Si’ de 2015 et résumée le 3 mai 2019 dans son discours à certains représentants de l’industrie minière : « La précarité de notre maison commune est en grande partie le résultat d’un modèle économique fallacieux qui a été suivi pendant trop longtemps. Il s’agit d’un modèle vorace, axé sur le profit et à courte vue, basé sur l’idée fausse d’une croissance économique illimitée. Même si nous constatons souvent ses effets désastreux sur le monde naturel et la vie des gens, nous sommes toujours résistants aux changements ». EcoOne, une initiative écologique du mouvement des Focolari, organise la rencontre internationale « Nouvelles voies vers l’écologie intégrale » : cinq ans après le Laudato Si’ » qui se tiendra à Castel Gandolfo (Rome) du 23 au 25 octobre 2020 et sera diffusée dans les principales langues du monde. D’illustres orateurs illustreront les défis environnementaux contemporains auxquels sont confrontés la science, la technologie, l’économie et la société, dans le but de contribuer au changement espéré par le pape François, en ouvrant un dialogue transdisciplinaire, interreligieux et multiculturel sur le soin de notre maison commune. (De plus amples informations sur la manière de se connecter à la réunion seront fréquemment mises à jour sur le site www.ecoone.org).
Luca Fiorani
6 Oct 2020 | Non classifié(e)
Qu’est-ce que cette jeune fille béatifiée a à dire aujourd’hui aux jeunes et à nous tous qui vivons dans des sables mouvants en ces temps incertains de pandémie ? Nous l’avons demandé à Chicca Coriasco, sa meilleure amie de toujours , 10 ans après sa béatification et 30 ans après sa mort. Le 25 septembre, il y a dix ans, nous étions vingt-cinq mille à l’intérieur et surtout à l’extérieur du sanctuaire du Divino Amore (Amour Divin), tout près de Rome, pour célébrer la béatification de Chiara Badano. Ce jour-là, la sainteté est devenue quelque chose de plus proche et de plus accessible pour de nombreux jeunes (mais pas seulement) du monde entier, qui ont vu en cette jeune Italienne de dix-neuf ans, joyeuse et profonde, capable de vivre et de mourir pour Dieu, un modèle accessible et imitable. Aujourd’hui, trente ans après sa mort, le 7 octobre 1990, il est impossible de calculer combien de personnes ont « rencontré » Chiara Luce, il suffit de penser qu’il y a exactement un an – et avant que la pandémie et le confinement nous obligent à des formes alternatives de rencontre et de communication – Maria Teresa Badano, la mère de Chiara et Chicca Coriasco sa meilleure amie, étaient en Argentine. En 13 jours, elles ont parcouru plus de deux mille kilomètres, traversé quatre régions et fait rencontrer Chiara Luce Badano à plus de 8 000 personnes. Nous avons posé quelques questions à Chicca. Trente ans après sa mort, Chiara Luce continue d’être présente et aimée… Comment expliques-tu l’intérêt qu’elle suscite auprès de tant de jeunes dont le nombre, loin de diminuer, grandit avec le temps ? Chiara a su mettre en valeur le meilleur de ceux qui l’entouraient. Avec moi, elle y est toujours parvenue, tout comme avec ses parents. Je pense que ce prodige continue avec tous ceux qui entrent en contact avec elle, même aujourd’hui. Elle n’a jamais fait beaucoup de discours ni de choses extraordinaires, mais ce qui est extraordinaire, c’est ce OUI dit à Dieu moment après moment, un pas après l’autre, en toute simplicité : c’est ce qui, à son époque tout comme aujourd’hui, continue d’attirer et d’entraîner beaucoup de gens à sa suite, surtout les jeunes. Peux-tu nous dire quel a été le moment le plus important que tu as vécu avec elle ? Le pacte que nous avons conclu entre nous le 22 août 1990. Nous nous sommes dit que la première qui partirait au ciel aiderait l’autre à y arriver, tandis que celle qui resterait tenterait de combler le vide laissé par l’autre. Trente ans plus tard, je peux dire qu’il y a probablement eu un dessein de Dieu qui s’est révélé à travers une suite d’événements alors impensables, qui ont acquis un sens et continuent à se réaliser encore aujourd’hui. Qu’est-ce que Chiara Luce a à dire aux jeunes d’aujourd’hui ? De temps en temps, j’ai essayé d’imaginer Chiara à notre époque… elle aurait probablement vécu de la même manière qu’au cours de sa vie, c’est-à-dire sans jamais se replier sur elle-même, en regardant devant elle avec courage et détermination, en se concentrant sur la beauté qui existe encore aujourd’hui, à travers les épisodes que ce scénario inattendu nous fait découvrir. Chiara Lubich nous a dit qu’en plus de la souffrance de Jésus sur la croix, la nôtre était aussi nécessaire pour coopérer à la construction d’un monde plus uni : « Vivre de demi-mesures, nous disait-elle, c’est trop peu : Dieu vous propose quelque chose de grand, à vous de l’accepter. » C’est l’expérience que Chiara Luce et nous, ses amis, avons vécue avec elle. Plus que jamais, ces paroles de Chiara Lubich sont d’une grande actualité et réalisables aujourd’hui. AUJOURD’HUI qui est Chiara Luce pour toi? Elle est toujours présente dans tous les aspects de ma vie. Je ne sais pas si elle est contente de moi, mais je me sens proche d’elle, et j’espère qu’elle continuera à m’aider à être fidèle à mes idéaux, qui étaient les siens. Dans le nouveau livre publié il y a un an et édité par la Fondation, « Nel mio stare il vostro andare », où de nombreux témoins directs ont raconté leur amitié avec Chiara Luce, je me suis directement adressée à elle : « Chère Chiara – lui ai-je écrit – j’aimerais te prendre à nouveau dans mes bras et partager avec toi tant de défis, d’attentes et de profondes découvertes. Mais à vrai dire, ce fut déjà un peu le cas durant toutes ces années (….) Continue à nous accompagner, comme tu sais le faire, avec « tact » et par ta présence silencieuse, qui ne manque et n’a jamais manqué, j’y compte bien ! TVB Chicca. » Quels sont les rendez-vous que la Fondation Chiara Badano a prévus dans un avenir proche ? Cette année, en raison des restrictions sanitaires imposées par la pandémie, il n’est pas possible de visiter la chambre de Chiara. Pour les 10 ans de sa béatification, nous avons mis en ligne sur son site officiel (www.chiarabadano.org) une vidéo qui retrace ces moments inoubliables. Pour les 30 ans qui se sont écoulés depuis son « départ », nous avons réalisé une autre vidéo qui nous permet de revivre, par la voix de témoins, quelque chose des derniers jours de Chiara. La vidéo est disponible sur le site à partir du 7 octobre 2020 à 4h10 (l’heure à laquelle elle nous a quittés). Enfin, le 25 octobre, fête liturgique de Chiara Luce, nous partagerons avec l’évêque du diocèse d’Acqui, Acteur de la Cause en canonisation de Chiara, la célébration d’une Messe solennelle, le Time Out au cimetière à 12 heures et la cérémonie de remise des prix aux lauréats du Prix Chiara Luce Badano. Tout peut être suivi en streaming sur le site. Plusieurs événements sont également organisés dans le monde entier : la Fondation veut être le porte-parole et canal de cette lumière qui brillera en de nombreux endroits de la planète.
Stefania Tanesini
5 Oct 2020 | Non classifié(e)
Le 3 octobre dernier, au cours de la téléréunion – la vidéo conférence bimestrielle qui relie les communautés des Focolari dans le monde – Maria Voce a lancé un appel à tous, demandant un engagement non négligeable : vivre des relations sur le modèle des relations « trinitaires », où chacun met l’autre en valeur, trouvant « son identité la plus profonde » et posant ainsi les fondements d’une société fraternelle. La vidéo conférence a eu lieu à quelques heures de la signature à Assise de « Fratelli tutti », la dernière encyclique du Pape François. On ne pouvait donc que se sentir interpellés en première personne. Voici un résumé de l’intervention de la présidente des Focolari. Question : Le Pape a signé aujourd’hui à Assise l’encyclique avec ce très beau titre : « Fratelli tutti. » Il a écrit dans un tweet : « L’effort pour construire une société plus juste implique une capacité à (vivre) la fraternité et un esprit de communion humaine. » Tu as été surprise du choix de ce thème, de la part du Pape ? Maria Voce : Pas du tout ! Parce que c’est le plus grand besoin de l’humanité aujourd’hui. Le Pape a su s’en faire l’écho et, avec cette encyclique, il a voulu nous mettre tous ensemble pour chercher la réponse, à ce besoin de l’humanité Et face à cela, on se demande : « Que pouvons-nous faire ? » À ce stade, je voudrais vraiment m’adresser à tous ceux qui se sentent appelés par Dieu à faire quelque chose pour répondre et à le faire en se donnant complètement, sans mesure, sans peur. Tous ceux qui ont trouvé dans le charisme de l’unité, dans le charisme de Chiara, une aide, qui leur a permis de voir que c’est possible, qui leur a fait faire l’expérience concrète, vraie, profonde de l’unité sur cette terre, à tous ceux-ci, j’aimerais dire : « faisons-le ensemble, faisons-le ensemble ! » Oui, nous avons reçu un don qui nous a permis d’en faire l’expérience. Mais cet appel à la fraternité, qui est pour nous l’appel à ce « que tous soient un » (Jn 17, 21), à l’unité, cet appel voudrait que l’on vive sur la terre comme au ciel, comme — laissez-moi vous le dire – dans La Trinité, où l’unité et la distinction coexistent, où chacun respecte l’autre, où chacun fait place à l’autre, cherche à mettre en valeur l’autre, cherche d’une certaine manière à se perdre complètement afin que l’autre puisse s’exprimer pleinement. Et en cela, il ne s’annule pas, au contraire, il manifeste sa véritable, sa plus profonde identité. Une unité aussi grande n’a qu’un seul exemple, Jésus, qui a su perdre complètement son ‘’être Dieu’’, pour se faire homme et pour partager sur la croix – au moment de l’abandon -, tous les abandons, toutes les détresses, toutes les angoisses, toutes les souffrances, tous les extrémismes, toutes les persécutions, les déchirures, que les hommes de tous les temps, de toutes conditions vivent et ont vécu, et il les a faits siens, avec un amour si grand qu’il a réussi à refaire, à reconstruire l’unité qui s’était brisée entre Dieu et l’homme, entre tous les hommes et aussi avec toute la Création. Si nous parvenons à avoir un amour aussi grand, nous pouvons témoigner pour le monde que cette unité existe, que cette unité est possible, que cette unité est déjà commencée. Je voudrais qu’avec tous ceux qui m’écoutent en ce moment, nous puissions tous ensemble, être pour le Pape, une première réponse déjà amorcée et que nous lui donnions une consolation, de l’espoir, parce que quelque chose a déjà commencé. Que nous soyons tous ensemble, nous, petit groupe inspiré par le charisme reçu de Chiara Lubich, un principe, une petite particule, mais efficace, de ce levain qui pénètre dans l’humanité, qui peut la transformer en un monde nouveau. J’aimerais prendre cet engagement avec vous tous. Je suis prête, je veux faire tout mon possible, et je vous invite tous à faire de même, tous ceux qui le veulent !
Stefania Tanesini
Ici l’édition intégrale de la Téléréunion.
5 Oct 2020 | Non classifié(e)
Le 8 mai 2004 à Stuttgart, en Allemagne, lors du premier rendez-vous de « Ensemble pour l’Europe », Chiara avait environ 9000 personnes devant elle. Un moment historique au cours duquel elle a offert la clé pour construire la paix du continent-mosaïque qu’est l’Europe et dans le monde entier : construire des parcelles de fraternité universelle. L’idée de la fraternité universelle est et a été une profonde aspiration de la nature humaine, que nous trouvons exprimée chez de grands hommes. Martin Luther King déclarait : « J’ai fait un rêve : un jour les hommes […] se rendront compte qu’ils ont été créés pour vivre en frères […] et la fraternité sera à l’ordre du jour d’hommes d’affaires et le mot d’ordre de gouvernants.»[2] Le Mahatma Gandhi affirmait à propos de lui-même : « Ma mission ne concerne pas seulement la fraternité en Inde. [¼] J’espère pouvoir, à travers l’établissement de la liberté en Inde, réaliser et faire grandir la fraternité entre tous les hommes »[3]. La fraternité universelle a été également promue par des personnes qui ne puisaient pas à des principes religieux. Le projet même de la Révolution Française avait pour devise : « Liberté, Égalité, Fraternité. » Mais si de nombreux pays ont réussi à réaliser, au moins en partie, la liberté et l’égalité en se dotant d’institutions démocratiques, la fraternité en est restée davantage au niveau des mots que des faits. En revanche, celui qui a proclamé la fraternité universelle et nous a donné le moyen de la réaliser, est Jésus. En nous révélant la paternité de Dieu, il a détruit les murs érigés entre ceux qui sont « égaux » et ceux qui sont « différents », entre amis et ennemis. Il a libéré l’homme des multiples formes de dépendance, d’esclavage, d’injustice. Il a accompli ainsi une véritable révolution existentielle, culturelle et politique. De nombreux courants spirituels ont, au cours des siècles, cherché à réaliser cette révolution. Citons l’audacieux projet, le programme acharné de François d’Assise et de ses premiers compagnons[4] pour construire la fraternité. Sa vie a été en effet un exemple admirable de fraternité qui embrasse les hommes et les femmes mais aussi l’univers, le cosmos avec frère soleil, la lune et les étoiles. Or l’instrument que nous a offert Jésus pour réaliser cette fraternité universelle est l’amour, un amour fort, un amour nouveau, un amour différent de celui que nous connaissons généralement. Il a répandu sur la terre la façon d’aimer du Ciel. Cet amour exige que nous aimions tous les êtres humains, et pas seulement nos parents et nos amis. Il exige que nous aimions ceux que nous trouvons sympathiques et ceux qui nous sont antipathiques, nos compatriotes et les étrangers, les Européens et les immigrés, ceux de notre Église et ceux d’une autre Église, ceux qui ont la même religion et ceux qui en ont une différente. […] Cet amour demande que nous aimions aussi nos ennemis et que nous pardonnions lorsqu’on nous a fait du mal. L’amour dont je parle ne fait pas de distinctions et s’adresse à ceux que nous rencontrons, ceux qui nous sont proches physiquement et ceux dont nous parlons ou dont il est question ; ceux pour qui nous accomplissons notre travail quotidien, ceux dont parlent les journaux ou la télévision… C’est ainsi en effet que Dieu Père nous aime, lui qui fait briller le soleil et tomber la pluie sur tous ses enfants, bons et méchants, justes et injustes (cf. Mt 5,45). Cet amour demande aussi que nous soyons les premiers à aimer. L’amour que Jésus nous a apporté est désintéressé ; il n’attend pas que les autres se mettent à aimer, mais prend plutôt l’initiative comme l’a fait Jésus lui-même qui a donné sa vie pour nous alors que nous étions pécheurs, c’est-à-dire que nous n’aimions pas. […] L’amour apporté par Jésus n’est pas non plus un amour platonique, sentimental, fait de mots. C’est un amour concret. Il demande que nous nous « retroussions les manches ». Cela n’est possible que si nous nous faisons tout à tous, malades avec ceux qui sont malades ; joyeux avec ceux qui sont dans la joie ; soucieux, dépourvus de sécurité, affamés, pauvres avec ceux qui le sont. Et une fois que nous ressentirons en nous ce qu’ils éprouvent, il nous faudra agir en conséquence. […] Lorsque cet amour est vécu par plusieurs personnes il devient réciproque. C’est ce que Jésus souligne davantage : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » (Jn 13,34). Ce commandement, il le dit « sien » et « nouveau ». Un tel amour réciproque n’est pas demandé seulement aux personnes individuellement, mais aussi aux groupes, aux Mouvements, aux villes, aux régions, aux États… Notre temps exige en effet que les disciples de Jésus acquièrent une conscience « sociale » du christianisme. Plus que jamais il est urgent et nécessaire que nous aimions le pays d’autrui comme le nôtre. […] Cet amour, qui atteint sa perfection dans la réciprocité, exprime la puissance du christianisme parce qu’il attire sur la terre la présence même de Jésus parmi les hommes et les femmes. N’a-t-il pas affirmé : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18,20) ? Cette promesse n’est-elle pas une garantie de fraternité ? Si Jésus, le frère par excellence, est avec nous, comment pourrions-nous ne pas nous sentir frères et sœurs les uns des autres ? […] Que l’Esprit Saint nous aide tous à former dans le monde, là où nous sommes, des espaces toujours plus vastes de fraternité universelle , en vivant l’amour que Jésus nous a apporté sur terre.
Chiara Lubich
[2] Cf MARTIN LUTHER KING, Discours prononcé la veille de Noël, 1967, Atlanta, cit. in Il fronte della coscienza, Torino 1968 [3] M.K. GANDHI, Antichi come le montagne, Milano 1970, p.162. [4] Cf. Cardinal R. Etchegaray, Homélie à l’occasion du jubilé de la famille franciscaine, en italien dans « L’Osservatore Romano », édition quotidienne, 12 avril 2000, p. 8 https://vimeo.com/465672862
2 Oct 2020 | Non classifié(e)
Après dix ans de guerre, les restrictions imposées par l’embargo et la pandémie du Coronavirus, ont soumis la population syrienne à des conditions de vie à la limite de la pauvreté, en favorisant la réémergence du phénomène de l’exploitation du travail des enfants. « Après presque une semaine de quarantaine, j’ai été surprise de voir l’un de nos étudiants vendre des légumes en voiture ». L’attention portée au phénomène croissant de l’exploitation du travail des enfants est issue de l’expérience d’un des enseignants du programme extrascolaire de Homs « Génération d’espérance » et du programme « Urgence syrienne ». Selon le constat de nos opérateurs, il n’était pas rare autrefois de voir des adolescents employés à des travaux manuels, mais aujourd’hui, ils sont encore plus jeunes ceux qui sont employés dans la vente de légumes sur les marchés ou comme ouvriers, coiffeurs, serveurs dans les fast-foods ou dans les usines. Lorsque les parents sont interpellés, les réponses soulignent combien cette pratique est presque inévitable compte tenu des conditions économiques et de la grande incertitude quant à l’avenir. Certains pensent qu’il est aujourd’hui plus important d’apprendre un métier plutôt que rester à la maison (en raison de la pandémie) ou ils expliquent combien ces activités sont nécessaires pour aider le budget familial qui n’est plus viable avec le seul travail, souvent occasionnel, des parents. Pendant la quarantaine imposée pour faire face au Covid19, les opérateurs et les enseignants de l’extra-scolaire de Homs se sont engagés à suivre les enfants même à distance, bien que cela ne soit pas toujours facile : beaucoup vivent dans des maisons surpeuplées et la disponibilité des ordinateurs et d’internet n’est pas à la portée de tous. Ce détachement a alimenté la fragilité des enfants et le choix des parents de les orienter vers ces emplois. C’est pourquoi, dans la courte période de reprise, en juillet, le Homs after-school a organisé plusieurs réunions pour étudier le phénomène et faire comprendre que l’éducation est plus importante que le travail des enfants, même dans des conditions de graves difficultés économiques. Il est ressorti de ces réunions que les enfants, même s’ils ne veulent pas travailler, ressentent la responsabilité de contribuer aux dépenses familiales et craignent que les employeurs, face à leur refus, nuisent à leurs parents. Le centre a été à nouveau fermé en raison de l’expansion du Coronavirus, mais dès que possible, les opérateurs et les enseignants reprendront leur travail en sachant que cela peut contribuer à lutter contre la pratique du travail des enfants et à garantir aux enfants de Homs de recevoir le soutien pour recevoir l’éducation appropriée pour construire leur avenir.
Du site de l’Amu – Action pour un monde uni
30 Sep 2020 | Non classifié(e)
Son sourire, sa joie de vivre, son engagement pour la justice et la paix. Ce sont les mots qui reviennent pour évoquer Myriam Dessaivre, 26 ans, qui a perdu la vie le dimanche 9 août au Niger. Avec elle, cinq autres jeunes Français ont été tués ainsi que le chauffeur et le guide nigériens qui les accompagnaient ce jour-là pour visiter la réserve de girafes à Kouré, situé à 60 km au sud-est de la capitale Niamey. Les jeunes Français étaient en mission humanitaire avec l’ONG Acted dans un pays qui subit des crises multiples, classé dernier en termes de développement humain. Diplômée d’une licence de communication et d’information à l’Institut catholique de Toulouse et d’un master en études de paix à Paris-Dauphine, Myriam, martyre de la paix, se spécialise dans la résolution des conflits politiques. Son thème de mémoire de licence porte sur « L’État colombien et les Farc : vers une possible réconciliation ? ». Sa formation se développe aussi sur le terrain puisqu’elle travaille en Colombie, en Tunisie et au Tchad. Le 18 juin 2016, elle explique son choix d’études lors du conseil national de l’association Mouvement de la paix. Elle a alors 21 ans. On est frappés par la force de ses mots et la résonance qu’ils prennent aujourd’hui. Nous citons la fin de son discours. « Personnellement, j’ai l’impression qu’une partie grandissante de notre génération veut promouvoir la paix. Puis je pense que les réseaux sociaux aident aussi à cette tendance : non seulement en raison de la profusion de bad news, mais on remarque quand même un essor d’une sorte de “solidarité mondiale”. L’indignation face aux horreurs actuelles (attentats terroristes, guerres au Moyen-Orient, famine) se transmet instantanément sur les réseaux sociaux, et on se retrouve directement touchés par ces nouvelles, allant même jusqu’à se dire “Quand est-ce que moi, je vais y passer ?” C’est pour ça que ça ne m’étonne pas que l’on soit de plus en plus nombreux à vouloir se diriger vers des métiers de paix, peut-être simplement pour se donner les moyens de vivre dans un monde meilleur. » Ce monde meilleur, elle avait appris à le construire en partie grâce à la spiritualité des Focolari et à son engagement avec les jeunes du Mouvement. Son père, Jean-Marie, décédé en 2014, était volontaire. « C’était ma meilleure amie », témoigne Sophie, bouleversée. « Je l’ai rencontré à 13 ans lors d’une Mariapolis à Lourdes. On pouvait rigoler de tout et de rien avec elle », confie-t-elle. « Elle avait de grandes convictions et défendait les valeurs de paix et de justice sociale. Ce n’était pas facile comme travail mais elle était passionnée, à sa place, épanouie », témoigne son amie. « Ça me fait chaud au cœur de savoir qu’aussi injuste, terrible et violente ait été sa mort, elle n’a pas été vide de sens. Elle a donné sa vie pour ce qu’elle croyait juste.» Un autre ami, Carl, voyait en Myriam « une personne rayonnante, humble et belle qui donnait sa vie au service de la vie, de la paix, des autres ». Pour lui, voilà ce que signifie sa mort : « Je me rends compte que toute sa vie, elle a construit un message qui nous est livré grâce à son départ pour le paradis. Elle est martyre du mal que d’une manière ou d’une autre chacun de nous alimente par de mauvaises actions et/ou de l’inaction au quotidien. » « Myriam a concrétisé son rêve, sa passion en alliant ses compétences et son engagement sur le terrain », partage Anne-Marie, une focolarine qui l’a connue. « Il est apparu évident aux 120 représentants des Gen du monde entier, rassemblés pour un congrès en ligne du 7 au 14 août, que Myriam sera le précieux ange gardien du projet #Daretocare (oser prendre soin) visant à promouvoir toutes les initiatives sur la citoyenneté active dans les domaines de la justice sociale, la politique et l’économie. » Pour Anne-Marie, « c’est comme si elle nous disait maintenant : “Allez de l’avant ! Ne vous encombrez pas de choses inutiles !” ».
Emilie Tévané, per Nouvelle Cité
28 Sep 2020 | Non classifié(e)
La voie de l’excellence pour surmonter les divergences de toute nature et créer la communion et l’unité est – comme l’enseigne Chiara Lubich – le dialogue. Nous pouvons le vivre même lorsque nous devons nous occuper de nous mêmes. Nous sommes tous appelés à être un reflet de la Sainte Trinité où les trois Personnes divines sont éternellement en dialogue, éternellement un et éternellement distinctes. Concrètement, cela signifie qu’à chaque fois que nous devons traiter avec un ou plusieurs de nos frères et sœurs, de façon directe, par téléphone ou par écrit, ou indirectement, parce que c’est pour eux que nous travaillons ou pour eux que nous prions, nous nous sentons en continuel dialogue, appelés au dialogue. Et comment ? En nous ouvrant à notre sœur, à notre frère, en écoutant de toute notre âme ce qu’il veut, ce qu’il dit, ce qui le préoccupe, ce qu’il désire. Et, cela fait, nous pouvons intervenir en lui donnant ce dont il a besoin, ce qu’il convient de lui donner. Et si par moments je dois m’occuper de moi (pour prendre mes repas, me reposer, m’habiller), je le ferai en fonction de mes frères, en ayant toujours à l’esprit ceux qui m’attendent. Ainsi, et seulement ainsi, en ne cessant de vivre la « spiritualité de l’unité » ou « de communion », je peux collaborer efficacement à l’édification de l’Église comme « la maison et l’école de la communion » ; je peux faire avancer, avec les fidèles des autres Églises et communautés ecclésiales, l’unité de l’Église ; je peux contribuer, avec les personnes d’autres religions ou d’autres cultures, à la réalisation d’espaces toujours plus vastes de fraternité universelle .
Chiara Lubich
Chiara Lubich à Castel Gandolfo ; extrait de la téléréunion du 22 janvier 2004.
25 Sep 2020 | Non classifié(e)
Jésus proclame librement son message aux hommes et aux femmes des différents peuples et cultures qui sont venus l’écouter ; c’est un message universel, adressé à tous et que chacun peut accueillir pour se réaliser en tant que personne, créée par Dieu Amour à son image. Un drame partagé Il y a plusieurs années, avec nos quatre filles, nous avons quitté le Liban déchiré par la guerre pour la Tasmanie, où nous avons lutté pour nous intégrer dans un monde très différent du nôtre : ici les gens sont très réservés et la famille « nucléaire » contraste avec la famille « élargie » de notre pays. Au cours des premiers jours qui ont suivi notre arrivée, un collègue de mon mari a perdu son enfant de deux ans dans un incendie ; depuis lors il refuse, ainsi que sa femme, de recevoir des visites, de rencontrer des gens et il reste presque confiné dans sa maison. Nous n’avons pas compris leur attitude, car chez nous les épreuves sont partagées et nous nous sommes demandés comment les aimer, en prenant cette douleur sur nous aussi. Ainsi, pendant quelques semaines, j’ai cuisiné pour eux tous les jours, en laissant les repas devant la porte, accompagnés d’un petit mot, sans les déranger. Finalement, leur porte s’est ouverte et depuis lors, une relation amicale est née entre eux et nous. Au fil du temps, nous nous sommes fait d’autres amis qui nous enrichissent de leur culture. Et dans notre maison il y a désormais toujours quelqu’un qui vient nous rendre visite, un peu comme au Liban. (Carole – Australie) Inculturation Pour se mettre dans la peau de l’autre, il est important de parler sa langue. Mais pas nécessairement. Je le vois avec de nombreuses personnes que j’ai soignées (je suis médecin) et avec lesquelles une relation s’est établie, un message est passé. Il m’est arrivé, au Cameroun, de demander conseil à un ancien du village pour mieux me fondre dans son peuple. Il m’a dit : « Si vous aimez avec votre cœur, les autres comprennent. Il suffit d’aimer. » Cela m’a ramené à l’essentiel de l’Évangile et m’a confirmé que le partage des souffrances et des joies des autres passe avant tout. Si je peux également approfondir ma connaissance de la langue et des coutumes locales, tant mieux… En tout lieu, le langage de l’amour est le plus éloquent pour exprimer la paternité de Dieu. (Ciro – Italie) Le soutien pour ne pas abandonner Après le divorce, j’ai continué à rencontrer les enfants. Mais au fil du temps, le chantage, les prétentions, les accusations de mon ex-femme augmentaient… Je craignais qu’elle ait des conseillers qui ne l’aidaient pas vraiment. L’épreuve la plus douloureuse a été lorsque même les enfants, surtout les plus grands, ont commencé à m’accuser d’avoir gâché leur vie. Je ne savais pas quoi faire. Chaque fois que nous nous sommes rencontrions, c’était l’enfer. Un prêtre ami m’a beaucoup aidé, en me suggérant d’aimer sans rien attendre. Sur sa parole, j’ai voulu essayer pendant quelques mois. Lorsque ma belle-mère est tombée malade et a été alitée, j’ai pris soin non seulement de lui rendre visite souvent, mais aussi de la soulager de toutes les manières possibles. Un jour, j’étais justement en train de lui tenir compagnie quand ma fille est arrivée. Elle a trouvé sa grand-mère sereine et détendue pendant que nous mettions en ordre de vieux albums de photos. Quelque chose a dû changer en elle, car le soir même, elle m’a appelé pour me demander pardon. C’est difficile de grimper, mais chaque fois que j’essaie d’aimer, je trouve le soutien nécessaire pour ne pas décrocher. (V.J. – Suisse) Être de couleur Mon mari Baldwyn et moi sommes de couleur, une race métisse qui souffre souvent d’une grave marginalisation. Ma mère était africaine, mon père, indien, est décédé après ma naissance. Je suis allée vivre avec ma mère chez ses parents, des noirs africains, où j’ai été éduquée dans leurs traditions. Mais au fil des ans, j’ai réalisé que j’étais différente et j’ai enduré des moqueries. Lorsque Baldwyn et moi avons décidé de nous marier, le fait de découvrir que je n’étais enregistrée nulle part, et que je n’existais donc pas pour l’État, a été un coup dur pour moi : une fois de plus, je me suis sentie rejetée ! Pendant cette période difficile, les circonstances nous ont amenés à rencontrer différentes familles chrétiennes, noires et blanches : elles appartenaient au Mouvement Familles Nouvelles et ne faisaient pas de différences en fonction des origines. Dans ce milieu je me suis sentie à l’aise pour la première fois, accueillie pour ce que j’étais. L’attention de ces personnes envers moi m’a fait découvrir que Dieu m’aimait. J’ai été capable de m’accepter avec mes différences et celles les autres aussi. Je suis devenue libre. (Gloire – Afrique du Sud)
propos recueillis par Stefania Tanesini
(tirés de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année VI, n°5, septembre-octobre 2020)
24 Sep 2020 | Non classifié(e)
Le 19 septembre dernier, s’adressant à un groupe de focolarini, Maria Voce a partagé tout ce qui lui tient à cœur en ce moment. Nous rapportons des extraits de cette prise de parole spontanée. Elle a parlé d’une « nouvelle étape » et continue de transmettre ce message aux communautés des Focolari dans le monde entier. Ce qui tient le plus à cœurà Maria Voce, Présidente du mouvement des Focolari, pourrait se résumer en un mot : « relations ». Une nouvelle invitation qui semble achever un parcours commencée il y a 12 ans, lorsque, dès les premiers jours de son élection comme Présidente des Focolari, elle avait invité tout le monde à vivre la « culture de la confiance », afin de construire résolument des relations qui permettent une coexistence sociale pacifique dans le respect des diversités. Aujourd’hui, au terme de son deuxième mandat, à quelques mois de l’assemblée des Focolari et dans un contexte profondément marqué par cette longue pandémie et la crise économique, Maria Voce revient sur l’un des thèmes-clés de sa présidence : le rôle central des relations à la lumière du charisme de Chiara Lubich. Une invitation, encore une fois, à travailler en réseau et en communion avec tous ceux – individus, communautés et organisations – qui visent le même cap, celui de la fraternité. « Une pensée s’est fortement imposée à moi : Chiara en 1943 était confrontée à ce monde dévasté où tout s’écroulait, et Dieu lui a dit : ce n’est pas vrai que tout s’écroule. Il y a une chose qui ne s’écroule pas : c’est Dieu, Dieu seul ! Et qu’a fait Chiara ? Elle s’en est allée dire : Dieu est là, Dieu nous aime et ce Dieu est au-delà de la guerre. C’était ce dont on avait besoin à ce moment-là. Jésus est venu sur terre et il n’est pas venu seul, parce que là où il y avait Jésus, qui était le Fils de Dieu, il y avait assurément toute la Trinité. Ainsi, le Dieu Trinitaire est venu sur terre pour nous montrer le chemin, pour nous apprendre à vivre à Sa manière. Et dans quel but ? Pour transformer le monde. Mais qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie des rapports, des relations, de l’égalité, de l’écoute réciproque , cela signifie se perdre l’un dans l’autre et l’un pour l’autre. Ce matin, en y repensant, je me disais : il est venu sur terre et qu’a-t-il fait ? Il a parcouru les rues de Galilée, et qu’a-t-il trouvé ? Un percepteur d’impôts probablement corrompu; un jeune homme attiré par ses propos ; un petit entrepreneur, Pierre, qui possédait une barque. Il les a appelés et Il a eu le courage d’en faire ses apôtres, c’est-à-dire des personnes appelées à diffuser son message jusqu’aux confins de la terre. Et qui d’autre a-t-il encore trouvé ? Des gens de toutes sortes : une pécheresse, un mort, des affamés, et qu’a-t-il fait ? Il a multiplié les pains, il a ressuscité les morts, autrement dit il s’est occupé des besoins des autres en restant au milieu d’eux. Puis Il est même allé jusqu’à entraîner cette foule sa suite. Qu’est-ce que cela signifie ? Il a créé la communauté, une communauté capable d’écouter les autres, de se rendre compte qu’ils parlaient une autre langue, mais de les comprendre malgré tout dans cette même langue. Cela signifie aussi des personnes capables de s’accueillir jusqu’au bout, capables de se comprendre même si on a des langages différents, capables de s’accepter jusqu’au bout. Il a transformé ces personnes grâce à sa fraternité, dans sa communauté, et il leur a enseigné à vivre la solidarité entre elles, parce que quand elles avaient faim, il a dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » ; quand il a guéri une femme malade qui avait de la fièvre, il l’a ensuite envoyée servir les autres ; la petite fille qu’il a réssuscitée, il l’a rendue à sa famille pour qu’elle prenne soin d’elle. Il n’a rien détruit, il a transformé les choses! Et nous, que nous reste-t-il à faire ? Nous devons transformer le monde, en étant nous-mêmes ce Jésus. Nous devons vivre ces rapports trinitaires. Et il n’y a pas d’autre chemin que de choisir Jésus abandonné, ce qui signifie savoir se perdre l’un dans dans l’autre, savoir mettre l’autre en valeur. Alors Dieu le Père continuera à créer de nouvelles choses, et l’Esprit-Saint à nous éclairer. »
propos recueillis par Stefania Tanesini
23 Sep 2020 | Non classifié(e)
Une école internationale de formation réalisée entièrement en ligne à cause du Covid, avec de nouvelles méthodologies et la participation de 115 Gen 2, les jeunes des Focolari, de 18 pays différents. Un atelier reproduit dans différentes parties du monde.
La crise du Covid peut-elle arrêter notre engagement pour un monde plus uni et la possibilité de le faire ensemble ? Une question qui, ces derniers mois, n’a pas laissé beaucoup de Gen 2 en paix, les jeunes du mouvement des Focolari, ainsi que leurs formateurs. Ainsi, si la pandémie les a empêchés de voyager d’ un pays à l’autre, voire de quitter leur propre maison, les nouvelles technologies ont permis aux jeunes de continuer à œuvrer pour la paix et l’unité dans le monde, elles ont même favorisé la naissance d’initiatives nouvelles et originales, toutes rigoureusement via le web. C’est ainsi que, au vu des rendez-vous internationaux établis depuis quelque temps, les jeunes des Focolari ont décidé de ne pas annuler même l’école internationale annuelle de formation pour les responsables de groupes de jeunes prévue pour août 2020 en Italie, mais de la faire en ligne. Bien sûr, il a fallu encore un peu de travail pour transformer les programmes des 10 jours d’école, les adapter à la méthode de formation via le web et chercher des plates-formes et des applications qui permettraient des moments d’écoute et d’approfondissement, mais aussi qui favoriseraient des moments de communion, tous ensemble et en petits groupes. Ainsi est née l’« École internationale 2020 » au format complètement nouveau. 82 jeunes et 33 formateurs d’adultes de 38 pays et 16 langues y ont participé. « Apprendre à travailler en ligne est une chose positive que le Covid nous a laissée – a déclaré un des participants de l’Argentine – aussi parce que cela facilite la participation de ceux qui, pour des raisons économiques ou de temps, n’avaient jamais fait et n’auraient pas pu faire une expérience internationale en se déplaçant physiquement ». L’école intitulée « Sur la terre comme au ciel » était axée sur des thèmes spirituels et d’actualité, tels que la paix, l’engagement social et la citoyenneté active, approfondis à la lumière du charisme de Chiara Lubich. L’un des points forts était : « Dare to care », (Oser prendre soin) le thème central du parcours (Pathways) que les jeunes, avec l’ensemble du mouvement des Focolari, se sont engagés à mettre en pratique. Chaque année, le parcours des Pathways est associé à une couleur : cette année, c’est le noir, que Chiara Lubich avait associé à l’engagement politique, civil et social pour le bien commun. Et tout comme le noir est en toile de fond de toutes les autres couleurs, cet engagement est le fond sur lequel se détachent les différents domaines de la vie quotidienne : la famille, la société, l’école. Nous avons commencé par des écrits de Chiara Lubich, puis des expériences de témoins engagés dans les sphères politiques et sociales ; des experts tels que le théologien le Père Fabio Ciardi, membre de l’École Abbà, le centre d’études du mouvement des Focolari ; Alberto Lo Presti, directeur du Centre Igino Giordani ; Daniela Ropelato et Antonio Maria Baggio, professeurs à l’Institut universitaire Sophia de Loppiano (Italie). « Vous êtes des personnes qui ont décidé de donner leur vie – ont conclu Maria Voce, présidente du mouvement des Focolari et le coprésident Jesús Morán – dans cette école, vous avez fait le test dans votre laboratoire. Maintenant que le laboratoire est terminé, vous allez vivre ce que vous avez appris ». Et maintenant, cette école, avec l’engagement de vie qu’elle entraîne, se répand et se multiplie : les 100 participants se sont faits les promoteurs d’autres éditions de celle-ci en dix points différents du globe. Letizia Spano
21 Sep 2020 | Non classifié(e)
Ne pas avoir de préférences et ne pas s’attendre à une récompense : telle est la recette simple mais révolutionnaire de Chiara Lubich pour un amour qui peut changer le monde – encore aujourd’hui. « Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né » (2 Co 5, 17). (Cette phrase) parle […] de « l’homme nouveau » (cf. Eph 4, 24) qui, par le baptême et l’adhésion à la foi, s’est établi en nous […] avec une nouvelle façon de voir les choses, d’agir, d’aimer. […] À quoi ressemble cet amour ? […] Étant une participation à l’amour lui-même, qui est en Dieu, qui est Dieu, il se distingue de l’amour humain de mille manières, mais il diffère surtout par deux aspects : l’amour humain fait des distinctions, il est partiel, il aime certains frères comme, par exemple, ceux de son propre sang, ou ceux qui sont instruits, riches, beaux, honorés, en bonne santé ou jeunes… ; ceux d’une certaine origine ou catégorie, et il n’aime pas, ou du moins pas de la même manière, les autres. L’amour divin, en revanche, aime tout le monde ; il est universel. La deuxième différence réside dans le fait que, dans l’amour humain, en général, on aime parce qu’on est aimé ; et même quand l’amour est beau, on aime en l’autre quelque chose de soi-même. Il y a toujours quelque chose d’égoïste dans l’amour humain, ou bien on attend d’aimer lorsque l’intérêt nous y porte. L’amour divin surnaturel, en revanche, est gratuit, il aime en premier. Ainsi, si nous voulons laisser vivre en nous l’« homme nouveau », si nous voulons laisser allumée en nous la flamme de l’amour surnaturel, nous devons aimer tout le monde et aimer en premier. Nous devons, en somme, être comme Jésus, être d’autres ’Jésus’. Jésus est mort sur la croix pour tous : son amour était universel. Et par cette mort, il a aimé le premier
Chiara Lubich
(Extrait d’une conférence téléphonique, Rocca di Papa, 8 janvier 1987)
19 Sep 2020 | Non classifié(e)
Trente, la ville natale de Chiara Lubich, accueillera bientôt une conférence consacrée à l’approfondissement de la valeur des textes de la fondatrice des Focolari, tant parlés qu’écrits, du point de vue linguistique et littéraire. L’événement, qui se déroule à l’occasion du centenaire de la naissance de Chiara Lubich, est coordonné par un Groupe international d’étude et de recherche et pourra être suivi sur le web.

© CSC Audiovisivi
Non seulement des mots, mais des pépites capables d’offrir de nouvelles compréhensions du charisme de Chiara Lubich. L’analyse de la langue de la fondatrice du mouvement des Focolari, dans ses textes parlés et écrits, fait depuis quelques années l’objet des travaux d’un Groupe international d’étude et de recherche en Linguistique, Philologie et Littérature, qui fait partie de l’École Abbá (mouvement des Focolari). Le Groupe, ainsi que le Centre Chiara Lubich, est l’un des promoteurs de la conférence qui se tiendra à Trente du 24 au 27 septembre 2020, intitulée « Chiara Lubich en dialogue avec le monde. Une approche linguistique, philologique et littéraire de ses écrits. » Nous en parlons avec la coordinatrice de l’événement, Anna Maria Rossi, linguiste, enseignante, collaboratrice du Centre Chiara Lubich, membre de l’équipe responsable de l’exposition « Chiara Lubich City World » aux Gallerie de Trente (Italie). Pourquoi avoir choisi pour cette conférence un titre qui souligne le fait que Chiara Lubich est « en dialogue avec le monde » ? C’est un choix né spontanément de l’expérience du dialogue entre les membres du groupe de recherche qui promeut cet événement. Ils sont l’expression de disciplines, d’ âges, de contextes culturels, géographiques et sociaux très différents. En nous appuyant sur le message et le témoignage de Chiara Lubich dans notre vie et notre travail, nous faisons l’expérience de la richesse et de la fécondité du dialogue, de l’ouverture aux autres et de l’appréciation de la diversité. À cet égard, les discours et les écrits de Chiara sont une source très précieuse qui mérite d’être étudiée avec soin. Il nous semble également que dans le contexte où nous vivons aujourd’hui, dans un monde de plus en plus connecté mais qui peine parfois à trouver les mots capables de construire un tissu de relations authentiques, la thématique du dialogue ouvert à tous est particulièrement d’actualité. Les thématiques qui seront abordées lors de la conférence sont variées, touchent à différents domaines et seront approfondies par des universitaires de diverses régions du monde. Quelles sont, selon vous, les contributions les plus originales et les plus novatrices que cette conférence apportera à la compréhension de la pensée et du charisme de Chiara Lubich ? Les écrits d’auteurs que l’on peut considérer comme des maîtres spirituels, tels que les mystiques, surtout celles et ceux de notre époque, sont souvent considérés uniquement comme des textes d’édification spirituelle. En réalité, ce sont des œuvres de grande valeur littéraire, des témoignages d’une langue vivante, novatrice et courageuse. Ce sont des écrits qui méritent d’être étudiés et rendus accessibles à un public varié, pas nécessairement religieux, mais qui se laisse toucher par la beauté et les valeurs. La parole de Chiara, parlée ou écrite, ses textes et ses discours sont empreints d’une forte capacité à se mettre en relation avec l’autre et à lui donner sa pensée et son inspiration d’une manière simple, compréhensible par tous, et en même temps performante sur le plan littéraire. Les études les plus récentes dans le domaine de la linguistique démontrent comment non seulement la langue, mais aussi le langage, les mots que nous utilisons, construisent la réalité. Il n’est pas difficile de le constater également dans la vie quotidienne : la haine, l’exclusion, les mots offensants sont capables de créer une société fermée, violente, agressive. Chiara a toujours utilisé un langage capable de construire des ponts, d’ouvrir de nouvelles compréhensions, d’atteindre chaque personne, chaque peuple. Ce n’est pas pour rien que ses écrits sont traduits dans les langues les plus variées, c’est le signe d’une pensée et d’une parole capables d’embrasser le monde entier. Est-ce la première fois qu’une telle conférence a lieu ? Non, cet événement s’inscrit à la suite d’une conférence qui s’est tenue à Castel Gandolfo (Italie) en 2015, dont le titre, inspiré d’une expression de Chiara Lubich, était : « dire c’est donner ». Le mot compris comme « don » et principal bâtisseur de relations a suscité les réflexions de chercheurs et de chercheuses dans les divers domaines des sciences humaines, désormais rassemblées dans une publication intitulée : « Il dire è dare (dire c’est donner). Le mot comme don et relation dans la pensée de Chiara Lubich. » (aux éditions Città Nuova) Cinq ans plus tard, nous avons décidé de donner suite à cette initiative, de présenter des études complémentaires dans le domaine linguistique et littéraire, à partir de ses textes, de sa pensée et de son charisme. Cette réunion devait se tenir en avril 2020 dans le cadre des événements du centenaire de la naissance de Chiara Lubich, mais elle a été annulée en raison du confinement. Pouvez-vous nous dire comment cela va se passer maintenant ? En raison de la pandémie, nous avons suspendu toutes les activités en présence d’un public, sans perdre l’espoir de réaliser l’événement au cours de l’année du centenaire de Chiara, bien que de manière différente. En fait, grâce aux nouveaux moyens de communication, nous nous trouvons maintenant dans une situation qui, paradoxalement, favorise une participation plus large. En accord avec la Fondation du Musée historique du Trentin, qui accueille l’événement aux Gallerie de Trente, nous pouvons accueillir en toute sécurité une cinquantaine de personnes. Il sera toutefois possible de suivre la conférence grâce à un lien zoom, en le demandant au Secrétariat organisateur (studi_linguistici@centrochiaralubich.org.) De cette façon, des personnes de différents Pays du monde pourront y participer : nous avons déjà reçu des inscriptions du Mexique, du Brésil, du Venezuela, de Taiwan. Les exposés seront traduits simultanément en portugais et en anglais. Nous espérons que ce sera vraiment une occasion de « dialogue avec le monde ».
Anna Lisa Innocenti
17 Sep 2020 | Non classifié(e)
Jésus révèle la nouveauté de l’Evangile : le Père aime personnellement chacun de ses enfants d’un amour « débordant » et leur donne la capacité d’élargir le cœur à leurs frères et sœurs. Ce sont des paroles interpellantes et exigeantes : donner de soi-même ; donner des biens matériels, mais aussi accueillir, être miséricordieux, pardonner largement, à l’imitation de Dieu. Lait en poudre Dans une ville satellite près de Brasilia, nous apportons depuis des années, dans un quartier très pauvre, une aide matérielle, une promotion humaine, mais nous essayons aussi de répandre la bonne nouvelle de Jésus. Nous sommes toujours étonnés de voir comment ces personnes découvrent l’amour de Dieu et commencent à s’entraider, en partageant le peu qu’elles ont avec celles qui ont moins. Elles offrent même leur propre baraque. Fidèles au principe « donnez et on vous donnera », une dame à qui nous avions livré du lait en poudre pour ses enfants nous a dit qu’elle le partageait avec sa voisine qui n’avait rien à donner à ses enfants. Le même jour, à sa grande surprise et toute joyeuse, elle a reçu d’autres confections de lait en poudre. (H.I. – Brésil) La blessure Lors de certaines fêtes, je donne à mes quatre enfants une somme d’argent pour acheter des cadeaux pour les enfants pauvres. Cette année, mon fils cadet m’a demandé une somme plus importante : il avait appris que son père était au chômage et ne pouvait pas faire de cadeaux aux enfants qu’il avait eus avec une autre femme. Pour moi, c’était une douche froide. Mon mari nous avait abandonnés depuis des années et la blessure était encore vive. Cette nuit-là, j’ai beaucoup pleuré, je me suis sentie trahie par mes propres enfants. Mais c’était peut-être moi qui avais tort et mon cadet me donnait une leçon. Le lendemain matin, je lui ai donné plus d’argent. Quelques temps plus tard, mes enfants m’ont demandé d’aider leur père à trouver un emploi. C’était le comble ! Justement eux, qui n’avaient jamais reçu de cadeau de leur père, me le demandaient maintenant! Malgré les souvenirs douloureux, j’ai compris que je devais mettre en pratique le commandement de Jésus d’aimer les ennemis. Cela m’a coûté, mais je l’ai fait. La joie que je voyais chez mes enfants était indescriptible. J’ai remercié Dieu pour leur générosité mais aussi parce qu’ils m’ont donné l’occasion d’ôter de mon cœur un ressentiment qui me torturait depuis des années. (C.C. – Colombie) Licenciement Il y a quelques mois, lorsque la grande société informatique pour laquelle je travaille a annoncé le licenciement de 40 % des salariés, j’ai ressenti un véritable choc. Grâce à ce travail, nous ne manquions de rien dans notre famille, pas même le superflu. Comment allions-nous payer les échéances de la maison ? Et l’assurance maladie ? Et ainsi de suite… ? Avec Jennifer et les enfants, nous nous sommes sentis plus responsables de notre économie. Prêts à vendre les objets les plus précieux et à faire d’autres sacrifices, nous avons envisagé de travailler à notre compte, compte tenu de nos capacités personnelles… Avant tout, nous nous sommes confiés au Père en continuant à espérer. Le jour des licenciements, 6500 de mes collègues ont perdu leur emploi. J’aurais voulu disparaître pour ne pas voir ; mais je suis resté pour partager ce moment avec ceux qui devaient partir. Je ne sais pas comment cela va se terminer pour moi, mais une chose est sûre : cette épreuve nous a unis davantage en famille, a créé un lien profond avec d’autres couples et nous a ouvert les yeux sur les problèmes des autres. Nous faisons maintenant l’expérience de ce qui compte vraiment dans la vie. (Roger – USA) J’ai pardonné à l’assassin de mon fils. Depuis que mon fils a été tué lors d’un vol, plus rien n’avait de sens dans ma vie. Je recherchais désespérément de l’aide et je suis allé à une rencontre sur l’Évangile. Là, j’ai écouté le commentaire de la phrase de Jésus : « Aimez vos ennemis ». Ces paroles étaient un coup de massue. Comment pouvais-je pardonner à ceux qui ont tué mon fils ? Entre-temps, une graine avait germé en moi. En participant à ce groupe, j’ai ressenti le besoin toujours plus fort de pardonner. Je voulais retrouver la paix du cœur. Et l’Évangile parlait de paix : « Heureux ceux qui font œuvre de paix, ils seront appelés fils de Dieu ». Dans la tragédie de ma famille, la décision de pardonner a finalement prévalu. Maintenant, je peux vraiment me dire « fille de Dieu ». Récemment, j’ai été appelée à une confrontation avec l’assassin de mon fils qui a été capturé. Je le connaissais. Ce fût difficile mais la grâce est intervenue. Je n’avais ni haine ni rancune envers lui. Dans mon cœur de mère, il n’y avait qu’une grande pitié et l’intention de le confier à la miséricorde de Dieu. (M.A. – Venezuela)
Propos recueillis par Stefania Tanesini
(tiré de l’Evangile du jour, Città Nuova, anno VI, n.5, settembre-ottobre 2020)
16 Sep 2020 | Non classifié(e)
L’intérêt pour l’environnement, une proposition inattendue et le début d’un engagement écologique qui a désormais atteint un grand rayonnement. L’histoire de Javier, un jeune chilien âgé de 17 ans. J’ai toujours aimé la nature et entretenu un lien particulier avec elle. En 2017, j’ai pris conscience des graves dégâts que l’humanité cause à notre planète, « mais – me suis-je dit – que peut faire un simple adolescent pour changer cette réalité ? » Un jour, cependant, ma tante m’a invité à participer à un forum sur le développement durable au siège du Cepal (Commission économique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes). J’ai été surpris, mais, encouragé par ma tante qui m’a expliqué comment les adolescents devraient prendre en charge les décisions importantes et faire entendre leur voix pour notre avenir, j’ai décidé de participer et d’impliquer, avec l’aide de mon école, d’autres camarades intéressés par les questions sociales et environnementales.
Au cours du Forum, nous avons pu prendre connaissance des Objectifs de Développement Social (ODS) et les actions qui, pour les atteindre, sont menées dans certains pays d’Amérique Latine et des Caraïbes. Nous avons également pu exprimer notre pensée devant les autorités présentes. Parmi les initiatives, nous avons été impressionnés par « Concausa », qui fait partie de l’ONG « America Solidale ». Elle travaille en particulier pour mettre fin à la pauvreté des enfants et forme les adolescents à être d’authentiques acteurs du changement. Avec deux camarades de classe, nous avons décidé de proposer dans notre école un projet en lien avec « Concausa », mais nous n’avons pas réussi. Après un certain temps, au vu de notre intérêt pour ces questions, « Concausa » a voulu mettre en place un atelier dans notre école intitulé « Déclencheurs » pour nous aider à mieux développer un projet. Dans les classes, nous avons vu beaucoup de détritus jetés par terre. Nous avons donc entrepris d’encourager une meilleure gestion et un meilleur recyclage des déchets afin de créer une culture écologique. C’est ainsi qu’est né le projet « Éco-éducation ». Les déchets étant principalement des emballages en carton, nous les avons donc recyclés, nous avons fabriqué des éco-poubelles destinées au tri de ces détritus à partir desquelles nous fabriquons aussi des éco-parpaings. Grâce à notre travail, beaucoup de nos camarades ont appris le recyclage et ont invité leurs parents à faire de même chez eux. Entre-temps, avec le mouvement Juniors pour l’unité (focolari) dont je fais partie, nous avons mis à l’ordre du jour de nos réunions des ateliers et des réflexions thématiques sur les questions environnementales. Après une année de travail sur notre projet « Eco-éducation », nous avons été choisis pour représenter le Chili dans un Camp Continental de « Concausa » qui a lieu chaque année dans notre Pays avec la participation de projets en cours sur tout le continent. J’étais parmi les participants. L’expérience a été inoubliable. J’ai rencontré des jeunes de nombreux Pays, chacun avec une culture différente : grâce aux liens de réciprocité que nous avons vécus, nous nous sommes sentis égaux, nous étions et sommes une famille, une génération qui se bat pour un avenir plus uni et solidaire. Le dernier jour, nous avons été invités à prendre la parole devant les responsables d’ America Solidale, de l’Unicef et du Cepal au sujet des différentes réalités que nous vivons dans nos pays et sur la façon dont nous contribuons à la protection de l’environnement. Aujourd’hui nous continuons à travailler avec ceux qui ont participé au camp grâce à des appels vidéo. C’est ainsi que nous avons conçu le projet « 1000 Actions pour un Changement » qui vise à susciter des actions écologiques pour atténuer la crise climatique. J’ai été choisi comme représentant mon Pays pour le réaliser. Qui la testimonianza di Javier lors du lancement de la campagne Pathway 2020-2021 « Dare to care ».
Propos recueillis par Anna Lisa Innocenti
14 Sep 2020 | Non classifié(e)
L’amour chrétien n’est pas seulement une attitude intérieure, mais il se manifeste par des faits concrets, par des actes que l’on peut voir, à commencer par un simple sourire. Telle est l’invitation que lance Chiara Lubich dans le texte qui suit. Et même si le sourire, en cette période de pandémie, se cache peut-être derrière les masques, il y a mille autres façons de montrer notre amour « Aimez-vous les uns les autres. » C’est la vocation de tout chrétien, mais la nôtre en particulier. Ce qui se disait des premiers chrétiens m’a fait tout particulièrement réfléchir ces jours-ci : « Voyez comme ils s’aiment. Chacun est prêt à mourir pour l’autre. » Donc cela se voyait qu’ils étaient prêts à mourir l’un pour l’autre. Peut-être cela venait-il du fait qu’il n’était pas rare, en cette période de persécution, qu’un chrétien offre sa vie pour un autre. Il reste néanmoins que la mesure de cet amour qu’ils avaient entre eux se voyait. A nous, en général, il n’est pas demandé de mourir ; cependant nous devons toujours être prêts. C’est sur cette base que nous devons accomplir chaque acte d’amour réciproque. […] Même un simple sourire, un geste, un acte d’amour, une parole, un conseil, un encouragement ou une correction opportune adressée au frère, révèle notre promptitude à mourir pour lui. Que l’on voie notre amour, certes non par vanité, mais pour nous assurer qu’il y ait toujours l’arme puissante du témoignage. Souvent nous nous trouvons nous aussi comme les premiers chrétiens dans un monde sans Dieu, déchristianisé. Nous devons donc être témoins de Jésus. C’est là que se trouvent les 90% de l’efficacité de notre action pour annoncer la Bonne Nouvelle.
Chiara Lubich
(Extrait d’une téléréunion, Rocca di Papa, 11 mai 1989)
13 Sep 2020 | Senza categoria
- Date de mort: 14/09/2020
- Branche: volontaire
- Nation:Grande-Bretagne
13 Sep 2020 | Non classifié(e)
Une nouvelle phase préparatoire à l’Assemblée générale des Focolari qui se tiendra en janvier 2021 a commencé par trois jours de vidéoconférence entre les délégués des Focolari dans les différentes régions du monde et le Conseil général. La rencontre des responsables des Focolari du monde entier s’est tenue cette année par vidéoconférence et s’est terminée le 12 septembre. Cette date, dans des conditions normales, aurait marqué également le dernier jour du mandat de la présidente actuelle, Maria Voce. Mais cette période – qui est tout sauf normale – enregistre par contre une prolongation du mandat de Présidente à cause du Covid car l’Assemblée générale, qui a également pour tâche d’élire tous les organes directeurs des Focolari, a été reportée du début septembre 2020 à 2021 (24 janvier – 7 février). Comment, alors, transformer ce temps d’attente en temps de grâce ? Cette question a ouvert et guidé la rencontre des dirigeants et à laquelle Maria Voce a répondu de manière profonde et concise : « Nous sommes appelés à témoigner de la possibilité de relations trinitaires ! Ce qui signifie simplement : chacun fait tout ce qu’il peut pour que l’autre puisse s’exprimer ». Les sessions consacrées au partage de la vie des communautés des Focolari dans les différentes zones géographiques du monde ont mis en évidence l’engagement global pour faire face au défi et aux nouvelles conséquences « filles » de la pandémie du coronavirus : l’impossibilité de faire des rencontres présentielles a conduit à une augmentation de réunions numériques qui touchent souvent plus de personnes et brisent les schémas territoriaux ou catégoriels qui, dans la situation actuelle, mettent en évidence diverses limites. Les difficultés économiques exigent en outre de nouvelles réflexions à la recherche de solutions pour un mode de vie sobre et durable et en faveur d’ouvrages et de structures adaptés. En outre, le climat d’insécurité personnelle et communautaire croissant conduit à un nouveau choix de vie évangélique en vue d’un monde plus uni. Le troisième jour de la conférence a marqué le début d’un nouveau parcours préparatoire pour le Mouvement vers l’Assemblée générale de 2021. Le temps gagné servira à favoriser une préparation plus participative et capillaire, un voyage synodal. Jusqu’au 24 octobre, les membres du Mouvement auront l’occasion d’approfondir les sujets rassemblés jusqu’à présent afin d’identifier les thèmes préférentiels qui seront inclus dans un document de travail. Avant Noël, les participants à l’Assemblée auront l’occasion de faire connaissance avec les candidates à la Présidence et avec les candidats à la Coprésidence. Dans une série de webinaires, on pourra aborder les principaux thèmes avec l’aide d’experts externes. La préparation sera ensuite conclue dans les premières semaines de janvier par un travail de groupe entre les participants.
Joachim Schwind
12 Sep 2020 | Non classifié(e)
Emmanuel et Annick du Mouvement des Focolari, donnent de leur temps libre à la Croix-Rouge française. Dès le début de la crise sanitaire provoquée par le coronavirus, des opérations de soutien aux personnes en difficulté ont été lancées partout sur le territoire français. Le couple a prêté main-forte à deux d’entre elles. La première action consistait à organiser la livraison de médicaments ou de courses alimentaires aux personnes empêchées. Ingénieur à l’université de Strasbourg, Emmanuel est passé presque à temps plein comme bénévole afin de coordonner l’opération pour l’entière province du Bas-Rhin (autour de la ville de Strasbourg). « C’était un gros travail de logistique pour mettre en place les équipes et faciliter la circulation de d’information. Même si je ne sortais pas parfois pendant trois jours, je n’ai pas eu le sentiment d’être seul. En revanche, j’ai vécu la frustration de travailler d’arrache-pied sans quasiment voir les bénéficiaires ». Durant cette période, la demande, surtout alimentaire, a explosé. En effet, beaucoup d’associations d’aide sociale ont dû fermer car la majorité de leurs bénévoles s’est retrouvée confinée en raison de leur âge. L’autre opération a été lancée par le Parlement européen à Strasbourg du 29 avril au 31 juillet. Il a décidé de rouvrir ses cuisines pour confectionner 500 repas par jour. La préfecture était chargée de trouver les bénéficiaires localement et la Croix-Rouge française d’assurer l’acheminement des repas. Annick, qui a continué son travail d’infirmière puéricultrice et son engagement en tant que bénévole, raconte : « On sentait les gens heureux de recevoir quelque chose. Même si certains étaient surpris et incrédules – pensant à des contrôles cachés -, ils étaient en attente de ce repas. » « Les institutions se sont énormément investies au cœur de la crise », a remarqué Emmanuel. Quel sens a cet engagement pour chacun d’eux? « Je me ressource avec la spiritualité des Focolari, mais l’expression de notre vie, c’est dans la société, c’est (se) donner concrètement dans le monde ! », répond Annick. Emmanuel complète : « C’est important de ne pas rester dans notre coin, entre membres des Focolari, mais d’agir dans le monde. Par ailleurs, les sept principes de la Croix-Rouge que sont l’humanité, l’unité, l’universalité, la neutralité, l’indépendance, l’impartialité et le volontariat résonnent fortement avec l’art d’aimer et la règle d’or ». La demande a explosé, surtout alimentaire. « Dans le contexte tendu de la crise, la qualité des relations humaines entre bénévoles et bénéficiaires sur le terrain et dans l’organisation était importante. Par exemple, je faisais de la médiation entre les bénévoles en cas de tensions. Le charisme de l’unité des Focolari m’a été d’une grande aide pour comprendre les situations, perdre mon idée et bien vivre le moment présent », partage Emmanuel. « Cette période a fait ressortir le bon et le mauvais en nous », a observé Annick. Son mari se réjouit de constater qu’elle a suscité de nouvelles idées d’action, notamment par rapport à la fracture numérique ou à la pauvreté relationnelle. « La grande leçon de la pandémie pour beaucoup est d’avoir pris conscience que l’on ne peut pas vivre les uns sans les autres. L’interdépendance était la grande bataille de Chiara Lubich à la fin de sa vie … Mon optimisme me pousse à croire que davantage de personnes vont s’engager dans des associations et vont développer leur sens du bénévolat. »
Émilie Tévané
Source: Nouvelle Cité, N°604, juillet-août 2020, p. 41.
10 Sep 2020 | Non classifié(e)
Le congrès annuel des délégués des Focolari du monde entier avec les membres du Conseil général du mouvement se tiendra en vidéoconférence du jeudi 10 septembre au samedi 12 septembre. L’appel de la présidente Maria Voce. « Nous devons nous oublier et être – en tant que Mouvement – plus disposés à accepter la douleur du monde ». C’est avec cet appel fort que la présidente Maria Voce a donné une orientation claire à la rencontre internationale des responsables des Focolari qui va commencer ce jeudi 10 septembre en vidéoconférence. Dans un discours prononcé lors d’une récente réunion avec le Conseil général des Focolari, Maria Voce a exprimé sa consternation face aux nombreuses souffrances dont les médias font quotidiennement état, surtout en cette période de pandémie. Elle a partagé avec ses plus proches collaborateurs une question : « Qui peut absorber toute cette douleur ? Il me semble que Dieu nous demande d’être plus proches de cette douleur dans le monde, plus disposés à l’accueillir, à l’aimer, à prier… mais aussi à faire quelque chose de plus ». Une réponse qui est à la fois un programme spirituel et un programme d’action. Le programme de la réunion des délégués du Mouvement à travers le monde avec le Conseil général (10-12 septembre) se tiendra en vidéoconférence et sera caractérisé par un large partage sur les défis locaux, spécifiques aux différents contextes géographiques, mais aussi communs, de cette période particulière ; avec ses énormes souffrances et ses nouvelles potentialités. Dans le dialogue et le partage, on tentera d’identifier la contribution spécifique des Focolari aux changements d’époque en cours, présents et futurs. Ce thème ne sera certainement pas épuisé ces jours-ci, mais il restera sur la table également en vue de la prochaine Assemblée générale du Mouvement, initialement prévue pour la première moitié de septembre 2020, mais qui, en raison de l’urgence du Covid-19, a été reportée au début de l’année prochaine : du 24 janvier au 7 février 2021. Lors du prochain congrès, les délégués du Mouvement seront également informés des modalités proposées par la Commission préparatoire de l’Assemblée générale afin d’utiliser le temps « gagné » en vue d’une implication toujours plus croissante de tous les membres du Mouvement dans la préparation de l’Assemblée.
Joachim Schwind
9 Sep 2020 | Non classifié(e)
Depuis des mois, un prêtre parcourt chaque jour de nombreux kilomètres à vélo ou en camionnette pour être proche de sa communauté. Une expérience, vécue avec une équipe de paroissiens, qui a uni et élargi les horizons, avec également des effets sur la période post-pandémique.
Si les périodes de confinement et les règles de distanciation physique nous obligent à peu fréquenter des lieux d’agrégation comme la paroisse, pourquoi le prêtre ne peut-il pas être le pont et le lien entre tous ? C’est ce que le père Clint Ressler, prêtre catholique américain, fait chaque jour depuis le début de la pandémie, traversant de long en large le territoire de sa paroisse de St. Mary of the Miraculous Medal à Texas City (États-Unis), pour rendre visite à ses paroissiens. Père Clint, comment la vie a-t-elle changé dans votre paroisse pendant cette pandémie ? Il est vrai que la pandémie change radicalement la façon dont nous entretenons et développons nos relations. Je sens plus fortement en moi la conscience que Dieu nous appelle à la coresponsabilité. En tant que pasteur, je suis entouré et soulagé par une belle équipe, forte et très motivée. Peut-être aussi parce que nous sommes plus concentrés sur l’essentiel de notre mission, nous éprouvons la joie et la gratitude, en voyant le fruit de nos efforts. Avant la pandémie, mes journées étaient remplies de contacts avec de nombreuses personnes. Peut-être étais-je parfois trop occupé par des projets ou des réunions ou par le fait de devoir être présent et attentif à chacun. Maintenant, je me trouve plus dans « l’être » que dans le « faire », aussi parce que tout le monde a besoin de communion, de relations authentiques. La relation entre les groupes paroissiaux et les autres qui offrent un service dans la paroisse est plus personnelle, par des moments intenses au téléphone, par les réseaux sociaux et même par des courtes visites. Il me semble que ce grand désir de vivre la communion que Dieu a placé dans nos cœurs trouve ses canaux pour surmonter les difficultés. Qu’avez-vous fait pour continuer à être proche de vos paroissiens ? Vu qu’il y a moins de réunions et plus d’attention à la mission essentielle, je ne me sens pas aussi occupé qu’avant la pandémie. Ensuite, il y a la voix de Dieu à l’intérieur qui suggère de ralentir, de Lui faire confiance et d’être patient. Au début de la pandémie, j’essayais de rendre visite à de nombreux paroissiens, à bicyclette ou en camionnette. Au cours des premiers mois, je rendais également visite jusqu’à douze familles par jour. Maintenant, je prends un rythme plus lent ; je fais moins de visites, mais j’essaie de passer plus de temps avec les gens. Pouvez-vous nous raconter le moment le plus beau et le plus difficile de ces visites ? Choisir un épisode n’est pas facile. Un jour, je suis arrivé dans une famille qui avait vu leur maison partir en fumée quelques jours auparavant à cause d’un incendie. Les enfants étaient non seulement sans abri, mais aussi sans jouets. Un voisin avait immédiatement offert l’hospitalité, en accueillant cette famille chez lui. C’était la visite la plus triste mais la plus édifiante. J’ai été frappé par la façon dont cette expérience a soudainement changé l’appel du Pape François à être des « disciples missionnaires », passant de belles paroles à quelque chose qui pouvait et devait être désespérément vécu. – Que pensez-vous que cette expérience apportera de positif à la vie de votre communauté paroissiale même après la fin de la pandémie ? La pandémie a permis à de nombreuses personnes de se familiariser avec la « foi en ligne ». Les paroissiens ont acquis une plus grande expérience dans l’utilisation des moyens technologiques en général, mais aussi dans leur foi. J’ai été personnellement édifié par la façon dont nos paroissiens se sont occupés les uns des autres. Je crois qu’après la pandémie, nous verrons les fruits de cette proximité et de ces expressions concrètes de réciprocité. Avec la pandémie, le sens de la solidarité est devenu encore plus fort ; nous nous sentons appelés à vivre la solidarité non seulement avec nos voisins mais aussi face aux besoins et aux défis du monde entier. Nous comprenons que nous sommes « tous ensemble » dans cette situation. Et j’espère que cela restera dans nos cœurs et dans tout ce que nous faisons, même après la pandémie. – Vous connaissez et vivez la spiritualité des Focolari, quelle influence a-t-elle sur votre vie de prêtre et de curé, en général et surtout en cette période de pandémie ? La responsabilité d’une paroisse peut être lourde et complexe et exige du discernement et des décisions difficiles. Cependant, si j’essaie de me concentrer sur l’amour concret, cela ne semble pas si accablant. Bien sûr, tout commence par l’union avec Dieu. En tant que prêtre et surtout en tant que pasteur, on m’a confié une tâche qui implique de l’influence et de l’autorité. Parfois, en tant que leader, je peux tomber dans une « mentalité de manager » qui valorise l’efficacité, évite les risques et évalue les résultats. La spiritualité du mouvement des Focolari, le témoignage de Jésus, m’appelle au service, à l’humilité et à la fidélité dans la patience. J’ai compris que pour nous, le point de départ fondamental pour découvrir la volonté de Dieu est de vivre avec Jésus au milieu de nous. En d’autres termes, nous devons être « l’Église », le corps mystique du Christ. Alors que par la grâce de Dieu nous vivons et grandissons dans ces relations réciproques, nous pouvons écouter la voix « subtile » du Saint-Esprit. Je pense que ces années de vie avec le mouvement des Focolari ont enraciné en moi le désir d’apporter ce type de discernement à la paroisse, au personnel de la paroisse, au conseil pastoral et à chaque groupe et commission.
Anna Lisa Innocenti
Si vous voulez apporter votre contribution pour aider ceux qui souffrent des effets de la crise mondiale de Covid, allez à ce lien
7 Sep 2020 | Non classifié(e)
Nous sommes tous reliés comme les membres d’un seul corps. Si l’un est plus faible, l’autre prend le relais. Telle est la logique évangélique simple, mais déroutante que nous présente Chiara Lubich dans l’écrit suivant, aujourd’hui plus actuel que jamais Une salle d’hôpital. Un homme au torse plâtré, le bras droit immobilisé. Il se débrouillait tant bien que mal pour tout faire avec l’autre. Le plâtre était une torture, mais son bras gauche se fortifiait en travaillant pour deux, même si le soir il était plus fatigué. Nous sommes membres les uns des autres, et le service mutuel est un devoir pour nous. Jésus ne l’a pas seulement conseillé, il nous l’a commandé. Quand la charité nous pousse à rendre service à quelqu’un, ne nous prenons pas pour des saints. Si notre prochain est invalide, nous devons l’aider, comme il s’aiderait lui-même s’il le pouvait. Autrement, quels chrétiens sommes-nous ? Et si, à notre tour, nous avons besoin de la charité de notre frère, n’en soyons pas humiliés. À l’heure du jugement, nous entendrons Jésus nous dire : « J’étais malade… et vous m’avez visité… j’étais en prison… nu, j’ai eu faim… » Jésus aime se cacher sous le visage de ceux qui souffrent, de ceux qui sont démunis. Aussi, quand nous sommes dans le besoin, ayons le sens de notre dignité et remercions de grand cœur ceux qui nous aident. Mais réservons notre plus profonde reconnaissance à Dieu, qui a créé le cœur humain charitable, au Christ qui, en proclamant par son sang la Bonne Nouvelle et surtout ”son” commandement, a incité tant de cœurs à s’aider réciproquement.
Chiara Lubich
Tiré de : Chiara Lubich, J’étais malade, in : Chiara Lubich, Écrits spirituels/1, Ed. Nouvelle Cité 2000, p. 36.
5 Sep 2020 | Non classifié(e)
Au travail, en famille, dans toutes les situations, pour Omar et Lina, musulmans, les valeurs du dialogue et de la rencontre, même entre différentes confessions, sont au centre. By Stefania Tanesini and Dalma Tímár.
https://vimeo.com/430371439
3 Sep 2020 | Non classifié(e)
Quelques projets de solidarité ont été réalisés par l’association « Goutte à goutte » en collaboration avec des organisations opérant en Asie du Sud-Est.
Le nombre de victimes du coronavirus dans le monde augmente sans cesse. Nombreuses sont les personnes qui, bien qu’elles n’aient pas contracté le virus, se trouvent, en raison de la situation économique et sociale créée, dans des conditions d’extrême pauvreté ; elles sont privées, dans certains cas, du nécessaire pour vivre au quotidien . Dans ces situations, les initiatives de solidarité se multiplient, résultat de réseaux qui dépassent parfois les frontières nationales. Au Vietnam, par exemple, la région de Long An, au sud de la ville d’Ho Chi Minh, présente des poches de pauvreté très profondes. Les couches les plus vulnérables de la société sont touchées par les conséquences de la pandémie. Beaucoup de personnes âgées, qui vivaient de la vente de billets de loterie, ont été forcées de rester isolées dans leur maison, souvent réduites à la famine. C’est précisément dans cette région qu’opère l’association suisse « Goutte à goutte », coordonnée par un focolarino italien, Luigi Butori, qui vit en Asie depuis de nombreuses années. Parmi les bénévoles et ses sympathisants, dans divers pays du monde, il y a de nombreux amis du mouvement des Focolari. « Goutte à goutte » travaille depuis plusieurs années à la mise en œuvre de plus de 20 projets de solidarité en Thaïlande, au Myanmar et au Vietnam.
À Long An, l’association distribue environ 40 rations de lait et de nourriture chaque mois. Parmi les personnes aidées, outre les personnes âgées, on trouve également des personnes handicapées, des adultes laissés seuls, des enfants abandonnés chez leurs grands-parents ou des personnes souffrant de conséquences d’accidents graves, comme An, 14 ans, qui a été paralysé et forcé de vivre sur son lit. Localement, l’association dispose d’une personne qui intervient chaque fois que cela est nécessaire. Grâce à ces bénévoles locaux, elle tente d’arriver jusqu’au « dernier des derniers » et d’apporter non seulement une aide matérielle mais aussi un soutien qui leur fait sentir qu’ils ne sont pas seuls à affronter une période dramatique de l’histoire de l’humanité. Pour les responsables du « Goutte à goutte », c’est un élément très important de leur activité : faire sentir aux gens qu’ils ne sont pas abandonnés, mais qu’il y a quelqu’un qui prend soin d’eux en commençant par leur sourire. Le projet Long An existe depuis deux ans environ et est soutenu par des enfants de certaines classes et de diverses familles dans différents pays du monde. Beaucoup de personnes envoient de petites sommes d’argent qui, comme le dit le nom de l’association, permettent d’apporter, avec d’autres petites gouttes, de grandes quantités d’aide. Mais « Goutte à goutte », opère également le long de la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar, avec un projet qui soutient les enfants Karen dans différents villages de Mae Sot, dans le camp de réfugiés de Mae La, à l’orphelinat Heavenly Home. En ce temps de pandémie, les bénévoles de « Goutte à goutte » ont récemment dû faire un long voyage pour leur rendre visite et leur apporter l’aide matérielle. « Ce furent trois belles journées », disent-ils, « pendant lesquelles nous avons reçu beaucoup plus que ce que nous avons donné ». Enfin, pendant la période de diffusion du Covid-19 « Goutte à goutte » a pu collaborer avec Caritas Singapour et Caritas Vietnam, ainsi qu’avec d’autres associations opérant en Asie du Sud-Est, pour un projet visant à distribuer 1.200 colis aux familles de la région de Binh Thanh, à Ho Chi Minh.
Anna Lisa Innocenti
Voici la vidéo de l’action.
2 Sep 2020 | Non classifié(e)
Conjuguer profession et paternité selon les valeurs de l’Évangile : le témoignage d’un médecin péruvien à la pointe de la lutte contre la COVID -19. Je suis médecin depuis 25 ans et père de famille depuis 17 ans, mais je me rends compte que je n’ai pas encore appris à vivre chacune de ces missions selon les valeurs auxquelles je crois. Cette période de pandémie s’avère être une véritable école pour moi, pour évoluer dans ces deux rôles, y compris dans des aspects qui ont été jusqu’à présent sous-estimés non seulement par moi mais par la plupart des gens.
Depuis le début de cette épidémie mondiale, je travaille dans un hôpital de campagne Covid, le premier de la ville, qui accueille les patients de Piura, située au nord du Pérou. J’ai vu plus de malades mourir au cours de ces trois derniers mois qu’en 25 ans de pratique. Je sors de l’une des meilleures facultés de médecine du Pays, réputée pour son prestige et sa rigueur scientifique. Cette terrible maladie m’a fait découvrir les limites, l’impuissance et les incertitudes de la science médicale confrontée à ce virus inconnu. Malgré l’administration massive d’oxygène et les thérapies mises à notre disposition, j’ai vu mes patients souffrir beaucoup et mourir d’asphyxie. Dans un pays pauvre comme le nôtre, nous sommes confrontés chaque jour au manque de personnel et d’équipement. Combien de fois me suis-je senti impuissant et démuni devant mes patients lorsque la maladie empirait ! Au milieu de la confusion générale, on pouvait les entendre crier : « J’ai soif ! De l’eau, s’il vous plaît ! Donnez-moi de l’eau ! » Les malades se plaignaient parfois et, c’est seulement lorsqu’on s’approchait d’eux pour leur demander s’ils voulaient boire, qu’ils faisaient un signe de tête affirmatif. C’est ainsi que, en plus de mon travail d’observation et de réflexion, j’ai commencé à donner à boire à tous ceux qui me le demandaient, à remonter leur oreiller, à tenir leurs mains entre les miennes, à caresser leur front, à leur masser le dos quand ils me le demandaient, ou à leur passer le bassin pour uriner. Ou bien je les aidais simplement à marcher, à prier avec eux ou pour eux et, à la fin, j’essayais de les réconforter dans leurs derniers moments. J’ai compris que l’exercice de notre métier comporte une double dimension : celle de l’autorité conférée par la science médicale qui guérit souvent, mais il y a aussi la dimension humaine, fondée sur la miséricorde et l’amour qui viennent de Dieu et s’expriment dans des actes simples et quotidiens qui guérissent souvent l’âme. Science et compassion, connaissance et miséricorde, corps et âme, homme et Dieu, raison et foi : ce sont les deux faces d’une médaille qui peuvent combler notre vie d’homme et le service que nous rendons; un équilibre difficile à atteindre. Entre le travail épuisant à l’hôpital, la surcharge d’émotions intenses et mes faiblesses, je rentrais chez moi pour dîner avec la seule envie de me reposer et de me défouler. Mon fils aîné, en pleine adolescence, frustré par le confinement et débordant d’énergie, a commencé à polémiquer avec tout le monde, surtout avec moi. Il me traitait comme un adversaire ou un ennemi et à table, on était comme sur un champ de bataille. Au départ, en proie à mes passions et à mon impulsivité, j’ai vécu avec lui une sorte de lutte acharnée au ton offensif. Pour la énième fois, j’ai vu mon autorité compromise et ma tentative de l’imposer par la force n’a fait qu’empirer les choses. À la maison, j’ai aussi redécouvert d’autres aspects de la paternité, comme la miséricorde et l’humilité, et j’ai donc commencé à me taire et à offrir à Dieu mon pardon face aux offenses, mais aussi à l’exprimer et à le demander si je me rendais compte que j’étais allé trop loin. J’ai essayé de voir dans l’attitude agressive de mon fils une demande d’aide et d’affection ; de me taire davantage pour calmer la discussion et de continuer à prier seul et en famille même lorsque tout me semblait inutile. Peu à peu la situation s’améliore et nous retrouvons l’équilibre d’une relation normale entre père et fils. Celle-ci repose sur deux piliers essentiels : l’autorité et la miséricorde. Ne sont-elles pas des expressions de la vie divine ?
Aux bons soins de Gustavo E. Clariá
Si vous voulez apporter votre contribution pour aider ceux qui souffrent des effets de la crise mondiale de Covid, allez à ce lien
1 Sep 2020 | Non classifié(e)
Le 1er septembre est la « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création ». L’engagement des Focolari avec l’adhésion à l’initiative « Le Temps de la Création » et avec une rencontre en octobre 2020.
Le 1er septembre, la « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création » est célébrée. Elle a été instituée par le pape François en 2015, l’année de l’encyclique Laudato Si’. Le Pape y invite chacun à s’engager à prendre soin de la Création. C’est notre maison, notre bien le plus précieux. Et il demande que nous surmontions le système socio-économique actuel. Nous ne pouvons plus exploiter la planète Terre comme s’il y avait des ressources naturelles illimitées. Nous devons agir rapidement et trouver un autre modèle de développement. Que pouvons-nous faire pour être plus concrets ? Le Laudato si’ montre un chemin vers une « conversion écologique » : changer les modes de vie et essayer de mettre en pratique les principes de l’écologie intégrale. Dans ce texte, nous ne parlons donc pas seulement d’environnement, mais aussi de politique, d’économie, de société. Il faut partir de nous, de nos choix quotidiens de consommation, des élections pour choisir des politiciens plus attentifs au soin de la nature ; pour avoir plus d’influence dans la société afin d’augmenter les énergies renouvelables et diminuer l’utilisation des sources fossiles. Cette année encore, le Mouvement des Focolari adhère à l’initiative « Le temps de la Création », la célébration annuelle de prière et d’action pour notre maison commune qui commence le 1er septembre et se termine le 4 octobre, fête de saint François d’Assise, patron de l’écologie aimé par de nombreuses confessions chrétiennes. Ce réseau mondial encourage tout le monde à organiser des événements et à les inscrire sur le site web. Une initiative à caractère œcuménique aux racines trentenaires : en 1989, c’est le patriarche de l’Église Orthodoxe de Constantinople, Dimitrios, qui a donné l’impulsion décisive aux différentes Églises chrétiennes pour déclarer conjointement le 1er septembre « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création ». Pour cette année, le thème proposé est « Jubilé pour la Terre : nouveaux rythmes, nouveaux espoirs ». Un événement utile pour considérer la relation intégrale entre le repos de la Terre et les modes de vie écologiques, économiques, sociaux et politiques, notamment en raison des effets de grande portée causés par la pandémie mondiale du Covid-19. Du 23 au 25 octobre, à Castel Gandolfo (Italie), se tiendra également une rencontre organisée par EcoOne – le réseau écologique des Focolari – à laquelle participeront des experts, des hommes politiques, des professeurs d’université, des organisations et des associations, afin d’examiner l’impact de Laudato sì’ sur le monde contemporain et les nouvelles voies explorées vers une écologie intégrale. L’événement vise à mettre en évidence le rôle que les individus et les entités sociales peuvent jouer dans la prise en charge de notre maison commune.
Il s’agit également d’une année spéciale, entre autres, car le 24 mai dernier, à l’occasion du cinquième anniversaire de l’encyclique, le pape François a annoncé une année spéciale – jusqu’au 24 mai 2021 – de Laudato Si’. L’urgence de la situation est telle qu’elle exige des réponses concrètes et immédiates impliquant tous les niveaux, tant locaux que régionaux, nationaux qu’internationaux. Il est notamment nécessaire de créer « un mouvement populaire » à partir de la base, et une alliance entre tous les hommes de bonne volonté. C’est pourquoi il est important de participer à des initiatives telles que « Le temps de la Création » ou la rencontre EcoOne d’octobre prochain. Comme nous le rappelle le pape François, « nous pouvons tous collaborer en tant qu’instruments de Dieu pour le soin de la création, chacun avec sa propre culture et son expérience, ses propres initiatives et capacités ». (LS, 14)
Lorenzo Russo
31 Août 2020 | Non classifié(e)
Dans de nombreux pays, les restrictions dues à la pandémie de coronavirus ont bloqué également toute forme de rassemblement religieux, de culte et de prière. Le désir des fidèles d’être avec Dieu n’a cependant pas diminué. Que faut-il faire ? Chiara Lubich propose une voie originale. « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20). […] Jésus adresse cette promesse à ses disciples […] (mais) il pensait aussi à nous tous qui allions devoir vivre au milieu de la vie complexe de tous les jours. Lui, l’Amour incarné, voulait rester toujours parmi les hommes, partager leurs préoccupations, les conseillers, marcher avec eux, entrer dans leurs maisons, les combler de joie par sa présence. Voilà pourquoi il a voulu rester avec nous, nous faire expérimenter sa proximité, nous donner sa force et son amour. […] Si nous vivons ce qu’il nous demande, spécialement son commandement nouveau, nous pouvons donc le rencontrer aussi en dehors des églises, au milieu des personnes, partout où elles vivent, où que ce soit. Ce qui nous est demandé, c’est l’amour réciproque, un amour de service, de compréhension, qui nous fait participer aux souffrances, aux angoisses et aux joies de nos frères ; l’amour caractéristique du christianisme, qui couvre tout, qui pardonne tout. Vivons de cette manière, afin que tout homme ait, déjà sur cette terre, la possibilité de rencontrer Dieu.
Chiara Lubich
Extrait de la Parole de vie de mai 2002, in: Chiara Lubich, Parole di Vita, p. 657. Città Nuova Ed., 2017.
29 Août 2020 | Non classifié(e)
Le Coronavirus continue à emporter mille « histoires » comme celle de Sher Khan. Même si son histoire continue à vivre dans un héritage – la fraternité – et en de nombreux amis comme Marta et Javed. By Anita Martinez and Dalma Tímár. https://vimeo.com/430018710
27 Août 2020 | Non classifié(e)
L’école de la cité-pilote argentine qui forme depuis cinquante ans des milliers de jeunes du monde entier se présente aujourd’hui comme un « programme d’extension universitaire et de formation professionnelle ». Jusqu’à il y a un peu plus d’un mois, on pouvait la définir comme une sorte de master en « vie sous le signe de la culture de l’unité », mais, l' »experiencia » – l’expérience – définie justement comme étant le cours annuel pour les jeunes à la Mariapolis Lia, en Argentine, a maintenant une certification universitaire. Le nouveau programme d’études est le résultat de l’élaboration conjointe des équipes pédagogiques de la Fondation du Centre latino-américain pour l’Évangélisation sociale (CLAdeES) et de l’École des jeunes « Mariápolis Lía », en accord avec l’Université nationale du Nord-Ouest de la province de Buenos Aires (Unnoba).
Le « programme d’extension universitaire et de formation professionnelle » – c’est le titre académique que les étudiants obtiendront à O’Higgins – combine la dimension de formation intégrale selon quatre axes thématiques : anthropologique et philosophique, historique et culturel, communautaire et enfin transcendant. Il dure 11 mois et ceux qui veulent le compléter auront accès à l’extension universitaire et à l’accréditation de la formation professionnelle avec trois orientations possibles : éducation, éco-responsabilité et gestion multiculturelle; leadership de la communauté et développement des processus participatifs ; ou art, communication et production multimédia. La proposition de formation sera élaborée au moyen de séminaires spécialisés, de stages de travail et d’enquêtes sur le terrain, sur base des valeurs de la pensée sociale chrétienne. Il est également prévu de s’intégrer à la section latino-américaine de l’Institut universitaire Sophia. Située près de la ville de O’Higgins, dans la province de Buenos Aires, la « Mariápoli Lía » offre aux jeunes une expérience formatrice qui intègre travail, études, activités culturelles et récréatives, sports et intérêts particuliers. Ces activités sont comprises comme les différents aspects d’une même formation intégrale. En effet, le concept d’étudiant coïncide avec celui de citoyen, on suppose donc que tous sont des bâtisseurs de la ville. Une équipe d’experts et d’enseignants dans les différentes disciplines les suit dans leur apprentissage des points de vue spirituel, anthropologique, social et doctrinal. Les plus de 6 000 jeunes qui ont passé une période à la Mariapolis sont eux-mêmes la preuve de la valeur formatrice de leur vie, mise à profit dans différents milieux (managers, économistes, éducateurs, professionnels, travailleurs, parents, personnes consacrées…). L’ « experiencia » reste un point lumineux tout au long du parcours de vie, en contribuant à surmonter les passages humains et professionnels difficiles.
Stefania Tanesini
26 Août 2020 | Non classifié(e)
Combien de fois Dieu se sert-il de quelqu’un pour nous rapprocher de Lui ? Nous ne devrions jamais l’oublier car nous aussi, pourrions un jour être instrument pour quelqu’un. Une nouvelle espérance Aux USA pour les études, j’avais décidé de rentrer au pays cédant ainsi à l’insistance des miens, mais j’étais resté bloqué par la quarantaine, dans un institut proche de la frontière avec environ 500 personnes. Avec la réelle sensation de me retrouver en prison. Fort heureusement, mon GSM me gardait relié au monde extérieur. Quand j’ai eu l’occasion de voir quelqu’un, je lisais en eux les mêmes questions sur ce qui était en train de se passer. Au cours de ces journées, j’ai connu « à distance » un prêtre salésien. Tout en étant lui aussi isolé comme nous l’étions, il y avait une paix qui émanait de lui, paix que je n’avais pas et que les autres ne semblaient pas non plus avoir. C’était comme s’il n’était étonné de rien. Au début, il célébrait seul dans sa petite chambre, puis j’ai commencé à participer à la messe. Pour être bref, j’ai retrouvé les sacrements et la foi d’avant, même si ce n’était pas comme avant. Ma copine a aussi remarqué le changement. Et il m’arrive de penser : « si cette transformation a eu lieu en moi, sera-t-elle aussi advenue en d’autres personnes?Et une nouvelle espérance naît en moi : que ce monde qui semblait avant m’enlever cette transformation puisse maintenant reprendre le chemin sur d’autres voies. V.K. – Slovaquie Landau pour bébés J’avais connu une jeune tzigane qui attendait un enfant. Elle avait besoin de tout, des vêtements jusqu’à tout le matériel nécessaire pour la naissance de l’enfant. J’avais lu dans l’Évangile : « Tout ce que vous demanderez au Père…il vous le concédera ». Ce jour-là, j’ai demandé avec la foi à Jésus pendant la messe, un landau pour bébés. Plus tard, à l’école, je me suis engagée plus que jamais à aimer mes camarades et mes professeurs. Retournée à la maison le soir, j’ai appris de Maman qu’une voisine, sachant que j’aide les pauvres, avait laissé quelque chose pour moi. Il s’agissait…d’un landau pour bébés ! J’ai été tout émue de cette rapide réponse de la Providence ! M.C. – Espagne Bénédiction Infirmière depuis un mois, justement en cette période du coronavirus, dans l’hôpital où je travaillais, j’ai partagé aux autres infirmières la solitude de différents patients passés à l’autre vie sans le réconfort de leur propre famille. L’expérience la plus forte a été pour moi lorsque j’ai su de ma maman que, selon les paroles du pape, médecins et infirmières étaient habilités à donner une bénédiction aux patients défunts, j’ai pu tracer un signe de croix sur le front et la poitrine de plusieurs d’entre eux avant encore d’accomplir les pratiques de constatation de la mort et de conduire les corps à la morgue. Giuseppe – Italie
D’après Stefania Tanesini
25 Août 2020 | Non classifié(e)
Le charisme de Chiara Lubich pour l’unité des chrétiens. Entretien avec Lesley Ellison, anglicane, première focolarine non catholique à avoir suivi Chiara.
Vivre ensemble l’Évangile, la Parole de Dieu ; aimer son frère comme Jésus l’a fait, au point de mourir pour l’autre ; vivre pour l’unité entre ceux qui croient en Christ, au-delà de toute appartenance et division. C’est autour de ces axes que se déploie le potentiel œcuménique du charisme de l’unité de Chiara Lubich. « Une spiritualité complètement œcuménique », c’est ainsi que la définit le Card. Kurt Koch, président du Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, dans la préface du livre « Une spiritualité pour l’unité des chrétiens. Pensées Choisies », publié par Città Nuova. Cent ans après sa naissance, cet ouvrage rassemble quelques discours et réponses de la fondatrice du mouvement des Focolari au sujet de l’œcuménisme. L’introduction a été rédigée par la présidente des Focolari, Maria Voce, et la postface par le Secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises de l’époque, le pasteur Olav F. Tveit, aujourd’hui Président de la Conférence des évêques luthériens de Norvège. Lesley Ellison, anglicane, est la première focolarine non catholique à avoir suivi Chiara : Ton expérience a ouvert la voie à beaucoup. N’as-tu jamais eu d’hésitations ? « J’ai grandi dans une famille protestante avec des préjugés contre les catholiques, et à cette époque, à Liverpool, les deux communautés étaient séparées. Comme Chiara, je voulais moi aussi donner ma vie à Dieu. Quand je l’ai entendue pour la première fois, en 1967 à Canterbury, je fréquentais les focolarines de Liverpool depuis un an, nous cherchions à vivre l’Évangile, mais je ne savais pas qu’elles étaient catholiques. Tout comme je ne connaissais pas la communauté des personnes autour du focolare. Quand j’ai réalisé qu’elles étaient toutes catholiques, j’ai été bouleversée, mais à Canterbury, en écoutant Chiara, j’ai compris que Dieu aime tout le monde, et que « tout le monde » inclut aussi les catholiques ! Il était nécessaire que je bouge intérieurement et que je mette de côté mes préjugés. Quand je suis arrivée à Liverpool, un couple catholique m’a proposé de me ramener chez moi. « Mais je suis protestante », leur ai-je dit. Et eux de me répondre : « Très bien ! Nous nous aimons ! » C’était ma première expérience œcuménique ! » Quand as-tu senti que la Spiritualité de l’unité pouvait être la tienne ? « En 1967, je suis allée visiter la Cité pilote de Loppiano. Au cours de cette visite, il y a eu une messe catholique, mais moi, comme anglicane, je n’ai pas pu recevoir l’Eucharistie. Ce clivage entre nos Églises me semblait absurde, si douloureux que j’ai crié à Jésus en moi : « Que puis-je faire ? » Et j’ai cru l’entendre me répondre: « Donne-moi ta vie pour l’unité.» Vivre l’Évangile est le chemin que Chiara a indiqué pour l’unité. Pourquoi, en tant qu’anglicane, cette proposition t’a-t-elle frappée ? « Ma formation de jeune anglicane me demandait d’ écouter, lire, prendre note, apprendre et assimiler intérieurement la parole de Dieu. L’idée de vivre l’Évangile, que j’ai entendue pour la première fois au focolare, était donc une nouveauté absolue et a donné à ma vie chrétienne une nouvelle dimension communautaire. » Jésus nous demande de nous aimer comme il l’a fait, au point de donner notre vie pour les autres. Qu’est-ce que cela signifie pour toi dans tes relations avec les fidèles d’autres Églises ? « Dans le mot comme je trouve tout le charisme de Chiara, Jésus crucifié et abandonné qui est la Vie. C’est la façon dont Dieu lui-même a voulu dialoguer avec l’humanité, et c’est le modèle qu’il nous offre pour tout dialogue entre nous et avec lui. Pour moi, donner la vie, signifie accueillir l’autre, l’écouter, mettre de côté pensées et jugements. Mais aussi offrir mes pensées avec détachement. C’est ce que Chiara a fait avec moi et avec chaque personne qu’elle a rencontrée.C’est ainsi que nous essayons de vivre les relations au sein du Mouvement. »
Claudia Di Lorenzi
24 Août 2020 | Non classifié(e)
La pandémie du Coronavirus a fait sauter les programmes, les structures et les procédures dans tous les domaines de la vie humaine. Partout, il y a un grand besoin de créativité pour trouver de nouvelles réponses aux défis posés par cette situation. Ce que Chiara Lubich proposait en 1983 est d’une grande actualité. Dieu nous parle de différentes manières et une de celles-ci, ce sont les inspirations de l’Esprit Saint. Nous devons donc, au cours de ce mois, servir Dieu en suivant aussi les indications de la voix si délicate de l’Esprit qui parle en nous. L’Esprit Saint ! la troisième Personne divine qui est Dieu, comme le Père est Dieu, comme le Verbe est Dieu ! [… Il habite le cœur des chrétiens ; Il est donc là aussi en moi ; Il est dans le cœur de nos frères. […] Devenons des élèves attentifs et assidus de ce grand maître. Soyons attentifs à ses impulsions mystérieuses et d’une grande délicatesse. Ne laissons tomber aucune de celles qui peuvent être ses inspirations. Si, les premiers temps, nous avons parcouru un tel chemin en mettant en pratique le slogan : « Chaque idée est une responsabilité », rappelons-nous que les idées qui germent dans l’esprit d’une personne qui a décidé d’aimer sont souvent des inspirations de l’Esprit Saint. Et pourquoi nous les donne-t-il ? Pour nous ‘vivifier’, nous-mêmes et le monde par notre intermédiaire, pour que nous fassions avancer notre révolution d’amour. Alors soyons attentifs : chaque idée, surtout si nous pensons qu’elle peut être une inspiration, prenons-là comme une responsabilité à saisir et mettons-la en pratique. En agissant ainsi, nous aurons trouvé un excellent moyen d’aimer, d’honorer, et de remercier l’Esprit Saint […].
Chiara Lubich
(Extrait d’une conférence téléphonique, Mollens, 1er septembre 1983) Tratto da : “Ogni idea, una responsabilità”, in: Chiara Lubich, Conversazioni in collegamento telefonico, pag. 127. Città Nuova Ed., 2019.
22 Août 2020 | Non classifié(e)
Bintou Konaté est musulmane. Avec ses amies chrétiennes, elle a transformé sa souffrance en une occasion d’aider sa communauté. By Stefania Tanesini, Egilde Verí, Marco Tursi. https://vimeo.com/430766271
21 Août 2020 | Non classifié(e)
Récemment, le nouveau livre du coprésident du mouvement des Focolari, Jesús Morán, a été publié sous le titre : « Charisme et prophétie ». En continuité avec le précédent intitulé « Fidélité créatrice. Le défi de l’actualisation d’un charisme », Morán propose dans ce texte, à partir de quelques conversations tenues ces trois dernières années, sa réflexion sur le « génie ecclésial » de Chiara Lubich. Nous en parlons avec l’auteur.
Comment est née l’idée de ce livre ? J’avais ces textes qui n’avaient pas encore été publiés et je pensais honorer la mémoire de Chiara Lubich pour l’ année du centenaire de sa naissance et, en même temps, rendre un service à tous les membres du mouvement des Focolari. Depuis que j’ai commencé, il y a plusieurs années, à utiliser cette expression, « le génie ecclésial de Chiara », j’ai vu que beaucoup l’aimaient, c’est-à-dire qu’ils y voyaient une idée simple qui pouvait résumer la merveilleuse unité et la synergie entre la personne de Chiara et son charisme, à l’image du » fragment qui contient la totalité ». Je suis convaincu que Chiara, en plus d’avoir été dotée par Dieu d’un « génie ecclésial », l’a assurément incarné, à la suite de tous ceux qu’il y a eu dans l’Église et qui ont ouvert de nouveaux horizons, toujours insérés dans la tradition qui remonte à Jésus lui-même. Il était juste de l’approfondir en ce Centenaire. Comme vous l’avez vous-même expliqué à plusieurs reprises, le mouvement des Focolari, après sa phase charismatique, est entré dans sa phase historique, celle que vous avez définie comme « fidélité créatrice ». Il s’agit donc de la phase où les prophéties de Chiara s’incarnent dans l’histoire. Selon vous, quelle est la principale contribution que le mouvement des Focolari peut apporter aujourd’hui à la réalisation de ces prophéties dans la sphère ecclésiale, dans son cheminement vers l’ut omnes ? Lorsque je dis que nous sommes entrés dans la phase de la fondation historique du Mouvement, dans une fidélité créatrice au regard de la fondation charismatique, je n’ai pas l’intention d’opposer dialectiquement ces deux phases. En fait, la fondation charismatique comporte aussi une dimension historique et, par conséquent, la fondation historique a aussi une dimension charismatique. Mais ce sont deux phases différentes, avec des caractéristiques différentes, qui touchent à la fois le fond et la forme des choses. Il ne fait aucun doute que le question de l’incarnation du Charisme de l’unité revêt aujourd’hui une importance et une urgence particulières. La fidélité créatrice s’exerce toujours en gardant à l’esprit deux principes : l’écoute des questions que Dieu pose dans le monde, l’écoute de ce que Dieu continue à dire dans le noyau fondateur du charisme. À mon avis, une des questions que Dieu pose à l’Église qui marche dans l’histoire du monde est ce que, en un mot, on pourrait appeler la « synodalité », avec tout ce qui l’accompagne: ouverture, communication, proximité, attention à la dignité de la personne, en particulier des plus vulnérables. Le Mouvement des Focolari contribue à ce cheminement ecclésial avec un accent tout particulier, qui vient du cœur du charisme, c’est-à-dire de l’expérience vitale et incarnée du Dieu trinitaire qui se fait histoire, sans laquelle la synodalité se réduit à une nouvelle organisation privée de la vie de l’Esprit. Et quels sont les aspects de l’incarnation de ces prophéties pour lesquelles il reste encore un long chemin à parcourir ? Je pense que pour être à la hauteur de notre véritable vocation dans l’Église, les membres du Mouvement doivent croître dans ce qu’on appelle le sensus ecclesiae (le sens de l’Église). Celui-ci ne fait pas défaut, mais il doit grandir, ce qui signifie pour nous surmonter définitivement tout comportement autoréférentiel et atteindre la maturité que les derniers papes nous ont souhaitée. Par ailleurs, nous devons dépasser tout dualisme entre engagement civil et engagement ecclésial, en regardant le modèle que nous avons toujours devant nous en tant que chrétiens : Jésus, Dieu fait homme, vraiment homme et vraiment Dieu. Que souhaitez-vous dire, à cœur ouvert, à la lumière également des réflexions que vous proposez dans votre texte, à l’approche de la fin de ces six années de coprésidence du mouvement des Focolari ? Je prie pour que Dieu nous donne les grâces nécessaires pour actualiser le charisme de Chiara Lubich de manière vitale et radicale. Je pense qu’il faut renaître, à partir du cœur du charisme, de ce que nous appelons l’Idéal, et de là mettre en route les réformes nécessaires pour que le Mouvement, également en tant qu’institution, reflète de mieux en mieux la vie tout à la fois humaine et divine qui l’anime. Et cette renaissance signifie purification, conversion.
propos recueillis par Anna Lisa Innocenti
19 Août 2020 | Non classifié(e)
Nous assistons à une période de grands changements, de transformations et de contradictions qui peuvent ouvrir de nouvelles voies dans la recherche du bien commun. Grâce à la nouvelle campagne #daretocare, les jeunes du mouvement des Focolari veulent placer la question du soin en tête de l’agenda politique local et mondial. La nouvelle campagne des jeunes du mouvement des Focolari a débuté le 20 juin dernier sous le nom de #daretocare – constamment mise à jour sur le site de United World Project -, c’est-à-dire « oser et prendre soin », en prenant en charge nos sociétés et la planète. Quel est le rapport entre #daretocare et la politique ? Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, pensait qu’il existait une véritable vocation à la politique, un appel personnel perçu dans sa propre conscience et né de certaines circonstances, inspiré par l’urgence d’un besoin social non satisfait, par la violation d’un droit humain ou le désir de faire quelque chose d’utile pour sa ville ou son Pays. Mais est-ce toujours d’actualité ?
Javier Baquero de Bogotá en Colombie, Cristina Guarda d’Italie et Frantisek Talíř de Zubčice en République Tchèque nous aident à répondre à cette question. Ce sont des jeunes du mouvement des Focolari et ils font partie du réseau du Movimento Politico per l’unità (Mouvement Politique pour l’unité), une expression des Focolari pour une culture de l’unité en politique. « Je suis dans la vie politique depuis l’âge de 13 ans et officiellement au service du gouvernement depuis mes 18 ans, » déclare Javier, qui travaille aujourd’hui avec le maire de Bogotá. « Je suis avec des personnes intègres et transparentes, capables de faire face à la corruption. Celle-ci existe, mais c’est seulement le fait de quelques uns. À mon avis, le principe le plus important en politique est le service. Parce que l’on met ses connaissances, ses compétences, son savoir-faire au service d’une société, de l’humanité, de la planète. Et cela ne se fait pas seul, mais en équipe. Le principe qui devrait donc guider chaque engagé politique est le service. Être disponible intérieurement pour répondre aux besoins d’une société. #Daretocare, « oser et prendre soin », c’est d’abord avoir conscience et être proche des problèmes de ma ville, mais pas seulement : c’est penser et construire des politiques publiques pour résoudre ces problèmes. »
Cristina, qui est engagée en politique depuis cinq ans, ajoute : « Oui, je sais, parfois je suis écœurée en voyant la haine suscitée par certains politiciens, la conspiration du silence, la paresse ou la surdité face à certains problèmes complexes. Mais pour cette raison, nous devons, nous et moi, agir et faire de notre mieux. À travers mon action politique, je veux exprimer mon amour profond pour les autres en faisant tout pour les aider à vivre mieux, pour alléger leurs soucis et leur donner tous les outils pour réaliser le rêve de leur vie. »
« La politique n’est pas mauvaise en soi. Elle est faite par des hommes plus ou moins efficaces dans ce domaine – dit František, militant politique dans sa région. C’est pourquoi il est nécessaire que les nouvelles générations continuent à s’investir dans le monde de la politique, en assumant leur charge de la meilleure façon possible. Considérer la politique comme un service, voilà ce que m’a fait comprendre le pape François lorsque nous nous sommes rencontrés il y a un an et demi. Je pense que c’est le secret d’une bonne politique, la clé pour vraiment répondre aux besoins des autres. Une question se pose constamment, celle de savoir si je fais de la politique pour moi-même ou pour être au service des autres. Chaque fois que je dois prendre une décision – petite ou grande – je suis confronté à ce choix: me mettre en avant ou au contraire mettre les autres en valeur. Si les autres sont à la première place, alors tout ira bien ! » C’est pourquoi il est important de travailler en réseau, de penser et d’agir pour le bien commun, de prendre soin de chacun. Pour suivre les événements de la campagne #daretocare, consulter le site web de United World Project.
Propos recueillis par les jeunes des Focolari
18 Août 2020 | Non classifié(e)
Quelles sont les perspectives d’avenir de l’Institut universitaire Sophia? Comment répondre aux besoins éducatifs des jeunes d’aujourd’hui ? Nous avons posé la question au Recteur, Giuseppe Argiolas, nommé le 20 février dernier par la Congrégation pour l’Éducation Catholique du Saint-Siège. Le professeur Giuseppe Argiolas, Recteur de l’Institut universitaire Sophia nous explique les perspectives d’avenir de l’université.
Aujourd’hui, Sophia est une Université. Depuis quelques mois en effet, vous en portez le titre de RECTEUR. Qu’est-ce que cela signifie et quels seront les changements pour les étudiants ? « Nous sommes à la première relève de la garde de Sophia; cela coïncide également avec l’attribution par la Congrégation pour l’Éducation Catholique du titre de « Recteur », auparavant le titre était « Doyen ». Il s’agit en effet d’une reconnaissance du développement que Sophia a connu au cours de ces 12 années et pour lequel nous exprimons notre gratitude. Les défis à relever ont été énormes, Chiara a fondé cette université en un clin d’œil et ainsi, tous les professeurs, le personnel administratif et les étudiants de la première heure et ceux qui l’ont rejoint plus tard, ont fait un travail extraordinaire. Nous venons d’activer 4 masters avec différentes spécialisations : « Économie et gestion » (orientation en « Gestion pour une économie civile et durable »), « Sciences politiques » (orientation en « Fraternité dans la res publica »). « Bases théoriques et lignes opérationnelles » (et orientation « Gouvernance des biens communs »), « Ontologie trinitaire » (orientation en « Théologie » et en « Philosophie ») et « Culture de l’unité » (orientation en « Pédagogie de la communion pour une culture de la paix » et orientation « Processus de communication et médiation interculturelle et interreligieuse »). L’École doctorale est désormais une réalité consolidée et nous développons l’École post-doctorale au service des jeunes chercheurs. Chiara Lubich voyait Sophia comme une université mondiale, une université unique avec différents sièges. En Amérique latine, nous assistons à la naissance de Sophia ALC (Amérique latine et Caraïbes) et les premières semences sont également visibles en Afrique et en Asie. Notre tâche sera de considérer ces projets dans l’esprit d’une Sophia unifiée qui s’exprime dans la diversité des contextes dans lesquels elle se développe ». L’urgence du Covid-19 a eu un impact considérable sur les leçons : comment l’enseignement se poursuit-il ? « Grâce à l’effort de chacun, il a été possible de poursuivre les cours, les examens et le programme académique, en utilisant les outils que la technologie offre aujourd’hui. Nous avons également activé des séminaires en ligne consacrés à la pandémie pour offrir notre contribution de réflexion et d’action sur une question aussi délicate et urgente, et nous l’avons fait à partir des différentes disciplines scientifiques en activant un dialogue interdisciplinaire, international et intergénérationnel. La nouvelle année universitaire commence normalement sous forme présentielle et en ligne pour les étudiants qui ne pourront pas se rendre à Sophia en raison des restrictions internationales causées par le Covid-19 ». Quelles sont les perspectives d’avenir ? Comment voyez-vous Sophia dans 10 ans ? « Sophia a su maintenir son élan charismatique et à innover en fidélité au charisme,. Je pense que nous devons continuer sur cette voie : maintenir la fidélité au charisme avec la spécificité qu’il contient pour lire les signes des temps. Le pape François nous l’a dit par trois paroles – « Sagesse, Alliance, Sortie » – qu’il nous a adressées lors de la rencontre que nous avons eue avec lui en novembre dernier, nous donnant ainsi une référence sûre pour notre avenir. Je voudrais ainsi développer Sophia sur trois fronts : l’enseignement, en progressant dans la direction entreprise mais avec une attention et une sensibilité pour répondre de manière adéquate aux besoins éducatifs des jeunes ; la recherche, en valorisant le développement des différentes disciplines et en favorisant une interdisciplinarité toujours plus marquée, indispensable dans la recherche scientifique actuelle ; la relation avec les autres organismes du Mouvement des Focolari et avec les autres Institutions universitaires et culturelles, afin que le service que nous offrons en faveur du bien commun soit toujours plus incisif. Nous allons essayer de le faire, ensemble, dans l’unité, avec toute la passion que nous pouvons exprimer. La phase de fondation est terminée à certains égards et la phase de consolidation et de développement commence. Ce qui ne doit pas cesser, c’est l’élan charismatique, qui doit continuer. En effet, il doit toujours nous accompagner en tant qu’étoile polaire sur le chemin que nous venons de commencer et que nous sommes appelés à parcourir avec de nombreux compagnons de route avec « joie, vision et décision » ».
Lorenzo Russo
17 Août 2020 | Non classifié(e)
La présence de Jésus, le Ressuscité, parmi deux personnes ou plus réunies en son nom est l’un des points fondamentaux de la spiritualité des Focolari. Le Mouvement, en effet, se sent appelé à « engendrer » sa présence dans tous les domaines de l’existence humaine. Mais que faire quand on est seul ? Chiara Lubich propose une gymnastique spirituelle. Aujourd’hui, il nous arrive souvent de côtoyer, dans le monde où nous vivons, des femmes et des hommes justes et bons mais qui n’éprouvent pas le besoin de croire. Certains en auraient peut-être le désir, mais vivant dans un monde qui devrait être chrétien et souvent ne l’est pas, ils n’ont pas le courage de faire le premier pas. Ils attendent et se rangent parmi ceux qui se disent en recherche. […] Ils attendent, sans doute inconsciemment, de rencontrer un jour Jésus. Et c’est là […] que l’on constate l’actualité, l’opportunité et l’urgence extrêmes de notre spiritualité et du point en question : « Jésus au milieu de nous ». […] Il atteste et démontre qu’il n’est pas uniquement une réalité d’une époque révolue. Il est Celui qui, tenant sa promesse : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps[1] » est présent, vivant, plein de lumière et d’amour, aujourd’hui encore, au milieu de ceux qui vivent en frères. Établir sa présence au milieu de nous est notre tâche essentielle. Et nous pouvons y arriver, en mettant en pratique ses commandements, qui se résument à vivre le commandement nouveau, à l’exemple de Jésus abandonné. Cependant vivre ses commandements – a-t-Il dit ‑ est un joug facile à porter et un fardeau léger. […] Mais peut-il en être toujours ainsi ? En général, oui. Il faut néanmoins deux ou plusieurs personnes qui soient unies en son Nom. Et quand nous sommes seuls ? Ou bien lorsque les autres ne comprennent pas notre amour ? Nous savons que, si nous étreignons Jésus abandonné dans ces moments-là, nous pouvons tenir le coup, garder la paix et la joie même. Nous pouvons travailler, prier, étudier et notre cœur peut connaître la plénitude. Toutefois il peut y avoir des moments où définir le joug du Seigneur comme facile à porter et son fardeau léger peut sembler difficile. Il y a des périodes, par exemple, où notre santé chancelle et influe aussi sur tout notre être. Nous sommes portés à nous replier sur nous-mêmes, ce qui nous rend presque incapables d’entrer en relation avec les autres. […] Ou il y a aussi les morts inattendues ou les événements imprévus qui nous coupent la respiration. Et il nous semble difficile que d’autres puissent comprendre. Ou bien c’est l’arrivée d’une maladie qui pourrait être mortelle… Ou…, ou… Dieu permet toutes ces circonstances douloureuses pour nous façonner par ce moyen, dont on ne peut faire abstraction dans le christianisme et que Jésus lui-même a éprouvé : la croix. Comment devons-nous nous comporter dans ces cas ? Essayons de nous réjouir, au moins par la volonté, parce que nous sommes un peu comme Lui, abandonné, et mettons toutes nos préoccupations dans le cœur du Père[2]. Demeurons dans une offrande continuelle, aidés par la grâce du moment, qui ne manquera pas, jusqu’à ce que Dieu fasse retrouver la pleine sérénité à notre âme éprouvée. Rappelons-nous cependant que nous devons toujours aimer nos frères, bien sûr comme et autant que cela nous est possible. Confions-nous à eux, au moins pour l’essentiel, en leur disant par exemple : « Je traverse une épreuve… » Disons-le par amour, pour ne pas nous soustraire à la communion. Communiquer, du reste, est toujours le meilleur tonique, en toutes circonstances. Ainsi, Jésus au milieu de nous […] nous aidera à surnager aussi dans ces moments-là. Il nous montrera que, toujours et quoi qu’il arrive, son joug peut être facile à porter et son fardeau léger.
Chiara Lubich
(Extrait d’une conférence téléphonique, 24 avril 1997, Rocca di Papa) [1] Mt 28, 20. [2](cf. 1 P 5,7)