Mouvement des Focolari

Travail à deux

En cette période de coronavirus, souvent nous n’avons plus la possibilité de rendre visite à des parents, des amis ou des connaissances que nous savons dans le besoin. Les moyens de communication semblent l’unique moyen possible pour faire arriver notre amour concrètement. Le texte suivant nous montre aussi une autre forme d’action. Comme il est sage de passer le temps qui nous reste, à vivre à la perfection la volonté de Dieu dans le moment présent ! Parfois, cependant, nous sommes assaillis par de graves préoccupations. Elles peuvent concerner le passé aussi bien que l’avenir, le présent, des lieux, des circonstances ou des personnes et nous ne pouvons nous y consacrer directement. Il nous en coûte alors de garder le cap choisi, de nous maintenir sur le chemin que Dieu désire de nous dans l’instant présent. Aussi, pour vivre à la perfection, il faut de la volonté, de la décision, mais surtout une confiance en Dieu qui peut aller jusqu’à l’héroïsme. «Je ne peux rien faire dans ce cas, pour cette personne chère qui est en danger ou malade, pour dénouer cette situation impossible… Eh bien, je ferai ce que Dieu désire de moi en cet instant: étudier le mieux possible, balayer ma chambre, prier, bien m’occuper de mes enfants… C’est Dieu qui veillera à démêler cette affaire, à réconforter celui qui souffre, à trouver une solution à l’imprévu». Ce travail à deux, réalisé en parfaite communion, nous demande une grande foi dans l’amour de Dieu pour ses enfants et permet à Dieu d’avoir confiance en nous pour nos actions. Une telle confiance réciproque fait des miracles. Là où nous ne pouvons agir, un Autre agit véritablement, qui fait immensément mieux que nous. L’acte héroïque de confiance sera récompensé. Notre vie, limitée à un seul domaine, acquerra une nouvelle dimension. Nous serons au contact de l’infini, auquel nous aspirons, et la foi renforcera avec vigueur l’amour en nous. Nous ne nous souviendrons plus de la solitude. Avec évidence, nous ferons l’expérience que nous sommes réellement enfants de Dieu-Père qui peut tout.

Chiara Lubich

Extrait de : Chiara Lubich, Pensée et Spiritualité, Nouvelle Cité 2003 p. 108-109.  

Ensemble nous y arriverons !

L’engagement des enfants du Mouvement des Focolari et de leurs animateurs en ce moment d’urgence planétaire. Un nouveau site Web est en ligne pour eux aussi. « Ces jours-ci, nous devons rester à la maison, mais nous avons un secret pour être tout aussi heureux : l’amour. Alors chaque matin, nous lançons le dé et nous mettons en pratique ce qui est écrit. » Les Gen4, les enfants du mouvement des Focolari, ne s’arrêtent pas : même isolés, ils commencent chaque jour à lancer « le dé de l’amour », dont chaque facette rappelle un point de l’art d’aimer, et ils s’engagent à le vivre. Dans certaines villes, les Gen4, ont réalisé des affiches, écrit des lettres et mobilisé leurs parents pour offrir leur aide aux personnes âgées de leur immeuble. « Personne ne nous a demandé un service concret – a écrit une maman – mais ce fut l’occasion de faire connaissance avec les voisins qui nous ont téléphoné et nous ont beaucoup remerciés. » Niccolò et Margherita, des Gen4 italiens, se sont demandé si certains enfants de leur immeuble possédaient autant de jouets qu’eux. Ils ont donc placé une boîte à l’entrée de leur immeuble avec cet écriteau : « Ciao ! Nous avons trouvé chez nous des jeux dont nous n’avons plus besoin. Si vous le souhaitez, vous pouvez les prendre et vous n’avez pas à les rendre. N’attendez pas ! » Et comme en ce moment « maison »  pourrait faire penser à « contrainte », à Rome on a eu l’idée de proposer aux Gen 4 de construire une petite maison en carton où ils pourraient regrouper leurs actes d’amour. Et tandis que ces maisonnettes se remplissent de petits mots et de dessins, les adultes aussi apprennent des enfants que, dans ce confinement, nous pouvons tous enrichir nos maisons de petits actes d’amour. Les Gen4 sont présents dans le monde entier et, si cette pandémie touche tous les pays, il est naturel qu’ils se sentent particulièrement solidaires de ceux qui vivent là où l’on souffre davantage. Voici le message vidéo de deux Gen 4 d’Asie qui, montrant le dessin d’un arc-en-ciel, s’exclament : « Forza Italia » ou celui d’un pays africain où ils encouragent tout le monde avec leur  message :  « Ensemble, nous y arriverons ! » Aux côtés des enfants, les animateurs des Focolari sont en première ligne pour les accompagner dans cette période délicate: de nombreuses idées voient le jour de partout. Ils nous écrivent de Bilbao (Espagne) : « Nous avons eu l’idée de rencontrer les Gen4 et leurs familles chaque semaine sur le web. Nous nous racontons comment nous vivons cette nouvelle situation, en mettant en valeur les actes d’amour. Nous nous quittons avec l’engagement de prier pour la paix, pour les malades, pour ceux qui souffrent. » Au Portugal, des adultes réalisent chaque dimanche une vidéo représentant  une scène de l’Évangile et la partagent sur les réseaux sociaux. En ce moment le Web s’avère donc important, y compris pour les enfants. C’est précisément ces jours-ci que le Centre international Gen4 a mis en ligne un nouveau site (https://gen4.focolare.org/fr) destiné aux enfants et à leurs éducateurs, enrichi de documents et de parcours de formation à la spiritualité du mouvement des Focolari, destinés à cette tranche d’âge. Ce nouveau site coïncide avec  une date importante : le 29 mars 1972, Chiara Lubich fondait le Mouvement Gen4, la plus jeune génération du mouvement des Focolari. Quelques années plus tard, comparant le Mouvement à un grand arbre, elle les définit « comme les petits bourgeons d’un arbre. (…) Une réalité précieuse, très précieuse : celle qui garantit la vie de l’arbre. »                                      

                                                                              Anna Lisa Innocenti

 

Un salon grand ouvert à toute l’humanité

Gen Verde en direct de Loppiano… #distantimauniti Riccardo, Anna, Cristian, Paola… et la liste ne finirait jamais. Ce ne sont là que quelques-uns des plus de 4 000 fans qui ont regardé, la semaine dernière, la transmission en direct du Gen Verde depuis leur domicile. Ce n’est pas le moment des concerts, les rassemblements publics sont interdits et donc certaines questions reviennent pour nous hanter: comment faire sentir notre soutien à ceux qui sont seuls, à ceux qui vivent cette épidémie sur la ligne de front. Comment être porteurs de paix et d’espoir dans ce contexte? C’est ainsi que l’idée de « Live from Home Gen Verde » est née: les places et les arènes sont transformées en salon de maison. Les instruments sont là : une guitare, un clavier, une flûte, des micros et… un ordinateur qui nous aide à entrer sur la pointe des pieds dans toutes les maisons de ceux qui se connectent. Ce n’est pas un concert mais un rendez-vous un peu extraordinaire: on chante, on raconte des expériences de vie. C’est le résultat de la créativité de ce moment et… comme l’a dit Richard Wagner: « La musique commence là où s’arrête le pouvoir des mots. » En temps réel, tout le monde de la maison peut exprimer une pensée, lancer un message et littéralement le clavardage en ligne explose et on ne parvient pas à contenir la gratitude et l’enthousiasme de toutes les personnes connectées des 5 continents. Personne ne manque à l’appel : de l’Argentine à la Corée, du Canada à la Hongrie, de l’Italie à l’Australie. Soudain, presque par un fruit miracle de la technologie, le salon ouvert à beaucoup devient en même temps un endroit intime où chanter et prier sont synonymes, où célébrer un anniversaire et se souvenir de ceux qui ont perdu la bataille contre le COVID-19 ont la même importance et tout devient un don d’amour. « Ces derniers temps, dit Colomba, j’entends beaucoup de nouvelles, non seulement de la télévision, mais aussi de nos voisins, des membres de la famille, etc. Malheureusement, les nouvelles sont tristes. Je ressens tellement de peur, d’inquiétude, et même un fort sentiment d’impuissance… ne pouvant rien faire pour ceux qui souffrent. Je me demande « pourquoi ? jusqu’à ce quand? » Au cours des derniers jours, un matin, en nettoyant la maison, j’ai senti une voix intérieure me disant: « Reste calme, si, où que tu sois, tu fais les petites choses avec amour, cela sera ta contribution à soutenir l’humanité. » Une expérience simple de Colomba qui, comme celles des autres du Gen Verde donne un sens au fait de rester à la maison, de faire des tâches ménagères comme tant d’autres femmes à travers le monde. « Depuis ce jour, la situation n’a pas tellement changé – continue Colomba – mais je peux changer mon attitude croyant que cela peut transformer le monde. » Voici la recette pour transformer les 4 murs de la maison (qui semblent parfois aussi très étroits) en un salon grand ouvert à toute l’humanité, une recette à partager et à vivre. Et Colomba est déjà au travail et entre un coup de fil et une tâche ménagère, son expérience est devenue une musique… prête à être partagée lors de la transmission en direct, le 3 avril à 16h (heure italienne). Une occasion à ne pas manquer. Connectez-vous en cliquant sur https://youtu.be/NLsPTyuITu0

Tiziana Nicastro

La grande force des italiens

La grande force des italiens

Fraternité, tendresse et créativité : les bons ingrédients pour affronter la crise du Coronavirus avec des milliers d’expériences d’amour envers le prochain. Touchée d’une manière particulièrement forte par la pandémie du Coronavirus, l’Italie est en train de vivre une des épreuves les plus grandes depuis la seconde guerre mondiale. Mais les italiens l’affrontent avec d’innombrables gestes de solidarité, de fraternité et de tendresse. De la province de Naples, I.V. nous écrit, elle est infirmière dans le service des patients qui sont positifs au Covid-19 : « Au début, j’avais peur d’être contaminée, et donc je me hâtais afin de vite terminer les soins médicaux. Un patient m’a demandé s’il pouvait avoir un café de la petite machine à café typique italienne. En guise de première réponse, je lui ai dit que ce n’était pas possible. Mais avec une autre collègue, ensuite, nous avons trouvé deux machines à café pour tous les patients ». Le fait de devoir rester à la maison a changé la vie de la famille de Salvo et Enza avec leurs fils Emanuele et Marco à Viareggio.  Enza nous raconte : « Jusqu’il y a quelques jours, nos fils, pris par de nombreuses obligations, réussissaient à peine à saluer rapidement la grand-mère malade et alitée. Maintenant, ils s’arrêtent plus longtemps et essaient de m’aider en donnant même simplement un verre d’eau à leur grand-mère. Aux repas de midi et du soir, nous avons plus de temps pour parler et aussi pour rire ensemble ». A Lucca, Paolo et Daniela se sont proposés pour faire les courses pour tous leurs voisins, en partageant aussi quelques masques. Toujours à Lucca, Rosa et Luigi, un jeune couple avec deux enfants, tous à la maison maintenant, ont prêté leur voiture à une famille qui connaît de graves problèmes financiers. A Sienne, Giada et Francesca se sont mises à la disposition comme baby-sitter d’enfants d’infirmiers qui habitent à côté de chez elles afin de les soutenir. A Pisa, Carla et Giacomo, ont préparé à manger à quelques familles proches alors qu’à Arezzo, il y a eu une course de solidarité entre Rosanna, Rita et Mario pour aider deux personnes qui ne peuvent pas sortir, en leur faisant les courses et en leur préparant des repas. Afin d’aider ses jeunes collègues contraints de rester en isolement, Barbara de Latina a commencé  à enregistrer  des vidéos afin de partager ses recettes culinaires. Ils l’ont beaucoup remerciée car ainsi elle les aide à se sentir à la maison, comme dans leur famille. Emanuele et Simonetta de la Sardaigne, avec leurs trois enfants sont en quarantaine depuis quinze jours. Ils écrivent : « On a tout de suite eu l’intuition que c’était l’occasion de construire des rapports profonds en tant que famille. Depuis que nous sommes entrés en contact avec le virus, nous avons commencé à partager nos expériences dans un groupe de tchat avec d’autres personnes qui vivent la même souffrance. Un jour, quelques-uns d’entre eux avaient besoin de vivres alimentaires. Ne pouvant pas faire les courses nous-mêmes, nous avons trouvé un autre couple qui les a tout de suite faites. Et nous avons compris que nous ne devons jamais nous arrêter face aux besoins d’un frère ». De la Sicile, Orsolina, infirmière, nous raconte : « Dans mon travail de thérapie intensive en cardiologie, je me suis retrouvée face à une jeune patiente ayant souffert d’un infarctus compliqué. Je voyais par son regard, qu’elle avait peur et se sentait dans une situation inconfortable, aussi parce qu’elle ne pouvait pas bénéficier du réconfort de sa famille et de ses enfants en bas-âge. J’ai donc senti que, je pouvais, moi,  lui faire office de famille. Je l’ai donc aidée dans son hygiène personnelle en pensant à ce que j’aurais voulu si j’avais été à sa place, en faisant son lit avec attention, en lui arrangeant les cheveux. Son regard avait changé, on a éprouvé ensemble une grande joie, en ce moment-même, nous avons été une famille ». A Rome, Mascia et Mario avec leur fils Samuel, sont en train de découvrir que « ce virus, en plus de nous rappeler que nous sommes tous interconnectés, nous donne l’occasion d’apprécier les petites choses, de remettre au centre la famille et les affections, de donner libre cours à la créativité plutôt qu’aux programmes et aux rythmes frénétiques auxquels nous sommes habitués ». En tant que déléguée de classe, Masha essaie de la meilleure des façons d’aimer les familles et les institutrices, en gardant toujours vivante, la relation par le biais du tchat et du téléphone. Comme le disait Jesús Morán, Coprésident des Focolari, il y a quelques jours : « C’est le moment de la sagesse (…) qui mène à une intelligence de la réalité illuminée par l’amour et qui (…) déclenche un formidable mouvement de fraternité. Dieu peut vraiment faire des choses prodigieuses, même au milieu du mal. Il le vainc avec son dessein d’amour . »

                                                                                                                                 Lorenzo Russo

Si vous voulez apporter votre contribution pour aider ceux qui souffrent des effets de la crise mondiale de Covid, allez à ce lien

Dieu aime la vie

Beaucoup de personnes, en ces jours de pandémie qui afflige l’humanité, se demandent où est Dieu. Dans cet écrit, Chiara Lubich nous invite à croire que rien de ce que nous vivons, même si c’est très douloureux, n’échappe à son amour et que, derrière chaque chose, se cache une finalité positive même si, sur le moment, nous ne la voyons pas. Nous parlons de St Voyage. Nous nous encourageons à parcourir le chemin de la vie comme un St Voyage.[…] Nous l’imaginons souvent ainsi : une suite de journées que nous désirons toutes plus parfaites l’une que l’autre, avec notre travail réalisé au mieux, avec les études ou le repos, les moments passés en famille, avec les réunions, les congrès, avec le sport, les moments de détente… le tout accompli harmonieusement et dans la paix. Nous le voyons comme cela, nous sommes humainement et instinctivement portés à l’espérer ainsi, parce que la vie est une aspiration permanente à l’ordre, à l’harmonie, à la santé, à la paix. […] Si nous faisons ainsi, c’est bien sûr, parce que le reste est imprévisible, mais aussi parce qu’il y a toujours dans le cœur humain l’espoir que cela se passe comme cela et seulement comme cela. Mais dans la réalité, notre St Voyage se révèle tout autre, parce que Dieu le veut tout autre. Alors lui-même se charge d’introduire dans nos projets d’autres éléments – qu’il veut ou qu’il permet – afin que notre existence prenne le vrai sens et atteignent le but pour lequel elle a été créée. Et ce sont les souffrances physiques ou morales, les maladies ; ce sont les mille et une souffrances qui parlent davantage de mort que de vie. Pourquoi ? Dieu voudrait-il la mort ? Non, bien au contraire car Dieu aime la vie, mais une vie si pleine, si féconde, que nous ne l’aurions jamais imaginée malgré toute notre aspiration au bien, au positif, à la paix. La Parole de vie […] nous éclaire sur ce point : « Si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul ; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance » (Jn 12, 24). S’il ne meurt pas, le grain de blé reste beau, intact, mais seul. S’il meurt, il se multiplie. Dieu veut que durant notre vie, nous fassions l’expérience d’une certaine mort ou parfois de plusieurs sortes de mort. Car, pour lui, le St Voyage c’est ceci porter du fruit, faire des choses dignes de lui et non de nous, simples mortels. Et le sens de la vie pour lui, le voici : une vie pleine, riche, surabondante, une vie qui soit le reflet de la sienne. Alors il nous faut prendre en compte ces morts et nous tenir prêts à les accepter le mieux possible. Ce choix de Jésus abandonné que nous faisons chaque jour, cet amour préférentiel que nous voulons avoir pour Lui, est donc sage, indispensable. C’est cela le christianisme authentique. Cet amour nous prédispose à […] accepter les ‘’morts’ petites ou grandes, mais aussi reconnaître que tout ce que nous avions programmé a été dépassé de beaucoup, multiplié, fécondé. […] Ce sont des purifications  passives […]: maladies justement, mort de nos proches, perte de nos biens, perte de la réputation, difficultés en tout genre… Ce sont les nuits des sens et les nuits de l’esprit par lesquelles le corps et l’âme sont purifiés de mille manières par des tentations, aridités spirituelles les, doutes, sentiment de l’abandon de Dieu, ébranlement de la foi, de l’espérance et de la charité. Ce sont de véritables purgatoires anticipés quand ce ne sont pas des enfers. Que faire ? Abandonner notre St Voyage en espérant qu’avec une vie plus normale, en suivant le courant du monde, toutes ces épreuves, ou du moins quelques-unes, pourront être évitées ? Non, nous ne pouvons pas retourner en arrière. Ici, je n’ai fait qu’énumérer les purifications, mais il faut aussi voir les consolations, les ‘’béatitudes » (cf. Mt 5,3-11=  qu’apporte dès ici-bas une vie selon le St Voyage. La mort de Jésus, en effet, appelle la résurrection ;  la mort du grain de blé, les « fruits en abondance« . Et, d’une certaine manière, « résurrection » et « fruits en abondance » signifient le Paradis anticipé, la plénitude de la joie, cette joie que le monde ne connaît pas. Alors, continuons à avancer ! Regardons au-delà de chaque souffrance. Ne nous arrêtons pas seulement à tel doute, à telle angoisse, à telle maladie, à telle épreuve… Regardons vers la moisson qui en naîtra […] en voyant et en goûtant par avance les fruits abondants qui vont arriver.

Chiara Lubich

Extrait d’une liaison téléphonique, Rocca di Papa, 25 février 1988

Le défi quotidien de devenir une famille

L’histoire d’un couple de Croatie et son expérience dans le cadre du projet « Chemins de lumière » promu par le mouvement des Focolari « Comme les petits enfants qui apprennent à partir de rien, nous avons aussi appris à nous comprendre d’abord nous-mêmes, à comprendre nos sentiments, à les reconnaître, à comprendre l’autre, à apprendre qu’une pensée différente ne doit pas toujours aboutir à un conflit. Nous avons compris que les couples qui nous entourent enrichissent nos relations et que nous devons éviter de nous isoler. » Melita et Slavko sont mariés depuis une vingtaine d’années, sont parents et vivent en Croatie. Ils racontent leur expérience de couple avec franchise, sans artifices, sans taire ces moments d’épreuve qui jalonnent leur parcours comme un défi : une « maison » à construire chaque jour, souvent sans savoir avec quels outils. Ce n’est pas une autoroute toute droite qu’on emprunte avec une voiture puissante, mais un chemin de terre à parcourir à vélo avec la seule force des jambes, des poumons et du cœur, où s’alternent montées fatigantes et descentes reposantes. Une histoire, la leur, qui ressemble peut-être à celle de nombreux couples, mais qui offre, à propos de la famille, une clé de lecture qui ne va pas de soi. Nous avon fait leur connaissance en Italie, à l’occasion d’une session Chemins de lumière, que le Mouvement des Focolari propose aux couples, en prêtant une attention particulière à ceux qui traversent une crise. Dans un des moments les plus sombres de leur relation, expliquent-ils, c’est grâce à des réunions comme celle-ci qu’ils ont découvert des outils à « utiliser tous les jours pour que notre famille soit heureuse et que notre relation grandisse. » Des outils « qui facilitent l’ascension qui nous attend dans notre vie de couple pour réaliser les plans de Dieu sur notre famille. » Leurs propos laissent clairement appparaître que l’image du couple parfait est une douloureuse illusion. L’attente d’un parcours linéaire et ensoleillé, nourri par l’enthousiasme d’avoir rencontré avec le « bon » conjoint, se heurte à la réalité d’un « jeu » tout à fait inédit, où le coéquipier se transforme parfois en adversaire et où l’on ne peut gagner qu’à deux. Un jeu qui n’a pas de règles écrites mais qui doit être joué avec un objectif clair, à défaut de quoi il faut le reformuler s’il s’efface. Un jeu où chacun est appelé à donner sa contribution et à affronter les variables négatives, sans détours : « En l’état actuel – disent-ils – nous pouvons témoigner que le mariage n’est pas une réalité fixe ni statique, qu’une session comme celle-ci n’est pas un coup de baguette magique qui résout définitivement tous nos problèmes. » Ici, au contraire, « nous avons appris que notre premier enfant – notre couple – a besoin de la plus grande attention et considération, car ce n’est que lorsque nous sommes en paix et en harmonie que nous pouvons être en mesure de donner de l’amour aux enfants et aux personnes qui nous entourent. C’est le seul moyen de nous réaliser en tant que personnes. » Tout invite , en effet, à se croire déjà réalisés dès qu’on est sur le départ. Melita raconte ses débuts : « C’était une très belle période, j’avais enfin réalisé le rêve d’avoir un garçon qui pouvait m’écouter, me consoler, me comprendre. La personne avec qui partager des points de vue convergents sur la vie, la foi, l’amour. Nous avons vite compris que nous voulions nous épouser et célébrer notre amour par le mariage. » Mais la première épreuve n’a pas tardé à se présenter : la perte d’un enfant en route a obligé Melita et Slavko à revoir leurs plans, à se concentrer sur l’organisation pratique de leur vie, du travail et de la maison. C’est un moment fécond en fait, où ils font l’expérience d’une unité croissante entre eux et avec leurs familles respectives, ils partagent tout – dit Slavko – trouvant « la force, la volonté et le désir de choses communes. » « Nous avons idéalisé notre vie – ajoute-t-elle – « en complétant les galets de notre mosaïque et en attendant que la famille s’agrandisse.» Après trois ans, la joie du premier enfant arrive, mais avec elle aussi la nécessité de trouver un travail moins contraignant et plus rémunérateur. Un emploi se présente pour Slavko, mais ce nouveau contexte crée des tensions, des malentendus, des blessures profondes dans le couple. « La sécurité que nous avions construite et la confiance que nous avions l’un dans l’autre ont disparu – dit Melita – une période d’insatisfaction dans nos relations a commencé, de reproches pour les erreurs commises. Slavko n’était pas conscient de mon mécontentement et je ne savais pas comment lui faire prendre conscience des choses qui me gênaient. » Et lui : « Je me contentais de la vie, en pensant : que veux-tu de plus, nous nous aimons, nous sommes mariés, la vie suit son cours, pourquoi devrais-je encore montrer ma fidélité et mon affection ? C’est elle qui ne comprend pas que je l’aime et que je la soutiens. Au lieu de cela, j’étais sourd à ses cris et je pensais que c’était elle qui devait changer et accepter les nouvelles circonstances. Il y avait en nous un sentiment croissant d’incapacité, de désespoir, nous sommes tombés dans un abîme dont nous ne voyions pas la sortie. » L’idée de la séparation les traverse également. Ils avaient touché le fond. Mais dans ce désert, la vie s’est lentement remise à fleurir. « A ce moment, le Seigneur nous a envoyé nos parrains et amis que nous avions effacés de notre vie, comme tous les autres : à travers eux Il nous a indiqué des pistes à suivre », poursuit Slavko. C’est en échangeant avec d’autres couples qui ont participé aux Chemins de lumière qu’ils parviennent enfin à entrevoir une issue. « Seuls l’un en face de l’autre et devant Dieu, nous avons recommencé à nous comprendre et à nous connaître, nous avons appris que la différence d’opinion ne signifie pas que l’autre ne m’aime pas, au contraire nous avons de nouveau appris que la diversité nous enrichit, nous complète en tant que couple. » Apprendre, découvrir, grandir et se fortifier en tant que personne et en tant que couple. C’est peut-être la conquête inattendue d’un voyage authentique et courageux, imprévisible et plein d’épreuves, mais aussi d’horizons nouveaux et de satisfactions. Melita et Slavko ont découvert que les plans de Dieu pour leur couple et leur famille ne sont pas du tout prévisibles, mais exigent leur détermination à s’aimer. Et ils ont appris que c’est grâce à cet engagement que l’homme et la femme se réalisent en tant que personnes.

Claudia Di Lorenzi

Père Silio Naduva : pionnier des Focolari dans les îles Fidji

Il est décédé il y a quelques mois à l’âge de 53 ans. Ses passions : construire des ponts entre les peuples et les cultures et former les nouvelles générations. Les jeunes étaient la priorité du père Silio Naduva, un prêtre de Fidji, dans le Pacifique Sud, qui est mort il y a quelques mois à l’âge de 53 ans. Leur assurer une formation et une éducation humaine et spirituelle était sa plus grande passion, dans l’une des îles les plus reculées de l’archipel, où la mondialisation, qui fait entrer la planète dans les maisons, ne suffit pas à founir aux jeunes les connaissances et les outils nécessaires pour affronter leur vie de manière consciente, libre et fructueuse. Ce qui l’avait fasciné dans le charisme de l’unité de Chiara Lubich, qu’il a connu à la fin des années 1990, c’était « cette capacité de tisser des liens de famille, de cimenter l’union entre les personnes et en particulier avec le troupeau que le Seigneur lui avait confié », dit Roberto Paoloni, un volontaire des Focolari, qui, l’été dernier, a travaillé avec le père Silio pendant quelques semaines de formation dans sa paroisse de Sainte Anne à Napuka. « Dans la spiritualité de l’unité – explique Paoloni – il a découvert une force de propulsion incroyable », qui l’a aidé à affronter des moments de grande douleur et de souffrance. Né le 28 février 1967 à Namuamua, dans la province de Serua, un petit village à l’intérieur de l’île principale des Fidji, Silio était le septième de neuf frères et, dès son plus jeune âge, il a fait preuve d’une grande générosité, de ténacité, de débrouillardise et de capacité à prendre soin de sa famille et de tous. Il a fréquenté l’école des Pères Maristes puis, à 17 ans, s’est engagé dans les forces militaires fidjiennes. Silio a participé à deux missions en vivant des expériences traumatisantes sans jamais perdre sa profonde humanité. Ce n’est qu’après la mort de son père en 1996 qu’il est entré au séminaire régional du Pacifique pour commencer sa formation et l’année suivante, il a rencontré le mouvement des Focolari. Silio a été ordonné prêtre le 1er janvier 2005 à l’âge de 37 ans et a commencé son ministère dans la paroisse de Vudibasoga, à Nabala. C’est en 2013 qu’on a découvert son une maladie grave, mais cela ne l’a pas empêché de servir et de travailler de toutes ses forces au service de sa paroisse. En 2018, le père Silio a accompagné quelques jeunes au Genfest à Manille, aux Philippines, et est rentré chez lui avec le désir ardent d’encourager ses jeunes à poursuivre dans cette voie. Il les guide, les éduque et avec eux se consacre à construire des ponts avec les jeunes d’autres communautés, différents par leur culture et leur langue mais toujours frères. Parmi ses derniers engagements figure la promotion d’une rencontre pour les jeunes de sa paroisse et des environs, organisée en août dernier en collaboration avec le mouvement des Focolari et la Caritas locale. Dans une communauté fragmentée et un tissu social déchiré par la pauvreté et la violence, le père Silio a travaillé pour offrir aux jeunes un horizon plus large, où la coexistence se nourrit de la solidarité mutuelle et où les peuples séparés par de grandes distances et ayant des traditions, des cultures et des langues différentes se rencontrent dans le respect mutuel et dans le désir de construire des relations fraternelles.

                                                                                                                Claudia Di Lorenzi

       

Évangile vécu : la boussole de chaque instant

Pour mieux comprendre ce qu’il faut faire pour les autres, Jésus nous invite à nous mettre à leur place; tout comme Lui, qui a pris notre chair humaine pour nous aimer. Le fais-tu pour toi ou pour les autres ? Je me suis trouvé dans une situation étrange : je priais tous les jours, j’assistais régulièrement à la messe, j’accomplissais de bonnes œuvres et pourtant je n’avais pas une foi vivante. C’était comme si un voile m’empêchait de voir clair. Un jour, en accompagnant ma grand-mère chez le médecin, nous nous sommes lancés dans une conversation profonde; sachant combien elle était croyante, je lui ai fait part de mon état d’esprit. Et elle m’a regardé dans les yeux et m’a dit : « Mon fils, tout ce que tu fais, tu le fais pour toi-même ou pour les autres ? Cette simple question m’a secoué. Il me fallait changer complètement de cap ! J’ai commencé à réfléchir et j’ai réalisé que mes actions charitables relevaient plutôt d’une liste de devoirs à accomplir. Périodiquement, je rendais visite à un vieil homme. En allant le voir, après cette période de réflexion, plutôt que de parler de papiers à remplir ou de médicaments, je lui ai demandé ce qu’il avait dans le cœur. Il m’a parlé de la guerre, de ses copains de régiment décédés, de la maladie de sa femme… À la fin il m’a remercié en disant qu’il avait reçu un grand cadeau ce jour-là. (U.R. – Argentine) Loyauté Tombée amoureuse d’un collègue, ma femme m’avait laissé avec quatre enfants. Je ne pouvais pas manifester mon désespoir afin de ne pas accroître leur douleur, mais je ne pouvais pas éviter de me demander en quoi j’avais pu me tromper dans ma relation avec elle. Ma propre foi était mise à l’épreuve. Le défi consistait maintenant à faire en sorte que les enfants souffrent le moins possible de ce drame et qu’elle ne ressente pas de jugement de leur part. Parfois, je lui amenais la plus jeune de quatre ans, d’autres fois, je faisais en sorte qu’elle assiste aux réunions de parents avec les enseignants des autres enfants. Peu à peu, s’est créée une situation où leur mère semblait loin de la maison, mais tout en continuant à être présente dans la vie familiale. Mais quand elle a demandé le divorce, j’ai eu l’impression de repartir à zéro. Une nouvelle étape à franchir avec les enfants. C’est l’aîné, en me voyant un jour triste et pensif, qui m’a donné du courage et m’a dit: « Papa, ne t’inquiète pas. Nous apprenons à prendre en main les rênes de la vie. » (B.d.P. – Croatie) La layette Habituée depuis toute jeune à avoir de l’argent, des vêtements et à vivre dans le luxe, après mon mariage, j’ai dû peu à peu réduire toutes mes dépenses de façon draconienne. Il y a quelques jours, j’ai reçu une prime de mon travail : j’ai tout de suite pensé à notre bébé qui allait naître, à la layette que j’aurais pu lui acheter. Mais ensuite, me rappelant combien il y a de pauvres dans la ville, je me suis dit que cet argent pourrait servir à aider certains d’entre eux. Pour la naissance de notre bébé, j’ai reçu en cadeau de nombreux vêtements déjà utilisés. Bien sûr, j’aurais aimé avoir un tout nouveau trousseau, mais ces cadeaux reçus par amour me semblaient être bien plus précieux et plus beaux. (Anita – Venezuela)

Propos recueillis par Stefania Tanesini (extraits de L’Évangile du jour, Città Nuova, année VI, n°2, mars-avril 2020)

 « Nous vivons un temps de grâces ! »

Voici les paroles prononcées par Jesús Morán, coprésident du mouvement des Focolari, lors de l’homélie de la messe célébrée à huis clos et transmise par streaming le 14 mars 2020. (…) Au cours de ces dernières semaines – entre autre de Carême déjà bien avancé – une pensée commençait à envahir mon âme : la vanité de toute chose, la précarité de notre intelligence pour comprendre en profondeur la réalité, la vie, le cours de l’histoire. En effet, il a suffi d’un virus, d’un micro-organisme acellulaire, pour mettre en péril tous nos grands raisonnements et nos sécurités, nos plans économiques, nos stratégies politiques ; pour déclencher la panique au niveau mondial et mettre en évidence les misères de la fameuse mondialisation. Comme le titrait un journal il y a quelques jours, utilisant le jargon du football Coronavirus 1 – Globalisation 0. C’est la triste vérité. Quand je pensais à ce qui a été écrit ces dernières années sur le phénomène de la culture à notre époque, aux innombrables analyses et contre-analyses sur le devenir de l’histoire, etc., etc., un sentiment de consternation et de tristesse me saisissait, presque paralysant. C’est alors que je suis arrivé à une redécouverte fantastique : la Révélation, la Parole de Dieu adressée à l’homme avec les mots et l’intelligence de l’homme ; la pensée de Dieu en des mots humains sur les profondeurs de la vie et de l’histoire ; une parole pleine de sens. En effet, je pense que seule la Parole de Dieu nous donne des réponses pour ce moment que nous vivons, car elle seule détient une sagesse éternelle qui va au-delà du temps sans perdre sa signification. À la lumière de la Révélation, nous nous apercevons d’un fait d’autant plus surprenant que paradoxal : que nous sommes en train de vivre un temps de grâce. Sagesse ! Voici la véritable clé. C’est vraiment le moment de la sagesse, un temps pour la sagesse ; une vue de la réalité qui voyage sur d’autres registres, devenue aujourd’hui extrêmement impérative et indispensable. (…) Une sagesse qui amène à une intelligence de la réalité éclairée par l’amour et qui, précisément pour cette raison, déclenche un formidable mouvement de fraternité. Dieu peut vraiment faire des choses merveilleuses, même au milieu du mal. Il le renverse par dessein d’amour. Chiara, avec sa vie, a traversé près d’un siècle, et elle l’a fait comme un fleuve de sagesse qui a irrigué la terre. Attentive aux événements de l’histoire, elle ne s’est pas arrêtée à la surface des choses ; elle est allée en profondeur et en hauteur pour puiser à la pensée et à la vision de Dieu, et à Dieu lui-même. C’est pour cela qu’elle ne s’est intéressée à rien d’autre qu’à Sa Parole. L’unité, en fait, est le projet de Dieu sur l’humanité, le testament de Jésus, le Verbe incarné. Nous pouvons constater à présent à quel point ce mot, unité, qui est ancré dans la Révélation, va bien au-delà des épisodes passagers, des temps et des époques. L’unité offre une perspective de signification qui inclut le passé, le présent et l’avenir. Une perspective prophétique capable de libérer les meilleures énergies des hommes et des femmes de toute latitude, culture, race et condition sociale. Forts dans l’unité, nous pouvons transformer la « mondialisation de l’indifférence » en « mondialisation de la fraternité ». La partie n’est pas terminée. Nous sommes cependant sûrs d’une chose : la miséricorde de Dieu triomphera.

Aux racines de la fraternité en politique

Un rendez-vous consacré à un des « pères » de la Constitution italienne, écrivain, journaliste, politicien, qui a aussi été cofondateur des Focolari, Igino Giordani. L’événement organisé par l’Archivage Général du Mouvement et par le Centre Igino Giordani a été le premier d’une série pour aller « aux racines » de la fraternité comme catégorie politique. Dans un moment où les valeurs telles que le respect, la cohérence, la loyauté sont emportées par une narration trompeuse, souvent résultat d’un système d’artefact de communication, l’idée née entre l’Archivage Général du Mouvement des Focolari et le Centre Igino Giordani, a pour objectif celui d’extraire du patrimoine gardé par eux, quelques « perles » qui ont constitué le vécu de figures engagées dans le monde de la politique, conduites par ces valeurs de fraternité propres au charisme de l’unité. « Si nous étions tous comme Giordani, il n’y aurait pas de guerres, il n’y aurait pas de discriminations, il n’y aurait pas de haine. Ce grand homme doit être un point de référence pour l’humanité. C’est à nous maintenant de porter de l’avant ses idées ». Ces paroles prononcées par Gaia, de deuxième année du lycée, plus que toute autre, donnent l’idée de l’actualisation du message et de l’inspiration que Giordani représente aujourd’hui, également pour les nouvelles générations. Dans l’Auditoire du Centre international des Focolari à Rocca di Papa, le 15 février 2020, se sont réunies plus de 300 personnes, parmi lesquelles quelques politiciens, maires, administrateurs locaux. L’événement, suivi en streaming de différents points d’Italie et de l’Europe, s’insère dans l’année du Centenaire de la naissance de Chiara Lubich. Pendant la soirée, la fascination d’une figure comme celle de Giordani a émergé aussi par les paroles de quelques conférenciers qui ont eu la chance de l’avoir rencontré personnellement. Comme Argia Valeria d’Albanie qui se souvient : « De ces rencontres également personnelles dans le jardin du Centre Mariapolis à Rocca di Papa, est né un grand enthousiasme à m’engager pendant de nombreuses années dans un parti politique et dans les Institutions. Mais il y a eu une autre phase de la vie au cours de laquelle j’ai senti un fort rapport avec Igino Giordani, pas tellement comme maître ou exemple, mais bien comme grand frère à qui ouvrir le cœur : le moment de l’échec. – Et continue-t-elle, les incompréhensions, souvent la rancœur, le dénigrement mais aussi le fait de ne pas réussir à réaliser les objectifs qui avaient été fixés, tout élevés et désintéressés qu’ils puissent avoir été, l’échec électoral, la perte de plusieurs amis ». Pietro Rossellini, assesseur, qui a rendu son service à la collectivité de Montecatini affirme avoir été guidé par : « le changement radical de cet homme, désormais mûr, considéré comme étant le plus fervent défenseur de la foi chrétienne par excellence, qui s’est laissé transformer par Chiara Lubich en changeant sa verve polémique en Feu d’Amour. Cela n’a pas voulu dire dénaturer son être, mais bien le sublimer, une élévation de celui-ci ». Pour Patrizia Mazzola, dans son travail passionnant d’enseignante dans les quartiers Ballarò et Brancaccio à Palerme, « quelques écrits de Giordani ont changé la perspective de l’engagement politique et social en me donnant du courage pour quelques batailles en faveur des plus démunis de la ville ». Chiara Zanzucchi et Lucia Zurlo de l’Archivage Général et Alberto Lo Presti du Centre Igino Giordani ont observé que la volonté de réaliser cette série d’événement réside dans la croissante constatation que l’Archivage est vivant et vivifie. Ces rencontres consacrées aux « témoins en politique » permettent aussi de valoriser l’influence du charisme de l’unité de l’engagement politique, leur cohérence morale et leur passion politique, leur contribution à la fraternité et à la paix.

Gianna Sibelli

Si l’entreprise met la personne au centre

« Retour vers le futur, pour une économie plus humaine » est le titre de la rencontre du 4 mars dernier à l’ambassade d’Italie auprès du Saint-Siège. Entrepreneurs, universitaires et économistes étaient réunis pour une économie plus juste, plus inclusive et plus durable, dans la lignée du grand événement « L’économie de François ». « En 2000, nous avons ouvert une petite entreprise de cosmétiques dans un local de 60 mètres carrés avec un employé. Aujourd’hui, nous travaillons dans un bâtiment de 7500 mètres carrés où travaillent 43 personnes et où nous produisons 100.000 pièces par jour. Notre profit et notre force sont les personnes ». Ces paroles sont de Marco Piccolo, entrepreneur de Turin (Italie). Il a 45 ans et 4 enfants et il prend également le temps d’éduquer les jeunes de la paroisse. Avec son entreprise, il rejoint l’Aipec, l’Association italienne des entrepreneurs pour une Economie de Communion, liée à l’intuition qu’avait Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, basée sur le modèle économique qui place au centre de l’entreprise l’homme en tant que personne et la « culture du don ». La Reynaldi de Marco est une entreprise qui a parié sur les jeunes et les femmes (70 % des employés et des cadres) mais aussi sur la durabilité environnementale : l’entreprise n’émet pas de CO2, ne gaspille pas l’eau et ne nuit pas à l’environnement. Ces caractéristiques poussent de nombreuses grandes entreprises du nord de l’Europe et des États-Unis à acheter leurs produits. « Avec une telle vision entrepreneuriale, on peut transformer un système économique, agir correctement et se concentrer sur le bien-être des personnes dans l’entreprise », dit Marco lors de la réunion organisée à Rome, à l’ambassade d’Italie auprès du Saint-Siège, intitulée « Retour vers le futur, pour une économie plus humaine ». L’événement, promu par l’Université catholique du Sacré-Cœur, le Mouvement des Focolari et l’Ambassade d’Italie auprès du Saint-Siège, est né de la décision d’offrir une occasion de réfléchir sur le système économique actuel et sur la nécessité d’entamer un processus global de renouvellement afin que l’économie du futur soit plus juste, plus solidaire et plus durable, dans la ligne du grand événement « L’économie de François » voulu par le Saint-Père qui se tiendra à Assise en novembre prochain. L’entreprise de Marco est un exemple vertueux d’une économie plus humaine. Une économie qui, selon les paroles du pape François, « fait vivre et ne tue pas, inclut et n’exclut pas, prend soin de la création et ne la pille pas ». Reynaldi a été l’une des premières sociétés en Italie à transformer sa forme juridique de société à but lucratif en « Société d’Avantages », c’est-à-dire qu’elle intègre dans son objet social, outre les objectifs de profit, le but d’avoir un impact positif sur la société et la biosphère. Marco continue : « Nous prenons soin des personnes qui travaillent avec nous et pour cette raison, nous ne voulons pas que le temps de travail soit écrasant, nous voulons qu’il y ait du temps pour vivre en famille et que les personnes aillent bien ». De nombreuses entreprises et coopératives vertueuses sont dans le sillage de celle de Marco. Comme la Conad, une société coopérative de la grande distribution italienne qui rassemble les bureaux de la Caritas afin de ne pas gaspiller la nourriture de ses supermarchés, mais en la destinant aux personnes dans le besoin. Ou encore, lorsqu’elle doit acheter des produits à d’autres entreprises, elle vérifie si celles-ci exploitent des enfants dans le travail ou utilisent des moyens de pression. C’est ce qu’a déclaré Francesco Pugliese, le PDG de Conad, qui s’est exprimé lors de la réunion en ces termes: « Si chacun d’entre nous fait sa part, tant par son comportement que par le don d’une partie de son bien-être à la communauté, alors cela peut contribuer à une amélioration générale de la société ». Si nous voulons redéfinir le progrès économique pour l’avenir, nous devons impliquer en particulier les jeunes; les jeunes savent s’interroger, savent dialoguer et savent trouver des réponses importantes. Le Pape a insisté pour qu’ils soient les architectes de l’Economie de François. « Nous savons que Saint François d’Assise est une source d’inspiration pour une façon de comprendre l’économie et la finance. Nous espérons que l’événement de novembre nous aidera à le redécouvrir », déclare Sœur Alessandra Smerilli, conseillère d’État à la Cité du Vatican. « A Assise, les jeunes chercheront de faire des propositions et à travailler dans 12 villages thématiques où ils essaieront de couvrir toutes les questions importantes pour arriver à présenter une proposition pour chaque village, comme engagement personnel mais aussi comme engagement envers les institutions, les entreprises et la politique », conclut Sœur Alessandra. Mais il est nécessaire d’établir un réseau et un dialogue entre les institutions, les entreprises et les universités afin de trouver des solutions pour aider les jeunes à trouver du travail. L’ambassadeur Pietro Sebastiani l’a rappelé : « Le monde d’aujourd’hui est plus complexe qu’il ne l’était autrefois et de nombreuses sociétés connaissent depuis trop longtemps le fléau du chômage des jeunes. Mais les opportunités existent et chacun doit poursuivre son propre talent ».

Lorenzo Russo

Coronavirus : mesures de prévention au Centre international des Focolari

En raison de l’urgence sanitaire qui touche plusieurs pays du monde, le Centre international des Focolari à Rocca di Papa en Italie a approuvé une série de mesures pour prévenir la propagation de la contagion par le coronavirus.   Conformément aux décisions du Gouvernement italien et aux indications des Evêques italiens, le Centre international du mouvement des Focolari, basé à Rocca di Papa (Rome – Italie), avait déjà adopté hier, 9 mars, certaines mesures préventives pour limiter et arrêter la propagation de l’épidémie du coronavirus dans les plus brefs délais. Des mesures conformes à ce qui a été établi par la Présidence italienne du Conseil des Ministres qui, à partir d’aujourd’hui, du 10 mars au 3 avril, a déclaré toute l’Italie « zone protégée ». Pour cette raison :

  1. toutes les initiatives organisées par le Centre international au siège de Rocca di Papa ou dans d’autres lieux sur le territoire italien en mars, avril et mai 2020 sont reportées. Cette mesure concerne à la fois les initiatives prévues pour le centenaire de Chiara Lubich (1920-2020) et d’autres types d’initiatives.
  2. Les visites de groupes au Centre international programmées jusqu’à la fin mai 2020 sont suspendues.
  3. Les voyages (en Italie et à l’étranger) des collaborateurs du Centre international programmés jusqu’à la fin mai 2020 sont annulés.
  4. Toutes les célébrations eucharistiques de semaine et de fête au Centre sont suspendues jusqu’au 3 avril.
  5. Le fonctionnement du Centre est garanti pour les services essentiels, tandis que le travail ordinaire sera effectué à distance par les collaborateurs.

 Le Bureau de Communication des Focolari

 

Évangile vécu : la Règle d’or

L’invitation de Jésus « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le leur aussi » (Mt7,12) est pour ainsi dire la « Règle d’or », un enseignement universel contenu dans les différentes cultures, religions et traditions1. C’est la base de toutes les valeurs authentiquement humaines, qui construisent une cohabitation pacifique, avec des rapports personnels et sociaux justes et solidaires. Le centuple Je vis dans une petite ville qui compte peu de magasins, où on ne trouve pas toujours le nécessaire. Un matin, une voisine pauvre et malade frappe à ma porte. Avec un grand sourire, elle me demande un peu d’huile. Dans la cuisine, il m’en reste un tout petit peu qui devrait m’être utile. Mais je ressens l’élan à tout lui donner. Au moment de préparer le repas, je me rends compte que je dois m’arranger sans huile mais je suis heureuse de ce que j’ai fait. Je suis en train de prendre une poêle quand on frappe à la porte. C’est une sœur que je ne vois plus depuis longtemps parce qu’elle habite une région éloignée de la mienne. Elle m’invite : « Viens, j’ai quelque chose pour toi dans la voiture ». Et elle me donne trois grandes caisses pleines de boites d’huile : en tout 54 litres. (G.V.) – Burundi) Si on donne de l’amour… La réinsertion n’était pas facile, après 20 ans d’absence de notre pays. Au début, ma femme et moi-même, nous nous sentions un peu étranger : il fallait recommencer à tous les niveaux. Mais dans l’Évangile, nous avons trouvé la force de nous ouvrir aux autres, afin de reconstruire des rapports de longue date et de créer des liens avec de nouveaux amis. Nous ne nous étions pas mariés très jeunes et avions donc décidé que si nous ne pouvions avoir d’enfants, nous serions restés à la disposition pour être une famille pour ceux qui n’en avaient pas. C’est dans cet état d’esprit que nous avons commencé un processus d’adoption. Lorsqu’il y a quelques mois, nous avons eu la nouvelle de l’arrivée de Veronica et de Carlos, un frère et sœur brésiliens, nous avons fait circuler leurs photos parmi nos nouvelles connaissances. Puis nous sommes allés les chercher à Rio. A notre retour, nous avons trouvé une énorme banderole sur la route avec écrit : « Bienvenue à Veronica et à Carlos » et sur la véranda de notre maison, beaucoup de ballons de baudruche et des messages. Nous ne pouvons pas oublier les aides concrètes en vêtements et en d’autres choses dont nous avions besoin. Une confirmation pour nous que si nous donnons de l’amour, on reçoit de l’amour. (M.S.F.-Espagne) Conspiration d’amour Une fois restée seule, ma belle-mère , alors qu’elle avait des filles qui étaient dans les conditions de pouvoir l’accueillir, est venue habiter chez nous. Sa présence, très appréciée par mes enfants, représentait malgré tout un engagement pour moi qui avait la famille à prendre en charge. De plus, elle, à cause d’une forme d’artériosclérose, parlait seule, sans se rendre compte qu’elle était écoutée ; et il arrivait souvent qu’elle en avait contre moi. Mes enfants riaient de la situation, même si pour moi, c’était une double blessure. C’était ça les remerciements pour ce que je faisais pour elle ? Un jour, elle était alitée avec de la fièvre, et pendant le repas, on a évoqué la grand-mère qui parlait à tort et à travers. Mon mari en a souffert puis tous ensemble, nous avons décidé de faire une « conspiration d’amour » pour aimer davantage et mieux la grand-mère. Je pense que cela a été un des moments les plus éducatifs et féconds de notre vie de famille. Notre famille qui est très grande, et qui venait souvent lui rendre visite, était émerveillée du bien que la grand-mère « produisait » dans notre famille. (C.S. – Italie)

D’après Stefania Tanesini (extrait de l’Évangile du Jour, Città Nuova, anno VI, n.2, mars-avril 2020)

1Quelques exemples : « Ce que tu ne veux pas que l’on te fasse, ne le fais pas aux autres. C’est toute la Torah. Le reste, ce sont des commentaires ». (Judaïsme) ; « Personne d’entre vous n’est un fidèle tant qu’il ne désire pas pour son frère ce qu’il désire pour lui-même ». (Islam) ; « Ne fais pas de tort aux autres avec des façons que tu trouverais nocives pour toi ». (Bouddhisme).

La solidarité pendant le coronavirus

La solidarité pendant le coronavirus

Ils sont nombreux les gestes de soutien dans le monde entier, la communion et le partage afin de diffuser l’ « antivirus » de la fraternité. « Ce n’est plus ‘moi qui ai peur de la contagion’ ou bien ‘Je m’en moque du coronavirus ‘, mais MOI qui protège l’ AUTRE . Je me préoccupe pour toi. Je me tiens à distance pour toi. Je me lave les mains pour toi. Je renonce à ce voyage pour toi. Je ne me rends plus à ce concert pour toi. Je ne vais pas au centre commercial, pour toi. Voilà une occasion de transformer une crise en une course de solidarité ». C’est avec ces mots-là qu’une jeune des Focolari, dans un large post sur Facebook, encourage à un changement radical de mentalité et d’action en ces jours où son pays, l’Italie, est montée à la seconde place dans la classification mondiale des pays touchés par le coronavirus. Une diffusion qui se propage dans le monde entier, produisant ainsi une crise dont les effets indirects sur les différents pays touchés sont multiples : du système de santé à l’école, à l’économie. « Tout en comprenant les préoccupations qui aujourd’hui sont source d’angoisse pour de nombreux acteurs économiques – écrit l’économiste Luigino Bruni, coordinateur international de l’Économie de Communion – , retenons que le rôle des « entreprises civiles » ne peut pas se limiter seulement à la comptabilité des dégâts et à la diffusion des alarmes. C’est maintenant l’heure de prouver que l’État, c’est nous. Et que la responsabilité sociale d’entreprise, n’est pas seulement un instrument de marketing mais une pratique réelle qui s’active surtout au moment de la crise : en montrant de l’attention aux biens communs (la santé, le travail), en pratiquant une communication correcte en formulant des propositions concrètes et durables avec un vision d’ensemble, en activant des actions concrètes adressées aux personnes plus fragiles, en valorisant un système fait d’entreprises, de familles, d’écoles, d’universités, organisations et entités qui deviennent protagonistes d’une nouvelle et indispensable solidarité proactive ». Bruni cite un récit de responsabilité sociale de ces jours-ci, celui de Mahmoud Ghuniem Loutfi qui travaille comme rider à Turin (Italie). En guise de reconnaissance pour la ville qui l’a accueilli, il a acheté des masques pour la Croix Rouge locale. Il n’a pas pensé au propre désavantage financier mais s’est posé la question de ce qu’il pouvait faire pour sa communauté et donc aussi pour lui-même. Comme Mahmoud, de nombreuses personnes sont en train d’expérimenter ces jours-ci des expériences de coopération, de partage et de solidarité. Gloria, une jeune des Focolari en Chine, nous raconte de Hong Kong comment la technologie aide à garder les contacts entre les différentes personnes : « nous essayons d’organiser des rencontres en vidéoconférence afin de rester toujours plus unis en cette période spéciale. Étant donné que nous devons maintenant rester plus à la maison, le temps que nous passons avec nos proches est utile pour comprendre davantage leurs problèmes et leurs souffrances ». Caritas Lee vit à Ulsan en Corée. Il parle d’une récolte de fonds dans son université. « L’objectif était de rassembler 500,00 won (380 €). Vu qu’il s’agissait de petits dons, j’ai pensé participer en me souvenant des 1595 personnes contaminées et identifiées à ce moment-là. Mais une chose merveilleuse s’est passée : 46 millions de won ont été récoltés (35.360 €), donnés à l’hôpital diocésain et au district sanitaire de Daegu, la région la plus touchée ». Après ce geste, d’autres universités ont voulu recueillir des fonds pour aider le système sanitaire. Et non seulement ! « De nombreux volontaires, médecins et infirmiers – explique Caritas Lee – vont gratuitement aider à l’hôpital. Quelques propriétaires ne veulent par exemple pas toucher le loyer mensuel ou encore, des personnes apportent la nourriture devant les maisons pour ceux qui ne peuvent pas sortir ». Yopi vit justement à Daegu. Sa maison se trouve à côté de l’hôpital et ils entendent continuellement les sirènes des ambulances. « Au début, quand j’entendais les sirènes, je priais pour les patients. Puis l’anxiété a commencé à me ronger. Avec le début du Carême, j’ai décidé de réciter chaque jour le chapelet. Petit- à-petit, l’anxiété laisse la place à une paix dans le cœur ». Micaela Mi Hye Jeong écrit, elle, de Gumi, toujours en Corée. « Nous allons ici distribuer 150 masques dans les endroits où il y a le plus d’urgence. Nous avons pensé : « Plutôt que de distribuer des masques jetables qui polluent l’environnement, nous pouvons les réaliser nous-mêmes en coton lavable. En cette période froide et bloquée par la peur, j’ai senti que mon cœur se réchauffait avec cette possibilité de vivre l’Évangile ». Au Brésil, Armando, entrepreneur de l’Économie de Communion, a une entreprise qui travaille dans le secteur de la santé. « En cette période les masques et les désinfectants ont eu un prix qui est monté jusqu’à 500 % par rapport au prix normal – raconte-t-il. Je me suis posé la question : comment, en tant qu’entrepreneur de l’EdC, puis-je témoigner de ce en quoi je crois et pour lequel je vis ? J’ai donc décidé d’aller contre les prix pratiqués sur le marché en vendant mes produits avec des prix à plus de 50 % inférieurs à ceux de mes concurrents, et c’est encourageant d’avoir le soutien de mes ouvriers pour soutenir cette politique ».

Des volontaires de la protection civile ont effectué des contrôles de santé à l’aéroport « Milano Malpensa ».

En Italie, quelques jeunes des Castelli Romani se sont proposés pour faire les achats au supermarché et de les déposer gratuitement à domicile. « Si vous avez plus de 70 ans ou avez des pathologies et préférez par précaution rester à la maison, nous nous chargeons de vos courses – lit-on dans un message WhatsApp -. Nous pensons à vos courses, et surmontons bientôt cette réalité ». Et toujours de l’Italie, don Paolo, prêtre de Gorgonzola, un village en province de Milan, célèbre dans le monde entier pour son fromage, avec le maire, ont été à la rencontre de quelques maires de la « zone rouge », en offrant quatre morceaux de fromage, ‘’ signe d’une proximité de nos amis pour leur population – explique don Paolo-. Signe pour moi de vouloir donner un antivirus, l’antivirus de la fraternité. (…) L’attention que nous devons avoir pour ne pas contaminer doit être vécue non sous la forme de la suspicion, mais sous la forme d’un acte d’amour réciproque que nous nous donnons l’un à l’autre. Et alors, même les privations qui nous sont demandées, je pense qu’il est important de les vivre vraiment comme un acte d’amour vis-à-vis des frères ». C’est la bonne occasion pour transformer la crise en une course de solidarité.

Lorenzo Russo

Italie, Rome : En voyage dans le Charisme de l’unité

Le voyage de Paolo Balduzzi à travers l’histoire de Chiara et des Focolari se poursuit. Cette fois-ci, il s’est rendu à Rome où Chiara a rencontré Igino Giordani, premier co-fondateur, ouvrant avec lui le charisme à l’œcuménisme, à la politique, aux mille réalisations sociales et civiles qui sont nées. https://vimeo.com/389740344

Un monde uni d’ici 2050 ?

Un monde uni d’ici 2050 ?

400 jeunes, 56 pays, 16 langues, 4 jours : WeGENerate ! Le récit de Conleth Burns de l’Irlande du Nord. En janvier, Luisa, une amie brésilienne et moi, avons parlé avec 400 Gen 2, les jeunes du Mouvement des Focolari réunis à Trente dans le Nord de l’Italie. Nous leur avons posé une question : voulez-vous être la Génération du Monde Uni ? La génération qui rendra réel un monde uni d’ici 2050 ? Soixante-dix-sept années auparavant, Chiara Lubich et ses amis avaient fait d’une phrase de l’Évangile : « Que tous soient un » (J, 17,21) – le but et la mission de leur vie. Le mois dernier, je participais au congrès international Gen 2 intitulé « WeGENerate », avec quelques centaines de jeunes, du même âge que Chiara avait lorsqu’elle a dit ce « Oui » à l’Évangile ; pour la première fois, il m’est arrivé de penser que cette prière pour l’ « Ut Omnes », c’est-à-dire pour l’unité de la famille humaine, peut être une question plutôt qu’une simple déclaration en forme de prière. Une question parce que cette prière requiert une réponse. Une question, parce que ce ne sont pas seulement de belles paroles pour prier, mais elles défient celui qui les lit à les vivre pour trouver la réponse. Une question car l’ « Ut Omnes » est un sujet à propos duquel il faut se poser des questions, ce n’est pas un fait acquis. La question que Luisa et moi-même avons adressée le mois passé aux jeunes, c’est-à-dire s’ ils voulaient être la génération du monde uni, n’ était rien d’autre que la question – même si formulée différemment – à laquelle Chiara avait répondu en 1943. A la fin de la question, nous avons mis une date pour voir si nous, les Gen, voulions réellement y répondre. Plutôt que de répondre à des mots, nous avons décidé de nous organiser. C’est pour cette raison que pendant un après-midi, nous tous, 400 Gen, jeunes de 56 pays avec des traductions en 16 langues, nous avons planifié des actions locales et globales pour combattre la corruption, réduire les inégalités, arrêter le changement climatique, réactiver le dialogue et prévenir les conflits. Nous avons répondu à cette question d’Ut Omnes, d’unité, en planifiant des activités de promotion, de formation globale afin de protéger la démocratie, de prévenir les conflits, de combattre la corruption et d’arrêter l’inégalité. Nous avons répondu à cette question en décidant d’organiser les campagnes #CleanPlate, #GreenDay, #ClearPlasticJarChallenge et CarPooling pour combattre les problèmes environnementaux. Nous avons imaginé des plates-formes et des applications pour débloquer le dialogue ; en brisant l’indifférence et en construisant des relations. Mark de la Syrie a dit qu’il voulait retourner en Syrie pour aider à reconstruire son pays. Victor a répondu à cette question en lançant le défi à lui-même : être une réalisation vivante du charisme de l’unité au Venezuela. Joëlle a répondu à cette question en promettant de ramener au Liban ce message d’unité et d’amour. Tous des contextes qui ne diffèrent pas de celui de Chiara lorsqu’elle répondit elle même à cette question en 1943. De nombreuses personnes, comme Marco, Joëlle et Victor, cette année, se rendront à Trente pour « rencontrer » la ville de Chiara Lubich. Ils visiteront l’exposition qui lui est consacrée et les lieux de la ville dans lesquels elle a vécu, ils rencontreront une communauté de personnes qui aujourd’hui vivent pour construire l’unité à Trente. Ils s’y rendront afin de comprendre les racines de l’histoire de Chiara et des Focolari. De ce congrès j’ai compris que si on veut réellement aller aux origines de cette histoire, il faut vraiment se poser les questions auxquelles elle a répondu en 1943 : l’unité est-elle possible ? Et encore : et toi, crois-tu que nous puissions être tous une seule chose ? Et si ta réponse est oui, qu’est-ce que je peux faire, moi ?

Conleth Burns

Royaume Uni : pas seulement le Brexit

Nous sommes allés en Grande Bretagne à quelques jours du Brexit, la sortie du Royaume Uni de la Communauté Européenne. Nous avons rencontré beaucoup de personnes, dont des membres de la communauté des Focolari, pour comprendre ce qui s’est passé et quels sont leurs espoirs. https://vimeo.com/389740830

« L’économie de François » est reportée au 21 novembre 2020

« L’économie de François » est reportée au 21 novembre 2020

L’économiste Luigino Bruni, directeur scientifique de l’événement écrit : « Nous arriverons mieux préparés. Les jeunes du monde entier réagissent avec un grand sens des responsabilités et la volonté de s’engager encore plus. Une bénédiction peut naître d’une blessure ». En accord avec le Saint-Père, nous allons déplacer « L’économie de François » au 21 novembre. Mais le travail du comité scientifique et des jeunes impliqués dans l’organisation ne s’arrête pas. Au contraire, il continue avec engagement et enthousiasme comme on peut le lire dans la note de presse du 1er mars : la décision a été prise « compte tenu des difficultés de voyage pour environ deux mille jeunes de 115 pays » dont on prévoyait la participation et aussi à cause du coronavirus. Cependant le rendez-vous n’a été que reporté et le pape François sera à Assise en novembre pour rencontrer les jeunes qui participeront à des ateliers, des échanges et des réflexions sur diverses questions économiques, quelques jours auparavant. L’accent thématique est contenu dans la lettre que le pape François a adressée le 1er mai 2019 aux « jeunes économistes, hommes et femmes d’affaires du monde entier », les invitant à ré-animer l’économie – au sens littéral de lui redonner une âme – pour être parmi ceux qui répondent au cri des pauvres de la terre et ne détournent pas le regard. « C’est pourquoi je souhaite vous rencontrer à Assise – écrit le Saint-Père – pour promouvoir ensemble, par un « pacte » commun, un processus de changement global qui voit dans la communion non seulement ceux qui ont le don de la foi mais tous les hommes de bonne volonté, au-delà des différences de croyance et de nationalité, unis par un idéal de fraternité attentif avant tout aux pauvres et aux exclus ». Le professeur Luigino Bruni, directeur scientifique de l’événement, a remercié le Pape pour cette nouvelle date dans un message sur Facebook : « Nous arriverons mieux préparés ; les jeunes du monde entier réagissent avec un grand sens des responsabilités et la volonté de s’engager encore plus. Une bénédiction peut naître d’une blessure. Nous devons être des rêveurs réalistes et donc vivre les angoisses et les crises de notre temps, et ensuite tout faire parce que « personne ne manque » des 2000 sélectionnés qui s’étaient déjà inscrits et dont beaucoup avaient déjà acheté le billet d’avion. J’ai été impressionné de ne lire aucune plainte des jeunes pour le report mais seulement la volonté de continuer la course. Nous avons déjà réalisé 230 événements « Towards Assise », nous en réaliserons trois cents autres au cours de ces huit mois supplémentaires ».

Stefania Tanesini

C’est le Professeur Giuseppe Argiolas, le nouveau Recteur de l’Institut Universitaire Sophia

C’est le Professeur Giuseppe Argiolas, le nouveau Recteur de l’Institut Universitaire Sophia

Après douze année de présidence, le Professeur Piero Coda, qui a conduit l’Institut Universitaire Sophia depuis sa fondation, passe le relais au Professeur Giuseppe Argiolas, professeur de Management dans le même Institut. C’est la première relève de la garde pour l’Institut Universitaire Sophia (I.U.S.), qui coïncide aussi avec l’attribution de la part de la Congrégation pour l’Éducation Catholique, du titre de « Recteur » à celui qui avant, était le Directeur de l’Institut. Donc, le Professeur Giuseppe Argiolas est le nouveau Recteur de Sophia . Il succède au Professeur Piero Coda qui a conduit l’Institut depuis sa fondation, avec sagesse et esprit de prophétie. L’élection a eu lieu le 9 janvier dernier, de la part du Conseil Académique de l’Institut. Le 20 février 2020, avec une lettre, la Congrégation pour l’Éducation Catholique a nommé le Professeur Giuseppe Argiolas, Recteur de l’Institut Universitaire Sophia, pour un mandat de quatre ans. Ce matin a eu lieu, dans la Grande Salle d’audience de l’Institut Universitaire Sophia, la cérémonie de l’installation du nouveau Recteur. Argiolas est né à Cagliari en 1969 . Il est professeur stable de l’Institut Universitaire Sophia depuis 2016, lorsqu’il a quitté son rôle auprès de l’Université de Cagliari afin de se consacrer au projet de développement du cours de maîtrise en Management et diriger l’École du Doctorat de l’Institut. Son activité de recherche se concentre principalement sur les thèmes de la Responsabilité Sociale des Entreprises et des Organisations et du Management des Entreprises « Mission-Driven » (voir la Biographie). « Avant toute chose, je veux exprimer ma profonde admiration pour le Professeur Piero Coda et un grand remerciement pour ce qu’il a fait jusqu’à aujourd’hui – a commenté le professeur Argiolas – et pour ma part, j’essaierai de faire de mon mieux dans l’exercice de la tâche qui m’est confiée, en interprétant cette responsabilité comme un service d’unité ». Puis il continue : « La phase de fondation se termine et celle de la consolidation et du développement commence avec le passage générationnel. Mais ce qui ne devra pas manquer, ce sera la dimension charismatique. Sophia continuera à accomplir, avec la fidélité créative, la mission pour laquelle elle a été fondée par Chiara Lubich, en parcourant ensemble avec de nombreux compagnons de voyage – comme nous l’a dit le Pape François – avec « joie, vision et décision » toujours nouvelles « le chemin à peine entamé ». Le Professeur Piero Coda ajoute, qu’il quitte après douze années la présidence : « Je suis heureux de la nouvelle étape dans le cheminement de Sophia qui commence sous la responsabilité experte et inspirée de Giuseppe Argiolas, fruit d’une maturation constante et consolidée à tous les niveaux. La nomination, non plus à celle de Directeur mais bien à celle de Recteur de la part de la Congrégation pour l’Éducation Catholique arrive inattendue et bienvenue comme sceau et ultérieure impulsion. L’occasion est propice pour renouveler avec élan et joie avec le Recteur et avec toute la communauté académique, ce pacte d’unité qui qualifie l’esprit qui nous anime et qui est relancé aujourd’hui avec vigueur par le Global Compact on Education du Pape François ». Maria Voce, Vice Grande Chancelière de l’Institut et Présidente du Mouvement des Focolari a souhaité : « Je suis heureuse de renouveler mes félicitations au Professeur Giuseppe Argiolas, nouveau Recteur de l’Institut Universitaire Sophia. Son élection constitue sans nul doute un passage de génération et de dimension académique par rapport à la présidence sortante. Je suis certaine que le Professeur Argiolas vous portera le cadeau de ses caractéristiques personnelles, tout en restant fidèle à l’origine charismatique de la culture de l’unité et en l’actualisant afin de répondre au mieux aux questions de notre temps ». Fonte: Ufficio Stampa Istituto Universitario Sophia

Messager de paix et de réconciliation

Messager de paix et de réconciliation

A Aquisgrana, le Mouvement des Focolari en Allemagne a décerné le Prix Klaus Hemmerle à l’Archevêque Anastasios de Tirana en Albanie. Ce n’est pas un visage connu des premières pages des journaux, celui de l’homme doux à la barbe blanche âgé de quatre-vingt dix ans qui, le 14 février a reçu à Aquisgrana (Allemagne), le « Prix Klaus Hemmerle » décerné par le Mouvement des Focolari en Allemagne. Mais Anastasios Yannoulatos, Archevêque grec-orthodoxe de Tirana (Albanie), est une personnalité bien connue et estimée aussi bien au niveau ecclésial international qu’au niveau politique, surtout en Europe orientale. Dans son discours de remerciement, il a souhaité une « coexistence pacifique dans un monde multi-religieux ». Il a déclaré être fasciné par une phrase d’Albert Einstein sur la force de l’amour : « Chacun porte en soi un générateur d’amour, petit mais efficient, dont l’énergie attend seulement à être libérée, parce que l’amour est la quintessence de la vie ». Et il a rappelé que cela a justement été ce même amour qui a encouragé l’évêque Klaus Hemmerle (1929-1994) à s’engager inlassablement pour la paix et la réconciliation du monde. Un engagement qui caractérise aussi la vie et l’action du Métropolite Anastasios. Mgr. Helmut Dieser, en tant qu’actuel Évêque d’ Aquisgrana et un des successeurs de Klaus Hemmerle, a souhaité la bienvenue aux 300 hôtes rassemblés dans le Dôme Impérial de la cité de Charlemagne, en présentant le lauréat comme un « pionnier de la foi et de l’œcuménisme ». Le Métropolite Augoustinos Lambardakis, président de la conférence épiscopale orthodoxe en Allemagne, l’a confirmé en soulignant l’estime dont jouit le Métropolite Anastasios dans le monde orthodoxe, où sa parole trouve écoute malgré les tensions entre les différentes Églises autocéphales. Maria Voce, Présidente des Focolari, a également souligné dans un message, l’inlassable engagement du Métropolite Anastasios pour le dialogue entre chrétiens et musulmans, en le remerciant pour sa capacité à susciter la communion, la fraternité et le partage. Dans la laudatio, le cardinal Kurt Koch, Président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, a redessiné le parcours Métropolite Anastasios, qui l’a amené de la Grèce, à travers l’Afrique, jusqu’en Albanie où il a démontré comment « le dialogue interreligieux et l’engagement missionnaire ne doivent pas être opposés ». Il a également souligné le fait que depuis 1992, il s’est engagé, avec prudence, à reconstruire et revigorer l’Église orthodoxe en Albanie en contribuant à la diminution des vives tensions dans les Balkans. Avec le « Prix Klaus Hemmerle », le Mouvement des Focolari en Allemagne veut honorer tous les deux ans, une personnalité méritante dans le domaine du dialogue entre les Églises, les religions et les convictions idéologiques. Parmi les lauréats, l’ex-président de la Fédération Luthérienne Mondiale, l’évêque émérite Christian Krause (2006) ; le Patriarche Œcuménique de Constantinople Bartolomé I (2008) ; la doctoresse musulmane Noorjehan Abdul Majid du Mozambique (2016) et le Rabbin allemand Henry Brandt d’Augsbourg en Allemagne (2018).

Andrea Fleming

Arrive à Jérusalem l’exposition sur Chiara Lubich

Arrive à Jérusalem l’exposition sur Chiara Lubich

Inaugurée dans la Ville Sainte l’exposition « Chiara Lubich Ville Monde », première étape des sections internationales, avec une section consacrée au voyage de Chiara Lubich de 1956. « Je ne croyais pas que Jérusalem et les Lieux Saints auraient eu un telle incidence sur mon esprit (…), chaque pierre disait une parole, beaucoup plus qu’une parole, c’est pourquoi, à la fin, l’âme était toute inondée, toute remplie de la présence de Jésus. » Chiara Lubich exprime dans une intense page de son journal l’expérience de l’unique voyage qu’elle a fait à Jérusalem et en Terre Sainte en 1956. En souvenir de ce voyage, il y a plusieurs photos en noir et blanc, une vidéo-journal, mais le témoignage le plus grand est la présence active de la communauté des Focolari dans cette ville qui, précisément aujourd’hui, 29 février 2020, inaugure dans la Curie de la Custodie de Terre Sainte l’exposition « Chiara Lubich Ville Monde », ouverte jusqu’au 14 mars prochain. L’exposition reproduit celle actuellement ouverte au public dans les Gallerie de Piedicastello à Trente (Italie), préparée par le Centre Chiara Lubich en collaboration avec la Fondation Musée Historique du Trentin. Il s’agit de la première des sections internationales qui, dans l’année dédiée au centenaire de Chiara Lubich, se répéteront aussi à Mexico, Sydney, Mumbai, São Paulo, Alger et Nairobi. Un primat symbolique, celui de Jérusalem, ville-berceau des trois grandes religions monothéistes, maison pour beaucoup de peuples. Ici, la communauté des Focolari est présente depuis 1977 avec le mandat de contribuer à réaliser cette unité que, justement dans cette terre, Jésus avait demandée au Père. À Jérusalem aussi, le parcours de l’exposition, reproposé dans un format réduit et réadapté, raconte les moments significatifs de la vie de la fondatrice des Focolari, sa pensée et son œuvre, à travers des documents, des écrits autographes et du matériel photographique. Mais cette édition a une spécificité, offerte seulement à ceux qui la visitent ici : une section dédiée au rapport entre la fondatrice des Focolari et Jérusalem, comme l’explique Claudio Maina co-responsable des Focolari en Terre Sainte. « Nous avons voulu faire venir à Jérusalem cette exposition pour faire connaître plus profondément la vie, la spiritualité et l’œuvre de Chiara, mais aussi pour montrer le rapport qui l’a liée à cette ville. En réalité, Chiara a été à Jérusalem une seule fois et pour peu de jours. Mais, de ce voyage a commencé une histoire qui continue jusqu’à présent : en effet, aussi en Terre Sainte, il y a aujourd’hui des personnes qui ont accueilli la spiritualité de Chiara et la vivent ». Une partie de l’exposition est consacrée aussi au grand rêve de Chiara pour cette ville, profondément marquée par des divisions et des blessures historiques : que naisse un centre de spiritualité, d’études, de dialogue et de formation à l’unité. « Un rêve, une intuition qui petit à petit s’est précisée – raconte Terese Soudah – dans le projet du Centre pour l’unité et la paix : projet auquel nous travaillons depuis des années et qui, malgré de nombreuses difficultés, va de l’avant et nous espérons que nous pourrons le réaliser bientôt ». Parmi les autorités présentes, le Nonce et Délégué Apostolique à Jérusalem, Mgr Leopoldo Girelli, le représentant du Patriarcat des Latins, Père Stéphane Milovitch, directeur du bureau des Biens Culturels de la Custodie de Terre Sainte, en plus des amis chrétiens, juifs et musulmans qui composent la famille des Focolari en Terre Sainte. À cause de l’urgence Coronavirus, la délégation italienne n’a pas pu y participer, mais elle s’est rendue présente à travers des vidéos. Ainsi, le président de la Province Autonome de Trente, Maurizio Fugatti, qui a souhaité un grand succès à l’exposition pour pouvoir diffuser dans le monde le message que Chiara Lubich a donné au Trentin et à l’Italie. Le Custode de Terre Sainte, père Francesco Patton, a exprimé le souhait qu’à travers cette exposition, la spiritualité de Chiara rappelle à cette terre tellement tourmentée la valeur de l’unité, fruit de la prière de Jésus, encore si actuelle. Dans un message-vidéo, Anna Maria Rossi et Giuliano Ruzzier, qui ont préparé l’exposition à Trente avec Maurizio Gentilini, en ont introduit le parcours : « Nous avons pensé à un projet qui ne se limite pas seulement à la ville de Trente, mais, comme cela s’est vérifié dans la vie de Chiara, s’étende jusqu’aux dernières frontières de la terre, comprenant tous les cinq continents ». Quand il a coupé le ruban, le Nonce, Mgr Girelli, a rappelé l’extrême actualité du message de Chiara : « Ici, à Jérusalem, nous pourrions invertir les mots du titre de l’exposition et l’appeler : Chiara Lubich, monde ville, parce que du monde cette exposition est arrivée dans la ville par excellence, la ville sainte, la ville de l’unité, de la fraternité, du dialogue entre les religions, entre les peuples ».

Stefania Tanesini

Paradis, paradis !

Paradis, paradis !

Le 5 février 2020, Juan Carlos Duque, focolarino colombien, est mort accidentellement au Centre Fiore de Lima (Pérou), tout près de son focolare. Quelques jours auparavant, alors qu’il se préparait au sacerdoce, il avait été ordonné diacre, entouré par la communauté en fête. Nous vous partageons une lettre d’adieu écrite par Gustavo Clariá, un de ses compagnons de focolare. Très cher Juan Carlos, Comme je l’avais fait tant de fois, je t’avais demandé de m’aider, cette fois-ci pour accéder à mon account de courrier électronique afin de répondre à certains messages. J’avais le mot de passe, mais je ne pouvais pas le faire moi-même. Comme toujours, et même si on nous avait appelés à déjeuner, tu as pris en charge mon problème et tu l’as résolu avec ta promptitude habituelle. Le déjeuner s’est déroulé comme à l’accoutumée : des conversations sérieuses mêlées à des plaisanteries, ton rire inimitable, notre joie d’être ensemble. Tu as été le premier à te lever pour aller faire la vaisselle. Et puis tu es parti en vitesse vers « ton » Centre Fiore, pour essayer de réactiver le grand réservoir d’eau, inutilisé depuis longtemps. Moi, en revanche, je suis allé me reposer. Après quelques minutes, mon téléphone portable a sonné. C’était Pacho : « Juan Carlos a eu un grave accident … il a fait un faux pas sur le toit et est tombé … il est mort sur le coup … » Je ne pouvais pas y croire et rejetai en bloc ce que mes oreilles venaient d’entendre. J’ai seulement réussi à dire « Mon Dieu », « Mon Dieu », « Mon Dieu », « Mon Dieu » … Je ne sais pas combien de fois je l’ai répété et continué à le dire, en silence, alors que nous courions avec Mario en direction du Centre Fiore tout proche de chez nous. Incrédules, nous avons vu de nos propres yeux ce qui s’était passé … Ce 5 février, à 15h15, notre vie a changé. Rien n’était plus comme avant et nous devions accepter la réalité. Désorienté, Je suis allé trois fois à la chapelle pour demander des explications : « Comment est-ce possible ? », « Nous avons donné notre vie pour te suivre, et Toi, de quel côté es-tu ? Silence. La troisième fois, tu m’as répondu : « Tu as encore bien des choses à perdre ! » J’en suis sorti presque humilié, car je me suis rendu compte que j’étais loin de l’endroit où tu étais arrivé, cher Juan Carlos. Nous pensions que tu te préparais au sacerdoce… en réalité, tu te préparais à la rencontre la plus importante de la vie. Au fil des heures et à force de demander « d’augmenter notre foi », cette chute tragique que nous avions constatée de nos pauvres yeux, s’est progressivement transformée, avec les yeux de la foi, en une remarquable « montée » au Ciel. Oui, mon ami, mon frère, ce n’était pas une chute mais un envol. Tu nous l’avais déjà annoncé le 25 janvier, lors de ton ordination diaconale en évoquant Saint Philippe de Néri, ce brillant saint de Toscane qui, lorsqu’il avait été ordonné évêque, avait jeté son chapeau en l’air en s’exclamant : « Paradis, Paradis ! » Il ne s’intéressait pas aux titres, mais à la rencontre avec Dieu … là où tu es maintenant, avec ceux qui t’ ont précédé. A-Dieu, cher Juan Carlos ! Jusqu’à ce que Dieu veuille nous réunir à nouveau, tous ensemble, pour ne plus jamais nous séparer. Ta joie, tes éclats de rires, tes arépas (pains de maïs) et ton poulet au sel nous manqueront … ainsi que ta disponibilté et tes attentions envers chacun d’entre nous, ta capacité à résoudre les problèmes et à « donner du goût à la vie », ta transparence et ta vie entièrement donnée de simple focolarino, d’ami de Jésus.Tu resteras dans nos vies comme un phare lumineux qui nous accompagne et nous guide.

Gustavo E. Clariá

Unis pour former une église plus belle

Unis pour former une église plus belle

Laboratoire d’espérance entre différents charismes pour favoriser la communion entre les familles religieuses à travers la spiritualité de l’unité de Chiara Lubich à Castel Gandolfo « Une Église qui sort », qui est un « hôpital de campagne ». Le pape François a souligné à plusieurs reprises combien il aimerait voir l’Église d’aujourd’hui capable de réchauffer les cœurs des fidèles, de guérir leurs blessures et d’aller vers les périphéries existentielles. Mais pour répondre aux exigences du monde fragmenté et blessé d’aujourd’hui, l’Église doit unir ses forces et mettre ses talents en commun. Cela est particulièrement vrai pour les charismes, c’est-à-dire les forces de renouvellement qui, tout au long de l’histoire, ont surgi dans l’Église en réponse à des besoins historiques précis et qui ont trouvé une forme durable dans les différentes « familles » religieuses. Mais comment pouvons-nous nous retrouver, rester ensemble et agir ensemble parmi des réalités que l’Esprit Saint a créées distinctes ? La conférence des 8 et 9 février au Centre Mariapolis de Castel Gandolfo (Rome, Italie), intitulée « Charismes en communion : la prophétie de Chiara Lubich » a souligné que la spiritualité de l’unité de Chiara Lubich peut offrir des instruments dans cette direction. 400 participants – religieux, religieuses, hommes et femmes consacrés et laïcs catholiques avec une représentation orthodoxe, 100 familles religieuses de 33 pays, se sont réunis pour se confronter, dialoguer et mettre leurs identités en communion pour former ensemble une Église plus belle, plus riche et plus attrayante. Le titre de la conférence « nous stimule à vivre dans l’écoute et dans le don réciproque », a déclaré Maria Voce, Présidente du mouvement des Focolari dans son discours, « afin qu’en offrant la richesse des charismes spécifiques, une expérience authentique de partage puisse être réalisée (…) pour donner à l’Église un visage crédible face au monde ». “Les personnes consacrées qui entrent en contact avec le mouvement des Focolari – dit Card. João Braz De Aviz, Préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique – ont trouvé une impulsion et une aide pour valoriser l’originalité de leurs charismes spécifiques, pour renouveler les relations fraternelles dans leurs Instituts, pour apprécier et aimer les autres charismes comme s’ils étaient les leurs ». Pendant les deux jours de la rencontre, un atelier vivant a été mis en place pour montrer comment cette richesse de l’Eglise peut devenir belle, féconde dans son ensemble, dans l’annonce de l’Evangile et dans la crédibilité de l’Eglise. La présence importante d’une cinquantaine de laïcs de différentes familles religieuses a grandement contribué à cette perspective. « Les charismes sont une source de joie et une expression de l’esthétique de l’Église – dit le père Fabio Ciardi, Oblat de Marie Immaculée, théologien de la vie consacrée – On ne peut que s’exclamer : « Comme c’est beau ! ». « Quand j’étais novice, j’ai écouté Chiara qui nous encourageait à « aimer la congrégation de l’autre comme la nôtre », j’ai compris que l’unité est vraiment une valeur fondamentale », dit Sr Tiziana Merletti, franciscaine des pauvres, canoniste. « Il ne s’agit plus de concilier l’apport irremplaçable des réalités charismatiques et la mission de l’Eglise, mais de partager leurs dons à tous et pour tous (…) au discernement des voies les plus appropriées pour le service de l’annonce de l’Evangile », rappelle Piero Coda, Doyen de l’Institut Universitaire Sophia de Loppiano. Il ajoute qu’il faut « arriver à une conversion radicale, au point d’aimer l’autre, son charisme, sa famille religieuse, plus que son propre charisme et sa propre famille religieuse. Ce n’est qu’ainsi qu’on est l’Église charismatique et missionnaire » !

Lorenzo Russo

Pour une alliance entre les générations sur le modèle de la Trinité

Pour une alliance entre les générations sur le modèle de la Trinité

Discours de Maria Voce au Congrès international de la pastorale des personnes âgées « La richesse des années » Reconnaître que l’autre est un cadeau pour moi par sa diversité. Construire des relations fraternelles basées sur l’écoute authentique, qui met de côté les stéréotypes et les préjugés et ouvre de nouvelles voies. Telles sont les conditions préalables pour cultiver le dialogue entre les générations et établir une relation d’amour réciproque entre les jeunes et les adultes. C’est le cœur du message que Maria Voce, Présidente du mouvement des Focolari, a voulu offrir par son discours au premier Congrès international de la pastorale des personnes âgées, du 29 au 31 janvier, promu par le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, à l’Augustinianum, à Rome (Italie). Devant environ 550 experts et agents pastoraux de 60 pays, Maria Voce a proposé une réflexion sur le thème du dialogue entre les générations. Saisissant la situation actuelle, au niveau mondial, « l’atmosphère de nouvelle compréhension entre les générations », Maria Voce prend pour exemple les manifestations pacifiques qui ont récemment vu la mobilisation de jeunes, d’adultes et de personnes âgées, pour souligner que ce qui les a rassemblés était le désir de se rencontrer et de créer des liens directs afin que chacun puisse exprimer sa pensée et demander un engagement renouvelé « pour le bien commun, les droits de l’homme, la solidarité et la paix ». Si, dans ce contexte, les jeunes se sont faits les promoteurs d’un message de renaissance, les plus mûrs, entraînés par leur enthousiasme, ont choisi d’en partager les enjeux et l’engagement. Sur les fruits nés de l’alliance entre les générations, Maria Voce donne la parole à Chiara Lubich, fondatrice des Focolari : « Dès le début, dit Chiara, nous avons ressenti une relation avec les jeunes que je n’hésiterais pas à définir comme trinitaire. Nous avons vu dans notre génération d’adultes tout le poids, la valeur de l’incarnation et de la concrétisation. Dans la génération des jeunes, par contre, nous avons vu l’idéalité, l’authenticité, la puissance révolutionnaire, la certitude de la victoire. Si la première génération nous a paru comme le Père, la deuxième génération en était la beauté, la splendeur et donc comme le Fils, le Verbe du Père. Et entre les deux il y avait une relation d’amour réciproque, presque un courant de l’Esprit Saint qui donne au monde un grand témoignage ». La Présidente du mouvement des Focolari trace alors quelques pistes à parcourir pour reproduire cette alliance entre les générations. Elle souligne d’abord la nécessité d’une écoute profonde, c’est-à-dire de « libérer les esprits et les cœurs de préjugés et de stéréotypes ». Il faut ensuite abandonner la représentation statique de l’autre où l’adulte serait ennuyeux et coincé dans le passé et le jeune serait sous-estimé et jugé négativement. Enfin, la volonté de s’ouvrir à de nouveaux schémas pour surmonter ensemble les difficultés est décisive. Maria Voce conclut en reproposant l’image de l’Église esquissée par un jeune lors du synode qui leur a été consacré : « L’Église est un canoë, dans lequel les personnes âgées aident à maintenir le cap en interprétant la position des étoiles et les jeunes rament avec force en imaginant ce qui les attend au loin ».

Claudia Di Lorenzi

Urgence Coronavirus

Le Mouvement des Focolari recommande d’adopter scrupuleusement les mesures de précaution et de sécurité établies par les autorités sanitaires de votre pays Suite à la détection de cas d’infection par le Coronavirus (COVID-19) également en Italie, le Centre International du Mouvement des Focolari, ayant son siège en Italie et étant organisateur et lieu d’événements auxquels participent des personnes de nombreux pays, invite la grande famille des Focolari dans le monde à vivre cette urgence sanitaire avec l’attention nécessaire et un grand sens de responsabilité en vue de la santé personnelle et du bien commun. En particulier, le Mouvement des Focolari recommande d’adopter scrupuleusement les mesures de précaution et de sécurité établies par les autorités sanitaires de votre pays et de suivre attentivement les communications sur le sujet. En ce qui concerne les événements organisés au Centre International, le Centre lui-même est en contact étroit avec les autorités sanitaires et civiles locales pour suivre l’évolution de la situation et adopter les mesures qui s’avéreront nécessaires. Le Centre International recommande de faire de même en ce qui concerne les grands événements dans d’autres pays. Demeure cependant valable l’invitation de Maria Voce (Emmaüs) du 1 février à avoir – vraiment comme famille mondiale des Focolari – un amour inconditionnel pour tous, un amour « qui ne fait aucune différence, qui n’a pas peur. Parce que même le frère qui peut te contaminer est ton frère, et tu dois t’en occuper. »

#EoF : Side Event, Pérouse 20-22 novembre 2020

#EoF : Side Event, Pérouse 20-22 novembre 2020

Par un communiqué du 01 mars, le Comité Organisateur de « l’Economie de François » reporte l’événement au mois de novembre. L’événement parallèle, prévu à Pérouse fin mars, sera reporté du 20 au 22 novembre. Pourquoi un événement parallèle ? Lorsqu’il s’agit d’ « Rendez-vous avec l’histoire », la mission doit être soutenue d’une manière ou d’une autre ! Derrière les CV des jeunes qui ont répondu avec enthousiasme à l’invitation du Pape, il y a non seulement des profils brillants, des recherches et des projets innovants, mais aussi l’objectif clair de redéfinir, ensemble, la théorie et la pratique du système économique, en inversant les tendances mondiales. Et cela représente un défi global qui est trop sérieux et trop important pour rester des spectateurs passifs. La réunion parallèle qui aura lieu à Pérouse du 20 au 22 novembre, est donc une possibilité offerte à tous ceux qui ne peuvent pas participer directement à « The Economy of Francesco » (en raison de l’âge et des limites logistiques) mais qui veulent faire partie de ce processus déclenché, en suivant de près et en soutenant le travail des moins de 35 ans réunis à Assise. La même structure sera maintenue pour le mois de mars, en reprogrammant la réunion, en soutien au travail des jeunes, du vendredi 20 novembre au dimanche 22 novembre 2020 (de la nuit du jeudi 19 au déjeuner du dimanche 22) : les inscriptions sont à nouveau ouvertes, pour procéder de la meilleure façon possible à l’organisation du travail et continuer sur notre chemin avec l’énergie et la responsabilité placées jusqu’à présent. Promue par Économie de Communion, le Side Event est un espace ouvert à tous ceux qui croient en la nécessité d’une économie différente : un lieu, inclusif, porte-parole de multiples réalités. Conscients que l’économie actuelle échoue souvent, parce qu’elle peut bien fonctionner pour certains, mais qu’elle ne fonctionne pas du tout pour beaucoup d’autres, menaçant l’écosystème social et environnemental, il y aura un dialogue entre jeunes et séniors, entre différentes cultures et milieux, en vivant trois dimensions créatrices : écouter-concevoir-agir. En alternant sessions plénières et sessions parallèles/en groupe, nous voulons privilégier le développement des réseaux s’épanouir, de tirer les leçons des échecs, de transformer les idées en actions. Sous la direction d’animateurs (sur le modèle de ce qui se passera à Assise) et avec la contribution de quelques intervenants de renom,nous aborderons les 12 thématiques principales sur lesquelles, dans la ville de Saint François, les jeunes travailleront de leur côté, en nous concentrant sur certains concepts clés antinomiques, tels que richesse/pauvreté et autres. Comme pour Assise, les journées à Pérouse veulent elles aussi permettre la rencontre de visions, de désirs, de compétences et d’engagements : personnels et collectifs. En effet, l’économie, avant de viser au profit, répond à une vocation et si l’on croit en une proposition alternative, on doit faire entendre sa propre voix, puis la mettre en relation – en la promouvant – avec celle des autres. Afin qu’elle puisse se transformer en collaboration et se constituer à son tour en communauté. Une communauté capable de générer un impact, d’initier un processus nécessaire : c’est ce que vise l’Économie de François à Assise ; c’est la cause qui est soutenue à Pérouse. Et pour atteindre cet objectif, il ne suffit pas de mettre au goût du jour des mots comme éthique et durabilité, mais il s’agit de faire un pas qui rompt avec la pensée dominante. Economy of Francesco laissera son empreinte de jeunesse, mais autour d’elle il y aura un écho diversifié qui élargira l’ouverture de la brèche et alimentera, avec le concours de tous, le terrain du changement.

par Francesca Giglio

source www.edc-online.org ________________________________________ Télécharger le dépliant (1.06 MB) Pour plus d’informations : edcperugia2020@gmail.com Pour les demandes d’inscriptions : https://www.umbriasi.it/pacchetto/side/

Incendies en Australie : un témoignage

Incendies en Australie : un témoignage

Kevin et Trish Bourke vivent à Myrtleford, une ville rurale de 3.500 habitants dans l’État de Victoria. Kevin est pompier volontaire. Ils nous relatent les dégâts causés par les incendies désastreux mais aussi les nombreux épisodes de courage et de solidarité. Les récents incendies ont été dévastateurs. A cause de l’incendie, notre petit district a perdu 102.000 hectares de parc national, de forêts de pins et de terres agricoles fertiles, ainsi que du bétail et des aliments pour animaux. Mais nous sommes chanceux car il n’y a pas eu de victimes et nous n’avons perdu qu’une maison. Les incendies en Australie ont touché tous les États et territoires. Ils ont commencé en août 2019 et se déchaînent encore aujourd’hui. Les flammes ont atteint à certains endroits 40 mètres de haut, alimentées par des vents allant jusqu’à 100 kilomètres à l’heure. Certains incendies menacent un certain nombre de régions, notamment la frontière sud de Canberra, la capitale. En ce moment, plus de 19 millions d’hectares ont brûlé (deux tiers de la superficie totale de l’Italie) et 35 personnes ont perdu la vie, des milliers de maisons et d’entreprises ont été détruites, des centaines de milliers d’animaux domestiques et sauvages sont morts. Même dans cette situation, les personnes ont démontré leur volonté d’aider les personnes touchées de toutes les manières possibles. Principalement dans les grandes villes, de nombreux habitants se sentent « impuissants » et n’arrivent pas comprendre à distance ce qu’ils peuvent faire car la plupart des incendies sont dans des zones rurales. Mais même dans ces situations, les gens nous ont aidés de nombreuses façons, parfois en nous offrant un simple soutien par le biais des médias sociaux, d’autres fois en faisant des dons en argent. Nous avons vu des personnes consoler d’autres qui avaient peut-être, juste besoin d’être écoutées. Les services d’urgence sont arrivés dans les zones touchées après avoir souvent parcouru des milliers de kilomètres ; ils étaient pour la plupart composés de bénévoles qui nous ont aidés aussi financièrement. Certains pompiers avaient traversé l’océan : ils venaient du Canada, des États-Unis et de la Nouvelle-Zélande. L’armée, la marine et l’aviation ont fourni des troupes et du matériel, certains pour combattre les incendies, d’autres pour fournir l’eau, la nourriture, des installations sanitaires et des logements d’urgence et de meilleure qualité. Des organisations de secours telles que Saint-Vincent de Paul, la Croix-Rouge et l’Armée du Salut ont reçu des dons de musiciens, d’acteurs, de sportifs et de simples citoyens. À ce jour, ce fonds s’élève à un demi-milliard de dollars australiens. Certains agriculteurs des régions qui n’ont pas été touchées ont fourni des aliments pour le bétail à ceux qui avaient perdu leurs stocks. Un groupe d’agriculteurs, par exemple, a parcouru plus de 3 000 kilomètres pour donner 140 camions chargés de foin à d’autres agriculteurs, une somme qui valait plus d’un million de dollars. Les voisins s’entraident pour contrôler les maisons et les terrains. Les personnes âgées et les familles avec enfants ont reçu un soutien supplémentaire pour s’assurer qu’elles étaient en mesure d’évacuer en cas de besoin. Dans certains cas, les personnes âgées ont dû être évacuées uniquement pour échapper aux fumées dangereuses qui leur causaient des difficultés respiratoires et des brûlures aux yeux. Nous pouvons dire, d’après les nombreux épisodes dont nous avons été témoins, que les gens ont fait preuve d’une réelle préoccupation les uns pour les autres. Nous avons prêté notre remorque à un agriculteur qui devait déplacer du bétail. Étant dans une zone bloquée par la circulation et où, par conséquent, la collecte ¬des ordures ne pouvait plus se faire, notre remorque a également été utilisée par des voisins qui ont ramassé nos poubelles et de celles du voisinage pour les amener au centre de collecte et de tri. Certaines familles ont donné de la nourriture et des vêtements à ceux qui ont dû évacuer sans avoir le temps de faire leurs bagages; d’autres ont accueilli ceux qui avaient besoin d’un abri. Les transporteurs de chevaux ont déplacé gratuitement les animaux qui devaient être amenés dans des lieux plus sûrs. Dans les villes, de nombreuses entreprises ont fourni un hébergement d’urgence gratuit. Un jour, alors que nous nous efforcions d’éteindre des incendies, un bénévole est allé acheter de la nourriture pour le repas de midi pour tout le monde. Dans le magasin, un couple qui attendait d’être servi et que nous ne connaissions pas, réalisant que la nourriture était pour les pompiers, a payé la totalité de l’achat. À la demande des enfants, qui voulaient aider les pompiers à éteindre les incendies, certains grands-parents ont apporté l’équivalent en espèces des cadeaux de Noël que leurs petits-enfants auraient reçus. Nous leur avons répondu par des lettres et des photos pour les remercier. Notre pays a connu de nombreuses souffrances à la suite des catastrophes naturelles. Dans la plupart des cas, les incendies ont été causés par la foudre dans des zones arides. Nous ne pouvons blâmer personne, mais les souvenirs de cette catastrophe resteront dans la mémoire de beaucoup d’entre nous jusqu’à la fin de notre vie. On dit souvent qu’à la façon dont nous réagissons à certaines situations, on comprend qui nous sommes. Nous sommes heureux de dire que les personnes ici ont réagi avec amour et compassion et cela aussi restera dans les mémoires pour toujours.

Kevin et Trish Bourke

Une ouverture sur l’avenir

Une ouverture sur l’avenir

Le congrès international intitulé « Un charisme au service de l’Église et de l’humanité » a réuni, à Trente et à Loppiano, 7 cardinaux et 137 Évêques, amis du mouvement des Focolari venus de 50 pays ; ce congrès a dévoilé des perspectives intéressantes pour l’Église. C’était une scène symbolique et solennelle : dans le sanctuaire de la Theotokós de Loppiano, c’est-à-dire dans l’église dédiée à Marie, Mère de Dieu, entourée des habitants de cette cité du mouvement des Focolari qui représentaient le peuple de Dieu, une grande assemblée de cardinaux et d’évêques ont déclaré mutuellement de vivre l’amour fraternel selon le commandement de Jésus, prêts à partager les joies et les souffrances des uns et des autres, à aimer la communauté de l’autre comme la sienne, bref, à s’aimer au point de donner leur vie les uns pour les autres. Ce « pacte » solennel, formulé le mardi 11 février, a été le point culminant d’un congrès international intitulé « Un charisme au service de l’Église et de l’humanité » qui a réuni, d’abord à Trente puis à Loppiano, 7 cardinaux et 137 Évêques, amis du mouvement des Focolari, représentant 50 pays. Jamais auparavant la participation à cette conférence annuelle n’avait été aussi importante. Cela était également dû au fait que la rencontre avait lieu l’année du centenaire de la naissance de Chiara Lubich. Le programme reflétait la devise choisie pour le centenaire : « Célébrer pour se rencontrer ». La première partie de la conférence, qui s’est déroulée à Trente, ville natale de la fondatrice du mouvement des Focolari, a en effet été davantage consacrée à la célébration de cet événement : la visite de l’exposition « Chiara Lubich, Ville Monde » aux Galeries de Trente ; le salut des autorités au siège de la Province autonome de Trente ; la célébration eucharistique dans le Dôme de la ville et l’évocation artistique « Du Concile tridentin à Chiara Tridentine » qui s’est tenue dans l’église de Santa Maria Maggiore, qui fut le siège du Concile et où Chiara reçut le baptême. Ces moments de célébration ne se caractérisaient pas par la simple mémoire nostalgique d’un personnage historique, mais ouvraient les yeux sur l’actualité du charisme de Chiara, comme sa dimension mondiale, ecclésiale et œcuménique. Cette actualité a été fortement soulignée par un long message du pape François, qui a accueilli chaleureusement cette conférence en exprimant « sa gratitude à Dieu pour le don du charisme de l’unité à travers le témoignage et l’enseignement (…) de Chiara Lubich ». L’invitation du Pape aux évêques à « se remettre toujours à l’école de l’Esprit Saint » et à vivre les points centraux de la spiritualité de Chiara Lubich a trouvé une première réalisation dans la deuxième partie du programme qui s’est tenu dans la cité internationale des Focolari à Loppiano près de Florence. Le contexte d’une petite communauté de 800 habitants qui voient dans le commandement de l’amour réciproque de Jésus la loi de leur vie commune, a également incité les prélats à faire de même. Les scènes de communion et de partage étaient émouvantes, à commencer dans les petites choses : un coup de main mutuel, une écoute profonde, l’accueil attentif des questions, des exigences et des idées de chacun. De vrais « ministres » au service les uns des autres. Sur la base d’une analyse profonde et riche du contexte historique dans lequel Chiara Lubich a vécu et agi, présentée par Andrea Riccardi de la Communauté de Sant’Egidio, les dimensions ecclésiales qui découlent du charisme de Chiara ont été approfondies : une Église qui devient dialogue ; la « mystique du nous » qui se réalise dans une Église-communion ; la dimension œcuménique ; les différents parcours de formation offerts par le mouvement des Focolari pour approfondir et diffuser ces dimensions. Les expériences de la vie des évêques du monde entier ont illustré la possibilité de réalisation dans la vie personnelle des évêques et dans leur service à l’Église. « Ce n’était pas une rétrospective », a souligné un évêque africain à la fin du congrès, « mais une ouverture, c’est-à-dire un début et une découverte de l’avenir ». Le « pacte » que les évêques ont conclu à Loppiano, dans l’église de la Mère de Dieu, avait été signé, au même endroit, par le pape François avec les habitants de Loppiano lors de sa visite. C’est un pacte qui, signé avec le soutien du Peuple de Dieu qui le met en œuvre et en tire continuellement des forces, peut aussi être pour les évêques un début, un point de départ, une ouverture qui laisse entrevoir l’allumage de nouvelles notes sur le chemin du dialogue, de nouvelles harmonies sur le chemin de la communion de l’Église du futur.

Joachim Schwind – Anna Lisa Innocenti

Évangile vécu : ne pas abandonner

Tout au long de sa vie, Jésus nous a enseigné la logique du service, le choix de la dernière place. C’est la meilleure position pour transformer la défaite apparente en une victoire qui ne soit pas égoïste et éphémère, mais partagée et durable. Alcoolique Connaissant la tragédie que nos deux familles vivaient à cause de l’alcool, j’avais été claire avec mon conjoint. Il m’avait juré son engagement. Les premières années se sont bien passées. Cependant, j’avais des soupçons de temps en temps : un déficit dans l’économie, un retard injustifié … La véritable tragédie ne fut pas de découvrir qu’il était alcoolique depuis toujours, mais que nous, sa femme et ses enfants, n’avions pas réussi à le sortir de ce milieu. Je me suis sentie humiliée. Lorsque j’en ai parlé au curé de la paroisse, tout en reconnaissant la gravité d’une tromperie qui durait depuis des années, il m’a demandé si, pour le bien des enfants, j’étais prête à recommencer. Non pas seule car la communauté m’aurait soutenue. Avec une force héroïque dans certains moments, je suis restée avec mon mari ; je l’ai persuadé d’accepter de se désintoxiquer, je l’ai soutenu dans les crises évidentes d’abstinence. Deux ans se sont passés. La famille a beaucoup souffert de ce choc mais une nouvelle force s’est développée en moi et en mes enfants. La vie quotidienne est devenue un merveilleux cadeau. (J.K. – Roumanie) Réfugiés La guerre au Rwanda nous a tout pris : la maison et des membres de la famille. De Kigali, nous avions déménagé dans mon village natal, que nous avons dû quitter pour un camp de réfugiés, en n’emportant que quelques affaires, dont des vêtements pour notre bébé qui allait naître. Dans le camp, de nombreuses personnes étaient désespérés et dénuées de tout. Avec l’arrivée de religieuses, je me suis portée volontaire pour aider aux premiers soins. On m’a confié le service social mais il n’y avait pas de moyens, rien à donner aux réfugiés. Parmi un groupe d’orphelins un garçon de sept ans était seul et séparé de sa famille. Sa mère l’a retrouvé après plusieurs jours de marche mais elle était épuisée à son arrivée au camp. Il me restait 300 francs, environ un dollar : une fortune pour moi. J’en avais besoin, mais elle en avait encore plus besoin que moi. Je les lui ai donnés, convaincue que Dieu aurait pensé aussi à moi ; elle a pu ainsi acheter de la nourriture et une petite cabane pour se mettre à l’abri. Peu après, j’ai rencontré ma sœur aînée qui nous cherchait depuis trois jours dans le camp : elle m’apportait 1 000 francs. (C.E. – Rwanda) Cicatrices Il n’était pas facile de savoir comment élever Marta, notre quatrième fille, qui nous a été confiée par le tribunal des mineurs. Il y avait en elle un rejet total de sa souffrance suite à un accident qui avait laissé sur son corps des cicatrices qu’elle dissimulait à tout le monde comme une marque d’infamie. Ce n’est qu’avec un amour patient, par le dialogue et la collaboration des membres de la famille, qu’elle a pu surmonter ce traumatisme, en découvrant et en valorisant les talents qu’elle possédait. Ainsi, peu à peu, la fille difficile s’est réconciliée avec son corps et le milieu qui l’entourait. Avec soulagement, nous avons vu mûrir en elle l’amour pour la vie. Au cours de cette expérience, nous avons pu lui communiquer la valeur de la douleur. Un jour, dès son retour à la maison, Marta nous a parlé d’une compagne qui, ayant remarqué ses cicatrices, avait fait une grimace de mépris; cependant, au lieu d’être blessée, elle avait remonté sa manche pour mieux lui montrer ces signes, en lui expliquant l’origine. Sa compagne s’est alors excusée. Depuis lors, elles sont amies. (O.N. – Italie)

D’après Stefania Tanesini (extrait de Il Vangelo del Giorno, città Nuova, anno VI, n.1, janvier-février 2020)

Chiara Lubich et Rome : un lien d’amour

Chiara Lubich et Rome : un lien d’amour

Dans la capitale italienne, une soirée a été dédiée à la fondatrice des Focolari et à sa relation étroite avec Rome dont elle était devenue citoyenne d’honneur il y a vingt ans. Le livre « Conversations. En liaison téléphonique » a également été présenté. Le 22 janvier est un jour important pour Rome, non seulement parce que c’est l’anniversaire de Chiara Lubich, née en 1920 – et dont le centenaire est célébré cette année – mais aussi parce que le 22 janvier 2000, en plein jubilé, le maire de Rome de l’époque, Francesco Rutelli, a voulu lui accorder la citoyenneté d’honneur. À cette occasion, Chiara a rappelé que le nom de Rome, lu à l’envers, est « amor ». D’où sa vision d’une capitale envahie par l’amour évangélique à travers ce qu’on a appelé plus tard l’opération « Rome-Amor ». A partir de ce 22 janvier 2000, une nouvelle phase a commencé pour la communauté des Focolari à Rome, par un engagement et un témoignage plus importants pour la ville. Vingt ans après cet événement, le 22 janvier 2020, on s’est rappelé de Chiara en lui consacrant une soirée. « Je pense qu’il y a un élément de l’expérience de Chiara à relier à l’expérience de Saint Paul, tous deux devenus citoyens de Rome », a déclaré l’ancien maire Francesco Rutelli. Chiara a mentionné Saint Paul à plusieurs reprises et ce lien entre les deux a une force et un symbolisme extraordinaires. Et c’est à partir de ce 22 janvier 2000 que Chiara a pris l’engagement de se consacrer plus et mieux à Rome, incarnant partout l’amour réciproque. Quoi de plus beau que faire nôtres aujourd’hui ces paroles ». Au cours de la soirée, le livre « Conversations. En liaison téléphonique » de Michel Vandeleene, qui contient 300 pensées spirituelles de Chiara, a également été étudié en profondeur. Des textes qu’elle communiquait, en se connectant périodiquement par conférence téléphonique, d’abord depuis la Suisse (d’où le nom de Liaison CH), avec les centres les plus importants du Mouvement des Focolari disséminés sur les cinq continents, une occasion aussi de faire participer le monde entier aux événements et aux nouvelles de la vie du Mouvement dans le monde. « Nous nous trouvons à la source d’une sorte de journal personnel et communautaire dans lequel l’expérience de Chiara est liée à la vie des membres du Mouvement », a déclaré la professeure Maria Intrieri, professeure d’histoire ancienne à l’Université de Calabre (Italie) ; « il y a une double typologie : la grande histoire de Chiara et de son Œuvre dans l’Église et avec l’Église dans les rues du monde, mais il y a aussi la micro-histoire, les petites expériences, les rencontres qu’elle a faites au Centre international des Focolari, ses voyages, une lettre qui lui venait d’un enfant. Chiara le faisait pour être de plus en plus une seule famille ». « Nous nous rendons compte que les deux termes – conversation et liaison- cachent des racines très profondes : être au même endroit et être liés ensemble », a déclaré la professeure Cristiana Freni, professeure de philosophie du langage à l’université salésienne. C’est ce que Chiara désirait faire dès 1980: se sentir membres d’une même famille et établir des liens profondément ontologiques grâce aux Liaisons CH. De cette manière, une foule peut devenir un peuple ». Michel Vandeleene a souligné l’importance du langage utilisé dans les pensées spirituelles de Chiara : « le vocabulaire d’une personne reflète son âme et en voyant le vocabulaire de Chiara, on voit une personne ouverte, joyeuse, évangélique et tenace. L’utilisation des paroles par une personne permet de comprendre beaucoup de choses à son sujet. Pour elle, le mot douceur renvoie à l’union avec Dieu ou à la présence aimante de Dieu au milieu de nous. En remplissant cet index, j’ai été frappé par la vision du christianisme de Chiara : une religion positive, fascinante, qui ne peut qu’entraîner ». Enfin, le réalisateur Marco Aleotti a expliqué ce qu’est aujourd’hui la Liaison CH. « Depuis la mort de Chiara, nous nous sommes demandé : qu’est-ce-qui se passera avec la liaison CH ? Tous les deux mois, nous continuons à la réaliser et tout le monde peut s’y connecter sur le web. Les réactions qui nous parviennent après la diffusion en direct sont le témoignage de diverses personnes qui continuent à vivre la même expérience d’être une unique famille comme lors des liaisons avec Chiara ».

Lorenzo Russo

Évêques  « A l’école de l’Esprit Saint »

Évêques « A l’école de l’Esprit Saint »

Un message du Pape François, suivi par une salutation de la Présidente des Focolari, Maria Voce, ont ouvert à Trente le congrès « Un Charisme au service de l’Église et de l’humanité » auquel ont participé 7 cardinaux et 137 Évêques, amis des Focolari, venus de 50 pays différents.

© CSC audiovisivi

« Il est bon, pour les évêques aussi, de se remettre toujours à l’école de l’Esprit Saint ». C’est avec cette sollicitation du Pape François que s’est ouvert ce matin à Trente, le congrès international « Un Charisme au service de l’Église et de l’humanité » auquel participent 7 Cardinaux et 137 Évêques, amis du Mouvement des Focolari, en représentation de 50 pays. A l’occasion du centenaire de la naissance de Chiara Lubich, le congrès souhaite approfondir la signification et la contribution du charisme de l’unité des Focolari au service de l’Église et de l’humanité. Une délégation des participants a été reçue le 6 février dernier en audience par le Saint Père qui a affirmé « Vous m’avez apporté la joie, allez de l’avant ! ». Dans son message lu ce matin par l’archevêque de Bangkok, le cardinal Francis X. Kriengsak Kovithavanij, le Pape François a affirmé que les dons charismatiques comme celui de la spiritualité des Focolari sont « co-essentiels, avec les dons hiérarchiques, pour la mission de l’Église ». « Le charisme de l’unité – continue le souverain pontife – est une de ces grâces pour notre temps qui connaît un changement de portée historique et requiert une réforme spirituelle et pastorale simple et radicale, qui reporte l’Église à la source toujours nouvelle et actuelle de l’Évangile de Jésus ». Le Pape encourage les Évêques présents à vivre eux aussi les points cardinaux de la spiritualité de Chiara Lubich : l’engagement pour l’unité ; la prédilection de Jésus crucifié comme unique boussole ; le fait de se faire un « à commencer par les derniers, les exclus, par ceux qui sont rejetés, pour leur apporter la lumière, la joie, la paix » ; l’ouverture « au dialogue de la charité et de la vérité avec chaque homme et chaque femme de toutes cultures, traditions religieuses, convictions idéales afin d’édifier dans la rencontre, la civilisation nouvelle de l’amour » ; à l’écoute de Marie de qui « on apprend que ce qui a de la valeur et demeure, c’est l’amour » et qui enseigne comment porter aussi aujourd’hui au monde, le Christ « qui vit ressuscité au milieu de ceux qui sont un en son nom ». Maria Voce, Présidente du Mouvement des Focolari, dans un message vidéo a souligné le fait que cette spiritualité veut être – comme le dit le titre de ce congrès – « au service de l’Église et de l’humanité ». Dans une époque dans laquelle « il y a des défis à relever pour l’Église dans toutes les régions du monde » – a affirmé la Présidente des Focolari – « nous sommes appelés à une nouvelle inculturation de l’Évangile de Jésus, qui sache tirer profit de l’expérience du passé, en la reformulant de façon prophétique pour notre époque. Pour cela, il faut aussi nous ouvrir et découvrir la force de nouveau innovatrice qui existe dans les nombreux nouveaux charismes présents dans l’Église d’aujourd’hui ». « La réalité des Évêques amis du Mouvement des Focolari » – a affirmé la Présidente – veut réellement promouvoir « un style de vie de communion entre Évêques catholiques du monde entier, mais aussi entre Évêques de différentes Églises » et contribuer ainsi « à rendre la collégialité toujours plus effective et affective ». Le programme continuera dans l’après-midi avec la visite des participants à l’exposition « Chiara Lubich – Ville monde » » à la Galerie Bianca à Piedicastello. A 17:15, en l’église Santa Maria Maggiore, ils participeront à l’événement artistique « Du Concile de Trente à Chiara née à Trente ». A 19:15, au Centre Mariapolis de Cadine, aura lieu la messe présidée par Mgr. Lauro Tisi, Archevêque de Trente. Demain, dimanche 9 février, à 10:00 dans le Dôme de Trente, aura lieu la concélébration de la messe. Présidée par le cardinal Francis Xavier Kriengsak Kovithavanij et ouverte par la salutation de l’Archevêque de Trente, elle sera transmise en direct par TV2000 et en streaming sur le site www.centenariolubichtrento.it. Ensuite, ils seront accueillis à la Salle Depero du palais de la Province par les Présidents du Conseil Provincial, Walter Kaswalder et par l’Adjoint Provincial, Maurizio Fugatti, et par le Maire de Trente, Alessandro Andreatta, pour une salutation adressé aux autorités locales. Le congrès continuera ensuite, du 10 au 12 février, à Loppiano (Florence), dans la cité-pilote internationale du Mouvement des Focolari. En collaboration avec le « Centre Evangelii Gaudium », de l’Institut Universitaire Sophia de Loppiano, on y parlera de quelques thèmes d’actualité pour l’Église et la société d’aujourd’hui par le biais de conférences, de tables rondes et de moments de dialogue. Parmi les sujets au programme : « L’Église et les défis actuels » avec la participation d’Andrea Riccardi, historien et fondateur de la Communauté de Saint Égide ; « L’Église se fait dialogue » avec l’approfondissement de quatre dimensions de la vie de l’Église : l’annonce du kérygme, dans la communion, le dialogue et la prophétie. Chaque jour sera enrichi par le témoignage de Cardinaux et d’Évêques de différentes régions du monde. Voici le texte du message du pape François Voici le texte du message vidéo de Maria Voce

Info et contacts : Ufficio comunicazione Focolari : ufficio.comunicazione@focolare.org Anna Lisa Innocenti- +39 338 3944209

L’espérance qui renaît des cendres

L’espérance qui renaît des cendres

Pour des milliers de personnes, la vie revient peu à peu à la normalité après l’éruption du volcan Taal dans les Philippines du 12 janvier 2020 qui a causé de graves dégâts aux régions environnantes, même si l’urgence n’est pas terminée. Selon l’Institut philippin de vulcanologie et sismologie (PHIVOLCS), le niveau 4 des alarmes a été abaissé au niveau 3et la zone de danger a été réduite de 14 kilomètres à 7 du cratère. La communauté des Focolari utilise n’importe quel moyen afin de pourvoir aux besoins des personnes évacuées du désastre : elles ont été plus de 300.000 les personnes contraintes à évacuer. Purisa Plaras, focolarine et codirectrice de la « Mariapolis Pace », la cité-pilote des Focolari à Tagaytay, raconte : « Quelques jours après l’éruption du volcan Taal, nous sommes retournés à Tagaytay afin de voir la situation de notre communauté et tout partager avec les différentes familles qui vivent autour de notre Centre qui se trouve au sein de la zone de danger, dans un rayon de 14 km du volcan. Préoccupés par leurs besoins de base, nous avons distribué de la nourriture et de quoi boire aux familles ». Une de nos jeunes des Focolari nous partage : « Ce n’est vraiment pas facile d’affronter cette situation. C’est déchirant et je n’ai pas pu faire autrement que de pleurer. Je ne peux pas expliquer comment je me sens en ce moment, mais dans mon for intérieur, je sais que Dieu nous aime immensément, embrassant ensemble le visage de Jésus Crucifié et Abandonné dans cette situation. Je serai forte ici, pour servir Jésus présent aussi dans les autres. ». Randy Debarbo, le focolarino responsable de la zone environnante à la Mariapolis Pace, raconte : « Dimanche 12 janvier, alors que nous rentrions à la maison après une rencontre, nous avons remarqué la mauvaise odeur du souffre dans l’air. Il a commencé à pleuvoir, mais c’était quelque chose de bizarre. L’eau pluviale était en train de salir nos parapluies et nos vêtements. Puis nous nous sommes rendu compte qu’il s’agissait de cendre volcanique mélangée à la pluie qui descendait comme de la boue ! Lorsque nous nous sommes réveillés le lendemain matin, nous ne reconnaissions plus ce qui nous entourait. Tout était gris comme si nous avions été daltoniens. Nous avons constaté alors l’énorme dévastation provoquée par l’éruption du volcan Taal. L’école publique proche du centre des Focolari est devenue un refuge temporaire et un centre de transit pour environ 500 personnes qui arrivaient des villages situés au bord du lac proche au volcan. Face à une telle dévastation, une voix en moi parlait à voix haute : « J’avais faim et tu m’as donné à manger… ». Cette préoccupation pour Jésus présent dans les voisins dans le besoin, le pousse à rester avec d’autres focolarini à Tagaytay. Randy continue : « Avec d’autres focolarini, nous sommes allés en camion jusqu’à environ 20 km de Tagaytay pour acheter de l’eau à distribuer à quelques familles qui étaient encore à Tagaytay. Cela a été une très forte sensation que de voir les familles momentanément soulagées de leurs préoccupations, les enfants étaient heureux de recevoir même simplement un seau d’eau. Avec un médecin qui se trouve ici à Tagaytay, nous avons décidé de rendre visite aux familles des alentours afin de satisfaire leurs exigences de caractère médical. En arrivant à un endroit, les gens du quartier étaient tous le long de la route, en attendant et en demandant de la nourriture. Au lieu de rendre visite seulement à une maison, nous avons pu offrir un contrôle médical gratuit à ceux qui attendaient la nourriture. Nous avons mis ensemble les petites sommes d’ argent que nous possédions dans nos poches et avons acheté personnellement des médicaments pour ceux qui avaient un besoin urgent de soins médicaux ». En plus de l’aide généreuse venant des familles du Mouvement dans les Philippines, le Mouvement dans le monde entier soutient de ses prières et de contribution financière, la Mariapolis Pace qui est au service du travail des Focolari en Asie.

Jonas Lardizabal

La danse au service de la paix en Terre Sainte

La danse au service de la paix en Terre Sainte

La collaboration de jeunes artistes entre Montecatini (Florence) et Bethléem continue. Les prochains programmes. Dans les lieux meurtris par les conflits, principalement motivés par des raisons économiques et militaires, les peuples en lutte sont avant tout victimes de leurs préjugés réciproques. Préjugés qui alimentent les hostilités entre la population civile, mais qui peuvent être dissous par le biais de la rencontre dans un « territoire neutre », entendu aussi bien dans le sens physique que culturel et social. Un territoire où l’âme s’ouvre à la rencontre authentique afin de se libérer de la haine et des peurs et de se disposer à la réconciliation. C’est de là qu’est né le projet « Harmonie entre les peuples » organisé par l’Association Culturelle Dancelab Armonia (*), qui a choisi la danse comme lieu de rencontre pour la paix. Expression sociale du Laboratoire Académique Danse, qui a son siège à Montecatini Terme (Fi), l’association fondée par Antonella Lombardo, qui s’occupe de la direction artistique. Nous lui avons demandé comment est née l’idée de l’Association : Après 20 années d’enseignement de la danse, je me suis rendu compte que les jeunes se rapprochaient de cette discipline seulement pour en obtenir un succès personnel. J’ai donc voulu leur faire expérimenter que la danse peut donner sens à la vie indépendamment du fait d’avoir du succès et qu’elle peut contribuer à améliorer la vie des autres et à propager des semences de paix. L’idée est donc née, de campus internationaux, tout d’abord à Montecatini puis en Terre Sainte, à Bethléem. Pouvez-vous nous raconter ce parcours ? Nous avons commencé par inviter, en Italie, des jeunes provenant de différents coins du monde, qui déjà étudiaient la danse, afin de leur proposer une vision de l’art qui cueille la capacité à unir des personnes de différentes origines, sociale, politique, ethnique et religieuse car elle parle un langage universel. En invitant des jeunes palestiniens et israéliens nous avons établi des contacts avec la Garde de la Terre Sainte et avec la Fondation Jean-Paul II, qui, il y a six ans, nous avaient invités à Bethléem et à Jérusalem afin de mettre sur pied campus d’arte pour les enfants des camps de réfugiés des territoires palestiniens. Comment le campus se déroule-t-il ? Dans le campus, les jeunes feront un travail avec un rythme très dense : on commence à 9:00 et on continue jusqu’à 18:00 afin d’expérimenter différents styles de danses. Il y a la possibilité de vivre ensemble dans une maison et donc de préparer le repas du soir ensemble, d’être aussi avec les jeunes italiens et de vivre des moments de fête. On travaille à une chorégraphie intitulée Danzare la Pace qui montre comment – par exemple – des jeunes israéliens et palestiniens, qui, vivent le conflit sur le terrain, réussissent ici, à créer un climat d’harmonie dans les rapports personnels et sur la scène. Et ceci vaut pour les artistes de tous les pays, qui apportent au campus leur culture artistique et leur sensibilité. Comment s’est passée l’expérience avec les jeunes à Bethléem ? « Lorsque nous sommes arrivés, nous nous sommes rendu compte qu’ils n’avaient aucune connaissance de l’art, ils n’avaient même jamais vu des crayons. Les quinze jours du campus que nous faisons là, représentent pour eux – prisonniers à ciel ouvert – un espace de liberté, une manière de surmonter idéalement ce terrible mur qui les sépare des israéliens. Les enseignants sont des jeunes palestiniens et israéliens qui ont fréquenté le campus en Italie. L’expérience de ces six années a été tellement fructueuse que la Garde de Terre Sainte nous a demandé d’ouvrir une école permanente à Bethléem, qui sera effective l ‘année prochaine ». Quand aura lieu le prochain campus italien et comment y participer ? Il se tiendra à Montecatini du 27 août au 5 septembre 2020 et accueillera des jeunes de différents pays dont la Jordanie, l’Égypte, la Palestine et Israël. Il est adressé à des aspirants professionnels qui partagent l’idée que l’art puisse être un instrument universel d’harmonie entre les peuples, pour qu’ils puissent favoriser ce changement de mentalité là où ils iront œuvrer, dans les théâtres, dans les écoles, dans les lieux d’art. Ils peuvent nous contacter en écrivant à info@dancelab.it. Les campus font partie d’un projet plus vaste comme les jalons du Festival de l’Harmonie entre les peuples, organisé par l’Association… Le Festival est arrivé cette année à la XV ème édition, il a lieu en Toscane sous le patronage de toutes les communes de la Vallée de Nievole et de villes comme Florence, Assise, Palerme et s’articule en une série de rendez-vous. L’inauguration aura lieu le 14 mars à Florence, dans le Salon des 500 du Palazzo Vecchio, lors de la commémoration de la disparition de Chiara Lubich, pour la contribution que la fondatrice des Focolari a donnée, en portant l’harmonie dans le monde, à 20 ans de la remise de la citoyenneté honoraire de Florence et dans le cadre des célébrations pour le centenaire de sa naissance. Quels sont les autres rendez-vous ? Pendant l’année, il y aura des interventions dans les écoles afin de développer un travail sur le désarmement. Notre souhait est que la voix des jeunes puisse arriver jusqu’aux chefs d’états des pays impliqués dans la fabrication et dans le commerce des armes afin de pouvoir ébranler ces réalités. Une initiative appréciée par les jeunes et dont la musique sera la protagoniste comme moment de réflexion sur le thème de la rencontre. Il y a au programme des rendez-vous culturels et des dîners interculturels à Montecatini et à Palerme. Le Festival, tout comme les campus, sont offerts à la participation gratuite. Un choix engageant… Dès le début, j’ai voulu distinguer cette expérience des stages habituels de danse que les écoles font et sont source de lucre, parce que les jeunes ne viennent pas seulement pour étudier la danse mais parce qu’ils ont choisi de vivre la paix et d’être constructeurs de ponts de paix.

Claudia Di Lorenzi

(*)https://www.festivalarmonia.org/

L’Évangile vécu : se sentir membre d’une grande famille

Une grande partie de la culture dans laquelle nous sommes immergés exalte l’agressivité sous toutes ses formes comme l’arme gagnante pour atteindre le succès. L’Évangile, en revanche, nous présente un paradoxe : reconnaître notre faiblesse, nos limites, notre fragilité comme point de départ pour entrer en relation avec Dieu et participer avec lui à la plus grande des conquêtes : la fraternité universelle. Récession En raison de la situation de crise dans notre pays, je voyais mon travail diminuer et mes revenus se raréfier. Nos clients ne faisaient plus de commandes. À la maison, nous avons réduit nos dépenses, en essayant de vivre avec moins. J’ai appris à m’endormir malgré les dettes, à passer plus de temps avec les enfants pour que la situation ne pèse pas trop sur eux. J’ai recommencé à prier, à croire fermement en l’Évangile qui dit : « Donne et il te sera donné ». Nous l’avons vécu sans réserve tous les jours. Entre-temps, nous avons fait tout ce que nous pouvions : collecter des journaux, des cartons, des boîtes de conserve et des bouteilles en verre pour les vendre… Les enfants sont allés vendre des sachets de bonbons… De nombreuses personnes venaient nous demander de quoi manger et il nous est arrivé de leur donner la seule chose qui nous restait. Un jour, ma femme leur a donné un kilo de riz et le soir même, nous avons reçu deux kilos de lentilles. Un de nos voisins a laissé une voiture devant notre porte : « Réparez-la, vous la paierez quand vous le pourrez ». Désormais nous pouvons conduire notre troisième fille, née avec le syndrome de Down, au centre de soins qui assure son traitement. (M.T. – Chili) Grandir en tant que parents Nous avions remarqué quelques changements chez notre fils. Un jour, avec une infinie délicatesse, je lui ai demandé s’il y avait un problème. Il m’a confié qu’il s’était drogué. J’en ai parlé à mon mari. Nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit. En tant que parents nous nous sommes sentis impuissants et en situation d’échec. Joao a aussi ramené ses amis à la maison. Nous avons souffert à cause de leur façon d’agir. Mon mari et moi étions devant un choix : nous avons décidé d’aimer et de nous mettre au service de ces jeunes. Par amour pour notre fils, nous ne sommes plus partis en vacances pour ne pas le laisser seul. Entre-temps, nous avons eu, mon mari et moi, la certitude toujours plus grande que l’amour serait plus fort. Un jour, Joao nous a dit qu’il ne voulait pas quitter la maison et nous a demandé d’aider aussi ses amis. Une nouvelle vie a commencé. Avec cette expérience, bien que n’ayant pas d’autre formation que la vie de l’Évangile vécu, nous avons fondé dans notre ville le groupe Familles Anonymes, confrontées à ce problème, pour les aider. De nombreux jeunes ont pu s’en sortir. (O.P. – Portugal) Réfugiés Ayant appris qu’un jeune réfugié albanais cherche un logement, nous l’ aidons dans ses recherches et, entre-temps, nous l’ accueillons chez nous. Nos proches ne sont pas d’accord, ils nous posent beaucoup de problèmes et nous disent que nous sommes inconscients. Mais cet isolement momentané, nous incite à trouver dans l’unité entre nous la force de continuer quand même. Après quelques jours, nous trouvons un appartement. Avec B., un artisan qui avait décidé d’embaucher un Albanais, nous nous rendons à la caserne pour concrétiser les choses. Pénétrer dans ce lieu où des centaines de personnes attendent un logement, est un véritable choc. Nous nous sentons impuissants, mais B. décide finalement d’engager non pas un mais trois Albanais, dont un mineur, qu’il hébergera lui-même comme famille d’accueil. Quelques mois suffisent pour que les trois jeunes se mettent au travail et s’intègrent dans la vie du village, où nous avons essayé d’impliquer le plus de personnes possible pour qu’ils se sentent membres d’une grande famille. (S.E. – Italie) Confirmation Ma fiancée, Giorgia, veut se marier à l’église. Il y a besoin d’un certificat de confirmation que je n’ai pas et pour cela il me faut suivre une préparation. Au début, tout semble simple, mais quand je me retrouve au catéchisme avec des garçons beaucoup plus jeunes que moi, cela me semble trop. J’ai envie de tout envoyer balader. Giorgia ne change pas d’avis, elle est convaincue du sacrement de mariage. Notre relation s’enfonce dans un tunnel. Concrètement nous reportons la date de notre mariage. Suivent des mois d’épreuve et de questionnements. Mon éducation m’ a porté à voir l’Église comme une institution rétrograde et maintenant me voilà en train de mendier un certificat ! Ce qui me met en colère, c’est que pour Giorgia, ce n’est pas une formalité, mais une façon de fonder une famille. Notre relation part en fumée. C’est alors qu’à la suite d’un accident ma mère devient paralysée. Giorgia lui rend visite tous les jours et ma mère trouve en elle non seulement de l’amitié, mais aussi une sorte de présence qui l’aide à accueillir son état avec sérénité. Je comprends que Giorgia a de profondes raisons d’agir ainsi. Tous mes doutes disparaissent: quoi qu’il advienne, elle est la femme de ma vie. (M.A. – Italie)

D’après Stefania Tanesini (extrait de Il Vangelo del Giorno, città Nuova, anno VI, n.1, janvier-février 2020)

Florianapolis (Brésil) : Le focolare dans le « Morro » (Bidonville)

Depuis 2014, dans le « Morro de la Croix » vit une communauté de focolarini qui partagent la vie simple et pauvre de ce bidonville populeux de Florianópolis. Vilson Groh, qui vit là depuis plus de 30 ans, affirme : « C’est une expression du désir de Chiara, d’avoir des focolares également dans les banlieues du monde. » https://vimeo.com/378572926

Évangile vécu : ouvrir de nouvelles opportunités

« Nous ne donnons une gloire plus grande à Dieu que lorsque nous nous efforçons d’accepter notre prochain, car alors, nous jetons les bases de la communion fraternelle et rien ne donne autant de joie à Dieu que la réelle unité entre les hommes. L’unité attire la présence de Jésus au milieu de nous et sa présence transforme toute chose ». (Chiara Lubich) Le collège Dans le collège où j’habitais, à Prague, j’avais souvent rencontré la technicienne de surface . Ayant été gentil avec elle, je remarquai qu’elle nettoyait plus souvent la chambre que je partageais avec un bulgare et qu’elle cirait souvent le parquet. Je ne savais pas comment la remercier et, ayant avec moi une machine à café expresso, je pensai un jour lui faire plaisir en lui offrant un bon café. Elle ne me dit rien mais par après, elle me confessa que pour elle, habituée au café « à la manière turque », l’autre était trop fort. C’est ainsi que commença un dialogue sur les habitudes dans les différentes cultures et nous arrivâmes à parler aussi de foi. Elle me raconta que lorsqu’elle était enfant, elle avait fréquenté la paroisse, mais ensuite, pendant le communisme, elle s’en était éloignée. Les jours suivants, une fois terminé le nettoyage, si j’étais au collège, elle s’arrêtait chez moi, toujours avec beaucoup de questions sur la vie chrétienne. Un jour elle me confia : « Ce travail a toujours été humiliant pour moi, mais depuis que j’ai connu cette autre vision de la vie, il me semble avoir retrouvé mon enfance, d’avoir compris le sens de la vie ». (T.M. – Slovaquie) Avec des yeux nouveaux Ma femme et moi étions arrivés à un carrefour : je voyais seulement ses défauts et elle voyait seulement les miens. Les disputes s’étaient intensifiées et il semblait que chaque événement, aussi ceux qui concernaient les enfants, alimentaient cette guerre. Un jour, alors que j’accompagnais la plus jeune à l’école, je me suis entendu dire : « Tu sais Papa, le professeur de religion nous a expliqué que le pardon, c’est comme une paire de lunettes qui fait voir avec des yeux nouveaux ». Cette phrase prononcée par une fillette ne m’a pas laissé tranquille. J’y ai repensé toute la journée. Le soir, en rentrant à la maison, j’ai eu une idée : aller chez le fleuriste et acheter autant de roses que d’années de notre mariage. Au début, ma femme a mal réagi (l’énième gaffe?) puis, vu la joie des enfants, surtout de la plus jeune, elle a changé d’attitude. Ce soir-là, après de longs silences, quelque chose a changé. Cela a été le début d’un nouveau cheminement. Vraiment, il m’a semblé avoir de nouveaux yeux et de voir ma femme et nos enfants comme je ne les avais pas encore vus. (J.B. – Espagne) Tentation Nous étions dans une situation de grande nécessité à cause d’une grosse somme d’argent dont nous avions besoin afin de payer une importante note de frais. Ce matin-là, un client passa chez nous, entra avec l’intention d’acheter six machines. Après avoir conclu l’affaire, il nous fit la proposition d’appliquer un autocollant avec le nom d’une marque réputée. Très surprise, tout en sachant que c’est une pratique habituelle dans notre marché, j’ai vécu un moment de suspension : nous risquions de perdre cette grosse affaire, mais je ne sentais pas que je pouvais accepter cette offre. Après en avoir parlé avec mon mari, nous avons clairement compris que nous ne pouvions pas céder et trahir notre conscience de chrétiens. Le client nous a regardés surpris . A sa question si nous étions chrétiens, nous avons répondu que oui. Son visage s’est détendu. « Aujourd’hui, j’ai constaté ce que signifie être fidèle à sa propre foi. Ne vous préoccupez pas, j’achèterai chez vous. Vous m’avez enseigné quelque chose de très important. J’étais chrétien moi aussi, mais en voyant comme tout le monde fait dans le commerce, je me suis laissé prendre par la tentation. A partir d’aujourd’hui, je ne le ferai plus ». (G.A. – Nigeria) Un travail pour deux Pendant un cours de vendeurs de boissons et baguettes dans les trains, j’avais demandé si on pouvait distribuer les baguettes invendues aux sans domicile fixe. Cela ne rentrait pas dans le cadre de la société où je pouvais travailler, et donc, je n’ai pas été engagé. Déçu mais certain que Dieu viendrait à ma rencontre, j’avais finalement trouvé une place dans la cuisine d’un restaurant. Là, en accord avec les collègues, le soir, je pouvais distribuer de la nourriture à ceux qui en avaient besoin. J’ai ainsi connu des situations dramatiques de faim, de misère, de solitude. Un jour, le chef m’a annoncé qu’il ne fallait plus qu’un travailleur dans la cuisine. Nous étions un homme musulman qui était devenu un ami et moi-même. Lorsque j’ai répondu que je préférais que lui reste, car il avait une famille à sa charge, le chef me répliqua que le choix était tombé sur moi. Malgré la reconnaissance que je lui exprimai, je lui dis aussi ce que je pensais. Et lui de me répondre : « Pour la première fois, je me sens encouragé par un garçon comme toi à revoir ma décision ». Le jour suivant, réexaminant la situation financière de l’entreprise, il avait décidé que nous pouvions continuer à travailler tous les deux ! (D. Angleterre) Pas seulement hôte Nous avions accueilli chez nous durant une année entière une jeune fille brésilienne venue en Italie avec un programme d’échange culturel. Mais Julia ne réussissait pas à s’insérer dans notre famille et nous, la considérant seulement comme hôte, nous ne contribuions pas au but qu’elle se sente bien chez nous. Quand on s’en est rendu compte, et que nous avons commencé à la traiter comme nos deux filles, les choses ont changé : elle s’est sentie aimée et peu à peu, s’est liée à nous comme une de nos filles, avec ses autres sœurs. Julia est devenue un membre à part entière de notre famille à tel point qu’elle a senti le besoin d’approfondir la beauté d’une famille chrétienne, elle nous a demandé de suivre la formation aux sacrement du baptême, de la confirmation et de la communion qu’elle n’avait pas reçue dans son pays même si elle avait 17 ans. Pour l’occasion, ses parents sont venus du Brésil et nous avons fait une grande fête qui a impliqué toute la communauté. Aujourd’hui le lien avec Julia continue. Nous continuons à être pour elle « maman et papa » toutes les fois que nous nous voyons par Skype ou que nous nous écrivons. (A. – Italie)

D’après Stefania Tanesini (extrait de Il Vangelo del Giorno, città Nuova, anno VI, n.1, janvier-février 2020)

Force dans la douceur : Mattarella à Trente évoque le souvenir de Chiara Lubich

Force dans la douceur : Mattarella à Trente évoque le souvenir de Chiara Lubich

«On peut être très forts tout en étant doux et ouverts aux bonnes raisons des autres», et d’ailleurs, «c’est seulement ainsi que l’on est vraiment forts» : c’est l’enseignement de Chiara Lubich selon les mots de Mattarella, qui accueille l’invitation de Maria Voce à «l’extrémisme du dialogue».

© Domenico Salmaso – CSC Audiovisivi

Le chef de l’État, au Centre Mariapolis « Chiara Lubich » de Cadine (Trente), a participé avec une intervention passionnée en souvenir de la fondatrice des Focolari en ce centenaire de sa naissance. Pour l’accueillir, Maria Voce, présidente du Mouvement, et les autorités locales, avec les citoyens : plus de 400 personnes présentes dans la salle, environ 500 autres dans les autres salles reliées à Cadine et à Trente et plus de 20.000 les visualisations du streaming. La dimension artistique, grâce à la régie de Fernando Muraca, a fait office de toile de fond à la narration, en parcourant à nouveau les passages les plus significatifs de la vie de Chiara comme femme en relation. Entre sons et images se sont entrecroisées les voix des autorités civiles et ecclésiales. Le président de la Province Autonome de Trente, Maurizio Fugatti, a souligné combien Chiara représente, avec d’autres figures comme De Gasperi, « l’excellence de cette terre ». Une région, celle de Trente, dont elle a mis trois caractéristiques en évidence : la force de volonté, le Mouvement coopératif, le fait d’être terre de frontière. « Chiara a su interpréter cette appartenance – a-t-il affirmé – qui est en fait un trait distinctif de notre autonomie, de notre spécificité ».

© Domenico Salmaso – CSC Audiovisivi

L’archevêque de Trente, Mgr. Lauro Tisi, tout en remerciant son prédécesseur Carlo De Ferrari qui à l’époque, accueillit le « doigt de Dieu » dans la spiritualité de Chiara Lubich, a rappelé que « si aujourd’hui le charisme embrasse toute l’humanité, nous le devons à cet évêque qui l’a protégé » ; et il a montré dans la provocation du « Christ Abandonné » sa grande actualité. Alessandro Andreatta, maire de Trente, a exprimé sa joie en rappelant « la jeune fille qui, il y a presque quatre-vingts ans, se mit au service des pauvres » et qui « continue encore aujourd’hui à nous inviter à l’ouverture, à l’accueil, à l’engagement pour et avec les autres. Car dès le début, cela ne fut pas pour Chiara une expérience personnelle, isolée, solitaire mais un engagement qui ne se comprend seulement que s’il est vu à la lumière du paradigme de la relation ». Ensuite de nombreux témoignages ont été rapportés qui disent la ténacité dans le quotidien de personnes qui ont été et sont, inspirées par Chiara et par son charisme dans sa manière d’agir : comme Amy Uelman, professeure d’éthique et de droit à l’université de la Georgetown University de Washington, qui forme ses étudiants à affronter des sujets de division en évitant les affrontements ; les entrepreneurs Lawrence Chong et Stanislaw Lencz, qui avec leurs entreprises, contribuent à une économie solidaire et durable ; Arthur Ngoy et Florance Mwanabute, médecins congolais qui se consacrent au soin des plus faibles et à la formation sanitaire ; et l’histoire de Yacine, migrant algérien, accueilli comme un frère par quelques jeunes italiens après le difficile voyage à travers les Balkans. Mais aussi celle de l’ex- maire de Trente, Alberto Pacher, qui avec des enseignants et des étudiants, a accueilli l’invitation – le coup de fil d’un enfant – d’où sont nés les projets Tuttopace et Trento, une ville pour éduquer.

© Domenico Salmaso – CSC Audiovisivi

« La lumière donnée à Chiara dépasse les frontières du Mouvement des Focolari et va encourager et inspirer de nombreuses personnes, femmes et hommes de bonne volonté partout dans le monde, comme cet anniversaire est occupé à manifester », a affirmé la présidente des Focolari Maria Voce. « Comme chacun d’entre vous, je sens Chiara vivante, présente, active, proche chaque jour. Elle nous invite à aller vers un public large avec courage ». Et elle a vivement encouragé tout le monde par ces paroles : « A cette société qui semble ne pas avoir de racines ni de but, il faut répondre avec radicalité, avec l’«extrémisme du dialogue », alimenté par la culture de la confiance ». En guise de conclusion de la soirée, la longue et passionnée intervention du Président de la République ; qui a identifié en particulier dans la fraternité, appliquée par l’agir citoyen et politique, le signe distinctif de la spiritualité de Chiara Lubich – en réservant aussi un chaleureux souvenir à Igino Giordani, que Mattarella connut et qui, de cette spiritualité, fut un interprète de premier ordre. Une fraternité qui est « la pierre angulaire de toute civilisation et moteur du bien-être », à tel point que sans celle-ci, « nous risquons de ne pas avoir la force de surmonter les inégalités et pour assainir les fractures sociales ». Chiara Lubich, en proposant avec vigueur la culture du don et du dialogue, en particulier interreligieux qui « en cette période de l’histoire est décisif pour la paix », avait eu l’intuition « avec un esprit de prophétie » de ce que devait être la route à suivre. Un enseignement qui prouve que « l’on peut être très forts tout en étant doux et ouverts aux bonnes raisons des autres. Par ailleurs, à dire la vérité, comme le démontre la vie de Chiara Lubich, c’est seulement ainsi que l’on est réellement forts ».

Stefania Tanesini

Un téléfilm sur Chiara Lubich pour la RAI, la télévision italienne

La réalisation est confiée à Giacomo Campiotti. Le tournage commencera au printemps prochain et se déroulera entre Rome et Trente, sa ville natale. « La force d’une figure comme celle de Chiara aujourd’hui est de nous faire regarder l’autre comme une possibilité, un don, porteur d’une graine de vérité à valoriser et à aimer, aussi lointaine soit-elle. La fraternité universelle est le fondement du dialogue et de la paix ». Nous lisons dans le communiqué de presse que Luca Barbareschi, producteur d’Eliseo Fiction et de Rai Fiction se disent « fiers » d’annoncer qu’un téléfilm sur Chiara Lubich sera réalisé pour la télévision italienne. La réalisation est confiée à Giacomo Campiotti. Le tournage commencera au printemps prochain et se déroulera entre Rome et Trente, sa ville natale. La note poursuit en expliquant que « Chiara est très jeune quand, dans les années de la Seconde Guerre mondiale, elle se sent appelée à construire un monde meilleur, un monde plus uni. Elle se fixe alors pour objectif de jeter des ponts entre les hommes, quelle que soit leur race, leur nation ou leur religion. La fraternité universelle est le fondement du dialogue et de la paix. Le message de Chiara n’appartient pas seulement au monde catholique et sa figure contribue à la valorisation de la femme et de son rôle aussi et surtout en dehors de l’institution ecclésiastique ».

La rédaction de focolare.org

Chiara Lubich – Ville Monde

L’exposition internationale consacrée à la personne et au charisme de Chiara Lubich débute le 7 décembre 2019. C’est la première exposition multimédia jamais réalisée sur elle. Giuseppe Ferrandi, directeur du Musée historique du Trentin et Anna Maria Rossi, l’une des commissaires de l’exposition, en racontent la genèse, le parcours et l’actualité. https://vimeo.com/378573747

Centenaire de Chiara Lubich : message de Maria Voce

Il y a 100 ans naissait à Trente la fondatrice du Mouvement des Focolari . Le mot de la Présidente Maria Voce. Dans un monde où « émergent continuellement des courants de particularismes et de divisions et où se dressent de nouveaux murs et de nouvelles frontières », le message d’unité de Chiara Lubich est « d’une très grande actualité. » Cette pensée est au cœur du message vidéo par lequel Maria Voce, Présidente du Mouvement des Focolari, rappelle aujourd’hui, 22 janvier 2020, le centième anniversaire de la naissance de la fondatrice des Focolari. https://vimeo.com/386026053 texte du message

Notre époque demande de recomposer l’unité

La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens est célébrée chaque année du 18 au 25 janvier, dans l’hémisphère nord, entre les fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte, dans l’hémisphère sud . Pour 2020, le thème choisi est un verset des Actes des Apôtres proposé par des chrétiens de différentes Églises de l’île de Malte : « Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire » (Actes 28,2). Nous proposons à cette occasion un extrait d’une intervention de Chiara Lubich, le 27 octobre 2002 dans la Cathédrale protestante Saint-Pierre de Genève (Suisse). L’amour ! Comme le monde a besoin d’amour ! Et nous aussi, chrétiens ! Tous ensemble, de toutes les Églises, nous sommes plus d’un milliard. C’est beaucoup et cela devrait se voir. Mais nous sommes encore divisés et, pour cette raison, beaucoup ne nous voient pas et ne voient pas Jésus qui devrait transparaître de notre vie. Jésus l’a dit : le signe auquel le monde devrait nous reconnaître comme sesdisciples et devrait Le reconnaître à travers nous, c’est l’amour réciproque, l’unité : « Si vous avez de l’amour les uns pour les autres, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples » (Jn 13,35). L’amour réciproque, l’unité, voilà ce qui devrait être notre signe distinctif, notre uniforme. Voilà le signe distinctif de l’Église du Christ. Mais nous n’avons pas maintenu entre nous la pleine communion, la communion visible et, aujourd’hui encore, elle n’est pas réalisée. Aussi sommes-nous convaincus que les Églises, en tant qu’Églises, devraient s’aimer de cet amour-là. Nous nous efforçons de travailler en ce sens. Que de fois les Églises semblent avoir oublié le Testament de Jésus et, par leurs divisions, ont scandalisé le monde qu’elles auraient dû conquérir au Christ ! Un rapide tour d’horizon de nos 2000 ans d’histoire, notamment du second millénaire, nous montre qu’elle est faite d’une succession d’incompréhensions, de conflits, de luttes qui ont déchiré la tunique sans couture du Christ, son Église. La responsabilité, certes, peut être attribuée aux circonstances historiques, culturelles, politiques, géographiques, sociales… Mais également à la défaillance de l’élément unificateur qui devait caractériser les chrétiens : l’amour. Aussi, pour tenter de remédier à un si grand mal, pour trouver de nouvelles forces pour recommencer, nous devons placer toute notre confiance en cet amour évangélique. Si nous diffusons l’amour, l’amour réciproque entre nos Églises, cet amour les conduira à être, chacune dans sa diversité, un don pour les autres. Chers frères et sœurs, Oui, nous l’avons compris : notre époque demande de chacun de nous l’amour, elle demande l’unité, la communion, la solidarité. Et elle appelle aussi les Églises à “recoudre” l’unité déchirée depuis des siècles. C’est cela la réforme par excellence que Dieu nous demande. C’est le premier jalon, un jalon incontournable pour susciter la fraternité universelle avec tous les hommes et femmes du monde. Le monde croira si nous sommes unis. Jésus l’a dit : « Que tous soient un [] afin que le monde croie… » (Jn 17,21). C’est cela que Dieu veut ! Croyez-moi ! Il nous le dit, il nous le crie à travers les circonstances actuelles qu’il permet. Qu’il nous donne la grâce, si ce n’est de voir réalisé tout cela, au moins d’en préparer le terrain.

Chiara Lubich

Extrait de : “Il dialogo è vita” (Città Nuova 2007, p. 16-33)

En Albanie, après le tremblement de terre,  priorité  à la prise en charge des victimes.

En Albanie, après le tremblement de terre, priorité à la prise en charge des victimes.

Le mouvement des Focolari présent aux côtés des nombreuses personnes qui ont subi des pertes et des dommages : « La personne avec son vécu et ses besoins est au centre de nos efforts. Pour l’instant il est essentiel d’accueillir, d’écouter et de partager. Mais un grand effort sera nécessaire pour planifier la reconstruction.» Solidarité avec les victimes du tremblement de terre qui a frappé l’Albanie le 26 novembre 2019, faisant 52 morts, plus de 2 000 blessés et des dégâts matériels considérables. Environ deux mois après le séisme, des initiatives de collecte de fonds, des événements commémoratifs et des secours sur le territoire mobilisent institutions, mouvements d’ Église et de solidarité. Une fois l’urgence passée, toutes les énergies sont orientées pour favoriser la coordination des forces sur le terrain afin de planifier et de démarrer la reconstruction. Dans l’incertitude du présent, un grand réconfort vient du fait de se sentir membre d’une famille, d’un large réseau de personnes qui assurent soutien et proximité. C’est là que se trouve le cœur de l’engagement du mouvement des Focolari. Nous avons entendu Fabio Fiorelli, un focolarino qui vit et travaille dans un des centres de Tirana. Depuis la nuit du tremblement de terre, quelles initiatives le Mouvement a-t-il pu mener à bien pour soutenir les personnes touchées ?  » Certains d’entre nous ont établi des liens avec la Caritas nationale et diocésaine en collaborant à la préparation de vêtements et de couvertures pour ceux qui étaient loin de chez eux, et en se rendant dans les abris temporaires pour écouter les gens et faire jouer les enfants. Sur proposition des familles du Mouvement, le 21 décembre nous avons préparé une après-midi de fête de Noël pour les plus petits – mais pas seulement – avec des chants, des jeux, la crèche  » vivante  » et les cadeaux du Père Noël : une pause de sérénité et de communion pour aller de l’avant. De plus, à Durazzo, une psychologue du Mouvement, dont la maison a été endommagée, collabore avec une équipe qui va dans les villages périphériques très touchés par le tremblement de terre, où les gens vivent sous des tentes et manquent des biens de première nécessité. Sur un plan très pratique, les familles du Mouvement qui ont subi de graves dommages dans leurs maisons ont été interrogées, nos ingénieurs ont effectué des inspections et analysé les coûts de réparation. » Quelles sont les autres activités que vous prévoyez ? « Un « projet » a été élaboré avec des objectifs et la mise en œuvre de stratégies en lien avec l’Association Monde Uni (AMU), qui fait partie du Mouvement, et nous attendons qu’il démarre. » Dès les premières heures après le tremblement de terre, en pleine phase d’urgence, Marcella Ioele, responsable d’un des centres des Focolari à Tirana, est arrivée avec d’autres personnes à Durazzo et dans les environs pour lancer les premiers secours en lien avec la Caritas et l’Église locale et pour apporter un soutien aux victimes. Nous lui avons demandé quelles expériences l’ont frappée en parlant avec des personnes déplacées : « Une jeune femme m’a dit qu’au début des secousses, son frère, qui était à la maison avec la famille, s’est instinctivement enfui pour sortir du bâtiment, mais est immédiatement revenu pour s’occuper d’eux. Ce geste l’a aidée à comprendre que dans ces moments-là, elle ne devait pas seulement penser à elle-même mais aussi à ses proches. Une autre fille aurait voulu agir pour aider les personnes en difficulté, mais devant aider sa mère âgée, elle ne pouvait pas s’éloigner. Mais – nous a-t-elle dit – elle pouvait écouter et réconforter les nombreux passants, et elle était heureuse parce qu’elle sentait qu’elle apportait sa contribution de cette façon. » Quels sont les sentiments qui prévalent aujourd’hui au sein de la population ? « D’une part, on sait que ce type de catastrophe met en jeu les responsabilités de ceux qui ont autorisé la construction de bâtiments peu sûrs et fait ressortir le manque de préparation dans la gestion de l’urgence. D’autre part, la solidarité manifestée par les autres Pays dès le début fait naître l’espoir d’ une Albanie meilleure. Voir travailler ensemble des peuples, encore récemment divisés par de vieilles querelles, a été un signe d’espoir. Il y a un grand sentiment de reconnaissance, surtout envers les Kosovars qui se sont manifestés de manière très forte, comme s’ils voulaient restituer l’amour qu’ils avaient reçu lorsqu’ils étaient ici au moment de la crise du Kosovo. Certains d’entre eux sont venus pour emmener des familles chez eux. « Le tremblement de terre, m’a confié un jeune homme, nous a rapprochés plus que jamais. D’autres nous ont dit avoir ressenti la présence de Dieu, même dans cette réalité douloureuse. »

Claudia Di Lorenzi

Évangile vécu : dépasser les jugements et les préjugés

« Jésus nous a démontré qu’aimer signifie accueillir l’autre tel qu’il est, de la manière identique à celle avec laquelle il a accueilli chacun de nous. Accueillir l’autre, avec ses goûts, ses idées, ses défauts, sa diversité. (…) Lui laisser de l’espace en nous, en désencombrant tout préjugé de notre cœur, tout jugement et tout instinct de rejet ». (Chiara Lubich) Le « village de la misère » Les habitants de ce bidonville qui s’étend sur les rives pentues d’ un fleuve, s’arrangent avec des petits jobs et étant obligés de rester hors de la maison toute la journée, ils doivent laisser leurs enfants seuls. Il y a peu de temps, le fleuve en crue à cause d’une pluie torrentielle a emporté d’une baraque, un bébé de quelques mois à peine. Nous habitons dans un quartier résidentiel proche de ce bidonville. Bouleversés par ce qui s’était passé, nous tentons d’affronter cette terrible plaie en impliquant notre famille et des amis. Nous avons loué des locaux et avons commencé une crèche où les parents peuvent laisser leurs enfants en sécurité toute la journée. Dans des locaux adjacents, nous commençons une école maternelle pour que les plus grands ne traînent pas dans les rues. L’initiative porte ses fruits : de nouveaux liens sont créés entre le personnel qui travaille et les familles, et un partage de biens, de temps et de prestations. Peu à peu un autre rêve devient réalité : enlever le plus grand nombre de familles du « village de la misère ». Avec un système d’autogestion, nous avons construit et inauguré cette année les premières nouvelles maisons. (S.J.B. – Argentine) Convictions politiques C’était inévitable, au bureau, de parler politique. Inévitable, expérimenter la distance qui existait entre les points de vue respectifs. Fatiguée de cette tension qui augmentait de jour en jour, surtout lorsque quelqu’un proclamait des « vérités » inacceptables, j’en suis arrivée à la conclusion que plutôt que changer de bureau, je devais me changer mi-même. C’est ainsi que je me suis efforcée de comprendre davantage ce qui pousse l’un ou l’autre de mes collègues à défendre une certaine position. Cette façon de me comporter a suscité une certaine curiosité, surtout chez ceux qui m’avaient toujours attaquée comme catholique-conservatrice-bigote . C’est certainement la prière qui m’a aidée, mais aussi ma communauté paroissiale qui m’encourageait à être plus dans l’amour. Un jour, mon « ennemi » le plus implacable m’a dit : « Je ne sais plus où t’attaquer… et je vois que tu es heureuse. Ta liberté me désoriente ». Sans trop d’explications, s’est établie entre nous une amitié constructive qui aide maintenant aussi les autres à avoir une attitude plus compréhensive les uns pour les autres, tout en restant chacun avec ses propres convictions. (F.H. – Hongrie) Avec les yeux d’une mère Notre fils avait épousé L. sur vague de contestation, en échangeant par amour, une foi politique commune. Personnellement, je l’aimais comme ma fille et j’ appréciais chez elle, des dons de sensibilité et d’attention envers les plus démunis de la société. Lorsque après à peine un an de mariage, tous les deux sont venus nous communiquer leur difficulté de continuer une vie commune, j’étais presque préparée à cette annonce. Ce fut surtout notre fils qui y perdit beaucoup, car il s’était donné entièrement à la construction d’un rapport conjugal vrai. Quant à L., plutôt que de la juger, j’ai essayé de ne pas oublier ce que j’avais auparavant cueilli en elle de beau et de positif, et de considérer la situation avec les yeux d’une mère. Ses parents, constatant que de notre bouche n’était jamais sortie, ni avec eux, ni avec d’autres, une parole de jugement vis-à-vis de leur fille, ont exprimé leur estime pour cette attitude et ont continué à garder avec nous un rapport fraternel. Depuis lors, de nombreuses années se sont écoulées. L. nous considère désormais comme un point fixe de sa vie. (F.B. – France) Des voleurs dans la maison Je leur avais ouvert la porte parce qu’ils avaient l’air de braves garçons. Au contraire, ils m’ont tout de suite demandé où j’avais mis mon argent et ont commencé à ouvrir les tiroirs, les armoires. Un des deux me tenait fort les bras derrière le dos. Je n’avais même pas la force de crier à cause de la peur…Lorsqu’ils sont partis, je me suis retrouvée par terre, un peu étourdie. Peut-être avaient -ils eu pitié de mon âge. Puis je suis sortie sur le balcon et j’ai crié à l’aide, mais les voleurs s’étaient déjà enfuis. Des voisins ont accouru mais ils ne pouvaient rien faire d’autre que de m’aider à mettre un peu d’ordre dans l’appartement tandis que je me rendais compte de ce qu’ils m’avaient volé. Que faire ? Ce jour – là, la tragédie de la solitude et de la vieillesse m’est apparue dans toute sa cruauté. La nuit, je n’ai pas pu m’endormir : la même scène me revenait toujours à l’esprit. Et pourtant on aurait dit de braves garçons, ils auraient pu être mes petits-enfants. Pourquoi agissaient-ils de la sorte ? j’ai trouvé un peu de paix quand j’ai commencé à prier pour eux et pour leurs mamans. J’ai remercié Dieu d’être toujours en vie. (Z.G. Italie) Ne pas nier la vie Cela faisait de nombreuses années que je ne voyais plus ma voisine et plus précisément depuis que j’avais déménagé. Maintenant, je retrouvais une femme plus vieille que son âge réel, elle était une autre personne. On aurait dit qu ‘elle attendait l’occasion d’ouvrir son cœur car sans tarder elle commença à me raconter ses peines : « Tout a commencé le jour où, me décidant pour l’avortement, j’avais espéré résoudre les problèmes entre mon mari et moi… Au contraire, lui, mettant sur moi la faute du fils que je ne lui avais pas donné, partit avec une autre, me laissant avec un tas de problèmes avec nos deux filles adolescentes. Plus tard, une d’elles me confia qu’elle était enceinte ; son amoureux l’avait coincée : ou elle avortait, ou il la quittait. Je lui racontai ce que je n’avais jamais révélé et lui recommandai de ne pas nier la vie, comme je l’avais fait. Ce fut elle qui me consola en me voyant pleurer. Elle ajouta ensuite que, voyant ma souffrance, elle avait décidé de garder l’enfant. Et elle le fit. Son amoureux ne la quitta pas. Maintenant, ils vivent heureux avec ce petit garçon qui est aussi ma consolation ». (S.d.G. – Malte)

D’après Stefania Tanesini (extrait de : Il vangelo del Giorno, Città Nuova, anno VI, n° 1, janvier-février 2020)

Philippines : la Mariapolis Pace évacuée à cause de l’activité du volcan Taal

Philippines : la Mariapolis Pace évacuée à cause de l’activité du volcan Taal

La nouvelle de l’éruption du volcan Taal a fait le tour du monde. Elle a commencé le 12 janvier dernier à quelques kilomètres à peine de la Mariapolis Pace des Focolari à Tagaytay sur l’île philippine de Luzon. Grâce aux réseaux sociaux, les photos des maisons et des routes couvertes de cendres et de boue sont arrivées partout comme également les nouvelles de première main des très nombreuses personnes qui ces jours-ci sont en train de quitter la région touristique de Tagaytay, située à 60 km environ de la capitale Manille. Les autorités philippines ont sollicité l’évacuation totale d’environ 500.000 personnes suite à l’alerte diffusée par l’institut de vulcanologie et sismologie des Philippines (PHILVOLCS). On craint en effet une éruption explosive. « On dirait qu’on marche dans une ville fantôme – commente une fille sur Facebook, en décrivant Tagaytay, sa ville : tout est d’une seule couleur : le gris ; il n’y a plus d’électricité, plus d’eau et les secousses de tremblement de terre sont fréquentes ». A environ 30 km du volcan Taal, il y a aussi la Mariapolis Pace des Focolari ; elle est née en 1982 avec une vocation marquée au dialogue entre personnes de religions différentes et ce matin, nous avons rejoint Ding Dalisay et Chun Boc Tay, responsables des Focolari dans les Philippines afin d’avoir des nouvelles de ses habitants ; ils nous ont assuré que l’évacuation de ses habitants a été quasiment complète. « Presque toutes les focolarines sont parties ; les prêtres et les séminaristes ont été transférés dans le Séminaire de San Carlos et les 7 Gen – les jeunes des Focolari – sont maintenant à Manille. Les focolarini sont en partie dans leurs familles et quelques-uns sont restés dans leurs focolare respectifs, nos familles vont assez bien et quelques-unes se sont transférées. Nous distribuons de la nourriture et de l’eau à ceux qui en ont besoin et nous sommes en train de nous organiser pour accueillir les personnes évacuées si nécessaire. C’est difficile de communiquer car nous ne pouvons pas recharger les batteries des téléphones portables ni utiliser les ordinateurs. Hier, nous avons célébré la messe et mangé ensemble à la lumière des bougies. Nous essayons de mériter la présence de Jésus au milieu de nous ». Ding raconte ensuite l’extraordinaire résilience du peuple philippin, visible dans des gestes normaux qui deviennent héroïques dans des situations extrêmes comme celle-ci : « C’est incroyable, la créativité des personnes les plus pauvres qui, tout en ne possédant rien, invente des ressources impensables au service de celui qui est plus dans le besoin qu’eux. Nous avons vu un homme avec un handicap qui a mis au bord de la route, une petite table pour distribuer gratis des masques contre la suie ; ou bien le propriétaire d’un petit restaurant qui a écrit sur une pancarte : « Celui qui a besoin d’un repas peut entrer sans payer » ; ou un monsieur qui se propose pour nettoyer les voitures pleines de cendres avec une pompe à eau ». La communauté des Focolari de Tagaytay et des environs remercie toutes les personnes dans le monde pour les prières, les messages, les nombreux appels. Nous continuons à suivre la situation et à en donner des nouvelles surtout par le biais des réseaux sociaux du Mouvement des Focolari.

Stefania Tanesini