
Fiancés : la force du témoignage
La session internationale pour fiancés, organisée par Familles Nouvelles des Focolari, à laquelle ont participé 65 couples, s’est terminée depuis peu à Castel Gandolfo (Rome). En plus des exposés sur le choix du conjoint, sur la façon d’identifier et de surmonter les crises relationnelles, d’amples développements ont eu lieu sur la communication, l’affectivité et la spiritualité, et aussi des moments de partage. Les histoires vécues ont eu un grand succès. Une parmi d’autres ? Massimo et Francesca vivent à de Rome et sont mariés depuis 17 ans, lui est manager dans une société de télécommunications, elle enseigne l’italien à des étrangers. Francesca : selon les médecins, nous n’aurions ni pu ni dû avoir des enfants et en cas de grossesse, celle-ci ne serait pas arrivée à terme. Une condamnation sans appel. A l’inconfort des premiers moments, suit une rassurante conviction : la fécondité ne réside pas seulement dans la capacité biologique mais dans le fait de savoir générer de l’amour autour de soi. Aussi continuons-nous à porter de l’avant, avec le même enthousiasme, les initiatives qui avaient accompagné nos choix de jeunesse. Ouverts à la vie, malgré les épouvantails en série et les avortements traumatisants.
Au bout de deux ans à peine, nous découvrons que nous attendons un enfant. Comme prévu, c’est une grossesse difficile, qui se fraie un chemin malgré les verdicts des médecins qui ne manquent pas de rappeler les graves risques que nous encourons et toutes les précautions que nous devons prendre. Au cours des nombreux moments difficiles, nous nous en remettons à Dieu, auteur de la vie, qui nous rend encore plus conscients du caractère précieux de ce petit paquet qui veut grandir en moi malgré les avis sévères des médecins. Notre tendresse réciproque s’intensifie, chassant les peurs et donnant du sens à notre souffrance. Alessandro naît à terme, tout-à-fait sain, quant à moi je vais bien, au grand étonnement des médecins qui néanmoins persistent dans leurs mises en garde :’’Maintenant vous avez un fils, ne vous hasardez pas plus loin’’. Massimo : Au contraire, nous restons ouverts à la vie, et après deux ans environ une nouvelle grossesse s’annonce, suivie d’une nouvelle vague d’incrédulité, de scepticisme, et de recommandations de la part des médecins. La grossesse avançant, il y a suspicion du syndrome de Down, à certifier avec l’amniocentèse. Une fois encore, malgré cette nouvelle traumatisante, nous sentons encore plus fort la certitude de l’amour de Dieu pour nous et pour notre fils, à qui nous voulons donner un accueil sans conditions. Nous renonçons ainsi au test et aux risques que celui-ci comporte et nous vivons dans le doute jusqu’à la naissance. Ce sont des mois de peur et d’inconfort que nous surmontons en misant à nouveau sur le fait de ne pas rester enlisés dans la souffrance, mais de vivre ces moments comme des occasions d’amour entre nous et avec tous. Lorsqu’il naît, Matteo n’a pas le syndrome de Down, mais présente une malformation cardiaque : il doit rester à l’hôpital jusqu’à l’intervention qu’il subira à l’âge quatre mois.
Francesca : Quatre mois durant lesquels la fatigue, et surtout l’impuissance face à la souffrance innocente nous mène à des moments d’incompréhension. Cette tension à vouloir s’aimer semble parfois s’évanouir, aussi parce que je dois rester à l’hôpital avec Matteo tandis que Massimo est à la maison avec Alessandro ou au travail ; on ne se voit que dans le service de pédiatrie et souvent, une phrase de travers suffit à faire hausser le ton. Massimo : Un soir, après avoir été à l’hôpital, tandis que nous nous saluons dans le couloir, nous ressentons tous les deux l’exigence d’un dialogue sincère, bénéfique, de cœur à cœur. Nous comprenons que parmi toutes nos préoccupations, la seule qui doit trouver de l’espace, est celle de nous aimer. Et maintenant aussi, quand les inévitables tensions du quotidien semblent reprendre le dessus, nous nous souvenons de ces moments de lumière où notre famille, éprouvée par la souffrance, a retrouvé un amour plus vrai.

De la Syrie à la Syrie
Robert Chelhod est né en Syrie à Alep en 1963. Il se trouve maintenant en Italie au siège de l’AMU (Actions pour un Monde Uni), près de Rome, pour faire le point sur les projets sociaux et sur l’organisation des aides. En 1990, il est retourné dans son pays d’origine pour ouvrir le premier centre des Focolari et est resté à Alep pendant 18 ans, avant d’aller au Liban en 2008. Quel est ton souvenir de la Syrie ? « Le régime n’a pas empêché le progrès. J’ai assisté à une floraison à tous les niveaux : la Syrie était pleine de touristes, l’économie était au maximum de son développement. Avant la guerre, le salaire minimum était de 500$, maintenant pour donner une idée, il est de 50$. L’apogée a été en 2010. Avec le printemps arabe en 2011, les problèmes internes ont commencé et s’en est suivie la guerre ». Comment as-tu vécu les années de la guerre en Syrie tout en étant au Liban ? « J’aurais voulu être proche de mon peuple, mais ce n’était pas possible pour moi de quitter le Liban à ce moment-là. La souffrance la plus grande était de voir des réfugiés syriens arriver au Liban. Ces personnes que je connaissais ! Des gens honnêtes, qui travaillaient bien, qui auraient été une ressource pour le pays ». En janvier 2017, tu es retourné en Syrie, un mois après la libération d’Alep. « Je suis resté trois mois ‘’à la maison’’, dans un cercle restreint. C’est seulement après trois mois que j’ai trouvé le courage de sortir et d’aller voir la partie la plus belle de la ville, rasée au sol. Revoir les lieux desquels je me suis toujours ‘’vanté’’, ou mieux, voir qu’ils n’existent plus cela m’a fait un grand choc. Quand je suis allé pour la première fois au vieux Suk, où tu ne trouves que des ruines, quelqu’un m’expliquait :’’ici les rebelles sont entrés, ici l’armée est venue…’’. Je pensais au nombre de personnes mortes à cet endroit. Et je sentais que je ne devais même pas juger celles qui ont détruit ma ville ».
Comment as-tu trouvé les personnes à ton retour ? « Découragées et désillusionnées. Mais aussi désireuses d’aller de l’avant. Il y a une fatigue des années passées, des conditions de vie, mais en même temps, la volonté de repartir ». Que peut-on faire pour la Syrie aujourd’hui ? « Pour celui qui n’a pas la foi, continuer à prier. Et puis parier avec les Syriens que le pays est vivant. En Syrie, nous avons besoin de soutien. Pas seulement du point de vue économique, certainement important, mais de croire avec nous que ce pays, berceau de la civilisation, peut renaître. Que la paix est encore possible. Nous avons besoin de sentir que le monde sent notre souffrance, celle d’un pays qui est en train de disparaître ». Tu coordonnes sur place, les projets sociaux soutenus par l’AMU. Comment procédez-vous ? « Les projets varient entre l’aide pour la nourriture à l’aide pour la scolarisation. Ensuite il y a les aides sanitaires, car la santé publique, par manque de médecins, de médicaments et de matériel, ne réussit pas à répondre aux normes minimales d’accessibilité. En plus des aides faites aux familles, quelques autres projets plus stables se sont structurés : deux ‘écoles des devoirs’ à Damas et à Homs avec chacune 100 enfants, chrétiens et musulmans ; deux projets spécifiques pour la santé, pour les soins du cancer et pour la dialyse ; et une école pour enfants sourds et muets, active déjà avant la guerre. Ces projets offrent une possibilité de travail à de nombreux jeunes qui vivent sur place. La question du travail est fondamentale. Nous rêvons que dans un futur proche, il y ait la possibilité de travailler avec le microcrédit afin de faire repartir les activités. Alep était une ville pleine de commerçants, qui repartiraient aujourd’hui, mais il manque le capital de départ ».
Beaucoup au contraire continuent à partir... « L’exode, surtout des chrétiens, est inarrêtable. La raison en est l’incertitude, le manque de travail. L’Église souffre, il s’agit historiquement de la terre des chrétiens, avant l’arrivée de l’islam. Et elle tente de faire tout ce qui est possible de faire pour aider et soutenir. Mais il y a trop peu de ressources. La majorité des jeunes se retrouve dans l’armée. Tu peux trouver l’un ou l’autre universitaire ou des adolescents. Mais la tranche d’âge de 25 à 40 ans est absente. Dans la ville d’Alep, on calcule une baisse des chrétiens de 130 mille à 40 mille, alors que beaucoup de musulmans sont arrivés, refoulés de leurs villes détruites ». Quel incidence cela a-t-il sur le dialogue interreligieux ? « A Alep, les chrétiens se considéraient un peu du pays . Avec la guerre, vu que les zones musulmanes ont été touchées, beaucoup se sont réfugiés dans les zones chrétiennes. Et donc les chrétiens se sont ouverts aux musulmans, ils ont dû les accueillir. L’évêque émérite latin d’Alep, Mgr. Armando Bortolaso, durant la guerre m’a dit :’’ C’est maintenant le moment d’être de vrais chrétiens’’. En même temps, les musulmans ont connu les chrétiens de plus près. Ils ont été touchés par l’aide concrète. Il y a le positif, il y a le négatif. Le positif est que cette guerre nous a unis davantage entre syriens ». Source : Città Nuova

Les derniers deviennent protagonistes
“J’avais seulement 12 ans lorsque j’ai connu Chiara Lubich. Sans son amitié et sans le charisme de l’unité je n’aurais jamais résisté dans les sables mouvants de ce milieu où la compétition est reine. J’ai une profonde gratitude envers tous ceux avec qui je partage ce défi ». Fernando Muraca, après des études universitaires à Rome, a débuté comme metteur en scène et dramaturge. Son succès comme réalisateur de quelques épisodes de deux séries télévisées, lui vaut ses débuts dans le monde du cinéma avec un « c » minuscule. Parmi ses œuvres les plus récentes, son film courageux et poignant « La terre des saints », sur le rôle des femmes dans la mafia calabraise a été largement primé et récompensé. En présence d’un public très attentif, Fernando raconte son expérience : « Un soir je reçois un mail de mon ami Giampietro, missionnaire au Brésil. Je venais de tourner gratuitement un documentaire pour recueillir des fonds pour sa communauté, engagée à sauver des femmes, des hommes et enfants qui vivaient sous les ponts de São Paulo. Dans son message il me demandait si j’étais disposé à quitter mon travail pour quelques années pour filmer ce qui se passait là-bas : sa mission, désormais, s’occupait aussi de toxicomanes. Une approche sans préjugés, basée sur l’amour évangélique, avait déjà sauvé 10 000 personnes destinées à une mort certaine. Un résultat qu’il fallait d ».
“Dans son mail – poursuit Fernando- Giampietro précisait qu’un homme très riche, après l’avoir suivi et découvert qui il était vraiment, avait décidé de lui faire don de la moitié de ses richesses. Giampietro ne pouvait pas accepter en raison de son vœu de pauvreté. Mais il avait un désir : que j’aille au Brésil pour faire un reportage sur le travail de sa mission. Cet homme avait proposé de payer tous les frais, y compris mes charges domestiques durant mon absence ». Fernando sourit : « A croire qu’on est dans un film, je le sais, mais cela s’est vraiment passé ainsi ». Et de poursuivre: « J’en ai parlé à ma femme et à mes enfants. Il s’agissait de laisser mon travail pendant deux ou trois ans, sortir du circuit, mettre en jeu ma carrière et ma femme devait assumer toute seule la famille durant mon absence. Elle répondit qu’elle était prête à ce sacrifice s’il était utile de mettre à jour les souffrances de ces personnes. Et notre fils aîné : « Papa, nous ne pouvons pas leur tourner le dos ». Mes amis aussi m’ont encouragé à accepter. Mon film était sur le point de sortir en salle, et je devais partir dans 15 jours. Une folie. Ce long métrage avait une modeste distribution : sans ma présence pour en faire la promotion il risquait de tomber dans l’oubli et avec lui mon unique chance de faire carrière dans le cinéma. Mais la réponse de mon fils Nous ne pouvons pas leur tourner le dos, fut déterminante pour moi ».
“A São Paulo, faire un reportage sur la vie de personnes vivant sous les ponts s’est d’abord avérée une entreprise impossible. Elles détestaient être photographiées, à plus forte raison filmées ! Pour leur faire comprendre que je ne voulais pas exploiter leur image, je me devais d’agir comme les missionnaires. J’ai commencé à dormir moi aussi sous les ponts, à partager leur journées, et c’est ainsi qu’elles ont accepté. Au bout d’un mois je suis rentré en Italie pour faire un break. Ce premier contact avait été dur. Je devais réfléchir au matériel nécessaire au tournage et penser à un déplacement plus long. Entre temps, en Italie, il s’était produit ce que tout le monde avait prévu. Sans argent pour sa promotion et sans la présence du réalisateur, mon film était en train de faire salle vide.
Mais voilà que survient un événement imprévu: à Rome, le dernier jour de projection, se présente un important critique de cinéma. Le lendemain, deux recensions très positives sortent sur un quotidien national, aussi bien sur l’édition on line que sur celle en kiosque. Du coup le film commence à intéresser des festivals en Italie et à l’étranger. Il obtient de nombreux prix, dont certains prestigieux. Trois années se sont écoulées depuis. Une fois terminé mon travail au Brésil, ma vie a repris son cours. Je n’ai pas tourné d’autres films, mais j’en ai plusieurs en chantier, sur des sujets qu’auparavant je n’avais pas le courage d’affronter. J’ai écrit deux romans et un essai sur l’expérience d’incarnation de mes idéaux dans l’art. J’ai aussi mûri le projet de me consacrer aux jeunes. Dans ce « métier » on a besoin de réconfort et d’encouragement. Et de points de référence ». Chiara Favotti
Le Carême, un temps de conversion
Pour l’Église catholique et d’autres Églises chrétiennes le carême est sur le point de commencer. Cette période de l’année liturgique précède la célébration de la Pâque, du 14 février au 29 mars pour le rite romain, et du 18 février au 31 mars pour le rite ambrosien. Elle se caractérise par une invitation à se convertir à Dieu, elle dure une quarantaine de jours, nombre que l’on retrouve fréquemment aussi bien dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament (par exemple, dans l’Ancien Testament, les 40 années passées dans le désert par Israël, les 40 jours du déluge universel ou de la permanence de Moïse sur le mont Sinaï et, dans le Nouveau Testament, les 40 jours où Jésus a jeûné dans le désert). Dans le calendrier romain le Carême débute avec le rite des cendres pendant lequel le prêtre dépose un peu de cendres bénies sur la tête et le front des fidèles pour symboliser le caractère éphémère de la vie terrestre et l’engagement à faire pénitence.

La visite du Pape à Loppiano
‘’Nous nous réjouissons ensemble de cette surprise’’. Ce sont les paroles de Maria Voce, Présidente du Mouvement des Focolari qui a commenté avec joie la nouvelle de la visite du Pape François à Loppiano le 10 mai prochain. Une surprise, donc, qui a suscité un grand enthousiasme parmi les membres et les adhérents au Mouvement dans le monde entier, en commençant par les habitants de la citadelle qui accueillera le Saint Père. Loppiano, près de Florence (Italie), née en 1964 par la volonté de la fondatrice du Mouvement Chiara Lubich, est une véritable petite ville avec des écoles, des entreprises, des centres de formation, une université et des pôles économiques. Un endroit ‘‘spécial’’ qui est en soi un laboratoire de convivialité : il y a environ mille personnes provenant de 65 pays différents et d’âges, de conditions sociales, de cultures et de religions différentes, tous ensemble avec le désir de construire la fraternité universelle, par le biais du vécu quotidien de l’Évangile, et la ‘’loi’’ de l ‘amour réciproque. Un lieu où l’on vit et l’on travaille avec l’intention de donner un caractère concret au charisme de l’Unité – qui est le cœur spirituel du Mouvement – et pour répondre au testament de Jésus ‘’Que tous soient Un’’.
Dans la citadelle, la nouvelle a eu un énorme écho:’’Une seconde après l’annonce de la part de Maria Voce – font-ils savoir de Loppiano – la nouvelle a été diffusée parmi les habitants de la ville et lancée sur tous les réseaux sociaux dans le monde avec une pluie de joie et de stupeur ; elle a été accueillie comme une bombe atomique, une vague qui nous a tous bouleversés’’. Nous voudrions – a expliqué Maria Voce à l’annonce de la visite – qu’à Loppiano ‘’le Pape puisse trouver ce peuple de Chiara qui vit l’Évangile et qui est seulement lié à l’amour réciproque, qu’il puisse voir dans la citadelle un reflet de la vie trinitaire sur la terre’’. Et pour les préparatifs, souligne -t-elle il ne reste ‘’même pas cent jours’’, à vivre – ajoute-t-elle en s’adressant aux membres du Mouvement – en intensifiant ‘’la prière afin que tout se passe de la meilleure façon et qu’il n’y ait pas d’obstacles insurmontables’’, mais surtout en intensifiant ‘’l’amour évangélique, l’engagement à être vraiment Parole vivante, jour après jour’’. La Présidente des Focolari s’est réjouie aussi pour la visite du Pape à la communauté de Nomadelfia (Grosseto, Italie), fondée par don Zeno Saltini où le Saint Père se rendra – premier rendez-vous d’une matinée au rythme bien intense – avant de partir pour le centre du Mouvement : ‘’Nous savons que le Pape ne vient pas seulement à Loppiano, qu’il va d’abord à Nomadelfia, qui fait partie du programme de voyage de cette matinée-là et nous en sommes très heureux’’. Voisines géographiquement les deux citadelles sont liées par une amitié qui dure depuis des années et ont en commun la reconnaissance de la centralité de l’Évangile, l’engagement pour la fraternité universelle et en faveur des plus démunis. Récemment, beaucoup se souviennent avec joie de la participation de groupes de jeunes de Nomadelfia à la fête organisée par les jeunes de Loppiano pour le premier mai qui rassemble traditionnellement beaucoup de jeunes provenant de toute l’Italie dans la citadelle des Focolari.

Marie, maîtresse de vie

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Bolivie : ils ont cru en moi
Notre mère nous a élevées seule, ma sœur et moi. Nous avons traversé des moments très critiques : ma mère arrivait difficilement à trouver du travail. De plus, il y avait des tensions avec la propriétaire de la maison car nous n’avions pas d’argent pour le loyer. Pour ma mère, c’était un vrai calvaire que de gérer le peu qu’elle gagnait. Aussi l’aide que nous avons reçue à travers l’association Actions Familles Nouvelles (AFN), du Mouvement des Focolari, a été très importante pour nous. Peu de temps après s’est ouvert au sud de notre ville, à Cochabamba, le Centro Rincón de Luz, qui offre un soutien scolaire et un repas par jour aux enfants et aux adolescents qui fréquentent les écoles du quartier. Le centre m’a aussi été d’une grande aide, il m’a redonné le sourire et m’a permis de suivre des temps de formation importants. Dans le Centre, nous étions comme une grande famille où les professeurs étaient souvent pour nous comme des ‘’seconds parents’’.
Grâce aux personnes qui ont eu confiance en moi, je suis fière aujourd’hui d’avoir terminé mes études avec de bons résultats et de suivre mon premier semestre de cours à l’université. J’aurai bientôt un métier. J’essayerai d’aider à mon tour les personnes de mon entourage, en commençant par exemple, par les enfants du Centre à qui je souhaite transmettre mes connaissances. Je voudrais aussi ouvrir un lieu destiné aux personnes qui vivent dans la rue, en leur offrant la possibilité d’avancer dans leur vie. J’ai compris qu’on peut changer la vie d’un enfant et lui montrer le chemin d’un avenir meilleur. C’est pour cela que j’invite tout le monde à aider autrui : tous nous pouvons le faire ! Pour moi, la chose la plus importante n’a pas été seulement un soutien financier, mais la confiance qui m’a été donnée : c’est une semence d’espérance, c’est une lumière d’espoir qui ne s’allume pas simplement dans le cœur de l’enfant mais aussi dans celui de ses parents. Source : Teens
What if we change perspective?

La Communauté Sant’Egidio fête ses 50 ans
La Communauté de sant’Egidio a cinquante ans. Une histoire qui commence le 7 février 1968, à Rome, avec Andrea Riccardi et un petit groupe de lycéens qui voulaient changer le monde. « Nous avons découvert au cours de ces années, avec beaucoup d’autres personnes dans le monde, la joie de l’Evangile », a déclaré le président de la Communauté, Marco Impagliazzo. “A Sant’Egidio, en plein cœur du Transtevere (Rome) – lit-on dans le communiqué diffusé à cette occasion – a démarré une aventure qui a conduit la communauté dans les périphéries humaines et existentielles des divers continents, un engagement qui se propose de partager la vie des pauvres de toutes conditions aussi bien que d’élaborer des programmes d’éradication du Sida et d’enregistrement à l’État civil, de travailler au dialogue interreligieux tout comme à la construction de la paix. Samedi prochain 10 février “le peuple de Sant’Egidio” se rassemblera dans la basilique romaine de St Jean de Latran pour une célébration présidée par le cardinal Secrétaire d’État du Vatican, Pietro Parolin. Maria Voce, présidente, ainsi que quelques uns de ses collaborateurs, y représenteront le Mouvement des Focolari. Dans son chaleureux message, elle remercie « vivement l’Esprit Saint pour ce charisme qui a irrigué l’Église et l’humanité et pour les fruits qu’il a donnés au cours de ces 50 ans de vie, grâce aussi à votre fidélité ». Elle ajoute que « la Communauté, aujourd’hui présente dans 70 Pays, a contribué et contribue à construire la paix dans le monde, à travers un dialogue courageux à tous les niveaux et avec une attention toute particulière envers les plus délaissés de la société », et elle rappelle la paix obtenue en 1992 au Mozambique ainsi que « les couloirs humanitaires » en faveur des réfugiés. Parmi les nombreux moments vécus ensemble, Maria Voce en souligne spécialement un : « L’engagement joyeusement pris d’un commun accord, et d’une façon toute particulière entre Chiara Lubich et Andrea Riccardi, après la rencontre historique des Mouvements avec le Pape à la Pentecôte 1998, qui a produit de nombreux fruits à la gloire de Dieu ». Et de conclure en souhaitant, avec tous des Focolari, « que se réalise pleinement le dessein de Dieu sur votre communauté ». Voir le nouveau site: www.santegidio.org

‘’Parcours Oncity : la beauté de la diversité’’
C’est le titre d’un rendez-vous organisé par le Mouvement Humanité Nouvelle, qui se tiendra à l’Hôtel Principe de Pomezia (Rome). Cinq journées de travaux, d’échanges d’expériences, d’approfondissements, de bilans et de nouvelles pistes de travail : une véritable ‘’école’’ pour ‘’apprendre’’, une fois encore, à mettre en pratique la fraternité dans la ville, à partir d’une richesse qui est la diversité présente en chacun. Pour info : Mouvement International Humanité Nouvelle Tel. : 06 943156 35 newhumanity@focolare.org
Editorial Ciudad Nueva
Editorial Ciudad Nueva C/ José Picón, 28 28028 Madrid (España) Tel.: +34 91 725 95 30 www.ciudadnueva.es editorial@ciudadnueva.com (Libros) REDES: Facebook: https://www.facebook.com/ciudadnueva.es/ Twitter: @CiudadNuevaES You Tube: https://www.youtube.com/watch?v=SBpWkZKDcBg

Journée de prière et de jeûne
Le mouvement des Focolari adhère lui aussi à la journée de prière et de jeûne pour la paix et contre toute forme de violence, le 23 février prochain. L’initiative, prise par le pape François à la surprise de tous en l’annonçant devant 20 000 fidèles rassemblés Place Saint Pierre, à l’occasion de l’Angélus dominical habituel, s’adresse tout particulièrement aux populations de la République Démocratique du Congo et du Soudan. Ces pays traversent une grave escalade de violence et d’abus, mais il ne faut pas non plus oublier toutes les situations de conflit qui se propagent dans toutes les régions du monde. Il ne s’agit pas d’une nouvelle initiative : déjà dans le passé le pape François avait invité « tous les croyants, même les frères et sœurs non catholiques et non chrétiens », à s’unir pour un moment de prière en commun, dans les conditions adaptées à chaque endroit, pour implorer le don de la paix et se demander quelle participation chacun peut donner pour arrêter la violence. « Les victoires qui s’obtiennent par la violence – a dit le pape – sont de fausses victoires ».
Inde: l’équipe arc-en-ciel

Suisse: quelle sera ma voie ?
Qu’est-ce qui pousse un groupe de jeunes âgés de 18 à 34 ans, en provenance des trois régions linguistiques de la Suisse, à passer quelques jours en montagne avec huit focolarini et focolarine, un couple de focolarini mariés et un prêtre ? « Le focolare, dans les coulisses », un week-end dans le cadre splendide des Alpes valaisannes, non seulement pour profiter de la nature, mais invitant aussi chacune et chacun à se poser, dans un climat spirituel approprié, une série de questions essentielles sur sa vie passée et celle à venir, la première étant beaucoup plus brève que la seconde. Et parmi ces questions : quelle est ma voie? Il n’est souvent pas facile d’y répondre, en raison de la possibilité extraordinaire, et souvent unique, de choisir à 360° parmi toutes celles envisageables. Pour en préférer consciemment une, les organisateurs ont pensé qu’il était bon d’abaisser le volume du bruit quotidien et de trouver un cadre où il soit plus facile d’écouter une suggestion, souvent murmurée à l’oreille du cœur. « De là l’idée de passer un week-end ensemble, où l’on puisse s’exprimer en toute liberté et sincérité, et où Jésus,- s’Il le veut – puisse parler au cœur de chacun. Un temps tout à la fois d’approfondissement et de vie en commun: promenades, jeux, travaux ménagers, cuisine… pour exprimer au mieux la beauté et aussi la « normalité » de Le suivre aussi aujourd’hui ».
« Dans les coulisses » de la vie du focolare il y a un appel personnel de Dieu à réaliser une vie partagée entre laïcs, personnes célibataires ou mariées, toutes consacrées à Dieu selon leur état de vie, pleinement plongées dans le monde, mais fortes de la présence spirituelle de Jésus entre elles, fruit de l’amour réciproque. Une présence qu’elles veulent porter partout, avec pour objectif et horizon l’unité entre les personnes et les peuples, dans un monde plus fraternel et uni, dans le respect de la diversité. Quelques uns des jeunes présents n’avaient jamais approfondi cette possibilité, d’autres avaient déjà décidé de fonder une famille, d’autres enfin ne s’étaient jamais posé la question. Mais tous avaient en commun le désir d’approfondir une relation personnelle avec Dieu et de connaître la spécificité de cette forme particulière de vie communautaire sur le modèle de la famille de Nazareth, née du charisme de Chiara Lubich. « Vous êtes au milieu de tous, vous n’avez pas un couvent qui vous protège, mais comment faites-vous ? » « C’est beau, mais n’est-ce pas trop épuisant ? » « Que signifie suivre Jésus ? ». De nombreuses questions spontanées et beaucoup de réponses à partir d’expériences personnelles et des écrits, médités ensemble, sur la spiritualité évangélique de l’unité.
Kati et Istvan, mariés, ont partagé leurs joies, leurs difficultés et les choix fondamentaux de leur famille. « J’ai été très frappé par la profondeur des questions que nous avons abordées, même si on ne se connaissait pas » a dit un jeune. « Je suis venue avec beaucoup de questions et j’ai reçu de nombreuses réponses », a conclu une jeune fille en rentrant chez elle. Peter, prêtre, a commenté : « Un week-end inattendu. Quelques uns des jeunes ont exprimé le désir de poursuivre ce type d’échange. A mon avis le message le plus beau de ces deux jours passés ensemble a été celui-ci : nous vivons pour vous et avec vous, dans l’incertitude concernant le choix de notre route, mais avec la certitude de ne plus être seuls à la chercher ».

A Rome, Congrès Sportmeet 2018
Quand le sport fait tomber les barrières – Sport breaks limits. Au centre du congrès qui se déroulera à Rome du 20 au 22 avril, le rôle du sport face à la limite et aux barrières en tous genres : physiques, psychologiques, relationnelles, culturelles, sociales, environnementales. L’expérience sportive est de par sa nature le lieu de confrontation avec la limite. Pourquoi le sport se révèle-t-il être le terrain efficace pour faire la paix avec ses propres limites et pour inclure, intégrer et abattre les barrières ? En quoi consiste sa magie ? Nous entendons, comme cela l’est dans la mission de Sportmeet, affronter cet important sujet par le biais de réflexions culturelles, par des témoignages et des ateliers pratiques, en dialoguant avec des protagonistes d’expériences significatives actives, en particulier, dans la ville de Rome. Es-tu intéressé ? Veux-tu t’inscrire ? Pour les infos, clique sur : Sportmeet

Gen Verde: Start Now… et ensuite?
Tout a commencé avec une batterie verte, au Centre International de Loppiano, en décembre 1966. Un cadeau inhabituel dans les mains d’un groupe de jeunes filles. Cet instrument est devenu le symbole d’une révolution permanente pour contribuer à réaliser un monde plus uni et plus fraternel. C’est ainsi que naît le Gen Verde : ténacité, paroles, talents, gestes et professionnalisme en synergie pour dire en musique que l’humanité a encore et toujours une chance, que l’on peut choisir la paix et non la guerre, la cohésion et non les murs, le dialogue plutôt que le silence. Au cours de ses presque 50 ans d’activité, le groupe a rejoint places, théâtres et stades du monde entier, avec plus de 1500 spectacles et événements, des centaines de tournées, 69 albums en 9 langues. Aujourd’hui on peut compter 147 chanteuses, musiciennes, actrices danseuses et techniciennes qui ont fait partie du Gen Verde, et dont la compétence professionnelle a donné vie à des productions artistiques diversifiées : aussi bien des concerts que du music-hall, sans oublier les activités de formation destinées aux jeunes, à travers des workshops et des cours spécifiques.
Beaucoup de travail pour préparer le projet, des journées très intenses quand on le vit, mais ensuite que reste-t-il? Nous avons posé la question aux protagonistes de quelques étapes touchées par cette initiative dans de nombreux pays du monde. De leurs propos se dégagent quelques points communs. Le premier : le concert que nous proposons actuellement dans nos tournées « Start Now » invite à se rapporter aux autres par une façon différente de vivre, basée sur la confiance, l’ouverture, l’attention prêtée au bien commun. Cet art de vivre se prolonge dans la vie quotidienne. Le second : le courage de commencer en premier à changer le monde autour de soi, parce que « Ensemble nous sommes plus forts. Si nous agissons ensemble, nous pouvons voir les choses à grande échelle ». Quelqu’un a parlé d’« esprit de fraternité ». Le troisième pourrait être appelé partage : l’aspiration, le désir de communiquer aux autres l’expérience vécue, de sensibiliser et de mobiliser tout le monde dans le projet d’améliorer le monde, là où l’on est.
“Nous avons réussi à mieux nous rapporter aux autres et parfois à donner l’envie aussi à d’autres personnes de faire comme nous », nous confie un garçon. Et un enseignant, à propos de ses élèves avec lesquels il a participé au projet : « Ils ont su dévoiler leur profonde humanité que j’ai peut-être sous-évaluée au cours des années. Je ne les vois plus comme des jeunes parfois immatures, mais comme des personnes capables de se mettre en mouvement ». Le désir de diffuser cette façon constructive d’affronter la réalité fait naître diverses initiatives. A Palerme, dans le Sud de l’Italie, par exemple, on travaille déjà à la préparation d’une seconde édition de Start Now 2018. A la Spezia, dans le nord, les jeunes qui ont participé au projet ont organisé un après-midi « lavage de voitures » en faveur du Nigéria et un « bal masqué années 60 » pour recueillir des fonds destinés à un dispensaire à Man, en Côte d’Ivoire. Juste avant la fête : une liaison skype avec les amis de ce pays africain pour leur faire « ressentir » la fraternité.
A HuétorTájar (Espagne), l’esprit de Start Now a animé la traditionnelle “course solidaire”: “Nous avons compris – écrit une jeune fille – que la vie est plus belle si accompagnée par le sourire et la joie”. Toujours en Espagne, à Azpeitia, le directeur d’une école universitaire a demandé de présenter le projet dans son Université. De petits pas avec de vastes horizons, en se sentant faire partie d’un chœur où ne peut manquer la voix de personne. Et encore beaucoup de retombées, ici et là dans le monde, suscitées par le partage du projet Start Now. Non pas un feu d’artifice qui ensuite s’éteint en ne laissant que souvenirs et nostalgie, mais une étincelle qui s’allume, qui se transmet et se propage. Chiara Favotti

En mémoire du cardinal Pironio
Le 5 février coïncide cette année avec le 20ème anniversaire de la mort du cardinal Eduardo Francisco Pironio (1920-1998), dont la cause de canonisation est en cours. Né à Nueve de Julio, en Argentine, c’est le vingt-troisième enfant d’une famille nombreuse d’origine italienne. Ordonné prêtre en 1943, Pironio devient évêque titulaire à Ceciri, puis à La Plata. Il sera aussi Secrétaire général et ensuite Président du Conseil Épiscopal Latino-Américain (Celam). Appelé à Rome par le Pape Paul VI qui le nomme préfet de la Congrégation pour les Religieux et les Instituts séculiers, il est créé cardinal en 1976. Jean-Paul II le nomme président du Conseil Pontifical pour les Laïcs. C’est à ce titre qu’il remet à Chiara Lubich, par le Décret du 29 juin 1990, les Statuts généraux de l’Œuvre de Marie (Mouvement des Focolari), définitivement approuvés. Le 4 février une Eucharistie, célébrée au sanctuaire national de Nuestra Señora de Luján, a ouvert les cérémonies organisées par l’Action catholique argentine pour honorer sa mémoire, la plus importante se déroulera le 31 mai prochain à Buenos Aires. Le Mouvement des Focolari s’associe à ces commémorations, très reconnaissant à l’égard de celui qui incarna l’une des figures les plus éminentes de l’histoire récente de l’Église.

Le dialogue comme style de vie
« Le dialogue à 360 degrés avec tous, y compris avec des personnes d’autres convictions, est devenue une caractéristique de notre famille, partagée par nos enfants, Pietro, Elena et Matteo ». Annamaria et Mario Raimondi sont intarissables lorsqu’ils racontent les innombrables expériences de dialogue vécues par leur famille. Ils habitent maintenant à Lecco, une petite ville tranquille au Nord de l’Italie, sur le lac de Côme (‘’mais seulement à trois quarts d’heure de Milan’’ précise Annamaria). Mario était Professeur Ordinaire de Chimie et de Physique à l’Université de Milan, Annamaria était enseignante. Tous deux désormais à la retraite. Mais seulement ‘’officiellement’’ ! Ils sont plus que jamais « dans la vie active », très présents à leurs proches, en particulier à leurs trois petits-enfants, mais aussi dans leur Diocèse où ils sont en responsabilité pour l’œcuménisme, sans oublier leur engagement au service de la communauté locale des Focolari.

Mario e Joe


Chiara Lubich: aimer en actes
“Faisons nôtre cette parole: “Aimer en actes” (1 Jn 3, 18). C’est ce que veut Jésus, il demande une charité envers le prochain qui soit un service concret. Lui-même nous en a donné l’exemple avec le lavement des pieds. Aimer avec des œuvres. Nous savons que nous pouvons le faire […] tout au long de la journée : un geste concret envers un frère, puis envers un autre ou encore un autre et ainsi de suite. […] Et alors, à la fin de notre vie, Jésus rendra tout cela à chacun selon son œuvre. Si même un seul verre d’eau offert ne restera pas sans récompense (cf. Mt 10,42), qu’en sera-t-il de nombreux verres d’eau ? […] J’ai été frappée en apprenant […] qu’ont déjà spontanément fleuri dans le monde plus de 200 œuvres ou activités de notre Mouvement en faveur de frères se trouvant confrontés aux besoins les plus divers : œuvres caritatives en faveur des malades, des personnes âgées, des chômeurs, des handicapés ; des personnes seules, des étudiants étrangers ; en faveur des enfants en difficulté, des sans-abris, des prisonniers, des toxicomanes, des alcooliques ; cours de formation humaine et de catéchisme ; initiatives dans le monde de l’économie, du travail, de l’éducation ; actions menées pour venir à l’encontre de toutes les nécessités des Pays en voie de développement, ou à la suite de catastrophes naturelles… Et j’ai rendu grâce à Dieu parce que dès les débuts de notre Mouvement ces œuvres qualifiée de « miséricorde » ont été pour nous, comme nous le suggérait l’Évangile, une condition indispensable pour réussir notre « dernier examen », et donc pour la bonne conclusion de ce Saint Voyage qu’est la vie. A l’occasion de cette téléconférence, je voudrais vous suggérer de prendre en considération une de ces œuvres, de l’avoir particulièrement à cœur, de vous y intéresser, de l’aider à se développer, de la promouvoir par quelque moyen à votre portée, de vous en sentir coresponsables. […] Regardons autour de nous. Il y aura certainement des activités ou des œuvres concrètes suscitées par le Mouvement Humanité Nouvelle, Jeunes pour Un Monde Uni, Familles Nouvelles ou par le Mouvement Paroissial. Elles se trouveront dans votre région ou dans une autre. Voyez comment vous mettre en relation avec elles, en vous renseignant, le cas échéant, auprès de vos responsables. Approchez-vous d’elles avec douceur, sans les bousculer, mais avec le seul désir de les servir au moins par votre prière si vous n’avez pas d’autres possibilités. […] Nous sommes bien d’accord, n’est-ce pas : aimer en actes et apporter notre soutien à l’une de nos œuvres. Que grâce à notre amour concret et aussi à cette œuvre particulière, le Seigneur puisse dire à propos de chacun de nous : « Or voici, je viens bientôt; et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon son œuvre. » (Ap. 22, 12) ». Chiara Lubich, Rocca di papa, 12 mai 1988 Extrait de – Cercando le cose di lassù” – CHIARA LUBICH, Città Nuova 1992 – p.92-94

Le Pape François se rendra à Loppiano
Surprise ! La nouvelle de la visite du Pape François à Loppiano — cité-pilote du Mouvement des Focolari — vient de tomber. Elle est prévue pour le 10 mai 2018. Ce sera la présidente Maria Voce qui l’accueillera avec l’ordinaire du lieu, Mgr Maria Meini, évêque de Fiesole. « Cette annonce a suscité en moi, surprise et joie profonde », a commenté à chaud Maria Voce. C’est un grand honneur pour le Mouvement des Focolari d’accueillir un pape parmi nous dans une de nos cités pilote. Mais surtout cela nous pousse à intensifier notre engagement à vivre l’amour et l’unité enracinés dans l’Evangile. C’est ce souffle d’Evangile vécu que nous voudrions que le Pape François trouve en arrivant à Loppiano. Alors que la nouvelle commence à se répandre dans les communautés du Mouvement du monde entier, cette joie et cet engagement seront partagés par tous. ». Loppiano est la première cité-pilote des Focolari née en 1964 sur les collines toscanes, près de Florence. Elle compte actuellement environ 850 habitants : hommes et femmes, familles, jeunes, adolescents et enfants, prêtres et religieux de 65 pays des cinq continents. Plus de la moitié des habitants y réside de façon stable tandis que d’autres participent à l’une des 12 écoles internationales qui prévoient un séjour de 6 à 18 mois. La composition internationale et multiculturelle de Loppiano, qui a fait sienne la loi de l’amour réciproque, en fait un laboratoire de vie entre personnes différentes par l’âge, la condition sociale, la tradition, la culture et l’appartenance religieuse.

Salvador : l’histoire de Nelson
« En ce moment je me trouve pour une période en Italie, je travaille en vue du Genfest de Manille 2018, avec d’autres jeunes de mon âge. Les préparatifs s’accélèrent pour ce premier Genfest hors d’Europe ». Nelson s’est ajouté au groupe international de jeunes qui le préparent. Il est en Italie depuis 2017, d’abord à Loppiano (Florence), puis au « Centre international Gen 2 » dans la banlieue de Rome, où nous l’interviewons. “Je viens du Salvador, l’État le plus petit en superficie mais le plus peuplé d’Amérique Centrale. Un très beau pays, mais frappé au cours de ces dernières années par une guerre civile de 12 ans qui a pris fin en 1992, laissant le Pays en ruines ». Nelson explique : « Après la fin de la guerre, de nombreuses familles ont dû chercher d’autres moyens de vivre et beaucoup de couples ont émigré après avoir confié leurs enfants à des proches ou à des personnes qui pouvaient les prendre en charge. Mais dans ce climat de désarroi général, le fait est qu’une génération toute entière de jeunes garçons et filles n’a pas eu d’encadrement ni, tout simplement, quelqu’un qui s’intéresse vraiment à elle. Il y avait en plus la difficulté de faire rentrer au pays l’argent gagné à l’étranger, de sorte que de nombreux enfants, privés de tout, ont quitté l’école pour finir dans la rue et souvent dans la délinquance : une façon d’attirer sur eux l’attention dont ils avaient tant manqué. Bref, en recrutant des adolescents, parfois même très jeunes, de nombreuses bandes criminelles se sont constituées, toujours plus radicales et dangereuses, chacune avec son nom et une identité précise, ses propres signes distinctifs, ses codes et ses rites d’initiation. » Chaque groupe s’identifie par un tatouage qui fixe pour toujours l’appartenance de ses membres. Ceux-ci ne peuvent alors plus le quitter sans risquer de perdre la vie, finir en prison ou fuir leur pays. “Pour déraciner ce qui semblait à première vue un problème simple à résoudre – continue Nelson – le gouvernement a développé un plan qui n’allait pas sans violence : il envoyait par exemple en prison tous ceux qui portaient un tatouage, ce qui a provoqué une réaction musclée et sans précédent de la part des bandes de quartier qui ont commencé à tuer sans raison, à menacer les enfants toujours plus jeunes et à les obliger à entrer dans leur groupe ». “Avant d’arriver en Italie, je travaillais à San Miguel, dans une école salésienne qui s’occupait, avec un véritable esprit d’accueil, de plus d’un millier d’étudiants venant chaque semaine de l’extérieur de la ville. Beaucoup d’entre eux avait de graves problèmes de famille : leurs parents étaient enrôlés dans des groupes criminels ou, chose encore plus grave, eux-mêmes étaient sur le point de s’y engager. J’enseignais l’éducation physique. Un jour, pendant l’heure de natation, un garçon voulait, contrairement au règlement, entrer dans la piscine sans enlever son T-shirt. Il était nerveux et avait peur. Alors je l’ai pris à part pour parler seul à seul avec lui et lui ai demandé pourquoi. Il m’a répondu qu’il s’était fait tatouer le symbole d’un groupe et ne voulait pas qu’on le sache. Je lui ai donné la permission d’entrer dans l’eau avec son T-shirt, mais après, en classe, je suis revenu sur le sujet et j’ai commencé à parler des voies alternatives à la criminalité. Et jusqu’à la fin de l’année nous avons essayé de lui expliquer, tous ensemble, qu’il y a toujours une issue de secours, une autre façon de vivre, sans devoir recourir à la violence. Deux mois plus tard, je l’ai revu, il portait fièrement une tenue de travail, il avait réussi à se séparer du groupe sans, Dieu merci, subir de représailles. Il aidait maintenant sa famille. « Merci prof. C’est grâce à vous tous si j’ai compris que je pouvais devenir une personne différente de celle que j’avais commencé à être. Et surtout à changer le cours de ma vie ». Chiara Favotti

Évangile vécu: »La source de la vie »
Une réponse immédiate Au début de l’été nous achetions toujours du bois et du fuel pour l’hiver, mais on était déjà en automne et nous n’avions pas encore l’argent cela. Un jour, nous en avons parlé en famille et nous nous sommes dit : « Dieu, qui est Père, connaît nos besoins et l’important est d’avoir confiance en Lui ». Nous n’avions même pas fini ce que nous disions qu’un de nos amis est arrivé avec une enveloppe contenant de l’argent, fruit d’une collecte. Il ne nous était jamais arrivé d’avoir une réponse aussi rapide de Dieu qui pourvoit à ses enfants ! I.S. – Serbie Chez la dentiste Un garçon de notre communauté avait les dents très abimées, mais, comme il était d’une famille pauvre, il ne pouvait pas se faire soigner. Un jour nous l’avons accompagné chez une dentiste, mais en arrivant dans la clinique où elle travaille, nous nous sommes rendu compte qu’elle était fréquentée par des riches. Confiants dans la providence, nous sommes entrés quand même. Après la consultation, la doctoresse nous a demandé si nous pouvions payer un travail aussi coûteux. Nous lui avons expliqué que nous allions organiser avec des amis une vente d’objets et de vêtements usagés pour couvrir les frais. Manifestement intéressée, elle a voulu en savoir plus. « Vous me paierez avec ce que vous avez » a-t-elle conclu. Alors que nous sortions, elle nous a ajouté : « Vous savez, j’ai beaucoup de problèmes et il m’est venu à l’esprit que je pourrais réaliser ces soins gratuitement si en échange vous pouviez prier pour moi ». C’est ce que nous avons fait. Quelque temps après elle nous a dit que notre présence avait apporté une note de joie et de sérénité à son travail. G.B. Philippines Rencontres en prison Sachant qu’il existe tant de personnes seules qui ont besoin que quelqu’un soit à leur chevet, nous avons pensé aller visiter les malades d’un hôpital, les prisonniers et les enfants d’un orphelinat. Aux enfants, nous avons apporté des jouets, des objets et des vêtements. Puis nous nous sommes dit: pourquoi ne pas utiliser les moyens de communication pour atteindre le plus de gens possible? Nous avons obtenu une demi-heure de programme sur la radio locale, uniquement pour nous. Un grand nombre de personnes a suivi notre transmission. Lorsque nous sommes retournés à la prison, ils nous ont accueillis en nous disant qu’après avoir entendu notre émission, ils nous attendaient. D’habitude il n’est pas permis aux garçons de notre âge d’entrer à la prison, mais pour nous ils ont fait une exception. Avec nos chants et nos expériences d’Évangile, nous avons parlé à une centaine de détenus, hommes et femmes, et une dizaine de gardiens. Ils nous ont demandé de revenir. Même le journal local a relaté la nouvelle de ces rencontres dans la prison. Un groupe d’amis – Ouganda La maladie Lorsque j’ai su que Monique avait été frappée par le Sla, même si nous ne nous voyions plus depuis deux ans, je suis retourné la voir pour me mettre à sa disposition. Nous nous étions vraiment aimés, mais pour différents motifs nous nous étions éloignés. La foi simple de Monique se heurtait à mon agnosticisme. À côté d’elle, qui acceptait sereinement sa nouvelle situation, j’ai vécu un véritable bouleversement intérieur. Les chrétiens le qualifieraient de ”conversion”. Lorsque sa maladie est arrivée au stade terminal, j’étais complètement transformé. Je ne dis pas que j’avais trouvé la foi, mais le respect pour Monique avait créé en moi un nouvel espace. J.M. – France

Fontem : une voie pour l’unité
Le Cameroun, dans la région équatoriale de l’Afrique occidentale, se compose, à la suite de deux histoires coloniales parallèles, de deux groupes de régions qui parlent respectivement le français et l’anglais. Les différences ne se limitent pas à la langue mais incluent également des aspects de l’administration publique. Une escalade de violence est en train de menacer le pays, composé de 23 millions d’habitants sur un territoire de 475000 km2. Raphaël Takougang, avocat camerounais, membre des Focolari, actuellement en Italie, explique : « La partie francophone devint indépendante le 1er janvier 1960. Pour ce qui est de la partie anglophone, il y eut un referendum le premier octobre 1961, pour décider s’ il fallait s’unir avec le Nigeria tout proche (déjà anglophone) ou rester avec le Cameroun. C’est ainsi que naquit une République fédérale avec deux états, le Cameroun Oriental et le Southern Cameroon, chacun avec ses propres institutions (Parlement, gouvernement, système juridique, etc.) et d’autres instances au niveau fédéral. Le 20 mai 1972, un autre referendum donne naissance à la République Unie du Cameroun. En 1984, une simple modification de la constitution enleva la parole ‘’unie’’ et le pays prit alors le nom de République du Cameroun. Depuis 1972, le malaise des anglophones, en grande minorité dans le pays, n’a fait que croître et a pris le nom de ‘’anglophone problem’’ ».
Depuis 2016, cette situation de crise a déclenché dans la partie anglophone une série de grèves, d’abord des enseignants, ensuite des avocats. Les habitants de la Cité pilote des Focolari de Fontem, au cœur de la forêt camerounaise, expliquent : « Si d’une part, les évêques ont toujours encouragé le dialogue, le boycottage des institutions chargées de l’éducation et de la justice a donné une tournure inattendue à la crise qui s’est aggravée avec une multiplication des grèves, y compris dans le secteur commercial et des transports, selon une stratégie définie ‘’Ville Morte’’. Au début de l’année scolaire, en septembre dernier, aucun étudiant ne s’est présenté. Malgré les menaces de représailles pour les transgresseurs, quelques écoles ont courageusement ré-ouvert ici et là et d’autres sont en train de suivre leur exemple. Notre collège à Fontem a aussi repris ses activités ». Cette Cité pilote est née du témoignage d’amour concret de quelques médecins envoyés par Chiara Lubich en 1966, à la demande de l’évêque du lieu, pour venir en aide au peuple Bangwa, affecté par une très haute mortalité infantile qui le menaçait d’extinction. En peu de temps, grâce à la contribution de personnes venues du monde entier, Fontem s’est dotée d’écoles, d’un hôpital et d’autres structures de services. Depuis, le peuple Bangwa et différents autres peuples limitrophes se sont mis en route sur la route de la fraternité, maintenant visible aussi dans d’autres Cités pilotes nées au cours de ces années sur le continent africain. Avec ses 80000 habitants, Fontem est un centre de rencontre et de formation pour des personnes en provenance de toutes les régions d’Afrique et du monde. Ils découvrent ici combien l’échange et la collaboration entre les femmes et les hommes d’ethnies, de cultures et de traditions différentes peuvent porter des fruits de fraternité, y compris dans des régions touchées par des conflits.
« Le collège de Fontem a subi une attaque – expliquent encore les habitants – mais beaucoup de personnes du village sont venues au secours des étudiants et des enseignants, même au risque de leur propre vie. A l’approche du 1er octobre, date de l’anniversaire, pour le Cameroun anglophone, du referendum cité plus haut, on craignait des manifestations violentes et la communauté des Focolari a organisé une chaîne de prières à laquelle ont aussi participé des personnes d’autres religions du pays et de l’étranger. Jusqu’à présent à Fontem, personne n’a perdu la vie. Chaque occasion est bonne pour favoriser les relations avec les différentes autorités civiles, traditionnelles et ecclésiales. Nous essayons d’aider ceux que nous côtoyons à aller au-delà des peurs, à créer des moments de famille, en commençant par nos plus proches, souvent déstabilisés à cause de tout ce qu’ils entendent autour d’eux et dans les médias. Les jeunes ont organisé des soirées ‘’talent show’’et l’événement ‘’Sports for peace’’ afin de promouvoir un esprit positif ». « Au cours de toute cette période, malgré les épreuves – concluent-ils – la vie de la communauté des Focolari a progressé ici aussi. Nous espérons que ce défi d’amour envers tous nous donne la capacité de discerner et d’agir pour le bien de notre pays ».

Algérie: martyrs pour Dieu
Promulgation par le Vatican du décret du martyr des 7 moines de Tibhirine, de Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran, et des 11 autres religieux et religieuses, tous assassinés entre 1994 et 1996, durant la guerre civile algérienne, qui causa la mort de milliers de personnes innocentes, parmi lesquelles des journalistes, des écrivains, des imams et de simples citoyens. C’est à l’histoire des 7 moines, enlevés de leur monastère dédié à Notre Dame de l’Atlas (à 80 kms d’Alger) et tués dans des circonstances encore obscures, qu’a été dédié le film “Des hommes et des dieux”. Cette violence atteignit un point culminant en août 1996, lorsque l’évêque d’Oran, dominicain, fervent défenseur du rapprochement entre musulmans et chrétiens, fut tué par une bombe à l’entrée de sa maison, ainsi que Mohamed Bouchikhi, l’ami musulman qui l’accompagnait. « Ce sont des martyrs de l’amour – a dit le porte-parole de la Conférence épiscopale française – parce qu’ils ont aimé jusqu’au bout, en donnant leur vie pour leurs amis algériens. Pour nous c’est un signe que l’amour n’est pas vain et triomphera ». En Algérie les évêques ont commenté : « Notre Église est dans la joie », associant à leur hommage « les milliers de personnes qui n’ont pas craint de risquer leur propre vie par fidélité à leur foi en Dieu, à leur Pays et à leur conscience ». Pour plus d’informations : https://www.eglise-catholique-algerie.org/

Brochure d’information sur Chiara Lubich
Dans le cadre de la Cause de béatification de la Servante de Dieu Chiara Lubich, qui s’est ouverte le 27 janvier 2015 dans le Diocèse de Frascati, une brochure d’information, facile à consulter et riche en contenus vient d’être publiée sur le profil spirituel de la Fondatrice du Mouvement des Focolari, pour le moment en langue italienne. Destinée au grand public, elle se propose d’illustrer sa vie intense, ainsi que les nombreuses œuvres et initiatives qu’elle a promues. Elle s’articule en trois parties : Chiara et le charisme de l’unité ; les ‘’grandes ouvertures’’ ou dialogues dans le domaine œcuménique, interreligieux et avec la culture contemporaine ; son intuition spirituelle sur le mystère de ‘’Jésus abandonné’’, qu’elle a compris, vécu et proposé comme ‘’clé’’ pour réaliser l’unité avec Dieu, ainsi qu’entre les personnes et les peuples. L’idée de cette publication est née de la nécessité de faire connaître quelque chose de l’intense travail de ‘’recueil de documents’’ que la Postulation de la Cause de béatification de Chiara est en train de réaliser, en commençant par ce qu’elle a dit sur la sainteté, comment elle l’a vécue et proposée à tous, en partant des lettres qu’elle a écrites au début du mouvement. Un texte rédigé et partagé, dans toutes les phases de son élaboration, non seulement par les membres de la Postulation mais aussi par des experts, des amis, adultes ou plus jeunes. Pour qui désire recevoir un ou plusieurs exemplaires (support papier), s’adresser à : Postulazione della Causa di Beatificazione di Chiara Silvia Lubich Movimento dei Focolari Via Frascati, 306 – 00040 Rocca di Papa (RM) – Italie Téléphone +39 06 947 981 39 – GSM +39 389 343 9529 E-mail : postulazionechiaralubich@focolare.org

Ville pour la fraternité
A Loreto, dans le centre de l’Italie, se déroulera le 10 février prochain, le congrès national ‘’La ville, lieu de fraternité? ’’, organisé par l’Association Ville pour la Fraternité, organisme né en 2008, qui, en s’inspirant de la pensée de Chiara Lubich et de la vie du Mouvement des Focolari, regroupe actuellement environ 140 petites et grandes administrations communales afin de diffuser l’esprit d’unité dans les Collectivités locales. L’Association décerne chaque année le ‘’Prix international Chiara Lubich pour la fraternité’’, attribué à une administration (ou à plusieurs administrations avec une Commune chef de file) pour l’actualisation d’un projet représentatif d’un ou de plusieurs aspects du principe de fraternité appliqué aux politiques publiques et favorisant la croissance d’une culture citoyenne active et inclusive. Des autorités municipales et ecclésiales participeront à ce congrès. Au cours de l’après-midi, les exposés d’Elena Granata, Professeur d’Urbanisme à l’École Polytechnique de Milan et de Marco Luppi, professeur d’Histoire à l’Institut Universitaire Sophia, sur le thème de la fraternité vécue dans la ville.

Notre Genfest: “Yes to You”
Cinq ans avant, à notre retour du Genfest 1980, Andrew Basquille, Eugène Murphy et moi-même, alors étudiants au Collège Universitaire de Dublin, nous avions commencé ensemble à consacrer davantage de temps à la musique. Ce fut pour nous le début d’une grande période de créativité, qui aboutit à la composition, aussi bien commune que personnelle, de nombreux morceaux. « Yes to You », la chanson que nous avons donnée par la suite au Genfest 1985, remonte à cette époque. Voici comment elle est née. En 1981 Chiara Lubich visita la communauté de Londres, et une grande partie des membres des Focolari d’Irlande se rendit en Angleterre pour vivre cet événement. Un après-midi, tandis qu’un groupe de notre voyage était en train de déjeuner à côté du lieu où Chiara devait parler, j’ai commencé à jouer de simples accords au piano et il en sortit une mélodie avec une série d’accords, Mi -Do mineur- Fa, légèrement inhabituelle (à la guitare il ne me serait jamais venu à l’idée de l’utiliser). Joe McCarroll, un excellent chanteur compositeur, qui se trouvait tout près, s’est joint à moi en mettant sur cette mélodie les paroles “So many times that I said no” (“Ainsi bien des fois j’ai dit non”), lorsque Andrew est venu à son tour en complétant le premier couplet. Les deux jours suivants, Andrew et moi avons écrit environ trois couplets, mais nous n’avions eu aucune inspiration pour le chœur. A la fin c’est Eugène qui en a trouvé à la fois le texte et la musique, ce qui donna à la chanson une certaine emphase, en faisant chanter le chœur en Do majeur, suivi d’une merveilleuse interaction entre Fa majeur et mineur, une façon de donner vigueur et profondeur à notre choix renouvelé de Dieu exprimé par les paroles « Yes to You ».
On nous a demandé d’exécuter ce morceau au Genfest qui allait avoir lieu quelques mois plus tard. Nous avons alors passé beaucoup de temps en essais et répétitions pour perfectionner notre chanson. Ce jour-là, dans les coulisses, tandis que nous attendions patiemment notre tour, nous avons commencé à nous rendre compte que le temps volait. On nous a fait savoir que notre morceau avait été annulé. Quelle déception ! Tandis que je rangeais ma guitare dans son boitier, je repensais aux mois de répétitions et à tout ce travail qui venaient d’être effacés en un instant. Puis, à l’improviste, changement de décision : nous voilà tout d’un coup propulsés sur l’immense scène, sans même avoir le temps de contrôler le son, ni pouvoir nous concerter. Je n’ai même pas pu sortir ma guitare de son boitier, et me suis retrouvé avoir en main une guitare espagnole, avec des cordes en nylon, un instrument auquel je n’étais pas du tout habitué ! C’est dans ces conditions que nous avons chanté “Yes to You” au Genfest 1985: sans aucun point de repère, ni certitude, contraints de dépendre uniquement de la force de notre amour réciproque et de notre désir de mériter ainsi la présence de Jésus au milieu nous. Mon expérience au Genfest 1985 m’a permis de vérifier mon choix de vivre pour l’unité, et de voir que c’était possible. J’ai eu l’occasion de participer à de nombreux autres grands événements – festival, match de foot, concert – mais rien de comparable au Genfest. Là, aucune haine, aucune hostilité, inimitié, comme c’est le cas lorsque des équipes rivales se rencontrent pour un match. Au Genfest, rien de cette euphorie passagère provoquée par l’alcool ou la drogue qui s’invitent souvent dans les concerts ou les grandes manifestations. Au Genfest, ce grand rassemblement de jeunes, seule régnait une joie plus profonde et durable.
Padraic Gilligan
Les massacres continuent en Afghanistan
Un pays martyrisé, sans paix, où les groupes terroristes font la course à celui qui revendiquera le premier les attentats accomplis. Trois attentats en une semaine ont provoqué un nombre élevé de victimes parmi les populations civiles : on parle de plus de 150 morts entre Kaboul et Jalalabad, avec plus de 400 blessés. A Kaboul, une auberge a été prise pour cible et le second objectif qui n’a pas été atteint car le terroriste s’est fait exploser au checkpoint, était le palais du Conseil Supérieur pour la Paix. A Jalalabad, le siège de Save the Children a été assailli, organisation internationale qui travaille depuis des années dans cette région. Selon les données de l’ONU, 17 opérateurs humains ont perdu la vie l’année passée, 33 ont été blessés et 48 ont été enlevés. Le Pape François est intervenu à propos des attaques pendant l’Angelus du 28 janvier dernier : « Jusqu’à quand – s’est demandé le Pape – le peuple afghan devra t-il supporter cette violence inhumaine ? Prions en silence pour toutes les victimes et pour leurs familles, et prions pour ceux qui, dans ce pays, continuent à travailler pour construire la paix ». Le Mouvement des Focolari exprime sa proximité au peuple afghan, en souhaitant vivement une résolution de paix qui puisse apporter au plus vite la sérénité au pays.

La ville de Palerme et Chiara Lubich
Janvier 1998. Palerme se prépare au Grand Jubilé de l’année 2000, marquée par des traces de lumière et d’ombre. Une ville muette, ensanglantée par les massacres passés et récents de la mafia, mais aussi décidée à s’en sortir, en montrant son vrai visage. Janvier 2018. Aujourd’hui, le chef-lieu sicilien se présente comme une expression avancée du dialogue entre les différentes cultures européennes et le monde arabe, un avant-poste de la culture méridionale au sein du tissu européen. Une « ville mosaïque ». En présence du maire Leoluca Orlando, des autorités et de quelques représentants des institutions, le 20 janvier dernier voulait « faire mémoire » – dans le but de « s’engager » à continuer dans la même direction – d’un événement qui a représenté pour la ville une étape vers son « magnifique dessein providentiel », selon l’expression utilisé alors par Chiara Lubich. Durant les interventions qui se sont succédé, différents aspects de la vie des Focolari de ces vingt dernières années sont ressortis, tels que l’engagement dans le social et le monde scolaire, en particulier dans certains quartiers périphériques comme Ballarò, Brancaccio et le Zen. La réalisation de quelques événements a également été abordée, et la réflexion sur certains grands thèmes, comme l’œcuménisme, l’engagement envers les nouvelles générations, avec la création d’écoles de formation à la participation citoyenne, le dialogue avec des personnalités du monde économique, politique, culturel et artistique. Ces dernières années, la communauté des Focolari a donné son soutien au cheminement de toute la population qui veut construire « une ville de l’accueil et des droits », basée sur les valeurs de la fraternité et la recherche continuelle du dialogue.
“ Le souvenir de la citoyenneté d’honneur conférée à Chiara Lubich – a affirmé le maire Orlando – est l’occasion de s’intéresser au cheminement de la ville, au nom du respect de la personne humaine et de la construction d’une communauté qui se base sur les valeurs de l’unité et de la fraternité : celles sur lesquelles Chiara a fondé son mouvement et qui aujourd’hui rassemble des millions de personnes dans le monde. Aujourd’hui ces valeurs font partie du vécu quotidien de Palerme, grâce à l’accueil et à la solidarité qui sont un terrain d’essai, mais aussi une occasion extraordinaire pour confirmer la volonté de la population palermitaine de construire une ville accueillante à dimension humaine, comme on peut le voir continuellement dans le comportement de la société civile ».
L’Archevêque de Palerme, Mgr. Corrado Lorefice, a souhaité que ce chemin de fraternité avance par le dialogue à tous les niveaux, vers un but « prophétiquement indiqué en son temps par Chiara Lubich : que Palerme puisse devenir une ville sur la montagne, point de mire de la réalisation du dessein de Dieu sur la communauté humaine ». « La célébration d’un tel événement – a-t-il ajouté – exprime la correspondance profonde qui existe entre la ville de Palerme et les valeurs contenues dans le charisme de Chiara : contribuer à la recomposition de l’unité de la famille humaine ». Maria Voce, présidente des Focolari, a envoyé un message encourageant tous les participants à « partager les nombreux fragments de fraternité qui ont pris forme ces dernières années, afin de développer l’accueil, la légalité et la paix », avec le souhait « que la ville se démarque toujours davantage par un témoignage actif sur les différents fronts du dialogue, en multipliant des initiatives qui redonnent l’espérance et valorise les talents de tous dans l’optique de l’unité ». L’adhésion à l’association « ville pour la fraternité », voulue par la commune de Palerme, engage désormais ses citoyens à s’inspirer de la fraternité universelle pour toutes décisions et action futures.
Parole de vie de février 2018
L’apôtre Jean écrit le livre de l’Apocalypse pour réconforter et encourager les chrétiens face aux persécutions très fréquentes de l’époque. Ce livre, riche d’images symboliques, révèle en effet la vision de Dieu sur l’histoire et l’accomplissement final : sa victoire définitive sur toutes les puissances du mal. Ce livre est la célébration d’un but, d’une fin pleine de joie que Dieu destine à l’humanité. C’est la promesse de la libération de toute souffrance : Dieu lui-même « essuiera toute larme de leurs yeux […]. Il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance » (Ap 21,4). « À celui qui a soif, je donnerai de la source d’eau vive, gratuitement. »[1] Une telle perspective est contenue en germe dans le présent, pour ceux qui vivent dans la recherche sincère de Dieu et de sa Parole et pour ceux qui ont une ardente soif de vérité, de justice et de fraternité. Éprouver la soif, être en recherche, est pour Dieu une caractéristique positive, un bon début et il nous promet la source de la vie. L’eau que Dieu promet est offerte gratuitement. Elle est donc offerte non seulement à ceux qui espèrent lui être agréables par leurs efforts, mais à quiconque ressent le poids de sa propre fragilité et s’abandonne à son amour, certain d’être guéri et de parvenir ainsi à la vie pleine, au bonheur. Demandons-nous donc : de quelle eau avons-nous soif ? À quelles sources allons-nous nous désaltérer ? « À celui qui a soif, je donnerai de la source d’eau vive, gratuitement. » Peut-être avons-nous soif d’être acceptés, d’avoir une place dans la société, de réaliser nos projets… Aspirations légitimes, qui peuvent cependant nous pousser vers les puits pollués de l’égoïsme, nous enfermer dans nos intérêts personnels, jusqu’à nous servir des plus faibles. Les populations qui souffrent de la rareté des puits d’eau pure connaissent bien les conséquences désastreuses du manque de cette ressource, indispensable pour garantir vie et santé. Pourtant, si nous creusons un peu plus profond dans notre cœur, nous trouverons une autre soif, que Dieu même a mise en nous : soif de vivre la vie comme un don reçu à donner. Puisons donc à la source pure de l’Évangile, en nous libérant des détritus qui peut-être la recouvrent, et laissons-nous transformer à notre tour en sources d’amour généreux, accueillant et gratuit envers les autres, sans nous arrêter aux inévitables difficultés du chemin. « À celui qui a soif, je donnerai de la source d’eau vive, gratuitement. » Et si nous mettons en pratique le commandement de l’amour réciproque, nous permettons à Dieu d’intervenir de manière toute particulière, comme l’écrit Chiara Lubich : « Chaque instant où nous cherchons à vivre l’Évangile est une goutte de cette eau vive que nous buvons. Chaque geste d’amour pour notre prochain est une gorgée de cette eau. Oui, car cette eau si vive et précieuse a cela de spécial qu’elle jaillit de notre cœur à chaque fois que nous l’ouvrons à l’amour pour tous. C’est une fontaine – celle de Dieu – qui donne de l’eau dans la mesure où sa source profonde sert à désaltérer les autres, par de petits ou grands actes d’amour. Et si nous continuons à donner, cette fontaine de paix et de vie donnera une eau toujours plus abondante. Elle ne tarira jamais. Il y a aussi un autre secret que Jésus nous a révélé, une sorte de puits sans fond où nous pouvons puiser. Quand deux ou trois personnes s’unissent en son nom et s’aiment l’une l’autre de son amour même, il se tient au milieu d’elles. Et c’est alors que nous nous sentons libres, pleins de lumière, et que des torrents d’eau vive jaillissent de notre cœur. C’est la promesse de Jésus qui se réalise car c’est de lui-même, présent au milieu de nous, que jaillit l’eau qui désaltère pour l’éternité [2]. »
Letizia Magri
[1] Pour le mois de février, nous proposons cette Parole de Dieu, qu’un groupe de frères et sœurs de diverses Églises a choisi de vivre tout au long de l’année. [2] D’après Chiara Lubich, La fonte della vita, Città Nuova 46 [2002], 4, p. 7.

Retrouver le sentiment de fraternité profonde
Dans la vie de Giordani, nous trouvons un événement qui nous invite à une réflexion particulière: son premier biographe en 1985, n’était pas un catholique, mais un pasteur baptiste, l’écossais Edwin Robertson1. Nous ne pouvons pas nous limiter à dire que c’est ‘’l’ironie de l’histoire’’ […] Giordani a largement mérité ce témoignage d’amitié aux yeux de Dieu et des hommes. Dès l’automne 1967 Giordani préside, au siège du Mouvement des Focolari à Rocca di Papa, un congrès de personnes travaillant à l’œcuménisme. Parmi elles, l’archimandrite Mgr.Eleuterio Fortino, qui, des années après (2004), a rendu ce témoignage : « Giordani dans ce congrès avait réussi, grâce à sa sérénité intérieure, à dépassionner le débat et à clarifier les aspects théologiques et pastoraux du décret de Vatican II Unitatis redintegratio (1964), en faisant tomber les dernières résistances des opposants italiens à la prière commune entre tous les chrétiens lors de la Semaine pour l’unité des Églises ».2 De son côté, Giordani suivait déjà en 1940 cette Semaine, précisément une octave qui débute le 18 janvier (fête de la chaire de St Pierre à Rome) et finit le 25 janvier (fête de la conversion de Saint Paul). Il écrit cette année-là :’’Durant les préparatifs de cette Octave, la nouvelle s’est répandue, d’abord assez floue, que dans un monastère de moniales trappistines près de Rome, on priait avec une intensité particulière pour que cessent les divisions entre les chrétiens. J’avais entendu dire que dans ce monastère, une humble moniale3 s’était offerte comme victime pour l’unité de l’Église et que sa démarche avait profondément touché une communauté de frères séparés en Angleterre. La nouvelle, malgré son imprécision, élargissait immensément – en tout cas à mes yeux – l’horizon du mouvement pour l’unité et ouvrait des perspectives nouvelles où, comme un ourlet d’azur entre les fissures de la tempête, se montrait le visage du ciel au-dessus de l’humanité querelleuse. Cela plaçait en somme l’Octave et ses buts sous leur vrai jour. Ces moniales ignoraient alors probablement tout de ces débats, commissions et comités autour du sujet. Confrontées au problème de la scission, celles-ci l’avaient contemplé avec simplicité, à la lumière de la Règle, qui ne dévie jamais : c’est-à-dire qu’elles avaient vu que l’unité devait être cherchée là où elle se trouvait, c’est-à-dire à la source, à la matrice : cette unité devait en d’autres termes, être demandée au Père, Lui en qui seulement les frères s’unissent. Cela signifie que ces humbles créatures, que nous ne rencontrerons dans aucun congrès, ont tout de suite vu ce qu’il y avait à faire et ont orienté le mouvement de l’unité dans la bonne direction. Quelqu’un peut être tenté de la demander à Hegel, à Loisy et peut-être à Marx ; et dans les journaux et les congrès, des noms d’hommes célèbres ont été cités, mais ceux-ci n’ont pas donné et ne peuvent donner que des solutions incomplètes : l’unité n’est pas l’œuvre des hommes mais bien de Dieu : non pas d’étude mais de grâce. Accepte, Père, ces offrandes pures, avant tout pour ton Église, afin qu’elles te permettent de la purifier, la garder, et l’unifier…’’4
L’œcuménisme, présenté par Chiara Lubich comme « œcuménisme de la vie » et vécu dans le Mouvement des Focolari avec ses propres expériences, mûri à la lumière de grandes âmes comme Jean XXIII et Paul VI, et aussi grâce à l’esprit de Vatican II, devient l’engagement central de Giordani dans les dernières années de sa vie. On peut dire que pour lui désormais, tous les chrétiens sont vraiment des frères réconciliés. Il vit et diffuse le nouvel esprit œcuménique fait essentiellement d’amour et aspirant à la communion des âmes, dans la certitude que « l’unité des cœurs conduit à celle des esprits »5. Il est émouvant de penser qu’il a écrit son dernier article sur l’œcuménisme, Le voyage vers l’unité, en décembre 1979, quatre mois avant son départ pour le Ciel. Là aussi il cultive avec ténacité une vision prophétique, dans laquelle il met l’unité des chrétiens comme base et levain pour « imprimer un élan à l’idéal d’unité universelle entre les peuples »6. (Tiré de : Tommaso Sorgi, Le parcours œcuménique d’Igino Giordani, « Nuova umanità » n.199). ________________________________________ 1 E. Robertson, Igino Giordani, Città Nuova, Rome 1985. éd. anglaise intitulée: The Fire of love. A life of Igino Giordani ‘Foco’, New City, London 1989. 2 E.Fortino, Igino Giordani et la prière pour l’unité des chrétiens, dans « Besa-Fede », Revue gréco-albanaise, Rome février 2004, pages 7à 9. 3 Maria Gabriella della Trappa, maintenant bienheureuse. 4 I. Giordani, Cette Octave, Présentation dans : M.G. Dore, Sœur Maria Gabriella (1914-1939), Morcelliana, Brescia 1940, pages 9 à 25. 5 I.Giordani, Sept jours pour l’unité, Città Nuova, 1978, n.23, p.30 6 I.Giordani, Le voyage vers l’unité, Città Nuova, 1979, n. 23 p.27.

Un seul chemin, de nombreux dons
C’est le premier jour de la semaine dédiée à l’unité des chrétiens (18-25 janvier). Dans le Palais romain de la Chancellerie, construit à la Renaissance, sous la splendide voûte recouverte de fresques réalisées en 100 jours seulement par le célèbre peintre Vasari, la journée d’étude que Mouvements et communautés ecclésiales ont voulu consacrer au thème « Charisme et Institution » a commencé par une invocation à l’Esprit Saint. Un événement promu par le Mouvement des Focolari, Nouveaux Horizons, Famille de l’Espérance, la Communauté catholique Shalom, la Communauté de l’Emmanuel et la Communauté Pape Jean XXIII, avec la participation du « Centre de haute formation Evangelii Gaudium » de l’Institut Universitaire « Sophia » et sous le patronage de l’Association Canonique Italienne. Cette journée a marqué une nouvelle étape de la profonde « harmonie affective et effective » entre les mouvements et les réalités ecclésiales, comme l’a souligné dans son discours d’ouverture Maria Voce, en qualité de représentante de tous ces mouvements: « Nous sommes engagés à affronter, jour après jour, en cohérence avec les charismes reçus, les défis qui conduisent vers la plénitude de la vie chrétienne et la perfection de la charité, en cherchant à faire grandir la communion à l’intérieur de nos Mouvements et entre nous ». En même temps cette réunion a permis d’approfondir un sujet spécifique, celui du rapport entre les charismes, dons de l’Esprit, et les formes institutionnelles, à la lumière du document de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi « Iuvenescit Ecclesia » (mai 2016), qui définit les dons charismatiques et hiérarchiques comme « co-essentiels » : tandis que « la présence de l’institution garantit que l’annonce de l’Évangile ne fera jamais défaut – a souligné le cardinal Kevin Joseph Farrel, Président du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie – la présence des charismes garantit que ne manquera jamais à qui les accueille avec un cœur ouvert ». Après leur apparition au sein de l’Église, “ avec ce brin de surprise et de pagaille que leur floraison inattendue et inédite a provoquées », et leur approbation, souvent fruit d’un cheminement long et souffert, désormais ces Mouvements – a dit Mgr Piero Coda, Recteur de l’IUS – « sont au seuil d’une troisième phase, où la dynamique charismatique est engagée à trouver les canaux appropriés en vue d’une institutionnalisation équilibrée (…) afin d’exprimer au mieux sa contribution spécifique ». Une question encore ouverte concerne la nature des mouvements ecclésiaux, qui, en raison de leur charisme fondateur n’exigent pas seulement une nouvelle forme juridique d’association (les Codes de droit canonique en vigueur ne connaissent pas les termes “mouvements et communautés ecclésiales”, de sorte que ceux-ci sont juridiquement classés parmi « les associations de fidèles »), mais aussi des précisions de nature juridique aptes à soutenir au mieux les richesses et les spécificités charismatiques de chacun. Il faut tenir compte , en effet, que participent de plein droit à ces « associations » des laïcs, des prêtres et des religieux, en formant ce que Mgr Christoph Hegge, évêque auxiliaire de Munster, définit comme « unité de communion », en se référant au « témoignage communautaire » que tous les membres du mouvement, avec « la souplesse et la flexibilité de leurs appartenances », offrent ensemble, comme peuple de Dieu, en accueillant et en vivant l’annonce de l’Église de notre temps. Mgr Luis Navarro, Recteur de L’université Pontificale de la Sainte Croix s’est aussi prononcé au sujet de la nécessité de différencier les statuts juridiques en fonction de la variété et de la particularité des charismes. Pour lui « il n’y a pas une solution juridique unitaire. Il faut confectionner pour chacun d’eux un vêtement sur mesure ». Mais pour cela, il faut « connaître et étudier un charisme dans sa vie ecclésiale concrète ». “Au cours de l’histoire de l’Église, les Mouvements ont toujours constitué une réponse à un besoin”, affirme Laurent Landete, marié et père de six enfants, responsable pour la France de la Communauté de l’Emmanuel. Il était parmi les participants à la table ronde de l’après-midi, dédiée à la présentation des Mouvements et des réalités ecclésiales qui œuvrent sous toutes les latitudes. Si l’avenir de leurs Statuts est le principal thème de leur réflexion, il n’en reste pas moins que, sur les routes du monde, la fraîcheur, l’actualité et la variété de leurs modes d’action, animés par l’Esprit, suscitent l’émerveillement et la stupéfaction…celles qu’on éprouve en présence des couleurs et des parfums d’un immense jardin au printemps.
Journée du Souvenir
La commémoration internationale du 27 janvier, décidée par l’Assemblée générale des Nations Unies, est célébrée en souvenir de toutes les victimes de la Shoah. Le 27 janvier 1945 les Forces Alliées abattaient le portail d’Auschwitz et libéraient les prisonniers qui avaient survécu à l’extermination du camp nazi. Au-delà de ce portail, derrière la pancarte « Arbeit macht frei » (le travail rend libre), le monde découvrait avec horreur ce qui s’était passé et prenait connaissance de la portée d’un projet d’élimination de masse qui avait causé la mort de six millions de personnes. 73 ans après la fin de la Shoah, en différentes parties de l’Europe et du monde, chaque année des rencontres sont proposées, ainsi que des cérémonies, des initiatives et des espaces, où les survivants peuvent raconter les faits réels, en particulier dans les écoles de tout genre et à tous les niveaux, pour « ne pas oublier » l’un des plus terribles exemples de haine raciale et pour que de telles atrocités ne se répètent plus dans aucun endroit de la planète.

Un médecin luthérien en focolare
Rond de visage, le regard franc et attentif. Je rencontre pour la première fois Peter Grimheden à Lund, en Suède, à l’occasion de la rencontre historique entre catholiques et luthériens pour les 500 ans de la Réforme. Peter est un jeune pédiatre passionné par son travail auquel il se donne avec beaucoup d’enthousiasme. Sa particularité est d’être suédois, luthérien et focolarino. C’est-à-dire d’avoir choisi une voie de don total à Dieu. Il vit à Stockholm dans une petite communauté avec 4 autres focolarini : un belge, un argentin, deux italiens. Tu as grandi dans une famille et un milieu chrétiens ? Je fais partie de l’Église luthérienne suédoise et je viens d’une famille très attachée aux traditions. Quand j’étais petit nous avions l’habitude de rendre visite aux grands-parents. Avant, nous allions à la messe puis nous dînions ensemble. Pendant le dîner, après la vaisselle faite par les femmes, nous nous asseyions et devions écouter grand-père qui nous lisait un sermon de Luther. Comme si celui de la messe ne suffisait pas ! La seule chose dont je me souviens est que je jouais à retenir mon souffle. Mon record arrivait à une minute d’affilé sans respirer. Nous avions une éducation rigide et sévère. Tout était blanc ou noir et je ne pouvais jamais aller ni au cinéma ni jouer au hockey sur glace. Comment as-tu connu les Focolari? J’avais une amie qui m’a invité au concert du Gen Verde, un orchestre musical inspiré des Focolari. La musique, les paroles, l’atmosphère qui s’était créée m’ont plu. Le frère d’une des chanteuses avait été tué au cours d’une guerre civile et elle avait été capable de pardonner. J’aimais ce christianisme positif, qui n’était pas fondé sur des interdits et ce qu’il ne fallait pas faire. Les Focolari de ma ville sont devenus mes amis et je les fréquentais avec ma copine. Mais après quelque temps j’ai senti que j’étais attiré par ces personnes qui se donnaient complètement à Dieu en vivant en communauté. Je les ai suivies sans difficulté aucune. C’était comme si j’étais tombé amoureux. Ainsi, à 21 ans, je suis parti en Italie à Loppiano, à côté de Florence, pour commencer l’école de formation des focolarini. Ce fut une occasion unique pour connaître des personnes du monde entier même si je me sentais un peu « exotique » parce qu’ils étaient presque tous catholiques. Aujourd’hui tu vis dans une communauté de Stockholm. Vivre avec des personnes d’une autre Eglise est une difficulté ? Nous aurions plus ou moins les mêmes difficultés si nous vivions avec des personnes de la même Église. L’appartenance à une Église ou une autre n’a pas d’impact sur la vie quotidienne parce que nous partageons les mêmes idéaux. Nous avons en commun la vie chrétienne et je ne décèle pas de différences entre nous. Je me sentais un peu seul à fréquenter mon église luthérienne, mais, maintenant mes amis m’accompagnent de temps en temps parce qu’ils éprouvent de l’intérêt à mieux connaître mon Église, de même que moi la leur. Nous essayons de vivre en présence de Jésus parmi nous et nous sommes tous ses disciples. Source : Città Nuova
Évangile vécu: la véritable puissance de l’amour
Assigné à domicile Début décembre 2016 je reçois un coup de fil d’une maman désespérée qui me demande de l’aide pour l’un de ses fils. Son procès s’était conclu par une condamnation où il devait faire 11 mois d’assignation à domicile. Elle ne pouvait pas l’accueillir parce qu’elle n’avait pas de domicile et personne ne voulait l’avoir chez lui. J’étais son seul espoir et je ne pouvais pas fermer les yeux face à sa requête. Comment faire? Trois jours plus tard, alors que je m’apprêtais à passer un coup de fil pour chercher quelqu’un qui puisse m’aider, une personne frappe à ma porte. C’était quelqu’un à qui j’allais souvent rendre visite. Je l’accueille, lui prépare un café et nous commençons à parler. À un certain moment il me demande: « Qu’est-ce que tu étais en train de faire?”. Une voix intérieure me pousse à lui parler de cette situation. Et lui: ”Mais ne pourrais-je pas faire cela moi-même?”. Je lui demande s’il a bien compris de qui il s’agit. Oui, il a bien compris et il sait bien comment s’y prendre. Il a un petit appartement, mais il ira dormir dans le salon pour laisser son lit à ce jeune. Le jour suivant il fait les démarches administratives. Les mois ont passé très vite et tout s’est bien déroulé, au point que le garçon a eu une réduction de peine. Pendant toute cette période, deux fois par semaine nous sommes allés lui apporter sa nourriture, étant donné que cet ami n’avait pas une situation économique très brillante. Il a suffit que je dise oui pour que Dieu fasse des miracles. (N.C. – Italie) Je pouvais les regarder dans les yeux Un jour, alors que j’allais à l’école, j’ai été agressé par une bande de jeunes dans un passage souterrain. Ils m’ont donné des coups de pied, des coups de poing et jeté par terre. Ils voulaient mon portable. Quand à la fin ils sont partis, je ne pouvais plus me remettre de la douleur que je ressentais dans mon corps et mon esprit. Je me demandais « Pourquoi moi ? ». La rancune montait en moi. À l’école j’ai raconté l’incident à certains de mes camarades, mais personne n’a compris ma souffrance et cela m’a fait mal. J’ai passé quelques nuits sans fermer l’œil, je pleurais de colère, pendant que repassait sous mes yeux, comme un film, la scène du souterrain. Après quelque temps j’ai pu en parler avec des amis, qui comme moi font référence à l’évangile. Me confier à eux m’a aidé à faire ce que je ne pensais pas possible : pardonner à mes agresseurs. Quand je suis allé au tribunal pour les reconnaître et pour le procès, je sentais en mon cœur que je leur avais pardonné, et sans difficulté, je pouvais les regarder dans les yeux. (Extrait du blog de T. Minuta) Apparence trompeuse Je devais aller au centre ville pour faire quelques achats. Je n’avais que peu de temps. À l’improviste j’ai entendu quelqu’un qui me demandait une piécette. En général je ne donne jamais d’argent, c’est impossible d’aider tout le monde, et puis s’ils achetaient de la drogue avec ce que je leur donne? Ce garçon avait le crâne rasé et le regard sombre. J’ai eu l’impression qu’il ressemblait à l’un des jeunes qui m’avait agressé quelques années auparavant. J’ai accéléré le pas. Cependant, arrivé près d’un pâté de maisons plus loin, je me suis dit: ”Comment puis-je désirer faire grandir mon union avec Dieu et laisser de côté ce garçon qui me demande de l’aide?”. Je suis revenu sur mes pas et je l’ai cherché.”De quoi as-tu besoin?” lui ai-je demandé. Surpris, il m’a dit avoir soif. Je l’ai invité à s’asseoir dans un bar. Il répondait sèchement à mes questions par oui ou par non. J’ai alors pensé lui raconter mes expériences et mon effort pour m’adapter à un nouveau pays. On aurait dit que ça ne l’intéressait pas et je me suis un peu découragé. Quand je me suis levé pour conclure, il m’a dit: ”Pourquoi ne continues-tu pas, personne jusqu’à maintenant ne m’a raconté sa vie. C’est une expérience nouvelle pour moi et je dois m’y habituer. Parle-moi de ton pays. Pourquoi es-tu venu ici?”. J’ai commandé un autre coca et nous avons continué à bavarder encore deux heures. À la fin nous nous sommes embrassés. En rentrant chez moi j’ai confié à Jésus ce garçon dont je ne connaissais même pas le nom. (U.K. – Argentine)

Sur deux roues pour la paix
Un imposant défilé de bicyclettes sillonnant les rues de la ville suscite la curiosité des passants. Nous sommes à Foggia, ville commerçante du Sud de l’Italie, De nombreux citoyens, avec la complicité d’une journée ensoleillée, se promènent dans les rues en ce dimanche, et les femmes, occupées à préparer le repas de fête, se mettent à leur balcon. Des bicyclettes familiales équipées de sièges pour enfants, des tandems où des non-voyants pédalent depuis leur place arrière, des deux roues munies de micros, caisses de haut-parleurs et banderoles, des cycles de toutes formes et dimensions, une marée de casques et casquettes multicolores sur fond de joyeux concert de klaxons : c’est le défilé œcuménique à vélo, organisée par le Conseil œcuménique de Foggia avec les Franciscains de la paroisse de Jésus et Marie, le Conseil des Associations de Laïcs, dont fait aussi partie le Mouvement des Focolari, l’Association Fanny Bike et celle des Cyclistes amateurs, à l’occasion de l’anniversaire de l’Esprit d’Assise et de la journée pour la Défense de la création.
Cette initiative – qui remonte à quelques mois – est l’occasion d’offrir à cette ville des Pouilles, une réflexion commune, entre personnes de bonne volonté et croyants de diverses confessions religieuses, sur l’importance de la protection de la création, confiée par Dieu aux hommes pour le bien de tous : il s’agit d’inviter les citoyens à adopter des styles de vie plus écologiques, en commençant dans la vie quotidienne, et aussi de sensibiliser l’administration communale en vue de choix politiques qui permettent d’améliorer la ville en la rendant plus belle, plus vivable et moins polluée. Symboliquement ce défilé à bicyclette part de la Place où se trouve l’Archevêché et débute par la remise au Maire d’un pacte d’entente entre les citoyens et l’administration : une charte où l’on s’engage réciproquement, chacun selon ses propres compétences, à mettre en œuvre les aspirations exprimées au cours de cet événement. Le parcours se poursuit en incluant les lieux de culte de toutes les confessions chrétiennes se trouvant dans le périmètre de la commune et ayant adhéré à cette initiative : l’Église St Dominique pour la communauté orthodoxe grecque, l’Église de Jésus et Marie pour la communauté orthodoxe roumaine, l’Église Évangélique ADI, l’Église Vaudoise, pour aboutir au Parc St Félix, poumon vert et lieu de rencontre de la ville, avec un bref temps de prière œcuménique.

Le charisme de l’unité, moteur de transformation sociale
« Le grand attrait du temps présent », 3.3.2018, Castelgandolfo, Rome: http://chiaralubich.10anni.focolare.org
Le « charisme de l’unité », qu’a-t-il à dire et à offrir aujourd’hui ? L’humanité est en train de vivre une troisième guerre mondiale fragmentée; pauvreté et faim sont loin d’être enrayées ; les rapports personnels et sociaux subissent un effritement progressif dû à un manque d’espérance dans le changement. Et plus encore. La réponse arrive à travers de nombreux faits de vie et des initiatives de personnes qui, dans le monde entier, ont embrassé les idéaux de Chiara Lubich: elles se sont engagées principalement à se transformer tout d’abord elles-mêmes, générant ainsi partout de nombreuses œuvres sociales qui disent qu’un changement de cap est encore possible pour l’humanité. Nombreuses les histoires et innombrables les conséquences positives dans tous les pays du monde. Quelques exemples. En Sicile (sud de l’Italie), un des épicentres italiens du phénomène migratoire, Salvatore Brullo, avec le projet ‘’Accueillir mais aussi intégrer’’, a pu prendre en charge plus de 40 mineurs étrangers non accompagnés qui, grâce à la participation de nombreuses familles et entreprises de différentes villes, ont pu se former à divers métiers et envisager ainsi un avenir meilleur.
De l’autre côté du monde, à Bolivar, à 3500 m. d’altitude sur les Andes péruviennes, 250 enfants ont reçu une instruction dans la nouvelle structure scolaire née grâce au projet ‘’Une école sur les Andes’’ promu par Action Monde Uni (AMU). 1129 autres enfants dans le monde, ont trouvé une famille grâce à la proposition d’adoption internationale d’Action Familles Nouvelles (AFN), l’ONG qui organise des projets de soutien et de formation pour la famille. Ce sont seulement quelques-unes des initiatives, petites et grandes, qui, en ce dixième anniversaire, nourriront, dans chaque coin du globe, les rencontres, les célébrations, les conférences, les moments d’échange et de formation. A Castel Gandolfo (Rome), ce sera le 3 mars. « A cette occasion, ce seront les œuvres et les parcours de personnes devenues moteurs de transformation sociale qui présenteront un autre visage du Charisme de Chiara. L’événement sera intitulé: ‘Le grand attrait du temps présent’’», explique Tim King, l’un des deux conseillers auprès du Centre International des Focolari pour l’aspect de l’évangélisation. « L’accent – continue-t-il – sera mis sur l’aspect social du charisme de Chiara Lubich : l’attention portée aux blessures de l’humanité, la passion et la créativité des entrepreneurs, des jeunes, des familles ou simplement de personnes qui ont donné vie à un réseau mondial de petits projets ou d’actions à grande échelle qui s’inspirent des paroles de Chiara ». La fondatrice des Focolari elle-même expliquait ainsi le sens de l’action du Mouvement à ses débuts, un engagement qui, en pleine guerre, prit résolument une dimension communautaire : « Le tout était parti avec un programme bien précis : concourir à résoudre le problème social de Trente, notre ville ». L’événement du 3 mars sera transmis aussi en direct et en streaming (de 16:00 à 19:00, heure de Rome).

Le grand attrait du temps présent

Merci Gis!
Avec gratitude pour son “exemple de fidélité héroïque à son dessein », Maria Voce, présidente des Focolari, a communiqué à tous les membres du Mouvement dans le monde le décès de Gisella Calliari qui s’est éteinte ce soir dans la sérénité, après une longue vie dédiée à l’unité. « Tout en éprouvant la douleur de cette grande perte », dit la présidente, « nous restons avec elle, un seul cœur et une seule âme ». Gisella Calliari était née à Lavis (Trente, Italie), le 18 avril 1920. Connue plus simplement sous le nom de Gis, elle a fait partie du premier groupe de jeunes qui, avec sa sœur Ginetta, avait suivi Chiara Lubich dans cette « aventure de l’unité » qui a marqué les débuts du Mouvement des Focolari et ses développements dans le monde. C’était la dernière de trois sœurs et elle avait rencontré Chiara en 1944, dans le petit appartement qui hébergeait le premier focolare, Place des Capucins, à Trente. Le jour suivant elle avait déjà mûri son choix de la suivre sur la même voie. D’abord très réticente, sa famille le fut moins lorsque sa maman connut Igino Giordani (Foco), dont Gisella devint la secrétaire à Rome. Au cours de sa longue vie Gis a vécu dans le focolare de Chiara pendant plus de 40 ans. Après avoir été responsable de quelques focolares en Italie (dans les villes de Trente, Rome, Milan, Florence), Chiara lui a confié la section des focolarines. Ensuite elle a été aux côtés de la fondatrice, avec Oreste Basso, pour suivre les développements de l’ensemble de l’Œuvre de Marie. Cette charge l’a conduite à visiter plusieurs fois les communautés du Mouvement dans le monde. Sa vie a été profondément liée au charisme de l’unité, auquel elle a été fidèle jusqu’à la fin, avec les effets d’une grande fécondité spirituelle en elle et autour d’elle. Son parcours, plus amplement détaillé, sera prochainement publié sur « focolare.org ».

Hemmerle: la Parole et l’Esprit
Il existe une seule voie, du moins je ne réussis pas à en voir une autre, pour pouvoir vivre entre nous, ici et maintenant, le maximum de l’unité et de la communion: cette unique voie implique […] que jour après jour, toi et moi, vous et moi, et nous tous, avec passion, nous soyons solidement et seulement ancrés dans Sa Parole en toutes circonstances de notre vie et devant chaque obstacle qui se présente entre nous. (p. 266). La Parole de Dieu dépasse les barrières qui existent entre nous et crée la communion.[…] Et cela, personne ne peut nous l’enlever, personne ne peut nous l’interdire. Arrivés à ce point, on ne peut retourner en arrière : c’est le point essentiel à partir duquel la route s’ouvre pour aller de l’avant. […] Si nous vivons la Parole dans la réciprocité et d’une manière radicale, de sorte que ce que tu vis et ce que je vis soient une unique Parole, forment ensemble Sa Parole, alors l’unité grandit entre nous […] Nous pouvons nous demander : mais comment pouvons-nous faire pour vivre ensemble dans l’unique Esprit qui est la réalité la plus profonde et la plus intime de Dieu et qui est aussi ma réalité la plus profonde et la plus intime? C’est en recherchant en toi, avec ténacité, les dons de l’Esprit, en toi qui es chrétien et croyant comme moi. Tant que je n’ai pas découvert en toi l’Esprit, je te poserai des questions pendant tout le temps nécessaire. Il ne s’agit pas de me contenter d’un compromis en disant : ’ « Au fond, tu n’es pas trop mal et je ne le suis pas non plus : je peux trouver un point de rencontre à mi-chemin ! », ni de me dire: « Je prends quelque chose de toi et quelque chose de moi afin de négocier une formule avec laquelle tous les deux nous pouvons nous mettre d’accord sans en modifier les fondements ».
Je me dis au contraire :’’Où est l’Esprit en toi ?’’. Cette question récurrente ne t’oblige pas et ne te limite pas, mais elle te rend libre, pour que tu puisses me partager les dons de l’Esprit en toi. Je suis prêt à me laisser interroger par toi jusqu’à la dernière extrémité afin qu’en me fiant à l’Esprit, je puisse à mon tour t’ offrir et te partager mes dons comme dons de Dieu. Partager réciproquement nos dons, découvrir dans la réciprocité les dons de l’Esprit dans l’autre : c’est cela, la voie de l’unique Esprit. (page 265, 266). (15.6.79, dialogue avec le théologien évangélique Lukas Vischer) Celui qui depuis longtemps vit la spiritualité de l’unité ne peut s’arrêter en se disant : Qu’est-ce qui me plaît dans ce que l’autre est en train de me dire ? Qu’est-ce qui ne me plaît pas ? Quels sont les points compatibles avec mon opinion ? En quoi sont-ils incompatibles avec elle ?
Au contraire, je tends plutôt à me faire un avec l’autre, à penser à partir de lui , non de manière à renier ce que j’affirme avec certitude en fonction du Christ, mais dans le sens qu’en présence de cet autre je me demande : quelle lumière veut-il me donner ? Je me considère donc moi-même en partant de l’autre. Je me fais un avec l’autre en essayant de relire ma vérité à travers la lumière de l’autre. (p. 268) (extrait tiré de « Questions et réponses à l’École œcuménique de Ottmaring ») Winfried Hagemann : KLAUS HEMMERLE, amoureux de la Parole de Dieu – Città Nuova 2013.

Les Focolari et l’unité des chrétiens
Quelles sont les orientations et les perspectives de l’engagement œcuménique des Focolari? Lors de sa récente intervention au cours d’une rencontre d’évêques à Katowice, Jesús Morán Cepedano (espagnol, né près d’Avila, en 1957), coprésident du Mouvement des Focolari depuis 2014, a décrit les bases et les caractéristiques d’une spiritualité que la 2ème Assemblée Œcuménique Européenne (1997) a considérée comme étant « œcuménique« . « J’ai connu Chiara Lubich et le Mouvement des Focolari en 1974. Comme espagnol, j’ai grandi dans un milieu catholique, on méditait sur l’Évangile à l’église. Mais ces nouveaux amis me proposèrent de le mettre en pratique. Je voulais changer la société, mais ma première surprise a été de voir que l’Évangile me changeait d’abord moi ». C’est à cette époque que Chiara Lubich prend contact avec des personnalités de différentes Églises, parmi lesquelles le Patriarche œcuménique de Constantinople, Athénagoras 1er et l’archevêque Robert Runcie, alors primat de l’Église d’Angleterre. « Ce charisme suscitait aussi un grand intérêt, et parfois encore davantage, auprès de ceux qui n’étaient pas catholiques ». Rappelant les propos de la fondatrice des Focolari s’adressant à 7000 prêtres et religieux réunis au Vatican en 1982 dans la salle Paul VI: « L’œuvre de Marie n’appartient pas seulement au monde catholique. Nous formons une seule réalité entre nous tous, malgré les limites que comportent les divisions existant encore», Morán explique : « Le charisme que Dieu a donné à Chiara s’enracine dans une dimension ecclésiale qui peut être partagée par toutes les confessions, parce qu’il prend sa source au cœur de l’Évangile. Et cela est en lien avec la nature de la spiritualité qui naît de ce charisme : une spiritualité de communion, à l’image de la Trinité ». Une spiritualité qui, dans les relations œcuméniques, place en premier « le dialogue de la vie », « l’œcuménisme de l’amour », « de la vérité », « du cœur », autant d’expressions qui ont cours aujourd’hui pour mettre en valeur l réciprocité de l’amour qui ne se substitue pas dialogue théologique, mais rend possible « le rapprochement, dans un profond échange de dons qui nous enrichit les uns les autres ». Unité et réconciliation commencent dans le cœur, par la rencontre entre les personnes et une ouverture accueillante, souligne Morán. Mais l’unité que nous vivons et que nous cherchons – précise-t-il – n’est pas l’uniformité, c’est l’Esprit Saint lui-même qui suscite les diversités » Ce n’est donc pas une approche théorique, mais une expérience vivante de l’amour évangélique, un « laboratoire œcuménique » qui, dans le parcours des Focolari, rassemble désormais des chrétiens appartenant à plus de 300 Églises et qui s’est répandu, au moins comme prise de conscience, au sein d’innombrables contextes ecclésiaux. « Le dialogue de la vie est aussi fructueux – ajoute-t-il – dans et entre les paroisses de différentes Églises : à travers des jumelages qui favorisent la connaissance réciproque et la naissance de nouvelles formes de collaboration pour des projets sociaux et culturels. Les jeunes appartenant à diverses Églises en sont aussi les protagonistes et soutiennent des actions de première urgence ou d’aide aux personnes les plus démunies ». Quelles sont les répercussions au plan théologique? « Quelques experts ont été appelés à faire partie des instances officielles de ce dialogue. Au niveau régional et surtout diocésain de nombreuses personnes sont elles aussi engagées personnellement». Un exemple, entre autres, sont les symposiums théologiques entre les professeurs de la Faculté roumaine-orthodoxe de Cluj-Naponica (Roumanie) et de l’Institut Universitaire Sophia de Loppiano (Italie), où a été inaugurée le 14 décembre, une chaire œcuménique qui porte le nom du Patriarche Athénagoras et de Chiara Lubich. « Silencieusement, mais résolument, Dieu est en train de tracer un chemin irréversible pour réaliser son dessein sur l’humanité, la fraternité universelle ». Morán conclut sa réflexion avec la résolution de la « Déclaration d’Ottmaring » par laquelle le Mouvement des Focolari a ouvert les célébrations du 500ème anniversaire de la Réforme : « De toutes nos forces, nous voudrions soutenir les Églises dans leur engagement pour arriver à la communion pleine et visible. Nous ferons tout pour que nos activités et nos initiatives soient nourries de cette attitude ouverte et fraternelle entre chrétiens ». Lire le texte intégral

Œcuménisme: le choix de Mirvet
Le grand-père de Mirvet Kelly était diacre : « Je me souviens de ma joie lorsque, toute petite, j’allais avec lui chaque dimanche à la Divine Liturgie Syriaque Orthodoxe. J’étais toute fière de le regarder, tout de blanc vêtu, réciter à l’autel une partie des prières ». A Homs, en Syrie, où Mirvet a grandi, il y a plusieurs Églises : arménienne apostolique, grecque orthodoxe, catholique de divers rites, maronite, melchite et syriaque catholique. Avant la guerre, tout en étant liés à leur propre Église, les fidèles en fréquentaient aussi une autre sans problèmes. Malgré cela, en écoutant des conversations de-ci de-là, elle percevait les difficultés de cette pluralité, par exemple le fait qu’un jeune n’avait pas pu épouser sa fiancée parce qu’elle était catholique, ou inversement. « En grandissant – poursuit-elle – beaucoup de choses ont changé : mon grand-père s’en est allé et la Divine Liturgie me semblait longue et désuète. A l’école j’étais la seule chrétienne au milieu de nombreux musulmans. J’étais la seule à m’absenter pour Noël et pour Pâques, et à mon retour j’étais assaillie de questions auxquelles je ne savais répondre : « Pourquoi y a-t-il de si nombreuses Églises ? Pourquoi votre Jésus est-il crucifié et ressuscite-t-il à des dates différentes selon les diverses Églises ? » Avec d’autres amies nous avons décidé de ne plus vouloir appartenir à une Église ou à l’autre, mais d’être chrétiennes et c’est tout. Et comme beaucoup d’entre elles, moi aussi j’ai arrêté de fréquenter mon Église ».
Quelque temps après, Mirvet tombe sur un groupe qui cherche à vivre l’Évangile à la lumière de la spiritualité des Focolari. “Avec eux j’ai découvert que Dieu est notre Père à tous et qu’Il nous aime tous comme ses fils. Ma vie a commencé à changer. Chaque fois que je cherchais à aimer en allant par exemple visiter les personnes âgées et les pauvres, j’avais le cœur empli de joie et de paix. Un jour, en lisant un écrit de Chiara Lubich, j’ai trouvé cette phrase : « Nous devons aimer l’Église de l’autre comme la nôtre ». Quant à moi, non seulement je n’aimais pas les autres Églises, mais je n’aimais même pas la mienne, que j’avais critiquée et abandonnée. Aujourd’hui je remercie les Focolari de m’avoir aidée à y retrouver ma place. J’ai commencé à rendre service en faisant le catéchisme, en fréquentant la chorale… : un premier pas pour m’ouvrir et, au fil des années, connaître et aimer aussi les autres Églises ». Arrivée à ce point, la vie de Mirvet, déjà si féconde sur le plan personnel et œcuménique, fait un saut qualitatif. Elle sent que Dieu l’appelle à vivre une aventure extraordinaire : se donner totalement à Lui. « Dans les différents focolares où j’ai vécu – explique-t-elle – je me suis trouvée être la seule orthodoxe au milieu de catholiques d’âges, de pays, de cultures, Églises, pensées différentes. Chercher à vivre l’unité avec toutes ces différences est un défi constant, car chacune d’entre nous a ses propres goûts et ses idées, y compris dans les petites choses.
Mais lorsque l’on cherche à faire sienne la réalité vécue par l’autre, nous expérimentons que les diversités deviennent une richesse. Souvent nous prions réciproquement pour nos Églises, ce qui nous fait grandir dans notre foi et dans notre relation avec Dieu. Et presque sans nous en rendre compte, nous portons le fruit de cette communion dans nos Églises respectives, au travail, dans la vie quotidienne. Cela peut sembler une goutte d’eau dans la mer, mais nos avancées, si petites soient-elles, unies à celles de beaucoup d’autres dans le monde, peuvent faire la différence. Dans les Pays du Moyen-Orient où j’ai vécu, j’ai vu par exemple des prêtres aider des personnes sans se demander à quelle Église elles appartenaient, ou bâtir des projets entre Églises différentes pour venir en aide à ceux qui étaient dans le besoin, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. L’an dernier, catholiques et orthodoxes ont fêté Pâques le même jour. Deux amis syriens qui vivent maintenant à Vienne me racontaient récemment comment ils avaient été aidés, ainsi que beaucoup d’autres, par un prêtre et par les focolarines catholiques dans leur recherche d’une maison, de médicaments, d’un travail. Ils ont créé un groupe dans lequel ils partagent et s’aident dans une commune expérience chrétienne. Quelques syriennes, maintenant aux USA, me disaient que les immigrés syro-orthodoxes sont plus de cinquante à se rencontrer régulièrement, tantôt chez les orthodoxes, tantôt chez les catholiques, en expérimentant que Dieu est toujours avec eux : « Nous sommes invitées – disaient-elles – à prier, à vivre et à aime, afin que le testament de Jésus : « Que tous soient un », se réalise au plus vite ».

Semaine pour l’unité des chrétiens
Cela fait 110 ans que, du 18 au 25 janvier, on célèbre la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, une initiative œcuménique instituée en 1908 par le Rév. Paul Wattson à Graymoor (New York), qui se situe entre la fête de la chaire de Pierre et celle de la conversion de St Paul. Dans l’hémisphère Sud en revanche, on la célèbre autour de la Pentecôte. L’initiative a un antécédent vers l’année 1740, en Écosse : un prédicateur évangélique-pentecôtiste invite à un jour de prière pour l’unité. La même invitation est adressée à la première assemblée des évêques anglicans à Lambeth (1867) ainsi qu’au Patriarche œcuménique de Constantinople, Joachim III (1902). En 1894 le pape Léon XIII encourage aussi une « Octave de prière pour l’unité ». L’Église catholique, durant le Concile Vatican II, souligne la prière comme l’âme du mouvement œcuménique. En 1966 le Conseil Pontifical pour la promotion de l’Unité des Chrétiens et la Commission Foi et Constitution du Conseil Œcuménique des Églises décident de préparer ensemble les textes officiels pour la Semaine de prière, travail confié chaque fois, depuis plus de trente ans, à un groupe œcuménique local différent. Pour 2018 ce sont les Églises des Caraïbes qui ont été choisies. Un groupe œcuménique composé de catholiques, baptistes, anglicans, méthodistes, presbytériens et d’Églises unies en évalue les besoins. Le Mouvement des Focolari s’engage à promouvoir la Semaine, selon la prière de Jésus “Que tous soient un” (Jn 17, 21).

L’enthousiasme des jeunes chiliens
Depuis deux jours le Pape François est sur “leur” terre, où le soir du 15 janvier, après l’atterrissage à l’aéroport de Santiago, a débuté un voyage d’une semaine qui concerne deux Pays d’Amérique du Sud. « Je désire vous rencontrer, vous regarder dans les yeux, voir vos visages », avait dit le Pape François avant de partir. Environ 15000 bénévoles sont au travail, offrant leurs talents, leur temps et leur engagement pour rendre un précieux service aux divers événements qui auront lieu lors de cette première étape en terre chilienne. “Cette expérience déborde le cadre de la mission qui nous a été confié : en fait c’est l’expression sincère d’un engagement qui marquera notre vie pour toujours », ont dit quelques-uns d’entre eux. « Contrairement à l’apathie exprimée par quelques médias, les jeunes du Chili apportent une note d’enthousiasme et d’émotion à cette visite du Pape », ce que traduit bien la chanson composée à cette occasion par Claudio Gonzalès Carrasco, de la communauté des Focolari de Temuco (au sud du Chili). Accueilli par la présidente sortante, Michelle Bachelet, le Pape s’est ensuite dirigé vers la Nonciature apostolique où il séjournera au cours de cette étape. Parmi les moments importants du voyage au Chili il y aura la rencontre avec les populations mapuches chiliennes, qui luttent pour la sauvegarde de leur identité, et la Célébration Eucharistique du 17 janvier pour les peuples indigènes de la région.
Palerme se souvient de Chiara Lubich
Le 20 janvier 2018, il y aura 20 ans que la ville de Palerme, choisie cette année comme capitale italienne de la culture, conférait la citoyenneté honoraire à Chiara Lubich. Une occasion de prendre en considération les processus que cet événement a contribué à amorcer en vue de diffuser la fraternité, l’accueil et la paix. « Palerme veut être un lieu où il est possible de dialoguer, où le charisme de l’unité puisse être le fondement de la vie. C’est pourquoi Chiara Lubich est notre concitoyenne », avait alors affirmé le Maire de la ville, Léoluca Orlando. Ce sera ce même maire, vingt ans plus tard, qui rappellera l’événement et sa signification encore très actuelle, dans la célèbre salle des Aigles, en présence des autorités civiles et religieuses. Il y aura ensuite une soirée aux Chantiers Culturels de la Zisa, avec une représentation théâtrale inspirée du roman « Le vent sirocco… à Palerme » de Roberto Mazzarella, journaliste et écrivain palermitain, décédé à l’âge de soixante ans seulement, sur l’amour envers sa ville et son engagement politique sous le signe de la fraternité.
Une famille plus grande
« Diverses circonstances nous montraient que désormais nous ne pouvions plus rester dans notre Pays, le Venezuela. Armando avait été licencié et une lettre en provenance du Pérou nous ouvrait des portes. Il semblait que Dieu nous appelait là-bas ». C’est ainsi que débute le récit d’Ofelia et d’Armando, contraints de laisser au Pays leurs enfants, Daniel et Félix, désormais adultes, pour trouver une maison, du travail et un avenir pour tous dans un autre Pays. « Sans un sou, nous avons commencé à nous préparer. Une somme d’argent nous est arrivée pour nos frais de voyage. Quitter son propre Pays est une expérience qui secoue. Notre fille était déjà partie au Pérou en octobre, mais à la frontière on lui a enlevé son ordinateur et son argent. C’est sur ces entrefaites que nous sommes partis ». Armando et Ofelia quittent tout, mais emportent avec eux la photo de Domenico Mangano: un homme très croyant, lié aux Focolari en Italie centrale, un engagé politique combatif, mort en 2001 et dont la cause de béatification a été récemment ouverte. «Nous lui avons demandé de s’occuper de notre voyage ». « A notre grande surprise, le passage de la frontière n’a pas posé de problèmes particuliers. Nous l’avons franchie presque comme si nous étions invisibles et une jeune femme, comme un ange sur notre route, nous a indiqué ce que nous devions faire. Après un unique contrôle de nos bagages nous sommes passés sans devoir affronter la bousculade de la foule qui s’était pressée à la frontière les jours précédents. C’était presque incroyable ! Nous avons pensé que c’était grâce à l’aide de Domenico et nous nous sommes à nouveau confiés à lui. En raison d’un contretemps nous sommes arrivés à Quito et avons passé la nuit au focolare féminin. Quelques personnes de la communauté de cette ville nous ont invités à dîner et à faire une promenade en journée. Après sept jours de voyage nous avons finalement réussi à rejoindre Lima ». A Lima, Ofelia et Armando sont les hôtes d’Elba et Mario, et, en plus de vêtements, ils reçoivent un sac de nourriture et de l‘argent. « Nous avons visité les deux focolares, nous sommes allés au Centre Fiore pour aider à préparer le repas de Noël que les membres de la communauté de Lima offrent aux jeunes filles rescapées de la traite des esclaves, hébergées par les sœurs. Elles étaient heureuses. Nous avons aussi retrouvé Silvano et Nilde, qui avaient quitté le Venezuela avant nous. Tout le monde nous a accueillis avec beaucoup d’amour, nous nous sentons comme dans une vraie famille ». “Le jour de Noël une famille nous a invités chez elle, et après le repas nous avons fait une promenade. Maintenant nous demandons à Dieu de trouver une maison et du travail. Nous avons vécu beaucoup de choses et nous savons que Domenico et Chiara Lubich continuent à nous aider de là-haut. Une nuit, alors que nous dormions – poursuit Ofelia – une jeune fille pieds nus, portant dans ses bras une petite fille, a frappé à notre porte. Ce n’était pas notre maison, mais nous avons tout de même décidé de lui ouvrir parce que c’était Jésus lui-même qui semblait nous interpeller à travers elle. C’était la voisine de l’étage au-dessus, son mari était ivre et la maltraitait. Elle nous a dit que jusque-là elle n’avait jamais osé frapper à une autre porte de l’immeuble, mais elle avait remarqué notre présence quelques jours auparavant, lorsque nous descendions les escaliers et son cœur lui avait dit qu’elle pouvait avoir confiance en nous. Désormais elle était là, en face de nous. Armando est allé parler avec son mari, tandis que je cherchais à consoler cette jeune femme. Au bout de quelques jours elle a pu retourner dans son appartement et depuis Armando et cet homme sont toujours en lien. Nous sommes heureux d’avoir aimé Jésus dans cette famille. Quant à nous, Dieu nous guidera et nous fera comprendre ce qu’il veut de nous ». Mais nous voilà habités par une espérance renouvelée : « Nous sommes sûrs que la coupure avec notre famille, notre Pays et nos amis portera ses fruits ». Gustavo Clariá

J’étais au Genfest de 1980
Je suis née et j’ai grandi à Macao, une ancienne colonie portugaise qui fait maintenant partie de la Chine continentale, où j’ai connu l’Idéal de l’unité lors d’une Mariapolis. Macao est une petite ville qui peut être visitée en quelques heures, donc l’invitation à participer à un Genfest qui se déroulait à Rome, avec des milliers de jeunes du monde entier, m’attirait beaucoup, même si je n’avais pas la moindre idée de ce dont il s’agissait. Nous venions de commencer à vivre cet idéal avec d’autres jeunes et quelques focolarines venaient souvent nous rendre visite et nous apportaient les nouvelles et la vie concrète de l’Évangile vécu par le Mouvement dans le monde entier. Ce monde que j’avais connu seulement à travers les leçons de géographie était devenu, avec l’Idéal de l’unité, plus petit et plus proche. À peine arrivées à Rome, nous nous sommes retrouvées durant quelques jours dans une maison avec beaucoup de jeunes provenant des Philippines, Hong Kong, Australie, Amérique latine… Comme cohabiter avec elles? Nous, les Asiatiques, étions un peu timides et, sans connaître la langue, nous ne savions pas comment communiquer. En fait, il n’était pas nécessaire de parler pour nous comprendre, parce que la même joie nous rapprochait. Une forte complicité est immédiatement née entre nous. Après quelques jours déjà, nous nous sentions comme une unique famille. Ensuite, nous avons appris que le slogan du Genfest était: « Pour un Monde uni ». Le Genfest se déroulant dans un stade ouvert, je me souviens qu’on priait beaucoup pour qu’il ne pleuve pas. Des centaines de bus de toute l’Europe nous attendaient.

Chiara Lubich

Chiara Lubich : le caractère concret de l’amour

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