Mouvement des Focolari
Chiara Lubich : l’humanité comme une famille

Chiara Lubich : l’humanité comme une famille

L’idée de la fraternité universelle est présente dans la pensée de quelques grandes personnalités, même sans référence chrétienne. Gandhi disait : « La règle d’or est d’être amis du monde et de considérer la famille humaine “une”. Celui qui distingue entre les fidèles de sa religion et les autres, rend un mauvais service aux membres de sa religion et ouvre la voie au rejet et à l’impiété».[1]. (…)

Celui qui a fait don à l’humanité de la fraternité, don essentiel, c’est Jésus. Avant de mourir, il a prié ainsi : « Père, que tous soient un » (cf. Jn 17,21). En révélant que Dieu est Père et que les hommes sont, pour cette raison, tous frères entre eux, Jésus introduit l’idée que l’humanité est une famille, l’idée de la « famille humaine » qui peut se réaliser grâce à la fraternité universelle. Ce faisant, il détruit les murs érigés entre ceux qui sont « égaux » et ceux qui sont « différents », entre amis et ennemis ; il détruit les clivages qui isolent les communes les unes des autres. Il libère l’homme des liens qui le rendent prisonnier, des multiples forms de dépendance, d’esclavage, d’injustice. Il accomplit ainsi une véritable révolution existentielle, culturelle et politique. C’est ainsi que l’idée de fraternité a commencé à se frayer un chemin dans l’histoire. On pourrait retracer l’évolution de la pensée politique en recherchant si ce concept sous-tend plus ou moins explicitement les grandes théories politiques. On peut parler de fraternité vécue, même si de façon imparfaite, chaque fois qu’un peuple s’est uni pour conquérir sa propre liberté, ou lorsque des groupes sociaux ont pris ladéfense des plus faibles, ou que des personnes d’opinions différentes ont réussi à surmonter leur méfiance pour affirmer un droit de l’homme.

Chiara Lubich


[1] « [1] D’après l’ouvrage In buona compagnia, par Claudio Mantovano, Rome 2001, p. 11.

Photo © Horacio Conde-CSC Audiovisivi

L’Évangile qui met « l’autre » au centre

L’Évangile qui met « l’autre » au centre

Je suis un prêtre anglican d’Ouganda et j’ai découvert la spiritualité du Mouvement des Focolari il y a quinze ans, lorsque j’étais au séminaire pour ma formation ministérielle. Elle m’a profondément marqué, ainsi que ma famille et mon Église, car elle exprime de manière idéale deux aspects fondamentaux : l’Amour et l’Unité. Nulle part dans la Bible nous ne trouvons un passage qui mette l’accent sur la division, la séparation, la haine, la malveillance, le tribalisme, les divisions confessionnelles ou la ségrégation raciale. Au contraire, la Bible invite à l’unité et à l’amour entre les personnes, même lorsqu’il existe des différences.
Nous sommes appelés à aimer avant tout notre prochain, car c’est à travers lui que nous aimons Dieu. J’ai ainsi appris à voir Jésus dans chaque personne qui m’est proche (cf. Mt 25) et je reçois beaucoup de paix chaque fois que je partage le peu que j’ai avec ceux qui en ont besoin.

Jésus, dans l’une de ses dernières prières avant l’Ascension, dit : « Qu’ils soient un, comme moi je suis un avec toi, Père » (Jean 17, 21). Cela implique que l’unité devrait être notre objectif dans la vie. Grâce à cette prise de conscience, j’ai eu l’occasion de rencontrer et de dialoguer avec de nombreuses personnes de différentes confessions, telles que des catholiques, des orthodoxes, des luthériens, mais aussi des personnes d’autres religions, des bouddhistes et des adeptes de religions traditionnelles, à tous les niveaux et de tous âges. Cela m’a donné une vision plus large de la manière de vivre et de gérer la vie dans tous ses aspects. J’ai éprouvé la joie de voir en eux des frères et des sœurs.

J’ai également vu des évêques de l’Église anglicane d’Ouganda accueillir cette spiritualité à travers notre expérience, l’expression de notre vie et notre témoignage. Actuellement, cinq évêques sont amis du Mouvement, dont l’archevêque de l’Église anglicane d’Ouganda. Certains d’entre eux ont également participé aux conférences œcuméniques (conferenze ecumeniche) internationales des évêques organisées par le Mouvement des Focolari.

Nous avons actuellement lancé un groupe de communion à l’Université Chrétienne d’Ouganda, dans le but de mettre en pratique l’amour et l’unité parmi les jeunes étudiants universitaires ; en même temps, nous transmettons également la valeur de l’« Ubuntu »[1], dans le cadre de l’initiative Together for a New Africa , à laquelle je participe en tant que tuteur de cette deuxième édition. Après tout cela, les gens me posent souvent des questions auxquelles j’ai du mal à répondre : « Pourquoi es-tu toujours heureux ? Tu ne te mets jamais en colère ? Pourquoi es-tu toujours disponible ? Tu n’as rien d’autre à faire ? Pourquoi es-tu si généreux ? », et ma réponse a toujours été : « Faites le bien, la récompense est au Ciel ».




Après les quatre Évangiles du Nouveau Testament, le cinquième Évangile que tout le monde devrait lire est celui qui se trouve dans notre prochain, dans l’autre. Nous devons nous considérer comme un témoignage vivant, afin que nos œuvres et nos actions reflètent l’image de Dieu, en faisant aux autres ce que nous aimerions qu’ils nous fassent. Mettre en pratique ce que la Bible enseigne : aimer Dieu de tout son cœur, de tout son esprit et de toute son âme, et aimer son prochain comme soi-même.

Révérend Chanoine Bwanika Michael Eric


[1] Ubuntu est un mot d’origine bantoue d’Afrique subsaharienne qui exprime une philosophie de vie centrée sur la compassion, le respect et l’interdépendance humaine, qui peut se résumer par la maxime « Je suis parce que nous sommes », soulignant par là que l’individu se réalise à travers la communauté, le partage et le bien-être collectif.

Évangile vécu : crédibles dans l’appel à l’unité

Évangile vécu : crédibles dans l’appel à l’unité

L’amour d’une famille

Un vendredi, Moisés est arrivé sur la recommandation d’un autre jeune Vénézuélien qui vit dans le même refuge et qui lui avait dit de passer nous voir, car nous pourrions l’aider en tant que migrant. Moisés est arrivé quelques semaines avant Noël en provenance de Colombie, et il n’avait que trois vêtements de rechange, typiquement caribéens d’ailleurs, qu’il avait emportés avec lui pendant le voyage. Il avait froid. Dieu merci, il a rapidement trouvé du travail dans un restaurant, où il fait la vaisselle et aide en cuisine. Il ne travaille que quelques jours par semaine, mais il reçoit le déjeuner et le dîner.

Nous lui avons donné des vêtements d’hiver et une couverture, car il dormait par terre sur un matelas que lui avait prêté son propriétaire, un monsieur qui a même accepté gentiment qu’il paie son loyer à la réception de son premier salaire. Il a vraiment eu de la chance, car dès son arrivée, il a trouvé un emploi, une chambre et un propriétaire très généreux. Tous les migrants n’ont pas cette chance. Il s’est mis à pleurer quand il a vu ce que nous lui donnions et – comme il l’a dit lui-même – « l’amour de la famille » qu’il recevait.

C’est un jeune comptable professionnel. Nous avons prié et demandé à Dieu qu’il puisse exercer sa profession à l’avenir.

(S.R. – Pérou)

La vraie richesse

La relation restait difficile avec mon beau-frère. Il y avait d’abord eu les dettes dues à l’échec de son activité commerciale, gérée avec inexpérience et peu de prudence, puis de graves problèmes de santé qui nécessitaient des soins et des opérations coûteuses. Chaque fois, nous devions intervenir pour lui trouver l’argent nécessaire, jusqu’à devoir hypothéquer la maison et utiliser les fonds mis de côté pour les études de nos deux enfants. Il n’était pas facile d’aller au-delà des limites humaines de ce beau-frère. En voyant dans quel état il était réduit, nous ne pouvions que penser à Jésus abandonné que mon mari et moi voulions aimer. Personne ne nous aurait peut-être reproché de ne pas continuer à payer pour les erreurs des autres, mais en tant que chrétiens, nous étions appelés à suivre une autre logique. Lorsque j’en ai parlé à mon mari, il a mentionné un compte qu’il avait ouvert à la banque pour les urgences : même si nous perdions les intérêts, il le mettait à la disposition de notre beau-frère. Immédiatement après, nous nous sommes sentis plus en paix et plus unis entre nous. Voilà notre véritable richesse.

(C. – Corée du Sud)

Par Maria Grazia Berretta

(tiré de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, anno XII– n.1° janvier-février 2026)

Foto: © Taylor Nicole – Unsplash / © Silvano Ruggero

Margaret Karram : Città Nuova, un outil important pour le changement

Margaret Karram : Città Nuova, un outil important pour le changement

En 2026, cela fera 70 ans que la revue Città Nuova (Nouvelle Cité) a vu le jour. C’est le 14 juillet 1956, à Fiera di Primiero, dans le nord de l’Italie, lors d’une rencontre estivale des Focolari appelée Mariapolis, que la fondatrice et première Présidente du Mouvement des Focolari, Chiara Lubich, a eu l’idée de créer un « journal » qui permettrait à tous les participants de rester en contact.

Depuis lors, des milliers de publications se sont succédé et Città Nuova s’est toujours efforcée de regarder les faits, de lire et d’approfondir l’actualité dans une perspective de fraternité universelle. Pour dialoguer sur des thèmes délicats, pour être proche des plus fragiles, des oubliés, pour construire des ponts, pour être présent dans les blessures de l’humanité, pour mettre en lumière les germes de paix et d’espérance, avec une perspective globale qui vise un monde uni.

Avec l’expansion du Mouvement dans le monde, des éditions ont vu le jour dans différents pays. Aujourd’hui, elles sont au nombre de 32, en 21 langues, sur papier et en ligne.

Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, a adressé le 7 janvier 2026 un message vidéo dans lequel elle affirme qu’« aujourd’hui, face aux terribles menaces de notre temps – guerres, polarisations de toutes sortes, crises environnementales, économie souvent fondée sur l’exploitation, défis éthiques posés par l’intelligence artificielle – Città Nuova choisit encore et toujours le dialogue :

  • elle choisit la paix comme une quête difficile, mais indispensable ;
  • elle choisit de croire que chaque rencontre, chaque pensée, chaque mot peut contribuer à changer le cours du monde ».

Voici le message vidéo complet. Activez les sous-titres et choisissez la langue souhaitée.

Photo de couverture : Sortie du premier numéro de Città Nuova, 14 juillet 1956. © Archives audiovisuelles CSC

Venezuela : un message d’unité et d’espoir lancé par les jeunes

Venezuela : un message d’unité et d’espoir lancé par les jeunes

« Immergés dans l’obscurité que nous vivons aujourd’hui au Venezuela, nous nous souvenons que nous ne sommes pas seuls. Chiara Lubich a découvert, sous le fracas des bombes en 1943, qu’il existe un Idéal que rien ni personne ne peut détruire : Dieu nous aime immensément ».

Ainsi commence le « Message d’espoir et d’unité » que les Gen (jeunes qui adhèrent à la spiritualité des Focolari) vénézuéliens vivant dans le pays et dans d’autres parties du monde ont partagé le soir du 5 janvier dernier. Ils se sont réunis via Internet pour prier et échanger sur la façon dont chacun vit cette période cruciale pour tout le peuple, sans jamais oublier le choix d’aimer tout le monde. Forte est leur exigence d’affronter ensemble cette période qu’ils ont qualifiée de « sacrée » : « nous ne sommes pas seuls car nous sommes soutenus par la prière de tous ceux qui, au Venezuela et dans le monde entier, demandent la Paix ».

Le message se poursuit ainsi :

« Aujourd’hui, la peur veut nous paralyser, mais la réponse n’est pas la haine, mais l’unité. Chiara nous a enseigné que, lorsque tout s’effondre, la seule chose qui reste est l’Amour. Si nous devenons « un », si nous prenons soin les uns des autres et si nous faisons de Dieu notre roc, la peur perd son pouvoir. Aujourd’hui, la peur veut nous paralyser, mais la réponse n’est pas la haine, mais l’unité.

N’ayons pas peur. Faisons de ce moment une occasion pour :

  • Avoir pleinement confiance que Dieu est notre Père et qu’il ne nous abandonne pas, même lorsque la situation est difficile ;
  • Devenir « un » : que la douleur de notre prochain soit la nôtre. Aidons-nous les uns les autres, partageons le peu ou le beaucoup que nous avons et abattons les murs de l’indifférence ;
  • Être des artisans de paix : que notre arme soit la solidarité.

Si nous restons unis, Jésus est parmi nous et là où Il est, la lumière finit par vaincre les ténèbres.

Courage et confiance ! ».

Par la rédaction
Photo : Vue de la ville de Caracas (Venezuela) © Pixabay

Une vie nouvelle

Une vie nouvelle

« Une vie nouvelle » est l’histoire de Hasan Mohammad, migrant économique originaire du Bangladesh qui est arrivé en Sicile. Grâce à la coopérative Fo.Co., il a trouvé un logement, un travail et une nouvelle famille. Le système d’« accueil diffus » ne se limite pas à l’intégration des migrants, mais vise la réciprocité, où la rencontre entre des personnes différentes devient source de croissance pour tous. Découvrez comment la solidarité peut transformer des vies et des territoires.

Équateur : Clubs écologiques et développement de la personne

Équateur : Clubs écologiques et développement de la personne

Dans le canton de Muisne, Esmeraldas, le projet « Sunrise », réalisé par le Mouvement des Focolari avec le soutien de l’AMU (Actions pour un Monde Uni) et de l’Économie de Communion, rassemble plus de 500 jeunes dans des Clubs situés dans des villes et villages côtiers. Ces Clubs s’occupent non seulement d’écologie, mais aussi du développement intégral de la personne en réponse aux diverses menaces auxquelles ils sont exposés.

« Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance » (Éphésiens 4,4)

« Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance » (Éphésiens 4,4)

Durant de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens [1], nous sommes invités à concentrer notre attention sur un thème particulier, celui évoqué dans la lettre de Paul aux Éphésiens. Dans les lettres dites « de captivité », il s’adresse à ses destinataires en les exhortant à donner un témoignage crédible de leur foi à travers l’unité.

Celle-ci est fondée sur une seule foi, un seul esprit, une seule espérance, et c’est seulement à travers elle que l’on rend témoignage au Christ en tant que « corps ».

« Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance »

Paul nous rappelle l’espérance. Qu’est-ce que l’espérance et pourquoi sommes-nous invités à la vivre ? C’est un germe, un don et une tâche que nous avons le devoir de préserver, de cultiver et de mettre à profit pour le bien de tous. « L’espérance chrétienne nous donne comme place cette étroite ligne de crête, cette frontière où notre vocation exige que nous choisissions, chaque jour et chaque heure, d’être fidèles à la fidélité de Dieu pour nous ».[2]

Notre vocation, l’appel pour les chrétiens, n’est pas seulement une affaire entre l’individu et Dieu, mais c’est une « convocation », c’est-à-dire le fait d’être appelés ensemble, c’est l’appel à l’unité entre ceux qui s’engagent à vivre l’Évangile. Dans les interventions et les écrits de Chiara Lubich, nous trouvons souvent des références explicites à l’unité, aspect propre à sa spiritualité : elle est le fruit de la présence de Jésus parmi nous. Et cette présence est source d’un bonheur profond.

« Si l’unité est si importante pour le chrétien, il s’ensuit que rien ne s’oppose autant à sa vocation que le fait d’y renoncer. Et l’on pèche contre l’unité chaque fois que l’on cède à la tentation, qui réapparaît continuellement, de l’individualisme qui pousse à faire les choses pour son propre compte, à se laisser guider par son propre jugement, par son intérêt ou par son prestige personnel, en ignorant ou même en méprisant les autres, leurs besoins, leurs droits »[3].

« Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance »

Au Guatemala, le dialogue entre les membres des différentes Églises chrétiennes est très actif. Ramiro nous écrit : « Avec un groupe de personnes issues de différentes Églises, nous avons préparé la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Le programme comprenait un festival artistique conçu avec les jeunes et diverses célébrations dans différentes églises. La Conférence épiscopale catholique nous a demandé de poursuivre cette expérience afin de préparer également un moment de partage avec un groupe d’évêques catholiques et des personnes de différentes Églises venues de toute l’Amérique pour une rencontre consacrée au 1700ème anniversaire du Concile de Nicée. Au-delà de ces activités, nous ressentons très fortement l’unité entre nous tous et les fruits qu’elle apporte : fraternité, joie, paix ».

D’après Patrizia Mazzola et l’équipe de la Parole de Vie.


[1] Elle se déroule dans tout l’hémisphère nord du 18 au 25 janvier et dans l’hémisphère sud pendant la semaine de la Pentecôte. Les textes de la prière de cette année ont été préparés par un groupe oecuménique coordonné par l’Église apostolique arménienne.

[2]Madeleine Delbrêl, considérée par beaucoup comme une des personnalités spirituelles les plus marquantes du XXème siècle. Voir « Nous autres, gens des rues », Editions du Seuil 1995. https://www.pasomv.it/files/bocc/madalein_del_brel_noi_spes.pdf
https://www.pasomv.it/files/bocc/madalein_del_brel_noi_spes.pdf
https://www.pasomv.it/files/bocc/madalein_del_brel_noi_spes.pdf

[3] Chiara Lubich, Parole de Vie juillet 1985, in Parole di Vita, di Fabio Ciardi, (Opere di Chiara Lubich 5), Città Nuova, Roma, 2017, p. 327.

© Photo: RÜŞTÜ BOZKUŞ – Pixabay – Lago di Iznik – Turchia

Expérimenter l’unité

Expérimenter l’unité

Le monde d’aujourd’hui manque d’unité. On le voit dans les divisions au sein des familles, entre voisins, entre Églises et communautés, pour ne citer que quelques exemples. Il semble que la polarisation l’emporte sur la compréhension. C’est la conséquence de l’individualisme qui prend le dessus et pousse à décider et à agir pour son propre compte, en
recherchant son intérêt ou son prestige personnel, en dévalorisant les autres, leurs besoins et leurs droits.

Et malgré cela, il est possible de faire l’expérience de l’unité. C’est un chemin qui commence toujours par de petites choses, par un ouiintérieur: oui à l’accueil,ouiau pardon, oui à la vie pour l’autre. Il ne s’agit pas de grands projets, mais de petites fidélités qui, à long terme, transforment une vie, une communauté, tout un environnement. Et lorsque cela se
produit, nous nous rendons compte que la fraternité cesse d’être un idéal et devient une réalité visible et une espérance pour tous.

Martin Buber considère que l’unité est relation. C’est l’espace de la rencontre, celui qui existe entre le Toi et le Moi, un lieu sacré où les différences ne disparaissent pas, mais se reconnaissent mutuellement. Pour lui, l’unité naît lorsque deux réalités se laissent toucher, et non lorsqu’une s’impose à l’autre. Cet « entre deux » peut être compris comme un espace qui accueille la diversité et qui, précisément pour cette raison, devient source de communion. C’est pourquoi, pour Buber,« toute vraie vie est rencontre » (Ichund Du, 1923).

En fait dans l’autre, qu’il s’agisse d’un ami, d’un membre de la famille ou d’une personne quelconque que nous rencontrons sur notre chemin, nous découvrons la grande « possibilité de la relation ». En particulier, l’autre «nous sauve» lorsqu’une situation difficile semble nous emprisonner dans nos peurs, nous permettant d’aller au-delà de nous-mêmes.

Vivre pour être unis signifie marcher ensemble malgré les différences, les transformant en trésor et non en obstacle. C’est une invitation à passer de la simple coexistence à la rencontre, où ce qui appartient à chacun, dans la réciprocité, devient nouveau parce qu’il est partagé et mis en relation.

L’unité, comprise ainsi, n’est pas la somme de nous deux, ni même fragilité: c’est une force qui génère l’espoir qu’il y ait encore un lendemain. La diversité n’est plus une désunion, mais une richesse réciproque. C’est sentir que ce qui arrive à l’autre résonne aussi en moi. « L’union ne consiste pas en l’égalité, mais en l’harmonie », nous rappelle Rabindranath
Tagore.

Que ce mois-ci, nous puissions faire l’expérience de la joie, de la lumière, de la vie, de la paix et de lespérance qui naissent de lunité vécue!

Si nous sommes un, nous percevons tout différemment.

Foto: © JGC-CSC Audiovisivi


L’IDÉE DU MOIS est actuellement produite par le « Centre du dialogue avec les personnes de convictions non religieuses » du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’efforcent de mettre en pratique dans leur vie quotidienne. L’IDÉE DU MOIS est actuellement traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte aux différentes sensibilités culturelles. dialogue4unity.focolare.org

École Foco : s’entraîner pour apporter un nouveau souffle de vie dans nos villes

École Foco : s’entraîner pour apporter un nouveau souffle de vie dans nos villes

« À l’École Foco, j’ai pu construire une relation plus forte avec Dieu, confie Sofia, une Italienne, et j’ai commencé à voir la foi sous un angle différent ». Et José, du Panama : « Pour moi, ce fut une expérience extraordinaire de vivre chaque instant avec tous les autres. J’ai fait l’expérience de la promesse de Jésus qui se rend présent parmi nous lorsque nous nous aimons et que, même dans la diversité, nous pouvons vivre l’unité et la transmettre aux autres ».

Voici quelques témoignages de jeunes qui, au fil des ans, ont participé à l’École Foco, la rencontre annuelle proposée par le Mouvement des Focolari aux jeunes de 13 à 17 ans. Cette année, l’École se déroule du 30 décembre 2025 au 7 janvier 2026 au Centre Mariapoli de Castel Gandolfo (Rome). Ils sont 250, venus de 15 pays : Corée du Sud, Liban, Jordanie, Autriche, Grande-Bretagne, Portugal, Italie, Nigeria, Burundi, Côte d’Ivoire, États-Unis, Panama, République dominicaine, Costa Rica, Brésil.

Au fil du temps, ce type d’expérience s’est révélé être une rencontre vivante et passionnante qui a créé un terrain fertile pour faire naître une véritable relation entre ces jeunes et Jésus ; une occasion unique d’être en contact entre jeunes du même âge qui partagent les mêmes intérêts, se posent les mêmes questions tout en provenant de réalités très éloignées les unes des autres, avec un bagage linguistique, culturel et un vécu différents. Cette dimension, la possibilité de comprendre le regard des autres sur la réalité, l’engagement à vivre ensemble le charisme de l’unité proposé par le Mouvement, soutient et encourage les participants, les poussant à vouloir concrétiser avec force le « testament » de Jésus « Que tous soient un » (Jn 17, 21).

La première édition de l’École Foco a eu lieu en 2020, à l’occasion du centenaire de la naissance de Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, qui a toujours encouragé les adolescents du Mouvement à vivre avec radicalité cet amour évangélique qui a changé la vie de nombreuses personnes. « Dès le début, expliquait Chiara Lubich en se référant aux origines du Mouvement dans un discours prononcé à Washington en 2000, nous avons appelé notre première rencontre « Scuola Foco » (École du Feu), pour souligner la puissance de ce Maître qui, présent parmi nous en raison de notre amour réciproque, formait ceux qui devaient porter dans le monde entier ce nouveau courant de vie ».

L’échange de témoignages sur des actions de solidarité fait souvent naître de nouvelles idées et initiatives parmi les jeunes. « Nous voulions que l’École Foco ne soit pas seulement un souvenir – racontent les jeunes de Croatie – et, encouragés par ce que nous avions entendu, lorsque nous avons appris qu’en Bosnie-Herzégovine, pays voisin du nôtre, de nombreuses personnes souffraient à cause d’une terrible inondation, nous nous sommes mis au travail : l’idée nous est venue d’organiser un concert de bienfaisance à Krizevci pour collecter des fonds en faveur des personnes sinistrées. Nous avons été interviewés par la radio locale où nous avons pu expliquer l’initiative et inviter les gens à venir au concert. L’événement s’est très bien passé. À notre grande joie, l’école de musique de la ville et le groupe musical Klapa Leggero ont également souhaité se joindre à notre action. Pendant le concert, nous avons également pu vendre quelques tableaux que le maire de Krizevci nous avait offerts afin de collecter des fonds pour les populations touchées par les inondations.

En République tchèque, depuis quelques années, les jeunes des Focolari aident gratuitement les personnes dans le besoin en effectuant toutes sortes de travaux dans les maisons et les jardins. Encouragés par les témoignages de proximité entendus pendant l’École Foco, les jeunes ont eux aussi voulu faire de même. « Sachant que dans notre pays, racontent-ils, il y a quelques presbytères abandonnés qui sont en cours de rénovation grâce à un projet appelé « presbytères vivants », nous avons proposé de réparer celui de Křivoklát qui pourra désormais accueillir des familles, des enfants et des jeunes de différentes communautés ». 70 jeunes âgés de 12 à 18 ans, ainsi que quelques parents et animateurs, ont participé à cette initiative. « Nous avons abattu des murs, réparé des cloisons, peint les huisseries, aménagé le jardin », poursuivent-ils. « À Křivoklát, il y a aussi un magnifique château et, afin d’impliquer la population qui vit autour, nous avons invité les gens à une conférence et à un concert de bienfaisance de haut niveau donné par nos amis du Prague Cello Quartet ». À la fin, les surprises n’ont pas manqué : grâce au maire, les jeunes ont pu passer la nuit dans le château !

Cette année, l’École Foco s’inscrit dans la célébration de la fin du Jubilé et souhaite raviver l’espoir dans le cœur de nombreuses personnes. Elle marquera également le début de l’année où l’on célébrera les 60 ans du Mouvement Gen, acronyme de Génération Nouvelle, les jeunes générations du Mouvement des Focolari. 2026 sera l’année où l’on regardera le chemin parcouru : la vie de nombreux enfants, adolescents et jeunes qui ont généré de la proximité et un changement en eux et autour d’eux, une manière concrète de travailler avec beaucoup d’autres pour construire un monde plus uni et plus pacifique.

Ana Tano, Paola Pepe, Fiorella Tassini

Nostra Aetate : le dialogue interreligieux comme style de vie

Nostra Aetate : le dialogue interreligieux comme style de vie

Le 28 octobre 2025, l’événement commémoratif intitulé « Marcher ensemble dans l’espérance » s’est déroulé au Vatican, dans la salle Paul VI, à l’occasion du 60e anniversaire de la Déclaration Conciliaire Nostra Aetate sur les relations de l’Église avec les autres religions.

Un moment pour célébrer, à travers des témoignages de foi, des échanges et des manifestations culturelles, six décennies d’amitié et de collaboration entre les fidèles des différentes religions du monde et pour récolter ensemble les fruits de ce cheminement. Nous partageons ici quelques réflexions recueillies immédiatement après l’événement.

Assise appelle les bénévoles

Assise appelle les bénévoles

Assise n’est pas seulement la ville de saint François, elle est devenue le cœur battant et la maison de tous ceux qui souhaitent vivre intensément les valeurs de l’écologie intégrale. Inspiré par le Cantique des créatures, le poème écrit par saint François, un projet est né ici qui est en train de changer notre relation à la planète : ASSISI Terra Laudato Si’ (ATLS). Inauguré le 22 avril 2024, ATLS n’est pas fait de briques, mais un véritable « écosystème » où nous pouvons nous rencontrer, recharger nos batteries spirituelles et expérimenter notre engagement envers la maison commune.

Ce projet crucial repose sur les quatre aspects indissociables de l’écologie intégrale indiqués par le pape François : le souci de la nature, la justice envers les pauvres, l’engagement dans la société et la paix intérieure. C’est la réponse de nos contemporains à l’appel que nous ressentons à « aller réparer notre maison commune ».

L’écosystème du bénévolat : Laudato Si’ et Focolari en Action

ASSISI Terra Laudato Si’ propose un programme intense de retraites Laudato Si’ et, surtout, un programme de bénévolat qui permet aux personnes de vivre une expérience d’immersion, en offrant leur temps aux autres. L’activité est animée par un désir commun et un fort esprit d’échange synodal entre les différents partenaires.

Un exemple de cette collaboration vient du Mouvement des Focolari et confirme un partenariat charismatique de grande importance. Cristina Calvo, une focolarine argentine, a pu servir comme bénévole pendant 40 jours en participant activement à la méthodologie et au contenu de l’ATLS. Hébergée au sanctuaire de Saint-Damien, elle a partagé avec les frères, les visiteurs, les groupes scolaires et paroissiaux non seulement les moments liturgiques, mais aussi actualisé l’expérience vécue de saint François et de sainte Claire, en soulignant leur lien prophétique avec l’encyclique LaudatoSi’.

Cristina a décrit cette opportunité comme un « immense don de Dieu », la preuve concrète que la collaboration enjouée et l’accueil discret sont une formule gagnante pour une expérience de vie en faveur de la Création.

Si vous aussi vous ressentez fortement l’appel à contribuer et souhaitez vivre les valeurs de l’écologie intégrale dans un contexte spirituel unique, l’invitation est simple : « Venez et vous verrez ! ». Vous pouvez vous inscrire dès maintenant pour une Retraite ou pour être Bénévole sur le site AssisiLaudatoSi.org. Nous vous attendons à Assise, terre de la Laudato Si’ !

par Carlos Mana

Noël 2025

Noël 2025

En un temps encore marqué par des divisions de toutes sortes, un souhait pour que, à l’occasion de ce Noël, se renouvelle en chacun et chacune de nous la joie du service, du partage et de la réciprocité, faite de gestes concrets, en particulier envers ceux qui souffrent. Un engagement à vivre Noël sous le signe de la fraternité et de la proximité, en semant l’espérance.