Chassé en exil à Babylone, le peuple d’Israël a tout perdu : sa terre, son roi, son temple et donc la possibilité d’adorer son Dieu, celui qui l’avait jadis fait sortir d’Égypte.
Mais voici que la voix d’un prophète fait une annonce fracassante : il est temps de rentrer chez soi. Une fois de plus, Dieu interviendra avec puissance et ramènera les Israélites à travers le désert jusqu’à Jérusalem. Cet événement prodigieux sera vu par tous les peuples de la terre :
« Tous les confins de la terre verront le salut de notre Dieu »
Aujourd’hui encore, l’actualité est remplie de nouvelles alarmantes : des personnes qui perdent leur emploi, leur santé, leur sécurité et leur dignité ; des jeunes surtout qui risquent leur avenir à cause de la guerre, de la pauvreté causée par le changement climatique dans leur pays ; des peuples sans terre, sans paix, sans liberté.
Un scénario tragique, aux dimensions planétaires, qui coupe le souffle et assombrit l’horizon. Qui nous sauvera de la destruction de ce que nous pensions avoir ? L’espérance semble ne plus avoir sa raison d’être. Pourtant, l’annonce du prophète s’adresse aussi à nous :
« Tous les confins de la terre verront le salut de notre Dieu »
Sa parole révèle l’action de Dieu dans l’histoire personnelle et collective et nous invite à ouvrir les yeux sur les signes de ce plan de salut. Il est en effet déjà à l’œuvre dans la passion pédagogique d’un enseignant, dans l’honnêteté d’un entrepreneur, dans la rectitude d’un administrateur, dans la fidélité de deux époux, dans l’étreinte d’un enfant, dans la tendresse d’une infirmière, dans la patience d’une grand-mère, dans le courage de ces hommes et de ces femmes qui résistent pacifiquement à la criminalité, dans l’accueil d’une communauté.
« Tous les confins de la terre verront le salut de notre Dieu »
Noël approche. Dans le signe de l’innocence désarmée de l’Enfant Jésus, nous pouvons reconnaître une fois de plus la présence patiente et miséricordieuse de Dieu dans l’histoire humaine et en témoigner par nos choix à contre-courant :
« […] dans un monde comme le nôtre, où l’on théorise la lutte, la loi du plus fort, du plus rusé, du plus sans scrupules, et où parfois tout semble paralysé par le matérialisme et l’égoïsme, la réponse à donner est l’amour du prochain. C’est le remède qui peut le guérir. […] C’est comme une vague de chaleur divine qui rayonne et se propage, pénétrant les relations entre les personnes, entre les groupes, et transformant peu à peu la société » [1].
Comme pour le peuple d’Israël, c’est pour nous aussi le moment de nous mettre en route, l’occasion propice pour faire un pas en avant décisif vers tous ceux – jeunes ou vieux, pauvres ou migrants, chômeurs ou sans-abri, malades ou prisonniers – qui attendent un geste d’attention et de proximité, un témoignage de la présence douce mais efficace de l’amour de Dieu au milieu de nous.
Aujourd’hui, les frontières au-delà desquelles porter cette annonce d’espérance sont certes celles géographiques, qui deviennent si souvent des murs ou des lignes de guerre douloureuses, mais aussi celles d’ordre culturel et existentiel. En outre, une contribution efficace pour aller vaincre l’agressivité, la solitude et la marginalisation peut provenir de ces communautés numériques souvent fréquentées par les jeunes.
Comme l’écrit le poète congolais Henri Boukoulou : « […] O, divine espérance ! Là, dans les sanglots désespérés du vent, les premières phrases du plus beau poème d’amour sont tracées. Et demain, c’est l’espérance !» [2]
D’après Letizia Magri et l’équipe de la Parole de vie
[1] C. Lubich, Parola di Vita maggio 1985, in eadem, Parole di Vita, a cura di Fabio Ciardi, (Opere di Chiara Lubich 5), Città Nuova, Roma, 2017, pp. 323-324.
Face aux défis mondiaux, aux scénarios tragiques qui frappent la planète, aux nouvelles qui nous parviennent, tout semble se liguer pour nous couper le souffle et assombrir l’horizon. L’espérance apparaît comme un bien fragile, presque un mirage. Il semble donc naturel de se poser cette question : pouvons-nous encore « espérer » un autre scénario, un avenir meilleur pour l’humanité, ou sommes-nous condamnés à la résignation?
Dans ce contexte, la pensée du philosophe allemand Ernst Bloch (1885-1977) pourrait nous aider: «L’espoir n’est pas une illusion passive, mais un « rêve vers l’avenir », un principe actif qui anticipe ce qui n’est pas encore donné. Il est lié à l’idée que l’avenir est ouvert et malléable, et non prédéterminé.» [1].
C’est ainsi que chacun d’entre nous «peut encore espérer», comme dans un rêve éveillé. Si nous savons regarder attentivement, nous pourrons voir l’aube d’un nouveau réveil qui est déjà présent. Nous le voyons dans la passion éducative d’un enseignant, dans l’honnêteté d’un entrepreneur, dans la droiture de ceux qui administrent avec intégrité, dans la fidélité d’un couple, dans l’étreinte d’un enfant, dans les soins d’un infirmier, dans la patience d’une grand-mère, dans le courage de ceux qui résistent pacifiquement à la violence, dans l’accueil d’une communauté.
Le témoignage des enfants dans les zones de guerre, où ils trouvent des environnements protégés dans lesquels préserver leur avenir, nous parle encore davantage d’espoir. C’est ce que nous révèlent les dessins réalisés par les filles et les garçons qui participent aux programmes de soutien psychosocial de «Save the Children». Entre crayons et couleurs émergent des espoirs de devenir médecins, écrivains ou stylistes de mode… Ces lieux sûrs où ils se rencontrent offrent un cadre où ils peuvent jouer, s’exprimer et imaginer un avenir audelà du conflit. Les œuvres ont été diffusées à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre 2025, et témoignent de la résilience des plus jeunes face à la guerre. [2].
Enfin, et ce n’est pas rien, nous trouvons l’espoir dans des millions de personnes à travers le monde: des enfants, des jeunes, des adultes et des personnes âgées qui, touchés par des maladies graves, affrontent avec force, ténacité et résilience le défi de surmonter cet obstacle que la « vie » leur a imposé: quel courage et quelle preuve d’amour pour la vie ces personnes nous offrent!
Ces petits signes quotidiens nous rappellent que l’espoir n’est pas une illusion, mais une force réelle, fruit de l’amour qui rayonne et qui est capable de transformer la société pas à pas.
Tout le monde a soif d’espoir, tant ceux qui sont proches de nous que ceux qui sont loin (physiquement, existentiellement ou culturellement). Cette idée nous invite à ne pas rester immobiles, mais à faire quelque chose pour apporter l’espoir à ceux qui en ont besoin et qui ont perdu tout sens à leur vie. Approchons-nous avec un geste d’attention, en nous rendant proches, en apportant notre amour avec délicatesse et gratuité. Ils sont nombreux à l’attendre, et nous sommes appelés à les rejoindre tous. Comme l’écrit le poète congolais Henri Boukoulou: «[…] Ô divine espérance! Voici que dans les sanglots désespérés du vent, s’esquissent les premières phrases du plus beau poème d’amour. Et demain, c’est l’espérance!» [3].
L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le « Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse » du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Actuellement L’IDÉE DU MOIS est traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte pour s’adapter aux différentes sensibilités culturelles. www. dialogue4unity.focolare.org
Du 28 au 30 novembre, le Centre Mariapoli de Castel Gandolfo (Rome, Italie) accueillera l’événement « Restarting the economy », promu par la Fondation The Economy of Francesco (EoF) avec le soutien du Dicastère du Vatican pour le service du développement humain intégral.
Il s’agit du premier rendez-vous mondial de l’EoF qui se déroule loin d’Assise et sans la présence du Pape François. « Une nouveauté qui ne marque pas une distance, mais plutôt une extension », souligne Mgr Domenico Sorrentino, Président de la Fondation. « L’esprit d’Assise se rapproche de Rome et du Pape, pour continuer à inspirer une économie capable de se mettre au service de l’humanité et de la création ».
La rencontre de l’EoF à Assise, septembre 2022
Plus de 600 jeunes provenant de 66 pays, avec une majorité de femmes et la participation d’environ 80 lycéens, ainsi que des économistes, des philosophes, des entrepreneurs, des théologiens, des artistes et des décideurs politiques.
C’est « un signe que la proposition d’engagement des jeunes pour changer l’économie est vivante et porteuse d’avenir », affirme le professeur Luigino Bruni, vice-président de la Fondation et créateur de l’événement depuis sa naissance. Restarting the Economy est la version EoF du Jubilé : un retour au sens biblique originel avec la libération des esclaves d’aujourd’hui (dépendances, usure, misères), la remise des dettes (et donc la grande question de la finance, bonne et mauvaise), la restitution de la terre (l’écologie, la justice, les défis qui traversent l’Amazonie, l’Afrique et nos villes) ».
Au cours de l’événement, le EoF Fraternity Report 2025 sera présenté, fruit du travail de cette année et destiné à devenir un rendez-vous annuel : une mesure de l’état de la fraternité dans le monde, concept cher à Saint François et au Pape François. « Le rapport souligne que la fraternité, pilier moral et social, est également une composante économique décisive mais encore non mesurée », affirme Paolo Santori, Président du comité scientifique de la Fondation.
En développant un indicateur innovant basé sur des données internationales, l’étude analyse le degré de fraternité au sein et entre les économies mondiales (…) et invite à repenser le développement, la coopération et le bien-être collectif.
Le Dicastère du Vatican pour le service du développement humain intégral a accompagné dès le début le parcours de The Economy of Francesco, reconnaissant dans ce mouvement une forte affinité avec sa propre mission. « Des valeurs telles que la centralité de la personne, la justice sociale et écologique, la solidarité, l’inclusion et la coopération constituent un terrain d’entente sur lequel s’est développé un accompagnement respectueux de l’autonomie du mouvement, mais capable de soutenir sa croissance et ses initiatives au cours de ces dernières années », réaffirme le Père Avelino Chicoma Bundo Chico, S.I., Responsable du bureau du Dicastère.
Présentation de l’événement dans la salle de presse du Vatican. De gauche à droite : Luca Iacovone, Luigino Bruni, Mgr Domenico Sorrentino, Rita Sacramento Monteiro, Père Avelino Chicoma Bundo Chico et Cristiane Murray.
Le programme à Castel Gandolfo « s’articulera autour de plénières avec des invités internationaux tels que Sabine Alkire, Jennifer Nedelsky, Paolo Benanti, Massimo Mercati et Stefano Zamagni, d’ateliers thématiques, de moments spirituels et créatifs, et d’une grande exposition de projets et d’expériences nés au sein du mouvement EoF : l’EoF Fair », affirment Rita Sacramento Monteiro et Luca Iacovone, membres de l’équipe organisatrice de l’événement.
Une importance particulière sera accordée à deux sessions spécifiques : Prophetic Voices for a New Economy, au cours de laquelle des jeunes issus de différents contextes raconteront leurs expériences de changement déjà en cours ; et Extraordinary Ideas for the Economy of Francesco, une série de brèves interventions qui donneront la parole à des idées entrepreneuriales, des initiatives sociales et des recherches innovantes sélectionnées dans le cadre d’un appel international.
Le 80e anniversaire de l’ONU (Organisation des Nations Unies) a été l’occasion d’organiser à Nairobi, au Kenya, un événement international intitulé « Cities, Communities, Care-Youth in Action for Sustaining Peace ». Cette conférence a réuni de nombreux jeunes Africains et des représentants du monde entier, protagonistes d’un nouvel élan vers la construction de sociétés pacifiques et résilientes, capables de construire l’avenir du continent africain, avec à cœur le monde uni.
Le moment fort a été la présentation de la « Charte des engagements », un document qui promeut la paix à travers le dialogue interculturel, les initiatives artistiques et les programmes communautaires, en reconnaissant aux jeunes le rôle central d’« influenceurs de paix » et d’agents du changement. Au cœur de la vision présentée figure l’adoption des valeurs de l’ubuntu, la philosophie africaine qui invite au partage et à la réciprocité, comme base d’une société solidaire. Les jeunes encouragent les Nations unies et l’Union africaine et apprécient leur rôle dans le soutien et la collaboration avec les gouvernements locaux, les acteurs de la société civile, les institutions religieuses et les organisations de jeunesse, dans la promotion de la solidarité, la justice et l’égalité tant au niveau local que mondial. La Charte soutient des actions concrètes pour des villes plus accueillantes, un développement durable, un nouvel élan pour l’entrepreneuriat des jeunes et une nouvelle vision africaine, libre de frontières et de barrières. Elle souligne l’urgence d’une plus grande inclusion, formation et participation des jeunes dans les processus décisionnels, à tous les niveaux.
Cet appel a été lancé à l’issue de cet événement organisé par New Humanity, une ONG du mouvement des Focolari. Les travaux se sont déroulés à la Mariapolis Piero de Nairobi. Ont également participé à cette initiative : UN Habitat, l’agence des Nations Unies pour le développement urbain, le PNUE, l’agence des Nations Unies pour l’environnement, le mouvement Laudato Sì Africa, Greening Africa Together, Living Peace International, Africa Interfaith Youth Network, l’Association internationale de sociologie, le Centre universitaire ASCES de Caruarú au Brésil, ainsi que toutes les expressions sociales, politiques et culturelles du mouvement des Focolari.
Paix, développement urbain, environnement et leadership de communion
Selon les jeunes leaders réunis à Nairobi, cette nouvelle perspective ne pourra se concrétiser qu’à travers la création de mécanismes permanents de collaboration tant au niveau local qu’international. Un véritable travail de construction et de consolidation de réseaux. L’événement a vu la participation de trente intervenants internationaux, huit tables rondes, six connexions en direct et huit témoignages vidéo, provenant de villes des cinq continents, avec une attention constante portée au dialogue avec les jeunes. Les thèmes abordés ont porté sur la paix, le développement urbain, la protection de l’environnement et les nouvelles formes de leadership de communion.
Messages de bienvenue
La conférence a été ouverte par les messages vidéo de Felipe Paullier, assistant du Secrétaire général des Nations Unies pour la jeunesse, et de Margaret Karram, présidente du Mouvement des Focolari. Après avoir rappelé que Nairobi est l’un des trois principaux sièges des Nations Unies, M. Paullier a déclaré que « toute guerre est une défaite pour l’humanité, un échec du dialogue. Les jeunes ne sont pas seulement les victimes des crises actuelles : ils sont les créateurs, les leaders et les bâtisseurs de la paix ». Et plus de 2 milliards de jeunes sont « prêts à être des partenaires à part entière dans la construction de notre avenir commun ». Un message clair pour tous : en s’appuyant sur une génération qui « résiste à la haine, refuse l’indifférence et choisit la paix comme responsabilité quotidienne », il est possible de partir précisément des villes et des communautés, car c’est « dans les quartiers, les écoles, les lieux de culte et les communautés locales que la coopération devient tangible ».
Margaret Karram a tenu à rappeler l’initiative, vieille de dix ans maintenant, de formation à un leadership de communion qui a été lancée par l’Institut universitaire Sophia et le Mouvement politique pour l’unité avec le programme « Together for a New Africa ». Au cours de son dernier cycle triennal, le programme a mobilisé 140 jeunes de 14 pays africains, ainsi que des tuteurs et des enseignants, qui, dans les jours précédant la conférence, ont organisé leur université d’été annuelle en mode hybride, afin de rassembler et de discuter les résultats de leurs actions locales. Un autre programme évoqué par la présidente des Focolari, qui rassemble depuis un an 150 jeunes de 60 pays du monde entier, actifs dans le domaine politique et dans la société civile, est « One Humanity, One Planet : Synodal Leadership ». Des jeunes « qui se forment et travaillent pour mettre en œuvre de bonnes politiques et générer un impact social, avec une vision inspirée par la culture de l’unité ».
Il s’agit là de perspectives qui définissent l’engagement de l’ensemble du Mouvement des Focolari, déjà « abouti dans le document « Together To Care » remis à l’ONU il y a un an », a expliqué la présidente, en s’appuyant sur « des initiatives telles que Living Peace, qui implique plus de 2 millions de jeunes dans le monde » ; avec « l’AMU, qui compte près de 900 projets de coopération, témoignant d’un engagement concret et généralisé ». Dans ce contexte, elle a apprécié l’effort visant à « tracer une voie commune pour redéfinir la vie urbaine, en valorisant et en renforçant les liens sociaux » et a ajouté : « combien les cultures africaines ont à nous dire sur cet aspect important ! ». Son invitation à redécouvrir au cœur des villes « des communautés de solidarité et de réconciliation invisibles à l’œil nu » est percutante : « des villes invisibles qui, à leur petite échelle, contribuent jour après jour à construire un réseau mondial de paix et montrent qu’un autre monde est possible ». Enfin, elle a souligné la réciprocité comme clé du changement, que Chiara Lubich avait déjà évoquée en 1997 dans le cadre d’une intervention au Palais de verre de l’ONU : « La réciprocité, a-t-elle conclu, est un objectif qui peut nous rapprocher, nous faire grandir, qui peut devenir réalité lorsque nous faisons le premier pas vers l’autre, quel qu’il soit et quelles que soient ses convictions, pour comprendre ses raisons, pour chercher un lien, pour établir une relation. »
Les défis de l’Afrique et la contribution de l’ONU-Habitat
Parmi les invités, Christelle Lahoud, de l’ONU-Habitat, a souligné que l’Afrique, continent à la population la plus jeune et en rapide urbanisation, représente à la fois une urgence et une opportunité. La construction de la paix se renforce lorsque les jeunes peuvent participer activement aux processus décisionnels, contribuant ainsi à la création d’espaces urbains sûrs et inclusifs. Avec une population urbaine qui devrait atteindre 70 % au niveau mondial d’ici 2050, les villes sont appelées à relever des défis croissants, notamment les inégalités, les migrations forcées et les urgences climatiques, qui mettent à rude épreuve la cohésion sociale et les ressources.
Lahoud a souligné que les jeunes jouent déjà un rôle de premier plan dans la co-création d’espaces urbains plus résilients, en évaluant les risques, en collectant des données et en influençant les politiques locales, en collaborant avec les administrations et les autorités pour façonner des villes qui reflètent les besoins réels des communautés. Les villes deviennent ainsi le reflet de la manière dont les sociétés vivent ensemble, instaurent la confiance entre les générations et poursuivent le bien-être collectif, en accord avec la philosophie ubuntu.
Expériences internationales et engagement dans les villes du monde
Les expériences de villes telles que Bethléem, Beyrouth, Kinshasa, Trente, Manille, Pajule, Koper et Medellin ont contribué à donner une dimension internationale à l’événement, démontrant que la transformation sociale et culturelle peut naître de la base, grâce à la collaboration entre la société civile et les institutions. Des témoignages tels que ceux d’Agnes Aloyotoo, candidate aux élections en Ouganda, et de Jonathan Masuta, président d’une des fédérations de jeunes de l’Union africaine, ont montré que les nouvelles générations sont déjà actives pour donner la parole aux jeunes dans les décisions exécutives.
Le message qui nous parvient de Nairobi est clair : la confiance dans le rôle central des jeunes est la clé pour construire des sociétés plus justes, solidaires et pacifiques, à commencer par les villes et les communautés locales. Cet événement fait ressortir une forte détermination à agir en réseau, tant au niveau local qu’international, afin de promouvoir une culture de la paix fondée sur la responsabilité, la collaboration et l’inclusion des nouvelles générations.
Présentation du Bilan de Communion 2024 qui s’est tenue à Rome (Italie) le 6 novembre 2025. La vidéo est en italien avec une intervention en anglais. Les sous-titres ont été générés automatiquement, il faut les activer et choisir la langue.
En vue de l’Assemblée, le 7 novembre 2025 s’est achevée la première collecte, provenant des différentes régions du monde, des indications de préférences pour l’élection de la Présidente, du Coprésident et des Conseillers/ères généraux, mais aussi la phase de collecte des idées et des propositions de thèmes à aborder lors de l’Assemblée. Quelles sont les prochaines étapes ? Comment ces propositions seront-elles organisées ?
Du monde entier, plus précisément des 15 zones qui composent le Mouvement des Focolari, sont arrivées diverses propositions, issues tantôt d’une réflexion communautaire, tantôt d’une réflexion individuelle. Quelques-unes ont déjà été synthétisées par les commissions zonales présentes dans plusieurs lieux qui, avec toutes les autres, seront lues avec attention, regroupées par thèmes et résumées afin d’en faciliter la lecture. En tant que Commission Préparatoire de l’Assemblée (CPA), nous sommes déjà au travail dans ce sens. Certaines aires thématiques regrouperont les propositions examinées et synthétisées à proposer à l’Assemblée. Un parcours de discernement authentique, dans lequel la communion entre nous sera fondamentale dans le processus de décision opérationnelle. L’Assemblée, en recevant le fruit de ce travail, aura pour tâche d’examiner les idées, d’en envisager de nouvelles si elle le juge nécessaire et de voter pour définir les orientations des cinq prochaines années d’activité de l’Œuvre. Il est bien sûr important de souligner que toutes les propositions que nous avons recueillies en tant que CPA seront consignées dans un « livre des propositions », un dossier que les participants à l’Assemblée pourront lire personnellement ou lors des différentes rencontres. Aucune contribution qui nous est arrivée pendant cette période précieuse ne sera donc perdue, mais figurera dans un vademecum pour pouvoir continuer à cheminer ensemble.
Au cours de cette période, des propositions de modification des Statuts Généraux ont également été recueillies. Pouvez-vous nous expliquer quels sont les critères utilisés pour mener à bien un tel travail ?
En ce qui concerne cette consultation, il faut tout d’abord tenir compte de la nécessité qui s’est fait jour d’approfondir encore plus nos Statuts Généraux, afin de mieux comprendre ce qui est davantage lié au moment historique où ils ont été écrits et ce qui, en revanche, est lié au charisme. C’est pourquoi suivant les indications de Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, nous nous sommes concentrés pour le moment sur des thèmes qui ont guidé nos pas dans la collecte de propositions de modifications aux Statuts Généraux. Par exemple, l’application des dispositions établies par le Décret du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, du 3 juin 2021, qui réduit la durée des mandats à un maximum de 5 ans. Un autre élément à ne pas négliger concerne certaines nécessités apparues dans la vie du Mouvement, compte tenu par exemple de la grande réorganisation territoriale survenue ces dernières années dans les différentes aires géographiques ; cela conduit à responsabiliser davantage tous les membres de l’Œuvre, à la possibilité de réduire encore le nombre des conseillères et des conseillers élus lors de l’Assemblée et à l’attention portée à des propositions déjà formulées lors de la précédente Assemblée Générale de 2021.
Comment passe-t-on concrètement de la proposition à la modification effective des Statuts ?
Comme nous l’avons déjà dit, nous sommes conscients qu’il ne sera pas possible d’engager un changement global dans les Statuts Généraux, mais nous examinerons en particulier les aspects qui ne peuvent être reportés. Nous avons donc vécu un parcours qui nous a conduits à recueillir des propositions du monde entier, par l’intermédiaire de la Commission Préparatoire de l’Assemblée, dans le cadre d’un processus participatif mené dans les différentes aires géographiques où le Mouvement des Focolari est présent. À présent, Margaret Karram a confié l’étude de ces propositions à une commission spécifique, qui procédera aux évaluations nécessaires. Cette commission, composée de personnes compétentes dans différents domaines, élaborera un avis qui viendra s’ajouter à l’étude réalisée ces dernières années par une autre commission mandatée après l’Assemblée de 2021 ; cela permettra de fournir à la Présidente et à la prochaine Assemblée les éléments nécessaires pour discerner si ces propositions sont cohérentes, avant tout avec le charisme, avec le droit canonique, avec la réalité que vit aujourd’hui l’Œuvre de Marie, etc. Les propositions seront donc présentées en mars prochain à l’Assemblée Générale, qui a la faculté de délibérer et d’approuver. Les modifications qui seront éventuellement approuvées par l’Assemblée seront soumises ensuite au Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, dont nous dépendons comme Mouvement, qui pourra les approuver ou non. Ce n’est qu’après cette approbation qu’elles seront applicables.
La Commission préparatoire de l’Assemblée (CPA), composée de membres du Mouvement des Focolari provenant de différents continents et ayant différentes vocations, lors de sa première réunion en présentiel en avril 2025. Photo Javier García – CSC Audiovisivi
La méthode qui sera utilisée à certains moments de l’Assemblée Générale s’inspirera de celle de la « Conversation dans l’Esprit ». Pouvez-vous nous expliquer en quoi elle consiste ?
Cette méthode, utilisée au cours du Synode, est une dynamique de discernement, un outil que nous avons proposé d’adopter également dans les Assemblées de zone : la conversation dans l’Esprit à la lumière du charisme de l’unité. Il ne s’agit pas d’une simple technique permettant de résoudre pacifiquement des questions entre des personnes qui ont des opinions différentes. C’est quelque chose de très profond qui engage tout le monde et qui se réalise à travers quelques passages essentiels, à commencer, plus précisément, par une préparation personnelle : chacun se confiant au Père, se mettant dans le silence, en prière et à l’écoute de l’Esprit Saint, prépare sa propre contribution inhérente à la question sur laquelle on est appelé à discerner. Ensuite, il est nécessaire de faire place aux autres dans un climat de grande communion : à partir de ce que les autres ont dit, chacun peut partager ce qui a le plus résonné en lui et, en même temps, ce qu’il a le plus de mal à accueillir. Sur la base de ce qui est ressorti, on entame le dialogue afin de discerner et de recueillir le fruit de la conversation dans l’Esprit : reconnaître les intuitions et les convergences, identifier les divergences, les obstacles et laisser émerger de nouvelles questions. Il est très important, dans cette dynamique, de laisser la place à ce qu’on appelle les « voix prophétiques », ces intuitions aptes à lire en profondeur l’histoire, et que chacun, dans cette dimension communautaire, puisse sentir que sa pensée fait partie du résultat final des travaux. Pour cette raison, il convient de faire précéder toute chose par le Pacte d’amour réciproque, qui exprime la ferme volonté de cheminer ensemble vers Dieu concrètement, en s’aidant, en se pardonnant, en recommençant chaque fois que cela est nécessaire. Ce faisant, la conversation dans l’Esprit facilitera le discernement requis. Elle sera utile pour “reconnaître” la présence de Dieu dans la complexité des événements historiques, les « interpréter” à la lumière du charisme de l’unité et avoir le courage de croire en la possibilité de « mettre en œuvre » ce qui aura été décidé.
Outre les participants ayant droit de vote, certains invités seront également présents à l’Assemblée, mais ils ne pourront pas voter. Quelle est la signification de leur présence ?
C’est le Statut même de l’Œuvre qui prévoit la présence à l’Assemblée d’un certain nombre de participants invités directement par la Présidente, dans la mesure où leur contribution est considérée comme précieuse et très enrichissante. Il s’agit de personnes qui participent au Mouvement de diverses manières et sous différentes formes : membres de différentes Églises, fidèles de différentes religions, personnes de convictions non religieuses ou de cultures différentes, experts dans des domaines variés. Grâce à leur expérience, elles peuvent aider au discernement sur divers thèmes. Leur présence permet d’élargir le regard et les horizons. Ainsi, l’Assemblée pourra mieux représenter l’Œuvre dans sa diversité, la rendant plus apte à vivre pour l’ut omnes. Les invités participeront comme les autres aux discussions en plénière et aux travaux de groupe. La seule différence est qu’ils ne pourront pas voter, mais le vote n’est qu’un des moments de l’Assemblée qui se veut avant tout une expérience profonde d’unité pour réfléchir et discerner ensemble, à l’écoute de l’Esprit Saint, sur l’avenir de l’Œuvre.
Au petit matin du 10 novembre, le moine bouddhiste thaïlandais Phra Maha Thongrattana Thavorn s’est éteint et la nouvelle s’est rapidement propagée parmi les communautés des Focolari à travers le monde. Sa disparition appelle l’attention sur un parcours de dialogue entre les Religions, engagé à œuvrer pour un monde uni, pour la compréhension réciproque et pour la paix.
Son histoire croise celle du Mouvement des Focolari en 1995, lorsqu’il accompagne son disciple Somjit en Italie et visite pour la première fois Loppiano, la cité-pilote internationale du Mouvement. C’est là qu’il rencontra Chiara Lubich. La proximité spirituelle que le moine ressentit dès lors avec la fondatrice des Focolari fut telle qu’il commença à l’appeler « maman Chiara ». De son côté, Chiara reconnut en lui une âme d’une profondeur extraordinaire, à même d’éclairer la voie du dialogue interreligieux de façon authentique et respectueuse, d’où le nom « Luce ardente » (Lumière ardente) sous lequel il est connu de beaucoup. Depuis lors, le moine thaïlandais est devenu un ami fidèle du Mouvement, participant à de nombreux événements en Asie et en Europe. Sa présence était discrète mais profonde, et son message toujours clair : les religions ne doivent pas entrer en concurrence, mais collaborer pour le bien de l’humanité.
« Luce Ardente » con Chiara Lubich a Bangkok , Thailandia (1997)
Margaret Karram, Présidente des Focolari, a écrit ceci aux communautés du monde entier :
« Il a vécu pleinement le nom que Chiara lui avait donné, étant partout un instrument de lumière, de consolation et d’espérance. Jusqu’au dernier instant, il a aimé et vécu pour construire la fraternité. Au cours de sa vie, il a su parler de l’unité de manière unique, avec sagesse et passion, dans des livres, des revues, des émissions de radio, des rencontres avec des moines et des laïcs bouddhistes, non sans avoir à faire face à des difficultés. Un jour, à un moine qui lui demandait, perplexe : « Maître, tu suis une femme chrétienne ?”, il répondit : “Je ne suis pas une femme, mais son idéal de fraternité universelle. Elle n’appartient pas seulement aux chrétiens, elle nous appartient à nous aussi.”
Dans son dernier message, il m’a écrit : « Margaret, je souffre, mais je résiste, je résiste, je résiste, car mes souffrances ne sont rien comparées à celles de Jésus sur la croix. Je résiste parce que je suis un fils de ‘maman Chiara’. Souviens-toi : nous ne nous voyons plus, mais un jour nous nous reverrons. Je vais bientôt la rejoindre. »
Personnellement, je garde dans le cœur chaque mot qu’il m’a écrit et chaque conseil qu’il m’a donné. Il m’a appris ce que signifie « résister par amour », et son unité avec moi a été un don précieux que je n’oublierai jamais.
Luce Ardente a demandé à être enterré à Loppiano, où il a rencontré Chiara et découvert la spiritualité de l’unité. Dans une interview accordée en 2021, il réaffirmait avec force sa vision : « Je voudrais que chacun, dans sa propre religion, cherche la signification profonde de sa doctrine. C’est seulement ainsi que nous pourrons vivre ensemble dans la paix et l’harmonie. » C’est un appel à la profondeur, à la sincérité, au partage. Une invitation qui résonne aujourd’hui comme un testament spirituel.
« Nous avons choisi de raconter des histoires de proximité et de fraternité, fruits de l’engagement de nombreuses personnes et communautés dans le monde qui, au quotidien, cherchent à susciter la confiance. » C’est par ces mots que Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, a ouvert la présentation du Bilan de communion 2024 (BdC) qui s’est tenue le 6 novembre 2025 à l’Institut pontifical patristique Augustinianum de Rome. Un document va au-delà du simple rapport économique et présente les œuvres actives liées aux Focolari, dans différents pays ainsi que leur impact concret sur les personnes, les communautés et les territoires. « Il ne se limite pas à quantifier des chiffres, mais raconte des relations », a souligné Sœur Alessandra Smerilli, secrétaire du Dicastère pour le développement humain intégral. « La communion est un bien stratégique. Ce n’est pas un simple partage de ressources, mais il s’agit de construire des liens qui génèrent confiance, cohésion et résilience. En termes économiques, c’est un capital relationnel : il réduit les coûts de l’exclusion, favorise la participation, rend possibles des processus de développement humain intégral. Là où il y a communion, la fragilité devient une opportunité, car ceux qui sont intégrés dans des réseaux de réciprocité ont plus de chances de sortir de la marginalité. À une époque de grandes inégalités, ce bilan est une dénonciation prophétique et une bonne nouvelle : chaque acte individuel est important. »
Margaret KarramAlessandra Smerilli – Moira Monacelli
Les données
Ruperto Battiston, coresponsable économique des Focolari, présente les chiffres : « Le BdC 2024 enregistre des recettes de 8,1 millions d’euros provenant de dons, de la libre communion des biens des membres et de contributions d’institutions externes pour des projets de formation. Les dépenses s’élèvent à 9,6 millions d’euros et ont été destinées à des initiatives générant une valeur à long terme : projets locaux, cités-pilotes, œuvres sociales, parcours de formation et culturels, de même qu’au soutien du Centre International.
Grâce à une communion des biens extraordinaire de 208 568 euros, il a été possible d’aider les personnes du Mouvement qui se trouvent dans des situations de besoin particulier, ainsi que les structures qui soutiennent les plus pauvres.
En outre, l’Économie de Communion a distribué 394 aides individuelles et soutenu 14 projets dans 13 pays, pour un total de 669 566 euros.
Parmi les nombreuses données, nous avons choisi cette année de mettre en évidence les sommes destinées aux structures liées à la protection de la personne et à la formation à cette protection, comme nous l’a recommandé le récent rapport de la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs. »
De la Sicile à Manille : un voyage dans la communion
Cinq œuvres parmi celles illustrées dans le Bilan ont été présentées : Fo.Co. ONLUS – Italie: une coopérative sociale qui accueille des migrants et des mineurs non accompagnés, en favorisant l’inclusion et le travail. Elle a rouvert un ancien couvent, le transformant en centre d’accueil ; UNIRedes – Amérique latine : un réseau de 74 organisations actives dans 20 pays, qui rejoint chaque année des milliers de personnes par le biais de projets éducatifs, sanitaires et culturels. Le Centre médical Focolari – Man, Côte d’Ivoire : né pendant la guerre civile, il est aujourd’hui un centre de santé ouvert 24 heures sur 24, avec des services de télémédecine et d’hospitalisation. Focolare Carpentry – Philippines : un centre de formation professionnelle qui a redonné dignité et travail à plus de 300 jeunes exclus du système scolaire. TogetherWEconnect – Israël et Palestine : un projet éducatif qui implique 500 étudiants dans des parcours de dialogue, d’estime de soi et de citoyenneté active.
Une méthodologie inspirée de l’Évangile
« La communion n’est pas de l’assistanat, mais une dynamique de protagonisme et de réciprocité », a expliqué Moira Monacelli de Caritas Internationalis. « Être présent ne signifie pas seulement faire pour, mais marcher avec. » Les œuvres présentées dans le Bilan naissent d’un amour concret, qui se traduit par l’écoute, la coresponsabilité, la formation et la confiance en la Providence. « Donner espérance, ce n’est pas le dire avec des mots », a conclu Moira Monacelli, « mais construire des communautés où la fraternité devient réalité. »
Le Bilan de Communion (BdC) est un outil qui s’inscrit dans la lignée des bilans sociaux des organisations non gouvernementales et à but non lucratif : il exprime un style inspiré de l’Évangile et constitue une invitation à encourager les relations de réciprocité et de communion, à contribuer à la réalisation de sociétés où les personnes et les peuples peuvent vivre dans la dignité, la justice et la paix. Pour l’année 2024, le Mouvement des Focolari a analysé les données relatives aux œuvres, projets et actions stables et continues présentes dans de nombreux pays. Les données présentées ne constituent pas une cartographie complète ni exhaustive de toutes les initiatives en cours, mais elles offrent un échantillon significatif qui exprime l’engagement de plus d’une centaine d’œuvres à répondre aux besoins de l’humanité, soutenues par la spiritualité des Focolari, afin de générer confiance, cohésion sociale et sens de la communauté.
La participation des nouvelles générations au parcours qui conduit à l’Assemblée générale 2026 des Focolari est conçue comme un processus intégré, qui se développe à travers diverses formes d’engagement. Les jeunes et les adolescents du Mouvement dans le monde ont été invités à s’impliquer de manière active et concrète dans leurs communautés locales. Pour cela, un document a été rédigé, rassemblant les éléments issus de la dernière Assemblée de 2021. Ce document invite les adolescents et les jeunes du monde entier à réfléchir sur trois questions fondamentales : 1. Qu’avons-nous réussi à réaliser, dans notre région, à partir des propositions de la dernière Assemblée ? 2. Que souhaitons-nous réaliser à l’avenir et sur quoi voulons-nous nous engager ? 3. Quel est ton désir ou ton rêve pour l’Œuvre dans les cinq prochaines années ?
Ce processus est essentiel pour unir les générations et donner une continuité à leur cheminement vers l’unité. Les communautés ont été invitées à créer des moments de communion favorisant le dialogue et l’élaboration de propositions, afin de valoriser le rôle actif des jeunes, enraciné dans leur vie concrète et leur sensibilité.
La participation des enfants du Mouvement des Focolari a également été envisagée. Il leur a été demandé de répondre, à travers des dessins, à la question : Que pouvons-nous faire pour aider à rendre le monde plus uni ? Ces dessins seront exposés dans les salles où se réuniront les participants à l’Assemblée, afin d’inspirer et de parler au cœur de chacun.
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Récemment, un observatoire créé par trois universités italiennes a signalé qu’en une année plus d’un million de messages de haine ont été relevés sur les réseaux sociaux. Toujours plus violents sont ceux adressés contre les étrangers, les juifs mais surtout contre les femmes.
Certes, nous ne pouvons pas généraliser mais chacun de nous a pu faire l’expérience en famille, au travail, dans le milieu sportif, etc. de ces attitudes litigieuses, offensantes et de ces antagonismes qui divisent et compromettent la coexistence sociale. Ensuite, à un niveau plus global, il y a actuellement 56 conflits armés dans le monde, soit le plus grand nombre depuis la Seconde Guerre mondiale avec un nombre très élevé de victimes civiles.
C’est précisément dans ce contexte que résonnent de manière plus provocante, plus vraie et plus forte que jamais les paroles de Jésus :
« Heureux ceux qui font oeuvre de paix, ils seront appelés fils de Dieu ».
« Chaque peuple, chaque personne ressent une profonde aspiration à la paix, à la concorde, à l’unité. Pourtant, malgré les efforts et la bonne volonté, après des millénaires d’histoire, nous sommes toujours incapables d’établir une paix stable et durable. Jésus est venu nous apporter la paix, une paix – nous dit-il – qui n’est pas comme la paix que « le monde donne »[1] car elle n’est pas seulement l’absence de guerre, de querelles, de divisions, de traumatismes. Sa paix, c’est aussi cela, mais c’est beaucoup plus : elle est aussi plénitude de la vie et de la joie, c’est le salut intégral de la personne humaine ; elle est liberté, justice et fraternité dans l’amour entre tous les peuples »[2].
La Parole de Vie de ce mois-ci est la septième des béatitudes par lesquelles commence le Sermon sur la montagne (Mt 5-7). Jésus, qui les incarne toutes, se tourne vers ses disciples pour les instruire. Il convient de noter que les huit béatitudes sont formulées au pluriel. On peut en déduire que l’accent n’est pas mis sur une attitude individuelle ou des vertus personnelles, mais plutôt sur une éthique collective qui se réalise au sein d’un groupe.
« Heureux ceux qui font oeuvre de paix, ils seront appelés fils de Dieu ».
Qui sont les artisans de paix ? « Cette béatitude est la plus active, la plus explicitement opérationnelle ; les mots utilisés sont analogues à ceux utilisés dans le premier verset de la Bible pour la création et indique l’initiative et l’ardeur au travail. L’amour est par nature créatif […] et cherche la réconciliation à tout prix. Sont appelés enfants de Dieu ceux qui ont appris l’art de la paix et qui le pratiquent, qui savent qu’il n’y a pas de réconciliation sans le don de la vie et que la paix doit être recherchée toujours et quoi qu’elle coûte. Il ne s’agit pas d’une oeuvre autonome, fruit de ses propres capacités, mais d’une manifestation de la grâce reçue du Christ, qui est notre paix, qui a fait de nous des enfants de Dieu » [3].
« Heureux ceux qui font oeuvre de paix, ils seront appelés fils de Dieu ».
Alors, comment vivre cette Parole ? D’abord en répandant partout l’amour véritable. Ensuite en intervenant lorsque la paix est menacée autour de nous. Il suffit parfois d’écouter avec amour, jusqu’au bout, les parties en conflit pour entrevoir une issue.
Et nous n’abandonnerons pas tant que les relations rompues, souvent pour rien, ne seront pas rétablies. Peut-être pourrions-nous donner vie, au sein de l’organisme, de l’association ou de la paroisse à laquelle nous appartenons, à des initiatives particulières visant à développer une plus grande conscience de la nécessité de la paix. Il existe dans le monde une multitude de propositions, petites ou grandes, qui vont dans ce sens : marches, concerts, conférences, le volontariat lui-même met en marche un courant de générosité qui construit la paix.
Il existe également des cours d’éducation à la paix tels que « Living Peace ». À ce jour, plus de 2 600 écoles et groupes participent au projet et plus de deux millions d’enfants, de jeunes et d’adultes sont impliqués dans ses initiatives sur les cinq continents. Parmi celles-ci, citons le lancement du « Dé de la paix » – inspiré de l’« Art d’aimer » de Chiara Lubich4 – sur les faces duquel sont inscrites des phrases qui aident à construire des relations de paix, ainsi que l’initiative organisée dans le monde entier, le « Time Out » durant lequel, chaque jour, à midi, on prend un moment de silence, de réflexion ou de prière pour la paix.
D’après Augusto Parody Reyes et l’équipe de la Parole de Vie
Nous vivons une époque où les tensions, les conflits et les messages de haine semblent se multiplier: sur les réseaux sociaux, au travail, en politique, voire au sein des familles. À l’échelle mondiale également, les conflits armés atteignent des chiffres que nous n’avions pas connus depuis des décennies. Tout cela nous rappelle que la paix n’est jamais garantiemais qu’elle doit être construite chaque jour. Face à cette réalité, les paroles prononcées par Chiara Lubich en 2004 sont toujours d’actualité: «Chaque peuple et chaque personne aspire profondément à la paix, à la concorde et à l’unité. Mais malgré les efforts et la bonne volonté, après des millénaires d’histoire, nous nous découvrons incapables de maintenir une paix stable et durable (…) car la paix n’est pas seulement l’absence de guerre, de luttes, de divisions et de traumatismes.» La paix véritable «est plénitude de vie et de joie, elle est le Salut intégral de la personne humaine, elle est liberté, justice et fraternité dans l’amour entre tous les peuples». OEuvrer pour la paix exige de passer à l’action, de prendre des initiatives, même avec créativité. Chacun de nous peut devenir un «artisan de paix»: dans les petites choses de la vie quotidienne mais aussi dans les grandes, en nous associant à des initiatives mondiales qui favorisent la concorde et la collaboration. Quelques exemples concrets sont significatifs. Le projet Living Peace où le désir personnel de faire quelque chose en faveur de la paix est devenu un programme d’éducation à la paix. Actuellement, plus de 2.600 écoles et groupes adhèrent à ce projet et plus de deux millions d’enfants, de jeunes et d’adultes des cinq continents participent à ses initiatives. Parmi celles-ci figure le «dé de la paix», sur les faces duquel sont écrites des phrases qui aident à construire des relations de paix et que chacun essaie de mettre en pratique. Récemment, lors d’un séminaire web intitulé «Pardon et paix: le courage des décisions difficiles», l’importance du pardon et de la réconciliation a été soulignée afin d’être des artisans de paix, en reconstruisant ce qui avait été brisé. Enfin, un autre exemple est celui de la Méthode Rondine: un laboratoire à ciel ouvert pour sortir de la logique de l’ennemi. Israéliens et Palestiniens, Serbes et Bosniaques, Arméniens et Azéris, mais aussi Maliens, Nigérians et Colombiens, et dernièrement Russes et Ukrainiens, ont construit une voie praticable pour réparer les relations détruites par la haine et bâtir des liens solides en faveur de la paix. Parmi tous les jeunes qui se sont succédé au cours de ces trente dernières années dans la Citadelle de la Paix, un petit bourg médiéval aux portes d’Arezzo, on trouve aujourd’hui des personnalités politiques, des ambassadeurs, des chefs d’entreprise, de jeunes leaders qui mettent leur vie au service de la guérison des blessures de ces conflits douloureux, posant les bases d’un avenir qui mêle relations pacifiées et développement. Pour vivre cette Idée, proposons-nous de semer la paix partout où nous nous trouvons, à travers des relations de confiance, de solidarité et de coopération, car chaque pas vers la paix nous rend plus pleinement humains et rapproche toute la société d’un horizon de justice et de fraternité.
L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le « Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse » du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Actuellement L’IDÉE DU MOIS est traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte pour s’adapter aux différentes sensibilités culturelles. www. dialogue4unity.focolare.org
Un après-midi, je suis allé rendre visite à ma mère pour lui apporter quelques affaires, comme je le fais habituellement. Il faisait chaud et elle faisait encore la sieste, alors j’ai tout laissé dans la buanderie pour ne pas la réveiller. Alors que j’étais sur le point de rentrer chez moi, j’ai remarqué que l’herbe du trottoir avait été coupée (dans notre localité, cette tâche incombe à la municipalité) et que tout était un peu sale. J’ai immédiatement pensé qu’à son réveil, elle verrait le trottoir dans cet état et commencerait à le balayer, même si elle sait qu’elle ne devrait pas le faire car cela lui cause des maux de dos. Je suis retourné chercher un balai, car je sais où elle le range, et j’ai commencé à balayer. Cette petite expérience toute simple m’a procuré la même joie que celle que je ressentais quand j’étais Gen 3, un adolescent du Mouvement des Focolari, même si de nombreuses années ont passé.
(D. C. – Argentine)
Pendant les emplettes
Hier, j’étais au supermarché. Alors que je regardais les produits sur une étagère, j’ai remarqué qu’un monsieur m’observait avec insistance. Comme je ne le connaissais pas, j’ai continué mes courses et lui a fait de même. Peu après, à la sortie, il m’avait attendue et m’a saluée : « Ne vous souvenez pas de moi ? ». Son visage m’était inconnu et je lui ai demandé de me donner quelques éléments pour m’aider à me souvenir. « Je m’appelle Stefan, m’a-t-il répondu, et il y a des années, vous m’avez beaucoup aidé en me fournissant un document. Regardez, je l’ai encore » ; et, rayonnant, il a ouvert son sac et m’a montré une carte d’identité qui était délivrée il y a des années aux étrangers. Je regarde la date et je vois qu’elle date de 1993, mais elle est bien conservée. Et Stefan : « Trente-deux ans ont passé, mais je n’ai jamais oublié tout ce que vous avez fait pour moi et ce que ce document représentait à l’époque, alors j’ai toujours conservé cette carte en souvenir, merci ! ». Et il ajoute : « Vous êtes toujours la même ». Il n’avait pas vu les rides, mais il se souvenait de l’amour. Et l’amour reste.
(A.P. – Italie)
Par Maria Grazia Berretta (tiré de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année X – n° 1 septembre-octobre 2025)
À l’occasion du 60e anniversaire de Nostra Aetate, nous vous proposons un bref extrait de l’interview de Prha Pittaya, moine bouddhiste Theravada (Thaïlande) lors de la conférence « One Human Family » organisée par le Centre pour le dialogue interreligieux du Mouvement des Focolari, qui s’est déroulée du 31 mai au 4 juin 2024 entre Castel Gandolfo et Assise (Italie).
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