«Depuis quelques mois, un monsieur aide à ramener le chariot des courses, devant le supermarché, en échange d’une pièce. Je commence à lui dire bonjour, mais il reste indifférent. J’essaie de l’aborder, mais il ne parle pas l’italien. Chaque matin, nous nous saluons et peu à peu la froideur disparaît. Il cherche du travail, mais personne ne s’arrête soit parce qu’il ne sait pas l’italien, soit à cause de son aspect bourru. Après l’été, sa femme, Valentina, vient aussi. Elle connaît l’italien parce qu’elle a été auxiliaire de vie auparavant. Avec Valentina le rapport est plus facile. Tous les matins, je m’arrête volontiers parler avec elle. Elle cherche du travail. Mais en Italie, ce n’est pas facile en ce moment. Ils dorment dans l’entrée du supermarché sur des cartons. Fausto réussit à leur trouver quelque chose pour la nuit dans un institut de religieuses. Désormais, chaque jour Valentina et Michel sont dans mes prières. Un matin Valentina n’arrive plus à parler ni à avaler. Je comprends que c’est sérieux. Je lui achète des médicaments, et demande à Fausto de lui rendre visite. Nous l’amenons à l’hôpital, où on la transfuse. Pour la nuit, je vais la rechercher et la ramener chez les Soeurs, avec son mari Michel resté dans la salle d’attente. Ils ne réussissent toujours pas à trouver de travail. L’hiver arrive et au lieu de retourner en Bulgarie, comme ils auraient dû le faire, ils retournent dormir dehors. Je leur porte des gâteaux que je confectionne avec beaucoup de chocolat afin qu’ils soient plus nourrissants. Noël approche. Un soir la température est à moins 2°, avec Fausto nous passons à coté du supermarché. Valentina et Michel sont assis sur un carton, gelés de froid. J’ai un serrement de coeur. Nous essayons de les convaincre d’aller passer la nuit au chaud. Le mari ne veut pas. J’ai envie de pleurer et dis que je passerais la nuit là, si on ne trouve pas de solution. Fausto demande comment se fait-il qu’ils ne soient pas rentrés en Bulgarie comme ils en avaient l’intention. La réponse est simple: “Nous n’avons pas d’argent pour acheter les billets.” Nous nous regardons avec Fausto: si le problème est l’argent, nous nous en occupons, nous ferrons moins de cadeaux à Noël. Nous nous renseignons quand est le départ du car pour la Bulgarie: le lendemain matin de la station Tiburtina. Nous rentrons à la maison et pendant que Fausto prend l’argent, je prépare un sac avec des sandwichs, du fromage, du jambon, des fruits, des gâteaux, de l’eau, etc. pour le voyage de deux jours. Nous partons avec Valentina et Michel, et à une heure et demie nous arrivons à la station Tiburtina. Nous nous échangeons les adresses, contents qu’eux aussi puissent passer un beau Noël en famille. Mais le lendemain Valentina téléphone car le car est complet et ils sont contraints de revenir à Ariccia, mais ils ont acheté les billets pour le vendredi suivant. Valentina me dit: “Italie pas vouloir, Bulgarie pas vouloir, seulement toi nous ‘vouloir’ du bien.” Ayant apprécié leur éducation et leur courtoisie, les religieuses les accueillent volontiers. A six heures du matin, vendredi, Fausto vient les chercher et les amène à Rome. Cette fois encore, je leur prépare un sac abondant de vivres pour le voyage avec en plus un beau manteau bien chaud pour remplacer la veste sale et en mauvais état de Valentina. Je n’ai pas pu trouver de travail à mes amis, mais je suis sûre de leur avoir donné un peu d’amour». NDLR: l’histoire a été racontée par Isabella en janvier 2008. Nous la proposons de nouveau aujourd’hui en raison de son extraordinaire actualité.
« Dieu ! Dieu ! Dieu ! Qu’il résonne ce Nom ineffable, source de tout droit, de toute justice, de toute liberté, dans les Parlements et sur les places, dans les maisons et dans les bureaux… ». Dans son désir de répondre à cet appel lancé par Pie XII le 10 septembre 1956 dans un message radiodiffusé, à la suite de la répression sanglante en Hongrie ; Chiara Lubich écrit une lettre qui deviendra la charte d’une nouvelle vocation dans le Mouvement des Focolari : les « volontaires de Dieu ». Des hommes et des femmes du monde entier – partout où le Mouvement est présent – formés par la spiritualité de l’unité, qui s’engagent à porter Dieu dans la société, par leur vie, dans les milieux où ils évoluent. « Il y a eu une société – écrit Chiara le 15 janvier 1957 – capable d’arracher du cœur des hommes le nom de Dieu… Il faut qu’il y ait une société qui lui redonne sa place. […] Il faut des disciples de Jésus authentiques qui soient au cœur du monde, et pas seulement dans les couvents. Des disciples qui Le suivent volontairement, mus uniquement par leur amour envers Lui, un amour éclairé en cette heure de ténèbres, et mus par leur amour pour Son Église. [¼] Une armée de volontaires, parce que l’amour est libre. […] Il faut… édifier une société nouvelle, renouvelée par la Bonne Nouvelle, où l’amour fait resplendir la justice et la vérité. […] Une société qui témoigne un seul nom : Dieu.
Les « volontaires », principaux animateurs du mouvement Humanité Nouvelle (la branche sociale des Focolari), sont des hommes et des femmes qui s’engagent en première ligne à mettre en actes les paroles de l’Évangile dans les environnements sociaux, culturels, économiques et politiques les plus divers, afin d’apporter des réponses concrètes aux défis posés par la société d’aujourd’hui.
Leurs initiatives sont très variées : elles recouvrent l’engagement quotidien de chacun sur son lieu de travail, en famille ou à l’école, les différentes formes d’association et de volontariat, jusqu’aux grandes actions qui mobilisent des communautés entières, visant à améliorer la vie dans nos villes et le tissu civil de la société.
Du 18 au 21 novembre, les cinq cents participants venus du monde entier auront l’occasion d’approfondir des aspects particuliers de la spiritualité de l’unité, avant d’engager un dialogue fécond sur la façon de « décliner » les valeurs proposées par l’idéal de la fraternité dans l’action sociale.
Les moments d’approfondissement culturel, comme celui qui tournera autour de l’actualité de la doctrine sociale de l’Église, et les témoignages vécus dans différentes parties du monde, ne manqueront pas.
Le moment le plus important du congrès sera le dialogue avec Maria Voce, prévu pour le vendredi 19 novembre. La présidente des Focolari, qui répondra à plusieurs questions, proposera un regard particulier sur l’actualité de l’action sociale du mouvement, afin de définir les priorités d’action aux quatre coins de la planète.
L’accès à l’instruction est aujourd’hui un des grands défis qui se posent à l’Afrique sub-saharienne. Les “volontaires” du mouvement des Focolari soutiennent, en collaboration avec l’association Action pour un monde uni (AMU), un projet qui, non seulement, permet d’offrir des bourses d’études, mais a pour objectif de créer des liens de fraternité.
En dépit des stéréotypes, Afrique et recherche scientifique poussée ne sont pas incompatibles. Les résultats du projet “Fraternité avec l’Afrique” sont là pour le prouver. En 2006, à l’occasion des manifestations organisées pour le 50ème anniversaire de leur naissance au sein des Focolari, les “volontaires de Dieu” avaient lancé ce nouveau projet en collaboration avec l’AMU, une ONG qui s’inspire elle aussi de la spiritualité du mouvement des Focolari.
En accordant des bourses d’études à des étudiants ne disposant pas de moyens suffisants, “Fraternité avec l’Afrique” vise à faire en sorte que les Africains puissent utiliser au mieux leurs capacités intellectuelles et leurs qualités de scientifiques et exprimer leur potentiel sans être obligés d’émigrer.
Par des actions de sensibilisation et des collectes de fonds dans le monde entier, le projet encourage ceux qui bénéficient de bourses d’études à rendre des services concrets à leur peuple. Ainsi se créent des liens de fraternité qui préservent la communauté sur place. En effet, ces jeunes s’engagent à travailler dans leur pays pendant au moins cinq ans après avoir terminé leurs études.
Au total, 107 bourses d’études ont été accordées à ce jour à des jeunes des pays d’Afrique sub-saharienne, la majeure partie d’entre eux ayant choisi d’étudier des disciplines scientifiques comme l’économie ou la médecine. “J’ai retrouvé confiance en moi et dans l’avenir”, raconte un jeune étudiant de Nairobi. “Je remercie Dieu du soutien que d’autres jeunes et moi-même avons reçu de “Fraternité avec l’Afrique”, car cela nous aide à comprendre que nous aussi, nous devrons prendre soin des autres quand nous aurons terminé nos études.”