La volonté de donner
La volonté de donner
La volonté de donner
Renouveler l’engagement de l’amour réciproque
« Voici en synthèse le compte-rendu de l’événement (du 16 juillet) qui nous est offert. A la proposition d’Igino Giordani (Foco) de se « lier étroitement » à elle (Chiara Lubich) pour suivre de plus près Jésus – comme sainte Catherine avec ses disciples – Chiara se sent poussée à lui proposer un « pacte », pour être fidèle à la logique évangélique selon laquelle il avait appris à conformer sa vie [1]:
« Tu connais ma vie : je ne suis rien. Je veux vivre, en effet, comme Jésus Abandonné, qui s’est totalement anéanti. Toi aussi tu n’es rien, car tu vis comme moi. »
« Eh bien, demain nous nous rendrons à l’église et, quand Jésus eucharistie viendra dans mon cœur, comme en un calice vide, je lui dirai : “Sur le néant que je suis, fais toi-même un pacte d’unité avec Jésus eucharistie dans le cœur de Foco. Et fais en sorte, Jésus, que s’établisse entre nous le lien que tu veux” […] Et toi, Foco, agis de même. »
(v. 24 et 25 du texte de Chiara Lubich, publié dans “Paradiso 49”, Città Nuova, Rome 2026).
Le récit est sobre et extrêmement simple. Ce qui advient par un don de Dieu une fois le pacte réalisé et dont Chiara témoigne, va bien au-delà de toute attente. Et, sous cette forme, il est aussi inédit dans l’histoire de l’expérience chrétienne.
On peut chercher à en saisir la teneur à partir de ce qu’en raconte Chiara tout d’abord à Foco pour lui expliquer ce qui lui est arrivé. « Sais-tu où nous sommes ? » C’est par cette question qu’elle commence, l’invitant à ouvrir avec elle les yeux de l’âme sur la scène qui s’est offerte avec le pacte. Et l’on comprend que le pacte a posé les conditions pour qu’advienne une grâce de Dieu : la perception mystique de la présence de Jésus survenue dans le fait d’être rendus « un » – unité réalisée en Lui et par Lui, par la Parole vécue et par l’Eucharistie – de Chiara et Foco (et aussitôt étendue à ceux qui furent associés au pacte).
Il en va ainsi pour chacun d’eux. Certes l’identification à Jésus que Chiara expérimente exprime la grâce extraordinaire commune à toutes les authentiques expériences mystiques attestées tout au long de l’histoire de l’Église. Mais ce qui apparaît dans l’expérience ici décrite c’est que tout advient pour Chiara dans l’unité en et avec Jésus vécue avec Foco et, peu à peu, avec les autres personnes auxquelles cette expérience est communiquée. Si bien qu’ils en sont rendus participants.
Piero Coda
(Extrait de P. Coda, «Per una lettura teologica» in Paradiso ’49, (Opere di Chiara Lubich 2),a cura di Piero Coda – Alba Sgariglia, Paradiso ’49, Chiara Lubich, Roma 2026, pp. 19-20.)
Photo : Baita Paradiso. Maison située à Tonadico, en Italie, où Chiara Lubich et certaines de ses premières compagnes ont séjourné pendant la période connue sous le nom de « Paradiso ’49 ». © Jesús María Zamora
[1] Nous nous trouvons face à une spécificité de l’expérience chrétienne développée par le charisme de l’unité : le « pacte ». Quelle qu’en soit l’origine dans la pensée et la pratique de Chiara, il est évident que la dynamique de « faire le pacte » implique une décision commune de fonder la propre existence en Dieu et d’accomplir ensemble sa volonté. Le pacte posé entre ceux qui le vivent exprime donc le pacte, l’alliance, que Dieu lui-même a passée avec son peuple dans l’ancien Testament et qu’il a renouvelé en Jésus « une fois pour toutes ». Nous sommes donc en présence d’un « élément fondamental » de l’expérience de la Révélation. « Auparavant – écrit Chiara en note – nous avions vécu d’autres pactes, comme celui de l’amour réciproque. Le résultat de ce dernier avait été un saut de qualité dans notre vie, qui nous avait fait faire l’expérience de la présence de Jésus au milieu de nous, avec les dons de l’Esprit qu’Il apporte : la paix, la joie, la lumière, la force. Le pacte de miséricorde en outre – ainsi appelions-nous le pacte par lequel nous, focolarines, nous nous engagions à nous voir nouvelles chaque jour, sans plus nous rappeler les défauts de l’autre, comme si nous nous rencontrions pour la première fois –, nous avait aidées à perfectionner notre amour réciproque » (note 30). Le pacte d’unité, suscité par la demande de Foco et vécu selon la modalité décrite par Chiara, engendre un autre « saut qualitatif » décisif – dans la logique, pourrait-on dire, du développement du charisme de l’unité comme don de Dieu : celui d’être identifié à Jésus, et de se retrouver dans le sein du Père.
Poser des gestes simples d’amour concret
Servir sans rien attendre en retour
Communion vécue
Servir le prochain, c’est servir Dieu
En 2026, on célèbre le 60e anniversaire de l’arrivée de l’Idéal de l’unité du Mouvement des Focolari en Asie et en Océanie. C’était le 22 février 1966 que cinq focolarines et focolarini sont arrivés à Manille, envoyés par Chiara Lubich – la fondatrice du Mouvement des Focolari – en réponse à la demande de l’Archevêque de Manille, le cardinal Rufino Santos. Giovanna Vernuccio, Silvio Daneo, Guido Mirti, Ednara Tabosa et Magdalena Brandão étaient les premiers acteurs de l’aventure des Focolari en Asie, et bien au-delà. De Manille, les voyages se sont enchaînés vers le Japon, la Corée, Hong Kong, Taïwan, l’Inde, le Pakistan, la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam, jusqu’en Australie.
Le Mouvement des Focolari s’est ainsi répandu sur le continent asiatique, apportant à ceux qu’il rencontrait l’esprit d’unité qui le caractérise, malgré l’énorme diversité de cultures, de religions et de langues. Ce parcours a ouvert la voie au dialogue œcuménique et interreligieux qui se poursuit encore aujourd’hui.
Pour commémorer cet anniversaire, des événements ont été organisés dans différentes régions d’Asie. Parmi ceux-ci, citons celui organisé par la communauté de Manille et de la Cittadella Pace de Tagaytay du 12 au 14 juin 2026. Le programme s’est concentré sur les origines du Mouvement en Asie et sur son expansion à travers tout le continent dans un partage de témoignages ; un atelier était organisé sur l’immersion dans la réalité du Mouvement dans le monde ; une prière solennelle pour la paix a été prononcée. Le dernier jour, à la Cittadella Pace, 700 participants, dont certains venus de pays voisins, ont participé à la messe. Une atmosphère joyeuse et familiale a imprégné l’événement avec une profonde gratitude envers les pionniers. L’actuel Archevêque métropolitain de Manille, le Cardinal Jose Fuerte Advincula, le Nonce Apostolique, l’Archevêque Charles John Brown, les Évêques Roberto Mallari, Mel Rey Uy, Reynaldo Evangelista, Guillermo Afable, Gerardo Alminaza, l’Ambassadeur d’Italie aux Philippines Davide Giglio et l’Évêque Joel Polares de l’Iglesia Filipina Independiente (l’Église Chrétienne Nationale Indépendante), ainsi qu’une trentaine de prêtres, ont pris part à l’événement, aux côtés de nombreux amis issus d’autres Églises et de diverses religions, et d’une forte présence de jeunes. L’ambassadeur d’Italie a déclaré s’être senti complètement revigoré par cette célébration, suggérant de la renouveler chaque année.



Parmi les impressions les plus marquantes : « Le 60e anniversaire a été pour moi la célébration de toute personne ayant fait un choix clair pour Dieu dans sa vie en suivant Chiara Lubich. Le « oui » de chacun a engendré d’innombrables « oui » qui m’ont conduit là où je suis aujourd’hui ». disait Suzette, Kreng ajoute : « Avec une profonde gratitude envers Dieu et envers vous tous, je pars encore plus convaincu, animé par la passion de faire en sorte que « tous soient un » devienne une réalité pour tous » !
« La célébration a été comme une goutte de divin dans un monde imbu de lui-même, une bouffée d’air frais à un moment où les vies sont étouffées par l’isolement et la division ; ce fut la tendre proximité de Dieu », affirme Floradel, tandis que Merlie ajoute : « La célébration du 60e anniversaire a été vraiment mémorable, émouvante et significative. Elle a également marqué un nouvel engagement et un nouvel espoir ».
Lorenzo Russo
Faire grandir une véritable fraternité
S’engager pour l’unité
Solidarité dans la souffrance
L’appel
J’avais 16 ans lorsque j’ai commencé à vivre les paroles de Jésus : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même… Chaque fois que vous l’avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. »
J’ai commencé par ceux qui étaient près de moi : céder ma place à quelqu’un qui n’en avait pas, refaire le lit des jeunes filles avec qui je partageais ma chambre, prendre le temps d’écouter quelqu’un… et cela aussi dans ma famille, où cela pouvait s’avérer plus difficile. La joie grandissait en moi et bien des questions trouvaient leur réponse. Lorsque quelques amies ont voulu comprendre la raison de ce changement, je leur ai proposé, à elles aussi, de vivre l’aventure consistant à aimer tout le monde, sans distinction. Nous avons alors commencé à mettre en commun le peu de biens que nous possédions, notre temps et nos talents, en cherchant à venir en aide aux plus pauvres. En particulier, nous nous engagions à recueillir des fonds pour la construction d’un hôpital et d’une école au Cameroun. Cela nous semblait juste, en pensant à la grande dette que l’Occident a envers l’Afrique. Cette vie pleine, belle, consacrée à Dieu et à nos frères, m’a préparée à entendre plus tard s’adresser aussi à moi ces autres paroles de Jésus : « Viens et suis-moi. »
(Aurea – Italie)
Dieu est-il jaloux ?
Je savais que la Bible parle d’un Dieu jaloux lorsque, dans le livre de l’Exode, elle raconte comment son peuple se tournait vers les idoles. Mais il m’est arrivé, moi aussi, de faire à petite échelle une expérience semblable.
Je traversais une période où Dieu n’était plus vraiment au centre de ma vie. J’étais absorbé par une multitude d’occupations et d’activités diverses et, je l’avoue, je l’avais négligé.
Puis, un jour, je me suis retrouvé cloué au lit par de violentes douleurs dans le dos. Je ne pouvais plus faire le moindre mouvement sans ressentir une douleur aiguë, et cela a duré plusieurs jours à cause d’une sciatique qui, partant du dos, parcourait toute ma jambe.
Dans ces moments difficiles, je me suis souvenu de Jésus crucifié et abandonné, qui avait certainement souffert bien davantage que moi. Je l’ai reconnu dans cette épreuve et j’ai compris que c’était aussi une manière pour lui de m’attirer à nouveau vers lui. Il était jaloux : il me voulait près de lui. Lui avait toujours été avec moi, comme il est toujours avec chacun de nous. C’était plutôt moi qui ne demeurais plus avec lui.
Cette expérience m’a permis de me remettre debout, non seulement physiquement, mais aussi de relever mon âme.
(F. – Belgique)
Une entreprise de l’Économie de Communion
Je suis tellement convaincu de l’amour de Dieu que je voudrais partager cette certitude avec le plus grand nombre possible de personnes.
C’est ainsi que sont nés, dans mon village et dans les vallées voisines, des groupes où nous nous entraidons pour vivre la Parole de l’Évangile.
Mais ce n’est pas tout. Grâce à mes sacrifices et à ceux de quelques amis, j’ai créé une exploitation agricole qui adhère à l’Économie de Communion (EdC), un modèle entrepreneurial et social présent dans le monde entier. Une partie des bénéfices est destinée à aider les personnes dans le besoin et à créer pour elles de nouveaux emplois ; une autre sert à développer l’entreprise, à améliorer la qualité des produits et à garantir sa pérennité sur le marché ; enfin, une troisième est consacrée à la formation de personnes appelées à promouvoir une nouvelle manière de concevoir l’économie, fondée sur la fraternité et la solidarité.
Que de fois, au cours de ces années, j’ai fait l’expérience de la Providence de Dieu ! Par exemple, lorsque la récolte de courgettes augmentait de façon inattendue, ou lorsque des acheteurs m’offraient davantage que le prix que j’avais prévu de demander…
Mais surtout, en travaillant ainsi, je sens Dieu plus proche de moi, et cela m’encourage à poursuivre sur ce chemin.
(L.F. – Italie)
Par Maria Grazia Berretta
Extrait de L’évangile du jour, Città Nuova, année XII – n° 4 – juillet-aout 2026)
Photo © Elisemertens89 – Kevin120415 – Hans – Pixabay
Prendre soin des plus fragiles
Se respecter
« Jeunes du monde entier, unissez-vous » : tel est l’appel que Chiara Lubich a lancé il y a 60 ans aux nouvelles générations afin que chacun puisse répondre à l’appel de Dieu à vivre concrètement pour l’unité. Aujourd’hui, cette mission reste d’actualité et, en ces temps extrêmement déchirés, elle continue d’être un chemin, souvent à contre-courant, qui ne veut pas laisser la haine et les divisions avoir le dernier mot ; un chemin en famille, fait d’espérance et d’actions, qui porte en lui le désir toujours vivant d’un monde uni.
Vivre la proximité
Être à l’écoute
Prier pour la paix
Écouter la voix de la conscience
Protéger la Création
Un nouvel espace d’information directe et informelle. Un rendez-vous pour échanger des nouvelles, des histoires et des initiatives, afin de découvrir ce qui se passe au Centre international et dans les différentes régions du monde, et renforcer l’esprit de communauté.
Dans ce premier épisode, nous commençons par le Centre international (à Rocca di Papa, Rome), cœur du gouvernement du Mouvement des Focolari. Après quelques anecdotes, nous ferons plus ample connaissance avec différents Conseillers qui, à l’issue de l’Assemblée Générale de mars 2026, ont achevé leur mandat.
C’est parti !
Activez les sous-titres et sélectionnez la langue de votre choix
Si nous prêtons attention au monde qui nous entoure, nous nous rendons compte que c’est souvent le brouhaha des opinions qui prévaut. Chacun souhaite donner son avis et les espaces de débat se multiplient, où il semble que tout le monde sache tout. Mais on n’y trouve pas toujours une véritable sagesse ; au contraire, on risque parfois d’encourager la superficialité, l’ignorance et un appauvrissement culturel progressif.
Face à ce tableau, qu’est-ce qui mérite vraiment d’être écouté ? Il y a des mots et des Mots. Qu’est-ce qui les distingue ? Nous pouvons appeler « Mots », avec un M majuscule, ceux — écrits ou prononcés — qui, une fois accueillis, ont le pouvoir de nous transformer. Ce sont des paroles qui expriment la sagesse, car elles offrent une clé de lecture de l’existence humaine, du désir de transcendance et des relations qui lient les êtres humains entre eux et avec la nature. Comme l’écrit Rabindranath Tagore, poète, philosophe et écrivain indien : « Les mots touchent le cœur lorsqu’ils sortent du cœur. »
Les Mots, la Parole, n’appartiennent ni à une époque, ni à un lieu particulier, ni à une religion. Xavier Melloni, anthropologue, théologien et phénoménologue de la religion, observe que, pour certains, la Parole est inspirée par l’Esprit Saint, tandis que, pour d’autres, elle est le fruit de l’illumination de la conscience.
Mais comment reconnaître quand nous nous trouvons face à la Parole ?
« Nous pouvons dire que la Parole est ce qui nous rend capables de nous ouvrir aux autres, de nous donner et de nous attarder dans le silence, en allant au-delà de nous-mêmes vers une profondeur toujours plus grande. La parole authentique est vitale et engendre la vie [2]. »C’est ainsi que la Parole, comprise au sens large, nous libère des contraintes auxquelles nous sommes soumis ; elle ne dépend pas d’intérêts cachés, elle n’est pas coercitive, mais elle devient idolâtrie lorsqu’elle cesse d’être emplie de sagesse.
Pourtant, la Parole ne résonne pas toujours de la même manière en nous, même lorsqu’elle est exprimée avec les mêmes mots. Son accueil est étroitement lié à l’étape de vie que nous traversons. La superficialité, les préoccupations abordées avec suffisance ou indifférence, sont des obstacles qui empêchent la Parole de porter ses fruits en nous et, à travers nous, chez les autres.
La Parole sage devient un point de repère solide sur le chemin de l’être humain. Tantôt elle nous apporte des réponses ; tantôt elle suscite de nouvelles questions ; elle nous permet de considérer les choses sous un angle différent et de nous ouvrir à des dimensions de la réalité que nous ne parvenions pas à percevoir auparavant ; elle nous rend libres et nous conduit à faire l’expérience de ce qui est véritablement essentiel pour notre existence. Seule la Parole authentique, la Parole sage, peut transformer notre façon de penser et d’agir. Accueillie et vécue, elle nous aide à donner plus de sens à notre existence, à vivre des relations plus profondes et à construire ensemble une société plus humaine et plus fraternelle.
Jordi raconte : « Chaque rencontre avec la Parole est personnelle et intime. Ma rencontre avec la Parole est survenue après des années consacrées au travail et à la technologie. La lecture d’ouvrages dans divers domaines – biographies, romans, philosophie, etc. – a réveillé en moi la quête de la sagesse pour donner un sens aux grandes questions de la vie, soutenir mon existence et comprendre pourquoi la Parole se manifeste sous des formes si diverses et apparemment contradictoires. Au cours de ce cheminement, j’ai découvert la sagesse de Chiara Lubich, exprimée dans une relecture nouvelle et vivante de l’Évangile et attestée par un style de vie inspirant. Malgré son caractère confessionnel, cette sagesse s’est révélée capable d’entrer en résonance avec des personnes qui, comme moi, n’ont pas de convictions religieuses, et de les impliquer sur le chemin de la fraternité. »
Ce mois-ci, nourrissons-nous de Paroles sages, faisons-les nôtres et transformons-les en vie. Et si l’occasion se présente, partageons les fruits qu’elles engendrent avec ceux qui, comme nous, sont en chemin. Ainsi, nous construirons ensemble une coexistence plus humaine et riche de sens.
Photo © James Oladujoye – Pixabay
[1] Cette réflexion s’inspire de l’intervention de Jordi Illa lors du Congrès international organisé en 2013 par le Centre pour le dialogue avec les personnes ayant des convictions non religieuses, intitulé « La Parole ».
[2]Xavier Melloni, Vers un temps de síntesi, Fragmenta Editorial, Barcelona, 2011, p. 55.
L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le « Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse » du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Attualmente L’IDEA DEL MESE viene tradotta in 12 lingue e distribuita in più di 25 paesi, con adattamenti del testo alle diverse sensibilità culturali.
dialogue4unity.focolare.org
Jésus, après avoir parlé en paraboles à une grande foule au bord du lac de Tibériade, s’adresse à ses disciples et leur explique la signification profonde de ses paroles.
Le sujet du récit est la parole de Dieu, comparée à une petite graine fragile. Les pierres, les épines, les oiseaux peuvent l’empêcher de germer, de prendre racine, de produire des épis mûrs, mais le semeur avisé connaît sa surprenante vitalité.
À travers ces images, Jésus révèle la relation entre l’homme et la Parole que Dieu offre en abondance, mais il y a ceux qui l’accueillent et ceux qui, pour diverses raisons, la laissent tomber sans qu’elle porte de fruits. Dans le cœur humain, en effet, la superficialité et les préoccupations matérielles excessives menacent le miracle de la vie surnaturelle, que Dieu lui-même désire allumer dans ses créatures.
Comme les disciples, nous sommes invités par Jésus à entrer dans le mystère humble de l’amour de Dieu et, en même temps, nous sommes interpellés personnellement sur un point décisif : quel « terrain » voulons-nous être ?
« Celui qui a été ensemencé dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et qui comprend : alors, il porte du fruit et produit l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente. »
Écouter et comprendre : tel semble être le secret qui fait de nous un terrain fertile, où la graine de la Parole peut exprimer sa force et porter de bons fruits.
La disponibilité à l’écoute est précieuse : c’est l’espace spirituel qui permet de faire place à la vie de Dieu, qui nous précède toujours avec sa miséricorde, avec la patience du travailleur qui connaît et respecte les temps de maturation.
Les paroles de Dieu, comme l’écrit Chiara Lubich, « illuminent intérieurement non seulement l’esprit, mais l’être tout entier, car elles sont lumière, amour et vie. Elles donnent la paix que Jésus appelle « ma paix « , même dans les moments de trouble et d’angoisse. Elles donnent une joie pleine, même au milieu de la douleur qui parfois serre l’âme. Elles donnent surtout de la force lorsque le désarroi ou le découragement surviennent. Elles rendent libres parce qu’elles ouvrent la voie de la Vérité. […] En nous aussi doit naître un amour passionné pour la parole de Dieu : nous l’accueillons avec attention lorsqu’elle nous est proclamée dans les églises, nous la lisons, nous l’étudions, nous la méditons…Mais surtout, nous sommes appelés à la vivre. En vivant une parole de Jésus, nous vivons tout l’Évangile, car dans chacune de ses Paroles, Il se donne tout entier, Il vient lui-même vivre en nous et remplace notre façon de penser, de vouloir, d’agir dans toutes les circonstances de la vie » [1].
« Celui qui a été ensemencé dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et qui comprend : alors, il porte du fruit et produit l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente. »
Wambil, du Mexique, nous raconte : « Il fut un temps où je me sentais pris au piège dans un trou profond. J’étais dans une relation violente, j’essayais de m’échapper et de tout arranger par mes propres moyens. Influencé par les réseaux sociaux et les bavardages extérieurs, je poursuivais souvent des choses qui n’étaient pas guidées par Dieu. Malgré tous mes efforts, je me sentais toujours vide et sans but. Je savais que l’amour est un langage universel. Lorsque j’ai commencé à faire du bénévolat, j’ai commencé à me réaliser et cela ne pouvait venir que de Dieu. Avec le temps, j’ai découvert un endroit où écouter Sa Parole et grandir dans ma relation avec Lui. Je suis profondément reconnaissant. »
Même lorsque nous nous sentons comme une terre aride et rocailleuse, la Parole ellemême peut être efficace, comme le révèle le prophète Isaïe : « Car, comme la pluie et la neige descendent du ciel et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir fécondée et fait germer, […] ainsi en sera-t-il de ma Parole sortie de ma bouche : elle ne reviendra pas à moi sans effet, sans avoir accompli ce que je désire et sans avoir accompli ce pour quoi je l’ai envoyée » (Is 55, 10-11).
Soutenus par cet espoir, dans une époque dominée par les peurs et les tensions, cultivons également la confiance dans les femmes et les hommes avec lesquels nous partageons notre vie. Croyons en leur capacité à porter de bons fruits, en créant des occasions d’écoute et de dialogue, pour marcher ensemble vers l’horizon de la fraternité.
D’après Letizia Magri et l’équipe de la Parole de vie
[1] C. Lubich, Parole de Vie Mars 2003,
Photo © Horacio30 – Pixabay
Rechercher le bien
Chaque année, le premier dimanche de mai, à midi, dans tous les pays du monde, débute Run4Unity, le marathon mondial des Juniors pour l’Unité. C’est ainsi que, tandis que quelques dizaines de jeunes courent avec en toile de fond les pyramides égyptiennes, en Inde on remet les prix du relais qui vient de s’achever et qu’à Asunción, au Paraguay, on se prépare pour des épreuves d’athlétisme qui débuteront sous peu dans un grand parc de la ville. Des compétitions et des tournois placés sous le signe de la paix et de la solidarité qui commencent en Océanie et s’achèvent dans les Amériques, mobilisant, en l’espace de 24 heures, des milliers de jeunes, prêts à prendre le « départ » lorsque leur fuseau horaire indique midi. À cette heure-là, ils reçoivent le relais des pays du fuseau horaire précédent et, une heure plus tard, le transmettent aux pays du fuseau horaire suivant.
Une idée géniale et simple née en 2005 au sein de l’équipe du Centre international des Juniors pour l’Unité, en collaboration avec quelques GEN 3, après que Chiara Lubich, tout juste revenue d’un voyage en Inde, leur eut fait part de la magnifique expérience qu’elle avait vécue lorsqu’elle avait été invitée à participer à un grand rassemblement de jeunes du mouvement hindou Swandhyaya, très attachés au sport : « Peut-être que le sport pourrait être une voie pour les jeunes », avait déclaré Chiara.
Et le format de Run4unity s’est répandu en un clin d’œil, adapté localement en fonction des différents pays et des spécificités de chaque culture : le sport s’associe à des actions de dialogue interreligieux, de développement en faveur des plus démunis, de défense et de préservation de la nature, ainsi qu’à un engagement en faveur de la paix et de la fraternité entre les peuples.
En 2025, la DG EAC (Direction Générale de l’Éducation, de la Jeunesse, du Sport et de la Culture), une direction de la Commission européenne, en collaboration avec l’EACEA (Agence Exécutive Européenne pour l’Éducation et la Culture), qui gère les financements dans les domaines de l’éducation, de la culture, de l’audiovisuel, du sport, de la citoyenneté et du bénévolat, a lancé le #BeActive EU Sport Awards.



New Humanity, l’ONG du Mouvement des Focolari, a présenté le projet international et pluriannuel Run4Unity, qui a été sélectionné comme finaliste dans la catégorie « Paix ». « Il y a quelques semaines, nous avons appris que nous avions été sélectionnés parmi pas moins de 279 actions sportives présentées et que nous figurions donc parmi les 15 finalistes, à raison de 3 par catégorie », nous ont-ils communiqué. « La lettre d’information contenait une invitation, pour deux représentants de chaque projet, à se rendre à Bruxelles, le 23 juin 2026, à la cérémonie de remise des prix. Pour nous, ce sont Agostino Spolti (ancien coresponsable des Juniors pour l’Unité) et Elisabetta De Bernardi (une jeune de Turin qui a participé en tant que GEN 3, puis en tant que GEN 2, à plusieurs Run4Unity axés précisément sur la paix) qui s’y sont rendus… et… nous avons gagné ! ». Une reconnaissance de haut niveau pour cette initiative en cette année 2026 qui, 21 ans après la première édition de Run4Unity, a vu se dérouler dans le monde entier des courses de relais dans plus de 100 pays, réunissant des milliers d’adolescents, accompagnés de jeunes et d’adultes dans le cadre d’une relation intergénérationnelle enrichissante.
Le sport est un moyen de vivre l’inclusion, l’attention envers l’autre, le respect, une dynamique partagée et – comme on pouvait le lire dans l’avis de concours – c’est évidemment un moyen de promouvoir et de diffuser une culture de paix. « Nous avons gagné – ajoute Agostino Spolti – parce que Run4Unity réunit précisément ces éléments : le sport, le passage de relais entre différents pays, le sentiment d’appartenir à une seule famille humaine, le Time Out qui invite à se recueillir pour la paix, soit autant d’aspects qui revêtent une grande valeur éducative ».
Carlos Mana
Photo © Agostino Spolti
S’engager à faire la volonté de Dieu
Mercredi 24 juin 2026, à 18 h 04, le Venezuela a changé de visage en moins d’une minute. Deux séismes, d’une magnitude de 7,1 et 7,5, séparés de seulement 39 secondes, ont secoué le centre-nord du pays. L’épicentre a été localisé près de Morón, dans l’État de Carabobo, mais l’impact a surtout été dévastateur à La Guaira, à Caracas et dans les zones environnantes, où de nombreuses maisons et bâtiments se sont effondrés. Le bilan des victimes, des disparus et des blessés ne cesse de s’alourdir tandis que les opérations de secours se poursuivent. Des équipes spécialisées venues de différents pays arrivent pour participer à la recherche de survivants, accompagnées d’aide humanitaire et de produits de première nécessité, dans le cadre d’une mobilisation internationale qui s’intensifie d’heure en heure.
Les répliques ne nous laissent aucun répit ; on en compte déjà plus de 100. Certaines sont à peine perceptibles, d’autres nous obligent à fuir sans cesse nos maisons. Nous vivons dans un état d’alerte permanent. Nous dormons peu. La fatigue pèse et la peur aussi. À cela s’ajoutent les difficultés d’une ville qui tente de continuer à fonctionner : le réseau téléphonique et la connexion Internet fonctionnent par intermittence, l’électricité subit des fluctuations constantes et, dans de nombreux bâtiments, l’approvisionnement en gaz a été suspendu par mesure de précaution. Même les décisions les plus simples exigent un effort considérable : s’organiser, mettre en œuvre des actions, coordonner des équipes ou simplement communiquer avec ses proches pour savoir s’ils vont bien. Tout se complique lorsque la terre ne cesse de nous rappeler qu’elle n’a pas encore fini de trembler.


Le Venezuela fait face à ce séisme dans un contexte de vulnérabilité. De nombreux bâtiments ont été construits sans respecter les normes antisismiques qui sont aujourd’hui la norme dans d’autres régions ; certains souffrent d’années de détérioration et d’un entretien insuffisant. Cette situation d’urgence vient s’ajouter à une réalité socio-économique déjà difficile, ce qui rend le processus d’intervention encore plus complexe.
Cependant, au cœur de cette réalité si fragile, nous découvrons aussi une force immense qui naît de la communion.
En tant que mouvement des Focolari, nous avons ouvert nos maisons — les « focolares » qui, heureusement, n’ont pas subi de dommages structurels — pour accueillir ceux qui ont dû quitter leur domicile. Certaines familles ne peuvent plus rentrer chez elles car leurs bâtiments risquent de s’effondrer ; d’autres ont tout perdu. Nous leur avons offert un hébergement, de la nourriture, des vêtements et tout ce qui pouvait répondre à leurs besoins les plus urgents et immédiats.
La douleur, malheureusement, a également touché de très près notre famille. Une Volontaire du Mouvement a perdu plusieurs membres de sa famille à la suite de l’effondrement des bâtiments dans lesquels ils vivaient. Seule une petite-fille a été sauvée et a été soignée à l’hôpital. Comme eux, de nombreuses familles attendent des nouvelles au milieu des décombres ; d’autres pleurent leurs proches et beaucoup continuent de s’accrocher à l’espoir de retrouver vivants ceux qui sont encore portés disparus.
La solidarité fait partie de notre identité et, en ces jours, elle se concrétise. Dès les premières heures qui ont suivi le séisme, les allers-retours entre Caracas et La Guaira se sont multipliés : voitures particulières, bénévoles, paroisses, organisations et voisins apportant de l’eau, de la nourriture, des médicaments, des vêtements et du matériel. Des communautés entières d’autres régions du pays qui ont à peine ressenti le séisme se sont organisées spontanément pour mettre en place des centres de collecte, trier les dons et préparer l’aide qui continue d’arriver dans les zones les plus touchées par l’intermédiaire de l’Église.
Chaque petite initiative, chaque coup de fil, chaque colis préparé avec soin, chaque personne qui donne de son temps, tisse un réseau de fraternité qui soutient ceux qui en ont le plus besoin aujourd’hui.


Nous sommes également profondément émus par le nombre de personnes, au Venezuela et ailleurs, qui souhaitent apporter leur aide. Nous n’avons pas encore réussi à répondre à tous les messages reçus. Des proches, des amis, des membres du Mouvement et des personnes qui veulent simplement savoir comment nous allons ou demandent comment elles peuvent apporter leur aide. Nous mettons en œuvre toutes les synergies possibles afin que cette immense générosité trouve des canaux concrets et parvienne là où le besoin s’en fait le plus sentir.
À tous, nous tenons à exprimer nos sincères remerciements. Merci pour vos prières, pour vos messages de soutien et pour les gestes concrets de solidarité qui se manifestent déjà. Dans des moments comme celui-ci, nous faisons l’expérience de ce que Chiara Lubich nous a laissé comme horizon : « Soyez une famille ».
Le plus grand défi est peut-être de vivre l’instant présent. Ne pas anticiper la peur de la prochaine secousse ni rester paralysés par l’ampleur de la douleur. Rester dans le présent est, aujourd’hui plus que jamais, le chemin pour découvrir ce que l’Amour nous demande à chaque instant.
Vivre le charisme de l’unité nous conduit, dans ce contexte, à apporter une réponse concrète : être des ponts là où règne l’isolement, offrir la fraternité là où la peur divise et semer l’espoir là où l’incertitude semble s’imposer.
Il reste encore un long chemin à parcourir. La situation d’urgence n’est pas terminée et la reconstruction prendra du temps. Mais au milieu de tant de pertes, nous sommes aussi témoins d’une humanité qui ne se résigne pas, qui s’organise, qui partage le peu ou le beaucoup qu’elle a et qui revient nous rappeler que, même lorsque la terre tremble, l’amour peut continuer d’être le terrain le plus solide sur lequel reconstruire l’espoir.
La communauté des Focolari de Caracas
Photos: © fotospublicas.com
Pour apporter votre contribution : Urgence sismique au Venezuela
[…] L’unité. Qu’est-ce que l’unité ? Peut-on parvenir à l’unité ?
L’unité est ce que Dieu veut de nous.
L’unité, c’est la réalisation de la prière de Jésus : « Que tous soient un, Père, comme toi et moi. (…) Moi en eux et toi en moi afin qu’ils soient parfaits dans l’unité » (cf. Jn 17, 21-23).
Toutefois, nous ne pouvons parvenir à l’unité par nos seules forces. Seule une grâce spéciale, qui vient du Père, peut la réaliser si elle trouve une disposition particulière en nous, une condition précise et nécessaire.
Il s’agit de l’amour réciproque, que Jésus nous a commandé, et que nous devons mettre en pratique :
son amour réciproque, celui qu’il désire et qui n’est pas – nous le savons – une simple amitié spirituelle, un accord ou une bonne entente.
Il demande que nous nous aimions les uns les autres comme il nous a aimés, c’est-à-dire, jusqu’à l’abandon ; jusqu’au détachement complet, matériel et spirituel, des choses et des créatures, afin de pouvoir nous ‘faire un’ réciproquement et de façon parfaite.
C’est ainsi que nous faisons notre part et que nous pouvons recevoir la grâce de l’unité, qui ne manquera pas, qui ne peut manquer.
À cette pensée, quelle reconnaissance devra naître en nous qui avons reçu un tel appel ! Quelle incitation à vivre de façon à obtenir un tel don ! Don qui n’existe pas lorsqu’on ne vit pas ainsi.
Il ne faut pas oublier que, dans notre spiritualité communautaire, il y a une grâce en plus ; que le Ciel, à chaque instant, peut s’ouvrir pour nous et que, si nous faisons ce qu’Il demande, nous serons remplis de cette grâce et pourrons œuvrer toujours davantage pour le Royaume de Dieu.
C’est sans aucun doute cette grâce qui explique la grande expansion de notre Mouvement et les nombreuses et belles conquêtes qui y sont liées.
Nous étions conscientes de ce privilège extraordinaire les premiers temps, ce qui explique la façon dont nous nous exprimions :
« N’ayez qu’une idée en tête. C’est toujours une seule idée qui fait les grands saints. Et notre idée est celle-ci : l’unité. »
« Que tout s’écroule. L’unité jamais ! Tenez toujours ce feu allumé au milieu de vous. Et n’ayez pas peur de mourir. Vous l’avez déjà expérimenté, l’unité exige la mort de tous pour donner vie à l’Un. (…) Considérez cela comme un devoir sacro-saint, il vous procurera une joie immense ! Jésus a promis la plénitude de la joie à ceux qui vivent l’unité. »
Le mois prochain, efforçons-nous de nous procurer toujours ce don !
Et ne l’attendons pas seulement pour notre propre bonheur, mais pour qu’il nous rende aptes à réaliser notre évangélisation spécifique. Vous la connaissez : « Que tous soient un (…) afin que le monde croie » (Jn 17, 21).
Le monde a un grand besoin de foi, de croire ! Et nous sommes tous appelés à évangéliser. Un jour, [saint] François dit à l’un de ses frères : « Allons prêcher ! » Et les mains enfilées dans les manches de leur habit, les yeux baissés, ils parcoururent la ville, en prêchant par leur être même la mortification et la pauvreté absolue.
Lançons, nous aussi, notre prédication au monde. Que tous ceux qui voient deux ou trois d’entre nous unis (au focolare, dans les noyaux, dans les unités, dans les rencontres que nous organisons ou quand nous sommes ensemble de façon fortuite), soient touchés par notre foi et croient. Qu’ils croient à l’amour parce qu’ils l’ont vu.
Mettons-nous à l’œuvre. C’est ce que le Seigneur veut de nous. Il le veut à travers notre charisme, tel qu’il est inscrit dans nos Statuts : c’est la première de toute autre volonté de Dieu. Ensuite, nous pourrons aussi parler pour faire rayonner l’Evangile. Mais après seulement.
Chiara Lubich
(Convesazioni, Città Nuova, Roma 2019, pp 522/4
Photo: © JGH – CSC Audiovisivi
Avoir le courage de dire la vérité
Visiter qui est malade
La Coordination des urgences du Mouvement des Focolari a lancé une collecte de fonds exceptionnelle en faveur de la population vénézuélienne, par l’intermédiaire d’Action pour un monde uni (AMU) et d’Action pour les nouvelles familles (AFN). Les dons versés seront gérés conjointement par l’AMU et l’AFN afin d’apporter aux populations touchées par le séisme du 24 juin 2026 une aide d’urgence pour l’alimentation, les soins médicaux, le logement et l’accueil dans différentes villes du pays, notamment en collaboration avec les Églises locales.
Chaque contribution permettra d’apporter un soulagement immédiat et d’imaginer, ensemble, des chemins d’espoir et de reconstruction.
Vous pouvez faire un don en ligne :
Azione per un Mondo Unito ETS (AMU) IBAN: IT 58 S 05018 03200 000011204344 auprès de Banca Popolare Etica – Code SWIFT/BIC: ETICIT22XXX
Azione per Famiglie Nuove ETS | Banca Etica – filiale 1 di Roma – Agenzia n. 0 | Codice IBAN: IT 92 J 05018 03200 000016978561 | BIC/SWIFT: ETICIT22XXX
Motif : Urgence Venezuela
Ces dons donnent droit à des avantages fiscaux dans de nombreux pays de l’Union Européenne et dans d’autres pays du monde, selon les différentes réglementations locales. Ces dons donnent droit à des avantages fiscaux dans de nombreux pays de l’Union Européenne et dans d’autres pays du monde, selon les différentes réglementations locales. .
Photo: © fotospublicas.com
Entrer en communion avec le Père
Redécouvrir la beauté de la Création
Ne pas juger
Orienter notre vie vers Dieu
Ne pas se laisser séduire par ce qui est éphémère
Donner un objet auquel je tiens à quelqu’un qui en a besoin
Trouver le temps de prier
Faire preuve de douceur et de calme envers nos prochains
Dans la vie quotidienne au sein du focolare, Maria Voce Emmaüs a vécu de manière simple et lumineuse cet Évangile de l’unité qui se communique avec intelligence, liberté et créativité.
Elle avait une caractéristique qui frappait d’emblée : elle mettait en mouvement son cœur, son imagination et toute son intelligence pour aimer chaque focolarine comme elle souhaitait être aimée, sans schémas, sans solutions toutes faites. Chacune était unique, et elle prenait cela très au sérieux.
L’une d’entre nous se souvient par exemple que, lorsqu’elle est arrivée chez nous, elle ne pouvait pas manger de fromage. Un détail, pourrait-on dire. Et pourtant non. Pour Emmaüs, ce n’en était pas un. Sans en faire toute une histoire, elle veillait toujours à ce qu’il y ait une alternative pour moi aux repas. Ce n’était pas seulement de l’attention, c’était une façon de dire que chacune est importante telle qu’elle est. Et cela valait aussi pour les choix ou les sensibilités alimentaires différents : elle les respectait avec une liberté qui savait accueillir même ce qui pouvait sembler discutable.
Avec Emmaüs, tout devenait vraiment possible. Non pas par de grands projets, mais par cette capacité à écouter les désirs les plus profonds et à les faire s’épanouir. Ainsi, le rêve de l’une d’entre nous — partir dans un pays anglophone pour améliorer la langue — est devenu, avec une simplicité surprenante, son cadeau d’anniversaire.



Au sein du focolare, elle avait également une sensibilité particulière pour les différentes cultures. Non seulement elle les appréciait, mais elle les accueillait et les valorisait avec un profond respect. À l’occasion d’une fête traditionnelle coréenne, elle a encouragé l’une d’entre nous à vivre pleinement ce moment : porter le costume, accomplir le rituel selon la tradition, sans simplifications. Et elle ne s’est pas contentée d’observer : elle a voulu participer jusqu’au bout, en préparant une jolie pochette contenant une somme d’argent, comme le veut le geste de l’aîné envers le plus jeune. C’était sa manière de dire que chaque culture est un don à préserver.
Elle savait aussi reconnaître et soutenir les goûts et les préférences de chacune. À celles qui aimaient les événements culturels, elle ne se contentait pas de dire : « Vas-y, c’est bien ». Elle les cherchait elle-même dans les environs, les proposait, encourageait, accompagnait. C’était comme si elle prenait en charge les rêves des autres, en les faisant un peu siens.
Ensuite, il y avait les cadeaux. Ils n’étaient jamais offerts « juste pour faire ». Ils étaient pensés, recherchés, préparés avec soin. C’étaient des signes concrets d’un amour personnalisé, comme une montre bien choisie ou une promenade au bord de la mer pour un anniversaire ; nous et d’autres focolares en étions touchés, mais aussi nos familles : sœurs, parents, neveux et nièces.
L’art n’a jamais manqué non plus dans notre focolare, comme un allié pour faire grandir l’unité entre nous. Combien de fois avons-nous chanté ensemble ! Elle connaissait tant de chansons et de poèmes par cœur ! … ou mis en scène de petites représentations ! Inoubliable celle préparée pour la fête du nom de Marie : une réécriture libre et joyeuse inspirée de la « Divine Comédie » de Dante, grand poète italien, vécue avec elle et pour elle, qui a su transformer un moment simple en une expérience profonde avec Marie.



Au fond, sa vie était cela : créer une famille. Un épisode l’illustre bien. Un dimanche après-midi, sans prévenir, nous avons rendu visite, avec tout le focolare, à la focolarine mariée qui venait d’emménager au Centre. Quand, surprise, celle-ci a demandé à l’interphone qui c’était, Emmaüs a répondu avec simplicité et joie : « Ta famille ! ».
Une autre fois, elle nous a appelées pendant le week-end pour que nous la rejoignions là où elle passait ses vacances. Notre surprise a été qu’elle avait vu dans un magasin des vêtements qui pouvaient convenir à chacune d’entre nous. Et c’était le cas : nous les avons essayés et choisis selon le goût et le style de chacune, avec cette joie que l’on ressent quand Jésus est au milieu de nous !
En regardant notre vie avec Emmaüs, nous pouvons dire que l’unité n’est pas une idée abstraite. C’est quelque chose qui prend forme jour après jour, qui demande de s’impliquer personnellement dans la relation avec l’autre, dans les détails, dans les attentions, dans la créativité de l’amour. Elle nous l’a montré : l’unité est possible quand chacun aime et se sent vraiment aimé.
Les focolarines qui ont vécu au Focolare avec Emmaüs
Sur les photos, différents moments de la vie quotidienne – © Archivio CSC Audiovisivi
Louer Dieu dans les créatures
Recommencer
Promouvoir la fraternité
Il y a quelque temps, grâce à la technologie, nous avons pu retrouver mes anciens camarades de lycée après de très nombreuses années sans nous être vus : nous avons créé un groupe sur WhatsApp. Entre anecdotes et vieilles photos, nous avons réussi à identifier un camarade dont personne n’avait plus de nouvelles et nous l’avons ajouté au groupe.
Il nous a raconté qu’il vivait dans la rue. Une série de problèmes de santé, la lutte contre un cancer, la perte de son emploi et une séparation familiale l’avaient laissé sans rien. Au début, certains camarades ont donné de l’argent, mais face à une deuxième demande d’aide, la réponse a été le silence ou le refus.
Même si nous n’étions pas des amis proches à l’école, je sentais que je ne pouvais pas rester simple spectateur. Je me suis dit que, s’il était réapparu dans ma vie par le biais de ce groupe, je devais faire quelque chose. Je ne pouvais pas simplement l’ignorer.
J’ai décidé de le rencontrer. Je voulais voir de mes propres yeux comment il allait et l’écouter. Il avait passé quelques jours dans une pension, mais il était vite retourné dans la rue. Je n’avais pas les moyens de résoudre son problème de logement ni de lui offrir un toit, mais j’ai ressenti le besoin de demander à Dieu ce qu’il attendait de moi dans cette situation.
Nous nous sommes rencontrés et avons longuement échangé. J’ai été ému de constater la détérioration de son état physique, alors je lui ai proposé de l’aider en lui procurant un remède naturel afin qu’il retrouve, au moins, un peu de sérénité et de bien-être. Mais au-delà de l’aspect physique, je me suis souvenu qu’il avait autrefois éprouvé une forte vocation religieuse, et qu’il avait même été sur le point d’entrer au séminaire. Je lui ai posé des questions sur sa foi.
Il m’a avoué s’être éloigné de tout cela ; cela faisait des années qu’il n’avait pas mis les pieds à l’église ni ne s’était approché des sacrements. En toute sincérité, je lui ai conseillé, étant donné que sa maladie progressait et qu’il se sentait en danger, de chercher refuge en Dieu.
Je lui ai suggéré d’aller à la messe, de parler à un prêtre et, s’il s’en sentait capable, de se confesser. Le lendemain, il m’a appelé, très ému. Il était allé à l’église, s’était confessé et avait reçu la communion. Il m’a remercié du fond du cœur car il avait pris conscience que, ayant tout perdu sur le plan matériel, sa relation avec Dieu était la seule chose qui lui restait vraiment.
Aujourd’hui, nous sommes toujours en contact. Il a réussi à obtenir une pension et va un peu mieux. Je continue à l’aider en lui fournissant ce remède naturel qui complète son traitement et, de temps en temps, nous nous voyons pour prendre un café ou je lui apporte quelque chose dont il a besoin, comme une paire de baskets. Mais avec le temps, j’ai compris que le plus important n’était ni le remède ni les chaussures : c’était le fait que quelqu’un s’arrête pour lui parler.
Parfois, le « prochain » apparaît dans un groupe WhatsApp et nous risquons de le laisser prisonnier du monde virtuel, où personne n’assume aucune responsabilité. Mon ami m’a appris qu’être attentif aux besoins de l’autre, même si nous n’avons pas la solution définitive entre nos mains, c’est déjà beaucoup. Si nous pouvions tous faire ne serait-ce qu’un petit geste pour ces personnes, que se passerait-il ? Ne laissons pas l’autre n’être qu’un message sur un écran ; rendons notre aide concrète, humaine et, surtout, présente.
Pablo Furlán (Argentina)
Photo d’illustration : © Pexels-tkirkgoz
Partager nos expériences
Construire des ponts d’amitié
Apprendre à se connaître et à s’estimer
Plus qu’une simple fête de clôture, cet événement a constitué l’étape visible d’un cheminement construit tout au long de l’année par des centaines de jeunes à travers l’Italie et l’Albanie. Il est déjà tourné vers l’avenir, avec l’ambition d’aller plus loin encore et le désir d’impliquer davantage de jeunes, d’équipes et d’actions dans les années à venir, en Europe comme dans le monde.
L’Expo Fest de Time to Change s’est tenu à Castel Gandolfo (Rome, Italie) les 6 et 7 juin. Ce projet a mobilisé environ 1.300 jeunes répartis en 105 équipes, invités à s’engager à travers des actions concrètes de solidarité, de citoyenneté active, de protection de l’environnement, d’inclusion et de paix au service du bien commun.
Près de 600 jeunes issus de 52 équipes se sont retrouvés à cette occasion. Parmi les témoignages recueillis :
« J’ai pris davantage conscience de mes actions et j’ai porté beaucoup plus d’attention à ceux qui vivent dans des situations difficiles. »
« J’ai compris la valeur de certaines amitiés. »
« Je garde dans mon cœur la beauté de ce qui est né et la force silencieuse que ces journées ont engendrée. »
Ces impressions reflètent l’expérience vécue par les participants, protagonistes d’un événement qui a donné la parole non seulement aux neuf équipes finalistes, mais à toutes les réalités engagées dans le projet.
Au cours de la manifestation ont eu lieu les votes et la remise des prix finale. L’équipe Trento Gen Time to Change de Trente a remporté la première place ; Children of the Sun de Tarente s’est classée deuxième ; Time to Change de Milan a obtenu la troisième place. Des prix spéciaux ont été attribués aux équipes du Piémont et de la Vallée d’Aoste, au lycée « Alfonso Gatto » d’Agropoli et à l’équipe albanaise Alboomerang.



À travers des moments de partage, des témoignages, de la musique, de la danse, des échanges, des ateliers et des flash mobs, chaque groupe a pu présenter sa contribution au changement. Une large place a été consacrée aux histoires : celles de jeunes ayant choisi de sortir d’eux-mêmes pour aller à la rencontre des autres ; d’établissements scolaires ayant transformé l’éducation civique en expérience concrète ; de groupes locaux ayant mis en place des activités de soutien scolaire, des initiatives artistiques, des projets environnementaux et des gestes de proximité envers les personnes en situation de fragilité.
Les actions présentées témoignent d’un changement vécu au quotidien. Le lycée linguistique Alfonso Gatto d’Agropoli (province de Salerne), par exemple, a réalisé un projet consacré à la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Les élèves sont allés à la rencontre des passants, leur posant des questions sur les droits fondamentaux, remettant des badges symboliques aux « amis des droits humains » et offrant des exemplaires de la Déclaration à ceux qui souhaitaient mieux la connaître.


Dix-huit jeunes étaient présents en provenance d’Albanie. Le parcours Time to Change les a impliqués dans des activités de théâtre et de peinture pour enfants, des marches écologiques, des moments de formation et des rencontres avec des jeunes accueillis dans des foyers. « Dans cette communauté – explique Regjina Paluca – vivent des jeunes de trois à vingt ans. Certains nous ont raconté avoir grandi dans ces foyers : ils y sont arrivés tout petits et fréquentent aujourd’hui l’université. Cela a profondément touché nos jeunes. Ils ont vu que ces trente jeunes vivent tous dans la même maison, alors qu’eux rentrent chacun chez eux à la fin de la journée. Nous continuerons ce projet à l’avenir, car il se répand comme une traînée de poudre : les jeunes portent en eux une beauté qu’ils souhaitent partager avec leurs amis. »
Une partie essentielle du parcours a également été consacrée aux fragilités personnelles. Les témoignages d’Edoardo, Francesca et Victoria ont évoqué l’isolement, la dépression, l’anxiété, le deuil, l’exclusion et la réconciliation. Des parcours concrets où la souffrance peut devenir un lieu de croissance, de relation, de redécouverte de la foi et d’ouverture aux autres.
Le cheminement a également été inspiré par un poème écrit en 2005 par Margaret Karram, présidente du Mouvement des Focolari. Face au « long mur, haut et gris » de Jérusalem, « qui avance au milieu de la ville en divisant quartiers, routes, terres et familles », elle relit le sens de sa propre vie et les divisions de la Terre Sainte à la lumière de Jésus crucifié et abandonné, espérance contre toute espérance.
Au cours de l’événement, Margaret Karram a remis un trophée itinérant à l’équipe gagnante, Trento Gen Time to Change. Ce symbole accompagnera les prochaines éditions et sera confié chaque année à la nouvelle équipe victorieuse.
Dans son bref message, elle a rappelé qu’il faut du courage pour vivre la paix, une paix qui commence par un changement personnel. « La première paix, c’est Jésus, a-t-elle déclaré. Il est mort pour nous, mais il est ressuscité pour nous donner la paix et pour racheter chacun de nous. »
Comme l’a écrit l’un des participants, Time to Change « ne se contente pas de parler du changement, il le rend possible ». Et la vague lancée par les jeunes continue désormais son chemin, en visant toujours plus haut.
Aurelio Molè
Article et photos publiés sur focolaritalia.it
Raviver le don reçu