Mouvement des Focolari
Semaine Monde Uni 2023: #DARETOCARE – Osez prendre soin des personnes et de la planète

Semaine Monde Uni 2023: #DARETOCARE – Osez prendre soin des personnes et de la planète

La « Semaine Monde Uni » revient dans sa 28e édition, du 1er au 7 mai 2023. Elle est le laboratoire et l’expo mondiale d’actions et d’initiatives pour la fraternité, l’unité et la paix entre les personnes et les peuples ; elle est promue par les communautés du mouvement des Focolari dans le monde entier. Le 1er mai, l’inauguration aura lieu à la Mariapolis internationale des Focolari à Loppiano (Italie), en direct sur Youtube, Le 7 mai, la conclusion se fera par la course relais mondiale « Run4Unity », soutenue et promue par la Plate-forme « Laudato Si » du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral du Saint-Siège.   Une communauté de Pont-à-Mousson, en France, convertira le sport et les kilomètres parcourus en arbres qui seront plantés dans sa paroisse jumelée au Burkina-Faso. C’est là, à Bobo Dioulasso, que les Jeunes pour un monde uni du Sahel marcheront dans les rues de la ville en les débarrassant des déchets en plastique avec lesquel ils construiront une « montagne de la paix » symbolique. A S. Mauro Pascoli, en Italie, des jeunes et des adultes promeuvent ensemble des sports écologiques afin de sensibiliser à la protection de l’environnement et collecteront des fonds pour offrir des activités sportives à de jeunes cyclistes en Ukraine. À Palawan, aux Philippines, des centaines de personnes nettoieront les plages publiques afin de protéger la nature et la santé des habitants. Ils expliquent : « Nous pensons qu’aujourd’hui plus que jamais l’unité et la fraternité ne peuvent être réalisées que si nous prenons soin, que si nous prenons la responsabilité de prendre soin de la planète ensemble, par des actions concrètes, en commençant là où nous sommes ». Du Paraguay à l’Inde, en passant par le Togo, le Bénin, le Liban et l’Australie, il existe des centaines d’initiatives comme celles-ci, petites et grandes, qui ont été mises en place avec les mêmes motivations idéales. C’est ce qui se passe chaque année, partout dans le monde, pour célébrer la Semaine Monde Uni. Sept jours d’ateliers et d’expositions, promus par les communautés du mouvement des Focolari dans le monde entier, en synergie avec d’autres mouvements, associations, institutions locales qui partagent leurs valeurs, afin de sensibiliser l’opinion publique à la paix, à la protection de l’environnement, à la conversion écologique, à la prise en charge intégrale de la personne qui part d’une fraternité concrète. Le thème principal de la 28e édition est le soin de l’humanité et de la planète. Elle s’intitule en effet : « Dare to Care : les personnes, la Planète et notre conversion écologique ». Des thèmes rendus d’autant plus urgents par le présent que nous vivons, avec les effets catastrophiques de la crise climatique et la prolifération de foyers de guerre et de conflits inhumains un peu partout sur la planète. Les initiatives qui sont activées tout au long de l’année dans le monde sur ces thèmes, trouvent une vitrine dans cette semaine dans de nombreux rendez-vous, virtuels et en présence, différents selon les lieux et les communautés qui les promeuvent : expo, revue d’événements culturels, ateliers de dialogue et d’idées, actions solidaires ou écologiques, événements sportifs. Si localement l’objectif est d’influencer l’opinion publique dans les pays respectifs, l’objectif international est d’illuminer d’espérance la Maison Commune à partir de l’action persévérante et infatigable des personnes qui s’engagent à construire la fraternité. Le principal partenaire de la Semaine du Monde Uni 2023 est le Mouvement Laudato sì. La Semaine Mondiale Uni est cofinancée par l’Union européenne par le projet AFR.E.SH”.

Les événements internationaux de la Semaine Monde Uni

Le soir du 30 avril, à 21 heures (heure italienne), la Semaine du Monde Uni débutera par le concert « The reason we care » (la raison pour laquelle nous prenons soin) du groupe international Gen Rosso, qui sera diffusé sur leur chaîne YouTube (https://youtube.com/@GenRossoOfficial). Le concert est le résultat des dernières années de travail du groupe, qui, par le biais de la musique, a réalisé des activités d’accueil et de formation avec des jeunes réfugiés et des migrants en Bosnie-Herzégovine et au Liban. Le 1er mai à midi, un grand spectacle, intitulé « Common Ground, me you and us » retransmis en direct dans le monde entier depuis la scène de l’auditorium de Loppiano (Italie), inaugurera la 28e édition de la Semaine Monde Uni. La proposition ? Redécouvrir la valeur de l’attention, de l’attention à soi et à l’autre, des relations qui nous lient et de la relation avec la Terre Mère. Dans le programme, les témoignages de jeunes changemakers, italiens et originaires de différents pays du monde engagés en réseau et, souvent, courageusement, à contre-courant, dans l’attention aux personnes et à l’environnement pour le bien commun de leurs peuples. Comme Mimmy du Burundi qui, dans le cadre de la lutte contre la pollution plastique, a été élue ambassadrice « zéro plastique » car, avec son association, elle transforme le plastique en feuilles écologiques et plante des arbres dans le parc national de Rusizi. Ou encore Ivan, qui à Damaguete aux Philippines, avec sa communauté, prend soin de son peuple en s’engageant en faveur de l’environnement marin et en plantant des mangroves, car dit-il : « Etant un des pays les plus pauvres d’Asie, la pêche est un moyen de subsistance pour beaucoup. Notre peuple a besoin de la mer pour survivre, pour la vie quotidienne. La retransmission en direct sera visible sur www.unitedworldproject.org. Le samedi 6 mai aura lieu Peace Got Talent, un événement artistique promu par le réseau « Living Peace International » qui, s’inspirant du célèbre format télévisé, donnera la parole à de jeunes talents engagés dans la promotion de la paix à travers la musique, le chant et la danse. Chaque morceau en compétition est le fruit et l’expression de projets informels d’éducation à la paix. Parmi les écoles et les groupes participants figurent également ceux d’Ukraine, de Syrie, de Russie, du Myanmar, du Congo : des pays touchés par la guerre et les conflits armés, qui n’ont pas voulu renoncer à apporter leurs chants et leurs voix porteuses d’espoir. L’événement sera retransmis en direct sur www.unitedworldproject.org. Le dimanche 7 mai, plus de 200 000 adolescents, jeunes et familles dans de nombreux pays et dans centaines de villes participeront à « Run4Unity », une course de relais mondiale qui unira de façon transversale les ethnies, les cultures et les religions pour construire la paix et pour planter des arbres. Soutenue et promue par la Plateforme d’Initiatives Laudato Si’ du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral du Saint-Siège, Run4Unity 2023 est dirigée par des jeunes du mouvement des Focolari. Les participants de tous âges prendront soin de leur corps en faisant de l’exercice physique et prendront soin de la Terre en échangeant les kilomètres qu’ils auront courus ou les minutes qu’ils auront passées à faire de l’exercice contre des arbres qui seront plantés dans le monde entier. Run4Unity partira des îles Fidji, c’est-à-dire du premier fuseau horaire en commençant une nouvelle journée par un pays écologiquement symbolique car déjà fortement touché par le changement climatique. De là, les jeunes passeront le « témoin » virtuel d’un fuseau horaire à l’autre par le biais d’une série de vidéoconférences au cours des 24 heures suivantes pour conclure avec les communautés de Californie. Les participants courront, feront du jogging, marcheront ou participeront à des événements sportifs locaux, dont certains se dérouleront dans des lieux symboliques de la paix, aux frontières de pays ou de communautés en conflit ou dans des sites écologiques importants, afin de témoigner de l’unité et de la paix. Parmi les participants se trouveront quelques-unes des 1 000 écoles Laudato Si’ dans le monde, engagées dans l’éducation à l’écologie à travers la Plate-forme d’initiatives de Laudato Si’, ainsi que des groupes et des écoles qui font partie du Projet Living Peace International. Tous les événements locaux de la Semaine du monde uni 2023 peuvent être consultés à l’adresse suivante : https://www.unitedworldproject.org/uww2023/.

Tamara Pastorelli (Foto: Pixabay)

Évangile vécu : l’amitié vraie

Un lien profond dans lequel se joue non seulement notre propre destin mais aussi le destin de l’autre, son histoire. C’est cela la véritable amitié : un bien gratuit, à fonds perdu ; une relation authentique où chacun, tout en soutenant l’autre, se retrouve à la fin, toujours lui-même. L’ami en difficulté Je me rendais au travail en voiture lorsque j’ai aperçu sur la route un ancien collègue d’université. Je l’ai raccompagné et, en chemin, il m’a raconté ses problèmes : à cause de la Covid, il avait perdu son emploi de serveur dans un restaurant ; de plus, le logement où il vivait était privé d’eau chaude et d’électricité parce qu’il n’avait pas payé ses factures. Spontanément, je l’ai invité à prendre une douche et à laver ses vêtements chez moi quand il en avait besoin. Il a accepté avec plaisir. Un jour, il est venu comme d’habitude, il n’allait pas bien, mais il n’a pas eu le courage de me le dire. Au bout de deux jours, j’ai découvert que j’avais la Covid. Lorsque son ami l’a appris, il a réalisé que c’était lui qui m’avait infecté, et il n’a donc pas eu envie de retourner se laver avec moi. Mais je l’ai rassuré en lui disant que je n’avais rien contre lui et nous avons recommencé à nous voir. Si j’ai trouvé la force d’aller à la rencontre de ce frère, c’est parce qu’en tant que chrétien, je me sens appelé à m’arrêter pour voir les besoins et les désirs de mon prochain, à l’aider et à l’aimer comme Jésus nous le dit dans l’Évangile. (Steve – Burundi) Mariage en crise Du Brésil, pays de son ‘’grand amour’’, Brigitte m’avait écrit que son mari, devenu alcoolique, l’avait abandonnée avec ses trois enfants. Avec l’accord de mon mari, j’ai décidé de lui rendre visite. Bien que le voyage ait représenté une lourde dépense pour notre économie, le désir d’être proche de cette amie de longue date l’a emporté. J’ai retrouvé Brigitte dévastée, déçue, désorientée ; elle se demandait pourquoi ce destin : loin de sa patrie et de ses proches, seule, un échec dans tous les sens du terme. Nous avons évoqué la possibilité d’un retour en France. Cependant, elle ne voyait pas l’éloignement aussi radical de leur père comme un élément positif pour les enfants. Je pouvais la comprendre. Pendant mon séjour, j’ai contacté la maison d’édition où je travaille, qui lui a confié des traductions en français. Mais le vrai cadeau pour Brigitte, et aussi pour moi, c’est que, se souvenant de notre jeunesse, repensant aux questions sur la foi et le désir de construire un monde plus humain,  on aurait dit que ce rêve reprenait vie. Enfin, elle identifiait elle-même la manière la plus concrète de s’engager pour les autres, une manière de se reconstruire. Je suis repartie rassurée. (J.P. – France)

Maria Grazia Berretta

(extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année IX – n.1 – mars-avril 2023)

Corée : le dialogue est la culture de la famille humaine

Corée : le dialogue est la culture de la famille humaine

Margaret Karram et Jesús Morán, Présidente et Coprésident du Mouvement des Focolari, viennent de terminer l’étape coréenne de leur premier voyage officiel en Asie et en Océanie, qui se poursuivra par des visites au Japon, aux îles Fidji, en Australie et en Indonésie, jusqu’au 25 mai. Voici une brève mise à jour de ce qui s’est passé en Corée.

« Apprends-nous, Seigneur, à marcher ensemble le regard tourné dans la même direction, unis par le même objectif, à la recherche des mêmes valeurs vers Celui qui nous aime et nous attend c’est le fondement de toute nouvelle amitié. »

Cette prière, qui a ouvert la rencontre de 160 focolarini et focolarines de la zone de l’Asie de l’Est (avec plusieurs personnes en ligne) le 22 avril, exprime bien le sens du premier voyage officiel de Margaret Karram et Jesús Morán en Asie et en Océanie. Première étape : la Corée, puis ils visiteront le Japon, les îles Fidji, l’Australie et enfin l’Indonésie. Ils sont accompagnés par Rita Moussallem et Antonio Salimbeni, conseillers de la zone et coresponsables du dialogue interreligieux des Focolari. En Asie de l’Est (qui comprend la Corée, le Japon et l’aire géographique de langue chinoise), le Mouvement est présent depuis la fin des années 1960 – en Corée, le Père Francis Shim a introduit la spiritualité de l’unité en 1967 et, à Hong Kong, le premier focolare a été ouvert en 1970. Entre membres internes et adhérents, environ 10 000 personnes vivent la spiritualité de l’unité dans cette partie de l’Asie.

Margaret Karram : repartir du dialogue

« Pourquoi avez-vous choisi l’Asie pour votre premier voyage ? » a demandé à Margaret, un journaliste de « Catholic Chinmoon« , le principal hebdomadaire catholique de Corée. « Je suis ici pour écouter, pour connaître, apprendre, mais surtout pour aimer le « continent de l’espérance » », a-t-elle répondu. « La richesse spirituelle de ces peuples sera un don pour tous. Je pense qu’il est très important de raviver dans le Mouvement la voie du dialogue, l’instrument par excellence pour construire la paix, le bien dont le monde a tant besoin aujourd’hui. »

Corée : entre contradictions et espoir de paix

Avec quasiment 10 millions d’habitants, la capitale Séoul montre le visage d’un pays qui, depuis 50 ans, avance à plein régime et qui est devenu l’un des États les plus avancés et technologiques de la planète. Rapidité, efficacité et compétitivité sont les caractéristiques de la société coréenne moderne –  explique Matthew Choi, journaliste et focolarino coréen -, tant du point de vue économique que culturel, mais cela s’accompagne de nombreuses contradictions. « Ici, l’accent est mis sur le résultat – ajoute Kil Jeong Woo, délégué du Mouvement politique pour l’Unité en Corée -, avec un système universitaire hautement compétitif et une forte éthique du travail. Nous avons des problèmes d’inégalité sociale et nous nous efforçons d’y remédier par des réformes sociales et politiques, mais les progrès sont lents à venir. »

L’Église coréenne, pont dans une société divisée

L’archevêque de Séoul, Mgr Peter Chung Soon-taek, souligne également parmi les défis sociaux, les conflits intergénérationnels et le vieillissement de la population. « Dans l’Église, explique-t-il, le risque est de nous enfermer dans nos communautés. Il est nécessaire de s’ouvrir et c’est la contribution que les Focolari peuvent apporter. » Margaret Karram et Jesús Morán ont rencontré ensuite Mgr Thaddeo Cho, archevêque de Daegu, Mgr Augustino Kim, évêque de Daejeon et Mgr Simon Kim, évêque de Cheng-ju. Dans le climat social et politique de fortes polarisations entre progressistes et conservateurs, l’Église cherche à être un pont et un antidote à la sécularisation qui touche particulièrement les jeunes

Dialogues et inondations : le processus est lancé

Le Mouvement des Focolari en Corée apporte sa contribution au dialogue œcuménique et interreligieux, et dans les différents milieux culturels. Un exemple en a été l’événement du 14 avril à Séoul, intitulé : « Le dialogue devient la culture de la famille humaine. » Sont intervenus des représentants de différentes Églises chrétiennes, de différentes Religions, des représentants des milieux sociaux, animés par un esprit constructif de collaboration pour la réconciliation sociale et la paix. « Il est très important que chacun puisse créer des espaces qui ouvrent les portes au ‘’dialogue de la vie’’ – a dit Margaret Karram dans son intervention – en mettant en pratique les enseignements de sa propre confession religieuse. » Jesús Morán les a encouragés à poursuivre ce chemin ensemble : « Peu importe que les choses que vous faites soient grandes ou petites. L’important est qu’elles portent la semence de la nouveauté. Les témoignages que vous avez présentés sont porteurs de cette empreinte. » Sa Young-in, directrice du Bureau des Nations unies pour le bouddhisme Won, a déclaré que lorsqu’elle était jeune, elle rêvait d’un « village religieux » où les croyants de différentes religions pourraient partager l’amour, la grâce et la miséricorde. « Ce que j’imaginais, a-t-elle dit, j’ai l’impression de le voir se réaliser ici aujourd’hui. »

Gen 2 : « Courage, allez de l’avant ! »

Le 15 avril, 80 Gen étaient présents au Centre Mariapolis : 70 Gen de Corée, 9 de Hong Kong et d’autres reliés depuis le Japon et les régions de langue chinoise. Ils ont apporté à Margaret Karram et Jesús Morán le résultat de leur travail effectué dans quatre ateliers : la manière d’incarner la spiritualité de l’unité dans la vie de tous les jours ; les relations à l’intérieur et à l’extérieur du Mouvement, les difficultés à trouver leur identité humaine et spirituelle et la manière dont ils « rêvent » le Mouvement. « Nous avons une seule identité », leur a dit Margaret. Nous ne sommes pas d’abord Gen, puis nous devenons quelqu’un d’autre lorsque nous allons, par exemple, à l’université. Le don de la spiritualité que nous avons reçu fait de nous des personnes libres ; il nous donne le courage et la force de proclamer ce que nous sommes et ce en quoi nous croyons, et je voudrais aussi vous dire ce que le Pape m’a dit lorsque j’ai été élue Présidente : « Courage, allez de l’avant. » « Après le départ de Chiara, a raconté un Gen, j’ai eu des moments de nostalgie et d’obscurité. Aujourd’hui, la proximité, la confiance et l’écoute de Margaret et de Jesús m’encouragent beaucoup. Ils me font comprendre une fois de plus que l’héritage de Chiara est un don de Dieu adapté à chaque époque. »

Cité-pilote Armonia (Harmonie)

Le 16 avril dernier, Margaret Karram et Jesús Morán se sont rendus sur le terrain que le Mouvement a reçu en don à une soixantaine de kilomètres au sud de Séoul, pour réaliser un rêve déjà exprimé par Chiara lors de sa visite en Corée en 1982 : la naissance d’une cité-pilote de formation et de témoignage de la vie de l’Évangile et de la spiritualité de l’unité pour cette partie de l’Asie. En présence d’environ 200 personnes – membres des Focolari, bienfaiteurs et amis qui ont apporté leur contribution de différentes manières – le terrain a été béni et une médaille de la Vierge y a été déposée en guise de sceau. « Confions-Lui cette Œuvre – a conclu Margaret Karram – et demandons-Lui de nous aider à adhérer aux plans de Dieu que nous ne connaissons peut-être pas, mais Il est plus grand que nous et si nous Lui donnons notre disponibilité et générosité, Il pourra agir. »

En visite à Sungsimdang

Tout a commencé en 1956, avec deux sacs de farine pour faire du pain à la vapeur et le vendre devant la gare de Daejeon. Aujourd’hui, Sungsimdang est devenue l’entreprise de restauration la plus fameuse de la ville et, avec ses 848 employés, elle vit pleinement l’esprit de l’Économie de Communion (ÉdeC) depuis 1999. Margaret Karram et Jesús Morán l’ont visitée, une rencontre joyeuse avec Fedes Im et son épouse Amata Kim, propriétaires et Volontaires du Mouvement. « Je n’ai pas étudié l’administration ou la gestion – raconte Fedes – mais j’ai suivi Chiara ». « Cherchez à faire ce qui est bien devant tous les hommes », est la devise que Chiara a donnée à l’entreprise qui sert 10.000 clients par jour et vit depuis toujours le partage, apportant quotidiennement du pain à 80 centres d’assistance sociale. Mais ce qui frappe, c’est le style des relations et du travail : « Pour nous – raconte sa fille Sole, responsable du secteur restauration – toutes les personnes ont la même valeur : hommes et femmes, riches et pauvres, dirigeants et employés, fournisseurs et clients. Nous essayons de mettre la personne au centre de chacune de nos décisions.» Jesús a souligné l’importance de l’impact de l’entreprise sur le territoire, prérogative des entreprises qui opèrent selon le style de l’ÉdeC, et Margaret a comparé le témoignage de cette entreprise à celui d’une cité-pilote dont on peut dire « venez et voyez ». « Et cela – a-t-elle ajouté – est le plus grand remède que le monde attend ».

Écouter, connaître, partager

Les journées coréennes de Margaret Karram et Jesús Morán ont été intenses et variées : ils ont également trouvé le  temps de faire une halte touristique sur l’ancien site de Bulguksa, pour connaître les racines de la culture bouddhiste nationale. Avec ses temples millénaires, immergés dans une nature fraîche, une journée vraiment régénérante ! Puis il y a eu les nombreuses rencontres avec les membres du Mouvement de cette vaste zone, comme le joyeux après-midi avec les focolarini et quelques membres des territoires de langue chinoise. Le moment avec 80 prêtres, consacrées et religieux a été une expérience de ‘Cénacle’, avec des témoignages de fidélité et de vie évangélique authentique, dans un échange intime avec Margaret Karram et Jesús Morán. Puis, le 23 avril, ce fut le tour de la rencontre très attendue de tous les membres du Mouvement ; 1 200 personnes étaient présentes, avec 200 personnes reliées depuis différents pays. Une fête extraordinaire, qui a rassemblé des peuples et des cultures que l’on verrait difficilement danser et chanter sur la même scène, et se réjouir réciproquement de la beauté et de la richesse des autres. C’est peut-être la raison pour laquelle quelqu’un a qualifié l’événement de « miracle » et de semence d’une société renouvelée par l’unité. Au cours du dialogue, Margaret Karram et Jesús Morán, avec les conseillers Rita Moussallem et Antonio Salimbeni, ont répondu sur différents arguments : le « dessein » du continent asiatique, l’actualité du dialogue entre les religions. À la question de savoir comment approfondir la relation avec Jésus Eucharistie, Jesús a expliqué qu’il ne s’agit pas de « sentir » la relation avec Lui, mais de « la vivre », car l’Eucharistie alimente toute notre personne et nous fait vivre comme un corps, dans l’amour pour les autres. Quant à la baisse des vocations dans le Mouvement, Margaret a affirmé que les relations personnelles et le témoignage authentique des adultes sont importants pour les jeunes. « Si notre vie est le fruit de l’union à Dieu, si elle est cohérente avec l’Évangile, ils seront attirés, parce qu’ils s’inspirent de ceux qui « osent » vivre pour Dieu et ils comprendront ainsi où Il les appelle. » À la dernière question sur ce que doivent être nos relations pour pouvoir dialoguer avec tous, Margaret répond par une expérience : « Cette année, nous avons approfondi notre vie de prière et l’amour envers Dieu, un amour « vertical » pourrions-nous dire, comme ces pins dont les branches s’élancent vers le haut. L’autre jour, en me promenant, j’ai vu un arbre qui m’a beaucoup plu : ses branches étaient ouvertes, elles s’étendaient vers l’extérieur ; elles s’entrelaçaient avec d’autres arbres. C’est ainsi que devraient être nos relations : nos bras devraient toujours être ouverts, aller vers les autres ; nous devrions avoir le cœur grand ouvert aux joies, aux peines et à la vie de toutes les personnes qui nous croisent. »

« C’est l’heure de l’Asie » avait déjà écrit Chiara Lubich en 1986, lors de son premier voyage sur ces terres ; des paroles qui manifestent aujourd’hui toute leur actualité et leur valeur prophétique.

Stefania Tanesini

Burundi : Jean-Paul – la certitude de l’amour de Dieu

Jean-Paul est un jeune burundais qui, en 2015, alors que le pays est en proie à des conflits internes répétés, subit une embuscade qui met sa vie en péril. Une expérience où, grâce à la foi, la souffrance est transformée et portée par l’amour de nombreuses personnes dans le monde, devenant ainsi un terrain fertile où témoigner concrètement de l’amour de Dieu. https://www.youtube.com/watch?v=M97MXRfcHnI&list=PL9YsVtizqrYsVxFh7-IlFMNEbjw4OL9J7 Copyright 2023 © CSC Audiovisuel

DIALOP : Dialogue entre des chrétiens et la gauche européenne à la recherche d’un véritable changement

DIALOP : Dialogue entre des chrétiens et la gauche européenne à la recherche d’un véritable changement

Depuis près de dix ans, un projet de dialogue entre socialistes/marxistes et chrétiens européens a vu le jour sous le nom de DIALOP. Nous avons rencontré certains des protagonistes de ce dialogue il y a quelques jours, lors d’une visite au Centre international des Focolari à Rocca di Papa (Italie). « Je pense qu’avec l’élection du Pape François, la situation a complètement changé, de manière substantielle. Non seulement pour l’Église catholique, mais aussi pour toutes les forces philosophiques et culturelles qui s’opposent au néolibéralisme. Car ce que le Pape enseigne est – je dirais – une manière de s’unir, qui s’oppose au consumérisme individuel. Cela place le pape et les milieux de l’Église qui le suivent dans une position proche de celle de la gauche, qui cherche à mettre l’accent sur des valeurs collectives communes ». C’est ce que dit Walter Baier, l’un des représentants de DIALOP, un projet de dialogue entre socialistes/marxistes et chrétiens, impliquant des intellectuels, des universitaires, des politiciens, des activistes et des étudiants de différents pays européens. « Nous croyons que le dialogue est le meilleur moyen d’apporter un réel changement et nous travaillons pour transformer le monde en un endroit où il fait bon vivre », disent-ils. L’expérience de DIALOP a débuté lors de l’audience privée que le Pape François a accordée à deux hommes politiques de gauche, Alexis Tsipras de Grèce et Walter Baier d’Autriche, ainsi qu’à Franz Kronreif du mouvement des Focolari, le 18 septembre 2014. À cette occasion, la conversation a porté sur la crise environnementale et la crise sociale mondiale. À la fin de l’audience, le Pape François les a invités à entamer un dialogue transversal, capable d’impliquer les couches les plus larges de la société et en particulier les jeunes. « Je représente le Parti de la Gauche européenne depuis trois mois », a déclaré M. Baier, « je suis un débutant. Le Parti de la gauche européenne regroupe aujourd’hui 35 partis issus de 27 pays européens. Ces pays appartiennent à l’Union européenne et je dirais que notre compréhension de l’Europe doit être beaucoup plus large que regarder uniquement la partie privilégiée de l’Europe, si nous le voulons. Nous prenons le pan européanisme au sérieux, et nous devons comprendre que l’Europe n’est pas seulement diverse, mais qu’elle est aussi déchirée par de profondes divisions sociales et économiques. L’une des exigences fondamentales de la gauche devrait être d’en prendre conscience. Il s’agit d’atteindre un niveau de vie décent pour notre famille dans toutes les régions d’Europe. Nous avons également appris, en dialoguant avec nos amis chrétiens, que le consensus différencié et le désaccord nuancé constituent en effet une méthode très, très utile ». Cornelia Hildebrandt fait partie de Trasform! Europe. Face aux guerres en cours, elle ne doute pas : « La déclaration du Pape François selon laquelle chaque guerre est un échec de la politique est partagée par nous, de la Gauche. En ces temps de conflit, nous pensons que le dialogue n’est pas seulement une nécessité urgente, mais un impératif catégorique. Il faut toutes nos forces pour imposer une paix durable contre la destruction de l’environnement, les conditions de vie des populations contre la « barbarisation ». Dialoguer, c’est accueillir l’autre chez soi. C’est devenir l’invité de son hôte. Ce n’est pas seulement un outil, mais une rencontre constante, un chemin d’expériences intellectuelles et spirituelles partagées, dans lequel la spécificité des partenaires respectifs ne disparaît pas, mais se déploie et se développe plus clairement. Grâce à ces rencontres, les opposés deviennent complémentaires. Et c’est Cornelia Hildebrandt elle-même qui explique le concept de consensus différencié et de dissidence qualifiée : « Nous adoptons et adaptons une méthode qui est utilisée dans l’œcuménisme entre les Églises chrétiennes. Les affirmations fondamentales de la société humaine et du monde, formulées de manière incohérente, doivent constituer une base solide. Pour que les partenaires puissent parler et agir ensemble, les déclarations de base communes doivent se référer explicitement aux textes originaux afin d’être compatibles avec les traditions respectives de l’Église catholique et de la Gauche de Transform ! Europe et au-delà. Il s’agit ensuite de formuler les questions avec précision. Et c’est là que peut commencer la recherche de déclarations communes claires, reflétant leur propre tradition et s’enrichissant elles-mêmes ». Angelina Giannopoulou, une jeune femme grecque de Transform ! Europe, raconte avec passion sa propre expérience de cheminement à Dialop et souligne l’importance de la présence des jeunes pour le présent et l’avenir de cette réalité. Elle mentionne également le « Projet DialogUE », en collaboration avec la Communauté européenne et un consortium de 14 organisations de la société civile, qui occupera une place importante lors des Journées Mondiales de la Jeunesse à Lisbonne (Portugal) avec une journée consacrée à la communication avec la participation de politiciens, d’experts et de jeunes. D’autres symposiums sur l’écologie et les politiques sociales suivront à d’autres moments. « Nous ne pouvons pas nous adapter à la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui en Europe et dans le monde, je pense que c’est la vocation la plus forte de Dialop », conclut Walter Baier.

Carlos Mana

Pour plus d’informations et pour accéder à la « Prise de position de DIALOP », consulter le site web de Dialop (https://dialop.eu/).

La règle de la vraie fraternité

À l’occasion de la Journée dédiée aux bonnes actions, nous partageons le message de paix et d’espoir contenu dans la « Règle d’or », lancée par Chiara Lubich aux nombreux jeunes réunis au Colisée (Rome) à l’occasion du Supercongrès des jeunes pour l’unité, le 26 mai 2002. https://youtu.be/S108AMu2Qv4

Évangile vécu : « Portez vos regards vers les choses d’en haut et non vers celles de la terre » (Col 3,2)

Pour un chrétien, la résurrection est un fait concret, quelque chose qui se produit, une rencontre qui change toute perspective humaine ; c’est l’événement qui nous rappelle que notre citoyenneté est au ciel et que c’est là que notre vie doit tendre, vers le haut, en témoignant là où nous sommes des valeurs que Jésus a apportées pour la première fois sur la terre. L’autre comme quelqu’un à aimer J’étudie la médecine et je suis en quatrième année. Dans le milieu hospitalier, le malade est presque toujours utilisé comme objet d’étude. Tout le monde est un « cas », représente une maladie. En général, pendant les cours pratiques, chaque patient est examiné par une trentaine d’étudiants. Quant à moi, j’ai vite compris que pour le patient, une telle façon de procéder pouvait être inconfortable et souvent douloureuse, alors quand c’était mon tour de participer à ce cours pratique, je répondais : « Non, je n’irai pas, la personne malade a déjà beaucoup souffert. Je n’aimerais pas être traité de la sorte. Lorsque le prochain patient arrivera, je serai le premier à l’examiner. » Mes camarades ont rétorqué qu’en faisant cela, je n’apprendrais jamais et que je ne deviendrais jamais un bon médecin, mais plus tard, sans que je le sache, ils ont proposé eux-mêmes au professeur que chaque patient ne soit examiné que par cinq étudiants au maximum. Toute la classe a voulu signer la demande et le professeur a accepté. La conclusion est qu’avec cette méthode, ils apprennent mieux et les patients se sentent respectés. (Regina – Brésil) Ouvrir une fenêtre Parfois, une chute avec fracture de l’épaule change brutalement la vie : les vacances, la garde des petits-enfants, les courses… Tout repose maintenant sur ma femme qui n’utilise plus la voiture depuis qu’elle est à la retraite. Un jour, ma petite-fille, avec qui nous avons souvent joué à chercher le positif dans le négatif, me demande où est le positif dans cette immobilité non désirée. Je lui réponds que ma nouvelle condition me fait découvrir que j’avais l’habitude de faire beaucoup de choses … comme traîné comme une planche de bois dans une rivière. Il y a toujours une autre possibilité que celle prévue, comme une nouvelle fenêtre qui s’ouvre dans votre chambre et vous montre un paysage que vous ne voyiez pas auparavant. La petite-fille reste silencieuse et pensive. Puis, comme réveillée par une découverte, elle reprend : « Grand-père, j’ai une camarade de classe qui a mauvais caractère. Non seulement elle dit des gros mots, mais elle est toujours en colère contre tout le monde. Nous évitons tous de lui parler et il s’est créé avec elle une sorte de mur qui l’isole. Peut-être que je dois aussi lui ouvrir une fenêtre. » Je n’aurais pas pu entendre de plus belles paroles. » (H.N. – Slovaquie)

Propos recueillis par Maria Grazia Berretta

(extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année IX – n .1 – mars-avril 2023)

Le mouvement des Focolari et les abus, un engagement ferme pour la protection de la personne

Nous vous proposons l’entretien réalisé par Adriana Masotti de Vatican News avec Joachim Schwind, focolarino et membre du Conseil général du Centre international des Focolari. Ces jours-ci a été publié sur le site international du mouvement, le premier rapport sur les cas d’abus de mineurs et d’adultes vulnérables, ceux de type spirituel et ceux d’autorité, survenus en son sein. Ce rapport présente non seulement des données sur les signalements d’abus, mais aussi des mesures de réparation, de nouvelles procédures d’enquête et des activités de formation pour la protection intégrale de la personne. Dans l’interview, Joachim Schwind, focolarino prêtre et membre du Conseil général, explique le chemin entrepris. « Nous vous écrivons pour rendre compte publiquement des données recueillies relatives aux signalements d’abus et des mesures que nous avons prises en tant que Mouvement des Focolari, en raison du fléau des abus sexuels sur des mineurs et des personnes vulnérables et des abus de conscience, spirituels et d’autorité sur des adultes, qui a également touché notre mouvement ». C’est  ainsi que dans une lettre ouverte publiée sur le site du mouvement, la présidente Margaret Karram et le coprésident Jésus Morán présentent le premier rapport sur la gestion des cas d’abus survenus au sein du mouvement. Ce document, qui sera publié chaque année, intervient un an après que le  GCPS Consulting a été chargé, en 2020, d’enquêter sur les graves cas d’abus sexuels commis par un ex focolarino français, J.M.M., un cas qui a déclenché une prise de conscience du problème et donc la décision d’entamer un parcours, sur plusieurs fronts, pour assurer la prévention et la protection intégrale de la personne dans tous les domaines et milieux où se déroulent les activités des Focolari et pour lutter contre ce crime. Les victimes au centre : la demande de pardon Dans la lettre, la présidente et le coprésident demandent tout d’abord pardon à chacune des victimes  au nom du mouvement tout entier. Ils expriment leur profonde gratitude aux victimes et aux survivants, ainsi qu’aux familles et aux communautés concernées, non seulement en France, mais dans tous les pays où des cas d’abus ont été révélés, car grâce à leur collaboration et surtout à leur courage pour affronter et mettre en lumière ces crimes, le mouvement met aujourd’hui en œuvre de nouveaux engagements et de nouvelles procédures en matière de protection des personnes avec une plus grande conscience. Les personnes victimes d’abus occupent une place centrale et prioritaire dans ce processus. L’écoute, la demande de pardon, l’offre d’aide et le chemin de la réparation sont le point de départ. La nouvelle Commission centrale indépendante Le rapport se compose de plusieurs parties et présente les données sur les abus reçues par la Commission pour le bien-être et la protection de la personne (CO.BE.TU.) depuis 2014, année de sa création et donc de la collecte systématique des signalements d’abus, jusqu’en décembre 2022. Une autre partie est consacrée aux mesures mises en œuvre ou en cours de mise en œuvre, en réponse aux recommandations de l’enquête indépendante menée par le GCPS Consulting. Le texte annonce qu’à partir du 1er mai 2023, la Commission centrale indépendante prendra en charge le traitement des rapports et que la mission de la CO.BE.TU prendra fin. Le rapport présente également le « Protocole pour le traitement des cas d’abus dans le mouvement des Focolari » et les « Lignes de soutien et de réparation financière en cas d’abus sexuels sur des mineurs/adultes vulnérables ». Enfin, il existe un conseil de Vigilance nommé par la présidente et composé d’au moins cinq membres extérieurs au mouvement. Quelques données présentées dans le rapport Selon les données du texte publié, le nombre total de signalements d’abus s’élève à 61. En ce qui concerne les victimes, 17 rapports font référence à des adultes vulnérables, 28 à des jeunes âgés de 14 à 18 ans, 13 à des jeunes de moins de 14 ans, 2 rapports concernent la possession de matériel pédopornographique. Le nombre total d’agresseurs s’élève à 66, dont 63 hommes et 3 femmes. 20 des abuseurs avérés ont été exclus du mouvement, 9 ont fait l’objet de sanctions, d’autres cas sont encore en cours. Enfin, 39 cas se sont produits en Europe, 15 dans les Amériques, 3 en Asie/Océanie et 4 en Afrique. Pour le chapitre sur les abus sexuels, de conscience, spirituels et d’autorité à l’égard d’ adultes, il y a eu 22 signalements, 31 auteurs plus certains non encore identifiés, 12 étaient des hommes et 19 des femmes. La répartition des signalements par zone géographique est la suivante : 16 cas en Europe, 3 dans les Amériques, 2 en Afrique et 1 entre l’Asie et l’Océanie. Un réseau d’accueil et d’écoute des victimes Au sein du mouvement des Focolari, les commissions locales pour le bien-être et la protection des mineurs et des personnes vulnérables seront renforcées ou créées, avec la présence de professionnels dans les domaines de l’aide psychologique, juridique, pédagogique et éducative, chargés de recevoir les plaintes, les témoignages et d’entamer des procédures d’enquête. Les commissions locales pourront également offrir un point d’écoute à toute personne souhaitant partager son expérience d’abus, de violence, de malaise de toutes sortes, et bénéficier – si elle le souhaite – d’un accompagnement pour un parcours ultérieur. Dans certains pays, comme la France, l’Allemagne et d’autres, ces points d’écoute sont déjà actifs. En outre, une commission disciplinaire centrale, composée en majorité de professionnels externes, sera mise en place pour évaluer la responsabilité des responsables du mouvement des Focolari face aux abus de toutes sortes. Schwind : une honte qui exige de grands changements Joachim Schwind est un prêtre du mouvement des Focolari, théologien et journaliste d’origine allemande. Il est membre du Conseil général du Mouvement et coresponsable de la Commission chargée des recommandations du rapport préparé par le GCPS Consulting. A nos micros, il retrace ce qui a été fait sur la question des abus, en commençant par cette enquête et décrit comment les responsables et les communautés du mouvement ont vécu ce qui a émergé : Quel a été le point de départ de ce nouveau parcours pour la protection de la personne ? De quoi êtes-vous partis ? Je ne sais pas s’il faut parler de point de départ, mais plutôt de point décisif. Et c’est sans doute, il y a un an, la publication du rapport de la société britannique GCPS qui a enquêté sur ce cas de maltraitance en France. Ce n’était pas le point de départ car des mesures étaient déjà en place depuis 2011, mais elles étaient absolument insuffisantes, insatisfaisantes. Au contraire, ce rapport a provoqué un grand choc et une grande honte dans tout le Mouvement, pour l’ampleur, pour la durée de cette affaire, pour le nombre de victimes, mais aussi pour l’échec de notre gestion de cette situation, de la coordination de nos structures organisationnelles et gouvernementales. Et la décision de publier ce rapport « sans si…ni sans mais… » était importante, même si certains auraient voulu en discuter certaines parties, mais pour nous, cela signifiait accepter l’humiliation que ce rapport contenait, accepter que nous ne sommes pas meilleurs que d’autres. Mais il faut dire que ce n’est pas notre choix qui est à l’origine de cette décision, mais le courage des victimes qui ont dénoncé et rapporté ce qui s’était passé. Cela a dû être très douloureux d’apprendre les cas d’abus sexuels perpétrés au sein du mouvement. Quelles ont été les premières réactions ? Quelles ont été en particulier les réactions des responsables centraux du mouvement ? Bien sûr, comme je l’ai dit, c’était profondément douloureux, choquant et honteux. Les premières réactions ont été de reconnaître les faits, de demander pardon. Cela avait déjà été fait par la présidente de l’époque, Maria Voce, en 2019 et l’a été à nouveau par la présidente actuelle, Margaret Karam et notre coprésident Jésus Morán. Il n’est pas facile de dire quelles ont été les réactions d’un mouvement mondial, car nous sommes répartis dans le monde entier, dans tous les contextes culturels, et nous avons donc connu toute la gamme de réactions : le choc, l’incrédulité, la honte, mais aussi la recherche d’une justification. Il y a eu ceux qui ont essayé d’expliquer la situation comme un cas particulier, en disant que les auteurs étaient malades, que ces choses ne nous touchent pas, ou qu’elles ne concernaient pas leur propre pays, etc. Il y a eu de la colère, la colère de parents qui avaient confié leurs fils, leurs filles, au mouvement. Il y a eu quelques personnes qui ont quitté le mouvement, d’autres qui ont voulu faire la lumière sur ces situations, il y a eu ceux qui ont senti qu’ils devaient faire quelque chose et ensuite « tourner la page ». Et dans ce contexte, ce que notre coprésident nous a dit lors d’une réunion est très révélateur : « il faut lire cette page jusqu’au bout avant de la tourner ». Face à cette réalité, quelles décisions ont été prises, tout d’abord en ce qui concerne les plaintes qui avaient été déposées ? La première chose que nous avons faite au niveau des responsables a été un pèlerinage réalisé  ensemble, avec une liturgie de demande de pardon, de réconciliation devant Dieu. Nous avons mis en place une Commission, dont je suis membre, qui avait pour mission de préciser les étapes à suivre. Beaucoup d’entre nous, à commencer par la présidente et le coprésident, ont cherché à entrer en contact avec les victimes et je dois dire personnellement que les contacts avec les victimes ont été les choses les plus précieuses de tout ce parcours. La décision la plus importante a peut-être été la réforme de la Commission indépendante chargée d’enquêter sur les cas d’abus. La partie la plus évidente et la plus importante de cette réforme est que, désormais, tout abus sexuel sera signalé aux autorités judiciaires. Dans les pays où il existe une obligation de signalement, le signalement est fait immédiatement dès qu’il nous parvient et, lorsque la loi ne le prévoit pas, une sorte d’enquête et de vérification de la vraisemblance est effectuée ; une fois que cela est fait, le signalement est transmis aux autorités judiciaires. Ensuite, avec la réforme de cette Commission, nous avons essayé d’accélérer les procédures, toujours en pensant aux victimes, qui ne doivent pas attendre trop longtemps lorsqu’elles ont eu le courage de porter plainte. Nous avons également essayé de libérer cette Commission d’autres tâches, notamment celle de la formation, afin que toutes les procédures se déroulent plus rapidement, tandis que la formation est confiée à une Commission spéciale. Ensuite, nous avons mis en place des points d’écoute dans différents pays pour faciliter les dénonciations, car il n’est souvent pas facile de trouver le courage de le faire. L’autre front d’engagement a été la prévention des abus et la formation à la protection intégrale de la personne, de tous les membres du mouvement. Il y a eu une mobilisation importante à ce sujet…. Bien sûr, la prévention est peut-être le point le plus important, et dans ce contexte, nous avons également été aidés par des experts extérieurs, car après la publication du rapport de la GCPS, nous   été tentés de tout mettre en œuvre, mais il y avait aussi le risque de nous perdre un peu dans la mer de mesures que nous voulions prendre. Il nous a été conseillé de nous concentrer avant tout sur la création de lieux sûrs au sein du mouvement, c’est-à-dire de faire en sorte que les espaces, les réunions et les lieux du mouvement soient des espaces sûrs. Bien sûr, la sécurité à 100 % n’existe jamais, mais nous devons à tout prix accroître l’attention et la sensibilisation de chacun, ce qui nécessite formation, formation, formation. Notre choix a été non seulement de poursuivre la formation des formateurs, des éducateurs et des animateurs, qui était déjà en place, mais aussi de créer des parcours de formation pour tous les membres du mouvement, et nous avons lancé le défi très ambitieux que, dans un délai de deux ans, tous les membres du mouvement des Focolari doivent avoir suivi au moins un cours de base pour la prévention et la protection des mineurs contre les abus sexuels. Non seulement les abus sexuels à l’encontre de personnes vulnérables, mais aussi les abus spirituels et d’autorité. Cela est également mentionné dans le rapport publié. Et là, nous entrons dans un domaine peut-être plus subtil, plus difficile à décrypter. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ? Comment se présentent-ils et y a-t-il eu des plaintes à ce sujet ? Il est très important de parler d’abus spirituels, d’autorité, de pouvoir, de la conscience. Important parce que les abus sexuels sont presque toujours des abus de pouvoir. Le problème sous-jacent n’est donc pas la question de la sexualité, mais précisément l’abus de la conscience, l’abus spirituel, l’abus de dépendances liées au pouvoir. Et il est vrai, comme vous le dites, qu’il est très difficile de déchiffrer ce qu’est l’abus spirituel. Déjà, le terme n’est pas encore clair et bien défini et je pense que cela se reflète aussi dans le nombre relativement faible de ces cas que nous avons publié dans notre rapport. Il y a un chemin à parcourir, qui a commencé, et les points d’écoute que j’ai déjà mentionnés nous y aideront. Il y a aussi les personnes qui ont été victimes d’un abus de pouvoir et qui ne veulent pas faire un rapport à une commission, mais qui demandent à parler à ceux qui leur ont fait du mal. Elles demandent une médiation, un entretien, peut-être même un chemin vers la réconciliation. Et puis il y a les autres qui n’ont pas encore trouvé le courage de dénoncer. Dans tout cela, je pense qu’un changement de culture est très important, et pour nous, il y a eu un moment très significatif lorsque, en septembre dernier, les dirigeants du Mouvement de toutes les régions du monde se sont réunis dans notre Centre international avec le Conseil général, et pendant plusieurs jours nous avons parlé de nos expériences, nous avons pris le courage d’écouter, le courage de parler, et nous avons essayé de créer une nouvelle culture d’ouverture, d’écoute, de narration. Là aussi, nous avons besoin de formation, d’une distinction entre le for interne et externe, comme le pape le conseille à l’Église, d’une formation à la conscience, d’une formation à la prévalence absolue de la dignité humaine. Nous savons que le pouvoir comporte toujours un risque, c’est pourquoi notre chemin est entamé et nous sommes encore en train de l’affiner. Il faut revoir les procédures de choix des dirigeants et maintenant il y a beaucoup plus d’implication de la base dans le choix des candidats, et puis il faut aussi qu’il y ait une alternance dans les fonctions de gouvernement.

Qu’est-ce que cela signifie pour le mouvement des Focolari de rendre publique la question des abus ? Il aurait pu aussi choisir de ne pas le faire… Quel message veut-on envoyer ? Je ne dirais pas que nous voulons envoyer un message avec ce rapport, car cela pourrait donner l’impression que nous voulons soigner notre image. Je pense que nous devons d’abord demander pardon à chaque personne qui a souffert de l’inadéquation de nos formes de gouvernement, de contrôle, de responsabilité. Ensuite, nous devons remercier ceux qui ont trouvé le courage de dénoncer et de nous faire ressentir leur colère. C’est surtout à eux que nous voulons dire, avec la publication de ce rapport, qu’ils ne l’ont pas fait en vain et que le chemin de notre conversion et de notre réparation n’a fait que commencer, mais qu’il va durer. Et je pense que l’un des signaux les plus forts de ce rapport est le simple fait qu’il s’agit du début d’une série, car nous nous sommes engagés à publier un tel rapport chaque année à partir de maintenant. Cela permet aux victimes et à l’opinion publique de suivre et de contrôler notre parcours, y compris au sein de notre mouvement, et cela nous forcera à ne jamais abandonner.

                                                                                                                                                     Adriana Masotti – Cité du Vatican Source : Vatican News

Le fruit de la Rédemption

Jésus est ressuscité. Joyeuses Pâques ! À partir du récit de l’Évangile, Igino Giordani nous révèle la dimension fraternelle de la résurrection. Jésus, ressuscité d’entre les morts, apparut aux femmes qui s’étaient rendues au tombeau. Il leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères… » C’est ainsi, au dernier moment, qu’il donna aux disciples leur nom définitif : frères. Sorti de la mort, dans la gloire, il définit ainsi sa relation avec les hommes. Comme il se présenta alors, il se présente encore aujourd’hui, comme un frère : le premier-né. En ressuscitant, il avait vaincu la mort et restauré la fraternité. Il était venu sur terre pour rétablir la paternité du Père ; il était descendu aux enfers pour vaincre l’ennemi des hommes ; il déclarait à présent la fraternité retrouvée des fils, dans la famille de Dieu. Nous sommes tous dans la rédemption et par conséquent, nous sommes tous frères. Si nous ne nous reconnaissons pas comme frères, nous sommes hors de la rédemption.

Igino Giordani

Igino Giordani, Il fratello, (I edizione Città Nuova 2011 – III edizione, Figlie della Chiesa 1954).

« Viens, Seigneur Jésus ! »

Au cœur de la Semaine Sainte, nous publions cette réflexion de Chiara Lubich tirée d’une conférence téléphonique du Jeudi Saint 1989. Aujourd’hui, nous sommes le Jeudi Saint, un jour très particulier pour nous. Il nous rappelle diverses réalités divines qui sont au cœur de notre spiritualité. À tel point que chaque année, à cette date, nous percevons tout l’attrait de ce jour. Et il n’est pas rare qu’un parfum de Paradis envahisse notre âme. Comment, en effet, ne pas sentir notre cœur se dilater quand le Jeudi Saint souligne autant le Commandement Nouveau de Jésus, l’Unité, son testament, l’Eucharistie : son don extraordinaire et le sacerdoce qui la rend possible ? Arrêtons-nous là donc, encore aujourd’hui, avec une immense gratitude, sur ces mystères extraordinaires, fondamentaux pour chaque chrétien et pour nous en particulier. Demain, ce sera Vendredi Saint. Ce jour-là aussi nous porte au cœur du christianisme et de notre spiritualité : Jésus meurt, Il meurt abandonné. Ne pensez-vous pas que c’est le moment d’aborder un thème qu’aujourd’hui, dans le monde tel qu’il est, pris par l’esprit de consommation et d’autres maux, personne ou très peu de personnes sont disposées à traiter ? Ce thème, c’est la mort. Nous devons le faire en étant cohérents avec notre Idéal qui nous apprend à affronter chaque instant de la vie et donc aussi le passage à l’autre vie, la vie éternelle. Nous l’aborderons en le traitant sous l‘angle de la prière, qui est notre sujet de prédilection de ces dernières semaines. Il existe une prière très brève, elle aussi, étonnante. L’Esprit l’a mise sur les lèvres de l’Épouse, l’Église. Elle est adressée à l’Époux, Jésus. Elle conclut l’Apocalypse, le dernier de nos Livres sacrés et dit : « Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22, 20). « Viens, Seigneur Jésus ! » Cette prière pourrait être la nôtre en pensant à la mort, en l’attendant, en nous y préparant. Oui, car nous avons, ou nous devons avoir une conception qui nous est propre et une conception juste de la mort. La rencontre avec Jésus n’est pas la fin mais le début. De plus, elle n’est pas facultative, elle est dans le programme de chacun. Un jour elle touchera chacun de nous. C’est la Volonté de Dieu pour tous. Oui, c’est la volonté de Dieu pour moi, pour nous, pour chacun. Il faut savoir l‘accueillir en tant que telle, comme Volonté de Dieu. En général comment acceptons-nous la Volonté de Dieu ? Nous avons compris que la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit, est l’expression de l’Amour de Dieu pour nous. Il n’est donc ni logique ni juste de l’accepter seulement avec résignation mais il nous faut voir en elle ce qui peut nous arriver de meilleur. Nous nous efforçons de vivre de telle façon que la Volonté de Dieu soit la nôtre. Et nous nous engageons à la vivre, non seulement avec tout l’amour mais avec enthousiasme, parce que nous savons qu’à travers elle, nous sommes en chemin dans une aventure divine dont nous connaissons une partie et dont l’autre est à découvrir. Nous accomplissons ainsi le dessein de Dieu sur nous. C’est à cette façon d’aborder la volonté de Dieu, en effet, que l’on reconnaît un focolarino. C’est sur ce point que s’est produit notre conversion, celle qui a changé le cours de notre vie. […] « Viens, Seigneur Jésus ! » […] Mais cette prière est aussi valable en d’autres occasions. On peut dire : « Viens, Seigneur Jésus ! » dans l’attente de recevoir l’Eucharistie. On peut le dire avant une rencontre avec une ou plusieurs personnes en qui nous voulons l’aimer, Lui, absolument. On peut le dire avant d’accomplir chacune de ses volontés. « Viens, Seigneur Jésus ! » En te regardant, toi qui es Amour, notre vocation sera exempte de crainte. Dans l’attente de ta venue, nous construirons bien cette vie et, à peine l’autre vie se présentera-t-elle, nous nous plongerons dans l’aventure sans fin. Tu as vaincu la mort et grâce à cette prière nous comprenons que toi, dès à présent, tu l’as vaincue aussi en nous, dans notre cœur. Alors, « Viens, Seigneur Jésus ! », toujours, en chacun de nous. […]

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, 23 mars 1989, publié in Conversazioni, Città Nuova, 2019, p. 357/9).

Vers une culture de la protection intégrale de la personne

Vers une culture de la protection intégrale de la personne

Le Mouvement des Focolari publie le premier compte rendu sur les cas d’abus et violences sexuelles sur mineurs et adultes vulnérables ; sur les abus spirituels et d’autorité survenus à l’intérieur du Mouvement, ainsi que sur les mesures de réparation, les nouvelles procédures d’enquête et les activités de formation à la protection de la personne. « Nous vous écrivons pour vous donner un compte rendu public des données concernant les signalements, et des mesures que nous avons prises en tant que Mouvement des Focolari en raison du fléau des abus et violences sexuelles sur mineurs et personnes vulnérables et des abus de conscience, spirituels et d’autorité sur des adultes, qui ne nous a pas épargnés.» Dans une lettre ouverte, la Présidente des Focolari Margaret Karram et le Coprésident Jesús Morán présentent le premier compte rendu sur la gestion des cas d’abus survenus à l’intérieur du Mouvement. Le document, qui sera publié annuellement, paraît le 31 mars 2023, un an après l’enquête de GCPS Consulting sur les graves cas d’abus sexuels commis par un ancien focolarino français, J.M.M. Le Mouvement a travaillé pour prendre les mesures nécessaires afin d’assurer la prévention et la protection intégrale de la personne dans tous les domaines et milieux dans lesquels se déroulent ses activités. Le document publié aujourd’hui – expliquent la Présidente et le Coprésident des Focolari – est un premier compte rendu sur les mesures de prévention, d’enquête, de transparence, de formation et de changement prises par le Mouvement, pour lutter contre ce crime. La Présidente et le Coprésident demandent avant tout sincèrement pardon à chaque victime au nom du Mouvement des Focolari. Et ils expriment leur profonde gratitude aux victimes, de même qu’aux familles et aux communautés touchées, non seulement en France mais dans tous les pays où des cas d’abus ont été relevés ; en effet, c’est grâce à leur collaboration et surtout au courage dont ils ont fait preuve pour affronter et faire connaître ces crimes, que le Mouvement prend aujourd’hui avec une conscience accrue de nouveaux engagements et poursuit les procédures concernant la protection des personnes. Le rapport est composé de plusieurs parties et présente les données relatives aux abus parvenues à la Commission pour le Bien-Être et la Protection de la Personne (CO.BE.TU.) depuis 2014, année de sa constitution, et de la collecte systématique des signalements, jusqu’en décembre 2022. Y sont également présentées les données relatives aux « cours de base en matière de protection » réalisés dans les différents pays où le Mouvement des Focolari est présent. Une autre section est consacrée aux mesures prioritaires mises en place ou en cours de mise en œuvre, en réponse aux recommandations de l’enquête indépendante de GCPS Consulting ; les cours et les outils de formation sur la protection de la personne sont à la disposition de tous les membres du Mouvement, en particulier des formateurs et des accompagnateurs de mineurs. Des formations ont déjà été lancées pour les responsables du Mouvement à différents niveaux : du leadership central jusqu’aux responsables territoriaux dans les différentes aires géographiques. Nouveauté : la Commission Indépendante Centrale et les procédures de signalement, de dénonciation et d’enquête À partir du 1er mai 2023, la Commission Indépendante Centrale entrera en fonction et prendra fin la tâche de la CO.BE.TU. Le nouvel organisme se chargera exclusivement de la gestion des signalements, tandis que la formation sera coordonnée au niveau central et local par une autre équipe d’experts et de consultants. Le rapport présente également le « Protocole pour la gestion des cas d’abus et violences sexuelles dans le Mouvement des Focolari », les « Compétences de la Commission Indépendante Centrale » et les « Lignes de soutien et de réparation financière en cas d’abus et violences sexuelles sur des mineurs et adultes vulnérables ». En ce qui concerne les procédures de signalement, de dénonciation et d’enquête dans les pays soumis à l’obligation de dénonciation, le signalement est immédiatement transmis aux autorités judiciaires. Si la législation nationale ne prévoit pas l’obligation de dénonciation mais que les faits constituent néanmoins un délit, la Commission effectuera la dénonciation auprès des autorités judiciaires immédiatement après avoir vérifié la vraisemblance des faits, sauf si la victime ou ses parents s’y opposent. Conformément aux normes législatives internationales, le signalement d’un abus sera effectué même si le délit est déjà prescrit.

Stefania Tanesini

Telecharger PD Compte rendu sur la gestion des cas d’abus survenus à l’intérieur du Mouvement des Focolari  

Assemblée continentale en Afrique : la vitalité d’une Église synodale

En union avec l’Église universelle, l’Église en Afrique a célébré l’Assemblée synodale continentale qui s’est réunie à Addis-Abeba, en Éthiopie, du 1er au 6 mars 2023. Quelques impressions de ceux qui ont participé à ce moment très important pour la famille du peuple de Dieu. « Comprendre le processus synodal signifie ouvrir nos cœurs à l’Esprit Saint qui nous parle, signifie nous écouter réciproquement pour mieux accomplir la mission de l’Église ». C’est par ces mots que Mgr Lucio Muandula, vice-président du SECAM (Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar), a ouvert les travaux de l’Assemblée continentale qui a débuté à Addis-Abeba (Éthiopie) au début du mois de mars 2023. Plus de deux cents délégués, parmi lesquels des cardinaux, des archevêques, des évêques, des personnes consacrées, des laïcs, des séminaristes, des novices, ainsi que des représentants d’autres religions, se sont réunis pour réfléchir sur le document de la phase continentale du Synode sur la synodalité, en expérimentant la joie de l’écoute et la beauté de se sentir partie prenante de la grande « famille de Dieu ». « Nous avons débattu de divers thèmes et identifié les appels de notre voyage synodal pour préparer un document final qui représente la voix authentique de l’Afrique », a déclaré Mgr Markos Gebremedhin, vicaire apostolique de Jimma-Bonga (Éthiopie) et ami du mouvement des Focolari, « ce fut une expérience de véritable synodalité, un moment de dialogue profond, d’écoute mutuelle et de discernement, entre les Églises locales et avec l’Église universelle ». Un continent, l’Afrique, béni par de riches principes et valeurs, fruit de nombreuses cultures et traditions, et enraciné dans le sens de l’esprit communautaire, de la famille, de la solidarité, de l’inclusion, de la convivialité. « Ces principes et ces valeurs, a poursuivi Mgr Gebremedhin, sont une bonne et saine semence pour la naissance et la croissance d’une Église véritablement synodale en Afrique, où toutes les vocations doivent être valorisées. L’assemblée a ressenti avec une grande charité la douleur et la souffrance de nos sœurs et frères d’Afrique, et cette famille marche avec ceux qui sont les plus touchés, en particulier par la guerre, les conflits ethniques, l’intolérance religieuse, le terrorisme et toutes les formes de conflit, de tension et de détresse ». Parmi les thèmes abordés, des réflexions sur le rôle fondamental des jeunes, source d’énergie, de passion et de créativité pour l’Église, et sur les femmes africaines, colonne vertébrale des communautés, afin de reconnaître leurs talents, leur charisme et la grande contribution qu’elles peuvent apporter. Prendre la parole, faire de la place à l’autre et construire ensemble, telles sont les trois phases de la méthode de travail de la « conversation spirituelle » indiquée aux participants par le père Giacomo Costa, consultant auprès du Secrétariat général du Synode. « J’ai participé à l’Assemblée en tant qu’adulte catholique désigné par la Conférence épiscopale du Bénin », nous a confié Guy Constant, volontaire de Dieu de la communauté des Focolari. « Nous nous sommes réunis en petits groupes pour échanger sur notre expérience personnelle du cheminement de la synodalité au cours de la première année du synode. Les rapports de chaque groupe ont ensuite été présentés en plénière, suivis de la présentation et de la réflexion sur le document de synthèse préparé pour la phase continentale ». « Invoquer l’Esprit Saint pour le laisser guider le processus et l’intervention de chacun, poursuit Guy Constant, a été le plus beau fruit récolté. Cela a permis d’accepter rapidement et facilement les propositions des autres, au lieu de vouloir nécessairement imposer les siennes. Le deuxième fruit a été de vivre un climat de travail de véritable unité entre nous, les prêtres, les évêques et les cardinaux ne faisant aucune distinction. Il y avait beaucoup d’humilité à accepter les interventions de chacun ». Ce parcours de la synodalité semble avoir réveillé la soif d’une Église qui veut prendre en compte les pensées et les sentiments de chaque membre, qui ne marche pas seule, mais qui apprend des autres. Une Église vitale qui se concentre sur le ‘nous’. « J’ai participé à l’Assemblée continentale du synode en Afrique en tant qu’accompagnatrice des jeunes », raconte Fidely Tshibidi Musuya, focolarine au Congo, « et c’était vraiment une expérience unique de sentir que moi aussi j’ai une voix qui peut être entendue. Pour la première fois, je me suis vraiment sentie comme une fille de l’Église. Je suis née dans une famille chrétienne catholique et beaucoup de choses me semblaient évidentes. Au contraire, cette expérience m’a fait prendre conscience de mon appartenance à l’Église, qui n’est pas seulement celle des évêques, des prêtres, des religieux et des religieuses, mais qui est vraiment l’Église de tous ».

Maria Grazia Berretta

Argentine : Domus – La réciprocité en réseau

Domus est née du désir de quelques familles argentines de voir se réaliser, comme beaucoup, le droit de posséder leur propre maison ; un rêve rendu possible grâce au projet d’auto-construction participative de logements, lancé en 2019 dans la municipalité de Lincoln (Argentine). Des personnes de tous âges, avec l’aide de professionnels, ont uni leurs forces et se sont formées à l’art de la construction, générant réciprocité, citoyenneté et une communauté fraternelle. https://www.youtube.com/watch?v=K4pW8ywtZOc&list=RDCMUCgObNLrbHTnFoc42UOhE-Nw&index=3 Copyright 2023 © CSC Audiovisuel – Tous droits réservés.

Évangile vécu : les bonnes semences

Aimer son prochain n’exige pas toujours de grands gestes. Il suffit parfois de regarder attentivement l’autre pour découvrir que répondre à son besoin avec joie ne coûte rien. Soudain, de cette semence d’amour, nous récoltons tous de beaux fruits.  À l’arrêt de bus Je rencontre Karim à l’arrêt de bus. Je le connais à peine, je ne sais même pas quel est son pays d’origine, même si je pense qu’il vient d’Afrique du Nord et pendant que nous attendons, nous discutons. Je remonte en ville, lui va à la mer, et certainement pas pour se baigner (on le voit au maigre assortiment d’articles de plage à vendre qu’il transporte avec lui). Je remarque cependant qu’il n’a pas de chapeau pour se protéger du soleil, accessoire indispensable en cet été caniculaire pour ceux qui, comme lui, vont passer quelques heures en plein soleil sur la plage. « Je l’ai oublié à la maison », répond-il. Je lui offre spontanément le mien. Je l’ai acheté récemment, mais peu importe : « Prends-le, j’en ai deux autres. Où que j’aille, je peux trouver de l’ombre, alors que toi… ». Déconcerté, Karim me regarde presque incrédule. Il insiste plusieurs fois pour ne pas l’accepter, puis finit par céder en voyant que je le fais de bon cœur. Pendant ce temps, mon bus arrive. Nous nous disons au revoir. « Bon travail, Karim ! » « Merci encore pour le chapeau ! » Ce n’est que maintenant que je me rends compte que j’ai offert ce cadeau à Jésus en lui. Le fait est que l’épisode du chapeau illumine toute ma matinée. (Saverio – Italie) Le parapluie L’Évangile m’avait appris que derrière les pauvres et les marginaux, c’est le Christ qui demande à être aimé. Je me souviens d’un épisode simple. Dans le bar près de chez moi, j’avais remarqué un pauvre, surnommé Penna, tout trempé parce qu’il pleuvait ce jour-là. Sachant qu’il avait eu la tuberculose, et surmontant une certaine crainte d’être vu en sa compagnie, je l’ai invité chez moi, pour lui trouver quelques vêtements secs. A la maison on est surpris. « Il y a besoin de vêtements… » Au début, mon fils n’a pas semblé très enthousiaste, puis il s’est procuré un pantalon, tandis que j’ai pris une veste. Mais la pluie ne semblait pas vouloir s’arrêter… Et moi, revenant à la charge : « Et si on lui donnait aussi un parapluie ? » Le parapluie est également arrivé. Le pauvre homme était heureux, mais moi plus encore, parce que nous nous étions mobilisés ensemble pour l’aider. Mais cela ne s’est pas arrêté là. Quelques jours plus tard, Penna est revenu pour rendre le parapluie. Mais voilà, ce n’était pas celui que nous lui avions donné : il s’était fait voler le nôtre et quelqu’un lui en avait donné un autre. Il avait voulu rendre la pareille ! (Francesco – Italie)

Propos recueillis par Maria Grazia Berretta

(extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année IX – n° 1 – mars-avril 2023)

Together : la fraternité, une nécessité

Together : la fraternité, une nécessité

« Together – Rassemblement du peuple de Dieu » est la veillée de prière œcuménique qui se tiendra le 30 septembre 2023 à Rome, en vue de l’Assemblée synodale d’octobre. Damian, catholique polonais, et Masha, orthodoxe russe, sont deux jeunes du Mouvement des Focolari qui ont récemment participé à la réunion de préparation de l’événement, suivie d’une audience privée avec le Pape. Prier ensemble, réunis sous une même tente pour se découvrir frères et sœurs dans le Christ. Tel est le cœur de la veillée de prière œcuménique qui aura lieu le 30 septembre 2023 sur la place Saint-Pierre, événement annoncé lors de l’Angélus du 15 janvier 2023 par le Pape François pour confier à Dieu les travaux de la 16e Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques, sur le thème de la Synodalité, qui aura lieu en octobre 2023. Un véritable rassemblement du Peuple de Dieu et une invitation, comme l’explique aussi le nom conçu pour ce moment-là (Together), à cheminer ensemble ; à « élargir l’espace de ta tente », comme l’indique le verset d’Isaïe (cfr. Is 54, 2) choisi pour l’occasion. Animée par la Communauté de Taizé, la veillée, qui se déroulera en présence du Pape François et de représentants de diverses Églises chrétiennes, ainsi que de nombreuses réalités et organisations, est ouverte à tous, en particulier aux jeunes qui sont invités du vendredi soir au dimanche après-midi, et seront accueillis pour un week-end de vrai partage. Dans l’équipe qui organise Together, il y a aussi Damian Skłodowski, de Pologne, et Masha Iasinskaia, de Russie, deux jeunes du Mouvement des Focolari qui, du 12 au 15 mars 2023, ont pu se rencontrer avec beaucoup d’autres personnes pour commencer le travail. Masha, ce moment-là, qu’a-t-il représenté pour toi ? Cette réunion de préparation a été très forte pour moi, surtout parce que j’ai été agréablement impressionnée de voir tant de personnes de différentes Églises, de différentes confessions, travailler ensemble. Je suis orthodoxe et, étant membre du Mouvement des Focolari depuis ma naissance, j’ai toujours vécu dans la normalité du dialogue entre les différentes Églises, mais j’ai été heureuse d’être surprise cette fois-ci. J’ai découvert que tant de personnes, chacune dans sa propre réalité, ressentent ce besoin de fraternité et travaillent dur pour parvenir à cet objectif dans leurs communautés. Damian, comment vous êtes-vous répartis sur le plan organisationnel ? Le week-end de Together se déroulera par étapes. Le matin du 30 septembre, des parcours thématiques, des ateliers, seront organisés dans différents quartiers de Rome. Suivra un temps de prière pour tous les jeunes adultes du centre ville, puis la marche qui nous conduira tous jusqu’à la place Saint-Pierre. Ce temps de préparation a certainement été l’occasion de faire connaissance, de réfléchir aux thèmes et de se répartir le travail. Masha et moi serons chargés de préparer l’un des ateliers de la matinée. Masha, quel rôle le mot « Together » joue-t-il pour toi dans ce contexte ? La première fois que j’ai eu l’impression de vivre pleinement ce « Together », c’était en Hongrie, lors du GenFest en 2012, un rassemblement auquel participent les jeunes des Focolari tous les cinq ans. Il s’agissait d’un événement différent de celui que nous organisons ici, mais ce que je n’oublierai jamais, c’est le mandat qui nous a été donné d’être des « ponts ».  Le pont représente quelque chose qui unit, capable de créer un lien entre nous, entre nos pays, nos Églises, nos différences, et plus nous serons unis, plus ce pont sera inébranlable. Je pense que ce « Together » est une nécessité, surtout pour moi, pour mon pays. J’ai la chance d’avoir reçu ce mandat, mais il est nécessaire de témoigner, de devenir vraiment des ponts, et cette veillée peut être une belle occasion. Damian, quel est selon toi le point de départ pour établir une véritable relation de communion ? Le point de départ, c’est de rencontrer vraiment l’autre, de mettre la personne au centre, d’apprendre à se connaître et de demander « comment vas-tu ? » Il faut créer cette relation. Oui, c’est vrai, nous sommes différents, il y a des différences entre les Églises, entre les dénominations, entre les religions, mais aussi entre les personnes, en général. Avant de trouver des solutions ou de faire de grands discours, ce qui est important, c’est d’écouter. Masha, orthodoxe et moi catholique en faisons déjà l’expérience dans le partage de ce travail, et aussi lors des déjeuners et dîners de ces journées de préparation, il était agréable de se rencontrer dans un moment de convivialité, sans trop de prétentions, avec beaucoup de simplicité. Même le pape François, en nous accueillant en audience privée et en nous remerciant pour notre disponibilité, a utilisé plusieurs fois le mot «  synodalité ». C’est le chemin du peuple de Dieu : marchons, ouvrons nos cœurs, nos oreilles pour écouter, nos yeux pour voir et avançons ensemble.

Maria Grazia Berretta

Évangile vécu : « Vivez en enfants de lumière. Et le fruit de la lumière s’appelle bonté, justice, vérité » (Ep 5,8-9)

La Parole de Dieu, incarnée, vécue concrètement et à notre époque, nous donne la possibilité de faire de notre vie une source de lumière capable d’éclairer toute obscurité, en apportant notre contribution dans toutes nos activités. Un regard nouveau qui trace un chemin d’espérance pour nous et pour ceux qui nous entourent. Une paix qui apporte la lumière Tout a commencé lorsque mon fils a présenté les premiers symptômes de la SLA. En tant que mère, j’avais toujours fait de mon mieux pour mes enfants et aussi pour mes petits-enfants, mais ne rien pouvoir faire pour enrayer une maladie aussi insidieuse était terrible. Un jour, j’étais à l’église et j’ai pleuré. Sur le maître-autel, les sculptures de la crucifixion avec Jean, Marie-Madeleine et Marie aux pieds de Jésus ont attiré mon attention. En imaginant ce que Marie a ressenti devant son Fils ainsi réduit, je me suis vue comme elle, impuissante et écrasée par le chagrin. Je n’ai pas eu la force de prier, mais je suis restée là à contempler, à penser… et une paix inhabituelle m’a apaisée. Depuis ce jour, chaque fois que l’angoisse m’étreint le cœur, j’y retourne et il me semble que Marie me répète : « Reste avec moi, accueille le mystère et participe avec moi à la Rédemption ». La paix que je puise dans sa proximité, j’essaie de la donner à ma famille. Un matin, quand mon fils s’est réveillé et qu’il s’est rendu compte qu’il avait de nouvelles limites, il m’a téléphoné pour me dire : « Maman, je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais soutenue par ta force, je sens que je peux remercier Dieu pour tout ce qu’il m’a donné ». Cela a été un baume pour moi. (T.F. – Italie) Les rênes de l’avenir Une réunion d’anciens élèves, cinquante ans après l’obtention de leur diplôme. Cheveux blancs ou perdus, canne, maladies, déceptions… mais aussi beaucoup de joie de se retrouver. Il était inévitable de se souvenir de ceux d’entre nous qui sont passés dans l’autre vie. Puis les discours ont abordé les espoirs et les projets, la jeunesse, les enfants… et là, le punctum dolens d’où surgit la même question grave : « Où nous sommes-nous trompés ? Quel avenir avons-nous construit » ? L’un des membres du groupe, qui a consacré sa vie au service des pauvres, parlant des différentes solitudes qu’il a rencontrées, s’est dit convaincu que dans ce monde malade, comme le dit le pape François, les jeunes sont en danger parce qu’ils respirent l’air de l’indifférence et ne sont plus conscients de la réalité. Et de conclure : « C’est à nous de prendre les rênes de l’avenir en main ». Nous nous sommes quittés avec le sentiment (nous nous le sommes dit plus tard) que cette rencontre nous avait révélé une nouvelle obligation, une tâche, selon les conditions et les possibilités de chacun. Quant à moi, je me suis engagée à communiquer à mes petits-enfants ce que leurs propres parents ne parviennent pas à transmettre. (L.A. – Espagne)

Édité par Maria Grazia Berretta

(Extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année IX – n° 1 – mars-avril 2023)

Tremblement de terre au Moyen-Orient : action et assistance aux populations sinistrées

Un mois après les violents tremblements de terre qui ont frappé la Turquie et la Syrie, un bref rapport sur les contributions collectées par la coordination des urgences du mouvement des Focolari et un aperçu de la première phase d’intervention lancée en Syrie en février, qui se terminera en août. Le 7 février 2023, la Coordination d’urgence du Mouvement des Focolari a lancé une campagne extraordinaire de collecte de fonds en faveur des populations de Turquie et de Syrie, par l’intermédiaire des ONG Action pour un monde uni (AMU) et Action Familles Nouvelles (AFN). Actuellement, les contributions collectées s’élèvent à environ 580 000 euros et un premier versement de 100 000 euros a déjà été envoyé à certaines zones syriennes touchées par le tremblement de terre. Concrètement, l’intervention permettra d’aider environ 2 500 personnes et de toucher indirectement entre 5 000 et 10 000 personnes dans les trois zones touchées par le tremblement de terre, à savoir Alep, Latakia et Hama. Voici quelques exemples d’interventions qui seront menées et qui concernent différentes actions d’assistance :   ASSISTANCE AUX BESOINS  DE BASE

– Fourniture de biens de première nécessité – nourriture, couvertures, médicaments, vêtements, etc. – aux personnes déplacées , hébergées dans des abris de fortune (églises, mosquées, etc.).

Contribution financière aux familles les plus démunies ; fourniture de services médicaux et d’aides à la mobilité post-hospitalisation, de médicaments, de séances de kinésithérapie et d’aide  psychologique pour les personnes affectées physiquement et psychologiquement.

– Distribution de colis alimentaires aux familles en situation d’insécurité alimentaire (en coopération avec d’autres organisations).

– Soutien économique aux petits artisans pour racheter ou réparer le matériel et les outils perdus et pour reprendre le travail.

RÉHABILITATION DES MAISONS ENDOMMAGÉES PAR LE TREMBLEMENT DE TERRE

– Prise en charge des frais d’inspection et d’évaluation technique de la stabilité des bâtiments par des commissions techniques d’ingénieurs.

– Soutien économique aux familles pour les travaux de consolidation des fondations des bâtiments et pour la rénovation des maisons endommagées.

– Prise en charge des coûts d’achat d’outils de travail pour les artisans (forgerons, plombiers, charpentiers, électriciens) afin qu’ils puissent reprendre leur travail dans les maisons endommagées.

– Soutien économique pour le paiement des loyers des personnes qui ont perdu leur logement ou qui ont besoin d’une résidence temporaire en raison de l’inadaptation de leur logement.

SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE APRÈS LE TREMBLEMENT DE TERRE

– Prise en charge des frais de soins à domicile pour les personnes âgées vivant seules ou livrées à elles-mêmes.

– Mise en place d’activités et d’initiatives collectives de soutien psychologique de groupe, notamment dans les centres d’hébergement temporaire.

– Réalisation d’ateliers de formation sur le soutien psychologique afin de fournir des outils et des méthodologies aux opérateurs et aux volontaires actifs dans le secteur des premiers secours.

                                                                                                                      Maria Grazia Berretta

Voir l’extrait du lien – 11 mars 2023

https://youtu.be/mHfALxC06JI

Chiara Lubich : Un changement de cap solennel

Le 14 mars 2008, il y a 15 ans, Chiara Lubich concluait sa vie terrestre. Quelques années auparavant, lors d’une rencontre mondiale, elle avait cité le verset court mais intense du Psaume 15 (16) « Tu es Seigneur, mon unique bien » et avait invité les communautés du Mouvement à travers le monde à s’approcher de cette prière en lui donnant une place centrale dans leur vie quotidienne. Merci, un grand merci : la téléréunion nous fait vraiment expérimenter « l’amour qui va et qui revient », avec votre gratitude toujours exprimée et votre correspondance […]. Dire en certaines circonstances, avec un élan renouvelé et l’adhésion totale de l’esprit et du cœur, « Tu es, Seigneur, mon unique bien[1] ! » est aussi une prière excellente. Nous tous, en effet, combien de fois n’avons-nous pas constaté, lorsque nous sommes en train de travailler, d’écrire, de parler, de nous reposer, ou tout autre chose… que peut s’insinuer en nous un attachement à nous-mêmes, à des choses ou à des personnes ! Et, accepter un tel état de fait peut causer un grave préjudice à notre vie spirituelle. Saint Jean de la Croix affirme : « Qu’importe que l’oiseau soit retenu par un fil léger ou une corde ? Le fil qui le retient a beau être léger, l’oiseau y reste attaché comme à la corde, et tant qu’il ne l’aura pas rompu, il ne pourra pas voler. [¼] Ainsi en est-il – poursuit-il – de l’âme qui est attachée à quelque chose. Quelle que soit sa vertu, elle n’arrivera jamais à la liberté de l’union à Dieu. » Dans ce cas, il est donc nécessaire d’intervenir immédiatement et rien n’est plus salutaire, – je viens d’en faire l’expérience – que de redire à Jésus abandonné : « Tu es, Seigneur, mon unique bien !  Le seul. Je n’en ai pas d’autre. » C’est une prière, je pense, très importante et agréable à Dieu. Elle nous aide à ne pas être empoussiérés par les réalités terrestres. En la vivant, nous sommes surpris (je l’ai été et le suis toujours) de constater comment l’adjectif ‘’unique’’ – « Tu es, Seigneur, mon unique bien ! » – peut faire opérer un changement de cap solennel à notre vie spirituelle, comment il nous fait nous redresser immédiatement, comme si c’était l’aiguille de la boussole la plus sûre sur notre chemin vers Dieu. En outre, cette façon de faire est tout à fait conforme à notre spiritualité où domine le positif : on vit le bien et ainsi le mal s’en va. En effet, notre spiritualité ne nous demande pas tant de nous détacher de quelque chose (de nous-mêmes, des choses ou des personnes), que de  nous remplir de quelque chose d’autre : l’amour pour lui, notre tout. Nous préférons les ‘’oui’’ aux ‘’non’’. Cette prière – « Tu es, Seigneur, mon unique bien » – nous aide de façon merveilleuse à vivre en chrétiens authentiques qui aiment Dieu de tout leur cœur, de toute leur âme, sans demi-mesures. C’est aussi une manière sublime de nous préparer à chaque rencontre avec Lui dans les inspirations qu’il ne manque pas de nous envoyer chaque jour, ainsi qu’à la grande rencontre avec Lui, lorsqu’à l’aube du jour éternel, il ne restera dans notre cœur que l’amour de Dieu et, pour Lui, l’amour de nos frères. « Tu es, Seigneur, mon unique bien » : quelle clairvoyance, quelle sagesse, quelle lumière, quelle force, quel amour, quelle perfection dans ces quelques mots ! Que le Seigneur nous permette d’en expérimenter toute la puissance.

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, Conversazioni in collegamento telefonico, Città Nuova, 2019, pp. 630-632) [1] Cf. Ps 16,2. La TOB traduit : « C’est toi le Seigneur, je n’ai pas de plus grand bonheur que toi ! » https://youtu.be/p9P_UCM-rbQ

Merci Pape François

À l’occasion des 10 ans de Pontificat du Pape François, Margaret Karram, Présidente des Focolari, a fait parvenir au Pape un message au nom du Mouvement, que nous publions ci-dessous.  

Votre Sainteté, très cher Pape François,

Je m’unis aux prières qui s’élèvent de très nombreux points du monde pour remercier Dieu pour ces dix années où vous avez étreint l’Église et l’humanité en vous faisant messager de l’amour du Christ.

Merci, Saint-Père, pour ce temps de lumière, de courage, de foi inébranlable et d’écoute de l’Esprit Saint, où vous nous appelez sans relâche à « sortir » de nos maisons et de nos communautés, pour marcher sur les routes du monde et partager les joies et les souffrances des femmes et des hommes de notre temps.

J’ai encore dans le cœur la joie et la gratitude pour notre dernière rencontre, le 24 février, lorsque vous nous avez reçus en audience avec quelques modérateurs de Mouvements ecclésiaux et Nouvelles Communautés. Nous avons été témoins une fois encore de votre sagesse clairvoyante et de votre réalisme évangélique, et je dois vous dire que vos paroles me guident et m’encouragent chaque jour dans mon service de l’Église et de la fraternité humaine.

Les sujets abordés avec vous, Sainteté, feront l’objet d’une réflexion et d’un dialogue, notamment votre recommandation d’être des témoins cohérents, dociles à la nouveauté de l’Esprit, afin que la dimension mariale de l’Église et la richesse de la femme dans la vie ecclésiale puissent venir en évidence, aussi grâce à la contribution de la vie des Mouvements.

En chaque point du monde où nous nous trouvons, nous sommes avec vous pour construire l’Église, donner notre vie afin que la paix soit rétablie là où elle fait défaut et porte, comme fruits, la justice et la réconciliation entre les peuples.

En plus de notre prière quotidienne, je vous adresse, également au nom du Mouvement des Focolari, nos vœux les plus chaleureux pour ce que vous désirez et pour votre santé.

Que la Très Sainte Vierge Marie vous accompagne de ses consolations maternelles.

Avec notre affection filiale,

Margaret Karram

Assemblée continentale asiatique : une Église à l’écoute et qui discerne

Assemblée continentale asiatique : une Église à l’écoute et qui discerne

L’Assemblée continentale asiatique pour le Synode, qui a défini la précieuse contribution du continent le plus grand et le plus peuplé du monde, s’est récemment achevée à Bangkok, en Thaïlande.  Nous avons interviewé Vanessa Siu-Wai Cheng, une focolarine chinoise présente à l’événement. « Baan Phu Waan est le site du grand centre de formation pastorale de l’archidiocèse de Bangkok (Thaïlande). Un endroit magnifique. Nous étions environ 80 présents à l’Assemblée continentale asiatique du Synode qui s’est tenue du 24 au 26 février 2023. » Vanessa Siu-Wai Cheng, focolarine de Hong Kong, nous présente cette nouvelle phase continentale du chemin synodal qui concerne l’Asie, un chemin qui, comme l’a défini l’archevêque métropolitain de Tokyo (Japon) Tarcisius Isao Kikuchi dans son homélie d’ouverture : « Il ne s’agit pas d’un événement passager à célébrer, mais d’un changement d’attitude de tout le peuple de Dieu pour faire de la synodalité la nature fondatrice de l’Église. » Combien de participants y avait-il ? Dix-sept conférences épiscopales et deux synodes d’Églises de rite oriental représentant les 29 pays de la FABC (Fédération des Conférences Épiscopales d’Asie) ont envoyé leurs représentants à cet événement, qui vise à donner aux Églises asiatiques l’occasion de discuter du chemin menant au synode  par le pape François. Nous avons pu partager nos expériences en nous concentrant sur divers thèmes et questions qui agitent le continent. Nous avons parlé de la synodalité, de la prise de décision, des vocations sacerdotales, du rôle des jeunes, de la pauvreté, des conflits religieux et du cléricalisme, avec l’espoir de pouvoir avancer ensemble sur un véritable chemin de croissance communautaire. Pour notre plus grande joie, une partie de la délégation du secrétariat du Synode, de la commission et de la task force était également présente. Un témoignage de la disponibilité de l’Église universelle qui marche au rythme du processus synodal. Quelle a été la méthode de travail ? Ce furent trois jours intenses de communion et de travail en groupes. La méthodologie est toujours celle de la Conversation Spirituelle. Les différentes interventions ont été très importantes et stimulantes. Tout d’abord, le Card. Mario Grech, secrétaire général du Synode des évêques, nous a transmis les salutations chaleureuses du Pape et nous a assurés que nous n’étions pas oubliés. Il a souligné qu’une Église synodale est une Église qui écoute et qui discerne. Le succès du processus synodal dépend de la participation du peuple de Dieu et des pasteurs. Nous devons être très attentifs aux voix, surtout celles qui agitent l’Église. Qu’est-ce qui vous a particulièrement frappé ? Une impression très forte a été, dès le premier jour, de voir qu’à chaque table où un groupe travaillait, il y avait une chaise vide, représentant ceux qui ne peuvent pas donner leur voix et qui ne veulent pas la donner. Au centre de la table, une bougie entourée d’une couronne de fleurs était allumée en début de journée, symbolisant la lumière de l’Esprit Saint, nécessaire au discernement. Nous avons fait l’expérience de la conversion en écoutant l’autre en faisant tous ensemble le vide en nous : cardinaux, évêques, prêtres, religieux et laïcs. Ce fut un temps pour pouvoir aller en profondeur, sortir de nos particularités pour pouvoir arriver, avec une ample vision , au niveau continental. C’est là qu’a eu lieu la transformation du « je » en « nous ». De plus, il faut dire que l’Asie abrite de nombreuses religions et même les plus anciennes, donc une des caractéristiques des Asiatiques c’est la spiritualité et la prière. Le programme a été introduit par 10 minutes de silence pendant la discussion d’un sujet et une demi-heure de prière dans la chapelle entre deux sessions de discernement. Ces moments de silence et de prière ont vraiment aidé tous les participants à être avec Dieu et en Dieu pour entendre sa voix, tant individuellement que collectivement. Quel a été, selon vous, le plus grand défi ? Ce fut merveilleux d’être ensemble en tant qu’Église continentale et de contempler la complexité et la variété des caractéristiques et des défis spécifiques et communs. Le premier jour, il semblait un peu ambitieux de penser qu’en trois jours nous arriverions à un projet qui serait utilisé pour la formulation de l’instrumentum laboris pour le Synode avec des priorités spécifiques au continent asiatique, mais on pouvait sentir l’Esprit souffler fort. Grâce au travail d’une équipe de rédaction qui a préparé pour nous le « une ébauche de projet », qui nous a évité de lire tous les rapports depuis le début, nous avons pu travailler calmement et avec un texte bien ordonné. La dernière version du document est l’expression d’un seul chœur où de nombreuses voix se font l’écho des rêves, des espoirs, des aspirations et des souffrances du continent asiatique.

                                                                Propos recueillis par Maria Grazia Berretta Foto: © Synodbangkok2023

En dialogue avec Silvina Chemen : la mission des religions est d’être inconfortable

En dialogue avec Silvina Chemen : la mission des religions est d’être inconfortable

Le 1er février 2023, le Centre International du Mouvement des Focolari a eu la joie d’accueillir la femme Rabbin argentine Silvina Chemen, une amie de longue date engagée dans le dialogue interreligieux. Dans un dialogue ouvert et fraternel, elle a raconté sa participation au Forum des leaders religieux en Indonésie (R20) qui s’est tenu juste avant le G20 et un pèlerinage en Terre Sainte avec un groupe de juifs et de chrétiens. « Si je fais le bilan de ma vie, de mon engagement pour le dialogue interreligieux, je peux dire que tous les chemins commencent ici, avec le Mouvement des Focolari ». Des mots d’un très grand bonheur, ceux que la femme Rabbin Silvina Chemen, en visite début février 2023 au Centre International de Rocca di Papa (Italie), a prononcés devant une grande assemblée de personnes désireuses de la saluer et de lui poser quelques questions. Argentine, originaire de Buenos Aires, Silvina Chemen est professeur au Séminaire Rabbinique latino-américain et prodigue son service dans la communauté Bet-El fondée par le Rabbin Marshall Meyer. Son engagement pour le dialogue entre les religions est un choix qui imprègne radicalement sa vie et qui l’a amenée à connaître en profondeur le charisme né de Chiara Lubich, partageant le profond désir de l’ «  ut omnes » en travaillant intensément en faveur de la paix et de la fraternité universelle. En novembre 2022, Silvina a participé au R20, le Forum des religions en Indonésie, un moment historique qui, en présence de très nombreux chefs religieux, a défini avec force comment les religions peuvent véritablement être des partenaires et aider à construire une société plus pacifique. « Nous, les religieux du monde, a déclaré Chemen, faisons partie de la société et avons tant à offrir à un monde si blessé. Il est vrai qu’à ce moment de l’histoire, au niveau international, politique et religieux, nous faisons les premiers pas vers un dialogue commun, mais nous devons faire un autre pas, en regardant davantage les problèmes des gens ordinaires ». C’est un long chemin mais qui, avec le temps, patiemment, est capable d’entrevoir les plus beaux fruits, en valorisant les différences de chacun, en les conservant dans le cœur, en prêtant une oreille attentive et en regardant tous vers un seul objectif. C’est ce qui s’est passé, rappelle Silvina, lors des premières expériences de dialogue entre personnes de religions différentes qu’elle a pu vivre : « Ma tradition, la tradition juive, n’est pas seulement un ensemble de préceptes, de rituels ou une liturgie, mais elle est mêlée à la vie quotidienne, à chaque moment de la vie humaine, à nos comportements, à nos actions, à ce que nous sommes. Il s’agit d’une cosmovision de la vie réelle, de sorte que le judaïsme n’est pas seulement vécu à l’intérieur de la synagogue, mais aussi à l’extérieur. Être une communauté soudée et témoigner par notre vie : voilà ce qui, je crois, s’applique à tous. On pense souvent que les personnes de différentes religions ne font pas partie intégrante de la société et que nous devons vivre entre les murs de nos communautés. Au contraire, je pense que nous ne pouvons pas manquer cette occasion de parler au monde et de parler du dialogue, de ce que nous avons appris de notre expérience, non pas pour convaincre qui que ce soit, mais pour semer des graines de bien, pour avoir un impact sur la réalité. Personnellement, je suis amoureuse de cette possibilité de lire une religion à travers les yeux de l’actualité. Nous sommes ici pour mettre mal à l’aise les personnes confortables et pour soutenir les personnes inconfortables. Lorsque l’on est trop à l’aise, cela signifie que l’on est complètement déconnecté de la réalité, qui est par nature, très  inconfortable. Ici, notre mission est d’être inconfortable ». Silvina a récemment effectué un pèlerinage en Terre sainte, fruit d’un voyage qui a débuté dans sa ville, Buenos Aires, il y a environ sept ans, appelé « lectures partagées »: « Tous les premiers lundis du mois, nous nous réunissions, juifs et chrétiens, pour étudier les textes de la Bible, raconte-t-elle. Un espace de vérité et de connaissance auquel participait également un théologien catholique, José Luis D’Amico, de l’ordre des Sœurs de Sion, un centre biblique de Buenos Aires. A certains moments, nous avons aussi eu la joie d’avoir des frères musulmans parmi nous et nous avons pu lire ensemble la Torah, l’Évangile et quelques passages du Coran. Cette expérience a conduit chacun d’entre nous à faire un rêve : un pèlerinage en Terre Sainte pour faire revivre ensemble les textes dans leur contexte ». C’est ainsi que, du 9 au 22 janvier 2023, 45 personnes, dont des juifs et des chrétiens catholiques, accompagnés d’un guide israélien, ont vécu cette expérience vraiment intense : participer à l’émoi des uns et des autres dans les lieux qui avaient de la valeur pour chacun d’eux et comprendre le message ultime des textes lus. « Nous sommes allés entre Jéricho et Jérusalem, raconte Silvina, à l’endroit où aurait eu lieu la rencontre entre le bon Samaritain et le mourant, un texte un peu problématique pour nous Juifs, qui pourrait dépeindre les Juifs comme des gens sans pitié, comme le Lévite et le prêtre de la parabole sont décrits. Il était important d’affronter ce texte là, d’en donner une lecture différente et de comprendre que la miséricorde était la clé de cette Parole comme nous le lisons aussi dans l’Ecclésiaste : mieux vaut vivre à deux que seul, car si l’un tombe, l’autre le relève (cf. Ek 4,9-10). Tout de suite après, nous avons fait un exercice, celui de parler à quelqu’un avec qui nous n’avions pas encore parlé pendant le voyage. Ce fut un moment vraiment unique : avoir l’occasion de s’écouter, de se confronter et de trouver un message commun. Nous n’étions pas un ‘nous’ et un ‘vous’ séparés, mais nous étions ensemble. Un moment précieux, je dirais même prophétique, d’un monde vraiment uni ». Maria Grazia Berretta

EcoGive : l’application qui mesure les actions écologiques et aide les pays dans le besoin

Donner pour sauvegarder. La nouvelle APP apprend aux jeunes et aux adultes, par des actions quotidiennes, à prendre soin de la planète et des communautés touchées par le changement climatique Suivre sa consommation, seul ou en groupe, apprendre les petits et grands gestes quotidiens pour économiser l’eau et l’énergie et ne pas gaspiller la nourriture, apporter une aide concrète aux pays les plus pauvres : tels sont les objectifs d’EcoGive – Give to Save, une nouvelle application – disponible sur AppleStore et GooglePlay – créée grâce au soutien de l’association New Ways for a United World, liée au mouvement des Focolari. Le téléphone portable incarne désormais notre monde en format numérique. Le fait de voir son comportement quotidien reflété dans la dimension numérique nous aide à prendre conscience de ce dont nous avons réellement besoin et de ce que nous gaspillons. Grâce à cette application, les actions possibles vont de la réutilisation de l’eau pour laver les fruits et légumes à l’extinction des lumières inutiles, en passant par le recyclage des vêtements usagés ou le gaspillage de nourriture. Chaque participant peut enregistrer ses « gestes verts » en s’engageant à en faire au moins 200 par année scolaire, répartis en cinq domaines thématiques : électricité, eau, gaz, recyclage/réutilisation et réduction des déchets alimentaires. Vous pouvez ensuite suivre le décompte de vos propres actes et de ceux de votre groupe scolaire ou de votre classe, ainsi que l’impact du projet mesuré en économie de CO2, MWh et d’eau. « C’est un projet essentiel, une contribution à un véritable changement culturel vers un mode de vie durable », déclare Marco Livia, président de l’Association New Ways for a United World (Nouvelles voies pour un Monde Uni APS), qui a soutenu le projet en lui donnant un développement international. « Conscients de la grande responsabilité de notre génération par rapport à la situation environnementale, nous croyons fermement au pouvoir de changement que nous pouvons transmettre aux jeunes, et qu’ils peuvent transmettre à leurs pairs et dans leurs contextes. » L’idée est née en 2008 à Palerme, en Italie, à l’initiative du professeur Elena Pace, dans le but d’associer protection de l’environnement et solidarité. L’expérience a ensuite mûri au fil des années grâce à l’engagement des élèves de différentes écoles italiennes. Au cours de l’année scolaire 2021-2022, l’initiative a impliqué 50 écoles dans le monde entier et touché plus de 10 000 élèves. En 2023, sa portée internationale continue de croître. Des écoles de 12 pays y participent : Italie, Burundi, Bénin, Madagascar, Afrique du Sud, Inde, Kenya, Pakistan, Brésil, Colombie, Haïti et République Dominicaine. Le projet s’inspire des objectifs de l’Agenda 2030 des Nations Unies, en se concentrant en particulier sur trois d’entre eux : l’objectif 13 (lutte contre le changement climatique), l’objectif 4 (promotion d’une éducation de qualité) et l’objectif 2 (éradication de la faim). Soutien aux pays en développement Les actions d’économie d’énergie se transformeront également en un soutien concret aux populations des pays les plus touchés par des événements climatiques défavorables. Comment ? Par leur monétisation grâce aux dons des parents, des proches, des connaissances et des sponsors. Les ressources ainsi générées permettront la réalisation d’actions de solidarité dans les pays en développement, choisies par les jeunes, qui apprendront ainsi à donner pour sauvegarder l’environnement. Parmi les projets de solidarité choisis figurent la création d’un jardin social à Nairobi (Kenya), la plantation d’arbres dans un quartier de la banlieue de Mumbai (Inde) et la promotion de pépinières dans la ville de Carice (Haïti). Le projet a reçu le soutien de diverses institutions, dont le Ministère italien de l’Éducation, le Ministère de l’Environnement de la République Dominicaine, l’Université La Sapienza de Rome, l’Agence Spatiale Italienne et les municipalités de Rome et de Priverno. L’application EcoGive a été réalisée grâce au soutien de Mauro Atturo, PDG et fondateur de Problem Solving S.R.L. et de Carlo La Mattina, Directeur unique de Innovation Lab S.R.L.

                                                                                                      Lorenzo Russo

La guerre en Ukraine : une année qui a duré une éternité

La guerre en Ukraine : une année qui a duré une éternité

365 jours de guerre dans les propos et l’expérience de Mira Milavec, une focolarine slovène qui vit depuis quelques années en Ukraine, où elle travaille pour Caritas Spes. « Cette guerre dure depuis un an, mais elle semble une éternité (…). Je n’aurais jamais imaginé vivre une telle situation de première main ». C’est ainsi que commence notre conversation avec Mira Milavec, une focolarine slovène qui vit en Ukraine depuis 2019. C’est un engagement infatigable qui l’a vue en première ligne pendant cette année de conflit, travaillant pour soutenir la population avec Caritas Spes Ukraine, dont les activités ont également été soutenues par la Coordination d’urgence du mouvement des Focolari par le biais des ONG Action pour un monde uni (AMU) et Action pour les familles nouvelles (AFN). « Je vois beaucoup de fatigue autour de moi. Les gens, dit Mira, dans certains endroits en particulier, vivent encore dans des situations vraiment précaires. Après un an, les besoins mêmes des gens ont changé. Avant, avec Caritas Spes, nous nous occupions de la distribution de produits de première nécessité, maintenant nous sommes passés à une nouvelle phase dans laquelle il est très important de rendre aux personnes leur dignité et de s’occuper aussi du soutien socio-psychologique. Nous n’en sommes encore qu’au début dans ce domaine, mais nous essayons de nous lancer et de comprendre comment faire ». Mira, la machine de la Caritas ne s’est jamais arrêtée …. « Bien sûr. Je suis en contact avec nos collaborateurs qui se trouvent dans les endroits les plus touchés. Je pense qu’ils n’ont jamais le temps de se reposer mais ils sont là, jour et nuit, à toucher la souffrance de ces personnes qui ont tout perdu, leurs proches, leurs maisons ; toute une vie brisée. Je pense qu’être en contact direct avec ces témoignages, quelle que soit leur fatigue, leur donne l’envie de continuer à faire le bien ». Y a-t-il une anecdote particulière que tu emportes avec toi ? « Oui, les témoignages sont différents, et c’est de là que vient l’espoir. Je me souviens d’une famille du Donbass qui a dû quitter sa ville en 2014. Ils avaient économisé toute leur vie pour obtenir un appartement et dès qu’ils l’ont acheté, ils ont déménagé à Kharkiv. Puis l’arrivée de la guerre l’année dernière et un nouveau déménagement pour eux. Ils sont retournés dans cet appartement, je pense à la fin de 2022, et l’ont trouvé en très mauvais état à cause des bombardements. Nous leur avons apporté des poêles à bois pour se réchauffer et, malgré cette situation compliquée, il était touchant de voir une immense gratitude dans leurs yeux. La quantité d’argent supplémentaire dont ils auraient besoin pour réparer les dégâts de la maison n’avait pas d’importance. Ils étaient heureux et reconnaissants de recevoir cette petite aide, d’être en vie et encore ensemble ». Qu’as-tu vécu personnellement au cours de cette année difficile ? « J’ai vu à quel point, dans ces situations, les personnes, nous tous, sommes capables de nous mettre en mouvement pour aider ; plus que tout, reconnaître le soutien et sentir vraiment que nous sommes dans les mains de Dieu. Souvent, les gens d’ici ne demandent pas grand-chose, juste « être », être là. Dieu te donne différents talents et je dois dire que dans la situation dans laquelle je me trouve actuellement, je peux vraiment les utiliser, ils peuvent vraiment servir à quelqu’un. La prière est un véritable soutien dans cette situation. J’espère vraiment que cette guerre prendra fin et que chacun, à sa petite échelle, pourra enseigner aux nouvelles générations qu’il est nécessaire de combattre toute cette haine ».

Édité par Maria Grazia Berretta

Activer les sous-titres français https://youtu.be/gFOMlUj6axA Pour continuer à soutenir la population ukrainienne, clique sur le lien Ukraine : la collecte de fonds pour soutenir la population commence – Mouvement des Focolari (focolare.org)  

Terre Sainte : « Dare to care » à Nes Ammim

Nes Ammim signifie en hébreu le « miracle des peuples ». Un lieu né pour favoriser le dialogue et la connaissance entre chrétiens, juifs et musulmans. C‘est là que s’est déroulée, du 16 au 18 septembre, la rencontre « Dare to care pour un Avenir Meilleur », organisée par le Mouvement des Focolari en Terre Sainte à l’attention de personnes de toutes générations, nationalités, religions ou convictions non religieuses. Une occasion de partager quelques jours et de se découvrir partenaires, grâce à la compréhension réciproque, dans la construction commune d’un avenir meilleur. Pour des témoignages d’amitié entre fidèles de différentes religions, voir également Terre Sainte : histoires de dialogue ( https://youtu.be/kC5Uc5cKlRU ). https://youtu.be/WMIqSdXf4As

Évangile vécu : instruments de la grâce de Dieu

Dieu a choisi de transmettre la grâce qui sauve l’homme par l’homme lui-même. C’est-à-dire qu’il a choisi de nous sauver aussi par l’amour que nous avons les uns pour les autres, par la charité et le soin que nous avons pour notre prochain. Et lorsqu’il semble que nous n’avons rien à offrir, que nous ne sommes d’aucune utilité, la façon qu’ il nous montre est de « frapper » à sa porte comme ses enfants, de demander et de faire confiance. Demandes spéciales Par hasard, j’avais eu connaissance d’une patiente admise à l’hôpital dans un état désespéré. Pour tenter de la sauver, il fallait du sang d’un certain groupe sanguin, mais il était introuvable. J’ai fait de mon mieux pour le chercher, tant parmi mes connaissances que dans mon environnement de travail (je suis infirmière dans les consultations d’un service social), mais je n’ai rien trouvé. J’étais sur le point de déclarer forfait, avec le poids de la défaite, quand une prière sincère au Tout-Puissant a jailli de mon âme, une requête. Mes heures de service étant terminées, le médecin spécialiste que j’assistais m’a dit au revoir et est parti. Quelques instants après et une jeune femme vient me voir pour une visite médicale. Je m’empresse de rappeler le médecin et, contrairement aux autres fois, je le trouve prêt à revenir sur ses pas. Je demande à la dame sa carte d’identité et la vois me tendre sa carte Avis. Je n’en crois presque pas mes yeux – et si elle avait ce groupe sanguin ? Et si elle était disponible ? Cela s’est vraiment passé comme ça ! L’après-midi même, la femme était au chevet de la malade pour la transfusion directe. (A.M.M. – Italie) Derrière une porte En partant de l’idée de réduire de moitié mes effets personnels, en les donnant à ceux qui pourraient en avoir besoin, j’ai établi de nouvelles relations. J’ai commencé par deux vestes coûteuses que je porte rarement et je les ai proposées à ma voisine marocaine, dont la fille ou la belle-fille pouvait bien être intéressée. Elle les a aimées et, à son tour, m’a supplié d’accepter un nouveau manteau beige, jamais porté. Cela m’a demandé beaucoup de travail pour trouver à qui le donner, mais cela m’a permis de mieux connaître ma voisine. Deux heures plus tard, je rencontre une amie qui accepte avec joie le manteau pour sa sœur qui ne porte que du beige. La journée se poursuit ponctuée par la phrase « Donnez et il vous sera donné ». En effet, il se trouve que je reçois des meubles, de la vaisselle, du linge pour l’appartement dans lequel je viens d’emménager. Pour nous, suisses, il est difficile de franchir le seuil de la maison d’un voisin, nous avons toujours peur de déranger. Mais combien d’humanité se cache derrière les portes ! Il suffit de quelques minutes de temps passé autour d’un café pour que les filtres des préjugés tombent, que le cœur se dilate et que l’espace familial s’agrandisse. (Isabelle – Suisse)

                                                                                                                     Maria Grazia Berretta

(extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, an IX – no.1 – janvier-février 2023)

Trois femmes contre la traite des êtres humains

Trois femmes contre la traite des êtres humains

Diana, Argia et Jane donnent chaque jour de leur temps pour aider d’autres femmes à échapper à l’abominable phénomène de la traite des êtres humains et de l’esclavage. Leurs histoires racontées à l’occasion de la Journée internationale contre la traite des êtres humains.

Chaque année, le 8 février marque la Journée internationale contre la traite et l’exploitation des personnes. Le réseau international Talitha Kum – qui compte plus de 3 000 religieuses et est soutenu par le Vatican et de nombreuses associations, dont le Mouvement des Focolari – a organisé cette année un pèlerinage en ligne intitulé « En chemin pour la dignité », avec des expériences racontées de différentes parties du monde. Deux d’entre elles, en particulier, sont liées aux Focolari. Diana et Argia, originaires de Naples, en Italie, sont impliquées depuis des années dans une association de femmes appelée « Donne Meridiane », qui travaille dans le domaine du travail social et de l’éducation culturelle.

Graduation de Blessing

« J’ai appris à connaître le travail d’une religieuse, raconte Argia, qui accompagne depuis des années des jeunes femmes victimes de la traite des êtres humains dans un processus de réintégration dans la société. Je me suis demandé ce que nous pouvions faire concrètement pour ces jeunes filles. La phrase de l’Évangile « Aime ton prochain comme toi-même » résonnait fortement en moi. En particulier le « comme toi-même » qui signifiait peut-être aussi offrir à ces jeunes femmes les mêmes possibilités de vie libre et digne que nous, les femmes européennes. C’est ainsi qu’est née l’idée de financer un parcours scolaire avec l’association, pour une jeune femme nigériane ». Diana ajoute : « Nous avons impliqué des femmes d’affaires, des femmes des institutions, d’associations, des amis et des parents. Nous avons donc organisé une soirée de collecte de fonds pour réunir des fonds et soutenir l’initiative. Il y a quelques mois, nous avons célébré la remise de diplôme de Blessing, cette jeune femme et nouvellement maman depuis quelques jours. Les amis avec lesquels nous avions collecté les fonds ont été invités à partager non seulement la joie de cette étape importante, mais aussi la possibilité de continuer à soutenir d’autres femmes dans ce parcours ».

L’histoire de Jane, quant à elle, nous vient d’Afrique. Il y a trois ans, elle vivait au Burkina Faso. « Dans la rue devant chez moi, tous les soirs, il y avait une longue file de filles, raconte-t-elle, qu’attendaient-elles ? Leur tour de se prostituer. Une réalité malheureusement bien organisée que vous ne pouviez rien faire pour éviter ». Mais Jane voulait d’une manière ou d’une autre faire sa part pour aider ces filles. Elle a donc commencé à collaborer avec Talita Kum. « J’ai découvert que de nombreuses femmes partent à l’aventure dans d’autres pays ou d’autres villes pour chercher du travail ou étudier. Malheureusement, elles tombent souvent dans le piège de la prostitution. Parler de la traite des êtres humains a ouvert les yeux de nombreuses filles et sauvé de nombreuses vies ». Depuis un an, Jane travaille au centre de nutrition du Mouvement des Focolari en Côte d’Ivoire. Il s’agit d’un centre de prévention et de traitement de la malnutrition infantile. « Chaque jour, nous recevons de nombreuses mères. Chacune avec sa propre histoire. Je me souviens de l’une d’entre elles en particulier : son mari était parti chercher du travail mais n’était jamais revenu. Nous avons écouté son histoire et pleuré avec elle. Nous n’avions absolument aucune solution. Nous lui avons proposé une petite somme d’argent pour l’aider à monter un petit commerce devant sa maison. Les jeunes filles avec lesquelles nous travaillons sont également sensibles à la question de l’exploitation. Je suis toujours frappée par l’exemple de l’une d’entre elles qui dit que notre quartier a le plus fort pourcentage de prostitution. Elle le dit avec joie parce qu’elle a compris que, malgré ce problème, notre travail de prise en charge des enfants, des mères et de leurs familles est aussi notre façon de prévenir la traite et l’exploitation des êtres humains ».

Lorenzo Russo

VIDÉO : Place Saint-Pierre, Rome, flash mob contre la traite des êtres humains. https://www.youtube.com/watch?v=kUPDp1PaaHc

Projet DialogUE : pratiquer l’art du dialogue

S’imprégner du sens du dialogue et se confronter à l’autre pour le vivre concrètement au quotidien. Tel est l’objectif principal des 8 webinaires promus par le projet « DialogUE : Diverses identités alliées ouvertes pour générer une Europe unie ». Un parcours pour approfondir et appréhender la beauté de cet art, ouvert à tous. Peut-on se comprendre entre chrétiens, musulmans et autres religions ? Peut-on travailler ensemble avec ceux qui, bien qu’ayant le même credo, le vivent avec des expressions avant-gardistes ou, au contraire, ancrées dans les traditions ? Peut-on se comprendre entre ceux qui croient en un Dieu éternel et ceux qui n’ont pas de vie après la mort ? Comment pouvons-nous construire une Europe unie entre pays de l’Est et de l’Ouest si différents en termes d’histoire, de culture, de développement, de tradition ? Telles sont les questions qui animent le projet DialogUE – Diverses identités alliées ouvertes pour générer une Europe unie, un projet né en Europe notamment à travers l’Association Internationale Humanité Nouvelle, une expression du Mouvement des Focolari qui, depuis sa naissance, a fait du dialogue un mode de vie ; une mission à laquelle elle s’engage quotidiennement à différents niveaux avec de nombreuses organisations qui ressentent la même passion pour la construction de sociétés plus fraternelles. Reconnu et financé par le programme CERV de la Commission européenne, l’objectif de ce projet, qui place les personnes et les valeurs au centre, est de récolter, sur une période de deux ans, les fruits du dialogue souvent difficile entre les différents groupes, afin de façonner une Europe qui soit de plus en plus l’expression de « l’unité dans la multiplicité » qui est sa raison d’être. Sur cette base, et en collaboration avec la Fondation pour Sophia, à partir du 18 février 2023 il sera possible de participer à une étude approfondie du dialogue à travers un cours en ligne fractionné en 8 rendez-vous ; des webinaires ouverts à tous à suivre en italien avec traduction en anglais, français et hongrois. Les quatre premiers nous permettront de nous immerger dans le sens du dialogue et seront conduits par Roberto Catalano, un expert international du dialogue. Suivront quatre discussions approfondies dans des domaines spécifiques, proposées par plusieurs voix et l’expression d’autant d’ateliers en cours dans le domaine et parmi les personnes et citoyens de divers pays d’Europe. Le calendrier, avec les différents sujets qui seront abordés, sera structuré de la manière suivante : 18/02/2023 de 15h00 à 17h00 – La nécessité de l’identité 21/02/2023 de 19h00 à 21h00 – Au-delà de l’impossible. Expérience de 2 ans de dialogue en ligne entre l’Europe de l’Est et de l’Ouest 25/02/2023 de 15h00 à 17h00 – L’inévitabilité de « l’autre ». 03/03/2023 de 19h00 à 21h00 – Ensemble pour l’Europe 04/03/2023 de 15h00 à 17h00 – Le secret de la vraie relation : la règle d’or 11/03/2023 de 15h00 à 17h00 – Dialogue et Fraternité ou Fraternité et Dialogue 23/03/2023 de 17h00 à 19h00 – Laïcité contre religion ? Apprendre des contraires. L’expérience entre chrétiens et marxistes 25/03/2023 de 15h00 à 17h00 – Dialogue interreligieux : Naissance, développements et prophétie Un véritable parcours qui répond au besoin de communiquer et de découvrir les richesses de chacun, en valorisant spécifiquement ce qui unit et en considérant les différences comme un terreau fertile pour grandir patiemment dans le respect de tous. Vous pouvez participer en remplissant le formulaire d’inscription au lien suivant : https://forms.gle/mhvoaTkdrfdqc9kV9. Pour plus d’informations, veuillez contacter :  dialogue@new-humanity.org.

Rédigé par Maria Grazia Berretta

Giulio et Pina: retomber amoureux jour après jour

S’aimer dans le mariage est un grand défi. Cela signifie se perdre sur les chemins de l’autre, partager la vie, semer patiemment et récolter les fruits ; cela signifie se choisir chaque jour même si l’on ne se reconnaît pas et, si nécessaire, apprendre à ralentir pour suivre l’autre. En ce jour dédié aux amoureux, nous partageons l’histoire racontée lors du “Collegamento” de novembre 2017 par Giulio et Pina Ciarrocchi qui, 22 ans plus tôt, en mai 1995, suite à l’arrivée d’un accident vasculaire cérébral qui a bouleversé leur vie, ont trouvé le courage de se laisser guider par Dieu, expérimentant une nouvelle façon de retomber amoureux chaque jour, en voyant Jésus dans l’autre. https://www.youtube.com/watch?v=tSBgCMmRCfo&list=PL9YsVtizqrYsVxFh7-IlFMNEbjw4OL9J7&index=1

Pérou : Feliciano, un nouvel invité au Hogarcito

Pérou : Feliciano, un nouvel invité au Hogarcito

La mission de l’Hogarcito « Chiara Lubich », le centre pour personnes âgées de la forêt amazonienne péruvienne, se propose d’accompagner les personnes âgées et celles qui sont confrontées à la maladie. Un lieu où le service est motivé par l’amour, où l’on trouve des personnes désireuses de faire de leur mieux, capables de tout remettre entre les mains de Dieu. Au milieu de l’année dernière, une femme est venue demander de l’aide au Hogarcito. Elle avait un besoin urgent de soutien pour son frère âgé qui vivait seul, loin de la capitale où elle habitait. Elle nous a demandé de l’accueillir au Hogarcito et, après lui avoir demandé de nous laisser un peu de temps pour analyser la situation et nos possibilités, nous nous sommes mis à la place de cet homme en difficulté et n’avons pas hésité à donner notre accord pour l’accueillir. C’est ainsi que Feliciano, 74 ans, est devenu un nouveau résident du Hogarcito. Nous l’avons accueilli avec beaucoup d’affection et une fête de bienvenue. Nous avons découvert qu’il ne voyait pas d’un œil, qu’il avait des problèmes d’élocution – il pouvait à peine comprendre ce qu’il disait – ainsi qu’une surdité sévère.

Feliciano pendant la réhabilitation

Il se déplaçait seul, toujours avec une canne, mais un jour, après être entré dans sa chambre, il a tardé à en sortir. Les personnes de service l’ont trouvé allongé sur le sol, incapable de se lever. Ils ont donc appelé à l’aide le service des urgences du centre de santé. Feliciano avait eu une attaque et la moitié de son corps était paralysée. La situation était très difficile. On pouvait le voir limité, triste. Il avait besoin d’une infirmière à ses côtés et d’une surveillance cardiaque constante. Le personnel de l’Hogarcito n’était toutefois pas préparé à des soins aussi spécialisés. C’est pourquoi Feliciano a dû être hospitalisé. Nous avons calculé que cette hospitalisation nous coûterait environ 2 500 Soles (620 euros), pour couvrir également les soins et le traitement. Nous avons essayé de contacter sa sœur mais, n’ayant pas eu de réponse, nous n’avons pas hésité : confiants dans la providence de Dieu, nous avons immédiatement engagé une infirmière pour s’occuper de lui et une kinésithérapeute pour les séances de rééducation. Lorsque nous avons demandé à cette dernière combien elle allait nous faire payer, elle nous a répondu : « Ne vous inquiétez pas pour le paiement, ce sera ma façon d’aider Hogarcito. » Il était très difficile et risqué de déplacer Feliciano. Nous avons demandé à Dieu de nous donner la force de continuer à le soutenir et de lui permettre de se rétablir. En fin de compte, l’amour de chacun l’a aidé à s’améliorer chaque jour. Soudain, quelque temps plus tard, il nous a surpris en se levant, en prenant sa canne et en faisant quelques pas. Quelle émotion, nous étions tous heureux de le voir marcher ! C’était le bonheur total. Une expérience, celle de l’accompagnement des personnes malades, qui non seulement nous permet de rencontrer des personnes qui font tout ce qu’elles peuvent pour aider, mais nous donne la joie de nous confier ensemble et de remettre tout et tous entre les mains de Dieu.

                                                                                             Les volontaires de Hogarcito

Synode en Europe, une nouvelle façon d’être Eglise

Synode en Europe, une nouvelle façon d’être Eglise

La primauté de l’écoute, un chemin commun ouvert au dialogue et à la rencontre, les défis de la sécularisation, de la paix et de l’accueil des multiples diversités sont au cœur de cette étape. Margaret Karram, Présidente du mouvement des Focolari, était également présente. « Nous nous réunissons à Prague, une ville qui peut être considérée comme un pont entre l’Est et l’Ouest, mais aussi comme une mise en garde pour l’Europe. Aujourd’hui, un peu plus de trente ans après la chute du mur de Berlin et de la fin du monde divisé en blocs opposés, nous avons une autre guerre au centre de l’Europe. Nous nous tenons aux côtés de nos frères et sœurs ukrainiens, en espérant que l’agression russe prendra fin et qu’une paix et une réconciliation véritables pourront être trouvées sur notre continent ». Mgr Gintaras Grušas, Archevêque de Vilnius (Lituanie), Président du Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE) a immédiatement mis le doigt sur la blessure la plus profonde du vieux continent, dans son discours d’ouverture de l’étape européenne du Synode de l’Église catholique. Une solidarité immédiate a également été exprimée envers les populations turques et syriennes touchées par le terrible tremblement de terre. La rencontre se déroule dans la capitale de la République tchèque, du 5 au 12 février, avec la participation de 200 délégués de 39 conférences épiscopales européennes, provenant de 45 pays. Étaient également présents 44 « invités », dont Margaret Karram, Présidente du mouvement des Focolari. « Dans la synodalité, nous sommes tous des apprentis », a ensuite rappelé le cardinal. Mario Grech, Secrétaire général du Synode, offrant une perspective réaliste de cette étape du voyage. L’Église en Europe s’est réunie pour vivre un chemin de partage, plus nécessaire que jamais aujourd’hui, pour apprendre à se connaître et faire tomber les préjugés. La voix des Eglises en Europe Les sessions consacrées au récit du parcours synodal des différentes conférences épiscopales ont donné un aperçu de la vie des Eglises en Europe. De l’Albanie, où les chrétiens sont aujourd’hui confrontés à la nécessité d’apprendre à dialoguer avec des personnes de religions différentes ; à la Belgique, où la sécularisation a atteint toutes les sphères sociales. L’invitation est de pouvoir saisir les signes des temps en donnant de la place aux laïcs, en évitant toute forme de cléricalisme, toute soumission à des attitudes d’abus et de pouvoir. En Biélorussie, le parcours synodal a mis en lumière la nécessité d’une formation au dialogue pour le clergé et les laïcs, afin d’avoir un plus grand impact sur la société. La Bulgarie, un pays avec un très faible pourcentage de chrétiens-catholiques, exprime bien un parcours synodal animé par un fort esprit œcuménique, commun à plusieurs pays d’Europe de l’Est, tandis que de la France vient une invitation décisive à l’écoute et à la centralité dans l’Église des victimes d’abus ; à un chemin de purification dans la vie spirituelle pour retrouver la fidélité au Christ et être une Église accueillante pour tous. Les Églises de Grande-Bretagne et du Pays de Galles soulignent la nécessité d’une formation continue à la vie de foi et à l’évangélisation. Questions transversales Les questions transversales sont nombreuses pour les Eglises du vieux continent : du fléau des abus à la formation du clergé pour qu’il regagne la confiance du peuple de Dieu et soit à la hauteur des défis de la société déchristianisée et sécularisée d’aujourd’hui, en passant par la question des femmes dans l’Eglise et l’urgence de transmettre la foi aujourd’hui, mais dans un langage et d’une manière adaptés à notre époque. Mais la question commune à tous est la suivante : qu’est-ce que cela signifie pour l’Église en Europe d’être « inclusive » ? Comment peut-elle également embrasser les personnes qui vivent des situations morales complexes par rapport à la doctrine de l’Église, comme les personnes divorcées ou les personnes LGBTQ+.  Des réponses, a-t-on dit, viendront d’un patient cheminement de communion. « Je crois que la réponse que l’Église en Europe peut offrir aujourd’hui – a déclaré Margaret Karram dans son discours – est le don de cet amour évangélique qui nous vient du Christ lui-même et qui est au cœur du dialogue et de la rencontre. En tant que mouvement des Focolari, nous nous engageons dans ce cheminement auquel le pape nous appelle ». Les Journées synodales de Prague sont une expérience de synodalité sur le terrain pour l’Église en Europe, qui montrent la nécessité de poursuivre dans cette voie. Le document final, résultat de ces journées de travail, rassemblera toutes les demandes, défis et propositions et, avec ceux des 6 autres assemblées continentales, sera envoyé à la commission centrale du Synode.

Stefania Tanesini

La lune sur les décombres : témoignages de Turquie et de Syrie

La lune sur les décombres : témoignages de Turquie et de Syrie

« Dès le dimanche soir 5 février, les autorités avaient annoncé que les écoles resteraient fermées le lundi 6 parce qu’une violente tempête était à craindre. Les températures sont proches de zéro et la période la plus froide de l’année est attendue pour l’ensemble de la Turquie ». Ce sont les mots d’Umberta Fabris, du Focolare d’Istanbul (Turquie), qui, d’une voix émue, raconte les conditions dans lesquelles le pays se retrouve à vivre une catastrophe sans équivalent qui, avec une violence sans précédent, a frappé la Turquie et la Syrie dans la nuit du 5 au 6 février. La magnitude de ce tremblement de terre est inimaginable. En fait, 10 provinces de Turquie ont été touchées, 13 millions de personnes sont concernées, et une violence sans précédent des secousses se poursuit. À ce jour, plus de 14 000 personnes sont mortes, mais les chiffres continuent d’augmenter à mesure que les recherches se poursuivent. « Istanbul est à environ 1.000 km des zones touchées », poursuit Umberta Fabris, « mais ici nous sommes entourés de personnes qui ont des parents et des amis là-bas et les nouvelles arrivent au compte-gouttes. Les téléphones portables sont déchargés, Il n’y a plus d’électricité, les dommages causés à l’infrastructure de communication sont énormes, comme tout le reste. Seuls quelques SMS ou quelques mots échangés avec une ligne très perturbée arrivent. Et tout cela est une recherche de nouvelles, pour savoir si tout le monde répond à l’appel, même parmi nos amis de la petite communauté chrétienne d’Antioche, Mersin, Adana et Iskenderun ». Dans la tragédie au milieu des gravats et du gel, la douleur rapproche le cœur des hommes qui unissent leurs forces et se battent, raconte Umberta Fabris, qui a appris d’Iskenderun l’effondrement de la basilique de l’Annonciation et comment à l’intérieur de l’évêché, où les maisons ont été déclarées inhabitables, des catholiques, des orthodoxes et des musulmans se sont retrouvés à partager ce qu’ils ont et à offrir un endroit pour passer la nuit. « Nous sommes frappés par les milliers de jeunes qui se sont entassés dans l’aéroport, dit-elle, prêts à partir pour aller aider, la file interminable de personnes à la collecte de sang ou les lycéens qui ont retroussé leurs manches dans diverses activités. Nous continuons à faire confiance à Dieu et à sa Sainte Providence et nous portons aussi notre chère Syrie dans nos cœurs. » Et c’est précisément de Syrie que vient la voix de Bassel, un jeune membre des Focolari : « Ce sont également des jours dévastateurs dans ma ville, Alep. Le 6 février, nous nous sommes réveillés terrifiés et avons couru vers les escaliers en ne voyant rien, à cause de la coupure de courant. Nous nous sommes arrêtés à la porte d’entrée, face à une image de l’ange gardien. Nous avons prié, puis nous avons trouvé un téléphone portable et avons allumé une torche. Je n’ai pas reconnu la pièce : tout ce qui était sur le sol était cassé, les murs et les céramiques étaient fissurés, les voisins descendaient en hurlant. Nous n’avons pris que ce que nous pouvions transporter dans les poches de nos pyjamas, nous avons enfilé nos vestes et nous sommes descendus sous la pluie dans un froid glacial ». Bassel a passé cette nuit interminable dans la rue à regarder l’effondrement des églises et des mosquées. Le clair de lune montrait la destruction. Alors que les répliques s’atténuaient, des nouvelles sont arrivées d’amis restés sous les décombres et de bâtiments qui s’étaient entièrement effondrés. Nous sommes un pays qui n’est pas équipé pour de telles catastrophes, a-t-il poursuivi. Parmi les bâtiments qui se sont effondrés figurent également les sept étages de l’évêché de l’église grecque catholique melkite. Monseigneur Jean-Clément Jeanbart, archevêque émérite d’Alep, a été sauvé, tandis que le Père Imad, mon ami personnel et notre professeur à l’école depuis mon enfance, est resté sous les décombres ». Les personnes parlent de leurs maisons qui font partie du passé, tandis que le froid rend tout plus difficile. Le Croissant-Rouge et la Croix-Rouge ont procédé à un recensement des personnes présentes. « Moi », dit Bassel, « j’ai participé avec les volontaires et les jeunes scouts à la préparation et à la distribution de nourriture et de couvertures pour les enfants et les jeunes, mais je n’ai pas pu m’endormir à cause des scènes fortes que j’avais vues ». Alors que les répliques sismiques continuent à provoquer l’effondrement des bâtiments, Bassel réfléchit : « Lorsque nous entendons les nouvelles, que nous voyons les grands pays envoyer des spécialistes, des équipes d’aide et de secours dans les pays touchés, nous ressentons de la douleur en voyant qu’ils ne peuvent rien envoyer en Syrie à cause de l’embargo, comme si nous n’étions pas des humains. Maintenant nous sommes de retour à la maison, où l’internet est meilleur, et nous attendons la prochaine secousse. Priez pour nous afin que nous restions en vie, priez pour ceux qui sont morts, priez pour les disparus ».

Anna Lisa Innocenti et Maria Grazia Berretta

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Tremblement de terre : « Suspension de l’embargo financier sur la Syrie pour les organisations humanitaires ».

Appel Mouvement politique pour l’unité – Mouvement des Focolari

« Un appel sincère et fort pour une fin immédiate de l’embargo en Syrie qui rend difficile même l’acheminement de l’aide en ce moment terrible ». C’est ce que le Centre international du Mouvement politique pour l’unité, expression du Mouvement des Focolari, adresse à la communauté internationale, aux gouvernements et à l’Union Européenne. « Suspendre au moins temporairement l’embargo financier pour permettre aux organisations humanitaires déjà actives sur le terrain de fournir l’aide nécessaire ». Des nouvelles dramatiques nous parviennent également des communautés et des familles des zones touchées par le tremblement de terre. Le Mouvement des Focolari, qui travaille depuis des années en Syrie avec des projets humanitaires, a lancé une campagne mondiale spéciale de collecte de fonds. Cependant, la difficulté d’acheminer l’aide à la Syrie demeure en raison des mesures introduites avec l’embargo financier. Le Mouvement politique pour l’unité active tous les canaux possibles de contact également avec d’autres Mouvements et Associations et avec ceux qui ont un pouvoir de décision et de persuasion politique, « mais faisons vite, pour sauver le plus de personnes possible ».

Stefania Tanesini

Évangile vécu : « Tu es le Dieu qui me voit » (Gn 16,13)

À une époque souvent dominée l’anxiété, où personne ne se sent jamais à la hauteur des attentes du monde, celui qui nous appelle à faire de grandes choses est un Père qui pose son regard sur nous comme au jour de la Création ; un Dieu qui regarde ce noyau indestructible de beauté qui est en chacun de nous et qui nous invite à garder les yeux ouverts sur les actions de ceux qui nous entourent avec le même amour qu’il a pour nous. Réparer le passé Mes parents ont divorcé quand j’étais petite et mon père a eu cinq femmes : de ces mariages, j’ai deux demi-frères et deux demi-sœurs. En outre, les parents de mon mari sont tous deux addict à l’alcool. Il y a quelques années, lors d’une grave épreuve dans la famille, mon mari et moi avons décidé de faire un effort pour ramener la sérénité parmi nos proches, comme pour redresser notre arbre généalogique. Depuis lors, grâce à la prière, à la créativité de l’amour, aux invitations à dîner, aux fêtes, nous constatons leur véritable « guérison ». Bien sûr, tout cela implique des efforts, des frais, mais la providence ne nous abandonne jamais. Par exemple, nous avions organisé une fête d’anniversaire pour une de mes demi-sœurs, mais au dernier moment, nous avons réalisé que nous avions pensé à tout sauf à un cadeau. Dieu a apporté une solution au problème par l’intermédiaire d’une voisine : elle avait acheté un beau chemisier pour sa fille, mais il s’est avéré être petit et elle pensait le proposer à notre fille. Voilà le cadeau tout trouvé  pour ma soeur ! La taille et la couleur étaient parfaites : « Comment saviez-vous que je le voulais comme ça ? » (E.S. – République tchèque) Un regard neuf sur les choses Nous sommes des conjoints retraités. Il y a quatre ans, nos voisins ont oublié d’arrêter la pompe de leur jardin pendant la nuit. Résultat : notre rez-de-chaussée a été inondé, causant environ 9000 dollars de dégâts. Nous avons invité nos voisins à signaler les dégâts à leur compagnie d’assurance afin qu’ils puissent être indemnisés, mais ils ont refusé, de peur que cela augmente le coût annuel de leur assurance. Au début, j’ai eu envie de porter plainte, nous avions des témoins fiables. Mais ensuite, en parlant entre nous, ma femme et moi, nous avons décidé de leur pardonner. Au cours de ces quatre années, nous les avons toujours salués poliment, en échangeant quelques mots avec eux. Il y a deux jours, ils ont déménagé et, alors que les ouvriers chargeaient les meubles dans le camion, notre voisin a abordé ma femme : « Vous êtes des gens bien, alors que nous vous avons fait du mal. Je demande votre pardon. » Après ces mots, le monde nous a paru un peu plus beau. (T.C. – USA)

Publié sous la direction de Maria Grazia Berretta

(extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, an IX – n⁰1 janvier-février 2023)

Urgence tremblement de terre en Turquie et en Syrie

Urgence tremblement de terre en Turquie et en Syrie

Les contributions, collectées par l’intermédiaire des organisations à but non lucrative, Action pour un monde uni (AMU) et Action Familles Nouvelles (AFN), seront utilisées pour apporter des biens de première nécessité aux populations de Turquie et de Syrie frappées par le fort séisme du 6 février 2023, également en collaboration avec les Églises locales.

La ‘Coordination Urgences du Mouvement des Focolari a lancé une extraordinaire campagne de collecte de fonds en faveur des populations de Turquie et de Syrie, par l’intermédiaire des organisations à but non lucratif Action pour un monde uni (AMU) et Action Familles Nouvelles (AFN). Les contributions versées seront gérées conjointement par AMU et AFN pour apporter des produits de première nécessité (nourriture, soins médicaux, logement, chauffage et abri) aux personnes touchées par le séisme du 6 février 2023 dans différentes villes des deux Pays, également en coopération avec les Églises locales. Vous pouvez faire un don à l’adresse suivante : AMU: www.amu-it.eu/dona-online-3/ AFN: www.afnonlus.org/dona/

ou par virement bancaire sur les comptes suivants:

Action pour un monde uni ONLUS (AMU) IBAN : IT 58 S 05018 03200 000011204344 à Banca Popolare Etica Code  SWIFT/BIC: ETICIT22XXX

Action Familles Nouvelles ONLUS (AFN) IBAN : IT 92 J 05018 03200 000016978561 avec Banca Popolare Etica Code  SWIFT/BIC: ETICIT22XXX

Motif de paiement : Urgence tremblement de terre au Moyen-Orient

Des avantages fiscaux sont disponibles pour ces dons dans de nombreux Pays de l’UE et dans d’autres Pays du monde, selon les différentes réglementations locales. Les contribuables italiens pourront obtenir des déductions et des prélèvements sur leurs revenus, conformément à la réglementation relative aux organisations sans but lucrative.

Chiara Lubich : Résurrection de Rome

Résurrection de Rome est l’un des écrits les plus célèbres de Chiara Lubich, fruit d’une de ses expériences qu’elle a transmise ensuite dans un article paru dans la revue « La Via » en 1949. C’est un texte qui montre à la fois la dimension mystique d’une expérience charismatique, exprimée par l’utilisation d’un langage particulièrement dense en images, et l’actualisation de cette expérience dans la vie au contact de l’humanité. Cet écrit marque un tournant dans l’expérience de Chiara Lubich en 1949 : le retour à Rome, c’est-à-dire à la vie normale, vécu comme l’introduction de la lumière et de la vie dans le quotidien, avec le fruit d’un renouveau non seulement de l’existence personnelle mais aussi de la société. Le regard sur Rome a en effet pour l’auteur la signification d’un regard sur toutes les villes du monde. La vidéo que nous présentons est le résultat d’un long et patient travail photographique réalisé par Javier Garcia, avec la voix originale de Chiara Lubich tirée de la lecture du texte adressé aux dirigeants des Focolari le 3 octobre 1995. Activer les sous-titres français https://www.youtube.com/watch?v=acrJDXY6Lig

Télécharger le texte original complet

Mariapolis de la Terre Sainte : une communauté par vocation

Être une communauté, c’est plus que d’être ensemble. Cela signifie répondre à un appel et construire : donner vie à une famille soutenue par la Parole et se retrouver. C’est ce que nous rapportent des personnes qui ont participé à la Mariapolis de Terre Sainte en juillet dernier dans cette vidéo.  C’est une brise légère qui caresse les ruines séculaires de l’église Saint-Georges, à Taybeh, le seul village entièrement chrétien de Terre Sainte, le lieu, où selon les Écritures, Jésus est venu se reposer avec les siens avant la Passion. Et c’est là, entre le 8 et le 9 juillet 2022, que les adultes, les jeunes et les enfants du mouvement des Focolari se sont réunis pour vivre une Mariapolis très spéciale, un moment de fraternité et de véritable communion. « La Mariapolis est un moment où l’on se retrouve en famille », déclare Mayra, de Bethléem. « Habituellement, elle est organisée chaque année, mais à cause de la pandémie, nous n’avons pas pu. Cette année, après trois ans, nous l’avons organisé et pour moi, c’était comme faire une pause dans ma vie et me recharger spirituellement ». « Être témoins de l’amour » était le titre de cet événement de deux jours auquel ont participé des personnes venues de diverses régions du pays, de Haïfa à Nazareth, en passant par Jérusalem, Ramallah, Bethléem et Gaza. Malgré les difficultés sociopolitiques et culturelles qui caractérisent la Terre Sainte, le désir de profiter de la beauté et de vivre en communauté devient un choix capable de surmonter les barrières physiques et souvent même intérieures. C’est la communauté, en effet, le lieu où nous recueillons des valeurs qui deviennent nourriture, où nous bâtissons un présent et un avenir respectueux de la dignité de tous ; c’est le lieu où l’écoute et le témoignage des autres à la lumière de l’Évangile nous invitent à mieux comprendre l’œuvre de Dieu dans nos vies et, plus que tout, où personne n’est seul. C’est ce que racontent Marcell et Boulos, de Nazareth, qui, au cours de leur cheminement, ont fait l’expérience de la rencontre et de la famille précisément au moment le plus douloureux de leur vie, face à la mort de leur dernier fils, Jack. Et encore Khader, de Gaza, qui malgré les luttes quotidiennes auxquelles il doit faire face dans le contexte dans lequel il vit, place son espoir en Dieu, reconnaissant avec joie la beauté de la vocation à laquelle il est appelé : celle du bonheur.

Maria Grazia Berretta

Activer les sous-titres français https://youtu.be/cCMZ1jlYzhA

Évangile vécu : devenir des instruments dans les mains de Dieu

L’une des plus grandes souffrances de l’être humain est de sentir sa propre inutilité devant les faits de la vie, d’accepter qu’il ne puisse rien faire. Être un instrument entre les mains de Dieu signifie donc se rendre disponible, redécouvrir sa propre valeur en laissant faire quelqu’un d’autre ; apprendre l’art de se confier et de confier. Prudence En tant que chef de service dans mon entreprise, j’ai remarqué un jour une attitude agressive chez un collègue habituellement très serein. Invité à parler, il m’a confié ses problèmes avec sa femme, qui s’était révélée violente au point de porter la main sur lui. Elle lui demandait de plus en plus d’argent. C’était la raison de ses heures supplémentaires. Depuis, ce collègue a commencé à me téléphoner en dehors du travail lorsque les choses allaient mal, sûr de trouver en moi une écoute désintéressée. Cependant, lorsque j’ai réalisé que j’étais devenue une sorte de refuge pour lui, j’ai ressenti, par prudence chrétienne, le besoin d’en parler à mon mari. Et c’est lui, après m’avoir fait comprendre que pour cet homme je pouvais représenter non seulement une amie, mais l’idéal d’une femme, qui a proposé une idée qui s’est avérée judicieuse : inviter la famille du collègue sous prétexte d’un anniversaire. Après avoir fait confiance à Dieu, et grâce à l’ambiance créée par les jeux et les gadgets de nos enfants, la relation établie avec l’autre couple a donné l’espoir d’un changement de situation. (G.T. – Portugal) Adieu mon cher vélo ! Depuis quelque temps déjà, j’ai dû mettre au garage mon cher vélo, compagnon de tant de voyages et déplacements. Le fait est que, à cause de mes doubles lentilles, je suis maintenant obligé de me déplacer constamment à pied. A dire vrai, cela m’a coûté un peu : le vélo était très utile car dans le panier je pouvais déposer mes courses et d’autres choses que je dois maintenant porter à la main. Heureusement, je vis dans une petite ville où tout ce dont j’ai besoin se trouve regroupé dans le même secteur. Cependant, j’ai découvert un avantage à me passer de deux roues, autre que celui d’éviter les chutes si désastreuses lorsqu’on a atteint un certain âge. En fait, la marche me donne l’occasion de rencontrer de nombreuses personnes, d’échanger… et il y a toujours quelque chose de triste ou de joyeux à partager. Bref, tout est une expression de l’amour de Dieu si nous sommes disposés à faire sa volonté. Mieux vaut essayer d’aller au paradis sans vélo plutôt que de rouler plus vite… pour finalement quoi ? (Marianna – Italie)

Publié sous la direction de Maria Grazia Berretta

(extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année IX – no.1 – janvier-février 2023)

Le dialogue œcuménique : faire partie d’un même peuple

Un pas en avant pour apprendre à se connaître et à marcher ensemble. Au terme de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, de Bari (Italie), une expérience de synodalité, de dialogue et de proximité avec des frères de différentes Églises. Depuis quelques années, mon mari Giulio et moi-même suivons le dialogue œcuménique dans le diocèse, avec d’autres mouvements et au nom du Mouvement des Focolari. Il y a quelque temps, nous avons reçu une lettre du cardinal Kock, préfet du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et du cardinal Grech, secrétaire général du Synode des évêques, sur la nécessité d’impliquer les frères et sœurs des autres Églises dans les Tables synodales, moments en petits groupes, organisés pour élaborer des réflexions et des propositions adaptées au parcours de notre Église diocésaine, précisément à l’occasion du Synode lancé en octobre 2021. J’ai saisi l’occasion et je suis allée voir Don Alfredo, le délégué de notre évêque pour le dialogue œcuménique et interreligieux, en l’invitant à considérer cette hypothèse, et après quelque temps, il m’a contactée pour m’inviter à participer à un cours pour les animateurs des tables synodales dans le diocèse, cours qui s’est révélé très intéressant. L’étape suivante a consisté à commencer à imaginer notre rencontre avec nos frères et sœurs chrétiens, puis à la concrétiser progressivement : nous avons cherché une salle adaptée, nous avons impliqué des amis d’autres mouvements dans la préparation, chacun connaissant des personnes d’autres Églises, qui sont devenues à leur tour d’autres animateurs. Nous avons fixé les dates et, le matin, nous sommes allés avec ma famille préparer la salle pour la rendre accueillante : nous avons dressé 6 tables avec des nappes de couleur, des affiches, des marqueurs de couleur, ainsi que des chocolats, des boissons, des verres, etc. Nous ne savions pas combien de personnes viendraient, alors nous avons voulu exagérer et mettre 6 chaises par table. En début d’après-midi, nos invités sont arrivés et à la fin nous étions 38 personnes de 9 églises différentes et nous avons dû ajouter 2 chaises. Ce fut une expérience merveilleuse où nous sommes entrés comme des étrangers et sommes repartis comme des frères, avec le désir de nous connaître de plus en plus afin de pouvoir prier ensemble et vivre la charité fraternelle. Il y avait un grand enthousiasme à la découverte de pouvoir être ensemble avec la joie d’être un seul peuple de Dieu.

                                                                                                                      Rita et Giulio Seller

Grande-Bretagne : Combler les fractures

Construire l’unité au-delà des préjugés séculaires, de la méfiance et des fractures, en instaurant, jour après jour, un dialogue qui est devenu un style de vie. Tel est le quotidien de la communauté des Focolari en Grande-Bretagne, dont les membres appartiennent à différentes Églises chrétiennes. https://www.youtube.com/watch?v=yCXl8mndNJY&list=PL9YsVtizqrYv2ebAtB_j8KTB-hL0ZRid7&index=2

La communion, une mission

La communion, une mission

La présentation du premier « Bilan de Communion » du mouvement des Focolari, un aperçu des activités et des initiatives promues par le mouvement dans le monde au cours des deux années 2020-2021, a eu lieu le 19 janvier 2023 à Rome (Italie), au “Focolare meeting point”.  En présence de personnalités du monde diplomatique, politique et religieux, ainsi que de journalistes de différents médias italiens, le premier « Bilan de Communion » du mouvement des Focolari pour les années 2020-2021 a été présenté.

Margaret Karram

Un document qui retrace un parcours de vie fait de partage spontané, non seulement de biens mais d’expériences et de besoins inspirés par l’amour évangélique et qui, en montrant les fruits de ce partage, encourage un dialogue renouvelé pour une communion accrue, en plaçant à côté des ressources matérielles également les biens immatériels donnés, investis, recueillis au cours de cette période. L’événement, animé par la journaliste Claudia di Lorenzi, s’est ouvert par les salutations de la Présidente du Mouvement des Focolari, Margaret Karram. Elle a souhaité « que ces pages marquent le début d’un partage toujours plus grand. Pour être des graines d’espoir crédibles qui contribuent à renouveler le monde avec amour. » Dans son intervention, Geneviève Sanze, économiste et coresponsable du volet Économie et Travail au Centre international du mouvement des Focolari, a expliqué que « ce rapport est un outil de dialogue, une tentative d’offrir un aperçu de ce que nous essayons d’apporter à la société, en avançant sur le chemin de la fraternité. » Sœur Marilena Argentieri, Présidente du CNEC (Centre National des Économes de Communautés) a dit que ce que « le Bilan de Communion transmet est que rien ne nous appartient (…) parce que tout ce que j’ai est en communion avec l’autre. » Et elle a ajouté une impression personnelle : « Le ‘Bilan de Communion’, je crois, me fait grandir en liberté et en détachement, parce qu’au centre il y a l’amour de Dieu et l’amour des pauvres. »

De gauche à droite : Dr Geneviève Sanze, Prof. Luigino Bruni, Prof. Andrea Riccardi, Sr Marilena Argentieri.

« Ce document », a déclaré Andrea Riccardi, historien et fondateur de la Communauté de Sant ‘Egidio, « veut mettre en évidence les effets de cette communion, de ce que nous avons et de ce que nous sommes, dans un partage volontaire et libre. Et dans une certaine mesure, plus nous vivons cette communion, moins nous contrôlons les effets, mais peut-être vivons-nous davantage l’Évangile. » « Le mouvement des focolari – a ajouté Riccardi – qui rayonne dans de nombreux pays du monde, silencieusement, est comme un réseau dans la société et dans l’Église qui empêche la terre de déraper. Nous sommes dans une période de perturbation humaine, écologique et religieuse et donc ce réseau d’amitié dans le monde, et j’insiste ici sur la valeur de l’unité, mais une unité qui s’enracine ensuite dans de nombreuses régions du monde, a une valeur beaucoup plus grande. » A son tour, Luigino Bruni, économiste et professeur d’économie à l’Université Lumsa de Rome, a déclaré que « le Bilan de Communion nous rappelle l’importance du capital relationnel, du capital spirituel, du capital invisible qui rend notre communauté belle et riche » et que « les charismes sont capables de mobiliser des énergies plus profondes que l’argent, c’est-à-dire que les gens se mobilisent pour l’infini. » Le « Bilan de Communion », un dossier de 112 pages, qui reflète la vie du Mouvement des Focolari, qui recouvre des secteurs très divers, qui vont des initiatives concrètes à la formation ou les études, de la communication à l’écologie, où il est clair que – comme le disait Geneviève Sanze – « ce n’est pas l’argent qui change le monde. Mais ce sont des hommes et des femmes « nouveaux » qui apportent une nouvelle culture de la fraternité. Et c’est ce que nous voulons mettre en évidence. »

Carlos Mana

Voir la vidéo de présentation https://youtu.be/HcJ5poGmq8A

On édifie le Synode 2021-2024 en « marchant ensemble »

On édifie le Synode 2021-2024 en « marchant ensemble »

Le Chemin synodal est entré dans la phase continentale. Le mouvement des Focolari a apporté sa contribution à travers une réflexion et un travail menés au niveau mondial. Pour en savoir plus sur le contenu de la synthèse présentée, nous avons interviewé Francisco Canzani, conseiller du Centre international des Focolari pour l’aspect sagesse et étude. Il est le coordinateur de la Commission pour le Synode. Quelle est votre évaluation du travail effectué au sein du mouvement des Focolari pour le Synode ? Une évaluation très positive. Plus de 15 000 membres du Mouvement ont participé à la première étape du parcours synodal, répartis dans 520 communautés à travers le monde. Nous avons reçu un total de 21 synthèses régionales, ce qui démontre la profondeur de la réflexion et l’intérêt porté par les Focolari dans toutes les cultures. À ce travail interne au Mouvement – en réponse aux matériaux proposés par le Secrétariat du Synode, qui nous avait demandé une contribution spéciale – s’est ajoutée la participation de nombreux membres du Mouvement dans leurs diocèses et paroisses. Ensuite, la participation de personnes issues de différentes Églises chrétiennes et de croyants de différentes religions au processus de réflexion a été particulièrement significative. Deux contributions importantes sont également venues de groupes de dialogue entre chrétiens et personnes sans convictions religieuses tenus au sein du Mouvement. Comment cet approfondissement peut-il nous aider à acquérir des pratiques de synodalité au sein du Mouvement ?

Équipe du chemin synodal Mouvement des Focolari

On peut participer au voyage synodal précisément en « marchant ensemble ». L’expérience de la réflexion et du partage de nos expériences, préoccupations et questions a été très précieuse en soi. Des thèmes très importants ont été abordés : la coresponsabilité, la mission, les jeunes, l’option pour les pauvres, la vie communautaire, le rôle des femmes dans l’Église, qui, pour la plupart, avaient également été très présents lors de l’Assemblée générale du Mouvement, qui s’est tenue entre janvier et février 2021, mais qui ont encore besoin d’être mis en œuvre, d’être incarnés. Le processus synodal était une étape supplémentaire dans un parcours visant à synchroniser nos vies avec les temps que Dieu nous donne de vivre. Ayant accompli cette contribution en tant que Mouvement, comment pouvons-nous participer à l’étape actuelle, l’étape continentale ? Il est essentiel que nous « entrions » tous profondément dans la Synthèse que nous propose le Secrétariat du Synode pour l’étape continentale. Il est essentiel que nous le lisions, que nous le méditions, que nous puissions répondre à ses questions en communauté. Nous nous rendrons compte, entre autres, de la grande harmonie qui existe avec le document de synthèse que nous avons envoyé, en tant que Mouvement des Focolari, au Secrétariat du Synode. Pour faire partie de l’étape actuelle, nous pouvons alors continuer à participer à toutes les occasions que notre Église locale nous propose. Existe-t-il un support qui puisse aider les membres du Mouvement à approfondir le thème de la synodalité ? Je pense qu’il est important que chacun consulte le document de synthèse que nous avons envoyé en tant que Mouvement des Focolari au Secrétariat du Synode. Nous avons également réalisé une présentation vidéo, qui permet de mieux le comprendre. Ensuite, comme je l’ai déjà dit, il est fondamental de lire le document de l’étape continentale et de continuer à réfléchir sur les questions qui y sont présentées. Il serait également très utile pour les communautés du Mouvement de pouvoir répondre aux questions que pose le document, les mêmes questions que se pose l’ensemble de l’Église. Il est également très important de nous former à la synodalité. C’est pourquoi l’Institut universitaire Sophia, par le biais de son centre de recherche Evangelii Gaudium, lance un cours en ligne structuré sur le sujet. Je pense que nous pouvons – et devons – tous en faire usage. Carlos Mana Contribution du mouvement des Focolari au secrétariat du Synode – PDF https://youtu.be/mmYhDHVLBoA  

Chiara Luce : Prix de la solidarité

Coup d’envoi de la première édition du prix annuel promu par la Fondation Chiara Badano Aimes-tu aider les autres de manière concrète ? Tu as une idée de projet de solidarité et tu as hâte de le lancer ? Eh bien, il y a une initiative qui pourrait bien t’ intéresser. Le 29 octobre 2022, à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de la bienheureuse Chiara Luce Badano, la Fondation qui garde sa mémoire vivante a créé la première édition du Prix Solidarité. Il s’agit d’un événement annuel visant à promouvoir des projets de solidarité dans toutes les régions du monde. Dès son plus jeune âge, Chiara Luce a manifesté sa passion pour les plus démunis, les plus faibles, les marginaux de la société, les personnes âgées et les enfants en particulier. C’est pourquoi la Fondation Chiara Badano a décidé de créer ce prix. L’objectif est en effet de soutenir et d’encourager les projets visant à promouvoir des actions positives en faveur des catégories les plus faibles de la population (personnes âgées, personnes handicapées, immigrés, etc.) et des actions de lutte contre l’exploitation et la violence à l’égard des femmes et des enfants, contre la nouvelle pauvreté et pour la sauvegarde de la planète. Chaque année, le prix identifiera un projet innovant sur des questions spécifiques de pertinence sociale, dans le but de diffuser ses contenus pour en faire un patrimoine commun. Il s’agira de soutenir le projet par une contribution financière de 2 000 euros, de l’encourager par une communication efficace sur les médias sociaux et de l’ouvrir à de nouvelles formes de soutien. Les organisations et les groupes, y compris les groupes informels, composés principalement de jeunes de moins de 30 ans, ayant un projet qui promeut et soutient la culture et la pratique de la solidarité, peuvent participer au prix. La date limite de soumission des projets (20 janvier 2023) a été reportée au 20 février. Pour plus d’informations, lisez l’annonce. La Fondation Chiara Badano promeut également le Prix Art , une initiative visant à donner aux jeunes l’occasion d’exprimer – à travers des talents artistiques – combien le style de vie de Chiara Luce les a fascinés et inspirés. L’appel à candidatures pour la sixième édition sera publié en mars 2023. www.chiarabadano.org

                                                                                                                                  Lorenzo Russo

 

Les enfants pour la paix

KidsAction4Peace est l’initiative à laquelle participent les plus jeunes du mouvement des Focolari, Gen4 et Gen3, qui invite les enfants à s’impliquer dans la construction de la paix. Une façon simple mais concrète de regarder ceux qui, en ce moment, vivent la souffrance et l’injustice de la guerre. Pour apporter une contribution, nous avons le temps du 25 au 30 janvier 2023   Salut à tous ! Nous sommes des enfants qui s’efforcent de construire la paix à l’école, à la maison, dans le sport, en essayant d’être gentils et d’aider ceux qui en ont besoin. Comment pouvons-nous aider nos amis qui vivent au cœur de la guerre ? Demandons à nos chefs d’État ou de gouvernement d’aider les peuples en guerre à faire la paix ! Veux-tu nous donner un coup de main toi aussi ?

  1. Fais un dessin ou écris un poème ou une lettre sur la
  2. Écris dessus le slogan #KidsAction4Peace (tu peux aussi demander à un adulte de prendre une photo et de la mettre sur les médias sociaux avec ce slogan).
  3. Envoie-le entre le 25 et le 30 janvier à l’adresse postale de ton chef d’État ou de gouvernement. Tu peux aussi en faire d’autres et les envoyer à d’autres dirigeants politiques. Tu trouves la liste par pays en cliquant ici. (Le 30 janvier est également la Journée scolaire de la non-violence).
  4. Propose à au moins cinq autres enfants de faire comme toi et fais circuler ce

Nous avons appris que les 9 et 10 février, un grand nombre de ces dirigeants se réuniront à Bruxelles. Nous espérons donc que nos lettres et nos dessins les toucheront. Ciao !! Sofia (12), Agnese (10), Matteo (10), Costanza (10), Nicola (9), Mattia (8), Teresa (8), Cristina (7), Anastasia (7) de l’Italie ; Leonor (11), Margarida (9), Leonor (9), Joao (8), Leonor (8) du Portugal ; Thiméo (12), Mathilde (11), Adéline (8), Aurélien (5) de Belgique https://www.youtube.com/watch?v=ONJeXtK3cdk  

Évangile vécu: « Apprenez à faire le bien, recherchez la justice » (Is 1,17)

Apprendre à faire le bien, c’est maîtriser un alphabet qui nous permet de saisir la volonté de Dieu dans notre vie et d’aller à la rencontre des autres. C’est un alphabet fait de gestes et la justice n’est rien d’autre que le trésor précieux à chercher, le joyau désiré et le but de notre manière d’agir. L’accident Je rentrais chez moi pour déjeuner quand la voiture qui me précédait a dérapé puis s’est renversée sur le toit. Je me suis arrêté et je suis sorti de la voiture pour aider. Grâce à l’arrivée d’autres sauveteurs, les blessés ont été extraits du véhicule, ensanglantés : il s’agissait d’une dame âgée, d’un jeune homme et d’un enfant. Par crainte d’être impliqué dans l’accident, personne ne s’est cependant manifesté pour les emmener à l’hôpital. Je me suis proposé de le faire! Je suis très émotif et parfois la vue du sang m’a déjà fait perdre connaissance. Mais cette fois-ci, je devais être courageux et agir. Aux urgences, pour accepter les blessés, on me demandait une somme que je n’avais pas à ce moment-là ; c’est vrai, je pouvais faire un chèque : c’était un risque, mais je ne pouvais pas les abandonner. J’ai donc signé le chèque et après m’être assuré que les blessés étaient bien pris en charge (comme le bon Samaritain), je suis parti. Je me sentais léger, comme après un examen : j’avais surmonté l’obstacle de mon émotivité mais surtout j’avais été utile à des frères à un moment crucial. J’ai fait l’expérience de la vraie joie de l’Évangile. (Marciano – Argentine) Renaissance L’adolescence rebelle d’un de nos enfants, sa dépression, ses crises de panique, ses amitiés destructrices, ses addictions avaient ouvert une grande blessure dans notre famille. En moi a grandi un flot de colère, de sentiments hostiles qui, additionnés, m’ont fait agir négativement envers mon mari et mes autres enfants. En tant que mère consciente de mon échec, je me suis de plus en plus renfermée sur moi-même. Une très bonne amie, me voyant dans un tel état, m’a conseillé de parler à un prêtre. La grâce est venue dans cette même conversation. Comme si Dieu avait brisé les murs épais de mon cœur où mes larmes étaient enfermées, j’ai pleuré pendant un long moment, j’ai crié toutes les choses terribles qui étaient arrivées à notre fils au fil des ans. Ce jour-là, la liturgie a cité une phrase d’ Ézéchiel qui a confirmé ma renaissance : « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair » (Ez 36, 26). Dans la prière, j’ai trouvé la paix afin de pouvoir être aux côtés de mes enfants comme présence rassurante. (W.Z. – Pologne) Le pardon Une de mes connaissances avait reçu un message de son frère lui annonçant la mort soudaine de sa femme et la suppliant de lui rendre visite. Cependant, cette dame n’avait jamais été en bons termes avec sa belle-sœur, notamment depuis qu’elle avait empêché son mari de rendre visite à sa mère mourante. Même des amis lui ont dit qu’elle avait raison de ne pas aller voir un frère qui ne s’était pas bien comporté avec toute la famille. Cette connaissance, à sa manière très religieuse, a commencé à prier pour sa belle-sœur, à faire célébrer des messes du suffrage… mais elle ne bougeait pas : elle ne pouvait pas pardonner à son frère. Comment la convaincre de l’incohérence de son christianisme ? Ce même mois, la Parole de Vie était centrée sur l’amour réciproque. Pour tenter de l’aider à faire le pas, j’ai apporté à ma connaissance le dépliant avec le commentaire expliquant comment vivre ce commandement de l’Évangile. Après quelques jours, je l’ai vue arriver chez moi tout sourire : c’était pour me dire qu’après avoir lu la Parole de Vie, elle n’avait plus pu résister, elle était allée voir son frère et s’était réconciliée avec lui. (D.P. – Brésil)

Maria Grazia Berretta

(extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, an IX – no.1 – janvier-février 2023)

Lisbonne 2023 : un pas vers les Journées Mondiales de la Jeunesse

Lisbonne 2023 : un pas vers les Journées Mondiales de la Jeunesse

Être « pressé » d’aller vers l’autre, comme la Vierge Marie. Tel est le cœur du message des prochaines Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) qui auront lieu à Lisbonne (Portugal) du 1er au 6 août 2023. Quelques faits intéressants sur les préparatifs. « Chers jeunes, je rêve qu’aux JMJ vous puissiez à nouveau expérimenter la joie de la rencontre avec Dieu et avec vos frères et sœurs. Après de longues périodes de distance et d’isolement, – avec l’aide de Dieu – nous redécouvrirons ensemble à Lisbonne la joie de l’étreinte fraternelle entre les peuples et entre les générations, l’étreinte de la réconciliation et de la paix, l’étreinte d’une nouvelle fraternité missionnaire ! » C’est avec ce souhait que le pape François, depuis la basilique Saint-Jean-de-Latran (Rome), s’est adressé aux jeunes du monde entier le 15 août 2022, à l’occasion de la solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, en expliquant le sens profond du thème choisi pour la prochaine Journée mondiale de la jeunesse : « Marie partit en hâte » (Lc 1, 39). En ces temps difficiles, où l’humanité éprouvée par le traumatisme de la pandémie est déchirée par le drame de la guerre, l’épisode évangélique de la Visitation est le chemin sur lequel se déplaceront les pas de tant de jeunes qui participeront à la rencontre internationale de Lisbonne du 1er au 6 août 2023; ce sera un moment de grande joie et une occasion de témoigner, de méditer et de partager ensemble sur les pas de Marie. Comment se déroulent les préparatifs de ces JMJ ? Mariana Vaz Pato, jeune designer de Lisbonne, qui fait partie de l’équipe du mouvement des Focolari chargée de l’organisation, nous raconte : « Lorsque j’ai appris que les JMJ se tiendraient au Portugal, j’ai réagi à cette nouvelle avec une grande joie. J’ai immédiatement décidé de faire partie de cette équipe car je sentais que je pouvais contribuer, consacrer mon temps à la construction de ce grand événement ». Mariana, que se passe-t-il en coulisses en ce moment ? Dans les coulisses, il se passe beaucoup de choses et l’esprit général est celui d’un grand enthousiasme. Pour l’instant, l’accent est mis sur les inscriptions qui viennent d’être ouvertes et nous devons faire passer le mot pour ne laisser personne de côté. Mon équipe a travaillé sur différentes parties du programme des JMJ. L’une d’entre elles est la préparation d’une catéchèse à la lumière du charisme de l’unité. À ce stade, nous travaillons sur le contenu lié au thème des JMJ, en suivant les directives du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. Nous travaillons à la création d’un stand dans la Cité de la Joie (Exposition des Vocations), où les pèlerins trouveront des contenus interactifs et des expériences du monde entier, liés aux différentes étapes de la vie de Marie. Avec le complexe international Gen Verde, nous préparons un autre moment – les ateliers Start Now – qui se dérouleront dans un quartier social, dans la banlieue de Lisbonne, et culmineront dans l’une des étapes du Festival de la Jeunesse. En plus du programme principal des JMJ, nous ressentons le besoin de proposer une rencontre post-JMJ, où les participants peuvent vivre et réfléchir à tout ce qu’ils ont vécu pendant les JMJ. La rencontre aura lieu à la Mariapolis d’Arco-Íris et est ouverte à tous ceux qui souhaitent y participer. Nous sommes également impliqués dans d’autres groupes pour l’accueil des pèlerins, la gestion des volontaires et le chœur officiel. Qu’est-ce que cela signifie pour un jeune d’aujourd’hui de « se lever » et de partir en toute hâte ? Le thème de cette journée nous appelle à partir en mission, en prenant pour exemple Marie, qui a répondu à l’appel de Dieu. Je pense que pour les jeunes, « se lever » signifie être des missionnaires. C’est-à-dire être prêt à partir, à sortir de soi (du confort d’être assis), à aller vers son prochain, à ne pas rester indifférent aux problèmes qui existent autour de nous. Cette JMJ est également confiée à quelques Saints Patrons ou témoins de la foi, des figures de référence qui ont ce processus en cours. Pourquoi est-il si important aujourd’hui d’aspirer à la sainteté ? Je pense qu’aspirer à la sainteté, c’est aspirer au bonheur. Pour les jeunes, il est important d’avoir un modèle et les saints sont la preuve qu’il est possible d’avoir un style de vie chrétien différent de ce que nous voyons autour de nous. La figure qui me frappe le plus, par exemple, est la bienheureuse Chiara Badano. La façon dont elle a vécu, à contre-courant et avec une grande confiance en Dieu, est une source d’inspiration et nous montre qu’il est possible de devenir un saint même dans le monde d’aujourd’hui. Pour plus d’informations, visitez le site : JMJ Lisboa 2023

Maria Grazia Berretta

Luisetta, l’institutrice

Luisetta, l’institutrice

Le 31 décembre 2022, Luisa Del Zanna, l’une des premières focolarines de Florence, nous a quittés. Elle est née en 1925 dans une famille chrétienne de huit enfants. Elle a immédiatement fait sienne la spiritualité de l’unité. En 1954, elle rejoint le focolare de Florence. Au cours des années suivantes, elle vit naître et suivit diverses communautés du Mouvement. À partir de 1967, elle vit à Rocca di Papa (Italie), où Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, l’a appelée pour faire partie de son secrétariat, pour suivre les archives du mouvement (qu’elle a coordonnées jusqu’en 2007). En cette même année 1967 elle est chargée, avec l’un des premiers focolarini, Vitaliano Bulletti, du Centre Sainte Claire, le Service de la Communication, qui vient d’être mis en place. « Gardienne des « trésors des Focolari », lit-on dans un article de Città Nuova de 2008, Luisetta, un prénom qui nous rappelle la créature délicate et douce, la petite silhouette de Luisa Del Zanna, une de ces personnes à qui l’on confie habituellement des tâches importantes en raison de leur discrétion, de leur compétence et de leur fidélité, dont on ne se rend pas toujours compte de la valeur parce qu’elles n’apparaissent pas, mais sans qui certains rouages finiraient par se gripper… » Au cours de ses premières années de vie en focolare, elle a travaillé comme institutrice dans un petit village de montagne au Nord de l’Italie, qu’elle rejoignait en faisant un bout de chemin à pied ou à dos d’âne. L’expérience que nous publions ici remonte à cette époque : nous vous la livrons telle qu’elle-même l’a rédigée, en 1958. « S’il vous plaît, la route de Bordignano ? »[1] Après quatre heures de bus, j’étais arrivée au chef-lieu de ce village que je n’avais pas réussi à trouver sur la carte à l’échelle de 1/100 000. Aucune agence d’information ne le connaissait, et les horaires des différents moyens de transport ne le mentionnaient pas. Pourtant, ma feuille de route était claire : « Vous êtes invitée à prendre vos fonctions le vendredi 7 octobre à l’école primaire de Bordignano, dans la commune de Firenzuola. » Ce nom était écrit en lettres majuscules, il ne pouvait y avoir d’erreur. La personne à qui je m’étais adressée, un homme grand et fort, me regarda d’un air dubitatif : « « Qu’avez-vous dit ? » et il me fit répéter la question. Il pensait avoir mal compris. Alors il m’indiqua du doigt : « Vous voyez cette colline là-bas ? Derrière, il y en a deux autres et puis il y a B….. J’y vais de ce pas pour distribuer le courrier. » » A la vue de ses grandes bottes et de son teint basané, j’ai tout de suite compris qu’il s’y rendait à pied. Un instant déconcertée, je regarde cette colline, les bottes de cet homme, je comprends qu’il n’y a pas d’autre moyen, je reprends courage. « Je vais aller avec vous », dis-je d’un air décidé. Le facteur ne sembla pas comprendre, comme au début, mais je suis partie et je l’ai suivi. Ce fut une longue marche de trois heures, interrompue seulement par de brefs moments de pause au sommet des montées abruptes ; il y avait des rafales de vent impétueuses là où la vallée s’ouvrait. Me voilà enfin arrivée : trois maisons en pierre sont là, alignées et, en haut d’une allée bordée d’arbres, on peut voir l’église et son clocher. J’ai salué un monsieur âgé, en train de fumer la pipe, assis à l’entrée de sa maison. Je lui ai dit que j’étais l’institutrice. Il s’est levé et s’est déplacé pour m’accompagner. Nous sommes entrés par une porte disjointe dans la deuxième maison de la rangée, elles lui appartenaient toutes ; la première était une boutique, remplie de tout (sauf des choses que je n’avais pas et dont j’avais vraiment besoin). Il y avait de gros souliers cloutés, des allumettes, des pièges à souris de toutes sortes, du pain rassis, des cahiers, bref, de tout. Nous avons emprunté une petite échelle et sommes entrés dans l’école. Une grande pièce, quelques pupitres entassés dans un coin (je n’en avais jamais vu de semblables : chacun d’eux pouvait accueillir jusqu’à six élèves !), une chaise en mauvais état, un tableau noir endommagé : voilà pour ce qui était du mobilier. – De ce côté, c’est votre logement – me précisa le monsieur – vous pouvez vous estimer heureuse : cette année, il y a l’eau courante. Je l’ai fait mettre, à mes frais !  Il me fit entrer dans une petite cuisine ; dans un coin, on pouvait remarquer une cheminée sans feu. J’avais froid. Il commençait à faire sombre : j’ai cherché l’interrupteur pour éclairer la pièce, mais en vain. (J’ai appris au cours des jours suivants à utiliser la lampe à huile, à travailler et écrire à la lumière d’une petite flamme vacillante). J’ai été rendre visite à monsieur le curé le jour même (j’ai appris que son église était l’église paroissiale, la plus belle parmi celles de la vallée et des collines environnantes) et je l’ai supplié d’annoncer à la messe du dimanche que l’école commençait. « Eh, Mademoiselle, c’est la saison des récoltes. En ce moment on ramasse les châtaignes et bientôt ce sera la cueillette des olives ; on compte beaucoup sur l’aide des garçons pour ces travaux. Pour ce qui est de l’école – a-t-il ajouté – nous en parlerons en janvier. » Une situation à mes yeux impossible. Peu de temps avant, j’avais appris à ne pas reculer devant les difficultés, au contraire – m’avait-on dit – elles servent de tremplin – et j’avais constaté que c’était vrai. J’ai trouvé un autre moyen de faire savoir aux familles que j’étais arrivée. J’ai repéré les habitations de mes élèves parmi les maisons éparses et isolées et je m’y suis rendue. La première était celle d’Angiolino et de Maria. Il m’en reste un vague souvenir de noirceur et de fumée : Maria, accroupie dans un coin tout près des cendres de l’âtre (elle avait mal à la gorge), tenait son bras au-dessus de son visage pour que je ne la voie pas. Angiolino, debout dans un coin, la tête basse, suivait la conversation que j’avais avec sa mère. En parlant, j’ai compris la méfiance de ces villageois envers l’école et encore plus envers l’enseignant. J’ai beaucoup écouté, en silence. Je m’efforçais de saisir les propos de cette femme qui s’exprimait dans un dialecte dur, rancunier, presque incompréhensible. J’ai appris que son fils avait quitté l’école deux ans auparavant, sans avoir terminé ses études élémentaires, en raison de sottises qui exaspéraient les enseignants. J’ai dit peu de choses : que j’étais là pour eux, que l’école était gratuite, que les garçons auraient l’après-midi libre pour aider aux travaux des champs. « Nous verrons – dit la femme – je vais envoyer Maria. En prenant congé, j’ai salué son frère : « Je voudrais rendre cette école belle pour les petits qui viendront, si tu peux venir m’aider… je t’attends. » Je n’ai pas eu besoin d’insister davantage. Les enfants sont arrivés un par un, les petits frères par deux, incertains, craintifs. Ils s’étaient passé le mot en jouant, dans les champs, en train de garder le troupeau, ou en se retrouvant dans les bois, tous courbés pour ramasser les châtaignes. « Tu viens aussi ? C’est agréable, tu sais ! » « C’est bien, la maîtresse ne nous frappe pas ! » L’école est rapidement devenue accueillante grâce à l’aide précieuse d’Angiolino. En ce mois d’octobre la nature, riche de feuilles multicolores, offrait largement de quoi décorer la classe. J’ai fondé mes relations avec les élèves, et celles des élèves entre eux, sur le commandement de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres… » Ce fut la base de tout le travail de l’année. L’école est devenue un petit paradis. L’Évangile devint le livre préféré de ces enfants et leurs intelligences, réfractaires et fermées aux discours habituels, s’ouvraient à la logique de l’Évangile avec une spontanéité surprenante. Cette méthode était engageante. « Pro eis sanctifico me ipsum » (pour eux je me sanctifie), avait dit Jésus, sans quoi rien n’allait plus. Je me suis rendue compte en fin d’année que la vie évangélique des enfants ne s’était pas arrêtée aux murs de l’école, mais qu’elle s’était diffusée dans les foyers, dans les familles. Je m’en suis aperçu lors des salutations reconnaissantes des parents qui n’étaient pas restés indifférents au souffle de vie joyeuse que les enfants leur transmettaient. L’écorce rugueuse qui les avait fait paraître insensibles s’était retirée de leurs âmes et, inconsciemment, ils étaient habités par cette même vie.

                                                                                                                               Histoire de Luisa Del Zanna

[1] Bordignano municipalité de Firenzuola (Florence, Italie)

Benoît XVI : le souvenir de Maria Voce

Benoît XVI : le souvenir de Maria Voce

Durant son mandat de Présidente du mouvement des Focolari, de 2008 à 2021, Maria Voce a eu l’occasion de connaître et de rencontrer le Pape Ratzinger à plusieurs reprises. Dans une interview, elle nous a parlé de sa relation avec le Pape émérite et de son impression sur la contribution du pontificat du Pape Benoît à l’Église et au monde. « L’impression, lorsque j’ai été reçue en audience dans son bureau, était celle d’entrer comme dans un salon familial où l’on pouvait parler et être reçu avec amour, je dirais, avec une attention affectueuse. En même temps avec une finesse de gentleman, de tact, de délicatesse ». À la nouvelle du décès du pape Benoît XVI, les souvenirs de Maria Voce, ancienne présidente du mouvement des Focolari, remontent immédiatement à ce 13 avril 2010, lorsque, avec le Coprésident du mouvement des Focolari de l’époque, Don Giancarlo Faletti, elle a été reçue par le pape. « C’était la deuxième année après la mort de notre fondatrice, Chiara Lubich, poursuit Maria Voce, avec le Coprésident, nous sommes allés remettre la vie du Mouvement entre les mains du Pape. Et nous avons réalisé qu’il avait à cœur de nombreuses réalités. Nous l’avons également mis au courant du voyage dans divers pays d’Asie que nous venions d’effectuer. Il s’est également réjoui de l’étape en Chine car ce pays était une grande frontière pour l’Église. Il s’est réjoui de ce que le Mouvement faisait pour aider le cheminement de la réconciliation entre les Évêques chinois et le Pape. Il nous a donné sa bénédiction et nous a exhortés à poursuivre sur le chemin de la sainteté. Personnellement, j’ai toujours été impressionnée par sa fine gentillesse et en même temps par son accueil chaleureux et amical. Il avait un grand sens de l’harmonie, peut-être insufflé par son amour de la musique, qui se révélait également dans le décor de son studio : « un lieu aussi accueillant qu’une maison, aussi sacré qu’une église ». En quelles autres occasions avez-vous rencontré le pape Benoît XVI en tant que Présidente du mouvement des Focolari ? « En 2008, il nous a reçus, le Coprésident Faletti et moi, immédiatement après l’Assemblée Générale du mouvement des Focolari à laquelle nous avions été élus, la première élection après la mort de notre fondatrice. Il m’a ensuite invitée, voyageant dans le même train que lui avec de nombreuses autres personnalités, à la ‘Journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde‘ qui s’est tenue à Assise le 27 octobre 2011, 25 ans après la première journée organisée par le pape Jean-Paul II en 1986. Enfin, j’ai assisté à sa dernière audience le 27 février 2013 après l’annonce de sa démission ». Quelles réflexions sa décision a-t-elle provoquée en vous ? « Lorsqu’il s’est rendu compte qu’il n’avait plus la force de remplir sa tâche, il a eu le courage de laisser le poste à d’autres personnes qui, à son avis, avaient plus de force et de possibilités pour mieux agir. Un choix qui, comme je le disais déjà à l’époque, me semble avoir offert une distillation de sa réflexion théologique et spirituelle. Benoit XIV a souligné la primauté de Dieu et le sens que c’est Lui qui guide l’histoire. Il nous a enjoint de saisir les signes des temps et d’y répondre avec le courage de choix douloureux mais novateurs, avec une note claire d’espérance pour « la certitude que l’Église est au Christ ».  Je ne pense pas me tromper en disant que l’Église que le pape Benoît a toujours regardée, même en faisant ce choix, est une « Église-communion », fruit de Vatican II mais aussi une perspective, « de plus en plus une expression de l’essence de l’Église » comme il l’a lui-même souligné.  Et ce « toujours plus » nous indique que nous ne l’avons pas encore pleinement réalisée et invite chacun d’entre nous à travailler dans cette direction avec une responsabilité toujours plus grande ». Le lendemain de son élection comme pontife, Chiara Lubich avait écrit : « D’après la connaissance directe que j’ai de lui, ayant des dons particuliers pour saisir la lumière de l’Esprit, il ne manquera pas de surprendre et de dépasser toutes les attentes ». Selon vous, quelle a été la contribution la plus importante apportée à l’Église par le pape Benoît XVI ? Que dit-elle à l’Église d’aujourd’hui et à celle que le Synode prépare pour l’avenir ? « Le Pape Ratzinger a su saisir la réalité des Mouvements dans l’Eglise comme le « printemps de l’Esprit ». Son discours, toujours en tant que Cardinal, au Congrès des Mouvements avant la grande rencontre de Pentecôte 1998 avec le Pape Jean-Paul II a été fondamental. Un de ses textes de 1969, contenu dans une série de conférences radiophoniques, est impressionnant quand on pense à l’époque actuelle ; il révèle sa profonde spiritualité et son caractère essentiel, ainsi qu’une perspective qui sera présente dans son cœur tout au long de son pontificat. En effet, il a déclaré que des temps très difficiles se préparaient pour l’Église, que sa véritable crise venait de commencer et qu’elle était confrontée à de grands bouleversements. Mais, le Cardinal Ratzinger d’alors, a également déclaré qu’il était certain de ce qui resterait à la fin : non pas l’Eglise du culte politique, mais l’Eglise de la foi. Elle ne sera plus la force sociale dominante dans la mesure où elle l’était encore récemment. Mais l’Église connaîtra, a-t-il conclu, une nouvelle floraison et apparaîtra comme la maison de l’homme, où l’on peut trouver la vie et l’espoir au-delà de la mort ».

Anna Lisa Innocenti

Benoît XVI : réformateur dans la continuité

Benoît XVI : réformateur dans la continuité

Le théologien Piero Coda évoque le pape Benoît XVI et l’extraordinaire contribution de sagesse qu’il a apportée au cheminement de l’Église de notre temps. Mgr Coda, en 1998, lors du Congrès Mondial des Mouvements ecclésiaux, le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l’époque, le Card. Joseph Ratzinger, a prononcé un discours historique sur le rôle des Mouvements ecclésiaux. Quels étaient, à votre avis, les points essentiels de cette intervention ? Dans quelle mesure ces paroles ont-elles contribué à modifier le rôle des mouvements dans l’Église ? Oui, c’était en effet un discours historique ! Je l’ai écouté en direct, étant présent au Congrès. La grande compétence théologique et la connaissance de l’histoire de l’Église, ainsi que l’expérience du Concile et ensuite – dans le rôle qu’il a joué au Vatican – de sa mise en œuvre au niveau universel ont permis à Ratzinger de situer clairement la signification des Mouvements ecclésiaux dans la mission de l’Église. Le point central qu’il a proposé consiste à reconnaître en eux l’action de l’Esprit Saint qui, au cours des siècles, renouvelle toujours, par vagues successives, le Peuple de Dieu par le don des charismes : de saint Benoît aux Ordres Mendiants au Moyen-Âge, de la Compagnie de Jésus aux Ordres missionnaires dans les derniers siècles, jusqu’à la floraison charismatique inattendue au moment du Concile. D’où l’affirmation de Jean-Paul II, en accord avec l’enseignement de Vatican II, que l’Église se construit grâce à la co-essentialité des « dons hiérarchiques »- le ministère conféré par le sacrement de l’Ordre – et des « dons charismatiques » – la libre effusion de grâces spéciales de lumière et de vie parmi tous les disciples de Jésus. À l’occasion du décès de Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, le pape Benoît XVI a rédigé un long message de condoléances. Quelle relation Chiara Lubich avait-elle avec lui ? Chiara – elle me l’a dit personnellement – a été très touchée par ce discours du cardinal Ratzinger en 1998 et en a toujours été reconnaissante. En outre, lorsqu’il a visité le Centre Mariapolis de Castel Gandolfo (Rome) et y a célébré la Sainte Messe en la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1989, citant la parabole évangélique, il a dit qu’il avait vu pousser un grand arbre né d’une petite graine, dans lequel les oiseaux du ciel trouvent le repos… Les premières années du pontificat de Benoît XVI ont coïncidé avec les dernières années de la vie de Chiara : elle n’a plus eu la possibilité de le rencontrer en personne et n’a pas non plus pu se réjouir du fait qu’un an après sa mort, le pape Ratzinger ait mentionné l’économie de communion dans son encyclique Caritas in veritate. Que disent la pensée et la vie du pape Benoît XVI à l’Église d’aujourd’hui et de demain, que l’actuel Synode contribue à façonner ? Sa contribution incontournable a été de rappeler, avec son autorité d’homme de Dieu et de grand théologien, une vérité décisive : l’œuvre de renouveau mise en route par Vatican II doit être promue en lien direct avec le noyau vivant de l’Évangile de Jésus et dans le cadre de la Tradition ecclésiale. Comme il l’a souligné dans son discours magistral à la Curie romaine en décembre 2005 – la première année de son pontificat – lorsqu’il a exposé la clé d’interprétation décisive de l’événement conciliaire : « la réforme dans la continuité ». Ce n’est pas un hasard si le livre le plus connu du jeune théologien Ratzinger, paru dans sa première édition en 1968 et traduit dans les principales langues, porte le titre d‘Introduction au christianisme. Cela indique que la rampe de lancement d’un bond en avant prophétique est la foi depuis toujours en Jésus. Il n’est pas non plus anodin qu’en tant que pape, il ait voulu réserver trois encycliques aux vertus théologales : la charité, l’espérance et la foi. En soulignant fortement la primauté de la première, parce qu’elle évoque le nom même du Dieu qui se révèle en Jésus. Ce Jésus à qui il a dédié une trilogie passionnée comme une invitation à rencontrer le principe vivant de la foi, qui n’est pas seulement une belle idée, mais Lui-même. Fidélité, donc, au patrimoine de la foi. Mais pour que s’en dégagent la richesse et la nouveauté de l’Évangile. C’est le secret de la force et de l’attrait durable du Magistère de Benoît XVI. Et pour vous personnellement, quel est le plus beau souvenir que vous gardez du Pape Ratzinger ? Je l’ai rencontré à plusieurs reprises, d’abord lorsqu’il était cardinal, puis en tant que pape, et j’ai toujours ressenti sa grande cordialité et son attention exquise. J’ai également eu l’occasion de m’entretenir longuement avec lui sur la théologie, dans le cadre d’une série de séminaires avec d’autres chercheurs, au niveau international, lorsqu’il était Préfet de la Doctrine de la Foi, réalisant (avec une gratitude croissante envers Dieu) l’extraordinaire contribution de sagesse qu’il a apportée au cheminement de l’Église de notre temps. En accord avec Chiara, j’ai communiqué au pape Benoît l’idée de créer l’Institut Universitaire Sophia : « Une belle chose… – s’était-il exclamé – , si vous y arrivez… ». Je me souviens de sa joyeuse surprise lorsque, le rencontrant lors d’une audience avec le premier groupe d’étudiants, Caelison, une étudiante aveugle, lui confia spontanément : « A Sophia, nous avons trouvé la lumière ! ».

                                                                                                                                  Stefania Tanesini

« Le dernier mot de l’histoire du monde sera la communion »

« Le dernier mot de l’histoire du monde sera la communion »

Les mots de Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, à l’occasion du départ de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI. Estime, reconnaissance et grande émotion remplissent en cet instant mon cœur tandis que j’exprime la plus profonde gratitude pour l’œuvre et la vie du Pape Benoît XVI, en mon nom personnel et au nom du Mouvement qu’il a suivi et accompagné avec proximité et amour. Avec toute l’Église, nous nous rassemblons autour du Pape François pour le redonner à Dieu, certains qu’il a déjà été accueilli dans la gloire du Ciel et je le ferai personnellement, le 5 janvier prochain, en assistant à la messe des funérailles sur la place Saint-Pierre. J’ai eu le privilège d’accueillir le Pape Benoît à Jérusalem, en mai 2009, participant à différentes étapes de son pèlerinage en Terre Sainte. Deux moments m’ont particulièrement marquée ; ses paroles au Saint-Sépulcre : « Ici, la paix est possible. » « Le tombeau vide, a-t-il poursuivi, nous parle d’espérance, cette espérance qui ne déçoit pas, car elle est le don de l’Esprit de la vie. » La participation à une messe privée dans la Délégation apostolique de Jérusalem, célébrée par le Pape Benoît XVI, a également été très forte pour moi. J’ai perçu sa tendresse paternelle et la grandeur de sa charité qui s’exprimait par un geste de reconnaissance pour tout ce que le Mouvement des Focolari avait fait pour préparer sa visite. En 1989, alors qu’il était encore Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le card. Joseph Ratzinger fut invité par Chiara Lubich à dialoguer avec les focolarines réunies à l’occasion de leurs exercices spirituels annuels, auxquels je participais également. Il a répondu à des questions très variées et, à un moment donné, il a prononcé des paroles que je n’ai pas oubliées. À propos de l’avenir de l’Église et de l’humanité, il a dit : « Le dernier mot de l’histoire du monde sera la communion, ce sera le fait de devenir communion, non seulement entre nous mais, étant incorporés dans l’amour trinitaire, de devenir communion universelle, où Dieu est tout en tous. »[1]. Aujourd’hui, alors que notre bien-aimé Pape Benoît XVI est retourné à la maison du Père, cette expression résonne en moi presque comme un testament spirituel. Ce sont des paroles d’une extraordinaire actualité, qui projettent aujourd’hui lumière et espérance sur une humanité affligée par des conflits dont nous ne voyons pas la fin. Nous nous sommes nourris de sa pensée éclairée, celle d’un grand théologien qui, encore très jeune, a participé au Concile Vatican II, transmettant et présentant au fil des ans la nouveauté d’une Église-communion, faite de connaissance de la Parole et de charité traduite en actes. Au lendemain de son élection comme Pape, Chiara Lubich s’exprimait ainsi : « D’après la connaissance directe que j’ai de lui, possédant des dons particuliers pour saisir la lumière de l’Esprit, il ne manquera pas de surprendre et de dépasser toute prévision. »[2] Nous n’oublierons pas non plus le rôle clé qu’il a joué en 1998, lorsque le Pape Jean-Paul II, à l’occasion de la fête de Pentecôte, convoqua sur la Place Saint-Pierre les Mouvements ecclésiaux et les Nouvelles Communautés. À cette occasion, le card. Ratzinger fit un cours magistral intitulé : « Les Mouvements ecclésiaux et leur cadre théologique », dans lequel il traça le profil des Mouvements et des Nouvelles Communautés et leur relation indissociable de l’Église. Certains passages de son intervention continuent à être pour moi et pour le Mouvement source de lumière pour nous permettre d’être des instruments de communion dans l’Église et les bras du Christ pour l’humanité : « […] Il est très clair que l’Esprit Saint est encore à l’œuvre dans l’Église aujourd’hui et lui confère de nouveaux dons – disait-il alors – grâce auxquels elle revit la joie de sa jeunesse (cf. Ps 42, 4). Gratitude pour les nombreuses personnes, jeunes et âgées, qui adhèrent à l’appel de l’Esprit et, sans regarder autour d’elles ni derrière elles, se lancent avec joie au service de l’Évangile. Gratitude pour les évêques qui s’ouvrent aux nouvelles perspectives, leur font une place dans leurs Églises respectives, débattent patiemment avec leurs responsables pour les aider à surmonter toute unilatéralité et les conduire à la juste conformité. »[3] Avec toute l’Église, je remercie Dieu pour le don que le Pape Benoît XVI a été pour notre temps, et je prie pour que nous sachions saisir et traduire en vie la profondeur de sa pensée théologique, sa fidélité à l’Évangile et le courage d’un témoignage de vie capable de conduire l’Église sur les chemins de la vérité, de la fraternité et de la paix.

Margaret Karram Présidente Mouvement des Focolari

[1] Visite du Card. Joseph Ratzinger à la rencontre des focolarines, réponses aux questions. Castel Gandolfo, le 8 décembre 1989. Archives Chiara Lubich dans les Archives Générales du Mouvement des Focolari. [2] Déclaration de Chiara Lubich in : Communiqué de presse Mouvement des Focolari, 20 avril 2005 [3] Les Mouvements dans l’Église. Actes du Congrès mondial des Mouvements ecclésiaux, Rome, 27-29 mai 1998, Coll. Laici oggi 2, Libreria Editrice Vaticana, Città del Vaticano 1999