Télécommunications et Société de l’Information
Chaque année depuis 2005, le 17 mai, on célèbre la Journée Mondiale des Télécommunications et de la Société de l’Information, instituée par l’Union internationale pour les Télécommunications (Uit), agence des Nations Unies. L’objectif est de valoriser la contribution d’instruments tels qu’ internet et les technologies de l’information qu’ils peuvent donner à la société, à l’économie, au progrès de l’humanité. Car c’est bien d’instruments dont il s’agit, dont la potentialité pour enrichir la société globale, ceci dépendant bien sûr de l’utilisation qu’on en fait.
Évangile vécu : essayer pour y croire
« Il existe des questions vraiment difficiles : pourquoi la mort, pourquoi les guerres, la violence, les séparations, le fossé entre riches et pauvres… Souvent j’en parle avec les amis de l’université – j’étudie langues et littérature à l’université de Porto, au nord du Portugal – mais personne ne réussit à m’enlever ces inquiétudes. Un jour quelqu’un me parle de l’Évangile et me propose de le vivre. Je ne peux y croire, je conteste, je connais tellement de monde qui se dit chrétien, et moi y-compris, mais après deux mille ans les choses sont toujours les mêmes. Étant donné qu’à la fin quelqu’un est vraiment là à m’écouter, je me défoule en sortant mes doutes, mes préjugés pendant pas mal de temps. Quand il est temps de nous quitter il ne reste à cette personne que le laps de temps pour dire un seul mot : « Essaie ! » A Porto, j’habite dans un appartement avec d’autres filles. Ce jour-là je suis restée seule à la maison parce que je devais préparer un examen. Une femme frappe à la porte. Ma première réaction est de m’en débarrasser rapidement, mais ce « essaie » qui de temps en temps revient et m’interpelle, me retient. Il n’y a pas grand-chose à la maison mais je trouve quelque chose à donner à cette femme. Peu de temps après ma mère m’appelle, comme elle est en ville pour un check-up médical, elle veut s’assurer que j’y suis : elle a un panier de fruits et de la viande pour nous. Mon cœur est plein de joie, non pas tellement pour ces bonnes choses qui nous rassasieront pour toute la semaine, mais parce que cela confirme que l’Évangile est vrai. Ce peu de chose que j’avais donné à cette femme, je le reçois au centuple, selon la promesse « donnez et vous recevrez”. Un nouveau rapport commence avec Jésus, qui se consolide chaque fois que j’essaie de reconnaître son visage en toute personne qui passe à côté de moi. Pour mon anniversaire, j’avais reçu une paire de gants en cuir. Je les attendais depuis longtemps puisqu’ici il gèle quelquefois. Dans le bus je vois une femme qui tremble de froid. Et si je lui donnais mes gants ? Sitôt pensé, sitôt fait. Cette fois-ci je veux être en avance pour jouer parce que ce cadeau d’anniversaire en fait, Jésus me l’avait déjà donné comme centuple, alors je peux donner et je lui donne mes gants à elle qui en a plus besoin que moi. Je vais au cours lorsqu’une dame m’arrête, elle a un enfant dans les bras et pleure. Je ne veux pas me retarder, je me justifie en moi-même en essayant de m’en aller. Mais dans mon cœur, une pensée : “comment puis-je dire d’aimer Dieu que je ne vois pas si je n’aime pas le frère que je vois ?” (cf Jn 1,20). Je regarde la montre et j’ai du mal à penser que je dois m’en aller, alors je m’arrête et je m’intéresse à sa situation. Elle me raconte qu’elle a à peine laissé un enfant sans forces à l’hôpital. Elle habite avec son mari et ses 8 enfants dans deux misérables pièces. Sur le champ, toute seule, je ne peux pas faire grand-chose, mais je lui promets d’aller lui rendre visite. Le même jour j’en parle aux autres jeunes et aux familles de la communauté des Focolari que j’avais commencé à connaître, et chacun se propose d’aider avec ce qu’il a. Nous répondons ainsi aux premières nécessités (nourriture, vêtements, objets pour la maison) et nous organisons des tours pour aider les enfants à faire leurs devoirs et jouer avec eux tant que la maman s’occupe de l’enfant hospitalisé. En même temps nous essayons de comprendre comment présenter la situation à la mairie, en leur demandant une habitation digne. Quelques semaines se passent et finalement, le camion tant attendu de la mairie arrive pour le déménagement dans un logement social. J’ai le privilège de porter leur plus petit enfant dans la nouvelle maison. Je ne pourrai jamais oublier le voyage en bus avec le petit dans les bras qui dort serein, inconscient du changement que je ressens depuis que je me suis mise à vivre l’Évangile. Maintenant les grandes questions, qui sont toujours là, ne restent plus sans réponse : je sais qu’en faisant le premier pas non seulement on entraîne d’autres personnes à aimer, mais on peut vraiment avoir une influence sur la société ».
Construire des ponts d’unité
Marco Tecilla: le premier focolarino
Nous sommes fin 1945, à Trente (Italie du Nord) et la guerre vient à peine de finir. Marco a 19 ans et traverse une profonde crise spirituelle. Un ami religieux l’invite à une rencontre. Une jeune, un peu plus âgée que lui, «parlait de Dieu avec une ferveur et une conviction qui ne laissaient aucune place aux doutes », racontera-t-il. Cette jeune, c’est Chiara Lubich, entourée d’un groupe de jeunes filles qui, comme elle, ont choisi Dieu comme l’Idéal de leur vie. Peu de temps après Marco devient le premier jeune homme à la suivre : le premier focolarino. La famille Tecilla est une famille simple: le papa est boulanger, la maman infirmière, ils ont une fille et trois garçons. Avec la crise de 1929 le père se retrouve sans travail. « Je me souviens que pendant les mois d’hiver on se couvrait d’un manteau – raconte Marco – et je l’accompagnais d’une boulangerie à l’autre où il frappait pour avoir un travail ou un morceau de pain pour calmer notre faim. C’est seulement plus tard que j’ai découvert que d’une main il tenait la mienne et de l’autre il égrenait son chapelet ». Malgré les privations matérielles, plein de vivacité, il vit une enfance sereine. A quatorze ans, une fois terminée l’école professionnelle, il commence à travailler comme apprenti dans une entreprise commerciale. En janvier 1943 son père meurt. La guerre éclate et les bombardements n’épargnent pas la ville de Trente. La famille Tecilla se réfugie dans les montagnes. Marco évite d’être mobilisé en effectuant un service civil. Entre temps il est embauché comme ouvrier sur la ligne de chemin de fer Trente-Malè. Sa soeur Marie commence à fréquenter souvent des retraites spirituelles et cherche des vêtements pour les pauvres. Sa famille, y compris Marco, juge ce comportement exagéré, jusqu’au jour où, invité par son ami religieux, il rencontre Dieu Amour.
Depuis qu’il connaît Chiara et le premier groupe de jeunes filles, il se rend souvent à la “casetta” (petite maison) Place des Capucins, pour y effectuer de petites réparations. Il est attiré par l’atmosphère surnaturelle qu’on y respire. « Un soir – se souvient-il – j’ai dû faire une réparation plus longue que d’ordinaire. Chiara était en train de coudre assise à côté de la table. Soudain elle se retourne vers moi et dit : « Jésus, s’il revenait aujourd’hui, serait Jésus 24 heures sur 24, en train de travailler, de prier, de manger, de se reposer…ce serait aujourd’hui un Jésus électrotechnicien, comme toi… ». Marco fut très frappé par « cette nouvelle façon de voir la vie chrétienne. Je voyais s’ouvrir devant moi un horizon nouveau, rempli de lumière. Lorsque je sortis de la « casetta », le ciel était tapissé d’étoiles. Une vie nouvelle commençait pour moi, je devais tourner la page et m’abandonner dans les bras de ce Dieu qui s’était manifesté à moi comme AMOUR ». Marco sent que Jésus l’interpelle : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, puis viens et suis-moi. Suivre Jésus, voilà ma route ». Le soir du 27 novembre 1948, naît le premier focolare masculin, avec Livio qui, entre temps s’était ajouté. Marco ne sait pas alors qu’au cours des années qui viennent, trente déménagements l’attendent ! En fait le Mouvement qui est en train de naître se répand rapidement dans le monde entier et Marco se déplacera dans de nombreuses villes d’Italie… En 1953 à Innsbruck, en 1958 en Uruguay, en Argentine, au Brésil et au Chili ; en 1960 à Trieste et ensuite au-delà du rideau de fer, à Zaghreb. Le 22 novemebre 1964 il est ordonné prêtre et repart pour le Brésil jusqu’en 1967, puis il y retourne encore jusqu’en 1971.Ensuite il ira au Sud de l’Italie, puis à Milan, Padoue, et enfin dans sa ville de Trente où il revient après 31 ans. Il trouve alors un terrain pour le futur Centre Mariapolis de Cadine et participe au projet que Chiara Lubich lance en 2001 : « Trente ardente ». C’est à la fin de cette même année que Chiara l’appelle au Centre du Mouvement, à Rocca di Papa (Rome), où il passera les dernières années de sa vie.
“Notre joie était débordante quand il venait à Loppiano pour donner des cours de Spiritualité aux membres de toutes les écoles de formation – nous confie Redi Maghenzani, qui a vécu 20 ans à ses côtés – . Il avait une attention particulière aux nouvelles générations de focolarine et focolarini. Il nous laisse derrière lui un faisceau de lumière qui ne s’éteint pas ». “Marco a semé l’amour en de nombreuses parties du monde – rappelle Armando Droghetti, le focolarino qui l’a accompagné au cours de ses dernières années – ; cet amour qui a engendré l’unité entre personnes de toutes conditions sociales et culturelles, comme témoignaient toutes celles, nombreuses, qui sont venues le voir ces derniers mois, en particulier lorsque, il y a environ un an, de petits AVC lui ont laissé diverses séquelles. Alors que tout diminue chez Marco (ses cordes vocales s’affaiblissent toujours plus et ses jambes sont comme paralysées), cette situation nous pousse tous, Marco en tête, à un supplément d’amour réciproque. Sur la base d’une vie spirituelle et d’unité toujours plus intense au sein de notre focolare, même la crise du 8 mai ne le prend pas, ni lui ni nous, au dépourvu. Dans le court moment où il se ressaisit, il dit avec certitude : « Je dois seulement être purifié ». Il accueille le médecin avec son regard lumineux et plein d’amour. Et c’est aussi l’impression des nombreuses personnes venues lui rendre un dernier adieu. Elles disaient aussi que, malgré le sentiment de privation causé par son départ, plus forte était la réalité à laquelle Marco les avait préparées : il disait toujours qu’il n’était rien, que Dieu est tout et que c’est seulement en Lui que nous vivons ». Maria Voce, présidente des Focolari, souligne en autres que “Marco laisse en nous tous la marque de la radicalité des premiers temps du Mouvement avec sa force et sa foi dans le charisme de l’unité, avec la pureté de sa vie évangélique”. Lors d’une interview accordée le 31 mars 2008, quelques jours après la mort de Chiara Lubich, Marco affirmera avec force : « Tant que j’ai un peu de souffle, un peu de respiration, mon désir est celui de pouvoir me donner tout entier aux nouvelles générations. Je suis sûr que ceux qui viendront après nous feront des choses plus grandes que nous, précisément à cause de la richesse que transmet le charisme de l’unité, qui ne mourra jamais ».
Giordani : Marie, la Mère
« En tant que mère, Marie fut une mère exemplaire ; pour cette raison, elle devint et reste modèle de la maternité. Non seulement elle fut digne de la divinité de son Fils, dont le cœur lui servit de temple, mais elle fut aussi digne de son humanité : de sorte que, s’ Il fut non seulement homme, mais l’Homme dans sa perfection, elle fut, non seulement une femme, mais la Femme qui vécut en elle-même de manière unitaire une double dimension, c’est-à-dire une vie tout à la fois humaine et divine : toute entière vouée à Dieu et à son Fils et, à travers Lui, toute entière donnée à l’humanité. Elle enseigna ainsi et continue d’enseigner comment vivre de manière harmonieuse la vie de l’esprit et la vie de la chair, dans la sainteté et la chasteté, en faisant de celle-ci un calice pour celle-là. Le double registre de sa vie contenait surtout les joies de la divinité – l’amour de l’Époux, l’Esprit Saint – mais aussi les souffrances de l’humanité – les privations, les médisances, les persécutions et à la fin l’assassinat sur la croix. A partir de Marie, les mères en particulier, et les femmes en général, ou même tous les êtres doués de raison, ont à apprendre cette plénitude, grâce à laquelle l’existence est comblée : parce que si l’on néglige l’élément spirituel ou l’élément matériel, c’est la divinité ou l’humanité qui en pâtissent. Marie prit et harmonisa, en respectant la juste hiérarchie de chaque chose, à la ressemblance de l’homme-Dieu, la double réalité : elle fut vierge et elle fut mère ; et transforma toujours la douleur en amour. Elle fut la femme forte : parce que Dieu était avec elle. Divinement forte. Sur un tel modèle des millions de mères se sont formées, surtout des mères qui, parce qu’avec Marie elles se fortifient en Dieu en se faisant servantes de sa volonté, ne se mettent pas dans tous leurs états au moindre bruissement de feuilles, comme des femmes vides : vides d’Esprit Saint. « Si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ? ». Cette devise plaisait beaucoup à sainte Cabrini, modelée sur Marie Vierge Mère, comme elle a plu à des milliers de martyrs célèbres et à des milliers de victimes inconnues, fruits de la misère, de la persécution, de la guerre, de la disgrâce : des femmes et hommes humbles qui se sont enfermés et s’enferment vigoureusement dans le cœur de leur peine, en regardant Marie. Elle qui fut et reste source d’énergie : mère d’un amour plus fort que la mort. Mère de Jésus et mère de tout le monde : et maîtresse. Saint Bernard nous enseigne que Dieu a voulu que nous obtenions toute chose par les mains de Marie : Marie, mère des grâces et de la miséricorde. On dira : mais le médiateur des grâces est Jésus. C’est vrai, mais Jésus est notre frère, de notre chair, fait chair par Marie : et se tourner vers lui par l’intermédiaire de Marie c’est interposer entre lui, l’offensé, et nous, les offenseurs, la mère. Ainsi se crée une chaîne où Marie écoute le pécheur. Jésus écoute Marie, le Père écoute Jésus : et entre eux circule l’Esprit Saint. Jésus est venu à nous par l’intermédiaire de Marie et nous allons à Jésus par le même intermédiaire : canal, pour ainsi dire, dans lequel la vie transite de Dieu vers les hommes et retourne des hommes à Dieu. Le chrétien fait valoir, par les lèvres de la Mère, sa relation de fraternité avec le Christ : sa parenté avec Dieu. Mère de Dieu et ma mère, était l’invocation ingénue de la piété médiévale ; c’est-à-dire : Mère de Dieu et ma mère à moi ! Pensée que même Silvio Pellico (1) traduisit par ces vers : Vierge Consolatrice, Notre Espérance dans les tribulations, Tu es notre mère et en même temps Tu es la mère du Sauveur ! Et donc, grâce à Marie, la vie sociale devient un espace familier où circule la vie de Dieu ». Extrait de Igino Giordani, Marie modèle de perfection, Città Nuova, Rome (1967) 2012, pp. 81-85, 108-109.
- Écrivain, poète et patriote italien, né en 1789 et mort en 1854, connu surtout pour être l’auteur de « Mes prisons ».
Le Pape François en visite à Fatima
Alors que le Saint-Père se rend à Fatima pour prier pour la paix, nous publions des extraits d’un article de Chiara Lubich paru sur l’Osservatore Romano, en 1984, à l’occasion du Jubilée des Familles. L’événement de Fatima, affirme Chiara, est un rappel à la conversion et à la fidélité à l’Évangile, adressé aussi à la famille. « […] Quand le Pape (Jean Paul II n.d.r) confie l’humanité à Marie, il a commencé par ces mots : « La famille est le cœur de l’Église. Aujourd’hui, un acte particulier s’élève de ce cœur, pour la confier au Cœur de la Mère de Jésus ». Ainsi, de cœur à Cœur, dans cette intense communion qui s’était créée au cours de la célébration de l’Eucharistie, la prière de consécration à la Vierge Marie s’est élevée comme un cri. Elle s’est exprimée du cœur du Pape universel, débordant de sollicitude pour les besoins de l’humanité, afin que Marie prenne soin de façon toute particulière de la famille humaine. Le Pape était là, à genoux, devant la blanche effigie de la Madone de Fatima. À ce moment-là, la pensée de beaucoup d’entre nous, présents à cette célébration, ne pouvait pas ne pas aller au 13 mai 1981, jour de l’attentat. […] Sur la place Saint-Pierre, comble de façon invraisemblable, près de lui devant la Vierge de Fatima, se trouvaient réunies, rassemblées symboliquement, toutes les familles de l’Église, signe de toutes les familles du monde. Elles étaient comme une fleur éclose sur sa souffrance et son sang. [ …] Le Saint-Père pouvait donc compter, au moment de confier le monde à Marie, non seulement sur la communion de tous les pasteurs de l’Église « qui constituaient un corps et un collège », mais également sur la pleine adhésion des enfants de l’Église représentés par les nombreuses familles de nombreuses nations. […] Dans la prière par laquelle il a terminé son homélie, il a demandé cette grâce : « Fais que l’amour renforcé par la grâce du sacrement du mariage, se démontre plus forte que toute faiblesse et toute crise par lesquelles, parfois, passent nos familles. » Toutes ces coïncidences significatives et ces expressions nous permettent vraiment de saisir le sens de cette consécration qui ne peut pas ne pas porter toutes les familles chrétiennes à vivre – avec l’aide et sur l’exemple de Marie – le projet lumineux et fascinant de Dieu sur la famille dans toutes dans toutes ces expressions : l’amour conjugal selon de plan de Dieu, signe de l’amour du Christ pour l’Église jusqu’au don total de soi ; la paternité et la maternité comme participation à l’amour fécond du Créateur ; la paix et l’harmonie dans le dépassement de toutes les tensions et difficultés, comme fruit d’une charité de plus en plus vive et tendue infatigablement à maintenir la présence spirituelle du Christ dans la famille et, avec Lui, l’unité de pensée et d’action ; une ouverture de communion et de service envers d’autres familles. […] Que le message de Fatima qui, pour tous, est un rappel à la conversion et à la fidélité de l’Évangile, devienne ainsi la réponse de la consécration de la famille, un engagement de renouveau pour que resplendisse davantage le visage de l’Église, ce visage qui, dans la famille chrétienne, a comme le, demeure accueillante pour tous ses enfants dispersés, rappelés à la maison de leur Père et invités à y entrer par la Cœur maternel de la Mère de Jésus ».
Chiara Lubich
[:it]Spot GenFest Manila 2018[:en]Spot GenFest Manila 2018
Run4Unity 2017: course à l’unité
Des juniors du Japon courent, reliés en temps réel à ceux de Séoul, en Corée du Sud, en imaginant un futur de paix. Aujourd’hui aucun d’entre eux ne se souvient des vieilles fractures qui divisent les deux rives de la Mer du Japon. A Vienne 300 athlètes venus d’Autriche, de Slovaquie, de Hongrie, d’Allemagne et de Suisse se sont rencontrés pour vivre ensemble des moments sportifs et fraternels. Parmi les joueurs il y a aussi des jeunes réfugiés appartenant à une Église Syro-orthodoxe. Nous sautons dix fuseaux horaires et nous voilà à Mexicali (Mexique) et à Calexico (Californie, USA) où une centaine d’adolescents se dirigent vers le mur qui les divise. Aujourd’hui, la haine et le racisme n’ont pas de pays. Elle progresse, bien plus elle court de l’Orient vers l’ouest, elle traverse symboliquement la surface de toute la terre et ses 24 « tranches » horaires, pour transmettre le flambeau de la fraternité sur toutes les latitudes. C’est Run4Unity , la course de relais mondiale organisée chaque année au début du mois de mai, par les Juniors du Mouvement des Focolari. Cette course a conclu la Semaine Monde Uni, une période riche en initiatives et en projets en faveur de la paix et de l’unité entre les peuples : de l’Équateur, en plein état d’urgence humanitaire à la suite du tremblement de terre, à Medan (Indonésie), avec un concert pour la paix, en passant par Goma, dans la République Démocratique du Congo, sur les notes du festival Amani pendant trois jours de musique et de danse pour la paix. Run4Unity est un parcours par étapes qui traverse les frontières les plus chaudes de la planète, à chaque latitude, de 11h à 12h, heure locale : à pied, en bicyclette, en roller, en barque ou bien encore immobiles, dans le silence d’une prière pour la paix… Ce fut cette année aussi la course la plus à contre-courant qui soit, une sorte de signe avant-coureur de l’unité. Ce qui compte ce n’est pas la vélocité des jambes, mais celle du cœur. Chaque étape s’est enrichie d’événements sportifs, d’actions solidaires, d’expériences de citoyenneté active (spécialement dans les lieux marqués par la solitude, la pauvreté, la marginalité), de jeux et de tout ce qui peut permettre de témoigner que le monde uni est encore possible, malgré les tensions préoccupantes et les signaux de dérive.
A Penang, un Etat de la Malaisie occidentale, Run4Unity s’est proposé de faire une UnityWalk, une promenade de 8 kilomètres, à laquelle ont participé 1200 personnes de tous âges, appartenant à divers groupes ethniques, culturels et religieux, parmi lesquels des hindous, des musulmans, des sikhs, des chrétiens et des bouddhistes. En Inde la course exprime le désir de paix en traversant le centre de New Delhi, depuis le Gandhi Smriti, où le Mahatma Gandhi a été assassiné en 1948, aujourd’hui un lieu sacré, jusqu’à l’India Gate, monument national dédié à tous les soldats qui ne sont pas revenus de la guerre. A Dresde (Allemagne) Run4Unity s’est déroulé au sein de la manifestation d’initiative populaire “Pulse of Europe” née pour encourager les citoyens à écouter les « battements du cœur » de l’Europe, parce que, comme le disent les organisateurs de l’événement, “L’Union Européenne était et reste avant tout une union pour garantir la paix”. A Columbus, capitale de l’Ohio (USA) l’événement a eu lieu dans un centre pour jeunes d’un quartier à risque, avec des jeux, des messages de paix et le partage de la “Règle d’or”, suivi du nettoyage des rues et du partage des sandwiches avec les sans abri. A Santa Lucia Utatlàn (Guatemala) la course a donné l’occasion d’un programme multiculturel qui a mobilisé un millier de personnes de diverses ethnies, parmi lesquelles des jeunes de la communauté maya de Quiché. A Iglesias, en Sardaigne (Italie), Run4Unity a revêtu une forme très particulière, celle d’une sensibilisation au désarmement: Domusnovas et Iglesias, dans cette région, abritent en fait une usine qui fabrique des bombes et des armes. C’est de là que partent les convois destinés à alimenter les bombardements dans les zones de guerre. Des adolescents et des Jeunes du monde imaginent un monde différent, sans guerres, ni murs, ni haine. Leur message fait aussi la course sur le web. Radioimmaginaria (Radioimaginaire), la première radio en Europe entièrement conçue et animée par des adolescents, a consacré une émission en direct aux événements de Run4Unity dans le monde. Parce que, disent-ils, « à 15 ans on peut déjà imaginer le monde qui va venir ».
Depuis Malte, cap sur l’Europe de l’espérance
Malte, la plus grande des îles qui composent l’archipel qui porte le même nom, situé au cœur de la Méditerranée, entre la Sicile, la Tunisie et la Libye, est à son tour, pour ce premier semestre 2017, à la tête du Conseil de l’Union Européenne, dont elle assume la présidence pour la première fois de son histoire. L’île, dont l’emblème est une croix à huit pointes, symbole des huit béatitudes, est le territoire le plus proche des tragédies qui se produisent quotidiennement dans le cimetière bleu qu’est devenue la Méditerranée, carrefour des eaux maritimes entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe pour qui cherche désespérément une nouvelle possibilité de vie. C’est sur ses rivages qu’un autre naufragé avait trouvé refuge, après quatorze jours de dérive. Il s’agissait de St Paul, de retour vers Rome, autour de l’année 60 après JC. Selon la tradition, le navire qui le transportait, ainsi que 264 autres passagers, avait coulé après une tempête. Toutes les personnes à bord avaient rejoint la côte à la nage. Invité, après quelque temps, dans la résidence de Publius, le gouverneur romain en poste sur les îles, Paul guérit son père d’une terrible grippe. Le gouverneur se convertit au christianisme et devint la premier évêque chrétien à Malte. A La Valletta, capitale de Malte, les 7 et 8 mai derniers, il a été question des racines chrétiennes de l’Europe à l’occasion du Forum sur l’Etat de l’Union Européenne, “Towards a Europe of Hope, Healing and Hospitality”, promu chaque année par le Parlement Européen dans la nation en charge de la présidence. L’objectif est de promouvoir un dialogue inspiré par la vision fondatrice de Robert Schuman. Le premier jour, après l’ouverture dans la cathédrale anglicane, moment artistique et prière sous le signe de l’espérance, puis un cortège dans les rues de La Valletta jusqu’à la co-cathédrale catholique de St Jean, l’intervention de l’archevêque, Mgr Scicluna, suivie de celle de Maria Voce. La présidente des Focolari a proposé une réflexion sur « Guérison et Réconciliation ».
En ces jours où l’on fait mémoire de la naissance de cette « communauté des peuples”, dont Schuman, en 1950, avait eu l’intuition – en proposant l’accord historique d’une gestion partagée du charbon et de l’acier, de façon à rendre impossible toute forme de guerre entre la France, l’Allemagne et les Pays qui par la suite y auraient adhéré – Maria Voce se demande quelle a pu être l’étincelle inspiratrice d’un acte aussi extraordinaire, destiné à porter la réconciliation entre des peuples atterrés par le plus terrible conflit jamais expérimenté jusque là, qui a donc pu inspirer Schuman, Adenauer, De Gasperi, ces hommes d’État chrétiens considérés comme les pères fondateurs de l’Europe. Sa réponse est claire : « Nous pensons que c’est Dieu qui a suscité les idées et la force pour constituer l’Europe. Dieu qui a témoigné de son amour pour les hommes en allant jusqu’à mourir pour eux d’une mort atroce et infamante, qui s’est identifié avec toutes les douleurs de l’humanité, y compris celles qui découlent des violences et des guerres ».
Maria Voce cite Chiara Lubich au sujet de la culture qui naît d’une profonde réconciliation : « Chaque personne peut porter une contribution dans tous les domaines : la science, l’art, la politique, les communications. Et son efficacité sera d’autant plus grande qu’elle travaille avec d’autres personnes unies au nom du Christ. C’est l’Incarnation qui se poursuit. Ce que nous pourrions appeler une culture de la Résurrection naît de cette façon et se diffuse dans le monde ». Mais pour que cela advienne « il nous est demandé, à nous qui sommes chrétiens, de cheminer vers la pleine communion visible, en sachant que cela sera déterminant pour l’unité de l’Europe et pour mieux servir l’humanité ». On a récemment assisté à des étapes historiques allant dans ce sens, comme celle Lund en Suède, Lesbos en Grèce, et Cuba. « Dans un contexte européen multiculturel et multiconfessionnel il y a besoin d’une nouvelle capacité de dialogue, conclut Maria Voce. Un dialogue qui peut s’appuyer sur la Règle d’or, commune à toutes les principales religions de la terre ». Il est significatif que cela soit réaffirmé précisément à Malte, solidement ancrée dans la Méditerranée, dans l’espoir que cette mer, devenue un vaste cercueil bleu, redevienne Mare Nostrum (Notre Mer), où l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient puissent mettre le cap sur la paix.
Chrétiens ensemble en route vers l’unité
«L’unité entre les Eglises a besoin de héros, héros dans la foi, héros face à l’histoire, elle a besoin de héros dans la spiritualité qui ont un esprit humble”, ce sont les paroles du pape Tawadros II en Alexandrie (Egypte), au cours de la première journée de l’amitié entre l’Eglise Copte Orthodoxe et l’Eglise Catholique, en 2015. Et le pape François, durant son voyage au Caire, y fait écho : « En présence du Seigneur, qui désire que nous soyons « parfaits dans l’unité » il n’est plus possible de se cacher derrière les prétextes de divergences d’interprétation et encore moins derrière des siècles d’histoire et de traditions qui nous ont rendus étrangers l’un à l’autre ». Et il invoque la « communion déjà effective qui grandit de jour en jour », les fruits mystérieux et combien actuels d’ « un véritable et spécial œcuménisme du sang », l’importance d’ « un œcuménisme qui se fait en cheminant… L’œcuménisme statique n’existe pas ». C’est aussi la conviction de chrétiens d’autres Eglises, animés par la spiritualité des Focolari, sur la base d’une expérience menée depuis quelques décennies. Dans le courant œcuménique actuel, en premier plan on voit des gestes, des paroles et des déclarations signés par plusieurs responsables d’Eglises, mais aussi des initiatives capillaires réalisées par des chrétiens sous diverses latitudes. C’est là que s’insère la 59ième Semaine Œcuménique (Castelgandolfo, Rome, 9-13 mai 2017) où convergeront environ 700 chrétiens de 70 Eglises et Communautés ecclésiales, de 40 pays. Des journées de partage, de spiritualité, de réflexions, de vie ensemble : une « Mariapoli œcuménique », comme beaucoup aiment appeler ce genre de vie ensemble qui se présente comme un nouveau pas dans le « dialogue de la vie » et dans « l’œcuménisme du peuple ». C’est de fait dans le « « dialogue de la vie » que Chiara Lubich voyait en la spiritualité de l’unité une aide spécifique à la communion pleine et visible entre les Eglises : il faut « un peuple œcuméniquement préparé ». Sachant que de nombreux pas sont encore à réaliser, et dans le respect de toutes les Eglises, on essaiera d’approfondir le patrimoine commun qui nous unit déjà. Le titre : « Cheminer ensemble. Chrétiens en route vers l’unité ». Il se déroulera autour d’un thème central de la spiritualité de l’unité : Jésus crucifié et abandonné : le Dieu de notre temps, fondement d’une spiritualité de communion. Des moments de réflexion s’alterneront avec des interventions sur le dialogue et des témoignages de différentes parties du monde. Sur le chemin entrepris actuellement, à 500 ans de la Réforme luthérienne, interviendront entre autres, l’évêque Christian Krause, président de la Fédération mondiale Luthérienne, le Rév. Dr. Martin Robra, du Conseil œcuménique des Eglises de Genève, l’évêque Brian Farell, secrétaire du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, Maria Voce, présidente du mouvement des Focolari.
Un moment particulier sera confié à S.E. Gennadios Zervos, Métropolite d’Italie et de Malte, du Patriarcat de Constantinople, sur le thème : « 50 ans après la première rencontre des deux protagonistes du dialogue : le Patriarche œcuménique Athënagoras 1ier et Chiara Lubich ». Le programme prévoit aussi leur participation à l’audience générale avec le pape François, place Saint Pierre, la visite aux basiliques Saint Pierre et Saint Paul hors les murs, et la prière commune dans les catacombes de S. Domitille et S. Etienne. Cette 59ième Semaine Œcuménique veut aussi être une expression de l’engagement œcuménique renouvelé des Focolari exprimé récemment dans la Déclaration d’Ottmaring, qui recèle aussi une promesse : faire tout son possible « pour que nos activités, nos initiatives et nos rencontres, au niveau international et spécialement local, aient comme substance cette attitude ouverte et fraternelle entre les chrétiens. Nous confions à Dieu le chemin de nos Eglises afin que s’accélèrent les étapes vers la célébration commune de l’unique calice ». Communiqué de presse
Journée de l’amitié entre coptes et catholiques
Le 10 mai 2013, Tawados II, Patriarche de l’Église orthodoxe copte, s’est rendu au Vatican pour sa première visite au Pape François. En souvenir de cette rencontre historique, à son retour en Égypte, il a créé la « Journée de l’amitié copte-catholique » qui depuis a lieu chaque année le 10 mai. Récemment le Saint Père est allé à son tour lui rendre visite au Caire.
Au revoir Marco!
« Marco Tecilla, le premier focolarino, est la perle qui cet après-midi s’est ajoutée à la couronne de Marie. Nous nous resserrons tous autour de lui, emplis d’une gratitude infinie qui unit le ciel et la terre ». C’est ainsi que Maria Voce, la présidente des Focolari, a annoncé hier le décès, survenu dans l’après-midi, de Marco Tecilla, le premier jeune qui a suivi Chiara Lubich sur le chemin du focolare. Ses obsèques auront lieu demain, mercredi 10 mai, à 11heures, à Castel Gandolfo (Rome).
Visite de Maria Voce à Malte
La visite (2-7 mai) a débuté avec sa participation, le 2 mai, au séminaire organisé par “Communion et Droit”, dans une salle du Palais Présidentiel. Son titre était « Le Droit comme moyen d’intégration dans une société multiculturelle ». Présence d’environ 70 experts en matière d’immigration, d’éducation et du travail. Parmi eux, le Commissaire maltais pour les réfugiés, des représentants de l’IOM et de EASO Malte, Arnold Cassola, président du parti Alternattiva Demokratika, des professeurs et des étudiants en jurisprudence. L’avocate Maria Voce, dans son intervention, affirme que la loi peut devenir un instrument d’intégration dans la société “si nous dépassons une vision exclusivement formelle et si nous envisageons le Droit comme un moyen indispensable pour contribuer à créer une réalité de communion à l’intérieur de la société”. En citant l’expérience de Ensemble pour l’Europe, née de l’inspiration de Chiara Lubich, elle en cite les actions qui « apparaissent comme un signe prophétique de ce que l’Europe peut devenir si ses citoyens veulent partager davantage l’expérience commune, qui va au-delà des diverses cultures et appartenances ecclésiales », se faisant ainsi porte-parole «d’ une Europe qui, sûre de ses propres racines, s’ouvre sans crainte à qui demande l’hospitalité et sait que l’amalgame des peuples qui l’a constituée au cours des siècles peut à son tour s’amalgamer avec d’autres peuples qui contribueront à son développement ». Chaque intervention est illustrée par des initiatives concrètes, comme le projet TANDEM – présenté par Apollos Pedro, originaire du Biafra, mais résidant en Italie – qui vise à promouvoir la paix et le dialogue, en offrant la possibilité de vivre ensemble à des personnes de diverses nationalités et religions.
Le 4 mai, rencontre de Maria Voce avec la Présidente de la République de Malte, Marie-Louise Coleiro Preca, qui lui présente les diverses expressions du Mouvement des Focolari à Malte ; en particulier les actions conduites par Humanité Nouvelle et celles des Juniors et des jeunes. La présidente suit tout cela avec intérêt et en conclusion salue les jeunes en les embrassant chaleureusement : « Les Focolari sont comme une vitamine. L’art d’aimer est porteur d’une paix positive, dans un monde de plus en plus narcissique et égocentrique ». Les Juniors lui font cadeau du « Dé de l’amour ». C’est le diocèse de Malte qui a invité la Présidente des Focolari, à travers sa commission Œcuménique qui fêtait le quarantième anniversaire de sa création. Dans ce contexte, le 5 mai, Maria Voce a été reçue par l’archevêque Mgr C.J. Scicluna. Tout de suite après, en présence de 300 participants, elle intervient dans le cadre de la conférence intitulée « Dialogue ou dialogues ? Un style de Vie ». Dans l’assistance on note la présence de l’Archevêque, du Président de la Commission Œcuménique, du Vicaire Général, du Secrétaire de la Nonciature de Malte, du Nonce de la Côte d’Ivoire (d’origine maltaise), d’un représentant de l’Église Orthodoxe Roumaine, de deux représentants du “Robert Schuman Centre for European Studies” et de quelques membres d’instances ecclésiales.
En retraçant la riche histoire de l’engagement œcuménique du Mouvement, Maria Voce explique que la méthode du dialogue que Chiara Lubich a promu est l’amour, “un dialogue entre personnes et non pas entre idéologies ou systèmes de pensée. Un dialogue qui doit être nécessairement soutenu et alimenté par la miséricorde, la compassion, la charité, résumé dans la Règle d’Or, présente dans chaque culture et religion : Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous mêmes pour eux (Mt 7, 12). « L’unique moyen pour aplanir la voie de l’unité dans la vérité est celui de s’incliner devant les autres dans l’attitude de leur laver las pieds (cf Jn 13), plutôt que de leur faire un lavage de cerveau. Il faut beaucoup de patience et d’humilité ». Enfin présentation de « La Déclaration de Ottmaring », publiée en Allemagne le 21 février dernier, dans laquelle le Mouvement des Focolari s’engage à s’investir davantage dans l’action œcuménique. En conclusion l’archevêque remercie Maria Voce pour le travail que fait le Mouvement des Focolari en vue de “susciter dans les personnes la soif d’unité”. Et de rappeler cette phrase de Paul VI : « Le monde écoute davantage les témoins que les maîtres ». Voir : les Focolari à Malte
Fête de l’Europe
Le 9 mai l’Europe célèbre la paix et l’unité. La date rappelle l’historique “Déclaration Schuman”, par laquelle, le 9 mai 1950, le ministre français des affaires étrangères d’alors proposa la création d’un premier noyau économique, dans le but de construire petit à petit une fédération des États européens, indispensable pour le maintien des relations pacifiques. Comme première étape, Robert Schuman désirait la gestion commune, pour la France et l’Allemagne de l’Ouest, du charbon et de l’acier, mais dans le cadre d’une organisation à laquelle d’autres pays auraient pu adhérer par la suite. Les prémisses d’une intégration bien plus vaste et inclusive voyaient le jour, au point que la Déclaration est considérée, symboliquement, comme la date de naissance du long processus de paix et de stabilité qui a donné origine à l’Union Européenne. La fête est l’occasion de rapprocher les institutions des citoyens et les peuples entre eux, en faisant grandir la conscience que les valeurs de paix, d’intégration et de solidarité doivent être mises à la base de la vie humaine ensemble.
Le mal de tête de Simplice
« Depuis que nos parents se sont séparés, ma sœur et moi vivons avec notre père. C’est une situation très difficile pour moi, aussi à cause de la santé : je souffre d’asthme et pendant deux ans j’ai eu aussi des problèmes de cœur. Grâce à la proximité de beaucoup de jeunes qui comme moi essaient de vivre la spiritualité de l’unité, ces limites physiques ne m’ont pas empêché de vivre avec enthousiasme mon engagement chrétien. En tant qu’étudiant cependant, les choses n’allaient pas très bien. Dans la structure publique que je fréquentais, il n’y avait pas beaucoup d’attention pour les étudiants dans ma situation et quand j’ai su que je devais recommencer mon année, la première de l’enseignement supérieur, j’ai alors changé d’école. Là j’ai mieux compris l’importance de l’instruction et l’avantage de pouvoir obtenir un diplôme. Au début de l’année, les résultats étaient bons : ma nouvelle motivation semblait bien fonctionner. Un soir, j’ai eu un terrible mal de tête. J’espérais que cela allait passer pendant la nuit car je devais présenter différents examens les jours prochains. Effectivement, il avait disparu le matin mais lorsque j’ai repris mes livres en main, le mal de tête est revenu plus fort que jamais. La même chose se passait chaque fois que je reprenais un travail intellectuel. J’ai fait le tour de plusieurs hôpitaux mais personne ne réussissait à trouver la maladie que j’avais. Entre-temps, la moyenne de mes résultats baissait alors que le mal de tête, lui, était devenu permanent. Mon père n’avait plus d’argent pour payer les médecins ; c’est ainsi que j’ai essayé, sans succès, de consulter des guérisseurs traditionnels. Écrasé par cette situation, j’ai été assailli par d’importants doutes sur la Foi. Je me demandais : pourquoi sur sept milliards d’êtres humains cette situation devait tomber sur moi alors que j’avais décidé de m’ investir à fond dans les études ? Malgré ma rébellion, j’ai voulu participer à un week-end de formation avec les Gen. J’y suis allé seulement pour voir mes amis, non parce que j’y croyais beaucoup. La rencontre a commencé avec un discours- vidéo de Chiara Lubich, mais j’étais tellement fâché avec Dieu, que je n’ai même pas écouté le discours. Je n’ai également pas voulu donner ma contribution lors de la communion qui a suivi et ne me suis pas non plus intéressé à ce que disaient les autres. Mon esprit vagabondait ailleurs. Je pensais que Dieu m’avait oublié, que personne ne pouvait me comprendre, que ces rencontres ne servent à rien. A un certain moment cependant, j’ai été touché par un jeune qui disait que dans les moments difficiles, nous pouvons donner de l’espérance aux autres, en valorisant notre souffrance personnelle. Et que c’est justement en s’identifiant à Jésus crucifié et abandonné qu’on trouve la force d’aimer les autres . Ces paroles ont résonné en moi comme un défi à relever. Je me suis dit : si Jésus sur la croix avait voulu retourner en arrière, que ferions-nous maintenant? A partir de ce moment-là, j’ai trouvé la force d’accepter ma situation et la certitude que Dieu est amour aussi lorsqu’il permet la souffrance. Et même si je continuais à avoir mal de tête, j’ai retrouvé la joie de vivre. Par amour pour ma sœur et pour tous, j’essayais de donner de la joie autour de moi. Grâce aux prières de nombreuses personnes, aujourd’hui, je me sens mieux et s’il n’y aura pas d’autres nouvelles surprises, il semble que la santé soit revenue ».
Des clefs pour le dialogue
Gen Verde: l’aventure espagnole
Déçus par la politique, méfiants envers les combats de l’engagement social, prisonniers d’une précarité qui brise les ailes de leurs rêves. Bref, tristes et sans espérance. C’est l’image renvoyée par une enquête réalisée auprès de nombreux jeunes espagnols, presque une « périphérie existentielle » abandonnée à elle-même. Et pourtant, au cours de la longue tournée qui vient de se conclure, le Gen Verde a rencontré des jeunes pleins de ressources, désireux de vivre des expériences significatives et prêts à relever les défis de leur société. Le Groupe musical a proposé dans de nombreuses villes espagnoles le projet Start Now. La formule, désormais bien rodée, prévoit cinq jours de vie partagée avec les jeunes : trois sont dédiés à des laboratoires où les membres de l’orchestre – 22 de 14 nationalités – deviennent coach de chant, de théâtre, de percussion et de danse ; un jour est réservé aux répétitions et au spectacle, exécuté avec les jeunes ; le dernier à un retour sur l’expérience vécue. Lors de ces moments, chacun a l’occasion d’expérimenter la fraternité, de voir de ses propres yeux que ce qu’il cherche existe et peut être réalisé.
“Il y a un avant et un après l’expérience proposée – constate l’irlandaise Sally McAllister, manager du Gen Verde -. Les jeunes travaillent dur, pas seulement sur le plan artistique mais aussi sur les relations, sur la rencontre avec celui qui est différent de soi, ils apprennent à gérer la complexité culturelle des personnes avec lesquelles ils interagissent, à savoir en cueillir la valeur positive, enrichissante. En somme : le but est de leur permettre de vivre une expérience à la fois humaine et artistique, de devenir des personnes capables de contenir, de comprendre et valoriser l’autre, quel qu’il soit, en passant ainsi d’un sentiment d’insécurité, de peur, parfois de haine, à des attitudes basées sur la confiance et l’inclusion ». On ne propose pas des illusions, mais des valeurs et des outils pour construire hic et nunc, en commençant à vivre avec chacun le monde dont nous rêvons. Et partout « les jeunes sont comme le feu, il suffit de trouver la bonne mèche et une fois qu’ils sont enflammés qui peut les arrêter ? ». C’est ce qui s’est passé à chacune des différentes étapes: Burgos, Jaén, Murcia, Huétor Tájar, Albacete, Pozuelo, Bilbao, Pamplona, Azpeitia, Talavera de la Reina … Chacune avec sa couleur et sa caractéristique irremplaçable, comme le raconte plus en détails le journal de voyage du site du Gen Verde.
Partout des rencontres authentiques, un accueil enthousiaste. Comme par exemple à Huétor Tájar, où la bienvenue a eu lieu sur une place bondée de familles, de jeunes, d’enfants, avec la musique et les chansons du Groupe sur grands écrans…A la fin une trentaine de jeunes élèves des écoles de danse de Flamenco et de gymnastique rythmique ont dansé « Turn It Up » – une composition récente du Gen Verde – sur un rythme de flamenco. Alors, c’est un Pays de jeunes tristes et sans espérance ? C’est tout le contraire. Les retours que nous avons sont clairs. “J’ai pleuré, j’ai souri, j’ai dansé… mais je ramène surtout une grande espérance en un monde qui en a tant besoin”; “j’ai appris des valeurs sans que personne me dise ce que je devais faire”; “après quelques jours de travail, nous formions une vraie famille”; “j’ai découvert que les personnes qui ont un objectif commun sont plus ouvertes”; “il n’y a rien eu de théorique, nous nous avons tous ensemble mis en pratique les valeurs de fraternité, de dialogue, de partage que nous avons apprises pendant ces journées de travail » ; « Start Now est quelque chose de grandiose, un projet éducatif, social, culturel, spirituel ». La phrase qui peut résumer le message laissé par cette tournée, c’est l’un des nombreux jeunes rencontrés qui l’a dit. Simple et concrète, elle a la saveur du défi et de l’engagement : « Et si nous avons un rêve, nous ne voulons pas le réaliser demain, mais si possible aujourd’hui ».
Évangile vécu : “Je serai toujours avec vous ”
Avoir confiance en Dieu « Lorsque j’ai su que j’attendais des jumeaux nous nous sommes confiés à Dieu. Nous avions déjà six enfants et mon mari n’avait pas un gros salaire. Un jour, une amie, elle aussi enceinte, passait par un moment économique difficile. Je lui ai fait cadeau de différentes affaires de mes enfants. Quelques jours plus tard, ma tante m’a fait cadeau de deux beaux trousseaux qui avaient de la valeur. Et ce n’est pas tout. A peine les jumeaux sont nés que mon mari a eu une promotion avec une belle augmentation de salaire. Nous avons été encouragés à toujours plus nous confier en Dieu ». A.M. – Brésil Une petite lumière «Je passais par une période de confusion et de problèmes à la maison. C’était des jours où, j’éprouvais des moments d’obscurité et d’abandon. Mais une mère de famille comme moi ne doit pas rester abattue, ce qui importe est que j’aime les miens comme ils sont. Je ne suis pas seule ! J’ai constaté que seul le détachement de soi-même, en ayant comme modèle Marie, nous fait avancer. J’ai commencé à vivre comme ça et Dieu m’a envoyé une petite lumière. Si je continue à agir avec amour, cette lumière grandira et Dieu la fera briller sur les autres ». Margrit – Suisse Ecrits d’un malade en phase terminale « Je suis profondément convaincu que le Seigneur nous aime toujours : quand il nous console et quand il nous met à l’épreuve afin de faire de nous en peu de temps Son chef-d’œuvre. Au cours de ma vie, beaucoup de choses inutiles sont tombées comme les feuilles mortes d’automne. Entre Lui et moi, maintenant, il existe une relation plus directe, sans intermédiaires. Il y a quelques années des essais de soins ont commencé. Depuis peu un autre plus sérieux s’est présenté à moi pour lequel il n’existe pas encore de remède. Il me semble que ma vie s’engage vers une impasse. Mais en même temps je sens que Dieu se rapproche de moi et que mes jours sont entre Ses mains ». Filippo – Italie Un religieux âgé paralysé “ Depuis que j’ai été paralysé des membres inférieurs il y a quelques années, je dois me battre contre la tentation de me sentir sur une « voie de garage ». Maintenant que je dépends totalement des autres et que le monde se réduit pour moi à une chambre, je dois me confier à la foi pour donner un sens à ma vie et en découvrir la valeur. Il est vrai, étant donné ma condition, que je ne peux plus avoir d’influence sur les événements proches et lointains. J’ai pourtant une merveilleuse aventure à vivre. Tout peut devenir occasion de louange, de remerciement, de prière, d’offrande. Même Jésus sur la croix n’a plus fait de miracles ni annoncé le Royaume, mais il a continué à aimer, il a même manifesté son amour le plus grand et le plus pur en donnant sa vie pour nous. Rester sans bouger n’est pas immobilisme ». P. Vittorio – Italie
Run4Unity c’est pour très bientôt!
La course de relais mondiale promue par les Juniors pour l’Unité du Mouvement des Focolari va démarrer. Comme chaque année, au cours de la Semaine Monde Uni, le premier dimanche de mai, de 11h à 12h (dans les divers fuseaux horaires), le flambeau traversera symboliquement la planète, accompagné d’événements sportifs, d’actions solidaires et d’expériences de citoyenneté active, spécialement dans les lieux où prévalent la solitude, la pauvreté, la marginalité. Dans différentes villes seront associées des personnalités du monde sportif et culturel, des autorités civiles et religieuses. Le Site Web recueillera en temps réel les apports des réseaux sociaux. Dans les éditions précédentes la course de relais a enregistré la participation de plus de 100 000 adolescents des diverses régions du monde.
Les couleurs de la paix jaillissent depuis Loppiano
Une image pour toutes, le mot PEACE, réalisée par les participants eux-mêmes, en lettres capitales, sur le flanc de la colline. Un son pour tous, cet applaudissement, rythmé et irrésistible, symbole de mille et un cœurs sur la barque de la vie où nous sommes tous des voyageurs, ou des migrants. Une chanson pour toutes, « l’espérance est la voix de l’infini qui nous guide vers le salut ». Sous une explosion de canons chargés de couleur – allant du vert au fuchsia – s’est conclu, symboliquement, le traditionnel rendez-vous du 1er mai à Loppiano, le Meeting international des jeunes pour un monde uni, inséré dans la Semaine Monde Uni 2017, qui s’intitulait cette année Pulse: Change your heart, change the world. Depuis 1973, l’année de sa première édition, se dirige vers la petite ville de l’Italie du centre une foule très bigarrée de milliers de jeunes venant de tous les coins d’Italie et d’Europe, mais avec des représentants du monde entier. Un rendez-vous festif, modèle exportable de convivialité pacifique, à l’initiative des plus jeunes, la génération interconnectée, plus portée, par son tempérament et sa culture, à construire des ponts qu’à ériger des murs. Une journée d’échanges, de témoignages, avec musique, danses, chorégraphies, sous le signe de la paix et de la construction d’un monde uni, qui a vu se rassembler les jeunes du Mouvement des Focolari avec d’autres associations et mouvements, parmi lesquels «Nouveaux horizons », la Communauté de Sant’ Egidio, le Centre International La Pira, Living Peace, Hirondelle, Barbiana, Économie désarmée, le « Varco » (le Passage), Non à la guerre. A noter la présence de diverses communautés musulmanes d’Italie, avec le soutien des Imam de Massa Carrara, Téramo, Trieste et de Vénétie. Le niveau artistique a été assuré grâce aux groupes Gen Rosso et Gen Verde, à l’association culturelle DanceLab harmonie, aux auteurs compositeurs Amara et Paolo Vallesi (de retour du Festival de Sanremo) et à de nombreux autres groupes en provenance de diverses villes d’Italie. Partageant tous une forte volonté de paix et le rêve d’un monde ouvert, juste, fraternel. Habités par un enthousiasme que la pluie n’a même pas réussi à affaiblir. Tandis que les grands de la terre brandissent la menace de nouvelles actions de destructions guerrières, qui en déconcertent pus d’un, sur la scène de l’amphithéâtre naturel de Loppiano se succèdent des expériences vécues « à la base », des récits authentiques… qui, s’ils se multipliaient à l’infini, changeraient le cours de l’histoire. Comme celui de Mohammed, raconté par Luca, arrivé en Italie sur une embarcation après une traversée périlleuse. Ou celui d’un groupe de jeunes chrétiens de la Syrie, qui dans un message vidéo enregistré expriment leur amour envers leur terre martyrisée. Ce n’est assurément pas un pacifisme de façade mais un regard courageux vers l’avenir que celui des danseurs de l’association DanceLab harmonie, qui depuis 2014 organisent à Bethléem des ateliers artistiques pour les enfants des territoires palestiniens, grâce à l’aide du Père Ibrahim Faltas, de la Custodie franciscaine de Terre Sainte.
Indifférents à la pluie, en début d’après-midi, les jeunes commencent à dessiner la forme d’une embarcation. Ou peut-être la pluie était-elle le détail qui manquait, parce qu’à vrai dire, le voyage de tous les migrants d’aujourd’hui, qui s’en remettent aux vagues de la mer, à la recherche d’un avenir de paix et de dignité, n’est pas exempt de dangers ni de pièges. Ceux que Giusi Nicolini, maire de Lampedusa (Italie) et Prix Unesco 2017 pour la paix, connaît bien. Son témoignage sur l’accueil des réfugiés et la lutte contre l’omerta, à la tête d’une île qui représente le premier point d’abordage en Europe après la traversée, est un encouragement à se retrousser les manches dans tous les coins du monde. Il pleut sur la colline tandis qu’on élabore le message de paix, cœur du morceau d’Amara et Paolo Vallesi, devenu le « tube » de la journée. Mais les couleurs resplendissantes, jaillies de canons inoffensifs, l’emportent finalement sur les nuages gris. Ces mêmes couleurs auxquelles les jeunes participants puisent à pleines mains, avec de grands seaux, avant de partir, dans une jubilation festive. C’est la promesse, l’engagement à « se salir les mains » pour construire et réaliser partout un monde de paix.
Meeting des jeunes : Omar, ambassadeur de paix
« Que la paix soit avec vous » lance Omar Abou Baker. Omar est ambassadeur de paix depuis 2016, depuis que le Forum Mondial de la paix pour les jeunes, qui s’est déroulé au Caire, l’a nommé, ainsi que 47 jeunes et tout jeunes (de 8 à 23 ans) pour représenter l’Égypte. Ils sont musulmans et chrétiens, et travaillent ensemble. “Je fais partie de la chorale Héliopolis du Caire, qui a été créée avec l’objectif de diffuser une culture de paix. L’année dernière nous avons organisé une fête pour la journée internationale de la paix. Pour la première fois nous nous sommes présentés à plusieurs ambassades pour leur expliquer qui nous sommes et quel est notre but. A travers nos spectacles nous avons transmis le désir de construire la paix sur notre terre à un vaste public, où se trouvaient des ambassadeurs, des acteurs, des chanteurs et des personnes bien connues. ». Durant le Ramadan, mois sacré pour le monde musulman, où l’on jeûne dès les premières lueurs de l’aube jusqu’au coucher du soleil, les ambassadeurs ont organisé un dîner pour 400 personnes indigentes. Chacun a mis la main à la pâte selon ses propres talents, pour procurer de la nourriture, animer la soirée avec des chants, des poèmes, des danses, des jeux, maquiller les enfants. Mais surtout, ils se sont engagés à construire des rapports interpersonnels. “Avec d’autres organisations nous avons réussi à organiser un marathon pour athlètes handicapés. Leur vie représente un défi continuel. Pendant l’événement, chacun des ambassadeurs s’est occupé d’un aspect : la chorale a présenté des chansons pour célébrer leurs succès, d’autres par contre, ont travaillé sur la présentation, fait des photos ou organisaient quelques activités et laboratoires. A l’occasion de la Journée Nationale pour les orphelins, les enfants ont chanté avec leur chorale. Ce fut pour eux une expérience fondamentale, parce qu’en s’exprimant à travers la musique ils ont pu développer une plus grande confiance en eux ». « Je crois que la paix est un concept très élevé, que seules atteignent les personnes qui font tous les efforts possibles pour qu’elle se réalise. Parce que la paix n’est pas seulement un mot à l’intérieur d’un article ou d’une chanson. Il s’agit d’un effort commun qui devrait se fonder sur un ensemble de valeurs à vivre en commençant par soi-même : justice, tolérance, aide aux autres. Le seul moyen de construire un monde de fraternité et de paix est l’amour en acte. Si je suis aujourd’hui ici – conclut Omar – c’est pour témoigner par mes paroles et ma vie que la paix est possible si je commence par moi ».
Maria Voce: Voyage à Malte
Maria Voce sera le 2 mai l’hôte d’honneur au Palais Présidentiel d’Attard, de l’atelier “Communion et Droit” sous le titre “Le droit comme moyen d’intégration dans une société multiculturelle, en compagnie d’experts engagés dans le monde de l’immigration, de l’éducation et du travail. Elle rencontrera la Présidente de la République de Malte, son Excellence Marie-Louise Coleiro Preca, le 4 mai. C’est le diocèse de Malte qui a invité la Présidente des Focolari par le biais de la Commission œcuménique à l’occasion du 40ème anniversaire de sa fondation. Dans ce contexte, Maria Voce tiendra une conférence publique le 5 mai sous le titre « Dialogue ou dialogues ? Un style de Vie ». Maria Voce rencontrera l’Archevêque de Malte, Monseigneur C.J. Scicluna, vendredi 5 mai dans la matinée. Le 7 mai, la célébration d’ouverture du « State of Europe Forum » qui a pour titre « Vers une Europe de l’espérance, de la guérison et de l’hospitalité » aura lieu dans la cathédrale anglicane de Saint Paul et continuera en procession jusqu’à la Cathédrale catholique de Saint Jean où est prévue l’intervention d’Emmaüs et de l’Archevêque de Malte, Monseigneur C.J. Scicluna.
François en Égypte: des chemins de paix s’ouvrent.
Sami travaille comme responsable de la programmation au Centre Culturel des Jésuites à Alexandrie en Égypte. Il a été engagé dans l’organisation de cet important et courageux voyage du Saint Père dans son Pays. Une visite qui a tenu en haleine l’attention du monde entier, en raison aussi des risques d’attentats après ceux qui ont eu lieu récemment. Nous lui demandons de nous dire comment est né ce voyage. « A des moments différents, le pape avait reçu trois invitations à se rendre en Égypte. La première a été faite par le Patriarche Tawados II, lorsqu’il s’est rendu au Vatican à l’occasion de son premier voyage à l’étranger (10/05/2013). A son retour il parlait de « Frère François » et il a choisi la date du 10 mai comme fête de «la fraternité catholique-orthodoxe », dont je me suis occupé avec un ami orthodoxe qui travaille avec le Patriarche, pour les années 2015 et 2016. Nous avons alors compris le grand désir du Patriarche de promouvoir cette relation. La rencontre de prière œcuménique avec cinq patriarches et deux responsables d’Églises évangéliques s’est déroulée dans l’Église où a eu lieu l’un des attentats. A plusieurs reprises le Pape a parlé de « l’œcuménisme du sang » qui nous unit. Il faut dire que cette année, précisément en raison des attentats, nous n’avions pas célébré la Pâque, mais la visite du Pape François a été une réconciliation, une grande joie, une véritable Pâque.
La seconde invitation est celle du Président Al-Sisi, lors de sa visite au Vatican en 2014. Il cherche à promouvoir une culture de paix, non sans difficultés. La troisième est venue du Grand Imam de al-Azhar (2016). A cette occasion le pape lui offert l’Encyclique « Laudato sii », en cherchant toujours ce qui nous unit. De mon point de vue, le Grand Imam a fait preuve d’un grand courage en l’invitant, compte tenu des précédents. Le discours du Pape à l’Université de Al-Azhar a été très important, c’est peut-être un début. Maintenant je crois qu’il faudra plus de courage pour aborder les questions plus sensibles, pour aller à fond aussi dans l’histoire… Désormais c’est à nous égyptiens de travailler à faire avancer les choses
En plus de ces rendez-vous importants, le Pape François a aussi rencontré les religieux et les religieuses, les prêtres et les séminaristes catholiques. “Il leur a parlé comme un pasteur à ses disciples. La communauté catholique en Égypte est une minorité dans la minorité (moins de 1%), et pourtant c’est un référence importante en matière de dialogue entre les religions, surtout à travers le témoignage des religieux et religieuses : grâce à leur manière d’être, toujours ouverte au dialogue. Et c’est aussi notre spécificité à travers le dialogue de la vie, aidés par la spiritualité de l’unité. Au cours de la semaine qui a précédé la venue de François, étaient ici présents les parents de Chiara Luce Badano (une jeune du Mouvement des Focolari morte à 19 ans d’une tumeur, que l’Église Catholique présente comme un exemple de sainteté pour les jeunes). Ils ont voyagé à travers le Pays en faisant connaître la vie de leur fille aujourd’hui « Bienheureuse ». Leur visite s’est terminée par une rencontre avec 1500 jeunes catholiques, arrivés de toute l’Égypte. Une manière pour eux de se préparer à la Messe du lendemain avec le Saint Père. Le moment le plus fort de la soirée a été de connaître la vie de Chiara Luce » Selon toi, qu’est-ce qui peut changer avec cette brève mais intense visite? “Je crois que de nouvelles voies à parcourir se sont ouvertes, spécialement en ce qui concerne le dialogue interreligieux et œcuménique. Il y a désormais davantage de confiance dans le Pape, dans l’Église. Aussi je pense qu’il sera plus facile d’aller de l’avant. Il faut rester ouverts, même si, à mon avis, il faudra du temps pour assimiler et comprendre en profondeur les différents discours du Pape. Au cours de la messe, lors de son homélie sur les disciples d’Emmaüs, lui-même a souligné qu’ils avaient mis du temps à saisir l’événement du Ressuscité. Nous aussi, après cette visite, nous sentons, comme ces disciples, “notre cœur tout brûlant” d’une grande joie ».
Angola : le courage de pardonner
«Mon frère était né le 12 mars 1995 dans la ville de Bié, au sud de l’Angola. C’était un enfant joyeux, il aimait la nature, monter dans les arbres, cueillir les fruits et les apporter aux autres. Il était vif et actif et avait commencé très jeune à travailler. A l’âge de 15 ans, il a commencé à atteindre ses objectifs. Ne voulant pas peser sur ses parents, il a commencé à travailler comme aide maçon. Puis à 16 ans, comme mécanicien de moto et de vélo. Il rêvait de devenir médecin pour pouvoir aider les gens, comme notre père. Oui, parce que je suis en train de vous raconter la vie de mon frère. Il y a deux ans, avec trois de ses amis, ils sont allés à la mer. Alors qu’ils rentraient à la maison, ils ont été surpris par les policiers. A cette époque-là, il y avait beaucoup de tensions en ville, beaucoup de violence. Afin de la contrôler, la police avait décrété un couvre-feu : tous ceux qui étaient dans les rues après 18 heures devaient être arrêtés. C’était une façon de faire peur aux délinquants et de tranquilliser la population. La plupart des personnes cependant, n’avaient pas été encore averties de cette décision qui n’en était qu’à son premier jour d’application. Parmi celles-ci, mon frère et ses amis qui se sont tout simplement trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Mon frère, pris pour un délinquant, a été arrêté. Le temps passait et il ne rentrait pas à la maison. Angoissés, nous avons été le chercher partout : dans la famille, dans les hôpitaux, en prison, à la plage où il était allé. Mais aucune trace de mon frère. A la fin, un oncle nous a proposé de le chercher dans le dernier endroit où nous aurions voulu aller : la morgue. Son corps était là. Il avait seulement 20 ans et tout le futur devant lui. Cela a été un moment très dur, une très grande souffrance pour notre famille. Vues les traces sur son corps, on comprenait que les policiers avaient été très cruels avec lui et qu’il avait souffert terriblement avant de mourir. Cette tragédie a provoqué une profonde crise, en particulier chez mon père. Lui qui avait choisi de travailler pour sauver des vies humaines, se trouvait maintenant devant le drame d’un fils qu’il n’avait pas pu aider… Je connaissais la spiritualité du Mouvement des Focolari depuis longtemps, et j’essayais de mettre l’Évangile concrètement en pratique. Dans le fait de me donner aux autres, j’avais trouvé une plénitude de vie. Mais avec la mort de mon frère, est né en moi un sentiment de haine envers les policiers qui avaient commis cette atrocité. La douleur creusait en moi un vide impossible à combler. J’ai été longtemps tourmentée intérieurement : dans mon for intérieur, je sentais cependant qu’un processus de pardon se mettait peu à peu en route. Mais cela n’a pas été facile. Seulement Dieu pouvait remplir ce vide et rendre mon cœur capable de miséricorde. Au cours de ce processus, l’amour de la communauté des Focolari dans ma ville a été fondamental. Je me suis sentie aimée, écoutée et aidée par tous. J’ai ainsi trouvé en moi la force de pouvoir faire ce choix. J’ai redécouvert le don de la paix en la reconstruisant tout d’abord en moi-même. Jusqu’à arriver à regarder chaque policier avec, dans les yeux et le cœur, plein de miséricorde.»
Chiara Lubich aux jeunes : Visez haut
«Très chers jeunes (…) Dieu appelle de façons variées : il y a ceux qu’il appelle à des missions particulières. Il appelle des jeunes, par exemple, à la sublime vocation au sacerdoce, à être d’autres Lui ; il appelle des hommes et des femmes dans les parterres fleuris du jardin de l’Église que sont les familles religieuses, afin que le parfum des vertus ne cesse de se répandre sur l’Épouse du Christ. Il appelle des hommes et des femmes à une donation à Dieu personnelle et communautaire dans les mouvements ecclésiaux modernes, ou à former des familles modèles, véritables petites Églises. Souvenez-vous en : il appelle à tout âge. Il appelle aussi des adolescents, et même des enfants ; il appelle partout dans le monde. Comment parvient-on à connaître sa propre vocation ? Par expérience, je peux vous assurer que cela nécessite en général une disposition particulière. Comme l’appel de Dieu est un acte d’amour de sa part, s’il trouve l’amour dans les âmes, il est plus libre d’appeler. Alors, que faut-il faire pour entendre la voix de Dieu ? Il faut aimer mais d’un amour authentique. En faisant ainsi, nous facilitons la tâche de Dieu ; et si l’on connaissait déjà sa propre vocation, on trouve dans l’amour la façon la meilleure pour la réaliser. Mais cela nécessite un amour authentique. L’amour véritable est tellement important que, si tu le vis, tu déchaînes dans le monde une révolution, la révolution chrétienne. L’amour authentique a quatre qualités : il aime tout le monde car Jésus est mort pour tous ; Marie est la mère de tous. Donc un amour vrai est celui qui ne s’arrête pas à l’humain dans l’autre, parce que celui-ci est sympathique ou antipathique, jeune ou vieux, blanc ou noir, allemand ou italien, d’une religion ou d’une autre, ami ou ennemi. L’amour véritable aime tout le monde, essayez de le vivre. Nous sommes un peu habitués à aimer nos amis, à aimer nos parents, les membres de notre famille, toutes choses magnifiques. Mais avons-nous dans le cœur l’amour pour tout le monde ? Essayez, essayez. C’est une révolution. Car les gens ne comprennent pas et disent ensuite : « Pourquoi fais-tu cela ? Pourquoi me veux-tu du bien ? Pourquoi m’as-tu donné ce stylo ? Pourquoi as-tu fait ce devoir pour moi ? Pourquoi ? » « Pourquoi ? Parce que je veux aimer tout le monde » ; et là commence le dialogue entre nous catholiques, avec les [membres d’] autres Églises ou [d’] autres religions : un dialogue s’établit lorsque commence l’intérêt pour les autres personnes. Donc, souvenez-vous que le premier point de l’amour véritable est : aimer tout le monde. Second point : aimer en premier. Lorsque Jésus est venu sur terre, nous ne l’aimions pas, nous étions tous pécheurs. Lui, nous a aimés le premier. Il faut aller à la rencontre de tout le monde, ne pas attendre d’être aimé, ne pas aimer parce que tu es aimé, non ! Il faut aimer en premier. C’est cet amour que l’Esprit Saint a répandu dans nos cœurs ; c’est l’amour même, présent dans la Sainte Trinité, dont nous participons mais qu’il faut mettre en pratique. Ensuite, il faut voir Jésus en tous, car il l’a dit : au jugement final, l’examen portera sur cela : c’est à moi que vous l’avez fait ; ce que nous faisons de bien et ce, malheureusement, que nous faisons de mal. Donc, troisième chose : aimer tout le monde, aimer en premier, voir Jésus dans le prochain. Mais un amour qui ne doit pas être platonique, sentimental : un amour concret et, pour être concret, il faut, comme le dit Paul, se faire tout à tous, se faire un avec celui qui souffre, se faire un avec celui qui se réjouit, partager joies, souffrances, besoins. Partager. Alors : aimer tout le monde, aimer en premier, voir Jésus [dans l’autre], et ensuite aimer concrètement. C’est ce que nous pouvons faire : mettre l’amour vrai dans notre cœur. L’appel, c’est sa part à Lui ; la nôtre, c’est celle-ci [aimer tout le monde, etc.] ; l’appel c’est sa part, c’est ce qu’il fait. Très chers jeunes, Dieu ne cesse pas d’appeler, en particulier lorsque nous aimons. À nous de répondre et de composer, par notre vie, ce merveilleux dessein divin que Dieu a sur chacun de nous pour le bien de tous. Savez-vous ce que signifie mettre Dieu à la première place ? Qu’il t’appelle à te consacrer à Lui ? Ou qu’il t’appelle à former une belle famille ? Mettre Dieu à la première place dans sa vie signifie trouver déjà ici-bas le bonheur. Et c’est ce que je vous souhaite à tous ! Visez haut, chers jeunes, nous avons une seule vie, elle ne se répète pas : il convient de bien l’employer. »
Rome : le « Village de la Terre »
La colline du Pincio est un balcon privilégié qui donne sur la ville de Rome. De sa célèbre terrasse on jouit d’une vue imprenable. Mais du 21 au 25 avril une foule en fête a pris la place du panorama pour en devenir l’acteur indiscutable : les participants au « Village de la Terre », manifestation organisée par Earth Day et le mouvement des Focolari dans le cadre de la Villa Borghese, véritable centre et poumon vert de la capitale. 130 000 visiteurs, familles, enfants, jeunes, citoyens de passage, mais aussi des ministres, des personnalités connues de la vie économique et culturelle, des cardinaux et divers responsables de différentes religions. Cinq jours d’événements, de rencontres institutionnelles, de forum à thèmes, de cours, de spectacles (même des big de la musique), un village des enfants – dans le contexte des célébrations mondiales sur le thème de l’écologie et le respect de l’environnement – qui ont attiré même des touristes qui par bandes se promenaient, sous un soleil complice des jours de fête. Dans le Village de la Terre, le mouvement des Focolari a trouvé, déjà l’an dernier, l’endroit idéal où réaliser une de ses manifestations les plus significatives, la Mariapolis : une ville temporaire mais effective, où les habitants reprennent la décision de vivre la Règle d’or qui invite à « faire aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse à toi-même ». « Cette règle est pour nous le cœur vivant de l’écologie intégrale », expliquent les organisateurs de la manifestation, qui ont eu l’an dernier la visite inattendue du pape François. Concept repris par le Cardinal Parolin, Secrétaire d’Etat du Vatican, pendant la messe célébrée au Village : « La flamme qui pousse vers Dieu » équivalant à une « flamme qui se tourne vers nous-mêmes, dans sa partie la plus vraie, la plus profonde, la plus essentielle (…). Une attitude nouvelle vis-à-vis de la création, le développement d’une écologie intégrale vécue avec joie et authenticité à l’exemple de St François d’Assise ».
Nombreux ont été les sujets abordés. Un thème particulier a été celui de l’Économie de Communion. Il se base sur un concept de marché qui dépasse les logiques du capitalisme sauvage, préférant penser l’économie comme instrument d’humanisation des rapports. L’Économie du Village. La Communauté et les Entreprises, animée par l’économiste Stefano Zamagni. Etape d’un parcours de formation qui a proposé aux participants – citoyens et opérateurs économiques et culturels – un espace de partage d’idées, d’expériences et de projets basés sur paix et économie. Binôme qui aujourd’hui semble irréalisable, vu que derrière chaque conflit, et même derrière les migrations de milliers d’exilés, se cachent d’énormes intérêts financiers. Il existe pourtant – et au Village nous les avons vus – des économistes et des entrepreneurs qui ont fait le choix, à contrecourant, de construire des entreprises qui produisent des bénéfices qu’ils destinent, en partie, à alléger des situations de pauvreté. Dans le panorama actuel, on trouve des réponses concrètes qui donnent espoir. Autre thème central, le dialogue interculturel et interreligieux. Le témoignage provenant de Fontem par Maria Bencivenni et Martin Nkafu a été significatif. Dans le petit village du Nord-Ouest du Cameroun, au fin fond de la forêt équatoriale humide, se trouve l’hôpital Mary Health of Africa, fondé par les focolarini en 1966. En raison d’une haute mortalité infantile, le roi du village avait demandé de l’aide. En réponse, les Focolarini avaient envoyé des médecins, des infirmières, des ingénieurs civils, et des techniciens, ouvrant ainsi une histoire extraordinaire d’amitié et de vie harmonieuse entre chrétiens et fidèles de religions traditionnelles, européens et africains.
Livia Turco, plusieurs fois députée et Ministre de la Santé, ainsi que Béatrice Lorenzin, actuelle Ministre italienne de la Santé, avec Vittorio Pelligra, professeur en Économie, ont présenté le volume « Fidélité créatrice. Les défis de l’actualisation d’un charisme » de Jesús Morán, actuel coprésident du mouvement des Focolari. Un échange sur politique et charismes, deux sujets apparemment éloignés, au point que Chiara Lubich elle-même avait défini la politique, instrument par excellence apte à répondre aux besoins et aux défis d’aujourd’hui, l’ « amour des amours ». Fidélité créatrice : idéalité et concret, nouveauté et fidélité. Un défi identitaire, dans tous les milieux. « Fidélité créatrice signifie ne pas avoir peur de regarder en face les changements, mais en même temps rester solidement ancré dans ses propres principes et valeurs. Ce n’est pas facile sur cette terre mondialisée de construire un monde d’équité et de justice sociale – a affirmé L. Turco – C’est un défi énorme et difficile ». Un message de paix a été lancé le dernier jour. Alors que les enfants participaient au laboratoire Jouons ensemble pour la paix afin d’apprendre les différences que l’on rencontre entre les religions chrétienne, juive, musulmane et bouddhiste ainsi que les différents lieux de culte, et une mosaïque faite de mots à peine appris, sept femmes de cinq religions différentes ont donné vie à un panneau « Mère de la Terre », table ronde de dialogue interreligieux sur la protection de l’environnement vue par les religions. « Les femmes – a déclaré Franca Cohen, présidente de la communauté juive Beth Hillel – de par leur nature savent ce que veut dire s’occuper et protéger une graine pour qu’elle puisse devenir un être sain et harmonieux. Par le dialogue entre les différentes cultures et croyances religieuses elles peuvent surmonter la peur de la différence et œuvrer en synergie pour honorer l’œuvre de l’unique créateur ». « Selon notre tradition – a ajouté Lilamaya Devi, de l’Union Hindouiste italienne – Dieu se repose sur les pierres, respire avec les arbres, dort avec les animaux et se réveille en l’homme. Les religions ont une fonction très importante, celle de rappeler à tout le monde le lien profond avec la Terre ». « La nature – Mervat Kelli, syrienne, syro-orthodoxe – est un sanctuaire qui nous enseigne le rapport réciprocité que nous devons entretenir et comment vivre en profonde harmonie ». Le Village pour la Terre a fermé ses portes et ouvert de nombreux cœurs. Les participants sont rentrés en s’immergeant dans la réalité métropolitaine, décidés à vivre pleinement en communion avec leur environnement et l’humanité qui se trouve autour d’eux.
Barber: les villes peuvent sauver le monde
Le 24 avril, le Professeur Benjamin Barber nous a quittés après une courte maladie. Il avait 77 ans. Il laisse son épouse Leah et sa fille Cornélia. Philosophe de la politique, auteur de divers ouvrages, dont le best-seller Jihad Vs. McWorld, Barber a dédié sa vie, passionnément et jusqu’au dernier instant, aux questions de la citoyenneté et de la démocratie. Il était convaincu que les grands défis de l’interdépendance peuvent se résoudre de façon positive si les citoyens s’engagent à vivre les vertus civiques et participent activement à la vie politique. Sceptique quant à la capacité des états-nations à donner des réponses aux défis de la globalisation contemporaine (changement climatique, terrorisme, immigration, pauvreté), Barber a souligné, au cours des dernières années, l’indispensable rôle protagoniste des villes. Dans son livre “Si les Maires gouvernaient”, il a démontré comment les villes répondent aujourd’hui de manière plus efficace que les États aux problèmes de notre monde interdépendant. C’est pourquoi, ces dernières années, Barber, avec la passion et la ténacité qui l’ont toujours caractérisé, avait créé le Parlement Mondial des Maires, auquel ont déjà adhéré 49 maires, parmi lesquels les italiens Leoluca Orlando et Virginio Merola. J’ai connu Barber le lendemain du 11 septembre, à New-York, dans la maison du journaliste italien Antonio Monda. Nous dînions en compagnie de Leoluca Orlando et Barber nous a parlé d’une de ses nouvelles initiatives : proposer chaque année une Journée Mondiale de l’Interdépendance le 12 septembre, jour qui suit l’anniversaire de l’attaque des Tours Jumelles et du Pentagone. En fait, pour Barber la réponse à l’attaque du 11 septembre ne pouvait pas être militaire, mais elle devait naître d’un engagement commun pour trouver ensemble des solutions appropriées et durables aux grands défis de la globalisation, qui, ne pouvaient pas être traités de manière isolée. Rappelant que les États-Unis étaient nés avec la Déclaration d’Indépendance, Barber a insisté sur la nécessité d’une nouvelle Déclaration de l’Interdépendance. Par la suite, j’ai collaboré étroitement avec lui pour organiser la première Journée de l’Interdépendance, symboliquement célébrée à Philadelphie. Ensemble, nous avons conçu et organisé la deuxième édition de cette journée à Rome, en 2004, avec la contribution essentielle du Mouvement des Focolari. C’est à cette occasion que j’ai eu le privilège de présenter Chiara Lubich au Professeur Barber et d’être témoin des différentes rencontres et des entretiens qu’ils ont eus au cours des années 2003 et 2004. Je me souviens que vers la fin de leur première rencontre, en juin 2013, à Rocca di Papa, Chiara, après l’avoir écouté attentivement, fit remarquer que le concept d’interdépendance était important, mais pas suffisant. Chiara, au cours de cette première rencontre, lui a dit: “Il faut non seulement l’interdépendance, mais ensuite aussi la communion. Il faut que les biens circulent. Mais ils ne bougent pas tout seuls, et pour cela il faut que les cœurs se mobilisent. C’est la raison pour laquelle je parle de la fraternité universelle, que nous réalisons pour le moment entre personnes ou entre groupes, mais si nous commencions à faire vivre cette fraternité entre les nations, nous pourrions résoudre le problème du terrorisme à sa racine ». Barber répondit: «Oui. L’expression “interdépendance” est une version légère du mot “communion”. C’est le premier pas vers la communion ». Et d’ajouter: « La démocratie a aussi à voir avec l’esprit, elle commence par une habitude qui vient du cœur et ensuite elle s’exprime de façon séculière. Aussi très souvent la séparation entre le spirituel et le temporel est exagérée ». Ce dialogue entre Barber et Chiara Lubich résonne encore de nos jours en raison de son indiscutable actualité. Barber nous laisse aujourd’hui le précieux héritage d’un engagement intellectuel et civique pour donner vie à une citoyenneté globale qui nous rapproche de l’unité Aldo Civico Source: Città Nuova
Parole de vie de mai 2017
À la fin de son évangile, Mathieu raconte les derniers événements de la vie terrestre de Jésus : Il est ressuscité et a mené sa mission à son terme. Il a annoncé l’amour de Dieu qui régénère chacun et permet la fraternité entre les hommes. Pour l’évangéliste, Jésus est « le Dieu avec nous », l’Emmanuel promis par les prophètes et attendu par le peuple d’Israël. Avant de retourner au Père, Jésus rassemble ses disciples et leur confie la poursuite de son œuvre. Entreprise difficile ! Mais le Seigneur les rassure : il leur promet sa présence chaque jour « jusqu’à la fin des temps » pour les accompagner et les encourager. Avec son aide, ils seront ses témoins. Alors beaucoup pourront le rencontrer à leur tour, vivre son commandement d’amour et former le nouveau peuple de Dieu. On pourrait dire que la joie de Dieu est de se tenir à côté de chacun de nous chaque jour jusqu’à la fin de notre histoire personnelle et de celle de l’humanité. Où pouvons-nous le rencontrer ? Chiara Lubich affirmait : « Jésus est là, au coin de la rue, à côté de moi, de nous. Il se cache dans ceux qui sont démunis, méprisés, les petits, les malades, ceux qui ont besoin de conseils, ceux qui sont privés de liberté. Il est en tous ceux qui n’ont plus apparence humaine, dans les marginaux et il dit : “J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger” 1. Apprenons à découvrir où il se trouve 2. » Il est présent dans sa Parole et, si nous la mettons en pratique, elle renouvelle notre vie. Il est présent dans l’eucharistie et dans son Église. Il est présent quand nous faisons naître la concorde autour de nous 3. « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » : que d’espérance nous donne cette promesse ! Quel encouragement à le rechercher sur notre route ! Ouvrons notre cœur et nos mains à l’accueil et au partage, personnellement et dans nos communautés : familles, églises, lieux de travail, associations civiles et religieuses. Jésus nous émerveillera de sa joie et de sa lumière, signes de sa présence. Alors nous ferons peut-être nous aussi une expérience comme celle-ci : « Ma belle-mère a une grande affection pour son fils, au point d’être un peu jalouse de moi. Or il y a un an, elle est tombée gravement malade. Du coup, il lui fallait une aide à domicile et des soins, que ma belle-sœur, sa fille, n’était pas en mesure de lui donner. « À peu près à cette époque, j’ai participé à une rencontre d’été des focolari, où j’ai découvert l’amour de Dieu. Ma vie en a été bouleversée ! En rentrant, mon mari et moi avons décidé d’accueillir ma belle-mère à la maison, sans aucune crainte. La lumière reçue me donnait un regard nouveau. Je savais désormais que c’est Jésus que je soignais et assistais en elle. À ma grande surprise, elle a accueilli avec amour chacun de mes gestes pendant cette longue période. « Après des mois de souffrances, elle est partie auprès de Dieu dans la sérénité, en laissant une grande paix dans le cœur de chacun. » Ce mois-ci, levons-nous chaque matin avec cette pensée : « Aujourd’hui je voudrais découvrir où Dieu désire me rencontrer. » Letizia Magri ___________________________________________________ 1 Mt 25,35. 2 D’après Chiara LUBICH, Découvrir Dieu proche (parole de vie de juin), Città Nuova, 26 [1982], 10, p. 44. 3 Cf. Mt 18,20.
Côte d’Ivoire : un prêtre en bicyclette
En 2010, j’ai été envoyé dans la paroisse de Sainte Marie, dans les environs de Man, capitale de la Côte d’Ivoire. A ce moment-là, je ne connaissais pas les traditions et la culture africaines. J’ai tout de suite été touché par la force et la vitalité de ces personnes, malgré la grande pauvreté et les conséquences désastreuses de la guerre. Avec le temps, j’ai appris à reconnaître la peur ancestrale par rapport aux blancs. Pour moi, prêtre d’origine suisse, il ne s’agissait pas de distribuer des aides économiques, mais de me mettre profondément à l’écoute. Ce que je pouvais offrir, c’était moi-même, mon entière disponibilité, l’absence de prétentions. J’habitais dans la Mariapolis Victoria, citadelle du Mouvement des Focolari, près de Man. Je partais de là chaque matin à vélo, vers mon quartier, j’allais à la rencontre des personnes dans les magasins, les bureaux, les rues. Je saluais tout le monde, en passant dans les ruelles, et m’arrêtant pour parler, en essayant parfois d’apporter la paix au milieu d’une bagarre. Je portais une attention particulière aux enfants : je parlais et je jouais avec eux et si quelqu’un n’était pas bien, je l’emmenais au dispensaire de la citadelle. Je faisais aussi la même chose avec les parents et la famille. Pour cette raison, presque tous les enfants de la paroisse ont appris à me connaître et à me présenter à leur tour aux adultes. A l’occasion des fêtes, je traversais avec eux le quartier pour souhaiter les vœux aux familles chrétiennes et musulmanes. J’ai ainsi pu faire amitié aussi avec l’Imam et avec les pasteurs d’Églises évangéliques. Un jour, un jeune de la paroisse m’a accosté, il voulait faire quelque chose pour les jeunes des villages, qui à cause d’un malentendu avaient décidé de ne plus fréquenter l’Église. Dans le but de les soutenir pour leurs voyages, je les ai encouragés à faire de petites activités : un geste d’auto-financement très apprécié également par l’évêque. Dans les onze villages dans lesquels nous nous sommes rendus, les jeunes du lieu, après avoir été sensibilisés, se sont mis à visiter les malades et les personnes âgées. Au cours de l’Année de la Miséricorde, avec les habitants de la Mariapolis Victoria, nous avons soutenu l’évêque dans les projets du diocèse, en accueillant une rencontre avec les chefs selon la tradition, les pasteurs des églises évangéliques et les Imam. La marche pour la fraternité entre les peuples, qui a traversé toute la ville, s’est terminée dans la citadelle. J’ai également remplacé pour une période, l’aumônier de la prison civile. Pendant les célébrations, j’essayais de souligner l’importance de mettre en pratique l’Évangile. Parfois, d’autres personnes m’accompagnaient afin de donner leur témoignage. Ces célébrations se déroulaient sous un préau, dans une cour, au milieu d’une grande confusion. J’ai donc apporté un haut-parleur, en les invitant à l’utiliser aussi lorsqu’ils faisaient d’autres activités. J’ai su par la suite qu’ils l’avaient prêté aux musulmans, et que l’Imam avait été touché par cet acte de générosité, qu’il avait qualifié de ‘’typiquement chrétien’’. Avant mon départ, ils ont voulu organiser une fête pour me saluer, la direction de la prison était aussi présente. Et ils m’ont dit :’’Tu as mis en pratique ce que tu as prêché’’.
Fraternité universelle: au-delà des murs
l ne reste que trois jours avant l’ouverture, le 29 avril, de la Semaine Monde Uni avec du Meeting international des Jeunes pour un Monde Uni à Loppiano. Un RDV très attendu :500 jeunes sont dans les starting-blocks. « United World Project » est l’objectif qui les anime et qu’ils diffusent à l’aide de toutes les modalités de communication possibles. Mais en quoi consiste le Projet dont ils veulent être les protagonistes ? C’est un réseau de gestes innombrables, contagieux et courageux, qui puissent jeter des ponts, ouvrir des chemins de dialogue et de solidarité, montrer des parcours de fraternité. “La crise financière, économique et surtout culturelle qui traverse tous les Pays – peut-on lire dans le programme intitulé « Fraternité universelle : une chance pour le monde ? » – pose des questions à notre époque. Comment donner un avenir de paix, de liberté, de justice, aux peuples de la terre ? Nous voulons avancer en partant de l’unité de la famille humaine, montrer l’horizon de la fraternité universelle aux hommes et aux peuples. C’est le projet de notre vie ». La bordure qui va du Golf du Mexique à l’Océan Pacifique (3169 kms de barrières métalliques et de és, de tours de contrôle), donne symboliquement forme aux rêves brisés de nombreux migrants à la recherche d’un avenir. Dans les environs, à Mexicali (mais c’est le cas aussi à Calexico, du côté des États-Unis), un groupe de jeunes mène des actions depuis plusieurs années : malgré ce mur, ils croient vraiment à un monde sans murs. “Nous avons commencé à chanter dans un parc de notre ville situé juste à côté du mur frontalier. Une façon d’apporter un peu de réconfort à ceux qui transitent dans le secteur. La deuxième étape a consisté à entrer dans la prison de très haute sécurité de la ville où cohabitent 4000 personnes, pour leur offrir musiques et chansons. Après avoir subi de nombreux contrôles, on nous a permis de passer quelques heures avec 130 détenus réunis dans une salle. Pendant le déjeuner, ils nous ont dit que c’était la seule visite qu’ils avaient eue au cours de ces deux années ». En 2016 une étape de la course de relais mondiale Run4unity a eu lieu juste à côté du mur. « Nous avons voulu mettre notre drapeau le long du mur comme symbole de l’unité que nous nous engageons à construire avec tous ceux qui vivent de l’autre côté ».
“Fazenda de la Esperança” en visite chez les Focolari
L’amitié des Focolari avec “Fazenda da Esperanca” remonte à plusieurs années, lorsque la première « Fazenda » voit le jour. On est en 1983 : Nelson Giovanelli, un jeune brésilien de la ville de Guaratinguetà (dans l’arrière-pays de Sao Paulo), rentre en contact avec un groupe de jeunes toxicomanes, poussé par les paroles de l’apôtre Paul : « Je me suis fait faible avec les faibles… ». Un des jeunes se sent concerné et demande de l’aide pour sortir de son addiction à la drogue. Beaucoup d’autres le suivent. Nelson connaît et vit la spiritualité de l’unité de Chiara Lubich. A ses côtés Hans Spatel, un franciscain allemand, soutient son initiative dès le début. L’œuvre naissante va donc se développer et repose sur ces « deux charismes », comme l’a souligné le pape émérite Benoit XVI lors de sa visite à la communauté de Pedrinhas au cours de son voyage apostolique au Brésil en 2007 : le charisme de l’unité de Chiara Lubich et celui de la pauvreté de St François d’Assise. Dimanche 23 avril 2017: un groupe de 60 personnes, des jeunes et des adultes, visite le Centre international du Mouvement des Focolari, à Rocca di Papa (Italie). Ils viennent pour la plupart du Brésil, mais il y a aussi des représentants d’autres pays latino-américains comme l’Uruguay, l’Argentine, le Paraguay et le Mexique ; l’Allemagne et la Suisse ; l’Angola et le Mozambique, et les Philippines. Leurs quatre fondateurs sont avec eux : Frère Hans Stapel, Nelson Giovanelli Rosendo dos Santos, Lucilene Rosendo, Iraci Leit, ainsi que leur conseil général pour l’Europe.
“Le but de ce voyage – explique Frère Hans – est de faire connaître en Europe l’expérience de la Fazenda. Offrir cette possibilité d’aide aux jeunes qui aujourd’hui souffrent de l’esclavage des addictions. Nous irons en Italie, mais aussi en Suisse, en Allemagne, en France, en Pologne et au Portugal, c’est-à-dire dans les Pays où des Fazendas sont présentes et où ces 60 personnes donneront leur témoignage. Chez nous elles ont découvert une vie nouvelle et c’est pourquoi elles ont décidé d’entreprendre, pendant trois mois, une expérience missionnaire et d’évangélisation en Europe. Elles ont fait un gros effort pour payer leur billet d’avion, un signe concret de leur témoignage vécu dans la gratuité ». Pourquoi vous rendre au Centre du Mouvement des Focolari? « Parce que c’est notre grand désir – répond Nelson Giovanelli – de leur donner l’occasion de connaître les origines du charisme dans lequel s’enracinent les Fazendas ». Et de rappeler ensuite sa lettre écrite à Chiara Lubich en 1990, où il lui fait part de son appel à aimer « Jésus abandonné dans les personnes victimes de la drogue ». Chiara l’encouragea à suivre cet appel de l’Esprit. Aujourd’hui on compte 124 Communautés de Vie réparties dans diverses régions du monde. Elles accueillent plus de 3000 jeunes décidés à se libérer de l’addiction à la drogue, à travers une redécouverte personnelle de la dignité et des valeurs de la vie. En Europe il y a 14 Fazendas et au cours de ces mois quatre autres seront inaugurées (en France, Pologne et Italie).
Dans les “Fazendas de l’Espérance”, des personnes se dédient volontairement et s’engagent gratuitement au service des jeunes. Elles forment ainsi la communauté de la « Famille de l’Espérance ». « Mon père était alcoolique, il ne croyait pas en l’amour… – raconte Priscilla, une jeune argentine -. Quand j’ai découvert la Fazenda et que je m’y suis engagée comme bénévole, j’ai retrouvé la relation avec lui, après quinze ans d’éloignement. Je lui ai pardonné et petit à petit il a cessé de boire. Le pardon pour moi c’est tout, il résume ma vie : Dieu, je le trouve dans l’amour que je donne ». Jesús Morán, coprésident des Focolari, leur a transmis les salutations de Maria Voce et les a remerciés pour leur témoignage de vie évangélique. Il leur a souhaité à tous « d’être toujours proches des personnes qui souffrent, de Jésus abandonné, afin que “tous soient un”, en commençant par les plus délaissés ». Leur séjour en Italie prévoit la visite de la ville de St François et de la Cité pilote internationale de Loppiano, où ils participeront au Meeting « Pulse » ainsi qu’au rendez-vous festif des jeunes le 1er mai.
[:it]Cercate la pienezza della gioia
Maria Voce à Malte
Programme: 2 Mai – Séminaire Communion et Droit: “Le Droit comme instrument d’intégration dans une société multiculturelle”. 5 Mai – Rencontre avec l’Archevêque de Malte, Mgr. Charles J. Scicluna. – “Dialogue ou dialogues? Un style de vie” : discours à l’occasion du 40ème anniversaire de la Commission Œcuménique Diocésaine. 7 mai – Participation au Forum “The State of Europe”.
New Humanity: projet Host Spot
“Les réfugiés ne se réduisent pas à des chiffres qui tapissent les journaux télévisés, mais ce sont des personnes à accueillir dans leur dimension humaine de femmes et d’hommes qui se sont vus privés de sentiments et de projets”. C’est la conviction à laquelle sont arrivés 18 jeunes de cinq Pays d’Europe et du Moyen-Orient, réunis à Bad Urach (Allemagne), du 12 au 17 mars, pour la seconde étape du projet Host Spot, promu par New Humanity et Starkmacher, ainsi que d’autres associations, et cofinancé par le programme Erasmus+ (UE). Host Spot poursuit deux objectifs: Host vise l’accueil et Spot la réalisation de brefs vidéo-documentaires pour sensibiliser l’opinion publique.
Au cours de la première phase du projet, qui s’est tenue en Jordanie en août 2016, les jeunes avaient pu recueillir directement, au contact des réfugiés syriens et irakiens – hôtes de la Caritas Jordanienne (Secours Catholique) – les dramatiques récits de leur migration forcée, en les illustrant d’enregistrements vidéo. Une expérience qui les a rendus conscients des réelles motivations qui les ont poussés à quitter leur propre Pays, des risques encourus au cours de leur exode, des conditions précaires dans lesquelles ils sont arrivés sur une terre nouvelle. L’idée de faire connaître cette situation douloureuse avait déjà pris corps lors de leur séjour à Amman. Les jeunes étaient en effet convaincus qu’en portant au devant de la scène ces informations, ils auraient pu donner au débat en cours, surtout centré sur les stratégies politiques et les coûts économiques et sociaux, une vision exacte du phénomène migratoire ; un apport concret de leur part, à travers une campagne de sensibilisation de l’opinion publique. Au cours de la rencontre qui s’est tenue à Bad Urach on a voulu développer chez les jeunes des compétences techniques dans le domaine de la communication et de la production de documentaires à caractère social. Il y avait aussi à leurs côtés quelques experts qui travaillent en contact direct avec les réfugiés. Ceux-ci leur ont fourni de nombreuses informations sur la situation en Allemagne et sur les systèmes d’hébergement européens. Une contribution importante pour faire connaître plus objectivement la situation, souvent rapportée de façon partielle et manipulée par les médias.
Les jeunes participants amenaient avec eux leur bagage culturel et la vision du phénomène migratoire telle qu’elle est vécue et affrontée dans leurs Pays respectifs. Ils se sont remis en cause à travers un exercice de réflexion et d’écoute, en accueillant et en comprenant la pensée de l’autre ; tous convaincus que la contribution élaborée au cours de ces jours, si modeste fut-elle, apporterait un changement. Le succès de cette étape du programme réside dans le fait d’avoir réalisé un apprentissage international dans un climat de partage entre jeunes de cultures et de langues différentes. A travers ateliers, séminaires, débats, de nombreux préjugés et stéréotypes qu’européens et moyen-orientaux nourrissaient les uns envers les autres se sont écroulés. Ils ont découvert que, malgré les diversités, ils avaient de nombreuses valeurs communes. Pour ce qui est des productions concrètes, trois spot vidéo ont été réalisés, destinés à être partagés avec les jeunes des divers Pays, pour les encourager à faire des expériences semblables et devenir eux aussi des promoteurs du changement. La troisième et dernière étape du projet aura lieu en Égypte, à la fin octobre 2017. Facebook
Chiara Lubich: comment construire la Paix
https://vimeo.com/148631350
Évangile vécu : dans les ruelles étroites de la vie
Le meilleur travail « Suite à un accident, j’avais perdu un bon travail et le salaire de ma femme ne suffisait pas pour toute la famille. Cependant la providence ne nous a jamais abandonnés, en nous faisant trouver au moment opportun des « petits boulots » qui nous permettaient de finir le mois. Le soir, nous demandions avec les enfants une aide dans la prière, non seulement pour nous, mais aussi pour tous ceux qui étaient dans le besoin. Six mois après l’accident, juste au moment où la situation économique de notre pays devenait plus critique, j’ai trouvé un travail meilleur que celui que j’avais perdu. » J.L. – Uruguay La chambre d’à côté « J’étais à l’hôpital, dans un état de prostration et d’obscurité, à cause de mon état de santé et des médicaments que je prenais. Je ne savais pas quoi faire pour me sortir de là. J’entends le bruit d’une sonnette : quelqu’un de la chambre d’à côté appelait l’infirmière. Je me suis levé pour voir si je pouvais aider. Il s’agissait tout simplement de donner de l’eau à un malade. Je suis resté à son chevet, et me suis intéressé à lui en essayant d’écouter à fond ce qu’il disait. Je ne sais comment mais d’un seul coup je me suis senti plus léger. » T.d.M. Italie Un cadeau inattendu « Nous sommes mariés depuis 50 ans, nous avons vécu, comme dit le Qohéleth, le temps de bonheur et le temps de douleur.Lors d’ une période où nous nous serrions la ceinture, un soir nous comptions le peu d’argent qui nous restait et nous réfléchissions sur ce qu’il était préférable d’acheter pour donner à manger aux enfants. A ce moment-là un ami nous téléphone : il voulait passer chez nous parce qu’il avait reçu en cadeau deux dindes, et il voulait nous en donner une. C’est vrai que nous avons un Père qui ne nous abandonne jamais. » T.et R. _ Pologne Imprévu « Je voyage souvent pour mon travail, et je fais un programme détaillé de ce que je dois faire, toujours prêt cependant à changer certaines de mes prévisions. J’ai remarqué, à ma grande surprise, que l’imprévu, s’il est accueilli des mains de Dieu, est au final meilleur que ce que j’aurais programmé. « Lui laisser la place » non seulement quand je voyage, mais dans toutes les autres circonstances, est une véritable école pour rester attentif. Face à la beauté de son programme, même si ça me coute de perdre le mien, je dois reconnaître que le Metteur en scène invisible sait m’indiquer quelle est ma vraie réalisation, mon bonheur. » T.M. _ Pologne
Le printemps de la famille
Chaque année, le printemps commence avec quelques jours d’avance par rapport au calendrier, pour qui se souvient de Chiara Lubich. Le 14 mars est un bouquet complet d’initiatives et rendez-vous, partout dans le monde, avec des caractéristiques et tonalités diverses, pour rappeler la fondatrice des Focolari, le jour de sa mort, ou mieux, de sa naissance au ciel, survenue en 2008. En 2017, cette récurrence particulière et sincère s’est croisée avec une autre, le 50ème anniversaire de la fondation de Familles Nouvelles, la branche du mouvement qui comprend 800 000 familles de tous les continents qui se proposent de vivre la spiritualité de l’unité et irradier, dans leur environnement, les valeurs de la fraternité universelle. Chiara Lubich et la famille, un binôme puissant. Mis en évidence par l’attention particulière et par l’accent juste donné par la fondatrice à un « dessein audacieux, magnifique, exigent », dont « les valeurs immenses et très précieuses, projetées et appliquées à l’humanité, peuvent la transformer en une grande famille ». « Là, devant vous, il me semble voir Jésus qui regarde le monde, regarde les foules, et en a pitié – avait déclaré Chiara Lubich durant l’historique discours de fondation de Familles Nouvelles, le 19 juillet 1967 – parce que de toute cette partie du monde, j’ai mis sur vos épaules celle qui est la plus abîmée, la plus semblable à Jésus dans son abandon. (…) Cette pitié n’est pas restée dans le plan sentimental, mais s’est transformé en œuvres. »
Des œuvres qui sont visibles aujourd’hui: initiatives culturelles, soutien aux mineurs, séminaires pour familles, aide aux séparés, projets sociaux et éducatifs qui mettent en lumière la valeur anthropologique et universelle de la famille à l’interne de la grande « famille humaine ». La concrétisation est typique de cette « première cellule » de la société, qui a été fortement soulignée aussi dans les deux Synodes sur le thème (2014-2015) dont les contenus sont présents dans l’exhortation apostolique Amoris laetitia du pape François, qui fête ces jours son premier anniversaire de publication. « La joie de l’amour », dont parle le pape, est bien représentée dans les mille voix et sur les visages des personnes et familles venues des cinq continents à Loppiano (Italie) en mars dernier, pour participer à l’événement (le multi événement international) « Family Highlights« , trois jours pour apprendre l’art de la réciprocité. « La vie matrimoniale est comme une barque, commentait une famille du Pérou, si on rame seul, on fait un énorme effort » et cet « art d’aimer » donne la force à la famille de se régénérer, à travers la confiance, le pardon, la responsabilité, la créativité, l’accueil, le soutien.
L’événement de Loppiano a été le pivot autour duquel, autant avant qu’après, se sont déroulées plus de cent manifestations dans le monde entier, à commencer par l’événement inaugural, le 27 janvier dernier au Caire (Egypte) et ensuite durant les mois suivants (certains sont encore en cours) à Panama, Croatie, Italie, Ouganda, Tanzanie, États-Unis, Brésil, France, Kenya, Lituanie, Australie, Belgique, Canada, Burundi, Singapour… où ont été présentées des expériences concrètes et des séminaires sur les thèmes de l’éducation, de la relation de couple, de l’accueil, des histoires du quotidien et héroïsme caché en zone de guerre, de solidarité en situations difficiles et envers les peuples défavorisés, avec des workshops, spectacles, moments de fête ou de prière commune. S’il est difficile de tous les nommer et de décrire les caractéristiques que chaque événement a eu sous les différentes latitudes, il est impossible de ne pas reconnaître, dans cet allumage joyeux de « lumières pour la famille » – presque des feux d’artifice – allumées en harmonie avec d’autres mouvements, représentants d’Églises, religions et institutions civiles diverses, ces « semences de communion pour l’humanité du Troisième millénaire » prophétisées par Chiara Lubich en 1993.
Emanuele Camagma
- Date de mort: 21/04/2017
- Branche: Volontario
- Nation: Italie
Castel Gandolfo (Italie): Semaine œcuménique
Gianni Caso. Le droit et l’Évangile.
Focolarino; magistrat, homme de grande culture, Gianni naît en 1930 à Roccapiemonte, en Campanie (Italie). Il étudie la jurisprudence au prix de grands sacrifices et travaille en même temps comme chancelier au Tribunal. Il devient responsable des jeunes de l’Action Catholique de Naples en raison de sa solide formation chrétienne. Après l’obtention de son diplôme, au cours de son service militaire, il fait la connaissance d’un focolarino qui lui offre la revue Città Nuova et, en 1959, il participe à la Mariapolis de Fiera di Primiero. Lors d’un discours enflammé de Bruna Tommasi, l’une des premières compagnes de Chiara Lubich, Gianni découvre dans l’idéal de l’Unité une affinité particulière avec sa vocation laïque, civile et politique. Devenu magistrat, il choisit le tribunal de Milan, ville où se trouve l’un des premiers focolares d’Italie, de façon à pouvoir ainsi approfondir sa connaissance de la vie d’unité. En 1965 il fréquente l’École de formation des focolarini à Loppiano, pour ensuite reprendre son En 1968 il est nommé juge dans le Trentin-Haut-Adige où il s’engage dans le Mouvement Humanité Nouvelle qui vient de naître et met en valeur la dimension sociale de la spiritualité des Focolari. Par la suite, devenu membre de la Cour d’Assise d’Appel de Rome, Gianni va s’établir au Centre du Mouvement, à Rocca di Papa. L’Italie, au cours des années 70, connaît des actes d’une violence extrême contre les institutions de l’État, qui donnent lieu à la lutte armée et au terrorisme. Durant ces années Gianni est choisi comme le juge rapporteur et rédacteur des arrêts rendus en appel lors du premier et du plus important des cinq procès pour la défense d’Aldo Moro, leader du parti de la Démocratie Chrétienne, assassiné en 1978 par le groupe armé connu sous le nom de « Brigades Rouges ». Chaque matin une escorte vient chercher Gianni et le raccompagne le soir. Habituellement, une fois chez lui, il se rend à la messe avec sa voiture. Un jour, au lieu de faire le trajet habituel, il change de parcours sans y réfléchir (il dira en raison d’une sorte « d’inspiration intérieure » et arrive chez lui par une autre direction. Il évite ainsi d’être séquestré par les terroristes qui l’attendaient.
Au cours des années 80 et 90, Gianni continue à travailler pour le Mouvement Humanité Nouvelle, en menant des actions importantes concernant la justice en Italie, en Europe et aussi les problèmes du monde pénitentiaire qui lui tiennent beaucoup à cœur. Il est nommé juge à la Cour de Cassation et au début des années 2000, avec d’autres personnes, il contribue à faire naître Communion et Droit, un réseau international qui rassemble des chercheurs et des travailleurs dans divers secteurs du Droit. Les années suivantes ont lieu des congrès internationaux et des sessions d’été dédiées à la formation des jeunes. Gianni fait preuve d’une sollicitude particulière dans cet engagement qui implique de dialoguer avec la culture juridique, en mettant en relation ses divers acteurs et aussi de créer des liens entre les nombreux secteurs juridiques et la société civile. Lorsque, en 2015, il laisse ses engagements, Gianni continue à accompagner les travaux à distance, à écrire, étudier, échanger, jusqu’à la fin. A l’annonce de sa mort, nombreux ont été les échos de la part de tous ceux qui l’ont connu et aimé : ses proches, ses collègues magistrats et professionnels dans le domaine de la Justice, des gens simples, tous reconnaissants envers le témoignage de cet homme de loi qui a fait de l’Évangile la norme de sa vie, en se laissant particulièrement guider par une phrase que Chiara Lubich avait choisie à son intention : « Quiconque d’entre vous voudra être le premier, sera le serviteur de tous » (Mc 10, 44) Une de ses amies magistrate, qui a parcouru avec lui le chemin vers une “justice de communion”, souligne la capacité de Gianni à valoriser au maximum toutes les catégories professionnelles relevant du monde de la Justice, avec un souci particulier pour les « petits » de l’Évangile, les prisonniers, qu’il aimait presque comme s’ils étaient ses enfants.
Ton cœur bat et le monde change!
PULSE – THE EVENT – 1 st May 10:00-12:30 (CET, UTC 1)
PULSE – THE MEETING, 29 Aprile 2017, Replay the streaming event: part 1 – part 2
Le cœur des jeunes, on le sait, bat plus rapidement. Son rythme est soutenu, présente des accélérations inattendues, signe d’une excellente santé; Et il reverse sur le monde qui l’entoure énergie, vitalité, dynamisme. Du 29 avril au 1er mai, “Pulse”, le meeting international (« Change your heart, Change the World), sera une “paire de journées” à rythme accéléré. Accrochez-vous bien. Cela pourrait être très contre indiqué pour ceux qui souffrent d’allergie au contact avec d’autres cultures, de la peur d’affronter, d’une tendance à résoudre tous les conflits par des solutions radicales et si possible violentes. En revanche ce pourrait être un excellent exercice pour ceux qui, une fois leur ceinture de sécurité détachée, désirent voyager à toute allure à la découverte d’un monde nouveau régi par la Paix érigée en loi universelle. Loppiano,, la Cité pilote qui, depuis la lointaine année 1973, est envahie de jeunes au début du mois de mai, offrira cette année à tous les participants (appartenant à divers mouvements et groupes, parmi lesquels Jeunes pour un Monde Uni, Nouveaux Horizons, Hirondelle, le Centre International La Pira, Non Dalla Guerra, Living Peace, L’Institut Universitaire Sophia, Dancelab, EcoOne, Economie Désarmée, Barbiana et Sportmeet) un espace de rencontre et de réflexion pour apprendre, se connaître et faire des projets. De nombreux témoignages du monde entier: Syrie, Équateur, Égypte, Jordanie, Liban et Irak. Six workshops autour de thématiques actuelles: accueil et intégration, engagement social, art, paix, sport, communications. Quatre forums pour approfondir la paix et les traditions religieuses, l’économie et la politique, l’éducation à la paix, la nature. Deux d’entre eux seront respectivement animés par le projet Living Peace International et par le groupe Economia Disarmata. Le premier s’inscrit dans l’action conduite par Carlos Palma, originaire de l’Uruguay. En 2011 il enseignait en Egypte. A partir de son expérience avec les étudiants, sur fond de guerres et de conflits dramatiques, naît un projet d’éducation à la paix, diffusé dans plus de 100 pays, avec la participation de presque 1000 écoles, groupes et associations. Aujourd’hui il touche plus de 200 000 enfants, adolescents et jeunes en divers points du monde. Le second, Économie Désarmée, organise désormais depuis quelques années un parcours d’éducation à la paix. A cette occasion il proposera « Objection à la guerre : sur les pas de Don Milani », avec la visite de la ville de Barbiana, près de Florence, accompagnée de la lecture des écrits de ce prêtre italien sur la guerre, la paix et l’objection de conscience.
Bref, un voyage à grande vitesse pour connaître – et choisir – quoi faire pour changer le cours de l’histoire, en devenant un nœud de ce réseau mondial, appelé “United World Project” , qui voit depuis 2012 l’engagement des Jeunes pour un Monde Uni, ainsi que d’autres groupes et associations. L’idée est de relier les divers « fragments de fraternité » pour les mettre en réseau. Le 1er mai, à la fin du Meeting, le rendez-vous attendu de Loppiano ouvrira à nouveau ses portes à de très nombreux jeunes provenant de plus de 40 pays, décidés à montrer à tous « les pulsations » les plus vraies de l’humanité : les innombrables actions en faveur de la paix et de la fraternité qui, moins bruyantes que la guerre, animent la vie de personnes, de groupes et de peuples. Au programme : musiques engagées, chorégraphies, prises de paroles, témoignages et espaces de dialogue sur la politique, l’économie, l’art, la religion, la culture, l’engagement social en faveur de la paix. Un événement à suivre jusqu’au 7 mai. La 21ème édition de la Semaine Monde Uni ouvrira toutes grandes ses portes. Depuis 1996 elle mobilise grands et petits sur tous les continents, dans une série d’actions qui se veulent toutes d’authentiques visages de la fraternité en actes. De quoi faire la course aussi. Une course pour de vrai. Le 7 mai « Run4Unity » clôturera la Semaine Monde Uni avec un autre événement mondial : un marathon sous forme de relais entre les différents fuseaux horaires unira la planète de façon symbolique. Il est encore possible de s’inscrire sur le site : run4unity Une période de pulsations cardiaques accélérées va commencer. Mais de celles qui sont salutaires, qui font du bien au monde. Pour pouvoir suivre les événements et interagir, utilise les hashtags suivants: #UnitedWorldWeek2017 – #4peace – #PULSE – #ChangeYourHeartChangeTheWorld – #MeetingY4UW – #PrimoMaggioLoppiano2017 – #run4unity2017
https://youtu.be/5Bc3pj_p0FY
Giordani: « marche vers la vie »
3 novembre 1955 Si l’histoire universelle est un cinquième Évangile pour l’humanité, le vécu personnel est la même chose pour chacun. Vu par Dieu, il semble être un dessin pour nous ramener de la dispersion à l’unité avec Lui. On voit alors comment la séparation de personnes chères et la perte d’honneurs et positions sont une expulsion de facteurs humains pour te laisser seulement avec le Seul. Et alors chaque journée endosse la valeur d’une aventure divine, si elle sert à te faire monter le long du rayon seul – ton rayon – qui est relié au Soleil de Dieu. On dit une marche vers la mort: et c’est un progrès vers la liberté, en haut de laquelle t’attend le Père: donc une marche vers la vie, qui n’a jamais de fin. 19 décembre 1956 La Sagesse chrétienne, en demandant de renoncer à nous-mêmes, ne nous demande pas un renoncement, mais une acquisition. Au lieu des ambitions humaines, elle éveille une ambition divine. Elle nous suggère de mettre Dieu à la place de notre Moi; c’est-à-dire de nous soulever du plan humain au niveau divin, de construire une société avec la Trinité. C’est une humilité qui opère une grandeur infinie. Voici pourquoi ensuite, depuis ce sommet, le monde apparaît misérable, les richesses apparaissent ridicules et les grandeurs deviennent friables. Renoncer donc à nous, pour être toujours avec Dieu: transférer l’Éternel dans le temps, faire de la terre le Paradis. Alors la douleur est la matière première de la grandeur: la croix, un escalier vers le Père Éternel. 26 décembre 1956 La vie est une occasion unique qui nous est donnée d’aimer. 16 octobre 1959 Comme réaction à l’individualisme, aujourd’hui est cultivée la vie communautaire et est donné à la socialisation un lieu central dans l’étude et dans l’éducation. C’est un mouvement qui aide à nous mener vers le frère et nous amène à faire l’ascension vers Dieu en union, en cordée. Mais il comporte aussi un danger: à force d’être avec ses frères, on oublie d’être avec Dieu. Le frère compte comme Janua coeli: mais si derrière Lui on ne voit pas le Père, on risque de substituer à la désolation de l’individualisme la désolation du groupe. C’est le Père qui nous accompagne: c’est Lui qui nous assiste et nous vivifie. Voici pourquoi, avec les désillusions qui pleuvent chaque jour de la cohabitation humaine, Il nous rappelle qu’il existe également une cohabitation divine: ou mieux que la communion, si du frère on passe au Père et du Père on retourne vers le frère. Igino Giordani
Miloslav Vlk: le fil d’or de ma vie
«Tout ce qui est arrivé dans ma vie a été un don de Dieu. Mon nom veut dire « loup », c’est aussi ma nature. Mais lorsque j’ai commencé à vivre l’évangile à la lumière de la spiritualité de l’unité la vie du loup a pris fin et celle de Miloslav a commencé, celle qui veut dire « doux ». On pourrait penser que c’est une contradiction : un « loup doux », mais c’est comme ça ». Plus tard, il rencontre Natalia Dallapiccola, une des premières focolarines, qui, elle aussi, est allée habiter en DDR. Le cardinal n’est même pas encore séminariste, il le deviendra peu après. « J’ai eu tellement d’occasions de toucher du doigt que cette spiritualité est vraie » surtout face aux séminaristes qui lui sont « antipathiques ». Et c’est justement avec l’un d’entre eux qu’il commence à partager l’idéal de l’unité. « Après l’ordination sacerdotale, en 1968, j’ai été nommé secrétaire de l’évêque de Ceské Budejovice, un homme très profond ». Cependant l’évêque a de la difficulté à accepter la réforme de la liturgie que propose le concile Vatican II. « J’avais envie de le juger, mais les focolarini m’expliquaient que je devais l’aimer au lieu de le critiquer. J’ai alors fait l’expérience que l’unité est la voie pour comprendre et faire comprendre la plupart des choses aux autres ». Après 68, le communisme reprend le pouvoir et Miloslav, qui a une grande influence sur les jeunes, se voit éloigné d’eux, dans une paroisse perdue de montagnes. « Là j’ai commencé à comprendre ce qu’on m’avait dit au sujet de Jésus abandonné. Je me suis confié à Dieu, comme Jésus sur la croix qui s’abandonne au Père. Ce fut une première rencontre profonde avec Jésus abandonné ». Un an et demi plus tard sur ordre des bureaux du gouvernement il doit abandonner même ce poste, dont les habitants lui étaient devenus très chers, avec même l’interdiction de dire la messe. « J’ai compris que mon choix de Jésus dans son abandon était un oui que je devais dire pour toujours ». Il est déplacé dans une autre paroisse, où il peut uniquement prêcher et bénir et recommencer depuis le début. Mais cette expérience, elle aussi, dure peu : en somme, on lui retire le permis d’exercer son ministère sacerdotal. Don Vlk ne perd pas courage. « Dieu m’ouvrait d’autres perspectives. J’ai trouvé un travail en tant que « laveur de vitres », pour pouvoir vivre. J’étais libre de parcourir les rues de Prague et de rencontrer beaucoup de prêtres, on pouvait moins me contrôler dans la foule, j’étais un simple ouvrier inconnu. Là encore c’était le visage de Jésus abandonné. Au début je me rebellais. Mais je me souviens d’avoir senti une voix intérieure : « Je t’aime, je te veux, pas à travers ton travail, je veux la rencontre directe avec toi ». Depuis ce jour-là, chaque matin je lui répétais mon « Oui ». Pendant dix ans j’ai tourné dans les rues avec mon seau et mes ustensiles pour nettoyer les vitres. Dans le froid, ou sous la chaleur, dans les rues encombrées, sales, étroites, dans l’air pollué ». En 1980 le focolare masculin ouvre ses portes à Prague et « l’ouvrier Miloslav » demande d’y entrer « en tant que dernier des focolarini… ». « Ce furent des années de bénédiction. J’ai mieux compris ce que Dieu demandait de nous prêtres : avancer avec la force de Jésus au milieu, en aimant Jésus abandonné, en recommençant chaque jour ». En 1987 un infarctus à l’improviste. « Là, à l’hôpital, j’ai demandé à Dieu : « Et pourquoi ? J’ai perdu le sacerdoce, maintenant je perds la vie… une fois de plus j’ai compris que cette situation aussi était un visage de Lui dans son abandon et j’ai remis ma vie entre Ses mains ».
Un an avant la chute du mur, on lui redonne son permis d’exercer le ministère sacerdotal. Il est alors nommé évêque de Ceské Budejovice. Peu après arrive une autre nomination : « Le Saint Père désire que j’aille à Prague, comme archevêque. Là j’ai compris que Jésus abandonné avait été le fil conducteur de ma vie ». L’année suivante, comme le mandat du Président Cardinal Martini prenait fin, il fut élu délégué du Conseil des Conférences Européennes (CCE). « Je me rendais compte de mon inexpérience, après avoir été pendant des années isolé du reste du monde. Mais je sentais le soutien de l’Œuvre de Marie. Je suis allé rencontrer Jésus Eucharistie et je Lui ai dit : « C’est ton affaire à Toi, le Royaume est à toi, pas à moi ». Cette nouvelle étreinte de Jésus abandonné m’a libéré ». Les années suivantes le voient engagé sur de nombreux fronts, mais l’un d’entre eux tout spécial est celui de modérateur, pendant bien 18 ans, de la communion entre les évêques qui adhèrent à la spiritualité de l’unité. Après une vie toute dédiée à ce but, il y a un mois, le 18 mars 2017, il s’est éteint. Une foule s’est réunie dans la cathédrale de Prague pour lui offrir un dernier hommage empreint d’émotion.
Tous nos souhaits au Pape Benoit!
Le 16 avril 1927 naissait Joseph Ratzinger, à Markt am Inn, une petite ville de Bavière. C’était un Samedi Saint, tandis qu’en 2017 nous fêtons son anniversaire le Dimanche de Pâques. C’est avec joie que le Mouvement des focolari souhaite présenter à Benoit XVI ses vœux les plus sincères et partagés, en raison de tout ce qu’il a représenté pour nous, pour l’Église et pour l’humanité. Comme signe tangible de notre affection et de notre reconnaissance, la revue Nuova Umanità lui consacre le Dossier spécial du numéro 225, à paraître ces jours prochains. Sous la conduite de Declan O’Byrne, ce numéro présente des travaux de Piero Coda, Stefano Zamagni et Antonio Bergamo, qui approfondissent les aspects théologiques, anthropologiques, éthiques et sociaux de sa pensée. Dans une Église où souvent émergent des oppositions artificielles entre les tenants de diverses orientations ecclésiales, le numéro dédié à Benoit XVI relate une étude de Brendan Leahy, évêque de Limerick (Irlande), sur la nécessité de travailler de manière synodale au sein de l’Église. Ces contributions intéressantes vont être traduites dans les principales langues et figureront à l’affiche des publications du Mouvement des Focolari.
Pâques 2017 : Viens, Seigneur Jésus !
« Viens Seigneur Jésus ! ». En te regardant, toi qui es Amour, notre vocation sera exempte de crainte. Dans l’attente de ta venue, nous construirons bien cette vie et, dès que l’autre vie se présentera, nous nous plongerons dans l’aventure sans fin. Tu as vaincu la mort. Grâce à cette prière, nous comprenons que toi, à présent, tu l’as vaincue aussi en nous, dans notre cœur. « Viens, Seigneur Jésus ! », toujours, en chacun de nous. Et la mort n’existera pas. Il n’y aura que toi. Il y aura le Ressuscité. Et cela, c’est déjà Pâques ! Tous mes vœux à tous, à chacun pour une Pâque glorieuse et ininterrompue, une Pâque féconde, très féconde pour chacun de nous, pour l’Église et pour le monde.
De C.LUBICH, Cercando le cose di lassù, Roma 1992, p.136. |
La rencontre avec la souffrance
Première étape : se prédisposer Le matin, autant que possible au réveil, je me prédispose ainsi : « Aujourd’hui je veux L’attendre ». Je ne sais pas ce que cette journée m’apportera mais je sais que d’une manière imprévisible, Jésus abandonné viendra jusqu’à moi : dans les difficultés, dans les déceptions, même peut-être jusqu’à mes manquements, dans les mauvaises ou douloureuses nouvelles. Je Lui déclare qu’Il peut venir tranquillement, que je L’attends. La seconde étape : Le reconnaître Durant la journée je rencontre, et ce n’est presque jamais comme je l’attends, le négatif autour de moi ou en moi. A ce moment-là, il est important de Le reconnaître tout de suite et sans hésiter. Il n’existe pas de besoin ni de faute où, dans son abandon, Il ne soit déjà présent : ainsi toute souffrance est « son sacrement » et ce qui importe est de reconnaître dans le signe de cette souffrance, le visage du Crucifié et de l’Abandonné. Alors en aimant, je L’adore immédiatement. Troisième étape : L’appeler par son nom Lorsque je Le rencontre, non seulement quelque chose se fixe en moi, mais je L’observe, je Le salue. Je l’appelle par son nom. Le fait d’appeler par son nom tout visage de Jésus abandonné est un exercice précieux et beaucoup plus qu’un simple regard superficiel. Ce n’est plus « une chose » mais un « Tu ». Justement chacune de mes actions devient contemplation. Quatrième étape : Lui faire fête Préparer une fête pour Jésus abandonné. Par ce mot, j’entends signifier qu’il faut L’accueillir non seulement sans hésiter, comme si c’était inévitable, ou comme si j’accueillais quelqu’un qui, tout en étant mon ami, arrive chez moi au moment le plus inopportun. Bien plus, je voudrais qu’il ne reste même pas un instant assis dans la salle d’attente, mais L’accueillir tout de suite, au centre de mon amour, de ma disponibilité joyeuse. C’est l’étape, le passage, à travers la souffrance, dans l’amour, à travers l’abandon dans la Pâque. Seul celui qui aime ainsi L’Abandonné donnera la joie au monde. La fête que nous préparons pour l’Abandonné est celle qui ne connaît pas de déclin, parce que son soleil, l’amour, ne se couche jamais. » Klaus Hemmerle Publié dans la revue Gen’s 36, Rome 2006, n. 1, p. 3.
Vinea Mea: prêtres de communion
Qui « forme les formateurs »? Qui et comment, en particulier, accompagne la délicate mission des séminaristes et prêtres sur le parcours de leur formation pastorale? Comment aider les séminaristes, diacres et prêtres à être des « ministres capables de réchauffer le cœur des gens, de marcher dans la nuit avec eux, de dialoguer avec leurs illusions et leurs désillusions, de recomposer ce qui a été détruit en eux » (Discours du pape aux évêques du Brésil, 27 juillet 2013)? Des questions sensées pour toutes les communautés chrétiennes qui interrogèrent déjà le Concile Vatican II, ouvrant et exhortant à la création d’écoles qui puissent former à la spiritualité de communion. Histoire. En 1966, l’École sacerdotale du Mouvement des Focolari naît à Grottaferrata (Rome), et déménage ensuite à Frascati en 1974. Elle s’établie en 1984 dans la cité-pilote internationale de Loppiano, aujourd’hui avec le nom de Centre de spiritualité Vinea Mea. L’intention est d’offrir une formation unifiée pour prêtres, diacres et séminaires, qui mette au centre la fraternité vécue. Une école de vie pour hommes appelés du monde entier à annoncer l’Évangile, pour se former à une vie de communion avec ses évêques, avec les autres prêtres, avec les laïcs des paroisses respectives, avec des hommes et des femmes de toute croyance et culture, selon le souhait que Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, a émis en 1966 aux participants à Grottaferrata: « …Savoir tout repousser, se dépouiller de toute prétention de pouvoir, pour assurer la présence de Jésus parmi eux, en vivant comme des enfants le Royaume de Dieu. De cette manière [naîtra] une pastorale ‘nouvelle’ et des prêtres ‘nouveaux’: prêtres-Christ pour l’humanité, prêts à donner leur vie pour tous ». En harmonie avec ce que le pape François a plusieurs fois répété aux prêtres aujourd’hui: sortir vers les « périphéries existentielles ». De 1966 à aujourd’hui, sous la houlette de beaucoup de prêtres, à commencer par don Silvano Cola, plus de 4000 prêtres et séminaristes ont été formés, âgés de 20 à 75 ans, d’Églises différentes et provenant d’une soixantaine de pays du monde entier. Cette expérience, en raison de l’engagement à vivre chaque jour l’amour évangélique, veut être une expérience qui forme « des prêtres de communion » au service des autres.
Rouverte en octobre 2013 après presque deux ans de restructuration, le Centre de Spiritualité accueille le défi de mêler ancien et moderne, dimension communautaire et tradition séculaire de l’Église, autant dans les modalités de formation de la communauté que dans l’architecture même. « Vinea Mea – explique don Imre Kiss, actuel responsable du Centre – offre une formation permanente à la lumière de la spiritualité de communion du Mouvement des Focolari. L’école, d’une durée d’une année, prévoit des cours de spiritualité, théologie, anthropologie, ecclésiologie, en plus de laboratoires sur des thèmes d’actualité (jeunes, famille, communication, dialogue avec cultures et religions). À travers le partage de la vie en petites communautés, visant à répondre à l’exigence exprimée par beaucoup de prêtres d’expérimenter concrètement une spiritualité fondée sur la communion, pour ensuite la transmettre aux hommes et aux femmes de notre temps. » Le Centre œuvre en harmonie avec des structures similaires dans d’autres cités-pilotes du Mouvement des Focolari: Pologne, Allemagne, Kenya, Brésil, Philippines, Argentine. En outre, il promeut souvent des cours et des workshops annuels qui s’adressent à des éducateurs dans les séminaires pour soutenir et diffuser un style de vie sacerdotale fondé sur la communion. En novembre 2016, le Centre Vinea Mea a contribué à l’inauguration du Centre Evangelii Gaudium (CEG): projetée et réalisée en collaboration avec l’Institut universitaire Sophia, elle constitue une proposition en réponse à l’invitation du pape de donner un nouvel élan à l’œuvre de renouvellement nécessaire à la nouvelle étape d’évangélisation de l’Église, appelée à sortir vers les périphéries existentielles de notre temps. Une des premières initiatives du CEG est le cours d’approfondissement sur l’Exhortation apostolique Evangelii Gaudium, organisé par le Centre de spiritualité Vinea Mea. Source: Loppiano online
Christ est ressuscité !
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| Christ est ressuscité ! Christ est vraiment ressuscité ! Toute souffrance, tout détachement, toute division, tout échec et la mort elle-même peuvent devenir pour nous, grâce à Lui, source de lumière et de paix. Appelés à témoigner la grande annonce de la résurrection, renouvelons notre engagement commun à donner l’espérance et la joie à l’humanité en ce moment de transformations historiques.
Avec mes vœux les plus chaleureux pour une sainte fête de Pâques ! |
Évangile, charismes et cultures
La question concernant “l’Évangile et les cultures” est plutôt complexe et délicate. Théologiens, sociologues, pasteurs, hommes politiques et éducateurs en parlent depuis des siècles. Des documents comme Evangelii nuntiandi de Paul VI (8 décembre 1975) et Evangelii gaudium du pape François (24 novembre 2013) sont des références incontournables en la matière. Si l’on ajoute à ce binôme le mot « charismes », un terme qui s’applique aujourd’hui à des personnalités et à des réalités non ecclésiales, alors toute recherche d’un accord devient un défi, surtout si l’on fait se rencontrer des experts provenant de diverses cultures. C’est pourtant ce qui a caractérisé le congrès d’études sur « Évangile – charismes – cultures » qui s’est déroulé les 6 et 7 avril au Centre des Focolari à Rocca di Papa (Rome). En saluant les participants, Maria Voce a dès le début indiqué l’objectif de fond : favoriser « une culture de paix, une culture de la résurrection » qui ait un impact à une échelle toujours plus grande. Des spécialistes venus d’Asie, d’Afrique, d’Amérique, d’Europe (physiquement présents ou reliés par internet) ont débattu à ce sujet lors de trois sessions thématiques. Charismes et évangélisation de la culture. La première session a travaillé à partir de deux questions – « Comment répondre à l’urgence de faire en sorte que l’Évangile devienne culture ? » (Mgr Zani) et « Comment accélérer la communion entre les charismes face aux défis actuels ? » (Sr Motta) -, et d’une provocation : « Aujourd’hui de nombreux “charismes” émergent dans des milieux profanes, tandis que dans l’Église la dimension prophétique est souvent insuffisante » (Bruni). Au cours des échanges qui ont suivi, les experts présents et aussi ceux reliés par internet, ont souligné, entre autres, que « chaque fois que nous sommes en présence d’un autre, nous rencontrons une histoire, familiale, sociale et culturelle » (Gaudiano) ; que « les médias ont un charisme particulier pour construire le monde uni, à condition qu’ils gardent leur indépendance » (Zanzucchi) ; que « l’évangélisation de la culture n’emprunte pas des voies dominatrices, mais celles du témoignage » (Mgr Zani). Sans oublier cette interpellation: « Il faut un nouveau potentiel narratif ; les jeunes d’aujourd’hui ne comprennent plus le langage du siècle dernier ». (Bruni) De l’inculturation à « l’inter-culturalité ». La deuxième session a débuté par l’intervention de Jesús Morán: « Les productions culturelles européennes n’épuisent pas ce qu’il y a à dire sur le Christ. Dans la rencontre avec les autres cultures s’exprime quelque chose qui n’avait pas encore été exprimé ». Le but, a rappelé le philippin Andrew Recepcion, « n’est pas un christianisme non occidental, mais outre-occidental ». Maria Magolfi a relevé dans le vécu de l’Afrique des valeurs « à prendre en considération aussi au niveau universitaire, pour sortir de certaines impasses ». Soni Vargas, de la Bolivie, a instamment demandé de passer du paradigme de « l’inculturation », qui n’exprime pas la « réciprocité active » demandée par Chiara Lubich, à celui de « l’inter-culturalité ». : « Ce n’est plus alors la mission, mais le don mutuel, dans une dynamique trinitaire où la supériorité d’une culture sur l’autre n’a plus de place ». Au cours du débat, Vania Cheng, chinoise, a dit: « L’Asie prône l’écoute, le respect et le silence, parce que la vie intérieure révèle davantage que la parole ». Raphaël Takougang, camerounais, a rappelé que « dans « l’inter-culturalité » le savoir ne se communique pas, il se transmet en vivant une expérience ensemble ». Roberto Catalano a souligné combien Chiara avait vu loin quand elle a invité à « faire naître le Christ du cœur des cultures ». Un avis partagé par Lucas Cerviño, relié depuis le Mexique: « Je dois créer les conditions pour que la semence de Dieu qui est déjà présente dans une culture puisse fleurir, mais sans en imposer les modalités » Morán a conclu : « Il est juste qu’il n’y ait pas de contrôle ni de supériorité d’une culture sur l’autre, mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas un centre : le Christ est le cœur du monde ». Jeunes – foi – vocations. La troisième session, centrée sur le thème du prochain synode des évêques, a été introduite par Italo Fiorin : « Éduquer signifie aider l’autre à trouver le sens de sa propre vie. Éduquer c’est l’art d’accompagner ». Sœur Jenny Faravin a témoigné de « la découverte de la vocation à l’amour qui fait éclore de très belles fleurs ». Maria Rosa Logozzo a parlé de groupes de jeunes de diverses cultures (croyants ou non) en contact avec le focolare de Dublin : « La possibilité de faire une expérience de Dieu dans la communauté les attire ». Après un riche débat, Fiorin a conclu en rappelant l’importance de la « pédagogie de la réalité », en particulier du service learning : « Apprendre sert, servir enseigne ». Lors du dernier après-midi, le théologien Piero Coda a répondu à la question: que signifie « L’Église est née de l’abandon de Jésus en croix » ? « Une vie d’exode : la capacité de se détacher de ses propres racines pour vivre l’autre. Témoigner de la folie de l’amour de Dieu ». Le dialogue engagé pendant ces deux journées, a finalement rappelé Francisco Canzani, fera l’objet d’articles destinés aux revues Gen’s, Unité et Charismes, Umanità Nuova, Città Nuova, et alimentera aussi la réflexion sur l’actualité ecclésiale et culturelle. source: Città Nuova online

