Mouvement des Focolari
« Reste avec nous car le soir vient et la journée déjà est avancée. » (Luc 24,29).

« Reste avec nous car le soir vient et la journée déjà est avancée. » (Luc 24,29).

La route qui mène au village d’Emmaüs nous situe le chemin parcouru par deux disciples de Jésus. Déçus par leurs rêves, leurs projets, les moments forts des journées passées avec le Maître, ils rentrent chez eux pour reprendre la vie qu’ils avaient laissée, celle d’avant leur rencontre avec lui. Trois jours seulement se sont écoulés depuis sa crucifixion, la déception, la peur et les doutes règnent parmi les disciples.

Ils s’éloignaient de Jérusalem, du rêve qui ne s’est pas réalisé, prenant leurs distances avec le Christ et son message, “tristes“ parce qu’ils avaient en quelque sorte déjà pris la décision d’abandonner le projet pour lequel ils l’avaient suivi.

C’est l’histoire de nous tous lorsque nous nous égarons face à des situations qui nous obligent à faire des choix face à de nombreux carrefours et que nous croyons souvent que la solution qui consiste à revenir en arrière, à abandonner, à nous résigner est la seule réponse à notre mal-être.

« Qui d’entre nous ne connaît pas l’auberge d’Emmaüs ? Qui n’a pas marché sur cette route un soir où tout semblait perdu ? Le Christ était mort en nous… Il n’y avait plus de Jésus sur terre »[1].

« Reste avec nous car le soir vient et la journée déjà est avancée. »

Au cours du chemin, un inconnu se joint à eux, ignorant tout des événements qui viennent de se passer. Il commence à poser des questions précises, qui font ressortir toute l’amertume et le découragement. Avant tout il les écoute puis commence à leur expliquer les Écritures : C’est un dialogue qui s’instaure, une rencontre qui laisse une empreinte, à tel point que, même s’ils n’ont pas encore reconnu Jésus, ils le prient de rester avec eux car le soir tombe[2].

C’est peut-être l’une des plus belles prières que l’on trouve dans les Évangiles. C’est la première prière que les disciples adressent au Ressuscité, et cette invitation que nous pouvons tous lui adresser afin qu’il reste avec nous et parmi nous, est émouvante.

Les yeux des deux disciples s’ouvriront à la fraction du pain et la joie de l’avoir enfin reconnu les poussera à retourner à Jérusalem pour annoncer à leurs amis qu’il est ressuscité.

« Reste avec nous car le soir vient et la journée déjà est avancée. »

Chiara Lubich écrit : « Peut-être rien n’explique mieux que ces mots, l’expérience que nous, focolarines, avons faite depuis le début, celle de vivre avec Jésus parmi nous.

Jésus est toujours Jésus, et même s’il n’est présent que spirituellement, lorsqu’il l’est, il explique les Écritures et sa charité brûle dans nos cœurs : c’est la Vie. Cela nous fait dire avec une nostalgie infinie, lorsque nous l’avons reconnu :  » Reste avec nous, Seigneur, car le soir tombe » : sans Toi, c’est la nuit noire (…) ». [3].

La nuit est le symbole des ténèbres, de l’inconnu, de l’absence de cette lumière que nous ne parvenons pas à trouver parce que nous ne croyons pas en Sa présence qui continue à nous accompagner, toujours.

La nuit enveloppe notre planète, blessée et violée par des luttes fratricides, par des guerres qui continuent à être déclenchées par soif de pouvoir et d’argent.

La nuit est celle que vivent des millions de personnes qui n’ont plus de voix pour crier les injustices et les oppressions.

Et nous, comment pouvons-nous prendre conscience de la présence de Jésus, qui ne se manifeste pas toujours selon nos attentes ? Comment comprendre qu’il marche avec nous et qu’il cherche à nous faire reconnaître les signes de sa présence ? Et surtout, comment créer les conditions pour qu’il se manifeste et reste avec nous ?

Ce sont des questions auxquelles nous ne savons peut-être pas toujours répondre, mais qui nous incitent à ne pas abandonner dans notre recherche de Jésus, à concentrer notre regard sur ce compagnon de voyage que, souvent, nous ne voyons pas, à reconnaître Celui qui peut se rendre présent si nous vivons parmi nous l’amour réciproque.

La route d’Emmaüs est le symbole de toutes nos routes, c’est la route de la rencontre avec le Seigneur, c’est la route qui nous redonne la joie du cœur, qui nous ramène vers la communauté pour témoigner ensemble que le Christ est bien ressuscité.

D’après Patrizia Mazzola et l’équipe de la Parole de Vie.

Photo: ©Pexels-Tom Fisk


[1] François Mauriac, Vita di Gesù, Mondadori, Milano, 1950, p. 156.

[2] Cfr. Lc 24, 17-29.

[3] Chiara Lubich, Scritti Spirituali/3, Città Nuova, Roma 1979, p. 67.

Le chemin de L’espérance

Le chemin de L’espérance

25 mars 2026. Nous nous trouvons dans la Salle de la Conciliation du Palais du Latran où, après des décennies de confrontation, l’Église catholique et l’État italien signent en 1929 les Accords du Latran. C’est dans ce même lieu historique que s’achève en 2013 la phase diocésaine de la cause de béatification d’une des figures spirituelles les plus marquantes de notre temps : le Cardinal vietnamien François-Xavier Nguyễn Văn Thuận.

220 personnes sont présentes : Cardinaux, Évêques, membres de sa famille, prêtres, religieuses et laïcs du Vietnam et d’autres pays. Des milliers d’autres suivent l’événement en streaming en sept langues sur les chaînes YouTube de Vatican Media. Cette rencontre est organisée à l’occasion du 50e anniversaire du moment où Nguyễn Văn Thuận, alors jeune Évêque, au cours des premiers mois de sa captivité qui débuta le 15 août 1975, réussit à faire parvenir à ses fidèles 1001 brèves méditations rédigées sur des feuilles de vieux calendriers.
Cet événement est organisé par la Cause de béatification du Cardinal vietnamien, en collaboration avec le Dicastère pour le service du développement humain intégral (DSSUI), partie prenante de la Cause, ainsi qu’avec le Dicastère pour le Clergé, le diocèse de Rome et les éditions Città Nuova.

Le Pape Léon souligne cet anniversaire par un message signé par le Card. Parolin, son Secrétaire d’État, en espérant que « cet événement significatif favorise la redécouverte du témoignage fervent de ce disciple intrépide de l’Évangile et de ce Pasteur généreux ». Son exemple – affirme-t-il – « est d’une grande actualité car il rappelle que l’espérance chrétienne naît de la rencontre avec le Christ et prend forme dans une vie donnée à Dieu et au prochain ».

Le Card. Baldassare Reina, Vicaire général du Pape pour le diocèse de Rome, fait les honneurs de la maison. Il rappelle l’actualité de la figure de François-Xavier Nguyễn Văn Thuận au lendemain du Jubilé de l’espérance, à une époque où l’Évangile se transmet surtout par le témoignage.

Mais qui est ce Cardinal vietnamien ? Le Dr Waldery Hilgeman, postulateur de la Cause de béatification, y répond en quelques brèves notes biographiques. Issu d’une famille qui comptait parmi ses ancêtres des martyrs au XIXe siècle, François-Xavier se sent dès son plus jeune âge attiré par l’exemple des saints et, plus tard, par la spiritualité de son époque, notamment les Cursillos et les Focolari. Il entre au séminaire, devient prêtre, obtient un doctorat en droit canonique. En 1967, il est consacré évêque de Nha Trang. Lorsque, en 1975, Paul VI le nomme Archevêque coadjuteur de Saigon, une longue épreuve commence : arrêté, il passe treize ans en prison, dont neuf en isolement. C’est là, raconte-t-il, qu’il a appris « à choisir Dieu et non les œuvres de Dieu ». Il comprend que Dieu le veut parmi les prisonniers, presque tous non catholiques, pour être la présence de Dieu et la présence de son amour, « dans la faim, le froid, le travail pénible, l’humiliation et l’injustice ». Libéré en 1988, il vit à Rome depuis 1991, où Jean-Paul II le nomme d’abord Vice-président, puis Président de l’ancien Conseil pontifical « Justice et Paix » et le crée Cardinal en 2001.

Elisabeth Nguyễn, sœur du Cardinal, raconte l’histoire mouvementée des 1001 pensées. Dérobées lors de son assignation à résidence, « elles ont entamé un voyage d’évangélisation d’une famille à l’autre, d’une cellule de prison à l’autre, avant de traverser les océans avec les boat people ». Des années plus tard, elles donnent naissance au livre The Road of Hope (Le chemin de l’espérance)

Des moments forts et émouvants, amplifiés, à mi-parcours, par un morceau de piano interprété avec virtuosité par Don Carlo Seno : « La Campanella » de Franz Liszt.

Au cours de la séance d’une heure et demie, animée par le journaliste Alessandro De Carolis de Vatican Media, d’autres facettes de la personnalité de François-Xavier Nguyễn Văn Thuận sont révélées. Le Cardinal Lazzaro You Heung-sik, Préfet du Dicastère pour le clergé, parle de lui comme d’un « évangélisateur en toutes circonstances », en rapportant le récit d’un moine bouddhiste : « C’était l’hiver, il faisait deux degrés sous zéro et nous, dans le camp de rééducation, nous n’avions pas assez de couvertures. François-Xavier sortait plusieurs fois par jour pour ramasser des branches et des morceaux de bois afin de chauffer le camp la nuit… C’était ce que nous, bouddhistes, appelons un « Bo tac » : un saint homme »

Le Card. Luis Antonio Tagle, Préfet du Dicastère pour l’Évangélisation, se souvient quant à lui de la naissance, en 1995, d’une amitié personnelle avec François-Xavier : « J’ai été frappé par le fait que, alors qu’il racontait des expériences douloureuses, voire humiliantes, sa voix restait calme et son visage serein. Il n’y avait en lui aucune trace d’amertume ni de haine. Je ne pouvais détacher mon regard de son visage radieux et souriant ».

En plus de sa stature spirituelle, on remarque une sensibilité marquée pour les questions mondiales de justice et de paix. Le Card. Michael Czerny sj, Préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral, en parle. À cette occasion, il a publié la traduction italienne d’une nouvelle biographie de François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, écrite par sa sœur Elisabeth en collaboration avec le prêtre belge Stefaan Lecleir.

« Sa principale contribution au niveau mondial – précise le Card. Czerny – réside dans le rôle qu’il a joué dans l’élaboration du Compendium de la doctrine sociale de l’Église (2004) » et il rapporte cette question poignante posée par l’Archevêque vietnamien : « Face à la situation politique et économique actuelle, certains se demandent : parviendrons-nous à franchir avec espérance le seuil du nouveau millénaire ? ». En réponse, il cite une journaliste renommée qui avait prédit « trois phases catastrophiques » pour les sociétés appauvries : exploitation – exclusion – élimination. « Quand je pense à cela – commentait Nguyễn Văn Thuận – mon cœur est déchiré et j’aimerais crier : “impossible” ».

À la fin de la rencontre, l’acteur et journaliste Rosario Tronnolone lit quelques passages du Chemin de l’espérance qui résonnent comme un sceau d’or : « Tu veux opérer une révolution : renouveler le monde. Tu ne pourras accomplir cette précieuse mission que Dieu t’a confiée qu’avec « la puissance de l’Esprit Saint ». Chaque jour, là où tu vis, prépare une nouvelle Pentecôte. Engage-toi dans une campagne qui a pour but de rendre tout le monde heureux. Sacrifie-toi sans cesse, avec Jésus, pour apporter la paix aux âmes, le développement et la prospérité aux peuples. Telle sera ta spiritualité, à la fois discrète et concrète ».

Hubertus Blaumeiser
Photo: © CM – CSC Audiovisivi

Diffusion intégrale sur la chaîne YouTube de Vatican Media

L’appel à un véritable tournant

L’appel à un véritable tournant

Un réel encouragement pastoral, fruit d’une lecture profonde de l’époque que nous traversons : telles ont été pour nous les paroles prononcées par le pape lors de la rencontre du 21 mars dernier au Vatican ; un moment de grâce particulière et de joie profonde qui a laissé une empreinte indélébile dans le cœur des 300 participants à l’audience. Nous venions tout juste de terminer l’Assemblée Générale, qui se tient tous les cinq ans pour élire la Présidente, le Coprésident et le gouvernement de l’Œuvre de Marie – Mouvement des Focolari, et nous avons accueilli les paroles du Pape comme une orientation remplie de sagesse pour l’avenir et pour le service que nous sommes appelés à rendre aujourd’hui à l’Église et au monde.

Le Souverain Pontife a tout d’abord salué le don que représente pour l’Église le charisme de Chiara Lubich : un don qui a façonné la vie de nombreuses personnes, familles, personnes consacrées et prêtres, et qui continue de porter des fruits de communion, de dialogue et de paix dans les contextes les plus divers. En même temps, il a replacé ce don dans le dynamisme vivant de l’histoire, nous rappelant que tout charisme est confié à la responsabilité de celui qui le reçoit et qui est appelé à l’incarner de manière toujours nouvelle.

Le Pape nous a reconfirmés dans l’essence même de notre charisme : l’unité. Une unité qui ne naît pas d’équilibres organisationnels ou de stratégies humaines, mais qui est « le fruit et le reflet de l’unité du Christ avec le Père ». C’est pour cette raison – nous a-t-il rappelé – qu’elle ne peut être confondue avec l’uniformité de pensée, de sensibilité ou de style de vie. Au contraire, l’unité authentiquement évangélique valorise les différences, respecte la liberté et la conscience de chacun, et se construit dans l’écoute réciproque et dans la recherche partagée de la volonté de Dieu.

En un temps marqué par de profondes polarisations, des tensions sociales et des conflits armés, le Pape a présenté l’unité comme une véritable force prophétique. Une semence simple, mais puissante, en mesure de contrecarrer « le poison de la division » qui pollue les cœurs et les relations, à travers le témoignage évangélique du dialogue, du pardon et de la paix. C’est un appel que nous ressentons profondément comme nôtre et qui incite chaque membre de notre Mouvement à être un ferment de réconciliation dans les contextes du quotidien.

Avec une grande clarté, le Saint-Père a ensuite indiqué une responsabilité spécifique pour cette phase de post-fondation, qui fait suite au décès de notre fondatrice, Chiara Lubich. Il ne s’agit pas d’une période désormais révolue, mais d’un temps qui se poursuit et qui requiert un discernement constant, mûr, et surtout, partagé. Il nous a appelés à distinguer ce qui est essentiel à notre charisme de ce qui, bien qu’ayant accompagné notre histoire, ne l’est plus, ou a montré au fil du temps des limites, des ambiguïtés et des points critiques. « Ce discernement – a-t-il souligné – ne peut être confié seulement à quelques-uns, mais engage l’ensemble du Mouvement. Le charisme, en effet, est un don de l’Esprit Saint, et tous ont le droit et le devoir de se sentir coresponsables de l’Œuvre à laquelle ils ont adhéré avec générosité.

Je voudrais également rapporter les mots que le nouveau Coprésident, Roberto Almada, a prononcés en commentant cette partie du discours du Saint-Père, dont il a saisi la grande portée : il a perçu qu’il s’était adressé à nous « comme un père ». Il a ajouté ensuite qu’il nous avait encouragés dans la voie que nous avons empruntée depuis déjà quelques années : de l’écoute des personnes qui ont souffert et de la révision des pratiques, mais qu’en même temps, il nous avait appelés à une conversion plus profonde.

La conversion à laquelle le Pape nous appelle commence par un changement personnel de mentalité ; il ne s’agit donc pas seulement de réformer des structures ou des institutions. Au cœur de tout cela, il y a la manière de vivre les relations, le respect de la dignité de la personne et l’exercice correct des rôles de responsabilité, vécus comme un service. En ce sens, le Pape nous a rappelé que seul un style évangélique peut faire « resplendir la beauté » de l’Évangile dans les relations et les structures.

Ensuite, j’ai été particulièrement frappée par l’insistance de Léon XIV sur la charité, en tant que nourriture indispensable à l’unité. Se référant à la première épître aux Corinthiens, il a rappelé que la charité est patiente, bienveillante, respectueuse, et que sans elle, l’unité risque de se vider de son sens. J’ai retrouvé dans ces paroles le cœur de l’intuition de Chiara Lubich, qui voyait dans l’unité non seulement un idéal spirituel, mais le « roc » sur lequel repose toute la vie du Mouvement.

Un nouveau mandat commence à présent pour le Mouvement des Focolari ; cinq années où nous sentons que regarder vers l’avenir signifie accueillir et opérer un véritable tournant. Tournant qui demande une conversion personnelle et communautaire, une écoute renouvelée du cri de l’humanité d’aujourd’hui et un engagement à témoigner de l’unité non pas avec des mots mais par la vie. Notre Assemblée Générale, composée de personnes qui représentaient toutes les vocations, une multitude de cultures, de langues et de peuples, nous a fait expérimenter la richesse d’une coresponsabilité partagée et un nouvel élan : autant de signes que l’Esprit continue à nous accompagner en cette période délicate.

C’est donc avec une profonde gratitude que nous accueillons les paroles d’encouragement du Saint-Père et son invitation à poursuivre notre chemin. Nous le faisons avec humilité et confiance, certains que, si nous vivons l’unité comme un don gratuit et comme une tâche quotidienne, elle pourra contribuer à la mission de l’Église et être toujours plus un ferment de paix pour le monde.

Margaret Karram
Présidente du Mouvement des Focolari

Publié sur l’Osservatore Romano le 26 mars 2026
(Traductions : Services linguistiques du Mouvement des Focolari)
Photo: © Vatican Media

Le sceau de l’unité

Le sceau de l’unité

(…) Quelle est la parole que l’Esprit a imprimée comme un sceau sur cette maison, sur notre Mouvement, lorsque le Ciel l’a pensé et a donné ici-bas le coup d’envoi de sa réalisation ?

Nous le savons, c’est la parole : “UNITÉ”. Unité est le mot qui résume toute notre spiritualité. Unité avec Dieu, unité avec les frères. Je dirais même : unité avec les frères pour parvenir à l’unité avec Dieu.

L’Esprit nous a révélé, en effet, une voie toute à nous, pleinement évangélique pour nous unir à Dieu,

pour le trouver, Lui. […]
Nous le cherchons et nous le trouvons en passant par le frère, en aimant le frère. Nous le trouvons si nous nous efforçons de réaliser l’unité avec le frère, avec chaque frère : si nous établissons la présence de Dieu parmi nous, entre frères.
C’est seulement de cette façon que nous pouvons être sûrs de l’unité avec lui et que nous le trouvons vivant et palpitant dans notre cœur. Et puis, c’est cette unité avec Dieu qui, à son tour, nous pousse vers les frères, qui nous aide à faire en sorte que notre amour pour eux ne soit pas factice, limité ou superficiel mais au contraire, radical, plein, complet, fait de sacrifice, toujours prêt à donner la vie, capable de réaliser l’unité.

Nos Statuts mettent l’unité à la base de tout, comme étant la norme des normes, la règle à

réaliser avant toute autre règle. Pour nous, c’est la parole par excellence, c’est le roc.

Notre vie n’a aucun sens si elle ne puise pas dans cette parole où tout prend son sens chaque action, chaque prière, chaque respiration…
Et si nous restons concentrés sur cette parole, si nous la vivons de notre mieux, nous sommes sûrs que tout sera sauvegardé : nous-mêmes ainsi que la partie de l’Œuvre qui nous est confiée.

Dans l’avenir, il y aura peut-être pour l’Œuvre dans son ensemble ou dans quelques zones,

des moments différents de ceux que nous connaissons maintenant ; ils sont remplis de nombreuses consolations, de fruits, de lumière, de feu.

On connaîtra peut-être des moments d’obscurité, de désarroi ; des persécutions,

des tentations pourront survenir ; […] des malheurs, des catastrophes pourront arriver… Mais si nous restons solidement attachés au roc

de l’unité, rien ne pourra nous ébranler, tout continuera comme avant.

Chiara Lubich
in “Conversazioni in collegamento telefonico”, 2019, Città Nuova Editrice, p. 373

« Concitoyens de Loppiano » : ensemble pour construire l’avenir

« Concitoyens de Loppiano » : ensemble pour construire l’avenir

Un retour à Loppiano après de nombreuses années, des souvenirs et des rêves qui se réveillent avec l’idée de donner vie à de nouveaux projets. C’est ce que raconte Roberto Brundisini lors de l’ouverture du site web des Concitoyens de Loppiano.

« Un jour, je reviens visiter Loppiano, où j’avais vécu pendant quelque temps il y a quelques années. Et je me rends compte que je m’y sens bien, chez moi. Je m’étonne d’en être resté éloigné si longtemps et je pense à tous ceux qui, comme moi, ont perdu le contact avec cette réalité. Je comprends et je communique que cette maison n’est pas seulement celle de ceux qui y vivent, mais aussi de ceux qui l’aiment. Et je sais qu’ils sont nombreux.

La nouvelle se répand, les circuits éteints se réactivent et, comme après un long sommeil, des visages anciens et nouveaux se réveillent. Loppiano est là, elle est toujours là ! Les rêves qui s’étaient endormis reprennent vie, avec la détermination de l’humilité. Car les rêves qui restent dans un tiroir finissent par moisir.

Alors, que faut-il faire ? Se demande-t-on. Par où commencer ?

Ah, voilà, se dit-on entre nous, nous pourrions peut-être créer une communauté écologique. Exactement ! répond quelqu’un. Nous pourrions peut-être mettre en place une agriculture alternative. Super ! Contribuer au réaménagement urbain et environnemental de la Cité selon les critères de Laudato si’.

Ah, voilà, disons-nous entre nous, nous pourrions peut-être créer une communauté écologique. Exactement ! répond quelqu’un. Nous pourrions peut-être mettre en place une agriculture alternative. Super ! Contribuer au réaménagement urbain et environnemental de la Citadelle selon les critères de Laudato si’.

Quel rêve ! Nous nous sommes dit : pourquoi ne pas organiser une structure d’accueil où passer quelques jours de détente et nous rééduquer à la nature et aux relations humaines ? Fantastique, poursuit quelqu’un d’autre, j’aimerais trouver un hub, un espace de rencontre pour les échanges culturels entre jeunes et peut-être même entre artistes. Très intéressant ! Et si nous créions une web-radio à vocation universelle, compte tenu de la diversité des compétences, des expériences et des connaissances que beaucoup d’entre nous, dispersés sous toutes les latitudes, avons acquises au cours de ces dernières années ? Un autre rêve ! (…) »

À l’occasion de notre visite au Centre international, nous avons interviewé le président de l’association, Alessandro Agostini, et l’un des conseillers, Nicola di Settimo.

Activez les sous-titres et choisissez la langue souhaitée.

Nicolas

Je m’appelle Nicolas et je fais partie de L’Association Concitoyens. Cela signifie citoyens constructeurs de Loppiano, car nous avons habité à Loppiano pendant quelques années quand nous étions jeunes, puis la vie nous a amenés à voyager à travers le monde. Presque tous, nous avons ensuite acquis une expérience professionnelle.

Alessandro

Je m’appelle Alessandro, je suis originaire d’Ombrie et je suis le président de cette nouvelle association qui s’appelle les Concitoyens de Loppiano. C’est une Association qui a été créée il y a trois ans. Elle est actuellement présente dans 11 pays pour nos membres et nous sommes environ une cinquantaine de personnes, hommes et femmes, d’origines diverses et aux professions variées.

Nicolas

Pour nous, c’est d’une part un retour à la jeunesse, mais d’autre part aussi un retour au choix fondamental de notre vie que nous n’avons jamais abandonné, celui de suivre l’idéal de Chiara Lubich, « Que tous soient un », de l’amour réciproque. Aujourd’hui, nous voulons apporter une contribution concrète en menant des actions concrètes pour Loppiano.

Alessandro

Il est de plus en plus nécessaire de se retrouver en tant que communauté, en tant que groupe. Dans les moments difficiles que traverse actuellement le monde, nous avons besoin de personnes qui se rassemblent pour œuvrer en faveur d’une humanité juste et honnête. Nous sommes là pour apporter notre petite contribution. Beaucoup, comme nous, ont fait l’expérience de Loppiano et cette petite Cité nous rassemble parce que nous l’avons construite au cours des deux années que nous avons tous passées ensemble. C’est l’occasion de nous retrouver, y compris les personnes qui ne font peut-être plus partie de l’Œuvre, mais qui continuent à porter dans leur cœur cette cité et la construction d’un monde uni. Nous sommes très heureux de pouvoir les accueillir et de les intégrer dans notre association.

Nicolas

Oui, l’idée est de créer une communauté ouverte à tous, donc aux personnes qui aiment Loppiano, qui veulent la faire avancer, et nous aimerions donc canaliser ces forces pour, je le répète, aider à la construction, et continuer à faire grandir Loppiano.

Interview réalisée par Anna Lisa Innocenti et Carlos Mana

Montage : Joaquín Masera.

Site web : https://www.cocittadinidiloppiano.org