Au nom du Mouvement des Focolari dans le monde entier, j’exprime ma profonde joie pour l’élection du Pape Léon XIV comme nouveau Souverain Pontife de l’Église catholique. Nous remercions Dieu d’avoir écouté les prières de nombreuses personnes et d’avoir guidé de son Esprit les travaux des Cardinaux pour trouver le successeur de Pierre, en cette période qui présente de graves défis pour l’humanité.
Nous assurons dès à présent le Saint-Père de notre proximité filiale, de nos prières et de notre engagement à être des bâtisseurs de paix, comme il l’a souligné à plusieurs reprises lors de sa première bénédiction.
Aujourd’hui, le monde a un besoin extrême de paix, de lumière et d’espérance. C’est pourquoi nous lui promettons de continuer à nous engager, avec les communautés ecclésiales dans lesquelles nous sommes insérés, à porter l’amour de Dieu à tous, à être ouverts au dialogue, pour être « un seul peuple toujours en paix », témoignant que l’unité demandée par Jésus dans son Testament est plus forte que toute division.
Nous nous engageons également à incarner toujours plus fidèlement le parcours synodal, afin de pouvoir l’appliquer également dans les différents domaines de la société ; à apporter notre contribution pour que l’Église soit une maison ouverte et accueillante pour tous les hommes et toutes les femmes et pour les nouvelles générations, surtout pour ceux qui sont les plus fragiles, les plus souffrants et les exclus, afin d’offrir à tous le message toujours nouveau du Christ.
Meilleurs vœux, Pape Léon XIV, avec toute notre affection !
Margaret Karram – Présidente du Mouvement des Focolari,
En 2025, la fête de Pâques sera célébrée le même jour par toutes les Églises chrétiennes. Les vœux de Margaret Karram, Présidente des Focolari, pour cette fête, et ceux de plusieurs représentants de différentes Eglises.
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Nous publions le rapport de l’année 2024 sur les activités du Mouvement des Focolari dans le domaine de la Protection de la Personne, en prenant comme introduction les mots que le Pape François a adressés à la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs et par lesquels, de fait, il a actualisé le mandat avec lequel il l’avait constituée il y a 10 ans. Nous nous sentons fortement appelés à réaliser cette « conversion intégrale » à laquelle fait appel le Saint-Père, qui n’est jamais totalement accomplie, mais qui nous demande de nous interroger continuellement, d’avoir un regard humble, toujours attentif, protecteur et accueillant envers chaque personne. Il nous demande de poursuivre avec persévérance le chemin de la formation et de la proximité authentique, conscients de la nécessité de changer, afin que chaque personne se sente en sécurité, aimée et respectée dans nos milieux et dans nos différentes activités.
2024 : écoute, formation, réglementation
Trois éléments ont caractérisé l’année écoulée du point de vue de la Protection, dans le Mouvement des Focolari : l’écoute et l’implication des victimes et des témoins à différent titre dans les processus de réparation et de formation des responsables ; la multiplication des cours et des sessions de formation pour tous les participants et la poursuite de la construction du cadre normatif, avec la mise en œuvre du Protocole pour les cas d’abus et la rédaction des Lignes Directrices pour les services d’écoute et d’accueil.
La rencontre, en novembre dernier, des responsables du Mouvement dans le monde avec des personnes victimes d’abus sexuels ou d’abus de pouvoir de la part de membres du Mouvement des Focolari a été d’une importance fondamentale. Les victimes ont raconté leurs histoires de grande souffrance et les graves conséquences sur leur vie, sur les communautés dont elles faisaient ou font encore partie. Des membres de la famille de l’une des victimes étaient également présents et ont témoigné des graves conséquences des abus sur l’ensemble des membres de la famille. Les mots de l’un des participant expriment bien l’importance de ce moment : « L’écoute de ces personnes a marqué un ‘avant’ et un ‘après’. Avec délicatesse et clarté, elles nous ont dit à quel point le Mouvement a failli dans ce qui est au cœur de son charisme : l’unité, l’amour du prochain, parce que dans de nombreux cas, non seulement nous avons été en quelque sorte coresponsables des abus commis, mais nous avons également laissé les personnes seules face à leur douleur. » .»
En outre, la contribution des victimes, de même que l’implication de professionnels de différentes disciplines, extérieurs au Mouvement, ont été fondamentales pour le travail réalisé au Centre International et dans les territoires pour les documents produits cette année et la formation à la protection des communautés des Focolari dans le monde, tout comme la conception et l’ouverture d’espaces d’écoute et d’accueil.
A également vu la création d’une Commission d’étude sur les abus de pouvoir et les abus spirituels survenus au sein du Mouvement. Son objectif est d’en approfondir les causes, afin de modifier les pratiques néfastes et de mettre en place des mesures de prévention appropriées. L’étude, qui est encore en cours, fait également appel à des conseils extérieurs de spécialistes dans différents domaines : psychologique, pédagogique et juridique. Cette analyse est soutenue et encouragée par le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie et, bien qu’elle n’en soit qu’à sa phase initiale, son importance est reconnue, car il est clair que la création et la mise en œuvre de normes et de protocoles ne suffisent pas : il faut aussi approfondir les dynamiques qui ont conduit aux différentes formes d’abus.
Enfin, des documents normatifs et des Lignes Directrices ont été actualisés, mis en œuvre et produits (à paraître prochainement en français), ce qui est également le résultat d’une coopération fructueuse avec la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs, qui a suivi et encouragé les nouvelles étapes franchies.
Avec quels yeux regardons-nous le monde et nos compagnons de route dans l’aventure de la vie ? C’est une question d’une importance capitale, à une époque comme la nôtre marquée par la polarisation et les désaccords, par la solitude et les distances entre les possédants et les démunis. Sans parler de la présence de plus en plus répandue de l’intelligence artificielle. Et pourtant, la soif d’harmonie et de vérité grandit en même temps.
Chiara Lubich disait que tout dépend de l' »œil » avec lequel nous regardons les gens. Si nous voyons avec l’œil du cœur, qui est l’œil de l’Amour, nous ne nous arrêterons pas aux apparences, nous saisirons plutôt la réalité plus profonde qui est cachée dans chaque être humain. Et du regard du cœur procède l’action, la qualité de la relation, le fait de se rendre proches de l’autre.
En 1961, Chiara écrit :
Si tu pénètres dans l’Évangile […] tu te trouves d’un seul coup comme sur la crête d’une montagne. Déjà en altitude donc, déjà en Dieu, même si, quand tu regardes autour de toi, tu t’aperçois que la montagne fait partie d’une chaîne de montagnes et que la vie, pour toi, signifie progresser le long de la crête, jusqu’au bout.
Chaque parole de Dieu est le minimum et le maximum qu’il te demande. Ainsi quand tu lis : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Mt 22, 39) », tu as la mesure maximale de la loi de l’amour fraternel.
Le prochain est un autre toi-même et, comme tel, tu dois l’aimer. S’il pleure, tu pleureras avec lui et s’il rit, avec lui tu riras ; s’il ne sait pas, tu te feras ignorant avec lui et, s’il a perdu son père, tu t’identifieras à sa souffrance. […]
Car ce qui compte pour toi c’est Dieu qui est votre Père à tous les deux. Et ne cherche pas d’excuses à l’amour. Le prochain est quiconque passe près de toi, riche ou pauvre, beau ou laid, ignorant ou savant, saint ou pécheur, compatriote ou étranger, prêtre ou laïc, qui que ce soit.
Essaie d’aimer celui qui est proche de toi dans l’instant présent de ta vie, et tu découvriras en toi des forces nouvelles, insoupçonnées. Elles donneront de la saveur à ta vie et répondront à tes mille questions.
Chiara Lubich
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Cfr. Vicinanza, lo stile di Dio nella vita e nel pensiero di Chiara Lubich, A cura di Povilus J. e Ciccarelli L., Città Nuova Editrice, Roma, p. 5.
Pensées 1961, in Ecrits SpirituelsScritti /1, 1978, p.117
Nous sommes dans le récit de l’Annonciation. L’ange Gabriel se rend auprès de Marie de Nazareth pour lui faire connaître les projets de Dieu à son égard : elle concevra et donnera naissance à un fils, Jésus, qui « sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut » [1]. L’épisode s’inscrit dans la continuité d’autres événements de l’Ancien Testament qui ont conduit, chez des femmes stériles ou très âgées, à des naissances prodigieuses dont les enfants devaient jouer un rôle important dans l’histoire du salut. Ici, Marie, tout en souhaitant adhérer en toute liberté à la mission de devenir la mère du Messie, se demande comment cela va se passer, puisqu’elle est vierge. Gabriel l’assure que ce ne sera pas l’œuvre de l’homme : « L’Esprit Saint descendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre »[2]. Il ajoute : « Rien n’est impossible à Dieu »[3].
Cette assurance, qui signifie qu’aucune déclaration ou promesse de Dieu ne restera sans effet – car rien n’est impossible avec Lui – peut également être formulée de la manière suivante : rien n’est impossible avec Dieu. En effet, la nuance du texte grec « avec, ou près, ou ensemble avec Dieu » met en évidence sa proximité avec l’homme. Rien n’est impossible à l’être humain ou aux êtres humains , lorsqu’ils sont avec Dieu et qu’ils adhèrent librement à Lui.
« Rien n’est impossible à Dieu »
Comment mettre en pratique cette parole de vie ? Tout d’abord, en croyant avec une grande confiance que Dieu peut agir même dans et au-delà de nos limites et de nos faiblesses, ainsi que dans les conditions les plus sombres de la vie.
C’est l’expérience de Dietrich Bonhoeffer qui, pendant la détention qui le conduira au supplice, a écrit : « Nous devons nous immerger sans cesse dans la vie, la parole, l’action, la souffrance et la mort de Jésus pour reconnaître ce que Dieu promet et accomplit. Il est certain […] que rien d’impossible n’existe plus pour nous, parce que rien d’impossible n’existe pour Dieu ; […] il est certain que nous ne devons rien attendre et que pourtant nous pouvons tout demander ; il est certain que dans la souffrance se cache notre joie et dans la mort notre vie… À tout cela, Dieu a dit « oui » et « amen » dans le Christ. Ce « oui » et cet « amen » sont la base solide sur laquelle nous nous appuyons. » [4]
« Rien n’est impossible à Dieu »
En essayant d’aller au-delà de ce qui est apparemment « impossible », au-delà de nos insuffisances, pour atteindre le « possible » d’une vie cohérente, un rôle décisif est joué par la dimension communautaire qui se développe là où les disciples, vivant entre eux le nouveau commandement de Jésus, se laissent habiter, individuellement et ensemble, par la puissance du Christ ressuscité. Chiara Lubich écrivait en 1948 à un groupe de jeunes religieux : « En avant ! Non pas avec nos forces, mesquines et faibles, mais avec la toute-puissance de l’unité. J’ai vu, j’ai touché du doigt, que Dieu parmi nous réalise l’impossible : le miracle ! Si nous restons fidèles à notre engagement […] le monde verra l’unité et avec elle la plénitude du Royaume de Dieu »[5].
Il y a quelques années, lorsque j’étais en Afrique, j’ai souvent rencontré des jeunes qui voulaient vivre en chrétiens et qui me racontaient les nombreuses difficultés qu’ils rencontraient quotidiennement dans leur milieu pour rester fidèles aux engagements de la foi et aux enseignements de l’Évangile. Nous en parlions pendant des heures et, à la fin, nous arrivions toujours à la même conclusion : « Seul, c’est impossible, mais ensemble, nous pouvons y arriver ». Jésus lui-même le garantit lorsqu’il promet : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom (dans mon amour), je suis au milieu d’eux. » [6]. Et avec Lui, tout est possible.
D’après Augusto Parody Reyes et l’équipe de la Parole de Vie
[1]Lc 1, 32. [2] Ibid, 35. [3] Ibid, 37. [4] D. Bonhoeffer, Resistenza e resa, ed. San Paolo, Cinisello Balsamo 1988, p. 474. Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) è stato un teologo e pastore luterano tedesco, protagonista della resistenza al Nazismo. [5] C. Lubich, Lettere dei primi tempi. Città Nuova, Roma 2010, p. 164. [6] Cf. Mt 18, 20.
L’antenne de Pedrinhas (SP, Brésil) de la Fazenda da Esperançaaccueille des jeunes et des adultes qui sont à différents stades de rétablissement de la toxicomanie et de différentes formes de dépendance et de malaise social. Il n’y avait pas de meilleur lieu pour accueillir la rencontre d’UNIRedes, la plateforme d’ONG, de projets sociaux, humanitaires et d’agences culturelles qui s’inspirent de la spiritualité de l’unité de Chiara Lubich en Amérique latine. 140 personnes représentant 37 des 74 organisations partenaires d’UNIRedes, actives dans 12 pays d’Amérique latine et des Caraïbes, étaient présentes.
L’objectif de la rencontre était de présenter le travail de ces années à Margaret Karram et Jesús Morán, présents à la rencontre ; de définir les prochaines étapes communes à toutes les organisations partenaires et de renforcer le lien avec le Mouvement des Focolari, afin de partager l’expérience acquise, y compris au-delà du continent latino-américain.
UNIRedes : un réseau de réseaux
Maria Celeste Mancuso, d’Argentine, coresponsable internationale du Mouvement Humanité Nouvelle, explique qu’UNIRedes n’est pas seulement un super projet de solidarité : « C’est aussi un espace qui génère une réflexion culturelle visant à identifier les catégories anthropologiques et épistémologiques nécessaires pour générer une nouvelle culture de l’attention à la personne et aux sociétés latino-américaines. » C’est pour cette raison que les agences culturelles inspirées par le charisme de l’unité, telles que l’Institut Universitaire Sophia (Loppiano, Italie), sa branche locale, Sophia Amérique Latine et Caraïbes (ALC), et le Centre Universitaire ASCES UNITA de Caruaru (PE), en font partie intégrante.
Virginia Osorio, Uruguayenne, l’une des initiatrices du projet, en explique les origines : Les changements politiques et économiques constants dans nos pays rendaient nos organisations de plus en plus fragiles et isolées. Avec UNIRedes, nous avons trouvé un lieu où nous renforcer mutuellement et partager nos souffrances et nos espoirs. Notre dernier projet concernait le Genfest : des centaines de jeunes ont fait du volontariat auprès de plusieurs de nos organisations, faisant ainsi une expérience directe de fraternité et de proximité avec les plus démunis.
La racine commune : « Donner la vie pour son peuple »
La première racine d’UNIRedes ne repose pas sur des analyses géopolitiques ou économiques : il faut remonter au début des années soixante-dix, lorsque les Gen, les jeunes des Focolari, comme beaucoup des jeunes de leur âge de nombreux pays, voulaient changer le monde et instaurer l’égalité, la justice, la dignité.
Chiara Lubich, qui les rencontrait fréquemment, avait soutenu et confirmé la nécessité d’une révolution sociale pacifique, en particulier en Amérique latine, continent qu’elle considérait comme ayant cette vocation particulière. Elle disait aux jeunes des Focolari que « chacun doit sentir que nous devons donner notre vie pour l’humanité, mais il faut que nous trouvions notre Jésus abandonné local, afin de donner la vie pour notre peuple[1] ».
« C’est ainsi que beaucoup se sont rendus à la périphérie des villes, dans les favelas, partout où la pauvreté privait les personnes de leur dignité », explique Gilvan David, un Brésilien du groupe latino-américain de coordination de UNIRedes. « Les premières ONG sont nées et, entre-temps, nous tentions de nous structurer, mais ce n’était pas suffisant : « Vous venez à nous – nous disaient les [plus] pauvres -, mais ensuite vous partez et vous nous laissez seuls. » Pour répondre à ce cri, nous avons commencé à travailler en réseau avec les politiques publiques locales et, à la même période, plusieurs prêtres qui vivaient la spiritualité de l’unité ont fondé des projets sociaux : Frei Hans avec la Fazenda da Esperança, le père Renato Chiera avec la Casa do Menor et d’autres. »
Une “unique” Amérique Latine
Puis les premiers groupes d’organisations ont vu le jour – poursuit Gilvan David –, ‘Sumá Fraternidad’ qui regroupait les projets de quelques pays hispanophones ; l’association civile ‘Promocion Integral de la Persona’ (PIP) au Mexique et les organisations sociales brésiliennes continuaient à se développer, trouvant leur propre identité et leur espace de service. Ces années n’ont pas été faciles, mais nous avons commencé plusieurs parcours dans différents territoires d’Amérique latine pour soutenir leur engagement social, qui ont ensuite fusionné avec UNIRedes. Nous nous sommes réunis à plusieurs reprises, mais la rencontre fondatrice a eu lieu en 2014, en présence de Maria Voce (Emmaüs) et de Giancarlo Faletti, alors respectivement Présidente et Coprésident du Mouvement des Focolari. Emmaüs avait dit à cette occasion : « Vous donnez au Mouvement une nouvelle visibilité, un nouveau sens à son action, vous êtes un témoignage pour ceux qui vous regardent de l’extérieur ; vous donnez une visibilité complète au charisme par le biais d’actions concrètes. » Je dirais que c’est à ce moment-là que nous nous sommes reconnus comme une réalité unique pour toute l’Amérique Latine : nous nous sommes retrouvés enveloppés par le « charisme de l’unité ».
Les contributions qui ont construit cette rencontre ont été nombreuses et substantielles, avec la présentation des différentes organisations partenaires.
Juan Esteban Belderrain : de l’inégalité à l’espérance
Le politologue argentin Juan Esteban Balderrain a analysé le plaie de l’inégalité, dont l’Amérique latine détient le record mondial. « Il s’agit de construire une vision de ce continent qui parte de l’espoir et c’est possible parce que si nous regardons la racine la plus profonde du problème des inégalités, nous trouvons la perte de référence au Dieu qui est amour et qui nous aide à comprendre que nous sommes frères et sœurs les uns des autres et de la nature, qui est aussi l’expression de son amour. Se référant au XXe siècle, Paul VI a dit que c’était un temps béni parce qu’il exigeait de tous la sainteté. Je pense que ces mots s’appliquent également au nôtre. »
Père Vilson Groh : La « mystique des yeux ouverts »
Depuis plus de 40 ans, le père Vilson vit dans le « morro », une favela de Florianopolis (Santa Catarina, Brésil), où il mène des projets sociaux, en particulier pour les jeunes. Il a parlé de la « mystique des yeux ouverts » : « Nous devons porter nos organisations dans les caves sombres de nos périphéries, y être un espoir. Le Genfest a apporté la perspective de « l’ensemble », que le pape François promeut. Cela requiert un cheminement patient et résilient ; cela demande d’être déterminés dans la poursuite du bien commun. L’unité est supérieure au conflit, dit toujours le Pape, et l’unité, est pluralité. Introduisons la diversité dans nos organisations : le charisme de l’unité est une porte par laquelle le Christ blessé ouvre des espaces. »
Vera Araujo : L’Amérique Latine constructrice de fraternité
L’intervention de la sociologue brésilienne s’est concentrée sur une vision positive qui sait reconnaître le patrimoine culturel et humain latino-américain et qui l’offre au monde comme un don.
« UNIRedes trouve son origine dans le charisme de Chiara Lubich et peut devenir une chance inouïe pour le reste du monde : l’unité vue non seulement comme une valeur religieuse, mais aussi comme une force capable de former efficacement la famille humaine, en réalisant une interaction entre la multiplicité des personnes, tout en préservant les distinctions dans le contexte des réalités sociales. Ici, le charisme de l’unité offre une solution qui n’est pas facile, mais un sens, une signification, une Personne : le Christ abandonné sur la croix.
« Pour bien aimer – dit Chiara -, ne pas considérer seulement les difficultés, les erreurs et les souffrances du monde comme des maux sociaux auxquels (il faut) porter remède, mais y découvrir le visage du Christ qui ne dédaigne pas de se cacher derrière toute misère humaine [2].»
Susana Nuin Núñez : la marche des peuples et des mouvements sociaux
La sociologue uruguayenne a décrit le parcours et la richesse sociale, politique, économique des peuples du continent et de quelques mouvements sociaux. « Ces réseaux aux physionomies les plus variées, avec leurs développements dans les pratiques sociales ou dans le monde académique, agissent de manière complémentaire, générant un tissu socioculturel indiscutable au caractère communautaire multiforme dont l’Amérique latine est porteuse. » Elle a souligné ensuite la particularité d’UNIRedes qui, depuis plus de dix ans, est un sujet social qui guérit, révolutionne, transforme et agit à partir de l’Évangile et de la Parole de l’unité.
Margaret Karram et Jesús Morán : UNIRedes fait partie du Mouvement des Focolari
« Ceux qui veulent vivre l’Evangile dans cette région sont toujours en crise parce qu’ils voient constamment des inégalités » – a souligné Jesús. « L’unité ne peut laisser de côté cette réalité. Comment pouvons-nous construire l’unité sur ce continent, sans prendre en compte ceux qui sont rejetés par la société ? Ce que vous faites en tant qu’UNIRedes doit inspirer l’ensemble du Mouvement dans cette région. Son travail pour l’unité n’est pas crédible s’il ne passe pas aussi par les œuvres sociales. Bien sûr, ce n’est pas nous qui résoudrons les problèmes sociaux. La seule chose que nous pouvons faire, c’est faire en sorte que les personnes se convertissent à l’amour. Si nous touchons les cœurs, quelqu’un saisira l’esprit et, dans la liberté, comprendra comment vivre l’Évangile. »
Margaret a encouragé UNIRedes à aller de l’avant : « Maintenant, vous devez comprendre comment faire arriver à tous dans le monde votre vie et votre exemple. ». Citant une intervention de Chiara Lubich datant de 1956, elle a rappelé que, dans son engagement social, le Mouvement ne doit pas oublier que la clé de la résolution des problèmes qu’offre le charisme de l’unité réside dans la nouveauté de la réciprocité plus que dans la justice. Il promeut le partage, la mise en commun entre tous du peu ou de la richesse dont on dispose pour créer un plus grand Bien Commun qui, en plus de résoudre les problèmes sociaux, produit l’épanouissement humain et spirituel qui ne se produit que dans la communion entre tous. Enfin, Margaret la lancé une proposition : « Ajouter un nouvel article à votre Charte des principes et des engagements : un pacte solennel de fraternité à proposer à ceux qui veulent faire partie d’UNIRedes : nous sommes ici pour témoigner de l’amour réciproque et c’est seulement si nous avons cet amour que le monde croira. »
« UNIRedes nous parle d’espérance », a conclu M. Celeste Mancuso. « Il s’agit d’une proposition transversale et synodale de réseau organisationnel, qui peut inspirer des modèles semblables pour les périphéries existentielles d’autres parties de notre vaste monde. De cette manière, nous pourrons penser à construire des réseaux mondiaux de fraternité qui promeuvent le bien commun. »
Stefania Tanesini
[1] Chiara Lubich aux jeunes des Focolari, Rocca di Papa (Rome, Italie), 15 mai 1977.
[2] Chiara Lubich, “Pour une civilisation de l’unité”. Discours prophétique au Congrès “Une culture de paix pour l’unité des peuples”. Castelgandolfo, (Rome) 11-12 juin 1988.