Reliés en direct de tous les points du globe – Cote d’Ivoire, Zambie, Sud Afrique, Brésil, Venezuela, Corée, Vietnam, Thaïlande, Macao, Russie, Suisse… – nombreux sont ceux qui ont participé au rendez-vous avec Chiara et les jeunes générations, ce 11 mars à Castel Gandolfo. A la fin de cet après-midi intense la présidente des Focolari, Maria Voce, est intervenue en remerciant cordialement tous ceux venus le construire et en saluant ceux connectés par internet. Parmi les nombreuses manifestations organisées par le Mouvement des focolari pour célébrer le quatrième anniversaire du départ de la fondatrice, Chiara Lubich, plusieurs impliquent les jeunes – comme en Pologne, à Lublin ou à Manille le 10 mars et prochainement à Costa Rica. L’intervention de Maria Voce a “fait le bilan” de l’après-midi, en soulignant : la valeur de la “seconde génération” des Focolari; le rapport de Chiara avec les jeunes – en puissance, avec tous les jeunes du monde – basé sur la réciprocité et sur une confiance « totale et convaincante »; le fait de savoir « oser » de Chiara, pour présenter aux jeunes le révolutionnaire par excellence, Jésus, « l’homme-monde » qui offre la clé pour « embrasser, sans crainte, l’humanité dans ses contradictions ». Non pas deux heures de souvenirs, mais de vie, « tremplin pour prendre notre élan », pour repartir – ensemble – sur la route vers la fraternité universelle. « Nous le devons à Chiara et au charisme qu’elle nous a transmis. Nous le devons à l’humanité que nous aimons. » Intervention de Emmaüs Nous voici arrivés à la conclusion de notre rencontre. Merci de tout cœur, à vous tous qui êtes venus ici pour la construire et une chaleureuse salutation à tous ceux qui sont connectés. Au cours de ces deux heures nous avons pu nous plonger non seulement dans « la pensée de Chiara sur les jeunes » – c’est ce à quoi le titre pouvait nous faire penser – mais à pénétrer et presque à revivre une expérience extraordinaire que nous souhaiterions voir se multiplier : celle qui, à travers la vie de Chiara, a brillé d’une lumière particulière lorsqu’est née une seconde génération au sein du Mouvement. La seconde, par rapport à la première génération de personnes qui, avec elle, avait fondé le Mouvement. Une génération nouvelle : elle n’existait pas et, à un moment donné, elle est apparue. Qu’avons-nous admiré aujourd’hui ? Bien sûr, le rapport de Chiara avec elle. Ce rapport particulier qu’elle a établi avec des jeunes de formation, de cultures, d’appartenances, de sociétés, d’époques historiques très différentes. Un rapport qui, tout en s’adressant à de petits groupes ou à des foules dans un stade, s’adressait toujours, pour Chiara, à tous les jeunes du monde. Et je pense que, de façon toute spéciale, nous avons été touchés intérieurement par la réciprocité que sa façon d’aimer a engendrée chez les jeunes et qui a tout autant suscité en eux, en retour, amour, confiance, espérance, concrétisation. En effet, Chiara leur a tout donné, toute cette lumière et ces horizons universels, concrets et exigeants que Dieu avait tout grand ouverts devant elle. Et elle a accompagné de près ces nouvelles générations de jeunes pour qu’elles en fassent directement l’expérience. Sa confiance a été, ou plutôt, esttotale, convaincante. Totale, comme celle qu’elle sentait que Dieu avait en elle. Confiance qui était aussi la certitude que les jeunes sont faits pour être les premiers à contribuer à l’unité du monde, au rêve d’un Dieu qui fait l’histoire avec nous. D’où l’espérance sans condition qu’elle déposa en eux. Chiara a su oser ; oser regarder le ciel pour comprendre quoi construire sur la terre. De là son courage de mettre devant notre cœur, avant de le mettre sous nos yeux, le modèle des rapports qui garantissent la fécondité. Pour indiquer le rapport entre la première et la seconde génération elle nous fait regarder là-haut, la relation entre le Père et le Fils dans La Trinité ; paradigme qui représente l’ouverture maximale de l’amour des deux côtés, la démonstration la plus évidente de ce qu’est : donner et recevoir ; recevoir et donner. Elle s’est toujours inspirée à ce modèle qu’elle nous invite tous à incarner. Chiara n’a pas hésité à parler aux jeunes de « révolution ». Révolution, changement total, conséquence de vivre avec confiance et sans calcul les Paroles de Jésus. Et la contestation de nos modes de vie pour d’autres, plus simples et plus pauvres. Elle a même créé un langage nouveau qui séduit, comme par exemple lorsqu’elle indique comme modèle pour les jeunes d’aujourd’hui : « l’homme-monde », Jésus, qui nous offre la clé et la capacité de transformer la souffrance en amour et pour cette raison d’embrasser sans crainte l’humanité dans ses contradictions. Aujourd’hui tout cela est passé dans notre âme, dans notre esprit, et notre cœur s’est renouvelé. Nous avons reçu le témoignage de personnes concrètes, de jeunes d’hier et d’aujourd’hui, qui avec fidélité – sans fuir la souffrance -, avec engagement et imagination ont construit et construisent sur le roc un monde nouveau, pierre sur pierre. C’est un héritage très précieux que nous avons en main. Un héritage qui s’enrichira en permanence avec la succession de nouvelles générations. Prenons alors cette journée comme un tremplin pour prendre notre élan. Aujourd’hui nous ne nous sommes pas ‘souvenus’ ou nous n’avons pas ‘célébré’ mais nous nous sommes à nouveau laissés prendre tous ensemble par la grâce du charisme. Du ciel, Chiara nous voit une seule chose et j’ose le dire, elle nous voit déjà ainsi. Sentons-nous tous ensemble, à nouveau investis de sa confiance pour affronter les nouveaux défis qui nous attendent et être dans l’humanité, un courant d’amour. Nous pourrons ainsi témoigner la révolution de l’Évangile en actes ; nous pourrons être semence de Paradis, semées de partout dans le monde, un peuple bigarré et pluriel qui, décidé, construit avec tous ceux qui s’emploient pour le bien commun : ‘que tous soient un’, la fraternité universelle. Nous le devons à Chiara et au charisme qu’elle nous a transmis. Nous le devons à l’humanité que nous aimons.
Jeunes d’aujourd’hui, d’hier et de demain : le 11 mars à Castel Gandolfo, des personnes de tous les âges étaient présentes pour l’après-midi consacré à Chiara et les nouvelles générations, pour le quatrième anniversaire de la disparition de Chiara Lubich. Témoins des premiers temps de la relation unique que la fondatrice des Focolari a tissée avec une génération qui respirait la contestation de mai 68, et qui n’ont pas hésité à la suivre sur la voie d’une autre révolution : la révolution évangélique. Auprès des compagnes de la première heure se trouvaient les derniers arrivés qui ne l’ont jamais connue, mais qui se sont faits réalisateurs de ce projet de fraternité universelle ; ils travaillent dans de nombreuses parties du monde : du Vietnam à l’Argentine, des Etats Unis à la Hongrie. C’est ici, en Hongrie, que se déroulera le Genfest, le meeting mondial de ces jeunes. Le message au potentiel révolutionnaire proposé à ces générations, s’est déroulé l’après-midi en six cadres : le premier a été consacré au thème du changement, trait distinctif des jeunes, hier comme aujourd’hui. De Valerio Cipri qui a exprimé son désir de changement – inhérent à la contestation des années soixante-dix – dans le groupe musical du Gen Rosso, à Antonio de l’Egypte qui voit aujourd’hui dans son Pays une révolution en cours. Ils sont nombreux à dire leur merci à Chiara. Parmi eux il y avait aussi Pasquale Ferrara, aujourd’hui diplomate engagé dans divers projets de paix et Joao Braz de Avis, cardinal appelé à Rome depuis le Brésil, comme préfet pour la congrégation des religieux. Liberté et justice se concrétisent dans une conception diverse des biens matériels, comme l’a rappelé Chiara elle-même dans une des nombreuses vidéos projetées –toutes très actuelles – : « nous n’avançons pas seuls ». Mais donner son temps ou ses biens n’est pas l’unique façon de « susciter le paradis terrestre » – comme Chiara incitait à le faire en ’70. Giuseppe Milan l’a démontré qui a donné une ‘’empreinte communautaire ‘’ à quelques cours du département des Sciences de l’éducation de l’université de Padoue dont il est le directeur ; Emmanuel Pili, étudiant à l’institut Universitaire Sophia, qui a instauré une synergie intéressante avec l’université de sa ville, Gênes. Patience Molle, ingénieur, première femme à avoir la charge de directeur au ministère des Travaux publics au Cameroun : dans son action administrative elle a agi dans la légalité pour rester fidèle aux valeurs apprises toute jeune à travers le focolare ; Maria Chiara Campodoni, qui, à 30 ans, se retrouve assesseur au sport de la commune de Faenza (Ravenna). Une autre ‘pierre angulaire’ de l’héritage de Chiara est la grande valeur donnée à la souffrance : point de départ pour d’autres buts, d’autres objectifs. Beppe Porqueddu, en chaise roulante après un accident de moto à 17 ans, l’a exprimé de manière émouvante. Il a découvert dans le handicap « une lueur de transformation sociale » dans un monde qui semblait refuser les limites et la maladie. Il est aujourd’hui technologue de la réhabilitation et enseignant pour les kinésithérapeutes. Le message de Chiara, très enraciné dans la vision de Dieu comme amour, n’est pas pour autant réservé seulement aux chrétiens : se sont succédés sur l’estrade Habib, jeune musulmane ; Metta, bouddhiste, qui a expérimenté comme ce message l’a aidée à « s’approcher de lavérité » ; et Andréa, « non croyant, plus que athée », qui a souligné l’accueil et le respect trouvés. Pour clore l’après-midi, l’intervention de la présidente des Focolari, Maria Voce ! Elle a mis en évidence le fait que « nous ne nous sommes pas souvenus, nous n’avons pas célébré, maisnous avons vécu », et comme Chiara dans son message aux jeunes, elle a donné cette consigne : « ici et maintenant » ; jeunes qui sont appelés à le cueillir et à s’engager à la première personne : « Nous le devons au charisme et à l’humanité ». 12-03-2012 de Chiara Andreola – Source : Citta Nuova
La Hongrie, avec son identité bien affirmée est depuis toujours un pont important entre l’Est et l’Ouest de l’Europe. Après des décennies de communisme elle se trouve aujourd’hui dans un moment de changement d’époque. Le Pays est à la recherche d’un nouvel équilibre entre la sauvegarde de ses propres caractéristiques et l’ouverture à une dimension universelle. S’adressant à la communauté hongroise durant sa récente visite, Maria Voce – actuelle présidente des Focolari – l’avait invitée à « s’apercevoir des nombreux talents qui sont ici. Les donner et accueillir ceux des autres peuples, apprenant toujours plus à collaborer ».
La Hongrie, grâce à son stratégique emplacement géographique et aux événements historiques, a eu un rôle important aussi pour les Focolari. Déjà en 1956, à la suite des tragiques événements de la révolution qui a éclaté cette année-là, le pape d’alors, Pie XII, avait lancé un appel aux fidèles du monde entier, pour « remettre Dieu dans la société ». A cet appel, Chiara Lubich répond, donnant naissance à l’aventure des Volontaires de Dieu. En 1996 Budapest accueille le 40ème anniversaire de cette naissance, et en 2006 le « Volontarifest », avec les 12.000 personnes présentes venues de 92 nations.
En 1961, Chiara Lubich, en visitant Budapest, reste impressionnée par la situation de l’Eglise condamnée à vivre dans la clandestinité. Cette année-là, le focolare s’ouvre à Vienne ; de là s’effectueront des voyages en Hongrie, entre les années 1970 et 1980, pour prendre contact avec ceux qui avaient connu le Mouvement en Italie et en Autriche. Les premières communautés des Focolari en Hongrie remontent aux années du communisme, quand, dans les années 81-82 s’ouvriront aussi les focolare masculin et féminin à Budapest.
Le Mouvement des Focolari durant cette difficile période historique, a joué un rôle important pour tisser des liens entre les personnes et les associations catholiques, contribuant ainsi à maintenir et développer la foi dans le Pays. Vient en relief le rôle de quelques familles qui, en venant habiter en Hongrie pour quelques années, avec générosité, ont porté la spiritualité de l’unité dans différentes villes de Hongrie et bien au-delà. Grâce aussi à l’engagement de quelques prêtres, la spiritualité du Mouvement a pénétré dans d’autres milieux, en gardant la fraicheur et l’authenticité de la vie évangélique.
La souffrance commune a aussi renforcé les relations entre les chrétiens des trois Eglises historiques hongroises (catholique, réformée, luthérienne), aujourd’hui engagées à témoigner d’un dialogue œcuménique bénéfique. Comme fruits, les deux rendez-vous historiques : en 2000 la première rencontre œcuménique des jeunes, organisée par les Mouvements de jeunes avec 3000 participants, et un second, en 2003, avec 16.000. La spiritualité de l’unité se répand aussi à travers les livres et la revue Uj Varos. La Parole de Vie, imprimée en 15.000 exemplaires, est publiée sur les journaux, sur le web, et est retransmise par la radio.
L’histoire a ensuite préparé aussi les Focolari des Pays hongrois à être les promoteurs de quelques initiatives qui témoignent du désir de construire des morceaux de fraternité au niveau local et international, préparées par des enfants, des juniors, des jeunes et des adultes : « 72 heures sans compromis », « Filets Projets Paix », « Forts sans violence » « Missions pour la ville ». « Run for Unity », « Semaine Monde Uni ». Cette dernière initiative s’est déroulée en 2010 dans la ville symbole Esztergom, où trois cents jeunes hongrois et slovaques – en direct par internet – ont témoigné d’un fort signe de paix entre leurs nations, dans un moment de tension politique et sociale.
A 50 années de la visite de Chiara en Hongrie, Maria Voce, en 2011, a visité les communautés du Mouvement, rencontrant les prêtres, les familles, et les jeunes. Elle a pu constater l’engagement de familles Nouvelles, avec les jeunes couples en collaboration avec les autres associations et les Eglises pour travailler ensemble à soutenir le mariage et la famille. Elle s’est aussi retrouvée avec les engagés d’Humanité Nouvelle qui rassemble les personnes travaillant dans des domaines communs : la santé, l’économie, la politique, le sport, la pédagogie.
Mais un des moments les plus importants a été la rencontre avec les jeunes. Le Mouvement en Hongrie se prépare à accueillir 12.000 jeunes de différents pays du 31 août au 2 septembre, pour la dixième édition du Genfest. Ainsi Budapest deviendra un laboratoire d’unité pour le monde entier. ‘’Let’s bridge’’ est le nom de la manifestation, qui donnera la possibilité aux pays de l’Europe de l’est de ‘’construire des ponts’’ en faisant connaître leurs propres valeurs et caractéristiques. « Ce devrait être une grande fête – a dit Maria Voce aux jeunes hongrois à cette occasion – qui devrait donner un très grande joie aux jeunes qui la vivront… faire sentir, goûter que rien n’est plus beau que la révolution évangélique. Parce que des révolutions nous en avons vues aussi d’autres types : dans le domaine artistique, dans le domaine musical… mais une révolution a changé notre vie et peut changer la vie de tant de personnes… la révolution de l’Evangile, la seule que Dieu nous a fait voir vraiment avec cette force… donnons tout pour la faire voir aussi aux autres ! »
Visitez la page de la Hongrie sur Focolare Worldwide !
« Dieu ! Dieu ! Dieu ! Qu’il résonne ce Nom ineffable, source de tout droit, de toute justice, de toute liberté, dans les Parlements et sur les places, dans les maisons et dans les bureaux… ». Dans son désir de répondre à cet appel lancé par Pie XII le 10 septembre 1956 dans un message radiodiffusé, à la suite de la répression sanglante en Hongrie ; Chiara Lubich écrit une lettre qui deviendra la charte d’une nouvelle vocation dans le Mouvement des Focolari : les « volontaires de Dieu ». Des hommes et des femmes du monde entier – partout où le Mouvement est présent – formés par la spiritualité de l’unité, qui s’engagent à porter Dieu dans la société, par leur vie, dans les milieux où ils évoluent. « Il y a eu une société – écrit Chiara le 15 janvier 1957 – capable d’arracher du cœur des hommes le nom de Dieu… Il faut qu’il y ait une société qui lui redonne sa place.[…] Il faut des disciples de Jésus authentiques qui soient au cœur du monde, et pas seulement dans les couvents. Des disciples qui Le suivent volontairement, mus uniquement par leur amour envers Lui, un amour éclairé en cette heure de ténèbres, et mus par leur amour pour Son Église. Une armée de volontaires, parce que l’amour est libre. […] Il faut… édifier une société nouvelle, renouvelée par la Bonne Nouvelle, où l’amour fait resplendir la justice et la vérité. […] Une société qui témoigne un seul nom : Dieu.
Les dates, 31 août-2 septembre, sont fixées depuis longtemps et le compte à rebours sur le site www.genfest.org nous le rappelle : il manque 24 semaines, quatre jours et… Les heures, les minutes, les secondes s’égrainent.Le programmeprend forme et, sur la planète Terre, en différents points du globe, on s’organise pour aller à Budapest.
Voici quelques exemples de ce qui a été réalisé durant la dernière période seulement.
Radio Varsovie
Durant deux heures d’émission consacrées aux jeunes, les JPMU de la Pologne ont pu raconter, à l’une des principales radios nationales, leurs idéaux, leurs expériences et leur invitation à tous les jeunes polonais à s’unir sur le chemin vers Budapest.Ils écrivent : « Pour nous, c’était la première occasion d’annoncer le Genfest et enflammer le cœur de nombreux jeunes ! ».
Le café de Milan
En Italie, « Coffee Bridge » est l’initiative lancée par les JPMU de la Lombardie.Ils ont obtenu un prix spécial chez un distributeur en gros, ils ont appliqué le logo du Genfest sur les paquets de café reçus et ils se sont organisés pour les vendre.But de l’initiative : promouvoir les idéaux des JPMU et récolter des fonds pour le voyage à Budapest !Plus d’info :coffee@genfest.tk
Nazareth en fête
Quarante jeunes de religions différentes ont donné vie à une journée sous l’enseigne de chants, jeux et… une grande joie.On n’a pas manqué cette occasion pour parler du Genfest et lancer l’invitation – immédiatement acceptée – d’être tous des constructeurs de « ponts ».Prochain rendez-vous en avril pour un nouveau week-end ensemble.
Spectacle Indonésie
À Yogyakarta, les JPMU de la deuxième ville de l’île de Java ont organisé un concert pour commémorer les 90 ans de la plus grande maison d’édition catholique de l’archipel, devant plus de 500 personnes.« C’était une magnifique occasion pour nous présenter et raconter comment nous nous engageons à construire un monde plus uni, écrivent-ils, en vivant le moment présent, en aimant le prochain et en surmontant ainsi chaque moment difficile. »
Repas chinois
De Macao, ils racontent :« Nous avons invité nos amis à venir manger une fondue chinoise ». Après avoir présenté leurs expériences et le Genfest, « en signe de gratitude envers ceux qui étaient venus, nous avons préparé un petit cadeau pour souhaiter à tous « une prospère nouvelle année chinoise ! » ».
Expériences, activités, curiosités… et la nouvelle vidéo sur l’histoire des Genfest sont disponibles sur les sites du Genfest et des Jeunes pour un Monde Uni.
(lien du programme : http://www.genfest.org/program)
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« Je suis arrivée dans une école hôtelière comme remplaçante, alors que l’année avait déjà commencé, catapultée au milieu d’interminables conseils de classe, sans avoir aucun élément qui puisse m’aider à distinguer les noms, les visages et les situations. Je me suis retrouvée devant un cadre peu encourageant, avec la difficulté exprimée par les collègues de motiver et « scolariser » les élèves, surtout ceux des premières années. Et j’avais six classes de première année ! Je devais oublier l’expérience riche et intéressante faite l’année précédente avec les jeunes du lycée et changer d’attitude et de méthode. C’est ainsi qu’a commencé une aventure enthousiasmante, qui m’a obligée à entrer tout de suite dans le jeu. Je suis une religieuse.Cela suscite chez mes élèves, excepté la surprise, une myriade de questions. Je ne m’arrête pas face aux provocations, aux moqueries. Je me retrouve ainsi à partager une partie de ma vie, de ma vocation, du motif qui me pousse à enseigner. C’est le premier pas pour entrer en relation, pour commencer un chemin. Petit à petit, on dévoile toujours plus nos cartes et je presse les jeunes de questions. Je ne pars pas des raisons philosophiques, mais de la réalité quotidienne qui invoque une réponse à la question de sens. Pourquoi je dois me lever le matin, pourquoi je dois étudier, vivre dans le réel, aimer, souffrir… Avons-nous conscience de ce que nous vivons ?Cette question tombe sur les jeunes comme un éclair et faire naître une grimace entre le sourire et la douleur. Une brèche ouverte dans leur apathie, j’insiste : la valeur de la personne, la responsabilité du moi, la recherche de Dieu dans l’homme et dans l’histoire. Un collègue, surpris parce que la classe écoute, ironise sur le fait que « Quelqu’un s’est mis à penser ! ». Toutefois, avec une collègue, une estime réciproque naît et nous cherchons une ligne commune en partant de nos cours respectifs. Nous commençons ainsi à choisir des passages dans la littérature ou la poésie qui parlent du désir d’un bonheur vrai… Et les jeunes répondent, se sentent pris au sérieux et deviennent eux-mêmes les premiers acteurs de la leçon. Pour expliquer le sens religieux, je propose des extraits musicaux qui expriment l’attitude de l’homme par rapport à la question de sens. En suivant les textes, les élèves tombent sur la « réponse suspendue » de Bob Dylan, le « scepticisme » exprimé par Francesco Guccini, la « question et la recherche » de Bono, de U2, et je leur demande : « Vous, à qui vous identifiez-vous ? ». Un élève lève la main : « J’écris des poèmes, voulez-vous en entendre un ? ». Avec l’aide d’un camarade, il commence, dans un style de rap, à raconter l’expérience douloureuse de la mort d’un ami d’école. C’est un cri : quelle est la réponse humaine à la douleur, à la limite, à la mort ? En rappelant Jean-Paul II, je propose la réflexion faite durant le jubilée des artistes. En répondant précisément à Bob Dylan, le pape avait dit que la réponse ne souffle pas dans le vent.Quelqu’un a dit que la réponse est : Jésus Christ. Et, à partir de là, j’ai commencé le parcours christologique. Je fais continuellement l’expérience que ce n’est pas vrai que les jeunes sont indifférents face à la beauté, à la vérité. Beaucoup vivent des situations difficiles et, peut-être justement pour cette raison, ils sont plus sensibles à la recherche du vrai, du juste, du bien, à un regard d’amour pour leur destin. Je l’ai appris par les personnes qui m’ont transmis la passion de l’éducation, parmi lesquelles mon Fondateur, Nicolas Barré : on éduque dans la mesure où on se laisse éduquer par l’autre. Mais je sens qu’il faut conserver chaque jour la surprise du début, sans perdre la curiosité et le désir d’une aventure toujours nouvelle, qui commence chaque matin en classe. En préparant les leçons, je suis mue par le désir de tout essayer pour rencontrer le visage de chacun et transmettre ce message : « Je suis contente parce que tu existes !Merci, parce que tu es devenu le compagnon de mon chemin ! ». »Sœur Marina Motta
« Au moment où les universités sont aussi touchées par cette crise culturelle, économique et sociale, qu’est-ce qui vous a incité à commencer ce projet, et quelle est la nouveauté de Sophia ? » demande Giorgia, Italienne, représentante des étudiants, au recteur de l’IUS, le théologien Piero Coda. Elle s’exprime au nom des nombreux étudiants, jeunes intéressés et futurs inscrits, présents à Loppianoou en liaison par Internet des quatre coins du globe, pour le premier « IUS Open Day », le 1er mars dernier. Une nouveauté, laquelle ? Conjuguer une formation scientifique rigoureuse à la Sagesse – d’où le nom Sophia – entendue comme un regard transdisciplinaire qui puise dans les racines de la révélation chrétienne. C’est la nouveauté et la « mission » de cet Institut universitaire (IUS) qui a pour objectif de former des hommes et des femmes capables de redécouvrir le destin de l’humanité, comme le recteur, Piero Coda, l’a mis en évidence dans l’entretien vidéo retransmis en direct. Jusqu’à aujourd’hui, environ 150 étudiants ont fréquenté et suivent les cours de l’IUS, dont une trentaine de titulaires d’un doctorat. « L’expérience de Sophia a commencé il y a des années avec les écoles d’été, se souvient le professeur Coda, et l’objectif était de mettre en relation des disciplines différentes à la lumière du charisme de Chiara Lubichpour surmonter la fragmentation qui se ressentait entre elles.Aujourd’hui, l’Institut en est à sa quatrième année de vie et propose un parcours de formation qui vise à surmonter la « schizophrénie » qui est expérimentée entre la formation académique et les défis sociaux, politiques et économiques du monde d’aujourd’hui. » Diverses sont les nouveautés dans le parcours de formation, présentées par les professeurs Judith Povilus, vice-rectrice de l’IUS, Antonio Maria Baggio, professeur de Philosophie politique, Alessandro Clemezia, théologien et Giuseppe Argiolas, économiste. À partir de septembre prochain, le diplôme universitaire en « Fondements et perspectives d’une culture de l’unité » s’articulera en quatre domaines de spécialisation : études politiques, ontologie trinitaire, économie et management et, enfin, « culture de l’unité ». Ce dernier s’adresse à des étudiants provenant de n’importe quel domaine de spécialisation, ouverts à la construction d’un monde nouveau et qui privilégient la dimension relationnelle. Quelques étudiants de Sophia provenant de différents pays des cinq continents ont ensuite pris la parole. Metta, Thaïlandaise de religion bouddhiste, engagée dans les études dans un environnement d’inspiration chrétienne :« Pour moi, étudier ici est principalement une relation de fraternité et ces rapports sont le langage qui nous rapproche tous, étudiants et professeurs, aussi dans notre diversité, une dimension que je retrouve également dans ma religion ».Marco, Italien diplômé en Sciences du sport, fréquente la première année à l’IUS :« En ce qui concerne les perspectives futures, mon choix de fréquenter Sophia n’est pas tant né du désir d’approfondir une discipline spécifique, mais plutôt de l’exigence de recevoir une formation qui me permette d’élargir le plus possible mes horizons culturels et cognitifs pour mieux affronter un monde du travail qui maintenant ne m’offre pas de certitudes et qui pour cela requiert que je prenne l’initiative ».
« Le 14 mars est tout proche, jour de fête pour l’anniversaire de la naissance au Ciel de Chiara Lubich. Nous voudrions cette année dédier de façon particulière ces célébrations à l’impact de son charisme sur les nouvelles générations : dans différentes régions du monde, des jeunes d’aujourd’hui et d’hier témoigneront de ce qu’a suscité dans leur vie, leur rencontre avec elle. Chiara fait confiance aux jeunes et à chacun de nous. Ensemble, tous ‘un’, nous voulons regarder vers un avenir plein d’espérance parce que Dieu nous a donné un grand Idéal. Ce sera aussi l’occasion d’exprimer notre reconnaissance à celle qui, en correspondant pleinement à la lumière que Dieu avait mise en elle, a ouvert la voie à beaucoup afin d’être porteurs d’un esprit nouveau. Faisons de cette date un point de départ : reconnaissants d’un tel don, communiquons-le à notre tour à ceux qui nous entourent pour contribuer à l’édification de la fraternité universelle : la réalisation de son rêve, l’ardent désir de Jésus : « Que tous soient un » Maria Voce, 5 mars 2012
« Un cœur qui est serré seulement pour ceux qui ne s’aiment pas » (proverbe kirundi). Le Burundi est un petit pays, situé au cœur de l’Afrique, entre deux pays immenses : le Congo et la Tanzanie. Doté d’un paysage naturel d’une richesse et d’une beauté extraordinaires, il est pourtant l’un des pays les plus pauvres de la planète. Trois ethnies : Hutu, Tutsi et Twa, qui parlent une seule langue et partagent la même culture. Ses collines verdoyantes cachent en outre le cri de douleur de tous ceux qui ont connu la violence et la mort durant des décennies de conflits et de dictature. En 2002 seulement, le Burundi est sorti d’un conflit politique et ethnique qui a provoqué un million de réfugiés et plus de 300 000 morts. Ici aussi, au cœur de l’Afrique, quelques kilomètres au sud de l’Équateur, l’Idéal du Mouvement des Focolari est arrivé. Ses racines historiques remontent à 1968, lorsqu’une famille belge, ayant déménagé à Bujumbura pour le travail, a amené, à travers son témoignage de vie, une nouvelle lumière sur le message chrétien. Presque simultanément, un autre noyau se forme autour du Père Alberton des Missionnaires d’Afrique, dans la paroisse de Mubimbi. 1979 est une année importante pour l’histoire des Focolari dans ce pays : à la demande des évêques locaux, s’ouvre le focolare à Gitega. Mais, suite aux premières persécutions, le focolare est transféré d’urgence à Bujumbura. Commence alors une période particulièrement difficile, autant pour le Mouvement que pour l’Église entière : interdiction complète d’exercer n’importe quelle activité, églises fermées durant la semaine, impossibilité de diffuser la Parole de Vie. En septembre 1987, avec le coup d’État et l’avènement de la Troisième République, la liberté a été retrouvée et on a pu sortir sans crainte. Peu à peu, on reprend contact avec les personnes qu’on avait connu, découvrant avec émotion que certaines communautés, situées loin de la capitale, avaient continué à se rencontrer régulièrement pour partager les expériences de l’unique Parole de Vie conservée pendant des années. En vivant une seule Parole de l’Évangile, elles étaient allées de l’avant pendant des années. Le Mouvement comprend aujourd’hui plus de 24 000 personnes dans plus de 290 groupes disséminés dans tout le pays. L’Idéal de l’unité est aujourd’hui une véritable espérance pour le Burundi. Dans le climat de tension de l’après-guerre, les membres du Mouvement se sont engagés pour contribuer avec toute l’église locale au processus de « Réconciliation ». Il existe quelques réalisations intéressantes dans le domaine économique, ainsi que des expériences innovatrices dans le domaine de la santé et de l’éducation. En 1999, un groupe de volontaires du Mouvement des Focolari fonde l’association CASOBU (Cadre Associatif des Solidaires du Burundi), dans le but de créer des solutions durables face aux problèmes de la pauvreté, à travers la participation et le soutien réciproque. Est également né un Centre social « Chiara Luce Badano » qui s’occupe d’enfants orphelins ou extrêmement pauvres du quartier de Kinama (périphérie de Bujumbura), un quartier complètement détruit par la guerre. Dans le cœur des membres des Focolari au Burundi demeurent les paroles que Chiara Lubich leur a écrit le 7 octobre 1996 : « Misez toujours sur notre « unique bien » ; vous serez heureux et dans la paix, aussi dans les innombrables difficultés dans lesquelles vous vous trouvez. Jésus est toujours présent au milieu de vous pour toucher les cœurs, réveiller la foi en Son amour, amener l’unité. Je suis avec vous dans cet engagement constant renouvelé instant après instant… ».
Vaikalpalayam est un petit village composé d’humbles maisons et de petites rues goudronnées, même si pleines de trous. A l’entrée du village se dresse une construction modeste, en pierre, égayée par les cris d’une vingtaine d’enfants. Elle abrite une des dix maternelles ou balashanti, que l’institution gandhienne Shanti Ashram a ouverte au fil du temps dans la région de Coimbatore, près de la nationale qui conduit vers le Kerala. Il y a vingt ans, à ses débuts, l’école maternelle avait un objectif précis: mettre en route un modèle éducatif avec les dalit (les plus pauvres) pour leur offrir la possibilité d’espérer une vie plus digne. Quelqu’un a appelé ce qui s’est passé depuis : une vraie révolution. Dans les villages indiens, les dalit vivent en marge des habitations. Ils ne peuvent pas puiser l’eau dans les mêmes puits où se désaltèrent les autres et jusqu’à il n’y a pas plusieurs dizaines d’années, il était impensable qu’ils entrent dans les mêmes temples. Aujourd’hui, à Vaikalpalayam, les enfants dalit et des castes supérieures étudient, mangent et prient ensemble. Leurs mères se trouvent côte à côte lors des rencontres de parents des 220 enfants qui fréquentent les maternelles fondées et animées par cette organisation gandhienne qui a commencé il y a vingt-cinq ans par le Dr Aram, membre honoraire du Parlement indien, pacifiste et éducateur indien de premier niveau. Dans les balashanti, on tend à donner une formation qui allie les bases de l’écriture et de la lecture avec le jeu, le chant et l’apprentissage des valeurs religieuses et humaines, en plus d’une aide à l’alimentation quotidienne restreinte. Les familles du lieu, en fait, avec un salaire qui tourne autour de 60 dollars par mois, ne peuvent pas se permettre plus d’un repas par jour. Ces dernières années, avec le grand développement industriel de Coimbatore, sont venus s’installer des travailleurs précaires du bâtiment. Beaucoup parmi eux sont musulmans. Même dans ces zones Shanti Ashram a ouvert quelques balashanti, où les enfants contribuent à l’intégration de leur famille dans le tissu social de la région. L’idée d’impliquer les mères a permis de commencer des rencontres où l’on donne des conseils en hygiène, des règles sanitaires et où on apprend aux femmes comment cuisiner avec le budget limité dont elles disposent et des aliments avec des propriétés nutritives suffisantes pour les enfants. Pour remédier au problème de l’alcoolisme qui gaspille les misérables budgets familiaux, un groupe de ces mères a été intégré au projet du micro crédit. Même les enfants reçoivent, durant leur formation, des enseignements pour économiser. Karuna, quatre ans, a réussi l’an passé à mettre dans sa tirelire trois mille roupies, qui équivallent au salaire mensuel de son père. En plus, dans les balashanti on apprend les règles d’hygiène pour éviter les maladies liées à la pauvreté. Le Dr Aram et sa femme Minoti avaient, pour construire une paix durable, la vision claire qu’il était nécessaire de commencer par les enfants. C’est de là qu’est née l’idée de fonder des maternelles qui puissent former des enfants de paix. «Souvent – raconte M. Murthy qui a suivi le projet pendant vingt ans – se sont les enfants qui contribuent à rompre le cercle de la violence familiale. Récemment Divya, une enfant qui étudie au balashanti, durant une querelle familiale, est allée s’asseoir sur les genoux de son père et lui a dit: « Papa, la violence c’est comme le diable! »». Les enseignants apprennent aussi aux enfants le respect de chaque croyance. Le matin on commence avec les prières indous, musulmanes et chrétiennes. Par conséquent, les enfants grandissent sans les barrières et préjugés qui ont divisé groupes et communautés de cette partie de l’Inde pendant des siècles, créant des tensions sociales qui ont souvent débouché en conflits violents et sanglants. Les Focolari travaillent à ce projet depuis la fin des années quatre-vingt-dix, quand Minoti Aram avait ressenti la nécessité de fournir des compléments alimentaires aux enfants des balashanti. A ce moment-là, les projets de Famille Nouvelle et ceux des gandhiens de Shanti Ashram se sont rencontrés, ce qui a donné vie à une fraternité entre les deux mouvements qui s’est ouverte au dialogue interreligieux et à la formation à la paix des jeunes générations. Gandhi, en fait, avait affirmé: «Si on désire enseigner la vraie paix (…), il faut commencer par les enfants». Roberto Catalano (Du supplément à la revue Città Nuova n.5 – 2012)
Je m’appelle Maria, je travaille pour le Gouvernement de mon pays, dans le secteur de la santé. Chaque jour, et j’en fais l’expérience, les paroles de l’Evangile nous aident à mieux servir le prochain et aussi à résoudre les problèmes de la société. En cherchant à mettre ces paroles en pratique, les rapports dans le service sont radicalement changés : toujours plus familiers, ouverts, libres. Avec trois collègues, nous partageons cet idéal de vie et nous cherchons ensemble à faire de notre travail un service aux personnes, à notre ville ; ce qui présente un grand défi. En Afrique du Sud il existe deux niveaux de gouvernement : un plus traditionnel, ayant à sa tête les Kgosi, (chief) qui ont des attentes déterminées sur le territoire et un niveau gouvernemental avec les représentants élus qui ont d’autres attentes. Notre défi est celui de réaliser l’accord entre les deux niveaux, de façon à ce que chaque décision prise le soit pour le bien réel de la communauté, qu’elle soit toujours plus participante aux projets proposés. Par exemple, nous avons réalisé six dispensaires pour notre district. Tout le travail a été fait avec le plein accord des deux niveaux de gouvernement, de façon à ce que chaque structure soit pleinement reconnue sur le territoire. A la cérémonie d’inauguration sont intervenues les différentes autorités, ainsi que des membres du comité exécutif du Gouvernement. Peu de jours avant cet événement, un des Kgosi nous avait appelés, nous disant qu’il ne viendrait pas à la cérémonie, évoquant d’une disparité de traitement prévue entre les membres du gouvernement local et les chefs traditionnels. On voyait se profiler un vrai désastre, à tous les points de vue. Le danger résidait aussi dans le fait que les gens des villages ne participent plus à la cérémonie. Pour résoudre la situation, nous sommes allés trouver le ‘’chief’’ chez lui. Nous lui avons présenté un profil détaillé de chaque dispensaire. Grâce à ce geste, son attitude a changé et il a enfin donné son accord pour assister à la cérémonie qui s’est ensuite révélée un succès, un moment important pour toute la communauté. Nous continuons également aujourd’hui à vivre chaque tâche qui nous est confiée comme une occasion de rencontres et de croissance pour la ville. Et, lentement, nous voyons que les liens entre les citadins et les fonctionnaires s’améliorent. La confiance grandit entre les uns et les autres. Les leaders traditionnels et les conseillers élus sont en train de discerner de plus en plus leur propre rôle dans le respect tout entier de celui de l’autre. Ainsi, tandis que le projet pour la santé de l’enfance est aujourd’hui confié aux responsables traditionnels, celui pour les jeunes est suivi par les conseillers municipaux. Il n’est même plus nécessaire d’expliquer nos choix aux diverses autorités parce qu’ils ont confiance, et l’union entre tous grandit, et se développe au service de la communauté. Nous expérimentons que lorsqu’on cherche à mettre l’Evangile en pratique, rien n’est vraiment impossible !
« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle. » Pierre avait bien compris que les paroles de Jésus étaient d’un autre ordre que celles des autres maîtres. Les paroles qui viennent de la terre appartiennent à la terre et sont appelées à y retourner. Venues du Ciel, les paroles de Jésus sont esprit et vie. Lumière descendue d’En-haut, elles en ont la puissance. Elles recèlent une densité et une profondeur uniques que n’ont pas les autres paroles, celles des philosophes, des hommes politiques, des poètes. Elles sont « paroles de vie éternelle[6] » parce qu’elles contiennent, expriment et communiquent la plénitude de la vie qui n’a pas de fin, c’est-à-dire la vie même de Dieu. Jésus est ressuscité et il est vivant. Ses paroles, même si elles ont été prononcées dans le passé, ne sont pas un simple souvenir. Elles s’adressent aujourd’hui à chacun de nous, à tous les hommes de tous les temps et de toutes les cultures : ce sont des paroles universelles et éternelles. Les paroles de Jésus ! Quel contenu, quelle intensité, quelle expression ! C’est le Verbe lui-même qui s’exprime en paroles humaines ! Saint Basile[7] raconte : « Un jour, comme si je m’éveillais d’un profond sommeil, je tournai les yeux vers l’admirable lumière de la vérité évangélique et je vis l’inutilité de la sagesse des princes de ce siècle[8] » Thérèse de Lisieux, dans une lettre du 9 mai 1897, écrit : « Parfois lorsque je lis certains traités spirituels […] mon pauvre petit esprit se fatigue bien vite, je ferme le savant livre qui me casse la tête et me dessèche le cœur et je prends l’Ecriture Sainte. Alors tout me semble lumineux, une seule parole découvre à mon âme des horizons infinis, la perfection me semble facile[9] » Oui, les paroles divines comblent notre esprit fait pour l’infini. Elles n’illuminent pas seulement l’esprit mais tout notre être car elles sont lumière, amour et vie. Elles nous apportent la paix – celle que Jésus appelle sienne : « ma paix » – même dans les moments de trouble et d’angoisse. Elles nous donnent la plénitude de la joie au milieu des souffrances, qui, parfois, tenaillent notre âme. Elles nous donnent la force lorsque nous sombrons dans la crainte ou le découragement. Elles nous rendent libres parce qu’elles ouvrent la voie à la Vérité. « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle. » La Parole de ce mois nous rappelle que Jésus est notre unique Maître. Nous avons à le suivre quelle que soit l’apparente dureté de ses paroles : elles exigent de nous l’honnêteté dans le travail, le pardon, le service des autres – plutôt que de penser à nous de façon égoïste – la fidélité à nos engagements, dans la vie familiale, etc… de prêter assistance à un malade en phase terminale, en sachant résister à l’idée de l’euthanasie… Alors que beaucoup de maîtres nous invitent à des solutions de facilité, à des compromis, nous ne voulons écouter et suivre qu’un seul Maître, celui qui dit la vérité et « a des paroles de vie éternelle » et devenir ses disciples. En nous aussi doit naître un amour passionné pour la Parole de Dieu : accueillons-la avec beaucoup d’attention lorsqu’elle est proclamée dans nos Eglises, lisons-la, étudions-la, méditons-la. Et surtout, nous sommes appelés à la vivre, suivant l’enseignement de l’Ecriture, vivons-la : « Devenez des réalisateurs de la Parole, et pas seulement des auditeurs qui s’abuseraient eux-mêmes[10] ! » C’est pour cette raison que nous portons notre attention chaque mois sur une Parole, la laissant nous pénétrer, nous former, nous « faire devenir elle ». Vivre une seule parole de Jésus revient à vivre l’Evangile tout entier car dans chacune de ses paroles c’est Lui-même qui se donne, c’est Lui qui vient vivre en nous. C’est comme une goutte de sa divine sagesse, à lui, le Ressuscité, qui, lentement se fraye un chemin et s’installe en nous, y imprimant un nouveau mode de penser, de vouloir, d’agir, quelles que soient les circonstances de la vie.
Chiara Lubich
Parole de vie publiée en avril 2003 [1] Cf Lc 9,11. [2] Cf. Mt 7,29. [3] Jn 7,46. [4] Jn 6,60. [5] Jn 6,67. [6] Jn 6,68. [7] Saint Basile (329-379), évêque de Césarée, un des plus célèbres Pères de l’Eglise grecque. [8] Y. Courtoune. Saint Basile et son temps, Lettre CCXXII. Etudes anciennes. Ed. Les Belles Lettres. Paris 1973, p. 52 [9] Lettre 226 au Père Roulland. [10] Jc 1,22.
Maria et John vivent en Italie depuis de nombreuses années. «Nous nous sommes demandés – raccontent-ils, dans le témoignage donné à l’occasion de l’anniversaire de Renata Borlone – si, tout en étant faits l’un pour l’autre, nous aurions pu être témoins d’unité dans notre propre famille, moi américain et Maria autrichienne, plongés dans la societé italienne». Les différences entre eux sont multiples et semblent s’opposer: le nouveau continent américain et le vieux monde d’Europe. La langue: ils parlent entre eux ni l’allemand ni l’anglais, mais une troisième langue, l’italien. Différence de culture, d’origines familiales, de formation professionelle et intellectuelle, d’âge (13 ans d’écart) et enfin – raconte encore John – «je suis simplement un homme et elle une femme, avec des caractères, des exigences et des sensibilités différentes». «Un épisode significatif de cette diversité s’est justement passé pendant le voyage de noce en Sicile – poursuit-il – Tout est beau, ravissant… nous arrivons à Sélinonte et Maria s’exclame enthousiaste: ″Quels beaux temples, ils évoquent un passé merveilleux !″. Et moi, de lui répondre: ″Pourquoi ces vieilles pierres et ces colonnes à moitié cassées? Ce serait mieux de les retirer pour construire un beau gratte-ciel″. Où sera notre point de rencontre? Sûrs du projet d’amour que Dieu avait sur nous, nous avons eu l’intuition que ce ne serait ni dans les temples – l’histoire – ni dans les gratte-ciel – la terre jeune, nouvelle – que nous nous serions rencontrés, mais dans l’accueil l’un de l’autre». «Cet accueil, c’est Renata qui nous l’a appris par sa vie. Elle avait une façon spéciale d’écouter, elle mettait toujours l’autre à la première place. Je me sentais pleinement accueillie, comprise, aimée»: c’est Maria qui racconte, évoquant quelques moments difficiles vécus dans le mariage. «Je ne comprenais plus mon mari. Sa façon d’être, de penser me mettait en crise, mais désormais nous avions quatre enfants encore petits. Un soir il me semblait que je n’y arrivais plus et j’ai courru chez Renata. J’ai déversé sur elle mon plus grand doute: je m’étais trompée en épousant John! Comme toujours, elle m’a écoutée en prenant sur elle ma souffrance. Puis, avec une certitude inébranlable, elle m’a rappelé que, lorsque je m’étais mariée, j’étais sûre que John était la personne juste pour moi, au-delà de nos différences. Ce soir-là j’ai trouvé une nouvelle force. Oui, nous aurions réussi à nous aimer jusqu’au bout!». «Encore aujourd’hui, après 40 ans de vie ensemble – conclu John – nous expérimentons combien c’est vrai qu’en accueillant nos différences dans le positif, comme ce quelque chose qui peut nous enrichir et nous compléter, alors une nouvelle harmonie naît et renaît entre nous».
Professeur Luigino Bruni, dans votre article publié sur Nuova Umanità,vous décrivez la figure de l’entrepreneur d’une façon particulière. Pouvez-vous nous expliquer comment les figures de l’investisseur, du manager et du spéculateur ont fini par se confondre avec celle de l’entrepreneur-innovateur ? Beaucoup dépend de la révolution de la finance, qui a investi l’économie (pratique et théorie) durant les 20 dernières années (…) en raison de la mondialisation. L’Occident a ralenti sa croissance, mais il n’a pas voulu réduire la consommation. La finance créative a alors promis une phase de croissance de la consommation sans croissance du revenu, avec de nouveaux instruments techniques. Il en est résulté que de nombreux entrepreneurs se sont transformés en spéculateurs, pensant faire des profits en spéculant, en laissant leur secteur traditionnel et leur vocation. Une seconde raison a été l’uniformisation des cultures d’entreprise, à la suite d’un fort pouvoir de la culture anglo-saxonne. La tradition européenne et italienne de gestion des entreprises était caractérisée par une forte attention de la dimension communautaire et sociale, à cause de la présence d’un paradigme catholico-communautaire. Il en est résulté, avec la première cause de la révolution financière, que les managers ont assumé un rôle toujours plus central dans les grandes entreprises, au détriment des entrepreneurs traditionnels. Aujourd’hui, il existe un énorme besoin de lancer une nouvelle façon d’être entrepreneurs, si nous voulons sortir de la crise, et de réduire le poids des spéculateurs. En partant de la Théorie de l’évolution économique de Schumpeter, vous décrivez le marché comme un « relais vertueux » entre innovation et imitation, (…) mais le profit, pour l’innovateur, est essentiellement circonscrit au temps qui passe entre l’innovation et l’imitation. Comment éviter que ce « relais vertueux » engendre au contraire un dommage réciproque entre entreprises ? Ici, la politique a un rôle important, ainsi que les institutions en général, qui devraient faire en sorte que le relais soit vertueux et pas vicieux, avec des réglementations appropriées en faveur de la concurrence et du fonctionnement correct des marchés. Mais la société civile a aussi un rôle essentiel ; les citoyens-consommateurs, avec leurs choix d’achat, doivent récompenser les entreprises qui ont des comportements éthiquement corrects et « punir » (en changeant d’entreprise) celles qui ont une attitude prédatrice et agressive. Le marché fonctionne et produit des fruits lorsqu’il est en contact continu avec les institutions et avec la société civile. Enfin, vous décrivez les caractéristiques de la « concurrence civile », dans laquelle la compétition ne se joue pas selon la formule Entreprise A contre Entreprise B pour attirer le client C, mais plutôt selon la formule Entreprise A pour le client C et Entreprise B pour le client C. Pouvez-vous nous expliquer quels effets positifs cette façon différente de voir la concurrence entraîne ? Quels exemples de « concurrence civile » pouvez-vous nous donner ? En premier lieu, elle contribue à créer un climat affectif différent dans les échanges sur le marché. Notre lecture et description du monde est très importante pour les comportements que nous assumons. Si je lis que le marché est une lutte pour gagner, lorsque je vis des moments d’échange sur le marché ou aussi au travail, je tends à m’approcher de ces domaines avec une attitude mentale et spirituelle qui influence beaucoup les résultats que j’obtiens ensuite et le bonheur (ou malheur) que j’expérimente. Si, au contraire, je vois le marché comme un grand réseau de relations coopératif, je favorise la création de biens relationnels, y compris dans les moments « économiques » de ma vie, et le bonheur individuel et collectif augmente. En outre, lire le marché comme une coopération colle plus à la vision des grands classiques de l’histoire de la pensée économique (Smith, Mill, Einaudi, et aujourd’hui Sen ou Hirschman) et s’approche plus de ce que des millions de personnes expérimentent chaque jour en travaillant et en échangeant, et pas uniquement dans l’économie sociale. Et comme exemples de « concurrence civile », je citerais le microcrédit, la coopération sociale, l’économie de communion, le commerce équitable et solidaire. Ce sont des exemples de cette concurrence civile, au moins comme des phénomènes macroscopiques.
L’Union de 50 Etats, connue comme Etats-Unis d’Amérique, s’étend sur un vaste territoire de l’extrême nord-ouest de l’Alaska à l’extrême sud-est de la Floride. Les premiers focolarini arrivent de l’Italie en 1961. En ces années-là s’ouvrent les premiers centres du Mouvement à Manhattan, Chicago et Boston et à la fin des années 70 à San Antonio et Los Angeles, suivis des centres à Washington DC, Columbus et Atlanta. La «Mariapolis Luminosa», située à Hyde Park (New York) et inaugurée en 1986, est le coeur du Mouvement en Amérique du Nord. «J’ai été profondément touchée par ce pays. J’ai eu une bonne impression – écrit Chiara Lubich en 1964 durant son premier voyage à New York – (…) il me semble particulièrement adapté à l’esprit duFocolare. Il n’y a pas de sentiment de supériorité ethnique, mais un vrai sens de l’internationalité.C’est la simplicité qui domine. A la messe j’ai prié pour le Mouvement sur ce continent et j’espère que Dieu écoute ma prière car je prie pour la diffusion de Son règne». Sa prière a été entendue. En effet, au long des années fleurissent des communautés dans tout le pays. Contemporainement à la croissance du Mouvement des focolari, se développent les dialogues avec les autres religions. Avec les juifs, qui entrent en contact avec la spiritualité de l’unité, le dialogue s’exprime dans la vie quotidienne, dans la collaboration professionnelle et dans l’étude théologique. Un fraternel «dialogue de la vie» se développe avec les musulmans disciples de l’Imam W.D Mohammed dans tous les coins du pays. Chiara visite les Etats-Unis au moins sept fois. En 1990 elle souligne d’avoir «saisi les différentes marques du monde uni» sur cette terre. En mai 1997, reçue par l’Imam W. Deen Mohammed, elle parle de la spiritualité de l’unité à environ 3000 musulmans réunis à la mosquée Malcolm Shabazz, de Harlem. Par la suite, lors d’un symposium organisé en son honneur par la WCRP (Conférence Mondiale des Religions pour la Paix), elle parle de l’unité des peuples dans le Palais de verre de l’ONU. Enfin, un prix honoris causa lui est attribué par la Sacred Heart University de Fairfield (Connecticut). En 2000, l’Imam Mohammed l’invite à revenir aux Etats-Unis: «L’Amérique a besoin de ton message», lui dit-il. Le 2 novembre de cette même année, 5000 chrétiens et musulmans se rassemblent à Washington DC pour une rencontre organisée par les deux communautés et intitulée “Faith Communities Together” (Communautés de foi ensemble). Des rencontres de ce genre se multiplient dans différentes villes, avec des événements annuels qui ressemblent plus à des réunions familiales qu’à des rencontres de dialogue. Dans son dernier voyage aux USA, Chiara reçoit un diplôme universitaire honoris causa en pédagogie à l’Université Catholique de Washington DC, dans une salle comble avec plus de 3000 personnes parmi lesquelles des juifs, des bouddhistes, des indous et de nombreux musulmans afro-américains, ceci seulement pour souligner l’apport des Focolari dans le dialogue entre les religions. En même temps, le projet de l’Economie de Communion s’enracine avec 19 entreprises de différents domaines comme l’ingénierie environnementale, l’art, l’instruction, l’agriculture, les loisirs et le conseil en entreprises. La récente visite, en 2011, de l’actuelle présidente des Focolari, Maria Voce, et du co-président, Giancarlo Faletti, à l’occasion du 50ème anniversaire de l’arrivée du Mouvement en Amérique du Nord, a rassemblé 1300 personnes représentantes de nombreuses communautés du Canada, des Etats-Unis et des Caraïbes, y compris des juifs et des musulmans afro-américains. Toujours pour le 50ème anniversaire, est sorti le livre «Focolare – Living a Spirituality of Unity in the United States». Il essaie de répondre aux questions sur le Mouvement aujourd’hui, à travers les histoires fascinantes d’une variété d’Américains (enfants, jeunes, couples, personnes âgées, célibataires, religieuses, prêtres et évêques qui font partie des Focolari), dont la vie a été transformée par la rencontre avec Jésus. Les lecteurs peuvent y découvrir les valeurs spirituelles et pratiques essentielles des focolari, les différents ‘sentiers de vocation’ de ses membres et sa vigueur dans le soutien des valeurs de la culture américaine comme la joie, la liberté, la vie ensemble et l’engagement pour le bien commun dans la vie publique.
En 1979, notre famille a déménagé à North Riverside, une petite ville d’environ 6000 habitants, près de Chicago. À la même période, nous avons appris que notre fils David, gravement handicapé, avait besoin d’une thérapie intensive. Nos voisins, ainsi que les pompiers, nous ont aidés, chaque jour pendant sept ans, pour que David puisse un jour réussir à marcher et à parler. Je me souviens avoir demandé à Dieu de nous montrer ce que nous aussi nous pouvions faire pour notre ville et ses habitants. Peu de temps après, notre ancien maire a écrit une lettre en demandant des idées pour un programme de services de quartier qui requérait des responsables pour chaque pâté de maisons. J’ai répondu à sa lettre en lui racontant mon expérience. Quelque temps après, il m’a demandée si je pouvais être la coordinatrice du programme. Il y avait 72 responsables, un par pâté de maison de North Riverside. J’ai pensé leur proposer comme objectif que leur pâté de maison devienne une famille, où personne ne se sente plus seul. Nous avons adapté « les points de l’art d’aimer », de Chiara Lubich, et nous en avons choisi quatre que j’ai appelés « L’Art de prendre soin ». À chaque rencontre des responsables, je prenais un des points et je l’illustrais avec une expérience concrète sur un de ces points. Au début, j’utilisais mes expériences et celles de ma famille ou des histoires de personnes célèbres. Mais, après quelques années, ils ont eux-mêmes commencé à communiquer aux autres ce qu’ils avaient fait pour vivre les points du « prendre soin ». Une des premières expériences concernait une nouvelle venue qui avait l’habitude de laisser ses chiens aboyer dehors, tôt le matin jusqu’à tard le soir. Au lieu de se plaindre et d’appeler la police, le responsable et les voisins se sont mis à « aimer leurs ennemis » en cherchant à établir un rapport avec la propriétaire, en préparant des biscuits pour elle et même en l’aidant à attraper les chiens lorsqu’ils s’échappaient du jardin. Ils ont, seulement alors, exprimé leur préoccupation que les aboiements continuels pouvaient déranger un nouveau-né voisin. Non seulement le maire encourageait ces actions individuelles, mais il a aussi cherché, à travers les responsables du pâté de maisons, à impliquer toute la ville à « prendre soin des autres ». Par exemple, quand un nouveau résident arrive, les responsables lui souhaitent la bienvenue avec un cadeau. Ils s’intéressent aux personnes, spécialement à celles qui souffrent. Ils leur envoient une carte, leur amènent des vivres, écoutent leurs problèmes… « Nous utilisons le courriel pour nous communiquer ces nécessités, comme dans une famille. Ainsi, nous savons tous qui a besoin d’aide », racontent-ils. Certains responsables offrent souvent d’amener quelqu’un chez le docteur ou faire les courses pour les personnes confinées à la maison. « Récemment, nous avons publié un petit livre avec les expériences faites en l’espace de vingt ans, avec des idées pour aider qui veut vivre la « Règle d’Or » : fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse », continuent-ils. Le petit livre a été distribué à des médecins, assistants sociaux, enseignants et politiques, et à tous ceux qui voulaient faire la différence dans leur coin de monde. « L’Art de prendre soin » s’est aussi étendu à d’autres villes. Lors d’une des rencontres entre délégations de différentes villes, le rédacteur du bulletin d’information a déclaré : « Lorsque je parle de North Riverside à mes concitoyens, ils me disent qu’une ville dans le genre ne peut pas exister. Et je réponds : Venez et vous verrez ! »Lire plus :http://www.northriverside-il.org/departments/recreation/neighborhoodservices.html
Une paroisse catholique de Kleinbasel rend visite à la communauté musulmane du quartier. Après la prière de midi des musulmans, ils restent pour le repas commun. L’imam Mohammed Tas raconte: « L’après-midi a été ponctué par trois tournois de foot : les enfants contre les enfants, les jeunes contre les jeunes et les adultes contre les adultes… les imams contre les curés ». « Nous avons perdu – réplique le curé Ruedi Beck en souriant – mais l’amitié s’est renforcée ». Et l’imam de poursuivre : « Nous nous réjouissons chaque fois que nous nous voyons. Beaucoup de choses nous unissent : nous sommes de la même ville, nous sommes des humains, nous avons les uns et les autres beaucoup de travail et beaucoup de soucis. Nous prions les uns pour les autres et nous nous aidons dans la mesure du possible ». Cet exemple, parmi d’autres faits racontés lors de cette rencontre «Musulmans et Chrétiens en dialogue », montre bien qu’il est possible, pour des communautés religieuses différentes, de vivre comme une seule famille. Le thème « La Parole de Dieu écoutée et vécue » a servi de base au dialogue. L’imam de Baar, Ali Cetin, a fait pénétrer les participants dans la compréhension musulmane de ce thème, de qui est Dieu et sa parole pour les musulmans : « Quelqu’un qui reçoit un mail, un sms ou une lettre d’un ami qu’il aime beaucoup, lit et relit le message mot par mot. Il apprécie chaque parole, chaque phrase. C’est de cette façon que les musulmans vénèrent le Coran, que Dieu a envoyé aux hommes. Ses versets sont prononcés avec amour, appris par cœur et mis en pratique ». Dans la foi chrétienne, l’amour de Dieu un et trine a une place centrale. Les mots de Chiara Lubich, présenté en un court extrait vidéo l’expriment bien : « Nous croyons que Dieu nous aime chacun personnellement et infiniment… Le Coran le dit aussi : ‘Les croyants sont ceux qui aiment Dieu par-dessus tout’. C’est ce qui nous relie de plus fort. Nous ne sommes donc plus musulmans ou chrétiens, mais frères et sœurs, des personnes qui mettent Dieu à la première place… » Ces phrases, la fondatrice du Mouvement des Focolari les a prononcées en 1998 devant les participants à un congrès international de musulmans à Rome. Le principal intervenant de la journée, Mustapha Baztami, imam de Teramo (Italie), qui a connu personnellement Chiara Lubich, a rappelé que celle-ci a été la première chrétienne et la première femme à avoir parlé dans une mosquée à Harlem, en 1997. Elle a réussi à jeter de véritables ponts entre les religions. Elle n’avait pas peur de rencontrer l’altérité des différentes religions, car elle proclamait sa foi en Dieu non pas avec des slogans, mais avec sa vie. Pendant la Séance plénière une musulmane s’est exprimée ainsi: « Aujourd’hui nous nous sommes sentis au même niveau, en famille, acceptés par tous. Nous sommes comme un pont, un no man ‘s land, qui relie tous. » La Règle d‘Or – C’est ce dialogue qu’ont vécu concrètement les quelque 80 participants – à parts égales musulmans et chrétiens – venus des trois régions linguistiques de la Suisse et originaires de 17 pays, de la France au Kosovo, de l’Italie à l’Albanie, de la Turquie à l’Algérie, jusqu’à la Côte d’Ivoire. Parmi eux, des personnalités comme le Dr Taner Hatipoglu, président de l’Association des organisations islamiques de Zurich, ainsi que quatre imams. Marianne Rentsch et Franco Galli, responsables du Mouvement des Focolari en Suisse, ont conclu la journée en parlant de la « Règle d’Or ». Chaque participant a pu la recevoir au format carte de crédit et en trois langues, sous sa forme musulmane et chrétienne : « Aucun de vous n’est croyant tant qu’il ne désire pas pour son frère ce qu’il désire pour lui-même » (Mohammed, 13e Hadith dans le livre des 40 Hadith de al-Nawawi) – « Ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux » (Luc 6,31). Beatrix Ledergerber-Baumer
« L’homme doit faire renaître en lui, au nom de Dieu qui l’a créé, la conscience de sa « socialité », du fait qu’il est un être social, dimension sans laquelle il ne serait pas encore complètement homme. Un autre élément constitutif de l’homme, en effet, selon la Bible, outre la communion avec Dieu et le fait d’être appelé à se procurer sa subsistance et à se dédier au travail, est sa « socialité », ses rapports avec les autres. Dans la pensée de Dieu « socialité » signifie aimer les frères comme soi-même,« comme soi-même », rien de moins. Bien plus, les aimer d’un amour qui, parce qu’il émane de plusieurs personnes, devient réciproque et qui, parce qu’il est inspiré par le Christ, engendre l’unité. L’accent que nous avons mis précédemment sur le fait d’avancer ensemble dans la vie dans une unité toujours plus grande acquiert ici tout son sens. Nous pensons que notre spiritualité collective, née de l’Évangile, peut concourir avec une certaine efficacité à la solution des problèmes actuels du travail. Grâce à elle, l’homme, et donc chaque personne du monde du travail (du propriétaire à l’administrateur, du directeur aux techniciens, des employés aux agents de maîtrise) chacun, pour être solidaire, aime les autres de manière à devenir une seule chose avec eux. Grâce à elle, nous sommes portés à nous comprendre mutuellement, à faire nôtres les efforts des autres, à sentir nôtres leurs problèmes, à trouver ensemble des solutions. Cette spiritualité nous conduit à trouver d’un commun accord de nouvelles formes d’organisation du travail. Et l’on en arrive ainsi à partager, à participer, tous ensemble, autant aux moyens de production qu’aux fruits du travail. Qu’en résulte-t-il ? Prenons un exemple. Si auparavant pour un ouvrier, le travail industriel était écrasant et anéantissait sa propre personnalité, car il n’y voyait pas le fruit de son intelligence ni l’œuvre de ses mains, par contre s’il sent sien, vraiment sien, tout ce qui concerne aussi les autres, le travail ne peut que retrouver son sens, bien plus, un sens exaltant. La redécouverte d’une vasteconscience sociale est, par conséquent, nécessaire. (…) Mieux, étant donné que l’économie de chaque pays est liée à celle des autres nations – comme l’affirme aussi le Pape, – une conscience sociale à dimension planétaire est nécessaire. Mais qui peut aider l’homme à réaliser pleinement cela, à se considérer membre de la grande famille humaine « sans renier ses racines, son appartenance à sa famille, à son peuple, à sa nation, ni les obligations qui en découlent… »[1] ? Car l’homme a brisé la communion avec Dieu par le péché ; il a compromis et il compromet sans cesse gravement la communion avec ses frères et donc la solidarité humaine. Qui peut le faire ? Seul le Christ que l’on relègue souvent au domaine de la vie privée. Au contraire, son amour surnaturel et universel, que l’on limite à la vie de prière, est le ferment indispensable de toute l’existence humaine dans ses multiples expressions. C’est seulement avec son amour que l’on peut édifier, avec certitude, un monde où la justice et la paix sont durables. Pour ce qui est du travail, c’est par l’amour du Christ que l’égoïsme et la haine, considérés souvent comme lois essentielles de la vie sociale, pourront être éliminés. C’est avec son amour que, dans les communautés de travail on s’apercevra que l’unité est bien plus utile que la division pour améliorer le travail. Avec son amour, la vie de la société elle-même ne sera pas considérée comme une lutte contre autrui mais comme un engagement à grandir ensemble. Seule une nouvelle civilisation, basée sur l’amour, pourra aussi apporter une solution aux problèmes complexes du monde du travail ».
Chiara Lubich
[1] Cf. Jean-Paul II, Allocution à l’Organisation Internationale du Travail (O.I.T.) n°10, Genève, 15/06/1982.
Le Brésil. Cinquième puissance économique mondiale de 8,5 millions de km2et de presque 200 millions d’habitants – descendants des colons blancs, des esclaves noirs et des peuples indigènes, en plus des immigrants du monde entier – qui parlent une seule langue : le portugais. Un pays aux dimensions continentales, avec des conditions climatiques et géographiques différentes, de grandes richesses naturelles et un fort potentiel de croissance. Un pays également marqué par de grands contrastes sociaux, qui diminuent un peu, notamment grâce aux efforts des derniers gouvernements. Ce sont les défis d’une démocratie jeune, d’une nation sortie d’une dictature militaire il y a moins de 30 ans. C’est ici qu’en 1991, Chiara Lubich, touchée par les graves problèmes sociaux, lance les bases d’une vraie révolution dans le domaine économique avec l’Économie de Communion (ÉdeC), projet aujourd’hui connu dans le monde entier.Mais ce n’est pas seulement dans le domaine de l’économie que l’expérience de vie des Focolari s’est développée.En effet, elle a des conséquences sur le tissu social dans différents domaines : éducation, santé, politique, art, promotion humaine – comme en témoignent les expériences de Santa Teresinha et Magnificat, dans le Nordest ; du Bairro do Carmo et du Jardim Margarida, à San Paolo – ainsi que dans diverses spécialités.Un exemple est le groupe de recherche sur « Droit et fraternité », actif depuis 2009 au Centre de Sciences juridiques de l’Université fédérale de Santa Catarina.Variées sont les activités dans tous les États du Brésil : de l’école de formation politique Civitas à João Pessoa, aux actions de solidarité des Jeunes pour un monde uni et aux week-ends pour les familles dans l’État d’Alagoas ; des olympiades pour jeunes dans l’État de Rio Grande do Sul, au Projet Unicidade à la Mariapolis Ginetta, qui cette année célèbre son 40e anniversaire – seulement pour en nommer quelques-unes. Mais comment est née cette vie ?Faisons un bond en arrière.C’était l’année 1958.À Recife arrivent trois focolarini de l’Italie :Marco Tecilla, Lia Brunet et Ada Ungaro. Ils communiquent leur expérience dans des écoles, universités, paroisses, associations, hôpitaux, familles. Après un mois, ils poursuivent leur voyage : Rio de Janeiro, San Paolo, Porto Alegre et ensuite Uruguay, Argentine et Chili. À leur retour en Italie, l’avion fait une escale d’urgence à Recife à cause d’une avarie sérieuse et ils y restent quatre jours. Ils en profitent pour nouer de nombreux contacts. C’est ainsi qu’est née la communauté des Focolari dans le Nordest brésilien. Elle sera la première d’une longue série. Avec l’arrivée continue d’autres focolarini, les premiers centres du Mouvements’ouvrent à Recife en 1959.Une grande diffusion de l’Idéal de l’unité se produit dans les métropoles et dans les villages, entre jeunes et adultes, blancs et noirs, riches et pauvres… avec une caractéristique : l’harmonie sociale. De nombreuses œuvres sociales sont accomplies comme résultat de la vie enracinée dans l’Évangile. En 1962 s’ouvre un centre à San Paolo.Naissent la Maison d’édition Cidade Novaet le journal Cidade Nova.D’autres centres éclosent : Belém, 1965 ; Porto Alegre, 1973 ; Brasilia, 1978. Aujourd’hui, il y a des centres dans presque toutes les 27 capitales des États et dans beaucoup d’autres villes. En 1965 naît, près de Recife, la première cité-pilote de témoignage du Mouvement, sous le nom de Santa Maria, pour souligner l’amour de ce peuple pour Marie.Deux ans après, naît celle de San Paolo – Araceli, aujourd’hui Ginetta, en souvenir d’une des premières focolarines qui a eu un rôle déterminant dans la diffusion et la progression du Mouvement au Brésil. Suit la cité-pilote de Belém, Gloria,pendant qu’à Porto Alegre le Centre mariapolis Arnold a une orientation œcuménique ; et la cité-pilote de Brasilia est baptisée Maria Madre della Luce.Chiara Lubich a toujours témoigné un grand amour pour le Brésil et ses habitants, « un peuple qui ressemble beaucoup à celui qui écoutait Jésus : magnifique, magnanime, bon, pauvre, qui donne tout : cœur et biens ». Sa première visite a lieu en 1961, à Recife.Elle y retournera cinq autres fois. Elle reçoit différentes reconnaissances publiques et des doctorats honoris causa. En 1998, sa dernière visite, elle inaugure le Pôle Spartaco, premier complexe entrepreneurial de l’ÉdeC dans le monde. À cette occasion, un des pères du Brésil démocratique, le professeur Franco Montoro, s’adressant à elle dans un discours tenu à l’Université publique de San Paolo (USP), a reconnu dans la pensée et dans l’œuvre du Mouvement, non seulement au Brésil, un « témoignage cohérent qui a touché des millions de personnes.Il a sauvé les droits de l’homme durant les dictatures et, durant le boom de la science, il a montré que l’éthique doit nous guider. Il a promu l’amour, la fraternité universelle ».Les membres du Mouvement s’engagent à vivre ces valeurs aujourd’hui, avec beaucoup d’autres, dans une période historique qui voit le Brésil se distinguer dans le panorama mondial et être le protagoniste d’événements comme la Journée mondiale de la Jeunesse en 2013 et la Coupe du Monde de football en 2014.
« La rencontre avec Jésus a changé notre vie ». « Une rencontre avec Dieu. » « Je n’avais jamais fait une telle expérience. » « Je veux vivre avec vous l’art d’aimer … » Ce sont quelques impressions récoltées parmi les jeunes et les familles, avant de repartir, après 10 jours intenses en Amazonie. Dans des situations locales de souffrance, parmi les indigènes disséminés dans l’immense forêt, beaucoup ont retrouvé l’espoir en l’avenir. Ce sont quelques fruits de cette spéciale expérience d’évangélisation qui se répète depuis 6 ans.
Projet Amazonie est le nom de cette expérience vécue dans une région qui couvre plus de 50% du territoire brésilien et qui comprend 9 états : Acre, Amapà, Amazonas, Maranhao, Mato Grosso, Para, Rondônia, Roraima et Tocantins. En 2111, ce projet en est à sa 6ème année.
Comment est-il né ? A cause d’une diminution progressive des fidèles et d’une adhésion croissante aux sectes. Un phénomène dû aussi à la pénurie de prêtres et à la difficulté à rejoindre les différents centres de cette grande région. Le projet Amazonie est la réponse à un appel au secours que les évêques du Brésil ont lancé aux diverses expressions de l’Eglises catholique : contribuer, chacun selon son propre charisme, à une vaste et permanente action d’évangélisation.
Chaque année, dix jours de vacances sont consacrés à cette initiative. Dès 2005, environ 150 personnes ont adhéré, des différents secteurs du Mouvement des Focolari (focolarini/e, familles, jeunes) provenant des différentes régions du Brésil. Ils ont fait des voyages de soixante heures par autocar, de cinq heures d’avion, ou de plus de vingt-quatre heures en bateau, à leurs frais. La participation des jeunes est de plus en plus grande et active.
« Nous sommes venus pour donner, mais nous avons reçu bien davantage ». C’est l’expérience commune. Environ 26.000 personnes ont été touchées durant ces années par un contact personnel. Cette année, plus de 4.700 ; la moitié sont des jeunes, dans trois villes : Abaetetuba et Bragança (Etat de Parà) et Barreirinha (Etat d’Amazonas).
Un des instruments les plus efficaces est le « dé de l’amour » : un jeu que Chiara Lubich a imaginé pour aider les enfants et les jeunes à vivre l’art d’aimer, cœur de l’Evangile. Le dé a été donné à environ 1500 enfants. 54 maîtres et dirigeants de cinq écoles de Barreirinha ont suivi un cours de formation sur cet instrument pédagogique. 150 familles de deux quartiers pauvres et soixante couples ont participé aux cours de formations. La visite à la prison, où – en dialogue avec les détenus – a été présenté l’art d’aimer, fut très émouvante. Les rapports personnels, prioritaires, produisent des choix de conversion à l’Evangile. Le rendez-vous 2012 est du 14 au 22 juin.
« La venue de Maria Voce a été pour nous comme une fine pluie rafraichissante et maintenant ici tout refleurit. » Un jeune Algérien résume ainsi la visite de la présidente du Mouvement des Focolari aux Algériens qui partagent cet esprit. Dans les années 90, quand la communauté commençait à se former, un chemin de dialogue s’est entamé, qui dure encore aujourd’hui. Du 9 au 14 février, la visite de Maria Voce représentait un événement important pour la communauté des Focolari en Algérie et autour. Dans ce pays, le dialogue avec les musulmans est en effet bien développé et reconnu par l’Église locale, ce qu’a confirmé la visite à Mgr Ghaleb Bader, archevêque d’Alger. L’Algérie n’est plus une destination touristique, l’image de l’Islam est actuellement assombrie par des événements qui n’ont souvent rien à voir avec la religion. La visite de Maria Voce se situe au-delà. Comme Chiara Lubich le rappelait souvent, le dialogue est « une autoroute » pour avancer vers le monde uni, et cette petite communauté de musulmans, qui a fait sienne la spiritualité des Focolari suscite des interrogations. Comment cela est-il possible ? « Il faut le vivre pour comprendre », a répondu Maria Voce. Tandis qu’un froid sibérien traverse l’Europe, l’Afrique du Nord n’est pas épargnée : Tlemcen, perchée à 900 mètres d’altitude, est pourtant habituée au froid, mais il est cette année exceptionnel. C’est dans cette ville au riche passé culturel et religieux – là où s’est ouvert en 1966 le premier focolare d’Algérie – qu’arrive la présidente des Focolari, l’après-midi du 10 février. Un accueil typique l’attend, avec deux superbes chevaux arabes et leurs cavaliers, qui font la garde d’honneur, et les enfants en vêtements traditionnels qui offrent du lait et des dattes, selon l’usage dans ces régions proches du désert. Maria Voce se prête volontiers au rite et embrasse tout le monde. Les coups de fusil la font sursauter et l’émotion est grande. C’est encore le cas le lendemain quand elle entre dans la petite salle du centre Mariapolis, avec 130 invités, tous musulmans, excepté les membres du focolare, quatre étudiants africains, deux évêques et deux religieux dominicains de Tlemcen. Quelques personnes du Maroc et de Tunisie sont aussi présentes. Après une brève histoire de l’arrivée de l’Idéal des Focolari au Maghreb, le dialogue qui s’établit est un moment de printemps. « Les jeunes ont été les véritables acteurs de ce moment », confie Maria Voce à son retour en Italie. Ils racontent leurs expériences et posent quelques questions auxquelles elle répond en français très simplement. Les adultes présents sont émus de constater que l’avenir est assuré. Les réponses sont valables pour tous, « même pour les évêques », comme l’affirme Mgr Henri Tessier, archevêque émérite d’Alger, qui s’est retiré au centre Mariapolis « Ulysse », centre des Focolari à Tlemcen, et qui participe à la rencontre. Les questions mettent en évidence la difficulté de faire connaître cet idéal dans la vie de tous les jours, en Algérie comme ailleurs, et l’engagement nécessaire pour aller à contre-courant. Le mot « amour », synthèse de la spiritualité des Focolari, est souvent présent dans les réponses de Maria Voce : « Si on est dans l’Amour envers l’autre, il n’y a plus rien qui nous sépare ». Elle souligne l’importance de la relation entre les personnes : « La crise du monde actuel, avant d’être économique et politique, est une crise des relations ». D’où l’importance « d’un amour gratuit, qui n’attend rien en échange, totalement désintéressé, totalement Amour pour Dieu à travers le frère ». Musique algérienne, andalouse, très populaire à Tlemcen, et vêtements traditionnels rehaussent l’après-midi de fête. Les paroles des chants sont des louanges à Dieu qui montrent l’intense religiosité de ce peuple. Comme il est de tradition en Algérie, tout se termine en dansant. Tlemcen, capitale internationale de la culture islamique pour 2011-2012, accueille de nombreuses manifestations culturelles et religieuses et se montre dans toute sa beauté. Le soleil apparait au moment de la visite de la ville. Fouad, accompagnateur du groupe, est amoureux de sa ville natale. Il la fait découvrir avec tous ses saints musulmans, qui font partie du patrimoine de la ville, et dont le plus fameux est Sidi Bou Medin. Sur sa tombe, Maria Voce prie pour que tous les musulmans de la communauté algérienne puissent suivre l’exemple de ces saints. A la sortie, Fouad entonne un chant qui rapporte un enseignement du saint : « Laisse ta tristesse, laisse ta vie et donne-toi à Moi ». Et une discussion conclut la visite. Fouad : « Tout est de Dieu, nous ne sommes rien ». Maria Voce : « Si, mais nous appartenons à Dieu ». Fouad : « Voilà, c’est le mot : appartenir ».
L’Évangile est agréable à lire, mais sa mise en pratique provoque le scandale chez les gens bien comme il faut. L’Évangile ne supporte pas la stagnation, il n’assure pas le repos. Lui, le « signe de contradiction », ne promet pas une sinécure : « C’est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » (Lc 12,49). L’histoire du Christ sur la terre, en vingt siècles, est une suite d’échafauds, entre bagnes et piloris, et l’on ne voit pas toujours l’océan de larmes pleurées en secret. Et pourtant, sur ce silence désolé et obscur, la foi vaut la peine d’être vécue. Cela vaut la peine de croire sans voir. Rappelons-nous la recommandation de Jésus : « Prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jn 16,33). Pour un peu de temps, il disparaît et nous souffrons, restés seuls, mais ensuite il revient. Dans la mystique, cette nuit obscure se termine par une irruption flamboyante du soleil. C’est l’épreuve, et celui qui la supporte avec force connaît la victoire. Il s’agit d’une souffrance qui engendre la vie : une semence qui meurt en terre pour porter du fruit au soleil. « De même, en effet, que les souffrances du Christ abondent pour nous, de même, par le Christ, abonde aussi notre consolation » (2 Co 1,5). Celui qui accueille Jésus crucifié accueille la douleur par amour : et en en faisant un acte d’amour, il trouve la joie. Il faut à cet effet un entraînement à l’Esprit Saint. Et ainsi, l’existence semble un drame cruel, avec des défaites apparentes et d’atroces déceptions : mais il faut résister. Rien n’est gaspillé de ce que l’on donne dans la douleur : le fruit d’une résistance dans la rationalité et dans la foi, avec force et charité, est utile tant dans l’ordre civil que dans l’ordre spirituel, en ce que le peuple devient, par ces moyens aussi, Corps social du Christ mystique. On sème dans les larmes, on moissonne dans la joie.
«Le nombre considérable de personnes qui, par tous les moyens, ont désiré formuler leurs sentiments de participation pour la disparition de notre chère Marisa, nous met dans l’impossibilité de remercier chacun personnellement. Nous le faisons de cette façon, afin d’exprimer non seulement nos remerciements, mais aussi le profond sens de gratitude pour autant d’affection envers notre Marisa et envers nous-mêmes. La famille Baù»
Lutte contre la pauvreté et Économie de Communion. Un binôme qui, durant la journée du 3 février, a été présenté sous différents angles au siège des Nations Unies. Un événement attendu, pour lequel une salle de réunion a été réservée, spacieuse et équipée de deux écrans pour les projections vidéo. Présence de rapporteurs internationaux, comme il est habituel dans ce contexte : Burundi, Brésil, Philippines et quelques villes des USA (Boston, Indianapolis et New York City). Une cinquantaine de personnes présentes, dont des représentants d’ONG et des délégués de l’ONU de différents pays de l’Afrique, Europe, Caraïbes et Amérique du Nord. L’événement a été organisé par New Humanity (ONG du Mouvement des Focolari, dotée du Statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l’ONU (l’ECOSOC)) et par la Mission permanente d’observation du Saint-Siège auprès de l’ONU. Dans son introduction, en se référant à l’encyclique Caritas in Veritate, Mgr Chullikatt, nonce apostolique, a souligné l’importance qu’a aujourd’hui la promotion intégrale de l’homme.L’Économie de Communion (ÉdeC) peut offrir des éléments innovants dans le contexte de la crise économique actuelle, comme John Mundell, président de la Mundell & Associates et membre de la Commission ÉdeC/USA, l’a relevé lors de son intervention. Avec Elizabeth Garlow, de Boston, ils ont illustré le style qui caractérise la gestion d’une entreprise ÉdeC, en présentant quelques témoignages d’entreprises qui y adhèrent dans différentes parties du monde. Le réseau de relations vertueuses qui se forment entre les différentes entreprises ressortait particulièrement. Futur et racines : ce sont précisément quelques-uns des jeunes présents – Cláudia Herrero Martins Menegassi et John Paul Dominic Flores Yumul, provenant respectivement du Brésil et des Philippines – qui ont cerné le contexte dans lequel l’ÉdeC est née : Brésil, en 1991, d’une inspiration de Chiara Lubich. Ils ont souligné la nécessité de développer la « culture du don » en opposition à celle de la « possession » et du rôle actif du nécessiteux, typique du projet. Ce point a été l’argument principal de la 50e session de la Commission du développement social, avec pour objectif l’élimination de la pauvreté, dont la présentation de l’ÉdeC constituait un événement parallèle. Alexis Nsabimana, jeune burundais, a offert l’expérience qui se poursuit en de nombreux pays de l’Afrique, où l’Économie de Communion, rencontrant les fortes valeurs communautaires propres à ce continent, trouve un terrain fertile. Significative est la lecture du « Message des Jeunes de São Paulo au monde », présenté à l’occasion des 20 ans de l’ÉdeC au Brésil (mai 2011). Le message, avec l’expérience de l’Économie de communion sur comment « Éliminer la pauvreté à travers la fraternité » et avec quelques propositions sur la taxation des transactions financières, se trouve dans le projet de résolution, disponible sur le site des Nations Unies en différentes langues. Hugh Timothy Duggan, consultant de la représentation des États-Unis à l’ONU, a demandé l’adhésion de l’ÉdeC au programme des Nations Unies « Global compact » (avec ses 8700 adhérents de 130 pays, elle est la plus grande initiative à caractère volontaire relative à la responsabilité sociale des entreprises). En conclusion, le dialogue avec les participants a souligné l’accueil positif de la part des intervenants. Source : EdC online
« Ma sœur Maria Assunta n’est plus, emportée par une leucémie fulgurante. Un sentiment d’impuissance m’avait saisi. Je me demandais quel sens pouvait avoir la vie si la mort emporte avec elle nos rêves, nos désirs, nos conquêtes… Tout perdait son sens. Je ne voulais plus vivre. » Me sont revenus en mémoire les derniers instants de vie de Maria Assunta. Les forces l’avaient abandonnée. Même soulever les paupières était pour elle une fatigue immense qui pouvait lui coûter la vie. Toutefois, pendant qu’on la ramenait à la maison, en sortant de l’ambulance sur une civière et en entendant la voix des parents et des amis venus la saluer pour la dernière fois, elle eut comme un sursaut. Je vis un changement soudain sur son visage. Non seulement elle ouvrit les yeux, mais elle releva la tête et sourit à chacun. Et elle n’arrêta pas de sourire avant d’avoir salué tout le monde. C’est seulement lorsqu’elle entendit se fermer la porte de la maison qu’elle laissa tomber la tête sur les coussins et… tomba dans le coma. Pourquoi a-t-elle fait cela ? Pourtant, en réfléchissant à cette absurdité il me semblait en comprendre le pourquoi. L’amour qui la poussait à se préoccuper de tous sauf d’elle lui avait permis, dans un certain sens, de vaincre la mort. Ses yeux en étaient le témoignage le plus manifeste : ils n’exprimaient pas la peur de mourir mais une sérénité qui semblait vouloir consoler les personnes qui l’entouraient, comme pour dire « Soyez tranquilles, parce que moi je suis heureuse ». En un éclair, une pensée a traversé mon esprit : « Anto, le mort c’est toi, Assunta est vivante ! » Alors je me suis dit : « Ne perds plus ton temps ! L’unique direction que ma vie peut prendre c’est l’amour ». Je commençais dans les petites choses à aimer les personnes qui étaient à côté de moi, avec beaucoup de simplicité. Mais avec le temps cette flamme commença à s’éteindre, parce qu’aimer toujours est très engageant. La réponse à ma façon d’agir ne venait pas toujours, au contraire, je rencontrais parfois la dérision. En cette période j’eus l’occasion d’écouter un enregistrement vidéo dans lequel Chiara Lubich parlait de la douleur de Jésus sur la croix quand il crie « Mon Dieu mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Je me suis senti comme libéré. Chiara, en peu de minutes avait dénoué chaque nœud. Sans qu’elle ne sache rien de moi, elle m’a expliqué la vie. Elle m’a fait comprendre qu’aucune douleur ne devait être méprisée mais plutôt aimée, parce que contenue dans la douleur de Jésus. La parole ‘’absurde’’ pouvait parfaitement décrire mon état d’âme à la mort de ma sœur. C’est absurde de mourir à 20 ans ! Mais quand j’eus accepté cet absurde, j’ai retrouvé le sens de mon existence et j’ai compris, comme l’a fait ma sœur, qu’on peut vaincre la mort. Antonio (Teramo, Italie)
Aux États-Unis, les entreprises de l’Économie de Communion (ÉdeC) exploitent des secteurs les plus variés : une entreprise d’ingénierie de l’environnement, un atelier de violon, une école de langue, une agence de voyage, une ferme biologique et différentes entreprises d’assistance et de consultation. Par exemple, l’étude d’avocat de Clare Marie DuMontier « La Visitation », à Appleton dans le Wisconsin, fournit des services de tutelle aux personnes âgées. Clare Marie avait failli quitter sa profession à cause des conflits qui ont miné l’environnement juridique dans lequel elle a travaillé. La Spiritualité de l’unité lui a donné les instruments pour « rester calme et persévérer, et aimer dans les situations les plus stressantes ». Ces entreprises se soutiennent entre elles avec le réseau « business to business » qui les relie tant au niveau continental qu’au niveau mondial. Des conférences téléphoniques trimestrielles, un congrès annuel national et quelques rencontres internationales sont une grande aide pour renforcer l’engagement et les valeurs du projet ÉdeC, ainsi que pour améliorer les idées. En outre, les entreprises s’engagent à animer les rapports avec les employés, clients, fournisseurs et voisins dans le respect et la transparence. Mais comment fonctionnent les entreprises de l’Économie de Communion dans un contexte de concurrence ? John Mundell est le fondateur et directeur de Mundell & Associates, une entreprise de consultation pour les assainissements environnementaux dans la ville d’Indianapolis. « C’est un changement radical pour notre mode de vie américain, commente John. Dans les entreprises de l’Économie de Communion, nous essayons de voir les entreprises concurrentes non pas comme des adversaires à battre, mais comme des personnes avec lesquelles nous pouvons construire des relations.Dès le début, nous avons essayé de suivre le principe de ne jamais dire du mal d’un concurrent.Nous rivalisons seulement dans la qualité de notre produit et de notre service.Une fois, nous avons participé à un concours assez important pour un travail très élaboré dans un autre État.Lorsque le mandataire pour la ville s’est levé pour présenter nos références, il a confessé avoir parlé non seulement avec notre client, mais aussi avec la concurrence.« J’ai essayé de m’informer sur les défauts de cette entreprise,mais je n’ai jamais entendu autant de commentaires élogieux sur une entreprise de la part de ses concurrents.J’ai confié sans réserve le travail à ces personnes ». » Les entreprises de l’ÉdeC se chargent aussi de favoriser les relations positives dans le milieu où ils travaillent. Par exemple, l’entreprise Mundell a décidé de délocaliser ses bureaux dans une partie de la ville en difficulté, pour donner une impulsion au développement économique de cette zone. « Nous avons décidé d’engager des personnes du lieu pour réparer le toit et aménager le site, raconte Mundell. Nous avons développé des relations étroites avec d’autres entreprises et magasins du lieu.Nos employés font du volontariat dans le réfectoire de l’église voisine « Disciples de Christ » et certains ont aidé à réparer une maison délabrée de notre quartier.Une équipe de télévision est venue ce jour-là et le reportage a été diffusé au journal télévisé du soir.Grâce à cette retransmission, trois ans après nous avons obtenu un contrat de 50 000 dollars ». Certaines des entreprises de l’Économie de Communion les plus développées ont pu offrir des programmes de stage pour étudiants universitaires de différents niveaux, afin qu’ils puissent expérimenter, de l’intérieur, comment ces entreprises fonctionnent. Elizabeth Garlow, qui a fait de la recherche sur le modèle de l’Économie de Communion à l’université, a effectué son stage auprès de l’entreprise Mundell & Associates. « Après cette expérience, raconte-elle, je suis convaincue qu’il est possible de construire des relations familiales au travail. » De : Focolare :Living a Spirituality of Unity in the United States (New City Press, 2011).