Diffuser partout le véritable amour
Diffuser partout le véritable amour
Diffuser partout le véritable amour
Pratiquer l’art de la paix
Faire preuve d’initiative et d’engagement
Être authentiques
« L’espérance ne déçoit pas » (Rm 5, 5)

La participation des nouvelles générations au parcours qui conduit à l’Assemblée générale 2026 des Focolari est conçue comme un processus intégré, qui se développe à travers diverses formes d’engagement.
Les jeunes et les adolescents du Mouvement dans le monde ont été invités à s’impliquer de manière active et concrète dans leurs communautés locales.
Pour cela, un document a été rédigé, rassemblant les éléments issus de la dernière Assemblée de 2021. Ce document invite les adolescents et les jeunes du monde entier à réfléchir sur trois questions fondamentales : 1. Qu’avons-nous réussi à réaliser, dans notre région, à partir des propositions de la dernière Assemblée ?
2. Que souhaitons-nous réaliser à l’avenir et sur quoi voulons-nous nous engager ?
3. Quel est ton désir ou ton rêve pour l’Œuvre dans les cinq prochaines années ?
Ce processus est essentiel pour unir les générations et donner une continuité à leur cheminement vers l’unité. Les communautés ont été invitées à créer des moments de communion favorisant le dialogue et l’élaboration de propositions, afin de valoriser le rôle actif des jeunes, enraciné dans leur vie concrète et leur sensibilité.
La participation des enfants du Mouvement des Focolari a également été envisagée. Il leur a été demandé de répondre, à travers des dessins, à la question : Que pouvons-nous faire pour aider à rendre le monde plus uni ? Ces dessins seront exposés dans les salles où se réuniront les participants à l’Assemblée, afin d’inspirer et de parler au cœur de chacun.
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S’élever vers Dieu

Récemment, un observatoire créé par trois universités italiennes a signalé qu’en une année plus d’un million de messages de haine ont été relevés sur les réseaux sociaux. Toujours plus violents sont ceux adressés contre les étrangers, les juifs mais surtout contre les femmes.
Certes, nous ne pouvons pas généraliser mais chacun de nous a pu faire l’expérience en famille, au travail, dans le milieu sportif, etc. de ces attitudes litigieuses, offensantes et de ces antagonismes qui divisent et compromettent la coexistence sociale. Ensuite, à un niveau plus global, il y a actuellement 56 conflits armés dans le monde, soit le plus grand nombre depuis la Seconde Guerre mondiale avec un nombre très élevé de victimes civiles.
C’est précisément dans ce contexte que résonnent de manière plus provocante, plus vraie et plus forte que jamais les paroles de Jésus :
« Heureux ceux qui font oeuvre de paix, ils seront appelés fils de Dieu ».
La Parole de Vie de ce mois-ci est la septième des béatitudes par lesquelles commence le Sermon sur la montagne (Mt 5-7). Jésus, qui les incarne toutes, se tourne vers ses disciples pour les instruire. Il convient de noter que les huit béatitudes sont formulées au pluriel. On peut en déduire que l’accent n’est pas mis sur une attitude individuelle ou des vertus personnelles, mais plutôt sur une éthique collective qui se réalise au sein d’un groupe.
« Heureux ceux qui font oeuvre de paix, ils seront appelés fils de Dieu ».
Qui sont les artisans de paix ? « Cette béatitude est la plus active, la plus explicitement opérationnelle ; les mots utilisés sont analogues à ceux utilisés dans le premier verset de la Bible pour la création et indique l’initiative et l’ardeur au travail. L’amour est par nature créatif […] et cherche la réconciliation à tout prix. Sont appelés enfants de Dieu ceux qui ont appris l’art de la paix et qui le pratiquent, qui savent qu’il n’y a pas de réconciliation sans le don de la vie et que la paix doit être recherchée toujours et quoi qu’elle coûte. Il ne s’agit pas d’une oeuvre autonome, fruit de ses propres capacités, mais d’une manifestation de la grâce reçue du Christ, qui est notre paix, qui a fait de nous des enfants de Dieu » [3].
« Heureux ceux qui font oeuvre de paix, ils seront appelés fils de Dieu ».
Alors, comment vivre cette Parole ? D’abord en répandant partout l’amour véritable. Ensuite en intervenant lorsque la paix est menacée autour de nous. Il suffit parfois d’écouter avec amour, jusqu’au bout, les parties en conflit pour entrevoir une issue.
Et nous n’abandonnerons pas tant que les relations rompues, souvent pour rien, ne seront pas rétablies. Peut-être pourrions-nous donner vie, au sein de l’organisme, de l’association ou de la paroisse à laquelle nous appartenons, à des initiatives particulières visant à développer une plus grande conscience de la nécessité de la paix. Il existe dans le monde une multitude de propositions, petites ou grandes, qui vont dans ce sens : marches, concerts, conférences, le volontariat lui-même met en marche un courant de générosité qui construit la paix.
Il existe également des cours d’éducation à la paix tels que « Living Peace ». À ce jour, plus de 2 600 écoles et groupes participent au projet et plus de deux millions d’enfants, de jeunes et d’adultes sont impliqués dans ses initiatives sur les cinq continents. Parmi celles-ci, citons le lancement du « Dé de la paix » – inspiré de l’« Art d’aimer » de Chiara Lubich4 – sur les faces duquel sont inscrites des phrases qui aident à construire des relations de paix, ainsi que l’initiative organisée dans le monde entier, le « Time Out » durant lequel, chaque jour, à midi, on prend un moment de silence, de réflexion ou de prière pour la paix.
D’après Augusto Parody Reyes et l’équipe de la Parole de Vie
Photo: © De Rezende Maria Clara – Sito Living Peace – Copertina Guida 2025-2026
[1] Cf. Jn 14, 27
[2] C. Lubich, Parole di vita, a cura di Fabio Ciardi, (Opere di Chiara Lubich 5) Città Nuova Editrice, Roma 2017, p. 709 (Janvier 2004).
[3] Pape François, Audience Générale. Catéchèse sur les Béatitudes. Mercredi 15 avril 2020.
[4] Chiara Lubich, L’arte di amare, Città Nuova, Roma 2005.

Nous vivons une époque où les tensions, les conflits et les messages de haine semblent se multiplier: sur les réseaux sociaux, au travail, en politique, voire au sein des familles. À l’échelle mondiale également, les conflits armés atteignent des chiffres que nous n’avions pas connus depuis des décennies. Tout cela nous rappelle que la paix n’est jamais garantiemais qu’elle doit être construite chaque jour.
Face à cette réalité, les paroles prononcées par Chiara Lubich en 2004 sont toujours d’actualité: «Chaque peuple et chaque personne aspire profondément à la paix, à la concorde et à l’unité. Mais malgré les efforts et la bonne volonté, après des millénaires d’histoire, nous nous découvrons incapables de maintenir une paix stable et durable (…) car la paix n’est pas seulement l’absence de guerre, de luttes, de divisions et de traumatismes.» La paix véritable «est plénitude de vie et de joie, elle est le Salut intégral de la personne humaine, elle est liberté, justice et fraternité dans l’amour entre tous les peuples».
OEuvrer pour la paix exige de passer à l’action, de prendre des initiatives, même avec créativité. Chacun de nous peut devenir un «artisan de paix»: dans les petites choses de la vie quotidienne mais aussi dans les grandes, en nous associant à des initiatives mondiales qui favorisent la concorde et la collaboration.
Quelques exemples concrets sont significatifs. Le projet Living Peace où le désir personnel de faire quelque chose en faveur de la paix est devenu un programme d’éducation à la paix. Actuellement, plus de 2.600 écoles et groupes adhèrent à ce projet et plus de deux millions d’enfants, de jeunes et d’adultes des cinq continents participent à ses initiatives. Parmi celles-ci figure le «dé de la paix», sur les faces duquel sont écrites des phrases qui aident à construire des relations de paix et que chacun essaie de mettre en pratique.
Récemment, lors d’un séminaire web intitulé «Pardon et paix: le courage des décisions difficiles», l’importance du pardon et de la réconciliation a été soulignée afin d’être des artisans de paix, en reconstruisant ce qui avait été brisé.
Enfin, un autre exemple est celui de la Méthode Rondine: un laboratoire à ciel ouvert pour sortir de la logique de l’ennemi. Israéliens et Palestiniens, Serbes et Bosniaques, Arméniens et Azéris, mais aussi Maliens, Nigérians et Colombiens, et dernièrement Russes et Ukrainiens, ont construit une voie praticable pour réparer les relations détruites par la haine et bâtir des liens solides en faveur de la paix. Parmi tous les jeunes qui se sont succédé au cours de ces trente dernières années dans la Citadelle de la Paix, un petit bourg médiéval aux portes d’Arezzo, on trouve aujourd’hui des personnalités politiques, des ambassadeurs, des chefs d’entreprise, de jeunes leaders qui mettent leur vie au service de la guérison des blessures de ces conflits douloureux, posant les bases d’un avenir qui
mêle relations pacifiées et développement.
Pour vivre cette Idée, proposons-nous de semer la paix partout où nous nous trouvons, à travers des relations de confiance, de solidarité et de coopération, car chaque pas vers la paix nous rend plus pleinement humains et rapproche toute la société d’un horizon de justice et de fraternité.
Photo: © Livingpeaceinternational.org
L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le « Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse » du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Actuellement L’IDÉE DU MOIS est traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte pour s’adapter aux différentes sensibilités culturelles. www. dialogue4unity.focolare.org
Se mettre au service des autres

Aimer tout simplement
Un après-midi, je suis allé rendre visite à ma mère pour lui apporter quelques affaires, comme je le fais habituellement. Il faisait chaud et elle faisait encore la sieste, alors j’ai tout laissé dans la buanderie pour ne pas la réveiller. Alors que j’étais sur le point de rentrer chez moi, j’ai remarqué que l’herbe du trottoir avait été coupée (dans notre localité, cette tâche incombe à la municipalité) et que tout était un peu sale. J’ai immédiatement pensé qu’à son réveil, elle verrait le trottoir dans cet état et commencerait à le balayer, même si elle sait qu’elle ne devrait pas le faire car cela lui cause des maux de dos. Je suis retourné chercher un balai, car je sais où elle le range, et j’ai commencé à balayer. Cette petite expérience toute simple m’a procuré la même joie que celle que je ressentais quand j’étais Gen 3, un adolescent du Mouvement des Focolari, même si de nombreuses années ont passé.
(D. C. – Argentine)
Pendant les emplettes
Hier, j’étais au supermarché. Alors que je regardais les produits sur une étagère, j’ai remarqué qu’un monsieur m’observait avec insistance. Comme je ne le connaissais pas, j’ai continué mes courses et lui a fait de même. Peu après, à la sortie, il m’avait attendue et m’a saluée : « Ne vous souvenez pas de moi ? ». Son visage m’était inconnu et je lui ai demandé de me donner quelques éléments pour m’aider à me souvenir. « Je m’appelle Stefan, m’a-t-il répondu, et il y a des années, vous m’avez beaucoup aidé en me fournissant un document. Regardez, je l’ai encore » ; et, rayonnant, il a ouvert son sac et m’a montré une carte d’identité qui était délivrée il y a des années aux étrangers. Je regarde la date et je vois qu’elle date de 1993, mais elle est bien conservée. Et Stefan : « Trente-deux ans ont passé, mais je n’ai jamais oublié tout ce que vous avez fait pour moi et ce que ce document représentait à l’époque, alors j’ai toujours conservé cette carte en souvenir, merci ! ». Et il ajoute : « Vous êtes toujours la même ». Il n’avait pas vu les rides, mais il se souvenait de l’amour. Et l’amour reste.
(A.P. – Italie)
Par Maria Grazia Berretta
(tiré de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année X – n° 1 septembre-octobre 2025)
Photo: © Pixabay
Protéger ceux qui sont sans-défense
Être des « signes » de vie nouvelle
Soyons toujours une famille
À l’occasion du 60e anniversaire de Nostra Aetate, nous vous proposons un bref extrait de l’interview de Prha Pittaya, moine bouddhiste Theravada (Thaïlande) lors de la conférence « One Human Family » organisée par le Centre pour le dialogue interreligieux du Mouvement des Focolari, qui s’est déroulée du 31 mai au 4 juin 2024 entre Castel Gandolfo et Assise (Italie).
Activer les sous-titres en français – L’original est en thaï
Le courage de recommencer

Le Centre Evangelii Gaudium (CEG) va bientôt lancer un nouveau cours sur la Synodalité. Quelles sont les nouveautés de cette année ?
Nous sommes dans une nouvelle phase du processus synodal. Après les trois premières années qui ont culminé à l’Assemblée d’octobre 2024, nous sommes maintenant entrés dans la phase dite d’actualisation. Le 15 mars 2025, le Pape François a en effet approuvé le lancement d’un processus d’accompagnement de la phase d’actualisation par le Secrétariat Général du Synode. Ce processus implique tout le monde, des diocèses aux associations laïques, en passant par les mouvements ecclésiaux et les nouvelles communautés.

C’est pourquoi nous avons décidé de lancer un nouveau cours intitulé « Pratiques pour une Église synodale » comme contribution concrète à l’actualisation du processus synodal. Nous sommes convaincus que la pratique de la synodalité est bien plus qu’une tentative de rendre l’Église plus participative, c’est un nouveau paradigme de l’existence ecclésiale. De plus, il ne nous semble pas qu’il s’agisse uniquement d’un fait religieux. Nos sociétés changent radicalement et, comme nous le voyons tous, la vérité, les valeurs fondamentales et l’engagement mutuel cèdent la place à la loi de la jungle. D’autre part, au niveau local et régional, de nouvelles idées émergent et révèlent des similitudes avec le processus synodal dans la société civile. Nous croyons que le processus synodal dans lequel l’Église est engagée pourrait être une contribution valable en ce moment historique, y compris pour l’ensemble de la société.
Cette année, nous voulons nous pencher sur ces aspects, en proposant une réflexion approfondie sur le processus en cours, en découvrant de nouvelles pistes et de nouveaux moyens pour incarner la synodalité dans les réalités dans lesquelles nous vivons, comme nous y invitent le Document final du Synode et le document ultérieur du Secrétariat de juillet dernier, Pistes pour la phase d’actualisation du Synode. Convaincus qu’il s’agit d’un chemin où le protagoniste est le Saint-Esprit et que nous devons avant tout nous ouvrir à Lui et Le laisser guider l’histoire, tant la nôtre que celle de l’Église et de l’humanité.
Le thème de la « synodalité » a été central pendant les années du pontificat de François. Comment ce chemin se poursuit-il avec le Pape Léon XIV ?

Le 8 mai dernier, dans son premier message au peuple de Dieu, le jour de son élection, le Pape Léon a tracé un programme : À vous tous, frères et sœurs de Rome, d’Italie, du monde entier : nous voulons être une Église synodale, une Église qui marche, une Église qui recherche toujours la paix, qui recherche toujours la charité, qui cherche toujours à être proche, en particulier de ceux qui souffrent.
Et dans d’autres circonstances, notamment le 26 juin, devant les membres du Conseil ordinaire du Secrétariat général du Synode, il a réaffirmé : L’héritage qu’Il (le Pape François) nous a laissé me semble être avant tout celui-ci : que la synodalité est un style, une attitude qui nous aide à être Église, en favorisant des expériences authentiques de participation et de communion.
Il semble clair que la ligne suivie est celle de son prédécesseur, dans la conviction que la synodalité est intrinsèque à l’Église. Le prochain Jubilé des équipes synodales et des organismes de participation, qui se tiendra du 24 au 26 octobre au Vatican, est également significatif. Plus de 2 000 participants sont attendus, auxquels le Pape adressera un message dans l’après-midi du 24. Ce sera une étape supplémentaire pour aller de l’avant, tous en cordée dans le monde.
Comment ce cours sera-t-il structuré ? À qui s’adresse-t-il ?
Le Cours sera à nouveau en ligne, en italien avec une traduction en trois langues : anglais, portugais et espagnol. En ce qui concerne le contenu, on partira du Document Final du Synode et des Pistes pour son actualisation, en découvrant de Nouveaux parcours pour une pratique synodale et comment les mettre en œuvre dans les différents contextes dans lesquels chacun se trouve.
Des moyens pratiques seront ensuite fournis pour mettre en œuvre le processus synodal, tels que la méthode de facilitation, le compte rendu, l’évaluation et la vérification.
Les bonnes pratiques déjà en cours seront mises en évidence et partagées au niveau international. Tout cela avec la ferme conviction que le processus synodal n’est pas une technique, mais une expérience d’ouverture à nos frères et sœurs, qui ouvre la possibilité de la présence de Jésus parmi les siens (cf. Mt 18, 20) et, à la lumière de cette présence, nous rend capables d’écouter l’Esprit.
Chaque leçon offrira aux étudiants la possibilité de partager leurs bonnes pratiques, leurs réflexions ou leurs suggestions.
Le cours se terminera par un atelier en avril, où les participants mettront en pratique ce qu’ils auront appris pendant l’année.
Le cours débutera le 3 novembre par une leçon spéciale confiée au Secrétariat général du Synode et avec la contribution de Margaret Karram, Présidente du mouvement des Focolari, qui a participé aux deux Assemblées synodales. Ce moment est ouvert à tous.
Des personnes de toutes vocations s’inscrivent, de nombreux laïcs, mais aussi des prêtres, des religieux et des consacrées, des personnes engagées au niveau ecclésial et civil. Plusieurs sont des étudiants des années précédentes, mais nous avons également de nombreuses nouvelles inscriptions provenant de différents pays.

À la lumière des années précédentes, qu’espérez-vous ?
Nous espérons que cela contribuera à la mise en œuvre du processus synodal dans les différents milieux où vivent les participants.
Nous avons un large éventail de participants provenant de différents pays, des Philippines au Canada, de l’Afrique du Sud à la Suède. L’échange de bonnes pratiques pourra donner de nouvelles idées, des impulsions décisives pour faire avancer le processus synodal, pour le bien de l’Église et de la société.
Nous avons un large éventail de participants provenant de différents pays, des Philippines au Canada, de l’Afrique du Sud à la Suède. L’échange de bonnes pratiques pourra donner de nouvelles idées, des impulsions décisives pour faire avancer le processus synodal, pour le bien de l’Église et de la société.
Interview de Maria Grazia Berretta
Concentrons-nous sur l’essentiel

60 ans après Nostra Aetate, nous partageons l’histoire d’une amitié unique entre Silvina, Nancy et Cecilia. Trois femmes. Silvina est une femme rabbin d’une communauté juive de Buenos Aires, Nancy, musulmane, dirige un centre pour le dialogue interreligieux et Cecilia, chrétienne, est membre du Mouvement des Focolari. Une relation fondée sur des actions concrètes et sur la volonté de surmonter tous les obstacles.
Allons vers ceux qui sont seuls
Écoutons la meilleure partie de nous-mêmes

Un aperçu synthétique des grandes lignes de l’engagement du Mouvement des Focolari en matière de formation. Tel est, en résumé, le contenu du document sur la Formation permanente et intégrale du Mouvement des Focolari qui offre une première liste des expériences formatives nombreuses et diversifiées destinées aux membres du Mouvement, mais aussi aux écoles et aux agences culturelles et éducatives ouvertes par les Focolari dans les contextes les plus variés.

Il s’adresse donc à toutes les personnes engagées dans le domaine de l’éducation dans les différentes branches et instances formatives du Mouvement des Focolari, dans leurs Églises ou communautés chrétiennes respectives, dans leur religion, dans la société.
Tout en sachant que nous n’en sommes encore qu’au début de la réflexion et de la mise en œuvre, ce document s’adresse également à tous ceux qui travaillent dans d’autres institutions et organisations qui s’occupent de formation, afin de stimuler les échanges et l’enrichissement mutuel.
Dans certaines motions de l’Assemblée Générale de 2021, le souhait avait été exprimé de mettre l’accent sur la pédagogie issue du charisme de l’unité et de favoriser les synergies à l’intérieur et à l’extérieur du Mouvement dans ce domaine. À la veille de l’Assemblée 2026, ce premier document est mis à disposition en ligne – et non sous forme imprimée – afin de souligner son caractère de document en cours d’élaboration, ouvert, à enrichir et à actualiser.
La première partie présente les destinataires, les principes inspirateurs, les objectifs et les acteurs de la formation ; elle est suivie d’une synthèse des contenus et de la méthode, et enfin d’une liste des agences et des programmes de formation proposés par le Mouvement des Focolari.
Proches de ceux qui souffrent

« La réponse à long terme de l’Église aux abus nécessite plus que de simples réformes structurelles : elle exige la participation active de tous, à tous les niveaux de la vie de l’Église. » Cette phrase pourrait être l’une des phrases clés du deuxième Rapport annuel sur les politiques et les procédures de l’Église en matière de protection. Dans ce Rapport complet et détaillé, la Commission pontificale pour la protection des mineurs présente ses conclusions et recommandations pour la période de référence 2024, et remercie le pape Léon XIV de son soutien sans réserve à ce travail.
Une deuxième phrase clé pourrait être :
« Les victimes doivent être au cœur de nos priorités. » Pour cela, l’écoute directe des victimes et des survivants d’abus a été développée dans ce second Rapport. « Au-delà du rôle limité, et souvent insuffisant, de la réparation financière, dans une approche intégrale de cette réparation, sont essentiels les instruments suivants :
Lors de la présentation du Rapport à la presse, l’accent a été mis sur le dialogue permanent en cours entre la Commission et les Conférences épiscopales du monde entier ; dialogue axé principalement sur la prévention, la transparence et les protocoles de protection applicables. Il est important de disposer d’environnements sûrs pour gérer les situations de manière préventive.

Les retards culturels dans de nombreux pays et les cas de résistance pour faire face aux situations et écouter les personnes qui ont subi des abus n’ont pas été occultés. Il faut faire preuve de professionnalisme et instaurer un dialogue structuré dans les services au niveau local, car souvent les victimes ou les survivant(e)s ne se sentent pas accompagnés de manière adéquate et dénoncent un manque de respect. Il est également nécessaire de mettre en place une procédure canonique plus claire pour la démission et/ou la révocation des dirigeants/responsables ou du personnel de l’Église en cas d’abus ou de négligence. Il y a toutefois une conscience diffuse de ces retards et des mesures sont prises avec beaucoup de sérieux pour acquérir les compétences nécessaires.
En ce qui concerne la communication, il s’agit d’un aspect critique souligné en particulier par les victimes, qui rappellent toujours la souffrance causée par le manque de transparence au niveau de l’Église universelle et des Églises locales. A été relevée également l’importance pour les familles de construire des parcours de formation et d’information sur les droits éducatifs.
Dans son Rapport, la Commission lance une étude sur les associations laïques, qui proposent notamment une méthodologie pilote pour assister le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie dans l’accompagnement des aspects liés à la protection au sein de ces associations. Cette méthodologie est exposée dans le Rapport, avec une première application dans le cas du Mouvement des Focolari.
« La Commission accueille favorablement les importantes réformes en matière de protection récemment mises en œuvre par le Mouvement des Focolari. Tout en soulignant certaines recommandations spécifiques, la Commission met également en évidence certaines bonnes pratiques, notamment : la création d’une Commission Centrale Indépendante pour la gestion des cas d’abus au sein du Mouvement des Focolari ; une politique d’information sur les abus sexuels sur les mineurs et les adultes vulnérables ; et des Lignes Directrices pour le soutien et la réparation financière en cas d’abus sexuels. »
Parmi les améliorations demandées et les recommandations figurent des procédures de révision et de contrôle externe ainsi qu’un plan systématique de révision indépendante, tout en tenant compte du travail du Conseil de surveillance, qui constitue toutefois une disposition utile dans le système de protection du Mouvement.
L’insertion dans le nouveau Protocole d’une clause stipulant que les victimes/survivant(e)s soient informé(e)s de manière proactive et affirmative de leur droit de signaler leur cas aux autorités civiles ; harmoniser les politiques différentes et fragmentées du Mouvement dans un document unique et cohérent, tout en accueillant favorablement un document consolidé qui sera publié prochainement.
Les Focolari expriment toute leur gratitude pour l’accompagnement reçu de la Commission Tutela Minorum qui, au cours de l’année dernière, a suivi les travaux du Mouvement concernant la formation, la prévention et la création d’un système de normes et de protocoles, mettant à disposition son savoir-faire. Le travail se poursuit à présent avec l’étude des recommandations proposées par la Commission dans le présent Rapport ; certaines seront mises en œuvre dès les prochains mois et feront l’objet d’une communication dans le prochain Rapport sur la protection de la personne dans le Mouvement des Focolari, qui sera publié d’ici février 2026.
Stefania Tanesini
Soixante ans après Nostra Aetate, nous partageons un reportage du Collegamento du 13 juin 2020, un dialogue avec Vinu Aram, directrice du Centre international Shanti Ashram, une organisation internationale de développement gandhienne qui œuvre dans les régions les plus pauvres et défavorisées du Tamil Nadu, en Inde. Fondée en 1986 par ses parents, le Dr M. Aram et Mme Minoti Aram, elle accomplit un travail remarquable aux côtés des personnes et des communautés dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités, avec une attention particulière pour l’enfance. Une amitié de longue date avec le Mouvement des Focolari et un cheminement commun dans le dialogue interreligieux et la construction de la paix.
Soyons des instruments de paix
Ne perdons pas notre cordialité














Privilégions les plus démunis
Tissons des relations fraternelles

« Que les religions ne soient pas brandies comme des armes ou des murs, mais vécues comme des ponts et des prophéties : en permettant la réalisation du rêve du bien commun, en accompagnant la vie, en alimentant l’espérance et en devenant le levain de l’unité dans un monde fragmenté ».
Ce sont les dernières paroles prononcées par le Pape Léon XIV dans la vidéo réalisée pour les intentions de prière d’octobre 2025, consacrées spécifiquement à la « collaboration entre les différentes traditions religieuses ». Au cours du mois qui marque le 60e anniversaire du document conciliaire Nostra Aetate (littéralement « À notre époque »), sur les relations entre l’Église et les religions non chrétiennes, le Souverain Pontife, en exhortant à se reconnaître « comme frères et sœurs, appelés à vivre, à prier, à travailler et à rêver ensemble », décrit parfaitement les points centraux de cette déclaration issue du Concile Vatican II, en révélant sa grande importance et son actualité.
L’esprit de renouveau conciliaire a ouvert des voies inconnues, a apporté un regard nouveau sur beaucoup de choses et, au cours de ces six décennies, Nostra Aetate a certainement guidé et inspiré les étapes pour progresser sur la voie du dialogue, en motivant d’abord la connaissance puis l’accueil entre les différentes religions.
C’est pourquoi le Dicastère pour le Dialogue Interreligieux invite à une célébration commémorative pour réfléchir à l’héritage de « Nostra Aetate » le 28 octobre, de 18h30 à 20h30, dans la salle Paul VI (Cité du Vatican), en présence du Saint-Père. L’événement pourra être suivi sur les chaînes de Vatican Media.
L’Église, comme le dit le document, «dans son devoir de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes et même entre les peuples, examine ici en premier lieu tout ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur commune destinée. Les différents peuples constituent en effet une seule communauté ».
Chiara Lubich, fondatrice du Mouvement des Focolari, a profondément accueilli cet appel à vivre comme « une seule famille humaine ». Le Mouvement, fondé sur une spiritualité profondément centrée sur l’unité entre tous les êtres humains, est engagé dans diverses formes de dialogue, dont le dialogue interreligieux.
Depuis plus de cinq décennies, il établit, par l’intermédiaire de son Centre pour le dialogue interreligieux (CDI) et de ses communautés présentes dans différents pays, des relations intenses et fraternelles de dialogue avec des milliers de fidèles et avec de nombreuses institutions, associations, mouvements et organisations des religions les plus diverses, convaincu que l’amitié entre personnes de confessions différentes est un potentiel vital pour la construction de la fraternité universelle.
Nous partageons ci-dessous une courte vidéo qui présente l’intuition de Chiara Lubich et le chemin parcouru sur la voie du dialogue.
Maria Grazia Berretta
Photo: Una sessione del Concilio Vaticano II
Attention envers le prochain
Offrir un sourire

Au cours de la deuxième quinzaine de septembre 2025, le Centre Mariapolis de Castel Gandolfo (Rome) a accueilli la réunion du Conseil Général du Mouvement des Focolari avec les délégués et déléguées des 15 zones géographiques du monde. « Un regard sur notre histoire » était le titre d’une session où parmi des contributions et des moments de communion, l’expérience marquante et douloureuse vécue par le Mouvement Regnum Christi a été racontée par le témoignage d’Eugenia Álvarez, une de leurs consacrées, membre de l’actuel Conseil Général. Eugenia a offert aux participants une lecture, à la lumière de l’Évangile, de certaines phases éprouvantes du parcours de leur mouvement et, en même temps, du cheminement de guérison qui a suivi et qui a conduit à un regain d’élan et de vocations.
« Pour découvrir comment nous sommes appelés à vivre le présent, nous devons nous connecter à nos désirs profonds, lire l’histoire à travers laquelle Dieu nous a constitués et découvrir la réalité concrète dans laquelle nous nous trouvons : les personnes que nous sommes, les circonstances dans lesquelles nous vivons », a-t-elle déclaré à propos du discernement de la réalité à vivre, fruit de l’équilibre entre les désirs et l’histoire.
Après son expérience, nous avons pu l’interviewer. Voici ce qu’elle nous a dit :
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Eugenia Álvarez est vénézuélienne, consacrée du Regnum Christi depuis 1999. Elle est diplômée en Éducation et Développement de l’université Anáhuac au Mexique et en Sciences Religieuses de l’Université Pontificale Regina Apostolorum de Rome. Elle a également étudié la théologie spirituelle au Centre Sèvres, à Paris, en France. Elle a suivi des cours en Espagne pour devenir « Spécialiste en Exercices Spirituels » et en « Théologie de la vie consacrée ». Elle est actuellement Conseillère Générale de la société de Vie Apostolique : « Consacrées du Regnum Christi ».
Photo © https://regnumchristi.org/
Être riches en miséricorde
Gentillesse
Ne nous arrêtons pas aux apparences

Dilexi te, « je t’ai aimé » (Ap 3,9) est la déclaration d’amour que le Seigneur fait à une communauté chrétienne qui, à la différence d’autres, n’avait aucune ressource ; elle était particulièrement méprisée et exposée à la violence. C’est la même citation qui donne son titre à la première Exhortation apostolique du Pape Léon XIV, signée le 4 octobre, fête du Saint d’Assise. Le document renvoie au thème approfondi par le Pape François dans l’encyclique Dilexit nos sur l’amour divin et humain du Cœur du Christ. Il s’agit d’un projet que le souverain Pontife a fait sien ce projet, partageant avec son prédécesseur le désir de faire comprendre et connaître le lien entre notre foi et le service aux plus vulnérables ; le lien indissoluble entre l’amour du Christ et son appel à nous rapprocher des pauvres.


Alla conferenza stampa di presentazione della « Dilexi te » sono intervenuti (da sinistra): Fr. Frédéric-Marie Le Méhauté, Provinciale dei Frati Minori di Francia/Belgio, dottore in teologia; Em.mo Card. Konrad Krajewski, Prefetto del Dicastero per il Servizio della Carità; Em.mo Card. Michael Czerny S.J., Prefetto del Dicastero per il Servizio dello Sviluppo Umano Integrale; p.s. Clémence, Piccola Sorella di Gesù della Fraternità delle Tre Fontane di Roma (Italia).
121 points où « faire l’expérience » de la pauvreté va bien au-delà de la philanthropie. « Nous ne sommes pas dans l’horizon de la charité – affirme le Pape augustinien – mais dans celui de la Révélation : le contact avec ceux qui n’ont ni pouvoir ni grandeur est une rencontre fondamentale avec le Seigneur de l’histoire. À travers les pauvres, Il a encore quelque chose à nous dire » (5).
Léon XIV invite à réfléchir sur les différents visages de la pauvreté : celle de « ceux qui n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins matériels », de « ceux qui sont marginalisés socialement » ; la pauvreté « morale », « spirituelle », « culturelle » ; la pauvreté « de ceux qui n’ont pas de droits, pas d’espace, pas de liberté » (9). Mais aucun pauvre, poursuit-il, « n’est là par hasard ni par un destin aveugle et amer » (14). « Les pauvres sont la garantie évangélique d’une Église fidèle au cœur de Dieu » (103).
« Disons tout de suite qu’il n’est pas facile pour l’Église, et pour les Papes, de parler de pauvreté. Car, tout d’abord, la manière et la substance de la pauvreté dont parle l’Église ne sont pas celles dont parlent l’ONU ni des États. Le mot pauvreté – nous explique le professeur Ligino Bruni, économiste et historien de la pensée économique, Professeur Titulaire d’Économie Politique à la Lumsa (Rome) et directeur scientifique d’Economy of Francesco – a dans le christianisme un spectre très large, qui va de la mauvaise pauvreté, parce que non choisie et subie, à la pauvreté évangélique, à ces pauvres que Jésus a appelés « bienheureux ». « L’action de l’Église devrait avoir ce large spectre car, si elle laisse de côté l’une des deux formes de pauvreté, elle s’éloigne de l’Évangile ».
Le document dénonce en particulier le manque d’équité, qu’il définit comme la racine des maux sociaux (94), ainsi que le fonctionnement injuste des systèmes politico-économiques. La dignité de chaque personne humaine doit être respectée maintenant, pas demain (92) et, ce n’est pas un hasard si, lors de la conférence de presse de présentation, qui s’est tenue au Vatican le 9 octobre 2025, le Cardinal Michael Czerny S.J., Préfet du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral, en se référant spécifiquement au texte, a longuement réfléchi à ce qu’on appelle les « structures du péché » : « l’égoïsme et l’indifférence se consolident dans les systèmes économiques et culturels. L’économie qui tue (3) mesure la valeur humaine en termes de productivité, de consommation et de profit. Cette « mentalité dominante » s’accommode du rejet des faibles et des improductifs, et mérite donc l’étiquette de « péché social ».
« C’est un thème ancien de la doctrine sociale de l’Église – ajoute le Professeur Bruni – un thème qu’on voit déjà chez les Pères et dans de nombreux charismes sociaux, sans parler des franciscains. Dans ces passages, on sent la main du Pape François, de l’esprit de Saint François (64) et aussi des charismes plus récents. Don Oreste Benzi a été le premier à parler des « structures du péché » -, jusqu’à l’Économie de communion et l’Economy of Francesco. Il est également important de mentionner – toujours en pleine continuité avec le Pape François – la référence à la méritocratie, définie comme une « fausse vision » (14) car elle considère qu’une grande partie de la pauvreté est due aux démérites des pauvres, aux pauvres déméritants qu’elle qualifie de coupables. L’idéologie méritocratique est l’une des principales « structures de péché » (nn. 90 ss.) qui génèrent l’exclusion et tentent ensuite de la légitimer sur le plan éthique. Les structures de péché sont matérielles (institutions, lois…) et immatérielles comme les idées et les idéologies ».



Le document aborde naturellement le thème des migrations. Robert Prevost fait siennes les célèbres « quatre verbes » du Pape François : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer, sans oublier les femmes, qui sont parmi les premières victimes de la violence et de l’exclusion. Il souligne l’importance de l’éducation pour la promotion du développement humain intégral, le témoignage et le lien avec la « pauvreté » de nombreux saints, bienheureux et ordres religieux, et propose un retour à l’aumône qui fait vraiment « toucher la chair souffrante des pauvres » (119).
Dans Dilexi te, le Pape Léon nous « exhorte » à changer de cap, à ne pas considérer les pauvres comme un problème de société ni, encore moins, comme de simples « objets de notre compassion » (79), mais comme des acteurs à part entière à qui donner la parole et comme des « maîtres de l’Évangile ». Il est nécessaire que « nous nous laissions tous évangéliser par les pauvres. Ils sont, écrit le Pape, une question familiale. Ils sont des nôtres ». Par conséquent, « la relation avec eux ne peut être réduite à une activité ou à une fonction de l’Église » (104).
« Prendre au sérieux la pauvreté évangélique signifie – ajoute Luigino Bruni – changer de point de vue, faire métanoïa, comme disaient les premiers chrétiens. Et puis, aujourd’hui, répondre à certaines questions radicales : comment appeler « bienheureux » les pauvres quand nous les voyons victimes de la misère, maltraités par les puissants, mourir en mer, chercher de la nourriture dans nos poubelles ? Quelle béatitude connaissent-ils ? C’est pourquoi, souvent, les premiers et plus sévères détracteurs de cette première béatitude ont été et sont précisément ceux qui passent leur vie aux côtés des pauvres, assis à leurs côtés, pour les libérer de leur misère. Les plus grands amis des pauvres finissent, paradoxalement, par devenir les plus grands « ennemis » de la première béatitude. Nous devons les comprendre et les remercier pour leur indignation. Et pousser le discours sur des terrains nouveaux et audacieux, toujours paradoxaux.
Combien de « riches gloutons » ont trouvé dans la béatitude des pauvres un alibi pour laisser Lazare (cf. Luc 16, 19-31) heureux dans sa condition de privation et de misère, en se définissant eux-mêmes comme « pauvres en esprit » parce qu’ils donnaient des miettes aux pauvres ? Il y a quelque chose de merveilleux dans cette « béatitude des pauvres ». Nous ne la comprenons plus, mais essayons au moins de ne pas minimiser sa prophétie paradoxale et mystérieuse. Le Pape Léon nous montre certaines dimensions de cette beauté paradoxale de la pauvreté, surtout dans les longs paragraphes consacrés à la fondation biblique et évangélique, mais il reste encore beaucoup à découvrir et à dire. J’espère que les futurs documents pontificaux incluront également l’enseignement laïc sur la pauvreté, qui nous est donné depuis au moins 50 ans par des personnalités telles que A. Sen, M. Yunus ou Ester Duflo, lauréats du prix Nobel d’économie. Ces chercheurs, parmi beaucoup d’autres, nous ont appris que la pauvreté n’est pas un manque d’argent ou de revenus (flux), mais un manque de capitaux (stocks) – sanitaires, éducatifs, sociaux, familiaux, capacités… – qui se traduit ensuite par un manque de revenus ; ce n’est qu’en travaillant sur les capitaux aujourd’hui que nous pourrons demain sortir les pauvres du piège de la pauvreté. Comme l’a expliqué Sen, la pauvreté est l’impossibilité objective de « mener la vie que nous voudrions vivre », et donc un manque de liberté.
Les charismes l’ont toujours compris, eux qui, dans les missions et avant cela en Europe et partout ailleurs, ont rempli le monde d’écoles et d’hôpitaux afin d’améliorer le « capital » des pauvres. Même l’aumône, dont parle le Pape Léon à la fin du document (nn. 76 et suivants), doit être orientée vers le « capital », et non dispersée en aides monétaires qui finissent souvent par accroître la pauvreté qu’elles voudraient réduire. Pour les chrétiens, Dilexi te est un point de départ sur le chemin encore long dans ce domaine encore inconnu de la pauvreté – celle qui est mauvaise et qu’il faut réduire, et celle qui est belle selon l’Évangile et qu’il faut faire grandir.
Maria Grazia Berretta
Signes d’espérance
Ne pas céder au découragement
Être levain de communion
Surmonter la difficulté du changement

À la lumière des dernières nouvelles encourageantes concernant l’accord sur la Bande de Gaza, j’exprime l’espérance qu’il s’agisse d’un premier pas vers une paix juste, globale, et durable.
Certes iI reste encore un long chemin à parcourir, mais en ce moment mes pensées vont aux otages, aux prisonniers palestiniens et aux habitants de la Bande de Gaza qui, nous l’espérons, pourront recommencer à entrevoir l’espérance d’une vie digne de ce nom.
Nous espérons également que ceux qui détiennent entre leurs mains le destin des peuples continueront à faire des choix dans l’intérêt du bien le plus précieux que nous possédons : la vie.
Nous nous engageons à unir nos forces, concrètement et spirituellement, avec tous ceux et celles qui œuvrent sans relâche pour un monde meilleur, et nous nous associons à la Journée de prière pour la paix convoquée par le pape Léon XIV le 11 octobre prochain.
Margaret Karram
Image © Pixabay
Ouverture aux surprises de Dieu

Le Mouvement des Focolari et les religieux, un lien qui remonte au début de l’histoire du Mouvement : un réseau dense de relations entre Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, et des consacrés de différentes familles religieuses. Une multitude de femmes et d’hommes donnés à Dieu à travers les spiritualités les plus diverses qui ont inspiré et accompagné Chiara dans les premières années du Mouvement. Tout cela est raconté dans le livre intitulé Un magnifique jardin. Chiara Lubich et les religieux (1943-1960), sous la direction du Père Fabio Ciardi et d’Elena Del Nero.
Commençons par le titre : « Un magnifique jardin ». Pouvez-vous nous l’expliquer ?

Elena Del Nero : « Cette image évocatrice, déjà utilisée par Chiara Lubich en 1950, fait référence à l’Église, dans laquelle, au cours de l’histoire, différents charismes ont fleuri.
Le livre se compose d’une reconstruction historique et d’une réflexion théologique et ecclésiale. Que comprennent-elles ?
Elena Del Nero : « La reconstruction historique se concentre uniquement sur deux décennies, de la naissance des Focolari en 1943 à 1960, car il s’agit d’années très riches et denses en documents et en contenus pour le thème examiné. La lecture théologique et ecclésiale couvre quant à elle une période plus longue, élargissant le regard jusqu’à la lecture la plus récente du magistère. De cette manière, il nous semble que le panorama proposé est plus large et plus précis ».
La figure des religieux a donc toujours été présente dans l’Œuvre de Marie, depuis sa naissance. Quel est le sens de la présence des religieux dans le Mouvement ?
P. Fabio Ciardi : « Raviver l’unité dans l’Église, en réponse à la prière de Jésus : « Que tous soient un » (Jn 17, 21), était l’idéal auquel Chiara Lubich se sentait appelée. Son Mouvement poursuit cette grande mission de promouvoir la communion et l’unité entre tous.
Quel bénéfice les religieux et leurs ordres ont-ils tiré du dialogue avec Chiara Lubich et de la spiritualité de l’unité des Focolari ?

P. Fabio Ciardi : « Dès les origines, les religieux de différents ordres ont été attirés par la fraîcheur évangélique dont témoignaient Chiara et les premiers membres du Mouvement naissant, qui les ramenait à la radicalité de leur choix : ils ressentaient un nouvel amour pour leur vocation, la comprenaient plus profondément, se sentaient impliqués dans une communion qui leur rappelait la première communauté chrétienne décrite dans les Actes des Apôtres ».
Quel effet la proximité des religieux a-t-elle eu sur Chiara Lubich dès le début du Mouvement ?
P. Fabio Ciardi:
« Leur présence s’est avérée providentielle pour Chiara, car elle lui a permis de se confronter aux grandes spiritualités chrétiennes apparues au cours de l’histoire ; une confrontation qui l’a aidée à comprendre plus profondément sa propre vocation, l’enrichissant de la communion des saints.
« Il semble peu à peu – écrit-il en pensant aux saints dont les religieux sont les témoins – qu’ils se soient rapprochés de notre Œuvre pour l’encourager, l’éclairer, l’aider ». D’une part, la relation avec les saints confirme certains aspects de la vie de l’Œuvre de Marie. D’autre part, la comparaison avec leur vie et leurs œuvres montre toute l’originalité de cette nouvelle œuvre contemporaine de Dieu ».
La présence des religieux dans les mouvements ecclésiaux est-elle source d’enrichissement mutuel ? Ou risque-t-elle de créer le chaos et une perte d’identité ?
P. Fabio Ciardi: « Aucune ingérence dans la vie des familles religieuses. Chiara Lubich a écrit qu’elle s’approche d’eux « sur la pointe des pieds », consciente qu’elles sont « des œuvres de Dieu », et avec cet amour profond qui fait découvrir en chacune d’elles « la beauté et ce quelque chose d’éternellement actuel » qu’elles contiennent. En même temps, elle est consciente de la contribution qu’elle est appelée à apporter : « Nous devons seulement faire circuler l’Amour entre les différents Ordres. Il faut se comprendre, s’aimer comme s’aiment [entre elles] les Personnes de la Trinité. Entre elles, la relation est l’Esprit-Saint qui les unit, car chacune est expression de Dieu, du Saint-Esprit ». C’est dans cette circulation de la charité que chaque religieux approfondit son identité et peut apporter sa contribution spécifique à l’unité ».
En conclusion, pourquoi lire ce livre ? À qui le recommander ?
« Il raconte une page d’histoire merveilleuse qui fait comprendre la beauté de l’Église. Ce n’est pas un livre réservé aux religieux. C’est un livre pour ceux qui veulent découvrir une Église tout à fait charismatique ».
Lorenzo Russo
Exprimer notre gratitude
Prier
Donner de soi

La troisième et dernière journée de la Conférence Raising Hope s’est déroulée avec de nouvelles interventions, des moments de réflexion, de prière, de musique et un temps fort : les contributions des participants et les engagements pris, présentés comme des piliers clés pour agir en faveur de la justice climatique.
Sur le site raisinghope.earth/fr/engagement/ , les participants, en présentiel comme en virtuel, ont été invités à partager leurs propres engagements : Comment répondrez-vous au cri de la terre et au cri des pauvres ? Ces Contributions Déterminées par le Peuple (PDC) constituent une initiative mondiale audacieuse de la société civile pour présenter les engagements des individus et des communautés de base en faveur de la transformation écologique.
L’eau de Raising Hope arrivera à la COP30
La cérémonie d’ouverture émouvante menée par le pape Léon XIV Mercredi 1er octobre — lorsqu’il a béni un bloc de glace du Groenland — a atteint son point culminant cet après-midi, lorsque les participants ont recueilli l’eau issue de la fonte du bloc pour l’emporter dans leurs foyers et communautés.

La Dre Lorna Gold, directrice exécutive du Mouvement Laudato Si’, a déclaré avec émotion : « Un bloc de glace béni par le pape est devenu viral ces derniers jours. Désormais, cette eau bénite va devenir quelque chose de très puissant, car elle arrivera à la COP30, au Brésil. »
Chaque participant a pu emporter, dans un bol, une partie de cette eau bénite — provenant en partie de la glace glaciaire, mélangée à l’eau des rivières du monde apportée par divers représentants lors de l’ouverture de la conférence. Ce n’était pas seulement un don, mais un signe de l’urgence de la crise climatique, tout en étant marqué par l’espérance portée par la bénédiction papale.
Revenir au cœur et élever la voix
Un autre moment fort de la clôture est survenu lorsque la Dre Lorna Gold a partagé certains des engagements pris par les participants. Parmi les plus marquants : la force de la collaboration, l’importance des alliances, l’appel à revenir au cœur et la promotion du Programme des Animateurs Laudato Si’, développé par le MLS.
Elle a souligné l’importance de la mise en œuvre : « Nous ne pouvons pas attendre que d’autres le fassent. Nous devons mettre en œuvre les changements qui sont à notre portée, » a affirmé la Dre Lorna. Elle a encouragé à élever ensemble la voix à Belém, au Brésil (prochaine COP), où une nouvelle alliance pour la non-prolifération des combustibles fossiles sera également lancée.



Action de grâce pour les 10 ans du MLS
Un moment particulièrement émouvant a eu lieu lors de l’action de grâce pour les dix ans d’histoire du Mouvement Laudato Si’, fondé en janvier 2015. La Dre Lorna Gold a rappelé sa rencontre avec Tomás Insua, cofondateur, cette même année, et combien elle avait été frappée par son enthousiasme et son énergie à vouloir diffuser les valeurs de l’encyclique.
« La chose la plus extraordinaire de notre mouvement est la joie, » a-t-elle déclaré, exhortant tous à « apporter cette joie à la COP30. » Elle a rappelé les paroles du pape François nous invitant à « chanter tout au long du chemin, » car « notre préoccupation ne doit pas nous enlever la joie ni l’espérance. »
Yeb Saño, président du conseil d’administration du Mouvement Laudato Si’, a exhorté les participants à graver dans leur mémoire ce qui a été vécu pendant la conférence afin que « toutes ces raisons nous poussent à sortir du lit chaque matin. » « Nous avons beaucoup de travail devant nous, mais le pape Léon est à nos côtés. Il ne s’agit pas de courir en avant, mais d’avancer tous ensemble. »



Laudato Si’, pour des communautés courageuses
La matinée s’est ouverte avec l’intervention de Kumi Naidoo, président du Traité de non-prolifération des combustibles fossiles, qui s’est défini comme un « prisonnier de l’espérance. » Il a souligné que nous devons prendre soin de notre environnement car « il n’y a ni emplois ni êtres humains sur une planète morte. »
« Les communautés catholiques, à travers Laudato Si’, ont fait preuve de courage, » a affirmé Naidoo, encourageant à agir avec sagesse et foi, avec urgence. « L’espérance n’est pas l’amour ; l’espérance est la résilience, l’espérance est une mission. »



La résilience des peuples
Le panel suivant, intitulé « La foi et la mission partagée pour une planète résiliente », a été animé par Josianne Gauthier, secrétaire générale de CIDSE (Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité). Les principaux thèmes abordés ont été le financement des pays en développement et la résilience comme moteur pour avancer.
La Dre Maina Vakafua Talia, ministre de l’Intérieur, du Changement climatique et de l’Environnement de Tuvalu, a expliqué que, bien que dans sa langue maternelle le mot « résilience » n’existe pas, son peuple a appris à « passer de la vulnérabilité à la force » après avoir subi de multiples catastrophes climatiques. Elle a également insisté sur l’importance de la spiritualité pour construire un avenir résilient.
La Dre Svitlana Romanko, fondatrice et directrice de Razom We Stand, a parlé de son pays, l’Ukraine, et de la manière dont la dépendance aux combustibles fossiles, conséquence de la guerre, a fragilisé le peuple. Elle a souligné que la résilience est ce qui les maintient debout aujourd’hui, aux côtés des énergies renouvelables et des économies vertes, démontrant qu’il est possible de vivre grâce à l’énergie propre.
Mgr Robert Vitillo, du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral et de la Plateforme Laudato Si’ Action, a apporté une réflexion tirée de l’Évangile : « On nous enseigne la solidarité et nous devons changer de perspective pour la traduire en action dans nos engagements. »



Écouter les périphéries
Dans l’après-midi, le dernier panel a été animé par Bianca Pitt, fondatrice du Women’s Environment Network et cofondatrice de SHE Changes Climate. Il a porté sur ce que notre cœur nous dit de ce que nous avons vécu ces derniers jours.
Catherine Coleman Flowers, lauréate d’une bourse MacArthur et défenseure de la santé environnementale, membre des conseils du Natural Resources Defense Council, a partagé que ce sont les personnes des périphéries qui souffrent le plus et qui sont le moins entendues.

Mgr Ricardo Hoepers, secrétaire général de la Conférence nationale des évêques du Brésil, a évoqué la diversité de son pays et la nécessité de sortir chacun de sa zone de confort pour élargir nos horizons : « Mon rêve pour le Brésil est d’unir Laudato Si’ et Fratelli Tutti ; et que la nature et les êtres humains aient la même importance : la nature est l’espace que Dieu nous a donné pour vivre comme des frères. »
Et Margaret Karram, présidente du Mouvement des Focolari, a déclaré : « Je suis convaincu que la seule façon d’apporter un changement durable est d’adopter l’amour comme principe directeur de notre action écologique. Dans Laudato Si’, le mot amour apparaît soixante-dix fois ! Une indication puissante d’un chemin sur lequel chacun et nous tous sommes invités à marcher. Une invitation à passer d’une fraternité humaine authentique — telle que nous l’avons vécue ces derniers jours — à une fraternité cosmique. .»
Avant de conclure, les participants ont pris part à une dernière session de prière et de réflexion, dirigée par des membres de Trócaire. Après la projection d’une vidéo récapitulative des trois jours, tous ont été invités à se remémorer les moments les plus marquants et à s’engager solennellement à poursuivre le chemin, en plaidant pour la maison commune.
Par le service de presse de Raising Hope
Photo: © Javier García-CSC Audiovisivi
S’abandonner dans les bras du Père