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Remplir la journée d’actes de solidarité

Le plus grand pays d’Afrique par sa superficie, où les chrétiens représentent moins de 1% des 48 millions d’habitants. L’Algérie est le pays que le Pape Léon XIV a choisi comme première étape de son voyage sur le continent africain, qui le mènera ensuite au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale. Il y est arrivé le 13 avril 2026 et ses premières rencontres avec la communauté algérienne ont également mis en lumière la vie et les activités d’organisations et d’initiatives interreligieuses, parfois peu connues, qui œuvrent dans le pays depuis de nombreuses années.
L’une d’entre elles est le Mouvement des Focolari, un réseau d’unité spirituelle arrivé en Algérie, pays à majorité musulmane, en 1966. Ses activités en Algérie sont animées par des membres musulmans, en majorité des femmes, qui y participent en travaillant en petits groupes dans tout le pays, soit en apportant leur aide dans des centres locaux pour personnes âgées, soit en donnant des cours de soutient aux étudiants ou en étudiant avec eux.
L’expérience d’une foi « véritable » qui « n’isole pas mais ouvre, unit sans confondre, rapproche sans uniformiser et fait grandir une authentique fraternité » a été partagée en français par Monia Zergane, musulmane dont la vie devient « signe d’espérance pour notre monde ». Au sein des services de l’Église catholique en Algérie, chrétiens et musulmans travaillent «côte à côte», a-t-elle témoigné, « avec les mêmes préoccupations» d’«accueillir, servir, écouter, prendre soin des plus fragiles, organiser, trouver des ressources financières et veiller à ce que les centres d’activités « soient des lieux sûrs qui préservent la dignité des personnes ». Un service rendu aux plus « vulnérables », qu’il s’agisse de femmes, d’enfants, de personnes âgées ou de malades, vécu « ensemble » et capable de faire naître une « fraternité authentique », a-t-elle expliqué, fort de la conviction que « servir l’homme, c’est avant tout servir Dieu ». Un engagement, a-t-elle souligné, qui se nourrit de toutes les « belles » choses mises en jeu : compétences, dévouement, patience, pardon, compassion et bienveillance.
Des frères et sœurs qui ont été « d’un immense secours et réconfort » pour Monia dans l’épreuve de la maladie, lorsque, a-t-elle confié avec gratitude, « j’ai pu compter sur leur proximité, leur solidarité inébranlable, leur délicatesse et leurs prières ». En particulier, la proximité d’une communauté du Mouvement des Focolari et l’engagement quotidien à mettre en pratique l’amour du prochain « m’interpellent souvent et me font comprendre que la vie n’est pas faite avant tout de grandes œuvres visibles, mais d’une communion vécue jour après jour », a-t-elle reconnu. Consciente que la fraternité se construit aussi « dans les gestes simples : un sourire, un salut qui vient du cœur, une parole bienveillante, un service rendu sans rien attendre en retour, et dans les petites choses de la vie quotidienne : se souhaiter de bonnes fêtes, partager un repas après un temps de jeûne, écouter la signification spirituelle d’une célébration ».
Par la rédaction
Photo: © Joaquín Masera – CSC Audiovisivi

Dans le tourbillon des informations incessantes sur la guerre au Liban, les histoires individuelles se perdent et les visages humains s’estompent derrière les chiffres des déplacés et les rapports sur les bombardements. Pourtant, la réalité, comme le révèlent les témoignages sur le terrain, est bien plus profonde et douloureuse que ne le laissent entendre les gros titres. En cette « période de guerre », des centaines de milliers de Libanais vivent des déplacements répétés, comme s’il s’agissait d’un destin qui se renouvelle à chaque nouvelle vague de violence. Mais au milieu de cette obscurité émergent des visages humains qui tentent de redonner un sens à la vie.
Depuis le début de l’escalade et avec l’intensification des frappes aériennes et des ordres d’évacuation, le déplacement forcé n’est plus un événement exceptionnel, mais il est devenu un mode de vie. Ce ne sont plus des zones isolées qui sont évacuées, mais des régions entières, du sud de la Bekaa jusqu’au cœur de la capitale, Beyrouth. Dans ce contexte, le nombre de personnes déplacées a dépassé le million, ce qui constitue l’une des plus grandes vagues de déplacements internes de l’histoire récente du pays. Les victimes civiles sont nombreuses.
Derrière ce chiffre se cachent cependant des histoires humaines qui résument la tragédie. Zeina Chahine a mené quelques entretiens pour raconter la douleur des personnes et, en même temps, la grandeur de l’action humanitaire qui devient rencontre, réconfort et force collective contre l’injustice.
Marwan, l’un des déplacés du sud, résume l’expérience par une phrase douloureuse : « Nous nous fanons lentement ». Ce n’est pas seulement une métaphore, mais la description d’une vie qui se consume peu à peu, dans laquelle l’être humain perd son foyer, son travail et sa stabilité sans pour autant perdre complètement l’espoir… qui s’amenuise néanmoins. Marwan ajoute que même l’idée du retour a changé : il ne rêve plus de sa maison, mais simplement du retour, sous n’importe quelle forme possible.
Nawal, quant à elle, raconte le moment de la fuite forcée : un coup de fil au milieu de la nuit, quelques minutes pour rassembler ce qu’on peut emporter, puis la fuite sous les bombardements. « Que devons-nous emporter ? » : cette question résume l’impuissance face à la rapidité de l’effondrement. Une petite valise en échange d’une vie entière laissée derrière soi. Elle aussi, comme beaucoup d’autres, n’a pas vécu l’exil une seule fois, mais à maintes reprises, jusqu’à ce que le retour de la « table rase » fasse partie intégrante de l’expérience elle-même.
Les enfants et les jeunes en paient eux aussi le prix. Suleiman, seize ans, se retrouve hors de l’école, dans un refuge temporaire, et résume la guerre en disant : « C’est ma croix à porter dans cette vie ». Des propos qui montrent que la guerre ne vole pas seulement le présent, mais aussi l’innocence de l’âge.
Mais à côté de cette douleur vit aussi une autre image, non moins présente : celle de la solidarité humaine. Entre les écoles transformées en centres d’accueil et les recoins surpeuplés des villes, émergent des bénévoles et des initiatives individuelles qui tentent de combler le vide de l’absence. Des personnes qui dorment à même le sol, avec un manque criant des biens les plus essentiels, et des tentatives progressives pour leur fournir des matelas et des couvertures. L’urgence ne concerne pas seulement la nourriture et l’eau, mais aussi tout ce qui préserve la dignité humaine, comme les produits d’hygiène personnelle… car même dans le déplacement, l’être humain a besoin de se sentir digne.
Abir, mère et bénévole, considère l’aide avant tout comme un devoir humain. Ce qui la touche le plus, c’est « la peur dans les yeux des personnes » et cette angoisse constante face à un avenir incertain. Mais elle constate également un grand élan de solidarité : « Les gens se précipitent pour aider, sans rien demander en retour ». Dans un contexte où les institutions sont parfois limitées, les initiatives individuelles deviennent la première ligne de défense de l’humanité.
Cette rencontre entre douleur et solidarité révèle une forte contradiction : la guerre divise les gens, mais en même temps, elle crée des espaces inattendus de solidarité. C’est comme si la société, dans les moments d’effondrement, se redécouvrait à travers ses individus.
Et malgré les différences d’opinions et d’appartenances, le point commun reste le sentiment de déracinement et le rejet de la guerre et de ses tragédies. Avec le temps, la forme de l’espoir change elle aussi : de « si Dieu le veut, nous retournerons dans nos maisons » à simplement « si Dieu le veut, nous reviendrons ». Un espoir qui s’amenuise mais qui ne s’éteint pas.
La question reste en suspens sur toutes les lèvres : « Où irons-nous demain ? ». Ce n’est pas une question sur une destination précise, mais sur le destin lui-même.
Et pourtant, malgré toute cette douleur, ces témoignages révèlent une double vérité : la guerre blesse profondément l’être humain mais elle ne parvient pas à effacer l’humanité. Entre une tente et un refuge, entre perte et nostalgie, naît une autre forme de résistance : la résistance de la solidarité.
Ainsi, tandis que certains se fanent lentement, d’autres les arrosent de toute la solidarité dont ils sont capables, leur permettant ainsi de rester en vie. Car la foi en la fraternité humaine est une réalité que nous avons intériorisée en la vivant et en la pratiquant ; transmise par nos pères et nos grands-pères, jusqu’à devenir le sang qui coule dans nos veines et partie intégrante de notre civilisation.
Rédigé par Rima Saikali
Al Madina Al Jadida
Il y a urgence au Moyen-Orient. Chaque don permet de soulager de nombreuses familles touchées par le fléau de la guerre : beaucoup d’entre elles ont perdu leur maison, d’autres cherchent refuge dans des structures qui ouvrent les portes malgré les ressources de plus en plus limitées.
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Photo: ©Pexels-Mohamad-Mekawi
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Nécessaire comme la nourriture

Mongomo est une petite ville de Guinée équatoriale, à la frontière avec le Gabon.
Sœur Maria écrit :
« C’est un grand don pour notre communauté de rester avec les gens d’ici, si ouverts à la Parole de Dieu. Chaque mois, les villages voisins l’attendent avec impatience. Le dimanche, comme il n’y a presque jamais de prêtre pour célébrer la messe, ils se réunissent avec l’une de nous pour entendre expliquer la Parole. Ils sont plus de cinq cents à se rassembler.
Aux rencontres de la paroisse de Mongomo, en revanche, seule une cinquantaine de personnes peuvent participer. Il faut tenir compte du fait qu’ils n’ont ni montres ni notion précise des dates, ce qui rend très difficile l’organisation des rendez-vous; leur présence n’est donc pas régulière. Parfois, ils doivent parcourir (bien sûr à pied) dix, vingt kilomètres pour arriver.
Il est émouvant de constater qu’ils ne se lassent jamais d’entendre parler de Dieu. J’aimerais que vous les entendiez raconter comment ils mettent l’Évangile en pratique: ce sont des expériences simples, concrètes… qui invitent à la conversion rien qu’en les écoutant. Plusieurs fois, j’ai entendu certains d’entre eux répéter que la Parole de Dieu leur est nécessaire comme la nourriture. »
(Sœur Maria – Guinée équatoriale)
Réconciliation
J’avais été particulièrement frappée en entendant cette phrase de l’Évangile : « Si tu présentes ton offrande à l’autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère… ». En effet, je n’étais pas en bons termes avec une certaine dame.
Prenant mon courage à deux mains, je suis allée la voir. Malheureusement, non seulement elle ne m’a pas écoutée, mais elle m’a renvoyée en criant. Découragée, je ne savais plus quoi faire.
Entre-temps, mon fils avait reçu une lettre d’une connaissance qui voulait s’excuser auprès de lui pour un petit malentendu survenu quelques jours auparavant. Il y avait de quoi être surprise : d’abord, parce que mon fils est encore trop petit pour savoir lire, j’ai donc dû lui lire la lettre ; ensuite, parce qu’un adulte s’excusait si sérieusement auprès de lui.
Tout cela m’a donné l’élan d’écrire à cette dame pour lui demander pardon. Quelques jours plus tard, je reçois son appel: « Pardonne-moi, toi ! ». Revenue chez elle et après avoir dissipé tout malentendu, pleines de joie, nous nous sommes réconciliées.
(H.B. – Allemagne)
Édité par Maria Grazia Berretta
Photo de couverture : © Saulo Leite by Pexels
Remercier pour les dons reçus
Recommencer.

L’espérance chrétienne n’est pas une fuite du réel. Elle naît dans un lieu sans lumière, dans l’étroitesse d’un tombeau scellé, où Dieu a déjà renversé le jugement de ce monde. C’est précisément pour cela qu’il ose parler en un temps de guerres (Gaza, Kiev, le Darfour, Téhéran) et où des centaines de millions de personnes ne savent pas comment parvenir au lendemain.
Nos journées sont tissées d’attentes légitimes : la santé, un travail non précaire, un peu de paix, une justice qui ne soit pas seulement un mot. Mais lorsque ces attentes deviennent tout notre horizon, soit nous les sacralisons comme des idoles, soit, à la première fracture sérieuse, nous nous réfugions dans le cynisme et la résignation.
Pâques ne supprime pas ces espérances, elle les recentre. Elle les enracine en un Autre et, précisément ainsi, elle les préserve. L’amour plus fort que la mort ne nous enlève pas le poids de l’agir ; il brise plutôt l’angoisse de devoir sauver le monde avec nos seules mains.
Le dernier mot sur l’histoire n’est pas le nôtre, ni celui des vainqueurs du moment. C’est la parole prononcée sur le corps de Jésus. Et la parole de Pâques dément d’avance toute prétention de la mort à être définitive. Pour Paul, la résurrection du Christ n’est pas un épisode isolé dans la biographie de Jésus. C’est l’ouverture d’une scène nouvelle dans laquelle toute l’humanité est entraînée : « Comme tous meurent en Adam, ainsi tous recevront la vie dans le Christ » (1 Co 15,22). Les Pères de l’Église ont suivi cette voie sans l’atténuer : la résurrection est l’accomplissement de la nature humaine dans sa totalité, non le privilège de quelques heureux. En Christ, Dieu contemple déjà la plénitude de la famille humaine : les visages des réfugiés en Méditerranée, de ceux qui traversent le Sahara, des civils cachés dans les caves du Darfour. C’est pourquoi toute atteinte à la dignité, tout corps rejeté, n’est pas seulement une injustice sociale ; c’est une profanation d’une humanité pensée et aimée dans la lumière même du Ressuscité.

© Mourad Saad Aldin by Pexels.com
Paul élargit encore le regard : « toute la création gémit et souffre les douleurs de l’enfantement » (Rm 8,22). Ce n’est pas seulement la conscience humaine qui gémit, mais la terre, l’air, les mers. En 2026, le langage des « douleurs » ne sonne pas comme un pieux symbolisme : nous le lisons dans les inondations, dans les récoltes incertaines, dans les villages contraints de se déplacer parce que l’eau a disparu. Ce gémissement prend la forme d’une protestation ; la création refuse d’être traitée comme un matériau jetable, et Pâques lui donne voix. Dans le Christ ressuscité, toute exploitation de la terre apparaît déjà pour ce qu’elle est : un choix contre l’avenir de tous.
Comment vivre, alors, entre un accomplissement déjà inauguré et une histoire encore traversée par trop d’échecs ? Ni dans la paralysie, ni dans un optimisme de façade. On vit en sachant que rien de ce qui est authentiquement bon ne se perd : un geste d’accueil, un choix de renoncement, un travail honnête poursuivi dans des conditions difficiles. Benoît XVI rappelle que « tout agir sérieux et droit de l’homme est une espérance en acte » et inclut parmi ces engagements le fait de travailler pour un monde plus humain, soutenu par la grande espérance fondée sur les promesses de Dieu (Spe Salvi, 35). On peut dire davantage : ce n’est pas un ajout extérieur au Royaume, mais déjà un fragment visible de celui-ci. L’accomplissement appartient à Dieu, et pourtant Dieu s’obstine à passer aussi par nous. Lorsque nous nous engageons pour les réfugiés, pour le désarmement, pour des conditions de travail moins inhumaines, pour une paix concrète et non rhétorique, nous ne faisons pas que « préparer » quelque chose qui viendra ensuite. Nous laissons déjà la vie du Ressuscité prendre forme, humble et fragile, dans notre temps.
L’espérance pascale ne reste pas une idée ou un sentiment ; elle prend corps. La résurrection affirme que les logiques de mort n’ont pas le droit de décider de l’issue finale, et c’est pourquoi toute guerre, tout système d’exploitation, toute indifférence lucide est déjà démasquée et privée de son sens ultime par le tombeau vide. Dans le sépulcre de ce monde, quelque chose a déjà changé pour toujours : la vie a commencé à remonter à travers les fissures de l’histoire. Non comme une vague consolation ni comme une « récompense » dans un ailleurs indéfini, mais comme une réalité qui, en Christ, a déjà été donnée à l’humanité et à la création tout entière. Dans le jugement de Dieu révélé à Pâques — un jugement qui libère, non qui écrase — il est décidé une fois pour toutes que la mort ne pourra se vanter d’avoir le dernier mot sur personne ni sur rien.
Telle est la grande espérance.
Joyeuses Pâques : une espérance qui ne se referme pas dans l’église, mais qui met les mains dans l’histoire.
Declan J. O’Byrne
Instituto Universitario Sophia
Publié à l’origine sur Loppiano.it
Photo de couverture : Détail du vitrail du sanctuaire Maria Theotokos, Loppiano
Joie !

Lumière de Pâques… Je souhaite que nous ayons tous un regard,
Capable de scruter
La mort jusqu’à voir la vie,
La faute jusqu’à voir le pardon,
La séparation jusqu’à voir l’unité,
Les blessures jusqu’à voir la gloire,
L’homme jusqu’à voir Dieu,
Dieu jusqu’à voir l’homme,
Notre Moi jusqu’à voir l’Autre.
Et de surcroît, la force généreuse de Pâques ! »
(Pâques 1993)
Klaus Hemmerle
(La luce dentro le cose, Città Nuova, Roma 1998, pag. 110)
Photo: © Aakash-Sunuwar by Pexels.com
Allumer la flamme de l’espérance
Ne pas se décourager

La solitude, dans le silence, n’effraye pas: elle est faite pour protéger, non pas pour faire peur. Quoi qu’il en soit, on profite aussi de cette souffrance. La grandeur maximale du Christ est la croix. Jamais il ne fut aussi proche du Père et aussi proche des frères que quand, nu, blessé, il cria de l’échafaud: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » Avec cette souffrance, il se repentit: dans cette fracture, il rejoignit les hommes avec Dieu.
[…] Vas-y, écoute, contemple, à l’intérieur du silence dans lequel Dieu parle. Dans la journée de la vie, c’est l’heure tardive de la contemplation, lorsque les créatures se rassemblent pour faire le bilan du travail accompli et préparent l’action du lendemain: un lendemain gravé dans l’éternité. […] Un détachement du monde, donc, et une attaque sur Dieu: par conséquent, ce n’est pas une séparation des hommes, en tant que frères, membres de la même famille divine et humaine.
Igino Giordani
(Extraits tirés de « Città Nuova » XXIII/13 10 juillet 1979, pp.32-33)
Photo: © Nikolett Emmert by pexels.com
Me voici !

Cette année, je perçois la Semaine Sainte de façon toute particulière.
Hier, Mercredi Saint, la lecture de la Passion de Jésus m’a particulièrement touchée. J’ai redécouvert (et comme c’est important !) la valeur si nouvelle de la souffrance dans notre vie chrétienne. J’ai reçu à nouveau l’appel – si je puis dire – à la vocation qui, parmi les vocations de chaque jour, de chaque heure de notre vie, est la plus sublime. Jésus, l’homme de douleur : là est le point culminant de sa vocation.
(…) Aujourd’hui, une vague de tendresse m’envahit. C’est le jour du Commandement Nouveau, de l’Eucharistie, du sacerdoce, du service fraternel.
Quelles richesses infinies Jésus a réservées pour le dernier jour de sa vie ici-bas !
Quel désir de faire de chaque jour un Jeudi Saint !
Jésus, toi qui nous as choisis pour cette voie, si proche de ton cœur, aide-nous à la parcourir comme il se doit, chaque jour, jusqu’au bout.
(Chiara Lubich, Diario 1964-1980, préparé par Fabio Ciardi, 2023, Città Nuova, Rome, p. 324)
Photo © Vesal by Pixabay
Amour réciproque

La nuit est le symbole des ténèbres, de l’inconnu, de l’absence de cette lumière que nous ne
parvenons pas à trouver si nous n’avons ni lampe ni compagnon de route. La nuit est celle qui
enveloppe notre planète, meurtrie et ravagée par des luttes fratricides, par des guerres qui
continuent d’être organisées par soif de pouvoir et d’argent. La nuit est celle que vivent des
millions de personnes qui n’ont plus de voix pour dénoncer les injustices et les abus.
Et nous? Comment continuer à croire en un monde renouvelé qui ne se manifeste pas selon
nos attentes? Comment reconnaître les signes de ce qu’il y a de bon dans nos relations
quotidiennes? Ce sont là des questions aux quelles nous ne savons pas toujours répondre,
mais qui nous incitent à rechercher un compagnon de route que nous ne voyons souvent pas,
à reconnaître le besoin universel d’une spiritualité propre à l’être humain, et qui peut se
manifester si nous vivons entre nous l’amour réciproque.
Ce sont parfois de brefs éclairs de lumière qui brillent de la manière la plus inattendue, même
sur les réseaux sociaux, pour éclairer la nuit. Comme l’histoire de Chiara Badano et Sara
Cornelio, deux amies à travers le temps.
Sara, née en 1998, alors qu’elle n’était encore qu’une enfant «fait la connaissanc » de Chiara,
décédée à l’âge de 19 ans en 1990, lors d’une des nombreuses rencontres qui racontent son
extraordinaire histoire. Elle la découvre comme une amie, une compagne dans ses rêves, une
confidente et une présence forte. Sara est une jeune fille qui vit, chante, danse, étudie, a des
amis, grandit, enchante. Sara, en même temps, vit le quotidien d’une maladie congénitale qui
– et pas seulement au sens figuré – «lui coupe le souffle». Elle vit avec la certitude que «l’amour
triomphe de tout» (le sujet de son mémoire de fin d’études); elle vit le don de la greffe de
poumon, et devient elle-même un don, dont elle témoignera à travers des livres, des
rencontres dans les écoles, des morceaux de musique et des courts-métrages, un blog, une
pièce de théâtre.
Elle vit l’amour dans sa merveilleuse famille, puis l’amour, le coup de foudre… Sa mort en
2022, alors qu’elle n’avait même pas 24 ans, laisse consternés et très seuls tous ceux qui
l’aimaient, même ceux qui l’avaient simplement rencontrée sur Facebook.
Au cours de son passage passionnant sur cette terre, Sara trouve en Chiara une amie toujours
présente qui l’accompagne, l’encourage, la soutient et qui se «révèle» dans les moments et les
occasions les plus inattendus: une amie qui sait «être à ses côtés» dans la joie débordante
comme dans la souffrance et la solitude d’un hôpital ou d’une unité de soins intensifs.
Dans ses derniers instants, marqués par la solitude et la faiblesse, la présence de Chiara
devient mystérieusement silencieuse, presque insaisissable, mais peut-être justement pour
cette raison plus authentique et vouée à devenir une amitié «pour toujours».
Chiara et Sara: uniques, comme chaque histoire est unique.
Photo : © Kanenori – Pixabay

La route qui mène au village d’Emmaüs nous situe le chemin parcouru par deux disciples de Jésus. Déçus par leurs rêves, leurs projets, les moments forts des journées passées avec le Maître, ils rentrent chez eux pour reprendre la vie qu’ils avaient laissée, celle d’avant leur rencontre avec lui. Trois jours seulement se sont écoulés depuis sa crucifixion, la déception, la peur et les doutes règnent parmi les disciples.
Ils s’éloignaient de Jérusalem, du rêve qui ne s’est pas réalisé, prenant leurs distances avec le Christ et son message, “tristes“ parce qu’ils avaient en quelque sorte déjà pris la décision d’abandonner le projet pour lequel ils l’avaient suivi.
C’est l’histoire de nous tous lorsque nous nous égarons face à des situations qui nous obligent à faire des choix face à de nombreux carrefours et que nous croyons souvent que la solution qui consiste à revenir en arrière, à abandonner, à nous résigner est la seule réponse à notre mal-être.
« Qui d’entre nous ne connaît pas l’auberge d’Emmaüs ? Qui n’a pas marché sur cette route un soir où tout semblait perdu ? Le Christ était mort en nous… Il n’y avait plus de Jésus sur terre »[1].
« Reste avec nous car le soir vient et la journée déjà est avancée. »
Au cours du chemin, un inconnu se joint à eux, ignorant tout des événements qui viennent de se passer. Il commence à poser des questions précises, qui font ressortir toute l’amertume et le découragement. Avant tout il les écoute puis commence à leur expliquer les Écritures : C’est un dialogue qui s’instaure, une rencontre qui laisse une empreinte, à tel point que, même s’ils n’ont pas encore reconnu Jésus, ils le prient de rester avec eux car le soir tombe[2].
C’est peut-être l’une des plus belles prières que l’on trouve dans les Évangiles. C’est la première prière que les disciples adressent au Ressuscité, et cette invitation que nous pouvons tous lui adresser afin qu’il reste avec nous et parmi nous, est émouvante.
Les yeux des deux disciples s’ouvriront à la fraction du pain et la joie de l’avoir enfin reconnu les poussera à retourner à Jérusalem pour annoncer à leurs amis qu’il est ressuscité.
« Reste avec nous car le soir vient et la journée déjà est avancée. »
Chiara Lubich écrit : « Peut-être rien n’explique mieux que ces mots, l’expérience que nous, focolarines, avons faite depuis le début, celle de vivre avec Jésus parmi nous.
Jésus est toujours Jésus, et même s’il n’est présent que spirituellement, lorsqu’il l’est, il explique les Écritures et sa charité brûle dans nos cœurs : c’est la Vie. Cela nous fait dire avec une nostalgie infinie, lorsque nous l’avons reconnu : » Reste avec nous, Seigneur, car le soir tombe » : sans Toi, c’est la nuit noire (…) ». [3].
La nuit est le symbole des ténèbres, de l’inconnu, de l’absence de cette lumière que nous ne parvenons pas à trouver parce que nous ne croyons pas en Sa présence qui continue à nous accompagner, toujours.
La nuit enveloppe notre planète, blessée et violée par des luttes fratricides, par des guerres qui continuent à être déclenchées par soif de pouvoir et d’argent.
La nuit est celle que vivent des millions de personnes qui n’ont plus de voix pour crier les injustices et les oppressions.
Et nous, comment pouvons-nous prendre conscience de la présence de Jésus, qui ne se manifeste pas toujours selon nos attentes ? Comment comprendre qu’il marche avec nous et qu’il cherche à nous faire reconnaître les signes de sa présence ? Et surtout, comment créer les conditions pour qu’il se manifeste et reste avec nous ?
Ce sont des questions auxquelles nous ne savons peut-être pas toujours répondre, mais qui nous incitent à ne pas abandonner dans notre recherche de Jésus, à concentrer notre regard sur ce compagnon de voyage que, souvent, nous ne voyons pas, à reconnaître Celui qui peut se rendre présent si nous vivons parmi nous l’amour réciproque.
La route d’Emmaüs est le symbole de toutes nos routes, c’est la route de la rencontre avec le Seigneur, c’est la route qui nous redonne la joie du cœur, qui nous ramène vers la communauté pour témoigner ensemble que le Christ est bien ressuscité.
D’après Patrizia Mazzola et l’équipe de la Parole de Vie.
Photo: ©Pexels-Tom Fisk
[1] François Mauriac, Vita di Gesù, Mondadori, Milano, 1950, p. 156.
[2] Cfr. Lc 24, 17-29.
[3] Chiara Lubich, Scritti Spirituali/3, Città Nuova, Roma 1979, p. 67.
Dieu marche avec nous

25 mars 2026. Nous nous trouvons dans la Salle de la Conciliation du Palais du Latran où, après des décennies de confrontation, l’Église catholique et l’État italien signent en 1929 les Accords du Latran. C’est dans ce même lieu historique que s’achève en 2013 la phase diocésaine de la cause de béatification d’une des figures spirituelles les plus marquantes de notre temps : le Cardinal vietnamien François-Xavier Nguyễn Văn Thuận.
220 personnes sont présentes : Cardinaux, Évêques, membres de sa famille, prêtres, religieuses et laïcs du Vietnam et d’autres pays. Des milliers d’autres suivent l’événement en streaming en sept langues sur les chaînes YouTube de Vatican Media. Cette rencontre est organisée à l’occasion du 50e anniversaire du moment où Nguyễn Văn Thuận, alors jeune Évêque, au cours des premiers mois de sa captivité qui débuta le 15 août 1975, réussit à faire parvenir à ses fidèles 1001 brèves méditations rédigées sur des feuilles de vieux calendriers.
Cet événement est organisé par la Cause de béatification du Cardinal vietnamien, en collaboration avec le Dicastère pour le service du développement humain intégral (DSSUI), partie prenante de la Cause, ainsi qu’avec le Dicastère pour le Clergé, le diocèse de Rome et les éditions Città Nuova.

Le Pape Léon souligne cet anniversaire par un message signé par le Card. Parolin, son Secrétaire d’État, en espérant que « cet événement significatif favorise la redécouverte du témoignage fervent de ce disciple intrépide de l’Évangile et de ce Pasteur généreux ». Son exemple – affirme-t-il – « est d’une grande actualité car il rappelle que l’espérance chrétienne naît de la rencontre avec le Christ et prend forme dans une vie donnée à Dieu et au prochain ».
Le Card. Baldassare Reina, Vicaire général du Pape pour le diocèse de Rome, fait les honneurs de la maison. Il rappelle l’actualité de la figure de François-Xavier Nguyễn Văn Thuận au lendemain du Jubilé de l’espérance, à une époque où l’Évangile se transmet surtout par le témoignage.



Mais qui est ce Cardinal vietnamien ? Le Dr Waldery Hilgeman, postulateur de la Cause de béatification, y répond en quelques brèves notes biographiques. Issu d’une famille qui comptait parmi ses ancêtres des martyrs au XIXe siècle, François-Xavier se sent dès son plus jeune âge attiré par l’exemple des saints et, plus tard, par la spiritualité de son époque, notamment les Cursillos et les Focolari. Il entre au séminaire, devient prêtre, obtient un doctorat en droit canonique. En 1967, il est consacré évêque de Nha Trang. Lorsque, en 1975, Paul VI le nomme Archevêque coadjuteur de Saigon, une longue épreuve commence : arrêté, il passe treize ans en prison, dont neuf en isolement. C’est là, raconte-t-il, qu’il a appris « à choisir Dieu et non les œuvres de Dieu ». Il comprend que Dieu le veut parmi les prisonniers, presque tous non catholiques, pour être la présence de Dieu et la présence de son amour, « dans la faim, le froid, le travail pénible, l’humiliation et l’injustice ». Libéré en 1988, il vit à Rome depuis 1991, où Jean-Paul II le nomme d’abord Vice-président, puis Président de l’ancien Conseil pontifical « Justice et Paix » et le crée Cardinal en 2001.
Elisabeth Nguyễn, sœur du Cardinal, raconte l’histoire mouvementée des 1001 pensées. Dérobées lors de son assignation à résidence, « elles ont entamé un voyage d’évangélisation d’une famille à l’autre, d’une cellule de prison à l’autre, avant de traverser les océans avec les boat people ». Des années plus tard, elles donnent naissance au livre The Road of Hope (Le chemin de l’espérance)
Des moments forts et émouvants, amplifiés, à mi-parcours, par un morceau de piano interprété avec virtuosité par Don Carlo Seno : « La Campanella » de Franz Liszt.
Au cours de la séance d’une heure et demie, animée par le journaliste Alessandro De Carolis de Vatican Media, d’autres facettes de la personnalité de François-Xavier Nguyễn Văn Thuận sont révélées. Le Cardinal Lazzaro You Heung-sik, Préfet du Dicastère pour le clergé, parle de lui comme d’un « évangélisateur en toutes circonstances », en rapportant le récit d’un moine bouddhiste : « C’était l’hiver, il faisait deux degrés sous zéro et nous, dans le camp de rééducation, nous n’avions pas assez de couvertures. François-Xavier sortait plusieurs fois par jour pour ramasser des branches et des morceaux de bois afin de chauffer le camp la nuit… C’était ce que nous, bouddhistes, appelons un « Bo tac » : un saint homme »
Le Card. Luis Antonio Tagle, Préfet du Dicastère pour l’Évangélisation, se souvient quant à lui de la naissance, en 1995, d’une amitié personnelle avec François-Xavier : « J’ai été frappé par le fait que, alors qu’il racontait des expériences douloureuses, voire humiliantes, sa voix restait calme et son visage serein. Il n’y avait en lui aucune trace d’amertume ni de haine. Je ne pouvais détacher mon regard de son visage radieux et souriant ».
En plus de sa stature spirituelle, on remarque une sensibilité marquée pour les questions mondiales de justice et de paix. Le Card. Michael Czerny sj, Préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral, en parle. À cette occasion, il a publié la traduction italienne d’une nouvelle biographie de François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, écrite par sa sœur Elisabeth en collaboration avec le prêtre belge Stefaan Lecleir.



« Sa principale contribution au niveau mondial – précise le Card. Czerny – réside dans le rôle qu’il a joué dans l’élaboration du Compendium de la doctrine sociale de l’Église (2004) » et il rapporte cette question poignante posée par l’Archevêque vietnamien : « Face à la situation politique et économique actuelle, certains se demandent : parviendrons-nous à franchir avec espérance le seuil du nouveau millénaire ? ». En réponse, il cite une journaliste renommée qui avait prédit « trois phases catastrophiques » pour les sociétés appauvries : exploitation – exclusion – élimination. « Quand je pense à cela – commentait Nguyễn Văn Thuận – mon cœur est déchiré et j’aimerais crier : “impossible” ».
À la fin de la rencontre, l’acteur et journaliste Rosario Tronnolone lit quelques passages du Chemin de l’espérance qui résonnent comme un sceau d’or : « Tu veux opérer une révolution : renouveler le monde. Tu ne pourras accomplir cette précieuse mission que Dieu t’a confiée qu’avec « la puissance de l’Esprit Saint ». Chaque jour, là où tu vis, prépare une nouvelle Pentecôte. Engage-toi dans une campagne qui a pour but de rendre tout le monde heureux. Sacrifie-toi sans cesse, avec Jésus, pour apporter la paix aux âmes, le développement et la prospérité aux peuples. Telle sera ta spiritualité, à la fois discrète et concrète ».
Hubertus Blaumeiser
Photo: © CM – CSC Audiovisivi
Diffusion intégrale sur la chaîne YouTube de Vatican Media
L’amour donne naissance à la communauté

Un réel encouragement pastoral, fruit d’une lecture profonde de l’époque que nous traversons : telles ont été pour nous les paroles prononcées par le pape lors de la rencontre du 21 mars dernier au Vatican ; un moment de grâce particulière et de joie profonde qui a laissé une empreinte indélébile dans le cœur des 300 participants à l’audience. Nous venions tout juste de terminer l’Assemblée Générale, qui se tient tous les cinq ans pour élire la Présidente, le Coprésident et le gouvernement de l’Œuvre de Marie – Mouvement des Focolari, et nous avons accueilli les paroles du Pape comme une orientation remplie de sagesse pour l’avenir et pour le service que nous sommes appelés à rendre aujourd’hui à l’Église et au monde.
Le Souverain Pontife a tout d’abord salué le don que représente pour l’Église le charisme de Chiara Lubich : un don qui a façonné la vie de nombreuses personnes, familles, personnes consacrées et prêtres, et qui continue de porter des fruits de communion, de dialogue et de paix dans les contextes les plus divers. En même temps, il a replacé ce don dans le dynamisme vivant de l’histoire, nous rappelant que tout charisme est confié à la responsabilité de celui qui le reçoit et qui est appelé à l’incarner de manière toujours nouvelle.
Le Pape nous a reconfirmés dans l’essence même de notre charisme : l’unité. Une unité qui ne naît pas d’équilibres organisationnels ou de stratégies humaines, mais qui est « le fruit et le reflet de l’unité du Christ avec le Père ». C’est pour cette raison – nous a-t-il rappelé – qu’elle ne peut être confondue avec l’uniformité de pensée, de sensibilité ou de style de vie. Au contraire, l’unité authentiquement évangélique valorise les différences, respecte la liberté et la conscience de chacun, et se construit dans l’écoute réciproque et dans la recherche partagée de la volonté de Dieu.
En un temps marqué par de profondes polarisations, des tensions sociales et des conflits armés, le Pape a présenté l’unité comme une véritable force prophétique. Une semence simple, mais puissante, en mesure de contrecarrer « le poison de la division » qui pollue les cœurs et les relations, à travers le témoignage évangélique du dialogue, du pardon et de la paix. C’est un appel que nous ressentons profondément comme nôtre et qui incite chaque membre de notre Mouvement à être un ferment de réconciliation dans les contextes du quotidien.

Avec une grande clarté, le Saint-Père a ensuite indiqué une responsabilité spécifique pour cette phase de post-fondation, qui fait suite au décès de notre fondatrice, Chiara Lubich. Il ne s’agit pas d’une période désormais révolue, mais d’un temps qui se poursuit et qui requiert un discernement constant, mûr, et surtout, partagé. Il nous a appelés à distinguer ce qui est essentiel à notre charisme de ce qui, bien qu’ayant accompagné notre histoire, ne l’est plus, ou a montré au fil du temps des limites, des ambiguïtés et des points critiques. « Ce discernement – a-t-il souligné – ne peut être confié seulement à quelques-uns, mais engage l’ensemble du Mouvement. Le charisme, en effet, est un don de l’Esprit Saint, et tous ont le droit et le devoir de se sentir coresponsables de l’Œuvre à laquelle ils ont adhéré avec générosité.
Je voudrais également rapporter les mots que le nouveau Coprésident, Roberto Almada, a prononcés en commentant cette partie du discours du Saint-Père, dont il a saisi la grande portée : il a perçu qu’il s’était adressé à nous « comme un père ». Il a ajouté ensuite qu’il nous avait encouragés dans la voie que nous avons empruntée depuis déjà quelques années : de l’écoute des personnes qui ont souffert et de la révision des pratiques, mais qu’en même temps, il nous avait appelés à une conversion plus profonde.
La conversion à laquelle le Pape nous appelle commence par un changement personnel de mentalité ; il ne s’agit donc pas seulement de réformer des structures ou des institutions. Au cœur de tout cela, il y a la manière de vivre les relations, le respect de la dignité de la personne et l’exercice correct des rôles de responsabilité, vécus comme un service. En ce sens, le Pape nous a rappelé que seul un style évangélique peut faire « resplendir la beauté » de l’Évangile dans les relations et les structures.
Ensuite, j’ai été particulièrement frappée par l’insistance de Léon XIV sur la charité, en tant que nourriture indispensable à l’unité. Se référant à la première épître aux Corinthiens, il a rappelé que la charité est patiente, bienveillante, respectueuse, et que sans elle, l’unité risque de se vider de son sens. J’ai retrouvé dans ces paroles le cœur de l’intuition de Chiara Lubich, qui voyait dans l’unité non seulement un idéal spirituel, mais le « roc » sur lequel repose toute la vie du Mouvement.
Un nouveau mandat commence à présent pour le Mouvement des Focolari ; cinq années où nous sentons que regarder vers l’avenir signifie accueillir et opérer un véritable tournant. Tournant qui demande une conversion personnelle et communautaire, une écoute renouvelée du cri de l’humanité d’aujourd’hui et un engagement à témoigner de l’unité non pas avec des mots mais par la vie. Notre Assemblée Générale, composée de personnes qui représentaient toutes les vocations, une multitude de cultures, de langues et de peuples, nous a fait expérimenter la richesse d’une coresponsabilité partagée et un nouvel élan : autant de signes que l’Esprit continue à nous accompagner en cette période délicate.
C’est donc avec une profonde gratitude que nous accueillons les paroles d’encouragement du Saint-Père et son invitation à poursuivre notre chemin. Nous le faisons avec humilité et confiance, certains que, si nous vivons l’unité comme un don gratuit et comme une tâche quotidienne, elle pourra contribuer à la mission de l’Église et être toujours plus un ferment de paix pour le monde.
Margaret Karram
Présidente du Mouvement des Focolari
Publié sur l’Osservatore Romano le 26 mars 2026
(Traductions : Services linguistiques du Mouvement des Focolari)
Photo: © Vatican Media
Mettre l’autre en valeur
Transformer les moments négatifs en quelque chose de positif

(…) Quelle est la parole que l’Esprit a imprimée comme un sceau sur cette maison, sur notre Mouvement, lorsque le Ciel l’a pensé et a donné ici-bas le coup d’envoi de sa réalisation ?
Nous le savons, c’est la parole : “UNITÉ”. Unité est le mot qui résume toute notre spiritualité. Unité avec Dieu, unité avec les frères. Je dirais même : unité avec les frères pour parvenir à l’unité avec Dieu.
L’Esprit nous a révélé, en effet, une voie toute à nous, pleinement évangélique pour nous unir à Dieu,
pour le trouver, Lui. […]
Nous le cherchons et nous le trouvons en passant par le frère, en aimant le frère. Nous le trouvons si nous nous efforçons de réaliser l’unité avec le frère, avec chaque frère : si nous établissons la présence de Dieu parmi nous, entre frères.
C’est seulement de cette façon que nous pouvons être sûrs de l’unité avec lui et que nous le trouvons vivant et palpitant dans notre cœur. Et puis, c’est cette unité avec Dieu qui, à son tour, nous pousse vers les frères, qui nous aide à faire en sorte que notre amour pour eux ne soit pas factice, limité ou superficiel mais au contraire, radical, plein, complet, fait de sacrifice, toujours prêt à donner la vie, capable de réaliser l’unité.
Nos Statuts mettent l’unité à la base de tout, comme étant la norme des normes, la règle à
réaliser avant toute autre règle. Pour nous, c’est la parole par excellence, c’est le roc.
Notre vie n’a aucun sens si elle ne puise pas dans cette parole où tout prend son sens chaque action, chaque prière, chaque respiration…
Et si nous restons concentrés sur cette parole, si nous la vivons de notre mieux, nous sommes sûrs que tout sera sauvegardé : nous-mêmes ainsi que la partie de l’Œuvre qui nous est confiée.
Dans l’avenir, il y aura peut-être pour l’Œuvre dans son ensemble ou dans quelques zones,
des moments différents de ceux que nous connaissons maintenant ; ils sont remplis de nombreuses consolations, de fruits, de lumière, de feu.
On connaîtra peut-être des moments d’obscurité, de désarroi ; des persécutions,
des tentations pourront survenir ; […] des malheurs, des catastrophes pourront arriver… Mais si nous restons solidement attachés au roc
de l’unité, rien ne pourra nous ébranler, tout continuera comme avant.
Chiara Lubich
in “Conversazioni in collegamento telefonico”, 2019, Città Nuova Editrice, p. 373
Vivre pour l’autre
Nous donner pour le bien de tous
Aimer gratuitement

Un retour à Loppiano après de nombreuses années, des souvenirs et des rêves qui se réveillent avec l’idée de donner vie à de nouveaux projets. C’est ce que raconte Roberto Brundisini lors de l’ouverture du site web des Concitoyens de Loppiano.
« Un jour, je reviens visiter Loppiano, où j’avais vécu pendant quelque temps il y a quelques années. Et je me rends compte que je m’y sens bien, chez moi. Je m’étonne d’en être resté éloigné si longtemps et je pense à tous ceux qui, comme moi, ont perdu le contact avec cette réalité. Je comprends et je communique que cette maison n’est pas seulement celle de ceux qui y vivent, mais aussi de ceux qui l’aiment. Et je sais qu’ils sont nombreux.
La nouvelle se répand, les circuits éteints se réactivent et, comme après un long sommeil, des visages anciens et nouveaux se réveillent. Loppiano est là, elle est toujours là ! Les rêves qui s’étaient endormis reprennent vie, avec la détermination de l’humilité. Car les rêves qui restent dans un tiroir finissent par moisir.
Alors, que faut-il faire ? Se demande-t-on. Par où commencer ?
Ah, voilà, se dit-on entre nous, nous pourrions peut-être créer une communauté écologique. Exactement ! répond quelqu’un. Nous pourrions peut-être mettre en place une agriculture alternative. Super ! Contribuer au réaménagement urbain et environnemental de la Cité selon les critères de Laudato si’.
Ah, voilà, disons-nous entre nous, nous pourrions peut-être créer une communauté écologique. Exactement ! répond quelqu’un. Nous pourrions peut-être mettre en place une agriculture alternative. Super ! Contribuer au réaménagement urbain et environnemental de la Citadelle selon les critères de Laudato si’.

Quel rêve ! Nous nous sommes dit : pourquoi ne pas organiser une structure d’accueil où passer quelques jours de détente et nous rééduquer à la nature et aux relations humaines ? Fantastique, poursuit quelqu’un d’autre, j’aimerais trouver un hub, un espace de rencontre pour les échanges culturels entre jeunes et peut-être même entre artistes. Très intéressant ! Et si nous créions une web-radio à vocation universelle, compte tenu de la diversité des compétences, des expériences et des connaissances que beaucoup d’entre nous, dispersés sous toutes les latitudes, avons acquises au cours de ces dernières années ? Un autre rêve ! (…) »
À l’occasion de notre visite au Centre international, nous avons interviewé le président de l’association, Alessandro Agostini, et l’un des conseillers, Nicola di Settimo.
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Nicolas
Je m’appelle Nicolas et je fais partie de L’Association Concitoyens. Cela signifie citoyens constructeurs de Loppiano, car nous avons habité à Loppiano pendant quelques années quand nous étions jeunes, puis la vie nous a amenés à voyager à travers le monde. Presque tous, nous avons ensuite acquis une expérience professionnelle.
Alessandro
Je m’appelle Alessandro, je suis originaire d’Ombrie et je suis le président de cette nouvelle association qui s’appelle les Concitoyens de Loppiano. C’est une Association qui a été créée il y a trois ans. Elle est actuellement présente dans 11 pays pour nos membres et nous sommes environ une cinquantaine de personnes, hommes et femmes, d’origines diverses et aux professions variées.
Nicolas
Pour nous, c’est d’une part un retour à la jeunesse, mais d’autre part aussi un retour au choix fondamental de notre vie que nous n’avons jamais abandonné, celui de suivre l’idéal de Chiara Lubich, « Que tous soient un », de l’amour réciproque. Aujourd’hui, nous voulons apporter une contribution concrète en menant des actions concrètes pour Loppiano.
Alessandro
Il est de plus en plus nécessaire de se retrouver en tant que communauté, en tant que groupe. Dans les moments difficiles que traverse actuellement le monde, nous avons besoin de personnes qui se rassemblent pour œuvrer en faveur d’une humanité juste et honnête. Nous sommes là pour apporter notre petite contribution. Beaucoup, comme nous, ont fait l’expérience de Loppiano et cette petite Cité nous rassemble parce que nous l’avons construite au cours des deux années que nous avons tous passées ensemble. C’est l’occasion de nous retrouver, y compris les personnes qui ne font peut-être plus partie de l’Œuvre, mais qui continuent à porter dans leur cœur cette cité et la construction d’un monde uni. Nous sommes très heureux de pouvoir les accueillir et de les intégrer dans notre association.
Nicolas
Oui, l’idée est de créer une communauté ouverte à tous, donc aux personnes qui aiment Loppiano, qui veulent la faire avancer, et nous aimerions donc canaliser ces forces pour, je le répète, aider à la construction, et continuer à faire grandir Loppiano.
Interview réalisée par Anna Lisa Innocenti et Carlos Mana
Montage : Joaquín Masera.
Site web : https://www.cocittadinidiloppiano.org
S’engager pour soulager la souffrance d’autrui
Décider d’aimer

« Si tu veux rester ferme dans la foi, choisis le chemin de l’espérance destiné à ton âme de disciple du Christ ». C’est l’une des 1001 pensées adressées par l’archevêque de l’époque François Xavier Nguyễn Văn Thuận à ses fidèles, au cours des longues années de détention en prison en raison de sa foi : un recueil de réflexions, d’avertissements, d’encouragements, rassemblés dans l’ouvrage «Le chemin de l’espérance», considéré comme le «testament spirituel» du cardinal vietnamien, déclaré Vénérable par le pape François.
À l’occasion du 50e anniversaire de la rédaction de cet ouvrage, la Cause de béatification du cardinal Văn Thuận et le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral – qui est promoteur de la Cause –, en collaboration avec le Dicastère pour le Clergé, la maison d’édition Città Nuova et le Diocèse de Rome, souhaitent honorer la mémoire du cardinal vietnamien en organisant un colloque intitulé «François Xavier Nguyễn Văn Thuận. Témoin d’espérance ». »..
L’événement aura lieu le 25 mars à Rome, dans la Salle des Traités du Latran, au Palais Apostolique du Latran, de 16 h à 17 h 30 (UTC +1).
Mme Élisabeth Nguyễn Thị Thu Hồng, sœur du cardinal Văn Thuận, sera présente.
À travers le témoignage de ceux qui l’ont connu, et avec des extraits et des morceaux de musique tirés de ses écrits, le colloque entend souligner l’actualité de la figure du cardinal Văn Thuận : un pasteur fidèle qui a su transformer l’expérience de la captivité en un espace de prière, de pardon et d’offrande, montrant ainsi comment la lumière de l’Évangile peut vaincre toute obscurité. De ses paroles nous parvient un message d’espérance, un patrimoine spirituel universel.
Son Éminence le cardinal Baldassare Reina, vicaire général de Sa Sainteté pour le diocèse de Rome, ouvrira les travaux. Interviendront Son Éminence le cardinal Michael Czerny, S.J., préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral ; le Dr Waldery Hilgeman, postulateur de la cause de béatification du cardinal Văn Thuận ; Son Éminence le cardinal Lazzaro You Heung-sik, préfet du Dicastère pour le clergé ; Son Éminence le cardinal Luis Antonio Tagle, pro-préfet du Dicastère pour l’évangélisation.
Carlo Seno, prêtre du diocèse de Milan et responsable du Centre de spiritualité « Vinea mea », interviendra au piano.
La rencontre sera animée par le journaliste Alessandro De Carolis, de la Radio Vaticane – Vatican News.
Dans le cadre de ce colloque, sera présentée l’édition en italien de la nouvelle biographie du cardinal Văn Thuận, rédigée par sa sœur Élisabeth et publiée par Città Nuova Editrice, avec une préface signée par le cardinal Michael Czerny.
L’événement est ouvert à la presse, sur demande d’accréditation auprès de la Salle de presse du Saint-Siège, et sera accessible en streaming en italien, avec traduction simultanée en anglais, français, espagnol, portugais, allemand et vietnamien.
Article rédigé par la Cause de béatification du cardinal Văn Thuận
Voici les liens pour suivre l’événement :
IT: https://www.youtube.com/live/WQk9grOvTL0
EN: https://www.youtube.com/live/qr-lYRm1IGY
ES: https://www.youtube.com/live/7mQNE_tFE_4
FR: https://www.youtube.com/live/8xnl5NQ4jx8
DE: https://www.youtube.com/live/ULjKpE22E6s
PT: https://www.youtube.com/live/JSPZWH-Zwu0
VT: https://www.youtube.com/live/8Mx3gnY3wuE
La vie, l’œuvre et la spiritualité du cardinal Văn Thuận sont également présentées sur le portail qui lui est consacré, disponible en plusieurs langues, à l’adresse
https://www.cardinalvanthuan.va/it.html
L’amour n’est pas passif
Prêter attention à ceux que nous rencontrons

L’arrivée du pape Léon XIV a été accueillie par un applaudissement chaleureux des 320 participants à l’Assemblée Générale des Focolari reçus en audience au Vatican. « Par ces applaudissements, a raconté le Coprésident nouvellement élu, Roberto Almada, nous avons voulu exprimer notre joie. J’ai été frappé par son regard reconnaissant et encourageant envers tous les membres du Mouvement : prêtres, familles, jeunes, focolarini. »
Dès ses premiers mots, le pape Léon XIV a reporté l’attention sur la racine du charisme : « Chacun d’entre vous a été attiré par le charisme de la Servante de Dieu Chiara Lubich. » L’unité, a-t-il souligné, reste le cœur du don que l’Esprit Saint offre aujourd’hui à l’Église et au monde.
Un peuple de la paix appelé à faire barrage à la barbarie
Le thème de la paix a occupé une place centrale dans le discours du Saint-Père. Il a reconnu que « c’est aussi à travers vous que Dieu a formé, au cours des dernières décennies, un grand peuple de la paix », appelé aujourd’hui « à faire contrepoids et à endiguer les nombreux semeurs de haine qui ramènent l’humanité vers des formes de barbarie et de violence ». Ces mots ont confirmé le travail de l’Assemblée, qui a réfléchi à la manière de contribuer plus efficacement à renouer les liens sociaux, à surmonter les polarisations, à promouvoir le dialogue et la fraternité dans les territoires où le Mouvement est présent.
Margaret Karram, réélue Présidente du Mouvement, a commenté ainsi : « Le Pape a encore souligné combien, aujourd’hui plus que jamais, l’unité est nécessaire dans un monde divisé et en guerre. Il a remis encore davantage au centre la nécessité de vivre plus et mieux notre vocation à la fraternité. J’ai ensuite été frappée par la reconnaissance du Pape pour le travail du Mouvement dans les domaines œcuménique, interreligieux et dans d’autres secteurs. »
La responsabilité de la phase post-fondation
Un passage particulièrement significatif a porté sur le moment historique que traverse actuellement le Mouvement. Le pape Léon XIV a rappelé : « C’est à vous qu’incombe la responsabilité de maintenir vivant le charisme de votre Mouvement dans la phase post-fondation », une phase qui ne s’achève pas avec la génération immédiatement postérieure à la fondatrice, mais qui « se prolonge encore au-delà ». Il a invité le Mouvement à distinguer avec lucidité et honnêteté ce qui appartient au noyau essentiel du charisme de ce qui, avec le temps, peut changer. Il a clairement indiqué qu’il est nécessaire de discerner « quels aspects de votre vie commune et de votre apostolat sont essentiels, et doivent donc être conservés », et « quels outils et pratiques, bien qu’utilisés depuis longtemps, ne sont pas essentiels au charisme… ou ont présenté des aspects problématiques et doivent donc être abandonnés ».
Les propos du Saint-Père sur la transparence – « condition de crédibilité » et droit de tous, car le charisme est un don partagé – ont confirmé et renforcé une orientation déjà mûrie au sein de l’Assemblée. Un Mouvement plus coresponsable est la condition indispensable pour vivre l’unité aujourd’hui.
Un processus de renouvellement partagé : les orientations pour les cinq prochaines années (2026–2031)
La réflexion sur les défis et les points critiques lancée par l’Assemblée Générale a mis en évidence qu’à l’origine de nombreux problèmes actuels du Mouvement se trouve une compréhension immature de l’unité, noyau fondateur du charisme de Chiara Lubich ; c’est pourquoi un processus de révision et d’approfondissement a été engagé à tous les niveaux.
Dans cette perspective, il s’agit : de travailler à surmonter les divisions et les polarisations à travers l’action des communautés des Focolari qui vivent sur le terrain et dans les « périphéries » du monde, en synergie avec tous ceux qui partagent le principe évangélique de l’unité par le dialogue et la collaboration ; de soutenir les réseaux engagés dans la promotion de la paix et l’éducation à la non-violence ; développer une vision intégrale de la protection de la planète et des personnes ; renforcer les familles et les communautés en tant que lieux de proximité et de soutien mutuel. Parallèlement, il devient essentiel de promouvoir une utilisation éthique et responsable des technologies et de l’intelligence artificielle, en impliquant toutes les générations, et de valoriser la contribution des jeunes ainsi que la richesse qui naît de la rencontre entre différentes expériences et sensibilités.
Avec une approche basée sur la qualité des relations, la transparence, la participation et la responsabilité partagée, le Mouvement renouvelle son engagement à œuvrer pour que chaque lieu devienne un espace de rencontre et de collaboration, au service du bien commun et de la paix.
Stefania Tanesini
LIRE ICI LE TEXTE INTÉGRAL DU DISCOURS DU PAPE LÉON XIV
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Photo: © Vatican Media
Compassion envers ceux qui sont dans le besoin
Construire des ponts d’amitié
Orienter notre vie vers Dieu
Espérer sans se lasser

Les 10 conseillers généraux et les 10 conseillères générales du Mouvement des Focolari ont été élus aujourd’hui ; ils accompagneront la Présidente du Mouvement des Focolari au cours de son second mandat.
Conformément aux Statuts Généraux, ils ont pour mission, avec la Présidente et le Coprésident, de représenter l’ensemble du Mouvement et d’en manifester l’unité.
Ils seront ensuite appelés à accomplir les tâches que la Présidente leur confiera, en particulier la prise en charge des aspects concrets de la vie du Mouvement (les « sept couleurs ») et l’accompagnement des subdivisions géographiques (les « zones »). Chacun, dans sa tâche, aura à cœur l’unité de toute la famille des Focolari, en la préservant et en la promouvant à chaque instant.
Ils entrent aujourd’hui en fonction après avoir obtenu les deux tiers des voix des ayants droit et resteront en poste pendant cinq ans.
Stefania Tanesini
avec l’équipe Communication multimédias et les Services linguistiques

Photo: © CSC Audiovisivi

Ces dernières années, le Moyen-Orient a traversé l’une des phases les plus difficiles de son histoire récente. Les guerres, l’instabilité politique et les urgences économiques ont touché des millions de personnes, contraignant des familles entières à quitter leurs foyers et mettant en péril l’accès aux biens les plus essentiels. Dans ce contexte, les projets soutenus par les fonds collectés pour l‘urgence au Moyen-Orient par le Mouvement des Focolari, menés par AMU et AFN, ont cherché à apporter des réponses concrètes aux besoins les plus urgents, touchant au total 3 337 personnes, grâce à l’utilisation de 362 754 euros destinés à des interventions humanitaires.
Gaza : assistance aux personnes déplacées
Le 7 octobre 2023 a marqué le début d’une nouvelle phase du conflit dans la bande de Gaza. Selon les Nations unies, 90 % de la population a été contrainte de quitter son domicile et la quasi-totalité de la population est aujourd’hui confrontée à une insécurité alimentaire extrême.
En collaboration avec le réseau local, en particulier Caritas Jordanie et le Patriarcat latin de Jérusalem, il a été possible de venir en aide à 1 750 personnes déplacées. Les interventions ont porté sur l’achat et la distribution de biens de première nécessité, l’aide alimentaire et l’accueil de centaines de personnes dans deux paroisses. Outre la nourriture et les médicaments, un lieu sûr où trouver refuge et assistance a été proposé.



Photo 1: © Caritas Jordan – 2, 3 © Patriarcato Latino di Gerusalemme
Liban : accueil et assistance à la population
En 2024, l’intensification des conflits dans le sud du Liban a provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes. De nombreuses familles ont dû tout quitter et chercher refuge ailleurs.
Grâce à la collaboration avec l’association locale Humanité Nouvelle, 195 personnes ont été accueillies au Centre Mariapoli « La Sorgente » et à l’Institut de Rééducation Audio-Phonétique (IRAP), dans la province de Beyrouth. Les personnes déplacées y ont reçu l’hospitalité, de la nourriture, des soins médicaux, des vêtements et des produits d’hygiène.
Une attention particulière a été accordée aux enfants et aux adolescents : 7 classes ont été organisées pour 39 élèves âgés de moins de 15 ans, leur permettant de poursuivre leur scolarité même pendant leur déplacement. Des activités récréatives, des moments de partage et des initiatives promues par de jeunes bénévoles ont contribué à créer des espaces d’espoir dans une situation marquée par l’incertitude.
Toujours au Liban, le projet SOSTENIAMOLibano (Soutenons le Liban) a été mis en place pour aider les personnes à supporter le coût des soins dans un système de santé de plus en plus fragile. Le projet a touché 112 bénéficiaires, en leur offrant des contributions pour l’achat de médicaments, un soutien psychologique et une assistance pour les soins hospitaliers.
Une autre intervention a concerné le soutien aux petits producteurs agricoles locaux. Grâce à l’initiative « From All Lebanon to All Lebanon », des produits agroalimentaires et artisanaux ont été achetés auprès de petits producteurs et distribués aux familles déplacées de la région métropolitaine de Beyrouth. Ce projet a concerné 80 personnes, contribuant à la fois au soutien alimentaire et à la protection des activités économiques locales.



Photo: © Focolari Libano
Syrie : assistance aux familles en difficulté
Après plus de quatorze ans de guerre, la Syrie continue de vivre une situation extrêmement fragile. En 2024, pendant une phase de transition politique, de nombreuses familles se sont soudainement retrouvées sans accès à l’argent en raison de la fermeture temporaire des banques.
Grâce au réseau local du Mouvement des Focolari, il a été possible d’offrir un soutien économique à 305 familles présentes à Alep, Damas, Homs et dans d’autres villes, touchant ainsi environ 1 200 personnes. Cette aide leur a permis de faire face aux dépenses les plus urgentes liées aux besoins quotidiens, tels que la nourriture, les médicaments et les produits de première nécessité.
Un signe concret de proximité
Au-delà des chiffres, ces projets racontent avant tout des témoignages de solidarité et de collaboration entre les réalités locales et internationales. L’objectif n’était pas seulement de répondre à l’urgence immédiate, mais aussi de renforcer les liens communautaires et de soutenir la résilience des personnes concernées.
La Coordination des urgences du Mouvement des Focolari
Pour apporter votre contribution à l’urgence au Moyen-Orient, cliquez ici
Photo: © Patriarcato Latino di Gerusalemme
Prendre soin de notre maison commune
Se soutenir mutuellement