Mouvement des Focolari
Chiara Lubich : Je t’ai trouvé

Chiara Lubich : Je t’ai trouvé

Je t’ai trouvé en tant de lieux, Seigneur !

Je t’ai senti palpiter au plus haut du silence d’une chapelle de montagne, dans la pénombre du tabernacle d’une cathédrale déserte, dans la ferveur unanime d’une foule qui te célèbre et emplit les voûtes de ton église de chants et d’amour.

Je t’ai trouvé dans la joie. Je t’ai parlé au-delà du firmament étoilé, quand, dans la sérénité du soir, après le travail, je rentrais à la maison.

Je te cherche et souvent je te trouve.

Pourtant, il est un lieu où je te trouve toujours : dans la souffrance.

Une douleur, quelle qu’elle soit, est comme le tintement de la cloche qui appelle l’épouse de Dieu à la prière. Quand l’ombre de la croix apparaît, je me recueille en mon tabernacle et, oubliant le tintement de la cloche, je te vois et te parle.

C’est toi qui me rends visite. C’est moi qui te réponds : « Me voici, Seigneur. C’est toi que je veux, Toi que j’ai voulu. »

Dans cette rencontre, je ne sens plus ma souffrance. Enivrée de ton amour, je suis baignée de toi, imprégnée de toi, Toi en moi, moi en Toi afin que nous soyons un !

Puis je rouvre les yeux à la vie, à la vie moins vraie, divinement aguerrie pour mener tes combats.

Chiara Lubich
in Méditations, Nouvelle Cité, Paris 2016, p. 69

Photo: Bruno Kraler by Pexels

Margaret Karram réélue à la tête des Focolari et Roberto Almada, nouveau coprésident

Margaret Karram réélue à la tête des Focolari et Roberto Almada, nouveau coprésident

«Avec la grâce de Dieu et votre aide, j’accepte. Le psaume 94 de la liturgie d’aujourd’hui m’a profondément touchée : ”Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur ”. À cet appel nouveau, je renouvelle mon ”oui”, mon adhésion totale à Dieu, avec vous tous, au service de l’Église, du Mouvement et de l’humanité ».

Tels sont les premiers mots de Margaret Karram, quelques minutes après son élection comme Présidente du Mouvement des Focolari, le 12 mars 2026, pour un second mandat de cinq ans.

Elle a été réélue par les 261 participants ayant droit de vote, représentant les communautés des Focolari des cinq continents, qui participent à l’Assemblée Générale du 1er au 21 mars.

Le nouveau Coprésident est Roberto Almada, focolarino prêtre argentin, également élu à la majorité des deux tiers. Il succède à Jesús Morán qui a terminé son second et dernier mandat (conformément au décret du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie du 11 juin 2021).

« J’accepte cette élection avec la grâce de Dieu et la protection de la Vierge Marie – a déclaré Roberto Almada – et je m’y consacrerai de toutes mes forces, de toute mon intelligence et de tout mon cœur ; vous pouvez compter sur moi ! »

Les élections ont été confirmées par le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, en tant qu’autorité compétente du Saint-Siège, conformément aux Statuts Généraux du Mouvement des Focolari (Œuvre de Marie, articles 79 et 88).

Margaret Karram est la troisième Présidente des Focolari, après la fondatrice, Chiara Lubich. Elle avait succédé en 2021 à Maria Voce, décédée le 20 juin dernier.

Arabe chrétienne, née à Haïfa en Israël, elle a grandi dans un contexte multiconfessionnel, développant dès son plus jeune âge un engagement fort en faveur du dialogue entre les cultures et les religions différentes. Aux États-Unis, elle a obtenu un diplôme en judaïsme à l’American Jewish University de Los Angeles, avant d’assumer des responsabilités au sein du Mouvement en Terre Sainte, où elle a travaillé pendant 14 ans au consulat général d’Italie à Jérusalem.

Reconnue au niveau international pour sa contribution au dialogue interreligieux – prix Mount Zion (2013) et Santa Rita (2016) –, elle a participé à l’Invocation pour la paix dans les jardins du Vatican en 2014 avec le pape François et les présidents israélien et palestinien. Élue en 2021 Présidente des Focolari pour un premier mandat, elle a intensifié l’action du Mouvement dans le dialogue œcuménique et interreligieux. Elle a rencontré le Patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier et a participé comme invitée au récent Synode de l’Église catholique.

En 2023, elle a été nommée membre du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie. Elle a voyagé en Asie, en Amérique, en Europe et dans le Pacifique pour rencontrer les communautés des Focolari et les organisations engagées dans le dialogue entre les religions. Parmi ses étapes les plus récentes : le Genfest 2024 au Brésil, le Forum pour la paix aux États-Unis en 2025 et la conférence internationale pour les dix ans de Laudato si’. Auteure avec Monica Mondo du livre Per non sfiorarci invano (2023, Ed. Francescane), elle a publié en 2025 Prossimità, via alla pace – Pagine di vita (Ed. Città Nuova), consacré à la culture de la fraternité et du dialogue.

Roberto Almada est un focolarino prêtre argentin, médecin psychiatre et psychothérapeute. Docteur en philosophie, il a été l’un des promoteurs de l’École de Logothérapie en Uruguay et au Paraguay. Il fait partie du groupe qui coordonne les parcours d’accompagnement spirituel et psychologique à l’Institut Universitaire Sophia pour l’Amérique latine et les Caraïbes, et à l’Institut Logos de Caserte (Italie). Son activité pastorale s’est concentrée sur le domaine familial à travers le Mouvement Familles Nouvelles, où il suit des projets d’accompagnement de couples.

Auteur du livre « El cansancio de los buenos » sur les dynamiques du burnout, traduit en plusieurs langues (en Italie : « Il burnout del buon samaritano », Ed. Effatà) et coauteur de « Desafío Parejas », tous deux publiés par Ciudad Nueva. De 1999 à 2009, il a été Collaborateur du Centre international des focolarini à Rocca di Papa (Rome, Italie), et Conseiller pour le même Centre de 2014 à 2021. Jusqu’en 2026, il a vécu à Buenos Aires, où il s’est engagé pour le Mouvement au Cône Sud dans les domaines de l’évangélisation, en accompagnant les communautés locales où il a soutenu des processus de réorganisation et de cohésion, et dans le domaine des études.

Il a acquis une expérience considérable dans le domaine ecclésial et éducatif dans plusieurs pays d’Amérique latine, notamment en Colombie, au Salvador, au Chili, en Uruguay, au Paraguay et en Argentine, en accompagnant des prêtres, des communautés religieuses et des enseignants catholiques au travers de cours et d’exercices spirituels, en accordant une attention particulière au soutien dans les moments de fatigue pastorale et à la redécouverte du sens de la mission. Il a également travaillé dans l’accompagnement des jeunes et dans le domaine social avec des personnes migrantes.

Selon les Statuts Généraux, la Présidence sera toujours confiée à une focolarine ayant prononcé des vœux définitifs : un choix qui rappelle une présidence laïque et féminine, voulue par la fondatrice Chiara Lubich et confirmée par Saint Jean-Paul II.
La Présidente est appelée à accompagner « dans un esprit d’unité » les communautés des Focolari présentes dans 150 pays qui adhèrent au message évangélique de la fraternité universelle dans un contexte de pluralité culturelle, sociale et religieuse. Parmi ses tâches figurent la direction et l’orientation d’un Mouvement qui relève les défis locaux et mondiaux de notre temps et qui est appelé en particulier à guérir les fractures personnelles et sociales de l’existence humaine.
Les Statuts rappellent également le style avec lequel la Présidente doit exercer sa responsabilité : un leadership fondé sur le service et la charité évangélique, selon l’invitation de Jésus à se faire le serviteur de tous (cf. Mc 10, 44). Il lui est demandé d’être une bâtisseuse de ponts, une promotrice de l’unité et une témoin du message central de la spiritualité des Focolari, en s’en faisant la porte-parole avec cohérence et dévouement.

Le Coprésident – élu parmi les prêtres focolarini du Mouvement des Focolari – est avant tout appelé à travailler en étroite collaboration avec la Présidente, en partageant avec elle les décisions et en contribuant à garantir le discernement et la cohésion du Mouvement. Outre ce rôle primordial, le Coprésident collabore à la direction générale de l’Œuvre, apportant sa contribution aux questions les plus importantes et veillant à la pleine conformité de la vie du Mouvement avec la foi et la doctrine de l’Église.

Dans les prochains jours, l’Assemblée est également appelée à élire le nouvel organe directeur des Focolari – à savoir les Conseillers généraux qui seront les plus proches collaborateurs de la Présidente -, et à discuter des propositions de modification des Statuts Généraux.

Le 21 mars, les participants et les observateurs de l’Assemblée seront reçus en audience privée par le pape Léon XIV.

Stefania Tanesini

Mise au courant n° 4 – Assemblée Générale 2026

Mise au courant n° 4 – Assemblée Générale 2026

L’Assemblée Générale est entrée dans le vif du sujet avec un travail intense de dialogue et de co-élaboration. Du 6 au 11 mars, neuf thématiques issues des propositions reçues des personnes et des communautés du Mouvement à travers le monde sont approfondies. Les travaux se déroulent en 30 groupes, guidés par des facilitateurs selon la méthodologie de la Conversation dans l’Esprit, qui favorise l’écoute et le discernement. Des propositions et des lignes d’action communes émergent, discutées en plénière, puis soumises au vote de l’Assemblée. 

Gouvernance, participation et responsabilité – Le besoin d’une participation plus large, coresponsable et intergénérationnelle, ainsi que d’une gouvernance plus synodale et transparente, se fait sentir. On réfléchit également aux relations entre le Centre International, les zones géographiques et les communautés locales, et à la signification du leadership à la lumière du Charisme de l’unité.

Famille – Dans un Mouvement constitué de vocations, d’âges et de cultures différents, la famille est un thème transversal. Dans certaines sociétés, ses défis sont négligés : l’Assemblée discute de la manière de la ramener au centre, en reconnaissant la richesse et la complexité des différentes situations culturelles.

Le Mouvement des Focolari dans l’Église catholique – La relation avec l’Église catholique est approfondie comme un échange de dons : le Charisme de l’unité grandit au sein de l’Église universelle et locale. Au cœur du débat, la formation au dialogue et les relations avec les Églises locales et les autres Mouvements ecclésiaux.

Relations entre personnes de différentes Églises – L’œcuménisme est un défi vital pour un Mouvement qui rassemble des personnes de nombreuses Églises chrétiennes. On ressent le besoin de faire grandir le sens du « nous », en prêtant attention aux langages et aux gestes qui favorisent l’estime et la connaissance réciproques. L’Assemblée se demande quels choix en matière de formation, de culture et d’action peuvent renforcer la dimension œcuménique dans tous les domaines.

Paix et écologie intégrale – Préserver la terre et construire des communautés inclusives sont deux aspects indissociables. L’Assemblée travaille à mieux définir l’engagement du Mouvement, en traduisant ses valeurs en actions locales et globales : projets écologiques, parcours de formation à la paix et à la réconciliation des communautés et des peuples.

Transmission du Charisme – Comment présenter aujourd’hui notre Charisme de l’unité ? À qui et avec quels langages ? Dans un monde qui a beaucoup changé, il apparaît nécessaire de trouver de nouvelles narrations capables de toucher les générations d’aujourd’hui et de demain.

Dialogue et polarisation – Le dialogue est un choix fondamental dans un contexte marqué par des divisions culturelles, politiques et religieuses, y compris au sein du Mouvement. La réflexion porte sur la manière de promouvoir des parcours de formation adaptés et une culture accueillante qui comble les fractures.

Vivre l’unité aujourd’hui – Former la conscience, respecter la liberté personnelle et vivre la communion sont des thèmes très importants. Nous explorons comment améliorer les attitudes, les structures et les langages afin qu’ils soutiennent véritablement la dignité et la maturité vocationnelle de tous.

Communication, médias et intelligence artificielle – Les nouvelles technologies ouvrent des opportunités mais soulèvent également des questions. Les participants discutent des stratégies de communication, de l’utilisation consciente des médias, de l’implication des jeunes et des aspects éthiques liés au développement de l’intelligence artificielle.

La proximité qui unit : voix juives et musulmanes en dialogue

Chaque journée commence par une méditation ou une réflexion, guidée par des personnes issues de différentes Églises chrétiennes et des fidèles d’autres religions. Le 9 mars, avec le rabbin David Goodman de Jérusalem et le théologien musulman Adnane Mokrani, le thème « La proximité dans la tradition juive et dans la tradition islamique » a été approfondi: une lumière précieuse alors que le Moyen-Orient et de nombreux peuples vivent de graves souffrances.

La proximité physique ne suffit pas, a déclaré le rabbin Goodman. La véritable proximité naît lorsque nous accueillons les blessures de l’autre et que nous laissons l’autre entrer dans les nôtres. En connexion depuis Jérusalem, il a envoyé un puissant message d’espoir et de réconciliation : faire de l’Assemblée une expérience de proximité authentique.

Adnane Mokrani a souligné que Dieu est toujours proche de nous, avant même que nous l’invoquions : il nous cherche et nous accompagne même dans les dangers. La proximité, a-t-il dit, est ce qui nous rend pleinement humains, car elle nous ouvre à la solidarité et nous permet de partager la douleur de l’autre. Il a laissé l’image d’un triangle – Dieu, moi et le frère – dont le centre est l’amour.

« Prions pour qu’en cette période sombre, Dieu révèle une nouvelle étape pour l’humanité en marche. »

Le programme prévu pour les prochains jours

12-15 mars – Élection de la Présidente, du Coprésident et des Conseillers généraux ;

16-20 mars – Discussions et votes sur les propositions de modification des Statuts Généraux et des Règlements ;

21 mars – L’Assemblée Générale sera reçue en audience privée par le pape Léon XIV.

Stefania Tanesini
avec l’équipe Communication multimédias et les Services linguistiques

Foto: © CSC Audiovisivi

Urgence Moyen-Orient

Urgence Moyen-Orient

Les nouvelles qui nous parviennent du Moyen-Orient provoquent une consternation croissante chez les nombreuses personnes qui souhaitent sincèrement la paix et la sécurité pour tous, et pas seulement pour certains. Malheureusement, les appels lancés par des personnalités influentes pour que la diplomatie reprenne le dessus sur le conflit armé et les appels à la prière pour la paix semblent vains et naïfs.

Mais précisément en raison de la gravité des événements actuels, qui malheureusement s’ajoutent aux autres crises militaires et humanitaires et les amplifient, une réponse courageuse et prophétique est nécessaire de la part de chaque personne, de chaque citoyen qui a à cœur le bien commun, et la paix comme premier de ces biens.

Le Mouvement des Focolari, qui compte des communautés vivant dans de nombreuses zones touchées par les conflits, renouvelle également son engagement à plusieurs niveaux : de l’aide d’urgence aux populations les plus fragiles, contraintes de vivre dans l’incertitude et la peur et privées de toute forme de subsistance, aux actions de citoyenneté active auprès des institutions et dans la société civile.

Ainsi, la Coordination Urgences du Mouvement des Focolari renouvelle son appel à la solidarité pour aider les milliers de familles en fuite : beaucoup ont perdu leur maison, d’autres cherchent refuge dans des structures qui ouvrent leurs portes malgré des ressources de plus en plus limitées. Dans ce scénario en constante évolution, nous voulons rester aux côtés de ceux qui souffrent, prêts à soutenir les initiatives locales d’accueil et d’aide concrète.

Chaque contribution permettra d’apporter un soulagement immédiat et d’imaginer, ensemble, des chemins d’espoir et de reconstruction.

Nous invitons chacune et chacun à se joindre à cet engagement : la paix se construit aussi en choisissant de ne pas détourner le regard.

Vous pouvez faire un don en ligne :

Ou également par virement sur les comptes courants suivants :

Azione per un Mondo Unito ETS (AMU) IBAN: IT 58 S 05018 03200 000011204344 auprès de Banca Popolare Etica – Code SWIFT/BIC: ETICIT22XXX

Azione per Famiglie Nuove ETS | Banca Etica – filiale 1 di Roma – Agenzia n. 0 | Codice IBAN: IT 92 J 05018 03200 000016978561 | BIC/SWIFT: ETICIT22XXX

Motif : Urgence Moyen-Orient

Ces dons donnent droit à des avantages fiscaux dans de nombreux pays de l’Union Européenne et dans d’autres pays du monde, selon les différentes réglementations locales. .

Photo gracieusement fournie par le Patriarcat latin de Jérusalem

Évangile vécu : « Levez-vous et n’ayez pas peur » (Mt 17,7)

Évangile vécu : « Levez-vous et n’ayez pas peur » (Mt 17,7)

Comme un grain de blé mûr

Près de trois ans après son arrivée, les examens avaient révélé chez Elio une tumeur avec des métastases diffuses. Inutile d’opérer. Une question m’est venue spontanément à l’esprit : pourquoi cela lui est-il arrivé à lui, une personne en pleine maturité humaine et spirituelle, qui pouvait encore apporter beaucoup à notre communauté, où sa présence sage et calme avait déjà redressé une situation regrettable ? C’était un cri douloureux, presque de révolte. Puis, en discutant avec mes confrères, nous avons passé en revue quelques exemples tirés de la Bible, d’Abraham à Job, sans trouver de réponse immédiate. Certains événements ne peuvent s’expliquer sans la foi. À cette époque, j’ai lu un texte éclairant de saint Léon le Grand : « L’Église est le champ du Seigneur qui se couvre d’une moisson toujours plus riche, car les grains qui tombent un à un renaissent multipliés ». Voilà ! Ce n’est qu’avec cette perspective que j’ai pu accepter le départ vers le Ciel d’un ami très cher. Il tombait comme un grain de blé gros et mûr. Je devais croire qu’il en naîtrait un beau épi bien rempli.

(G.-Belgique)


De petits miracles qui font toute la différence

Je suis née au Brésil, mais j’ai ensuite vécu pendant neuf ans dans un autre pays d’Amérique latine où l’inflation atteignait mille pour cent et où la pauvreté généralisée favorisait la criminalité. Un jour, une amie est venue me voir en pleurant parce qu’elle venait d’être volée de son seul salaire qui lui permettait de subvenir aux besoins de sa famille, son mari étant au chômage et ayant quatre enfants. Que pouvais-je faire ? J’ai seulement essayé de la consoler, en lui conseillant de pardonner et de prier pour que le voleur se convertisse. Mais elle a réagi en répondant qu’elle ne le ferait jamais. « Dans ce cas, lui ai-je répondu, je prierai pour lui ». Quelques jours plus tard, cette même amie est revenue me voir, mais cette fois-ci avec un visage et un état d’esprit complètement différents : heureuse, elle m’a raconté que le voleur devait vraiment se repentir, car il avait laissé le sac qu’il avait volé dans un magasin où elle était connue. Et, chose surprenante, le salaire était toujours à l’intérieur, il ne manquait rien.

(T.G.S.C. – Brésil)

En fauteuil roulant

Depuis longtemps, à cause d’une arthrite rhumatoïde, je vis en fauteuil roulant. Entre les hospitalisations et les opérations, j’ai passé trois ans de ma vie à l’hôpital. Souvent, à cause de douleurs atroces, je me retrouve complètement immobile, incapable même de me coiffer ou de saisir un verre. Il y a tant de choses auxquelles je tenais et que j’ai dû abandonner. Pourtant, je suis de nature enjouée et je réagis souvent à la maladie avec un certain humour. Peu à peu, comprendre la « sagesse de la croix » m’a aidée à accueillir la douleur comme la forme la plus sublime de l’amour et à offrir ma goutte d’eau en particulier pour les personnes les plus éprouvées, pour l’Église, pour l’unité demandée par Jésus. Maintenant, je ne demande plus à Dieu « Pourquoi ? », mais seulement : « Aide-moi, Seigneur ». J’essaie de ne pas faire peser mes problèmes physiques sur les autres, et il semble que j’y parvienne assez bien, à tel point qu’ils me trouvent plutôt joyeuse. Tout concourt au bien si nous sommes ouverts à l’amour de Dieu. En effet, dans la famille, chacun a senti qu’il devait faire un effort supplémentaire. Les enfants eux-mêmes ont mûri rapidement, devenant plus responsables.

 (Branka – Croatie)

Propos recueillis par Maria Grazia Berretta
(extrait de Il Vangelo del Giorno[L’Évangile du jour], Città Nuova, année XII – n°1 mars-avril 2026)

Photo:  ©Pexels Shvets-Production

Mise au courant n° 3 – Assemblée Générale 2026

Mise au courant n° 3 – Assemblée Générale 2026

Du 2 au 4 mars, l’Assemblée Générale des Focolari a vécu une retraite spirituelle. Des journées consacrées à l’écoute de l’Esprit Saint, au silence personnel, à la prière pour la paix, mais aussi à l’immersion dans certaines des problématiques mondiales auxquelles nous sommes confrontés, présentées par des personnalités de différentes cultures.

Andrea Riccardi, historien italien, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, voit dans la situation mondiale actuelle, pour les Mouvements, un véritable appel à la fraternité. Un appel que souvent nous n’entendons pas, peut-être parce que nous sommes enfermés dans nos propres problèmes. Ce n’est qu’en « sortant », en contact avec la réalité, que nous accomplirons notre mission. Et Vinu Aram, médecin, directrice du Centre international Shanti Ashram en Inde, a souligné que pour construire la paix, une formation spirituelle profonde est également nécessaire.

Les blessures que vivent des millions de femmes et d’hommes – pauvreté, injustice, migrations – ont été le point de départ du père Vilson Groh, prêtre brésilien engagé dans les banlieues de Florianópolis (Brésil), et d’Emilce Cuda, théologienne et professeure argentine, secrétaire de la Commission pontificale pour l’Amérique latine. Ils ont mis en lumière les énormes inégalités présentes sur la planète et ont parlé de la manière dont le travail pour les plus démunis est un aspect incontournable de notre vie, un visage privilégié de Jésus Abandonné à rechercher et à rencontrer.

La valeur inestimable de chaque relation comme source d’épanouissement et de liberté a été le point central de l’intervention de Chiara Giaccardi, Italienne, sociologue des processus culturels et communicatifs. Il ne s’agit donc pas seulement de rechercher et de promouvoir l’épanouissement personnel, mais plutôt la co-réalisation, la possibilité de créer ensemble quelque chose de nouveau, un espace génératif.

Mais des mots tels que relation et liberté ont-ils encore un sens à l’ère de l’intelligence artificielle, des systèmes de plus en plus manipulateurs ? Paolo Ruffini, journaliste italien, préfet du Dicastère pour la communication du Saint-Siège, et Fadi Chehadé, l’un des plus grands experts mondiaux en informatique, ont parlé des grandes opportunités et des énormes responsabilités que nous avons dans tous les domaines de la communication, surtout maintenant que l’Intelligence Artificielle envahit et imprègne notre vie. Il ne s’agit pas ici d’inviter à ne pas utiliser les technologies, mais au contraire de soutenir leur utilisation éthique et de revenir aux relations humaines, avec courage, « en faisant – comme l’a rappelé Fadi Chehadé en citant un enseignement de son père – de nos maisons, de nos communautés, non pas des forteresses, mais des oasis ».

La journée du 5 mars a été entièrement consacrée au Rapport quinquennal 2021-2026 présenté en salle par la Présidente Margaret Karram, accompagné de quelques réflexions du Coprésident Jesús Morán, dont le contenu a fait l’objet d’un dialogue et d’une discussion tant au sein des groupes qu’en séance plénière.

Stefania Tanesini
Avec l’équipe Communication Multimédias et les Services linguistiques

Phhoto: © CSC Audiovisivi

Une action collective menée dans l’unité

Une action collective menée dans l’unité

Je suis bénévole du Mouvement des Focolari et, l’été dernier, lors d’une excursion en montagne avec Anna et Toni, des amis de notre groupe Familles Nouvelles, il est ressorti que, pendant de nombreuses années, j’avais travaillé dans la compagnie aérienne nationale italienne comme steward de vol. Ils m’ont aussitôt demandé si je connaissais un de leurs voisins qui avait travaillé dans la même entreprise. En entendant son nom, je me suis immédiatement souvenu de lui, bien que trente ans se soient écoulés.
J’ai appris par eux que sa situation était très triste. Abandonné par sa famille, atteint de graves maladies, il vivait seul dans une grande maison délabrée qui avait urgemment besoin de réparations. Après notre rencontre, je me suis rendu compte qu’il était nécessaire de lui donner un coup de main.

Ainsi, avec Toni et Anna, avec mon épouse Rita et d’autres encore, nous avons élaboré un plan d’action. Nous avons commencé par réparer une porte-fenêtre dont les vitres étaient cassées, grâce à l’aide d’un ami menuisier. Ensuite, nous avons installé une nouvelle porte donnant sur la cave et réparé la porte de la salle de bain qui avait été rongée par le chien. Par la suite, nous avons réparé une porte coulissante par laquelle la pluie s’infiltrait, ainsi que la terrasse d’où l’eau pénétrait à l’intérieur de la maison.
Nous avons fait appel à une femme de ménage, remis en état l’installation électrique avec l’aide d’un de nos bénévoles électricien, qui a également réparé le système de chauffage avec l’aide de Toni. Mon épouse a apporté une touche délicate en décorant la cour avec des pots de cyclamens.
Bref, aujourd’hui, Cesare — c’est son nom — vit dans des conditions plus humaines et se sent heureux parce qu’il est entouré de personnes qui l’aiment. Pendant la période des fêtes de Noël, il a été hospitalisé, et nos visites ne lui ont pas manqué.

Cela donne de la joie de savoir qu’à travers ces gestes, il a recommencé à avoir confiance dans le genre humain.

Propos recueillis par Carlos Mana

Photo © Pexels-Ksenia Chernaya

Mise au courant n° 2 – Assemblée Générale 2026

Mise au courant n° 2 – Assemblée Générale 2026

Silence, prière, réflexion… Ce 2 mars a commencé la retraite spirituelle de l’Assemblée Générale des Focolari, qui se termine le 4. Des moments « en tête-à-tête » avec Dieu et des moments de communion s’alternent au cours de ces journées, où les nouvelles qui nous parviennent – surtout des nombreux fronts de guerre – sont de plus en plus dramatiques. Et ici, où le monde entier est représenté, les nouvelles ne sont pas « lointaines », elles rendent présents les personnes, les lieux, les communautés, les peuples qui souffrent.

C’est pourquoi nous lançons ici un appel à tous les membres du Mouvement dans le monde à prier – par les initiatives personnelles et collectives les plus variées – afin d’implorer le Ciel pour le don de la paix.

Le 5 mars sera consacré au Rapport de la Présidente sur le mandat 2021-2026, tandis que du 6 au 11 mars, des sessions de travail seront organisées sur les thématiques choisies. Le travail se fera en groupes, selon la méthode de dialogue et de discernement appelée « Conversation dans l’Esprit ». Des sessions plénières et des votes sur les résultats des échanges sont également prévus.

Du 12 au 15 mars se tiendront les élections du nouveau gouvernement central : Présidente, Coprésident et conseillers/ères. Du 16 au 20 mars, le programme prévoit des discussions et des votes sur les propositions de modification des Statuts Généraux et des Règlements. L’Assemblée se terminera le 21 mars à Rome, où tous ceux qui participent à l’Assemblée seront reçus en audience par le pape Léon XIV.

À l’issue des différentes étapes de l’Assemblée, nous vous ferons parvenir de brèves mises au courant. La prochaine est prévue le 5 mars, à l’issue des journées de retraite.

Stefania Tanesini
Avec l’équipe Communication Multimédias et les Services linguistiques

Photo: Time Out pour la paix pendant l’Assemblée © Javier García-CSC Audiovisivi

Mise au courant n° 1 – Assemblée Générale 2026

Mise au courant n° 1 – Assemblée Générale 2026

« Je déclare officiellement ouverte l’Assemblée Générale ordinaire de l’Œuvre de Marie, convoquée conformément aux normes des Statuts Généraux. » C’est par ces mots que Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, a ouvert les travaux aujourd’hui, 1er mars 2026. L’Assemblée compte 320 participants. Sont présents les représentants de 8 Églises chrétiennes, de différentes religions et cultures. Certains n’ont malheureusement pas encore pu arriver en raison de l’aggravation du conflit au Moyen-Orient et du blocage aérien qui en résulte. C’est vers cette région du monde que se sont immédiatement tournées les pensées et les prières de toute l’Assemblée.

« Après une longue préparation, a poursuivi la Présidente dans son discours d’ouverture, il me semble voir non seulement vous, ici présents, mais toutes nos communautés à travers le monde : des gen4 aux évêques, aux adhérents, aux jeunes et à tous ceux qui, en ce moment, offrent leurs souffrances pour les raisons les plus diverses. »

« Je suis arrivée ici ce matin, a-t-elle ensuite confié, avec une immense joie dans le cœur et, en même temps, je ressens dans mon âme une certaine appréhension face aux moments sacrés et importants que nous sommes sur le point de vivre. Ces journées seront certainement intenses, mais, par-dessus tout, mon souhait le plus profond est que ce temps devienne pour nous tous une forte expérience de Dieu. »

La méditation, guidée par Sergio Rondinara, membre de l’École Abbà, s’est concentrée sur la manière de lire et d’interpréter le « Préambule à toute règle » à la lumière de l’expérience de Chiara Lubich. Il s’agit du préambule qui précède et introduit les Statuts Généraux et qui inspire également les différentes règles qu’ils contiennent. Ces mots sont le préambule et la norme des travaux de l’Assemblée : « La charité mutuelle et constante, qui rend possible l’unité et apporte la présence de Jésus dans la collectivité, fonde dans tous ses aspects la vie des personnes qui font partie de l’Œuvre de Marie. Norme des normes, elle est le préambule de toute règle. »

Tout au long de cette journée, étaient prévues les formalités nécessaires au déroulement de l’Assemblée. Cela a commencé par la nomination de deux modérateurs, choisis parmi les participants, et de la Commission électorale, chargée de veiller au bon déroulement de toutes les étapes de l’élection. Cela s’est poursuivi par l’approbation du Règlement et du programme de l’Assemblée.

Stefania Tanesini

Photo: © Javier García-CSC Audiovisivi

Se relever encore une fois, sans crainte

Se relever encore une fois, sans crainte

«Seul celui qui tombe peut se relever », dit un proverbe. Les enfants dans les premières phases de leur développement en sont un exemple qui inspire à la fois tendresse et courage. Quelle force de volonté dans leurs premiers pas hésitants, dans leur détermination à se relever chaque fois, jusqu’à ce qu’ils prennent de l’assurance et commencent à faire des mouvements de plus en plus sûrs… Le chemin de la vie !

Au fur et à mesure que l’on grandit, entre défis et difficultés, il devient de plus en plus difficile de se relever à chaque fois. Les épreuves de la vie nous accablent, la peur de perdre nos sécurités (lorsque nous rencontrons des personnes différentes ou qui ne pensent pas comme nous)nous freine. La force de volonté et le désir sincère d’être cohérent avec ses valeurs et ses choix ne suffisent pas toujours. Dans ces moments difficiles, pouvoir compter sur une main amie peut nous donner l’élan nécessaire pour recommencer sans crainte et faire naître au plus profond de notre conscience un silence authentique qui nous permette de nous « reconstruire » intérieurement.

Chiara Lubich dit : « Qui ne traverse pas d’épreuves ? Elles prennent les formes de l’échec, de la pauvreté, de la dépression, du doute, de la tentation […] La société matérialiste et individualiste qui nous entoure, avec ses guerres, ses violences, ses injustices,fait également peur… ». Chiara l’a montré par sa vie : précisément dans ces moments d’obscurité et de fatigue, le plus important c’est de trouver la force de recommencer, d’abord en nous-mêmes, confiants que « nous pouvons encore tout espérer ».[1]

C’est ce qui est arrivé à Emilia de Terre Sainte. Elle travaille comme responsable d’un service du gouvernement aux côtés de juifs, de chrétiens, de musulmans et de druzes. Après le 7 octobre 2023, elle comprend que l’amour est la seule réponse possible à cette grande souffrance et elle s’engage à aimer tous ceux qui l’entourent, surtout en les écoutant afin de pouvoir accueillir l’autre dans son cœur. Écouter avec amour et humilité et comprendre ce que l’autre a à dire : qu’il soit arabe ou juif. Ainsi, avec une grande partie de ses collègues, ils sont parvenus à être si ouverts les uns envers les autres qu’ils pouvaient parler librement de la situation, ce qui a donné le courage à d’autres collègues d’exprimer leurs peurs et leurs souffrances, tout en maintenant l’unité du groupe et en restant dans la paix[2].

Il existe de nombreuses histoires de communautés blessées qui ne baissent pas les bras, qui trouvent jour après jour, en vivant la réciprocité du partage, la force de croire que la haine ne peut avoir le dernier mot.

Même si nous ne verrons pas les fruits de notre engagement, chaque fois que nous nous relèverons, nous contribuerons à former des « hommes nouveaux » car, comme le disait Bonhoeffer depuis sa prison peu avant sa mort:« Pour celui qui est responsable, la question ultime n’est pas de savoir comment je m’en sors héroïquement dans cette affaire, mais: quelle pourra être la vie de la génération à venir ».

Foto © Pexels-Allan Mas


[1] “Ricominciare” Chanson du Gen Rosso

[2] Expérience racontée lors de la rencontre interreligieuse « One Human Family » en juin 2024 à Castelgandolfo, en Italie.

« Relevez-vous ! soyez sans crainte ! » (Matthieu 17,7)

« Relevez-vous ! soyez sans crainte ! » (Matthieu 17,7)

Après avoir gravi une haute montagne avec Jésus, Pierre, Jacques et Jean voient la gloire du Maître et entendent la voix du Père qui le reconnaît comme son Fils.

Une expérience extraordinaire, face à face avec Dieu, qui permet à sa créature de le connaître dans toute sa splendeur. Effrayés, ils tombent à terre, mais Jésus les touche et leur dit :

« Relevez-vous ! soyez sans crainte ! »

Le verbe « se lever » est celui que l’Évangile utilise souvent pour exprimer la Résurrection, tout comme « ne craignez pas » sont les premiers mots que le Ressuscité, après les avoir saluées, adresse aux femmes près du tombeau vide[1]. Les paroles de Jésus, fortes et claires, sont donc une invitation décisive à une vie nouvelle, rendue possible aux disciples par le toucher de sa main.

Nous aussi, nous sommes parfois freinés par nos peurs, accablés par les épreuves de la vie, par des situations sans issue. Nous ne pouvons pas compter uniquement sur nos forces pour retrouver l’élan du témoignage mais plutôt sur la grâce de Dieu qui nous précède toujours.

« Qui ne traverse pas d’épreuves ? Elles prennent la forme de l’échec, de la pauvreté, de la dépression, du doute, de la tentation […] La société matérialiste et individualiste qui nous entoure, avec ses guerres, ses violences, ses injustices, fait également peur… Face à ces situations, le doute peut s’insinuer : où est passé l’amour de Dieu ? […] Jésus est vraiment entré dans chaque douleur, il a pris sur lui toutes nos épreuves […] Il est l’Amour et c’est l’amour qui chasse toute crainte. Chaque fois qu’une peur nous assaille, que nous sommes étouffés par une douleur, nous pouvons reconnaître la réalité véritable qui s’y cache : c’est Jésus qui se rend présent […] laissons-le entrer dans notre vie. Et puis continuons à vivre ce que Dieu attend de nous, en nous lançant dans l’amour du prochain. Nous découvrirons que Jésus est toujours Amour. Nous pourrons ainsi lui dire, comme les disciples : « Tu es vraiment le Fils de Dieu » (Mt 14,33) [2].

« Relevez-vous ! soyez sans crainte ! »

Ceux qui ont fait l’expérience de rencontrer Dieu dans leur vie ont été fascinés par sa présence, touchés et guéris par sa Parole. Souvent, le témoignage d’une communauté chrétienne accompagne cette aventure divine et donne le courage de se lever, de sortir de soi-même, pour reprendre le chemin avec Jésus et avec les frères.

Voici le témoignage d’une jeune Syrienne : « À la fin de l’année dernière, mon pays a traversé une période très difficile, ma ville a été frappée par une vague de chaos et de peur. J’étais profondément inquiète pour ma famille, mes amis et moimême. Au milieu de tant d’incertitudes, j’essayais de rester ferme dans l’espérance en Dieu, en essayant de rester forte malgré tout. Avant ces événements, avec les jeunes avec lesquels je m’engage à vivre l’Évangile, nous avions prévu plusieurs projets de soutien aux familles dans le besoin à travers des colis alimentaires et d’autres initiatives.

Mais la situation nous a contraints à suspendre temporairement toutes nos activités. Après quelques jours, nous avons réussi à nous réunir. Lors de cette rencontre, nous avons trouvé force et courage réciproquement. Nous avons décidé de ne pas nous laisser submerger par la peur, mais de mettre notre confiance en Jésus et de poursuivre le chemin que nous avions commencé. Grâce à notre foi commune, nous avons réussi à aider plus de 40 familles qui avaient vraiment besoin de soutien. Au milieu de ces difficultés, nous avons senti que, grâce à l’amour de Dieu et à notre unité, nous pouvions vraiment faire la différence ».

« Relevez-vous ! soyez sans crainte ! »

Après être montés avec Jésus sur la montagne pour rencontrer Dieu et écouter sa voix, nous pouvons aussi descendre avec lui, pour « […] retourner dans la plaine, où nous rencontrons tant de frères accablés par la fatigue, la maladie, l’injustice, l’ignorance, la pauvreté matérielle et spirituelle » [3].

En tant que communauté chrétienne, nous pouvons également souffrir et nous sentir perdus, mais cette Parole nous pousse à nous mettre en mouvement ensemble, afin d’apporter à tous « les fruits de l’expérience que nous avons faite avec Dieu, en partageant la grâce reçue » [4].

D’après Letizia Magri et l’équipe de la Parole de vie


[1] Mt 28, 10; cf, 28, 5.

[2] C. Lubich, Parole de Vie Août 2002

[3] Cfr. Pape François, Angelus 16 mars 2014.

[4] Ibidem.

Photo © Willian_2000-Pixabay

Début de l’assemblée générale des focolari

Début de l’assemblée générale des focolari

Selon l’article 1 du Règlement de l’Assemblée Générale du Mouvement des Focolari, les participants sont appelés à vivre ce rendez-vous dans une profonde communion, afin de renforcer l’unité dans tout le Mouvement et de l’orienter vers la réalisation de ses objectifs. L’Assemblée est en effet l’un des moments les plus importants pour les Focolari et se tient tous les cinq ans, comme le prévoit le décret du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie (2021).

Elle se tiendra au Centre Mariapolis de Castel Gandolfo (Rome, Italie), où sont en train d’arriver les 320 participants – dont une cinquantaine d’observateurs – provenant de différents pays, cultures et contextes ecclésiaux et religieux, unis par leur adhésion à l’esprit et aux valeurs du Mouvement fondé par Chiara Lubich (1920-2008) et reconnu par l’Église catholique comme Association privée universelle de droit pontifical.

L’Assemblée s’ouvrira par trois jours de retraite spirituelle. Le 5 mars, l’actuelle Présidente, Margaret Karram, présentera son rapport de fin de mandat, accompagné de quelques réflexions du Coprésident Jesús Morán. Les jours suivants, des sessions plénières et des travaux en 30 groupes se succéderont, consacrés à l’approfondissement des thématiques proposées par les communautés des Focolari du monde entier.

Les thèmes qui orienteront les travaux seront centrés sur la question de savoir comment mettre en œuvre le charisme, c’est-à-dire créer des relations de fraternité et d’unité, dans le contexte mondial actuel. Ils porteront sur l’engagement pour la paix et la justice sociale, le dialogue dans un monde polarisé, l’utilisation responsable des technologies, le dialogue comme outil privilégié entre les Églises chrétiennes et avec les personnes de différentes religions et convictions, l’écologie intégrale et une gouvernance participative. Une autre thématique abordée sera la transmission du charisme des Focolari aux futures générations du Mouvement. Sont également prévues des sessions de discussion sur diverses propositions de modifications des Statuts Généraux et des Règlements des différentes branches du Mouvement.

La journée du 12 mars sera consacrée à l’élection de la Présidente et du Coprésident, qui, selon les Statuts Généraux des Focolari, doit être confirmée par le Saint-Siège. Ensuite, le 15 mars, l’Assemblée procédera à l’élection des Conseillers généraux, complétant ainsi la formation du nouveau gouvernement du Mouvement.

En préparation à cette Assemblée, les communautés des Focolari dans 150 pays ont participé à un vaste processus d’écoute et de discernement synodal, proposant des idées et des priorités pour l’avenir. Il en est ressorti des centaines de contributions sur des thèmes clés et sur les défis auxquels le Mouvement est confronté en son sein et dans le contexte mondial. Les communautés territoriales ont également exprimé leurs préférences pour les candidatures à la direction du Mouvement.

Stefania Tanesini
Photo Centre Mariapolis de Castel Gandolfo: © CSC Audiovisivi

Un petit miracle en 27 heures

Un petit miracle en 27 heures

Jeudi 5 février, 22h00

Christine Schneider-Heinz et Michael Heinz, d’Eggenburg, en Basse-Autriche, lisent sur leur téléphone portable un bref message de la communauté des Focolari à Kiev : il y a un besoin urgent de vêtements d’hiver pour les personnes en Ukraine. Depuis longtemps, le couple s’engage en faveur des réfugiés provenant de différents pays, organise des hébergements dans leur ville et aide à leur première prise en charge. Immédiatement, les premières idées surgissent sur les personnes à impliquer.

Vendredi 6 février – avant même le café du matin

Les premiers messages et les premières demandes partent, la première à une amie qui travaille dans l’usine de chaussures voisine et qui a déjà organisé plusieurs fois l’expédition de chaussures à titre gracieux. À 10 heures, la confirmation arrive pour 100 paires de chaussures d’hiver, transport assuré jusqu’à Eggenburg.

Vendredi 6 février – 11h30

Un message est publié sur WhatsApp et une invitation est envoyée à tous les amis des environs : livrer des vêtements chauds et des chaussures pour les personnes en Ukraine le soir, entre 18h00 et 20h00, au presbytère de la paroisse catholique.

Vendredi 6 février – 18h00

Christine Schneider-Heinz et Michael Heinz ont déjà fait le tri dans leurs armoires et se rendent au presbytère avec les premiers sacs, munis d’étiquettes en anglais et en ukrainien afin de pouvoir emballer et étiqueter tout ce qui arrivera.

Ce qui les attend est incroyable : ils assistent à un spectacle bouleversant de solidarité et de disponibilité. La maire avait partagé l’appel sur l’application municipale, la paroisse via l’application paroissiale, beaucoup avaient diffusé le message dans leur propre secteur administratif et dans divers groupes.

Les gens arrivent avec des vestes individuelles, des boîtes, des sacs et des cartons pleins. Certains apportent des affaires, d’autres les reçoivent, les trient, les emballent et les étiquettent. Des jeunes de Kharkiv et d’Afghanistan, des femmes de Kiev et d’Eggenburg travaillent côte à côte.

Certaines familles reviennent directement de leur semaine de vacances à la neige et apportent spontanément leur équipement de ski et leurs vêtements thermiques. Un homme enlève sa précieuse doudoune, la laisse là et rentre chez lui en chemise. Beaucoup ne se connaissent pas du tout, mais restent pour aider et sont tous heureux de pouvoir apporter leur contribution. À 22h30, deux minibus sont déjà chargés.

Samedi 7 février, tôt le matin

Les deux premiers minibus partent pour Vienne, où le matériel est déchargé au point de livraison. Pendant ce temps, dans le presbytère d’Eggenburg, on continue à trier, étiqueter et emballer. À 14 heures, le troisième minibus part pour Vienne.

Les dons affluent de partout et des personnes très différentes y participent : le maire actuel et deux anciens maires, l’assistant pastoral et un professeur d’allemand, un pizzaiolo afghan et d’autres commerçants, des parents avec leurs enfants et des retraités.

On perçoit une grande cordialité chez tous : des gens qui s’embrassent, mais aussi des gens qui déposent timidement leurs sacs à la porte et s’en vont précipitamment.

Quelqu’un écrit :
« Oh mon Dieu, une telle chose donne l’espoir que l’humanité puisse encore redresser la barre. On sent la volonté d’aider après toutes les nouvelles de Kiev bombardée et gelée. Puis quelqu’un commence à aider et soudain, un petit miracle se produit ».

Samedi 7 février, 15h00.

Plus d’une tonne a été triée, emballée, étiquetée, chargée et livrée au point de collecte pour l’Ukraine. 27 heures se sont écoulées depuis l’appel. L’entrée du presbytère est vide et en ordre. Était-ce un rêve ? Non. Mais peut-être Eggenburg a-t-il vécu un petit miracle.

Par Christine Schneider-Heinz
https://fokolar-bewegung.at/nachrichten/die-magie-des-augenblicks

Photo: © Sepp Schachinger, Michael Heinz

Chiara Lubich : « Dieu a besoin de nous »

Chiara Lubich : « Dieu a besoin de nous »

« Voici, je fais toutes choses nouvelles. »

(…) Il ne s’agit pas d’un rêve, d’une utopie, d’un désir pathétique, mais d’une certitude, attestée de façon répétée par Dieu dans la Bible. Ce sera la réponse de Dieu aux fatigues de ses fils qui auront travaillé pour son Royaume. Ce sera le couronnement de la fidélité avec laquelle les disciples auront vécu sa Parole. Ce sera le déploiement total de la puissance de l’Esprit Saint, que Jésus a introduit dans l’histoire, par sa mort et sa résurrection.

Depuis que Jésus est venu sur la terre, ce renouvellement est déjà commencé, il est déjà en action, même si cela se fait au milieu de nombreuses difficultés. Dès maintenant, tous ceux qui le laissent vivre en eux — et Jésus vit en nous si nous mettons en pratique sa Parole — expérimentent le miracle de sa grâce, qui fait toutes choses nouvelles il transforme les souffrances en paix et en sérénité intérieure, il triomphe de la faiblesse, de la haine, de l’égoïsme, de l’orgueil, de l’avarice et de tout mal. Il nous fait passer de l’esclavage des passions et de la peur à la joyeuse liberté des fils de Dieu. Et il ne se limite pas à transformer l’individu car, à travers lui, il transforme toute la société.

(…)

Dieu veut renouveler toutes les choses : notre vie personnelle, l’amitié, l’amour conjugal, la famille ; il veut renouveler la vie sociale, le monde du travail, de l’école, de la culture, des loisirs, de la santé, de l’économie, de la politique…, en un mot tous les secteurs de l’activité humaine.

Mais pour cela, il a besoin de nous. Il a besoin de personnes qui laissent vivre en elles-mêmes sa Parole, qui soient sa Parole, vivante, d’autres Jésus dans leur milieu de vie. Puisque la Parole qui résume tout, la plénitude de la loi, c’est la charité, cherchons à la mettre en pratique, en aimant nos frères vraiment comme nousmêmes, sans diluer la Parole de Dieu, sans la réduire.

Nous ferons l’expérience d’un renouvellement continuel, en nous d’abord. Puis nous le constaterons rapidement de façon évidente autour de nous.

Chiara Lubich
Photo: © Kaike Rocha by Pexels

La maladie vécue en communion

La maladie vécue en communion

J’ai 62 ans, je suis irlandais et je vis à Taïwan depuis de nombreuses années. Je souffre depuis longtemps de fibrose pulmonaire, c’est pourquoi, lorsque j’ai commencé à me sentir plus fatigué, j’ai pensé que c’était simplement une aggravation. Je suis allé chez le médecin presque avec insouciance. Mais surpris, je me suis entendu dire, de manière directe et sans préparation : cancer de stade IV, déjà étendu à l’autre poumon et peut-être ailleurs.

Ma première réaction a été d’appeler ma femme. Elle et ma fille, qui vit avec nous à Taïwan, étaient silencieuses au téléphone. Mon autre fille est en Irlande. À ce moment-là, je n’ai pas eu peur pour moi : j’ai immédiatement pensé à elles, au poids que cette nouvelle allait faire peser sur leurs épaules. Et en même temps j’ai éprouvé un profond regret pour toutes les fois où je n’ai pas assez aimé, pour les blessures laissées en chemin. Il me semblait trop tard pour réparer.

Un jour, un prêtre est venu célébrer la messe chez nous. Je connais le mouvement des Focolari depuis l’âge de onze ans, et j’ai toujours vécu l’offrande de moi-même à Dieu pendant la consécration. Mais ce jour-là, j’ai compris quelque chose de nouveau : je pouvais mettre dans le calice, avec moi, toutes les personnes que j’avais blessées. Les confier à Jésus pour qu’il guérisse ce que je ne pouvais plus réparer. Ce fut un immense soulagement. Depuis lors, une grande sérénité m’accompagne.

Il y a huit ans, ma femme a eu un cancer du sein. Nous avons déjà traversé l’obscurité. À l’époque, comme aujourd’hui, nous avons choisi de faire confiance à l’amour du Père. Quand je prie le Notre Père et que je dis « que ta volonté soit faite », je sens qu’au ciel il y a déjà une place pour ma vie. L’avenir ne m’appartient pas : il est entre les mains de Dieu. Il ne m’appartient que de dire oui.

Je repense souvent à Loppiano (Italie) où, jeune homme, j’ai ressenti un appel très fort à suivre Jésus. Avec le temps, j’ai compris que c’était une invitation à le reconnaître surtout dans la douleur, dans ce visage que le charisme appelle « Jésus Abandonné ». Même lorsque ma femme était malade, devant la croix, j’ai compris qu’il ne suffit pas de rester en bas à regarder : il faut monter avec Lui, entrer dans son abandon et se laisser porter vers le Père. C’est là que se trouve la maison.

Avant le diagnostic, j’avais une vie très remplie : j’enseignais à l’université, j’accompagnais des étudiants et des jeune, et aussi des familles, je participais à la vie du Mouvement. Maintenant, tout s’est rétréci. Je suis en congé, je sors peu pour éviter les infections. Mais il se passe quelque chose d’étonnant : les gens me recherchent. Ils m’écrivent de tous les continents, ils prient pour moi. Les jeunes de Taïwan ont créé un groupe pour prier ensemble chaque semaine. Je pensais avoir peu semé ; maintenant, je vois que l’amour me revient multiplié.

Quand je parle ouvertement de ma maladie, beaucoup trouvent le courage d’ouvrir leurs propres blessures. Ma faiblesse devient un espace de communion. C’est comme si, élevé sur la croix, le Christ attirait les cœurs à lui. Cette maladie, qui est humainement une condamnation, se révèle être une occasion d’accueillir.

Il y a des douleurs que l’on peut partager avec tout le monde, et d’autres que l’on ne peut confier qu’à Dieu, dans un dialogue profond avec Lui. Je sais qu’il y aura des moments où je n’aurai même pas la force d’offrir ma douleur. C’est pourquoi je me prépare ainsi : en répétant mon oui. « Non pas ma volonté, mais la tienne » (Lc 22, 42). Je sais que je ne suis pas capable d’affronter seul ce qui va arriver. Mais je sais aussi que je ne serai pas seul.

J’ai compris ces derniers mois que l’amour n’est pas la propriété de ceux qui connaissent Jésus ou se disent chrétiens. À l’hôpital, les médecins et les infirmiers qui me soignent ne partagent pas ma foi, mais ils m’aiment avec une délicatesse et une attention qui m’émeuvent. J’ai vu dans leurs gestes quotidiens – un coup de téléphone supplémentaire, une explication patiente, une présence discrète – que l’amour est plus grand que les étiquettes. Quand je regarde la douleur avec les yeux de l’amour, elle ne reste pas enfermée dans la peur : elle se transforme, devient un espace d’espoir, quelque chose de mystérieusement positif. C’est comme si chaque soin, même accompli sans le savoir, était déjà un chemin vers Dieu, car l’amour, où qu’il se trouve, conduit toujours à Lui.

Et dans cette immense communion – faite de famille, d’amis, d’étudiants, de jeunes, de médecins qui aiment sans peut-être savoir vraiment pourquoi – je fais l’expérience que tout est déjà contenu dans un dessein bienveillant. Je ne dois ni le contrôler ni le comprendre pleinement : je peux seulement l’habiter, jour après jour, avec gratitude.

Propos recueillis par Carlos Mana

Photo © Engin Akyurt-Pexels

Rapport 2025 : De la norme à la culture

Rapport 2025 : De la norme à la culture

En 2025, le Mouvement des Focolari a pris de nouvelles mesures pour rendre structurel et vérifiable son engagement en matière de protection de la personne, en accordant une attention particulière aux mineurs et aux adultes en situation de vulnérabilité. Trois directions ont été retenues:

  • consolidation des réglementations ;
  • renforcement organisationnel ;
  • croissance formative et culturelle.

Sur le plan normatif, le Mouvement a rédigé et approuvé la Politique de protection de la personne au sein du Mouvement des Focolari, entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Cette politique rassemble les valeurs, les responsabilités et les pratiques, relie les protocoles et les lignes directrices, définit des normes de conduite, des critères pour des environnements sûrs et accorde une attention particulière aux personnes qui ont subi un abus, en prévoyant une écoute, un accompagnement et, dans les cas prévus, des mesures de soutien et de réparation.

Sur le plan organisationnel, le 2 septembre 2025, le Bureau pour la protection a été institué, avec pour tâche de coordonner les activités de protection, de suivre les engagements et les échéances, de superviser les communications officielles et de soutenir les responsables territoriaux. Il est soutenu par le Groupe de consultation et d’action, un organe composé d’experts dans les domaines de la formation, de la communication, du droit et de l’accompagnement des personnes ayant subi des abus. Sa tâche consiste à évaluer la cohérence des actions entreprises par rapport aux valeurs fondatrices du Mouvement des Focolari, à proposer des orientations et des plans stratégiques et à favoriser la collaboration avec des experts et des réseaux externes, en assurant une mise à jour constante sur les réglementations en vigueur et les meilleures pratiques en matière de protection.

Consultez et téléchargez le rapport 2025 en cliquant sur l’image

En dialogue avec l’Église catholique, au cours de ces deux années 2024-2025, une collaboration avec la Commission pontificale pour la protection des mineurs s’est développée. La Commission a examiné le Protocole concernant le traitement des cas d’abus et a formulé plusieurs observations ; elle a également demandé des informations afin d’inclure dans son Rapport annuel 2024 une analyse des politiques du Mouvement. Les recommandations de la Commission pontificale pour la protection des mineurs ont donné lieu à un parcours de mise en œuvre, déjà partiellement réalisé (notamment la publication du Règlement interne de la Commission Centrale Indépendante et la reddition de comptes concernant les ressources allouées) et, pour le reste, en cours de définition ou de développement (ajouts à apporter aux Statuts Généraux du Mouvement des Focolari, outils informatiques et canaux institutionnels pour la confidentialité des données).

L’engagement pour une formation à la protection intégrale de la personne a été illustré dans un premier document qui présente une synthèse des cours et des interventions pour la période 2024-2025. Les données montrent le travail effectué pour diffuser la formation de manière toujours plus capillaire, renforcer les commissions et les référents locaux, tout en mettant en évidence certains points critiques sur lesquels il est nécessaire d’intervenir : la continuité de la formation, l’adaptation interculturelle des supports et l’amélioration des flux de communication.

L’ensemble de ces mesures – politique, Bureau pour la protection, collaboration avec la Commission pontificale pour la protection des mineurs, formation et transparence dans la restitution des activités – exprime la volonté de poursuivre avec détermination sur la voie de la prévention, de la responsabilité partagée et de l’écoute des personnes qui ont subi un abus, dans la conviction que la protection fait partie intégrante de la mission du Mouvement et qu’elle est un service au bien commun.

Dans cette perspective, les mots que le Saint-Père a adressés aux participants à la

conférence « Construire des communautés qui protègent la dignité » résonnent également pour les

Focolari comme une indication à poursuivre :

« J’apprécie donc et j’encourage votre intention de partager des expériences et des parcours d’apprentissage sur la façon dont prévenir toute forme d’abus et sur la façon dont rendre compte, avec vérité et humilité, des chemins de protection mises en place. Je vous exhorte à mener à bien cet engagement afin que les communautés deviennent de plus en plus des exemples de confiance et de dialogue, où chaque personne est respectée, écoutée et valorisée.

Là où l’on vit la justice avec miséricorde, la blessure se transforme en fenêtre de grâce. » [1]

Stefania Tanesini

Interview de Mgr Alí Herrera, Secrétaire de la Commission Pontificale pour la Protection des mineurs de l’Église catholique

Télécharger le rapport 2025


[1] Message du pape Léon XIV aux participants à la rencontre « Bâtir des communautés qui protègent la dignité », promu par la Commission pontificale pour la protection des mineurs. Rome, 15 novembre 2025.

Ottmaring, laboratoire européen

Ottmaring, laboratoire européen

Quarante-cinq participants de neuf pays européens se sont réunis du 30 janvier au 1er février dans la Cité œcuménique des Focolari à Ottmaring, près de Munich, pour réfléchir à la nécessité de retrouver une passion pour l’Europe et un dialogue capable d’unir. Dans le paysage enneigé de la cité fondée par Chiara Lubich en 1968, cohabitent des focolarini et des membres de la Fraternité de vie communautaire qui trouve ses origines dans le monde évangélique.

Jesús Morán, Coprésident des Focolari, a commencé par rappeler que le motif du congrès européen est de penser l’Europe à la lumière du charisme de l’unité, dont est également né le Focolare Cultura Ottmaring, un groupe de focolarini de différents pays européens qui se dédient au dialogue entre les cultures. « Nous ne sommes toutefois pas réunis, a souligné Jesús Moran, pour élaborer un programme de travail : les actions concrètes existent déjà, comme l’expérience de Ensemble pour l’Europe, la formation de jeunes et de politiciens à Bruxelles ou le dialogue avec les politiciens de gauche, appelé Dialop. Il n’est même pas nécessaire de rédiger une déclaration d’intention. Nous sommes plutôt ici pour cultiver la passion pour l’Europe, convaincus que le charisme de l’unité est un don pour l’Europe, tout comme l’Europe l’est pour le charisme ». Le cœur de la méthode proposée est l’écoute réciproque : « Accueillir l’Esprit et accueillir les uns les autres », laisser le dialogue naître de la relation.

De nombreuses réflexions ont porté sur la fracture entre l’Europe occidentale et l’Europe orientale. Une phrase, rapportée par Peter Forst et prononcée par une jeune femme de l’Est, résume la tension qui traverse aujourd’hui le continent : « Nous ne nous aimons plus ». D’où la question : l’Europe occidentale écoute-t-elle vraiment la voix de l’Est ? Lit-elle ses auteurs ? Comprend-elle ses blessures ?

Anja Lupfer a insisté sur la méthode de l’écoute créative : ne pas chercher de réponses immédiates, mais suspendre ses préjugés pour aller à la rencontre de l’autre. « Nous ne recherchons pas le dialogue comme objectif, souligne-t-elle, nous recherchons l’autre ». C’est une invitation à une compréhension non compétitive, capable de descendre « dans les abîmes de l’autre », en dépassant l’illusion d’un espace culturel neutre. Même au sein des Focolari, des différences apparaissent qui exigent des récits partagés et une confrontation plus sincère.

Klemens Leutgöb a rappelé l’enthousiasme des années 90 après la chute du mur de Berlin et a averti que la fracture était réapparue. Pour la surmonter, il faut également aborder les questions qui divisent — du genre au nucléaire — sans les éviter. La diversité ne devient une ressource que lorsqu’elle est traversée ensemble. Peter Forst a ajouté un épisode : lors d’un voyage à l’Est en 2023, beaucoup ne parlaient que du passé, accusant l’Ouest d’avoir érodé des valeurs telles que la famille et la foi. « Le présent peut diviser, commente-t-il, mais notre pacte d’unité doit être plus fort ». « L’évaluation des événements peut être différente, a-t-il conclu, mais dans l’expérience de Chiara Lubich intitulée « Paradis ’49 », elle parle d’une vérité qui accueille les contradictions dans l’unité : « Quand nous sommes unis et qu’Il est là, alors nous ne sommes plus deux mais un. En effet, ce que je dis, ce n’est pas moi qui le dis, mais moi, Jésus et toi en moi. Et quand tu parles, ce n’est pas toi, mais toi, Jésus et moi en toi ».

Francisco Canzani a rappelé une question récurrente : « Si tu m’aimes, pourquoi ne connais-tu pas ma peine ? ». Souvent, nous manquons de temps ou de courage pour vraiment écouter. Le dialogue naît de la vie concrète et non pas des programmes. Il a conclu par une histoire juive : deux frères s’apportent secrètement du blé la nuit en le prenant de leurs greniers respectifs. Ils ne comprenaient pas pourquoi le niveau de leur grange respective restait le même. Une nuit, ils se sont croisés ; ils ont compris et se sont embrassés. C’est là que sera construit le Temple de Salomon : image parfaite de la fraternité.

Un exemple concret de cet esprit est le focolare « Projet Europe » de Bruxelles, raconté par Luca Fiorani, Letizia Bakacsi et Maria Rosa Logozzo : une ancienne pizzeria transformée en lieu de dialogue entre parlementaires, réfugiés, fonctionnaires et jeunes, dans le silence des réseaux sociaux et dans la simplicité de la rencontre. Une initiative rendue possible également par le dialogue structuré prévu par le Traité sur le fonctionnement de l’UE.

Le groupe du dialogue multipolaire a apporté des témoignages forts des blessures de l’Est. Palko Tóth a rappelé les jeunes soldats russes enterrés à Budapest : « Eux aussi sont nos enfants ». Beaucoup dans l’Est vivent une désillusion vis-à-vis de l’Ouest. Pour panser ces blessures, de nouveaux chantiers de dialogue verront le jour, comme la rencontre internationale en Transylvanie sur les identités relationnelles.

Franz Kronreif et Luisa Sello ont présenté Dialop, un parcours de réflexion entre la gauche européenne et le monde catholique, inspiré notamment du « Paradis ’49 ». Ce projet, encouragé par Benoît XVI et le Pape François, aborde de grands thèmes éthiques selon la logique du « consensus différencié et du désaccord qualifié ».

De nombreux témoignages ont enrichi la rencontre : un couple russe divisé entre des récits opposés sur la guerre en Ukraine ; un couple du Haut-Adige habitué à vivre avec des langues et des cultures différentes ; un prêtre slovaque préoccupé par la perte du sens religieux en Europe occidentale.

Dans ses conclusions, Morán a rappelé le mystère de Jésus abandonné comme clé de l’identité européenne. Il a également évoqué le crucifix de Saint-Damien – « le Dieu qui vient d’Europe ». L’Europe a universalisé l’Évangile, mais elle porte aussi des ombres historiques telles que la colonisation, les guerres, le nihilisme ; c’est précisément là que naît le charisme de l’unité. « Il ne s’agit pas de supériorité, a-t-il dit, mais de préserver ce que l’Europe peut encore offrir au monde : surtout Jésus Abandonné ».

Pour cela, il faut une « mystique relationnelle quotidienne », faite de dialogue, de réseaux vivants et d’initiatives culturelles et politiques. Tout ce qui existe — Ensemble pour l’Europe, le dialogue multipolaire, le Focolare Cultura, le « Projet Europe » de Bruxelles, Dialop — fait partie d’un seul et même tissu qu’il faut préserver et faire grandir. « Il faut avancer, maintenir le réseau vivant, chacun dans son engagement ».

Aurelio Molè

Photo: © Magdalena Weber


Traite des êtres humains : agir pour la justice

Traite des êtres humains : agir pour la justice

Chers amis,

une salutation à tous au nom du Mouvement des Focolari dans le monde, qui s’unit à la prière de ce Pèlerinage en ligne. Avec vous tous, nous voulons élever notre voix vers Dieu pour demander la fin de la traite des êtres humains et affirmer la dignité de chaque personne :

Tous unis, continuons à prier et à agir pour la justice.
Merci à chacun et à chacune de participer à cette chaîne d’espérance et d’amour qui traverse le monde.

Margaret Karram

Vidéo en italien : activez les sous-titres et choisissez la langue souhaitée.

Pour revoir le pèlerinage numérique : https://www.youtube.com/live/tY-8zUHMrlg
Site Web: https://preghieracontrotratta.org/?lang=fr